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VIVRE L’ÉGLISE, AIMER L’ÉGLISE DONNER À L’ÉGLISE LOCALE LE VISAGE DU CHRIST

MARTIN BÜHLMANN


Chapitre 1 L’amour paternel de Dieu – Accès à la vie Un ancien légionnaire trouve le repos dans la maison de Dieu . C’est de cette façon qu’un petit homme rond d’un certain âge m’a abordé durant une conférence à Montauban en France, et ce, en langue suisse-allemande. Je venais de parler de l’amour paternel de Dieu et plusieurs personnes semblaient très touchées intérieurement. Je pris Walter dans mes bras, lui posai la main droite sur le front et priai pour lui. Tout doucement, il se laissa glisser sur le sol, je priai encore un petit moment et puis me dirigeai vers une autre personne. Quelques minutes plus tard, il se releva et vint vers moi en disant : Je priai encore pour lui et à nouveau il glissa sur le sol. Quelques minutes plus tard, Walter était de nouveau debout et continuait de demander que je prie. Cela continua pendant tout le temps de la conférence. Un peu plus tard, il m’a raconté son histoire. Walter avait été élevé dans la même petite bourgade que moi en Suisse, à Horgen près du lac de Zürich. Étant jeune, il avait bu beaucoup d’alcool, avait été mêlé à des bagarres et avait commis plusieurs vols. Son père lui reprochait à chaque fois qu’il était un faible et que jamais de la vie, il ne réussirait. Personne ne savait une unité spéciale de combat, mais comme il était petit de taille, tout le monde se riait de lui et il rejoignit une autre troupe. Walter en eut assez.


Vivre l’Église, aimer l’Église

Il partit pour Marseille où il se présenta à la Légion étrangère. Il y entra sans problèmes, on le forma et il servit pendant la guerre d’Algérie. Là, il connut les premiers combats contre les rebelles. Il m’a raconté que, probablement, il avait tué des douzaines d’Algériens. Un jour, il fut attiré dans un endroit retranché pour un combat corps à corps. Un jeune Algérien de dix-sept ans se trouvait en face de lui, à deux mètres à peu près. Sans tergiverser, passa ses nuits à faire des cauchemars ; le visage du jeune homme lui apparaissait continuellement pendant son sommeil. Il essaya de noyer ses peurs et ses tiraillements internes dans l’alcool. Pendant son engagement en Algérie, sa future épouse Colette arménienne qui avait dû fuir la Turquie pendant le génocide et avait trouvé une nouvelle patrie en France. Durant son enfance, Colette avait entendu l’Évangile de Jésus-Christ et, pour cette raison, elle avait prié pour Walter. Quand, après ces longues années en et l’attendait, il la demanda en mariage et elle accepta. Malgré Colette et son dévouement, Walter continua à noyer ses maux et ses cauchemars dans des quantités d’alcool de plus en plus grandes. Dans son désespoir, il se mit même à devenir violent, moralement et physiquement. Malgré ses bonnes résolutions et sa volonté d’être un bon père pour ses enfants, il n’y parvint jamais. Il n’arrivait pas à nourrir une famille de cinq personnes, il sentait qu’il était totalement dépassé par cette situation. Malgré trois tentatives d’avortement, le dernier enfant, un garçon, vit quand même le jour. Après quelques années, Walter s’associa à la foi de son épouse. Il accepta Jésus comme Sauveur dans sa vie et commença à le suivre. Quelques temps plus tard, son alcoolisme disparut, mais ses cauchemars et ses peurs existentielles continuèrent. Il avait le sentiment d’être captif de ses peurs. C’est pour cette raison que, tout au long de la conférence, il revenait à moi – il lui fallait encore une « dose » supplémentaire de

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L’amour paternel de Dieu - Accès à la vie

pas resté sans suite, dès le lendemain Walter me rapporta qu’il avait très bien dormi et c’est le cas jusqu’à ce jour.

prodigue. racontait Jésus, « Un maintenant que tu me paies la part de mon patrimoine entre eux. Quelques jours plus tard, le

tout son argent fut dépensé. Au même moment, il y eut une grande famine et sa situation empirait de jour en jour. Il demanda l’aumône chez un paysan dans le pré. Souvent, la faim le tiraillait au point qu’il aurait été heureux de partager le repas des cochons, mais même cela, il ne pouvait le faire. Il se dit :

Il se leva et se mit en route pour aller chez son père. Celui-ci le reconnut de loin. Il courut vers lui confessa :

Pourtant son père ordonna aux serviteurs :

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, et ils commencèrent à festoyer dans la joie1. Cette histoire décrit l’amour paternel de Dieu aux disciples, avait quitté son domicile, ses parents, dépensé son héritage et est revenu avec repentance. La première partie de cette histoire s’adresse à des personnes qui ont perdu tout espoir de vivre un jour à nouveau une vie saine. Dans la deuxième partie, il décrit la

religiosité ou dans leurs bonnes œuvres et qui n’ont pas constaté que Dieu souhaite avoir une relation vivante de père avec elles.

