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“L’histoire d’un volet, le volet d’une histoire”

QUENTIN MADEC | 28.05.2013


“L’histoire d’un volet, le volet d’une histoire”

Ecole Nationale Supérieure d’Architecture et de Paysage de Lille Séminaire d’initiation à la recherche: Archéologie du projet Directeurs de mémoire: Marie-Céline MASSON, Eric MONIN Présenté par: Quentin MADEC | 28.05.2013


|REMERCIEMENTS

Dans un premier temps, je remercie mes directeurs de recherche, Marie-Céline Masson et Eric Monin pour la méthode qu’ils m’ont transmise ainsi que pour leur suivi hebdomadaire. Ensuite, je tiens à remercier toutes les personnes qui, en prenant le temps de répondre à mes questions et en me recevant chez eux, m’ont aidé à faire avancer l’enquête. Enfin, je remercie plus particulièrement Madame Jomain, fille du dernier directeur de l’entreprise Baumann, pour m’avoir éclairé sur une partie de l’histoire, liée au déclin de la marque.

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|SOMMAIRE

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Remerciements

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Introduction

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I- Le volet roulant en bois Baumann, conçu pour durer dans le temps

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- Un objet complexe - Un produit parmi d’autres - La « vieille maison », une histoire en « trois volets »

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II- De l’apogée au déclin

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- Le « Baumann original » - Le contrôle de l’ensoleillement au service de l’architecture hospitalière - Une propagation aux immeubles parisiens des années trente

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III- La place du Baumann dans l’esthétique des années cinquante

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- Michel Roux-Spitz a dit… Baumann n’est plus permis - Le « spleen Baumannien » - Entre graphisme épuré et ringardise - Laisser la place

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Conclusion

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Bibliographie

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Annexes

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Table des illustrations 5


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|INTRODUCTION

Le contrevent à enrouleur ou volet roulant ainsi appelé dans le langage courant, s’est généralisé depuis plus de soixante ans, à tel point qu’une habitation qui n’en est pas équipée présente un « manque. » Sa manœuvre, très simple mais engendrant un mécanisme astucieux, est entrée dans les mœurs. En effet, les manivelles, sangles et autres interrupteurs électriques sont chaque jours utilisés pour enclencher le va-et-vient du rideau de lames. Ce produit de second œuvre, est donc indispensable pour protéger l’habitation, à commencer par les rayons du soleil. Le volet roulant en bois de la marque Baumann, objet de cette étude, est donc un volet posé à l’extérieur, constitué de lamelles de bois s’enroulant autour d’un cylindre qui prend place dans un coffre au niveau du linteau. En digne successeur des volets traditionnels d’autrefois, il peut être considéré comme l’ancêtre des volets roulants en polychlorure de vinyle ou PVC d’aujourd’hui. Sa projection, qui lui est caractéristique, est apparemment originaire d’Italie puisque appelée « projection à l’italienne ». Ce dispositif défini par l’écartement du pied du volet vers l’extérieur, offre une fonction de store à cette fermeture si particulière. Très peu d’informations sont disponibles actuellement, à la fois concernant l’histoire de l’entreprise au passé glorieux mais également sur l’origine de l’objet, banalisé aujourd’hui. De nombreux documents techniques, riches en informations, sont néanmoins exploitables. En partant d’une publicité Baumann, trouvée dans une revue d’architecture de 1955, il semble intéressant de s’interroger sur le décalage qui existe entre un graphisme épuré d’une part, et un logo représentant une rotonde aux colonnes classiques disposant de volets roulants, d’autre part. En regard d’un catalogue de l’entre-deux-guerres acheté sur internet, il s’agit également d’établir des croisements entre les nouvelles manières de construire liées aux impératifs de la reconstruction pendant la première moitié des trente glorieuses et l’histoire de la marque. Quelle est donc cette « vieille maison » et quelles sont ces « idées jeunes » évoquées dans le slogan publicitaire des années cinquante de la marque Baumann?

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Dans cette enquête, il s’agit d’accorder un intérêt particulier à ce produit en bois, né au début du XXe siècle. Bien qu’il ait un impact sur la composition d’une façade, il passe bien souvent inaperçu. Des détails ont permis de se remémorer l’existence du volet Baumann, notamment lorsqu’il est trop vieux pour assurer ses fonctions et qu’il doit être remplacé. Aujourd’hui comme pendant la période des trente glorieuses, il semble se frayer une place au milieu des innovations tout en n’étant qu’une banale nécessité. C’est pourquoi, un retour aux années trente s’impose, lorsque le produit était mentionné dans les descriptions architecturales et que les références prestigieuses du catalogue lui donnaient de l’importance. L’objectif est donc, dans un premier temps, de s’intéresser à l’histoire de la société, qui se révèle être pionnière dans la fabrication de volets roulants en bois. Trois générations se succèdent permettant à la marque, qui cultive une image de qualité, de traverser les deux guerres et d’acquérir une clientèle prestigieuse présentée dans le catalogue. En effet, une longue liste, presque exhaustive, indique au futur client que des architectes de renom ont équipé leurs bâtiments de volets roulants Baumann. Ainsi, par exemple, les grands prix de Rome Henri-Paul Nénot, Tony Garnier et Michel Roux-Spitz, pour ne citer qu’eux, figurent dans la liste. Aussi, un dessin de détail, retrouvé dans les archives d’Auguste Perret, indique que l’architecte a fait appel à Baumann pour l’un de ses projets1. Ensuite, il s’agit d’associer l’aspect technique du produit, ingénieux par ses divers mécanismes, aux édifices clés de chaque période de la vieille maison pour définir dans quelle époque l’objet est innovant. Mettant notamment ses fonctions au service des sanatoriums, il devient également, l’accessoire indispensable de modernité des immeubles parisiens dans les années trente. Après la guerre, il se fait de plus en plus rare mais des exemples architecturaux disposant encore du produit d’origine, permettent de se rendre compte de son intégration aujourd’hui. Enfin, les données les plus accessibles concernant la marque, restent les publicités publiées dans les revues spécialisées ou non, qui ont normalement aidé le produit à envahir le marché. Selon les cas, elles ciblent une clientèle différente et regorgent de symboles tels que le logo et le slogan mais renvoient aussi à des informations sur les changements de dénominations sociales et sur une esthétique éphémère. Tous les éléments qui font les 1

Fonds Perret, Auguste et Perret frères. 535 AP 89/23. Propriété de Monsieur Favart. Volet Baumann Et Fils. Centre d’Archives de la Cité de l’Architecture et du Patrimoine.

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publicités Baumann sont donc importants à analyser car le message que souhaite faire passer la marque est différent selon les époques. Par ailleurs, la communication de Baumann se fait relativement discrète au milieu des assauts médiatiques des concurrents dont la marque Mishler, née en 1913, semble être le chef de file. En regard de l’histoire de l’entreprise, de l’analyse technique du produit phare intégré aux édifices, de témoignages, ainsi que de l’étude de la communication de la marque faisant référence à une esthétique particulière, cette recherche tente d’envisager une autre approche de la période des trente glorieuses.

Fig. 1

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|PREMIÈRE PARTIE Le volet roulant en bois BAUMANN, conçu pour durer dans le temps - Un objet complexe Le volet roulant, en lui-même, est une invention très ancienne dont personne ne connaît réellement l’inventeur originel. Les sites internet de vente de volets roulants indiquent qu’il date approximativement des années cinquante car les publicités sont nombreuses dans les revues de l’époque. Pourtant, l’objet est beaucoup plus ancien. En effet, de la Belgique à l’Italie, en passant par la France et la Suisse, plusieurs artisans menuisiers en auraient eu la « bonne idée » dès la fin du XIXe siècle. Par exemple, dans le nord de la France, Louis Nys à Tourcoing, développe un volet roulant dès 18692 et en Italie, la boutique de Benedetto Pastore est considérée comme la première à proposer ce type de produit en 18973 . En Suisse, la maison Baumann, a priori pionnière dans le domaine, crée un nouveau type de « store » dès 1860. Ses lamelles de bois horizontales coulissent suivant des glissières métalliques – de profil en « U » – et s’enroulent dans un coffre au niveau du linteau. Mais le principal aspect qui fait la renommée du produit est surtout la projection dite « à l’italienne » des glissières. D’une part, le dispositif projeté est un store car il protège des rayons du soleil tout en assurant l’aération. D’autre part, il s’agit d’un volet opaque protégeant des vues et des effractions lorsqu’il est rabattu. En 1906, Auguste Moreau, ingénieur au sein de la société d’encouragement pour l’industrie nationale, présente pour la première fois le « système de fermeture en bois de M. Baumann. » Dans son rapport, le produit apparaît comme étant déjà très perfectionné, fruit de nombreuses années d’expérimentations4. Il évoluera d’ailleurs très peu jusque dans les années soixante. Le « store Baumann » est donc innovant dès le début du XXe siècle, comme le souligne un article de 1907 dans la revue des sciences La Nature:

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Information provenant du site internet de la société : http://www.nysetcie.fr/. Un article de La Stampa, journal Italien, mentionne l’invention de Benedetto Pastore. « SPECIALE SICUREZZA », La Stampa, Turin, 2003, p.38. 4 Moreau (Auguste), « Constructions et Beaux-Arts. Rapport sur un système de fermeture en bois, de M. Baumann», Bulletin de la Société pour l’Encouragement de l’Industrie Nationale, Juin 1906. 3

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« Ces nouveaux stores pour les fenêtres réalisent un progrès en ce sens qu’ils constituent à la fois une excellente fermeture et un store protégeant l’habitation contre les ardeurs du soleil tout en laissant pénétrer l’air à l’intérieur5.»

Fig. 2 - Principe de projection d’un store avec coffre derrière le linteau. Fig. 3 - Volet roulant projetable extérieur avec lambrequin de camouflage. Fig. 4 - Détails d’un store à lames ajourées.

À cette définition, deux aspects du volet roulant évoqués par Claude Riollot en 1969, dans son ouvrage technique sur les menuiseries du bâtiment, peuvent être ajoutés. D’abord, il s’agit d’un excellent moyen de « clore hermétiquement la baie sans ouvrir la fenêtre » car la commande manuelle se fait depuis l’intérieur. Ensuite, l’accent est mis sur le fait que le rideau de lattes est totalement dissimulé lorsqu’il est relevé. Par exemple, la façade n’aura pas la même esthétique qu’avec des volets battants ou des persiennes articulées. Les indications techniques destinées au menuisier, concernant la pose, témoignent de la généralisation du volet roulant devenu indispensable à la fin des années trente. Finalement, ses fonctions sont essentiellement liées à une idée de protection multiple. Contre les intempéries, le vent, la chaleur solaire, l’éblouissement, les variations thermiques, les bruits, la vue et l’effraction.

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Tissandier (Gaston), réd. en chef, « Les stores Baumann », La Nature, n°1775-1801, 1907.

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Bien que développé depuis la naissance du produit, le dispositif de projection est facultatif. Compté en supplément dans la commande, il fait partie des « options » sur demande qui font varier le prix du dispositif. Selon Claude Riollot, il ne doit pas être appliqué aux volets de plus de deux mètres de large afin d’éviter toute déformation du rideau de lattes. Par ailleurs, le catalogue Baumann Fils & Cie datant d’avant la deuxième guerre mondiale consulté permet de dégager les caractéristiques importantes concernant la « projection à l’italienne ». Le dispositif le plus répandu, est celui dit « à deux mains » dont le brevet d’invention date des années trente6. Il fonctionne par division des glissières afin de projeter uniquement la partie haute, montée sur charnières. Des loquets sont alors prévus pour immobiliser les glissières quand le rideau est vertical. Il est très adapté, par exemple, lorsqu’il se rapporte aux portes fenêtres permettant d’accéder à un balcon. Il est tout aussi intéressant lorsque les baies disposent de petits garde-corps qui pourraient gêner au déploiement du volet. Si le cadre du volet est entièrement projetable, cela crée parfois des conflits d’usages amusants. En effet, les habitants qui souhaitent par exemple utiliser leurs appuis de fenêtre pour disposer des bacs à fleurs sont obligés de les loger derrière le cadre projeté en permanence7. (Fig. 4 et 5) L’autre principale invention liée à la projection est le dispositif dit « automatique », développé en 1935. Adapté aux châssis non ouvrants, le déclenchement de la projection des glissières est engendré par le poids des lamelles de bois qui entraînent les bras métallique vers le bas. La commande se fait bien sûr depuis l’intérieur. C’est le cas par exemple des stores en bois de l’extension de la bibliothèque Sainte-Geneviève à Paris construite par André Leconte entre 1954 et 1961. Selon les recommandations de Jean Bleton, dans son ouvrage de 1952 sur l’organisation et le fonctionnement des bibliothèques8, le magasin de huit niveaux, adossé au collège Sainte Barbe, est éclairé en second jour sans nécessité de stores. Par contre, les baies du bâtiment comprenant les salles de catalogues et bureaux, donnant à la fois sur la rue Valette et la cour en sont équipées. Bien que ces stores en bois soient fournis par Mischler, un des principaux concurrents de Baumann, ils ne représentent pas moins un bel exemple de système à projection automatique. Celui-ci nécessite toutefois d’être parfaitement au point car au cas où les bras articulés resteraient coincés en « position projetée », une intervention par l’extérieure est nécessaire. Heureusement, tous les châssis de l’annexe sont ouvrables à guillotine, permettant aussi une ventilation naturelle des locaux de l’annexe. (Fig. 6)

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Fig. 4

Fig. 5

Fig. 6

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Voir brevet d’invention déposé à l’INPI. Brevet d’invention n°683.761, « Perfectionnements à la projection des stores. », publié le 17 juin 1930. 7 La promenade proposée par Simon Texier dans son ouvrage Paris 1950 Un âge d’or de l’immeuble permet de se rendre compte des détails d’immeubles parisiens des années trente et cinquante. 8 Voir chapitre VI : Conservation des documents dans : Bleton (Jean), Organisation et fonctionnement des bibliothèques, Paris : Bibliothèque Nationale, 1952.

