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Méta-atelier / Plateforme mobile d’expérimentation

de l’école supérieure d’art d’Aix en Provence et les Protocoles Méta. « Campement critique 01» ou méta-campement…

Du mercredi 21 avril au samedi 24 avril 2010. À La gare de Coustellet (84): accueil et présentation du projet et aux camping municipal de Maubec (84): hébergement et espace d’expérimentation. Avec la collaboration de: l’Ecole d’Art de Blois, l’Association Sentiers de Lamelouze, le Laboratoire du Geste (IUFM de Paris/Université Paris 4), la Gare de Coustellet, le camping municipal de Maubec

Compte-rendu du premier méta-campement d’Avril 2010 à Maubec (84). Méta-atelier / Plateforme mobile d’expérimentation de l’école supérieure d’art d’Aix en Provence et les Protocoles Méta. P.1


Ce premier campement a fonctionné comme un laboratoire pour expérimenter divers modes de bivouacs artistiques et préparer les prochains méta-campements à Lamelouze (Cévennes), Blois (Loir-et-Cher), Aix en Provence (Bouches du Rhône). Le nombre de participants y a été volontairement restreint afin de mettre à jour tous les enjeux et malentendus. Pendant ce premier campement nous avons entremêlés trois types d’expérimentations :

de Recherche en Arts Plastiques), Université Paris1 Panthéon. - Vincent Jean, chargé des publics, la Scène Nationale de Cavaillon (Cavaillon). Véronique Lamare, artiste/performeuse (Bordeaux). - Corinne Melin, théoricienne de l’art (Bruxelle).

1) L’expérimentation de la plateforme-mobile de l’école d’Aix et les « cantines » des étudiants participants (cantines qui contiennent à la fois de quoi faire atelier, et de quoi témoigner des préoccupations de l’étudiant). La plateforme-mobile (chapiteau) a été déployée pour la première de manière à accueillir une trentaine de personnes pour faire agora et y mener diverses activités autour. 2) L’expérimentation de bivouacs mobiles en prévisions des futurs campements critiques à Blois, à Lamelouze et à Aix. 3) L’expérimentation collective en milieu dit naturel (de jour comme de nuit). Avec la participation de : - Christine Bouvier du collectif Ornic’art/RedPlexus Coordination : Jean-Paul Thibeau. (Marseille). Avec les enseignants de l’Ecole Supérieure - Manuel Fadat, doctorant, enseignant en histoire d’Art d’Aix en Provence : de l’art (contemporain), co-responsable de la Jean-Paul Thibeau, Willy Legaud, Christophe revue Los flamencos no comen et coordinateur Blancard, Rémi Coupille, Clément Vial et Hélène associatif de Autonome Vivance (Montpellier). Vigouroux (responsable du centre de documenta- - William Gosselin, artiste, Association «Du vent tion). dans l’Horloge» (Nîmes). Avec les étudiants de l’Ecole Supérieure d’Art - Alice Guerraz de l’association la maison d’édition d’Aix en Provence : d’idées (Grenoble). Morgane Rebuffat (3ème année), Natália Rebelo - Christophe André de l’association entropie (3ème année), Anthony Dalessandro (3ème an- (Grenoble). née), Lila Neutre (3ème année), Benjamin Rueher - Jean-Claude Roure et Annie Lagier, Galerie (4ème année), Natacha Gomet (4ème année) et Lagier (Isle sur Sorgue). Sylvain Nicole (post-diplôme). Avec la collaboration de : - Cédric Bernadotte chargé des Multimédia et Avec les visites de : Arts Visuels, La Gare de Coustellet (Coustellet- -certains campeurs du Camping de Maubec, Maubec). quelques habitants de Maubec, plusieurs - Alain Goulesque, Directeur de l’école d’art de Blois. membres de la « Gare du Coustellet », et de - Pascal Sémur, artiste, Rochefort. quelques animaux… - Marie-Claire Gelly, responsable de l’association Sentiers (Lamelouze). - Mélanie Perrier, artiste, enseignante chercheuse, Laboratoire du Geste CERAP (Centre d’Etudes et

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Bagage du méta-campeur : 1 drap pour lit (au sein du camping) ou un duvet, 1 serviette de toilette, 1 duvet (pour bivouac), 1 petite tente pliante (pour bivouac) pour ceux qui en ont, Des chaussures de marches, Des vêtements chauds pour le soir, 1 parapluie, 1 thermos, 1 gourde ou une bouteille d’eau, 1 couvert complet (verre , assiette, couteau, fourchette, cuillère), De quoi prendre des notes, 1 fragment de texte sur la notion de déplacement, 1 objet de votre quotidien, Et ce que vous avez envie !

