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c e n t r e d r a m a t i q u e r é g i o n a l d e To u r s direction Gilles Bouillon

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t h éSAISON â t re 11/12


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« Je suis pessimiste quand je regarde le monde, mais mon système nerveux est optimiste » Francis Bacon

Secousses. Le monde bouge. La terre tremble sous nos pieds. Nous ne l’avions pas oublié, mais il est des périodes où la violence du monde nous touche d’encore plus près. Séisme au Japon, la catastrophe de Fukushima, le printemps des pays arabes, la guerre en Libye, en Syrie, en Côte d’Ivoire... Mais même en temps de guerre le boulanger fait du pain et les acteurs font du théâtre. Nécessairement. Comme dans Kids de Fabrice Melquiot : huit orphelins juste sortis de l’enfance font du théâtre de la guerre leur propre jeu, pour, dans le plus complet dénuement, tenter de vivre quand même avec l’horreur, inventer des chemins pour continuer de vivre et vivre plus haut en un temps de paix problématique. Leçon de vitalité et d’optimisme des nerfs. Pendant la crise, le théâtre n’est pas une fuite (il est des moyens de divertissement et d’oubli redoutablement plus stupéfiants). Au contraire,

il est, comme Paul Celan le dit du poème, présent destiné aux attentifs. La scène, avec sa boîte noire trouée de lumières, est perméable à la misère, à la dureté, à la violence, mais offre en même temps la possibilité de tenir à distance ce qui fait mal, de le réfléchir, de prendre le temps de le penser, hors du bruit du monde et de la saturation des images, non pas sans doute le conjurer mais le nommer, le faire entendre par la musique, la danse, le poème. Par le travail du langage creusant sa différence. La différence contre l’indifférence. Gilles Bouillon


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d’après Les Misérables

de Victor Hugo

TEMPÊTE SOUS UN CRÂNE Spectacle en 2 époques Première époque L’histoire : autour de Jean Valjean… L’histoire de Jean Valjean depuis sa sortie du bagne, en 1815, jusqu’au procès du père Champmathieu. L’histoire de Fantine depuis sa jeunesse jusqu’à sa mort dans les bras de M. Madeleine (Jean Valjean). L’histoire de Cosette depuis sa naissance jusqu’au départ de chez les Thénardier quand Jean Valjean vient la chercher. L’histoire des Thénardier à Montfermeil. Deuxième époque L’histoire de Javert qui poursuivra Jean Valjean toute sa vie, jusqu’à le chercher dans les étoiles, puis au fond de la Seine. L’histoire de Jean Valjean devenu Monsieur Leblanc. L’histoire d’amour de Marius et de Cosette. Le drame d’Eponine qui donnera sa vie pour Marius. L’histoire des Thénardier devenus les Jondrette. L’histoire de Gavroche. Et l’histoire de tous les amis de l’ABC jusqu’aux montées des barricades. L’abaissé c’est le peuple. (Enjoleras, Feuilly, Courfeyrac, Combeferre, Jean Prouvaire et beaucoup d’autres).

mise en scène

Jean Bellorini

Ils s’écoutent, se coupent la parole ou se mettent à scander ensemble l’histoire des Misérables comme on pourrait se mettre à chanter une chanson. Ils s’obsèdent autant par l’action du récit que par la poésie de la langue. Raconter tous les personnages de l’œuvre, les faire vivre dans un même corps pour dire la complexité de l’homme. La frontière entre la narration et l’incarnation est invisible. On assiste à une tranche de vie de ces « petites gens » tout en glissant progressivement vers l’histoire. Ici pas de réécriture du texte de Victor Hugo, mais une fidélité à l’auteur. L’adaptation fait entendre le fil narratif de l’histoire tout autant que la profusion lyrique de certains moments de descriptions, de logorrhées. C’est dans cet esprit que la musicalité du texte et sa rythmique ont jailli. Certains passages sont mis en musique à la manière de chansons, d’autres flirtent avec le « slam » ou le « rap ». Deux musiciens (piano, accordéon, basse, percussions, guitare électrique), témoins de ces personnages venus d’ailleurs deviennent parfois figures de ce qui est raconté. Un spectacle fleuve. Une plongée folle ! Trois heures et demie d’un théâtre à l’émotion directe, populaire et savant, généreux et profond !


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SEPT M 27 > 20h M 28 > 20h J

29* > 19h

V 30 > 20h

* Rencontre avec l’équipe artistique à l’issue de la représentation Durée 1ère époque 1h30, 2nde époque 2h Ouverture de la location mardi 6 septembre

Il y a un spectacle plus grand que la mer, c’est le ciel ; il y a un spectacle plus grand que le ciel, c’est l’intérieur de l’âme.

Adaptation

Jean Bellorini et

Camille de la Guillonnière Création musicale Céline Ottria Scénographie Vincent Lefèvre Régie générale Adrien Wernert avec Mathieu Coblentz Karyll Elgrichi Camille de la Guillonnière Clara Mayer Céline Ottria Geoffroy Rondeau Hugo Sablic

En osmose parfaite avec le verbe de Hugo, ils en épousent toutes les espérances et les indignations, emportés par le même élan qui conduit de la prise de conscience à la révolte, du constat de l’injustice et de la misère sociales à la nécessité d’en découdre pour construire un monde nouveau de liberté, d’égalité, de fraternité. De leur jeu surgissent des images d’une poésie intense et d’une force terrible. didier méreuze, La Croix La compaGnie air de Lune est née en 2001 de la collaboration de marie Ballet et Jean Bellorini sur Inconnu à cette adresse de Kressmann Taylor. cette rencontre définit la spécificité de la compagnie : une interrogation sur les rapports de la musique et du théâtre. La compagnie a été sélectionnée à deux reprises au Festival "enfants de Troupes" parrainé par ariane mnouchkine au Théâtre du Soleil avec

Production Compagnie Air de Lune en partenariat avec le Théâtre Gérard Philipe de Saint-Denis et le Conseil Général de Seine-Saint-Denis

La Mouette d’anton Tchekhov en 2003, puis Yerma de Federico García Lorca en 2004. La version intégrale de Tempête sous un crâne (spectacle en deux époques) a été créée au Théâtre du Soleil, cartoucherie de Vincennes en février 2010. La compagnie air de Lune est accueillie en résidence au Théâtre Gérard philipe - cdn de Saint-denis de 2011 à 2013.

Avec le soutien d'ARCADI, de la Mairie de Paris, de l'ADAMI et du Bureau formART


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de Eugène Labiche

L’AFFAIRE DE LA RUE DE LOURCINE

mise en scène

Pascale Siméon Lenglumé, noceur patenté se retrouve pris au piège de sa mémoire défaillante. Au petit matin, la soirée de la veille n’est plus qu’un immense trou noir, « une lacune » dans son existence bien rangée. Rien de bien grave, si ce n’est dans son lit, la présence incongrue de Mistingue, un camarade de classe depuis longtemps oublié. On en rit, on cache ses frasques à sa femme, on arrange les événements quand soudain, à la lecture d’un journal, l’impossible se dessine : un meurtre a été commis, le cadavre d'une jeune charbonnière a été trouvé, horriblement mutilé. On recherche les assassins. Les preuves s’accumulent contre eux. Ils se voient meurtriers… L’Affaire de la rue de Lourcine est une œuvre à part dans les œuvres d’Eugène Labiche. L’histoire ne met pas en jeu des maris, des femmes et des amants, pas de filles à marier non plus mais la peur, la grande peur : celle de n’être pas celui qu’on croit, de n’avoir pas su maîtriser son côté sombre et ainsi de voir disparaitre son univers chaud et rassurant, parce qu’il faudra bien réparer « sa faute ». Le duo Lenglumé et Mistingue porte toute la turpitude de l’humanité à lui seul. Les personnages de Labiche sont farcis de lâcheté, de mensonges cultivés au quotidien pour préserver leur bien-être et leur plaisir.

La pièce est courte, Labiche va à l’essentiel, pas de bavardages inutiles, les jeux de mots et les situations se succèdent à un rythme effréné. Cette pièce est un petit chef-d’œuvre. On assiste à la démultiplication du sentiment de culpabilité, à la transformation d’hommes simples en monstres. La plongée dans une situation émotionnelle qui devrait être une véritable tragédie devient, sous la plume d’Eugène Labiche, irrésistible. L'Affaire de la rue de Lourcine et les farces types montrent en outre que leur auteur accorde à ses personnages des personnalités ; ce ne sont point des pantins ou des fantoches, mais des hommes entraînés par un courant irrésistible qui les fait se débattre. C'est la force de ce courant qui permet de mesurer la puissance comique. La fantaisie n'est qu'apparente. Les spectateurs apprennent que la destinée domine ces individus. Ce qui les fait rire, c'est que ces individus s'efforcent de la vaincre et que plus ils se battent, plus ils la provoquent et plus elle exerce sa puissance. L'auteur leur laisse à peine le temps de respirer, de se reprendre. La valeur de ses farces dépend de leur rythme. Jamais aucun écrivain n'était arrivé à imposer à ses œuvres cette rapidité du rire. philippe Soupault - Eugène Labiche, sa vie, son œuvre. Paris, Sagittaire,1945.


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OCT L 10 > 20h M 11 > 20h M 12 > 20h J

13*> 19h

V 14 > 20h * rencontre avec l’équipe artistique à l’issue de la représentation Durée estimée 1h10 ouverture de la location mardi 20 septembre

Ah ! Je ne veux plus tuer de charbonnière c’est trop salissant.

paScaLe Siméon, comédienne formée au conservatoire national Supérieur d’art dramatique de paris, a joué notamment dans plusieurs créations de Gilles Bouillon (Pour saluer Melville d’après Jean Giono, La Seconde surprise de l’amour de marivaux, Les Femmes savantes de molière...). en 1996, elle signe sa première mise en scène, L’Homme clos de Jean-pierre Siméon, dont elle a monté plusieurs pièces. elle a mis en scène des textes de Beckett, Koltès, crimp et récemment andrée chédid et molière.

avec le comédien Xavier Guittet, qui participe régulièrement aux créations de Gilles Bouillon, pascale Siméon fonde la compagnie ecart Théâtre en 1995 à clermont-Ferrand. La compagnie est en résidence à Sémaphore, scène conventionnée pluridisciplinaire, gérée par la Ville de cébazat. Le cdr de Tours s’engage auprès de cette compagnie pour ce nouveau spectacle.

Assistanat à la mise en scène Anne Gaydier Scénographie Hervé Chantepie Musique Alain Bruel Lumières Julia Grand Costumes Céline Deloche avec Xavier Guittet Jean-Luc Guitton Marielle Coubaillon Fabrice Roumier Antoine Rosenfeld Coproduction Compagnie Ecart Théâtre, Centre Dramatique Régional de Tours, Sémaphore - ville de Cébazat La compagnie Ecart Théâtre est en résidence triennale à Sémaphore Cébazat, elle est conventionnée et reçoit le soutien du Ministère de la Culture / Drac Auvergne, du Conseil Régional d’ Auvergne, de la ville de Clermont-Ferrand.


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KIDS

mise en scène

Gilles Bouillon

de Fabrice Melquiot Ils ont entre 13 et 18 ans. Encore des enfants et déjà des adultes, enfants privés d’enfance par la lutte pour vivre coûte que coûte et par le manque d’amour, trop vite vieillis, brûlés… Dans leur regard glissent et se superposent les images du temps de la guerre, celles presque effacées du temps d’avant la guerre. En même temps ils habitent totalement le présent, le temps de l’enfance. Comment continuer à vivre dans la paix quand, autonomes par force, réduits aux réflexes de l’instinct de survie, ils n’ont appris qu’à voler pour ne pas mourir de faim, à courir pour échapper aux tirs des snipers ? Comment oublier d’où on vient, ces blessures dans la mémoire qui ne cicatriseront jamais ? Comment quitter Sarajevo ?

Kids parle de mort, de guerre, de destruction, mais aussi de force de vie, d’appétit de vivre, d’enfants qui jouent malgré tout, qui savent encore jouer. Plus forte que la mort, leur vie continue, avec ses coups de gueule, ses rêves, ses amours, ses chansons, ses joies, ses jeux. Les ruines et les trous d’obus sont leur terrain de jeu. Les Kids de Sarajevo (et le titre de la pièce fait aussi penser au film de Chaplin !), jouent avec les objets de la guerre : un vieux sac est une armure, un révolver pour jouer aux cow-boys et aux indiens, des bandelettes ensanglantées et voilà une momie de film d’horreur, une cape noire et c’est Dracula. Les balles traçantes, au plus fort des bombardements, deviennent spectacle de feu d’artifice.


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NOV M 08 > 20h M 09 > 20h J

10 > 19h

V 11 > 20h S 12 > 20h D L 14 > 19h M 15 > 20h M 16 > 20h J

17* > 19h

V 18 > 20h S D L 21 > 19h M 22 > 20h M 23 > 20h J

24 > 19h

V 25 > 20h

* rencontre avec l’équipe artistique à l’issue de la représentation Durée estimée 1h30 ouverture de la location mardi 18 octobre

Et pour conquérir l’occident comme un Eldorado, ils apprennent l’anglais dans les chansons des Beatles et inventent « le jeu des orphelins de guerre », théâtre brut, faisant feu de tout bois, aux solutions bouleversantes de poésie dans leur précarité. Dans un style nerveux, lapidaire, emporté, elliptique, un lyrisme sec, Kids réussit à évoquer sans pathos un pays détruit par la guerre, une situation à la fois terriblement précise (le siège de Sarajevo) et de portée universelle (cette guerre qui concerne toute l’Europe, toutes les guerres et toutes les haines raciales, ethniques, religieuses d’aujourd’hui), à travers la vie de jeunes adolescents, huit trajectoires fulgurantes. Huit partitions pour huit jeunes acteurs.

Fabrice Melquiot nous invite à un jeu de théâtre qui parle de la guerre et de ses atrocités, de la vie et de la mort, de l’amour et de la haine, de l’enfance et de l’avenir. Un théâtre à la recherche des réussites poétiques de l’enfance. Un théâtre en prise directe sur le public, dans une grande proximité avec les spectateurs, sans misérabilisme, sans complaisance. Gilles Bouillon et Bernard pico, avril 2011

Représentation en audio-description jeudi 24 novembre à 19h, avec le soutien de la Caisse d'Epargne, de Tour(s) Plus, de la Mairie de Tours et l'association Accès Culture.


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Kids c’est d’abord un coup de cœur pour la pièce de Fabrice Melquiot, pour la musicalité et la rythmique de son écriture, pour la façon tranchante qu’il a de s’emparer de la réalité de la guerre sans tomber dans un pathos facile, de la tenir à distance par la fiction, le chant et la théâtralité. Artistiquement, j’avais besoin, après Cyrano de Bergerac de revenir à une écriture contemporaine, aux défis et aux espaces de liberté qu’elle offre à la mise en scène et au jeu des acteurs. J’ai toujours considéré comme une force (et une joie !) du métier de metteur en scène, cette faculté de passer de Marivaux à Martin Crimp, de Rostand à Fabrice Melquiot, des classiques (qui le sont parce qu’ils continuent aujourd’hui à nous parler et faire signe) aux propositions du théâtre d’aujourd’hui. Enfin, à mon désir d’alterner l’aventure des productions avec une distribution nombreuse (l’émotion de voir saluer ensemble sur le plateau

17 comédiens !) et la concentration des formes plus resserrées, autour de la troupe du Centre Dramatique, Kids offrait huit beaux rôles à défendre, denses, consistants, pour les huit comédiens permanents du JTRC, déjà frottés aux feux de la rampe et aguerris par quelque cent vingt représentations de Cyrano, qu’ils ont servi (et continuent à le faire) avec énergie et talent. Gilles Bouillon « J'aspire toujours à un art difficile et populaire et me plais à me soumettre à la nuance, que l'art tout entier doit servir, loin des radicalismes obsolètes ou bornés, des prétentions militantes ou du message publicitaire. Nous travaillons pour l'incertain, pour la polysémie, l'ambiguïté, la beauté et le mystère. Alors, Kids rédige à sa façon son petit devoir d'espérance, une espérance à inventer, avec cette "vitalité désespérée" dont parlait Pasolini ». Fabrice melquiot


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« Avez-vous connu Sarajevo avant la guerre ? C’était une belle ville. Maintenant elle est dévastée mais elle n’a jamais été aussi belle parce que les gens donnent ce qu’ils ont de meilleur en eux » Un chirurgien bosniaque interviewé par Radovan Tadic dans son film : Sarajevo, les vivants et les morts.

