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Votations du 9 juin 2013 Editorial 3 Proxiquartiers

Actualité nationale 2 Notre tradition humanitaire est sacrifiée 6 Trop de démocratie tue la démocratie! 8 L’incurie du Conseil fédéral 11 Une initiative scandaleuse

Actualité cantonale 12 Structures d’accueil de la petite enfance 13 Bourses et prêts d’études: il faut modifier la loi 14 Commission des naturalisations

Eclairage 15 Comité d’Olten 2018 20 Un an de pouvoir de François Hollande Signez les deux initiatives de l’ASLOCA: Halte aux ventes qui mettent les locataires à la porte! Les locataire veulent un droit de recours.

n° 05 / 24 mai 2013 Parti socialiste genevois

Mots d’ordre du Parti socialiste genevois pour les votations du 9 juin 2013. Objets fédéraux:

Acceptez-vous l’initiative populaire «Election du Conseil fédéral par le peuple»?

NON Acceptez-vous la modification du 28 septembre 2012 de la loi sur l’asile (LAsi) (Modifications urgentes de la loi sur l’asile)?

NON


VOTATIONS DU 9 JUIN 2013 Maria Bernasconi Conseillère nationale

Notre tradition humanitaire sacrifiée La dernière révision du droit d’asile achève ce qui pouvait rester de la tradition de la Suisse comme terre d’accueil pour les personnes en détresse. Cet ixième durcissement donne une image pitoyable de notre pays à l’étranger: un petit pays riche recroquevillé sur la défense de ses privilèges qui fait tout un fromage avec sa loi sur l’asile, au point de décréter des mesures urgentes. Les chiffres indiquent pourtant que non seulement les requérants représentent une partie infime de la population suisse, mais aussi de la population étrangère: fin 2012 sur huit millions d’habitante-s, 1’825’000 étaient des étrangers et des étrangères, et seulement 45’000 des requérant-e-s d’asile. Dans ce contexte, modifier notre tradition humanitaire – pour des motifs soit-disant sécuritaires en réalité électoralistes – est un vrai gâchis! Si la gauche soutient le référendum, c’est parce que la majorité du parlement a pris des mesures insensées, qui vident le droit d’asile de sa substance. Par exemple, elle a décidé de supprimer le droit de déposer une demande d’asile dans les ambassades. PostScriptum 05/2013

Comme c’est la seule option pour la plupart des personnes persécutées, qui par définition ne peuvent quitter leur pays, on se demande ce qui va advenir d’eux. Et en particulier des femmes et des enfants, à qui l’on doit une grande proportion de demandes déposées dans les ambassades. Depuis 1980, 2’572 vies ont pu être sauvées grâce à cette possibilité: un sacré succès sur le plan humanitaire qu’il s’agit de sauvegarder. La supprimer poussera à la migration illégale avec un recours accru aux passeurs, qui profitent de la détresse humaine pour pratiquer des prix exorbitants. Ne plus reconnaître la désertion comme motif d’asile est une autre décision absurde. Même si Simonetta Sommaruga a assuré que les principaux concernés, les Erythréens, continueraient d’être accueillis en Suisse s’ils ont été persécutés. A ce stade, on se demande déjà si la Suisse a encore une tradition humanitaire. Mais le tableau n’est pas complet: il faut encore y ajouter l’ouverture de

nouveaux centres pour les étrangers dits «récalcitrants», des camps aux contours si flous qu’ils laissent présager le pire. La Suisse durcit sa loi sur l’asile depuis que je suis au parlement fédéral, soit depuis près de vingt ans. Mais la droite a le sentiment que la vis n’est jamais assez serrée. Ce n’est pas ce durcissement supplémentaire qui va résoudre les problèmes, bien au contraire: ce n’est que de la poudre aux yeux. Je regrette beaucoup que les médias ne ratent aucune occasion de mettre en avant les faits divers, renforçant ainsi le sentiment d’insécurité de la population. Certes, les immigré-e-s sont surreprésenté-e-s dans les statistiques de la criminalité. Mais tentons d’en comprendre les raisons, plutôt que de mettre tous les étrangers dans un même sac pour réclamer leur expulsion. Cette surreprésentation n’est pas propre à notre pays, on la retrouve dans tous les Etats. Ailleurs aussi, elle s’explique très souvent par le fait que la population migrante est principalement composée d’individus de sexe masculin, jeunes, de niveaux socio-économiques et de formation inférieurs, dont la propension à commettre des crimes est

beaucoup plus for te que la population helvétique, composée d’une moitié de femmes et d’une majorité de personnes âgées, respectant en principe mieux la loi. D’ailleurs, si l’on compare le taux de criminalité des étrangers à celui des nationaux du même sexe, de la même classe d’âge, de la même catégorie socio-économique et du même niveau de formation, la différence disparaît complétement. C’est par des mesures préventives qu’il faut lutter contre ce phénomène, notamment en continuant à se battre pour un monde plus juste et pour plus d’égalité. Plutôt que de durcir la loi sur l’asile, il faudrait améliorer le service public, dont la police fait partie, et mieux répartir les richesses dans le monde. Si des étrangers commettent des délits ou des crimes, c’est le code pénal qui doit être appliqué. Il n’y a pas de raison de modifier le droit des étrangers pour une proportion infime de personnes problématiques.

Sauvons notre tradition humanitaire en votant NON le 9 juin! 2


EDITORIAL Romain de Sainte Marie Président du PSG

Proxiquartiers A la rencontre des Genevois-e-s

Le porte-à-porte a montré son efficacité dans nombre de campagnes politiques étrangères. Pour ma part, je n’ai pas une grande habitude du porte-à-porte, hormis les quelques souvenirs de vente de billets de tombola dans mon enfance, et pourtant, lors du premier «Proxiquartier», je me suis tout de suite senti à l’aise en sonnant chez les gens pour les inviter à partager un moment de discussion agréable accompagné d’un verre. Tel est le concept de nos actions «Proxiquar tiers» qui vont avoir lieu tous les jeudis durant toute la campagne dans les principales communes du canton. Accompagné de notre camarade et candidat au Grand Conseil, PostScriptum 05/2013

Mohamed Benouataf, nous avons sonné aux portes des sept étages d’un immeuble du parc Baud-Bovy. «Bonjour, nous sommes les Socialistes! Nous vous invitons à venir discuter en bas de votre immeuble, à notre stand, et à prendre un verre si vous le désirez». Les réactions ont toujours été positives! En bas, sur le stand, l’ambiance est festive. L’accordéoniste joue un air entraînant. Les candidat-e-s au Grand conseil interpellent les passant-e-s. Les gens s’arrêtent, restent cinq ou dix minutes, prennent un verre, discutent, se plaignent, s’enthousiasment… L’effet est bien là. La rue vit!

Cette action de proximité, nous allons la mener durant tout l’été dans les quartiers. Elle est essentielle à notre campagne. Si une élection se gagne sur le terrain, c’est l’occasion de le regagner. Je vous invite, camarades, à vous joindre à ses actions en prennant connaissance des différents lieux prévus sur le site du PSG: www.ps-ge.ch

Et n’oubliez pas cet axiome: grâce à notre engagement, nous faisons la différence!