L’amour du Père se laisse voir demander son héritage. Le père décidait du mariage, de la vie et de l’avenir de ses enfants. Bien que le père pût décider de ne pas il l’a laissé faire. Il ne le retient pas, bien au contraire, il le laisse agir. Il est aussi intéressant de constater que le père partage déjà ne semble pas se souvenir de cette réalité. Dieu est comme ce père. Lui aussi pouvait empêcher son peuple de le quitter. Il aurait pu soumettre les Juifs par la force à sa ainsi avec les hommes et, en retour, il ne souhaite rien de plus que les hommes viennent à lui par amour et non par peur ou par soumission. Ainsi il nous laisse agir, vous et moi. Il ne nous retient pas par force 1 Luc 15, 11-24

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L’amour paternel de Dieu - Accès à la vie

si nous voulons quitter sa voie ou le quitter lui. Il nous fait des attend notre retour.

se dit-il. Il veut conduire sa vie seul selon ses désirs et ses objectifs ; il ne veut plus rendre de comptes à personne sur sa conduite. Il cherche son bonheur dans les jouissances passagères, dans des amitiés qui sont liées à sa fortune et ses que pour le temps où il leur apporte quelque chose et ensuite le laissent tomber sans commentaires. Quel contraste avec l’amour inconditionnel de son père ! Du temps de Jésus, il existait beaucoup de religiosité mais peu de foi pratique. Les gens ne regardaient qu’eux-mêmes, leurs plaisirs, leur vie ou survie et jetaient aux oubliettes leur relation à Dieu. Peut-être que bon nombre d’entre eux pensaient que Dieu les avait donnés en pâture aux Romains et les avait oubliés. sépare de son domicile et il doit se libérer des valeurs de son père. Ce qui est normal dans une certaine mesure. Il a quand même le sentiment d’être en train de rater quelque chose en restant « chez lui ». Il doit exister « autre chose » de plus que cela dans la vie

De même, beaucoup de personnes, de nos jours, entrent dans les parents et de se défaire des réglementations de la société. Alex, par exemple était depuis un bon moment membre de Vineyard à Berne. Depuis des années, il était chrétien et avait même travaillé à de nombreux projets. Son mariage en plus fonctionnait très bien. Un jour, en surfant sur Internet, il a atterri sur une page d’un journal présentées le captivèrent et il devint accro. Il n’en dit rien à son 25


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épouse mais, à certaines périodes, il consultait à nouveau ces images. Bientôt, il se mit à surfer sur d’autres sites pornographiques et y passa de longues heures. Cela devint comme une drogue pour lui et le surf sur le net remplaça sa relation avec son Père dans les cieux et son épouse. Père est toujours de mauvais conseil. Mais nous pouvons avoir la certitude que notre Père restera à nous attendre, il attendra que nous revenions à lui.

Il vit au milieu des cochons. Pour les Juifs, il n’y a rien de pire que de se vautrer avec les cochons. Pour eux, les cochons sont le symbole de tout ce qui est impur, des païens, des athées, des personnes qui vivent sans Dieu. Le jeune homme a ainsi atteint le point le plus bas. Il y a néanmoins une bonne chose : il reconnaît sa situation et veut s’en détourner. Il ne lui reste qu’un espoir : moins comme serviteur. Durant la période où les drogués se retrouvaient autour de l’église française de Berne, je m’asseyais de temps en temps auprès avec joie. Mais la plupart du temps, je restais juste assis là. J’avais le sentiment qu’en tant que « porteur de l’amour de Dieu » je ancien membre de l’église Vineyard de Berne qui avait chuté. Je lui ai demandé s’il ne voulait pas laisser tomber sa situation de drogué et recommencer une relation avec Dieu. Il me répondit : Mais ce « demain » devint une semaine pendant laquelle tous les jours, je le retrouvais dans la rue, sans qu’il n’ait cherché de l’aide. Parfois la pression de la douleur doit devenir si forte, que nous nous remémorons l’endroit où nous nous sentions en sécurité et que nous soyons prêts à y retourner.

