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TITI ROBIN MICHAEL LONSDALE L’ombre d’une source

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TITI ROBIN MICHAEL LONSDALE

L’ombre d’une source


TITI ROBIN MICHAEL LONSDALE

L’ombre d’une source


“… c’est dans son abandon au repos que je devine la pose qui lui convient et dont je me rends esclave...” Matisse

“Justajoo jis kee thee us ko to naa paayaa hum ne is bahaane se magar dekh lee duniya hum ne.” * Shahryar

* “Celui que j’ai cherché sans jamais l’atteindre, grâce à lui, j’ai découvert le monde…” (ghazal / Umrao Jaan)


“… c’est dans son abandon au repos que je devine la pose qui lui convient et dont je me rends esclave...” Matisse

“Justajoo jis kee thee us ko to naa paayaa hum ne is bahaane se magar dekh lee duniya hum ne.” * Shahryar

* “Celui que j’ai cherché sans jamais l’atteindre, grâce à lui, j’ai découvert le monde…” (ghazal / Umrao Jaan)


“... Elle rêve de renaître dans ton souffle, la feuille que je nourris de mon encre…” Suraj Nath


“... Elle rêve de renaître dans ton souffle, la feuille que je nourris de mon encre…” Suraj Nath


L’ombre d’une source

1 | Aucun bruit ne filtre de la rue voix, bouzouq 2 | Trois pensées voix, guitare 3 | L’écume de la mer voix, bouzouq 4 | Chute des corps voix, bouzouq 5 | Le caillou et la brindille voix, robâb 6 | Amandes voix, bouzouq 7 | Retour voix, guitare 8 | L’ombre d’une source voix, bouzouq 9 | J’entends une rivière voix, bouzouq 10 | L’eau de mai bouzouq

5’52 4’30 7’03 5’32 4’24 3’39 2’03 8’38 5’39 3’39

Michael Lonsdale voix Titi Robin bouzouq, guitare, robâb

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L’ombre d’une source

1 | Aucun bruit ne filtre de la rue voix, bouzouq 2 | Trois pensées voix, guitare 3 | L’écume de la mer voix, bouzouq 4 | Chute des corps voix, bouzouq 5 | Le caillou et la brindille voix, robâb 6 | Amandes voix, bouzouq 7 | Retour voix, guitare 8 | L’ombre d’une source voix, bouzouq 9 | J’entends une rivière voix, bouzouq 10 | L’eau de mai bouzouq

5’52 4’30 7’03 5’32 4’24 3’39 2’03 8’38 5’39 3’39

Michael Lonsdale voix Titi Robin bouzouq, guitare, robâb

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1 | AUCUN BRUIT NE FILTRE DE LA RUE

2 | TROIS PENSÉES

Un fragile morceau de verre, gît sur le sol de ta chambre, tel un regard soudain brisé dans sa chute.

Je me retourne sur trois pensées qui s’entremêlent.

Deux simples gestes de la main ont suffi à enlever la cendre sur ma manche mais une fumée ocre voile encore la lumière du jour.

L’une me sourit, avec tendresse, et s’assoit, malicieuse, à cheval sur une mèche de tes cheveux.

La fenêtre est ouverte, aucun bruit ne filtre de la rue. Tu dors, couchée sur le côté, et ta respiration est douce et chaude.

La seconde s’évanouit quand tu es là et renaît quand tu pars en laissant flotter dans l’air, derrière toi, un humide parfum de miel brun.

La dernière est souterraine, se love à sept pieds sous la terre et chacun croit qu’elle dort alors qu’il n’en est rien : elle attend son heure. Que la route est longue vers mon désir. Je vais m’asseoir à l’ombre de ce noyer et reprendre mon souffle. Si Dieu le veut, Je serai au nid, à l’abri, avant la nuit.

On dit que le vent va se lever vers le milieu de la journée et qu’il annoncera la pluie.

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1 | AUCUN BRUIT NE FILTRE DE LA RUE

2 | TROIS PENSÉES

Un fragile morceau de verre, gît sur le sol de ta chambre, tel un regard soudain brisé dans sa chute.

Je me retourne sur trois pensées qui s’entremêlent.

Deux simples gestes de la main ont suffi à enlever la cendre sur ma manche mais une fumée ocre voile encore la lumière du jour.

L’une me sourit, avec tendresse, et s’assoit, malicieuse, à cheval sur une mèche de tes cheveux.

La fenêtre est ouverte, aucun bruit ne filtre de la rue. Tu dors, couchée sur le côté, et ta respiration est douce et chaude.

La seconde s’évanouit quand tu es là et renaît quand tu pars en laissant flotter dans l’air, derrière toi, un humide parfum de miel brun.

La dernière est souterraine, se love à sept pieds sous la terre et chacun croit qu’elle dort alors qu’il n’en est rien : elle attend son heure. Que la route est longue vers mon désir. Je vais m’asseoir à l’ombre de ce noyer et reprendre mon souffle. Si Dieu le veut, Je serai au nid, à l’abri, avant la nuit.