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Ce fameux système de projection a donc subi de nombreux perfectionnements pendant les soixante ans d’existence de l’entreprise. Mais le tambour d’enroulement des lames au niveau du linteau et la commande également9. L’intégration au bâtiment de tous ces systèmes est d’ailleurs un sujet important souvent abordé dans les revues des années trente aux années cinquante. Comme expliqué par la suite, depuis la fin du XIXe siècle, le volet roulant en bois projetable devient très vite l’objet indispensable de la « modernité ». C’est pourquoi, son intégration est très vite pensée en amont de la conception du projet. Le numéro spécial de Techniques et Architecture sur les fermetures de 1959 propose par exemple un tableau de valeurs auquel les architectes peuvent se référer pour prévoir la taille du coffre contenant le rouleau en acier. Celle-ci se détermine en fonction de l’épaisseur des lames du volet et de la hauteur de la baie. Afin de ne pas subir un lambrequin extérieur de camouflage, il s’agit pour une construction neuve, de loger le coffre à l’intérieur, au niveau du linteau pour que la technique soit comprise dans l’épaisseur du mur. Ainsi, la fermeture occupe une place minimum en position relevée. « Puisqu’elle ne remplit aucun rôle, elle doit absolument « se faire oublier » dans cette position.10» Protégés des intempéries, les rouleaux en acier peuvent alors rester fonctionnels des dizaines d’années. À noter qu’ils sont équipés de ressorts pour faciliter le relevage du rideau de lattes de bois pour les volets de grande taille. Ces lames qui composent le volet Baumann, sont clouées ou vissées sur un ruban en acier inoxydable qui les traverse. Elles sont peintes à leur arrivée sur le chantier. L’assemblage, comparé à ceux des autres marques dans un numéro de L’Architecture d’Aujourd’hui de 193711, est un des arguments de vente de Baumann en terme de solidité de ses produits. Les pointes qui ne sont bien sûr visibles que depuis l’intérieur, représentent un indice qui permet de retrouver la trace des produits de la marque aujourd’hui. Chez Mischler par exemple, les moulurages extérieurs et l’assemblage des lames sont différents. Cependant, la constante proposée par les différentes marques, est le choix entre les lames fixes, permettant une occultation totale et les lames mobiles, comptées en supplément dans la commande, qui laissent passer un peu de lumière. Comme constaté sur les bâtiments datant d’après la deuxième guerre mondiale, le moulurage décoratif des profils de bois semble être abandonné au profit de lames plates.

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C’est ce qu’attestent en effet les nombreuses additions aux brevets d’invention déposées par la société entre 1901 et 1964. Plus de 80 demandes sont répertoriées dans la base de donnée mondiale de l’INPI : http://worldwide.espacenet.com/. 10 Voir « Fermetures », Techniques et Architecture, 19e série, n°1, février 1959. 11 Voir « Répertoire des matériaux et des fermetures », L’Architecture d’Aujourd’hui, n°20, novembre 1937.

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Le profil moins complexe a pour unique but de fermer hermétiquement la baie. Tandis qu’une plaquette en acier fixée en bas du rideau, indique en général le nom de la marque, le produit Baumann, lui, ne présente pas de « signature extérieure ». En effet, l’estampe et le numéro de série sont simplement gravés à l’intérieur de la « lame finale ». Enfin, le système de manœuvre du volet est selon Claude Riollot, « devenu évident et simple pour tous » dans les années soixante. Ce qui indique bien que le produit est entré dans les mœurs. Un des premiers mécanismes développé par la marque Baumann est la « sangle de tirage » qui met en rotation un « rouleau en bois à bobine ». Comme le rideau n’est pas équilibré par un ressort, le système ne convient que pour les volets de petite surface. Le plus répandu, est la « corde sans fin » associée à un « rouleau compensateur ». Ce cordon, formant une boucle, met très simplement en rotation le tube en acier, aidé de son ressort, par une poulie proche de l’appui de fenêtre. Le plus évolué, est le « treuil à manivelle » qui accumule plus de technique. Il peut être encastré au mur, mettant en rotation le rouleau via une « chaîne de bicyclette » ou un engrenage. Sinon, il laisse place à une manivelle « oscillante et pliante » qui atteint son perfectionnement maximum après la deuxième guerre mondiale. Finalement, le système de manœuvre le plus répandu dans les édifices « témoins » à Paris, est celui de la « corde sans fin ». Beaucoup utilisé dans les années trente, car sans doute moins cher que la manivelle qui existait déjà, ce dispositif est encore observable en bon état aujourd’hui. Parfois, les lames de bois d’un volet Baumann des années soixante cachent un système de manœuvre beaucoup plus ancien. C’est le cas notamment des volets du groupe d’immeubles construits en 1936, au 17 rue Duret, dans le 16ème arrondissement. « L’enroulement est manuel, avec une corde, donc le système est ancien », précise une habitante. Cependant l’estampe gravée, indique « Jomain Baumann Melun». Or, il s’agit du dernier nom qu’a porté la marque. Ce qui signifie que seules les lames de bois et éventuellement les glissières métalliques ont été changées dans les années soixante, le rouleau et la corde des années trente étant encore viables.

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- Un produit parmi d’autres Le volet roulant en bois projetable Baumann est un produit hybride assurant à la fois une protection contre le soleil mais surtout une occultation totale des pièces et une dissuasion contre les effractions. En même temps qu’il protège de la lumière, il instaure une distance entre le chez soi et l’espace public, empêchant les regards de pénétrer dans l’habitation. Le caractère de l’objet, dû à sa projection, reste finalement ambiguë jusque dans les années cinquante, lorsqu’une publicité mettant en scène un architecte et ses clients, indique clairement : « Et comme fermeture ? Pas d’hésitation : BAUMANN… Sans hésitation. Parce que leur architecte sait que BAUMANN, la plus ancienne des firmes de fermetures, est aussi celle qui applique les solutions les plus modernes.12» Baumann se proclame donc lui-même fabricant de fermetures. La projection du volet roulant étant facultative, la fonction de « store » reste secondaire. Il représente donc surtout une « fermeture », au même titre qu’un volet traditionnel. C’est d’ailleurs dans cette catégorie qu’entrent la plupart des produits vendus par la marque (Portes de garage coulissantes et basculantes, persiennes pliantes en bois). Le bilan des dispositifs qui ont pour but le contrôle de l’ensoleillement, est réalisé régulièrement dans les revues. Toutefois, le numéro de Techniques et Architecture de 1959 déjà évoqué et le numéro de Glaces et Verres consacré aux « problèmes d’ensoleillement » de 196013, sont intéressants pour se rendre compte de la place du produit Baumann par rapport aux trois autres dispositifs principaux au cours des trente glorieuses. Le premier dispositif de contrôle de l’ensoleillement est appelé « brise-soleil ». Il s’agit d’éléments fixes ou mobiles composés de lames verticales ou horizontales faisant partie intégrante de l’esthétique du bâtiment. Leur but est de créer des zones d’ombre en façade. Dans le cas où ces brise-soleil sont fixes, une étude sur les conditions locales d’ensoleillement doit être menée afin de déterminer quelles façades en nécessiteront. La loggia « formant brise soleil », par exemple, est théorisée par Le Corbusier après la deuxième guerre mondiale. Alors qu’elle avait déjà pour rôle le prolongement du séjour à l’extérieur, il lui donne une justification supplémentaire. Seulement, sa théorie est rigide et contestable, notamment appliquée à la fois aux façades Ouest et Est de l’unité d’Habitation de Marseille. Le dispositif est censé offrir 12 13

« Publicité : Baumann Fils et Cie », L’Architecture d’Aujourd’hui, n°47, avril-mai 1953, p. LX. « Problèmes d’ensoleillement », Glaces Et Verres, n°169, août 1960, p.11-21.

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le maximum de lumière en hiver tout en protégeant des rayons du soleil en été. Cependant, l’expérience a montré que les baies vitrées à l’Ouest nécessitent quand même d’une protection supplémentaire tandis que la façade opposée est à l’ombre une bonne partie de l’année14. Les principes de Le Corbusier se sont largement répandus dans l’architecture des trente glorieuses. De ce fait, les architectes de la reconstruction, comme par exemple J. Berthier à Melun, adaptent le « brise-soleil » en fonction de l’orientation des façades de leurs bâtiments. L’opération de logements « La Prairie » construite en 1963, située au 54 boulevard AristideBriand15, présente en effet trois édifices, dont le plan en « U » permet d’obtenir deux façades à l’Ouest et une au Sud avec des balcons filants formant des « brise-soleil » horizontaux. Les façades opposées, orientées au Nord ou à l’Est, contiennent les circulations verticales et les chambres. Comme l’indique un habitant, les larges baies vitrées donnant sur les balcons, peuvent être totalement occultées par « des grands volets en bois de trois mètres soixante de large, d’origine Baumann.» (Fig. 8 et 9) Par ailleurs, ces mêmes baies, sont également protégées par un dispositif de contrôle de l’ensoleillement plus flexible. À savoir des stores en toile, permettant, comme l’indique Glaces et Verre de « porter ombre à volonté sur les parties vitrées d’un bâtiment » pour limiter la chaleur à l’intérieur en été. Le store, dont la marque pionnière semble être Belzacq Frères16, existe, comme le volet roulant, depuis la fin du XIXe siècle mais son emploi se généralise à partir des années cinquante. Le store, dont l’unique fonction est de protéger du soleil lorsqu’il est projeté à l’italienne, se replie, prenant ainsi une emprise négligeable en façade. Léger, flexible et coloré, c’est sans doute ce dispositif qui paraît le plus adapté à l’industrialisation naissante des bâtiments liée aux impératifs de la reconstruction en France. Il est aussi le témoin d’un « style » propre aux années cinquante à Paris comme en province. Un style dont les architectures de Marcel Lods à Marly-Le-Roi et de Louis Simon à Royan sont imprégnées. Le dernier dispositif présenté dans les revues des années soixante, est le store intérieur à lames horizontales ou verticales. Il peut être en bois, en plastique ou en aluminium et semble particulièrement adapté aux « murs rideaux » de verre incompatibles avec les fermetures extérieures. Les tours de la défense, par exemple, ont été équipées de ces dispositifs de 14

Voir Boesiger (Willy), Le Corbusier, Œuvres Complètes 1938-1946, Zurich : Grisberger, 1946, p. 104. Archives Municipales de Melun, 936W51. Permis de construire et plans de la clinique « Les Fontaines» et de la résidence « La Prairie », Architectes : J. Berthier et G. Bernard, 1963. 16 Voir les « répertoires de fournisseurs du bâtiment » dans les revues d’avant guerre et sur le site internet actuel de Belzacq: http://www.belzacq.fr/. 15

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contrôle de l’ensoleillement. Selon un article de Paris Presse datant de 1967, concernant la construction de la nouvelle usine Baumann à Vaux-le-Pénil17, l’entreprise, devenue JomainBaumann en 1964, aurait tenté de mettre au point « des fermetures destinées à équiper des murs rideaux ». Selon Madame Jomain, fille de Marcel Jomain, dernier directeur de la société, le personnel n’était pas prêt à un changement aussi radical. Peut-être aurait-il fallu « tout un département de volets d’intérieur en plastique » pour relancer la société déjà dépassée par la concurrence. Cette concurrence, mais aussi l’arrivée des nouveaux matériaux devenus moins cher que le bois dans les années soixante, ont eu raison de Baumann. Comme expliqué ci-après, le plastique que la marque n’a pas su exploiter correctement, est devenu le meilleur moyen de faire perdurer le volet roulant dans le temps. De ce fait, les ventes de Baumann, dont le nom est associé au matériau bois, ont fortement chutées et la trace de l’objet se fait d’autant plus dure à retrouver aujourd’hui. Aussi, comme évoqué précédemment, les principaux «survivants» à Paris, datent des années trente et attendent, glissières rouillées et lames cassées, leur remplacement. Néanmoins, la maison Baumann qui passe progressivement de «vieille» à «vieillotte», a toujours eu pour objectif d’être une « maison de qualité ». 17

Archives départementales de Seine et Marne, 140J3. Fonds : Syndicats patronaux. Union patronale de SeineEt-Marne, puis MEDEF. Baumann Fils et Cie (Stores, Volets roulants). Melun, 1921-1969.

Fig. 8

Fig. 9

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- La « vieille maison », une histoire en « trois volets » La maison Baumann, depuis le lancement de ses produits sur le marché Français, en 1901, a pour ambition d’être une maison de qualité. Elle n’en est en fait pas à son premier coup d’essai. Originaire de Suisse, elle a déjà de l’expérience dans l’industrie du bois bien avant de concevoir des stores. C’est en tous cas ce que laisse supposer les publicités dans les revues des années cinquante mentionnant : « 6 générations dans l’industrie du bois dont 3 consacrées aux stores18». Ces trois dernières générations ainsi que les changements de dénominations sociales qui en découlent sont importantes pour comprendre l’histoire de l’entreprise. Ainsi, la maison se nomme « W. Baumann » de 1901 à 1912, date à laquelle elle devient « Baumann & Fils ». En 1936, elle prendra le nom de « Baumann Fils & Cie », jusqu’à ce qu’elle soit rachetée en 1964 par Marcel Jomain pour devenir « Jomain Baumann et Cie ». Dès 1860, bien avant la première guerre mondiale, Jakob Baumann, industriel suisse résidant à Horgen, a l’idée d’utiliser le bois pour concevoir un principe de second œuvre nouveau et décide de créer une filiale de fabrication de stores à Paris. L’entreprise peut alors se vanter d’être une des premières à proposer un système de lames de bois coulissantes en remplacement aux volets traditionnels. Dans cette dynamique, il encourage son fils, Wilhelm Baumann à ouvrir un bureau de vente 49 boulevard Richard-Lenoir à Paris en 1901. Le succès fût tel, notamment auprès de la bourgeoisie, que les Baumann décident de créer des ateliers de fabrication 12 rue du Delta à Paris, en 1903, afin de répondre au mieux à la demande principalement parisienne de stores et volets. Ce type de « fermeture » se diffuse alors progressivement dans l’architecture des immeubles parisiens. Les premiers brevets de fabrication sont déposés à cette époque. Un papier à en-tête de l’entreprise datant de 190419 donne une indication intéressante sur les produits que développe déjà la marque avant la première guerre mondiale. Ainsi, même si ils se perfectionneront au fil du temps, stores à enroulement automatique, fermetures en bois, volets à rouleaux, jalousies, paravents, cloisons roulantes sont déjà présentés. Tandis que les produits de la firme inondent l’industrie du bâtiment, celle-ci peut désormais clamer la « fabrication française » de ses produits. Comme l’atteste la première publicité trouvée concernant la fabrication de paravents dans le catalogue

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« Publicité Stores Baumann », L’Architecture d’Aujourd’hui, n°52, 1954. Archives départementales de Seine-Et-Marne, J856.


illustré du salon des Beaux-Arts de Paris de 190320. Ce fameux paravent, objet des intérieurs bourgeois de l’époque, est un objet recherché aujourd’hui par les collectionneurs, vendu à prix d’or via les sites d’enchères sur internet. Par ailleurs, l’Exposition de l’Habitation à Paris en 1903 est un événement important pour l’entreprise. Jules Lavirotte, architecte phare du mouvement « Art Nouveau » en France, s’intéresse aux constructions pour « petits loyers ». Dans cette dynamique, il édifie un pavillon ouvrier type en tenant compte du volet roulant en bois projetable dans la conception. Aussi, la maison Baumann obtient la médaille de Vermeil et le rappelle régulièrement à ses clients sur le papier utilisé pour les correspondances. Le client ne s’est bel et bien pas trompé dans son choix. Choisir Baumann, c’est accéder à l’innovation, faire preuve de modernité et surtout, faire confiance à une maison de qualité. En 1907, l’histoire de la maison Baumann prend un nouveau tournant. Les ateliers parisiens se font déjà trop étroits et la société décide de s’installer à Melun, au Sud-ouest de Paris. À ce moment, l’ancien quartier militaire Augereau, futur fief de l’usine Baumann, est en pleine mutation. Dans une logique de « Tabula Rasa », la municipalité prévoit un lotissement essentiellement composé d’habitations à la place des édifices militaires. Il est cependant étonnant de constater que deux anciennes écuries échappent à la démolition à la suite de leur achat par Wilhelm Baumann, qui les transforme en usine de fabrication21. Ainsi, les ateliers de stockage et de fabrication sont installés face à la Seine, quai Ste Ambroise (aujourd’hui quai du Maréchal Joffre) et les bureaux sont prévus à l’extrémité de la parcelle (au 3 place Chapu). Même si cet achat est, a priori lié au fait que le prix de vente était avantageux, peut-être la société a-t-elle été sensible à la préservation de bâtiments ayant une forte identité historique. Par ailleurs, la réhabilitation des locaux a dû être relativement aisée car les anciennes écuries n’étaient autres que des grands plateaux libres adaptés pour l’installation des nouveaux ateliers de fabrication.

