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Maman, lâche-moi ! …car je vais vers le Père

Anne Merlo


I. Croire, mais en quelle vérité ? Karl Stern, psychiatre juif allemand qui a survécu à la Shoah et s’est converti au christianisme, a écrit un livre sur le genre, Refus de la femme. Il y explique comment des philosophes comme Descartes, Sartre, Schopenhauer et même Tolstoï, qui sont à l’origine de l’athéisme militant, étaient des orphelins, aliénés de la féminité vraie, habités par la haine des femmes. Leur refus de la femme, et le fait qu’ils aient été souvent déshonorés par des femmes « phalliques » 11, a entraîné la grande perte du « parfait équilibre entre les deux modes qui donnent à la connaissance humaine le plus de chance d’atteindre à la vérité. » 12 Commentant ce grand psychiatre, Leanne Payne ajoute : « Le rationalisme et l’activisme inquiet de notre époque, qui ont un impact si désastreux sur l’Eglise, viennent d’une survalorisation de la pensée masculine analytique et rationnelle au détriment des modes de connaissance féminins intuitifs, symboliques et sensibles… La perte de la capacité intuitive que nous avons tous de voir, de louer, d’adorer Dieu et de lui répondre, a abouti à la perte gravissime de l’inestimable vrai masculin et, en réalité, de la raison elle-même. » 13 Nous en sommes arrivés à ne plus vouloir accepter comme véridique ce qui n’est pas « mathématiquement » explicable. La vérité sans amour aboutit à des excès de dureté pouvant aller jusqu’au sadisme, et on peut mieux comprendre comment ont pu se 11 Le terme de femmes « phalliques » a été employé par Freud pour décrire le comportement des femmes aliénées de leur féminité et vivant dans un ersatz de masculinité. Les femmes coupées de leur féminité ont deux sortes de réactions comportementales : soit elles deviennent passives, victimaires et « dévorantes », soit elles deviennent « phalliques », c’est-à-dire qu’elles jouent un rôle masculin qui les pousse à contrôler, à manipuler et à déshonorer les hommes de leur entourage. 12 Karl Stern : Refus de la femme (Flight from woman) Editions Mame, page 46 13 Leanne Payne : L’héritage du ciel. Editions Raphaël, page 364


mettre en place des troubles mentaux graves aboutissant aux horreurs de l’antisémitisme, du nazisme et du communisme. L’incrédulité sur la bonté de Dieu apparaît à cause de la douleur et de l’angoisse de l’abandon de la part de mères passives, injustes ou abusives. « L’angoisse de séparation mène aux maladies émotionnelles les plus critiques, celles qui empêchent de parvenir à un sentiment sécurisant d’exister. » 14 D’après le Dr. Franck Lake, la souffrance fait entrer dans des comportements de défense. Ces comportements réactionnels sont au nombre de cinq principalement : « schizoïde, hystérique, dissociatif, homosexuel, paranoïde ». Les grands meneurs de notre époque en sont profondément atteints. Dans l’Eglise, la question de la recherche de l’équilibre entre le mode de connaissance masculine et féminine a trop été considérée comme secondaire. On développe de plus en plus les connaissances intellectuelles avec une méfiance grandissante envers les expériences spirituelles, trop vite taxées d’émotionnelles et donc non recevables. On n’a pas su voir que ce déséquilibre grave, dû à la misogynie, a été le berceau de l’athéisme et donc de l’incrédulité. Elle a été entretenue par les Juifs et les chrétiens ; eux-mêmes n’ont pas compris et appliqué ces vérités essentielles concernant l’image de Dieu reflétée par la femme et par conséquent, son rôle capital dans l’économie du salut. Chez les Juifs orthodoxes, la femme qui veut s’instruire, et donc avoir accès à la connaissance intellectuelle, est considérée comme diabolique. Mais en reléguant la femme à son rôle soi-disant féminin de bonne ménagère, les hommes, se cantonnant orgueilleusement à leur connaissance analytique, ont perdu du même coup l’intimité avec Dieu. On comprendra pourquoi : il semble primordial de redonner sa vraie place à la femme, et, ce faisant, de permettre à l’homme de se réconcilier avec sa propre féminité pour se trouver enfin établi dans sa vraie masculinité. La vraie masculinité se manifeste alors par la capacité à défendre la vérité en proclamant sa foi en un Dieu

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idem

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bon, fidèle et juste, vérités indémontrables, touchant au mystère de Dieu.

1. Dieu est bon, fidèle et juste Nous avons reçu ce terrible héritage d’athéisme, et plus particulièrement nous les Français. Et nous ne savons pas à quel point le doute de l’amour de Dieu nous habite, même si nous pensons être chrétiens. Ce n’est pas seulement un doute de l’amour de Dieu, c’est un doute à propos de la valeur de nos vies. Nous avons la possibilité d’en prendre vraiment conscience lorsque les épreuves, la souffrance ou le deuil nous frappent. La vieille question qui nous habite depuis longtemps, sans avoir pu trouver de réponse malgré tous nos actes de foi, se pose à nouveau : Comment un Dieu bon peut-il permettre la souffrance et, en particulier, la souffrance des innocents ? Nous sommes immédiatement tentés de douter de la bonté du Père. Si notre foi est trop peu affermie, nous faisons alors l’expérience du doute et nous nous laissons aller à des pensées accusatrices contre Dieu, même si nous n’osons pas les lui adresser directement. La colère gronde en nous, accompagnée de révolte et d’amertume, que nous aurons tendance à reporter contre nous-mêmes, nous laissant persuader que nous sommes sans valeur. Les circonstances difficiles dans lesquelles nous avons vécu ou vivons encore, sont autant de preuves dont nous nous servons pour entretenir notre incrédulité sur notre valeur personnelle. Le manque de foi en la bonté de Dieu et en sa fidélité entraîne automatiquement un manque de confiance en nous-mêmes. Il suffit que nous soyons confrontés à notre colère, notre amertume et notre désespoir au sein de la douleur, pour prendre conscience de la distance qui nous sépare de cet amour du Dieu dont nous parle la Bible. « C’est précisément au moment de la maladie qu’apparaît avec le plus d’urgence le besoin de trouver des réponses adéquates aux questions ultimes concernant la vie de l’homme ; les questions sur le sens de la douleur, de la souffrance et de la mort elle-même, L’incrédulité dans le monde chrétien

