Issuu on Google+

D OS SIE R DE PRESSE N°3 /// 16 NOVEMB RE 2009

ÊTRE

L’UTILITÉ

SCIENTIFIQUE

EST ELLE ENCORE

UNE FEMME AUJOURD’HUI

LE PALMARÈS 2009 DES BOURSIÈRES FRANÇAISES

DE LA SCIENCE

À PROUVER ?


2 ///


L’utilité de la Science n’est plus à prouver !

Dans un contexte en pleine mutation, la Science peut améliorer la santé et l’éducation, offrir des sources d’énergie propres et renouvelables, prédire et gérer les effets du changement climatique et de la biodiversité, pour ne mentionner que ceux-là. Chaque découverte scientifique enfonce une porte et apporte plus de réponses, de même qu’elle pose davantage de questions, qui permettront d’autres découvertes. La Science est aujourd’hui un enjeu majeur de notre société. Selon une étude menée par la Fondation L’Oréal et l’UNESCO avec TNS*, 84% des personnes interrogées affirment que la science est au cœur de leur quotidien. L’utilité de la science n’est donc plus à prouver, puisque la grande majorité des personnes interrogées en sont conscientes. Chacun bénéficie ainsi des progrès de la Science, et nous avons tous intérêt à ce qu’elle progresse et que la recherche avance. Pour autant, 1 personne sur 2 est inquiète face à la Science. Même si chacun a une conscience de l’utilité de la science, cette perception est atténuée par un manque d’informations. * Étude TNS, L’Oréal-UNESCO sur les perceptions de la science et des carrières scientifiques dans 10 pays. Février 2009.


Etre une femme scientifique aujourd’hui En France, les femmes ne composent que 31% des effectifs des filières scientifiques contre 76% des littéraires à leur entrée à l’université, et 30% des classes préparatoires scientifiques. Seulement 28% des doctorants en Sciences de la Matière sont des femmes.* Les femmes scientifiques demeurent minoritaires des postes à responsabilités au plus haut niveau. Après le doctorat, le phénomène s’accroît : elles représentent 28%** des chercheurs, 22%** chez les directeurs de recherche et seulement 16%*** des professeurs en sciences. Les métiers scientifiques et techniques sont mal connus, peu valorisés. Les jeunes, filles et garçons, peu informés, n’ont pas suffisamment conscience de leur intérêt et de leur diversité. De plus, les stéréotypes sexistes sont présents. Parents, enseignants, spécialistes de l’orientation et élèves sont plus ou moins persuadés, même inconsciemment, que les hommes ont plus d’aptitudes pour les disciplines et les métiers scientifiques. Or, l’égalité entre les hommes et les femmes en science est une composante essentielle de la recherche, c’est aussi un atout et un formidable levier de croissance. Il est même constaté depuis plusieurs années que les équipes de travail mixtes étaient plus productives en terme de publications et/ou de brevets !

Gaelle Andreatta, boursière 2007 « Que ce soit dans le privé et ou le public, les postes à responsabilités sont rarement occupés par les femmes et cela n’a pas l’air d’évoluer particulièrement rapidement. À compétences égales, il me semble évident qu’un homme sera préféré à une femme en vue d’une promotion. » Il est aujourd’hui essentiel d’accroître la participation, la contribution et l’accès des femmes à la science, car elles sont l’avenir de l’Homme. La Science répond aux grands enjeux de notre société, les femmes participent activement à ses découvertes. * Repères et Références Statistiques RERS 2007/2008 ** État des lieux : les Femmes dans la Recherche, Ministère de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche, 2007 *** Extrait du rapport du Comité pour l’égalité professionnelle entre les femmes et les hommes dans l’enseignement superieur et la recherche, ministère de la recherche, decembre 2006

4 ///


Jeunes, Brillantes et actrices du quotidien… L’Oréal France présente les nouveaux visages de la science A leurs côtés et à travers les Bourses Pour les Femmes et la Science, L’Oréal France met à l’honneur 10 jeunes femmes, souligne l’excellence de leur travaux, leur courage et leur engagement, et souhaite soutenir leurs carrières scientifiques. Le programme Pour les Femmes et la Science constitue un groupe exceptionnel de 10 jeunes femmes qui incarnent la science de demain, qui repoussent les frontières de la connaissance et contribuent à apporter des solutions aux nombreux problèmes auxquels notre société est confrontée. L’action de L’Oréal France vise à favoriser et soutenir l’accession des femmes aux carrières scientifiques en France et aux postes les plus élevés, enjeu plus que jamais d’actualité. Ces Bourses, qui reçoivent le soutien de la