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« Publicité : Paravents Baumann. Fabrication française. Moderne, élégant, pratique. W. Baumann Constructeur Breveté. », Société Nationale des Beaux-Arts. Catalogue illustré du salon de 1903, Paris : Ludovic Baschet éditeur, Octobre 1903. 21 Archives Municipales de Melun, 1 O 279. Lot vendu à Wilhelm Baumann par la ville de Melun le 27 novembre 1907.

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Fig. 10 - Plan de rez-de-chaussée et plan d’étage du bâtiment principal de l’usine Baumann à Melun.

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Le volet roulant en bois projetable, quant à lui, est véritablement un objet unique dont la fabrication découle d’une chaine artisanale, comme le montrent les plans de l’usine. Aussi, le rapport de la commission des octrois de 190822 indique que les nombreuses matières premières (essentiellement bois, aciers, quincaillerie et peinture) sont entreposées dans un premier bâtiment divisé en trois zones dont l’une est destinée à la mise en peinture des matériaux. Elles sont ensuite manufacturées dans un second bâtiment, composé des deux ateliers principaux, à savoir la menuiserie et la serrurerie. Enfin, un nouvel édifice construit entre les deux anciennes écuries, renferme les machines et la chaudière. Sa cheminée culmine à vingt-trois mètres de hauteur. Bien qu’il soit fabriqué en grande quantité à partir des années trente, l’objet conserve néanmoins son aspect artisanal. En effet, il est fabriqué sur mesure s’adaptant aux baies qui deviennent de plus en plus grandes. Pour répondre à la demande croissante, les effectifs de l’entreprise passent de cinquante personnes en 1908 à plus de deux cent personnes en 1954. Finalement, la gamme de produits Baumann « de base », évoquée précédemment subit des évolutions invisibles à première vue mais qui facilitent l’usage, ce que démontrent les brevets d’invention. La manière de concevoir les produits en bois liée à la configuration de l’usine restera sensiblement la même jusqu’en 1965, date à laquelle une nouvelle usine sera construite. Enfin, les plans de l’usine indiquent que la famille Baumann vivait au sein même de la manufacture. En effet, trois chambres et une cuisine sont dessinées au dessus de la menuiserie. Plus tard, un bâtiment ayant façade sur la place Chapu, servant de maison d’habitation et de bureaux sera construit tel que le stipule l’acte de vente23. Jean Baumann, fils de Wilhelm Baumann, commence très tôt son apprentissage, plongé dès son plus jeune âge dans le bain de l’industrie. En 1912, lorsque la société devient « Baumann & Fils », il n’a, en effet, que 19 ans et représente alors la troisième et dernière génération de l’entreprise.

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Archives Municipales de Melun, 1908.13.08.14. Délibération du 13/08/1908, Demande d’entrepôt de la maison Baumann. 23 Archives Municipales de Melun, 1918.18.02.8. Délibération du 18/02/1918, Mainlevée Baumann.

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|DEUXIÈME PARTIE De l’apogée au déclin - Le « Baumann original » C’est un retour à cette dernière génération Baumann dont l’apogée se situe dans la période de l’entre-deux-guerres et dont le déclin débute après la deuxième guerre mondiale qui a permis de déterminer les édifices clés de l’histoire de la maison. Dans les années trente, la notoriété de l’entreprise, qui a su imposer un modèle, est telle que le nom « Baumann » est utilisé comme nom commun pour définir un volet roulant projetable à l’italienne. Par exemple, un article de l’Architecture d’Aujourd’hui datant de mai 1934 consacré à l’architecture en Roumanie présente une description architecturale d’un immeuble à Bucarest mentionnant un « système Baumann », bien que la marque ne soit pas établie dans ce pays24. Le volet à lames de bois, devenu indispensable, a donc gagné du terrain depuis son lancement à la fin du XIXe siècle. Il s’est diffusé un peu partout dans l’architecture parisienne mais surtout, au delà de la capitale et même dans les colonies. En effet, le succès de cette fermeture est tel que la petite entreprise de Melun ouvre des bureaux de vente dans une vingtaine de villes en France, en Algérie, en Indochine et en Tunisie. C’est l’apogée de l’entreprise mais aussi la naissance d’une concurrence dans chaque localité. De ce fait, Baumann Fils Et Cie se voit obligé de publier un avis dans son catalogue de 1935 qui met en garde le client comme suit :

« Le nombre des fabricants de stores en bois ayant augmenté, la concurrence acharnée qui en est résulté a amené plusieurs maison à abaisser la qualité de leurs produits pour diminuer leurs prix de revient. La Maison BAUMANN FILS & Cie n’a pas voulu entrer dans cette voie ; elle a toujours voulu maintenir la grande supériorité qui a fait la réputation du STORE BAUMANN, tout en faisant profiter ses clients de tous les avantages possibles. De nombreux vendeurs de produits inférieurs se permettent d’appeler STORES BAUMANN tous les stores en bois. Nous tenons à mettre nos clients en garde contre cette confusion ; ils ne doivent considérer comme sortant de nos fabriques que les articles portant la marque : Breveté s. g. d. g. BAUMANN FILS & Cie.25»

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Moity-Bizary (Renée), « Architecture en Roumanie. Bucarest », L’Architecture d’Aujourd’hui, n°4, mai 1934, p.56. 25 Voir page de couverture intérieure du catalogue « Baumann Fils & Cie », daté d’après les références de 1938.

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De même, dans les revues, le nom de la marque est parfois employé à tort pour décrire l’insertion d’un volet roulant dans les immeubles de rapport des années trente à Paris. Par exemple, le numéro de janvier 1932 de l’Architecte présente l’immeuble de Michel Roux-Spitz, construit au 3 rue de la Cité Universitaire en mentionnant l’intégration de volets Baumann dans les « coffres creux » prévus au dessus des baies. Deux mois plus tard, la revue signale au lecteur que « les volets ont été fournis par la maison Lacour.26»

- Le contrôle de l’ensoleillement au service de l’architecture hospitalière. Le « système Baumann », donc, paraît adapté aux sanatoriums dès la création de ce programme à la fin du XIXe siècle. Cette « architecture d’un isolement sublime », selon Quintus Miller27, est destinée aux patients atteints de toutes formes de Tuberculose. La conception de ces édifices dépend de paramètres naturels essentiels au traitement de la maladie, à savoir, l’air, la lumière ainsi qu’une cure de rayonnement solaire. Pour Georges-Henri Pingusson, il s’agit : « D’exalter toutes les forces positives de l’homme, toutes les forces latentes de l’organisme, et les facultés de réaction physique par le libre contact avec les forces naturelles, air, soleil, vue, etc.28» En rapport avec cela, le médecin et théoricien Suisse, Karl Turban, publie des normes pour la construction d’établissements dédiés à la cure de la maladie dès le début du XXe siècle. À la tête du premier sanatorium fermé de montagne à Davos, son projet idéal, prévoit un système de menuiseries complexe pour les chambres de patients dont les différents vantaux sont oscillo-battants pour l’aération. Mais le plus intéressant est qu’un volet en bois projetable à l’italienne vient s’additionner au dispositif. Ce travail étant purement théorique, il montre néanmoins l’importance des caractéristiques de l’objet évoquées dans la première partie, pour ce type de programme. (Fig. 11)

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Voir « Immeuble, rue de la cité Universitaire, à Paris, (1931) », L’Architecte, janvier 1932, p.8 et «Rectification», L’Architecte, mars 1932, p.24. 27 Miller (Quintus), Le Sanatorium, architecture d’un isolement sublime, Lausanne : Ecole Polytechnique Fédérale, avril 1992, p.18-19. 28 Pingusson (Georges-Henri), «Architecture Hospitalière», L’Architecture d’Aujourd’hui, n°9, 1934, p.4.

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Dans la dynamique de la loi Honnorat de 1919 qui impose la création d’un sanatorium par département après la première guerre mondiale, l’architecte et décoratrice A. Székely construit le sanatorium du pic du Canigou dans le Languedoc Roussillon. Cette réhabilitation utilise les fondations d’un ancien bâtiment lié à une exploitation agricole à Montbolo. Présenté comme l’une des principales références de la maison Baumann dans le catalogue de 1938, cet édifice aujourd’hui appelé « clinique de soins de suite et de réadaptation Al Sola », a pour particularité l’orientation de sa « galerie de cure. » En effet, ce principal espace de traitement de la maladie, en général orienté au sud, est ici tourné vers l’Est, suivant l’emprise du bâtiment originel. De ce fait, la façade Est reçoit un maximum d’ensoleillement en hiver tandis qu’en été, elle est à l’ombre. Par ailleurs, l’article de l’Architecture d’Aujourd’hui traitant de cet édifice29, permet d’établir un rapprochement entre le plan de ces espaces extérieurs couverts et le dessin de véranda de sanatorium du catalogue Baumann et Fils de 192530. Les deux galeries de cure superposées, réservées à sept chambres par étage, donnent sur le paysage de montagne des Pyrénées. Comme le dessin du catalogue, elles disposent de larges ouvertures munies de stores en bois à lames ajourées. Les dispositifs Baumann, paraissent alors, tout à fait adaptés à la cure car ils permettent de contrôler le niveau d’ensoleillement selon les besoins grâce au système de poulie et de corde sans fin. Projetables, ils laissent pénétrer l’air à l’intérieur. Les autres chambres, qui n’ont pas de « galerie de cure privée », ont des grandes baies également équipées de stores à lames de bois Baumann. (Fig. 12 à 14) Ces nouveaux édifices d’échelle importante, deviennent intéressants pour la marque qui ne fournit plus quelques volets roulants en bois comme avant la première guerre mondiale mais plusieurs centaines. D’ailleurs, des bâtiments de très grande échelle tels que le palais du gouvernement Algérien à Alger figurent aussi dans la liste de références de la société en 1938. La mention « 2200 stores » vient s’ajouter à côté du nom de l’édifice. Le pionnier du volet qui se méfie des concurrents semble désormais se lancer dans la « course aux plus gros contrats.»

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Voir « Le sanatorium du Mont Canigou (A. – M.) Architecte : Székely », L’Architecture d’Aujourd’hui, n°9, 1934, p.86-87. 30 Voir Catalogue Baumann et Fils, Melun, 1925, p.4.

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Fig. 11

Fig. 12

Fig. 13

Fig. 14

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Fig. 15

Fig. 16

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C’est ainsi que la maison Baumann fournit les volets roulants en bois de l’hôpital de la fondation Foch, construit par l’architecte Alfred-Édouard Fouqué de 1935 à 1937 à Suresnes, au pied du mont Valérien, près de Paris. Il s’agit a priori du dernier édifice clé de la société avant le déclin d’après guerre. De plus, beaucoup d’informations sont disponibles car il a été très largement publié dans les revues d’architecture de l’époque (de L’Architecture d’Aujourd’hui à L’Urbanisme en passant par La Construction Moderne31). Le projet est intéressant car il met en confrontation une vieille maison, résidence de monsieur Worth, tailleur de Napoléon III, construite au XVIIIe siècle avec un bâtiment neuf et innovant en matière d’équipements hospitaliers. La vieille maison qui n’a pas changée est accompagnée de ses idées jeunes. Selon la revue de la SADG, L’Architecture, « on a bien fait de conserver ce témoin d’un brillant passé» mais la petite échelle doit laisser place à la grande échelle pour le bien être collectif (fig. 15). L’hôpital monumental en forme de « T » et l’école d’infirmières encerclent la villa existante comme pour la protéger. Le commanditaire de l’opération, la fondation Foch, met plusieurs années à rassembler les fonds pour la construction de cette clinique privée dans l’intention de proposer des soins à moindre coût à une population ne bénéficiant pas de l’assurance publique. En effet la clientèle ciblée représente les membres de professions libérales, les universitaires, écrivains et artistes. C’est une première pour ce type d’édifice à l’aube de la deuxième guerre mondiale. Selon La Construction Moderne, la qualité du bâtiment, tant d’un point de vue esthétique que technique pour l’époque est due au fait que la commande a été passée auprès de l’architecte bien avant que les fonds récoltés soient suffisant pour démarrer la construction. Alfred-Édouard Fouqué a alors eu le temps de dessiner avec précision les détails de l’édifice. Les revues mettent surtout l’accent sur le traitement des gaines d’évacuation et de l’insonorisation mais la coupe transversale sur le bâtiment d’hospitalisation donne aussi des renseignements sur le travail des ouvertures. Elle témoigne en effet, d’un soin particulier apporté à l’intégration des éléments techniques dans les murs. Le rouleau en acier du volet roulant Baumann prend place dans un coffre prévu à l’arrière du linteau non porteur, sous l’épaisseur de la dalle. D’après les photos des façades, l’enroulement des lamelles de bois semble se faire vers l’extérieur car les glissières sont en fond de tableau. Depuis l’intérieur des chambres, le châssis à guillotine est fixé à l’extrémité du coffre du volet roulant de tel sorte qu’il n’y ait pas d’appui de fenêtre mais une niche permettant de loger le radiateur. Ainsi, la technique est totalement contrôlée 31

Voir notamment la documentation de l’inventaire topographique réalisé en 1995 par Antoine Le Bas concernant l’édifice. Inventaire Général du Patrimoine, IA92000185.

