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Bulletin d'information du PS du 12e arrondissement de Paris - www.ps-paris12.net - 1er semestre 2010

La santé, une priorité ! e

Le 12 à la pointe du combat

Sommaire DOSSIER SANTÉ PUBLIQUE Redonner un avenir à Trousseau 2 Paris et l’Île-de-France en première ligne 4 Vers un système de santé à deux vitesses ? 5 Hôpital et ville : le parcours d’un patient 6

MÉLI-MÉLO La Vallée de Fécamp 7 Le Zoo livré à la loi de la jungle 7

VIE DE LA SECTION Les socialistes du 12e arrondissement 8

ermettre à chacun d’avoir accès aux soins dont il a besoin est un enjeu fondamental dans la mise en place d’une société solidaire. C’est aussi l’objectif revendiqué de la réforme Obama aux États-Unis. Cette réussite repose à la fois sur un système d’assurance partagé par tous, une médecine privée de proximité et une structure hospitalo-universitaire de très haut niveau. Bien sûr, cela coûte cher et les pouvoirs publics doivent gérer au mieux leurs budgets. “Au mieux” ne veut pas dire “au moins”. La logique comptable primaire qui inspire les mesures de la droite relève d’une incapacité à penser l’offre de soins sur le long terme. Cette politique s’accommode sans états d’âme d’une authentique régression sociale et scientifique. Le 12e arrondissement, avec son tissu hospitalo-universitaire dense et ses grands projets comme le “Nouveau Trousseau” ou l’Institut de la Vision, témoigne de ce qu’il est possible de réaliser avec de l’imagination, de l’ambition et de la rigueur, lorsqu’on adapte les moyens aux objectifs et non l’inverse. Mais cela n’est possible que parce que les collectivités locales, Ville de Paris et Région Île-de-France en tête, ont décidé de s’attaquer au problème et d’investir là où l’État de Nicolas Sarkozy et de François Fillon se montre défaillant. ✦

À dire vrai Le Parti Socialiste du 12e inaugure un nouveau format de son journal en le consacrant à un thème majeur, la santé. Parce que notre système de protection sociale traverse actuellement une crise majeure, et cela avec une acuité particulière dans le 12e (Trousseau, Saint-Antoine…) ; parce que nous devons dans ce domaine aussi relever le défi de la crise de financement en refusant les politiques d’économies de bouts de chandelles qui loin de répondre aux problèmes les aggravent, nous avons choisi de partager avec vous notre analyse des enjeux et nos propositions pour réformer notre système de santé au service de nos valeurs : solidarité avec les plus fragiles et intergénérationnelle, égalité d’accès aux soins, efficience de la dépense publique. Nous refusons la dérive du financement individualisé de la santé, à travers l’inflation du poids des régimes complémentaires et le financement direct par les patients. Nous n’acceptons pas la « mécanique » pavlovienne des restructurations lorsqu’elles ne s’appuient sur aucun élément objectif en termes de qualité des soins. Nous devons explorer les pistes d’une réforme radicale sous peine de voir s’enliser sous nos yeux la plus grande conquête du XXe siècle. ✦ Emmanuel Grégoire Secrétaire de la section du PS du 12e arrondissement


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Redonner un avenir à Trousseau

Notre arrondissement possède un tissu hospitalier de premier plan pour les soins et la recherche. En témoigne le projet « Nouveau Trousseau » qui prolonge vers l’avenir les formidables progrès déjà réalisés en faveur des enfants du Grand Est Parisien. Mais la bureaucratie gouvernementale menace…

En dépit de ses bâtiments à l’ancienne le long de l’avenue du Docteur Arnold Netter, le Centre hospitalo-universitaire (CHU) Armand Trousseau-La Roche Guyon occupe une place de rang mondial dans le domaine de la médecine et de la chirurgie infantiles. Membre du groupe hospitalier STARTT, avec Saint-Antoine, Rothschild et Tenon, c’est aussi le seul hôpital pédiatrique de l’université Pierre-et-Marie-Curie (UPMC, Paris 6), première université française au classement de Shanghai. Il y constitue un pôle de recherche clinique de reconnaissance internationale centré sur les pathologies du développement et sur le handicap physique et neurosensoriel. Les enfants du Grand Est Trousseau, c’est l’hôpital des enfants du grand Est parisien, de plus en plus nombreux. Son très haut niveau scientifique et technique en fait aussi le centre de recours régional, national et international pour un grand nombre de maladies sévères. Il offre la plus importante structure de France dédiée à l’enfant grand brûlé avec une prise en