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considérée non seulement comme une énigme à laquelle il est difficile de se mesurer, mais comme un mystère dans lequel le Christ incorpore à Lui notre existence, en l’ouvrant à une naissance nouvelle et définitive pour la vie qui ne finira plus. » 15 Si nous nous prétendons croyants, il va falloir que nous remettions en question ces réflexes d’accusation envers Dieu. Ils sont devenus naturels à l’homme, mais la foi consiste à lutter contre nos impressions naturelles, « charnelles », qui nous poussent à croire que Dieu nous abandonne quand nous sommes dans la difficulté. Comment croire et expérimenter que Dieu est vraiment ce qu’il dit être, et non pas suivre nos ressentis ou nos impressions ? C’est montrer une grande fragilité que d’être dépendants de nos ressentis. C’est une grave erreur que d’être dépendants de nos propres raisonnements et conclusions au sujet de Dieu et de son action dans nos vies. Nous risquons de rester esclaves d’attitudes coupables telles que la haine de soi, l’incapacité à se pardonner, l’amertume, le mépris de soi, le jugement, l’autodépréciation. La plus grande victoire que le mensonge remporte dans nos vies est de nous faire croire que Dieu nous a rejetés ou en tout cas, qu’il ne peut nous élever à la faveur de fils légitimes. Si nous ne croyons pas dans les promesses que Dieu nous fait quand il nous parle personnellement et nous appelle à accepter ses faveurs, particulièrement dans sa Parole, nous sommes en train de commettre le péché d’incrédulité. L’incrédulité est d’origine démoniaque, elle doit être reconnue et dénoncée car son influence est désastreuse. Elle sévit dans les familles chrétiennes de génération en génération, se camouflant derrière des comportements qui semblent vertueux et héroïques, dans des recherches de sécurité qui peuvent paraître tout à fait légitimes. Elle sévit lorsque nous cherchons à exercer la justice, en prétendant savoir discerner le bien et le mal, surtout chez les autres. En tant que chrétiens issus du Réveil, nous avons de la peine à reconnaître que l’incrédulité sévit dans nos vies et particulièrement que nous sommes révoltés contre Dieu alors que nous le prions et le louons chaque jour. Pour ma part, j’ai commencé à le comprendre quand l’Esprit Saint m’a montré à quel 15

Jean Paul II en septembre 2004 pour la Journée des malades

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point j’étais « râleuse ». Arrivons-nous à passer une seule journée sans rouspéter contre quelque chose ou contre quelqu’un ? Ne le nions pas : chaque fois que nous nous plaignons que les choses ne se passent pas comme nous le voudrions, c’est à Dieu que nous en voulons, sans parvenir à l’admettre. Nous nous plaignons de nos familles, de nos parents, de nos enfants, de notre travail, du temps qu’il fait, du manque de temps pour faire tout ce que nous avons à faire, de notre corps, de notre santé. Oui, la déception et la rancune envers Dieu sévissent ainsi insidieusement dans nos cœurs. C’est beaucoup plus grave que nous ne le pensons généralement. Nos comportements de rouspéteurs ne sont pas des traits de caractère, mais démontrent que nous sommes révoltés contre lui depuis longtemps. La révolte nous tente chaque fois que la souffrance se présente dans notre histoire. Mais il est rare que nous sachions dénoncer ces pensées comme étant des tentations, aussi nous péchons en les faisant nôtres. Cette colère qui gronde au fond de nos cœurs est un héritage qui vient de nos ascendants et que nous avons pris à notre compte sans en avoir conscience. C’est une pratique qui semble tellement normale, dans nos familles, d’accueillir les sentiments de déception et d’irritation quand les choses ne vont pas dans le sens que nous espérons, que nous sommes devenus incapables de nous rendre compte que c’est l’expression de notre incrédulité. La guerre dans laquelle nous entrons en donnant nos vies au Christ est, en principe, une guerre sans merci contre l’incrédulité. La tentation de l’incrédulité doit être détectée, discernée et combattue avec force par un combat que saint Paul appelle le « bon combat de la foi. » Ce combat n’est pas celui que nous menons contre nos sentiments de culpabilité, dans une recherche fausse de sainteté qui nous fait tomber dans la religiosité. C’est un combat de positionnement en tant que fils et filles légitimes.

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« Nous renversons les faux raisonnements ainsi que tout ce qui se dresse prétentieusement contre la connaissance de Dieu et faisons prisonnière toute pensée pour l’amener à obéir à Christ. » 16 C’est tellement terrible de laisser la souffrance et le problème de la souffrance nous séparer de la bonté de Dieu ! En lui seul se trouve la vraie consolation et il est bien dommage de s’en priver, sous prétexte que tout ce qui nous arrive est de sa faute. Nous désirons rencontrer et connaître la bonté de Dieu, mais, dès qu’il veut s’approcher de nous pour nous bénir et nous consoler, nous commençons par l’accuser d’être l’auteur du mal. Ces raisonnements entretenus par nos plaintes et la pensée que nous sommes de pauvres victimes entre les mains d’un Dieu cruel, sont à l’origine de la perte de la foi dans nos familles et dans notre monde. Si nous voulons croire en la bonté de Dieu, nous devons décider de rejeter résolument toutes pensées contraires à cette vérité, sans en oublier aucune. Ce combat, personne ne peut le mener à notre place. Mais si nous commençons à nous positionner ainsi, la force nous sera donnée pour continuer. Au sein même de l’épreuve, au moment où nous sommes tentés d’accueillir des pensées d’accusation contre la bonté de Dieu, nous plaçant en sa présence sainte, tournant nos regards vers lui, nous proclamerons dans la louange notre foi en sa bonté. De la même manière, si nous voulons croire en la justice de Dieu, cessons de crier à l’injustice dès que nous souffrons. Nous sommes très susceptibles au sujet de l’injustice, et toute situation manifestement injuste nous fait bondir et nous met en colère avec le désir de dénoncer l’injustice et de faire justice nous-mêmes. Effectivement les hommes sont terriblement injustes et le diable aussi, mais cessons de dire que c’est Dieu qui l’est. Craignons particulièrement cette pensée qui est un blasphème et prenons la résolution de chasser ces convictions mensongères de nos vies. Devant toute situation particulièrement injuste, ne crions pas trop vite à l’injustice en attribuant à Dieu la responsabilité des maux qui nous arrivent. Il est injuste de l’accuser lui, si les hommes sont 16