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Rythme du méta-campement :

se concentrer sur ce qu’il percevait et ressentait. Ce premier campement fonctionnant comme un En amont Marie-Claire proposa un exercice sur la laboratoire pour expérimenter divers modes de perception. bivouacs artistiques et préparer les prochains 11h : Pause au café d’Oppède le Vieux, campements, nous décidâmes d’organiser au jour « météo» de chacun sur l’expérience et présenle jour nos activités en fonction de la météo et des tation de certains participants (chaque participant modifications que nous avions envie d’apporter au qui se présente invite ensuite un autre participant fur et à mesure. Mais en voici le canevas de base : à se présenter). 11h45 : Retour par un autre chemin sur Maubec. 13h : pique-nique (suite présentation des participants) suivi d’une sieste de 30mn. 14h30 de 18h : Présentation de la « plateforme mobile » : activations et discussions sur les différentes « cantines mobiles » (conçues et aménagées par les étudiant(e)s), de la cantinebibliothèque (conçue et aménagée par Hélène) et du chapiteau conçu par Christophe et Sylvain et réalisé avec la participation des étudiants du méta-atelier d’Aix. 19h : Constitution de 3 équipes. Une équipe « cuisine » qui prépare les repas Une équipe qui réfléchit sur le «cahier du métacampement» (récits d’expériences, traces, postMercredi 21 avril, 14h30 : Arrivée de la « plateforme mobile » d’Aix production.). Une troisième qui poursuit le montage et la finition du chapiteau. au Camping de Maubec. 19h30 : Repas et discussions. Installation du camp de base. Arrivées successives des différents participants 21h : Randonnée-bivouac / expérimentations jusqu’à 18h30. nocturnes à partir des propositions de Marie16h30 : rencontre avec l’équipe de la Gare du Cous- Claire, Lila, Morgane, … tellet, Cédric Bernadotte nous fait visiter les locaux et nous présente les diverses activités du lieu. Vendredi 23 avril 8h30 : Petit déjeuner. 18h30: Présentation des rythmes, des enjeux et 9h30 : 3 groupes de réflexion se sont constitués des diverses propositions. autour de ces notions de méta-campement , campement critique. 19h : Constitution de 3 équipes. Une équipe « cuisine » qui prépare les repas Une équipe qui réfléchit sur le «cahier du méta-campement» (récits d’expériences, traces, post-production.). Une troisième qui poursuit le montage et la finition du chapiteau. 20h30 : repas, présentation des participants du méta-campement, discussions diverses.

Jeudi 22 avril

8h30 : Petit déjeuner. 9h30 : Sur une proposition de Jean-Paul départ pour une randonnée par un GR jusqu’à Oppède le Vieux. Chacun devait rester silencieux afin de

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Pourquoi se mettre dans une posture à l’écart ? - Pourquoi cette idée de mobilité ? - Pourquoi notamment en milieu rural ? - Comment organiser ces campements ? A l’adresses de qui ? - Que fait-on au sein de ces campements ? - Quelle logistique et quelle communication mettre en place ? Quelles suites peut-on mettre en perspective pour de futurs méta-campements ( Blois, Lamelouze et d’Aix) ? 11h30 : mise en commun des réflexions. 13h : pique-nique (suite présentation des participants) suivi d’une courte sieste. 14h : Constitution de 3 groupes : 1) un groupe de discussion sur la manière de présenter la session et le méta-campement aux invités/visiteurs qui nous rejoindront à partir de 18h30. 2) un second groupe sur l’organisation de l’accueil et du repas commun. 3) un troisième groupe finalisant la mise en place du chapiteau. 16h : synthèse. 17h : mise en place de l’accueil / activation des propositions des uns et des autres, préparation du repas pour le soir. 18h30 : les premiers invités/visiteurs nous rejoignent. 20h30 : repas et discussions entre les participants et les invités.

Samedi 24 avril :

8h30 : Petit déjeuner. 9h : libérer gîtes et mobile-homes. 11h : départ et fin du premier méta-campement. Pendant tout le séjour nous avons été très aimablement accueillis par la responsable du camping et les relations avec les autres campeurs - malgré notre nombre envahissant, ont été très courtoises. Nous constituions un noyau de 25 personnes et le vendredi soir nous étions une cinquantaine de personnes sur le site.

Pour ceux celles qui ne connaissent pas le méta-atelier, la plateforme-mobile, les protocoles méta – voir aux adresses suivantes : Méta-atelier = http://www.protocolesmeta.com/spip.php?article105 Plateforme-mobile= http://www.protocolesmeta.com/spip.php?article104 Protocoles méta= http://www.protocolesmeta.com/spip.php?rubrique1

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Notes(avril 2010) Jean-Paul Thibeau Note 1 Nous souhaitions tester des installations provisoires, et des équipements permettant la mobilité, tout en recherchant une économie de moyens. Ce premier méta-campement s’est « infiltré » dans un camping. L’espace camping est déjà en soi un modèle : il rassemble, en principe, des adeptes dans toutes les catégories sociales. Il est l’occasion d’expérimenter un style de vie combinant temps libre, rapport à la nature et aux autres d’une manière moins urbaines, il est le reliquat des luttes sociales pour du temps libéré, non asservi au travail. L’idée de méta-campement est de se poser à l’écart, faire un pas de côté. C’est à la fois : -un jeu sur l’espace construit/déconstruit avec un ensemble de matériel, d’équipements pour faire camp, - un espace social et créatif qui essaie d’ajuster ses arguments et ses fins - à savoir se ré outiller et se ré affiner soi-même pour percer les lignes des camps visibles et invisibles qu’a su implanter le capitalisme / sortir de la vie assiégée par ce dernier qui est certainement le séisme géologique et humain le plus important après les religions et leur hégémonie sur la vie …