FaBrice meLquioT dès 1998, ses premiers textes de théâtre sont destinés aux enfants. Kids, publié en 2002 (avec Perlino Comment), inaugure la collection jeunesse des editions de l’arche. Bouli Miro sera le premier spectacle jeune public à entrer au répertoire de la comédie-Française. d’abord acteur dans la compagnie d’emmanuel demarcy-mota, il devient auteur associé quand celui-ci est nommé directeur de la comédie de reims puis du Théâtre de la Ville. emmanuel demarcy-mota a mis en scène cinq de

ses pièces : L’Inattendu (2001), Le Diable en partage (2003), Ma Vie de chandelle (2004), Marcia Hesse (2006), Alice et autres merveilles (2007), En Somme ! (2009). Kids et Le Diable en partage écrites en 2002, sont le produit du travail de Fabrice melquiot sur le conflit yougoslave, à la suite de séjours dans les Balkans entre 1998 et 2000. Fabrice melquiot vient d’être nommé directeur du théâtre am Stram Gram de Genève.

Dramaturgie Bernard Pico Scénographie Nathalie Holt Lumières Michel Theuil Costumes Marc Anselmi Musique Alain Bruel avec Louise Belmas Stéphan Blay Edouard Bonnet Bastien Bouillon Brice Carrois Laure Coignard Mikaël Teyssié en cours... Production Centre Dramatique Régional de Tours Avec le soutien de la Drac Centre, la Région Centre, le Conseil Général d’Indre-et-Loire (Jeune Théâtre en Région Centre)


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de Corneille

SURÉNA

mise en scène

Brigitte Jaques-Wajeman

Un grand mariage se prépare qui doit sceller l’amitié entre l’Arménie et le royaume des Parthes, après la défaite inespérée des Romains. La table croule sous les mets et les fleurs, mais d’emblée une immense douleur se fait entendre, celle d’une jeune femme, Eurydice, forcée à un mariage qu’elle refuse de toute son âme. Elle aime « ailleurs ». L’amour est le principal résistant dans le palais des Parthes, même s’il conduit à la mort des amants. La lucidité politique, l’ironie et l’insolence, ne servent plus à rien. L’intime douleur, le désir contrarié, la jalousie, l’amour enfin, dominent toute l’action et donnent aux héros des accents élégiaques et mortifères. Suréna commence à la nuit et finit avec le jour. La pièce tout entière sera une traversée de la nuit, inéluctable, vers la mort. Dernière pièce de Corneille, un vers inouï conduit toute l’action : Toujours aimer, toujours souffrir, toujours mourir. Dans l'intimité des palais requis par l’unité de lieu, Corneille met au jour les passions noires qui aveuglent et détruisent toute raison politique. Ce théâtre révèle une réelle dimension du mal. Le génie de Corneille est de faire entendre les raisonnements spécieux, les lamentations honteuses, la mauvaise foi de rois envieux, conscients de la bassesse de leur désir et de leur abjection, mais qui ne peuvent y résister. L’oppression politique terrorise dans Suréna. Dans de nombreux pays, des dictatures au pouvoir

offrent ainsi un spectacle où le tragique se mêle au grotesque. Les aspects les plus contemporains de la pièce résonnent inéluctablement dans la mise en scène, les lumières, les costumes, le décor et le jeu des comédiens. Le deuil du bonheur. Les amants crucifiés. Le bonheur est une idée neuve dans l’œuvre de Corneille, une idée révolutionnaire pour les temps futurs, pour le siècle à venir. Sommé par Eurydice de songer à sa postérité et de perpétuer son nom glorieux, Suréna s’écrie et cela a valeur de manifeste dans ce monde : Et le moindre moment d’un bonheur souhaité Vaut mieux qu’une si froide et vaine éternité Dans Suréna, tout prépare au sacrifice, sacrifice de soi pour le bien général, sacrifice du bien général pour la jouissance du pouvoir, sacrifice de tout désir naturel au désir de gloire, à « la vaine éternité ». Personne ne sait comment trouver sa part de bonheur, alors que tous la désirent ardemment ; en revanche tous connaissent parfaitement les rouages tragiques du malheur. Aussi, les amants vont-ils construire un tombeau pour le bonheur. Pour préserver le droit privé au bonheur, ils vont sacrifier leur vie et leur liberté et grâce à eux, pour la première et dernière fois dans l’œuvre de Corneille, le bonheur deviendra la cause ultime, impossible de l’héroïsme. Brigitte Jaques-Wajeman


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DEC M 06 > 20h M 07 > 20h J

08* > 19h

V 09 > 20h S 10 > 20h * rencontre avec l’équipe artistique à l’issue de la représentation Durée 2h ouverture de la location mardi 15 novembre

Un spectacle de toute beauté : entre débordement des corps et fulgurances de l’alexandrin. Voici près de vingt ans que Brigitte Jaques-Wajeman fréquente assidûment l’œuvre de Corneille. Une œuvre que la metteure en scène a éclairée en créant Horace, La Place royale, L’Illusion comique, Le Cid, mais également un cycle de cinq pièces s’intéressant aux relations entretenues par Rome avec ses « alliés » d’Orient : La Mort de Pompée, Sophonisbe, Sertorius, Nicomède et Suréna. Explorant les tensions qui agissent entre les ardeurs passionnelles et les concessions faites à la raison, les comédiens imposent la langue éclatante de Pierre Corneille et nourrissent avec beaucoup d’aisance les transports de leurs personnages. manuel piolat Soleymat, La Terrasse

Mon amour est trop fort pour cette politique

Collaborateurs artistiques François Regnault et Alice Zeniter Scénographie et lumières Yves Collet Assistant lumières Nicolas Faucheux Costumes Annie Melza-Tiburce Accessoires Franck Lagaroje Maquillages et coiffures Catherine Saint-Sever Musique Marc-Olivier Dupin Assistant musique Stéphanie Gibert Assistant à la mise en scène Pascal Bekkar avec Pascal Bekkar Raphaèle Bouchard Sophie Daull Mourad Mansouri Pierre-Stéfan Montagnier Aurore Paris Thibault Perrenoud Bertrand Suarez-Pazos Coproduction Théâtre de la Ville et Compagnie Pandora Avec la participation artistique du Jeune Théâtre National


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HAPPY CHILD conception, scénographie, mise en scène

Nathalie Béasse

Ce serait comme un conte, avec des chapitres ils arrivent une fratrie de cinq personnes se retrouve se retrouver et se parler comme si c’était hier, avec ces silences, ces non‐dits, ces accolades. Ils se mettent à faire des jeux d’enfants parfois charnels, parfois excessifs des scénarios de disparition, prétextes à jouer, comme des trous de mémoire ne plus savoir quand le jeu s’arrête donner du symbole aux actes renaître dans un déguisement ils sont tellement d’autres gens, une humanité ils retrouvent la tribu déchue comme dans les contes, le mystère pénètre et on se perd dans la forêt ici, la forêt c’est cette famille, c’est ce salon, c’est cet instant même où ils se regardent... nathalie Béasse

Une rêverie sur la famille, sur l’enfance oubliée et ses jeux, dans une forêt ouatée, hivernale peut être, un cocon ? Nathalie Béasse crée un théâtre chorégraphique, mi-polar mi-conte avec des trous de mémoire, des disparitions, des jeux d'enfants, de la musique, des poèmes, mais aussi Shakespeare.

« Je voudrais évoquer le rapport à la famille avec tous ses non‐dits, sa brutalité face au silence, et puis le manque lié à l’absence, à la disparition de la figure du père et de la mère et paradoxalement à leur rejet. Comment on se cache derrière des masques, comment on devient quelqu’un d’autre. Idée du masque, du simulacre. Comme des enfants. Instinctifs. Travailler vraiment sur l’instinct. Une sorte de danse macabre en famille. La seule présence de l’acteur immobile raconte déjà beaucoup, puis sa marche, puis sa course, puis sa chute. Ce sont les corps dans leur simplicité, les dos comme dans ces films qui me nourrissent Padre padrone des frères Taviani, Ces rencontres avec eux de Straub et Huillet, Le Miroir de Tarkovski. Le travail que je mène depuis plusieurs années avec des adolescents psychotiques a fait l’expérience de cette relation au corps qui ne passe pas forcément par le langage. Avoir un corps habité, un corps comme une maison. Je considère la parole comme une autre matière spatiale à approfondir à bras-le-corps comme le geste. »


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DEC M 13 > 20h

naThaLie BéaSSe se forme en arts visuels aux Beaux‐arts puis au cnr art dramatique d’angers. elle se nourrit des apports du performing‐art de 1995 à 2000. elle participe au collectif Zur (Zone utopiquement reconstituée) qui regroupe des plasticiens, scénographes et performers. elle s’oriente vers une recherche plus autonome et personnelle, crée sa propre compagnie à angers en mars 1999. elle a créé la saison dernière Wonderful world.

Happy Child. Bonheur d'un côté, enfance de l'autre. Une grâce extrême plane sur ce spectacle qui fait un paquet cadeau de l'enfance et du bonheur de cinq personnages en leur offrant la boîte blanche du plateau pour se souvenir. Alors, happy ? Oui, grâce au théâtre d'abord, à la beauté du jeu pour de faux et pour de vrai, que les cinq vieux enfants (frères et sœurs ?), qui se trouvent réunis après une longue séparation, revivent l'espace d'un soir. Se déguiser, faire semblant, s'amuser sans souci du regard des autres, jouer au piano une vieille rengaine que chacun connaît, régler ses comptes aussi... La tribu sait comment mettre tout le monde dans le coup. Elle connaît les trucs et les panoplies qui relancent les vieilles histoires et les non moins anciennes habitudes. Il suffit parfois d'un bonnet en fourrure pour ouvrir grand l'imagination et plonger aux racines de sensations inconnues. Et soudain un vent glacial souffle sur la banquise pendant que les survivants se transforment en glaçons. On y est, on y croit. La magie de Happy Child réside dans sa façon de redonner au théâtre ses vertus fondamentales de sincérité et d'illusion, de catharsis aussi, liées à l'enfance. Loin des poncifs, ce spectacle rayonne d'une pure beauté ludique, rend à la scène une candeur qui émerveille. Si l'on parle de "danse théâtre", en référence à la chorégraphe allemande Pina Bausch (1940-2009), on peut ici évoquer une forme de "théâtre danse". rosita Boisseau, Le Monde

A nouveau réunis nous tous. Ça faisait longtemps. Pourquoi on se voit si peu alors qu’on s’aime ?

M 14 > 20h J

15* > 19h

V 16 > 20h

* rencontre avec l’équipe artistique à l’issue de la représentation Durée 1h15 ouverture de la location mardi 22 novembre

Lumières Natalie Gallard Bande sonore Julien Parsy Régie son Antoine Monzonis‐Calvet Costumière Laure Chartier Sculpture Corinne Forget Photographies Wilfried Thierry avec Etienne Fague Karim Fatihi Erik Gerken Anne Reymann Camille Trophème Coproduction Compagnie Nathalie Béasse, L’EPCC Le Quai - Forum des Arts Vivants et le Centre National de Danse Contemporaine - Angers Cette création est réalisée grâce au soutien en production et en résidence du Quai - Forum des Arts Vivants et du Centre National de Danse Contemporaine - Angers. La Compagnie Nathalie Béasse est conventionnée par la Région des Pays de la Loire et reçoit le soutien du Ministère de la Culture et de la communication / Drac des Pays de la Loire, du Département de Maine-etLoire, de la Ville d’Angers et de Mécène et Loire.


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CYRANO DE BERGERAC mise en scène

Gilles Bouillon ce monument quand le visite-t-on ? Quand j’ai décidé de mettre en scène Cyrano de Bergerac, au-delà de l’attrait puissant qui émane du personnage, de son panache, de cette histoire d’amour fou, du pacte étrange qui lie entre eux les protagonistes de cette comédie héroïque, au-delà de l’écriture flamboyante de la pièce, c’est vrai, il y avait aussi comme un défi à relever, à vouloir visiter ce monument qu’est le chef-d’oeuvre de Rostand ! C’est véritablement un défi, et c’est jubilatoire, de faire jouer dix-sept comédiens sur scène... Pendant les répétitions sur le plateau avec les acteurs, et en approfondissant le travail, nous avons vraiment pris conscience, je dirais presque physiquement, de la profondeur et de l’efficacité émotionnelle d’une pièce qui, sous une allure de légèreté, d’élégance, de désinvolture parfois,

va sonder à une telle profondeur et avec une telle violence dans les cœurs et dans les reins. J’ai été bouleversé davantage encore par le retentissement incroyable du spectacle auprès du public, par l’émotion, l’enthousiasme ; chaque spectateur touché personnellement, entre le rire et les pleurs (la divine beauté des larmes !), trouvant au fond de soi, son Cyrano, ses raisons de vivre et de mourir, de lutter et d’être fidèle à soi, d’aimer et de résister, de réussir ou de rater sa vie - d’être tout... ou de n’être rien ! Et je suis d’autant plus sensible à l’adhésion des spectateurs qui m’ont chaleureusement confié que le spectacle leur avait « enfin fait entendre le texte » et réaliser que Cyrano est une immense pièce de théâtre. Compliments que je me suis empressé de transmettre à Christophe Brault qui interprète de manière si personnelle le personnage de Cyrano, à


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JAN

Ce spectacle a été créé à Tours au Nouvel Olympia en octobre 2010 avant d’être présenté au Théâtre de la Tempête à Paris en novembre et décembre 2010. Il est ensuite parti en tournée dans les Scènes Nationales, les Centres Dramatiques ou les Théâtres de Ville en France, en Belgique et en Suisse de décembre 2010 à mai 2011 (115 représentations). Ce spectacle repart en tournée cette saison de janvier à mai 2012 (60 représentations).

L

09 > 14h scolaire

M 10 > 20h M 11 > 20h J

12* > 19h

V 13 > 20h S

14 > 17h

* rencontre avec l’équipe artistique à l’issue de la représentation Durée 2h45 sans entracte

de Edmond Rostand

L’option de Bouillon est d’entrer au plus profond dans la tête de Cyrano. Pour y trouver, dans la merveilleuse folie des mots, un désespoir très vif et un sens du défi qui est une sublimation des idéaux courtois et militaires. Christophe Brault doté d’un appendice nasal très discret, porteur d’une humanité profonde, plus dans l’éclat sourd que dans les cliquetis, comme égaré au cœur de lui-même, mille fois plus poète lunaire que mousquetaire. Gilles costaz, Politis

toutes les actrices et tous les acteurs de la distribution, notamment les jeunes comédiens du Jeune Théâtre en Région Centre qu’on reverra sur scène cette saison, dans Kids de Fabrice Melquiot... et encore dans Cyrano de Bergerac ! Je voudrais également remercier toute l’équipe artistique, scénographe, costumier, dramaturge, éclairagiste, musicien, assistante, dont j’apprécie le talent, l’engagement et la fidélité, ainsi que toute l’équipe du cdr de Tours qui continue à porter très efficacement ce spectacle. La saison dernière, nous avons joué Cyrano, ici à Tours, à Paris, partout en France, en Belgique, en Suisse. Toujours le succès et l’émotion ont été au rendez-vous. Je suis très fier aujourd’hui de pouvoir reprendre Cyrano, de janvier à mai 2012, où nous fêterons... la deux centième représentation ! Gilles Bouillon

ouverture de la location lundi 12 décembre

Dramaturgie Bernard Pico Scénographie Nathalie Holt Costumes Marc Anselmi Lumières Michel Theuil Musique Alain Bruel avec

Christophe Brault Emmanuelle Wion Cyril Texier Philippe Lebas Dans la vie, il y a ceux qui aiment Cyrano et les autres. Xavier Guittet Marc Siemiatycki Qui se privent de grandes Cécile Bouillot joies. Christophe Brault est Léon Napias épatant. Mais c’est la mise Denis Léger-Milhau en scène de Gilles Bouillon Pauline Bertani Richard Pinto qui impressionne le plus. Disons-le sans détour, nous Louise Belmas Stéphan Blay n’en avons jamais vu de Edouard Bonnet meilleure. Brice Carrois Laure Coignard Jacques nerson, Mikaël Teyssié Le Nouvel Observateur Production Centre Dramatique Régional de Tours Avec le soutien de la DRAC Centre, de la Région Centre et du Conseil Général d’Indre-et-Loire (Jeune Théâtre en Région Centre) Coproduction La Compagnie du Passage - Neuchâtel


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Cyrano, Brault et Bouillon sont un peu comme les facettes complémentaires d’un même homme, portant tous ensemble à son acmé un amour du théâtre qui conjugue enthousiasme et talent. Cette alliance est visible dans la place que sait accorder Gilles Bouillon aux jeunes comédiens du JTRC qu’il forme au jeu par le jeu (évidence qu’il est un des rares metteurs en scène contemporains à réaliser), qui composent dans cette pièce une troupe harmonieuse et joyeuse. Autour des trois comédiens principaux, les seconds rôles sont interprétés avec justesse et conviction, et tout concourt à composer un spectacle radieux et tendre, émouvant et drôle, enlevé et brillant, généreux et populaire, qui mérite de se voir servi « le laurier et la rose » ! catherine robert, La Terrasse

Cet excellent Cyrano s’ouvre, au regard de l’époque présente, marchande et mondialisée, non pas sur une nostalgie mais sur son fantasme. La nuance est de taille et en fait toute la réussite. Jean-Luc Berthet, Le Journal du Dimanche

Du bois clair, un esprit de tréteaux, une manière vive de prendre le chef-d’œuvre populaire Edmond Rostand, le pari d’un spectacle qui se donne sans entracte et qui passe comme un souffle. Une mise en scène enlevée et intelligente de Gilles Bouillon. C’est de la belle ouvrage. armelle héliot, Le Figaro

Ce n’est pas seulement le décor, qui renvoie ouvertement au théâtre de tréteaux, ni la troupe des comédiens dont la répétition ouvre la pièce, ni même les tableaux de groupe orchestrés au millimètre et de manière très théâtrale, qui font référence au théâtre et ses pouvoirs. C’est surtout la lecture du personnage de Cyrano que Christophe Brault interprète majestueusement.

