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POSTSCRIPTUM04/13

Premier Mai 2013 Editorial 3 Le Premier Mai

Actualité nationale 2 La Suisse coupe l’herbe sous ses pieds! 4 Halte au manque de formation! 5 Révision de la LASI 6 Des scandales à venir

Actualité cantonale 8 Des réponses existent! 10 Les bons comptes font les bons amis

Eclairage 11 Une réalité indésirable 12 Agissons contre l’illetrisme!

Vous 15 Militantes et militants socialistes

n° 04 / 26 avril 2013 Parti socialiste genevois

Renforcement des droits et respect des salarié-e-s 11h Rassemblement à la Pierre de Plainpalais 15h Cortège (Bd James-Fazy, Place des 22-Cantons) 16h Arrivée du cortège (Place de Neuve) Stand PSG (Parc des Bastions) dès 17h Concerts / DJs


ACTUALITE NATIONALE Olga Baranova Conseillère municipale, Ville de Genève

La Suisse coupe l’herbe sous ses pieds! Naturalisation Le Conseil National a tranché. Désormais, la procédure de naturalisation sera soumise à des conditions supplémentaires: il s’agit, entre autres, de l’exigence du permis C et de la suppression de la naturalisation accelérée pour les jeunes de moins de vingt ans. Quid des conséquences? Des chiffres parlants En 2011, seul 1,7% de la population étrangère résidant à Genève a acquis la nationalité suisse. Un taux inférieur à la moyenne des dix années précédentes. Sur l’ensemble de la population genevoise, le taux de naturalisation représente 0,67% sur une année. Ce chiffre démontre une réalite claire: même dans un canton avec une très grande minorité «nonsuisse», nous sommes à des années-lumières du «rush» sur les passeports suisses que l’extrêmePostScriptum 04/2013

droite dénoncait à un moment sur ses affiches politiques. Mais regardons plus loin. 40% de la population genevoise potentiellement concernée La nationalité suisse n’est pas un droit (et ceci ne changera bien évidemment pas avec la modification de la loi votée par le CN), c’est un «privilège» accordé par l’Etat sur la base de conditions plus au moins objectives. Mais du côté des demandeurs, il s’agit souvent du seul moyen de rester, étudier, vivre en Suisse après de nombreuses

années de résidence. Les plus touché-e-s par cette loi seront les permis B, les ressortissante-s des pays non-AELE ainsi que les jeunes. Bref, les jeunes étrangers et étrangères qui étudient dans nos universités et nos hautes écoles, déjà frappé-e-s par les restrictions, financières et administratives, du permis B étudiant. Celles et ceux de ces forces vives que la Suisse va se priver si la modification de la loi passe la rampe du Conseil des États.

crirait dans une logique plus large, celle du repli identitaire? La Suisse s’est malheureusement souvent construite contre l’extérieur et non pas avec. Peu importe, les perdants sont toujours les mêmes, le peuple et les forces progressistes. Ces dernières vont se retrouver dans le même dilemme que face aux durcissement de la loi sur l’asile: les valeurs versus le manque d’envie de se prendre une défaite dans les dents.

Le jeu de la droite

Le jeu n’est pas encore fait mais le Conseil National vient de donner un signal alarmant. Cette affaire fait penser à Max Frisch, écrivain, cosmopolite et Suisse, qui disait peu de temps avant sa mort que la seule chose qui le liait encore à la Suisse était son «Reisepass». En vue du vote d’aujourd’hui, il se serait probablement tu, dégouté...

Quand la Constituante genevoise débattait l’éligibilité des étrangères et étrangers au niveau communal – une des nombreuses avancées manquées – le discours de la droite était clair: «Mais ils n’ont qu’à demander la natu!». La même droite vient de durcir l’accès à celle-ci au niveau fédéral. Paradoxe ou jeu tactique qui s’ins-

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EDITORIAL Romain de Sainte Marie Président du PSG

Le Premier Mai

Le Premier Mai, c’est un peu une grande réunion de famille. Le jour où les militant-e-s des partis de gauche, des syndicats et des associations se réunissent. Le moment où ils/elles célèbrent leurs valeurs communes. Une réunion d’hommes et de femmes revendiquant haut la défense des droits et des conditions de travail. Parce que ces droits et conditions de travail sont sans cesse remis en question à Genève et en Suisse, le Premier Mai demeure une journée de revendications pour les travailleuses et travailleurs. En effet, les écarts salariaux, toujours plus impor tants, sont le reflet d’injustices croissantes. Les récentes votations fédérales PostScriptum 04/2013

sur l’initiative Minder ont d’ailleurs démontré que lorsqu’enfin on donne au peuple le droit de s’exprimer sur le sujet, le souverain dit son dégout des disparités salariales: celles-ci sont utilisées afin d’accroître le capital d’actionnaires à l’insu de centaines de salarié-e-s. Le patronat, quant à l u i , e xe rc e u n e pression énorme sur les salarié-e-s exigeant toujours plus de production, toujours plus de «flexibilité», toujours plus d’abnégation, comme l’a démontré la récente loi pour l’ouverture des shops 24h/24h. Mais le Premier Mai, c’est aussi une grande journée de fête. Bières, saucisses, sardines, bref agapes politiques,

sont les ingrédients de sa réussite. Etant encore jeune, je n’ai pas vécu beaucoup de Premier Mai au parc des Bastions, mais je peux dire que je me rappelle avec émotion de tous ceux auxquels j’ai participé tant la ferveur politique de chacun et chacune était forte et le militantisme joyeusement vécu. Cette année encore, je me réjouis de vous retrouver pour perpétuer cette tradition, le coeur exalté et la rose au vent.

Merci de nous faire parvenir suffisamment à l’avance vos contributions. Prochain délai de réception des textes: jeudi 16 mai 2013, 12h, dernier délai Attention! Pour des questions de délai d’impression, les articles qui nous parviendront au-delà de cette échéance ne pourront plus être pris en compte et seront, le cas échéant, publiés dans le numéro suivant. Adresse pour l’envoi de vos articles: postscriptum@ps-ge.ch

Prochain numéro: Vendredi 24 mai 2013 Impressum Coordination: Marko Bandler et Delphine N’Diaye Conception et réalisation graphique: Delphine N’Diaye Illustrations: Tristan Pun Photos: Demir Sönmez Edition: Parti socialiste genevois

A tous et toutes, je souhaite d’ors et déjà un très beau Premier Mai!

Impression: Imprimerie Nationale Tirage: 1’250 exemplaires Pour les dons: CCP 12-171-3 tél: 022 338 20 70 fax: 022 338 20 72 e-mail: psg@ps-ge.ch internet: www.ps-ge.ch

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ACTUALITE NATIONALE Brice Touilloux Secrétaire de la Jeunesse socialiste genevoise

Halte au manque de formation! Médecins en Suisse D’après le Conseil Fédéral, la Suisse aurait besoin chaque année de 1’200 à 1’300 nouveaux médecins assistants (médecins sans diplôme de spécialités).

un manque de médecins dans l’immédiat et il a stoppé l’accroissement régulier de nos capacités de formation. Nos structures n’ont pas grandi avec le manque de médecins et il serait impossible à Alain Berset de former le nombre suffisant de médecins dès aujourd’hui. Pourtant la Suisse a formé en 2012 seulement 800 médecins assistants. A cause du vieillissement de la population, le besoin en médecins assistants augmente chaque année. Entre 2003 et 2008 le nombre de médecins assistants a augmenté de 16% en Suisse. Devant ce constat on aurait pu penser que la Confédération formerait plus de médecins. Et c’est tout le contraire qui s’est produit! Le nombre de médecins formé en Suisse entre 2000 et 2008 a diminué de 11%. Le numerus clausus avait été établi dans les années 90 pour trois des cinq universités, dans le but de contrôler le nombre de médecins formés, pensant que cela limiterait les coûts de la santé. Cette limitation de la formation a provoqué deux problèmes: PostScriptum 04/2013