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charge ultra-spécialisée en anesthésie-réanimation et en chirurgie. On y trouve le seul service pédiatrique de l’Assistance publique – Hôpitaux de Paris (AP-HP) pour soigner les enfants leucémiques ou cancéreux. Il héberge également le « Centre de la migraine de l’enfant », unique en France, et le « Centre national de ressources de lutte

La santé dans le 12e

146 000 habitants Des hôpitaux publics : Rothschild,

Des établissements privés participant au

Saint-Antoine,Trousseau, Les Quinze-Vingts.

service public hospitalier (PSPH) : les Bluets, les Diaconesses. Mais aussi 145 médecins généralistes, 396 médecins spécialistes, 38 infirmiers libéraux, 109 kinés… ✦

contre la douleur ». En 2009, on y a compté 30 570 séjours, 200 000 consultations, 46 000 urgences et près de 5 400 naissances. Dans leur présentation du projet médical 2010-2014 « Nouveau Trousseau », l’AP-HP, l’Inserm et l’UPMC soulignaient que « son implication essentielle dans plusieurs réseaux de santé locaux (…) fait de Trousseau l’élément central de la satisfaction des besoins de santé pédiatrique de l’Est francilien ». Ce « Nouveau Trousseau » prend la suite du plan stratégique lancé en 2004, avec notamment la labellisation de 7 Centres de références de maladies rares et la participation à 23 autres, la création en 2007 d’une maternité de niveau III, spécialisée pour le nouveau-né malformé, et d’un service de génétique médicale pédiatrique, tous les deux les seuls de l’Est parisien. Ce qui n’a pas empêché Trousseau de réduire son déficit de 26,8 M€ en 2006 à 13,2 M€ en 2009. Points particulièrement forts de l’établissement, la prise en charge multidisciplinaire des malades et le plateau médico-technique spécialisé de haut niveau en font un ensemble homogène où tout le monde fait équipe, ce qui assure une efficacité exceptionnelle à la prise en charge des enfants, y compris en situation d’urgence, 24 heures sur 24. Les meilleurs résultats Le « Nouveau Trousseau » prévoit une refonte architecturale radicale pour ramener les 10 bâtiments actuels à 3, efficaces et reliés entre eux. Les deux premiers seraient celui de la périnatalité, construit en 2007, et le bâtiment pédiatrique et de recherche Louis-Chigot. À ceux-ci s’ajouterait un bâtiment chirurgical moderne, qui doit être construit. « La construction d’un bâtiment dédié à l’activité chirurgicale, analyse le professeur Isabelle Constant, permet d’envisager une phase de travaux autorisant la poursuite de l’activité globale de l’hôpital – médicale, chirurgicale et obstétricale – sans perte financière induite ». Tout irait donc pour le mieux si le Conseil exécutif de l’AP-HP, sous la pression du gouvernement, n’avait décidé le 19 janvier dernier de transférer les spécialités de l’hôpital aux deux autres CHU pédiatriques de Paris, Necker et Robert-Debré, alors même que sa propre enquête annuelle de satisfaction montre que c’est Trousseau qui obtient les meilleurs résultats. Une triple erreur Lors de la manifestation de soutien du 8 mars, le professeur Noël Garabedian, président du « Collectif pour un Nouveau Trousseau » soulignait que ce choix découlait d’une triple erreur : erreur sur l’accès aux centres de soins, alors qu’il y a de plus en plus d’enfants de l’Est parisien à soigner, erreur universitaire qui dépouille Pierre-etMarie-Curie de sa compétence en pédiatrie, erreur économique qui ignore les lourds investissements récents et rejette le « Nouveau