L’idée de méta-campement induit un rapport de distanciation et de critique et de reconstruction de l’expérience en développant une organisation de vie provisoire, simple, pour se réapproprier du temps, des espaces, des outils de partages, de l’hospitalité, c’est une zone d’autonomie temporaire. Nous y décidons de nous rendre disponible pour contourner toute finalité purement utilitariste. C’est certain, au lieu de produire nous préférons déduire. Quand nous disons méta-campement, ce n’est pas créer du territoire, de la propriété de plus, mais c’est constituer un camp de base provisoire, temporaire qui permet de déployer des constellations d’expéditions, de bivouacs… Le méta-campement est un croisement de mobiles, de méta-solitaires, de méta-vagabonds… Derrière l’idée de méta-campement il y a aussi l’idée de décampement, la notion soustractive est toujours là en filigrane… (Rappel : lutte des sans et des dé- http://protocolesmeta.com/ spip.php?article97) On y croise l’autogestion, la solidarité, l’horizontalité, responsabilisation, la non-discrimination, la remise en jeu de nos apriori, l’invention d’autres manières de faire et de dire, d’être ensemble. La problématisation des malentendus.

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Oui nous sommes « assiégés » et nous pensons aménager des interstices, des échappées afin de nous recomposer des tactiques et des stratégies d’existences… Nous sommes de petites escouades volantes qui repérons, observons les états de sièges, tant extérieur qu’intérieur afin de créer des percées… Alors que depuis des décennies les notions de camp et campement sont très largement entachées par des politiques de rétention, de ségrégation, d’asile forcé, de disqualification social, de piège humain : qu’est-ce que cela veut dire des individus qui opèrent par campements successifs comme si le campement pouvait aussi devenir une arme de résistance (comme les campements des « Enfants de Don Quichotte »), mais le campement n’est pas forcément un abri de toile ou précaire, c’est une manière de concevoir aussi des jeux de déterritorialisation, d ‘expérimentation d’espace et de reconstruction de vie ! Reconquérir de l’espace public pour en faire de l’agora destituante et reconstituante de nouvelles exigences communes. Nous ne sommes pas les nouveaux réfugiés de la désillusion, mais une joyeuse multitude qui danse sur le corps d’un monde qui a peur…Nous prônons l’éloge de la non-permanence, voir de l’insécurité. Si le camping est un contre espace, une hétérotopie, le méta-campement est une méta-topie ! Une déterritorialisation, un espace autre, vers on ne sait quoi… Note 2

et des lieux institutionnels agréés pour la conservation et la reproduction de l’art. Explorer d’autres outils, le corps comme outil et capteur, changer d’état de corps et d’esprit… Réapprendre à vagabonder, à paresser, … Explorer d’autres spatialisations, d’autres temporalités… Plus dans le vécu au jour le jour, dans le peu programmé… Double mouvement à la fois se recentrer et lâcher prise ! Découvrir des espaces non lisse, des chemins broussailleux, des temps chaotiques, et des temps infinis… Une autre conscience de l’environnement. Pourquoi cette idée de mobilité ? Dans campement on entend aussi décampement… S’ouvrir à d’autres relations, d’autres formes de perception, et réception… Se mettre en mouvement retrouver une disponibilité »… Reconquérir une forme de légèreté… et redonner une souplesse une mobilité aux pratiques de chacun. Comment organiser ces campements ? Quel type d’hospitalité instaurons-nous ? Quels types d’hospitalité et d’attention pouvons nous mettre en place. Maintenir l’hétérogénéité… Ouvrir un lieu d’échange où n’importe qui peut se greffer et participer… Mettre à l’épreuve la transmission et le commun… D’une manière simple et légère, faire avec peu. Comment faire des tâches inhérentes à un regroupement, au lieu d’une corvée, un temps de rencontre et de pratique d’expérimentation ?

Quelques ébauches de réponses aux questions traversées pendant cette session. - Que fait-on au sein de ces campements ? Pourquoi se mettre dans une posture à l’écart ? Pourquoi notamment en milieu rural ?

On y vient avec l’idée d’expérimenter et partager des choses, en essayant de donner plus de mobilité aux pratiques des uns et des autres. Créer, aménager une distanciation critique Comment ré explorer les rapports entre les individus et les lieux ? Superposer un autre territoire (calque) sur un ter- Comment élargir la conscience de nos pratiques ritoire existant (déplacement/décalage), desserrer et de l’art ? le « siège » trouver des interstices à libérer, des Comment créer un espace temps critique où se zones franches… traite les vertus des malentendus et des dissensus ? Mettre en place des échappées aussi bien dans la - Quelle logistique et quelle communication mettre manière de se déplacer, que de faire et de dire… en place ? Découvrir d’autres contextes que ceux de l’urbain Essayer d’être le plus léger. Notion de regroupeCompte-rendu du premier méta-campement d’Avril 2010 à Maubec (84). Méta-atelier / Plateforme mobile d’expérimentation de l’école supérieure d’art d’Aix en Provence et les Protocoles Méta. P.8


ment provisoire et de traversée. Essayer d’imaginer l’histoire de ces exodes, de ces migrations saisonnières, de ces rassemblements de vagabonds… Des campements provisoires… Différencier le campement de base et ses bivouacs stratégiques, avec les rendez-vous et les bivouacs indéterminés et aléatoires. Favoriser des agoras mobiles de méta-vagabonds! Maintenir diversité des propositions, ne pas modéliser… varier les périodes et les types de lieux … Expérimenter des zones de méta-temps partagés…

Quelles suites peut-on mettre en perspective pour de futurs méta-campements ( Blois, Lamelouze et d’Aix) ? Chacun devra organiser sa logistique (déplacement, hébergement, nourriture…).

