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Ministerul Afacerilor Interne

Inspectoratul General pentru Imigrări

Direcţia Generală Afaceri Europene și Relații Internaționale

UNIUNEA EUROPEANĂ

Proiect finanţat de Uniunea Europeană

www. migrant.ro

Migrant en Roumanie

Opportunités de participation civique page 10

L’Afrique en fête... en Roumanie page 12

Une immigrante de succès page114

Migrant en Roumanie 2013


La revue Migrant en Roumanie est realisée par L’Institut Interculturel de Timisoara (coordonnateur) en partenariat avec la Ligue pour la Défense des Droits de l’Homme de Cluj, le Centre pour des Ressources Civiques de Constanta, et l‘Association ADIS de Bucarest Bd. 16 Decembrie 1989, nr. 8, 300173 Timișoara Tel. 0256 498 457, Fax. 0256 203 942 E-mail: iit@intercultural.ro Site: www.intercultural.ro

Cette revue est réalisée dans le cadre du projet « Migrant en Roumanie interculturelle » , Contrat no. ref. : IF/11.01-04.01, financé par l’Union Européenne dans le cadre du Programme General « Solidarité et gestion des flux migratoires », administré par l’Inspectorat General pour la Migration

La revue est disponible en ligne sur le site : www.migrant.ro Des copies imprimées peuvent être commandées à l’Institut Interculturel de Timisoara, www.intercultural.ro

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Migrant en Roumanie 2013

Comité de rédaction:

Oana Nestian Sandu, Calin Rus, Mbela Nzuzi, Oana Bajka, Romina Matei, Daniela Cervinschi La graphique : Catalina Ababei Contact : redactie@migrant.ro

La responsabilité pour le contenu des articles appartient à l’auteur. Il détient les droits d’auteur pour les articlés publiés. Vos contributions peuvent être envoyées à l’équipe éditoriale. Des détails sont disponibles à la page 19 et à www.migrant.ro


EDITORIAL

La Roumanie interculturelle Dans les années 1990, quand l’Institut Interculturel de Timisoara a commencé ses activités, la question de la migration ne se posait pas en Roumanie. À l’époque, toute discussion concernant la diversité culturelle et les relations interculturelles avait comme référence les minorités nationales de Roumanie. Le travail développé dans ce contexte a permis la mise au point d’une approche dans laquelle l’élément centrale a été l’équilibre entre les mesures visant l’affirmation des identités spécifiques et la mise en place d’un cadre d’échanges, de communication et de collaboration sur les principes de la citoyenneté démocratique. Ainsi, dans l’ensemble de nos activités, la dimension interculturelle est étroitement liée à la promotion de la participation démocratique et du respect des droits fondamentaux. C’est alors que nous avons commencé à parler de la promotion d’une société interculturelle en Roumanie. Ces mêmes principes sont maintenant au centre des activités que nous menons, notamment depuis 2009, dans le but de soutenir l’intégration des migrants en Roumanie, actuellement dans le cadre d’un partenariat avec des organisations de Cluj, Constanta et Bucarest, qui sont présentées dans les pages suivantes. La problématique de la migration a fait son chemin dans le discours public en Roumanie notamment dans la deuxième partie des années

2000. Des moments importants dans cette évolution ont été les premières réunions avec des représentants des migrants et le débat organisé par l’Institut Interculturel de Timisoara suite à la publication par la Commission européenne des« principes de base communs en matière de politique d‘intégration des migrants dans l‘UE », ainsi que des activités organisée en 2008 dans le contexte de l’année européenne du dialogue interculturel. Mais le plus important essor des activités visant l’intégration des migrants en Roumanie a commencé après 2009, après une période de fort développement économique qui a fait augmenter le nombre de migrants, tout en coïncidant avec l’adoption d’une série de politiques publiques dans ce domaine, mais aussi avec le lancement du Fonds européen pour l’intégration. Cette publication, supplément de la revue Migrant en Roumanie, publiée trimestriellement en roumain depuis 2009, se propose de donner au lecteur francophone un aperçu général sur la problématique de l’intégration des migrants en Roumanie. Ceux qui désirent en savoir plus sont invités à consulter la revue en roumain mais aussi le site www.migrant.ro, comprenant, entre autres, des informations en français sur des évènements et des activités menés en Roumanie et au niveau européen sur ce sujet.

Călin Rus

Directeur, Institut Interculturel de Timisoara

Migrant en Roumanie 2013

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PROJET

Le projet « Migrant en interculturelle » L‘Institut Interculturel de Timisoara, en partenariat avec La Ligue pour la Défense des Droits de l’Homme de Cluj, L’Association ADIS de Bucarest et Le Centre pour des Ressources Civiques de Constanta, met en œuvre à partir de août 2012, pour une période de trois ans, le projet Migrant en Roumanie interculturelle, financé par le Fonds européen d‘intégration des ressortissants de pays tiers, géré en Roumanie par l‘Inspectorat General pour l‘Immigration. Contexte Depuis 2009, l‘Institut Interculturel de Timisoara a coordonné en partenariat avec d’autres organisations non-gouvernementales des projets pour l’intégration des migrants. Dans le cadre de ces projets, un mécanisme de consultation aux niveaux local et national entre les immigrants, les autorités publiques et la société civile a été développé afin de faciliter l‘intégration des migrants en Roumanie. Par ces projets nous avons identifié une série de besoins des migrants, mais aussi des institutions locales et nationales : • La nécessité d’établir des relations positives et de diminuer la distance sociale entre les institutions et les migrants; • La nécessité de créer un cadre organisé, adapté culturellement, qui puisse permettre aux migrants de s’exprimer, de discuter de leurs problèmes et de leurs besoins en ce qui concerne leur relation avec les institutions ; • La nécessité d’obtenir des informations diverses sur les opportunités d’intégration, en utilisant des réseaux de communication variés ; • La nécessité d’un dialogue réel entre les migrants et la population locale ou les autorités locales ; • La nécessité de créer des

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Migrant en Roumanie 2013

opportunités pour la promotion des spécificités culturelles des communautés de migrants afin d’assurer la reconnaissance de leur présence et de leur contribution dans la société. Les objectifs et les activités principales envisagés pour répondre à ces besoins sont présentés ci-dessous. L‘objectif général de ce projet est de développer les mécanismes de consultation des citoyens non-européens initiés dans les projets antérieurs, d’améliorer la communication entre les autorités locales et les étrangers ayant un droit de résidence sur le territoire roumain et d‘assurer en même temps une implication de la société civile et une ouverture à un public plus large. Nous souhaitons assurer un dialogue ouvert entre les autorités, les immigrants et la société civile, pour contribuer au développement

d‘une atmosphère interculturelle destinée à faciliter l‘intégration et la cohésion sociale. Le projet se déroule dans les villes suivantes : Timisoara, Iasi, Constanta, Cluj-Napoca et Bucarest, qui comptent des groupes importants de citoyens non-européens ayant un droit de résidence en Roumanie. Ce projet contribue à la promotion de la cohésion et de l‘intégration, sur la base des principes d‘une démocratie participative inclusive et il vise à obtenir des résultats concrets par les moyens suivants : Le site Migrant en Roumanie www.migrant.ro fonctionne comme une plateforme de communication, d’information et de consultation. Sur ce site on peut trouver des actualités intéressantes pour les migrants, des informations concernant la situation des migrants en Roumanie, des


Roumanie Un réseau de médiateurs interculturels est constitué avec 22 personnes actives dans les villes du projet (Timisoara, Cluj-Napoca, Iasi, Constanta et Bucarest). Le rôle des médiateurs est de contribuer au développement de liens entre les membres de communautés des migrants, les autorités publiques et la société civile. Ils représentent « la voix » de leur communauté en assurant en même temps « la traduction » des informations et de la législation pour les membres de la communauté. Les médiateurs ont suivi un cours de formation au niveau national et vont participer chaque année à des formations conçues pour soutenir leur travail au niveau local et pour les aider à développer une collaboration efficace avec les institutions et la société civile.

informations importantes au niveau européen, ainsi que des événements organisés par et pour les migrants. Le site contient des informations sur toutes les activités du projet et un forum de discussions ouvert au public. La revue Migrant en Roumanie se propose à la fois d’informer le public général sur le phénomène de la migration, et d’offrir aux migrants des informations utiles pour encourager leurs efforts pour l’intégration. La revue est publiée trimestriellement en 8 000 exemplaires, étant disponible aussi en version numérique sur le site www.migrant.ro. Chaque publication est distribuée avec le supplément « Accent de Bessarabie ». Chaque année, une revue dans une langue étrangère ayant un intérêt pour les migrants est publiée. Avant cette revue en français nous avons publié une revue en arabe et une revue en anglais.

