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PARTI SOCIALISTE DU HAUT-RHIN

REVUE DE PRESSE LOCALE mercredi 10 avril 2013

Sources : L’Alsace / Les Dernières Nouvelles d’Alsace


© Dna, Mercredi le 10 Avril 2013 / Région Droits de reproduction et de diffusion réservés

Alsace Refonte institutionnelle

L'eurométropole en première ligne La première loi de l'acte III de la décentralisation est examinée ce matin en conseil des ministres. Y figure l'Eurométropole de Strasbourg, seul projet de refonte institutionnelle en Alsace à rester sur la table après l'abandon du conseil unique. L'acte III de la décentralisation comportera trois lois et non une comme prévu initialement. La première, consacrée aux métropoles, est examinée ce matin en conseil des ministres, arrivera au sénat au printemps et devrait être définitivement adoptée à l'automne. Elle accorde une place particulière à Strasbourg par la création d'une « eurométropole », promise par François Hollande : le soutien de l'État au statut européen de la ville sera inscrit dans la loi, tout comme la mise en place d'un « contrat de siège ». « Ce qui nous évitera les incertitudes qui pesaient sur le contrat triennal à chaque fois que se posait la question de son renouvellement », souligne Jacques Bigot (PS), président de la communauté urbaine de Strasbourg. L'eurométropole est aujourd'hui le seul projet de refonte institutionnelle à rester sur la table, en Alsace, après le rejet de la fusion des conseils généraux et du conseil régional. Le gouvernement, qui avait respecté une rigoureuse neutralité jusqu'à dimanche, est sorti de sa réserve. Marylise Lebranchu, ministre en charge de la Réforme de l'État, qui s'est intéressée de près aux résultats du référendum, a fait savoir depuis que « son projet n'est pas celui des fusions, mais celui de la mise en cohérence des politiques publiques ». Un label et un outil Avec la future eurométropole, Strasbourg et la CUS se retrouvent du coup au coeur du chantier de la refonte institutionnelle en Alsace. « C'est un label et un outil qui permettra d'engager la discussion sur une meilleure organisation territoriale, au moins à l'échelle du département, sinon à l'échelle régionale. La mise en cohérence permettra la recherche d'une plus grande efficacité et des économies, sans passer par la fusion », argumente Alain Fontanel, adjoint au maire PS de Strasbourg. Le projet de loi examiné ce matin prévoit d'ailleurs la création de « conférences territoriales de l'action publique », pilotées par les présidents de région et


regroupant les grandes collectivités. « Elles permettront des discussions dans un cadre concerté et contractualisé. » Alain Fontanel estime que ces discussions peuvent avoir lieu dès maintenant, avant même l'adoption de la nouvelle loi sur les métropoles. « La réalité de dimanche est toute récente, mais rien n'empêche les collectivités de se mettre autour d'une table et de discuter sans attendre. Et rien n'empêche, s'il y a accord général, de préparer un amendement à défendre au Sénat. » Le président de la CUS abonde dans ce sens et rappelle l'habitude qu'avait prise Adrien Zeller de réunir une « conférence des exécutifs, deux ou trois fois l'an. C'est là que nous avons trouvé des solutions pour la phase 2 de la LGV Est. » Pour Jacques Bigot, la mise en œuvre du projet de conseil unique a figé toute discussion, pendant plus d'un an, sur la « mise en cohérence de l'action publique ». « L'eurométropole n'est en aucun cas un projet qui referme l'agglomération sur elle-même. Le partenariat est indispensable. Je ne conçois pas de stratégie économique sans l'État, sans la Région, sans Mulhouse, voire sans Colmar. » Rien ne s'oppose, estime Jacques Bigot, à la renaissance de la « conférence des exécutifs ». « Avec Roland Ries, nous n'avons pas manifesté d'hostilité à Philippe Richert. » Christian Bach

Lire sur dna.fr l'article consacré à la réaction de Marylise Lebranchu aux résultats du référendum. Ayrault : « L'Alsace pourra trouver son modèle propre » L'échec du référendum alsacien est tombé en pleine préparation des trois lois pour une nouvelle étape de décentralisation. Jean-Marc Ayrault, pour lequel « il n'existe pas de modèle unique d'organisation du territoire », entend en tirer les leçons sans s'arrêter sur « le climat national et des inquiétudes non fondées quant au retrait des services de l'État qui, à Colmar et dans le Haut-Rhin, ont pu peser sur le vote ». Pour le Premier ministre, « la faible participation confirme que si la décentralisation et l'organisation du territoire sont présentées comme une affaire d'élus, le citoyen ne se mobilise pas. Nous devons lui expliquer quels


services lui seront mieux rendus, quelles seront les économies. Ce sera le travail des conférences des territoires qui seront installées en septembre dans chaque région. » « Rien ni personne n'interdira aux collectivités alsaciennes de proposer un projet spécifique pour articuler l'action des départements, des blocs intercommunaux, de la région et de l'eurométropole strasbourgeoise. » P.J.


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Réactions Denis Wiesser Denis Wiesser, premier secrétaire du parti socialiste du Haut-Rhin, partisan du oui : « C'est dommage, mais ce qui est important, c'est qu'avant de semer, il faut labourer. Ce résultat, c'est l'échec de la méthode : un changement institutionnel comme celui-ci aurait demandé une année d'explication et de concertation. »