Parallèlement au vieillissement de la population, les médecins hospitaliers ont obtenus officiellement des droits concernant le temps de travail: semaine de cinquante heures, maximum sept jours de travail sans jour de repos, maximum douze heures de travail continu sans pause. Aujourd’hui la majorité des hôpitaux ne respectent toujours pas ces mesures légales (les semaines restent de 70h avec parfois quatorze heures consécutives et treize jours de suite), cependant elles ont quand même augmenté le besoin de médecins car quelques hôpitaux les respectent. Cette politique de sous-formation, s’il existe vraiment une vision politique de ce problème, pourrait être expliquée par une vision simpliste d’économie: la

formation d’un médecin coute environ CHF 500’000.– chez nous. En «important» cinqcent médecins par an, nous économiserions 2,5 milliards de francs, mais aucune étude officielle n’a prouvé qu’au final, cela faisait des économies. Concrètement, en 2008, 41,5% des médecins assistants avaient un diplôme étranger et aujourd’hui nous serions vers les 50%. Quelle est la logique d’un pays qui ne forme que la moitié des médecins dont il a besoin? Pourquoi continuer à organiser une formation d’une grande qualité si c’est pour que notre population ait 50% de chance d’avoir un médecin formé ailleurs? L’impor tation de cinq-cent médecins par an pose aussi plusieurs autres problèmes. Tout d’abord, cela nie toute solidarité internationale entre les systèmes de santé. Nous volons aux autres pays cinqcent médecins formés difficilement par ces temps de crise économique mondiale. La Suisse est plus riche qu’elle ne l’a jamais été, mais nous volons les médecins que les pays européens (voire les pays en voie de développement) ont formés avec difficulté. Deuxièmement, le problème de la langue se fait parfois sentir. Il est déjà bien difficile en parlant la langue locale avec l’accent local de se comprendre. Il est aussi intéressant de voir que

la spécialité dont nous manquons tant, la médecine générale, est la moins représentée parmi toutes les spécialités exercées par les médecins avec un diplôme étranger. Elle est aussi moins choisie par les étrangers, comparés aux médecins ayant fait leurs études en Suisse. La vision de l’apport de médecins étrangers pour sauver notre médecine générale est peut-être fausse. Ceci est très regrettable, vu le nombre de candidat-e-s que nous avons en première année de médecine en Suisse. Cependant, sans aucun médecin étranger, notre pays serait en cruel manque de psychiatres, et c’est tout notre système de santé qui souffrirait. Se fermer aux médecins étrangers serait une grave erreur et une mauvaise compréhension du problème. Ce qu’il faut c’est arrêter de pomper les ressources médicales de nos pays voisins et former assez de médecins. Puis nos médecins s’échangeront suivant le manque de spécialités ou la nécessité de formation. Mais le retard accumulé sous le conseiller fédéral M. Couchepin est immense, qui a laissé un dossier compliqué et urgent à résoudre à Alain Berset. 4


Sandrine Salerno Conseillère administrative de la Ville de Genève, candidate au Conseil d’Etat

Révision de la LASI

Depuis son entrée en vigueur en 1981, la loi sur l’asile (LAsi) est en perpétuel chantier. Révisée comme aucune autre loi, modifiée et constamment retravaillée dans le sens de son durcissement, elle engendre un démantèlement progressif du droit d’asile dans notre pays et une criminalisation grandissante des requérant-e-s d’asile comme des réfugié-e-s. Les autorités fédérales, plutôt que d’évaluer les effets des révisions nouvellement introduites, adoptent chaque année de nouvelles mesures restrictives, encouragées dans leur élan par le déferlement continu d’initiatives, motions ou postulats parlementaires déposés par une droite helvétique toujours plus dure. Depuis de nombreuses années donc, la supposée tradition d’asile de la Suisse est mise à mal, foulée aux pieds. Une évolution scandaleuse en soi, mais qui l’est encore davantage lorsqu’elle a pour théâtre PostScriptum 04/2013

le pays dépositaire des Conventions de Genève. La révision en cours de la LAsi offre une nouvelle démonstration de cette dérive. Engagé depuis 2010 dans l’examen de ce nouveau projet, le Parlement a en effet décidé d’en extraire cinq mesures pour leur conférer un caractère «urgent». Adoptées le 28 septembre 2012 par l’Assemblée fédérale, ces mesures sont entrées en vigueur, sans autre formalité, le lendemain du vote, pour une durée de trois ans. Il s’agit pourtant de modifications législatives importantes, dont les conséquences sont graves pour les demandeur-euses d’asile. Chacune d’entre elles précipite en effet encore davantage la précarisation et la déshumanisation de ces hommes et de ces femmes en exil, déjà profondément meurtri-e-s.

Un référendum, lancé par les Jeunes Verts et plusieurs ONG, permettra au peuple de se prononcer sur ces mesures le 9 juin prochain. Dans le cadre de la procédure de consultation, la Ville de Genève s’est d’ores et déjà clairement positionnée contre les modifications d’ordonnance telles que proposées par le Département fédéral de justice et police. Elle s’oppose ainsi fermement au principe de procédures accélérées, qui ne permet plus aux demandeur-euse-s d’asile de faire valoir l’ensemble de leurs motifs de fuite, et relève le flou juridique inquiétant qui persiste autour de la nature des centres spécifiques. Genève, terre d’asile, qui a accueilli tout au long de son histoire des milliers de réfugié-e-s politiques, siège également du HautCommissariat des Nations Unies pour les réfugiés, reste donc fidèle à sa tradition et aux valeurs qui la constituent. C’est essentiel. Alors que notre législation est déjà parmi les plus restrictives d’Europe, alors

que l’on sait également que les durcissements successifs de la LAsi n’ont aucun impact sur le flot des demandes d’asile, les autorités suisses persistent dans une voie stérile et dangereuse. C’est dans cette logique que le Parlement a accepté en décembre 2012 un autre volet de la révision, entérinant notamment la fin de l’aide sociale pour les requérant-e-s débouté-es ayant reçu un ordre de départ. Aujourd’hui, face à la gravité de la situation, les forces politiques progressistes doivent réagir. Elles doivent se mobiliser vite, très vite même. En appelant évidemment la population à voter non le 9 juin prochain. Mais également en se repositionnant plus globalement sur la thématique de l’asile, dans un engagement ferme en faveur des droits fondamentaux de celles et ceux qui, persécuté-e-s, violentée-s, menacé-e-s, viennent chercher refuge dans notre pays. Ici, il y a véritablement urgence. 5


ACTUALITE NATIONALE Julien Dubouchet Candidat au Grand Conseil

Des scandales à venir

S’il n’est pas toujours facile de s’identifier et d’adhérer à l’action de notre Conseil fédéral, pas même de notre camarade Simonetta Sommaruga, il me semble qu’il nous faut saluer pour une fois le comportement de celui-là, par la voix de celle-ci. Je veux parler ici des excuses, que je crois sincères, de la Suisse quant aux pratiques, jusqu’au début des années 80, de détention administrative et de placement d’enfants, pratiques que l’on veut espérer d’un autre temps. Le récit de ces personnes, qui ont eu pour seul tort de ne pas être des bons suisses comme on les concevait alors, fait froid dans le dos: combien de mères célibataires, de prostituées, de vagabonds ont vu leur vie brisée, leurs enfants retirés? Lors d’une PostScriptum 04/2013

cérémonie à Berne, le 11 avril dernier, nos autorités ont donc demandé pardon aux centaines d’anciens enfants placés ou internés, présents ce jour-là, et annoncé le début d’un travail de reconnaissance et de réparation. Le coup d’envoi de ce processus de réhabilitation a été la formulation d’excuses, en 2010 et par la voix d’Evelyne Widmer-Schlumpf cette fois, à l’égard des victimes de détention administrative. S’en sont suivis, sous l’impulsion notamment de nos camarades Paul