2 Corinthiens 10 : 5

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méchants et pervers. Ne croyons pas qu’il s’est mis de leur côté. Nous voyons bien que nos contemporains, dès qu’il se produit une catastrophe, commencent par chercher le coupable. Comme si le fait d’avoir trouvé celui qui porte la responsabilité de la mort de nos proches allait alléger notre deuil. Nous désirons ardemment que justice soit faite. Dieu sait que nous avons besoin de ce « bouc émissaire » pour être soulagés de nos sentiments de culpabilité. Lorsque nous avons pu déverser le poids de nos fautes sur lui, nous ressentons un soulagement. Dieu est juste car sa manière d’aimer ne tient pas compte de nos fautes. Il est un juge juste qui exerce la justice d’une manière totalement incompréhensible, en nous déclarant non coupables. Il accepte que son fils paye à notre place, qu’il soit cet agneau sacrifié pour nous soulager du poids de nos péchés. Nous sommes soulagés de savoir que les méchants vont être punis, et que nous pouvons donc nous sentir justes. Si les méchants sont en prison, c’est très rassurant. Mais nous oublions, ou nous ne voulons pas voir, que le méchant est en nous. Il n’y a pas d’un côté les bons et de l’autre les méchants, d’un côté les sauvés et de l’autre les perdus, d’un côté les bons chrétiens et de l’autre les brebis galeuses qu’il faut éviter de fréquenter. Dieu nous voit tous enfermés dans la désobéissance et nous fait à tous miséricorde. C’est complètement injuste. Oui, Dieu est injuste de cette manièrelà, il est trop bon. Sa manière d’agir nous déstabilise car il renverse nos valeurs. Il donne le même salaire aux ouvriers de la dernière heure qu’aux autres qui ont souffert tout le jour. Il nous donne à chacun selon nos capacités à recevoir. Comme nous le disait Thérèse de l’Enfant Jésus : « il n’y a pas de différence entre un dé à coudre plein à ras bord et un verre plein à ras bord, ils sont pleins tous les deux ». Nous ne pouvons pas comprendre cette forme de justice parce que nous sommes profondément jaloux et que nous voulons avoir tous exactement la même part, comme lorsque la mère découpe une tarte aux pommes et que les enfants la surveillent pour être sûrs qu’aucun ne sera lésé. C’est par des comportements de ce genre L’incrédulité dans le monde chrétien

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dans nos familles, que sont entretenus dans nos cœurs des doutes sur la justice et la bonté de Dieu. Dieu n’est pas juste à notre manière, et essayer de ne léser personne n’est pas donner l’exemple de ce qu’est Dieu. Apprenons à nos enfants, dès leur plus jeune âge à accepter les différences, les injustices apparentes, avec bonne humeur et humour, à apprécier la part qui nous a été attribuée tout en rejetant la comparaison dans la jalousie et l’envie. Apprenons à bénir ceux qui semblent plus avantagés que nous et soyons heureux pour eux. Il est bon, lui qui fait pleuvoir ses bénédictions sur les bons comme sur les méchants. Emerveillonsnous devant ces qualités de Dieu qui nous dépassent infiniment mais que nous sommes appelés à imiter. Ce n’est pas parce que les hommes nous ont traités injustement que nous devons faire de même. N’entretenons plus de sentiments de vengeance, de comparaison, de jalousie mais comptons sur notre juste juge qui nous fera justice lui-même en temps voulu. Attendons-nous à des surprises, il va nous rendre bons et justes comme lui, c’est-à-dire à sa manière à lui. Nous pourrons bénir à son exemple et non plus maudire, ceux qui nous ont fait du mal ; le désirons-nous ? Si nous ne voulons plus douter de la fidélité de Dieu, nous devons apprendre à faire mémoire de ses promesses. Il nous a promis d’être avec nous tous les jours et que rien ne pourrait nous séparer de son amour, lui qui nous a donné ce qu’il avait de plus cher : la communion parfaite dans la paix avec son Fils bien-aimé. Il a accepté d’être privé de ce bonheur que nous cherchons tous : l’intimité Père-Fils, afin que nous puissions à nouveau y avoir accès. Il a voulu nous montrer qu’il ne nous laisserait jamais tomber, alors ne nous laissons plus dominer par ce ressenti de solitude et d’abandon, terriblement exigeant, qui nous oblige à croire qu’il n’est pas là, bien présent dans tous les évènements de nos vies. Le Christ a vécu l’abandon total de la part de son père au moment où il aurait eu le plus besoin de lui, afin de nous rejoindre totalement dans notre souffrance atroce, même si nous nous y mettons nous-mêmes, quand nous poussons ce cri horrible : « Père, pourquoi m’as-tu abandonné ? » Vivre en sa présence, croire en sa présence réelle dans nos vies, c’est ce que nous désirons le plus, mais apprenons à croire sans passer par notre sensibilité malade. 26