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et intégrée au bâtiment. Lorsque le volet est remonté, il est totalement dissimulé laissant une vue dégagée sur Paris. La commande du volet, elle, est la même que celle du sanatorium de Montbolo, à savoir un système de corde et de poulie. Depuis l’extérieur, la projection du volet crée des accidents en façade dans le quadrillage des baies alignées les unes par rapport aux autres. Ce mécanisme de ventilation s’additionne à celui du châssis à guillotine et à l’évent situé dans la niche du radiateur. L’aération des chambres est alors contrôlée par ces divers dispositifs, formant une paroi poreuse. Le volet roulant ici, n’est pas comparable au store en bois du sanatorium car il joue un rôle d’occultation totale pour les chambres. (fig. 16) Enfin, il semble intéressant de constater que la maison Jomain fournit les persiennes des fenêtres aux niveaux inférieurs de l’hôpital. À la différence des volets à lames de bois Baumann, ces persiennes verticales articulées en fer assurent un rôle protecteur à l’avant et à l’arrière du bâtiment, au niveau de la cour anglaise. Le linteau est donc simplifié aux trois premiers niveaux. Les établissements Jomain, se spécialisent dès la fin du XIXe siècle dans la fabrication de fermetures métalliques pour le bâtiment. En effet, Jean-Marie Jomain, fondateur de la société du même nom est l’inventeur de la persienne en fer dont le procédé de fabrication a été breveté le 1er avril 186532. Par ailleurs, les deux marques pionnières font figure de leader sur le marché national comme semble le suggérer le « répertoire des principaux industriels du bâtiment » réalisé par la revue de la SADG (l’Architecture) tous les mois33. Comme indiqué dans la première partie, Jomain, qui n’a guère le choix, fusionne avec Baumann déjà en faillite en 1964.

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Archives départementales de Seine et Marne, 140J3. Fonds : Syndicats patronaux. Union patronale de SeineEt-Marne, puis MEDEF. Baumann Fils et Cie (Stores, Volets roulants). Melun, 1921-1969. 33 « Répertoire des principaux industriels du bâtiment », L’Architecture, n°11, 15 novembre 1937, p.393.

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- Une propagation aux immeubles parisiens des années trente. Des opérations de standing dans le XVIe arrondissement aux H.B.M (Habitations à Bon Marché) construits à la place des anciennes fortifications de Paris dans les années trente, le Baumann est encore observable aujourd’hui. Michel Roux-Spitz, premier grand prix de Rome en 1920, commence sa carrière pendant l’entre-deux-guerres, au moment de l’apogée de Baumann. Il est fort probable qu’il ait fait le choix de cette marque pour son gage de qualité. Sélectionnant les meilleurs matériaux pour sa clientèle bourgeoise « aisée et cultivée, éclairée sur les problèmes contemporains, mais garante d’un «bon goût»34», il choisit donc le produit original d’une maison expérimentée pour ses premières opérations de standing. De plus, le volet roulant à lames de bois, représente une solution « moderne » pour la fermeture des baies. Plus tard, cette dizaine d’immeubles, appelée « série blanche » définira le « style Roux-Spitz ». L’immeuble du 14 rue Guynemer à Paris, construit en 1928, est le premier de ce style et figure dans la liste des références de Baumann en 1935. Il répond parfaitement à l’adage de Michel Roux-Spitz qui veut que chaque type de programme corresponde à un style d’architecture. Ainsi, selon ses termes, dans le cas d’un immeuble d’habitations de « quartier aristocratique», l’ossature en béton armé « doit avant tout se soumettre au but de l’édifice.35» Dans un souci de rationalisme et de classicisme, la structure porteuse en béton est masquée par un parement en pierre d’Hauteville de très haute qualité côté rue Guynemer. Les autres façades, sont enduites d’un stuc pierre. Ces parements, liés au caractère bourgeois que souhaite donner l’architecte à son bâtiment, participent au côté « photogénique » des images du studio d’Albin Salaün. Ces photographies publiées dans les revues L’Architecte ou La Construction Moderne, sont toutes retouchées et choisies par Roux-Spitz dans le but d’afficher une perfection. Sur ces clichés, tout est intentionnel. Le « vide » a été fait autour du bâtiment, pour n’afficher que la pureté des volumes. Évidemment, tous les volets roulants sont remontés au maximum, pour éviter tout élément parasite. Dans cette logique, le dispositif de projection à l’italienne n’est d’ailleurs pas prévu. Les glissières métalliques sont vissées sur le tableau extérieur et le parement en

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Citation du livre : Raynaud (Michel), Laroque (Didier), Rémy (Sylvie), Michel Roux-Spitz. Architecte 1888-1957, Liège et Bruxelles : Pierre Mardaga éditeur, 1983, p.103. 35 Citation dans Abbondanlodo (Ilaria), Briguglio (Caroline), Architecture traditionnaliste : les théories et les œuvres, Sprimont : Mardaga, 1999. Référence à : Roux-Spitz (Michel), Michel Roux-Spitz. Réalisations 1924-1932, Paris, 1933, p.16-20.

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pierre vient à fleur de celles-ci pour donner l’impression qu’elles sont dans l’épaisseur du mur. Les efforts de Roux-Spitz pour « camoufler » la technique sont tellement grands que le volet est relégué au second plan. Il est d’ailleurs intéressant de comparer les photographies d’Albin Salaün avec des photographies actuelles plus « spontannées » pour se rendre compte que l’image dégagée par le bâtiment est nettement différente. (Fig. 17 et 18) Cet excès de perfection est certainement lié au fait que son ami, propriétaire du terrain lui avait donné carte blanche. Aussi, il s’installe dans un des appartements et dessine tous les éléments de mobilier et de décoration. Dans cette architecture « totale », il peut se permettre une entière maîtrise du produit Baumann, en poussant même l’effet « caméléon » jusqu’à peindre les volets en blanc. Ce n’est par exemple pas le cas pour l’immeuble du 22 rue Nungesser-et-Coli qu’il réalise en 1931. Pour ce dernier, le soin accordé au volet est différent, à commencer par le traitement des lames, laissées naturelles et la projection qui semble lui échapper. (Fig. 19) Pour en revenir au 14 rue Guynemer, La Construction Moderne décrit jusqu’au moindre détail l’appartement de Roux-Spitz en mettant l’accent sur le fait que toute la technique est dissimulée : « Les baies de la réception (salon et salle à manger), sont à linteaux creux en béton armé pour le logement des stores Baumann avec châssis métallique à guillotine […]36» Ainsi, le coffre du volet roulant est dans l’épaisseur du mur et les radiateurs sont logés dans une niche sous l’allège, selon un principe similaire à celui de l’hôpital Foch. Il n’est pas question de laisser apparent la logique de fonctionnement de la « technologie ». La structure en béton armé de l’immeuble permet à juste titre, une « «organisation technique» des plus raffinée37.» Le volet subit le même traitement que les canalisations et il n’est pas étonnant que la manœuvre, censée être le dispositif de poulie et de corde sans fin ne soit pas mentionnée. Celle-ci est cachée par d’imposants rideaux, accessoire des intérieurs de « haut goût38.» Les larges châssis à guillotine renforcent eux, l’aspect panoramique du bow-window qui offre une vue imprenable sur le jardin du Luxembourg. (Fig. 20)

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« Immeuble à appartements à Paris. Par M. Michel ROUX-SPITZ. Architecte D.P.L.G Premier grand prix de Rome. », La Construction Moderne, 43e année, n°17, 1928. 37 Citation de: Roux-Spitz (Michel), Michel Roux-Spitz. Réalisations 1924-1932, Paris, 1933, p.16-20. 38 « L’appartement de M. Michel Roux-Spitz. », La Construction Moderne, 44e année, n°24, 1929.

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Fig. 17

Fig. 19

Fig. 18

Fig. 20

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Finalement, le produit étant intégré « à l’extrême » dans l’architecture, la participation de Baumann est assez singulière pour cet exemple. Toujours est-il que la presse architecturale de l’entre-deux-guerres rend compte de la montée en force de cet accessoire de modernité indispensable. Ainsi, les architectes adaptent leur conception en circonstance et l’objet Baumann se trouve par exemple intégré à la construction des Immeubles à Loyer Modéré de l’ancienne zone non ædificandi de Paris. Plus tard pris comme contre-exemple d’un formalisme à éviter par Michel Roux-Spitz pour la reconstruction, ces édifices forgent le «nouveau visage de Paris39» des années trente. Une des rares architectures présentée dans les publicités de la maison Baumann après la deuxième guerre mondiale fait partie de l’un de ces ensembles. Les extraits de façade coupés comme pour renforcer l’échelle importante du bâtiment présentent une multitude de volets roulants projetés. D’abord confondu avec des immeubles collectifs d’Etat construits à Mulhouse en 1949, il s’avère que ce groupe d’immeubles à loyer modéré est un projet de Louis-Hippolyte Boileau construit en 1935 à proximité de la porte d’Orléans. Une habitante de la partie Sud-est, résidant au quatrième étage explique : « C’est un immeuble qui était réservé à l’université jusque dans les années quatre-vingt. Il fallait être universitaire pour pouvoir accéder à ces logements. L’immeuble appartient toujours à la régie immobilière de la ville de Paris mais il est aujourd’hui ouvert aux nonuniversitaires. » En effet, situé à l’ouest de la cité internationale universitaire de Paris, dont les pavillons d’entrée conçus par Lucien Bechman sont également équipés par Baumann40, l’ensemble a été construit dans le but de « fournir aux professeurs des appartements sains et confortables à des conditions modérées41.» L’originalité du plan des logements découle donc du fait que l’accent a été mis sur le confort nécessaire aux enseignants. Ainsi, un grand bureau de vingt-cinq mètre carré est attenant au séjour, accessible depuis l’entrée. Un balcon tout en longueur relie par l’extérieur ce cabinet de travail au séjour permettant ainsi aux universitaires de travailler dehors. Selon La Construction Moderne, « les intérieurs sont sans luxe, mais les appartements réunissent tout le confort et toutes les commodités. » Ainsi, les stores en bois Baumann, font partie de ces commodités. Les lames fixes, traversées par les rubans en acier inoxydable, sont 39

Vaillat (Léandre), « Le nouveau visage de Paris », L’Illustration, n°4969, 28 mai 1938. Évocation de la marque Baumann dans : Demay (Émile), « Les services généraux de la Cité universitaire », L’Architecture, n°4, avril 1938, p.142. 41 « Immeuble Avenue Paul-Appell, à Paris. 1935. Architecte : L.-H. Boileau. », L’Architecte, mars 1935, p38. 40

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distancées. Leur profil est un parallélogramme, ce qui permet de filtrer la lumière lorsque le store est projeté tout en permettant une occultation lorsqu’il est rabattu. De plus, les regards ne pénètrent pas à l’intérieur du logement. Le dispositif de projection est « à deux mains », car il se rapporte d’une part aux portes fenêtres pour les terrasses et d’autre part à des châssis insérés dans les encadrements en ciment blanc moulé disposant de garde-corps.

Fig. 21

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Fig. 22

Fig. 23

Fig. 24

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Les chambres et cuisines orientées au nord, donnent sur un square intérieur. Alors que les baies des cuisines ne disposent d’aucune fermeture, celles des chambres sont munies de volets roulants occultant. Pour les séjours des appartements, au sud, donnant sur l’avenue Paul-Appell et le terrain de sport, le store Baumann projetable paraît alors indispensable pour modérer le niveau d’ensoleillement. Les ajours du rideau de lattes renvoient une lumière indirecte et diffuse, très appréciable pour contrer l’éblouissement. Une manœuvre par corde sans fin, permet donc, selon les envies, de contrôler le clair-obscur généré par le dispositif. Aujourd’hui peintes en marron foncé, les lames de bois devaient certainement renvoyer une lumière plus intense autrefois, lorsqu’elles étaient peintes en jaune. (Fig. 22) La description architecturale du groupe d’habitations, donnée par La Construction Moderne, présente cette couleur comme « apportant à l’ensemble un effet plus pimpant encore42.» Il faut en effet préciser que le jaune s’ajoute au rose du revêtement de façade en aggloméré de briques pilées et bouchardées. À ce propos l’article de la revue L’Architecte indique également : « Les stores à l’italienne sont d’un ton jaune clair ; cela crée ainsi une harmonie jeune et gai.» Ces précisions sont importantes car dans la publicité de la marque « la vieille maison aux idées jeunes » de 1954, l’extrait de façade de l’édifice est en noir et blanc43. L’harmonie de couleurs « jeune et gai» des années trente est donc retranscrite en niveaux de gris. Sans doute la marque voulait-elle simplement invoquer l’aspect formel du bâtiment de Louis-Hyppolite Boileau, architecte de renom et la multitude de stores vendus à l’époque pour cette opération de grande échelle. Par ailleurs, la façade Sud-est du même groupe de logements, est présentée dans une publicité de 1961 introduisant « le volet roulant plastique44.» L’aspect contradictoire qui en résulte est intéressant puisque ce nouveau produit des années soixante, semble ne pas avoir de rapport avec la principale référence qui symbolise l’âge d’or de la « vieille maison » intégrée au « Q » de Qualité. (Fig. 21, 23 et 24)

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Goissaud (Antony), « Groupe d’immeubles à loyers modérés destinés aux universitaires de Paris. Par l’Architecte Louis BOILEAU, D.P.L.G., S.A.M. », La Construction Moderne, octobre 1935, p.59. 43 « Publicité : La vieille maison aux idées jeunes ! », L’Architecture d’Aujourd’hui, n°54, mai-juin 1954, p.LV. 44 « Publicité : Baumann = Qualité. Le volet roulant plastique. », L’Architecture Française, n°225-230, 1961.