Rechsteiner et Jacqueline Fehr, l’élaboration d’un projet de loi de réhabilitation, dont la procédure de consultation s’est achevée en février, la nomination, en décembre dernier, d’un délégué aux victimes de mesures de coercition à des fins d’assistance, et enfin la cérémonie du 11 avril. Contrairement à la mise au jour du rôle de la Suisse durant la seconde guerre mondiale, il y a eu dans ce cas une forme d’unanimité pour condamner sans ambiguïté un passé pour tant en partie plus récent. Cette manifestation de «repentance historique», au-delà du respect qu’elle doit nous inspirer, devrait surtout interpeller notre présent: que faisons-nous aujourd’hui en bonne conscience que l’on nous reprochera demain. Il y a déjà la dé-

tention administrative elle-même, qui continue de frapper les étrangers qui risquent jusqu’a 18 mois d’incarcération sans pour autant avoir commis le moindre délit. Il y a notre prison surpeuplée, qui fait survivre comme des bêtes des personnes en attente de leur jugement, alors qu’elles sont au bénéfice de la présomption d’innocence. Outre ces situations relativement bien connues, il en est deux autres qui me semblent mériter notre attention. Il y a d’une part les mesures d’internement, prévues par le code pénal, qui permettent dans les faits, de maintenir indéfiniment quelqu’un en prison, faute notamment d’établissements adaptés pour poursuivre le but thérapeutique de l’internement. Il y a d’autre part la possibilité, en psy 6


chiatrie, d’administrer un traitement contre la volonté du patient, alors même que le rapporteur de l’ONU pour le Conseil des droits humains vient de rappeler que le traitement forcé doit être assimilé à de la torture, donc banni absolument. On objectera dans ces cas que l’on agit-là pour le bien des personnes concernées, a défaut parce qu’elles représentent un risque pour la société. Ce serait oublier que l’on ne retirait pas les enfants à leurs mères célibataires par pur sadisme, mais bien parce que l’on voyait PostScriptum 04/2013

en leur comportement une atteinte à l’ordre public et a la moralité. Il faut donc se méfier de ces politiques «sécuritaires bienveillantes», car pour protéger Paul elles punissent Pierre, et ce tiers qu’elles cherchent à exclure pourraient être Paul demain. A ce titre il est significatif de constater comment cer taines violences sexuelles, et notamment la pédophilie, sont entrées au panthéon des comportements intolérables, alors qu’elles étaient hier hypocritement ignorées au nom de valeurs supérieures,

comme l’église et la famille – nombre de témoignages de ces enfants placés font état de traitements dégradants et notamment d’abus sexuels. On m’objectera probablement que le progrès de nos sociétés rend inéluctable ce genre de décalages - Jules Ferry ne justifiaitil pas la colonisation? Peut-être. Mais avec l’introduction récente de l’internement à vie des délinquants dangereux, ou plus largement les lois d’exception liées a la lutte anti-terroriste, on n’est plus très sur de suivre une trajectoire linéaire en

matière de progrès civilisationnel. Au-delà de la prudence qui devrait donc nous animer politiquement, pour s’épargner les scandales de demain, il faut surtout réinvestir la conception que nos maux sont essentiellement les produits de nos sociétés, et qu’il est par conséquent de notre devoir d’en assumer la responsabilité collective. Ce qui revient à assumer la part irréductible de risques, inhérent à la vie en société, ainsi que les efforts à consentir pour réduire ces risques sans pour autant anéantir celles et ceux qui en sont temporairement les vecteurs. Le rejet hors du social, par la mort, par l’enfermement, par l’exclusion socio-économique, ne peut que servir les intérêts d’une société à terme totalitaire. 7


ACTUALITE CANTONALE Thierry Appothéloz Conseiller administratif de la Ville de Vernier, candidat au Conseil d’Etat

Des réponses existent! Explosion du nombre de jeunes à l’aide sociale à Genève

Le 28 mars dernier, le Courrier faisait état de l’inquiétante explosion du nombre de jeunes bénéficiant de l’assistance publique. Ils étaient en effet près de 2’000 en 2012, contre 1’600 l’année précédente. Conséquence directe de la nouvelle loi sur l’assurance-chômage – qui pénalise directement les jeunes – cette situation plus que préoccupante n’est pourtant pas une fatalité. Des solutions existent pour sortir notre jeunesse de la précarité. Encore faut-il s’en donner les moyens. Les bonnes intentions de l’Hospice général L’Hospice général, qui a la charge de venir en aide à ces jeunes, a fait rapidement face en renforçant son équipe PostScriptum 04/2013

d’éducateurs spécialisés et en revoyant le fonctionnement d’ «InforJeunes», l’organisme spécialisé dans l’intervention et l’accompagnement social des jeunes adultes. Si la volonté de bien faire est à saluer, les ef for ts consentis à Genève sont encore loin d’être suffisants. Le dispositif devrait être renforcé plus encore pour améliorer le suivi. Cependant, renforcer le dispositif d’insertion. En effet, on s’attaque d’abord aux effets. Pour régler le problème de la précarisation des jeunes, il faut avant tout s’attaquer aux causes de celle-ci. Plusieurs solutions existent, dont le

coût sera toujours, au final, inférieur à ce que coûte un jeune à l’aide sociale. Pour une approche globale de la précarité des jeunes La question de la précarisation des jeunes est avant tout une question liée à l’insertion professionnelle, et à la qualification. Nombre de places d’apprentissage insuffisantes et/ou inadaptées, marché du travail toujours plus tendu et concurrentiel pour un premier emploi, déficit du dispositif d’accompagnement et d’orientation. Après l’école obligatoire, à quinze ans, les jeunes sont pour ainsi dire souvent désorientés et parfois livrés eux-mêmes, dans le complexe système de formation scolaire ou professionnel proposé par notre société.

Dès lors, les ruptures de parcours prennent des dimensions dramatiques: un jeune qui quitte l’école ou une formation en cours a peu de chances de rattraper le train en marche si on ne lui offre pas l’encadrement nécessaire pour l’aider et le motiver au mieux. En ceci, le dispositif «EQIP» mis récemment en place par le canton, et qui vise à une centralisation des données sur la jeunesse en rupture, est une excellente chose, mais il faut voir plus loin: l’ensemble des structures spécialisées dans l’insertion des jeunes doivent aujourd’hui impérativement travailler de concer t. Seule une prise en charge coordonnée des jeunes en rupture peut nous permettre aujourd’hui d’arriver à des résultats probants. 8


Mais cela ne règlera pas le problème. Il faut aussi que les pouvoirs publics se montrent plus volontaristes et promeuvent activement les places d’apprentissage, que ce soit dans le secteur public ou le secteur privé. Le Par ti socialiste genevois a d’ailleurs lancé une initiative sur ce sujet, laquelle a été acceptée dans plusieurs communes genevoises. La ville d’Onex a mis en œuvre un programme financier pro-actif. Le Conseil municipal de la ville de Genève l’a accepté telle quelle en septembre dernier. Mais là non plus, cela ne suffit pas. Il s’agit aujourd’hui pour notre canton de mettre en œuvre un réel partenariat économique avec les entreprises de notre canton: favoriser les contacts avec ces entreprises, PostScriptum 04/2013

notamment les PME – qui constituent 90% de notre tissu économique – leur apporter aide et soutien dans le recrutement et le suivi des jeunes, voilà une solution qui porte ses fruits. A Vernier, le partenariat que nous avons instauré avec IKEA récemment – par un recrutement conjoint de nouveaux apprentis par le biais des ser vices communaux – montre, si besoin est, le potentiel énorme que ce type de démarche peut avoir sur l’inser tion des jeunes. Depuis, d’autres entreprises sises à Vernier s’intéressent à conclure de telles collaborations. Des pistes à explorer, avec une vraie volonté politique Il s’agit-là, bien sûr, de quelques pistes parmi d’autres. Elles ne sont,

de loin, pas les seules. Mais elles font toutes appel à empoigner le problème de la précarisation des jeunes par une prise en compte globale de ses causes. Pour cela, il faut véritablement mettre en place aujourd’hui une politique de formation cohérente et coordonnée, permettant aux jeunes de s’y retrouver, de bénéficier d’opportunités de formation concrètes et de pouvoir commencer leur vie d’adultes dans des conditions saines et dignes. Certes, la nouvelle Constitution genevoise prévoit la formation obligatoire jusqu’à dix-huit ans. Mais sans mesures d’accompagnement concrètes, sans un encadrement adéquat et motivant, il est fort à parier que cela restera un vœu pieu.

