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LA PLAQUE DE VERRE ONDULÉ : ÉMANCIPATION D’UN « MATÉRIAU DE COMPLÉMENT »

Le séminaire aborde la production architecturale d’après-guerre à travers l’étude d’un produit : le verre ondulé. L’étude a démarré par la découverte d’une publicité de Saint-Gobain qui louait la rationalité du verre ondulé armé. Ce matériau aujourd’hui disparu renvoie à une esthétique familière : ce type de panneau, à présent en plastique, est une solution économique très répandue. Le sujet de recherche a donc été choisi afin de comprendre la période du passage du verre au plastique dans l’architecture, ainsi que la genèse d’un matériau aujourd’hui banalisé. La diversification des produits verriers de Saint-Gobain amène, à partir de 1932, la mise au point de plaques de verre complémentaires aux panneaux standardisés d’amiante-ciment. Elles reprennent donc les mêmes dimensions et ondulations afin d’intégrer un apport lumineux à un système de couverture légère et économique, essentiellement liée à une activité industrielle. La Seconde Guerre Mondiale va mettre en sommeil ces études et repousser la commercialisation du produit à 1946. D’abord associé à la couverture, le V.O.A. s’éloigne de son but initial en adoptant le nom « VERONDULIT » afin de répondre à de nouveaux et l’ouvrir à d’autres programmes. Mais dans les années 1960, le « VERONDULIT » est concurrencé par les plastiques et le « PROFILIT ». Le « RIDOVER » est donc lancé pour remplacer à terme le V.O.A. mais signe un échec commercial. Le V.O.A. disparaîtra définitivement du catalogue de Saint-Gobain en 1984 après une dégradation progressive de son image. Au-delà de retracer l’historique de ce matériau, il s’agit aussi de porter un regard sur la production architecturale d’après-guerre via les thèmes de la standardisation et de la lumière naturelle. Le V.O.A., en tant que nouveau matériau issu de l’industrie verrière, a été capable de répondre à une grande diversité programmatique à laquelle s’intéresse cette recherche.

> DE QUELLE MANIÈRE CE PRODUIT SERAIT-IL PASSÉ D’UN « MATÉRIAU DE COMPLÉMENT » À UN PRODUIT AUTONOME OFFRANT DES POSSIBILITÉS VARIÉES ? > COMMENT CE PRODUIT A-T-IL RÉPONDU À LA DIVERSITÉ DES PROGRAMMES DE L’ARCHITECTURE DES TRENTE-GLORIEUSES ?

« VERONDULIT » - TYPE A

« VERONDULIT » - TYPE G

GRANDES ONDES, ARMÉ

PETITES ONDES, ARMÉ 82,6 cm = 11 ondes

109,7 cm = 6 ondes 1/2 92 cm = 5 ondes 1/2

200 cm - 33 kg

152 cm - 25 kg (125 cm - 20 kg)

Publicité de l’entreprise Saint-Gobain publiée en 1950 et 1951 dans la revue L’architecture Française (n°97-98 et 111-112).

Ep. 6 à 7 mm

Indépendant ou raccordé avec les plaques ondulées d’amianteciment.

ÉCLAIRAGE

NATUREL

ET

RATIONNEL

DES

Ep. 6 à 7 mm

Indépendant ou raccordé avec les tôles ondulées (fer galvanisé ou aluminium).

Applications : toiture, bardage, intérieur (cloison).

AGRICULTURE / INDUSTRIE :

200 cm - 28 kg (150 cm - 21kg ; 300 cm - 42 kg)

> QUELLE ÉTAIT L’IMAGE VÉHICULÉE PAR CE PRODUIT ET QUELLE FUT SON ÉVOLUTION FACE À L’ÉMERGENCE DES MATÉRIAUX PLASTIQUES ?

Applications : toiture, bardage, intérieur (cloison).

SURFACES

ARCHITECTURE RELIGIEUSE : ÉMERGENCE

INTÉRIEURES

D’UNE

NOUVELLE

« VERONDULIT » - TYPE I PETITES ONDES, NON ARMÉ 82,6 cm = 11 ondes

Ep. 6 à 7 mm

Emploi décoratif, indépendant ou raccordé avec les tôles ondulées. Applications : toiture, bardage, intérieur (cloison, éclairage artificiel, décor).

ESTHÉTIQUE

SACRÉE

Usine ROSY - Ruitz - 1961 (Saint-Font, ingénieur) > Type A : bardage indépendant, couverture intégrée à l’amiante-ciment.

Église Sainte-Agnès - Fontaine-les-Grès - 1955 (Michel Marot, architecte ; Jean-Claude Vignes graveur) > Type G : vitraux colorés.

Source : « L’ensemble industriel : l’usine de la société Rosy à Ruitz », Le bâtiment et Saint-Gobain, n°8, novembre 1962.

Sources : Le Christ dépouillé de sa tunique, © Denis Krieger (http://www.cite-vitrail.fr/689-le-vitrail-contemporain-aube.htm) ; photographie personnelle de l’intérieur de la flèche, 17 mars 2016.

ARCHITECTURE SCOLAIRE :

ARCHITECTURE D’INTÉRIEUR :

École industrialisée - Grenoble - 1958 (Marcel Welti, architecte) > Type G : cloison entre les salles et la circulation centrale.

Magasin Windsor - Bordeaux - années 1960 (J-P. Valois, décorateur) > Type I : habillage mural rétroéclairé, plafond lumineux.

Source : Archives de Saint-Gobain 2 PH 03223 ; SGV HIST 071.010 ; « Développement et évolution des écoles industrialisées », Le bâtiment et Saint-Gobain, n°7, avril 1962.

Source : Archives de Saint-Gobain 2 PH 04582 ; SGV HIST 071.010.

DES

STANDARDISATION RÉPONDANT A L’EFFORT CONSTRUCTIF D’APRÈS-GUERRE

USAGES

PERMETTANT

DE

«

VIVRE

EN

LUMIÈRE

»

1980 : dernière apparition catalogue 1980 : dernière apparition catalogue 1972 : dernière apparition catalogue 1969 : dernière apparition catalogue

Commercialisation

VERONDULIT TYPE A VERONDULIT TYPE G VERONDULIT TYPE I RIDOVER Études

Commercialisation

Commercialisation

Commercialisation

Mise en sommeil

1ères toitures en VOA

Lancement études

VERRE ONDULÉ (ARMÉ OU NON)

1984 : dernière apparition catalogue

TYPE B

1932 1934 1936 1938 1940 1942 1944 1946 1948 1950 1952 1954 1956 1958 1960 1962 1964 1966 1968 1970 1972 1974 1976 1978 1980 1982 1984 1986 1988 1990 1992 1994 1996 1998 2000 2002 2004 2006 2008 2010 2012 2014

1933 1935 1937 1939 1941 1943 1945 1947 1949 1951 1953 1955 1957 1959 1961 1963 1965 1967 1969 1971 1973 1975 1977 1979 1981 1983 1985 1987 1989 1991 1993 1995 1997 1999 2001 2003 2005 2007 2009 2011 2013

S-G : développement de nouveaux produits

Seconde Guerre Mondiale

Quentin Roussel

S-G : commercialisation et amélioration des produits

S-G : tentatives de relance des produits 1965 : 300 ans Saint-Gobain

S-G : renouveau de l’entreprise, cession de la production des produits devenus désués

2015 : 350 ans Saint-Gobain


RÉSUMÉ : La plaque de verre ondulé : émancipation d'un "matériau de complément"