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|TROISIÈME PARTIE La place du Baumann dans l’esthétique des années cinquante

- Michel Roux-Spitz a dit… Baumann n’est plus permis Après la deuxième guerre mondiale, des réflexions sont engagées sur les typologies de logement et sur les moyens mis à exécution pour parvenir à construire beaucoup, rapidement et moins cher. Les solutions de relogement des populations appellent ainsi à une densité élevée. La grande échelle engendrant un nombre considérable de baies à équiper, le volet roulant en bois Baumann trouve-t-il sa place dans l’architecture des trente glorieuses ? Michel Roux-Spitz, qui devient rédacteur en chef de L’Architecture Française en 1943, se sert de la revue pour exprimer ses opinions sur la manière de reconstruire. Dans un article de 1946, il explique « ce qu’il ne faut plus faire45.» Cela passe notamment par la publication de ses études techniques concernant le relogement de la ville de Paris, commandées par la préfecture de la Seine en 1943. Dans un premier temps, il critique vivement le modèle urbain de l’entre-deux-guerres à Paris, à savoir, les groupes d’H.B.M. présentés précédemment. Ces ensembles sont selon lui des exemples même de formalisme à éviter et, en s’appuyant sur des exemples, il démontre qu’en plus d’être « laids », leur forme est contraire à la manière d’habiter un logement. Ainsi, les bâtiments, trop épais, ne permettent pas « un bon éclairage et une bonne ventilation », «on ne peut placer les meubles normalement » dans les pièces aux angles aigus. À l’extérieur, « les façades non rectilignes faites de windows, avant-corps, renfoncements, pans coupés, toutes formes qui les rendent laides, coûteuses», sont à proscrire. L’accent est aussi mis sur le fait que la multitude de cours et jardins résultant de ces « masses construites » ne sont que des « cours et courettes sans vie. »

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Roux-Spitz (Michel), « Ville de Paris. Relogement de Paris et de la Seine. Immeuble type « Ville de Paris », L’Architecture Française, n°57, avril 1946, p. 11.

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Par une analyse des éléments techniques tels que les fermetures et dispositifs de contrôle de l’ensoleillement, Roux-Spitz se prononce également sur l’utilisation du store à lames de bois appliqué à la reconstruction. Pour un « logement type de la ville de Paris », défini dans l’article de l’Architecture Française: « On évitera l’emploi de stores type Baumann exigeant des coffres qui compliquent la construction des linteaux et la rendent coûteuse, exigeant une retombée qui réduit la surface éclairante des baies et obligent à d’incessantes réparations. On leur préférera les persiennes ordinaires de bois ou de fer. » En tant qu’ancien client de la maison Baumann, Roux-Spitz soulève surtout la question de l’intégration du tambour, autrefois compris dans un coffre au niveau du linteau. En regard des nouveaux procédés de fabrication, il est préférable qu’un type de fermeture plus économique et moins difficile à mettre en œuvre soit prévu dans les constructions d’après guerre. Selon Michel Roux-Spitz, « la réduction des prix de revient, désirée par tous », est envisageable à partir du moment où des éléments préfabriqués pour la construction, sont fabriqués en très grandes quantités par les industriels46. Cependant, tout comme Lucien Bechmann, il met en garde sur la préfabrication totale qui relèguerait le rôle de l’architecte à celui d’un ingénieur qui crée des prototypes d’avions ou de bateaux47. Mais surtout, il évoque la question de la qualité qui est importante dans la conception et la construction afin de créer une architecture pérenne. Dans une dynamique de préfabrication limitée, donc, l’architecte doit désormais composer avec des « blocs-eau », « blocs-porte » ou encore « blocs-croisées », pour limiter le coût de l’opération. Ces derniers sont intéressants à évoquer puisqu’il s’agit d’encadrements en béton comprenant parfois le châssis, le volet roulant ou la persienne ainsi qu’un système de chauffage. Ils arrivent prêts à être posés afin de supprimer tout le travail artisanal sur le chantier. Les grands industriels de l’époque développent alors chacun leur type de bloc-croisée tout équipés. Le bloc « SECIP », du nom de sa marque, présenté notamment dans l’Architecture d’Aujourd’hui en 194648, comprend une multitude de mécanismes dont un volet roulant en bois projetable, manœuvrable par manivelle. Bien qu’il soit sans doute plus cher qu’une persienne ordinaire, 46

« Préfabrication », Roux-Spitz (Michel), L’Architecture Française, n°54, janvier 1946. Bechmann (Lucien), « Quelques opinions sur la préfabrication et l’industrialisation du bâtiment », L’Architecture d’Aujourd’hui, n°4, janvier 1946, p.13. 48 « Blocs-croisées», L’Architecture d’Aujourd’hui, n°4, janvier 1946, p.43-44. 47

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le dispositif de type Baumann, peut être tout à fait intégré au sein d’un système préfabriqué. Le bloc « Croizat Et Angeli », quant à lui, est un cadre en béton armé moulé qui peut s ‘associer avec tous les types de matériaux de gros œuvre. Le châssis de fenêtre, se fixe ensuite depuis l’intérieur. Très apprécié, il est primé au concours du Ministère de la Reconstruction car il permet l’utilisation de matériaux locaux et une nette diminution du temps de travail sur les chantiers, comme le démontre Pol Abraham au cours de la reconstruction d’un îlot du centre ville d’Orléans49. Michel Roux-Spitz, nommé architecte en chef de la reconstruction du canton de Nantes le 29 mars 1945 par le MRU (Ministère de la Reconstruction et de l’Urbanisme)50, utilise aussi ce type de bloc pour la construction du quartier des Hauts-Pavés. Ces logements d’Etat, destinés aux sinistrés de guerre les plus démunis représentent l’adaptation quasi-exacte du modèle de l’immeuble type « Ville de Paris » qu’il avait établi au cours de ses études sur le relogement de Paris. Chaque bâtiment ne dépasse pas trois étages au dessus du rez-dechaussée et les logements traversant, ne mesurent pas plus de dix mètres de large pour garantir un bon éclairage et une bonne ventilation. Les ouvertures sont donc des cadres en béton préfabriqué montés dans une maçonnerie en moellons de granit rose local. Roux-Spitz, respecte ses propres prescriptions en ne faisant installer que des persiennes pliantes en bois fixées à l’intérieur du cadre. Ainsi, il n’y a pas de linteaux complexes qui, vu le nombre de baies, rendraient la construction beaucoup plus onéreuse. (Fig. 25 et 26) En revanche, pour la reconstruction du centre ville de Nantes, le style d’architecture est différent. Michel Roux-Spitz, associé à Yves Liberge, architecte local, travaille sur le plan urbain de la rue du Calvaire, du Marchix et du quai de la fosse. Contrairement au projet de la cité des Hauts-Pavés, construit sur un terrain au nord de la ville, il s’agit de reconstruire des immeubles partiellement détruits ou sinistrés dans un tissu urbain propre au centre ville. Dans le cas d’un patrimoine détruit, les moyens budgétaires versés par l’Etat sont plus importants51, ce qui marquera une nette différence par rapport au choix des matériaux. En effet, les immeubles en béton armé sont constitués d’un soubassement en granit, d’une façade en plaques de pierre agrafées sous une marquise et d’étages en pierre de taille. Le style des immeubles de la rue 49

Abraham (Pol), Architecture préfabriquée, Paris : Dunod, 1946. Archives municipales de Nantes, La reconstruction de Nantes, édité dans le cadre des Journées du Patrimoine 2003, 2003, p.6. 51 Raynaud (Michel), Laroque (Didier), Rémy (Sylvie), Michel Roux-Spitz. Architecte 1888-1957, Liège et Bruxelles: Pierre Mardaga éditeur, 1983, p.70. 50

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du Calvaire est donc plus noble, inspiré des réalisations parisiennes de Roux-Spitz. Les vastes appartements, destinés aux populations plus aisées, présentent des menuiseries métalliques horizontales à guillotine, comme l’immeuble du 14 rue Guynemer à Paris. L’usage, ici, de volets roulants en bois projetables met en exergue le fait que ce dispositif technique, plus cher, est un luxe réservé aux immeubles de standing. La marque Baumann établie dans l’ouest de la France après la guerre, notamment à Nantes, au 5 rue de la Galissonnière52, aurait peut-être équipé les édifices du centre ville Nantais. (Fig. 27) 52

Voir page de couverture intérieure du catalogue « Baumann Fils & Cie », daté d’après les références de 1938.

Fig. 25

Fig. 26

Fig. 27

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- Le « spleen Baumannien » D’après de nombreux documents retrouvés (factures, délibérations municipales et publicités), les constructions scolaires publiques semblent représenter une grande part des commandes de la marque entre 1945 et 1956. Par exemple, la délibération municipale de la ville de Melun du 9 décembre 1947 stipule que : « Le conseil décide la passation d’une commande à la Maison Baumann de deux stores destinés aux fenêtres des logements de M. M. Roux et Laurenceau, instituteurs à l’école de la Courtille53.» Aussi, une publicité de 1952 dans un numéro spécial de L’Architecture Française sur les constructions scolaires présente une page entière de séparations pour salles, stores et volets roulants Baumann54. Par deux références très différentes, cette publicité thématique rappelle au lecteur que la vieille maison a déjà fourni de nombreuses écoles en dispositifs de toutes sortes. Le volet roulant en bois projetable semble pouvoir s’adapter à un style d’architecture traditionnel « années 1900 » et à un style plus « moderne », d’après guerre, lié à la préfabrication qui se diffuse. (Fig.28 et 29) En 1956, une autre publicité dans la revue Techniques Et Architecture présente une photographie de la façade de l’école primaire des filles du groupe scolaire Victor Hugo à Blois55. C’est la première fois que des personnes sont mises réellement en scène dans une publicité de la marque, au travers d’une photographie. Le projet fait partie du plan de reconstruction de la ville de Blois dont André Aubert est architecte en chef. C’est d’ailleurs lui qui réalisera l’école entre 1947 et 1955, au sein d’un quartier résidentiel du centre ville qui n’a pas subit de destructions pendant la guerre, mais dont certains édifices, vétustes, sont démolis. La façade Ouest acquiert le « confort moderne » de volets à lames de bois jointives Baumann. Les glissières, peintes en blanc, ne sont pas projetables. La ventilation des salles de classe et la protection contre l’éblouissement se fait simplement en descendant le rideau de lames aux trois quart et en ouvrant les châssis battants des fenêtres, comme en témoigne la photographie56. Dans cet exemple d’architecture traditionaliste, la seule innovation apparente semble être le volet roulant qui lui-même ne représente plus une nouveauté dans les années cinquante. (Fig. 30)

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Fig. 28

Fig. 29

Fig. 30

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Archives Municipales de Melun, 1947.11.27. Délibération du 27/11/1947, Achat de stores Baumann. « Constructions scolaires», L’Architecture Française, n°129-130, 1952. 55 « Publicité : Stores Baumann. Groupe scolaire Victor Hugo à Blois (M. André Aubert Architecte en chef)», Techniques et Architecture, 16e série, n°1, mai 1956. 56 À noter que la marque Mischler, dans une publicité de L’Architecture d’Aujourd’hui n°34, datant de mars 1951, revendique le fait que le volet roulant en bois participe à la climatisation naturelle des locaux scolaires. Ainsi, par exemple, toutes les baies du département EEA de l’université Montpellier 2 sont munies de volets roulants en bois Mischler. 54

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Dans le Paris des années cinquante, le Baumann se fraye une place dans les opérations de standing dont le style s’inscrit dans une continuité avec les années trente. Il est par exemple associé aux matériaux traditionnels tels que la pierre dans la construction d’immeubles de promotion privée. Nichés dans le tissu urbain du centre ville, ces immeubles parisiens côtoient parfois des immeubles Haussmanniens. Il sont reconnaissables par leur gabarit, résultant de l’assouplissement des règles d’urbanisme. Atteignant dans la plupart des cas, la nouvelle hauteur maximale fixée de 31 mètres, ils sont en retrait par rapport à la rue, dégageant ainsi des espaces de jardin. Ils présentent en général des « gradins » à partir du septième étage pour le respect du prospect. Tout en profitant de ce règlement provisoire de 1950, certains architectes, choisissent un langage architectural très proche de celui des années trente. L’immeuble du 7 boulevard Émile-Augier, construit par André Aubert de 1950 à 1953 dans le XVIe arrondissement, est un bon exemple. L’utilisation de la pierre, rappelle ici, le 17 rue Duret, évoqué dans la première partie, qui a lui-même fait l’objet d’une réinterprétation de la tradition Haussmannienne. La composition de façade, due aux balcons filants, évoque quant à elle, le groupe de LouisHyppolite Boileau. Il semblerait que les volets roulants en bois symbolisent toujours la technique moderne, en opposition avec les persiennes traditionnelles (Fig. 31). L’immeuble du 137-139 rue du Chemin Vert de Julien Chapelle, construit entre 1956 et 1958, est remarquable pour ses quatre niveaux de gradins. Bien que ses formes soient plus géométriques, il utilise le même langage que le bâtiment d’André Aubert, à savoir la pierre et le volet roulant en bois. La marque Baumann est nettement reconnaissable ici, car le modèle projetable installé est le même que celui du 17 rue Duret. Ses coulisses sont peintes en blanc et ses lames de bois sont laissées naturelles (Fig. 32). Enfin, au détour d’une rue, il n’est pas rare de rencontrer un immeuble des années cinquante dont les volets ont été remplacés par d’autres dispositifs en bois ou en PVC « aspect bois ». Cela crée des nuances allant du beige à l’ébène en passant par le orangé et le marron. D’autres architectes, comme Jean Ginsberg et Georges Massé, se servent des modifications apportées au Plan Local d’Urbanisme pour tenter d’innover l’immeuble parisien du centre ville. L’opération du 19 rue du docteur Blanche, également dans le XVIe arrondissement, construit entre 1950 et 1953 en est l’exemple même. Très largement publiée dans la presse de l’époque, les articles témoignent de l’attention qu’ont porté les architectes à ses détails architecturaux et à la décoration intérieure. Le volet roulant en bois, pris en compte dans la

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conception n’est cependant pas un Baumann mais un Lacour57. Cette marque concurrente, véhicule la même image de « vieille maison » de qualité58, cependant, elle remporte un contrat de plus d’une centaine de volets roulants pour une opération « innovante » (Fig. 33). Les prix de Lacour devaient être plus avantageux car la prestation semble être identique à celle que Baumann aurait pu proposer. Pour reprendre les termes utilisés dans les publicités, Lacour n’a apparemment pas les « idées » plus « jeunes » que Baumann. Quand est-il de la communication de la marque dans les années cinquante et soixante ?