Il est temps de miser sur notre jeunesse. Elle est notre avenir et a aujourd’hui, plus que jamais, besoin que les politiques trouvent des solutions à ses problèmes d’insertion professionnelle. A Vernier, c’est ce que nous avons fait. En matière de suivi, d’accompagnement et d’insertion professionnelle, notre commune est souvent citée en exemple dans la qualité des prestations fournies à la jeunesse. Celles et ceux qui connaissent mon parcours le savent bien: la jeunesse sera l’une de mes priorités si je suis élu au Conseil d’Etat.

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ACTUALITE CANTONALE Roger Deneys Député, chef de groupe socialiste, candidat au Conseil d’Etat

Les bons comptes font les bons amis Les autres... font les mauvais budgets. Comptes 2012 et budget 2013 Alors que le Grand conseil entamera ce jeudi 25 avril, après un mois de pause, le troisième débat sur le budget 2013, un événement supplémentaire est venu troubler l’ordre bien relatif du processus budgétaire : la présentation par le Conseil d’Etat du compte 2012 de l’Etat de Genève. Si le résultat de fonctionnement 2012 est, sans surprise, déficitaire (-460 millions) en raison de la provision de 763 millions qui a été constituée dans les comptes 2012 pour faire face à la fusion, finalement validée par le peuple le 3 mars dernier, des caisses de pension publiques CIA et CEH, force est cependant de constater que, sans cet élément exceptionnel, les comptes auraient été positifs de + 303 millions de francs, soit plus de 650 millions de francs d’écart avec le budget 2012 voté au Grand Conseil (- 350 millions de déficit) ! L’ampleur de cet écart est telle, se rapprochant du 10% du budget de l’Etat qu’on peut légitimement s’interroger sur la pertinence de l’exercice: à quoi et à qui cela a-t-il servi de faire craindre le pire à la popuPostScriptum 04/2013

lation genevoise? Essentiellement à légitimer des coupes supplémentaires de la droite au nom d’une soi-disant rigueur indispensable! Mais quelle farce honteuse! Des baisses de subvention, le gel de l’annuité salariale des collaboratrices et collaborateurs de la fonction publique avaient été proposés et votés par la droite PLR-PDC-UDC et MCG lors de l’exercice budgétaire 2012. Même si le principe de prudence est de rigueur et que le Conseil d’Etat ne dispose pas d’une boule de cristal susceptible d’éclairer par avance l’amplitude de l’écart entre le budget et les comptes, le malaise est profond pour les Socialistes .: la population genevoise voit ses prestations publiques se réduire en qualité et en quantité, s’appauvrir, et les propositions de démantèlement s’accentuer au prétexte de déficits « insupportables » mais pourtant inexistants au moment des comptes! Et le Conseil d’Etat accentue encore le malaise quand il explique, diapositive 45 de sa présentation résumée des comptes 2012 que:

«[…], le canton ne devra pas se contenter de viser le retour à l’équilibre, mais se donner les moyens de dégager des excédents de fonctionnement au cours des exercices ultérieurs.» «la poursuite d’une gestion prudente des dépenses de fonctionnement s’impose de manière durable» «le niveau global des dépenses d’investissement devra être contenu pour maîtriser la dette et les charges de fonctionnement induites» Et dans sa diapositive 46 que: «Le Conseil d’Etat a fait le pari de défendre en période de crise une baisse d’impôts en faveur des familles (sic!) et une forte augmentation des investissements pour rattraper les importants retards au niveau des infrastructures.» «Au vu de l’amélioration du résultat hors événements exceptionnels et des perspectives relativement favorables, ce choix s’avère payant.» Ce Conseil d’Etat donne ainsi de l’eau au moulin de la droite, la confortant dans son «analyse» pathétique des causes de l’évolution des comptes publics et des remèdes absurdes qu’il faudrait imposer : «tout va très bien, Madame la Marquise, on va juste devoir

faire attention aux dépenses courantes et aux investissements mais nous avions bien fait de baisser les impôts!». Je conteste formellement ce point de vue: non seulement la baisse d’impôts votée en 2009 par le Grand Conseil et validée par le peuple était excessive financièrement (400 millions de recettes fiscales annuelles en moins pour le Canton; cent millions de recettes fiscales en moins pour les communes) mais les solutions proposées pour en palier les effets – réduction des dépenses de fonctionnement et des investissements – sont antisociales et absurdes économiquement. Le nouveau Conseil d’Etat devra avoir le courage de reconnaître les erreurs du passé et proposer des solutions qui y remédient clairement, en proposant une hausse proportionnée des recettes fiscales, de l’ordre de 200 millions de francs par an, pour redonner des moyens suffisants à la fonction publique et au monde associatif et poursuivre le rattrapage encore important en matière d’investissements que notre Canton doit poursuivre, en particulier en réalisant sans tarder une gare souterraine à Cornavin. 10


COMMUNIQUE DE PRESSE PSG - Section Ville de Genève Direction

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ECLAIRAGE Jean-Claude Jaquet Candidat au Grand Conseil

Agissons contre l’illetrisme! Il convient de rappeler la différence entre analphabétisme et illettrisme. Le mot analphabétisme indique la situation des personnes qui n’ont pas ou presque pas été scolarisées et qui n’ont jamais appris à lire ni à écrire. On parle d’illettrisme quand il s’agit de la situation de personnes scolarisées, qui ne maîtrisent pas ou insuffisamment la lecture, l’écriture et le calcul. De ce fait, ces personnes ne peuvent pas participer activement à la vie sociale, familiale et professionnelle. Les principales recherches qui mesurent l’illettrisme ont été conduites entre 1995 et 2006. Ces enquêtes ont mesuré les capacités des personnes interrogées à comprendre et à utiliser des informations écrites dans leur vie quotidienne et au travail. Plus précisément ont été mesurées les capacités de compréhension de textes écrits, de calcul et de résolution de problèmes. Il s’agit de recherches internationales qui ont eu lieu dans les pays industrialisés. La dernière de ces recherches concerne la recherche ALL (Adult Literacy and Lifeskills Survey). PostScriptum 04/2013

Les résultats qui concernent la Suisse ont été publiés en 20061. Ces recherches conduites pendant plus d’une décennie arrivent toutes à un résultat semblable: environ 15% de la population suisse ont des compétences insuffisantes pour comprendre des informations écrites simples et environ 9% de la population a des résultats très faibles pour ce qui concerne le calcul2. La recherche ALL met en évidence qu’environ 800’000 adultes en Suisse maîtrisent insuffisamment la lecture 3. - La même étude met également en évidence que 28% des bénéficiaires de l’aide sociale disposent de faibles compétences en lecture4. Au de-là de ces explications liées à l’histoire personnelle des adultes, l’illettrisme est aussi une réalité sociale.

Bref retour sur l’histoire suisse Selon les examens fédéraux des recrues qui avaient eu lieu régulièrement entre 1875 et la veille de la première guerre mondiale, il y

avait 1,6% d’analphabètes parmi les jeunes gens aptes au service militaire en 18895; par la suite, ce taux a diminué régulièrement et était de 0,04% seulement en 1913. La première guerre mondiale avait mis fin à ces examens et pendant presque 70 ans l’analphabétisme avait été considéré comme éradiqué. Pourquoi alors, à partir des années 80 on parle à nouveau l’illettrisme? Une première explication est certainement un change m e n t a u n i ve a u d e s exigences de la société. Les compétences et les connaissances requises pour affronter la vie sociale sont en augmentation et se renouvellent de plus en plus rapidement. Une partie de la population n’arrive plus à suivre ce rythme et se trouve en difficulté par rapport aux nouvelles exigences. En Suisse, à la fin des années 80, des assistants sociaux et des conseillers en insertion professionnelle ont donné l’alerte car ils étaient confrontés à des personnes dont les faibles connaissances dans les savoirs de base ne permettaient plus une réinsertion professionnelle après la perte de leur emploi. En effet, au niveau économique nous assistons à une complexité

sans cesse croissante des emplois. Le quotidien est basé en bonne partie sur la langue écrite. Nous assistons à une complexification des tâches. Il suffit de penser aux votations: pour comprendre les enjeux, il ne suffit pas de comprendre un texte simple de la vie de tous les jours. Dans le monde du travail les professions qui ne demandent pas la maîtrise de l’écrit sont de plus en plus rares. L’ordinateur est omniprésent. Par ailleurs, le dialogue entre école et parents est basé sur des messages écrits. Lire des livres à ses enfants est devenu indispensable pour leur faciliter l’entrée dans le monde de la langue écrite. Dès lors il est important de revendiquer le droit de pouvoir accéder à ces compétences plus complexes qui permettent aux adultes une réelle participation à la vie sociale, familiale et professionnelle. Par ailleurs, l’intérêt économique à former les adultes insuffisamment qualifiés n’est plus à prouver. Le fait qu’une partie de la population ait fréquenté uniquement l’école obligatoire a un coût pour la société. D’après une étude6, la collectivité économiserait 12


ainsi quelque CHF 10’000 .– annuellement pour chaque personne à laquelle on permettrait de rattraper une formation du degré secondaire II. Ce rattrapage permettrait aussi aux personnes concernées, qui sont très pénalisées sur le plan salarial, de surmonter ce désavantage.

entreprennent. Dès lors, oser le pas de s’inscrire à une formation est une démarche qui demande beaucoup d’encouragement.