Commission Française pour l’UNESCO et de l’Académie des Sciences et parrainées par le Ministère de la Recherche et de l’Enseignement Supérieur, permettent aussi d’informer et de faire naître des vocations auprès des jeunes lycéennes, afin que demain, un plus grand nombre de femmes participent activement à la recherche et aux progrès scientifiques. La cérémonie de cette troisième édition est également l’occasion pour d’anciennes boursières et plusieurs dizaines de femmes scientifiques de L’Oréal Recherche de venir présenter leurs travaux et d’échanger avec ces jeunes femmes. Marina Kvaskoff, boursière 2008 « La Bourse L’Oréal France-UNESCO, que j’ai obtenue lors de ma seconde année de thèse en 2008, a été pour moi la première occasion de financer ma propre recherche, et représente une chance qui m’a permis d’aller plus loin dans ma recherche et d’enrichir mes travaux de thèse. » Une ambition forte pour garantir que de nombreuses femmes seront demain les nouveaux visages de la Science et revendiquent fièrement : I Love Science


Ce que ses travaux changent sur notre quotidien Est-il possible d’innover lorsque l’on naît dans un système ancestral bien établi ? L’histoire des espèces vivantes prouve que oui, puisqu’elles ne cessent jamais d’évoluer.

Anne-Ruxandra Carvunis, 28 ans Comprendre l’organisation et l’évolution des systèmes biologiques. TRAVAUX SCIENTIFIQUES : Comment les innovations moléculaires font-elles évoluer les systèmes cellulaires ?

UNIVERSITÉ/ECOLE : UNIVERSITÉ JOSEPH FOURIER, GRENOBLE DOMAINE DE RECHERCHE : SCIENCES DE L’INFORMATION

En comparant les systèmes cellulaires des plantes ainsi que ceux des animaux, elle espère ouvrir des portes pour mieux comprendre comment de nouvelles espèces apparaissent. L’ADN contenu dans le noyau de chacune des cellules des organismes vivants contient des milliers de gènes, dont chacun « code » au moins une protéine. Des protéines qui communiquent les unes avec les autres et forment des machines moléculaires qui font vivre et fonctionner nos cellules. Ensemble, elles forment des systèmes cohérents, mais fragiles  : un changement environnemental ou une mutation viennent parfois les perturber et déclencher une maladie. Comprendre comment ces systèmes sont organisés est donc

primordial pour la recherche médicale. Anne-Ruxandra travaille sur cette question en analysant et comparant les réseaux d’interactions protéiques d’animaux et de plantes. Les travaux d’Anne-Ruxandra ont aussi pour objectif le développement de nombreuses applications agronomiques et environnementales. Elle projette donc de travailler sur le riz et espère obtenir des résultats rapides et positifs afin de tenter de répondre aux problèmes actuels d’alimentation de certaines populations en Asie. Comment naissent les nouveaux gènes? Anne-Ruxandra travaille sur cette question fondamentale en analysant les levures, organismes plus simples et plus faciles à manipuler en laboratoire. En integrant ses recherches sur l’innovation évolutive et sur l’organisation des systèmes cellulaires, elle espère ouvrir de nouvelles portes pour mieux comprendre comment de nouvelles espèces apparaissent.

8 /// Anne-Ruxandra


Anne-Ruxandra et la science Au lycée, Anne-Ruxandra s’intéresse aux sciences à travers la biologie. Ses excellents résultats et son appétence sur le sujet lui permettent, dans un premier temps, d’obtenir un Diplôme d’Etudes Universitaires Générales en Sciences de la Vie. Elle pense alors se spécialiser dans les neurosciences et dans le rôle des réseaux de neurones. Mais à bien y réfléchir, un réseau neuronal, n’est-il pas un réseau moléculaire comme un autre  ? Elle choisit donc définitivement sa voie : faire de la recherche sur la compréhension des interactions moléculaires au cœur des mécanismes du vivant.

Anne-Ruxandra prépare une thèse sur la compréhension des systèmes biologiques au sein du laboratoire TIMC-IMAG du CNRS. Pour Anne-Ruxandra, « même si les sciences permettent de lutter contre l’ignorance et améliorent le bien-être de l’humanité, comprendre les mystères du vivant est essentiel pour la mise au point des applications médicales et agronomiques du futur  ». Ainsi, ses travaux portent sur les mécanismes cellulaires des animaux et des plantes. A terme, elle souhaite observer comment les innovations moléculaires font évoluer les systèmes cellulaires pour comprendre l’apparition de nouvelles espèces, végétales et animales.

Une bourse, pour quoi faire ? Recevoir la bourse L’ORÉAL-UNESCO représente une formidable reconnaissance qui devrait transformer le futur professionnel d’Anne-Ruxandra. Elle souhaite poursuivre sa formation à l’étranger. Cette bourse est donc une extraordinaire opportunité.