Des séminaires locaux de consultation avec les migrants sont organisés trimestriellement dans les cinq villes. Les thématiques des séminaires sont établies en consultation avec le groupe local d’initiative, pour répondre aux besoins et aux intérêts des migrants. Dans le cadre de ces séminaires, une communication ouverte des problèmes et des besoins des migrants est assurée, ainsi qu’un support pour leurs démarches d’intégration. Les migrants sont informés concernant leurs droits et leurs responsabilités sur le territoire de la Roumanie. Les rapports de ces séminaires sont disponibles sur le site : www.migrant.ro. Les aspects discutés dans le cadre des séminaires seront utilisés comme ressource pour une série des propositions de politiques publiques qui seront présentées aux autorités responsables. Chaque année une conférence nationale est organisée à Bucarest pour offrir un cadre de dialogue, d’échange d’expériences, de développement des idées et de propositions, d’identification

Oana Neștian Sandu Institut Interculturel de Timisoara

de solutions et de stratégies pour l’intégration des migrants en Roumanie. Les médiateurs interculturels de toutes les villes participantes, ainsi que les représentants de la société civile et des institutions locales et nationales participent à cet évènement. Les travaux de la conférence se déroulent dans le cadre de trois groupes de travail thématiques : (1) Administratif – Judiciaire ; (2) Education - Culture – Jeunesse ; (3) Social (marché du travail, santé, protection sociale). Ces groupes nationaux font une analyse des problèmes et des solutions identifiées au niveau local et proposent ensuite des solutions ou des initiatives visant à améliorer la situation. Pour assurer une présentation plus correcte de la réalité des migrants dans les médias et pour que les journalistes évitent de promouvoir des stéréotypes nous avons organisé un cours de formation en communication interculturelle et déconstruction des stéréotypes dans les médias. Les participants, 20 journalistes de différentes régions de la Roumanie ont la tâche, après avoir fini le cours, de publier au moins 4 articles sur les migrants, en respectant les principes appris au cours. Le groupe de journalistes est mis en contact avec le réseau de médiateurs interculturels. Toute contribution pour soutenir les activités pour l’intégration des migrants est bienvenue. Plusieurs informations et détails sont disponibles sur le site du projet : www.migrant.ro Migrant en Roumanie 2013

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ORGANISATIONS

Partenaires pour des migrants

L’Institut Interculturel de Timisoara (IIT) a été mis en

place en 1992, avec le soutien des autorités locales de Timisoara et du Conseil de l’Europe, comme structure non-gouvernementale, indépendante, visant à promouvoir dans la société roumaine, ainsi qu’au niveau régional et international, une approche interculturelle, notamment dans l’éducation, dans les politiques culturelles, au niveau de la société civile et dans les politiques publiques liées à la gestion de la diversité culturelle. L’IIT dispose actuellement d’un vaste réseau de partenaires au niveau national et international, comprenant des institutions, des ONG et des experts en éducation, culture, jeunesse, minorités et migrants. L’IIT collabore aussi avec plusieurs organisations internationales, comme le Conseil de l’Europe, l’UNESCO, l’Alliance des Civilisations et a une participation active dans les différents programmes financés par la Commission européenne dans ces domaines.

L’Institut Interculturel de Timisoara

• a mis en œuvre, au niveau local, régional, national et international, en tant que coordonnateur ou partenaire, de nombreux projets, en général centrées sur la dimension interculturelle, les droits de l’homme et la citoyenneté démocratique. • a publié, comme résultat des différents projets, plus de 30 volumes, en plusieurs langues, ainsi que la version roumaine de publications du Conseil de l’Europe.

La thématique des activités de l’IIT

Education interculturelle

L’IIT a été un des principaux promoteurs de l’introduction de l’éducation interculturelle dans les écoles de Roumanie. Dans ce contexte, nous avons développé et mis en œuvre des sessions de formation,

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Migrant en Roumanie 2013

des activités avec les enseignants, les élèves, les médiateurs scolaires et d’autres personnes actives dans la communauté scolaire et nous avons réalisé plusieurs publications. L’IIT a organisé aussi des cours de formation dans le domaine de l’éducation non-formelle sur cette thématique au niveau national et européen.

Education à la citoyenneté démocratique •

Par ses projets, l’IIT contribue à la promotion, dans le cadre des activités scolaires et extrascolaires, de méthodes innovatrices pour l’éducation à la citoyenneté démocratique et la facilitation des relations et dialogue interculturel entre la société civile et les autorités publiques. L’IIT a initié le Réseau d’Education pour une Société Démocratique et Interculturelle (RESDI).

Opportunités égales pour les Roms •

Cette thématique se trouve parmi nos activités prioritaires depuis 1996. L’IIT a développé plusieurs projets en collaboration avec des associations des Roms en Roumanie, dans le domaine de l’éducation, sur l’image des Roms dans les médias, pour soutenir le développement de la société civile rom pour développer les relations entre les autorités publiques et les communautés roms.

Dialogue interculturel entre les majoritaires, minoritaires et migrants Une meilleure connaissance des groupes culturels qui coexistent dans une société peut contribuer au développement des relations interculturelles réelles et durables et stimuler une participation civique efficace. Plusieurs projets de l’IIT ont eu comme partenaires différentes institutions et des associations des communautés minoritaires ethniques et religieuses de Roumanie, ainsi que des organisations des migrants, et ont

contribué à la sensibilisation des jeunes sur le racisme et la discrimination. Le projet Migrant en Roumanie interculturelle, décrit dans les pages antérieures, se situe dans ce contexte.

Planification stratégique pour le développement du domaine culturel

En 2002 l’IIT a coordonné l’élaboration de la première stratégie culturelle d’une autorité publique roumaine – Le Conseil Départemental Timis – sur la base d’une méthodologie participative. Cet exemple de bonne pratique a été disséminé dans le pays avec le soutien de la Délégation de la Commission Européenne en Roumanie et du Ministère de la Culture. Le Conseil Local et Départemental Arad, ainsi que le Conseil Local Oradea ont bénéficié de soutien de la part de l’IIT pour définir ou redéfinir leurs stratégies culturelles, élaborés avec la participation active des entités culturelles et basés sur les besoins réels de la communauté.