On dit que le vent va se lever vers le milieu de la journée et qu’il annoncera la pluie.

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3 | L’ÉCUME DE LA MER

L’écume, sur le sable, est nue.   Les pensées, rives de l’âme, ont pris froid. L’écume, sur le sable, est nue. Il a laissé son couteau sur la table, près du pain. L’écume, sur le sable, est nue. Le vent s’est levé, piqué de sel, et de rosée. L’écume, sur le sable, est nue. 12

Sur l’épaule de l’homme, une veste que sa mère a cousue de fil noir. L’écume, sur le sable, est nue. Dans sa poche, pliée en quatre, une lettre inachevée dont l’encre peine à sécher. L’écume, sur le sable, est nue. Combien d’heures faut-il à l’ombre de la croix, pour glisser de la tombe au cyprès ? L’écume, sur le sable, est nue.

4 | CHUTE DES CORPS

Combien de jours faut-il à l’ombre du cyprès pour atteindre le mur d’enceinte ? L’écume, sur le sable, est nue. Les miettes dorées d’une vie de guerrier sans cause traversent le ciel, portées par le vent marin. L’écume, sur le sable, est nue. Donne ta main, assieds-toi près de moi, ne dis mot, écoute ce qui bat, en silence, quand ce vent fou s’apaise enfin.

Roue libre, Vie tremblante, Ciel de pierre, Lune indolente, Vue imprenable Sur la chute Des corps. Comprends mon message, Deviens nuage, Voile ton étoile, Évapore ton destin Dans l’azur.

L’écume de la mer, sur le sable, est nue. 13


3 | L’ÉCUME DE LA MER

L’écume, sur le sable, est nue.   Les pensées, rives de l’âme, ont pris froid. L’écume, sur le sable, est nue. Il a laissé son couteau sur la table, près du pain. L’écume, sur le sable, est nue. Le vent s’est levé, piqué de sel, et de rosée. L’écume, sur le sable, est nue. 12

Sur l’épaule de l’homme, une veste que sa mère a cousue de fil noir. L’écume, sur le sable, est nue. Dans sa poche, pliée en quatre, une lettre inachevée dont l’encre peine à sécher. L’écume, sur le sable, est nue. Combien d’heures faut-il à l’ombre de la croix, pour glisser de la tombe au cyprès ? L’écume, sur le sable, est nue.

4 | CHUTE DES CORPS

Combien de jours faut-il à l’ombre du cyprès pour atteindre le mur d’enceinte ? L’écume, sur le sable, est nue. Les miettes dorées d’une vie de guerrier sans cause traversent le ciel, portées par le vent marin. L’écume, sur le sable, est nue. Donne ta main, assieds-toi près de moi, ne dis mot, écoute ce qui bat, en silence, quand ce vent fou s’apaise enfin.

Roue libre, Vie tremblante, Ciel de pierre, Lune indolente, Vue imprenable Sur la chute Des corps. Comprends mon message, Deviens nuage, Voile ton étoile, Évapore ton destin Dans l’azur.

L’écume de la mer, sur le sable, est nue. 13


5 | LE CAILLOU ET LA BRINDILLE

Entre un caillou et une brindille allongée près de lui, quelle distance  ?

6 | AMANDES

J’ai croqué, ensemble, trois amandes. L’une d’entre elles était amère.

Comment peut-on mesurer ce manque, ce subtil éloignement  ? Une fourmi survenant, discrète, s’accroche à la branchette, et tente de la tirer vers son refuge animal.

Ma vie, j’ai pensé à toi, j’ai pensé à nous deux. Les deux autres étaient pourtant douces, parfumées, comme silencieuses.

Rien ne bouge, à part, à peine, ce frémissement imperceptible, de la pierre. La tasse de café, vide, me regarde. Je t’ai bue sans sucre, mon amertume. 14

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5 | LE CAILLOU ET LA BRINDILLE

Entre un caillou et une brindille allongée près de lui, quelle distance  ?

6 | AMANDES

J’ai croqué, ensemble, trois amandes. L’une d’entre elles était amère.

Comment peut-on mesurer ce manque, ce subtil éloignement  ? Une fourmi survenant, discrète, s’accroche à la branchette, et tente de la tirer vers son refuge animal.

Ma vie, j’ai pensé à toi, j’ai pensé à nous deux. Les deux autres étaient pourtant douces, parfumées, comme silencieuses.

Rien ne bouge, à part, à peine, ce frémissement imperceptible, de la pierre. La tasse de café, vide, me regarde. Je t’ai bue sans sucre, mon amertume. 14

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7 | RETOUR

8 | L’OMBRE D’UNE SOURCE

Allant sur l’étroit sentier d’une mémoire, on découvre parfois, prise dans la brûlure verte des ronces, une lumière égarée.

Il dit qu’il y a des sources, il dit qu’il y aura des oranges aux branches des figuiers, il dit qu’il y a du miel au sein du rucher. Il dit ce que je pense, il dit ce que tu sais, tout ce que vous croyez.