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nons à vous féliciter pour votre pétition, Bénédicte Lombart, qui est remarquable dans le sens où c’est une pétition de proposition et non de seule revendication », écrit la maman du petit garçon. Nul ne conteste, en effet, qu’il y ait lieu de moderniser le tissu hospitalier parisien. Encore faut-il partir d’une base saine en direction d’objectifs intelligents. Le « Collectif pour un Nouveau Trousseau » (http ://nouveautrousseau. blogspot.com), qui s’est mis en place le 24 janvier 2010, précise que « l’organisation de la pédiatrie en Île-de-France et la place de Trousseau supposent une révision complète des plans d’investissements actuels La manifestation de soutien au Nouveau Trousseau du 8 mars. Les élus socialistes, en particulier ceux du 12e, se sont mobilisés dès le des Hôpitaux de Paris. Ces début pour l’hôpital. Photo du haut, de gauche à droite :Anne Hidalgo, Première Adjointe au Maire de Paris, Jean-Paul Huchon, Président nouveaux investissements doidu Conseil Régional d’Île-de-France, Michèle Blumenthal, Maire du 12e arrondissement, Sandrine Mazetier, Députée du 12e arrondissement, Catherine Baratti-Elbaz et François Pellegri,Adjoints de Michèle Blumenthal. vent s’intégrer au projet du “Grand Paris” et à la réflexion Trousseau », pourtant infiniment plus effi- fille sans cet hôpital de référence sachant qu’il sur la répartition du “grand emprunt” ». cace que la dispersion des services. n’y a pas d’équivalent au niveau régional ». « Les deux ans de commissions préalables Glisser dans la barbarie n’ont abouti à aucune preuve économique Le lien avec la famille A contrario, l’absence de prise en compte du chiffrée sérieusement entre le maintien du Il y a encore ce petit garçon qui entre à coût matériel et humain de l’éclatement de site avec investissement et le coût du trans- Trousseau en urgence pour un cancer in- Trousseau fait du nouveau projet officiel fert des équipes avec les travaux dans les au- soupçonné jusque-là. 72 heures plus tard, il une décision bureaucratique inefficace, qui tres hôpitaux », a martelé le professeur Ga- aura subi sa première intervention et en- s’appuie sur une apparence de raisonnerabedian. tamé sa chimio. Cela va durer 10 mois ter- ment comptable sans prendre en compte la ribles avec 3 opérations lourdes et une tren- réalité. Aucune preuve économique taine de chimios. Mais tout au long, il « Quand l’argent devient la fin et le seul criEt Bénédicte Lombart, cadre infirmier à recevra régulièrement la visite de sa petite tère de toute décision, conclut de son côté la Trousseau, de souligner que « les calculs éco- sœur de 5 ans et pourra rentrer chez lui maman de Maxime, on a le sentiment de nomiques ne tiennent pas compte du fait que chaque fois que possible, gardant le lien glisser doucement, mais hélas assez sûreles soins ne se réduisent pas à une succession avec sa famille et la vie scolaire. « Nous te- ment, dans la barbarie » ✦ de tâches, mais sont bel et bien une démarche globale qui exige de prendre le temps ». « À Trousseau, raconte la maman de Maxime, 8 ans, leucémique, nous avons trouvé un service ouvert 24 heures sur 24. Partout ailleurs, on nous expliquait que c’était impossible d’étendre les horaires de visites ou encore d’accepter les frères et sœurs. Ce qui nous paraissait normal et naturel était en fait une exception. Trousseau est un pôle d’excellence technique, mais l’est aussi sur le Parce qu’ils sont les plus vulnérables d’entre nous, les enfants doivent être soignés avec la plus plan humain ! » grande des attentions. Négliger de tout mettre en œuvre pour répondre à ce devoir est inacceptable. Il y a aussi cette maman médecin qui habite C’est pourquoi je refuse la logique du plan de démantèlement de l’Hôpital Trousseau initié le Sud-Ouest. Sa petite Juliette est née avec une maladie rare, le syndrome de Pierre Ropar le Ministère de la Santé. bin, qui rendait très difficile son alimentaLe travail immense réalisé par les équipes de cet hôpital est une fierté pour le 12e arrondissement. tion et provoquait des crises de détresse resCe service rendu aux familles n’a pas de prix. Les économies de court terme imposées par le piratoire. Juliette a besoin que l’on corrige gouvernement représentent en réalité un coût aberrant pour la société lorsqu’elles se font au chirurgicalement son visage et que l’on détriment de la qualité des soins, de l’accueil des plus démunis et de la recherche médicale de suive ses problèmes d’audition dus à des pointe. otites fréquentes. Elle a pu être prise en J’ai et je continuerai, en tant que Maire du 12e arrondissement mais aussi en tant que simple charge à Trousseau « avec enfin des gens qui citoyenne, à mettre toute mon énergie aux côtés des personnels soignants et non-médicaux possédaient l’expérience, la connaissance du des hôpitaux publics parisiens. syndrome et surtout des solutions adaptées », Plus que jamais, mobilisons-nous ! ✦ comme le reconnaît sa maman « Comment, Michèle Blumenthal ajoute-t-elle, dois-je envisager l’avenir de ma