Merci de nous faire parvenir suffisamment à l’avance vos contributions. Prochain délai de réception des textes: jeudi 13 juin 2013, 12h, dernier délai Attention! Pour des questions de délai d’impression, les articles qui nous parviendront au-delà de cette échéance ne pourront plus être pris en compte et seront, le cas échéant, publiés dans le numéro suivant. Adresse pour l’envoi de vos articles: postscriptum@ps-ge.ch

Prochain numéro: Vendredi 21 juin 2013 Impressum Coordination: Marko Bandler et Delphine N’Diaye Conception et réalisation graphique: Delphine N’Diaye Illustrations: Tristan Pun Edition: Parti socialiste genevois Impression: Imprimerie Nationale Tirage: 1’250 exemplaires Pour les dons: CCP 12-171-3 tél: 022 338 20 70 fax: 022 338 20 72 e-mail: psg@ps-ge.ch internet: www.ps-ge.ch

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VOTATIONS DU 9 JUIN 2013 Parti Socialiste Genevois Romain de Sainte Marie, PrĂŠsident

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Parti Socialiste Suisse

Election du Conseil fédéral par le peuple Le Parti Socialiste dit NON à l’initiative De quoi s’agit-il ? L’initiative « Election du Conseil fédéral par le peuple » a été déposée par l’UDC en 2011. Elle exige qu’à l’avenir, les membres du gouvernement ne soient plus élu-e-s par l’Assemblée fédérale, mais lors d’un scrutin populaire. La Suisse formerait alors un seul cercle électoral et les conseillères et conseillers fédéraux seraient élu-e-s à la majoritaire. S’agissant de la présidence de la Confédération, elle ne serait plus désignée par l’Assemblée fédérale, mais par le collège gouvernemental. L’initiative prévoit par ailleurs de garantir, à la Suisse latine, deux sièges au Conseil fédéral. Depuis 1848, l’élection du Conseil fédéral par le peuple a été proposée à plusieurs reprises, généralement par des régions ou partis s’estimant sous-représentés au gouvernement. A l’image du PS - la dernière fois en 1942 - alors qu’il ne disposait pas encore de représentant-e au Conseil fédéral. S’agissant du texte sur lequel nous devrons nous prononcer le 9 juin, il PostScriptum 05/2013

émane du parti le plus fortement représenté au Parlement et son lancement est indéniablement lié à l’élection - en 2007 - d’Eveline Widmer-Schlumpf au détriment de Christoph Blocher. L’UDC espère évidemment qu’une élection populaire permettra à ses candidate-s d’accéder au gouvernement, indépendamment de leur crédit auprès des autres partis. La position du PS: Le PS rejette l’initiative pour les raisons suivantes: • L’élection populaire mettra en danger la représentation des minorités c’est un des piliers centraux de notre système politique pour tant éprouvé qui vacillerait ainsi sur ses bases. Telle que formulée, l’initiative risque de mettre en concurrence les régions francophones et italophones pour les deux sièges qui leur sont réservés. • L’élection populaire - une question d’argent: une campagne électorale

nécessite des ressources non négligeables et ces flux financiers sont malheureusement toujours opaques dans notre pays. Les candidat-e-s au Conseil fédéral et leur parti dépendraient donc davantage de riches particuliers, d’entreprises ou de groupes d’intérêt ayant les moyens de mener et de financer une campagne électorale dans tout le pays. • L’élection populaire rendra plus compliquées des réformes importantes: une campagne électorale nécessite non seulement de l’argent, mais aussi du temps. Pour soigner leur image et assurer leur réélection, les membres sortants du Conseil fédéral - surtout dans la seconde partie de la législature - pourraient être tentés d’y passer plus de temps qu’à leur bureau, voire renoncer à entreprendre des réformes désagréables ou à plus long terme. • L’élection populaire transformera les membres du gouvernement en locomotives électorales : en accentuant encore la ten-

dance actuelle à la personnalisation politique, l’initiative va remettre en question la crédibilité du gouvernement. On peut ainsi craindre qu’une élection populaire renforce l’influence de la politique partisane sur les membres du Conseil fédéral et que ces derniers soient essentiellement considérés comme des têtes de gondole. Cela rendra d’autant plus difficile une politique pragmatique et orientée sur la recherche de solutions et affaiblira dangereusement le principe de collégialité. Le PS s’oppose à l’initiative populaire «Election du Conseil fédéral par le peuple» parce que, loin de renforcer notre système politique, elle va - au contraire conduire à une forte personnalisation, une gestion à courtevue et peu crédible tout en accentuant encore l’influence de l‘argent ans notre démocratie. 5


VOTATIONS DU 9 JUIN 2013 Liliane Maury Pasquier Conseillère aux Etats

Trop de démocratie tue la démocratie Donner au peuple la compétence d’élire le Conseil fédéral? L’idée semble conforme aux valeurs de la Suisse, temple de la démocratie directe. Mais en réalité, une telle réforme ne permettrait pas d’améliorer le caractère démocratique de la désignation et du fonctionnement du gouvernement helvétique. En revanche, elle nuirait à d’autres valeurs clés du système politique suisse et aggraverait certains problèmes. L’élection du Conseil fédéral par le peuple en augmenterait, diton, la transparence. Il est vrai que les médias adorent donner à l’élection de l’un-e ou l’autre des sept Sages des allures de conspiration ourdie une nuit de «longs couteaux». Les règles de l’élection PostScriptum 05/2013

du Conseil fédéral sont pourtant bien connues, les discussions qui la précèdent et surtout le vote lui-même n’ayant pas à être publics – pas plus qu’ils ne le seraient d’ailleurs en cas d’élection par le peuple! Dans ce cas, en revanche, les partis nationaux devraient mener campagne pour leur(s) ministre(s) sur le plan national. Qui leur fournirait les ressources nécessaires à un tel battage? En l’état actuel, l’opacité du financement des partis et des campagnes ne permettrait pas de lever le voile sur cette question et ferait obstacle à la libre formation de l’opinion des citoyennes et citoyens ancrée dans notre Constitution. Vous avez dit transparence?

Une élection par le peuple donnerait-elle au Conseil fédéral davantage de légitimité? Même pas. Car plus la campagne est vaste, plus le poids de l’argent et de la notoriété est grand. Dans ce contexte, lequel serait plus légitime: un Conseil fédéral élu par une Assemblée fédérale – elle-même élue par le peuple et donc légitimée à représenter ce dernier – qui s’en laisse peu conter par les médias? Ou un Conseil fédéral issu d’un scrutin populaire, certes légitime en soi mais qui, «peoplisation» oblige, aboutirait à désigner des personnalités à même de s’acheter une grande visibilité? Ce second scénario relève autant de la logique ploutocratique que de la démocratie.