L’école quant à elle doit transmettre toujours plus de matière pour préparer les élèves à la vie sociale. A cela s’ajoute la composition multiculturelle des classes et la différence de niveau des élèves en début de scolarité. L’école relève bon nombre de ces défis mais ne tient pas suffisamment compte de la diversité, du rythme et de la stratégie d’apprentissage des élèves ce qui explique une autre partie de la problématique.

Le risque nettement plus élevé de chômage des personnes en situation d’illettrisme représente à lui seul un coût économique global annuel de 1,1 milliard de francs.

Nous observons que les entretiens d’embauche au travail, les démarches administratives, les propositions de formation et les recherches d’emploi suscitent une forte anxiété chez certaines personnes en situation d’illettrisme. La honte de ne pas savoir justifie en grande partie une telle réaction. D’autres sentiments se mêlent: les adultes en difficulté avec la langue écrite sont peu sûrs d’eux-mêmes et de leurs capacités à apprendre. Ils considèrent souvent toute offre de formation ou de réinsertion professionnelle comme une épreuve à «haut risque». Face à un parcours scolaire souvent chaotique et marqué par l’échec, ils ne veulent pas revivre les humiliations subies, lorsqu’ils étaient enfants sur les bancs de l’école. Et risquer de rater, une nouvelle fois, ce qu’elles PostScriptum 04/2013

L’illettrisme a un coût économique important.

L’étude sur le coût économique de l’illettrisme 7 a principalement mis en évidence l’effet des faiblesses en lecture sur le risque de chômage des personnes actives professionnellement. L’analyse statistique a clairement démontré que ces personnes ont un risque deux fois supérieur à la moyenne de tomber au chômage. En dépit des statistiques qui mettent en évidence l’ampleur du problème de l’illettrisme, les personnes en difficulté avec la lecture et l’écriture sont encore trop souvent considérées comme peu intelligentes. Ce regard stigmatisant contribue à cacher le problème.

des adultes (International Adult Literacy Survey) de 2001 ont constitué un véritable choc. En effet, le gouvernement était jusque-là très fier de son modèle éducatif et ne soupçonnait pas un pourcentage élevé d’adultes en situation d’illettrisme. L’impact de l’illettrisme risquant de fragiliser la viabilité économique, il décida très rapidement de s’impliquer. 65 millions de livres sterling (environ 150 millions de francs suisses) sont alors investis pour atteindre l’objectif que s’était fixé le gouvernement écossais: parvenir à ce que 150’000 participants adultes en difficulté avec les savoirs de base rejoignent les lieux de formation dans l’espace de cinq ans. Cet objectif quantitatif a pratiquement été atteint, notamment à travers la réalisation d’une grande campagne médiatique «the Big Plus8» . A titre de comparaison: la Fédération suisse Lire et Écrire atteint chaque année environ 2000 adultes en situation d’illettrisme. Elle pourrait faire bien plus si les autorités fédérales, cantonales et communales décidaient de s’impliquer davantage pour cette cause.

1 Office fédéral de la statistique: Lire et calculer au quotidien. C o m p é te n c e s d e s a d u l te s en Suisse, Rappor t national de l’enquête Adult Literacy &Lifeskills Suvey, Neuchâtel 2006 2

Idem

3

Idem

Büro für Arbeits-und sozialpolitische Studien BASS AG: Volkswirtschaftliche Kosten der Leseschwäche in der Schweiz. Eine Auswertung der Daten des Adult Literacy &Life Skills Survey (ALL), Bern, April 2007, p.20.

4

Dictionnaire historique de la Suisse: Alphabétisation http://www.hls-dhs-dss.ch/ textes/f/F10394.php

5

Büro für Arbeits-und sozialpolitische Studien BASS AG: Gesellschaftliche Kosten der Ausbildungslosigkeit in der Schweiz, Schlussbericht, Berne, Mai 2009

6

Büro für Arbeits-und sozialpolitische Studien BASS AG: Volkswirtschaftliche Kosten der Leseschwäche in der Schweiz. Eine Auswertung der Daten des Adult Literacy &Life Skills Survey (ALL), Bern, April 2007

7

Lire et Écrire Communauté française a.s.b.l. Ressources européennes pour l’alphabétisation. Une sélection d’outils et de publications réalisés dans le cadre de projets européens. Bruxelles, septembre 2006

8

Dans le contexte international, la Suisse n’a commencé que très tard à se soucier de la problématique de l’illettrisme. Le manque de volonté politique claire est un obstacle à la résolution du problème. D’autres pays ont pris des mesures importantes, par exemple l’Écosse, un pays dont le nombre d’habitants est comparable à la Suisse. - En Écosse, les résultats de l’enquête internationale sur l’alphabétisation 13


ECLAIRAGE Andrés Revuelta Candidat au Grand Conseil

Une réalité indésirable Hautes écoles en concurrence

La récente1 journée de travail du SSP/VPOD sur les «Hautes écoles en concurrence» a vu se renforcer mes craintes sur l’avenir à terme dans le «service public» de nos universités, HES2 et EPF3. A la veille de voir la «loi fédérale sur l’encouragement des hautes écoles et la coordination dans le domaine suisse des hautes écoles (LEHE)» commencer à produire ses effets concrets (instauration d’une Conférence suisse des hautes écoles), cette journée a permis un échange direct entre le sommet et la base de la pyramide de ressources humaines en place dans les Hautes Écoles suisses. Les témoignages des collègues présents, provenant de diverses écoles suisses, et exerçant dans différents corps du personnel des HE 4, révèlent des problématiques nombreuses et variées, préoccupantes souvent. Les propos du ‘Secrétaire d’État à la formation, recherche et innovation’ ne répondent certainement pas à nos interrogations légitimes sur les conditions d’admission, les taxes d’études, la concurrence PostScriptum 04/2013

entre établissements, le financement, la participation des employés, etc. Alors que la participation des corps constitués à la vie des HE devrait être largement instituée, ses bénéfices sur le fonctionnement et la qualité de la formation n’étant plus à démontrer, on assiste dans les faits à l’érosion de celle-ci. À une véritable participation, on préfère la consultation, terme vague, souvent utilisé pour ‘compromettre’ le consulté sans lui laisser le moindre pouvoir réel de codécision; encore un bel outil de ‘management’ qui permet de reléguer aux oubliettes la traditionnelle participation des corps constitués, telle qu’on la connaissait dans les universités. L’intervention du secrétaire d’État n’a pas montré de réelle vision politique sur l’avenir des HE. Bien au contraire, il semble que ce soit un choix définitif fédéral

que de laisser les HE évoluer selon les très libérales ‘règles du marché’. Quant aux questions liées aux financements des missions qui incombent aux HE dans les établissements cantonaux, Berne n’entend pas réellement modifier sa politique d’entraînement à la baisse des coûts, ni prendre en charge les éventuels problèmes financiers dans les établissements, qu’elle considère comme relevant exclusivement d’une responsabilité cantonale (seuls les EPF sont directement dépendantes de la Confédération). Que les cantons se débrouillent! Que les HE trouvent des fonds de tiers! Par contre, il est de bon ton de rappeler que le nouveau système d’accréditation est surtout destiné aux écoles privées. Autrement dit, on attend les bras ouverts ces écoles sur le marché suisse de l’éducation supérieure. Ainsi donc, pour ce qui concerne les HE suisses, nous sommes soumis à un système financé très modestement par un ‘partenaire’ tout puissant, mais maître des règles de calcul du coût de référence par étudiant dans les filières de formation, des règles de concur-