Non au démantèlement de Trousseau

Maire du 12e arrondissement de Paris

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Paris et l’Île-de-France en première ligne La prévention et la réduction des inégalités devant la santé, aggravées par la crise économique et sociale, sont au cœur de l’action de nos collectivités territoriales, pour garantir la meilleure qualité de vie possible, avec le financement de projets de grande envergure comme l’Institut de la Vision. Centres de protection maternelle et infantile (PMI) pour les tout-petits, santé scolaire pour les enfants, actions d’éducation à la santé, information, prévention et dépistage pour les plus grands : autant d’exemples d’une politique d’accès à la santé portés au quotidien par la Ville de Paris et ses partenaires. Car l’accès aux soins est un droit pour tous, que l’on bénéficie d’une couverture sociale ou non. Aussi, bien que, traditionnellement, la santé ne fasse pas partie des domaines de compétence des régions, l’Ile-de-France s’est saisie d’une “clause de compétence générale” qui lui permet de s’impliquer dans ce domaine. Entre 2004 et 2009, 56 millions d’euros d’investissements ont ainsi été votés pour la rénovation et la construction de bâtiments : rénovation des urgences de l’hôpital Foch, du Centre Hospitalier de Gonesse ou de l’hôpital Trousseau, par exemple. De son côté, la Ville de Paris soutient la recherche médicale en apportant un soutien financier à plusieurs projets de centre de recherche d’envergure internationale, en partenariat avec les universités parisiennes et l’Assistance Publique Hôpitaux de Paris. L’Institut de la Vision réunit depuis 2008 douze équipes de recherche dotées d’un matériel de pointe en analyse et imagerie de la rétine.

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Dans le 12e, l’Institut de la Vision réunit depuis 2008 douze équipes de recherche dotées d’un matériel de pointe en analyse et imagerie de la rétine. Installé sur le site du centre hospitalier national des Quinze-Vingts, ce centre de recherche, qui compte parmi les plus importants d’Europe dans ce domaine, abrite également un centre d’investigation clinique chargé d’étudier et de valider, avec la participation des patients, les nouvelles pistes thérapeutiques développées par les chercheurs et les industriels. Ce travail n’a été rendu possible que par la mobilisation de nos collectivités locales. La Région Ile-de-France a investi près de 2 millions d’euros dans ce projet auxquels s’ajoutent 6 millions d’euros apportés par la Ville de Paris entre 2007 et 2011. Pour réagir au démantèlement du système de santé et pallier le désengagement de l’État, la région Ile-de-France a décidé d’investir un milliard d’euros sur 6 ans pour rénover les hôpitaux franciliens et faciliter l’accès des jeunes à une mutuelle. Tout simplement parce que la santé n’a pas de prix. ✦

Panammes : Paris innove

Avec le projet Panammes (Projets d’Aménagements Nouveaux pour améliorer l’Accessibilité des Malvoyants, Malentendants et Sourds), la Mairie de Paris, en coopération avec l’Institut de la Vision, développe autour des Quinze-Vingts une zone d’expérimentation afin d’améliorer l’accessibilité pour les personnes atteintes de handicaps visuels et auditifs. Pendant la période d’expérimentation, l’Institut de la Vision et ses partenaires évalueront les aspects cognitifs auprès des utilisateurs. De 2009 à 2014, par phases successives de 6 mois, des technologies innovantes issues des recherches de PME et de grands groupes, seront testées par un panel d’utilisateurs déficients visuels pour leur permettre de mieux s’orienter et s’informer dans la Ville. ✦