Des idées, le metteur en scène Gilles Bouillon n’en manque pas. Rien de compliqué ni de superflu, juste une utilisation judicieuse du décor, une direction d’acteurs précise et un sens du rythme nécessaire pour monter Cyrano comme un « opéra parlé ». Facile à dire… et à faire quand on a des comédiens talentueux. Christophe Brault est dans la lignée des grands Cyrano, héroïque et mélancolique.

myrto reiss, Au Poulailler

etienne Sorin, Even.fr

Emporté par le talent de Christophe Brault et la mise en scène de Gilles Bouillon, Cyrano de Bergerac triomphe à la Cartoucherie de Vincennes, au point que l'on a dû ouvrir des listes d'attente. L’Express.fr


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Ne quittant jamais des yeux le trio RoxaneChristian-Cyrano, dans un même temps, la mise en scène de Gilles Bouillon pointe une dualité qui s’exprime par le conflit entre la vie et la mort dans chaque personnage. De cet entrelacement entre la comédie et la tragédie, nait alors une harmonie lyrique et poétique qui structurant le spectacle, envahit l’imaginaire du spectateur pour son plus grand bonheur. Gilles Bouillon et sa troupe sont des orfèvres. Guy Flattot, France Inter

Pour Gilles Bouillon et ses acteurs, c’était surtout un vrai défi : respecter l’œuvre originale tout en se l’appropriant. Défi totalement relevé. Le metteur en scène propose une vision très poétique de la pièce, parfois à la limite de la féérie, sans pour autant trahir l’esprit de l’œuvre, qui garde intacte son coté populaire et grand spectacle.

Ainsi moins bravache que ne le veut la tradition, plus songeur, plus blessé, le cadet de Gascogne traverse-t-il ce grand feuilleton qui va des tréteaux de Paris où joue avec emphase le pompeux Champfleury à la maison de retraite où le héros meurt en lâchant le secret de sa vie. Le dispositif mobile de Nathalie Holt qui déplace à loisir sa tourelle, ses murs et ses Thierry Soulard, terrasses de planches La Nouvelle République permet une métamorphose des lieux La version que nous donne où l'action va à voir le metteur en scène généralement vite et freine Gilles Bouillon est des plus sous l'effet des silences et des émotions. La soirée réjouissantes. Avec la complicité de Bernard Pico flamboie et se suspend selon les humeurs à la dramaturgie, il nous changeantes de Rostand, offre une remarquable dont la forte mise en scène lecture. Et s’aidant de de Bouillon suit la pensée la scénographie de douloureuse et blagueuse, Nathalie Holt, le théâtre toujours en volte-face. est à l’honneur. Cyrano, c'est Christophe marie-celine niviere, Parsicope

Brault que sa brillante carrière d'acteur avait plutôt trempé dans le répertoire contemporain et qui, peut-être pour cette raison, fait sonner les vers dans une vibration fort émouvante et trace dans ses sinuosités ce long parcours d'homme vainqueur et vaincu : un très grand « athlète affectif » pour reprendre l’expression d’Artaud (quant à son nez, il est discrètement allongé, comme si l’angoisse de Cyrano venait d’ailleurs et de sa part la moins visible). Emmanuelle Wion compose habilement une Roxane plus femme de lettres que séductrice, donc une séduisante femme de lettres. Thibaut Corrion, qu’on n’avait plus vu depuis sa remarquable interprétation du Cid mis en scène par Alain Ollivier, donne au rôle un peu falot

de Christian un éclat imprévu. Autour d’eux tout un chacun confère du relief à son personnage pour que l’intériorisation du héros n’enlève rien à la fièvre aventureuse de l’histoire : Philippe Lebas, Marc Semiaticky, Léon Napias, Xavier Guittet et même les acteurs du Jeune Théâtre en Région Centre qu’ils soient travestis en mousquetaires ou en bonnes sœurs selon les circonstances… Sous l’héroïsme la déchirure, mise à nu comme rarement. Gilles costaz , webthea.com


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de Jean-Louis Bauer

LE ROMAN D’UN TRADER mise en scène et lumières

Daniel Benoin Ce spectacle devait être présenté au cdr de Tours la saison passée. Particulièrement affectés par la disparition de Bernard-Pierre Donnadieu, l’ensemble de l’équipe et les partenaires de cette aventure ont décidé de reporter leur tournée.

estimé, peut-être même aimé par ses supérieurs hiérarchiques. Mais il est aussi un adolescent attardé élevé au biberon des jeux virtuels… Le Roman d'un trader c'est un peu "le roman d'un joueur", mais aussi "le roman des tricheurs".

Le Roman d’un trader raconte le week-end de panique d’une grande banque où le directeur général apprend qu'un jeune trader a joué 25 milliards et qu'à cause de la crise naissante des subprimes, il n'y a plus assez de liquidités pour purger l'affaire en douceur. Après avoir essayé en vain d’emprunter l’argent en cherchant l’appui du gouvernement, le directeur général fait tout pour sauver sa tête. La pièce essaye de reconstituer le mécanisme et la gestion de la crise en restituant aussi les émotions des protagonistes, puis elle entre dans la pure fiction, car elle s’autorise de confronter le directeur général et le trader alors qu’ils ne se sont jamais vus en réalité. L'affaire Kerviel a été le point de départ de l'écriture du Roman d'un trader. La pièce cherche à expliquer ces comportements profondément humains qui ont mené le monde dans la crise. Du trader, elle fait d’abord un joueur et un jeune homme qui a envie d’être reconnu et

Fin 2008, la crise éclaboussait le système capitaliste tel qu’il était devenu, la bulle financière explosait et l’univers soudain se retrouvait sans ressources, sans moteur, sans lendemain. On croit que ce sont les fameux subprimes qui sont la cause de tout, en réalité les causes sont beaucoup plus profondes. Cela faisait près de vingt ans qu’il n’y avait plus de moteur réel dans le système, que les traders faisaient de la finance pour la finance, que le nécessaire profit à très court terme avait remplacé le développement à long terme, que l’ensemble du système économique était profondément dérégulé, avec toutes les conséquences sociales que cela a provoquées, libéralisme la plupart du temps synonyme d’arrogance et d’égoïsme suicidaire. Il m’apparaît impossible de ne pas marquer ce bouleversement, car il me semble que le théâtre est sans doute l’art le plus capable de se pencher

Jean-Louis Bauer


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JAN M 24 > 20h M 25 > 20h

On baisse le pouvoir d'achat, les gens tirent la langue, et vous pendant ce temps, vous jouez avec l'argent…

J

26* > 19h

V 27 > 20h

* rencontre avec l’équipe artistique à l’issue de la représentation Durée 2h ouverture de la location mardi 3 janvier

Décor Jean-Pierre Laporte Costumes Nathalie Bérard-Benoin Assistante à la mise en scène Emmanuelle Duverger avec Marie-Julie Baup Paul Chariéras Christiane Cohendy Paulo Correia Lorànt Deutsch Tcheky Karyo

sur ce type d’événement et d’en rendre compte avec ses moyens - y compris le rire - en provoquant réflexion et réaction chez le spectateur.

Production Théâtre National de Nice

daniel Benoin

C’est parce que la tragique destinée du héros vous rappelle un récent fait divers que les répliques se chargent d’une férocité dévastatrice. Le dramaturge, porté par une distribution remarquable soumise aux feux trépidants d’un spectacle tenu, tendu, rapide et beau (image vidéo, lumières, son), excède l’anecdotique. C’est le tableau sidérant de vérité, de la société qui est ainsi soumis à notre réflexion. Et pas de quoi être fier ! Qu’un tout jeune homme en costard, le trader, puisse raconter comment il a gagné plein de fric, un jour de détresse de la bourse de Londres, après un attentat mortel et comment, tout de même, il en a eu le cœur soulevé jusqu'à vomir, ce n’est pas « croyable » ? Et c’est pourtant là qu’est la vérité… Elle est écœurante, convenez-en… Pourtant Bauer ne juge pas. C’est un moraliste. Il écrit la désastreuse guignolade d’un vieil enfant aux allures de Peter Pan qui ne sait plus très bien distinguer réel et virtuel. armelle héliot, Le Figaro

Jean-LouiS Bauer a été lauréat de plusieurs prix d’écriture théâtrale dont le prix Sacd, celui de la Fondation Beaumarchais et du centre national des Lettres.

danieL Benoin a longtemps dirigé la comédie de Saint-etienne où il a fondé l’école nationale d’acteurs. depuis 2002, il dirige le centre dramatique national de nice-côte d’azur. il a mis en scène plus de cent spectacles en France et à l’étranger. il est également comédien et traducteur.


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ENFANCE de Nathalie Sarraute mise en scène

Michel Ouimet La lumière vient sur le plateau, un bureau d’enfant, deux chaises, des livres, une voix s’élève : « Alors, tu vas vraiment faire ça ? Evoquer tes souvenirs d’enfance… ? » « Je suis incapable de faire mon autobiographie », déclare Nathalie Sarraute en 1979. Et pourtant… ce texte, paru en 1983 alors que l’auteur a 83 ans, écrit sous la forme d’un dialogue à deux voix, relate les souvenirs d’une enfance passée entre Paris, la Russie, et la Suisse. Enfance est un livre magnifique qui m’accompagne depuis plus de 30 ans. Je l’ai joué, la première fois au Théâtre du Rond-Point dans une mise en scène de Simone Benmussa. Nathalie Sarraute avait enregistré la voix qui questionne l’écrivain, son double. Aujourd’hui, c’est Gisèle Casadesus qui m’assistera, voix proche s’il en est. L’Actrice avec laquelle j’ai joué Savannah Bay de Marguerite Duras. Gisèle Casadesus, ma mère. martine pascal

« Je dois déclarer d’abord, avec une sincérité que j’espère vous ne mettrez pas en doute, je dois affirmer qu’à aucun moment je n’ai cherché à délivrer des messages, à donner le moindre enseignement moral, ni à rivaliser avec les psychologues ou les psychiatres par des découvertes psychologiques quelconques. Non, tout ce que j’ai voulu, c’était investir dans du langage une part, si infime fût-elle, d’innommé. » nathalie Sarraute

Une première version de cette adaptation a vu le jour en novembre 2006 au Théâtre Artistic Athevains. A partir du montage de textes réalisés par Michel Cournot, Martine Pascal fait revivre les sensations de Paris ou de Petersbourg, l’épiphanie du jardin du Luxembourg ou le déchirement d’avec la mère à la gare de Berlin. Et avec une légèreté de jeune fille, une délicatesse de grande interprète, elle sait incarner la petite Natacha Tcherniak, qui découvre


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FEV M 01 > 20h J

02* > 19h

V 03 > 20h

* rencontre avec l’équipe artistique à l’issue de la représentation Durée 1h

Montage des textes Michel Cournot et Martine Pascal

ouverture de la location mardi 3 janvier Jauge réduite

avec Martine Pascal et la voix de Gisèle Casadesus

Tu veux « évoquer tes souvenirs »… il n’y a pas à tortiller c’est bien ça.

les réactions imprévisibles des adultes, en même temps que la femme d’âge qui se souvient. Pour celle-là, habitée par sa mémoire, les lunettes et le large cahier parcouru ne seraient qu’accessoires superflus, s’ils ne servaient dans la mise en espace de Michel Ouimet, à rappeler la présence de l’écriture, la prééminence du grand livre discrètement posé en format de poche sur le tabouret et révélé par la lumière à la fin du parcours. « Rassure toi j’ai fini je ne t’entraînerai pas plus loin… ». monique Le roux, La Quinzaine Littéraire

naThaLie SarrauTe est née à ivanovo en russie le 18 juillet 1900. elle meurt à paris en octobre 1999. en 1923 elle découvre marcel proust en lisant A l’ombre des jeunes filles en fleurs. en 1926, Ulysse de James Joyce et Mrs Dalloway de Virginia Woolf : « Il me semblait qu’à partir de ce moment une voix nouvelle s’était ouverte dans la littérature, on ne pouvait plus écrire comme on avait écrit auparavant.» Son premier livre Tropisme paraîtra en février 1939 chez denoël.


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de Marivaux

L’ÉPREUVE LES ACTEURS DE BONNE FOI Deux courtes et « cruelles » comédies de Marivaux, dans le même espace scénique par deux metteurs en scène : Agathe Alexis et Robert Bouvier. Dans L’épreuve, Lucidor, un roturier milliardaire retenu à la campagne suite à une maladie, s’éprend d’Angélique, la fille vive et spontanée de Madame Argante, concierge du château. Mais il veut des garanties sur l’amour qu’elle semble lui porter. Et avant de se déclarer lui-même, il lui propose un mariage avantageux d’abord avec son valet déguisé en son alter ego, puis avec un fermier à son aise. Dans Les Acteurs de bonne foi, on décide de donner un spectacle à l’occasion du mariage futur de deux jeunes gens mais aucun des protagonistes n’est familier à l’art théâtral et chacun entretient avec lui un rapport très différent. Il y a ceux qui s’en méfient, ceux qui s’en amusent, ceux qui spontanément le maîtrisent à merveille, et ceux qui le méprisent. La frontière entre crédules et manipulateurs devient vite ténue. Et si certaines scènes se répètent au jardin, d’autres se jouent bientôt non seulement à l’insu des acteurs mais des spectateurs. Différentes générations et couches sociales

mise en scène

Agathe Alexis et Robert Bouvier (L’Épreuve)

(Les Acteurs de bonne foi)

se trouvent impliquées dans un jeu amorcé comme une farce et qui menace vite de prendre une tournure plus dangereuse. Deux mondes s’opposent dans ces pièces, celui de la ville et celui de la campagne, la Cour et la Nature. Toutes deux ont un dénominateur commun : l’art de tester sur le mode comique ou parfois douloureux les faiblesses et les tentations de l’amour. Ces sorciers de la révélation des secrets de l’âme humaine, ces capricieux qui s’ennuient et qui veulent le meilleur en toute chose. Que de cruauté dans leur insistance que de férocité dans leur acharnement. agathe alexis

L’épreuve est au centre du théâtre de Marivaux : on y joue des jeux périlleux avec l’identité, on démasque, on ridiculise, on se dévoile, on entre dans la confusion des sentiments, on mélange fiction et réalité et à l’issue, de l’épreuve, les personnages, épuisés par ce jeux dangereux peuvent commencer à exister et entrer dans l’accomplissement d’une nouvelle vie à venir.


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FEV M 14 > 20h M 15 > 20h J 16* > 19h V 17 > 14h scolaire > 20h

Madame, voulez-vous qu’une comédie décide de mon sort et que ma vie dépende de deux ou trois dialogues ?