rence entre établissements, des concentrations de formations à mettre en place (suppressions de filières ou domaines d’enseignement dans les établissements) et enfin de l’accréditation de l’établissement/filière. Et ce même partenaire d’être hermétique aux problèmes d’accès aux études tertiaires pour les jeunes financièrement défavorisés, aux conditions de travail et à la précarité des employés, à la valeur de ‘service public’ des formations supérieures. Chers camarades, à l’heure où d’autres travaillent assidûment à présenter une image péjorative de notre système d’instruction en général et de ses acteurs en particulier, il me semble essentiel de confirmer, et notre foi dans l’association des valeurs d’éducation et de formation aux tâches de service public, et notre confiance aux acteurs qui sont en charge de leur exécution au quotidien. 16 mars 2013 à Berne - SSP/ VPOD – groupe «Hautes Écoles»

1

2

Hautes écoles spécialisées

Écoles polytechniques fédérales 3

4

Hautes écoles 14


VOUS Sylvain Thévoz

Militantes et militants socialistes Sylvain Thévoz Nous continuons notre série de portraits des militant-e-s qui font le Parti Socialiste Genevois. Militant de terrain, Sylvain Thévoz se bat en premier lieu pour les exclu-e-s et toutes celles et ceux que notre société laisse au bord du chemin. Infatigable défenseur du droit à la dignité, il puise sa force et son inspiration dans d’improbables philosophes solipsistes. Qu’à cela ne tienne, Sylvain est de tous les combats et de toutes les luttes. Original sans être olibrius, la fraîcheur de ses discours et, surtout, la force de son propos, en font un militant incontournable de la cause socialiste à Genève. Portrait.

Socialiste, un devenir Je suis sorti du grand socialisme cosmique, en 1974 pour émerger à Toronto, Canada. Fils d’un père médecin, ancien du parti du travail genevois, athée mystique et volontariste, boulimique de travail, économe et prodigue, méticuleux anarchiste, luimême fils d’un paysan vaudois, que l’on peut croiser dans le roman de Jacques Chessex: «Un juif pour PostScriptum 04/2013

l’exemple». Fils aussi d’une mère infirmière, française, la troisième de quatre sœurs, elle-même fille d’un immigré italien ayant séjourné dans les camps allemands durant la deuxième guerre mondiale avant de retrouver sa famille dans le sud de la France, en zone libérée après s’être évadé. Je suis né de la rencontre imprévisible de ces deux trajectoires improbables qui se sont séduites à l’hôpital cantonal de Genève. Dans cette folle aventure, ma sœur m’a devancé de quinze mois. Nous avons grandi ensemble à Lausanne, elle est devenue infirmière. Elle m’a très vite rendue sensible à l’écoute, à faire plus attention aux autres, et m’a aidé à voir le monde sous un jour sensible. Engagée en politique, elle est conseillère municipale verte à Pully, Vaud. Je dis cela parce que les chiens ne font pas des chats. L’engagement politique a toujours été extrêmement présent à la maison. Mon père est devenu radical sur le tard (et conseiller administratif de la ville pour deux mandats), en

changeant de classe sociale. Sinon, à la maison, on a été nourri au biberon du bon lait chaud de Marx, Che Guevara, Fidel Castro et Ziegler, celui des révolutionnaires algériens, libyens, de la RAF des brigades rouges et de l’OLP, des Black Panthers et des dissidents soviétiques. Ça, c’était pour le ventre. Pour les oreilles, c’était Brassens, Brel, Ferrat, Charlebois et Barbara. Il y avait toujours foule à la maison, des médecins, des gens de passage, des artistes, des paumés parfois; la grande famille des oiseaux et des chats. Mon père accueillait volontiers qui avait besoin d’un toit. Après, il allait bosser et ma mère s’occupait de tout le monde. C’était très soixante-huitard, mais avec le petit fond rigo-

riste de ceux qui ont grandi sous la coupe des religieux des années 50 et en sont sortis marqués, malgré eux. C’était donc amour libre mais traditionnaliste aussi. Papa bosse, maman s’occupe des enfants. Mes souvenirs de gamins, c’est l’école de la Pontaise à Lausanne, quartier populaire sous le stade olympique où l’on jouait au foot dans la rue avec les copains espagnols, italiens, portugais, en se moquant pas mal de qui venait d’où. On avait un ennemi commun: le concierge, qui ne voulait pas de jeux de balles dans son préau; et plein de super-héros: Zico, Dino Zoff, Socrates, Giresse, Rummenigge, Platini, Hrubesch, etc., (suite en page 16) 15


VOUS Sylvain Thévoz

Militantes et militants socialistes Sylvain Thévoz (suite) Le mondial 1982 a marqué ma génération, plus que la guerre d’Afghanistan. La grande école du foot et le socialisme des préaux m’ont appris quelques lois. On fait tous les mêmes tours de terrains, on gagne en équipe, on perd en équipe, si t’es con une fois tu te démerdes pour ne pas l’être la deuxième. J’étais un petit gros boulimique et rougeaud et le sport, c’était ma vie. Hommage à Umberto Barberis, Jochen Dries, Gabet Chapuisat, Philippe Clerc, des formateurs de jeunes qui se sont donnés à fond pour que nous apprenions à jouer ensemble, avec le respect et le fair-play qui va avec, tout en explorant la saine rivalité et en lavant ensemble nos crampons. J’ai oublié de dire que j’avais un demi-frère. Il est décédé d’une overdose alors que j’étais adolescent. Il s’appelait Tristan. Depuis, chaque fois que j’entends ce nom résonne tristesse. J’ai aussi une demie-sœur qui s’appelle Carmen. Elle vit à Vernier. Elle trouve que c’est une jolie commune. Je trouve aussi. Et puis un ou deux autres demifrères, ici et là. C’est peut-être pour ça que je n’arrive pas à suivre ceux qui parlent de «la famille» avec une vision PostScriptum 04/2013

étroite et congestionnée. La famille, c’est avant tout un accueil et une volonté d’être ensemble, pas une histoire de gènes. J’ai aussi appris il y a quelques jours que mon père avait vu un jour une très jolie petite fille dans la rue et il lui avait dit que s’il avait un jour une fille, il l’appellerait comme elle. C’est étonnant comme parfois les choses les plus importantes on ne les dit pas à ses proches, mais à des inconnu-e-s. Et c’est étrange comme parfois ces inconnu-e-s, des années plus tard, par le hasard des choses deviennent des proches… Je t’embête avec mes détails camarade? C’est de la faute à Marko tu sais, qui m’a donné carte blanche pour écrire ce texte (je me suis senti honoré). Quand je lui ai demandé combien j’avais de signes, il m’a dit: tu as toute la place que tu veux! C’était peut-être risqué de sa part de me dire cela. J’ai appris avec le temps que la place il faut la prendre. C’est mieux de voir trop grand que de se priver. Avec Marko on a deux légers différents. Le premier: il me charrie sur le philosophe Gilles Deleuze, que j’adore. Tu dois écouter l’abécédaire et ce que Deleuze dit de la lettre G comme Gauche. Il

dit: «être de gauche c’est quoi? C’est savoir que les problèmes du monde me sont plus proches que les problèmes de mon quartier». C’est une mise en perspective de nos égoïsmes. Le deuxième, c’est la religion. Il est un peu sec vis-à-vis du Christianisme. Moi, je suis croyant. La foi est à mes yeux un incroyable espace de liberté, d’expérimentation et de réconciliation. Après avoir étudié l’anthropologie à Montréal et Bruxelles; je suis entré en théologie. J’ai demandé à recevoir le baptême il y a de six ans des mains d’un ermite de l’église réformée française. Je reconnais combien Marx doit à la religion et combien l’utopie que porte le socialisme a son souffle pour partie dans une dimension messianique. La théologie de la libération sud-américaine est pour moi un grand moment révolutionnaire. Avec un peu de la poudre de la mystique rhénane et le détonateur des pères de l’église, on peut fissurer le matérialisme qui nous dévore le cerveau aujourd’hui. On a aussi des passions communes avec Marko: le jeu d’échec, le football, le débat politique, la bouffe, et surtout: celui d’animer un journal socialiste, le Postscriptum pour lui, le Causes Communes du