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Voir « Groupe d’immeubles à Paris, 19 rue du Docteur-Blanche », Techniques et Architecture, n°1-2, 1951. « Publicité : Anciens établissements LACOUR. Volets roulants en bois. Livraison rapide. Un siècle d’expérience», L’Architecture Française, n°85-86, 1949. 58

Fig. 31

Fig. 32

Fig. 33

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- Entre graphisme épuré et ringardise. Face à la concurrence, la communication de la marque est très importante pour vendre les produits et il semblerait que celle-ci n’ait pas été à la hauteur. Le style des publicités Baumann varie énormément entre 1901 et 1965. Hormis quelques publicités «pleine page» assez singulières, comme celle mettant en scène l’architecte et ses clients, quatre styles graphiques, propres aux époques, peuvent être répertoriés. Le premier, qui se développe jusqu’au début des années trente, est caractérisé par des motifs floraux. Dès 1901, lorsque Wilhelm Baumann commence à fabriquer ses produits en France, des fleurs viennent s’ajouter au titre « W. Baumann » sur les factures. Plus tard, dans les années vingt essentiellement, les dessins stylisés de végétation s’intensifient, formant un cadre octogonal autour des produits mis en scène. Ainsi, dans la revue L’Illustration, touchant un public assez large, les enfants découvrent avec surprise les cadeaux au pied du sapin de noël cerné par le paravent Baumann59. Dans une autre publicité, ce même cadre, donne à voir un pavillon d’exposition de style classique dont les ouvertures sont munies de stores Baumann. L’architrave de ce petit temple est gravée de la mention « Les stores Baumann60.» Cette architecture n’est pas sans rappeler la fameuse rotonde aux colonnades doriques, équipée de volets projetables. Le quiproquo de la question de départ était d’ailleurs de voir ce dessin, agrémentant de nombreuses publicités, comme une construction à part entière alors qu’elle n’est autre que l’image métaphorique de la société au passé glorieux. Il s’avère que celle-ci soit apparue en 1912, lorsque la marque change de nom pour Baumann et Fils. Figurant sur la couverture de tous les catalogues jusqu’au début des années cinquante, elle semble renforcer l’image de prestige d’une maison qui se veut « haut de gamme. » (Fig. 34) Le second style est propre aux années trente. Baumann, qui a déjà fait sa clientèle, se contente de peu. Une publicité de 1939, présente notamment, un dessin très simple mettant en avant le jeu d’ombres et de lumière induit par le dispositif de contrôle de l’ensoleillement. La marque aurait pu se contenter de publier son nom, rappelant instantanément le produit en bois devenu indispensable. Pourtant, elle y ajoute ce logo tout en aplats de noir, efficace

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« Publicité : Baumann et Fils Melun. S. et M. Paravents », L’Illustration, n°4371, 11 décembre 1926. « Publicité : Baumann et Fils Melun. S. et M. Stores Baumann », L’Illustration, n°4340, 8 mai 1926.


pour définir le store projeté confondu à son ombre portée61 (Fig. 35). Après la deuxième guerre mondiale, le graphisme des publicités reste épuré mais accueille de la couleur en surimpression. De 1945 à 1960, les concurrents mettent énormément de moyens dans leurs publicités, en intégrant des photographies et de nombreux arguments. Baumann conserve sa sobriété associée progressivement à des images amusantes renforçant le paradoxe d’une maison qui se veut jeune mais qui reste résolument liée à la tradition. L’exemple de communication qui semble le plus pertinent est une publicité publiée en 1955 dans l’Architecture d’Aujourd’hui62. Une dizaine de stores en bois projetables, dessinés en vue de dessus, forment une diagonale qui divise la publicité en deux parties. L’intérieur de l’habitation semble être représenté par la surimpression de couleur rouge, utilisée dans toute la revue. Ainsi, le graphisme épuré symbolise les propriétés thermiques de l’objet. Les stores fermés sont « nécessaires l’hiver » pour conserver la chaleur à l’intérieur, mais ils sont également « indispensables l’été » pour arrêter les rayons du soleil. Par ailleurs, le rouge, attire l’œil du futur client sur le logo de la marque, devenu un véritable sceau, accompagnée de son slogan « la vieille maison aux idées jeunes! » L’entreprise d’après guerre, « Baumann Fils et Cie », n’hérite pas nécessairement de la clientèle « haut de gamme » que « Baumann et Fils » avait réussi à conquérir pendant l’entredeux-guerres. C’est pourquoi, elle tente de viser une nouvelle clientèle, tout en essayant, sans doute, de diminuer le moins possible ses prix face à la concurrence tenace. Si les nombreux stores de la publicité ne représentent à première vue qu’un graphisme anodin, ils rappellent aussi probablement la nouvelle échelle des constructions imposée par les impératifs de la reconstruction. Cet alignement de stores pourrait par exemple rappeler le long bâtiment courbé du front de mer de Royan, construit en 1950 par Louis Simon. Sachant que la marque avait des agences aux Sables-d’Olonne et à Bordeaux, le système Baumann, tout à fait adapté aux appartements d’une station balnéaire, aurait pu être envisagé pour équiper le nombre conséquent de baies du « portique ». Toujours est-il que cette publicité, d’aspect graphique « jeune », notamment par l’utilisation de symboles (le soleil pour l’été et le flocon pour l’hiver), vente les mérites d’un produit ancien en bois, certes adapté mais qui ne représente en rien une innovation dans les années cinquante. (Fig. 36)

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« Publicité : Stores BAUMANN Melun (Seine-et-Marne) », La Construction Moderne, n°41, 1939. « Publicité : Stores Baumann. Baumann Fils et Cie. La vieille maison aux idées jeunes ! », L’architecture d’Aujourd’hui, n°58, février 1955. 62

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Fig. 35

Fig. 34

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Fig. 36


Fig. 37

Fig. 38

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Entre 1956 et 1960, le style de la marque peut être caractérisé d’ « humoristique ». Bien que les publicités soient publiées dans les revues spécialisées, elles sont axées sur des jeux de graphisme lié au nom Baumann mais aussi sur des analogies parfois triviales et amusantes. Ainsi, l’architecture, auquel est associé le produit, apparaît très peu63. À la place, Baumann, qui veut avoir « Les idées jeunes », use d’astuces en improvisant une police d’écriture créée avec des volets roulants projetables dessinant le nom de la marque64. Aussi, dans une publicité pour les volets roulants bois et plastique de 1960, les « O » de « maison de tradition », sont remplacés par le logo coloré65. Par ailleurs, le système coulissant des portes de garages Baumann est associé à une patineuse artistique : « La porte qui glisse » apparaît en guise de sillon sur la glace dans une publicité de Techniques et Architecture66. Cela dit, ce style, est commun à d’autres marques de stores ou de volets roulants tels que Belzacq Frères, qui indique : « les lunettes de soleil de votre maison67», ou Mischler qui précise : « si la fenêtre est l’œil de la Maison, le Volet Roulant Mischler en est la paupière68.» (Fig. 37) Enfin, dans le peu de publicités diffusées entre 1961 et 1965, Baumann offre finalement à voir du concret, à savoir, des photographies de références. Cependant, la marque semble bloquée aux années trente, notamment avec l’immeuble de Louis-Hyppolite Boileau associé au « volet roulant plastique », déjà présenté. Dans une autre communication, un zoom est effectué sur la façade d’une école mettant en exergue, cette fois, le volet roulant en bois. L’extrait de façade, redessiné, semble être en décalage avec la précision de l’aspect technique de l’objet dans le titre69 (Fig. 38). En 1965, l’ultime publicité de la marque est publiée dans le bulletin municipal de la ville de Melun. Une photographie d’un édifice de grande échelle affiche de nombreux stores a priori en toile en face de la liste des produits désormais fabriqués par «Jomain Baumann & Co70.» Les publicités de la marque, cessent d’être publiées dans les revues nationales. Victime d’un effet rétrograde, Baumann, qui vendait autrefois ses produits dans toute la France semble désormais cantonné à Melun, comme le témoigne l’exemple de la résidence « La Prairie » construite par Berthier. 63

La publicité de 1956 présentant l’école d’André Aubert à Blois fait partie des exceptions. « Publicité : La vieille maison aux idées jeunes !.. Stores Volets roulants BAUMANN », L’Architecture d’Aujourd’hui, n°65, mai 1956. 65 « Publicité : La maison de tradition», L’Architecture Française, n°219-220, novembre-décembre 1960. 66 « Publicité : La porte qui glisse», Techniques et Architecture, 18e série, n°3, juin 1958. 67 « Publicité : Stores Belzacq Frères», L’Architecture Française, n°205-206, 1959, p.XXII. 68 « Publicité : Mischler. Fermetures bois et métalliques», L’Architecture d’Aujourd’hui, n°49, octobre 1953, p.LXVI. 69 « Publicité : Volet roulant bois. Assemblage par ruban inoxydable 18/8», L’Architecture Française, n°221-222, 1961. 70 « Publicité : Jomain Baumann & Co. Stores Baumann», Bulletin Municipal de la ville de Melun, 1965, p20. 64

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- Laisser la place. Le déclin de Baumann peut être réellement perçu au début des années soixante, le volet roulant en bois étant remplacé par des dispositifs plus économiques dans les constructions d’après-guerre. Le store en toile, notamment, se répand dans l’architecture des grands ensembles en périphérie des grandes villes. Contrairement à Roux-Spitz et Bechmann qui croient en une « industrialisation légère71», c’est à dire de la préfabrication de parties du bâtiment, Marcel Lods est partisan d’une industrialisation totale. Dans une esthétique de la technique, tous les éléments constitutifs de l’édifice restent visibles. Les immeubles du grand ensemble « Les Grandes Terres », construit à Marly-le-Roi entre 1955 et 1958, présentent des panneaux de façade produits en série, comprenant un dispositif d’enroulement de store en toile. En 1963, alors que Lods est à la tête d’un atelier à l’école des Beaux-Arts, un concours est organisé par la confédération des fabricants de toile de France. Il a pour objet d’imaginer des modes de fixation pour les stores qui peuvent être standardisés et produits en série. Les problèmes techniques, esthétiques et fonctionnels posés par le dispositif se doivent d’être pris en compte au moment de la conception du projet pour faciliter leur intégration. Le second prix, attribué à deux étudiants de l’atelier Lods présente une façade très colorée dont le quadrillage rappelle « Les Grandes Terres ». L’article de L’Architecture Française qui dévoile les résultats72, remémore le fait qu’un dispositif de « protection contre le soleil » est obligatoire pour les logements, comme inscrit dans le décret ministériel du 22 octobre 1955. Ainsi, avant que le volet roulant en PVC, considéré comme une fermeture mais adapté à cette fonction ne se généralise, le store-toile, pouvant être éventuellement orienté à la verticale apparaît comme une des solutions les plus économiques. (Fig. 39) Parallèlement, l’usine Baumann, installée à Melun depuis le début du XXe siècle présente un outillage d’avant guerre et les « ouvriers spécialistes », pour reprendre les termes du catalogue, ont été formés et habitués à travailler le bois. Bien que des nouveaux locaux soient construits en 1965, dans la zone industrielle de Melun, les personnes qui travaillent le bois, ne peuvent plus être celles qui travailleront le plastique. Il s’agit en effet d’une tout autre industrie. 71

Voir Abram (Joseph), Du chaos à la croissance (1940-1966), t. 2 de Gérard Monnier (dir.), L’Architecture moderne en France, Paris: Picard, 1999. 72 « L’intégration du Store-toile dans l’architecture moderne : le concours Stores-toile des Beaux-Arts», L’Architecture Française, n°247-248, 1963.

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L’entreprise, limitée dans ses moyens de fabrication, se lance quand même dans la production de « lames-caissons en plastique raidies par des fourrures en bois73» à la fin des années cinquante. Tentative veine puisque d’une part ce nouveau système adoptant le même principe de ruban inoxydable traversant les lames ne semble pas au point. D’autre part, la marque reste résolument connue pour son désormais traditionnel volet à lames de bois projetable. Néanmoins, il semblerait que la vieille maison ait eu les idées jeunes dans sa manière de tirer partie de l’ancien matériel afin de proposer une gamme de produits économiques. C’est le cas de la « persienne à pliage accordéon », développée dès 1943. Ses lames de bois, disposées à la verticale, sont finalement les mêmes que celles du fameux volet roulant. Les rubans en acier qui les lient entre-elles sont articulés afin de permettre le « pliage » de groupes de quatre lames les uns contre les autres. Un système de coulisses horizontales est mis en place dans l’encadrement de la baie. Cette persienne, qui s’adapte plus facilement au bloc-croisée, s’accorde ainsi, tout à fait, aux prescriptions de Michel Roux-Spitz. Une publicité datant de 1960, affirme d’ailleurs que le produit « résout le problème de la fermeture des constructions économiques74.» Les vraies idées jeunes semblent finalement être les nouveaux matériaux qui s’adaptent le mieux aux conditions économiques des années cinquante. La crise dans le marché du bois qui débute alors n’arrange en rien les affaires de la société qui se veut spécialiste dans le domaine. Monsieur Coste, directeur de la société Soferbat, qui rachète la marque au début des années soixante-dix, explique : « Dans les années soixante, l’entreprise Jomain Baumann fait faillite car le PVC et l’aluminium sont des matières qui coûtent deux fois et demi moins cher que le bois.» En effet, l’entreprise Jomain Baumann présente sa démission au Groupement Général des Industriels de Seine-et-Marne en signalant notamment, une réorganisation de la société et « la reprise de l’exploitation en gérance libre par une Société dont le Siège Social est à Paris75.» Le dernier volet de l’histoire de Baumann se ferme donc en 1969, à jamais…

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Voir « Fermetures », Techniques et Architecture, 19e série, n°1, février 1959, p.109. « Publicité : La persienne-jalousie. En bois. À armature métallique. À pliage accordéon », L’Architecture Française, n°211-212, 1960. 75 Voir les correspondances écrites entre l’entreprise « Jomain Baumann & Cie » et le Groupement Général des Industriels de Seine-et-Marne. Archives Départementales de Seine-et-Marne, 140J3. 74

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Fig. 40

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|CONCLUSION

« On dit toujours que ça dure trois générations. La première invente. La seconde la tient et la troisième s’écroule.»