IL N’Y A PAS DE MODELISATION DE META-CAMPEMENT….

Qu’est-ce qu’on envoie comme signal pour le rassemblement ? Il s’agit d’imaginer des rassemblements aléatoires mais en évitant toute forme de festival ! Par rapport aux pratiques partagées qu’est-ce qu’on laisse comme trace ? In situ : Une trace enfouie (avec émetteur où simple coordonnée géo-métrique) ? Internet : un compte-rendu ou un message énigmatique ? (Allo ici la terre des méta-vagabonds!). Epurer les traces, transmettre un outil à réactiver ? (un objet énigmatique)

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QUEL EST LE CONTENU DU SAC DU META-CAMPEUR ? Jean-Paul Thibeau. - De bonnes chaussures de marches (ouverte et fermée). - Un hamac, avec bâche plastique + corde pour tendre une tente dessus en cas de pluie… - Un duvet. - Une serviette. - Un torchon. - Un briquet. - Une bougie. - Un chapeau. - Des lunettes de soleil. - Une corde et pinces à linge. - Un couteau. - Petite cuillère, cuillère, fourchette. - Une gourde. - Un pantalon de rechange. - Un tee-shirt de rechange. - Un sweet pouvant servir d’oreiller. - Deux paires de chaussettes. - Trois slips. - Un livre. - Un objet ne servant à rien. - Ce que tu veux. - Ce que tu peux. - Le devenir méta-vagabond et danseur de peu.

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UNE EXPERIENCE DU DECENTREMENT.

Lila Neutre.

Échapper à un monde dont on souhaiterait, chaque jour qui passe, nous faire croire à la solidité et qui, en dépit de sa diversité, reste un bloc homogène et rassurant, n’est-ce pas ce que nous cherchons ? L’expérience quotidienne du milieu de l’art, domaine où nous sommes censés trouver le monde et le comprendre, malgré la grande variété des supports, est malheureusement sujet à la monotonie des représentations. Comment alors, lorsque l’on a comme déjà digéré ce qu’on nous donne à voir, ne pas rester sur sa faim ? Comment ne pas réagir par un simple acquiescement ? C’est ce qu’on se surprend à penser lors des sessions méta. Difficultés pour nous de se relier au réel. De trouver un regard, une forme d’expérience qui contenterait notre désir de voir (re-voir) et de savoir. Le réel, c’est peutêtre ce qui est derrière le temps, ce qui échappe au temps des horloges, à la fois permanent et mouvant. Ce qui est décentré, hors du temps ? Résister pourrait consister à revendiquer la vie d’un œil décentré dont le travail pourrait s’apparenter à celui d’un briseur d’équilibre ; entrer dans le champ de ce qui est fréquemment montré en le déminant de ses « balises » et proposer des « contre-territoires » d’où nous pourrions interroger la fragilité des limites, la perméabilité des frontières. Finesse d’un regard qui ne serait pas « décalé », mais calé au plus près de la faille. À la représentation des apparences en une image, opposer une expérience flottante, indéfinie où les choses seraient montrées telles que nous les vivons dans l’expérimentation.

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ARCHITECTURE FÉBRILE DE CAMPAGNE. Alain Goulesque. Lorsqu’il faut camper sur ses positions, il est convenu d’avoir établi le périmètre et le bornage du territoire de ses réflexions. Il faut toujours un plan de campagne pour déterminer ses plans d’actions. Il s’agit donc bien de se mettre en campagne au sens réel, comme au sens figuré. Construire des architectures fébriles de campagne, établir des campements nomades, des camps éphémères et mobiles, légèrement à l’écart, en arrière du point limite d’un front, rassemblant la forme la plus hétérogène de partages, un front d’expérimentation collective…

L’espace naturel est devenu pour beaucoup nonnaturel, voire sur-naturel (ou encore sur-réel pour rendre hommage à Breton). L’art est urbain et en sature le territoire… Peut-être est-il temps de déplacer les agoras, les rendre mobiles et fluantes, créer des espaces publics nomades. Méthodes et architecture de campements Le déplacement a quelque chose à voir avec le cinéma… déplacement de l’objectif, du cadrage, de ce qu’il faut regarder. La caméra scrute l’espace et le temps… Les relations de Deleuze au cinéma m’ont inspiré les notions qui vont suivre et le schéma qui en découle. Aux images actions, images affections et images perceptions, j’ai substitué des surfaces (autant qu’au fond une image est une surface), et plus précisément des zones de surfaces et d’intensités. Ainsi dans chaque production d’espaces publics nomades, que pourrait caractériser nos types de campement, on pourrait concevoir des zones balisées qui s’étendent autour d’un centre ; en zones excentriques, les zones d’intensités s’échappent, se meuvent…