PS ville de Genève, pour moi. Je ne veux pas te lasser camarade. Je me demande même si tu vas lire ce texte. Il paraît qu’on ne lit plus trop aujourd’hui, mais j’ai quand même encore quelques mots à te dire. Puisque notre parti est une grande famille, on doit quand même, de temps en temps, partager notre intimité, celle de nos vies et de nos emmerdes, et un peu plus qu’entre deux portes, deux commissions ou caucus. En écrivant ce mot, je me demande si je te connais bien, camarde, et si l’on prend vraiment assez de temps pour faire connaissance les uns les autres. Je ne sais pas si tu lis beaucoup, moi je suis dingue de bouquins. J’ai des amis libraires, et le boulot qu’ils font est fondamental, alors j’achète tous mes livres chez eux, à la librairie du boulevard, au Parnasse, au Rameau d’or, à Livresse, sans avoir le temps de les lire, juste pour l’objet parfois. J’écris aussi, de la poésie, un peu hermétique selon la majorité, mais qui porte des émotions et des horizons denses. Je te donne les titres: Virer large course court, Nos possibilités d’impasse sont innombrables, Les sanglots du sanglier, tous parus dans 16


dans celui d’Appartenances où les verts sont plutôt bien représentés. Je par ticipe aussi au comité d’Evangile et Travail. Tu vas peut-être me dire: hé, comment tu fais pour faire tout ça, camarade? Eh bien figure-toi que je suis célibataire, sans enfants, camarade! Et je profite de l’espace qui m’est donné ici pour passer mon annonce, juste au cas où J: deux petites maisons d’édition genevoise, le Miel de l’ours et les éditions Samizdat. J’écris aussi dans des revues, comme hétérographe www.heterographe.com revue des homolittératures ou pas; et la revue choisir www. choisir.ch revue culturelle des jésuites et j’anime depuis une année un blog sur le site de la tribune de Genève. Je me suis engagé dans le collectif Art et politique (Kunst und Politik) http://www.art-et-politique.ch parce que culture, langage et engagement politique vont de pair. Professionnellement, je travaille à la Ville de Genève, au service de la solidarité et de la cohésion sociale depuis trois ans. En parallèle, mon engagement associatif est marqué. Je suis membre du comité de l’ATE où de nombreux socialistes sévissent; PostScriptum 04/2013

«Socialiste de trente-huit ans, multitâches, au grand cœur, généreux (si, si!), sportif aimant la nature et la littérature, cherche âme indépendante et courageuse pour révolutionner le désir.» Tu sais, j’ai une admiration folle pour les camarades qui mènent de front vie de famille, boulot et politique. Allez, je vais citer, sur un air des Béruriers Noirs, ceux qui ont trois vies par jour et devant qui je m’incline. Salut à toi Valentina, salut à toi Vavassori, salut à toi la Vittoria, salut à toi la Dorothée, salut à toi Sandrine Salerno, salut à vous les Virginie! Salut à toi Thomas Wenger, salut à toi le Félicien, salut à toi le Carrasso, salut à toi le Jean Berthet, salut à vous qui êtes beaux! Vous aurez remarqués que je viens de la section Ville de Genève, ça colore un peu ma chanson. Admiration donc à

tous ceux et toutes celles qui mènent tout de front dans ce monde parfois hostile, où l’on regarde toujours trop ce qui manque, ce qui ne fonctionne pas, plutôt que de s’encourager, camarades. Quand j’ai adhéré à ce grand parti, il y a six ans, alors que je travaillais au Racard, lieu d’accueil pour les personnes psychiquement fragiles, souffrant de troubles graves, j’ai pris conscience qu’il était insuffisant de poser des bandages sur un système social qui s’évertuait à blesser les gens et qu’il fallait aussi parvenir à le changer. Mon premier acte de militant, fort modeste, fut d’aider au déménagement de la rue Luserna à la rue des voisins, puis de m’engager sur les stands, au comité. La rencontre avec Manuel Tornare a été décisive, il m’a mis en mouvement. Mon élection au conseil municipal, où je siège depuis deux ans, à la commission des arts et de la culture, et à la commission des sports est une belle expérience de vie. Je continue de faire des stands, de venir aux AG parce que j’y apprends que c’est tout en bas que la vérité se dit et parce que j’aime les gens plus que les discours.

Quand je retournerai dans le socialisme cosmique, camarade, je suis sûr que je t’y retrouverai, et que nous y serons côte à côte. Nos combats, nos emmerdes, nos enfantillages, nos joies de vivre nos frustrations et nos guéguerres, nous les regarderons alors de haut, en nous serrant les coudes, et regretterons peut-être de n’avoir pas fait plus quand nous avions encore nos bouches pour parler et nos mains pour les tendre. Dans le socialisme cosmique, camarade, j’en suis sûr, nous serons tous élus sans limitation de mandat. Il n’y aura plus à savoir qui sera en tête de liste, et qui fera la vaisselle en partant, on sera toutes et tous logé-e-s à la même enseigne, engagés sur le même pied d’égalité. On retrouvera Allende, Jaurès, Mendès-France, Chavannes et la fleuriste du coin, et je te le dis, sans m’en réjouir ni le craindre, je crois que ce que nous n’aurons pu réaliser ici nous le compléterons là-bas, aux noces socialistes, où nous retournerons comme nous en étions sortis, jamais seuls et toujours dépendants les uns des autres. 17


TRIBUNE LIBRE

De la gêne à… la honte Un certain nombre d’entre nous, bon c’est vrai des vieux quoi, pensions que ce parti avait touché le fond et qu’il ne pouvait que se reconstruire en se tournant vers les valeurs socialistes. Et surtout, au lieu de passer son temps à faire des règlements d’exclusion, se mettre à l’écoute de ceux qu’il est censé défendre. Eh bien le PSG, champion toute catégories de l’intégration: Roms, Arabes, femmes, enfin tout quoi, à l’exception… des personnes âgées en son sein. Car elles, au parti socialiste, sont dorénavant désintégrées, dépossédées de pouvoir se présenter à partir de soixante-cinq ans à une élection au Conseil d’Etat! Alors que l’espérance de vie augmente, que l’âge de la retraite augmente, que les facultés, en fonction de l’âge, à exercer un mandat augmentent, au Parti socialiste cette faculté, elle, régresse! Eh oui, voilà qu’un quartet d’ex- trentenaires, en mal de pouvoir, a décidé qu’il fallait inscrire dans les statuts qu’à partir de soixante-cinq ans on ne pouvait plus se présenter au Conseil d’Etat. Eh oui Manu, tu en prends plein la gueule! Aujourd’hui c’est au Conseil d’Etat, demain ce sera au Grand Conseil et Conseil municipal et ainsi de suite. Parce que voyezvous, chers et chères camarades, les assemblées, PostScriptum 04/2013

qui en principe décident démocratiquement qui elles veulent porter à la candidature ne sont pas assez, disons... heu, mûres, responsables. Mais attention, il faut surtout qu’elles aient l’illusion de décider, et nos faiseurs de règlement eux, savent comment, de manière stalinienne, bloquer tout cela. Un petit article par ci, un autre par là, et hop les vieux ne sont plus bons qu’à ramasser des signatures, afin que d’autres puissent se consacrer à leur carrière et à nous bâtir une stratégie de pouvoir. Les Léon Blum, Mitterrand, Aristide Briand, Jules Guesde... au PSG, fini! Aucune chance d’exister politiquement. Dehors! Place aux jeunes! Et c’est ainsi que nous voyons, et verrons, fleurir de plus en plus jeunes ministres touchant des retraites confortables. Vu la façon dont on traite les anciens, il ne faut pas s’étonner de la désertion de ceux-ci aux assemblées. Nous sommes le parti des règlements: parité, zébrage des listes, limitation des mandats, non cumul, limitation d’âge pour se présenter à un exécutif, autant de règlements qui vont dans le sens du «pousse-toi-que j’me-place». Alors qu’au nom de ce principe qui nous est si cher, celui de la contribution progressive on fonction de ses revenus, on pourrait réglementer sur la contribution des jetons de présence des élu-e-s en fonction de leur revenu,