Ce que ses travaux changent sur notre quotidien

Nathaëlle Bouttes, 25 ans Comprendre et anticiper le rechauffement climatique. TRAVAUX SCIENTIFIQUES : Étude du carbone et analyse du lien avec le climat passé. UNIVERSITÉ/ECOLE : UNIVERSITÉ PIERRE ET MARIE CURIE, PARIS VI DOMAINE DE RECHERCHE : PHYSIQUE

10 /// Nathaëlle Bouttes

Durant les deux derniers millions d’années (le Quaternaire), le climat de la terre n’a cessé d’osciller entre un climat froid (période glaciaire) et un climat chaud (période interglaciaire, comme l’actuel). Des carottes de glace venant d’Antartique avaient montré que les concentrations en CO2 passent de valeurs faibles en périodes froides à des valeurs élevées en période chaude. Ces variations, n’avaient pour l’instant pas trouvé d’explication satisfaisante mais à l’aide de modèles numériques de climat, une nouvelle théorie basée sur la circulation océanique a été testée. En période froide, alors que la glace de mer est plus importante, le sel en trop est rejeté dans les fonds marins. De l’eau très salée et donc très dense, plonge dans l’océan profond. Une densité qui rend plus difficile les échanges entre les fonds et la surface. Ainsi isolé, le fond de l’océan constitue un réservoir important pouvant retenir le carbone, qui ne se trouve alors plus dans l’atmosphère. Une simulation qui démontre l’efficacité de ce mécanisme naturel et permet de rendre compte d’une grande part de la variation de CO2 dans l’atmosphère entre période glaciaire et interglaciaire. «  Les scientifiques apportent des connaissances non négligeables  indispensables à la prise de décisions éclairées » déclare Nathaëlle.

En simulant divers scenarii climatiques, les scientifiques donnent aux grands décideurs économiques ou politiques des clés indispensables pour l’avenir de la planète. La recherche de Nathaëlle est, pour l’instant, fondamentale. Elle tend à construire une base de connaissance plus importante, et à modéliser et comprendre le cycle du carbone sur les deux derniers millions d’année. Des connaissances qui devraient enrichir notre vue globale du système climatique et aider à améliorer les modèles existants servant à explorer les changements climatiques futurs.


Nathaëlle et la science Avant d’être une scientifique Nathaëlle est une jeune femme d’aujourd’hui bien ancrée dans son époque. Vive, ouverte et curieuse, elle s’est toujours intéressée à son environnement et aux grands enjeux sociétaux du moment. C’est ainsi que les sciences, qui tendent justement à mieux comprendre les mystères du vivant et de notre planète, se sont rapidement imposées dans sa vie. Une évidence, pour la jeune Nathaëlle, qui s’enthousiasme, par ailleurs, sur «  l’universalité du langage scientifique qui permet aux experts du monde entier de chercher des réponses à des problématiques communes ».  C’est après avoir obtenu un diplôme de l’Ecole Nationale Supérieure de Techniques Avancées (filière océanographie) que cette jeune femme s’oriente vers la recherche. Une discipline à la réputation peu attrayante car extrêmement prenante et mal rémunérée. Mais Nathaëlle minimise ces aspects. Elle pense au contraire, que c’est un métier passionnant et diversifié. « En plus de compétences scientifiques avérées, il faut s’ouvrir aux problèmes actuels pour tenter d’y apporter des éléments de réponses, aimer le travail d’équipe, et disposer de qualités rédactionnelles et oratoires pour présenter ses travaux ».  Nathaëlle puise la motivation de son engagement dans les problèmes environnementaux. Elle oriente donc progressivement ses études de physique-chimie vers l’environnement et le climat. Une évidence pour une femme qui a toujours éprouvé un fort désir d’engagement citoyen. En se spécialisant, elle allie une recherche scientifique complète et intéressante à un enjeu majeur du futur. Nathaëlle pense, en effet, que «  les chercheurs doivent aider et inciter ainsi à la prise de décisions cruciales pour l’humanité ».

Une bourse, pour quoi faire ? Elle espère que cette bourse l’aidera à approfondir son projet et à améliorer sa visibilité Nathaëlle voit sa bourse comme «  une importante reconnaissance du choix de son sujet de thèse et de ses recherches ». Cette jeune femme veut aller plus loin…et pourquoi pas partir à l’étranger pour intégrer de nouvelles méthodes de travail. Une démarche qui devrait aussi lui permettre d’assimiler une base de connaissances utiles avant de rentrer définitivement en France, dont le mode de fonctionnement de la recherche correspond à ses attentes : un rythme moins soutenu de publications, une compétition moins accrue et du temps en plus pour…la recherche !


Ce que ses travaux changent sur notre quotidien Les mathématiques reposent presque essentiellement sur le raisonnement logique. On leur attribue une utilité éducative dans un monde qui prise énormément la pensée et le comportement rationnels.