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Proclamons haut et fort cette vérité essentielle de notre foi : Dieu est fidèle, il n’abandonne aucun de ses enfants. Nos impressions ont trop fait de nous des incrédules. Croyons ce que Dieu nous dit de lui-même et sur nous-mêmes. Les projets qu’il a sur nos vies, projets de bonheur et non de malheur, pour se réaliser, réclament notre approbation et notre adhésion. Cessons d’être incrédules et devenons croyants ! L’un des pièges principaux du démon est de nous faire miroiter une gentille petite vie chrétienne confortable. Même s’il est vrai que le Seigneur désire nous guérir de nos dysfonctions et de tout ce qui nous fait souffrir dans notre vie relationnelle, qu’il cherche à installer une paix durable dans nos cœurs, ce n’est pas pour que nous croyions qu’il n’y aura plus de combats dans nos vies. Le fait d’être enfin débarrassés de nos « faux combats » nous rend aptes à devenir de vrais soldats de l’armée du Christ, armés pour le véritable combat contre le royaume des ténèbres ; et l’un des objectifs à atteindre est de détruire les ravages de l’incrédulité qui sévit dans notre monde et principalement dans les foyers chrétiens. Le rôle du croyant est de faire reculer le règne du mensonge et donc de l’incrédulité, non pas dans la rage d’avoir raison, car on croit posséder la vérité, mais dans la tranquillité de cœurs bien établis dans leur identité de fils et de filles de Dieu, capables de refléter son image.

2. Nous sommes des fils légitimes faits pour refléter l’image de Dieu « La gloire de Dieu, c’est de cacher les choses, la gloire des rois, c’est de découvrir les choses. » 17 Les beautés de Dieu sont visibles dans la splendeur de sa création, elles se lisent à l’œil nu. L’homme et la femme sont faits pour refléter d’une manière toute particulière cette magnificence, mais la chute a jeté un voile sur ce rayonnement. Ils doivent désormais 17

Proverbes 25 : 2

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faire tout le chemin qui conduit de la servilité passive de leur moi égoïste à leur véritable identité de roi et de reine, pour être rendus à leur splendeur première. Ce n’est que lorsqu’ils sont bien établis dans la réalité de leur identité, de leurs attributs royaux, qu’ils peuvent découvrir et faire découvrir qui est Dieu, ce Dieu qui désire que ceux qui veulent le connaître le cherchent de tout leur cœur. « Vous me chercherez et vous me trouverez, car vous me chercherez de tout votre cœur. » 18 Les mystères de Dieu ne sont pas inaccessibles à notre manière de connaître habituelle, mais demandent à être explorés, découverts et annoncés. Dieu nous donne un esprit de révélation qui nous fait le connaître vraiment. 19 Ne cherchons plus à connaître Dieu par le biais de nos facultés cognitives ou émotionnelles. Nous risquons de prendre les dons pour le donateur. Une joie sans pareille nous saisit quand, revêtus de noblesse, explorant le monde invisible réel, nous réalisons que lorsque Dieu se cache, qu’il se révèle insaisissable, au-delà de tout ce que nous pouvons voir, imaginer ou comprendre, cela signifie qu’il existe vraiment. Quel bonheur de savoir que nous n’avons pas pu l’inventer, que nous ne pouvons pas l’enfermer dans nos vues sur lui, que nous ne pouvons pas le contenir, qu’il veut se laisser voir à travers nous. Sa gloire, c’est nous ! Sortons de la honte de nousmêmes et des mensonges du démon, dévoilons-nous, détournons les regards de nous-mêmes pour les tourner résolument vers ce que nous pressentons de sa beauté suprême, et nos êtres vont rayonner de sa présence réelle. Cette révélation des fils de Dieu est attendue avec impatience par la création entière et surtout par nous-mêmes, encore enfermés que nous sommes dans les conséquences de la chute. Cette chute, nous la revivons journellement chaque fois que nous faisons le choix de rester dans la fréquentation de notre moi déchu, au lieu de choisir la fréquentation de la présence réelle de 18 19

Jérémie 29 : 13 Voir Ephésiens 1 : 17

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Dieu. Nous ne pouvons alors plus révéler au monde créé la réalité de Dieu.

A. Qu’avons-nous fait de cette image ? « Un croyant doit être un fragment de lumière, un lieu d’amour, un ferment vivifiant. Et pour être lumineux, il faut vivre au contact 20 permanent avec Dieu » . Lorsque nous nous penchons sur l’histoire de l’Eglise et de ses relations avec le peuple juif, le peuple de l’alliance éternelle, nous pouvons comprendre pourquoi ceux-ci ne peuvent se déterminer à croire que Jésus est vraiment le Messie. Qu’avons-nous fait de lui et de ses enseignements ? Les innombrables divisions, les guerres, les massacres au nom du Christ, c’est-à-dire au nom du Messie d’Israël, sont vraiment des abominations et ne peuvent pas donner envie d’être chrétien. L’image de Dieu que nous reflétons encore aujourd’hui, enfermés que nous sommes dans nos religiosités, dans nos refus des autres, dans nos conduites d’exclusions, dans les abus d’autorité, dans la dépravation sexuelle et la double vie de nombre de chrétiens et particulièrement de responsables de la jeunesse, ne donne pas une image favorable de Dieu à nos contemporains et particulièrement à nos enfants. Ne sommes-nous pas des objets de scandale sous leurs regards innocents, lorsque nous nous déchirons dans nos couples et que nous leur faisons subir toutes sortes de sévices ? L’absence ou le silence passif des pères livre les enfants à l’omniprésence oppressante maternelle. L’image radieuse de Dieu que le couple doit refléter est assombrie et nous sommes de plus en plus enfermés dans l’obscurité infernale du moi victimaire. Le Dieu que nous reflétons n’est pas le bon ! Il est urgent de sortir de l’incrédulité qui sévit dans le monde chrétien actuel. La détermination des chrétiens du Réveil à adorer Dieu ensemble, toutes dénominations confondues, dans l’amour et l’accueil mutuel 20