La promotion de la coopération transfrontalière et internationale •

Ces principes de l’approche interculturelle et de la citoyenneté démocratique ont été également intégrés dans des activités de coopération transfrontalière. Après les coopérations avec des partenaires de Hongrie, initiées en 1997, IIT est devenu en 1998 la première organisation de Roumanie qui a initié des partenariats avec organisations de la société civile en Serbie. En 1999-2002 l’IIT a été impliqué dans les activités du Pacte de Stabilité pour l’Europe de Sud-Est et à partir de 2003 a élaboré des projets en collaboration avec des partenaires de Bulgarie, Ukraine, la République de Moldavie et d’autres pays de l’Europe de Sud-Est. En 2012 IIT a commencé une série de partenariats avec des organisations de pays arabes, notamment en Libye. www.intercultural.ro


l’intégration

L‘Association pour la défense des droits et l‘intégration sociale (ADIS) est une organisation non

gouvernementale, à but non lucratif fondée en 2009. La mission d’ADIS est de promouvoir, protéger et soutenir les valeurs de la démocratie, les droits et libertés de l‘homme, l‘amélioration de la qualité de vie en termes de développement social, économique et culturel. Les activités principales sont centrées sur l’intégration des migrants. Nous avons développé des projets visant à informer, offrir de l’assistance sociale et juridique et consulter les migrants pour faciliter leur intégration dans la société roumaine. Nous avons réalisé des sessions d’orientation culturelle pour développer les connaissances des immigrés sur la société roumaine, des cours de langue roumaine, d’histoire et géographie de la Roumanie et d’éducation interculturelle. Nous sommes contents d’avoir contribué à l’intégration des migrants en Roumanie et nous allons continuer à adapter nos activités et développer des nouveaux projets pour répondre à leur besoins réels. www.asociatia-adis.ro

Le Centre pour des Ressources Civiques Constanta a été établi en

2006 pour soutenir, promouvoir et développer la conscience et l’initiative civique, l’esprit de la démocratie participative au niveau individuel, communautaire et régional. Les activités principales du Centre sont : • Citoyenneté active, volontariat et protection de l’environnement • Faciliter la communication être les autorités locale et les jeunes • Aide aux ressortissants de pays tiers et promotion du dialogue interculturel • Monitoring des processus électoraux Dans le domaine de migration, le Centre pour des Ressources Civiques est le facilitateur local pour des projets visant les communautés des migrants : « Migrant en Roumanie interculturelle » (coordonné par l’Institut Interculturel de Timisoara), « Réseau de Centres d’information et counseling pour les ressortissants de pays tiers » (coordonné par l’Organisation Internationale pour les Migrations). Le Centre pour des Ressources Civiques est aussi, à partir de 2009, le coordonnateur du groupe local d’action pour l’identification des besoins des communautés de migrants non-européens. www.resursecivice.ro

La Ligue pour la défense des droits de l’homme de Cluj est

membre de la Fédération internationale des ligues des droits de l’Homme (FIDH). Sa mission est de défendre et promouvoir les droits et les libertés fondamentales de l’homme et les principes de la démocratie. Les objectifs principaux de l’organisation sont : • Soutenir et responsabiliser les citoyens à exercer leurs droits et obligations en relation avec les institutions de l’État, ainsi qu’à respecter les principes démocratiques, à réparer les injustices, arrêter les abus et combattre la discrimination • Promouvoir les idéaux des droits et libertés fondamentales de l’homme par tous les moyens légales et faciliter l’accès aux informations Depuis quelques années LADO Cluj développe des projets pour l’intégration des migrants. Les activités principales dans ce domaine concernent le développement d’un mécanisme de consultation entre les migrants, la société civile et les autorités publiques au niveau locale, des cours de langue roumaine pour les migrants, aide et assistance, ainsi que la réalisation d’un festival annuel qui s’appelle « Migration et droits de l’homme ». www.ladocluj.ro

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ANALYSE

La migration en Roumanie

Isolement, émigration, immigration Après avoir été pendant les décennies de dictature communiste un pays isolé, d’où seulement les minoritaires Juifs et Allemands pouvaient sortir, sans retour, la Roumanie est devenue à partir des premières années du deuxième millénaire un pays d’émigration. Avec plus de 3 millions de citoyens roumains vivant et travaillant en dehors de leur pays, on ne devrait pas surprendre que « roumain » est devenu souvent synonyme pour « immigrant » dans les médias et les sociétés de plusieurs pays européens, notamment l’Italie, l’Espagne, l’Allemagne, la France et le Royaume-Uni. Par comparaison, le nombre de résidents étrangers en Roumanie, situé àenviron 100.000 personnes (moitié citoyens européens, moitié « ressortissants des pays tiers »), semble insignifiant. Dans cet article nous préférons ne pas parler de statistiques, et esquisserseulement un portrait schématique des différentes catégories de migrants, qui, sans doute, simplifie beaucoup la réalité mais donne quand même un aperçu

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d’ensemble de la situation actuelle. L’accueil des réfugiés Dès la période des années 1990 la Roumanie a commencé à participer aux efforts de la communauté internationale de répondre aux besoins urgents des réfugiés provenant de différentes zones de conflit. Dans ce sens, une législation a été adoptée, inspirée des pratiques européennes, et un système d’accueil a été mis en place, comprenant des institutions coopérant avec un ensemble d’ONG et appuyé fortement par le HautCommissariat des Nations Unies pour le Refugiés. Ainsi, des réfugiés des guerres en Yougoslavie, en Afghanistan, en Iraq, et, maintenant, en Syrie, se sont succédé dans les centres pour les réfugiés, à côté de réfugiés venant d’Afrique et d’Asie. Pourtant, la proportion de ceux qui ont choisi de demander asile en Roumanie, ont obtenu le statut de réfugiéet sont effectivement restés dans le pays est très réduit. Les citoyens européens Deux phénomènes ont essentiellement déterminé un nombre

significatif de citoyens des pays membres de l’Union Européenne à s’installer en Roumanie. Le premier est la vague de petits entrepreneurs, provenant en grande partie d’Italie, qui ont identifié des opportunités en Roumanie et ont ouvert des entreprises dans différents secteurs, incluant la production industrielle, le commerce, l’agriculture et les services. Le deuxième phénomène est lié à l’entrée de la Roumanie dans le monde globalisé et l’expansion des multinationales qui, tout en profitant des salaires très bas des roumains, font aussi venir des employés d’autres pays. Les entrepreneurs et les médecins arabes et iraniens Déjà pendant les années 1980 de nombreux jeunes du Proche et Moyen Orient sont venus en Roumanie pour des études universitaires, notamment en médecine. Beaucoup de ceux qui étaient étudiants en 1990 et de ceux qui sont venus pendant les années suivants ont choisi de s’installer en Roumanie, souvent ayant des époux Roumains. Si dans les premières générations


il était courant d’abandonner le métier pour lequel ils ont étudié et ouvrir des petites entreprises, la plupart avec activités commerciales, depuis une dizaine d’années on assiste à une augmentation significative du nombre de ceux qui utilisent leur diplôme et professent comme médecins. Ce phénomène est encouragé par l’émigration en masse des cadres médicales de Roumanie vers des pays de l’Europe de l’Ouest (notamment la France, le Royaume-Uni et l’Espagne) où leurs salaires sont jusqu’à dix fois supérieures aux salaires pratiqués dans ce secteur en Roumanie. À cela s’ajoute la venue de membres de familles ou de partenaires d’affaires du pays d’origine de ceux déjà installés en Roumanie.