Son aile est rompue. Elle est loin de ses soeurs. Tout ce qui nous arrive nous survit ainsi, en souffrance dans l’espace.

Il dit qu’il y a un monde, il dit que l’homme vient de l’homme, que la source étincelle, et que ton Dieu respire au creux de la pierre. Il dit qu’il y a une femme au début du jour et une femme à la fin du jour, comme une promesse de rédemption, comme un appel, un écho.

Il dit ce que je sais, il dit qu’il y a un monde, il dit qu’il y a une source à la fin de nos peines, à la fin du verbe, à la fin des mots, une source, et aussi l’ombre d’une source. Je me lève et dédie ma lente et lourde carcasse et ses eaux profondes, l’oiseau du secret et les nuages qui le voilent, au vent de sable de ce désert intime. Tant que cette sève de feu coulera sous ma peau, je remonterai les fleuves à contre-courant à ta rencontre. Il existe une source, j’ai vu son reflet dans tes yeux.

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7 | RETOUR

8 | L’OMBRE D’UNE SOURCE

Allant sur l’étroit sentier d’une mémoire, on découvre parfois, prise dans la brûlure verte des ronces, une lumière égarée.

Il dit qu’il y a des sources, il dit qu’il y aura des oranges aux branches des figuiers, il dit qu’il y a du miel au sein du rucher. Il dit ce que je pense, il dit ce que tu sais, tout ce que vous croyez.

Son aile est rompue. Elle est loin de ses soeurs. Tout ce qui nous arrive nous survit ainsi, en souffrance dans l’espace.

Il dit qu’il y a un monde, il dit que l’homme vient de l’homme, que la source étincelle, et que ton Dieu respire au creux de la pierre. Il dit qu’il y a une femme au début du jour et une femme à la fin du jour, comme une promesse de rédemption, comme un appel, un écho.

Il dit ce que je sais, il dit qu’il y a un monde, il dit qu’il y a une source à la fin de nos peines, à la fin du verbe, à la fin des mots, une source, et aussi l’ombre d’une source. Je me lève et dédie ma lente et lourde carcasse et ses eaux profondes, l’oiseau du secret et les nuages qui le voilent, au vent de sable de ce désert intime. Tant que cette sève de feu coulera sous ma peau, je remonterai les fleuves à contre-courant à ta rencontre. Il existe une source, j’ai vu son reflet dans tes yeux.

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9 | J’ENTENDS UNE RIVIèRE

J’entends une rivière profonde couler de toi à moi Au fond de son lit, des galets ronds glissent au gré du courant. Il y a des tourbillons, il y a des reflets, il y a des vagues sur la berge.

Titi Robin

enregistré et mixé

au studio Ferber, à Paris, en juin 2013, par Jean-Baptiste Brunhes assisté de Guillaume Dujardin.

Mastering

Mathieu Bameulle - La Source Mastering

production

Amélie Salembier - Molpé Music Paul Lavergne - Madoro Music

Quelqu’un a laissé sur la grève une page de journal froissée.

Édition

Il est écrit que là-bas, il pleut, alors qu’ici, le soleil flamboie.

Photographies

Tu t’appuies sur mon épaule pour avancer dans l’eau de mai et je sens tes doigts sur ma peau. Laisse ainsi ta main car c’est moi que tu portes.

18

musiques, textes, direction artistique

Madoro Music

Thomas Dorn

Remerciements

Michael Lonsdale, Shadi Fathi Younesi, Suraj Nath, Paul Lavergne, Amélie Salembier, Laure Morali, Atika Taoualit, toute l’équipe qui nous a chaleureusement accueilli au studio Ferber, ainsi que toute l’équipe de World Village/ harmonia mundi.

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9 | J’ENTENDS UNE RIVIèRE

J’entends une rivière profonde couler de toi à moi Au fond de son lit, des galets ronds glissent au gré du courant. Il y a des tourbillons, il y a des reflets, il y a des vagues sur la berge.

Titi Robin

enregistré et mixé

au studio Ferber, à Paris, en juin 2013, par Jean-Baptiste Brunhes assisté de Guillaume Dujardin.

Mastering

Mathieu Bameulle - La Source Mastering

production

Amélie Salembier - Molpé Music Paul Lavergne - Madoro Music

Quelqu’un a laissé sur la grève une page de journal froissée.

Édition

Il est écrit que là-bas, il pleut, alors qu’ici, le soleil flamboie.

Photographies

Tu t’appuies sur mon épaule pour avancer dans l’eau de mai et je sens tes doigts sur ma peau. Laisse ainsi ta main car c’est moi que tu portes.

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musiques, textes, direction artistique

Madoro Music

Thomas Dorn

Remerciements

Michael Lonsdale, Shadi Fathi Younesi, Suraj Nath, Paul Lavergne, Amélie Salembier, Laure Morali, Atika Taoualit, toute l’équipe qui nous a chaleureusement accueilli au studio Ferber, ainsi que toute l’équipe de World Village/ harmonia mundi.

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Titi Robin & Michael Lonsdale - L'ombre d'une source  

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