Jean Paul II : Audience du 4 juin 2004

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est à développer au maximum. En effet, dans ces temps de communion profonde, nous sommes à nouveau rendus aptes à refléter la réalité éternelle de notre Dieu, car nous sortons alors de notre vision étriquée d’un Jésus qui nous appartiendrait en propre. Le culte d’adoration que nous lui adressons ensemble est purifié de l’idolâtrie que peut comporter notre pratique religieuse, et nous pouvons goûter à la présence glorieuse de notre Dieu et aux manifestations de sa puissance d’amour. Nous retrouvons surtout une notion qui nous est devenue étrangère et hermétique concernant l’image de Dieu que nous sommes appelés à refléter. Nous n’avons pas à refléter une identité façonnée par les pratiques religieuses de la dénomination à laquelle nous appartenons. Même si nous avons besoin de nous reconnaître comme faisant entièrement partie de la dénomination à laquelle nous appartenons, nous sommes trop souvent tentés de nous définir par opposition à ceux qui ne confessent pas leur foi chrétienne comme nous. L’identité issue de ce qui fait la particularité de notre dénomination, n’est pas notre véritable identité. Elle peut même être le point de départ d’un particularisme et d’un sentiment d’appartenance, à l’origine de conflits dont l’histoire de l’Eglise est malheureusement trop émaillée. Nous ne pouvons pas nous empêcher de nous octroyer le droit de juger du bien et du mal, et de déclarer anathèmes et punis par Dieu ceux qui se permettent de penser ou d’agir autrement que nous. L’image de Dieu qu’il nous a transmise en nous créant à sa ressemblance est toute autre, et nous devons y attacher toute notre attention car la brisure de cette image est la cause de toutes ces abominations qui sont journellement commises dans l’Eglise et surtout dans nos familles. Ces affirmations peuvent sembler sévères et exagérées, vous me pardonnerez. Je ne désire pas brosser un tableau négatif pour le plaisir de dénoncer le mal, et je me mets totalement dans le lot des chrétiens encore trop mal affermis dans la vraie foi. Mais je ne pouvais pas aborder les souffrances profondes vécues au sein de nos relations familiales et la nécessité d’en guérir, sans aller en chercher les racines profondes. Nous avons besoin de savoir ce que nous avons à combattre et par quels moyens y parvenir. 30

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Ce sont les incroyants et les féministes de notre temps qui nous ramènent aux vraies questions sur Dieu : voulant prouver que les judéo-chrétiens sont dans l’erreur, ils contestent le fait que Dieu soit du genre masculin. Pourquoi, nous disent-ils, Dieu ne pourraitil pas être de genre féminin ? C’est une très bonne question qui doit nous amener à sortir de nos visions réduites d’un Dieu exclusivement masculin. Partout dans l’Ecriture sainte, il nous est enseigné, si nous voulons bien le voir, que Dieu est masculin et féminin ! Cela est énoncé très clairement dans la Genèse quand Dieu crée l’humanité : « Le jour où Dieu créa l’homme, il le fit à la ressemblance de Dieu, masculin et féminin il les créa, il les bénit et les appela du nom d’homme au jour de leur création. » 21 L’humain, créé à la ressemblance de Dieu, est à la fois masculin et féminin, à l’image de Dieu dont la nature est d’être à la fois masculin et féminin. Que les féministes se rassurent donc, et que les misogynes retrouvent une vision juste ! Pour refléter parfaitement l’image de Dieu, nous avons besoin de laisser se développer en nous, en juste place, le masculin et le féminin. Attention, cela ne signifie pas que nous soyons des êtres androgynes, comme le prétendent bien des gens pour excuser leurs difficultés à se définir clairement dans leur identité de genre, d’hommes ou de femmes. « La vision biblique est en contradiction flagrante avec les courants de pensées actuels, cette « indifférenciation des sexes » – propulsée par certaines instances de l’ONU et véhiculée par les médias – finit par nier la différence radicale entre l’homme et la femme. Féminité et masculinité n’étant que les résidus d’une culture judéochrétienne périmée !… Les différences homme/femme, étant purement accidentelles ou culturelles, il est logique de faire la promotion tout azimut de l’homosexualité, comme de l’homoparentalité. Tout juste si l’hétérosexualité est encore tolérée, n’étant donnée que « pour un moment dans l’histoire » ! Alors que 21

Genèse 5 : 1 et 2

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la complémentarité des deux sexes différents est, tout bêtement, la condition même pour qu’il y ait l’Histoire… Nier cette différence fondamentale, c’est le suicide de l’humanité… C’est la plus grande catastrophe humanitaire que l’on puisse concevoir : pire que la fonte des pôles pour notre globe. Quelle gifle au Créateur ! Quelle parodie de la Création ! Quel rejet de la réalité ! » 22 La régénération ou nouvelle naissance, permise par le sacrifice de Jésus, n’est autre chose que la sortie d’un chaos intérieur provoqué par le péché et la mise en ordre par la puissance de l’Esprit Saint, l’Esprit Créateur, de ce qui nous permet de ressembler à Dieu, de refléter son image. Selon que nous sommes homme ou femme, un juste équilibre entre le féminin et le masculin doit se mettre en place afin de correspondre à ce que Dieu a voulu depuis toujours en créant l’homme et la femme. Au sein d’une famille saine et consacrée à Dieu, les parents reçoivent de Dieu la capacité, au cours de l’éducation qu’ils nous donnent, de nous conduire vers une mise en place correcte de notre identité de genre, dans un équilibre intérieur satisfaisant. Une mère bien établie dans son genre féminin sera une mère douce, patiente et confiante, et en même temps soucieuse de pourvoir aux besoins de tous. Aimant la vie, elle sera capable de compassion et de miséricorde. Elle saura inspirer ses filles dans la construction de leur identité et ses fils trouveront en elle une sécurité intérieure. Un père qui sait ne pas désespérer de ses limites et de ses faiblesses, qui est déterminé à aimer sa femme, qui a confiance en lui et est capable de poser des choix et d’entreprendre, ce père bien établi dans sa masculinité, se trouve revêtu d’autorité spirituelle. Il peut ainsi devenir le protecteur de sa famille et être rendu maître de ses pulsions. Lent à la colère et rempli de tendresse, ses fils rêveront de lui ressembler. Sous son regard admiratif et fier, ses filles se sentiront en sécurité dans leur féminité. 22

Daniel Ange : La femme, sentinelle de l’Invisible. Editions Fayard du Jubilé, pages 33, 34, 35.