Mbela Nzuzi

Organizația Les commerçants turcs et chinois Femeilor La proximité géographique, Refugiate les opportunités d’affaires et l’existenceîn România d’une importante minorité turque localisée dans le Sud-Est de la Roumanie (et qui bénéficie d’enseignement de la langue à l’école, ainsi que d’appui pour des activités culturelles et religieuses spécifiques) ont été parmi les facteurs qui ont favorisé la venue en Roumanie, particulièrement dans la région de Bucarest et à Constanta, d’un nombre significatif de petits entrepreneurs turcs. De même, comme partout en Europe, des communautés chinoises ont émergé dans les grandes villes de Roumanie, constituées de personnes travaillant notamment dans la restauration et le commerce. Près de Bucarest, de grands centres commerciaux ont été mis en place pour la distribution de produits importés de Chine. Les étudiants de la République de Moldova La Roumanie a, depuis une vingtaine d’années, un système de bourses d’études pour les jeunes roumains vivant au dehors de la Roumanie et qui désirent poursuivre leurs études en Roumanie. Cette politique a attiré chaque année des centaines de jeunes, la majeure partie provenant de la République de Moldova. Pendant les dernières années,aux étudiants boursiers, des jeunes qui payent pour leurs études dans les universités roumaines se sont ajoutés. Après la fin de leurs études beaucoup d’entre eux choisissent de

rester en Roumanie car les salaires et les conditions de vie surpassent ceux de la République de Moldova. Les étudiants d’Afrique et d’Asie Après une période de recul déterminé par le bouleversement des relations diplomatiques bilatérales avec certains pays et par les reformes du système éducatif roumain dans les années 1990, la Roumanie est redevenue intéressante pour les jeunes de différents pays d’Afrique et d’Asie désireux de faire des études universitaires reconnues au niveau international. Ainsi, plusieurs grandes universités roumaines, particulièrement celles formant des spécialistes en médecine, ont ouvert des filières d’études en anglais et en français et attirent chaque année des centaines d’étudiants de pays comme la Tunisie, l’Inde, la Malaisie, etc. Comme la durée des études en médecine est assez longue, ces jeunes deviennent de plus en plus intéressés par les opportunités qui leur facilitent l’intégration dans la société locale. Les travailleurs venus d’Orient Le boom économique de la période 2002-2008, corroboré avec l’exode des travailleurs roumains vers l’Espagne et d’autres pays européens plus développés, a obligé certains entrepreneurs actifs en Roumanie de faire appel à des travailleurs contractés d’habitude auprès des agences d’emploi de l’Extrême Orient. Ainsi, dans des entreprises localisées dans différentes régions de Roumanie, on a constaté l’apparition de groupes de travailleurs chinois, vietnamiens, etc. Leur nombre a diminué avec la crise qui a commencé en 2009 mais cette catégorie n’est pas complètement disparue. Les nouveaux citoyens roumains Au-delà des citoyens d’autres pays enregistrés comme résidents en Roumanie, il y a aussi deux catégories de personnes qui ont obtenu pendant ces dernières années la nationalité roumaine. La première catégorie, la plus nombreuse, est celles des citoyens de la République de Moldova qui, selon la loi, ont droit à une procédure spéciale de ré-obtention de la citoyenneté roumaine en tant qu’anciens citoyens ou descendants d’anciens citoyens dépourvus de la nationalité roumaine contre leur volonté. Effectivement, une

grande majorité de la population de la République de Moldova se trouve dans cette situation car eux, leurs parents, ou leurs grands-parents, sont devenus citoyens soviétiques suite à l’occupation en 1940 par l’Union Soviétique du territoire actuel de ce pays, alors appartenant à la Roumanie. Beaucoup de ceux qui obtiennent la nationalité roumaine selon cette procédure ne deviennent pas résidents en Roumanie mais continuent à vivre en République de Moldova ou bénéficient du passeport européen pour aller travailler dans différents pays de l’Union. La deuxième catégorie de nouveaux citoyens roumains est celle des migrants installés depuis longtemps et qui remplissent les critères demandés par la loi sur la citoyenneté. Leur nombre reste faible mais dans nos activités nous avons beaucoup apprécié leur contribution au développement des relations avec les membres de leurs communautés d’origine. Les organisations C’est seulement depuis quelques années que des structures associatives visant à représenter les intérêts des différentes catégories de migrants. Les plus nombreuses sont celles constitué sur le critère du pays d’origine mais il y a aussi certaines qui représentent une catégorie transnationale (les réfugiés, les Arabes, ou une appartenance religieuse). Plusieurs organisations actives se définissent aussi dans la dimension bilatérale et se focalise sur les relations entre une certaine catégorie de migrants et les roumains. Les étudiants de Bessarabie (c’est-à-dire ceux provenant de la République de Moldova) ont été parmi les premiers à s’organiser et à devenir actifs dans l’espace public. Par contre, certaines communautés, comme les chinois, sont moins visibles dans le milieu associatif.

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LEGISLATION

Opportunités civique Depuis une dizaine d’années, une séries de dispositions ont été inclues dans la législation roumaine, au but d’augmenter la responsabilité de l’administration publique vers le citoyen, en tant que bénéficiaire de la décision administrative, de stimuler la participation active des citoyens dans le processus de décision et d’élaboration des politiques publiques et

La loi sur l’accès libre aux informations d’intérêt public,

adoptée en 2001, garantie le droit de toute personne à accéder des informations sur l’activité des institutions publiques et établie une série d’obligations des institutions de communiquer certains informations. Comme la loi fait référence aux « personnes », tout le monde peut bénéficier de cette loi. Qu’ils soient citoyens roumains, citoyens de l’UE ou citoyens d’autres pays, les résidents en Roumanie peuvent obtenir des informations en adressant par écrit une demande qui fait référence à cette loi et les institutions ont l’obligation de répondre en maximum 10 jours ouvrables. Si la durée nécessaire pour identifier les informations sollicitées dépasse les 10 jours ouvrables, les informations seront communiques en 30 jours et les demandeurs seront informés en maximum 10 jours de cette situation. Il y a de plus en plus d’institutions qui acceptent des demandes faites par l’internet. Les informations d’intérêt public sont communiquées de façon gratuite.

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d’augmenter la transparence à tous les niveaux de l’administration publique. Deux lois envisagent directement ces aspects : la loi sur l’accès libre aux informations d’intérêt public et la loi sur la transparence des processus décisionnels. D’autres lois, comme la loi de l’administration publique locale ou la loi des jeunes mentionnent aussi

Vous avez le droit de solliciter et de recevoir sans frais des informations d’intérêt public de la part des autorités locales et nationales.

La loi sur la transparence des processus décisionnels, adopté en

2003 et modifié en 2010, établie les obligations des institutions publiques d’assurer la consultation avec les citoyens et les organisations nongouvernementales et de les impliquer dans le processus d’élaboration des politiques publiques.

Les citoyens et les organisations non-gouvernementales peuvent envoyer des propositions et opinions aux projets d’actes normatives. Les organisations non-gouvernementales ont le droit de solliciter l’organisation des débats publics.

les responsabilités des institutions publiques d’assurer que les citoyens sont informés et consultés. Les citoyens étrangers résidents en Roumanie et leurs organisations peuvent bénéficier des droits prévus dans ces lois et peuvent avoir une participation active à la vie publique.