Un Conseil fédéral élu par le peuple gagnerait-il alors en représentativité? Rien n’est moins sûr… bien au contraire! Actuellement, des règles formelles et informelles permettent de garantir un certain équilibre, au Conseil fédéral, dans la représentation des régions, des communautés linguistiques, des partis et des sexes. Une élection nationale verrait les Alémaniques élire des personnalités latines, avec le risque que la population romande – notamment – ne se sente pas dûment représentée. D’autant plus que le quota proposé dans l’initiative tient insuffisamment compte des minorités linguistiques et évacue les aspects autres que culturelsrégionaux. En outre, d’une élection populaire pourrait surgir un gouvernement dominé 6


par une seule région, une seule langue, un seul sexe et/ou une seule tendance politique. A l’exemple extrême du gouvernement monocolore du canton de Genève (1993-1997). Une expérience malheureuse en raison de la paralysie qu’elle a entraînée. Permettre au peuple d’élire le Conseil fédéral nuirait en outre à certaines valeurs clés du système politique suisse. Si le gouvernement était d’une couleur unique ou largement dominante, une forme de toute-puissance l’emporterait sur la concordance. Quant à la collégialité, que deviendrait-elle dans un Conseil fédéral formé d’individus en concurrence et soucieux avant tout de défendre leur bilan «perso»? Vacillante ces dernières années, la collégialité du Conseil fédéral l’emPostScriptum 05/2013

porte toutefois sur celle qui prévaut au sein de cer tains gouvernements cantonaux. Sans compter que l’élection par le peuple peut amener à choisir des personnalités moins consensuelles et moins collégiales… En 2007, le peuple aurait ainsi sans doute réélu Christoph Blocher1 au Conseil fédéral, avec des conséquences catastrophiques pour notre pays. Sans offrir de vrais avantages, l’élection du Conseil fédéral aggraverait cer tains problèmes, à commencer par la surcharge des ministres, dont la tâche est plus lourde que celle de leurs homologues cantonaux. Y ajouter la nécessité de faire campagne serait irresponsable au regard des lacunes actuelles dans le pilotage du Conseil fédéral. A cet égard, d’autres ré-

formes plus urgentes attendent d’être adoptées! Une élection par le peuple péjorerait aussi le déséquilibre des pouvoirs, en renforçant le Conseil fédéral au détriment d’un parlement déjà relativement faible. Bref, ce qui est possible dans les cantons n’est pas forcément transposable au niveau fédéral. Et s’en remettre toujours au peuple n’est pas la panacée, dans une société suisse dont l’unité dans la diversité exige, pour que la démocratie fonctionne, d’élire un Conseil fédéral capable de gouverner tout en incarnant au mieux les diverses minorités.

1 C’est d’ailleurs de la frustration de l’UDC après sa non-réélection qu’est née l’initiative populaire pour l’élection du Conseil fédéral par le peuple. 7


ACTUALITE NATIONALE Carlo Sommaruga Conseiller national

L’incurie du Conseil fédéral Libre circulation des personnes et logement En n’adoptant aujourd’hui aucune mesure concrète avec un impact immédiat de protection des locataires contre les effets indésirables et les abus nés de la libre circulation des personnes sur le marché du logement, le Conseil fédéral fait preuve d’une invraisemblable incurie. Les mesures nécessaires pour combattre avec efficacité et rapidité ces effets ont été clairement énoncées tant par le PSS que par l’ASLOCA, l’Association suisse des locataires. Il s’agit en priorité absolue de la protection des locataires contre les augmentations de loyer à la conclusion d’un nouveau bail et contre les congés économiques destinés à augmenter les loyers. L’objectif n’est pas de réviser tout le droit du bail. Il s’agit d’adopter des mesures temporaires valables pour les PostScriptum 05/2013

cantons où sévit une sévère pénurie de logements. Ce sont des mesures correctives au dysfonctionnement du marché applicables aussi longtemps que la pénurie n’est pas résorbée. Ces mesures peuvent être adaptées par ar rêté fédéral, comme ce fut le cas en 1972 avec l’Arrêté fédéral instituant des mesures contre les abus dans le secteur locatif. En refusant d’agir sur le cadre légale du marché locatif et en se limitant à proposer comme seules

mesures, des moyens agissant à long terme, comme le soutien aux logements d’utilité publique, l’adaptation de la loi sur l’aménagement du territoire ou la mise en place d’un dialogue national entre la Confédération, les cantons, les villes et les communes sur la politique du logement, le Conseil fédéral se déconnecte de la réalité sociale et se fourvoie lourdement. Non seulement il méprise la souffrance sociale de la majorité de la population constituée à 2/3 de locataires, mais de manière irresponsable il contribue à s’aliéner le soutien – jusqu’ici important et déterminant – de segments entiers de la population à la libre circulation des personnes, les locataires des agglomérations et des centres urbains.

Le Conseil fédéral dans son dogmatisme libéral et à la traîne des milieux immobiliers et des par tis de droite estime que les demandes des locataires n’ont rien à voir avec la libre circulation des personnes. Les spécialistes de l’économie du logement fort éloignés de la gauche affirment pourtant le contraire. Ainsi, homegate.ch affirmait le 16 janvier 2013: «La hausse néanmoins persistante des loyers reflète une demande qui demeure excédentaire. Celle-ci est stimulée par l’afflux de personnel hautement qualifié qui reste importante. (…) Les données fondamentales ne devraient pas changer en 2013». Wuest & Partner, dans sa publication 2013/2, écrivait «Par contre, les loyers des nouveaux baux sont en hausse c o n s t a n te d e p u i s 8


2005. (…) L’immigration de l’étranger, principal moteur de la demande de surfaces locatives, est restée constante et à haut niveau pendant l’année 2012. Ces prochain mois, cette dynamique devrait restée inchangée.» Les économistes du Crédit Suisse nous disaient le 29 avril 2013 dans le Crédit Suisse Research News «L’immigration en Suisse se concentre essentiellement sur les cantons du centre. Avec environ 15’000 personnes, Zurich enregistre le plus grand nombre d’immigrés, suivi par le canton de Vaud (10’000), de Genève (5’800) et de Berne (5’200). La pénurie en logements dans l’arc lémanique entraîne aussi un fort taux d’immigration dans les cantons de Fribourg et du Valais, essentiellement constitués d’aggloméPostScriptum 05/2013

rations». Sans compter l’UBS: «Les rives du lac Léman et la région de Zurich ont connu un miracle de l’emploi. Rien que depuis mi-2007, le nombre d’emplois a augmenté de 8,6% au bord du Léman et de 6,9% dans le canton de Zurich. Pour la plupart des nouveaux salariés, il s’agit d’immigrants bien qualifiés à fort revenu, qui ont propulsé la demande de logements – et donc les prix.» (UBS Real Estate Focus janvier 2013.) L’afflux migratoire entraine un dysfonctionnement du marché et impacte le niveau des loyers. C’est une réalité incontestable. L’importante production de logement en 2011 et 2012 évoquée par le Conseil fédéral pour justifier son inaction dans le marché du logement est l’expression de l’aveuglement

idéologique fondée sur les prétendus miracles de la main invisible du marché. En effet, cette production reste nettement inférieure au retard accumulé dans l’offre ces dernières années et surtout inférieure de dizaines de milliers d’unités à l’arrivée des nouveaux migrants dans notre pays et qui cherchent logiquement à se loger, cela malgré l’activation de la clause de sauvegarde qui n’a aucun effet réel.

abus nés de la libre circulation sur le marché du logement. C’est uniquement comme cela que l’on reconquerra et assurera une majorité citoyenne pour le maintien de la libre circulation des personnes.