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Référendum Les réactions

Discours et méthode

Catherine Trautmann: «Un projet mal ficelé». Au lendemain du référendum raté sur la collectivité territoriale d'Alsace, les réactions ont afflué en masse. Les partisans du «oui» fustigent Gilbert Meyer, maire de Colmar. Ceux du «non» critiquent la méthode de Philippe Richert. « Avant tout l'échec d'une méthode » Le groupe Socialistes et Démocrates du conseil régional (Antoine Homé, Michel Chéray, Dominique Hoeffel, Alain Fontanel, Anne-Pernelle Richardot, Cléo Schweitzer, Victorine Valentin et Jean-Marc Willer) « constatent aujourd'hui que le résultat issu des urnes n'est que la confirmation de leurs craintes maintes fois exprimées lors des séances publiques ou groupes de travail consacrés à ce projet » : « C'est avant tout l'échec d'une méthode. La précipitation dans laquelle a été mené ce projet, le manque de concertation avec l'ensemble des élus locaux, les organisations syndicales et les citoyens, les querelles entre Philippe Richert et Charles Buttner, qui longtemps ont dominé le débat, ont conduit à l'échec de ce référendum ». « Un camouflet cuisant » Catherine Trautmann, députée européenne, vice-présidente de la communauté urbaine de Strasbourg : « Les électeurs ont infligé un camouflet cuisant au pari risqué de Philippe Richert. [...] Je regrette qu'un enjeu aussi important ait été aussi mal traité et je reproche aux élus de la majorité régionale d'avoir voulu un


plébiscite sur un projet mal ficelé en imposant aux Alsaciens un choix "unique"». Le refus d'être des « cobayes » Le Mouvement politique d'émancipation populaire (MPEP) fait observer que « les Alsaciens ont refusé d'être les cobayes d'une expérimentation préfigurant le démembrement de la République » : « Les Alsaciens viennent d'envoyer un signal fort à tous les autres Français pour qu'ils résistent aux sirènes identitaires régionales, aux habitants de Bretagne, de Savoie et de HauteSavoie notamment, les suivants sur la liste des référendums de même nature ». « Le vilain petit canard haut-rhinois » Pour Martine Binder, conseillère régionale d'Alsace, conseillère municipale (FN) de Mulhouse, « les déçus du « oui » essaient de trouver des excuses et désignent allègrement le vilain petit canard haut-rhinois ». « Il s'agit maintenant aux trois présidents de démontrer aux Alsaciens qu'ils respecteront leur expression et que malgré tout ils ont une volonté de travail. Il faut continuer de fusionner ce qui est possible : les trois agences économiques et les trois agences touristiques. » L'attitude « scandaleuse » de Gilbert Meyer Florian Brunner, président des Jeunes Démocrates (MoDem) d'Alsace : « Beaucoup de jeunes de différents courants se sont retrouvés pour défendre ce projet, notamment dans l'association Alsace Unie. Les citoyens n'ont pas été réceptifs au message de la jeunesse engagée. Ainsi le choix de l'immobilisme a été effectué et l'avenir a été rejeté. [...] L'attitude du maire de Colmar, Gilbert Meyer, a été scandaleuse. Gilbert Meyer ne cesse de jouer contre son camp et contre l'avenir, obsédé par sa place et par son parcours politique. Il a encore démontré qu'il est un frein à l'avenir. » « Flou et confus » Roland Ries, sénateur-maire PS de Strasbourg, et Jacques Bigot, président de la communauté urbaine, soulignent « d'abord le caractère flou et confus de la réforme envisagée » : « Un conseil unique avec deux sièges, des conférences de territoire, fruit de marchandages davantage que de concertation... Tout cela a trop manqué de clarté pour susciter l'adhésion. La campagne elle-même a sans doute été plus simpliste que pédagogique. Le résultat en est le très fort taux d'abstention ». « Un goût amerpour l'Alsace »


Le résultat du référendum laisse au député UMP André Schneider « un goût amer, car cela bloque une partie des réformes institutionnelles dont notre région et la France ont besoin ». « Maintenant il nous faut décrypter le message adressé par les électeurs et engager les réformes qui s'imposent. Il nous faudra poursuivre nos efforts, remettre notre projet sur le métier pour aller vers plus d'efficacité et de proximité. Je fais partie de ceux qui pensent qu'il faudra aussi ajouter un peu plus de « coeur », « un petit supplément d'âme », écrit M. Schneider. « Ceux qui voulaient briser les deux départements » Les comités du Bas-Rhin et du Haut-Rhin du Parti ouvrier indépendant (POI) constatent que le résultat du référendum « est une défaite pour tous ceux qui voulaient briser les deux départements d'Alsace ». « C'est une défaite de l'Union européenne qui veut imposer la dislocation des nations au profit de l'Europe des régions. C'est une victoire de la démocratie et de tous ceux qui sont attachés à l'héritage de la Révolution française, à savoir l'existence des communes et des départements garantissant l'égalité des droits », ajoute le POI. « Une chance historique vient d'être manquée» Claude Sturni, député-maire (UMP) de Haguenau, note que « l'affaire Cahuzac a pu également contribuer à cet échec en confortant le sentiment de défiance de la population vis-à-vis de la politique ». « C'est donc une chance historique qui vient d'être manquée, conclut-il. Le projet a intéressé en dehors de l'Alsace car il peut être une réponse à une crise changeant tous les repères». « Ne pas ignorer ces semonces » Pour Europe Ecologie-Les Verts Alsace, « les responsables de l'action publique ne peuvent ni ignorer ces semonces, ni renoncer pour autant à l'efficacité régionale ». « L'Alsace ne peut être en panne face aux défis de l'emploi, de l'écologie et de la solidarité. Elle doit rebondir, certes en maintenant ses trois collectivités, mais avec plus de cohérence, et en tirant parti des possibilités des nouvelles lois de décentralisation ». « Une voie est tracée » Laurent Furst, député-maire UMP de Molsheim, relève que « les partisans du non, les conservateurs, les opportunistes l'ont emporté ». « Cependant, écrit-il, personne ne doit oublier que le vote populaire a été gagné par le oui à 57,65 % en Alsace. Cela signifie que dans cette région, une majorité d'Alsaciennes et d'Alsaciens veulent évoluer. Maire d'une ville moyenne et nouveau député, je ne baisse pas les bras et je n'accepterai jamais que ma région puisse se


satisfaire, par habitude, d'une situation qui n'est pas synonyme de dynamisme. » «La palme revient à Charles Buttner» Jacques Cordonnier, président d'Alsace d'Abord, dénonce « la faute lourde » commise « par les responsables politiques alsaciens qui se revendiquent habituellement favorables à la décentralisation et qui ont fait campagne contre la fusion et le conseil d'Alsace ». « La palme revient à Charles Buttner, président UMP du conseil général du Haut-Rhin, qui s'est opposé au projet pendant trois ans en agitant le spectre d'un prétendu « centralisme bas-rhinois » en rejoignant le camp du «oui» depuis quelques mois et en traînant des pieds. Gilbert Meyer, maire UMP de Colmar, n'a pas hésité à appeler officiellement à rejeter la fusion. Certains socialistes, notamment bas-rhinois, portent également une écrasante responsabilité dans l'issue de ce scrutin. »