Conformément à la loi, toutes les institutions publiques, locales ou centrales, ont l’obligation de soumettre à un débat public tout projet de législation (exceptant ceux qui nécessitent la protection des informations commerciales ou de sécurité nationale), au moins 30 jours avant qu’il soit débattu et adopté par les autorités en question. L’annonce doit être accompagnée par une note de justification, une exposition des motifs ou, le cas échéant, un référât d’approbation concernant la nécessité d’adopter la législation proposée, le texte complet du projet de loi, ainsi que le délai, le lieu et la manière dont les propositions, suggestions et opinions peuvent être transmises. L’annonce concernant l’élaboration d’un projet de législation touchant le domaine économique doit être transmis par l’initiateur aux associations d’entrepreneurs et aux autres associations concernées par les domaines d’activité respectifs.


de participation Les autorités ont l’obligation d’informer et consulter les associations des entrepreneurs en ce qui concerne les actes normatives dans leur domaine d’activité. L’autorité publique concernée est obligée d’organiser une réunion pour débattre le projet d’acte normatif si elle a reçu une demande dans ce sens d’une association ou d’une autre autorité publique. A l’initiative de l’Académie d’Advocacy, un groupe d’organisations non-gouvernementales, réunies dans « La coalition 52 » militent pour la modification de la loi sur la transparence décisionnelle [loi no 52]. A leur avis, la loi actuelle est inappropriée, car il y a plusieurs aspects qui y manquent : - Des sanctions directes et immédiates applicables aux dirigeants des autorités publiques si la loi n’est pas respectée (il y a plusieurs actes normatifs pour lesquelles le Parlement ou les Conseils locaux n’ont pas respecté les procédures, sans qu’ils soient sanctionnés) ; - Des délais raisonnables pour dialogue (la loi prévoit un délai de 10 jours, trop court pour des lois complexes pour que les organisations non-gouvernementales aient le temps pour formuler un point de vue documenté ou pour se consulter avec d’autres organisations afin de proposer un point de vue commun) ; - Des règles unitaires minimales pour dialogue (le fait que la manière d’organiser les débats publics n’est pas

précisée, fait que l’application de la loi est faite d’une manière superficielle, sans une implication réelle des citoyens et des organisations civiques. Pour remédier ces lacunes, La Coalition 52 demande la modification de la loi sur la transparence décisionnelle en proposant les amendements suivants : • Annuler les actes normatives adoptés sans respecter les procédures de consultation publique ; • Augmenter le délai pour la formulation de recommandations et suggestions à un projet d’acte normatif à 90 jours, période utilisée aussi par la Commission Européenne dans ses procédures de consultation publique ; • Adopter une annexe qui précise les règles minimales pour organiser les débats publics. Vous pouvez trouver plus des détails sur l’activité de La Coalition 52 et les consultations publics organisées par différentes institutions publiques sur les sites : www.coalitia52.ro et www.transparenta.ro.

Les organisations qui représentent les intérêts des citoyens étrangers résidents en Roumanie sont invitées à joindre cette démarche et à communiquer, auprès de institutions publiques ayant des responsabilités dans leur domaine d’activité, leur disponibilité de participer aux consultations publiques. Sur le site www.migrant.ro vous pouvez consulter La loi sur l’accès libre aux informations d’intérêt public (no. 544 / 2001) La loi sur la transparence des processus décisionnels (no. 52 / 2003, actualisée en 2010) Si vous avez des difficultés à bénéficier des dispositions de ces lois, nous vous invitons à présenter votre cas sur le forum www.migrant.ro/forum

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EVENEMENT

L’Afrique en fête... en Roumanie Le 25 Mai 2013, une manifestation a été organisée à Piatra Neamţ à l’occasion de la journée internationale de l’Afrique. Cette journée a été établie par l’Organisation des Nations Unies et est marquée par des activités culturelles et des conférences organisées à travers le monde. Les protagonistes de la manifestation ont été les membres du groupe musical Gloria : Mbela Nzuzi, Aime Lema, Nkie Mbote Bobo, Francois Lilaka, originaires de la République Démocratique de Congo (R.D.C.) et Isabelle Bonaré, originaire de la République Centrafricaine. La Journée Internationale de l’Afrique est célébrée en Romanie depuis 7 ans par l’Organisation des Femmes Réfugiées en Roumanie, fondée et dirigée par la journaliste Mbela Nzuzi, à travers des manifestations annuelles dans le but de promouvoir la culture africaine et de sensibiliser l’opinion publique sur la situation des réfugiés et des immigrés vivant en Roumanie. Les activités de Piatra Neamţ, soutenues par les autorités municipales et par le bureau à Bucarest du HautCommissariat des Nations Unies pour les Réfugiés (HCR), ont compris une

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conférence de presse, une exposition d’objets d’art et accessoires africains, un buffet composé de spécialités culinaires africaines, et un concert de musique et danse africaines offert par le groupe musical Gloria. Du matériel informatif concernant les activités du HCR et la situation des réfugiés établis en Roumanie, ainsi que la revue Migrant en Roumanie, ont été mis à la disposition des représentants de la presse et aux autres participants. La conférence de presse a permis la discussion de plusieurs sujets : - les problèmes auxquels se confrontent les réfugiés et les immigrés en Roumanie, la coopération avec les autorités locales et centrales la discrimination ; - la comparaison entre la situation des réfugiés et immigrés établis en Roumanie et ceux qui se trouvent dans d’autres pays membres de l’Union Européenne ; - les raisons pour lesquelles les réfugiés et les immigrés choisissent la Roumanie comme pays d’adoption et les efforts fournis par les organismes gouvernementales et non gouvernementales actives dans les programmes d’assistance aux réfugiés et immigrés en vue

d’améliorer leurs conditions de vie. Les représentants de la presse ont été impressionnés par l’expérience d’Aime Lema, réfugié originaire de la République Démocratique du Congo qui s’est converti à l’orthodoxie et a eu comme parrain et confesseur le Père Iustin Parvu, connu comme étant le plus grand confesseur et abbé au monastère Petru Voda. Une manifestation similaire a également été organisée à Iaşi par l’université Alexandru Ioan Cuza à travers le projet intitulé « Une journée en Afrique ». Les activités ont compris un débat axé sur des sujets politiques et économiques, la présentation d’expériences de citoyens de Iaşi qui ont visité l’Afrique et de ceux qui s’y sont impliqué dans des programmes sociaux, une exposition d’objets provenant de l’Afrique (vêtements, instruments musicaux, bijoux, thé africain et autres accessoires). La manifestation a été clôturée par un programme artistique offert par deux adolescentes roumaines qui ont chanté dans des dialectes africains du Kenya, un immigré originaire du Congo et le groupe de musique africaine Gloria dont la soliste est Mbela Nzuzi.


Rencontres en Roumanie En stage à l’Institut Interculturel de Timisoara pour quatre mois, j’ai trouvé une chambre dans une colocation. Quelle surprise de découvrir que mes colocataires sont un français (je suis également française), et deux polonais. Tous, travaillent ici depuis environ un an, dans des compagnies multinationales.

Vivre ensemble, cela nous permet d’échanger sur nos différents parcours, mais aussi cela nous interroge : « Est-ce que c’est cela être européen ? », « Est-ce que le mot « migrant » est pertinent quand on parle de migration au sein des Etat-membres ? ». Michal, 28 ans, polonais, diplômé de sociologie à l’Université de Science Humaine de Varsovie, en Pologne, nous parle un peu plus de lui.

Pourquoi as-tu choisi de venir en Roumanie, et plus particulièrement à Timisoara ? Lorsque j’étais étudiant, j’ai reçu une bourse et j’ai eu la chance d’étudier pendant un an en Roumanie, à ClujNapoca, et j’ai vraiment aimé cette année. J’ai décidé de revenir, pas seulement parce que j’avais de très bons souvenirs, mais surtout pour améliorer ma connaissance de la langue roumaine et pour avoir une expérience professionnelle dans un environnement international.

A ton avis, quel est l’attitude des Roumains vis-à-vis des étrangers ? Je pense que les Roumains sont accueillant, amicaux, vraiment ouvert d’esprit et toujours prêt à vous aider. La plupart des jeunes parle des langues étrangères à un très bon niveau, donc il est vraiment facile de faire des rencontres et de se sociabiliser quand tu es un étranger. Je n’ai jamais été discriminé, et je n’ai jamais vécu de situations désagréables par le fait que j’étais un étranger.

Qu’est-ce que cela veut dire pour toi « être migrant » ?

Je pense que, de nos jours, spécialement en Europe où les moyens

de transport nous permettent de voyager rapidement et pas trop cher, le mot « migrant » perd beaucoup de ses réelles significations. Je ne me considère pas moi-même comme un migrant, mais comme une personne, temporairement implantée dans un autre pays.