L’épreuve et le théâtre comme révélateurs. En ce sens, Les Acteurs de bonne foi symbolisent toutes les comédies de Marivaux où en quelques évolutions, en quelques répliques, des personnages sont amenés à dévoiler leur être le plus intime, que souvent ils ne connaissaient pas, et à prononcer des paroles décisives. Ils sont aussi la réalisation du théâtre comique dans son essence dionysiaque, contagion irrésistible, presque effrayante, qui saisit jusqu’au plus secret du cœur et s’achève sinon dans une bacchanale, du moins dans l’épanouissement de la joie universelle. L’épreuve subie par Angélique est terrible. Comme si Marivaux, avec le temps, avait jugé plus dangereuse la menace que font peser sur le moi les agressions de la société et la lâcheté du moi lui-même, il a rendu plus dure l’épreuve et plus hasardeux son résultat, dans cette pièce. Pour être toujours aimé, Lucidor doit s’exposer à être haï ; pour aimer sans faiblesse, Angélique doit haïr : « oui, Monsieur, je vous haïrais, je ne sais trop même si je ne vous hais pas, je ne voudrais pas jurer que non ». La Pléiade, éditions Gallimard 1994

* rencontre avec l’équipe artistique à l’issue de la représentation

aGaThe aLeXiS comédienne et metteure en scène, a fondé avec alain Barsacq la compagnie des matinaux et en 1984, le Théâtre de l’atalante à paris. avec lui, de 1992 à 2004, elle a codirigé la comédie de Bethune cdn du nord-pas-de-calais. elle fonde en 2004, la compagnie agathe alexis, qui privilégie la création de textes contemporains.

roBerT BouVier a signé de nombreuses mises en scène de théâtre et d’opéra. egalement comédien, il a joué dans une quarantaine de spectacles et une vingtaine de films. il a dernièrement joué sous la direction de marion Bierry dans Les Peintres au charbon d’après Lee hall, accueilli la saison passée au cdr de Tours. robert Bouvier dirige le Théâtre du passage à neuchâtel, il est aussi directeur de la compagnie du passage qu’il a créée en 2003.

Durée 2h30 avec entracte ouverture de la location mardi 3 janvier

Scénographie et costumes Gilles Lambert Lumières Laurent Junod Son Jaime Azulay et Cédric Liardet Accessoires Yvan Schlatter Régie générale Pascal di Mito avec L’Épreuve Robert Bouvier Marie Delmarès Nathalie Jeannet Guillaume Marquet Frank Michaux Maria Verdi Les Acteurs de bonne foi Agathe Alexis Robert Bouvier Marie Delmarès Anthony Scott Sandrine Girard Nathalie Jeannet Guillaume Marquet Frank Michaux Nathalie Sandoz Maria Verdi Coproduction Compagnie du Passage – Neuchâtel, Compagnie Agathe Alexis – Paris, Centre Dramatique Régional de Tours La Compagnie du Passage est subventionnée par les Départements des Affaires culturelles du Canton et de la Ville de Neuchâtel et par le Syndicat intercommunal du Théâtre régional de Neuchâtel.


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de Copi

LES QUATRE JUMELLES mise en scène

Jean-Michel Rabeux

Voici donc, Mesdames et Messieurs, l’histoire édifiante de quatre jumelles perdues sur la banquise « alaskaïenne » et qui s’assassinent à qui mieux mieux, pour se ressusciter les unes les autres. Ce que vous allez voir et entendre, mes chers spectateurs, n’a ni queue ni tête, baigne dans l’absurde glacé des eaux du détroit de Béring. Voici donc un poème trash, un Rimbaud explosé en dialogues, un Feydeau surréaliste, un cauchemar gondolant, un Alice au pays des chiens loups, un conte de sorcières, une comédie déjantée de l’autre côté du miroir. Jamais de pathos, les larmes ne sont que de crocodiles, jamais d’éros, les corps ne servent qu’à se piquer, et encore. C’est de la folie, mais froide, donc ça se passe en Alaska. Logique ! Les Quatre jumelles, ou comment chanter la rutilante absurdité de nos vies en assassinant un personnage toutes les dix minutes, ce qui, avec Copi, provoque un rire aussi inextinguible qu’inexplicable. Il faut dire qu’ils ressuscitent vite fait. Pourquoi rit-on des ébats et des crimes de quatre improbables junkies, aux sexes indéfinis, aux mœurs dissolues,

à la méchanceté bien établie, et qui s’entretuent avec joie et constance ? Mystère et boule de gomme. C’est la grâce de Copi d’aborder le pire par le rire, ou le rire par le pire, et, avec ses personnages, ses créatures, ses divines, extrêmement minoritaires de par nos rues et nos théâtres, de dire le désordre hilarant du monde que nous tous, les gens normaux, fabriquons allègrement invivable. Que je monte Shakespeare, Copi, ou moi, que je travaille sur Marivaux, Genet, Koltès ou Molière, je dis toujours la même chose. Je suis, comme eux, par eux, obsédé de quelques scandales. De ceux qui ont à voir avec la considération, par l’art, de la mort en face, de l’éros en face, avec la bataille contre les masques moraux de la rapacité qui nous impose sa façon de vivre pour pouvoir nous détrousser en paix. Cette rapacité légale qui se scandalise de nos désordres amoureux et qui me scandalise, moi, depuis que je suis en âge de penser. Des flics de la pensée, il en est de toutes sortes. A toutes les sortes mes spectacles tentent de


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FEV M 21 > 20h

Jean-micheL raBeuX, philosophe de formation, met en scène depuis plus de trente ans les plus grands auteurs classiques, contemporains, et ses propres textes. en 2002, il a mis en scène L'Homosexuel ou la difficulté de s’exprimer et récemment La Barbe bleue d’après charles perrault et La Nuit des rois de William Shakespeare.

Laisse-les s’entre-tuer ! Allons-nous-en ! Je prends quelques sachets d’héroïne ?

résister. Laissez-nous vivre nos vies comme nous l’entendons, ne vous mêlez pas de nos bonheurs, svp, surtout pas. Laissez-nous nos fantaisies. Alors, à nous les artistes, les ridicules, les excommuniés, de monter au créneau ! Eloge, éloge de la différence ! ça pourrait s’appeler comme ça, vouloir monter Copi. Eloge du bordel à plume ! Jean-michel rabeux

Le cdr de Tours a choisi de s’engager dans la production de cette nouvelle aventure de Jean-Michel Rabeux qui trace son radical sillon théâtral, sachant combien, il va s’emparer avec évidence et jubilation de l’univers et de l’écriture de Copi.

né en 1939 à Buenos aires, copi, de son vrai nom raul Taborda damonte, arrive à paris en 1962, il meurt en 1987. Son univers est peuplé de travestis mythologiques, hanté par la marginalité et la transgression sous toutes ses formes. metteur en scène du fait divers, copi puise délibérément dans les stéréotypes des genres considérés comme "mineurs" (feuilleton, roman policier, sciencefiction de série B), pour les truquer avec une feinte naïveté, et tirer de leur juxtaposition et de leur accumulation des effets de dérision ; de même, une grande part de son humour naît de la désinvolture avec laquelle il manie une langue minimale, familière, mais légèrement décalée, qu'il traite à la manière d'un idiome étranger. Sa première pièce, La Journée d'une rêveuse (1967), a été mise en scène par Georges Lavelli. c’est avec Eva Peron (1969), L'Homosexuel ou la difficulté de s'exprimer (1971), Les Quatre jumelles (1973), que copi aborde le thème, récurrent dans toute son œuvre, de la confusion, de l'inversion et de l'échange des sexes.

M 22 > 20h J

23 * > 19h

V 24 > 20h S 25 > 20h

* rencontre avec l’équipe artistique à l’issue de la représentation Durée estimée 1h15 ouverture de la location mardi 3 janvier jauge réduite

Décors, costumes et maquillages Pierre-André Weitz Lumières Jean-Claude Fonkenel Avec Claude Degliame Georges Edmont Kate France Marc Mérigot Coproduction La Compagnie, Centre Dramatique Régional de Tours, Le Maillon Théâtre de Strasbourg / Scène Européenne, Le Bateau Feu - Scène Nationale de Dunkerque, Le Théâtre de La Bastille - Paris (en cours)


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de Franz Kafka

LETTRE AU PÈRE mise en scène

Jean-Yves Ruf

Kafka a écrit cette lettre au moment où il projetait de se marier avec Julie Wohryzek, à l’âge de 36 ans. Cinquante pages, qu’il a remises à sa mère, pour qu’elle la transmette au père. Comme on pouvait s’y attendre, la mère ne l’a pas transmise, et le père de Kafka ne l’a donc jamais lue. Ce texte, Kafka l’a écrit à un moment charnière de sa vie. Avant de franchir le pas du mariage, il sent le besoin de faire le bilan de ses peurs, de ses terreurs d’enfant, et d’inventer un autre mode de relation avec son père. Le projet paraît simple, mais c’est évidemment un piège qu’il se tend à lui-même, et c’est ce qui fait la force de ce texte. C’est aussi bien une déclaration d’amour, un appel au secours, une volonté d’apaisement, qu’une déclaration de guerre, un long et terrible réquisitoire. Vouloir épuiser par une lettre, même de cinquante pages, les incompréhensions accumulées durant trente-six années, est bien sûr voué à l’échec, et Kafka le sait sans doute. Il s’agit là d’autre chose. Il s’agit d’abord d’une tentative de sauvetage

par l’écriture. Trouver une langue qui résoudrait l’équation intérieure d’un enfant blessé, devenu adulte, sur le point de se marier, voire de devenir lui-même père. Cela donne un texte d’une rare densité, où le besoin de précision, le souci de ne rien cacher, de ne rien dire qui ne soit une vérité sensible, trahit une immense demande d’amour d’un fils à son père. Ainsi, il ne s’agira pas d’appuyer le versant violent, l’attaque en règle, le réquisitoire. Derrière cette apparente charge, il y a un humour sensible, un désir de dialoguer, un rêve de légèreté qu’il faudra savoir entendre. Si ce texte nous touche autant, c’est sans doute qu’il dépasse de loin l’ordre du privé, et qu’il touche et ébranle nos structures profondes. C’est un texte sur la survie mentale de l’individu, sur sa construction vitale. « Jean-Quentin et moi nous croisons ici ou là depuis de nombreuses années. C’est un comédien qui possède la rare faculté de pouvoir se mettre complètement en danger sur un plateau, et de


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MARS L 12 > 20h

après une formation littéraire et musicale, Jean-YVeS ruF intègre l’ecole nationale supérieure du Théâtre national de Strasbourg puis l’unité nomade de formation à la mise en scène lui permettant notamment de travailler avec Krystian Lupa à cracovie et avec claude régy. il est à la fois comédien, metteur en scène de théâtre et d’opéra, et pédagogue. il a co-fondé le chat Borgne Théâtre en 1997. Le cdr de Tours a coproduit son spectacle Silures en 2006 et accueilli en 2008 La Passion selon Jean d’antonio Tarantino.

Jean-quenTin châTeLain a été formé au cours d’art dramatique de Genève, puis au Théâtre national de Strasbourg, il a joué dans une quarantaine de spectacles notamment dans La Scène de Valère novarina, accueilli au cdr de Tours en 2004. il a été l’interprète de Ode maritime de Fernando pessoa, mise en scène par claude régy, présenté au Festival d’avignon en 2009. il travaille pour le cinéma sous la direction de daniel Vigne, andrzej Wajda, claire denis, alain Tanner, Laurence Ferreira Barbosa, noémie Lvovski, Bertrand Blier, mathieu amalric… Scénographie Laure Pichat Lumières Christian Dubet Son Jean-Damien Ratel

M 13 > 20h M 14 > 20h

Durée estimée 1h15 ouverture de la location mardi 3 janvier

Avec Jean-Quentin Châtelain Production Théâtre Vidy-Lausanne

tutoyer les gouffres. Je sais à quel point il est entier et ne m’attends pas à trouver en face de moi un comédien sage et obéissant. Mais ce n’est pas non plus ce que je cherche. Nous nous tournons autour depuis quelque temps, avec l’envie de nous trouver un jour dans le travail. Quand je l’ai appelé pour lui proposer la Lettre au père, il a immédiatement accepté. Il se trouve qu’il connaît bien ce texte, en a déjà fait des lectures publiques, et qu’il a un rapport fort avec cette matière, tout comme moi. Ce projet était en suspens dans un coin de nos têtes et attendait la bonne constellation. C’est arrivé. » Jean-Yves ruf

L’impossibilité d’avoir des relations pacifiques avec toi eut encore une autre conséquence, bien naturelle en vérité : je perdis l’usage de la parole.


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chorégraphie et interprétation

Anne-Laure Rouxel texte et collaboration artistique

Joël Jouanneau

L’INOUÎTE

CONTE CHORÉGRAPHIQUE ET THÉÂTRAL POUR ENFANTS PETITS OU GRANDS

Par un beau matin d’été, à peine sortis de leur œuf, quelques quadrupèdes de la tribu des Aglaglas découvrent devant leur iglou une bien belle jeune fille prise dans les glaces. Est-on en période d’hibernation ? Une expédition polaire l’aurait-elle oubliée ? Un pan de la banquise se serait-il détaché dans la nuit ? Et qui se cache sur cette photo que tient une main ? A ces questions, Oummikouloutoumik, car c’est son nom, ne répond pas. Mais le soleil insiste et les enfants Aglaglas multiplient les pourquoi, alors le corps se dégèle et la langue aussi. Quelle étrange mécanique que la vie, se dit la jeune inouîte, quelle merveille de parler, bouger, marcher sur un ou deux pieds et plus encore de danser. Un impossible dialogue s’établissant avec ces Aglaglas trop bavards pour qu’on les voie, ce que la langue ne dira pas, images, chants, orteils genoux coudes et doigts l’articuleront à mi-voix, et parfois même, c’est promis, sur la pointe des pieds, mais ce ne sera que pour rire aux éclats. A moins que Oummikouloutoumik n’ait rêvé tous ces Aglaglas, et que seule et confrontée à l’ennui depuis que son frère est parti, elle ait décidé de s’inventer une banquise où elle aurait tous les droits. Joël Jouanneau

Un fragment de banquise, posé là comme dans un studio pour les besoins d’un film. Avec deux ou trois chutes de couleurs. Un pied de micro, mais le micro, lui, au sol. Un possible iglou au loin. Et peut-être, de dos, sept débutants manchots en modèle réduit. Quand les enfants entrent, l’inouîte

est déjà là, parfaitement immobile, comme prise dans les glaces, enveloppée dans une fourrure de bête, pas le moindre grain de peau. Ce projet est le fruit d’une amitié entre un auteur metteur en scène et une danseuse chorégraphe. Il y avait l’idée du Pôle Nord, du froid, de la solitude et le désir d’une écriture à deux, d’une expérience sur la place du mot dans la danse et inversement. Pour Joël Jouanneau, chaque mot a une force, une histoire, une profondeur. Avec Anne-Laure Rouxel, dans ce conte, ils inventent un rythme et interrogent le temps du mouvement : le geste existe-il avant, après ou au même moment que le mot s’énonce ? En tous les cas, il y aura beaucoup de musique et une belle histoire à voir, à entendre, et une délicate danse à rêver sur cette banquise encore inconnue.


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MAR J 22*> 14h scolaire > 19h

après une formation très complète et diversifiée en danse (classique, contemporaine, indienne, hawaïenne, flamenco et claquettes), anne-Laure rouXeL crée en 1994 sa compagnie dont le nom, cincle plongeur, donne une belle image de sa démarche puisqu’il est attribué à un petit oiseau vif et agile qui vit sur les bords des torrents de montagne et marche sous l’eau pour se nourrir. a la manière des jardiniers japonais, anne-Laure rouxel recompose les éléments de la vie en des chorégraphies qui ont la légèreté et la grâce d’un vol d’oiseau. Ses créations ont la particularité d’être souvent destinées au jeune public, dernièrement, Ouï peut-être, Maintenant j’ai grandi, Etre ou ne pas être dans les nuages. elle dirige des ateliers de pratique chorégraphique dans les écoles.

JoëL Jouanneau et Le Jeune puBLic metteur en scène, auteur, Joël Jouanneau contribue à l’émergence d’un véritable théâtre de répertoire pour le jeune public. a l’origine de la création, avec l’éditeur actes-Sud papiers, de la collection heyokaJeunesse, il fut également à l’initiative, avec l’appui du Théâtre de Sartrouville et aux côtés de claude Sévenier, du Festival départemental des Yvelines, Odyssées. il écrit des pièces adressées aux enfants dont il précise qu’ils peuvent être « petits et grands ». en 2007, c’est pour France culture qu’il écrit L’Enfant cachée dans l’encrier. il a réalisé pour arTe un film à partir de son texte Mamie Ouate en Papoâsie.

Oummikouloutoumik etait le petit nom de l’enfant, mais il était si long son petit nom, si long et si dur à prononcer que longtemps ce fût le seul mot qu'elle sut dire...