Le Parti socialiste l’a décidé démocratiquement à son Congrès de Lugano en août 2012. Il n’y aura pas de soutien à l’extension de la libre circulation des personnes à la Croatie sans mesures d’accompagnement efficaces avec des effets concrets et immédiats pour protéger les locataires contre les effets négatifs et les 9


ELECTIONS CANTONALES Votations du 6 octobre 2013 Genève

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ACTUALITE NATIONALE Sandrine Salerno Conseillère administrative de la Ville de Genève, candidate au Conseil d’Etat

Une initative scandaleuse

On pensait que le pire avait été atteint avec l’initiative populaire exigeant la fin du remboursement des interruptions volontaires de grossesse (IVG). On pensait qu’il serait difficile de faire plus cynique. Et bien on s’était trompé. Car le nouvel assaut lancé par les milieux fondamentalistes contre le droit à l’avortement fait froid dans le dos. Cette nouvelle attaque, c’est l’initiative populaire «protéger la vie pour remédier à la per te de milliards». Sous couvert de l’argument économique, ce texte demande en effet l’interdiction pure et simple de l’IVG comme d’ailleurs de l’assistance au suicide ou encore du diagnostic préimplantatoire. L’argument économique? Oui, car selon les initiant-e-s, l’avortement réduirait dangereusement le PIB PostScriptum 05/2013

et la consommation en Suisse. A coup de calculs douteux, aberrants même, les initante-s vont jusqu’à articuler la perte engendrée par les non-naissances d’enfants au cour s de ces dix dernières années: 337 milliards de francs. Un chiffre évidemment tombé de nulle part, mais sur lequel repose pourtant toute l’argumentation des intitiant-e-s, qui souhaitent «protéger la vie» pour combler le trou de l’AVS et remédier au vieillissement de la population suisse. Consternant. Ce texte doit naturell e m e n t ê t re fe r m e ment combattu. Tout comme les procédés scandaleux utilisés

par les initiant-e-s pour convaincre la population d’y adhérer. Car l’argument économique n’est ici que stratégie, comme en atteste un bref passage sur le site du comité d’initiative. On y découvre en effet une vaste critique de la société moderne et de sa « mentalité de contraception », qui contreviennent aux exigences de Dieu de croître et de se multiplier… Une critique de la femme aussi, cette «esclave de la pilule» qui devrait avoir au minimum trois enfants. Bref, on comprend que l’on est face à une énième tentative d’interdire les interruptions volontaires de grossesse en Suisse, cette fois déguisée en plan de sauvetage économique d’une société prétendument sur le déclin.

l’avortement constitue un droit fondamental, inaliénable, pour les femmes. Nous devons aussi rappeler que la Suisse affiche l’un des taux d’avortement les plus bas du monde et que cette pratique n’a jamais été banalisée. Plus généralement, face à la succession d’assauts réactionnaires qui s’abattent sur les droits des femmes, nous devons continuer à nous engager, toutes et tous, pour promouvoir une société plus égalitaire. Pour barrer la route, ensemble, à ce genre d’initiatives rétrogrades et dangereuses.

Face à ce genre d’attaques, nous devons rappeler que depuis sa légalisation en 2002, 11


ACTUALITE CANTONALE Thierry Apothéloz Conseiller administratif de la Ville de Vernier, candidat au Conseil d’Etat

Structures d’accueil de la petite enfance Non à la modification de la loi! Selon l’OCDE, la Suisse figure parmi les dernières places en matière d’efforts pour la petite enfance. Une dynamique de renforcement n’est – hélas – vue par certains partis que comme des dépenses supplémentaires. A Genève, comme ailleurs, la petite enfance coûte cher. Mais le retour sur investissement est avantageux. Des études suisses ont démontré que chaque franc investi en petite enfance en rapporte trois à l’économie, puisque, notamment, elle permet aux femmes de travailler, de consommer et de participer à l’effort fiscal. Au - d e l à d e l ’ a sp e c t économique, notre politique de prise en charge permet de préparer les enfants au long apprentissage de la vie. Elle améliore également notablement les chances de l’enfant dans sa formation et permet d’atténuer PostScriptum 05/2013

les différences sociales. Dans la lutte contre les inégalités, la petite enfance joue un rôle majeur. Un accueil de qualité permet à un enfant, lorsque les moyens sont attribués, de rattraper un déficit d’apprentissage, le préparant ainsi au mieux à sa scolarité future. Une crèche avec un encadrement adéquat est donc un atout pour le futur de nos enfants. Plus qu’ailleurs, le secteur de la petite enfance demande des mesures de sécurité drastiques. On ne plaisante pas avec la sécurité des enfants en bas âges; on n’économise pas des bouts de chandelle. Pourtant, diminuer ces mesures de sécurité, c’est exactement ce que veulent faire prochainement l’UDC, le MCG et le PLR, par une révision de la loi sur les structures d’accueil (J 6 29):

augmenter de 30% le nombre d’enfants par adulte! En comparaison romande de la prise en charge des trois-quatre ans, cette décision est inique. Fribourg, Jura, Neuchâtel, Valais prévoit un adulte pour huit enfants. A Genève, Berne et Vaud, c’est un adulte pour dix enfants. Demain, il est envisagé qu’un adulte s’occupe de treize enfants de trois-quatre ans et de dix enfants de deux-trois ans. Imaginons les ef fets concrets dans un groupe actuels composé de deux adultes (formés ou non) et de vingt enfants. Si un-e éducateur-trice s’occupe d’un enfant qui s’est écorché un genou ou qu’il réponde à la question d’un parent, le second gère le reste du groupe, soit 26 enfants. Même à l’école enfantine, un-e enseignant-e ne gère pas autant d’enfants dans sa classe. Et on veut nous faire croire que, dans la petite enfance, cela est possible sans risque majeur?

Je me demande quelle sera la réaction des partis qui soutiennent ce projet le jour où l’un de nos enfants aura un accident par manque d’encadrement. Par la faute des incendiaires de la République, cette proposition péjore durablement la vie des enfants. Il semble que pour certains partis nos enfants valent moins que ce qu’ils coûtent. Je m’oppose à cette vision avec fermeté. Malgré la forte mobilisation du monde de la petite enfance et du message pourtant clair, la majorité composée du PLR, de l’UDC et du MCG, ont voté ces modifications. Notre par ti doit maintenant se diriger avec énergie dans la voie du référendum, pour que les Genevoises et les Genevois puissent se déterminer sur la qualité voulue dans les institutions de la petite enfance. 12