Que penses-tu des migrants européens en comparaison avec les migrants des autres continents ? A cause de la situation économique et du fait que la Roumanie est encore en développement, la plupart des étrangers, qui s’implantent ici, ont du travail, que ce soit en tant qu’employé de bureau ou comme ouvrier. C’est ce qui distingue les migrants en Roumanie, des migrants au RoyaumeUni, en Allemagne et en France, qui ont du mal à trouver du travail.

Quels sont tes projets pour le futur ? Je vais rester pour quelques temps en Roumanie, peut être que je vaischercher de nouvelles opportunités de travail à Bucarest. Je trouve cette ville vraiment intéressante. Et après, je vais probablement déménager dans un autre pays, ou rentrer en Pologne. Après cette discussion, j’ai réfléchi, il est vrai que comme le dit Michal, le terme « migrant » comme nous l’entendons communément, et bien souvent dans un sens assez négatif, n’est pas le plus approprié pour les européens qui peuvent voyager et travailler partout en Europe. Néanmoins, si pour lui, polonais, ou pour moi, française, la situation semble facile, il faut, tout de même souligner, que ce n’est pas la même chose, pour tous les européens. En effet, les roumains et les bulgares sont encore soumis aux mesures transitoires en France et en GrandeBretagne. Les mesures transitoires dans ces deux pays, ne laissent pas ouvert l’intégralité du marché de l’emploi aux citoyens roumains et bulgares. Seulement certains métiers sont accessibles pour ces citoyens européens. Ces mesures transitoires apparues lorsque ces deux pays sont devenus Etats membre en 2007,

Hélène Colnot Breune

prendront fin, en accord avec la décision de l’Union européenne au 31 décembre 2013. De même, la situation se trouve, bien plus compliquée encore, pour les migrants non-européens. Malgré une législation européenne et internationale, il existe de nombreuses difficultés et restrictionspour les migrants réguliers en Europe. En ce qui concerne l’accès au travail, ils se trouvent confrontés à des difficultés puisque pour accueillir dans son entreprise un migrant, l’employeur doit réaliser plus de démarches administratives ce qui peut le décourager à engager des migrants. De plus, les migrants réguliers hors-Europe connaissent une législation restrictive concernant le regroupement familial, qui est pourtant affirmé comme un droit dans la Convention internationale sur la protection des droits de tous les travailleurs migrants et des membres de leur famille des NationsUnies. Néanmoins, ce droit se trouve restreint par les différentes politiques nationales des Etats-membres. Alors que Michal, polonais, trouve facilement du travail en Roumanie, il semble bien que les frontières ne soient pas perçues de la même manière pour tout le monde en Europe. Cette discussion nous a permis d’envisager le fait que la migration a aujourd’hui plusieurs visages actuellement en Europe, certains sont plus souriant que d’autres. Migrant en Roumanie 2013

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ENTRETIEN

Une immigrante Entretien réalisé par SUKAINA HASHIM JASIM Médiatrice interculturelle

Elle est une femme très active et ambitieuse qui a travaillé dès son arrivée en Roumanie pour développer une association pour les femmes arabes et roumaines. La mission de l’Association ROWA est d’aider les femmes arabes à découvrir la vie culturelle et les traditions de Roumanie et de créer un cadre pour la découverte des valeurs du monde arabe et orientale pour tous et pour la promotion des échanges interculturelles.

D’abord, je vous prie de vous présenter. Je m’appelle Aicha Nhari Chemais, je sous citoyen marocain, directrice d’une compagnie d’importexport et ancienne présidente de l’Association Rowa (actuellement je suis membre dans cette organisation). Je suis mariée et j’ai deux enfants.

Racontez-nous quelques aspects que vous considérez importants pour le processus d’intégration en Roumanie. Quelles étaient les principales difficultés, mais aussi les aspects qui ont facilité votre intégration ? Je suis venue en Roumanie avec ma famille en 2000 et depuis j’habite à Bucarest. J’aime bien la façon de vivre en Roumanie, donc je n’ai pas eu des difficultés pour m’intégrer dans la société roumaine. Á mon avis, un des

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plus importants aspects qui ont facilité mon intégration est le fait que je sois une personne très active, sociable et membre dans plusieurs associations qui réalisent des activités dans le domaine social et éducationnel.

C’était difficile pour vous d’apprendre la langue roumaine ? Au début j’ai eu du mal, mais le fait que je parle très bien l’anglais m’a aidé à communiquer avec les gens et petit à petit j’ai dépassé les difficultés. Maintenant je parle roumain assez bien, mais je continue à étudier.

En tant que présidente de l’Association ROWA, quelles sont les plus importantes activités que vous avez réalisées ? Une des plus importantes activités c’est d’aider les maisons de retraite. Nous avons offert des équipements médicaux et autres choses qui peuvent améliorer la vie des personnes dans cette période de leur vie. Nous avons réalisé des activités culturelles avec les personnes âgées en les faisant découvrir différentes cultures et apprendre des informations sur différents pays. Nous avons offert des cadeaux aux enfants de l’hôpital Budimex pendant les fêtes pour les faire sourire un peu, ainsi que des aides aux personnes de différentes communautés. Nous organisons aussi des fêtes anniversaires, des célébrations, Eid al-Fitr, Eid al-Adha, l’anniversaire du Prophète Mohamed, la journée de l’enfant, les Pâques, le Noël, Saint Valentin, etc. Une fois par mois nous organisons une rencontre qui s’appelle « le café du matin », pour discuter des problèmes auxquelles se confrontent les femmes et trouver ensemble des solutions. Nous avons aussi participé aux différentes activités organisées par la Centre Culturel Arabe de Bucarest et nous avons financé

la traduction d’œuvres littéraires arabes en roumain, à titre d’exemple, Ghada Samman et un livre par Khalil Gibran. En collaboration avec l’association AFB nous avons offert de l’aide aux migrants de la prison de l’Aéroport Otopeni, du Centre pour demandeurs d’asile et réfugiés Vasile Stolnicul, ainsi que à ceux du Centre de réfugiés de Timisoara.

Comment auriez-vous décrire la communauté des femmes arabes à Bucarest ? Les femmes arabes sont actives et éduquées et jouent un rôle important dans la communauté. J’ai beaucoup d’amies à Bucarest qui travaillent dans le domaine médical et pharmaceutique, en éducation ou en business. Ces femmes doivent être soutenues et encouragées, car leur rôle actif dans le développement de la société est très important.

Est-ce que vous et votre famille vous sentez intégrés dans la société roumaine ? Nous ne nous sommes jamais sentis comme des étrangers en Roumanie. Les roumains sont aimables et hospitaliers, leur culture est une combinaison d’éléments occidentaux et orientaux. Nous avons beaucoup d’amis très proches, quelques-uns d’entre eux sont aussi nos partenaires d’affaires. Les activités que j’ai mentionnées avant ne seraient pas possible sans leur aide.

Pourriez-vous décrire quelques coutumes et traditions de votre pays d’origine, le Maroc ? Y a-t-il des similitudes avec la Roumanie ? Le Maroc est un pays pluriethnique, avec une culture très riche. Des gens de différents coins du monde se sont établis dans ce pays et ils ont eu un impact très grand sur le développement de la structure sociale


de succès

du Maroc en ce que concernent les croyances religieuses comme le Judaïsme, le Christianisme et l’Islam. La cuisine marocaine est considérée une des plus diverses du monde, grâce à l’interaction entre le Maroc et le monde extérieur. On trouve au Maroc beaucoup de traditions héritées des anciens et le mélange des civilisations a contribué à la richesse de la culture et à une spécificité fascinante pour les visiteurs.