niet! Je me suis entendu dire que ce serait trop compliqué d’exiger cette transparence. N’est-ce pas cela que l’on exige ces derniers temps: la transparence? Quand je pense qu’à cause d’un article sur la parité et parce qu’ils nous manquaient quelques candidates, quelques camarades, méritants, ont été empêché de se présenter au Grand Conseil il y a de quoi se poser des questions. Si demain, lors d’une élection au Grand Conseil on devrait avoir un nombre limité d’un deux sexes par exemple douze hommes on ne pourrait présenter que vingt femmes! Conclusion: le nombre de candidat-e-s n’est pas fixé selon une objectif obéissant à une stratégie politique mais est tout à fait aléatoire en fonction du nombre de candidat-e-s d’un des deux sexes! Un parti n’est qu’un instrument politique pour forger des majorités et imposer au sein d’un législatif des réformes afin d’alléger les souffrances sociales et surtout de garantir un avenir à tout un chacun. Ces abus de règlements ne font que démobiliser les militant-e-s et affaiblir les fractions au sein des législatifs, privant le parti de compétences avérées. Je me propose,de déposer, lors d’une prochaine assemblée, une proposition visant à abroger la limite d’âge pour la candidature au Conseil d’Etat. Alberto Velasco Conseiller municipal PSVG

Pour un Pacte de moralisation de la politique genevoise «Le socialiste, c’est une morale!» Jean Jaurès Tous pourris? Beaucoup de personnes jugent négativement le monde politique. Les médias affichent, à la une, toutes les magouilles. Ils montent en exergue les scandales. C’est utile pour lutter contre les dérapages politiques. Par contre, ces affaires, ultra médiatisées, créent malheureusement l’amalgame. Pourtant, ayant agi durant plusieurs années dans ce monde politique, j’ai vu un nombre pléthorique de gens, toutes tendances confondues, donner énormément de temps pour améliorer la vie des citoyennes et des citoyens; souvent au détriment de leur emploi, de leurs loisirs, de leur famille. Si les gueulards de bistrot donnaient autant pour la République, ce serait un tsunami d’énergie positive offert au bien-être de la collectivité. Or, nous parlons trop peu de cette majorité d’élues et d’élus qui s’engagent sans compter. A force de ne mettre en lumière que des points noirs, on stigmatise injustement l’ensemble des politiques et déstabilisons la démocratie. Pour conférer le respect que mérite la fonction politique, 18


TRIBUNE LIBRE

pour viser à l’exemplarité, un Pacte de moralisation de la politique genevoise devrait être conclu, à l’aube des élections cantonales. Celui-ci devrait inclure le renforcement de la publication des liens d’intérêts de chaque candidature. Le citoyennes et citoyens doivent connaître les lobbys, les associations, les syndicats, les clubs, les entreprises, les conseils d’administration et de fondation, les milieux religieux qu’une candidature porte. Une déclaration de patrimoine doit être mise en place. La publication, pour les candidates et candidats aux élections, de leurs revenus, de leurs fortunes et de leurs dettes devraient être condition de transparence. L’historique des relations entre une candidature et la justice devraient être connu de toutes et tous. L’exigence de probité doit être absolue! Le cumul des mandats, plaçant trop de pouvoir dans les mains d’une seule personne, doit être combattu. «Un mandat politique, une personne» doit être la règle. Un seul mandat politique à la fois répartirait mieux le pouvoir d’influence et augmenterait la qualité du travail fourni. Les exemples le prouvent, même parmi les meilleurs. Robert Cramer, brillantissime Conseiller d’Etat, a été très discret à Berne, tant qu’il additionnait son mandat cantonal à celui d’élu fédéral. GuyOlivier Segond, malgré ses talents, avait accompli le PostScriptum 04/2013

même parcours auparavant. Les cumulards entre les instances communales et cantonales obtiennent des performances du même acabit. La limitation de la durée de mandat doit devenir la règle pour métamorphoser la politique. Cette limite de temps forcerait au renouvellement des forces politiques et donnerait de l’oxygène à notre démocratie bien fatiguée. L’immunité parlementaire doit être restreinte au maximum pour ne pas conférer des droits supplémentaires au monde politique par rapport au peuple. L’Inspection cantonale des finances et la Cour des comptes doivent pouvoir contrôler le travail de nos élu-e-s, mais, de surcroît, leur moralité. La politique est une morale qui doit empêcher les femmes et hommes politiques de se sentir puissants, au-dessus de la mêlée, voire intouchables. L’accroissement de la moralisation de la politique est une clé du renforcement de la démocratie et une barrière contre la démagogie populiste qui exploite les quelques travers d’une minorité de moutons noirs, faisant bien du tort à nos institutions. La femme ou l’homme politique a un devoir d’exemplarité. Le monde politique doit adopter un dispositif pour épurer les quelques mauvaises herbes qui le polluent. Christian Brunier, ancien député

Visitez le nouveau site internet du PSG! Merci à celles et ceux qui ont travaillé sur le nouveau site: Olga Baranova, Graphiste PSG Webdesign, graphisme Nicolas Hou, CEO Colosse Concepteur - http://nicolas.colosse.ch/ Nadia Méric, Secrétaire générale adjointe Stratégie web

www.ps-ge.ch

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POSTSCRIPTUM04/13 PSG

Vie du parti JAA

1200 GENève 2

Changement d’adresse : Parti socialiste genevois Rue des Voisins 15 1205 GENève

Stands Samedi 4 mai

Samedi 18 mai

Samedi 1er juin

Agenda

Place du Molard PSG, de 11h à 15h

Place du Molard PSG, de 11h à 15h

Place du Marché PS Carouge, de 9h30 à 13h

Mardi 30 avril

Place du Tibet PS Veyrier, de 9h à 12h

Centre commercial du Lignon PS Vernier, de 10h à 12h

________________________

Place du Marché PS Carouge, de 9h30 à 13h

Coop Cardinal-Mermillod (stand apéro) PS Carouge,16h

Migros des Palettes PS Lancy, de 10h à 12h30 Lancy-Centre PS Lancy, de 10h à 12h30 Lieu à définir PSVG, de 11h à 13h _______________________

Samedi 11 mai Place du Molard PSG, de 11h à 15h Place des Cinq-Continents PS Meyrin, de 9h à 13h Place du Marché PS Carouge, de 9h30 à 13h _______________________

Jeudi 16 mai

_______________________

Jeudi 5 juin

________________________

Jeudi 22 mai Poste de Carouge (stand apéro) PS Carouge,16h _______________________

Samedi 25 mai Place du Molard PSG, de 11h à 15h Place du Marché PS Carouge, de 9h30 à 13h _______________________

Début des actions de proximité dans les communes 18h

Jeudi 29 mai

(infos sur le site du PSG)

PS Carouge,16h

Coop Acacias (stand apéro)

Samedi 8 juin Place du Marché PS Carouge, de 9h30 à 13h _________________________ et tous les évènements sur:

www.ps-ge.ch

Commission des transports et de la mobilité 12h15, locaux du PSG Assemblée des délégué-e-s 18h30, locaux du PSG Plateforme socialiste sur l’Agglomération, 19h30, locaux du PSG

Lundi 6 mai suite en page 2 Commission du logement et de l’aménagement du territoire 20h30, locaux du PSG

Mardi 7 mai Commission culturelle 19h, locaux du PSG Commission de politique sociale et de santé 19h, locaux du PSG

Mercredi 15 mai COOSEC 18h30, locaux du PSG

Lundi 27 mai Groupe égalité entre femmes et hommes 19h30, locaux du PS

Locaux du PSG: Rue des Voisins 15 (code 2108A)


Postscriptum | Avril