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L’amour paternel de Dieu - Accès à la vie

père peut lui refuser sa demande ; il ne s’étonnerait même pas que le père ne le reconnaisse plus. concernée doit se mettre en route et revenir à la maison paternelle. Le drogué dont je vous ai parlé s’est souvenu de cela et se tourna famille de Vineyard à Berne. Il existe des milliers de personnes qui, un jour, ont commencé une relation avec Jésus-Christ. Mais les déceptions dues aux autres, l’entêtement, les blessures et le fait d’être prêt à faire des compromis dangereux ont amené ces personnes d’abord à se Dieu ou alors vivent leur chrétienté dans l’isolement. Mais revenons à l’histoire d’Alex qui surfait régulièrement sur internet. Il se rendit compte subitement que cela ne pouvait continuer. Il se posa la question de la façon d’abandonner ses dépendances, qui ne lui apportaient plus que colère et peur. Il se sentait dominé par son comportement et n’en tenait plus les rênes. Il reconnut sa détresse et commença à chercher de l’aide dans la Bible d’abord puis chez d’autres personnes. Par cette en danger et peuvent se voir amenés à quitter la maison du Père pour prendre des chemins qui leur promettent plus de plaisirs et de qualité de vie. Alex a dû reconnaître sa situation et a pu revenir au Père. Aujourd’hui, il est délivré de son comportement de drogué.

Le Père attend Voilà certainement la plus belle partie de l’histoire. Il semble que le père, tous les jours, à chaque heure scrutait l’horizon pour malgré ses vêtements en lambeaux et son état crasseux. Il court même à sa rencontre. Il ne lui fait aucun reproche. Il ne lui dit pas tout de suite : « Je te l’avais bien dit ». Il ne le renvoie pas. Il le serre dans ses bras, l’embrasse malgré la saleté et la puanteur et 27


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lui témoigne ainsi son amour inconditionnel. Par cette parabole, Jésus veut démontrer aux pharisiens, aux scribes et aux collecteurs d’impôts que le Père dans le ciel attend les personnes qui à nos yeux sont des pécheurs. Il ne les renverra jamais. Tout ce dont ils ont besoin, c’est de revenir à lui. Il est prêt et redonner un sens à leur vie. Je rencontre beaucoup de gens qui ne sont pas prêts à comprendre pourquoi Dieu ne les reçoit pas avec des remontrances et du refus, mais avec amour et compréhension. Je pense que, dans nos communautés chrétiennes, nous donnons une image d’un Dieu qui punit nos fautes. Nous voulons être équitables et ne pas accompagner les gens vers Jésus dans leur détresse et leur indigence. Nous sommes déterminés par la volonté de devenir une « communauté saine » et non par la pitié pour les ratés et les impotents. C’est aussi pour cette raison que pas mal d’églises sont dépassées et froides, les gens ne reconnaissent plus leurs faiblesses avec honnêteté. Ils font semblant de pouvoir vivre leur cheminement de foi sans aucun problème, bien qu’ils se sentent seuls et vidés. Pourtant notre Dieu aime les faibles ; nous (et le pardon si nous retournons à lui.

L’amour du Père est la porte de la vie

d’une fête. Mais le père va plus loin. Il demande aux serviteurs de lui mettre une chevalière, de même que des vêtements neufs et de nouvelles sandales. Cette partie de l’histoire a certainement plus choqué l’auditoire. chaque péché, chaque séparation de la maison paternelle est pardonnée et lavée, cela ne compte plus. Le père ne parlera plus restaurée. Il a obtenu le pardon.

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L’amour paternel de Dieu - Accès à la vie

termes, à nouveau signer des contrats au nom de son père. Il disposera du patrimoine bien qu’il ait déjà hérité d’une moitié auparavant et l’ait déjà dépensée. Il sait maintenant ce qu’est l’adoption.

amour . Cela me rappelle Walter le légionnaire. Il n’a de cesse de m’envoyer des lettres et des cartes postales où il m’assure qu’il a toujours la chevalière, l’habit et les chaussures. Mais un jour il m’adressa un commentaire dans une très courte lettre Je lui ai téléphoné de suite et je l’ai encouragé. J’ai prié pour lui et dans la lettre suivante je lus qu’il avait retrouvé la bague, l’habit et les chaussures. L’expérience de Walter m’a ouvert mes propres yeux et je me suis rendu compte à quel point il est essentiel que je ne perde pas ces trois précieux attributs. Pour lui, la découverte de l’amour paternel de Dieu est devenu le une nouvelle vie.