IVG en un droit m En France, le nombre d’IVG est stable, environ 200 000 par an confrontées à des difficultés nouvelles ou qui s’accentuent. Il y a 35 ans la loi dépénalisant l’avortement était adoptée. En loi a considérablement changé la vie des femmes, et leur place aujourd’hui de nombreuses atteintes. Les fusions de services o œuvre par le gouvernement aboutissent à la fermeture de nom La réforme de l’hôpital public mise en œuvre par le gouvernem établissements. Il s’en suit notamment la fermeture de centres médicales spécialisées en matière d’avortement sont ainsi rem À la réforme de l’hôpital public s’ajoute le désengagement déj raison de l’insuffisance du forfait. Une IVG chirurgicale est fact type d’anesthésie) et l’IVG médicamenteuse entre 190 et 270 médical beaucoup moins rémunérateur qu’une fausse couche Cette réforme incite également au recours excessif à l’avortem nationale des centres de grossesse et de contraception), nomb semaines recommandées. Il est pourtant essentiel de préserve médicamenteuse est moins coûteuse pour les établissements ( hospitalisation), mais au-delà de 9 semaines, elle est douloureu des complications (hémorragies, etc.) ✦

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Vers un système de santé à deux vitesses ? Presque tous les Français ont accès aux soins de santé. Mais face aux difficultés de l’assurance-maladie, la droite veut faire payer les malades et non les assurés. Au moment où les ÉtatsUnis commencent à s’aligner sur le modèle européen, le gouvernement français prend modèle sur un système dépassé.

La réforme Obama Le 23 mars 2010 le congrès américain a voté, in extremis, la réforme de son système de santé (219 votes pour, 212 contre), décision historique du début de mandat du Président des États-Unis, Barack Obama. Cette réforme permet à tous les Américains de bénéficier de soins grâce à une assurance santé obligatoire, subventionnée sur fonds publics, ainsi qu’une amélioration des dispositifs réservés aux bas revenus, aux personnes handicapées et aux seniors. Jusque-là, ce système de santé reposait sur un financement privé à la charge de l’assuré et de l’employeur, subventionné par les États fédérés. Dorénavant, 32 millions d’assurés supplémentaires pourront disposer d’une couverture maladie. ✦

plémentaire pour les dépenses non couvertes. En 2007, la dépense de santé a été financée à 77 % par la Sécurité sociale, à 14 % par les mutuelles et assurances privées et à 9 % par les assurés eux-mêmes. Le système de santé est administré par l’État, qui définit les politiques de santé publique, régule l’offre de soins et veille à l’équilibre des comptes. L’État délègue la gestion du système de santé à l’assurancemaladie, pilotée par les partenaires sociaux, mais intervient sur le financement, les tarifs et les taux de remboursement des soins.

n 2010 : t menacé par an. Mais en 2010, les femmes qui souhaitent avorter sont nt. ée. En plus d’être une avancée pour la santé publique, cette r place dans la société. Or la liberté d’avorter connaît ices ou d’établissements hospitaliers actuellement mis en de nombreux centres IVG. vernement impose le regroupement de nombreux services ou entres IVG. L’offre de soins de proximité et les équipes si remises en cause. nt déjà ancien des établissements hospitaliers privés, en st facturée entre 250 et 400 ⇔ (selon l’établissement et le t 270 ⇔. Sur un plan comptable, l’IVG est ainsi un acte ouche (800 ⇔) ! vortement médicamenteux : selon l’ANCIC (Association nombre de praticien(ne)s y ont recours au-delà des 9 éserver le choix pour les femmes de la méthode d’IVG. La voie ents (ni bloc opératoire, ni équipes médicales lourdes, ni loureuse pour les femmes et susceptible de provoquer plus

Depuis la création de la Couverture Maladie Universelle (CMU), la quasi-totalité de la population française a accès au système de santé.

Depuis la création de la Couverture Maladie Universelle (CMU), la quasi-totalité de la population française a accès au système de santé. Mais avec une organisation complexe et un déficit chronique, le système semble mal en point. Et les principes de solidarité et d’égalité sont inévitablement mis à mal. État des lieux. Une organisation complexe L’hôpital est au cœur du système de santé. Les soins primaires sont principalement prodigués en ville et les soins spécialisés essentiellement dispensés dans les établissements de santé (hôpitaux et cliniques privées). La majeure partie des dépenses est couverte par l’assurance-maladie, financée essentiellement par les cotisations patronales et salariales et par la Contribution Sociale Généralisée (CSG). Les assurés peuvent souscrire une mutuelle ou assurance com-