Une expérimentation autour de l’art, prise comme le prétexte d’un dépassement de l’art ou tout moins, prise comme le moyen de pénétrer sur un territoire où il ne serait plus nécessaire de prouver que l’on produit de l’art. Se déplacer en campagne, se mettre à l’écart sur un territoire où le cheminement est de nature, le déplacement buissonnier commun, où les chemins de rêves se superposent aux chemins réels comme dans Ainsi, nous pourrions considérer qu’une agol’expérience décrite par André Breton dans son ra fluante, placée au centre, peut se déplacer voyage à Blois en mai 1924. emportant avec elle trois zones d’intensité. La Une expérience fondatrice, un terrain à construire, première, la plus proche, la zone d’intensité bâtit au fur et à mesure du déplacement… d’affection celles de nos relations communautaires, de nos échanges, de nos dialogues, Il s’agirait au fond d’aller au plus loin de cette une intensité d’approche. La deuxième, plus dérive artistique, il s’agirait de chercher le terriou moins étendue, la zone d’intensité d’action toire de recul le mieux adapté à l’assemblage sencorrespond aux séquences de propositions, sible et enflammé de positions critiques nouvelles, aux activités fictionnelles, aux déploiements une « architecture fébrile de dépaysement », une de séquences d’évènements… La troisième, campagne de campement… la plus lointaine, la zone d’intensité de perception, offre un champ large, panoramique, La nature ou l’espace naturel fournit le lieu le plus étendu dans son offre d’expérimentations perpropice aux extensions de temps. ceptives, de tentatives d’explorations, d’expansion du temps… Elle correspond à une Le dépaysement pourrait y est être envisagé zone avant-coureuse, pionnière, en charge de comme seul mode de déplacement, recoupant percepts, c’est une zone de négociation avec aussi bien le sens du changement que celui du les territoires indéfinis abordés… déplacement de nos habitudes, de nos langages, de nos comportements, de nos perceptions. Une Enfin, lors de déplacements, l’ensemble des méthode pour décamper de nos positions. zones bouge, se déplace plus ou moins lourdement, selon le mode choisi, l’agora alors se meut lentement… Compte-rendu du premier méta-campement d’Avril 2010 à Maubec (84). Méta-atelier / Plateforme mobile d’expérimentation de l’école supérieure d’art d’Aix en Provence et les Protocoles Méta. P.12


CARNET DE BROUILLON. Alice Guerraz. Carnet de brouillon ******************************des choses abstraites **************************************************************** ****** Les paysages étaient très beaux, je ne pouvais pas faire de photos

ou comment sortir du paysage ? // Dépaysement **************************************************************** ******* C'est peut être ça le dépaysement cette sorte de petite douleure Ne pas être la beauté A voir toute cette misère : les piscines, les grosses maisons

Le matériel qui s'épuise Les traces qui se font pendant **************************************************************** ********

*******

Porter en soi ses protocoles de traces

**************************************************************** **************************************** Des que l'on voyage à pied, c'est louche

Sentir le groupe comme un animal **************************************************************** **********************

"Ne tape pas tout à la machine, écris une ligne à la main"

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SE RENDRE DISPONIBLE. Marie-Claire Gelly-Aubaret. Je suis partie avec l’intention de me rendre disponible au contexte et de laisser émerger ce qui adviendrait. Comme il l’avait été demandé, j’avais cherché un texte sur la notion de déplacement, extrait du livre La promenade sous les arbres de Philippe Jaccottet, mon objet quotidien toujours là à mon poignet, ma montre, qui rythme les journées et que j’abandonne quelquefois avec plaisir. J’ai tenté de vider ma tête des préoccupations habituelles, d’être à l’écoute, d’observer, de formuler des propositions. J’ai partagé la préparation des repas. J’ai ressenti le besoin de m’isoler, de dormir, de recharger mon état de disponibilité. Je me suis parfois demandé pourquoi j’étais là, question qui surgit souvent lorsque justement on sort de son contexte, de ses activités. Le jeudi, dans le rythme de la journée, un équilibre s’est installé de lui-même entre les moments de réflexions, de paroles, et les expériences à traverser. La promenade sensible jusqu’à Oppede le Vieux par le petit val arboré, a éveillé les sensations corporelles, la mobilité du corps, et l’observation, du plus prêt au plus lointain, … ressentir, regarder, entendre, sentir, abandonner les mots… Mise en disponibilité pour être en relation avec le groupe, pour la présentation des « cantines mobiles » par chaque étudiants, …questionner, réagir, accompagner… L’échappée nocturne dans le sous-bois La préparation de cette échappée, avec Morgane, Natacha et Rémi, a été ma première traversée de l’expérience. Préalable dans ce moment où le soir s’installe, où les oiseaux sont en conférence, nombreuses sont les questions qui surgissent pour construire la proposition, tout en laissant de la souplesse donner des repères pour éviter des situations périlleuses dans la pénombre de la nuit. Deuxième traversée, la lune est voilée, les yeux s’habituent à l’obscurité, l’oreille est plus active, le groupe se déploie dans le sous-bois, les pas