«

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ta fortune avec des prostituées, pour lui tu tues le

avec moi, et tous mes biens sont à toi ; mais il à la vie, puisqu’il était perdu et que nous l’avons 2

traiter son frère cadet avec autant d’égards ?

s’est toujours tant donné pour réaliser tout pour son père mais ce veau pour lui. C’est là que se précise quelque chose : il se voit comme ouvrier, il n’a pas vécu l’amour du père en réalité. Le père avait déjà réparti l’héritage entre les deux, mais lui ne voulait pas l’accepter. Il voulait le . Au-delà de cela, il fait des reproches au jeune frère : tu as dépensé ton héritage avec les prostituées. Comment peut-il en mais nous ne lisons nulle part qu’il a été avec les prostituées. Son amertume le conduit peut-être même à faire des reproches, sans fondements, au petit frère. Les pharisiens et les scribes durent reconnaître que c’étaient s’évertuaient à plaire à Dieu. Ils faisaient tout pour vivre de façon juste. Leur religiosité était pourtant exemplaire. Pourquoi ce Jésus s’occupait-il des pécheurs et s’attaquait-il aux vrais croyants ? La religiosité mène toujours à une pensée orientée vers les 2 Luc 15, 25-32

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L’amour paternel de Dieu - Accès à la vie

œuvres. Là où les gens par leur propre force s’évertuent à plaire à Dieu, ils ne trouveront jamais son amour. Je n’entends pas par par connaître son amour de père ; mais je pense qu’il est essentiel de comprendre qu’on ne doit pas mériter l’amour de Dieu mais et il rate la possibilité d’établir une relation avec son père. Il ne propre chemin. sur des contraintes, sur un combat pour se conduire correctement. Il ne parviennent pas à se laisser aller à l’amour paternel de Dieu et pour cette raison sont enclins à critiquer la manière d’être d’autres membres de la communauté. L’évaluation, peut-être même le jugement du prochain, permet de se sentir mieux soi-même. Mais ce n’est pas ça du tout que souhaite notre Père dans le ciel. Il veut libérer ses enfants pour une vie basée sur une relation d’amour avec lui. Je rencontre beaucoup de personnes qui mènent une vie de contrainte religieuse. Ce sont des hommes et des femmes qui souvent trébuchent sur les mêmes fautes, ne peuvent pas se pardonner à eux-mêmes et s’isolent de plus en plus par rapport à l’Église. Mais il y a une issue : expérimenter l’amour paternel de Dieu, qui pourvoit toujours.

Ce qui nous empêche de vivre l’amour paternel de Dieu. Penser aux œuvres Nous venons de constater que le fait de penser aux œuvres éloigne du fait de vivre l’amour paternel de Dieu. La raison première de cela réside dans le fait que les personnes concernées ont plus leur a faites. Ils veulent gagner le royaume par eux-mêmes. Malheureusement cette attitude est encore plus forte dans les 31


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milieux chrétiens parce que l’on s’imagine avoir la connaissance claire de la façon d’être chrétien. Ces idées remplacent souvent ce qui arrive, c’est que les chrétiens essayent de se mettre en conformité avec la norme établie et ne vivent quasiment pas de relation personnelle avec Jésus-Christ. Nous vivons dans une époque où la réussite se mesure en pas la communauté chrétienne. La réussite – ce qui veut dire adéquats. Les faibles ont peu de place dans ces communautés. Il s’agit pour elles de démontrer que Dieu les bénit et l’indicateur pour cela est le taux de croissance. Que doit ressentir Dieu quand nous ne concentrons notre attention que sur notre propre réussite.

Une fausse image du père terrestre Une chose qui empêche beaucoup d’hommes et de femmes de vivre l’amour du Père pleinement résulte souvent du souvenir d’une relation d’amour paternel terrestre brisée ou de l’absence du père. L’histoire tragique de Walter, le légionnaire, réside dans la relation qu’il ne réussirait pas sa vie. Walter garda cette fausse conviction quand il devint un adulte qu’il s’en sortit et découvrit l’amour paternel de Dieu. Ruth est membre du mouvement Vineyard de Berne depuis céleste peut être perturbée par des expériences négatives avec un père terrestre.