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Un système menacé Avec 20 milliards d’euros de déficit en 2009, la situation de l’assurance-maladie est préoccupante. En cause : la croissance des dépenses et la baisse des recettes liée au ralentissement de l’activité économique. Pour remédier à la situation, la droite entend « responsabiliser » les assurés en multipliant forfaits, déremboursements et franchises. En faisant ainsi payer les malades plutôt que l’ensemble des assurés, elle ne fait que creuser l’inégalité sociale. Aujourd’hui, 15 % de la population renonce déjà à se soigner pour des raisons financières. La politique actuelle risque ainsi d’aboutir à une médecine à plusieurs vitesses, un système à l’Américaine où seuls ceux qui pourront se payer une mutuelle auront des soins décents. Un comble, au moment où l’Amérique d’Obama se laisse convaincre par le modèle européen ! ✦

Venez débattre de la santé sur notre site : www.ps-paris12.net/sante 5


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Hôpital et ville : le parcours d’un patient Être hospitalisé est toujours une expérience difficile. Pour être réussie, elle suppose non seulement l’efficacité des équipes soignantes, mais aussi une coordination et un accueil organisé en ville, après la sortie du patient.Témoignage.

La machine hospitalière se met en marche : le chirurgien, les infirmières, les mille attentions d’un personnel efficace et attentif qu’on ne soupçonnait pas !

Entrer L’arrivée aux urgences de l’hôpital prolonge votre douleur : rencontre avec les patients (un mélange de souffrance et de détresse sociale), froid interrogatoire sur votre identité, sur votre douleur, juste pour vous dire d’attendre le médecin, Le maître mot, désormais, c’est “attendre”. Attendre que des brancardiers soient disponibles, attendre que le scanner soit libre, attendre que se termine le parcours souterrain pour y accéder, attendre le médecin et surtout attendre un lit ! Attendre À une logistique incompréhensible s’ajoute une offre de soins réduite. Le jeune interne de service fait de son mieux, mais il ne peut transformer un week-end en deux jours ouvrables, trouver des lits qui n’existent pas, des médecins ou chirurgiens surchargés ou absents. Et, alors que le patient se croit abandonné, la machine hospitalière se met en marche : le chirurgien, les infirmières, les mille attentions d’un personnel efficace et attentif qu’on ne soupçonnait pas ! Sortir Quelle que soit la façon dont vous êtes entré à l’hôpital, en sortir est beaucoup plus simple. On hospitalise de moins en moins

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longtemps. L’hôpital renvoie à la famille le soin de se débrouiller pour prendre le relais. Sinon, c’est à l’assistante sociale de l’hôpital de trouver un point de chute au patient, surtout lorsqu’il est seul ou âgé. Avec 145 médecins généralistes, 396 médecins spécialistes, 38 infirmiers (ères) libérales, 109 kinés dans le 12e, l’environnement médical, paramédical et sanitaire laisse penser qu’il ne doit pas y avoir de problème. Ce n’est pas le cas. L’organisation des soins à domicile est un exercice difficile. Les généralistes privilégient de plus en plus les consultations en cabinet plutôt que les visites. Les infirmières libérales sont débordées. Il faut trouver une place dans une maison de repos, au besoin dans une maison de retraite, et là se pose le problème crucial du coût financier, souvent excessif pour les petites retraites. La sortie d’hôpital nécessite une activation du réseau médical qui passe par une coordination effective entre les différents acteurs : l’hôpital -qui doit être conforté-, le médecin généraliste de premier recours et les autres professionnels, au premier rang desquels les infirmières, les kinésithérapeutes, les pharmaciens, sans oublier les autres professions et associations pour les aides soignantes, auxiliaires de vie… Alors que « le grand saut des 75-85 ans » se profile, il y a urgence ! ✦