s’éloignent, des bruissements de feuillage, des chuchotements, le frappement des pierres l’une contre l’autre (signal/repère pour le groupe)… Le groupe se retrouve, … se compter, se nommer, reconnaître la voix de chacun… Le laboratoire photo itinérant de Lila, installé dans la pénombre du sous-bois, est une ruche. Chacun essaie, …, échanges tous azimuts. Vendredi, journée au campement, brève ballade dans le village. Je nommerai cette journée : la journée des mots. D’un groupe de réflexion à l’autre, d’une synthèse à l’autre, je cherche mon chemin. . trouver le fil du processus d’une session à l’autre du méta protocole . apporter un éclairage extérieur . capter une idée, une pensée . accepter d’être larguée ; se laisser porter par sa propre pensée . avoir envie de marcher, de bouger . languir la mobilité physique après la mobilité intellectuelle. Il a été question de balises, d’intensité, d’écrêtage, de ̏re paysagination˝, de superposition, d’hospitalité, d’indétermination, …de ré interroger les pratiques, … Il a s’agit pour moi d’un dépaysement dans une contrée voisine, avec des rencontres stimulantes. Qu’en sera-t-il par la suite ? un méta campement autrement, ailleurs… à Lamelouze ?

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TEMPS PARTAGE. Benjamin Rueher. voila une prière anonyme que j ‘ai rencontré peu après notre campement, et elle me tient lieu de récit d’expérience écrit, je l’ai donc légèrement anotée de quelques mots tirés de nos assemblés:

marche mobilité en étoile tu es né pour la route marche, mise en disponibilité et en mouvement tu as rendez vous temps partagé où? avec qui? lieu d'échange tu ne sais pas encore adaptation à un lieu changeant avec toi peut-être se rencontrer marche vivre tes pas seront tes mots sortir du signifié le chemin, ta chanson transmettre un protocole retrouver ton corp la fatigue ta prière marche du corps et de l'esprit et ton silence enfin te parlera se denuder de ses prothèses marche seul avec d'autre hétérogènéité mais sors de chez toi zone frontière tu te fabriquais des rivaux engager négociation tu trouveras des compagnon confrontation à la propriété tu te voyais des ennemis echange de service tu te feras des frères niveau de comunications multiples marche tu es né pour la route celle du pelerinage un autre marche vers toi faire participer et te cherche pour que tu puisses le trouver au sanctuaire du bout du chemin lieu commun traversée au sanctuaire du fond de ton coeur il est ta joie légereté il est ta foi élargir un pas de coté va deja marée montante dieu marche avec toi marée descendante

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REFLEXIONS SUR LE DEPLACEMENT. Mélanie Perrier. « Les protocoles méta, c’est quoi ? c’est pas grave » Pas de regard extérieur et postures à l’action, afin de sortir du document et rendre mobile les outils de captations Mais de quoi fait on les traces ? LA MARCHE À partir des sensations qu’elle produit : Les sens engagés Les douleurs Les mouvements les actions les attentions particulières les arrêts nécessaires ECRITURE EN MARCHANT : MARCHE DE 2H collective ( groupe de 20) SUIVRE Etre déjà derrière Les rejoindre Etre toujours à distance Garder le contact par le Regard SE GRATTER Se masser le ventre Sentir une douleur sous les pieds Voir flou Entendre un son dans son dos Avoir chaud au cou Ne prendre aucune photo malgré (à cause) de la beauté des paysages Avoir envie de fermer les yeux Avoir déjà les chaussures mouillées Sentir cette fraicheur Caler mon pas sur celui de l’autre et se laisser dépasser RATTRAPER pour ne pas être seule (perdue ?) Ne pas pouvoir courir à cause de mes lunettes Se dêvetir au fur et à mesure Regarder les sol Toujours Introspection sur le chemin… parcouru en 16 ans 25 m MONTER J’ai vu un trou

Tenter de prendre les bons ( ?) chemins Avoir soif Se gratter le dos Et commencer à sentir ses mollets Ne pas pouvoir décoller le regard du sol pour regarder au loin Effectivement on sut Le plus dur est de descendre …Un désir encombrant… apprécier le sol plat avoir quelqu’un derrière continuer de se gratter les genoux l’odeur de l’herbe fraîchement coupée des chaises posées sur les tables sentir les odeurs de barbecue PROTOCOLE DE MARCHE 1 Jouer avec les distances de marche entre 2 personnes - être au bord du contact - garder l’autre dans son champ de vision - garder l’autre derrière PHRASES CHOPEES AU VOL « quand tu aimes, il faut partir » PROTOCOLE PERFORMATIF 2 Alors que le regard est désactivé, s’attacher aux contacts avec l’environnement RECIT D’EXPERIENCE DANS LE NOIR 22H23H40 ( de nuit dans la forêt) Regarder vers le haut S’asseoir Ecouter les sons des pas des autres S’allonger sur le sol Sentir les cailloux sous ma tête et les branches sous les bras Jouer avec le rapprochement de quelqu’un qui vient Peurs primaires SE METTRE A L’ECART POUR EXPERIMENTER ? Est ce que cela suppose que s’opére un déplacement de nos conditions de vie ? L’urbain serait aujourd’hui trop usé pour pouvoir être un contexte à investir L’écart comme déplacement