V 23 > 14h scolaire > 19h * rencontre avec l’équipe artistique à l’issue de la représentation de 19h Durée 45min. ouverture de la location samedi 18 juin 2011 jauge réduite Hors abonnement tarifs spéciaux A partir de 5 ans

Soutien aux compagnies implantées en Région Centre

Lumières Franck Thévenon Costumes Sabine Alziary Scénographie Claire Sternberg Son Pablo Bergel Production L’Eldorado, Le Grand Théâtre - Scène conventionnée pour la Danse - Ville de Lorient, Le T.r.i. o...S, Partenariat, Compagnie Cincle Plongeur


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de Marguerite Duras

mise en scène

Jeanne Champagne

L’EDEN CINÉMA

Aucune mère d’écrivain ne vaut la mienne – Ma Mère c’était un Grand Personnage. […] Veuve très jeune, seule avec nous dans la brousse pendant des mois, des années, donc seule avec des enfants, elle se faisait son cinéma, et le nôtre de surcroît. Elle nous avait déjà fait le cinéma de son enfance dans les Flandres françaises. Celui d’une guerre de 1914. Celui de la perte de son seul amour, notre père. Et puis elle nous a fait celui-là, celui du meurtre des blancs colonisateurs, avec la minutie, la précision d’un gangster. Cette pièce est l’adaptation par Marguerite Duras de son roman Un barrage contre le Pacifique, publié en 1950, qui évoque son enfance en Indochine. Une mère, veuve, avec ses deux enfants Joseph et Suzanne, pas bien riche mais, âpre au gain, achète avec ses économies durement acquises une grande propriété sans savoir que ces terres, gorgées de sel marin, sont inexploitables. Seule contre tous, avec l’aide des paysans, elle se bat pour construire des digues de terre et contenir la mer.

Pari fou, pari intenable, face à une administration coloniale dont elle s’acharnera à vouloir se venger en faisant tuer trois fonctionnaires corrompus mais face aussi à une nature impossible à vaincre. Et ce sera le commencement d’une longue et inexorable déchéance de cette Mère Courage qui finira par mourir, à la fois haïe et adorée par ses enfants. Dans L’Eden Cinéma, il y a Eden, le paradis, le paradis perdu, il y a Cinéma, tout ce que l’on projette, ce qui est possible, ce que l’on phantasme, le cinéma du paradis, le paradis du cinéma. Pour Marguerite Duras, le Paradis perdu c’est l’enfance, la liberté de l’enfance. « J’ai rencontré l’œuvre de Marguerite Duras il y a plus de trente ans, je l’ai quittée, je l’ai retrouvée avec un immense bonheur. Il y a dans cette œuvre une voix mystérieuse, lointaine, qui résonne d’une façon très intime et très singulière.


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AVR M 03 > 20h

Jeanne champaGne fonde la compagnie Théâtre ecoute en 1981. depuis janvier 2009, elle est metteure en scène associée et responsable de l’éducation artistique et culturelle à l ’équinoxe Scène nationale de châteauroux. Le cdr de Tours a accueilli ses mises en scènes de L’Enfant et Le Bachelier de Jules Vallès et de George Sand à l’Assemblée nationale. elle a mis en scène d'autres textes de duras : Ecrire, La Musica et une adaptation de La Vie matérielle.

Son pays est un pays d’eau où « les voix d’encre et de chair s’entremêlent », un pays où l’on navigue entre réel et imaginaire, entre vie et fiction, de l’intime à l’universel. Dans son œuvre « tout est à voir », la porosité est permanente entre l’œuvre écrite, cinématographique et dramatique. Elle écrit avec une « caméra stylo », elle écrit « caméra à la main ». Quand on met en scène un texte de Marguerite Duras, on entend une voix, la sienne. On entend le silence aussi. Son écriture est une écriture à trous. Elle dit : « au théâtre, c’est par le manque à voir que l’on donne à voir ». Ce sont les silences, les vides qui nous permettent d’entendre et voir, c’est l’ombre qui nous permet de voir la lumière. L’écriture c’est une page blanche, le cinéma de Marguerite Duras c’est « l’écran blanc de son imaginaire », du nôtre aussi et celui du public, c’est l’espace de l’imaginaire possible que nous devons créer. L’Eden Cinéma peut être vu et entendu comme un récit d’apprentissage : l’apprentissage de la trahison, de l’injustice, de la folie pour la mère, l’apprentissage de l’amour pour Joseph et l’apprentissage de la solitude pour Suzanne. C’est un éveil au monde, à la révolte, à la colère, à la vie. » Jeanne champagne

La scénographie presque Fellinienne de Gérard Didier, les lumières de Franck Thévenon et le travail sur le son de Bernard Valléry, créent un univers onirique où la mise en scène et la direction d'acteurs de Jeanne Champagne s'épanouissent afin de nous faire entendre tous les enjeux d'une si belle écriture. Guy Flattot, France Inter

M 04 > 20h

Durée 1h45 ouverture de la location mardi 3 janvier

Scénographie Gérard Didier Lumières Franck Thévenon Son Bernard Valléry Avec Sébastien Accart Fabrice Bénard Agathe Molière Tania Torrens Sylvain Thirolle Coproduction Compagnie Théâtre Ecoute, Equinoxe – Scène Nationale de Châteauroux Théâtre Ecoute est conventionnée par la DRAC Ile-de-France Remerciements à Jean Mascolo et Michèle Kastner, aux Editions Benoît Jacob Editeurs de L'Eden Cinéma : Mercure de France et Folio Gallimard

Elle se réveille. Elle hurle le nom de ses enfants. On ne répond plus, plus d’enfants dans la plaine.


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Je n’ai jamais travaillé pour le moindre gouvernement, je n’ai jamais travaillé pour personne. Ma vie ça a toujours été de m’occuper d’un bétail errant d’une terre à l’autre.

GUANTANAMO de Frank Smith

mise en scène

Eric Vigner

Guantanamo du nom d’un centre de détention installé par les États-Unis à Cuba au lendemain du 11 Septembre, et devenu depuis tristement célèbre. Guantanamo est une fiction issue de paroles d’hommes, celles des contre-interrogatoires de détenus de la prison du même nom. De cette matière, Frank Smith entreprend de questionner la capacité de la littérature à rendre compte des expériences limites, à témoigner de ce qui est inconcevable, éloigné, étranger à nous-mêmes et si proche. Le nom des villes, des pays, des territoires que les détenus ont traversés dessine la géographie d’un monde en guerre dont nous ne savons rien. Guantanamo est une île, un espace sous surveillance, une zone de non-droit, marquée par le secret. C’est un territoire inventé de toutes pièces, un champ de tensions, une géographie concentrationnaire qui échappe aux regards comme aux droits internationaux. Qui parle ? Qui ment et qui dit la vérité ? Que sait-on ? Que nous raconte-t-on ? Qui croire ? En 2006, au nom de la liberté d'information (Freedom of Information Act), l’administration

américaine rendait publics plusieurs centaines de contre-interrogatoires de prisonniers suspectés de terrorisme. Frank Smith s’est emparé de dix-sept d’entre eux pour en faire une succession de « récitatifs » : une litanie de témoignages et de noms égrenés dans une langue neutre, sans apparente volonté de juger. Ainsi transférée dans le domaine de la fiction, cette langue blanche propre aux procès-verbaux en vient à évoquer par moments celles de Marguerite Duras ou Charles Reznikoff. Elle permet justement de libérer toute la charge évocatrice, politique et poétique, de ces récits hors du commun, si difficiles à saisir. Évoluant entre théâtre, composition sonore et installation plastique, le spectacle met à nu une implacable logique rhétorique, dans laquelle l’absurde est une composante de l’horreur, et où l’absence de commentaire permet de mieux dire l’innommable. “No ideas but in things” William Carlos Williams, « Pas d’idées sinon dans/par les choses ».


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AVR M 11 > 20h

Le 3 octobre 2010, éric ViGner fonde L’académie à Lorient, une « petite démocratie » regroupant sept jeunes acteurs visant à former à la fois un laboratoire de théâtre et un espace de transmission. rassembler de jeunes acteurs de cultures, de langues maternelles, de couleurs différentes. Transmettre cet amour du verbe et du livre, cet art de l’acteur fondé sur la lecture et le dire. confronter les langues et les expériences aux regards croisés de trois écritures l’alexandrin classique de corneille (La Place royale) au regard de l’écriture poétique de Frank Smith et de l’écriture cinématographique de christophe honoré (La Faculté). et jouer. 7 acteurs, 7 pays - maroc, roumanie, mali, Belgique, corée du Sud, allemagne, israël - forment cette académie de théâtre à l’image de la jeunesse du monde. éric Vigner, est directeur depuis 1996 du cddB Théâtre de Lorient, centre dramatique national.

né en 1968, FranK SmiTh est homme de radio et écrivain. il a dirigé deux anthologies de poésie contemporaine aux éditions Autrement. il est par ailleurs producteur à France culture depuis 1999. il y coordonne avec philippe Langlois L’Atelier de création radiophonique depuis 2002. il dirige également ZagZig, une collection de livres/cds aux éditions Dis Voir. il est l'auteur de plusieurs courts-métrages de cinéma.

J

12* > 19h

* rencontre avec l’équipe artistique à l’issue de la représentation Durée estimée 1h15 ouverture de la location mardi 3 janvier

Adaptation, décor et costumes Eric Vigner Lumières Pascal Noël Dramaturge Sabine Quiriconi Assistant à la mise en scène Vlad Chirita Assistant au décor Nicolas Gueniau Assistante aux costumes et atelier costumes Sophie Hoarau Reportage photographique Alain Fonteray Avec les acteurs de l'Académie Vlad Chirita Lahcen Elmazouzi Eye Haidara Hyunjoo Lee Tommy Milliot Nico Rogner Isaïe Sultan Production CDDB – Théâtre de Lorient, Centre Dramatique National, La Comédie de Valence - Centre Dramatique National Drôme-Ardèche, Centre Dramatique National Orléans/Loiret/Centre, La Comédie de Reims - Centre Dramatique National (en cours) Remerciements au CENTQUATRE établissement artistique de la Ville de Paris Avec la participation artistique du Jeune Théâtre National Le texte de Guantanamo est publié aux Éditions du Seuil, collection Fiction & Cie, avril 2010.


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D’après les fragments

de Georg Büchner Traduction de Bernard chartreux, eberhard Spreng et Jean-pierre Vincent

WOYZECK

mise en scène

Marie Lamachère « On reproche aux jeunes gens de recourir à la violence. Mais ne sommes-nous donc pas dans une situation de violence perpétuelle? Parce que nous sommes nés et que nous avons grandi au cachot, nous ne nous apercevons plus que nous sommes au fond d'un trou, pieds et poings enchaînés, un bâillon enfoncé dans la bouche. Qu'appelez-vous donc ordre légal? Une loi qui fait de la grande masse des citoyens un bétail à corvées, pour satisfaire les besoins contre nature d'une minorité infime et corrompue? Et cette loi, appuyée sur la violence brutale des militaires et par la roublardise stupide de ses sbires, cette loi n'est qu'une violence brutale et perpétuelle qui est faite à la justice et à la saine raison, et je la combattrai de la bouche et de la main chaque fois que je le pourrai. » Lettre de Georg Büchner à sa famille, Strasbourg, le 5 avril 1833 L'histoire de Woyzeck, tirée d'un fait divers, est celle d'un soldat pauvre, obligé de cumuler les emplois pour « finir son mois ». Il sert notamment de factotum pour son capitaine et de cobaye pour un médecin. Woyzeck aime Marie. Mais Marie aime aussi d'autres hommes et notamment un beau Tambour-major. Woyzeck devient jaloux. Woyzeck entend des voix effrayantes monter du sol et le ciel crier « comme si c’était une gorge ». Et il tue Marie. La fable est située par son auteur entre les lumières d'une baraque foraine et la cour d'une caserne militaire.

Dans la réalité historique, le docteur qui déclara en 1823 le meurtrier Johann Christian Woyzeck moralement responsable de ses actes le condamna à la guillotine. La tentative ici n’est pas de juger de la folie du personnage Woyzeck, ni de sa destinée tragique, mais de tracer le plus précisément possible les contours possibles de son histoire, et de ceux qui l’entourent. La question centrale de la pièce, « qu’est-ce que l’homme ? », reprise scène après scène et creusée situation après situation, déploie l’éventail de ses réponses en même temps que la charge critique qu’elle contient, par son seul examen. Tissant le fil de l’aventure intérieure d’un héros voyageant en somnambule entre « rêve, folie, et fait-divers » d’aucuns ont voulu faire de Woyzeck « la description objective et rationnelle d’une évolution » psychique vers la folie et le crime, et d’autres y lire la « tragédie de l’exploitation » ou le « drame bourgeois » de toutes les aliénations. Face aux « fraternités » viriles de cette petite ville de garnison qui joue à qui pissera le plus loin pour faire mourir un juif (manuscrit H4, 11), et qui essuie ses couteaux sur le ventre des femmes, en contrepoint, nous avons tenté de mettre à jour ce que Büchner, par la bouche de Lenz appelait de ces vœux : « la vie de l’être le plus minuscule, dans ses tressaillements, ses traits subtils ». Woyzeck est une pièce qui, plus que d'autres, jette des ponts avec l'actualité meurtrière dans


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AVR M 17 > 20h

Chaque être humain est un précipice, on a le vertige quand on essaye d’y voir. le monde. Parce que l'homme y est nu, parce que Büchner, qui n'a pas de temps à perdre (il mourra à 23 ans du typhus), va à l'essentiel : l'amour, l'exploitation de l'homme par l'homme, la mort. Sa pièce, restée en lambeaux (quatre fragments), oblige ceux qui veulent la mettre en scène, à faire des choix. Corps contre corps. La violence est première. Violence du corps qui ne peut se contenir, violence du désir ou de la jalousie (c'est tout comme), violence sociale des rapports humains. C’est par excès d'amour plus que par jalousie que Woyzeck en vient à tuer Marie pour aller au bout de son amour, pour tuer la bête qui l'habite. Cela ou autre chose. Büchner ouvre des vannes qu'il ne referme pas. Folie de l'amour fou ou geste fou d'un pauvre face à l'injustice des hommes aussi bien. Et non geste désespéré d'un demeuré ce que Woyzeck n'est pas, souligne la mise en scène très déterminée. Marie Lamachère travaille abondamment la pièce par ses contours : les nombreuses chansons populaires, les nombreux personnages éphémères dont Büchner peuple sa pièce. Chaque scène est comme un poème dramatique suspendu, un moment d'ivresse théâtrale avant que la roue ne tourne à nouveau. Jean-pierre Thibaudat, Rue 89

Woyzeck est le fruit d’un travail conjoint entre la compagnie // interstices de montpellier, dirigée par marie Lamachère et du Théâtre de la Valse, implanté à orléans, collège de trois acteurs (michaël hallouin, Laurélie riffault et antoine Sterne).

M 18 > 20h

Durée 1h50 ouverture de la location mardi 3 janvier jauge réduite

Scénographie Michaël Viala Lumières et régie Gilbert Guillaumond Son Benoist Bouvot Avec Renaud Golo Michaël Hallouin Luce Le Yannou Marilia Loiola de Menezes Gilles Masson Laurélie Riffault Antoine Sterne Et des enfants en alternance Coréalisation et production associée // Interstices et le Théâtre de La Valse Production // Interstices Coproduction Théâtre La Vignette – Montpellier, Théâtre Le Périscope – Nîmes, CCN Rillieux-la-Pape / Cie Maguy Marin, Espace Malraux - Scène nationale de Chambéry et de la Savoie, CNES - La Chartreuse de Villeneuve-lès-Avignon Avec l’aide de la Drac LanguedocRoussillon et de l’ADAMI. Avec le soutien de la Région Languedoc-Roussillon et de la Région Centre, de la Ville d’Orléans, de Montpellier Agglomération, de RAMDAM, de la Boîte à rêves. Le Théâtre de la Valse est soutenu par le département du Loiret. Ce spectacle bénéficie du soutien de la Charte de diffusion interrégionale signée par l’ONDA, ARCADI, l’OARA, l’ODIA Normandie et Réseau en scène Languedoc-Roussillon. Texte édité aux Editions L’Arche

Soutien aux compagnies implantées en Région Centre


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de William Shakespeare

LA COMÉDIE DES ERREURS mise en scène et adaptation

Dan Jemmett

Cette comédie légère écrite en1593 est fondée sur une farce longtemps jouée sur les scènes italiennes dont le thème est de confondre un jumeau pour un autre. Égéon, un riche marchand de Syracuse, raconte ses malheurs au duc Éphèse. Père de jumeaux identiques nommés Antipholus, il avait acheté à une pauvre femme les jumeaux Dromio, eux aussi identiques, pour être au service de ses fils. Au cours d’un naufrage survenu vingt-trois ans auparavant, les quatre enfants sont séparés. Ainsi un Antipholus et un Dromio se retrouvent avec Égéon, tandis que les deux autres sont apparemment perdus avec la femme d’Égéon, Aemilia. Le fils jumeau d’Égéon, Antipholus, a décidé, le jour de ses dix-huit ans, d’aller à la recherche de son frère. Il part donc vers la ville d’Éphèse avec son serviteur Dromio. Les imbroglios et les situations cocasses ne se font pas attendre ! Mais on réussit à «démêler» l’histoire… Décidément, c’est Shakespeare qui me rend le plus libre, peut-être parce que je le monte en français !