ACTUALITE CANTONALE Anne Emery-Torracinta Députée, candidate au Conseil d’Etat

Bourses et prêts d’études: il faut modifier la loi! L’accès aux études est clef dans toute société mais surtout pour Genève qui a comme principale richesse sa matière grise. Les ressources financières ne doivent pas constituer un obstacle à cet accès. Dans cette optique, les bourses d’études jouent un rôle important. A Genève, en lien avec l’accord intercantonal sur l’harmonisation des régimes de bourses d’études, une nouvelle loi est entrée en vigueur en 2012. Or, l’application de cette loi est préoccupante. Outre les importants retards pris dans les décisions d’octroi, d’autres éléments posent de sérieux problèmes, ce qui m’a amenée à déposer un projet de loi. E n p re m i e r l i e u , l e Conseil d’Etat a pris le parti de prendre en compte entièrement le revenu du parent divorcé qui n’a pas le droit de garde dans l’établissement du revenu déterPostScriptum 05/2013

minant. Cette pratique, qui s’écarte de celle de tous les autres cantons romands à l’exception de Vaud, peut mettre en situation précaire le parent élevant seul ses enfants. En effet, pour avoir droit à une bourse, le demandeur doit fournir de nombreuses pièces concernant sa situation, ainsi que celle de ses parents. Or, cela peut être particulièrement problématique lorsque le jeune n’a plus de contact avec l’un de ses parents, notamment lorsque cette personne se trouve à l’étranger. De fait, il m’a été rapporté le cas d’une personne qui s’était vue refuser une bourse, faute d’avoir pu transmettre les données financières demandées sur un père vivant hors de Suisse et avec qui elle n’avait plus aucun contact. Cette applica-

tion de la loi peut également être source de conflits entre les parents, puisqu’il n’est pas tenu compte du jugement de divorce décidant de la contribution financière que le parent qui n’a pas la garde doit à celui qui assume cette dernière. En second lieu, le loyer déductible du revenu servant de base au calcul du droit à une bourse est plafonné à un peu plus de CHF 1’300 par mois, ce qui est particulièrement bas quand on connait la réalité genevoise De surcroît, dans le cadre de l’aide sociale, le loyer déductible admis est plus élevé. On peut donc se demander quelle est la logique qui préside à ce que le Conseil d’Etat considère le poids effectif des loyers dans le budget des familles différemment selon la loi dont il est question. Le projet de loi que j’ai déposé n’a pas pour objectif de poser les questions de fond liées aux bourses d’études,

mais de corriger rapidement certains aspects problématiques liés à la loi cantonale et de faire le point en commission parlementaire sur sa mise en application, plus d’un an après son entrée en vigueur. Le cas échéant, cela permettra de rectifier le tir sur d’autres points. Sur le plan fédéral, la question des bourses d’études fait débat : aboutissement de l’initiative des associations d’étudiants demandant d’augmenter les montants octroyés et rendant la Confédération compétente dans ce domaine; v o l o n té d u C o n s e i l fédéral d’harmoniser le système, mais avec des montants qui resteront aléatoires et variables selon les cantons. Les questions sur les moyens que notre pays veut se donner pour permettre à tous les jeunes de se former restent donc d’actualité! 13


ACTUALITE CANTONALE Olga Baranova Conseillère municipale, Ville de Genève

Commission des naturalisations Elle doit disparaître! L’affaire de l’élu municipal UDC qui a fait des avances à une candidate à la naturalisation est un scandale, une histoire dégoûtante qui s’ajoute à la longue liste de curiosités politiques. Mais au-delà de cette triste nouvelle – triste à la fois pour l’élu en question et la crédibilité du monde politique genevois – il y a une systématique: celle de l’abus de pouvoir quand des décisions administratives personnelles deviennent une affaire de politiciens. Le processus de naturalisation est douloureux. Cher, long et douloureux. Même si Genève ne pratique pas de tests contraignants, le processus reste une épreuve majeure pour les candidat-e-s. Les enquêteurs de l’Office cantonal de la population regardent de près tous les aspects de la vie d’une famille ou d’un individu, entre autre la situation financière, les amitiés avec PostScriptum 05/2013

des «Suisses», l’insertion dans un réseau associatif. Les rapports qui sortent de leurs enquêtes – et qui atterissent sur la table de la Commission des naturalisation du Conseil municipal de la Ville de Genève, une des rares communes qui n’a pas entièrement délegué cette compétence au Conseil administratif et donc l’administration communale – dévoilent souvent les aspects les plus intimes de la vie des candidat-e-s (maladies, moments difficiles de la vie). Les candidat-es, quant à eux-elles, ne pourront jamais consulter ces dossiers, même en cas de procédure favorablement aboutie. La présence de ladite commission rend le processus encore plus

difficile et encore plus long. Les comissaires n’ont qu’un droit de préavis et aucun pouvoir d’enquête – même s’ils n’hésitent pas à se les accorder eux-mêmes. Si les fonctionnaires de l’OCP agissent – certes avec une certaine marge discrétionnaire – dans le strict cadre de la loi, les Conseillers municipaux y mettent leur idéologie et leur vision du monde (éléments pour lesquels ils ont été élu-e-s) pour palier l’absence de compétences réelles dans la matière. Ce petit passage par les «mains municipales» amène ainsi dans le processus de naturalisation une sacrée marge d’arbitraire. Et c’est parfois, pour les candidat-e-s, un choc et une perte de confiance profonde envers les élu-e-s du peuple, alors que certain-e-s élu-e-s se plaisent dans cet exercice douteux de pouvoir symbolique.

Il n’y a donc qu’une seule solution à cet état de semi-non-droit: dissoudre la Commission et ne garder que la décision administrative émanant du Conseil administratif. Rien ne nous empêche de recontrer les candidat-e-s à la naturalisation dans le stricte cadre des soirées d’information, voire d’offrir des cours sur l’histoire et la politique suisse (pour couper l’herbe sous les pieds des «faiseurs des Suisses autoproclamés» qui font payer leurs services à hauteur de plusieurs milliers de francs).

Une motion de l’élu socialiste, Pascal Holenweg, va d’ailleurs dans ce sens. A n’en pas douter, ce dernier scandale est une raison de plus pour en accélérer sa marche. 14


ECLAIRAGE Brice Touilloux Secrétaire de la Jeunesse socialiste genevoise, candidat au Grand conseil

Comité d’Olten 2018: Un rendez-vous à ne pas manquer!

Il y a 95 ans, la Première Guerre mondiale battait son plein. Même si la Suisse n’y participait pas, cette période était difficile, car la nourriture était soit absente soit trop chère. Afin de passer ce cap, le Conseil fédéral avait dans les faits les pleins pouvoirs. A l’époque, le Conseil fédéral était constitué de cinq radicaux, un conservateur et un libéral. Dans ce climat, un groupe se réunit le 4 Février 1918 à Olten. Il est constitué de plusieurs membres du Parti Socialiste Suisse et de syndicalistes. Sept sont élus pour former le comité d’Olten. Robert Grimm, un membre du PSS, en prend la présidence. Durant six mois, le comité d’Olten va défendre les classes populaires et moyennes par le dialogue avec le conseil fédéral. Il obtiendra notamment une baisse du prix du lait. Cependant, le Comité d’Olten devint rapidement un contre-pouvoir au Conseil fédéral et représentait les nombreux espoirs de la classe ouvrière. Le conseil fédéral prit peur et rompit toute relation avec le Comité PostScriptum 05/2013

d’Olten. En réaction à ceci, le Comité d’Olten appela à la grève générale et à la déser tion des soldats à travers l’Appel du Comité d’Olten. Cet appel est un programme simple de neuf points à appliquer immédiatement, pour améliorer concrètement les conditions de vie de la classe populaire. Les voici : «Nous demandons la réforme immédiate du gouvernement actuel du pays, conformément à la volonté présente du peuple. Nous demandons que le nouveau gouvernement s’engage à réaliser le programme minimum suivant : 1. Renouvellement immédiat du Conseil national d’après la proportionnelle. 2. Droit de vote et d’éligibilité de la femme. 3. Introduction du droit au travail pour tous. 4. Introduction de la semaine de 48 heures dans toutes les entreprises publiques et privées.