Quels sont vos conseils pour les migrants en Roumaine et surtout pour les femmes arabes ? Je conseille les immigrants à respecter la législation du pays, à apprendre la langue roumaine pour que leur intégration dans la société roumaine soit plus facile, à gagner de l’expérience et apprendre

à connaître d’autres cultures. Pour les femmes, mon conseil est qu’elles soient courageuses et participent aux activités, qu’elles soient en contact permanent avec la communauté dans laquelle elles habitent.

Beaucoup d’entre eux oublient que leurs enfants sont nées dans ce pays et se sont intégrés dans la société. Mon conseil est qu’ils pensent bien à cet aspect avant de prendre une décision qu’ils vont peut-être regretter après.

Quelle est votre impression sur la communauté arabe en Roumanie ?

Quels sont vos plans pour l’avenir ?

La discussion sur la communauté arabe est une discussion très ample. La communauté arabe en Roumaine est assez grande et apporte des contributions importantes pour le développement de la société roumaine à plusieurs niveaux. Les plus importantes sont le niveau économique et le niveau culturel. Le seul aspect que je considère un peu négatif c’est le fait que la majeure partie d’entre eux pensent retourner dans leur pays d’origine, même s’ils se sont établis dans ce pays, même s’ils ont du succès dans leurs business.

Mon projet pour l’avenir est de construire un asile de retraite et de créer un poste de radio en arabe, pour communiquer avec les communautés arabes en Roumanie et les aider à mieux s’intégrer et à dépasser les obstacles auxquels elles se confrontent.

Je vous remercie pour le temps consacré et je vous souhaite bon courage en tous vos projets pour l’avenir.

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L’EUROPE

Le mandat pour promouvoir Le Traité de Lisbonne – entré en vigueur en 2009

Le Programme de Stockholm – entré en vigueur en 2009

Pour la première fois, le Traité offre une base juridique à la promotion de l‘intégration au niveau de l‘UE. L‘article 79.4 stipule que : „Le Parlement européen et le Conseil, statuant conformément à la procédure législative ordinaire, peuvent établir des mesures pour encourager et appuyer l‘action des États membres en vue de favoriser l‘intégration des ressortissants de pays tiers en séjour régulier sur leur territoire, à l‘exclusion de toute harmonisation des dispositions législatives et réglementaires des États membres”.

Le Conseil européen de Stockholm a adopté un programme ambitieux en matière d‘intégration. Il affirme que les politiques d‘intégration des „États membres“ devraient être soutenus par le développement des structures et des outils pour l‘échange de connaissances et de la coordination avec d‘autres domaines politiques pertinents, tels que l‘emploi, l‘éducation et l‘inclusion sociale“. En particulier, il invite la Commission à soutenir les efforts des États membres „à travers l‘élaboration d‘un mécanisme de coordination à l‘aide d‘un cadre de référence commun, ce qui devrait améliorer les

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structures et les outils d‘échange de connaissances européenne“. Il invite également la Commission à identifier les modules européens pour soutenir le processus d‘intégration et d‘élaborer des indicateurs de base pour le suivi des résultats des politiques d‘intégration.

Europe 2020, une stratégie pour la croissance adoptée en 2010 Europe 2020 est la stratégie de croissance de l‘Union européenne, articulé en une série de grands objectifs communautaires. Ces objectifsse composent d‘objectifs communs qui guident les actions des États membres et de l‘Union. Parmi ces 5 grands objectifs européens, 3 portent sur l‘intégration :


européen l’intégration • abaisser à 75% le taux de chômage des femmes et des hommes âgés de 20 à 64 ans par le biais d‘une participation accrue des jeunes, des travailleurs plus âgés et des travailleurs peu qualifiés, et par le biais d‘une meilleure intégration des immigrés en situation régulière ; • améliorer les niveaux d‘instruction en particulier, pour que le taux d‘abandon scolaire passe en dessous des 10% et pour que 40% au moins des jeunes âgés de 30 à 34 ans soient diplômés de l‘enseignement supérieur ou équivalent ; • favoriser l‘inclusion sociale, via la lutte contre la pauvreté, en sortant 20 millions de personnes de la précarité ou de l‘exclusion sociale ; Les lignes directrices intégrées Europe 2020 constituent le cadre de la stratégie Europe 2020 et des réformes au niveau des États membres. Le deuxième volet de ces lignes directrices, qui portent sur les politiques des États membres, aborde directement la question de l‘intégration des immigrés. • La ligne directrice 7 stipule que « les États membres devraient accroître la participation au marché du travail au moyen de mesures favorisant le vieillissement actif, l’égalité des sexes et l’égalité salariale, ainsi que l’insertion des jeunes, des personnes handicapées, des migrants en situation régulière et des autres groupes vulnérables dans le marché du travail ». • Elle précise en outre que « les États membres devraient également lever les obstacles à l’entrée de nouveaux arrivants sur le marché du travail ». • La ligne directrice 8 mentionne que « des politiques d’immigration et d’intégration ciblées », ainsi que la nécessité « de supprimer les obstacles à la mobilité professionnelle et géographique des travailleurs ». • La ligne directrice 9 insiste

sur le besoin «d‘une ouverture de l’enseignement supérieur aux apprenants non traditionnels » • La ligne directrice 10 réclame que des efforts soient faits en vue de garantir l’égalité des chances, et notamment l’accès aux services publics et à des services abordables, durables et de qualité, en particulier dans le domaine des soins de santé. Cette ligne directrice évoque spécifiquement les immigrés légaux et la nécessité pour les systèmes de prestations d‘être consacrés en priorité à la sécurité des revenus, pendant les périodes de transition, et à la lutte contre la pauvreté.

Les actions de l’UE pour que l’intégration fonctionne Principes de base communs – 2004 Les principes de base communs en matière de politique d‘intégration des migrants dans l‘UE ont été adoptés par le Conseil Justice et Affaires intérieures de novembre 2004 et constituent le fondement des initiatives communautaires en matière d‘intégration. • PBC 1 : « L‘intégration est un processus dynamique, à double sens, de compromis réciproque entre tous les immigrants et résidents des États membres ». • PBC 2 : « L‘intégration va de pair avec le respect des valeurs fondamentales de l‘Union européenne». • PBC 3 : « L‘emploi est un élément clé du processus d‘intégration, essentiel à la participation et à la contribution des immigrants dans la société d‘accueil et à la visibilité de cette contribution ». • PBC 4 : « Des connaissances de base sur la langue, l‘histoire et les institutions de la société d‘accueil sont indispensables à l‘intégration; permettre aux immigrants d‘acquérir ces connaissances est un gage de réussite de leur intégration ».

• PBC 5 : « Les efforts en matière d‘éducation sont essentiels pour préparer les immigrants, et particulièrement leurs descendants, à réussir et à être plus actifs dans la société ». • PBC 6 : « L‘accès des immigrants aux institutions et aux biens et services publics et privés, sur un pied d‘égalité avec les ressortissants nationaux et en l‘absence de toute discrimination, est une condition essentielle à une meilleure intégration ». • PBC 7 : « Un mécanisme d‘interaction fréquente entre les immigrants et les ressortissants des États membres est essentiel à l‘intégration. Le partage d‘enceintes de discussion, le dialogue interculturel, l‘éducation pour mieux connaître les immigrants et leurs cultures, ainsi que l‘amélioration des conditions de vie en milieu urbain renforcent les interactions entre immigrants et ressortissants des États membres ». • PBC 8 : « La pratique des différentes cultures et religions est garantie par la Charte des droits fondamentaux et doit être protégée, sous réserve qu‘elle ne heurte pas d‘autres droits européens inviolables ou ne soit pas contraire à la législation nationale ». • PBC 9 : « La participation des immigrants au processus démocratique et à la formulation des politiques et des mesures d‘intégration, en particulier au niveau local, favorise leur intégration ». • PBC 10 : « Le recentrage des politiques et mesures d‘intégration dans toutes les politiques pertinentes et à tous les niveaux de l‘administration et des services publics est un élément clé de la prise de décisions politiques et de leur mise en œuvre ». • PBC 11 : « L‘élaboration d‘objectifs, d‘indicateurs et de mécanismes d‘évaluation est nécessaire pour adapter les politiques, mesurer les progrès en matière Migrant en Roumanie 2013

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d‘intégration et améliorer l‘efficacité de l‘échange d‘informations ».