La santé, une priorité pour le PS 2010 est une année charnière pour notre système de protection sociale. Faute d’argent, 15 % des Français ont renoncé à des soins et 40 % les ont repoussés, dénonce le Secours Populaire. Les dépenses de santé directement à la charge des Français ont augmenté de 50 % en 5 ans : franchises sur les honoraires médicaux (1 ⇔) et les médicaments (0,50 par boîte), déremboursements, augmentation du forfait hospitalier (passé de 10 à 18 ⇔ depuis 2002), dépassements d’honoraires de plus en plus fréquents, augmentation du coût des complémentaires santé (+5 % en 2010). Certains dysfonctionnements deviennent préoccupants : déserts médicaux, manque de certains spécialistes (psy, gynécos, anesthésistes…), dérapage des honoraires et illisibilité du système de remboursement, refus de soins aux bénéficiaires de la CMU. Ces inégalités d’accès aux soins entraînent des inégalités de santé, qui risquent de s’accroître à nouveau. Améliorer notre système de santé ne passe pas par des efforts supplémentaires pour les assurés mais par de nouveaux principes d’organisation : - Encadrement plus strict des dépassements d’honoraires et mise en place d’une rémunération forfaitaire des praticiens pour la prise en charge de certains patients (personnes âgées, enfants, ALD…). - Meilleure prise en charge de la prévention. - Encouragement à de nouveaux modes d’exercice : centres de santé, maisons de santé pluridisciplinaires, incitation à l’installation dans les zones sous-denses et nonconventionnement des médecins dans les zones surdenses, comme pour les infirmières. Le gouvernement voit la santé comme un coût : c’est d’abord un investissement ! L’allongement de la durée de la vie, la faculté de vieillir en bonne santé, les progrès réalisés dans la lutte contre certaines maladies constituent des atouts pour le dynamisme, la cohésion et l’efficacité d’une société. Pour les socialistes, investir dans la santé, c’est promouvoir un modèle de société qui valorise à la fois le bien-être de l’individu et la solidarité. ✦

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« J’ai choisi ma demeure près des Nous sommes nombreux à avoir acremparts rebâtis de ma mémoire, à cueilli avec enthousiasme l’annonce de « zoo du xxie siècle tourné vers l’écologie la hauteur des remparts. Me et la biodiversité ». Mais des interrogasouvenant de Joal l’ombrageuse du tions persistent sur l’équilibre financier visage de la terre de mon sang je l’ai et la pérennité du projet. Sur 133 M€ de choisi entre la ville et la plaine là où s’ouvre la budget, l’État doit apporter 30 M€. Le ville à la fraîcheur des bois et des rivières ». Léopold Sédar reste est financé via un partenariat puSenghor, premier président du Sénégal, vécut au 69, boulevard blic-privé (PPP) entre le Muséum NaPoniatowski.Aujourd’hui encore, le quartier reste l’orée du Bois. tional d’Histoire Naturelle, dont dépend Au Moyen-Âge, la vallée qui s’étirait le long du ruisseau de le zoo, et le groupe Chrysalis mené par Montreuil appartenait aux abbés de Fécamp, très champêtre Bouygues Construction. Chrysalis s’encomme en témoignent encore les noms de rues : Meuniers, gage à financer, construire et entretenir Jardiniers ou Brèche aux loups.Au XIIIe siècle, de tendres ce zoo pendant 25 ans. En contrepartie, le Muséum lui versera 12 M€ par an, le agneaux y étaient parqués, proies attirantes pour les loups… Ce quartier se structura plus tard autour de la Manufacture de triple de ce qu’il aura investi ! Le PPP tabacs, qui employait essentiellement des ouvrières, payées à la fournit à court terme un afflux de capital privé allégeant officiellement la dette pièce, soumises à un rythme infernal. Ce quartier populaire publique, mais il est contrebalancé à rythmé par les horaires de l’usine tranchait avec les riches long terme par un coût exorbitant. vitrines de l’avenue Daumesnil.Violette Nozières habitait au 9 Pour que le Muséum puisse payer un tel i? rue de Madagascar, tout près de la d a loyer, la fréquentation du zoo doit atk manufacture. Elle défraya la chronique Ki s“eJequeôclee deatif teindre 1,4 million de visiteurs par penpas drréservour.” an, dès la première année ! Sinon, judiciaire dans les années trente pour ’este un pit l’am n l’empoisonnement de ses parents. fa le Muséum se trouvera en diffittr me nd on Sombre histoire qui inspira les culté. Avec un ticket d’entrée anqua noncé à plus de 13 €, souhaitons que le surréalistes regroupés derrière André zoo ne soit pas contraint à abandonner Breton comme le cinéaste Claude Chabrol qui confia le rôle de cette jeune femme, criminelle et victime à ses missions de service public. Conçu comme un lieu de protection et la fois, à Isabelle Hupert (1978). ✦ t fais mais !” me ssus, n ne de a ba a l i j’a

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de recherche sur la biodiversité, le projet de zoo est indigent quant à son in-