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Référendum

Les réactions se poursuivent Patricia Schillinger, sénatrice-maire du Haut-Rhin « Suite au référendum, par lequel les Alsaciens étaient appelés à se prononcer sur la création d'une collectivité unique par fusion des trois collectivités existantes, je note d'abord que la faible participation à ce rendez-vous, pourtant historique, traduit l'échec de la méthode utilisée par Philippe Richert, qui a réduit la question du Conseil unique à un enjeu d'élus pour les élus. Par ailleurs, je rappelle les faiblesses du projet présenté aux Alsaciens, qui desservait les ambitions, qu'on lui prêtait, de simplification et de clarification de l'architecture territoriale. Favorable, pour ma part, à une fusion, je regrette cette occasion manquée et, encore une fois, renvoie la majorité alsacienne à sa responsabilité, elle, qui n'a pas su susciter l'intérêt des Alsaciens. Quant aux prétendues craintes des Haut-Rhinois à l'égard du Bas-Rhin, l'ironie serait, alors que le projet était d'unir l'Alsace, que ce dernier n'ait finalement servi qu'à une seule chose : contribuer à la résurgence d'une opposition Bas-Rhin/Haut-Rhin, que l'on croyait obsolète. »


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Patrick Binder : « La déception va bien au-delà du oui et du non »

Patrick Binder lors d'une réunion électorale, le 11 mars à Mulhouse, avec Marine Le Pen et son épouse Martine Binder. Photo D. Sollier

Surprise, hier : Patrick Binder a beau avoir activement fait campagne pour le non - certes après avoir brièvement soutenu le projet au cours de l'hiver... -, le voici qui se refuse à crier victoire. Mieux, le leader alsacien du Front national (FN) s'avoue « profondément déçu ». « C'est une déception qui va bien au-delà du oui et du non, insiste d'emblée l'intéressé. Le problème est bien plus profond que cela, bien plus triste... Et ce projet de conseil d'Alsace aura été pour moi une déception globale, dès le tout début des discussions entre élus : on a gâché tant de temps, tant d'énergie, tant d'initiatives ! C'est un gâchis phénoménal. Le FN avait fait de nombreuses propositions sur le sujet, nous avions toujours été dans une logique de réflexion. À aucun moment nous n'avons été entendus. L'arrogance et le mépris affichés par les petits barons locaux sont sidérants. Comme d'ailleurs le comportement des élus socialistes strasbourgeois qui n'ont jamais rien proposé sur le sujet. » « Moi qui suis alsacianophile à 1 000 % (sic), poursuit l'intéressé, je suis profondément attristé d'avoir découvert au fil de cette campagne, à quel point il existe un important rejet du Bas-Rhin de la part des Haut-Rhinois. J'en suis vraiment tombé des nues. » Ce constat posé, Patrick Binder compte bien continuer à défendre son idée de « provinces de France » car il estime que « la réforme des collectivités territoriales est d'une nécessité absolue ».


Son épouse Martine Binder (future tête de liste mulhousienne du FN aux prochaines élections municipales) renchérit : « Seul le FN a défendu une logique de travail et d'initiative populaire, au lieu d'un projet conçu par les élus pour les élus. Il faut que l'UMP, le PS et les Verts se posent la bonne question : pourquoi les électeurs ne leur font-ils plus aveuglément confiance ? En fait, Ils n'ont tout simplement rien compris. Si les Alsaciens ne votent plus, c'est parce que ces élus sont éloignés du peuple et déconnectés des réalités quotidiennes. Leurs bidouillages électoraux les desserviront encore bien plus à l'avenir. Ce référendum, c'est le calme avant la tempête, et les prochaines échéances électorales risquent d'amplifier encore ce phénomène. » Emmanuel Delahaye


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Haut-rhin La droite haut-rhinoise divisée à l'issue du scrutin

La campagne de l'ombre Une des multiples causes du « non » haut-rhinois de dimanche réside dans la campagne ambivalente menée par une partie de la majorité alsacienne (UMP-UDI-Centre) dans ce département. Un double jeu qui illustre des ruptures profondes entre les droites locales et régionale. Agence de Colmar Comme il faut bien commencer quelque part, arrêtons-nous aux régionales de 2010. Dans le Bas-Rhin, Philippe Richert monte lui-même sa liste, contrairement au Haut-Rhin où chaque parlementaire propose ses candidats. Cela change sensiblement la relation qu'un élu peut avoir ultérieurement avec le président de sa collectivité ! Au soir du premier tour, la liste Richert est en retrait de 10 points dans le Haut-Rhin par rapport à son score bas-rhinois, un retard ramené à 5 points au deuxième tour. On comprend pourquoi Philippe Richert a eu envie de tirer sur l'ambivalence L'ancien président du conseil général du Bas-Rhin paie là un déficit de notoriété qu'il va chercher à combler en arpentant intensément la Haute Alsace. Il donne quelques gages, que ce soit sur le raccordement ferroviaire de l'EuroAiport, le règlement de la question salariale de la plateforme aéroportuaire franco-suisse ou sur le TGV Rhin-Rhône. Mais en coulisses, la droite haut-rhinoise n'a toujours pas digéré la nomination du Bas-Rhinois André Reichardt et non d'un Haut-Rhinois au poste de premier vice-président de la Région comme le voulait la tradition. Et à l'UMP du Haut-Rhin, longtemps tenue par des barons du RPR, on n'apprécie pas non plus forcément le démocratechrétien Philippe Richert. Ce n'est pas un hasard si deux grognards chiraquiens du secteur, Jean Ueberschlag et Gilbert Meyer, auxquels se sont ajoutés quelques Gaullistes, ont profité de la campagne référendaire pour mener la contre-offensive. C'est ce qui explique aussi le silence et le faible engagement de quelques parlementaires UMP, au-delà des critiques qu'ils auraient pu formuler sur le projet lui-même. Au-delà de ces désaccords idéologiques et politiques se sont cristallisées des divergences personnelles et identitaires très fortes. Philippe Richert et Charles