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Malheureusement cet idéal du couple est difficile à trouver de nos jours. Nous souffrons tous des graves dysfonctions du couple de nos parents qui eux-mêmes ont souffert à cause du péché de leurs ascendants. Dieu seul a le pouvoir de mettre fin à l’entraînement de cette spirale maléfique. Il attend de nous que nous acceptions de coopérer à notre salut en mettant de l’ordre dans notre manière d’aimer. Il nous a envoyé Jésus-Christ qui, sur la Croix, a anéanti l’antique malédiction, et son Esprit Saint qui a la charge de nous embellir, de nous faire correspondre à nouveau à l’image de Dieu. Plus nous sommes conformes à son image, plus nous reflétons le masculin et le féminin dans un juste équilibre suivant notre identité sexuelle. Cette image de Dieu est brisée, comme nous le dit Leanne Payne dans son livre sur la crise de la masculinité. Les attributs masculins et féminins de Dieu que nous devons refléter n’étant plus visibles, cette image a besoin de réparations importantes. « Une grande partie de ce que l’on qualifie de maladie ou instabilité émotionnelle est seulement la conséquence du refoulement, dans la personnalité, du masculin ou du féminin, ou d’un manque d’équilibre entre les deux », nous dit Leanne Payne. Elle continue en nous expliquant que les hommes sont angoissés car ils sont en permanence tiraillés par la question de l’être ou du non-être. « Le masculin et le féminin participent à ce mystère de l’être ». La paix intérieure dépend de l’harmonie qui règne entre le masculin et le féminin en nous, de même que la paix règne en Dieu, ce qui lui permet de nous aimer d’une manière totalement inconditionnelle, sans rien exiger en retour, sans pression d’aucune sorte. Il ne nous rejettera pas si nous ne correspondons pas absolument à ses projets pour nos vies. Nos fausses images religieuses de Dieu nous poussent à croire le contraire. Si nous retrouvons les racines de notre être et collaborons pour développer ce qui fait de nous des personnes bien équilibrées dans notre genre, nous serons rendus capables d’aimer vraiment car nous serons en paix avec nous-mêmes. La guerre des sexes qui sévit gravement en nous et autour de nous depuis la chute peut trouver son apaisement dans la guérison que le Christ nous a acquise, faisant de nous des fils et des filles de Dieu glorieusement libres. L’incrédulité dans le monde chrétien

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« Spirituellement il devrait y avoir un homme en chaque femme et une femme en chaque homme. Combien sont affreux ceux qui n’ont pas cette complémentarité en eux : je ne peux souffrir un homme qui n’est que masculin et une femme qui n’est que féminine » C. S. Lewis23. J’ose affirmer ici que travailler à notre salut et au salut de l’humanité signifie : se laisser guérir, purifier du poison toxique hérité de nos pères, qui nous a conditionnés dans de fausses identités, afin de devenir, par la puissance de l’Esprit Saint agissant en nous, de dignes filles et fils de Dieu à l’exemple du Fils, parfaite image du Père.

B. Dieu au féminin ? Nous osons dire que Dieu est féminin car nous trouvons dans ses attributs, dans ses comportements à notre égard et qui le révèlent, ce qui est propre à la femme dans son identité de genre. La femme est indispensable pour nous révéler ces qualités féminines de Dieu et elle-même a besoin d’être mise en contact avec ces forces féminines qui se trouvent en Dieu pour être établie dans sa féminité. Ces qualités féminines doivent se retrouver aussi en tout homme pour qu’il soit un homme complet, vivant dans la paix intérieure. De même les femmes doivent laisser se développer leurs qualités masculines pour vivre en bon équilibre et ne pas se cantonner dans le féminin, elles ne pourraient pas alors refléter la beauté de Dieu dans sa totalité. a)

Dieu est beau

« La beauté est sans conteste la plus essentielle et la plus méconnue 24 des qualités de Dieu – et des qualités de la femme. »

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Cité par Leanne Payne : Crise de la masculinité. Editions Raphaël, page 8 John et Stasi Eldredge : Cœur de femme. Editions Farel, page 48

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Toutes les femmes savent plus ou moins consciemment qu’elles sont faites pour être belles, pour refléter la beauté incomparable du créateur. « Au fond de son âme, la femme sait qu’elle a envie d’apporter une touche de beauté dans le monde. Elle peut se tromper sur la façon de dévoiler sa beauté (c’est un problème pour la femme), mais elle aspire à le faire. Ce n’est pas simplement un besoin culturel, ni le désir de trouver un mari. C’est inscrit dans son cœur, un aspect de 25 sa nature.» La femme souffre beaucoup à cause de cette tension permanente de son cœur. Elle veut qu’on la reconnaisse comme étant belle mais elle ne peut pas croire en sa beauté, en cet éclat dont le monde a besoin. C’est un des aspects de l’incrédulité qui sévit dans nos cœurs. C’est bien mon expérience personnelle26. Alors que je commençais le travail d’exploration de ma véritable identité, j’ai cherché des réponses dans la parole de Dieu tout en demandant au Père de me dire ce qu’il pensait de moi. Ouvrant ma Bible en priant, je suis tombée sur cette parole : « Que tu es belle mon amie ! » Depuis toute jeune, je me trouvais vraiment « moche », (cette question de la beauté est en toutes les femmes mais on ne la pose pas à la bonne personne c’est-à-dire au Père). Je n’ai pas pu supporter cette vérité et j’ai refermé ma Bible avec colère et dégoût. Le mensonge et l’incrédulité étaient si bien incarnés en moi que je ne pouvais plus entendre la vérité. L’Esprit Saint m’a poussée à persévérer mais c’était difficile. Quelle était cette beauté que Dieu voyait en moi et qu’il fallait bien me résoudre à voir aussi ? Le Seigneur m’appelait en fait à un changement radical de regard sur moi-même et à entrer dans un furieux combat pour repousser toute pensée de dépréciation de moi-même, jusqu’à ce que je comprenne et vive cette vérité : ma beauté, c’est la sienne. J’étais en train de découvrir, sous le regard bienveillant du Père, que j’étais quelqu’un d’autre que celle que j’avais cru être jusqu’à 25