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Dans ce contexte ( espace rural et en communauté) les relations interpersonnelles semblent s’exacerbées. Il n’y a plus d’échappatoires comme dans la ville. Reparcourir l’espace rural pour se le réapproprier La posture de l’écart ( favorisant la création d’une communauté autarcique) favoriserait un espace critique de reflexion où les relations humaines participent au travail. Dans l’espace rural, il n’y a pas d’espace public ( comme en ville) au sens d’un espace appartenant à tout le monde. En milieu rural, on traverse toujours un territoire qui appartient à quelqu’un. La question des frontières, des limites, des bords et lisières, et de la propriété se pose. Il s’agit d’en (re)faire une « conquête ». Mais par quel « genre » de campement ? Le méta campement aurait pour ambition de créer un « espace public nomade provisoire » RECREER DU… Aussi s’agit il de requestionner l’art et son environnement. Comment l’art peut se réapproprier des territoires ( réelles et mentales ?) Est ce que l’art a un territoire ? L’art peut il modifier le paysage ? Est ce que l’art est l’activité la plus efficace pour opérer un changement ? L’art aujourd’hui pénètre tout les domaines LES CHOSES SONT INDETERMINEES Il s’agit de maintenir toujours de l’indétermination DEPLACEMENT ET CINEMA A l’aune des conférences de Deleuze sur le cinéma, ne pourrions pas rapprocher le déplacement et le cinéma ? (Aussi pourrions-nous déterminer 3 formes de déplacements : Déplacements action Déplacements perception Déplacements affection/affect Dans ces déplacements il y a des genres images action : plan séquence/séquence images perception : travelling, panorama Compte-rendu du premier méta-campement d’Avril 2010 à Maubec (84). Méta-atelier / Plateforme mobile d’expérimentation de l’école supérieure d’art d’Aix en Provence et les Protocoles Méta. P.17


images affect : gros plan/ rapprochement

En Allemagne au début du siècle -Monté Vérita L’écart entre le fond et la forme est ce qui crée le - Bauhaus style En France ACTIVITES/ FAIRE ENSEMBLE 1936 : les premiers congès payés et l’invention Les ateliers-campements seraient une pratique des « vacances » activée avec des gens. Ces ateliers proposeraient de venir faire quelque chose ensemble . Au USA Anna Halprin et le Dancer workshop 1950-1975 BRECHES DE LECTURE Gilles Clément et le « tiers paysages » Objectifs : Construire des temporalités autres, Réinterroger sa propre hospitalité Border le temps Comment construire une situation avec des perCréer des espaces de temps sonnes ? Créer des trouées Inventer des formes pour : Comment on se nourrit ? L’écart se joue dans la mise à l’écart temporel Comment on se loge ? « on n’entre jamais deux fois dans le même fleuve Comment on se rassemble ? » (Euraclite) Autonomie ne signifie pas autarcie … car le fleuve est toujours en mouvement Trouver de bons relais lorsqu’on arrive dans un L’image du fleuve est celle du processus lieu Le campement comme flux pour un « agora cou- Doit-on planter des tentes quelque part pour créer lante » un campement ? Le campement est d’abord un lieu de réflexion ETRE EN RENCONTRE/ ETRE À LA RENCONTRE RECOMBINAISON DE Face à ce modèle participatif engagé, s’agit il - de pratiques de « communiquer par écumes » , là où chacun - de moments peut être présent face à la vague , de choisir de la - de traces prendre ou non, de reculer, ou d’attendre qu’elle revienne) MOBILITE La notion de marée : çà monte, çà descend Le corps ressent la mobilité par le temps Reliée à la lune Pas un public mais des invités TRANSMISSION plus que communication, et FAIRE AVEC ce afin de transmettre aux autres des matériaux Abandonner ses propres schémas réappropriables Perdre les prothèses de nos habitudes Etre plus sur le vivre que sur le signifier … et retrouver une certaine forme de légéreté MIGRATION-EXIL-FUITE-DESERTION-FUGUEDEPLACEMENT-DEPORTATION-IMMIGRATION Pour une vie ensauvagée Pour trouver de la vacance ENCART HISTORIQUE

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META-BIBLIOTHEQUE A MAUBEC . Hélène Vigouroux.

…........des nouveaux titres pour la cantine

Elargir nos différentes pratiques / Se ballader dans sa tête

WITTGENSTEIN. Investigations philosophiques. STEVENSON. Voyage avec un âne. PEREC. La vie mode d’emploi DELEUZE. Francis Bacon Logique de la sensation. Ed la différence. PLATON. La république DEBORD Guy. Théorie de la dérive. SANSOT, Pierre. Du bon usage de la lenteur. MAYEN, Gérard. De la marche en danse dans la pièce Derontes. Mathilde Monnier. L’harmattan. BARTHES, Roland. L’obvie et l’obtus HERZOG. sur le chemin des glaces LABORIT, Henri. L’éloge de la fuite MURAKAMI, Haruki. Kafka sur le rivage. DELERM, Philippe. La première gorgée de bière.