Buttner ne s'apprécient guère, et les heurts qui ont émaillé leur cheminement avec Guy-Dominique Kennel ont brouillé le processus et la confiance des HautRhinois. En stigmatisant le conservatisme et la frilosité de la Haute Alsace, frôlant parfois la condescendance, la parole bas-rhinoise a contribué à accroître le sentiment initial de la population du sud de la région, sentiment que plusieurs élus locaux ont préféré suivre plutôt que de contrecarrer. En retour, les exigences et l'ambiguïté de Charles Buttner ont eu l'effet de bombes à fragmentation durant tout le processus. C'est ainsi qu'une partie de la majorité UMP-UDI-Centre a mené une campagne ambivalente, avec des élus officiellement favorables au projet qui, une fois dans leur canton, ont distillé de fortes réserves sur la fusion. Gilbert Meyer a choisi de le faire sur la place publique en menant dans sa ville un travail de sape dont il a le secret. Un engagement public qui portait en lui la campagne silencieuse des autres et sa revanche des législatives. « Gilbert Meyer est en train de tuer Eric Straumann », observait hier un proche du maire. Des représailles également adressées à Philippe Richert à qui il en veut toujours d'avoir fait campagne, sur le pavé colmarien, pour le député sortant en juin dernier, alors que lui-même était candidat avec la compagne de Charles Buttner comme suppléante. On comprend donc pourquoi, dimanche soir, Philippe Richert a eu envie de tirer sur l'ambivalence. Football, Université de Haute Alsace et préfecture Dans cette partie de billard à trois bandes, quelques symboles ont servi de catalyseurs : l'écart des subventions allouées par la Région au FCM et aux SRC par rapport au Racing Club de Strasbourg ; les inquiétudes émises par les enseignants et les personnels de l'Université de Haute Alsace quelques jours avant le référendum de voir leur site perdre leur autonomie vis-à-vis de l'Université de Strasbourg ; et le spectre de la fermeture de la préfecture du Haut-Rhin qu'a fait planer Gilbert Meyer. Reste à mesurer les conséquences de cette attitude. « On ne m'a pas encore tué », susurrait hier matin un élu haut-rhinois qui s'attendait à des représailles bas-rhinoises. Avec ses élections municipales, européennes et sénatoriales, l'année 2014 sera propice aux règlements de compte. Franck Buchy


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Colmar Après le référendum

Gilbert Meyer : « Coordonnons des services dès maintenant » Au lendemain du référendum sur le conseil d'Alsace auquel il était opposé, le maire de Colmar demande aux collectivités d'entamer un rapprochement de certains de leurs services avant 2015. Il va écrire en ce sens aux présidents Richert, Kennel et Buttner. « Je suis un ancien sapeur-pompier ; je ne vais pas mettre de l'huile sur le feu. » « Interpellé » par la rue depuis lundi, « non pas sur le passé mais sur l'avenir », Gilbert Meyer entend poursuivre le débat après la fusion avortée des collectivités. « Chaque résultat électoral doit servir de guide pour tracer le futur », explique le maire de Colmar qui souscrit « des deux mains » à l'analyse du politologue Richard Kleinschmager (DNA d'hier). L'élu répète que « le projet était prématuré » et que « l'électeur ne pouvait pas avoir confiance dès lors qu'on ne lui avait pas démontré qu'il était possible de travailler ensemble ». Et de citer « l'échec » de la fusion des trois agences de développement économique et celle des trois associations de développement touristique. « Il ne fallait pas proposer la fusion des collectivités si la fusion des services n'était pas possible », dit-il. Passé le constat, Gilbert Meyer demande aujourd'hui que les élus commencent à travailler ensemble pour « coordonner » certains de leurs services « avant 2015 ». Il estime qu'une telle démarche s'intègre dans l'acte III de la décentralisation en cours de préparation qui doit permettre aux collectivités locales d'être chef de file dans certaines compétences. Il pense notamment aux services de l'environnement et à l'action sociale. Le maire de Colmar va écrire dans ce sens aux présidents Philippe Richert, Charles Buttner et Guy-Dominique Kennel. « Le président de la Région est dans la meilleure position pour cela. Qu'il y travaille en concertation avec ses deux collègues », glisse Gilbert Meyer en répétant qu'« un chef est là pour cheffer ». F. By et J-L.W.