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sertion dans son environnement immédiat. La Ville s’est dotée d’un Plan Climat ambitieux et le Bois fait l’objet d’une charte d’aménagement durable. Or, le projet gouvernemental ignore les conséquences de la fréquentation du nouveau zoo en terme de déplacements et de stationnement. Malgré l’arrivée du tramway, financé exclusivement par les collectivités locales de gauche, et faute d’investissement de l’État dans les transports collectifs franciliens, la desserte du zoo risque de s’avérer insuffisante. Le Bois subira une pression supplémentaire de l’automobile, difficilement compatible avec sa protection. ✦

PARTI SOCIALISTE SECTION PHILIPPE FARINE Permanences 150 avenue Daumesnil, 75012 Paris 01 43 46 09 42, contact@ps-paris12.net Directeur de la publication Emmanuel Grégoire Rédactrice en chef Éléonore Slama Crédits photo Section PS 12 Imprimerie Nory Papier 100 % recyclé labellisé FSC Abonnez-vous à la newsletter sur notre site www.ps-paris12.net

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Lettre PS12 01:Lettre PS12 01

8/06/10

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vie de la section Philippe Farine

Les socialistes du 12e arrondissement Philippe Farine (1917-2006)

Être militant, c’est aussi faire le choix de défendre des idées à travers les actions que nous menons jour après jour dans nos quartiers

Donner de son temps pour mettre son grain de sel dans notre vie politique : c’est le choix des militants que nous sommes. Nous pouvons tous en tant que citoyens voter pour exprimer une volonté de changement. Comme militants, nous choisissons de faire plus et de peser sur les orientations du Parti Socialiste. Chaque adhérent participe en apportant ses idées et son expérience quotidienne à la construction d’un projet de société qui réponde aux préoccupations des Français. Cette construction s’alimente à travers les débats et les commissions thématiques qui ont lieu quotidiennement dans notre section. Être militant, c’est aussi faire le choix de défendre des idées à travers les actions que nous menons jour après jour dans nos quartiers (diffusions de tracts, pieds d’immeuble). ✦

Camarade engagé pendant de nombreuses années dans le 12e arrondissement, Philippe Farine (1917-2006) a mérité l’hommage que nous avons voulu lui rendre en 2009 en donnant son nom à notre section. C’était d’abord un militant. Il se distingue par son attitude lors de la Seconde Guerre Mondiale, ce qui lui vaut l’attribution de la Légion d’Honneur et de la Croix de Guerre. De 1946 à 1954, il exerce le mandat de député. Attentif aux difficultés rencontrées par la population immigrée, en particulier dans le quartier de la gare de Lyon, Philippe Farine s’investit dans les politiques d’intégration et crée en 1987 l’association « Génériques » pour l’analyse des phénomènes migratoires. Conseiller du 12e arrondissement de 1983 à 1989, il est chargé en 2001 par Bertrand Delanoë de mettre en place le « Conseil de la citoyenneté des parisiens non communautaires ». ✦

Nous l'avons fait !

Mobilisation pour la défense de l’Hôpital public (participation aux actions menées pour la défense de l’APHP et soutien au Collectif pour un Nouveau Trousseau). Mobilisation contre la privatisation de La Poste (participation à l’organisation de la votation citoyenne du 3 octobre 2009 et aux différentes actions menées avec de nombreuses forces politiques et syndicales). Soutien aux travailleurs sans papiers du 12e arrondissement aux côtés du collectif du 12e (www.collectif12.com).

Maintenant, j’y vais ! J'ADHÈRE AU PARTI SOCIALISTE BULLETIN À REMPLIR, DÉCOUPER ET ADRESSER À PARTI SOCIALISTE 12, SECTION PHILIPPE FARINE, 150 AVENUE DAUMESNIL, 75012 PARIS. Site Internet : www.ps-paris12.net – E-mail : contact@ps-paris12.net Nous prendrons contact avec vous dès réception de ce bulletin. M., Mme (1)............................................................................................................................................................................................................................. Adresse : .................................................................................................................................................................................................................................. .................................................................................................................................................................................................................................................... Tél. : ..............................................

E-mail : ....................................................................................................................................................................

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(1) Rayer la mention inutile

Abonnez-vous à la newsletter sur Internet : www.ps-paris12.net et retrouvez-nous sur les réseaux sociaux (Facebook,Twitter…). Le local de section est ouvert 150 avenue Daumesnil, les mardis, mercredis, jeudis de 16 h 00 à 19 h 30 et les samedis de 10 h 30 à 12 h 30.

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