idem, page 48 Anne Merlo : Tu n’as plus à craindre le malheur. Editions Première Partie, page 49

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présent et que la haine que j’avais pour moi-même m’empêchait de voir. En devenant fille de Dieu, je recevais en même temps mon héritage : être revêtue de sa gloire. 27 Nous sommes tentées par la honte, à cause des dépréciations de nous-mêmes. Nous sommes donc très mal à l’aise avec cette question de la beauté : comment croire sincèrement que, comme toutes les femmes, nous sommes belles, que c’est ainsi que Dieu l’a voulu en créant la femme à son image ? Peu d’entre nous arrivent à en être fières. « De deux choses l’une : ou nous estimons n’avoir aucune beauté, ou, dans le cas contraire, nous estimons que c’est dangereux et mauvais. Alors nous cachons cette beauté derrière l’obésité ou derrière d’épaisses couches de maquillage. Il nous arrive aussi de la neutraliser derrière des murs défensifs qui tiennent les autres à distance. » 28 Si la question de notre beauté réelle n’est pas résolue et posée à celui qui a la réponse, l’amertume de nos cœurs aura un retentissement désastreux sur notre joie de vivre et dans nos relations avec nos proches, notre époux et nos enfants particulièrement. La frustration permanente occasionnée par la non-réponse à cette question essentielle fait de nous des femmes néfastes. C’est assez simple : tant que nous sommes tournées vers nous-mêmes, dans la fréquentation de ce que nous ressentons comme vraiment « moche » en nous, ce qui nous entoure ne reçoit aucun éclairage et semble sombre et triste. Si nous nous tournons vers la lumière, quand bien même nous serions encore une flaque d’eau sale entourée d’ordures, le soleil se reflétant sur nous nous fait briller de mille éclats et tout ce qui nous entoure devient lumineux et coloré. C’est le Seigneur, source de la lumière incréée, la lumière véritable, qui nous donne sa beauté, mais voulons-nous la recevoir et la refléter ? 27

« Si nous sommes enfants de Dieu, nous sommes aussi héritiers…afin d’être glorifiés avec lui » Romains 8 : 17 28 John et Stasi Eldredge : Cœur de femme. Editions Farel, page 84

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« Cette lumière était la véritable lumière, qui en venant dans le monde éclaire tout homme. Elle était dans le monde, et le monde a été fait par elle, et le monde ne l’a pas connue. Elle est venue chez les siens, et les siens ne l’ont point reçue. » 29 Dieu est beau, et il aime que nous le contemplions avec émerveillement, il souhaite être désiré et aimé. La femme aussi ! Ne reprochons pas aux femmes de porter cette facette de la personnalité de Dieu. Il est normal qu’elles aiment être désirées et qu’elles cherchent à l’être car elles sont comme Dieu. Quand nous sommes sous le charme de la beauté de la femme, nous contemplons Dieu. Dans toutes les Ecritures, nous voyons Dieu se comporter comme une amoureuse cherchant à attirer l’attention pour être aimé. Jésus lui-même montre sa déception de n’être pas aimé pour ce qu’il est : « si Dieu était votre Père vous m’aimeriez… » 30 Hâtons-nous de chercher et de trouver notre vraie beauté. Croyons et pratiquons notre foi en cette beauté. Elle est le reflet des autres attributs de Dieu, particulièrement la bonté, la douceur, la patience et la paix qui se trouvent en lui et que nous sommes appelées à révéler. b)

Des entrailles de miséricorde

Qui, mieux que la femme, peut expérimenter la réelle bonté de Dieu à notre égard ? En effet, c’est elle qui a des entrailles, un utérus. Or, on dit de Dieu qu’il a des entrailles de miséricorde, un utérus de miséricorde. Le Seigneur se dévoile d’ailleurs comme la meilleure des mères de miséricorde. On lit à cet effet dans le prophète Isaïe : « Une femme oublie-t-elle son petit enfant, est-elle sans pitié pour le fils de ses entrailles ? Même si elle oubliait, moi je ne t’oublierai pas » 31 La miséricorde, exercée selon Dieu, c’est avoir pitié du pécheur. Dieu se tait sur nos fautes, mais il est ferme 29

Jean 1 : 9 - 11 Jean 8 : 42 31 Is 49 : 15 30

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contre le péché. La femme doit exercer cette même miséricorde de la part de Dieu sur son époux, sur ses enfants, sur les autres. Mais le péché l’a poussée à détourner cette merveilleuse capacité pour en faire une pratique de laxisme pour certains, de favoritisme pour d’autres, ou encore de dureté et d’intransigeance. C’est ainsi que les enfants à qui on laisse tout faire et qui manquent de repères se retrouvent par moments atteints par les accès de colère de leur mère, dont ils ne comprennent pas la raison. Elle est passée du laxisme à la dureté et pense exercer ainsi son autorité parentale. La femme qui revient vers Dieu et accepte de refléter sa miséricorde peut en devenir un témoin merveilleux, être un instrument dans sa main pour la réconciliation, et aider ainsi le cœur des fils à revenir vers leur père. Nous développerons, dans les chapitres suivants, les méfaits de l’image déformée de la miséricorde divine. c)