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Politique Après le référendum, les élections municipales

Gilbert Meyer a demandé l'investiture de l'UMP

Gilbert Meyer a longtemps hésité entre deux attitudes. Le rejet du Conseil d'Alsace ouvre la campagne des élections municipales de mars 2014. Fermement opposé à la fusion des collectivités, Gilbert Meyer a demandé l'investiture à l'UMP, avant que le référendum ne lui offre dimanche un « troisième sondage » favorable dans sa ville. Et c'est parti ! La mine des bons jours, le pas de la panthère des soirées victorieuses. Dimanche, Gilbert Meyer avait les deux. C'est dire toute la joie que lui ont procurés les 67,02 % de non dans sa ville au référendum sur la collectivité unique d'Alsace. Une victoire contre un projet institutionnel qu'il n'a cessé de critiquer, une victoire aussi contre Eric Straumann, Brigitte Klinkert, Philippe Richert, quelques autres élus et « la pensée unique », terme répété dans son entourage. « Le meilleur baromètre, c'est le suffrage universel » « Gilbert Meyer est en train de tuer Eric Straumann », observait hier un proche du maire (lire en page 13). Une revanche contre celles et ceux qui l'ont combattu aux législatives de juin dernier. Il en veut toujours à Philippe Richert d'avoir fait campagne, dans sa propre ville, pour le député sortant alors que luimême était candidat avec la compagne de Charles Buttner comme suppléante.


Gilbert Meyer refuse de faire le lien entre les résultats colmariens du référendum et les élections municipales. Sa réponse dit l'inverse : « C'est un troisième sondage pour moi. Le meilleur baromètre, c'est le suffrage universel. » Le scrutin de dimanche constitue pour lui un plébiscite, même s'il s'en défend. Une orientation que viennent conforter les résultats des deux sondages réalisés : l'un sur l'action municipale, l'autre plus politique. Ce second sondage lui donnerait « 10 points d'avance » sur ses adversaires dont certains auraient du mal à passer le 1er tour. Selon plusieurs élus UMP, Gilbert Meyer a demandé l'investiture au mouvement pour les municipales. « Ça va se précipiter », avait-il déclaré fin mars. Contrairement à ce qui avait été annoncé, l'UMP ne devrait pas donner ses investitures en juin mais plutôt en septembre pour les villes de plus de 30 000 habitants. Gilbert Meyer a longtemps hésité entre deux attitudes. Soit il « part avec panache », c'est-à-dire qu'il ne se représente plus et laisse la tête de liste à son 1er adjoint Yves Hemedinger (UMP). Soit il cherche à « assurer la victoire de son équipe puis la transition », ce qui reviendrait pour lui à repartir à la tête d'une liste rajeunie et très ouverte sur le plan politique, avec la possibilité de céder son fauteuil à Yves Hemedinger par la suite. Il semble avoir opté pour la seconde solution. Il part du principe que sa liste devra être rajeunie et à nouveau ouverte sur le plan politique. Il ambitionne aussi de procéder à quelques débauchages dans les listes actuelles présentes face à lui au conseil municipal. Des contacts ont déjà été établis mais la période des transferts n'est pas encore ouverte. « Vous êtes malhonnête ! » Dimanche soir, Gilbert Meyer s'est glissé à pas de velours dans le hall de l'Hôtel du Département. Il a été cueilli à froid par Loïc Jaegert, suppléant de la conseillère générale Brigitte Klinkert. « Vous êtes malhonnête ! Vous avez fait de la désinformation, c'est déplorable ! », a répété le jeune très remonté en collant aux basques du maire. Quelques heures avant, Yves Hemedinger disait : « J'ai beaucoup entendu Richert parler de De Gaulle... », en se souvenant que le général avait démissionné après le référendum de 1969. Partie comme ça, la campagne va être chaude chaude... Franck Buchy


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Nucléaire Audience en référé

Fessenheim devant le Conseil d'État

Le Conseil d'État doit trancher par rapport aux travaux prévus sur le radier du réacteur n° 1 de la centrale de Fessenheim. On connaîtra mercredi au plus tard la décision du Conseil d'État pour le référé déposé par Stop Fessenheim, le CSFR, Stop transport-Halte au nucléaire, Alsace Nature et le réseau Sortir du nucléaire pour empêcher les travaux prévus sur le radier du réacteur n° 1 de la centrale nucléaire de Fessenheim. L'audience a eu lieu hier matin avec un échange argumenté entre l'avocat des antinucléaires et ceux d'EDF ainsi que de l'autorité de sûreté nucléaire sur la nature des travaux et de leur régime juridique. Pour les défendeurs, le coulage de béton pour épaissir le radier sous le réacteur et le rendre plus résistant à un éventuel écoulement de corium en cas de fusion du coeur n'affecterait pas la structure même de l'installation. Modification simple ou notable ? L'autorité de sûreté nucléaire qui a validé le projet a fait valoir à l'audience que les modifications prévues par l'exploitant EDF entraient « dans le cadre du décret d'autorisation de la centrale. Sinon, nous ne les aurions pas prescrits », a précisé la directrice générale adjointe de l'ASN, Sophie Mourlon. Selon les requérants au contraire, l'installation nucléaire s'en trouverait notablement modifiée. « Les travaux entraîneront une fragilisation importante de la structure avec notamment une rupture de la barrière de protection radiologique », souligne André Hatz, porte-parole de Stop Fessenheim et présent hier à l'audience à Paris. « De par leur ampleur et leur nature, les travaux devraient faire l'objet, selon le code de l'environnement, d'une


autorisation ministérielle et d'une enquête publique », renchérit Marie Frachisse, juriste du réseau Sortir du Nucléaire. Si tel était le cas, la date butoir du 30 juin prochain pour la réalisation des travaux ne pourrait évidemment pas être respectée. Vu les délais nécessaires à une enquête publique, la poursuite de l'exploitation deviendrait de facto impossible. L'audience en référé a été introduite par les antinucléaires avec l'espoir que le Conseil d'État suspende les travaux qui devraient commencer incessamment (il a été question du 13 avril lors de l'audience), en attendant une décision sur le fond. S.W.


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Fessenheim

Renforcement du radier : l'urgence ou pas ?