L‘agenda européen pour l‘intégration – 2011

En juillet 2011, la Commission a proposé un Agenda européen pour l‘intégration des ressortissants non UE mettant l‘accent sur le renforcement de la participation économique, sociale, culturelle et politique des migrants, ainsi que sur les actions locales en la matière. Ce nouvel Agenda met en lumière les défis que l‘UE doit relever, pour bénéficier pleinement du potentiel de l‘immigration et de la valeur ajoutée de la diversité. Cette proposition analyse également le rôle des pays d‘origine dans le processus d‘intégration. La Commission joint à cet Agenda une « boîte à outils » souple dans laquelle les autorités nationales pourront choisir les mesures qui, selon leurs contextes spécifiques, s‘avéreront les plus efficaces dans la réalisation de leurs objectifs d‘intégration.

Le Portail européen sur l‘intégration

Le Portail européen sur l‘intégration est un guichet d‘information unique pour les praticiens qui travaillent sur les questions d‘intégration, tant au sein d‘organisations gouvernementales que non-gouvernementales. Il offre en particulier : • Une collection de bonnes pratiques présentée de façon claire et comparable pour une extraction et une importation facile des données. • Une bibliothèque en ligne reprenant les documents clés (législation, documents politiques, comptes-rendus de conférences, etc.) • Des nouvelles actualisées chaque jour, ainsi que les événements à venir. • Des informations sur les possibilités de financements européens, nationaux et privés. • Des liens vers des centaines d‘acteurs de l‘intégration. • Des fiches d‘information par pays établissant le récapitulatif des politiques d‘intégration, ainsi que les dispositifs de gouvernance de chaque État membre. • Echange d‘informations et activités de réseautage entre les parties prenantes grâce à des répertoires et des outils interactifs. Le portail est le point de ralliement

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communautaire des différents acteurs de l‘intégration. De cette façon, il est l‘interlocuteur virtuel du Forum européen sur l‘intégration.

Le Forum européen sur l‘intégration

Le Forum européen sur l‘intégration offre aux organisations de la société civile la possibilité d‘exprimer leurs opinions sur les questions relatives à l‘intégration des migrants et du programme de l‘UE en matière d‘intégration. Le Forum compte environ 100 participants issus de tous les États membres de l‘UE et se réunit deux fois par an. C‘est la Commission, en collaboration avec le Comité économique et social européen, qui est à l‘origine de ce Forum européen sur l’intégration. Les principes communs de base servent comme point de référence pour le Forum.

Portail de l’UE sur l’immigration

En novembre 2011, la Commission a lancé le Portail de l’UE sur l’immigration. Les ressortissants étrangers désirant s‘installer dans un des pays de l‘Union européenne y trouveront toutes les informations pratiques pour ce faire. Les personnes déjà présentes sur le territoire de l‘UE pourront également y trouver des informations sur leur installation dans un autre pays de l‘UE.

Les manuels sur l‘intégration

Ce manuel a pour principal objectif d‘être le moteur des échanges d‘informations et de bonnes pratiques entre les acteurs de l‘intégration de tous les États membres de l‘UE. La première édition du manuel, en 2004, porte sur les stages d‘introduction destinés aux immigrants nouvellement arrivés et aux réfugiés reconnus et sur la participation civique, il reconnaît en outre les indicateurs relatifs à l‘intégration La deuxième édition, publiée en 2007, met en exergue l‘intégration et la gouvernance, le logement et la participation économique. La troisième édition de 2010 couvre les sujets suivants : le rôle des médias de masse dans l‘intégration, l‘importance de la sensibilisation et de l‘autonomisation des migrants, les plateformes de dialogue, la naturalisation et la citoyenneté

active, les jeunes immigrés, l‘éducation et le marché du travail.

Les modules européens d‘intégration

Les modules européens d‘intégration sont conçus de façon à devenir des cadres de référence fixes mais souples, capables de s‘adapter aux différents contextes des États membres, en vue de contribuer à la réussite des politiques et des pratiques d‘intégration en Europe. La Commission élabore actuellement des modules pilotes, dans le cadre d‘un dialogue avec les représentants des gouvernements des États membres et des organisations de la société civile. Des propositions de modules seront présentées dans les domaines suivants : 1) les stages d‘introduction et cours de langue ; 2) un engagement fort de la société d‘accueil ; 3) la participation active des immigrants dans tous les aspects de la vie sociale.

Fonds européen d‘intégration des ressortissants de pays tiers

• Fonds européens d‘intégration des ressortissants de pays tiers • PROGRESS – un programme de l‘UE visant à promouvoir la création d‘emplois plus nombreux et de meilleure qualité, ainsi qu‘une société plus juste et plus inclusive • Programme droits fondamentaux citoyenneté • Fonds social européen Des informations détaillés sur la législation européenne, les outils et les activités sont disponibles sur le site :www.integration.eu.


SOMMAIRE La Roumanie interculturelle . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 3 Le projet « Migrant en Roumanie interculturelle » . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .4 L’Institut Interculturel de Timisoara . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 6 La migration en Roumanie . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .8 Opportunités de participation civique . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 10 L’Afrique en fête... en Roumanie . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 12 Rencontres en Roumanie . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 13 Une immigrante de succès . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 14 Le mandat européen pour promouvoir l’intégration . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 16

Articles pour la revue Migrant en Roumanie Des propositions pour sujets et articles peuvent être envoyés à l’Institut Interculturel de Timisoara. Les sujets des articles doivent être pertinents pour l’intégration des ressortissants des pays tiers qui habitent en Roumanie. La longueur acceptée des articles est entre 3.000 et 10.000 caractères. Les articles peuvent être écrits en français, roumain, anglais ou espagnol. Nous acceptons

des textes concernant des expériences individuelles, des communautés, des organisations, des activités, des entretiens ou des histoires de vie, etc. La responsabilité pour le contenu des articles appartient à l’auteur. Il détient les droits d’auteur, mais il confie à l’Institut Interculturel de Timisoara la permission de publier ses textes dans la revue Migrant en Roumanie

et sur le site www.migrant.ro. Les articles doivent être envoyés sous format numérique (.rtf, .txt, .doc, .docx, .odt) à redactie@migrant.ro Le comité de rédaction informe les auteurs des textes qui seront publiés. Les auteurs peuvent recevoir aussi des invitations aux activités locales,

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 Cette revue est réalisée dans le cadre du projet « Migrant en Roumanie interculturelle » , Contrat no. ref. : IF/11.01-04.01, financée par le Programme General « Solidarité et gestion des flux migratoires », Fond européen d’intégration des ressortissants des pays tiers – Programme annuel 2011  Editeur: Institut Interculturel de Timisoara  Date de publication: Juin 2013  Contact: Institutul Intercultural Timisoara, str. 16 Decembrie 1989, nr. 8. Tel/fax.: 0040.256.498.457. E-mail: redactie@migrant.ro; web: www.migrant.ro  Le contenu de cette revue ne reflète pas nécessairement la position officielle de l’Union Européenne

Publication financée par l’Union Européenne, Fond européen pour Roumanie 2013des ressortissants des pays tiers, dans le cadre du projet 20 Migrant enl’intégration «Migrant en Roumanie interculturelle », coordonné par l’Institut Interculturel de Timisoara


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