5. O rg a n i s a t i o n d ’ u n e armée essentiellement populaire. 6. D’accord avec les producteurs agraires, assurer le ravitaillement. 7. Assurance vieillesse et invalidité. 8. Monopole de l’Etat pour l’importation et l’exportation. 9. Payement des dettes publiques par les possédants.» Les villes sont tenues par les grévistes durant plusieurs jours mais le Conseil fédéral lève des troupes dans les campagnes et reprend par la force les villes. 3’500 personnes sont condamnées, dont Robert Grimm. Il demande aux soldats envoyés par le Conseil fédéral de ne pas tirer sur les grévistes. Pour cet appel pacifique et non-violent, il est condamné à six mois de prison. La grève est un échec et aucun point n’est établi. Mais le Comité d’Olten a eu l’intelligence de ne pas demander aux grévistes de prendre les armes, ce qui a évité un bain de sang. Le Comité d’Olten a donc défendu les classes populaires et moyennes face au

diktat de la classe possédante. Ce comité était progressiste (droit des femmes), démocratique (vote à la propor tionnelle), social (défense d’une AVS et AI) et réaliste (payement de la dette par les possédants). Il s’agit de notre histoire en tant que Suisses et Socialistes, et nous pouvons être fiers de porter cet héritage. Dans cinq ans nous serons en 2018. Nous aurons là La meilleure occasion de réunir toute la Gauche en fêtant le centenaire du Comité d’Olten. Un groupe «Comité d’Olten 2018» pourrait se former au PSS pour bien préparer la réunion d’un nouveau Comité d’Olten en 2018 où neuf nouveaux points pourraient être établis. Il s’agirait des neuf points à appliquer immédiatement pour améliorer la vie de tous les jours des Suisses et des Suissesses. Et nous, camarades du PSS, nous tenterons par nos actions que ces points soient appliqués durant le XXIe siècle.

Camarades, en 2018, toutes et tous à Olten! 15


COMMUNIQUE DE PRESSE PSG - Section Ville de Genève Virginie Studenmann, Présidente du PSVG et Grégoire Carasso, Chef de groupe

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A NE PAS MANQUER Votations du 13 avril 2023 Genève

Alimentation - Les bons choix. Manger en cohérence • Scandales alimentaires • Progression du fast food • Politique agricole en débat • Foisonnement de préconisations, de labels et de conseils... ... Le consommateur perd confiance, perd pied. Simultanément, de nombreux acteurs s’engagent pour que ça change. Ce livre est dédié à toutes celles et tous ceux qui se battent pour une nouvelle donne agro-alimentaire, et veulent aider à fédérer ces engagements. «Manger en cohérence», ce n’est pas compliqué! Cinq critères suffisent pour aller dans la bonne direction: santé, proximité, diversité, équité et conditions de production plus naturelles. Première vue d’ensemble de ces critères, «Alimentation - Les bons choix, manger en coherence» explicite chacun d’entre eux et montre leurs convergences. «Car manger bio c’est bien, mais si le bio vient surtout de loin, il y a un problème. Le commerce équitable concerne autant le fromage du cru que le thé d’ailleurs. Consommer des produits du terroir ne donne pas un brevet d’alimentation saine...» Parution avril 2013 aux Editions Jouvence - 159 pages - CHF 12.90

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ECLAIRAGE Christian Brunier Ancien député socialiste

Un an de pouvoir de François Hollande Le changement ce n’est pas maintenant, mais c’est sûrement! Le 6 mai 2012, François Hollande gagnait les élections présidentielles françaises. Espace d’espoir vite oublié, pour plonger dans le gouf fre de l’impopularité. Est-ce mérité? Assurément, non! Bien évidemment, son slogan «Le Changement, c’est Maintenant» était un cri mobilisateur. Cette promesse intenable, vu le rythme législatif, s’est transformée en «Le Changement, c’est lentement», mais assurément «Le Changement, c’est sûrement», vu le nombre impressionnant de rénovations engagées. Certes, venant d’un Président de gauche, je rêverais de davantage d’audace; p a r exe mp l e p o u r transformer la fiscalité basée sur le travail et PostScriptum 05/2013

la consommation en une fiscalité plus écologique et axée plus grandement sur les gains en capitaux. Mais, le gouvernement et la majorité de Hollande travaillent, agissent. Malgré la crise, le bilan concret, mesurable, est conséquent, même s’il ne répond pas à l’impatience compréhensible des Françaises et des Français et à l’urgence de cer taines situations dramatiques. La cadence politique est lente. La concrétisation des réformes est complexe et se réalise dans le temps. Le jugement d’une politique ne peut pas se réaliser, sérieusement, dans l’empressement. Gouverner est un marathon, pas un sprint. L’évaluation d’un Président doit être cal-

quée sur un quinquennat, pas sur quelques mois. A titre d’illustration, la loi sur la transition énergétique est génératrice d’espérance tant en termes environnementaux qu’en termes économique. Selon le CNRS (Centre national de la recherche scientifique) et non pas selon le PS, cette nouvelle législation pour mieux et moins consommer les énergies et développer les énergies renouvelables devrait créer 632’000 emplois d’ici 2030. François Hollande l’avait classée dans ses priorités. Et bien, ces douze premiers mois de Présidence ont servi à élaborer le texte, à le soumettre à consultation, à le déposer devant les Chambres et à le voter finalement le 15 avril 2013. Désormais, il faudra le mettre en œuvre pour qu’il porte

enfin ses fruits. On peut le constater, il faut donner du temps au temps pour ancrer les réformes. Cet espace temporel est difficile à «vendre» dans une société de l’instantané, face à des populations qui veulent tout, tout de suite. Autre exemple, concernant l’école, élevée au stade de priorité de la politique gouvernementale. Sarkozy avait supprimé 11’200 postes d’enseignement en 2008; 13’500 en 2009, 16’000 en 2010 et 16’000 en 2012. Pour corriger ces coupes irresponsables dans l’enseignement public, François Hollande va réinjecter 60’000 postes en 5 ans. Là encore, la cadence est peut-être insuffisante. Cependant, il est tout à fait impossible de recruter, de former et d’implanter dans les écoles des 20