Les travaux du radier de la centrale doivent être menés avant le 30 juin prochain. Photo Thierry Gachon

En attendant un jugement sur la procédure, le Conseil d'État devrait se prononcer d'ici demain sur le report éventuel des travaux prévus avant le 30 juin àla centrale alsacienne. Comme annoncé la semaine dernière (L'Alsace du 4 avril), le Conseil d'État a consacré, hier matin, une audience au référé suspension déposé, le 21 mars, par plusieurs associations antinucléaires - le réseau Sortir du nucléaire, Alsace Nature, le Comité pour la Sauvegarde de Fessenheim et de la plaine du Rhin, Stop Fessenheim et Stop Transports/Halte au Nucléaire - pour empêcher la réalisation des travaux prévus sur le radier du réacteur n° 1 de Fessenheim. Des travaux « inutiles et coûteux » Durant un peu plus d'une heure, les parties - antinucléaires d'un côté, EDF, Autorité de sûreté du nucléaire (ASN) et ministère de l'Écologie et de l'Énergie de l'autre - ont exposé leurs points de vue. Rappelons que le renforcement du radier (la dalle sur laquelle repose le bâtiment réacteur) a été imposé par l'ASN le 4 juillet 2011, à l'issue de la troisième visite décennale et que ces travaux doivent être menés avant le 30 juin prochain. Les associations antinucléaires considèrent que ces travaux sont « inutiles et coûteux », à trois ans de la fermeture annoncée, et n'apportent aucune amélioration de sûreté à la centrale en cas d'accident grave. Sur le plan du


droit, ils considèrent que les travaux annoncés, portant sur la structure même du bâtiment - un canal de transfert doit être creusé entre le puits de cuve et une zone voisine, pour permettre l'étalement du corium en cas de catastrophe -, ne pouvaient faire l'objet d'une simple déclaration de l'ASN, mais nécessitaient, de la part d'EDF, une demande auprès des ministres chargés de la sûreté nucléaire, après la réalisation d'une enquête publique (L'Alsace du 22 mars). À l'issue de l'audience d'hier, le Conseil d'État a indiqué qu'il rendrait, sous 48 heures, une décision sur l'urgence du référé. Si celle-ci est validée, les travaux de renforcement du radier seront reportés sine die, dans l'attente d'un jugement sur le fond, qui interviendra de toute façon dans un second temps. Le réacteur n° 1 à l'arrêt Selon les associations antinucléaires, le réacteur n° 1 de la centrale alsacienne devrait être mis à l'arrêt ce samedi 13 avril, d'abord pour déchargement du combustible puis pour entamer l'exécution des travaux du radier. Gardant toujours confidentielles les dates exactes d'arrêt de production, afin de limiter la spéculation sur le marché européen de l'électricité, EDF a simplement confirmé l'échéance de la mi-avril. En cas de report des travaux, et si ce report devait se prolonger au-delà du 30 juin, limite fixée par l'ASN pour leur réalisation, l'autorisation de poursuite de l'exploitation du réacteur n° 1 deviendra-t-elle caduque ? L'autorité a coutume, en tout cas, de considérer les échéances qu'elle impose comme des dates couperet... Olivier Brégeard


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Fessenheim Centrale nucléaire

Un lâcher de ballons

La nouvelle association «Fessenheim notre énergie» a lancé la mobilisation contre la fermeture de la centrale Un lâcher de ballons est organisé ce samedi 13 avril à 15h devant la maison des énergies par l'association «Fessenheim notre énergie» pour attirer l'attention sur les conséquences d'une fermeture de la centrale pour l'économie locale. Les socioprofessionnels et responsables d'entreprises locales s'inquiètent des dégâts qu'occasionneraient la fermeture de la centrale de Fessenheim sur l'activité des commerces, services et entreprises de la région. Magali Heyer, Claude Brender, Laurent Raynaud, Dominique Schelcher, Annick Waller, François Béringer (maire de Blodelsheim), Christian Heitz, Fabienne Stich (maire de Fessenheim) et André Onimus le président de la communauté de communes ont décidé il y a quelques semaines de créer avec d'autres une association pour faire entendre leur voix et apporter un « soutien ferme au maintien de l'activité de la centrale de Fessenheim, le plus gros employeur du territoire ». C'est ainsi que l'association « Fessenheim, notre énergie » est née ». L'association à peine créée s'était jointe aux élus locaux et aux salariés de la centrale pour manifester devant la préfecture du Haut-Rhin à Colmar. Ce samedi, les représentants de l'association, qui compte déjà près de 150 adhérents, étaient présents au magasin Super U de Fessenheim pour une action de sensibilisation de la population et pour inviter les habitants à rejoindre et à soutenir « Fessenheim, notre énergie». «Un désert économique » L'occasion pour la présidente Magali Heyer en compagnie de Christian Heitz et Claude Brender de rappeler les conséquences d'une fermeture « on


dénombrerait 450 maisons vides, 2200 emplois détruits, des classes scolaires fermées. Notre territoire deviendrait un véritable désert économique ».L'association promet d'organiser régulièrement des actions pour sensibiliser le public à ce combat. Elle prépare une nouvelle action ce samedi 13 avril à 15 heures en face à la maison des Energies de Fessenheim avec un grand lâcher de ballons pour attirer l'attention sur les conséquences d'une fermeture et les emplois qui seraient détruits. AW

Lâcher de ballons organisé par l'association « Fessenheim notre énergie » ce samedi 13 avril à 15h devant la maison des énergies à Fessenheim.. Contact: Association «Fessenheim, notre énergie» - BP 20 - 68740 Fessenheim - email : fessenheim-notre-energie@live.fr (adhésion particuliers : 15EUR - entreprise : 50EUR. Dons possibles)


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Énergie Mise à niveau des réseaux de transport d'électricité