Telle est la devise énoncée par Madame Jomain, qui peut correspondre à l’histoire de Baumann. Dans le slogan, la « vieille maison », représente donc cette ancienne société, à l’histoire passionnante, qui a su traverser les deux guerres mais qui peine de plus en plus à vendre ses produits en bois à partir des années soixante. Les « idées jeunes », comme l’indiquent les publicités, semblent être aux yeux de la marque, les perfectionnements techniques apportés au produit, qui n’a que très peu évolué depuis 1901. D’un autre point de vue, les « vraies idées jeunes », pour cet objet de second œuvre, ne sont-elles pas les nouveaux matériaux qui remplacent progressivement le bois ? L’entreprise, résolument artisanale se trouve, de plus, en décalage avec les nouveaux procédés de fabrication induits par les impératifs de la reconstruction. Alors qu’elle mène une bataille constante entre son côté « vieille maison de qualité » et l’image jeune qu’elle veut donner à voir dans ses publicités, les autres industriels ne cherchent plus à vendre un unique produit mais des façades entières. Le volet roulant en bois projetable, même si il n’est pas de la marque Baumann, contamine l’architecture dès le début du XXe siècle, à tel point que même la Casa Milà d’Antoni Gaudi à Barcelone en est dotée. Encore considéré comme innovant dans les années vingt et trente, le Baumann peut éventuellement être perçu comme un accessoire lié au mouvement Art Déco, notamment dans les architectures de Michel Roux-Spitz ou de la rue Robert Mallet-Stevens dans le XVIe arrondissement de Paris. Bien qu’il soit difficile de le reconnaître au premier coup d’œil, il est encore observable dans son état d’origine aujourd’hui comme l’attestent les exemples développés. Ainsi, le « Baumann original » se distingue des volets d’autres marques par ses détails perceptibles depuis l’intérieur, à savoir par exemple, son numéro de série gravé sur la lame finale. Vendu comme un objet de qualité, il est le plus souvent intégré aux édifices prestigieux. Ainsi, il fait partie du décor dans lequel De Gaulle prononce son discours au palais du gouvernement général Algérien le 4 juin 1958.

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Pour finir, les recherches concernant la marque peuvent être poursuivies en Suisse, à Wädenswill, où une entreprise appelée « Baumann Hüppe », se revendique être une filiale de la société mère créée par Jakob Baumann en 1860 à Horgen. Aujourd’hui, bien que quelques sociétés proposent encore des volets roulants en bois nécessitant un entretien important, c’est l’homologue en plastique qui a véritablement pris le relais, représentant la meilleure solution en terme de fermeture. La qualité d’un produit artisanal Baumann est-elle une qualité perdue ?

Fig. 41

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|BIBLIOGRAPHIE - Histoire de l’entreprise et technique du volet Baumann Ouvrages (par ordre alphabétique) - Baumann AG Rolladenfabrik (Horgen), W. Baumann Horgen : 100 Jahre, 4 Generationen – 1860-1960, Horgen : Baumann AG Rolladenfabrik, 1960. - Baumann Fils et Cie (Melun), [Catalogues] / Baumann Fils et Cie, Melun : Baumann Fils et Cie, 1925-1949. - Compagnons menuisiers du devoir, Evolution des fenêtres du XVe au XXe siècle, Paris : Librairie du Compagnonnage, 1989. - Fugairon (Jean), Recueil de procédés pratiques à l’usage du bâtiment : formules, recettes, nouveaux matériaux employés dans la construction..., Paris : Ducher Fils, 1906. - Poulain (Hugues), Les menuiseries de fenêtres : du Moyen-Âge à la révolution industrielle, Paris : L’apart Vagabonde, 2010. - Riollot (Claude), Menuiserie du bâtiment : Menuiserie du bâtiment : technologie professionnelle pratique, par C. Riollot,... 6e édition. Lycées techniques, collèges d’enseignement technique, cours professionnels, Paris : Dunod, 1969, p. 200-205. Articles (par ordre chronologique des dates de parution) - Moreau (Auguste), « Constructions et Beaux-Arts. Rapport sur un système de fermeture en bois, de M. Baumann », Bulletin de la Société pour l’Encouragement de l’Industrie Nationale, Juin 1906. - Darvillé (Will), « Maison de rapport à Belfort. Le confort de la maison moderne. Stores et volets roulants en bois », Supplément à La Construction Moderne, n°26, Mars 1914. - Ginsberg (Jean), Lubetkin (Berthold), « Comment concevez-vous la fenêtre ? », L’Architecture d’aujourd’hui, n°4, 1930. - « Détail de volet roulant dans un coffre en béton », Bâtir, n°11, mars 1951, p.18. - « Fermetures 2», Techniques et Architecture, 14e série, n° 11-12, avril 1955, p.90-115. - « Fermetures », Techniques et Architecture, 19e série, n°1, février 1959. - « Problèmes d’ensoleillement », Glaces Et Verres, n°169, août 1960, p.11-21. - « Fermetures », Techniques et Architecture, 24e série, n°5, juillet-septembre 1964. - Förstel (Judith), « De la Seine au plateau : l’impact de la présence militaire sur l’urbanisme de Melun », In Situ [En ligne], Ministère de la culture et de la communication, direction générale des patrimoines, n°16, juin 2011. 57


Archives de Melun - Jeu de plans de la manufacture de stores Baumann à Melun, 1907, cotes: 1Fi2592, 1Fi2593, 1Fi2594, 1Fi2595, 1Fi2596, 1Fi2597, 1Fi2598. - Délibérations municipales des 13/08/1908, 18/02/1918, 06/04/1937 et 27/11/1947. - Carte postale: soldats devant l’usine Baumann à Melun, 1916, cote: 5Fi16. - Affiche: Seine Et Marne. Etablissements Dangereux, insalubres ou incommodes. Avis d’enquête sur une usine de fabrication de stores. 23 septembre 1964, cote: 2Fi382. Archives départementales du Nord - « Publicité: Baumann & Fils MELUN (S.-et-M.) Agence: LILLE, 172, rue Solférino. Représentant: Mr. E. François », dans la rubrique: Persiennes mécaniques (fab.) du Ravet-Anceau de 1938, p.2394. Archives départementales de Seine-et-Marne - Fonds: Etablissements dangereux et insalubres, Etablissement Baumann. Cessation d’activités (1967), cote: SC33145/20. - Fonds: syndicats patronaux, Baumann Fils et Cie (Stores, Volets roulants) – Melun. 1921-1969, cote: 140J3. Institut National de la propriété industrielle (INPI) de Lille - « 10754. - Dépôt de la marque « Baumann Fils et Cie » par la société Baumann et Fils, à Melun (Seine-Et-Marne), le 22 mars à 1921 », Bulletin Officiel de la Propriété Industrielle et Commerciale, 1921, p.771. Renouvellement de la marque « Baumann Fils et Cie », dans le BOPI de 1951, p.583. Inventaire topographique du ministère de la culture - Förstel (Judith), « Dossier inventaire topographique. 77 – Melun. Les usines et ateliers de Melun », Région Ile-de-France – Inventaire général du patrimoine culturel, 2005. Sites internet - http://www.weisz.fr/ (Société réparant des anciens volets en bois Baumann, Lacour, ...) - http://www.stores-soferbat.fr/ (Site de SOFERBAT, entreprise qui succède à JOMAIN BAUMANN)

58


- Architecture hospitalière Ouvrages (par ordre alphabétique) - Laget (Pierre-Louis), Laroche (Claude), L’Hôpital en France : histoire et architecture, Paris: Lieux dits, 2012, p.400-401. - Miller (Quintus), Le Sanatorium, architecture d’un isolement sublime, Lausanne : Ecole Polytechnique Fédérale, avril 1992, p.16-19. Articles (par ordre chronologique des dates de parution) - Pingusson (Georges-Henri) (dir.), « Le sanatorium du Mont Canigou (A. – M.) Architecte : Székely », L’Architecture d’Aujourd’hui, n°9, 1934, p.86-87. - « La Fondation Foch », L’Urbanisme, n°32, 1935, p.65. - « La Fondation Foch », L’Architecture d’Aujourd’hui, n°5, mai 1938, p.34. - « Fondation Foch », L’Architecture, n°6, 15 juin 1938, p.191-200. - « La Fondation Foch à Suresnes », La Construction Moderne, 53e année, 1937-1938, p.2-14. Sites internet - http://www.hls-dss.ch/ (Dictionnaire historique de la Suisse)

- Immeubles parisiens des années trente Ouvrages (par ordre alphabétique) - Abbondanlodo (Ilaria), Briguglio (Caroline), Architecture traditionnaliste : les théories et les œuvres, Sprimont : Mardaga, 1999. - Cohen (Jean-Louis), Lortie (André), Des fortifs au Périf. Paris, les seuils de la ville, Paris : Pavillon de l’Arsenal / Picard, 1992, p.160. - Delorme (J.-C.) et Chair (Ph.), L’École de Paris. 10 architectes et leurs immeubles, Paris : Éditions du Moniteur, 1981. - Lapierre (Éric) dir., Identification d’une ville – Architectures de Paris, Paris : Éditions du Pavillon de l’Arsenal/Picard, mars 2002. - Lemoine (Bernard), Rivoirard (Philippe), L’architecture des années 30, Paris : La Manufacture, 1987, p76.

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- Treuttel (Jean-Jacques), Garcias (Jean-Claude), Treuttel (Jérôme), Le squelette et la jeune fille: analyse structurelle de quinze immeubles parisiens de l’entre deux guerres: compte-rendu final de recherche, Nantes : Ecole d’architecture de Nantes, mars 1991. Articles (par ordre chronologique des dates de parution) - « Immeuble rue Guynemer, à Paris – Michel Roux-Spitz, architecte. », L’Architecte, n°4, 1928. - « Immeuble à appartements à Paris. Par M. Michel ROUX-SPITZ. », La Construction Moderne, 43e année, n°17, 1928. - « L’appartement de M. Michel Roux-Spitz. », La Construction Moderne, 44e année, n°24, 1929. - « Immeuble Avenue Paul-Appell, à Paris. 1935. Architecte : L.-H. Boileau. », L’Architecte, mars 1935, p.38-40. - Goissaud (Antony), « Groupe d’immeubles à loyers modérés destinés aux universitaires de Paris. Par l’Architecte Louis BOILEAU, D.P.L.G., S.A.M. », La Construction Moderne, octobre 1935, p.58-64. - Vaillat (Léandre), « Le nouveau visage de Paris », L’Illustration, n°4969, 28 mai 1938. - « Michel Roux-Spitz », AMC, n°39, 1976, p.5-20. Sites internet - http://www.citechaillot.fr/ressources/expositions_virtuelles/portraits_architectes/ biographie_BOILEAU.html (Portrait de Louis-Hyppolite Boileau)

- Architecture d’après guerre, reconstruction, préfabrication Ouvrages (par ordre alphabétique) - Abram (Joseph), Du chaos à la croissance (1940-1966), t. 2 de Gérard Monnier (dir.), L’Architecture moderne en France, Paris, Picard, 1999. - Abraham (Pol), Architecture préfabriquée, Paris: Dunod, 1946. - Bleton (Jean), Organisation et fonctionnement des bibliothèques, Paris : Bibliothèque Nationale, 1952. - Auteurs multiples, Mélanges Jean Bleton. Construction et aménagement des bibliothèques, Paris : éditions du Cercle de la Librairie, 1986.

60


- Boesiger (Willy), Le Corbusier, Le Corbusier : Œuvre Complète 1938-1946. Volume 4, Zurich : Les éditions d’Architecture Artémis, 1971, p.104. - Jeanmonod (Thierry), Ragot (Gilles), Noque (Nicolas), L’invention d’une ville : Royan années 5O, Cahiers du Patrimoine, juin 2003. - Leconte (André), Bibliothèque Sainte-Geneviève, les nouveaux bâtiments, Paris : Université de Paris : Imprimerie Tournon, 1961. - Vigato (Jean-Claude), L’Architecture Régionaliste : France 1890-1950, Paris : Norma, 1994, p.342-343. - Raynaud (Michel), Laroque (Didier), Rémy (Sylvie), Michel Roux-Spitz. Architecte 1888-1957, Liège et Bruxelles : Pierre Mardaga éditeur, 1983. Articles (par ordre chronologique des dates de parution) - « Procédé Croizat et Angeli », Techniques et Architecture, n°7-12, 1945, p.251. - Bechmann (Lucien), « Quelques opinions sur la préfabrication et l’industrialisation du bâtiment », L’Architecture d’Aujourd’hui, n°4, janvier 1946. - Roux-Spitz (Michel), « Ville de Paris. Relogement de Paris et de la Seine. Immeuble type « Ville de Paris », L’Architecture Française, n°57, avril 1946, p. 11. - « Séance du conseil supérieur d’Hygiène en France, 11 octobre 1948 », L’Architecture Française, 1948. - Delafosse (Michel), « La préfabrication », Le Chasseur Français, n°616, octobre 1947, p.600. - « Où va le bâtiment ? », Maison Française, n°24, janvier 1949. - « Groupe d’immeubles à Montrouge; immeuble collectif rue du Docteur-Blanche », Techniques et Architecture, n°1, juin 1955. - « Reconstruction de Blois. André Aubert architecte en chef.», Urbanisme, n°45-48, 1956. - « Laon. Externat du lycée de jeunes filles », Techniques et Architecture, 22e série, n°2, février 1962, p.68-69. - « L’intégration du store-toile dans l’architecture moderne : Le concours Stores-toile des Beaux-Arts », L’Architecture Française, n°247-248, 1963. - Ragot (Gilles), « Royan, année 50 », AMC, n°14, Septembre 1990, p. 50-54. - Siret (Daniel), « L’illusion du brise-soleil par Le Corbusier », Colloque langages scientifiques et pensée critique : modélisation, environnement, décision publique, Cerisy, juin 2002. - Archives municipales de Nantes, La reconstruction de Nantes, édité dans le cadre des Journées du Patrimoine 2003, 2003.

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Rapports - Lambert (Guy), Nègre (Valérie) (dir.), « Ensembles urbains, 1940-1977. Les ressorts de l’innovation constructive », rapport du Centre d’Histoire des Techniques et de L’Environnement (CNAM), Direction de l’Architecture et du Patrimoine, 2009. Centre d’archives d’architecture du XXe siècle. Cité de l’Architecture et du Patrimoine, IFA - Fonds Aubert, André (1905-1987). Dossier 072 IFA. Objet AUBAN-B-47-01. Groupe scolaire Victor-Hugo, Blois (Loir-et-Cher). 1947-1955. Films - Zuber (René), « Le grand œuvre : Panorama de l’industrie française », 1958.