professionnels plus rapidement. La réalité rattrape vite les désirs des gens. Les réformes, parlonsen. Sur tous les terrains, l’équipe Hollande plante des germes de changement: retraite à soixante ans pour les métiers pénibles, loi contre le harcèlement sexuel, moralisation de la vie politique (malgré le scandale Cahuzac condamné sans concession unanimement par l’équipe Hollande), relance de la police de proximité, indépendance accrue de la justice, redressement budgétaire sans précédent, fiscalité plus équitable, suppression de niches fiscales pour quelques privilégiés, loi sur le blocage et le contrôle des loyers, légère augmentation du SMIC, loi sur la biodiversité, horaire scolaire tenant mieux compte des besoins PostScriptum 05/2013

de l’enfant, mariage pour tous, … Et au niveau de l’emploi, priorité Une du Peuple de France? La machine est en route: emplois d’avenir ciblés sur les 500’000 jeunes au chômage sans formation, contrat de génération, pacte de compétitivité, simplification des démarches administratives et de la comptabilité des PME, crédit d’impôt compétitivité-emploi, création de la Banque publique d’investissent, stimulation des nouvelles technologies créatrices d’emplois à travers le «Plan France très Haut Débit», projet de loi pénalisant les entreprises fermant des sites industriels rentables… Les chantiers sont nombreux et générateurs de redémarrage économique. L’héritage est lourd. La crise européenne est for te. Le populisme

cataloguant tout le monde politique dans le clan des nuls plane dans un univers simpliste, bien relayé par des médias s’intéressant plus aux petites phrases percutantes qu’aux réalisations concrètes. Toutefois la politique, la gestion de l’évolution de la société, est complexe et ne se résume pas à cette douteuse simplification. Si le bilan se dessine positivement; pourquoi l’insatisfaction est-elle si grande? Les explications sont certainement multiples. Les styles apaisants de Hollande et de son Premier ministre enracinent leurs images d’indécision et de mollesse émanant de leurs caricatures et de leurs marionnettes des «Guignols». La communication du time Hollande manque de punch, ne correspond plus à

l’emballement médiatique actuel. Qu’on le regrette ou pas, le constat est sans appel. Si François Hollande veut infléchir sa courbe de popularité, il devra naturellement redresser celle du chômage et du pouvoir d’achat. Il doit relever, de surcroît, le défi de modifier profondément sa communication. La France de Hollande a besoin d’un électrochoc. Choisir une nouvelle Première ministre, femme, énergétique, gagneuse, comme Martine Aubry, pourrait être une opportunité pour rebondir. A lui de jouer!

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COMMUNIQUE DE PRESSE Parti Socialiste Genevois Romain de Sainte-Marie, PrĂŠsident

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TRIBUNE LIBRE

Pourquoi soutenir l’initiative sur le Revenu de base? (Chronique satyrique et, à l’occasion, de mauvaise foi) Rappel: le Revenu de base est l’idée d’allouer à chaque membre de la communauté un montant minimal (à définir, mais on parle pour la Suisse de 2’500 par mois) de manière inconditionnelle, soit indépendamment de la situation patrimoniale et/ou familiale. Une initiative populaire fédérale visant à instaurer ce principe a été lancée en avril 2012 et devrait aboutir prochainement. A titre personnel, je serais tenté de répondre simplement: «parce que c’est la seule proposition novatrice, progressiste et un brin révolutionnaire qui nous ait été faite depuis au moins quarante ans» - hé oui, mai 68 est désormais un temps que les moins de soixante ans ne peuvent pas connaître. Et si une outrecuidante avait le malheur de me demander: «mais encore?», comme je suis des fois fatigué de répéter les mêmes choses depuis près de quinze ans (j’ai défendu mon mémoire de diplôme sur ce qui s’appelait à l’époque l’Allocation universelle en 2000) je serais tenté de la renvoyer au dernier numéro du Monde diplo - excellent pour une fois (serait-ce parce que n’y écrivent dedans quasiment que des genevois? la quesPostScriptum 05/2013

tion peut rester ouverte). Mais conscient que ce serait une réponse un peu courte, et que les articles du susnommé mensuel sont vraiment écrits tout petit, je ferai l’effort de quelques développements, en me concentrant sur certains arguments souvent avancés, à gauche, en défaveur du Revenu de base. Commençons par le plus tarte, et malheureusement pas le moins fréquent: «Milton Friedman, célèbre économiste néo-libéral de Chicago, inspirateur de Margareth Thatcher et conseiller économique d’Augusto Pinochet (ndr: un vrai méchant ce Milton) était pour». Outre que c’est partiellement faux - il défendait l’impôt négatif mais passons sur les détails - la belle affaire! Comme si une idée appartenait à celui qui y adhère. Et comme si ce qui était vérité hier ne pouvait devenir mensonge aujourd’hui - l’élection du Conseil fédéral n’avait-elle pas été proposée par deux fois, dans un lointain passé certes, par le Parti socialiste? Il faut donc toujours faire l’effort d’évaluer les projets pour ce qu’ils sont, non seulement pour ce que certains en disent, et dans l’ici et le maintenant. Ce qui nous amène à un deuxième argument, plus situé celui-là, qui est de reprocher à l’initiative, parce qu’elle n’articule aucun montant ni mode de financement mais seulement un principe - dans le res-

pect, en passant, de l’esprit constitutionnel, mais qui s’en soucie? - d’ouvrir un boulevard à la droite majoritaire au parlement pour démanteler notre état social sur l’air: «maintenant qu’ils ont un revenu de base, on peut leur sucrer le reste». L’argument laisse songeur, surtout quand il émane de milieux favorables au salaire minimum, tant il fait penser à l’argument le plus classique de la droite contre toute forme de protection de base, à savoir qu’il y aurait un effet d’attraction irrésistible vers le plancher - à part la force gravitationnelle, je ne vois pas. Comme si la droite patronale attendait depuis des lustres en embuscade qu’on lui donne le prétexte pour pouvoir s’attaquer au système social. Historiquement, on constatera même que, en dépit d’une hégémonie bourgeoise de toujours, la protection sociale est allée globalement en s’étendant et que jamais un droit social nouveau est venu en chasser un autre. A gauche toujours, certains s’émeuvent encore de la remise en cause par le Revenu de base de la «valeur travail» (argument le plus partagé, puisque très présent à droite) ou même s’inquiètent de la faisabilité économique - j’ai du raté un épisode de l’évolution de la gauche, je croyais encore que l’on était la boutique où l’on rasait gratis. Sur ce dernier point, avec un coût estimable entre 150 et 180 milliards (selon que l’on accorde un quart ou une moi-

tié de revenu aux mineurs), un PIB de 590 milliards, dont près de 200 finissent en dépenses publiques, et toutes les Porsches Cayenne qui continuent d’encombrer nos rues et de menacer nos enfants, on se dit que c’est pas moins jouable que les velléités de certains d’assurer la prospérité du plus grand nombre sur la tonte radicale de quelques milliardaires qui auront eu la possibilité de s’exiler - on s’en fout - avec toute leur fortune - c’est plus embêtant - avant même que les 7 ou plus (combien de divisions?) composantes de la gauche la plus proche du mur se soient mises d’accord sur la première phrase de l’initiative vengeresse. Quant à la valeur travail, estimer que celui-là se jauge uniquement à sa contrepartie financière serait une manière, bizarrement socialiste pour le coup, de le réduire à une vision purement marchande et capitaliste. Comme s’il n’était de travail que dans le rapport salarial. Et comme si le marché du travail produisait une juste distribution des revenus. Loin de moi l’idée de mettre en procès le salariat, extraordinaire véhicule de progrès économique et social pour les travailleuses, mais force est de constater qu’il a pour le moins, et depuis maintenant plusieurs décennies, quelques fuites d’huiles. C’est comme lorsque l’on me rétorque que: «verser un revenu sans contrepartie c’est renoncer à l’objec26