RTE prépare l'après Fessenheim

Opération de surveillance de lignes électriques par un hélicoptère de RTE, hier dans le Haut-Rhin. Le Réseau de transport d'électricité (RTE) se prépare à un renforcement de son réseau en Alsace pour faire face à la fermeture du centre de production nucléaire de Fessenheim en 2017. 50 à 60 millions d'euros seront investis à court terme. Le gestionnaire du réseau de transport d'électricité français, RTE, n'est pas le décideur ultime des grands investissements d'infrastructure. Mais il est le premier intéressé à ce que le réseau fonctionne, assure sa mission avec des risques de coupure réduits. Sécuriser l'alimentation et la tension sur le réseau C'est la raison pour laquelle l'arrêt de la centrale de Fessenheim, promis pour 2017 par le gouvernement, le concerne au plus haut point. Hier, au cours d'une conférence de presse à Strasbourg, le directeur du système électrique Est, Patrick Bortoli, a évoqué les scénarios qu'envisage l'opérateur à l'horizon 2017 et 2025. « Nous envisageons une première phase de travaux qui peuvent être réalisés rapidement, d'ici 2016-2017, si les études commencent cette année. Il s'agit du renforcement de postes électriques, du pilotage des flux par un gros transformateur près de Fessenheim et du renforcement du poste de Scheer, au nord de Sélestat. C'est ce qu'il sera nécessaire de faire rapidement si la fermeture se confirme à l'échéance


annoncée. Ce sont des travaux très techniques pour un montant de 50 à 60 millions d'euros, un minimum impératif à réaliser. » Au-delà, pour sécuriser l'alimentation électrique de toute l'Alsace, RTE proposerait de réaliser un nouvel axe à très haute tension (400 000 volts) entre les postes de Scheer et de Muhlbach. « Ce n'est pas forcément une nouvelle ligne de transport. Cela peut être la modernisation de l'infrastructure existante. Cela représente un investissement de l'ordre de 100 millions d'euros. » Ce deuxième lot de travaux implique, bien entendu, toutes les phases d'études, de concertation et d'enquête publique propre à ce genre d'ouvrage. Soit un délai minimum de huit ans entre la décision, qui appartient à l'exécutif, et la réalisation. Le patron de RTE dans l'est de la France insiste sur le fait que l'arrêt d'un site comme Fessenheim, avec ses deux tranches de 900 MW, n'a pas seulement un impact sur l'énergie mise à disposition du réseau. Il a aussi un effet sur la tenue de la tension. D'autant plus que les Français ne peuvent guère compter sur les ressources et le réseau allemand, lui-même affecté par un déséquilibre du fait de l'arrêt des centrales nucléaires outre-Rhin : « Fessenheim représente la sécurité en alimentation électrique de 2 millions de personnes », rappelle le responsable de RTE. Il souligne aussi que, si la consommation d'énergie dans l'industrie est affectée par la crise, les besoins des particuliers demeurent élevés et croissant. Sans même parler de développement de la mobilité électrique. Antoine Latham

Baisse des consommations en 2012 L'Alsace a consommé l'an dernier 14 300 GWh, soit une baisse de 2,5 % par rapport à 2011, selon la mesure de RTE. « Cette baisse reflète les effets conjoncturels liés à la crise économique. Elle est contraire à la hausse perceptible sur l'ensemble du territoire français de +2,1 % », indique le transporteur d'énergie. RTE a noté que la consommation de la grande industrie a reculé de 9,8 %, celle des PMI-PME décrochant de 13,8 %. À l'inverse, l'énergie électrique appelée par les professionnels et les particuliers a augmenté de 15,3 %, notamment sous l'effet de la rigueur climatique. La pointe mesurée en Alsace le 7 février 2012 à 19 h, à 3 109 MW, est historiquement élevée puisqu'elle a toujours été inférieure à 2 900 MW depuis une dizaine d'années. La sensibilité de la consommation à la température s'est confirmée avec une estimation de 2 300 MW par degré Celsius en hiver.


Côté production, l'Alsace a fourni 21 TWh l'an dernier, en progression de 52 %, sous l'effet d'une hausse de 74 % de la production nucléaire. Les énergies renouvelables ont également progressé, de 34,4 % pour l'hydraulique et de 17,8 % pour le photovoltaïque. La production thermique d'origine renouvelable est stable. A.L.


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Fessenheim Centrale nucléaire

Les travaux dans les délais

Le directeur Thierry Rosso (à droite) a conduit la visite du nouveau bâtiment de stockage du matériel mobile d'urgence (pompes, groupes électrogènes, etc.). Alors que le réacteur n°1 doit être mis à l'arrêt ces jours-ci pour le remplacement du combustible, les travaux de renforcement du radier doivent être engagés dans les semaines à venir. Les membres de la CLIS ont visité hier les autres chantiers réalisés. Les prescriptions de l'Autorité de sûreté nucléaire (ASN) de juillet 2011, à l'issue de la visite décennale menée entre octobre 2009 et mars 2010 sur le réacteur n° 1, puis les évaluations complémentaires formulées en septembre 2011 et les prescriptions de l'ASN de juin 2012 après l'accident de Fukushima ont conduit EDF à devoir engager dans les délais plusieurs chantiers d'amélioration de la sûreté sur son site de Fessenheim. Un renforcement du niveau de sûreté que quelques membres de la commission locale d'information et de surveillance (CLIS) ont pu découvrir, hier soir, en compagnie de Thierry Rosso, le directeur de la centrale de Fessenheim. En marge de la mise en œuvre d'un dispositif d'évacuation des eaux de percolation ou d'infiltration sous le talus de protection du site, un bâtiment de près de 450 m2 pour le stockage du matériel mobile d'urgence (dix pompes, cinq groupes électrogènes) a ainsi été construit pour 3 millions d'euros. « Nous avons regroupé ici, dans un bâtiment sécurisé par rapport au risque sismique, le matériel d'urgence », a précisé le directeur en conduisant la visite. Un peu plus loin, les membres de la CLIS ont pu découvrir la nouvelle enveloppe de protection du réservoir d'eau borée du réacteur n° 1 pour