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L’amour paternel de Dieu - Accès à la vie

père absent, mort et se révéle à Ruth comme un père aimant.

Des évènements traumatisants, tels que des décès de personnes que nous avons aimées, des accidents ou d’autres évènements peuvent empêcher de vivre l’amour paternel de Dieu.

Dieu.

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L’amour paternel de Dieu - Accès à la vie

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mère et, dans une certaine mesure aussi son père, vu que ce dernier a essayé de la posséder, de la manipuler. Mais une expérience avec Dieu l’aida à faire le pas vers son amour paternel. Je vis régulièrement des expériences pendant lesquelles des hommes et des femmes peuvent tirer un trait sur leur vie passée et vivent même des réconciliations dans leur famille.

Abus

cadre de leur famille ou avec leurs leaders spirituels, elles ont Appartenir longtemps à une paroisse ou tout simplement une

adolescence, elle a construit sa propre vie, elle était rebelle, aujourd’hui les cris de son amie résonnent dans ses oreilles. Quand l’un des violeurs lui annonça que son tour allait venir, la peur au ventre, elle pria pour sa protection et les hommes la laissèrent tranquille. Quelques jours plus tard, elles furent agressées, volées et violées toutes deux. Un an plus tard, Anaïs se retrouva en Angleterre, seule, désemparée et en recherche. Dans cet état elle pria : . vie à Jésus. Mais peu de temps après, son amour s’attiédit et elle

la haine et le mépris les conduisirent dans des situations de peurs, durant deux années et son état s’améliora. C’est à ce moment-là 36


L’amour paternel de Dieu - Accès à la vie

qu’elle trouva un jour entre ses mains un prospectus de la ville de Berne dans lequel, entre autres annonces, on parlait du culte de 17 heures à l’église Vineyard. Depuis elle nous a rejoint dans la paroisse et même son mari vient de temps en temps au culte. C’est avec admiration qu’elle parle de la communauté chrétienne. Anaïs dit avoir trouvé pour la première fois des gens qui l’ont Dans le même temps, elle vivait la compassion de Dieu, son amour paternel inconditionnel même sur le plan matériel, peu à peu sa vie était en voie de guérison. de route. Sa volonté a été abusée, son intimité a été détruite. Mais l’expérience de l’amour paternel inconditionnel de Dieu l’aidera à vivre sa vie de façon entière.

Vivre l’amour paternel de Dieu dans l’Église chrétienne de Dieu ont vraiment besoin de vivre dans une atmosphère qui sont prêts à parcourir avec elles même un long cheminement dans la foi. s’ouvrir honnêtement à Dieu le Père et de s’abandonner à lui. Cet amour de Dieu ne développera la vie de la communauté chrétienne un lieu de guérison et d’équipement. Mais, en même temps, l’amour du Père reste un don du ciel. Là paternel de Dieu et entreront dans la vie.

mériter. L’équipe dirigeante détermine pratiquement l’ensemble de l’atmosphère de la communauté. Quand les responsables 37


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(hommes et femmes) reconnaissent qu’ils déterminent le climat spirituel de la communauté, il faut qu’ils sachent aussi comment la

besoins, quand les responsables les laissent s’exprimer librement et en ne les mettant pas tout de suite en face d’une douzaine personnes savent que malgré leurs erreurs et faiblesses, elles ne seront pas catégorisées et les responsables sauront, même dans les pires situations, les soutenir et les épauler pour avancer sur leur

Je me souviens d’une situation qui remonte déjà à quelques l’un des partenaires. La situation était claire : l’épouse menait une double vie et le mari en était désespéré. J’ai eu un entretien avec les deux et il m’apparût que le mari refusait d’avouer quelque aussi révélé l’attitude fautive du mari. Un certain temps se passa et la femme s’en retourna chez son mari, pria ce dernier et Dieu de lui accorder son pardon. Le mari avait entre-temps reconnu sa faute et était déterminé à changer. La manière dont nous avons beaucoup d’autres membres qui, eux aussi, éprouvaient de gros besoins.