Perdre ses prothèses institutionnelles / Liberté d’exploration Maintenir l’expérimentation / Ne pas modéliser Traversée Légèreté Echange Hospitalité Exploration Espace Convergeance Récit / S’autoriser à laisser des traces Recommencer ou commencer à nouveau : On ne se baigne jamais deux fois dans le même fleuve..........Héraclite et Natalia

Une envie et une nécessité de continuer / d’étendre le processus / de faire partir les livres / les faire voyager en dehors de la malle. Laisser des traces.................peut-être..........

Une envie de livres / Une nécessité de découvrir Une envie de partager /Une nécessité d’en parler

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Méta-campement Maubec Anthony Nous prenons place à bord du minibus et et nous partons pour le méta-campement, un atelier d’expérimentation. Je m’imprègne du lieu et de ses composantes. Je déploie ma cantine, et décide de mener des petites expérimentations dans l’espace: En observant les fourmis, je décide de construire une fausse entré de fourmilière, au milieu de plusieurs autres entrés. Je récupère dans des petites boites de la cendre, et de la terre. je décide de faire une sorte de jardin zen. Méta-campement Maubec Anthony J’ai apporté avec moi de la laine d’acier, que j’ai étiré pour obtenir un nuage léger et danse, que j’ai déposé sur le tronc d’un arbre. Puis j’ai vaporisé de l’eau dessus pour traiter cet élément

rapporté comme un végétal, avec le temps, la laine a rouillée renfonçant l’idée que l’élément rapporté fait partie intégrante de l’arbre, telle une mousse végétale. Ballade nocturne, Nous partons en forêt et le but et d’évoluer seul dans un espace qui, la nuit, nous est totalement étranger. Le déplacement d’insectes ou autres prend une véritable ampleur. J’applique de la peinture fluorescente sur des branches, des pierres. Le Gîte, Je balaie l’intérieur du gîte où nous dormons, et je récupère la poussière pour faire deux lignes qui délimitent l’accès à l’étage et aux chambres. Après chaque repas, je collecte les miettes laissées sur la table. Ma cantine m’a permis de transporter les outils nécessaires à ces petites expérimentations dans l’espace:

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PetiteS noteS organisées grosso modo. Pascal Sémur ... campement Une première chose qui me vient est la nécessité d’organiser le travail à l’intérieur de cet espace. Oui les taches domestiques ont été bien partagées. L’espace d’un instant peut-on parlé de «Micro domesticité» du groupe? Les groupes de discussion sous forme de petite agora sont une solution possible qui a bien fonctionné ici. La parole a circulée de façon plus simple que dans les expériences passées. L’idée du TAZ(1) qui a été abordé me semble une bonne proposition de départ et surement une définition à retenir de l’idée de campement.

... bureau Comment et en restant léger nous pouvons déployer des espaces de bureau ? L’image du « camp de base », est assez efficace. Elle induit des questions d’aller et retour. La possibilité de communiquer avec l’extérieur est une matière à creuser (amplificateur wifi, ou forme papier à envoyer). Un moyen d’impression transportable pourrait être prévu. Il nous permet de communiquer a l’intérieur et ou vers l’extérieur. Je lisais dans le train la conférence sur le web 2.0 d’Eric Delcroix(2) ; oui bien ! Effectivement c’est une question de réseau plus que de nomadisme. A mon avis l’idée n’est pas de faire un groupe nomade tout d’un coup coupé des réseaux dans lesquels il s’inscrit d’habitude. Il nous faut prévoir de pouvoir partager avec les personnes qui sont ailleurs et néanmoins disponibles. A creuser! C’est aussi ca qui alimentera notre réflexion et pourra nous sortir du réel dans lequel nous nous trouvons... Ou alors restons caché !

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zone critique

... groupe

Vivre en groupe sur 3 jours me semble acceptable. On mange ensemble, on dort à coté, on marche, on parle. Trouvons à l’intérieur des espaces temps individuels. Il ne s’agit pas d’être individualiste mais plus autonome individuellement. L’organisation crée toujours des espèces de contraintes.

... marche.

J’avais toujours en tête et dans la poche le livre de Henry David Thoreau(3) pendant les 3 jours. D’ailleurs maintenant des que je marche un peu je pense à ce livre en particulier et à d’autre. La question de ressentir la marche est à mon avis essentielle, bien sur chacun dans son rythme. La marche est une façon de lire un lieu, peut être que l’expérience de marcher est une façon de se lire ou de lire le groupe?

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... la nature

...schéma

...traces

Pascal Sémur, 25 avril 2010.

Es que être dans la nature c’est ce placer hors du Schématisation de la pensée, cartographie, écrimonde ou affirmer sa position dans le monde ? ture, assemblage. Il n’ya pas de solution toute Dans quelle mesure est-on à l ‘écart ? faite. Restons indeterminé sur ces questions !

Nous n’étions plus sur du sol béton dur mais sur de la terre molle. Je ne sais pas si il ya un rapport avec le fait que nous avons décider d’alléger les traces.

(1) TAZ, zone Autonome Temporaire Hakim Bey, 1991. (2) Nomadisme, vous avez du-it mobilité 2.0? Eric Delcroix, 2008. (3) De la marche, Henry David Thoreau, 1862.

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Compte-rendu du premier méta-campement d’Avril 2010 à Maubec (84).  

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