Shakespeare, ça résiste à tout : on coupe, ou déplace, on ajoute, on fait jouer ça par 5 acteurs seulement et ça marche ! Je crois qu’on a créé un truc avec un rythme vraiment dingue, un tempo extrême qui m’étonne encore aujourd’hui, comme si j’avais poussé les acteurs vers une sorte de folie. On n’a pas arrêté de parler de mon humour si « british » alors que je préfère depuis toujours Jacques Tati au Monthy Python ! Ce coup-ci, j’y suis allé : vous voulez de l’humour british ? Vous en aurez ! dan Jemmett C’est du joyeux Shakespeare, que Dan Jemmett se propose ici de faire découvrir à travers une pièce peu connue et pourtant classique Outre-Manche. A cinq, les comédiens campent dix personnages s’entrecroisant sur un plateau qui ressemble à une pelouse de festival rock estival. Des morceaux choisis de variété anglo-saxonne, des costumes et des accessoires clinquants achèvent d’installer un univers décalé, à la fois kitsch, intemporel ou années 80, qui dit l’éternel et enfantin plaisir qu’il y a à faire du théâtre lorsqu’il est ainsi subversif et festif. eric demey, La Terrasse


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MAI J

avec Shake, (accueilli au cdr de Tours en 2003), adaptation délirante de La Nuit des Rois, dan JemmeTT, grand déconstructeur de Shakespeare, avait révélé un sens visuel, un humour, et une énergie rares. citoyen britannique, désormais installé en France, il a récemment mis en scène avec la troupe de la comédie-Française Les Précieuses ridicules et La Grande magie de eduardo de Filippo.

10 * > 19h

V 11 > 20h S 12 > 20h D L 14 > 20h M 15 > 20h

* rencontre avec l’équipe artistique à l’issue de la représentation Durée 2h ouverture de la location mardi 3 janvier

Quelle erreur abuse nos yeux et nos oreilles ?

Dan Jemmett a opté pour un dispositif punk trash, entre fête à Neu-Neu et Festival rock : une pelouse rase, partiellement recouverte d'un plancher en bois, un chapiteau en fond de scène, deux bars de fortune avec tonneau à bière côtés cour et jardin, une chaîne stéréo, des projecteurs colorés et quatre WC de campagne en plastique... par lesquels entrent et sortent les acteurs. Au début, on a un peu peur : les comédiens, en tenue de réveillon ringarde, ont passé la cinquième vitesse dès la première scène. Puis on est gagné par le rire et bluffé par la virtuosité de l'entreprise. Dan Jemmett a fait le pari de la farce totale, survoltée, et maintient le cap du décalage drolatique deux heures durant. La bande-son enchaîne d'inénarrables tubes des années 1980, les gags clownesques se multiplient. La bière coule à flots - il faut être sacrément gris pour rester aussi longtemps dans « l'erreur »... Les comédiens réinventent un genre de commedia dell'arte postmoderne, jouant les Fregoli avec brio (ils sont cinq pour dix rôles) jusqu'au feu d'artifice final. philippe chevilley, Les échos

Traduction, assistante à la mise en scène Mériam Korichi Scénographie et accessoires Dick Bird Lumières Arnaud Jung Costumes Sylvie Martin Hyszka Régie générale Stephane Sagon Régie son Benjamin Bard Régie lumières Jean-Luc Mutrux Habilleuse Christine Arias Avec David Ayala Vincent Berger Thierry Bosc Julie-Anne Roth en cours... Coproduction C.I.C.T. Théâtre des Bouffes du Nord, Théâtre Vidy-Lausanne


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LE DINDON de Georges Feydeau mise en scène

Philippe Adrien Deux jeunes femmes qui ont juré de prendre un amant si elles étaient trompées, deux sémillants noceurs tout prêts à leur rendre ce service, une volcanique Anglaise qui menace de se suicider, un Londonien à l’accent marseillais, un médecin major retraité et sa femme, sourde comme un pot, une cocotte, des grooms et un commissaire de police : Feydeau réunit tous ces personnages qui, pour la plupart, ne doivent à aucun prix se rencontrer, et les jette dans une course haletante de chambres en chambres, au milieu de portes qui claquent et de sonneries qui se déclenchent. La force de Feydeau passe par une intrigue tournant autour de l’adultère ; mais il amplifie les procédés comiques et l’intensité de sa pièce afin de piéger tous ses personnages dans une comédie fondée sur l’erreur et le quiproquo. Qui trompe qui ? Qui sera le dindon de la farce ? Lequel de tous ces coqs (souvent cocus) remportera le combat de basse-cour ? On assiste à un jubilatoire renversement des rôles : les mâles sont ici de purs objets sexuels que les femmes utilisent pour se venger. Quel défi, ce théâtre à la fois si singulier et si parfait.

Oui, ce qui est renversant dans l’écriture de Feydeau, c’est son exactitude. Sur un acte entier de quiproquos, syncopes, aléas et atermoiements aussi affolants qu’imparables, les dialogues comme les situations, jusque dans leurs aspects concrets, nous paraissent toujours ordonnés à la perfection. Touchés par le divin, les hommes veulent, n’est-ce pas, vivre pour aimer ! C’est alors que les vrais ennuis commencent dans l’imbroglio entre âme et corps, amour et désir, soit précisément ce à quoi sont confrontés les personnages, disons même les créatures de Feydeau en qui je verrais volontiers un démiurge farceur. Voilà, Feydeau, un savant en matière d’embarras, bousculades, tournis, chutes, ratages et autres “catas” auxquels le genre humain est par définition exposé. philippe adrien Depuis longtemps, qu'il traque Kafka, Gombrowicz ou Witkiewicz, le patron du Théâtre de la Tempête est hanté par nos inconscients, les cauchemars qu'ils provoquent, les fantômes qu'ils font naître et renaître. D'ordinaire du côté noir de ces forces obscures, voilà qu'il en choisit la face grotesque en passant Le Dindon au tamis impitoyable


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MAI M 29 > 20h M 30 > 20h J

31 * > 19h

JUIN V 01 > 20h S 02 > 20h

C’est lui qui récolterait et moi je serais le dindon ! Ah non ! Non !

* rencontre avec l’équipe artistique à l’issue de la représentation Durée 2h15 ouverture de la location mardi 3 janvier

des situations imaginées par un auteur joueur et suicidaire, qui semble construire et déconstruire en permanence sa pièce pour mieux la mettre à l'épreuve du pire et en sortir vainqueur. C'est à l'écriture même du texte, et des impasses que Feydeau se donne à surmonter, que nous fait assister la mise en scène virtuose de Philippe Adrien, aidé par une troupe où tous excellent d'humour, d'originalité, de vérité. A travers des reparties ravageuses droit sorties des conversations ordinaires, c'est de banales histoires d'adultère qu'il est, comme d'habitude, question ici. Obsessions, fantasmes et frustrations se déchaînent dans une mécanique folle qui se joue d'elle-même jusqu'à l'absurde. Philippe Adrien utilise tous les ressorts du théâtre pour incarner la joute de Feydeau avec nos pulsions et nos cruautés ordinaires. Et les personnages, exaspérés par leur impuissance à être dans ce maelström ingouvernable, deviennent des créatures vidées d'elles-mêmes aussi comiques que tragiques. Via les corps en folie, Feydeau réussit comme personne à joindre les styles. Un maître. Magistralement servi ici. Fabienne pascaud, Télérama

Décor Jean Haas assisté de Florence Evrard Lumières Pascal Sautelet assisté de Maëlle Payonne Musique et son Stéphanie Gibert Costumes Hanna Sjödin assistée de Camille Lamy Maquillages Cornélia Quehen Berger Mouvement Sophie Mayer Collaboration artistique Clément Poirée Direction technique Martine Belloc Habillage Emilie Lechevalier Avec Vladimir Ant Caroline Arrouas Pierre-Alain Chapuis Eddie Chignara Bernadette Le Saché Pierre Lefebvre Guillaume Marquet Luce Mouchel Alix Poisson Juliette Poissonnier Joe Sheridan en cours... Production ARRT/Philippe Adrien, compagnie subventionnée par le Ministère de la Culture et la Ville de Paris, avec la participation artistique du Jeune Théâtre National et le soutien de l'ADAMI en coréalisation avec le Théâtre de la Tempête.

Représentation en audio-description jeudi 31 mai à 19h, avec le soutien de la Caisse d'Epargne, de Tour(s) Plus, de la Mairie de Tours et l'association Accès Culture.


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Le cdr de Tours propose aux collèges, lycées, universités, grandes écoles et instituts de formation, en relation avec les créations et la programmation des spectacles présentés au Nouvel Olympia : des rencontres avec des auteurs, comédiens, metteurs en scène et scénographes ; une présentation des pièces, débats, approfondissement de la réflexion ; un travail pratique d’exploration du texte et du jeu. Chaque semaine ce sont des centaines d’élèves et d’étudiants de la ville de Tours, de l’Agglomération, de la Région qui pratiquent le théâtre. Le travail de sensibilisation au théâtre est quotidien.

LES OPTIONS THÉÂTRE - Lycée Grandmont : options de spécialité L3, secondes, premières, terminales. - Lycée Vaucanson : options de spécialité L3, premières et terminales. - Lycée Balzac : options facultatives, secondes, premières, terminales. - Lycée Marmoutier : options facultatives, premières et terminales.

L’UNIVERSITÉ FRANÇOISRABELAIS DE TOURS - Une présence permanente avec le Master professionnel de Culture et Médiation en Arts du spectacle : ateliers, cours théoriques, stages avec Gilles Bouillon, Bernard Pico et Karin Romer - Un atelier hebdomadaire ouvert à tous les étudiants - Deux ateliers théâtre en langue anglaise - Ateliers pour les étudiants de la filière Arts du Spectacle

ATELIERS ADOLESCENTS

Les mercredis au Nouvel Olympia - Un atelier animé par Alain Feret pour les adolescents de 15 à 18 ans qui présenteront un spectacle en mai 2012 (groupe constitué). - Deux ateliers animés par Elsa Adroguer en deux groupes d’âge (pour les 9-11 ans de 10h à 11h30 et pour les 12-14 ans de 13h30 à 15h), inscription première quinzaine de septembre au Nouvel Olympia

DES ATELIERS RÉGULIERS - Au lycée Rabelais de Chinon - Au lycée Claude de France de Romorantin-Lanthenay - Le cdr de Tours et le Conservatoire à rayonnement régional de Tours sont partenaires des classes à horaires aménagés théâtre (C.H.A.T.) du Collège La Bruyère à Tours pour la deuxième année.

Les intervenants : Karin Romer, Léa Toto, Juliette Mailhé, Elsa Adroguer, Hélène Stadnicki, Gilles Bouillon, André Féat, Bernard Pico, les comédiens du Jeune Théâtre en Région Centre, Alain Feret, Nathalie Holt, scénographe, et l’équipe technique du cdr de Tours Les partenaires institutionnels : Drac Centre, Conseil Régional du Centre, Conseil Général d’Indre-etLoire, Rectorat d’Orléans-Tours, Université François-Rabelais de Tours

ACTIONS ÉDUCATIVES 2011-2012 En collaboration avec le Service Éducatif de la Mairie de Tours, plusieurs actions sont menées en direction du jeune public (visite du théâtre, spectacle jeune public, ateliers, présentation des spectacles…) autour d’un thème qui sera cette saison Rien ne se perd, rien ne se crée, tout se transforme.

LYCÉENS ET THÉÂTRE CONTEMPORAIN Cette opération proposée par le Rectorat Orléans-Tours, la Drac Centre et la Région Centre permet à des enseignants des lycées (en priorité des LEP ou des lycées les plus éloignés) de bénéficier d’une formation à l’analyse de la représentation théâtrale, et d’accompagner une de leurs classes trois fois dans la saison au théâtre (gratuitement) pour découvrir des textes ou des formes du théâtre contemporain.

L’ÉCOLE DU SPECTATEUR Les relations avec le public scolaire font partie de la mission et du plaisir des intervenants du cdr de Tours : présentation des spectacles, ateliers ponctuels, visites du théâtre.

Renseignements

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L’ATELIER THÉÂTRE / ÉCRITURE Dès son origine, en 1996, l'atelier Théâtre / Ecriture initié par Gilles Bouillon et François Bon a pour objectif d'associer des artistes, auteurs, acteurs, metteurs en scène à la lutte contre l'exclusion sociale et / ou culturelle des publics dits difficiles en proposant d'ouvrir dans un quartier de la ville de Tours, le Sanitas, un espace dans lequel on écrit et on joue ce que l'on écrit. Débutée dans un quartier de la ville, la pratique des ateliers d'écriture et de théâtre a touché un nombre croissant de participants, de partenaires sociaux, d'équipes éducatives à Tours et dans l'agglomération tourangelle. Depuis 14 ans nous sommes intervenus et avons collaboré avec divers collèges, lycées, centres sociaux, associations, C.F.A., mais aussi des étudiants, des retraités, des abonnés du cdr de Tours, des personnes pour qui la pratique de l’écriture et de la lecture à voix haute a été une expérience essentielle. Depuis 6 ans, au Nouvel Olympia, un atelier est ouvert à tous. Cet atelier est devenu un véritable lieu de brassage de mots et voix, de corps et d’espaces dans lequel se côtoient des étudiants, des retraités, des usagers de l’association Louis Pergaud, des abonnés du cdr de Tours, des hommes et des femmes qui viennent écrire et lire leurs textes. Renseignements et inscriptions au

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Léa Toto, coordinatrice des ateliers

LECTURES 2011-2012

Un saut périlleux sans prendre d’élan Si nous sommes prêts à lire correctement, dit-il, ce qui veut dire lire avec patience, permettre au silence d’entourer notre lecture, alors nous apprendrons, non comme on apprend la table de multiplication par sept mais comme on apprend à faire le saut périlleux sans prendre d’élan... Gabriel Josipovici, Moo Pak

La littérature – présent destiné aux attentifs dit Paul Celan – relève d’un autre ordre de parole, s’affranchit du bruit de fond, des bavardages, de la saturation des images comme du langage usé à force de circuler, pour tendre patiemment vers le silence, dans un mouvement de saut périlleux sans élan, ce mouvement de Dépaysement (comme dans le beau titre du livre de Jean-Christophe Bailly) qui est celui d’une culture qui ne vaut que par la capacité de chacun à sortir de sa propre culture. Au bord du plateau où se joue pour nous la dimension sonore, rythmique, pneumatique, ludique, dramatique du langage, il est un ressourcement vital : celui d’entrer vocalement, physiquement dans les textes (j’aime la façon dont Valère Novarina lit à voix haute, en tendant vers le public, horizontalement, la page du livre, et sa voix ricoche au ras du texte, dans la matière du texte), faire entendre les voix singulières, dépaysantes de ces livres amis dont la ré-citation publique fait signe vers l’utopie d’une communauté vraie de langues, de lecteurs et d’auditeurs.

Cette saison donc, lectures dans la salle de répétitions du théâtre et dans d’autres lieux de la ville, ou d’ailleurs. Cette saison encore nous habiterons un temps les maisons d’écrivains du département d’Indre-et-Loire pour faire entendre d’autres voix que celles de Balzac, Ronsard ou Rabelais, leurs hôtes de jadis et de toujours. Mais au moment de mettre sous presse cette plaquette-programme, nous n’en sommes qu’à rêver de passerelles et d’appareillages, à choisir quelques itinéraires que nous vous proposerons précisément dès le mois de septembre. A très vite. Bernard Pico

Le programme détaillé des lectures vous sera communiqué en début de saison


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PASSERELLES Tracer des lignes, poursuivre des échanges, inventer des rencontres artistiques, confronter des pratiques. Partager des moments avec les partenaires de la Ville et de la Région, les offrir au public. Des aventures artistiques fortes se poursuivent avec les structures culturelles de Tours : le Centre Chorégraphique National de Tours, l’Opéra de Tours, des lectures en écho aux expositions ou aux collections du Musée des Beaux-Arts de Tours, des lectures publiques à la Bibliothèque Municipale de Tours, au Petit Faucheux, à L’École supérieure des beaux-arts de Tours. Une collaboration permanente avec l’Université François-Rabelais, avec la classe d’art dramatique du Conservatoire à rayonnement régional de Tours, avec Livre Passerelle, et la librairie le Livre, et aussi avec le Festival Rayons Frais, l’Académie Francis Poulenc, et la Cité des Musiques Anciennes et de la Création, en préfiguration de son ouverture.