« prévenir des rejets gazeux et assurer le confinement du réservoir en cas d'accident ». Un investissement de près de 6 millions d'euros qui équipera bientôt le réacteur n° 2 et qui était l'une des prescriptions de l'ASN après la dernière visite décennale. 29 millions d'euros Enfin, le bâtiment d'appoint ultime avec un pompage dans la nappe, un groupe électrogène et un réservoir de carburant permettant de « répondre à une perte de la source froide », a été présenté. EDF a investi 20 millions d'euros dans cet équipement. Thierry Rosso qui dit ne pas se préoccuper de ce qui se passe au Conseil d'Etat, répond par rapport aux 29 millions d'euros que représentent ces investissements : « Il faut ramener ce montant aux 400 millions d'euros que rapporte la centrale et, au besoin, de toujours réévaluer notre niveau de sûreté. » Le réacteur n° 1 doit, à présent, être mis à l'arrêt prochainement (en juillet, ce sera au tour du réacteur n° 2) pour le remplacement du combustible et des opérations de maintenance qui mobiliseront un millier de personnels. « Une dizaine de jours plus tard, les travaux du radier pourront démarrer. Il faut attendre l'arrêt complet du réacteur, le déchargement de son combustible », précise le directeur, alors que sur place, les préparatifs de ce chantier d'envergure se poursuivent, avec notamment l'installation des usines à béton. Plusieurs semaines de travaux sont programmées pour une remise en service fin juin. Jean-Alain Haan


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« On ne peut pas être dans la défense de cet esclavagisme » Des élus et des associations se mobilisent pour faire évoluer les esprits. Armand Jung, député du Bas-Rhin se bat depuis des années pour l'abolition de la prostitution. « À l'époque, nous n'étions pas nombreux, peut-être une dizaine, la moitié à gauche et l'autre moitié à droite. » Le 6 décembre 2011, l'Assemblée nationale a adopté une résolution réaffirmant la position abolitionniste de la France en matière de prostitution. Et une proposition de loi est en préparation, pilotée par la députée de l'Essonne Maud Olivier, qui devrait être présentée en octobre pour une discussion au Parlement en novembre, coïncidant avec la journée contre les violences faites aux femmes. Rouvrir les maisons closes ? Eric Straumann, député du Haut-Rhin, a une position plus mitigée. S'il se dit « choqué par ce trafic d'êtres humains par des mafias, cette forme d'esclavagisme moderne » et trouve « inacceptable cette exposition des femmes en pleine nuit au froid », il s'interroge néanmoins sur une possible « réouverture des maisons closes comme une voie possible ». Et penche pour une interdiction du racolage. Une position que ne partage absolument pas une autre députée du Haut-Rhin, Arlette Grosskost, résolument « pour l'abolition de la prostitution ». « J'ai travaillé sur ce thème avec Roselyne Bachelot en 2003/2004, explique-telle. Certains penchent pour la réouverture des maisons closes. Mais l'exercice libre de la prostitution est très, très minoritaire. Il faut être ferme sur l'abolition. Au XXIe siècle, on ne peut pas être dans la défense de cet esclavagisme, de cette vente de son corps. » Un réseau Zéromacho Une position défendue également par des hommes. Plusieurs se sont mobilisés pour dire non à la prostitution au sein du réseau Zéromacho, à travers un manifeste intitulé « Nous n'irons pas aux bois ».


« Les clients ne sont pas des victimes, s'indigne Gérard Biard, membre fondateur de ce réseau. Les victimes, ce sont les prostituées. » Pour lui, « la prostitution n'est pas un système tolérable et digne de notre société qui a pour devise l'égalité ». Et il dénonce l'argument du choix libre de la prostitution. « On ne peut pas construire une liberté sur l'assujettissement d'une majorité, poursuit-il. Car 90 % des prostituées en France sont étrangères, la majorité sans papiers et elles sont exploitées par des réseaux. » Pour lui, comme pour les autres abolitionnistes, « la seule raison à la prostitution, c'est la violence sociale, économique, physique, ou le tout ensemble. »


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Métallurgie

Un nouveau président à la CFE-CGC Martial Petitjean a été nommé à la tête du syndicat CFE-CGC de la métallurgie d'Alsace et des Vosges. Troisième syndicat de la Fédération nationale de la métallurgie CFE-CGC par son nombre d'adhérents, le syndicat CFE-CGC Alsace-Vosges a tenu son assemblée générale ordinaire fin mars à Saint-Hippolyte. À cette occasion, le secrétaire général, Martial Petitjean, salarié de PSA Peugeot Citroën Mulhouse, a été élu président. Considérant que l'Accord national interprofessionnel sur la sécurisation de l'emploi, signé par la CFE-CGC, « permettra de donner un coup de pouce à nos entreprises tout en préservant les intérêts de l'encadrement et des salariés en général », Martial Petitjean estime qu'il « ne sera pas suffisant ». « La sortie de crise risque d'être encore longue et sans vouloir encore forcer plus le trait, le marasme des déficits, des cortèges de licenciements, de restructurations, de plans sociaux, de faillites ou de drames humains risquent malheureusement de se poursuivre encore », assure le nouveau président de la métallurgie d'Alsace et des Vosges CFE-CGC, selon qui « cela ne doit pas être une fatalité. Les entreprises ont besoin de la compétence et du savoir-faire de leurs Etam et cadres, en innovant, en changeant leurs paradigmes et ''en osant'' pour préserver nos emplois. » « Négocier des solutions » Afin de défendre les intérêts de l'encadrement tout en préservant ceux de l'entreprise, le nouveau président a exhorté ses troupes à « négocier des solutions acceptables par tous les salariés. Les outils doivent être mis en place pour faciliter les mutations nécessaires, mais pas n'importe comment et pas à n'importe quel prix, comme certains dirigeants de société aiment à nous le faire croire » François Bille est le nouveau secrétaire général de la CFE-CGT métallurgie, Bernard Felzinger ayant été reconduit dans sa fonction de trésorier.


Revue de presse 10042013  

Revue de presse locale du 10 avril 2013

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