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“Le Belge voit souvent un projet raté comme quelque chose de négatif, alors que l’Américain considère l’échec comme une expérience supplémentaire. Cet état d’esprit nous fait défaut en Belgique.” “Notre secteur n’échappe pas aux changements : certains clients veulent utiliser notre plateforme sur tablette, d’autres veulent appliquer le système en partie sur site et en partie dans le cloud. Il est essentiel d’évoluer au rythme du marché. Nous avons de jeunes collaborateurs qui suivent ces tendances au plus près.”

La question de la sous-traitance Joke Dehond a une vision très claire du rôle essentiel de l’IT : “Pour moi, ce sont avant tout des outils permettant aux entreprises de travailler et de faire des affaires. Le plus important, c’est que l’IT soit disponible partout, tout le temps.” Quant au lieu physique où se déroulent les activités proprement dites, la technologie permet toutes les possibilités. “Nous avons fait l’exercice récemment”, explique Joke Dehond. “Nous nous sommes demandé s’il était préférable de développer toutes nos activités en interne, ici à Anvers, ou d’en sous-­traiter une partie en Pologne ou en Inde, par exemple. Nous en avons discuté avec de nombreux collègues du secteur. Le constat est que la sous-traitance ne fonctionne réellement que si l’entreprise peut véritablement associer ses collaborateurs externes à ses activités. Il faut qu’ils soient des collaborateurs à part entière. Nous ne savons pas encore comment nous allons aborder la question chez Inventive Designers.” L’IT aux mains de tous Début 2015, le magazine spécialisé DataNews a élu Joke Dehond ‘ICT Woman of the Year’. “Je ne m’y attendais vraiment pas”, dit-elle en riant. Le jury n’a pas tari d’éloges sur son esprit d’entreprise au sein d’une société relativement réduite, esprit qu’elle combine avec sa formation technique. “Mon choix d’études aura finalement été le bon”, poursuit-elle. Arriver dans un monde masculin ne l’a pas dérangée. “Les geeks ne sont plus nécessairement des hommes. ictnews.be/one

Les hommes et les femmes partagent les mêmes objectifs. Dans le monde de l’IT, c’est la créativité qui compte, peu importe votre sexe.” Pour la première fois depuis longtemps, la nouvelle année académique a débuté par une augmentation notable du nombre d’inscrits en sciences et en informatique, et parmi ceux-ci, du nombre d’étudiantes. “Avec les smartphones et les tablettes, l’IT fait littéralement partie de notre quotidien”, ajoute Joke Dehond. “Cela explique probablement en partie cet intérêt croissant. Les choses vont donc dans le bon sens, même si nous aimerions avoir plus d’exemples à suivre – sans qu’ils ne ressemblent nécessairement aux personnages de ‘The Big Bang Theory’.”

2 conseils aux CIO

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Allez au charbon

“Ne vous bercez pas d’illusions et fiez-vous à votre bon sens”, préconise Joke Dehond. “En Belgique, nous avons l’avantage d’être au contact de différentes cultures, de parler plusieurs langues et de travailler dur.” L’entrepreneur doit aussi oser : “Il ne faut pas avoir peur d’entreprendre, de tenter quelque chose. D’autant qu’un échec peut être très enrichissant. Le Belge voit souvent un projet raté comme quelque chose de négatif, alors que l’Américain considère l’échec comme une expérience supplémentaire. Cet état d’esprit nous fait défaut en Belgique. Je trouve aussi que l’entrepreneur doit oser se montrer honnête et ne pas se voiler la face quand les choses vont moins bien. C’est aussi comme ça qu’on apprend.” Cette attitude n’est que très peu ancrée dans la culture de notre pays. L’entrepreneur belge a tendance à faire comme si tout allait bien même quand il peine à garder la tête hors de l’eau.

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Soyez investi dans la société

En tant qu’‘ICT Woman of the Year’, Joke Dehond a choisi de s’engager pour le projet BOOST de la Fondation Roi Baudouin. Pour cette entrepreneuse, il est important de s’investir pleinement dans la société. “Le projet vient en aide à des jeunes issus de familles défavorisées, qui ont de bons résultats scolaires. Ils reçoivent un soutien (ordinateur et connexion internet, ateliers mensuels obligatoires consacrés aux compétences sociales, au choix des études, aux présentations, etc.) et découvrent leur potentiel.” Le projet BOOST veut faire comprendre aux jeunes qu’en étudiant et en travaillant dur, ils peuvent sortir de la précarité. “Le projet apprend aux jeunes à ne plus être des victimes, à prendre leurs responsabilités et à saisir leur avenir à deux mains, avec le soutien d’une série d’entrepreneurs. Souvent, ces jeunes finissent d’ailleurs par faire des études d’informatique ou de sciences.”

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Proximus One • Novembre 2015  

Magazine business pour les professionals de l'ICT

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