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LA BOHÈME Giacomo Puccini (1858-1924) opéra en quatre actes Livret de Giuseppe Giacosa et Luigi illica, d'après Scénes de la Vie de Bohème de Henri Murger création le 1er février 1896 à Turin présenté italien, surtitré en français production décors, costumes et accessoires opéra de Tours

Direction musicale : Jean-Yves Ossonce Mise en scène : Gilles Bouillon Dramaturgie : Bernard Pico Décors : Nathalie Holt Costumes : Marc Anselmi Lumières : Michel Theuil

MACBETH Giuseppe Verdi (1813-1901) opéra en quatre actes Livret de Francesco maria piave et andrea maffei, d'après la tragédie de Shakespeare création le 14 mars 1847 à Florence présenté en italien, surtitré en français

Direction musicale : Jean-Yves Ossonce Mise en scène : Gilles Bouillon Dramaturgie : Bernard Pico Décors : Nathalie Holt Costumes : Marc Anselmi Lumières : Michel Theuil

AVRIL V 13 > 20h

Reprise d’une magnifique production créée en 2005, avec une distribution renouvelée, cette Bohème vous transportera dans le Paris cinématographique des années soixante, réaliste et poétique, sentimental et cruel. Opéra populaire dans ce qu’il a de meilleur, raffiné et sincère, La Bohème est toujours un grand moment de plaisir et d’émotion, accessible et chaleureux. Orchestre et voix s’y répondent avec une unique sensualité… A savourer, que ce soit la première ou la quarantième fois !!!

Mimi : Lianna Haroutounian Musetta : Caroline Bleau* Rodolfo : Leonardo Caimi* Marcello : Jean-Sébastien Bou Schaunard : Ronan Nédelec Colline : Roberto Tagliavini* Alcindoro : Jean-Marie Frémeau Benoit : Antoine Normand

Appuyé sur la pièce de Shakespeare, Macbeth reste aussi un sujet d’actualité, qui pose avec acuité le problème de la lutte pour un pouvoir qui fascine, et des moyens pour y parvenir. De magnifiques et terribles personnages s’y affrontent, au premier rang desquels « la Lady Macbeth » : personnage d’une intensité sauvage, animale et lubrique, incroyable concentré d’ambition, de volonté de puissance, de mépris pour ses semblables, de machiavélisme, et finalement de folie destructrice. Verdi, comme à chaque fois qu’il se mesure à Shakespeare et à un grand sujet, se hisse au plus haut : l’orchestre et les voix menacent, rugissent, feulent même, ricanent à l’unisson des sorcières, avec une rare puissance expressive.

Lady Macbeth : Jana Dolezilkova* Dame de Lady Macbeth : Julie Pastoureau* Macbeth : Marc Barrard Macduff : Luca Lombardo Banco : Jean Teitgen Malcolm : Christophe Berry

Cet opéra n’a pas été joué à Tours depuis janvier 1999. Saluons l’appui du Conseil Général d'Indre-et-Loire qui nous accompagne dans cette nouvelle production.

Orchestre Symphonique Région Centre - Tours Maîtrise de l’Opéra de Tours Chœurs de l’Opéra de Tours (direction Emmanuel Trenque)

Orchestre Symphonique Région Centre - Tours Chœurs de l’Opéra de Tours (direction Emmanuel Trenque) Nouvelle coproduction décors, costumes et accessoires Opéra de Tours - Conseil Général d’Indre-etLoire

S D 15 > 15h L M 17 > 20h

Conférence ACLT : samedi 24 mars 2012 à 14h30 – Salle Jean Vilar au Grand Théâtre de Tours intervenant : Roger Lévy

MAI V 11 > 20h S D 13 > 15h L M 15 > 20h

Conférence ACLT : samedi 5 mai 2012 à 14h30 Salle Jean Vilar au Grand Théâtre de Tours intervenant : Bernard Pico

*début à l’Opéra de Tours

Réservations Opéra de Tours 34 rue de la Scellerie - 37000 Tours

02 47 60 20 20

www.operadetours.fr


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ACADÉMIE FRANCIS POULENC

CENTRE CHORÉGRAPHIQUE NATIONAL DE TOURS Le cdr de Tours soutient le CCNT depuis l’ouverture du Nouvel Olympia. Au moment où nous éditons ce programme, le ou la futur(e) chorégraphe qui dirigera le CCNT n’est pas encore nommé(e). Bien entendu, nous continuons à partager le plateau du Nouvel Olympia pour une de ses créations et des spectacles invités. CCNT 47 rue du Sergent Leclerc 37000 Tours Renseignements

02 47 36 46 00 www.ccntours.com

CONSERVATOIRE à RAYONNEMENT RÉGIONAL DE TOURS Le Conservatoire à rayonnement régional de Tours dispose d’un département d’Art dramatique dirigé par Philippe Lebas assisté de Didier Girauldon. Les étudiants reçoivent des cours d’interprétation, de jeu clownesque et masque ainsi que des cours réguliers de chant et de danse. De nombreux stages permettent aux étudiants de travailler avec des artistes reconnus de la création théâtrale (Vincent Dissez, JeanMarie Villégier, Christine Joly, Jeanne Champagne), et de les mêler avec les autres disciplines enseignées au Conservatoire.

Francis Poulenc et les musiciens en Touraine Charles Bordes, Emmanuel Chabrier et Henri Dutilleux Le cursus se divise en 3 cycles pour la formation initiale qui aboutissent au CET (Certificat d'Etudes Théâtrales). Le Cycle d'Orientation Professionnelle délivre le DET (Diplôme d'Etudes Théâtrales). Il est l’occasion d’un partenariat permanent entre les Conservatoires de Tours et d’Orléans, les Centres Dramatiques de Tours et d'Orléans et d'échanges avec l'Université François-Rabelais. Le cdr de Tours est associé aux jurys des concours d'entrée et des examens de fin d'année délivrant le diplôme. Les spectacles de fin d’année du Conservatoire présents en juin au Nouvel Olympia, avec le soutien du Centre Dramatique Régional de Tours, offrent aux élèves l’occasion d’une rencontre avec le public de Tours. Depuis septembre 2010 une Classe à Horaires Aménagés Théâtre s'est ouverte en partenariat avec le Collège La Bruyère et le cdr de Tours pour les classes de 6e et en 2011 de 5e. Elle concernera à terme l'ensemble des niveaux du collège.

Contact Le Conservatoire à rayonnement régional de Tours 2 ter rue du Petit Pré 37000 Tours

02 47 60 29 29 CRR@ville-tours.fr

L’Académie Francis Poulenc d’interprétation de la mélodie 2011 continue d’explorer les sentiers riches en senteurs et en histoires du patrimoine de la mélodie française, en associant à Francis Poulenc trois compositeurs ayant eux aussi de près ou de loin une « histoire vécue » avec la Touraine. D’abord celui dont Poulenc assura une biographie-hommage vivante et colorée, publiée en 1961 à « La Palatine » à Genève : Emmanuel Chabrier (1841-1894), hôte de La Membrolle-surChoisille, au nord de Tours, où il passa plusieurs mois chaque année à partir de 1884. Poètes privilégiés : Edmond Rostand et sa femme, Rosemonde Gérard. Avec lui, un natif de la région de Vouvray, Charles Bordes (18631909), qui outre son travail monumental de réhabilitation du répertoire choral ancien religieux et profane, et sa qualité de fondateur avec Alexandre Guilmant et Vincent d’Indy de la Schola Cantorum, a écrit une trentaine de superbes mélodies, dont un nombre important sur les vers de Paul Verlaine. Enfin, et pour la deuxième fois en moins de cinq ans - nous avons avec lui fêté son quatre-vingt-


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UNIVERSITÉ FRANCOISRABELAIS Master Professionnel de Culture et Médiation des Arts du spectacle

dixième anniversaire -, le toujours jeune Henri Dutilleux, né en 1916 à Angers. C’est à Candes-SaintMartin au sud-ouest de Tours que son travail s’épanouit dans le calme et la sérénité. Il préside en outre le concours de composition de Saint-Pierre-desCorps. Ses mélodies, fort peu nombreuses (même pas une vingtaine), sont d’une hauteur de vue musicale et poétique sans égale, et restent inexplicablement encore peu fréquentées par les récitalistes. Le récital sera assuré par les stagiaires, dont les qualités professionnelles et artistiques garantissent un spectacledécouverte de haute tenue.

Lundi 22 août à 20h Réservations Académie Francis Poulenc

02 47 21 66 52

melodiefrancaise@orange.fr par courrier Académie Francis Poulenc Hôtel de Ville, 1 - 3 rue des Minimes 37926 Tours cedex 09 Sur place Le soir du concert à partir de 19h Tarifs Plein tarif : 20 €, adhérent et étudiant : 12 €, PCE 7€

Ouvert en 2006, le Master Professionnel Culture et Médiation des Arts du spectacle poursuit activement son partenariat avec le cdr de Tours. Karin Romer, Bernard Pico, Nathalie Holt y interviennent pour faire partager aux étudiants leur expérience et leur savoir en matière de programmation, d'analyse dramaturgique, de scénographie, d'animation d'ateliers de jeu et de mise en scène. Les étudiants sont amenés à travailler régulièrement sur les créations de Gilles Bouillon et les spectacles proposés par le cdr de Tours qui s'ouvre chaque année à certains d'entre eux pour leur permettre d'effectuer leur stage professionnel. L’année 2010-2011 a été riche en collaboration et en nouveautés : dans le cadre du colloque sur La critique dramatique et cinématographique aux XXe et XXIe siècles organisé par le Département des Arts du spectacle, trois critiques dramatiques professionnels, fondateurs du blog Au Poulailler, ont été invités à l’initiative de Bernard Pico pour intervenir auprès des L3 et des M1 du Master Culture et Médiation des Arts du spectacle, afin de leur faire partager et pratiquer la critique dramatique, à partir des spectacles du Nouvel Olympia. Parallèlement, Bernard Pico a assuré les répétitions et la mise en scène de la soirée publique

donnée salle Thélème, le 24 novembre 2010, où les mêmes étudiants présentaient des lectures de textes des grands critiques de théâtre du XXe siècle. Devant le succès rencontré, l’atelier de critique dramatique portant sur les spectacles créés ou programmés au Nouvel Olympia sera reconduit à la rentrée 2011. Les meilleurs articles seront, comme cette année, mis en ligne sur le blog du Poulailler. Cette collaboration continue et polyvalente rend familière aux étudiants chaque étape de la création des spectacles, dont les répétitions s’ouvrent régulièrement à eux, et assure au théâtre un public actif qui remet d’emblée en jeu les représentations auxquelles il assiste, notamment dans le cadre des séminaires universitaires. Marion Chénetier-Alev, directrice du Département Arts du spectacle. Renseignements Secrétariat de l’UFR de Lettres

02 47 36 65 94


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FESTIVAL RAYONS FRAIS Le cdr de Tours ouvre les portes du Nouvel Olympia au Festival "Rayons Frais, les arts et la ville" (festival gratuit pluridisciplinaire théâtre, danse, arts urbains, art contemporain, musique et cinéma - à Tours du 11 au 15 juillet 2012) Renseignements www.rayonsfrais.com festivalrayonsfrais@ville-tours.fr

dans le cadre de sa deuxième saison de préfiguration, la cimac - la cité des musiques anciennes et de la création - est accueillie une nouvelle fois au cdr de Tours. La cimac va être construite dans le quartier des deux Lions et proposera des concerts, spectacles et ateliers tout au long de l’année. La création contemporaine à travers la présence de compositeurs, danseurs, vidéastes, circassiens, metteurs en scène, y cotoiera les musiques anciennes avec la présence des quatre ensembles associés à la cimac : diabolus in musica, doulce mémoire, l’ensemble Jacques moderne et l’ensemble philidor. ce projet est mené à l’initiative de la région avec le concours de la drac centre, du Feder, de la Ville de Tours et de l’agglomération. Sylvie pébrier, directrice de l’association de préfiguration de la CIMAC, www.cimac.fr

02 47 21 62 62

AVRIL V 20 > 20h Durée 1h10 Tarif hors abonnement cdr de Tours Location

RENTRÉE CULTURELLE "à Tours tous les goûts sont dans la Culture" Depuis 3 ans, la Ville de Tours célèbre le lancement des saisons culturelles des équipements de la Ville, et la grande diversité artistique qui l'anime. Dans ce cadre, la Ville vous propose, en partenariat avec Culture O Centre, de vous retrouver autour d'une conférence / débat sur une thématique de la création artistique contemporaine. En accès libre, celle-ci se tiendra au Nouvel Olympia le mercredi 21 septembre 2011 à 18h. Renseignements Direction des Affaires Culturelles v.metais@ville-tours.fr

02 47 21 64 29

02 47 64 50 50

LA ROSA … musique martin matalon textes Jorge Luis Borges direction philippe nahon avec rodolfo da Souza comédien isabelle Soccoja, mezzo-soprano pascal contet, accordéon ars nova, ensemble instrumental pierre-Simon chevry, flûte eric Lamberger, clarinette philippe récard, basson Fabrice Bourgerie, trompette marie Saint-Bonnet, harpe isabelle cornelis et eve payeur, percussions isabelle Veyrier, violoncelle Tanguy menez, contrebasse Création visuelle marko eccheverria Mise en espace diana Teocharidis Lumières Jérôme deschamps Son christophe hauser Commande du Festival d’Ile-de-France, coproduction : la Muse en circuit et Grame, Centres nationaux de création musicale, TAP

à partir du mardi 3 janvier

A partir de fragments des écrits de Jorge Luis Borges sur le temps, les bibliothèques, la mémoire, les traces, Buenos Aires… le compositeur Martin Matalon tisse des correspondances poétiques avec la musique. La composition de la partition et la dramaturgie du spectacle sont guidées par des axes formels très présents chez Borges : la miniature et la question de la fin... des fins, qui deviennent la clé, le passage vers un autre fragment. Complétant la scénographie, les lumières et la mise en espace des musiciens, de la chanteuse et du comédien, les apparitions brèves de dessins en mouvement réalisés à la palette graphique puis capturés par Marko Echeverria, artiste chilien viendront ponctuer le discours musical et littéraire. né à Buenos aires, martin matalon étudie aux etats-unis avant de s’installer en France. il écrit des partitions pour les films Metropolis de Fritz Lang puis pour les trois films surréalistes de Luis Buñuel. auteur d’un vaste catalogue créé par de nombreux orchestres français et étrangers, il a initié en 1997 une série intitulée « trames » à la lisière du solo de concerto et de la musique de chambre et une autre « traces », sorte de « journal intime compositionnel » pour instruments solistes et électronique en temps réel. il est venu à Tours en 2009 à l'invitation de l'atelier musical de Touraine.