Comme une mère nourricière

La femme est aussi un grand témoin de la providence de notre Dieu, qui se révèle être comme une mère nourricière. El Shadaï (les seins qui nourrissent) est un des nombreux noms de Dieu. Notre Dieu est le Dieu de l’abondance, il pourvoit mais uniquement selon les besoins de chacun, d’une manière juste et chaque jour. La Bible nous dit qu’il donnait la manne à ses enfants chaque jour, et pour bien montrer que cela se reproduirait jour après jour, la manne dont on faisait provision pourrissait. La femme doit montrer qu’on peut faire entièrement confiance, et doit donc renoncer au péché qu’entraîne la peur du manque qui la pousse à faire trop de provisions. La femme qui fait subir cette peur à son entourage coupe ses enfants du Père, qui pourtant nous dit de ne pas nous inquiéter pour le lendemain. La femme qui revient vers Dieu et accepte sa mission de refléter la providence de Dieu, peut devenir un témoin merveilleux de l’abondance des dons de Dieu et enseigner à sa famille la confiance et l’abandon entre les mains d’un « père-mère » pleinement attentif aux moindres détails de notre vie.

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Sommaire Introduction ........................................................... 9! Première Partie : L’incrédulité dans le monde chrétien .................. 13! I.!Croire, mais en quelle vérité ?....................................... 19! 1. Dieu est bon, fidèle et juste.......................................... 21! 2. Nous sommes des fils légitimes faits pour refléter l’image de Dieu ........................................................... 27! A.! B.! a)! b)! c)! d)! e)! f)! g)!

Qu’avons-nous fait de cette image ? ..................... 29! Dieu au féminin ? ................................................. 34! Dieu est beau ....................................................... 34! Des entrailles de miséricorde ............................... 37! Comme une mère nourricière .............................. 38! Dieu « mère poule » ? .......................................... 39! Le Dieu de toute consolation ............................... 39! Le Dieu qui donne la vie...................................... 40! Myriam : Eve nouvelle ........................................ 40!

C.! a)! b)! c)!

Dieu au masculin .................................................. 43! Yeshoua, modèle parfait, vivant reflet du Père.... 43! Le Lion et l’Agneau............................................. 46! La victoire sur les forces du mal .......................... 49!

II.! Les dégâts causés par l’incrédulité.............................. 51! 1. Le père du mensonge ................................................... 51! 2. L’incrédulité est une maladie spirituelle grave mais dont on peut guérir. ............................................................. 52! 3. Un affrontement de loyautés........................................ 57!


4. Les pratiques idolâtres ................................................. 60! a)! L’idole parentale .................................................. 64! b)! Les idoles des ados .............................................. 66! c)! L’idole du mariage romantique ........................... 67! d)! Quand nous faisons du conjoint notre idole......... 69! e)! Adorer nos enfants ............................................... 70! f)! Quand la famille devient prioritaire ..................... 72! g)! Diverses idoles..................................................... 73! h)! Le culte du « moi » .............................................. 73! i)! L’idole de l’institution ......................................... 74! j)! Attention aux fausses images de Dieu !............... 79!

Deuxième partie : La terrible emprise féminine qui pèse sur les hommes et les femmes depuis la chute ............... 83! 1. Le poids de la responsabilité qui pèse sur les femmes 87! 2. Le rôle des hommes ..................................................... 90! 3. Témoignage ................................................................. 93! 4. Quand les mères ne reflètent pas la gloire féminine ... 98! a)! Les conséquences de la chute .............................. 98! - Les souffrances de la maternité.................................. 98! - Les femmes se laissent dominer, car leurs désirs se portent sur l’homme ................................................ 103! b)! L’emprise des mères .......................................... 109! - La honte de n’être pas belles .................................... 110! - Le manque de miséricorde ....................................... 112! - La peur du manque .................................................. 116! - Le manque de tendresse et de douceur de parents manipulateurs et pratiquant l’abus d’autorité .......... 122! - Le manque de consolation ....................................... 129! - La culture de mort .................................................... 132!

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Troisième partie : Aller jusqu’au bout du nécessaire lâcher prise .. 137! I. Introduction ................................................................ 143! II. Maman, lâche-moi ! .................................................. 149! 1. Jésus, comme pour sa mère, redonne à la femme sa vraie valeur ............................................................... 149! 2. Lâcher ne veut pas dire abandonner .......................... 152! 3. Consentir à la solitude ............................................... 158! 4. Le travail de différenciation....................................... 162! a)! Différencier Dieu des faux dieux ....................... 162! b)! Différencier le vieil homme du nouveau ........... 165! c)! Différencier la mère réelle de la mère idéale ..... 166! 5. Venir en aide aux femmes : heureuses au quotidien.. 172! III. Le lâcher prise en collaboration entre la mère et l’enfant ...................................................................... 179! IV. Et si Maman ne me lâche pas ? Comment me dégager de l’influence de mes parents si celle-ci est néfaste ?185! 1. Honorer nos parents tout en les quittant .................... 186! 2. Guérir de la haine ...................................................... 190! 3. Faire le deuil .............................................................. 192! 4. Accepter nos parents tels qu’ils sont et les bénir ....... 198! 5. L’Amour véritable. .................................................... 203! 6. Couper définitivement les liens ................................. 208!

Conclusion ........................................................ 213!

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Anne Merlo "Maman, lâche-moi !"  

Dans ce livre, Anne Merlo nous rappelle l’œuvre de libération que le Christ est venu accomplir dans nos vies. Il veut nous affranchir des fa...

Anne Merlo "Maman, lâche-moi !"  

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