tif d’un travail décent pour toutes et tous», j’ai l’envie de répondre comme Georges Picard - auteur apprécié d’Holenweg, c’est dire: «Dans quel monde vivezvous?», tant le plein emploi apparaît aujourd’hui plus que jamais comme la vieille lune qu’il a toujours été (on n’a connu de plein emploi que masculin). Enfin, l’argument peut-être le plus sérieux, celui du montant qui serait insuffisant pour vivre décemment (qui peut se payer une Porsche Cayenne avec 2’500 francs par mois), il apparaît vite comme un commode cache-sexe lorsque l’on considère la diversité des besoins, notamment ceux des personnes avec un handicap physique, pour lesquelles il sera toujours nécessaire d’engager socialement des dépenses bien supérieures à tout revenu de base, fût-il de 6’000 francs par mois. Et pour finir, afin de quand même lancer véritablement la discussion, je propose une raison sérieuse de défendre le revenu de base: celui-là est une manière d’achèvement de notre système de protection sociale. Si notre constitution garantit en effet à tous le droit de «recevoir les moyens indispensables pour mener une existence conforme à la dignité humaine», il convient aujourd’hui de constater que la dignité n’est pas indifférente à la manière d’octroyer ces moyens indispensables. Et en ce PostScriptum 05/2013

sens, la fourniture ex ante de moyens d’existence s’avère une manière bien plus respectueuse des personnes de concrétiser leurs droits sociaux et, partant, plus susceptible de libérer leurs potentialités, seul véritable enjeu, finalement, d’une politique qui se voudrait émancipatrice. Julien Dubouchet

La Tribune libre du mois d’avril, très riche, m’amène à réagir vu l’importance de certains points abordés. Tout d’abord, l’article d’Alberto Velasco, qui nie l’effort de réglementation nécessaire à la gestion de tout parti politique, est déroutant. Et finalement, il enfonce une porte ouverte, car le PSG 60+ avait fermement demandé, et obtenu du comité directeur, un nouveau vote sur l’abrogation de la limite d’âge pour les candidatures à divers postes exécutifs. Vu la jurisprudence du Tribunal fédéral en la matière, la limite d’âge ne pourra qu’être supprimée. La contribution de Christian Brunier est très intéressante, et l’on devrait souscrire au Pacte de moralisation de la politique genevoise qu’il propose. Toutefois, ses modalités

concrètes et certains aspects particuliers impliqueront de sérieuses mises au point et une rigueur rédactionnelle accrue. Je voudrais m’arrêter aujourd’hui sur la publication des liens d’intérêts entourant chaque candidature. Par le contenu idéologique et l’importance sociale qu’ils supposent, ils apparaissent, pour l’électeur, au moins aussi décisifs que l’ampleur du patrimoine de chaque candidat. Christian Brunier parle des «milieux religieux qu’une candidature porte». En fait, pour être complet et précis, il convient de se référer aux convictions religieuses ou philosophiques, au sens de l’art. 25 de la Constitution cantonale. La liberté de croire ou de ne pas croire appartient à la sphère privée des citoyens. Par contre, lorsque l’un d’eux sollicite le suffrage universel pour assumer des fonctions législatives, exécutives ou judiciaires, le droit à l’information des électeurs l’emporte sur la protection de la sphère privée et l’impératif de transparence doit être le même pour tous, sans privilège. Suivant les travaux du grand philosophe Jürgen Habermas, qu’il a résumés dans un article de la NZZ du 4 août 2012 (p. 63), les communautés religieuses ne doivent pas se trouver bannies de l’espace public pour être restreintes à la

sphère privée, dans la mesure où elles jouent un rôle important envers la société civile d’un territoire donné. Malgré ses imperfections, l’art. 3 al. 3 Cst. GE répond à cette préoccupation et ancre dans le droit genevois ce principe majeur de neutralité religieuse de confiance, et non pas de défiance. De son côté, la «moralisation de la politique genevoise» induit le respect du corps électoral, dont les membres sont des citoyens, et non pas des sujets traités avec plus ou moins de condescendance et auxquels on indique ce que l’on veut bien dire. Dans cette optique, la connaissance des lobbies religieux et philosophiques dont font partie les candidats est aussi utile que celle de leur patrimoine ou de la marque de leur voiture. À ce propos, et bien que je ne sois en l’état candidat à rien, je signale que je possède une carte TPG et, comme unique véhicule, une Renault Twingo achetée en 2009, longtemps avant que les ministres du gouvernement français l’aient mise à la mode. Cela afin d’illustrer mon engagement pour la mobilité et la complémentarité des moyens de transports publics et privés, en ma qualité de membre de la section genevoise du TCS. Dominique Favre 27


POSTSCRIPTUM05/13 PSG

Vie du parti Samedi 1er juin

Mercredi 5 juin

Molard PSG, de 11h à 15h Migros Eaux-Vives PSVG, de 11h à 13h Place du Marché PS Carouge

Place Neuve Manifestation intersyndicale

Coop Cardinal-Mermillod PS Carouge

dès 13h30

(rdv à 15h45 aux Charmettes)

(rdv à 9h15 aux Charmettes)

_______________________

Mercredi 29 mai Coop Acacias PS Carouge (rdv à 15h45 aux Charmettes)

Molard PSG, de 11h à 15h Coop Champel PSVG, de 11h à 13h Place du Marché PS Carouge (rdv à 9h15 aux Charmettes)

Lieu à définir PSVernier, de 10h à12h

_____________________

Samedi 8 juin Place du Marché PS Carouge (rdv à 9h15 aux Charmettes)

_____________________

et tous les évènements sur:

www.ps-ge.ch

Action proxi-quartiers Tous les jeudis, jusqu’au 26 septembre, les Socialistes iront à la rencontre des Genevois-e-s dans leur bus PS. Les candidat-e-s se rendront dans vos quartiers afin de discuter leurs idées et projets pour Genève et de partager le verre de l’amitié.

JAA

Samedi 25 mai

1200 GENève 2

Changement d’adresse : Parti socialiste genevois Rue des Voisins 15 1205 GENève

Stands

Agenda Lundi 27 mai Inter commission en vue de la campagne avortement 18h, locaux du PSG Groupe égalité entre Femmes et Hommes 19h30, locaux du PSG

5 juin Coordination des sections (COOSEC) suite en page 2du PSG 18h30, locaux

11 juin Commission santé-social 19h, locaux du PSG Commission du logement et de l’aménagement du territoire 20h30, locaux du PSG

26 juin Coordination des sections (COOSEC) 18h30 au siège du PSG

Locaux du PSG: Rue des Voisins 15 (code 2108A)

Postscriptum n°5  

Journal du parti socialiste genevois

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