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|ANNEXES

1- Photographies relatives à l’histoire de l’entreprise

Fig. 43 - Pavillon ouvrier de Jules Lavirotte à l’Exposition de l’Habitation de Paris, 1903.

Fig. 44 - Vue aérienne du quartier Augereau de Melun: nouveau lotissement et usine Baumann, vers 1915.

Fig. 45 - Soldats devant l’usine Baumann pendant la première guerre mondiale, carte postale, 1916.

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1987

Jean Ginsberg

1905

1983

André Leconte

1894

1966

Marcel Lods

1891

1978

Michel Roux-Spitz

1888

1957

Le Corbusier

1887

1965

Robert Mallet-Stevens

1886

1945

Lucien Bechmann

1880

1968

Louis-Hippolyte Boileau

1878

Jules Lavirotte

1860

1901 BAUMANN, Industriel à Horgen (Suisse)

Fin de l’histoire Baumann

André Aubert

1905

1864

Les «Trente Glorieuses»

Deuxième guerre mondiale

Première guerre mondiale

Début de l’histoire Baumann

2- Différentes dénominations sociales de l’entreprise et architectes importants cités dans le mémoire

1929

1912

W. BAUMANN

1900

1948

1936 BAUMANN ET FILS MELUN

1920 1930

1964 1969 1974 BAUMANN FILS ET CIE MELUN

1940

1950

1960

JOMAIN BAUMANN & CIE

1970

2013 SOFERBAT SA

1980

1990

2000

2010

Fig. 46

64


3- Dispositifs de projection

Fig. 47

65


4- MĂŠcanisme de rouleau automatique et de corde sans fin

Fig. 48

66


5- Coupe transversale de l’immeuble du 14 rue Guynemer à Paris, Michel Roux-Spitz, 1928.

Fig. 49

67


6- Exemples de « blocs-croisées »

Fig. 50

68


7- Publicités Baumann supplémentaires

Fig. 51

Fig. 52

69


7- PublicitĂŠs de concurrents

Fig. 53

Fig. 54

70

Fig. 55


8- Royan. Carte postale du « portique », 1950

Fig. 56

9- « Promenade Baumannienne »

Fig. 59

Fig. 57

Fig. 58

Fig. 60

71


Fig. 61

Fig. 62

72

Fig. 63


|TABLE DES ILLUSTRATIONS (couverture) - Photographie d’un volet de la résidence « La Prairie » de Melun, J. Berthier Architecte. Source : Quentin Madec, 2013. Logo Baumann et typographie. Source : catalogue Baumann Fils & Cie, daté d’après les références de 1938. (p.9) Figure 1 - Volets roulants et persiennes projetables à Florence, Italie. Photographie : Quentin Madec, 2012. (p. 11) Figure 2 - Principe de projection d’un store avec coffre derrière le linteau. Source: Riollot (Claude), Menuiserie du bâtiment, Paris : Dunod, 1969, p. 204. (p.11) Figures 3 et 4 - Détails des mécanismes de projection et d’enroulement des lames d’un store installé à l’extérieur avec lambrequin de camouflage. Détail de la fixation et de la section d’un store à lames ajourées. Source : CNAM, http://cnum.cnam.fr/, 2009. (p.13) Figure 4 - Dispositif de projection « à deux mains », façade du 17 rue Duret, Paris 16e. Photographie : Quentin Madec, 2013. (p.13) Figure 5 - Dispositif de projection totale du cadre, façade du 18 rue Duret, Paris 16e. Photographie : Google, 2011. (p.13) Figure 6 - Dispositif de projection automatique Mischler, salle des catalogues, bibliothèque Sainte Geneviève, Paris 5e. Photographie : Quentin Madec, 2013. (p.16) Figure 7 - Publicité Baumann Fils & Cie. Source : L’Architecture d’Aujourd’hui, n°47, avrilmai 1953, p. LX. (p.19) Figure 8 - Photographie aérienne de la résidence « La Prairie », Melun, J. Berthier Architecte. Source : IGN-France, 2013. (p.19) Figure 9 - Résidence « La Prairie », 54 boulevard Aristide-Briand, Melun, J. Berthier Architecte. Photographie : Quentin Madec, 2013. (p.22) Figure 10 - Plan de rez-de-chaussée et plan d’étage du bâtiment principal de l’usine Baumann, Melun. Source : Archives de Melun, 1Fi2592, 1Fi2593 (redessiné), 2013.

(p.27) Figure 11 - Système de menuiseries du projet de sanatorium idéal de Karl Turban. Source : Miller (Quintus), Le Sanatorium, architecture d’un isolement sublime, Lausanne : Ecole Polytechnique Fédérale, avril 1992, p.19. (p.27) Figure 12 - Véranda de sanatorium. Source : Catalogue Baumann et Fils, Melun, 1925, p.4. (p.27) Figure 13 - Plans de rez-de-chaussée et d’étage du sanatorium de Montbolo. Source : L’Architecture d’Aujourd’hui, n°9, 1934, p.86. (p.27) Figure 14 - Photographie aérienne du sanatorium de Montbolo, carte postale. Source : http://www.delcampe.fr/, 2013. (p.28) Figure 15 - Logo de la Fondation Foch à Suresnes. Source : La Construction Moderne, 53e année, 1937-1938, p.8. (p.28) Figure 16 - Façade Est de la Fondation Foch à Suresnes. Source : La Construction Moderne, 53e année, 1937-1938, p.5. (p.33) Figure 17 - Immeuble du 14 rue Guynemer, Paris 6e, Michel Roux-Spitz Architecte. Source : Studio Albin Salaün, La Construction Moderne, 43e année, n°17, 1928. (p.33) Figure 18 - Immeuble du 14 rue Guynemer, Paris 6e, Michel Roux-Spitz Architecte. Photographie : Quentin Madec, 2013. (p.33) Figure 19 - Façade de l’immeuble du 22 rue Nungesser-et-Coli, Paris 16e, Michel Roux-Spitz Architecte. Source : Delorme (J.-C.) et Chair (Ph.), L’École de Paris. 10 architectes et leurs immeubles, Paris : Éditions du Moniteur, 1981, p.85. (p.33) Figure 20 - Vue du salon de l’appartement de Michel Roux-Spitz, 14 rue Guynemer, Paris 6e. Source : Lapierre (Eric) (dir.), Identification d’une ville. Architecture de Paris, Paris : Picard, 2002, p.130. (p.35) Figure 21 - Publicité Baumann Fils & Cie. Source : L’Architecture d’Aujourd’hui, n°54, maijuin 1954, p.LV. (p.36) Figure 22 - Vue du salon d’un appartement du groupe d’immeubles de Louis-Hyppolite Boileau. Photographie : Quentin Madec, 2013.

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(p.36) Figure 23 - Publicité Baumann Fils & Cie. Source : L’Architecture Française, n°225-230, 1961.

(p.49) Figure 38 - Publicité Baumann Fils & Cie. Source : L’Architecture Française, n°221-222, 1961.

(p.36) Figure 24 - Groupe d’immeubles du 6 avenue Paul-Appell, Paris 14e, Louis-Hyppolite Boileau Architecte. Photographie : Quentin Madec, 2013.

(p.53) Figure 39 - « Les Grandes Terres » à Marly-le-Roi, Marcel Lods Architecte. Source : Cliché anonyme, © Fonds Marcel Lods, Archives d’architecture du XXe siècle, 323 AA 525, non daté.

(p.41) Figure 25 - Immeuble de la cité des HautsPavés, rue du Poiteau, Nantes, Michel Roux-Spitz Architecte. Source : Raynaud (Michel), Laroque (Didier), Rémy (Sylvie), Michel Roux-Spitz. Architecte 1888-1957, Liège et Bruxelles: Pierre Mardaga éditeur, 1983, p.151.

(p.53) Figure 40 - Volet roulant en PVC et volet roulant en bois Baumann, résidence « La Prairie », 54 boulevard Aristide-Briand, Melun, J. Berthier Architecte. Photographie : Quentin Madec, 2013.

(p.41) Figure 26 - Principe du « bloc-croisée » CROIZAT ET ANGELI. Source : L’Architecture d’Aujourd’hui, n°4, janvier 1946, p44. (p.41) Figure 27 - Rue du Calvaire, Nantes, carte postale. Source : http://www.delcampe.fr/, 2013. (p.43) Figures 28 et 29 - Bâtiments références issus d’une publicité Baumann Fils & Cie. Source : L’Architecture Française, n°129-130, 1952. (p.43) Figure 30 - Publicité Baumann Fils & Cie. Source : Techniques et Architecture, 16e série, n°1, mai 1956. (p.45) Figure 31 - Immeuble du 7 boulevard EmileAugier, Paris 16e, André Aubert Architecte. Source : © RUAMPS, http://www.pss-archi.eu/ (p.45) Figure 32 - Immeuble du 137-139 rue du Chemin Vert, Paris 11e, Julien Chapelle Architecte. Source : Google, 2011. (p.45) Figure 33 - Immeuble du 19 rue du Docteur Blanche, Paris 16e, Jean Ginsberg et Georges Massé Architectes. Source : AMC, n°11, avril 1986, p.15. (p.48) Figure 34 - Publicité Baumann et Fils. Source : L’Illustration, n°4340, 8 mai 1926.

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(p.55) Figure 41 - Casa Mila, Barcelone, Antoni Gaudi Architecte, carte postale. Source : http:// www.allposters.fr/, 2013. (p.55) Figure 42 - Discours de De Gaulle au palais du gouvernement général à Alger. Source : © Roger Viollet, 1958. (p.63) Figure 43 - Pavillon ouvrier de Jules Lavirotte à l’Exposition de l’Habitation, Paris, 1903. Source : Méneux (Catherine), L’art social au tournant du siècle, Séminaire Arts & Sociétés du 21 septembre 2006. (p.63) Figure 44 - Photographie aérienne du quartier Augereau de Melun. Source : Repro. © Asseline, Stéphane, Ville de Melun/Conseil régional d’Île-de-France, service Patrimoines et Inventaire, 2002. (p.63) Figure 45 - MELUN - Usine Baumann, carte postale de 1916. Source : Archives de Melun, 5Fi16. (p.64) Figure 46 - Frise des dénominations sociales et noms des architectes. Source : Quentin Madec, 2013. (p.65) Figure 47 - Dispositifs de projection. Source : catalogue Baumann Fils & Cie, daté d’après les références de 1938, p.14.

(p.48) Figure 35 - Publicité Baumann et Fils. Source : La Construction Moderne, n°41, 1939.

(p.66) Figure 48 - Mécanisme de rouleau et de corde sans fin. Source : catalogue Baumann Fils & Cie, daté d’après les références de 1938, p.14.

(p.48) Figure 36 - Publicité Baumann Fils & Cie. Source : L’architecture d’Aujourd’hui, n°58, février 1955.

(p.67) Figure 49 - Coupe transversale de l’immeuble du 14 rue Guynemer, Paris 16e, Michel Roux-Spitz Architecte. Source : L’Architecte, n°4, 1928.

(p.49) Figure 37 - Publicité Baumann Fils & Cie. Source : L’Architecture d’Aujourd’hui, n°65, mai 1956.

(p.68) Figure 50 - Exemples de « blocs-croiées ». Source : L’Architecture d’Aujourd’hui, n°4, janvier 1946, p44.


(p.69) Figure 51 - Publicité Baumann Fils & Cie. Source : L’Architecture Française, n°211-212, 1960. (p.69) Figure 52 - Publicité Jomain Baumann Fils & Co. Source : Bulletin Municipal de la ville de Melun, 1965, p20. (p.70) Figure 53 - Publicité Belzacq Frères. Source : L’Architecture Française, n°205-206, 1959, p.XXII. (p.70) Figure 54 - Publicité Lacour. Source : L’Architecture Française, n°85-86, 1949. (p.70) Figure 55 - Publicité Jomain. Source : L’Architecture d’Aujourd’hui, décembre 1935. (p.71) Figure 56 - Le « portique » de Royan, carte postale. Source : http://www.delcampe.fr/, 2013. (p.71) Figure 57 - Store à rideau de lames ajouré d’un appartement du groupe d’immeubles de l’avenue Paul-Appell, Paris 14e, Louis-Hyppolite Boileau Architecte. Photographie : Quentin Madec, 2013. (p.71) Figure 58 - Volet roulant Baumann peint en blanc, ruban en acier inoxydable, pavillon d’entrée de la Cité Internationale Universitaire de Paris, Lucien Bechmann Architecte. Photographie : Quentin Madec, 2013. (p.71) Figure 59 - Poulie, pavillon d’entrée de la Cité Internationale Universitaire de Paris, Lucien Bechmann Architecte. Photographie : Quentin Madec, 2013. (p.71) Figure 60 - Estampe JOMAIN BAUMANN MELUN, gravée sur la lame finale d’un volet, 17 rue Duret, Paris 16e. Photographie : Mr. Wahl, 2013. (p.72) Figures 61 et 62 - Où est le «Baumann original»? Photographies : Quentin Madec, 2013. (p.72) Figure 63 - Volet roulant projetable « à deux mains » d’un immeuble de la résidence « La Prairie », Melun, J. Berthier Architecte. Photographie : Quentin Madec, 2013.

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Le début du XXe siècle est marqué par la naissance d’une nouvelle forme de volet. Bien que banalisé, le volet roulant, dispose de nombreuses caractéristiques qui en font un accessoire de second œuvre indispensable. L’entreprise Baumann, d’origine Suisse, est considérée comme pionnière dans la fabrication de ce produit en bois. L’analyse de l’objet, appelé STORE BAUMANN rend compte d’un dispositif astucieux, présenté comme remède ingénieux et moderne à l’exposition trop abondante du soleil pendant l’été. À Paris comme en province, le produit se répand donc rapidement dans l’architecture des immeubles d’habitations, mais aussi dans d’autres types de programmes. À partir des années vingt, le volet, basculé vers l’avant, fait désormais partie intégrante de l’esthétique des façades, tant par ses lames de bois que par son ombre portée. Après la seconde guerre mondiale, durant la période de reconstruction, la marque se heurte à la concurrence et aux nouveaux procédés de fabrication. Dans sa communication, elle tente alors de revoir l’image de son vieux produit. 76

Baumann Fils & Cie. L'histoire d'un Volet, le Volet d'une histoire.  

Mémoire de recherche portant sur la marque de volets roulants en bois Baumann Et Fils. Genèse du STORE BAUMANN, produit artisanal puis indus...

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