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Le lac s'est assombri Le lac est devenu fou Puisse ma barque tenir bon Sur cette rive se dressent nos falaises D'os Sur l'autre, nos rêves immortels Puisse ma barque tenir bon Extrait du recueil Ni sur la terre, ni au ciel Din Mehmeti, poète kosovar, mort assassinÊ


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ÉQUIPE PERMANENTE Gilles Bouillon directeur – Bernard Pico dramaturge – Giovanna Pace secrétaire générale – France Ferrand chef comptable – Fabienne Thuissard secrétaire de direction – Aurélie Sainquentin (congé parental) / Elena Grand aides comptables – Karin Romer directrice de la formation – Brigitte Cornière directrice des relations publiques – Olivier Jaeger responsable des relations publiques / Marie Pétry billetterie et relations publiques – Claire Tarou billetterie et relations publiques – Marie-Hélène Py-Moral accueil et billetterie – Marc-André Douché accueil public – Karine Nemy standardiste – Léa Toto ateliers théâtre écriture – Laurent Choquet régisseur général – AnneLaurence Badin assistante technique – Alexandre Hulak régisseur son – Nicolas Lafon régisseur lumière – Pierre-Alexandre Siméon régisseur plateau – Angélique Dutertre / Gildas Coucharrière entretien – Jean-François Cabart responsable du bar – le J.T.R.C., 6 comédiens et 1 technicien

AVEC LA COLLABORATION DE Nathalie Holt scénographe – Agathe Desombre graphiste – Michel Theuil lumières – Marc Anselmi costumes – François Bon écrivain – Albane Aubry assistante à la mise en scène – Alain Bruel musicien compositeur – Thierry Dalat plasticien – Christine Vollard costumière – Eva Gorszczyk maquilleuse – Odile Crétault – Marie-Catherine Hirigoyen / Marilyne Richard / Catherine Denully couturières – Virginie Colinet / Magalie Bouton / Linda Bocquel habilleuses – Emilie Cohuau / Delphine Guibert accessoiristes – Juliette Mailhé / André Féat / Elsa Adroguer / Hélène Stadnicki formation – Raphaëlle Jimenez / Nicolas Guellier / Florian Jourdon / Marc Leclaircie / Mathieu Villoteau / Serge Castelli / Stéphane Métais / Cyril Neveu / Gérald Bihoreau / Jérôme Léger / Franck Théret / Jean Robin / Laurent Dubernard / Albert Guédet / Stephane Bazoge / Simon Malmenaide / Emmanuelle Lamy / Aline Froux / Thibaud Trinquart / Antonin Bérenger / Simon Malmenaide / Jean-Yves Zanchetta /Jérôme Folacci / Stéphane Bellenger / Franck Mas / Mohamed Heriche techniciens, régisseurs, constructeurs – Yvan Petit documentariste – François Berthon / Nathalie Giraud photographes

photographies couverture (p1) : Olivier Holt autres : Kim Benbow (p 10), François Berthon (p 21), Louise Bouillon (p 5), Eric Chacra (p 5, 11, 12 , 14, 15, 22, 31, 35, 36, 38, 39, 40, 46, 47, 49), Félix Delépine (p 5), Alain Fonteray (p 41), Nathalie Giraud (p 20), Nathalie Holt (p 3, 4, 5, 7, 8, 9, 10, 12, 13, 15, 16, 18, 25, 26, 27, 28 ,30, 31, 32, 35, 39, 40, 42, 44, 46, 47, 49, 52), Olivier Holt (p 16), Raphaël Holt (p 11), Denise Oliver Fierro (p 43), Jean-Vincent Sénac (p 3, 13, 18, 19, 21, 22, 24, 25, 26, 30, 31, 33, 35, 36, 38, 47, 48, 49), D.R. (p 6, 25), photo de Marguerite Duras (p 36) : collection personnelle de Jean Mascolo iconographie : Nathalie Holt et Agathe Desombre conception graphique affiche saison et programmes : Agathe Desombre

NOUS REMERCIONS POUR LEUR SOUTIEN L’imprimerie Numeri’Scann 37 à Tours Grâce au soutien de la Caisse d’Epargne, le cdr de Tours s’est doté de casques permettant une amplification du son ou des séances d’audiodescription sur certains spectacles (sur demande à l’accueil du Nouvel Olympia).

Le Centre Dramatique Régional de Tours est subventionné par le Ministère de la Culture et de la Communication, le Conseil Régional du Centre, la Ville de Tours, Tour(s) Plus, et missionné par le Conseil Général d’Indre-et-Loire.


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pour l’écoute et le respect des comédiens et des spectateurs, l’accès des retardataires peut être refusé ou soumis aux conditions des compagnies invitées. Les téléphones portables doivent impérativement être éteints avant l’entrée en salle. Le placement en salle est garanti uniquement jusqu’au début du spectacle ; en cas de retard, une hôtesse vous placera au mieux afin de ne pas perturber la représentation en cours. Les photographies (avec ou sans flash), les enregistrements sonores ou vidéos sont strictement interdits. La consommation de nourriture ou de boissons n’est pas autorisée dans la salle. Le hall d'accueil et la salle de spectacle sont équipés pour l’accès des personnes handicapées. Grâce au soutien de la Caisse d’Epargne, le cdr de Tours s’est doté de casques permettant une amplification du son ou des séances d’audiodescription sur certains spectacles (sur demande à l’accueil du Nouvel Olympia). Le parking Nationale est ouvert jusqu'à 20h30 avec la possibilité de récupérer son véhicule à la fin du spectacle (accès rue de la Préfecture). Réservez en journée le forfait soirée au bureau d’accueil du parking. Tarif 3 € la soirée.

TARIFS

Des livres autour des spectacles sont en vente à la fin de chaque représentation dans le hall du théâtre.

SAISON 2011-2012

La billetterie du Nouvel Olympia est ouverte du lundi au vendredi de 12h à 18h, les soirs de spectacle et les samedis soirs de spectacle à partir de 17h.

Renseignements 02 47 64 50 50 (tapez 1)

TARIFS ABONNEMENTS Réductions les plus intéressantes Facilités de paiements Tarifs préférentiels Priorité de réservation Possibilité de changer de date et/ou de spectacle (jusqu’à 1 heure avant la représentation et dans la limite des places disponibles). Dans la dernière heure, le changement s’effectuera uniquement en cas de revente possible de la place. Tarif abonnement pour des spectacles supplémentaires choisis le jour de la prise d’abonnement Tarif réduit pour des spectacles supplémentaires choisis en cours d’année (17 €) aBonnemenTS

indiVidueL

Groupe*

auTreS aBonnemenTS

4 spectacles

60 €

52 €

jeunes

dont KIDS

au lieu de 80 €

au lieu de 80 €

soit le spectacle à 15 €

soit le spectacle à 13 €

7 spectacles

91 €

77 €

au lieu de 140 €

au lieu de 140 €

soit le spectacle à 13 €

soit le spectacle à 11 €

165 €

dont KIDS

135 €

au lieu de 300 €

au lieu de 300 €

soit le spectacle à 11 €

soit le spectacle à 9 €

tous les spectacles

176 €

144 €

au lieu de 320 €

au lieu de 320 €

soit le spectacle à 11 €

soit le spectacle à 9 €

dont KIDS

15 spectacles

de la saison sauf L’Inouîte

9 € par spectacle (Minimum 3 spectacles sur présentation d’un justificatif )

scolaires parents accompagnateurs demandeurs d’emploi non indemnisés

18 € pour 2 spectacles 34 € pour 2 spectacles 8 € par spectacle (Minimum 3 spectacles sur présentation d’un justificatif )

* minimum 10 personnes de plus de 25 ans (il n’est pas obligatoire de choisir des formules d'abonnement, des spectacles et des dates identiques)

Devenez « relais privilégié » du Centre Dramatique : Le relais assure la liaison et la diffusion des informations entre un groupe (minimum 10 personnes) et le cdr de Tours. A partir de 15 personnes (plus de 25 ans), le relais bénéficie d’une invitation pour le spectacle de son choix. A partir de 30 personnes (plus de 25 ans), le relais bénéficie d’un abonnement 7 spectacles offert.


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RÉSERVEZ VOS PLACES Au Nouvel Olympia / Théâtre Communautaire 7, rue de Lucé – 37000 Tours du lundi au vendredi de 12h à 18h

Par téléphone au 02 47 64 50 50 Les réservations par téléphone non confirmées par règlement au plus tard 48 heures avant le jour de la représentation seront remises à la vente.

Par correspondance au cdr de Tours service billetterie 7, rue de Lucé – 37000 Tours Toute réservation devra être accompagnée d’un chèque à l’ordre du CDRT et d’une enveloppe timbrée à votre adresse pour l’envoi des billets.

Par messagerie électronique à l'adresse suivante : billetterie@cdrtours.fr Les chèques CLARC, chèques Vacances et chèques Culture sont acceptés comme moyen de paiement.

TARIFS HORS ABONNEMENTS La location hors abonnement est ouverte à tous 3 semaines avant la première représentation du spectacle choisi (sauf pour Cyrano de Bergerac, ouverture de la location 4 semaines avant la première représentation). À compter du 3 janvier 2011, la location est ouverte pour tous les spectacles jusqu’à la fin de la saison. Pour le spectacle L’Inouîte, la location ouvrira dès le 18 juin 2011.

20 €

Plein Tarif

17 €

Abonnés cdr de Tours Adhérents CCNT Retraités de plus de 60 ans Familles nombreuses Parents accompagnateurs d’un groupe scolaire

15 €

Groupe (plus de 10 personnes)

12 €

Étudiant Moins de 18 ans Demandeurs d'emploi

10 €

Groupes scolaires (minimum 15 élèves) et 1 billet exonéré pour l'accompagnateur. Les réservations doivent être confirmées 15 jours avant la représentation et les billets retirés une semaine avant la représentation. Réservation : 1 mois avant la 1ère représentation du spectacle choisi.

9€

Demandeurs d'emploi non indemnisés

8€

Passeport Culturel Etudiant (1 spectacle au choix dans la saison) Professionnels du spectacle Etudiants de moins de 25 ans se présentant sans réservation, 10 minutes avant le début de la représentation, dans la limite des places disponibles Les tarifs réduits sont accordés sur présentation d’un justificatif.


OUVERTURE DES ABONNEMENTS SAMEDI 18 JUIN À 12H

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BULLETIN ABONNEMENT

SAISON 2011/2012

Afin de mieux vous connaître, merci de remplir un bulletin d’abonnement par personne, vous pouvez faire des copies ou le télécharger sur www.cdrtours.fr Mme ❍

Mlle ❍

M❍

❍ Nouvel abonné

Nom .......................................................................... Prénom .....................................................................

Adresse ..............................................................................................................................................................................

❍ -15 ans ❍ 36 - 45 ans ❍ 15 -18 ans ❍ 46 - 60 ans ❍ 19 -25 ans ❍ + 60 ans ❍ 26 -35 ans

Code postal............................................................... Ville ........................................................................... Tél dom .................................................................... Tél bureau.............................................

Tél portable ...............................................................

Adresse e.mail ..................................................................@.......................................................... Je souhaite m’inscrire à la lettre d’information du Nouvel Olympia adressée par mail

Merci de bien vouloir cocher les cases correspondant à vos choix

❍ Enseignant, matière : ........................................................................................................... ❍ Cadre / Profession libérale ❍ Employé ❍ Professionnel de la santé ❍ Ouvrier ❍ Sans activité professionnelle ❍ Retraité ❍ Commerçant / Artisan ❍ Profession artistique ❍ Demandeur d’emploi ❍ Profession agricole ❍ Technicien, contremaître, agent de maîtrise ❍ Autre, préciser ...................................................................................................................... Abonnement Individuel ❍ Abonnement Groupe ❍ Nom du relais et/ou du groupe ....................................................................................................

Abonnement Jeune

collégien ❍

lycéen ❍

étudiant ❍

Abonnement demandeur d’emploi non indemnisé ❍

Total : abonnement + spectacles supplémentaires = .................................€ Chèque à établir à l’ordre du CDRT. Merci de joindre une enveloppe timbrée à votre adresse pour l’envoi des billets. Facilités de paiement. Vous avez la possibilité de changer vos dates dans la limite des places disponibles en cours d’année, AVANT la date du spectacle. Bulletin à adresser au : cdr de Tours - Service location - 7, rue de Lucé - 37000 Tours ou par mail : billetterie@cdrtours.fr


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Merci de cocher les cases correspondant à votre choix, ainsi qu'une date de repli au cas où la représentation à la date choisie serait complète. Abonnement 4 spectacles : Kids + 3 spectacles Abonnement 7 spectacles : Kids + 6 spectacles Abonnement 15 spectacles : Kids + 14 spectacles Abonnement 16 spectacles : Tous les spectacles de la saison (sauf L’Inouîte) Formule jeune et abonnement demandeur d'emploi non indemnisé : 3 spectacles au choix (minimum)

nouvel olympia Tempête sous un crâne Mardi 27 septembre à 20h Mercredi 28 septembre à 20h Jeudi 29 septembre à 19h Vendredi 30 septembre à 20h L’Affaire de la rue de Lourcine Lundi 10 octobre à 20h Mardi 11 octobre à 20h Mercredi 12 octobre à 20h Jeudi 13 octobre à 19h Vendredi 14 octobre à 20h Kids Mardi 8 novembre à 20h Mercredi 9 novembre à 20h Jeudi 10 novembre à 19h Vendredi 11 novembre à 20h Samedi 12 novembre à 20h Lundi 14 novembre à 19h Mardi 15 novembre à 20h Mercredi 16 novembre à 20h Jeudi 17 novembre à 19h Vendredi 18 novembre à 20h Lundi 21 novembre à 19h Mardi 22 novembre à 20h Mercredi 23 novembre à 20h Jeudi 24 novembre à 19h Vendredi 25 novembre à 20h Suréna Mardi 6 décembre à 20h Mercredi 7 décembre à 20h Jeudi 8 décembre à 19h Vendredi 9 décembre à 20h Samedi 10 décembre à 20h Happy child Mardi 13 décembre à 20h Mercredi 14 décembre à 20h Jeudi 15 décembre à 19h Vendredi 16 décembre à 20h Cyrano de Bergerac Mardi 10 janvier à 20h Mercredi 11 janvier à 20h Jeudi 12 janvier à 19h Vendredi 13 janvier à 20h Samedi 14 janvier à 17h

Spectacle hors abonnement L’Inouîte Jeudi 22 mars à 19h

choix

repli

nouvel olympia Le Roman d’un trader Mardi 24 janvier à 20h Mercredi 25 janvier à 20h Jeudi 26 janvier à 19h Vendredi 27 janvier à 20h Enfance Mercredi 1er février à 20h Jeudi 2 février à 19h Vendredi 3 février à 20h L’Épreuve & Les Acteurs de bonne foi Mardi 14 février à 20h Mercredi 15 février à 20h Jeudi 16 février à 19h Vendredi 17 février à 20h Les Quatre jumelles Mardi 21 février à 20h Mercredi 22 février à 20h Jeudi 23 février à 19h Vendredi 24 février à 20h Samedi 25 février à 20h Lettre au père Lundi 12 mars à 20h Mardi 13 mars à 20h Mercredi 14 mars à 20h L’Eden cinéma Mardi 3 avril à 20h Mercredi 4 avril à 20h Guantanamo Mercredi 11 avril à 20h Jeudi 12 avril à 19h Woyzeck Mardi 17 avril à 20h Mercredi 18 avril à 20h La Comédie des erreurs Jeudi 10 mai à 19h Vendredi 11 mai à 20h Samedi 12 mai à 20h Lundi 14 mai à 20h Mardi 15 mai à 20h Le Dindon Mardi 29 mai à 20h Mercredi 30 mai à 20h Jeudi 31 mai à 19h Vendredi 1er juin à 20h Samedi 2 juin à 20h

Vendredi 23 mars à 19h

choix

repli


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TEMPÊTE SOUS UN CRÂNE

LETTRE AU PÈRE

D’APRèS HUGO / BELLORINI

KAFKA / RUF

du 27 au 30 septembre

du 12 au 14 mars

L’AFFAIRE DE LA RUE DE LOURCINE

L'INOUÎTE

LABICHE / SIMÉON

JOUANNEAU / ROUXEL

du 10 au 14 octobre

les 22 et 23 mars

KIDS

DURAS / CHAMPAGNE

MELQUIOT / BOUILLON du 8 au 25 novembre

L’EDEN CINÉMA les 3 et 4 avril

GUANTANAMO

SURÉNA

SMITH / VIGNER

CORNEILLE / JAQUES-WAJEMAN

les 11 et 12 avril

du 6 au 10 décembre

WOYZECK

HAPPY CHILD

BüCHNER / LAMACHèRE

BÉASSE

les 17 et 18 avril

du 13 au 16 décembre

LA COMÉDIE DES ERREURS

CYRANO

SHAKESPEARE / JEMMETT

ROSTAND / BOUILLON

du 10 au 15 mai

du 9 au 14 janvier

LE DINDON

LE ROMAN D’UN TRADER

FEYDEAU / ADRIEN

BAUER / BENOIN

du 29 mai au 2 juin

du 24 au 27 janvier

ENFANCE SARRAUTE / OUIMET du 1er au 3 février

L’ÉPREUVE & LES ACTEURS DE BONNE FOI MARIVAUX / ALEXIS / BOUVIER du 14 au 17 février

LES QUATRE JUMELLES COPI / RABEUX du 21 au 25 février

c d r d e To u r s direction Gilles Bouillon

Nouvel Olympia Théâtre communautaire 7 rue de Lucé - 37000 Tours tél : 02 47 64 50 50 fax : 02 47 20 17 26 e-mail : contact@cdrtours.fr

www.cdrtours.fr

Plaquette de saison 2011 2012  
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