L’Église : une vraie maison (un domicile) Dans une vraie maison, on se sent à l’aise même si tous les membres de la famille ne se conduisent pas comme on l’attend. Dans une vraie maison, on se sent accepté comme on est. Ce que l’on réalise n’est pas pris en compte, mais la réalité est notre appartenance à la famille. Les communautés chrétiennes où l’on accepte les personnes telles qu’elles sont adressent un message à tous les membres 38


L’amour paternel de Dieu - Accès à la vie

et aux personnes éloignées de Dieu : vous avez le droit de venir tels que vous êtes. Beaucoup de gens sont enclins à se conduire comme il faut. Ils veulent se conduire (inconsciemment) selon la cette attitude, les personnes qui viennent ne trouveront jamais leur place dans l’Église. Il feront toujours en sorte d’être conformes et ne montreront pas leur vraie personnalité. Pourtant, nous avons besoin de ces lieux où l’on peut être soi-même. Lors de nos cultes, les gens amènent régulièrement leurs chiens. compris que le chien était souvent la seule relation pour beaucoup. Si je renvoie les chiens, leurs propriétaires vont penser qu’ils ne sont pas les bienvenus. Donc les chiens peuvent venir au culte. Max vient depuis pas mal d’années à l’église Vineyard de Berne. furent déroutants pour moi. Quand je posais une question à Max, il prenait souvent une minute avant de répondre. J’avais naturellement tendance à vouloir répondre moi-même à ma question. Je constatais alors que je ne tenais pas compte de l’avis de Max et j’ai pris la décision d’attendre avec patience sa réponse. Trop de fois, il avait le sentiment d’être limité par notre attitude, surtout quand un de nos membres ne le comprenait pas. Un jour, je reçus un courriel de Max. Le langage était clair, concis et concret. Était-ce bien lui qui avait écrit ce message ? Soudainement j’avais compris que j’avais jugé Max en fonction de son handicap. J’ai alors changé d’attitude envers lui, j’appris à le une maison dans laquelle il est le bienvenu. Il a trouvé sa place et m’encourage continuellement à sa façon.

L’église est-elle un lieu où les gens viennent pour le culte ou endroit où des personnes éloignées de Dieu, ayant un curriculum vitae chaotique, peuvent trouver la guérison ? Voyons-nous dans chaque membre – en ne tenant pas compte de leurs capacités – 39


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une personne qui peut être un collaborateur, une collaboratrice ? Sommes-nous parés pour préparer et former chacun de nos membres pour réaliser les mêmes œuvres que Jésus ? Là où une église devient une force dans le monde, les gens sont guéris et sont instruits pour leur service et leur appel. Dans le Nouveau Testament, tout le monde est désigné comme prêtre et roi3 chrétien indépendamment de ses capacités et ses dons. C’est pour cette raison que tous peuvent s’engager pour le Royaume de Dieu. Bien sûr les dons jouent un rôle quand il s’agit de trouver sa propre place. Mais néanmoins, le plus important n’est pas le considération car Dieu nous a montré à quel point nous étions précieux nous-mêmes. Souvent, on me demande pourquoi des personnes totalement « normales » prient pour les autres, sans que je sois informé ou que je sache si elles sont elles-mêmes accablées, chargées. Je reste persuadé que chacun peut prier pour chacun. Dieu regarde manipuler la force de Dieu. Le passage de l’Écriture stipulant que nous ne devons pas imposer les mains de façon trop pressée se rapporte à l’engagement de responsables dans le service mais pas à la prière guérissante de l’assemblée.

1. Avez-vous accès à l’amour paternel de Dieu ? 2. Comment pouvez-vous expérimenter l’amour paternel de Dieu ? 3. Votre église est-elle un endroit où, de façon très proche, on vit l’amour paternel de Dieu ? 4. Qu’est-ce qui devrait changer dans votre église pour que l’amour paternel de Dieu puisse être vécu ? 3 Apocalypse 1, 6 ; 1 Pierre 2, 5

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Table des matières Préface de Bill Johnson

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Préface

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Introduction

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Partie 1 - Une vie remplie

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L’amour paternel de Dieu – Accès à la vie

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L’Église tournée vers l’extérieur : Une vie d’Église tournée vers les personnes éloignées de Jésus 65 Partie 2 - L’Église : un style de vie

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L’Église en adoration La communauté prophétique La communauté – une toile de relations vivantes L’Église qui guérit Une Église qui apprend L’Église qui sert L’Église missionnaire

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Appendice - La création d’église

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L’auteur

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Martin Bühlmann "Vivre l'église, aimer l'église"