Mathilde Herblot, 25 ans Retour à la source des sciences : les mathématiques TRAVAUX SCIENTIFIQUES : Recherche de critères géométriques pour démontrer la transcendance de certains nombres. UNIVERSITÉ/ECOLE : UNIVERSITÉ DE RENNES 1 DOMAINE DE RECHERCHE : MATHÉMATIQUES

12 /// Mathilde Herblot

L’aspect « fonctionnel » des mathématiques tire son importance du fait qu’elles sont le langage de la science, de l’ingénierie et de la technologie et de leur rôle dans le développement de ces disciplines. Ce rôle est aussi ancien que les mathématiques elles-mêmes et on peut affirmer que, sans les mathématiques, il n’y aurait ni science ni génie. Les mathématiciens classifient les nombres : les nombres entiers, les nombres entiers relatifs, les nombres rationnels (quotients de deux nombres entiers, ce sont les fractions), les nombres irrationnels (comme √3)... On appelle algébriques les nombres qui annulent de telles équations polynomiales. Leibniz donna le nom de « transcendants » aux nombres non algébriques, c’est-à-dire ne satisfaisant pas d’équation polynomiale à coefficients entiers.

Il fallut attendre jusqu’en 1844 pour que l’existence de tels nombres soit démontrée, par Joseph Liouville, qui trouva une famille d’exemples de nombres transcendants. Le mathématicien allemand Georg Cantor travaillait sur la notion d’infini : il montra qu’il y avait des infinis plus grands que d’autres. Ainsi, l’ensemble des nombres transcendants est beaucoup plus grand que l’ensemble des nombres algébriques : si on choisit au hasard un nombre, la probabilité qu’il soit algébrique est nulle ! On estime qu’en aiguisant l’esprit et en développant l’art de résoudre les problèmes, l’étude des mathématiques fait beaucoup pour l’érudition et l’acquisition des facultés intellectuelles. En 1882, Ferdinand von Lindemann démontra la transcendance du nombre π (rapport du périmètre d’un cercle sur son diamètre). Ce résultat permit de démontrer l’impossibilité de la quadrature du cercle, qui est un célèbre problème de construction géométrique datant de l’Antiquité. Ce problème consiste à construire à l’aide d’une règle et un compas, étant donné un disque, un carré de même aire que le disque. Dans sa thèse, Mathilde cherche des critères géométriques pour démontrer la transcendance de certains nombres, qui ne sont pas des nombres réels mais des nombres dits p-adiques.


Mathilde et la science... Mathilde a toujours aimé les sciences et s’est toujours distinguée par l’excellence de ses résultats.

Son engagement scientifique Elle participe à un cours pour des étudiants de 3ème année où elle présente des résultats mathématiques liés à la théorie des jeux L’enthousiasme de Mathilde pour les mathématiques est sans borne et ce qu’elle affectionne par-dessus tout, c’est communiquer son amour de la discipline. Son engagement scientifique est donc synonyme d’enseignement. Un domaine concret et idéal pour convaincre les jeunes étudiants de l’intérêt des mathématiques.

Une bourse, pour quoi faire ? Mathilde compte consacrer une large part de cette somme au financement des différents voyages qu’il lui faudra réaliser pour parfaire sa culture scientifique, sans oublier son objectif premier : transmettre ses connaissances. Elle aimerait ainsi participer financièrement à l’organisation d’un colloque international dans son domaine de recherche thématique.


Ce que ses travaux changent sur notre quotidien

Auriane Etienne, 26 ans Agir pour la sûreté nucléaire ! TRAVAUX SCIENTIFIQUES : Surveillance et compréhension du vieillissement sous irradiation des matériaux des structures internes des cuves des réacteurs nucléaires français. UNIVERSITÉ/ECOLE : UNIVERSITÉ DE ROUEN DOMAINE DE RECHERCHE : PHYSIQUE

14 /// Auriane Etienne

«  Le nucléaire est utilisé partout dans le monde et se révèle extrêmement utile en complément d’autres sources d’énergie  » explique Auriane. En France, 30 ans après leur mise en service, les infrastructures nucléaires vieillissent. À l’intérieur du réacteur, les réactions nucléaires produisent un grand nombre de particules énergétiques (les neutrons), qui vont frapper la structure du réacteur. L’impact des neutrons sur les atomes, équivalent à l’impact d’une balle de fusil sur une boule de pétanque, peut les déplacer et désorganiser profondément leur arrangement au sein des matériaux. Les matériaux perdent alors une partie de leur intégrité. Cela peut nécessiter leur changement, ce qui augmente les coûts de maintenance. Grâce à ses travaux, Auriane participe à la compréhension du vieillissement des structures internes des réacteurs nucléaires et, grâce au développement de nouveaux matériaux, favoriser une baisse notable de leurs remplacements.

La problématique des matériaux est un sujet majeur dans l’industrie du nucléaire : la sécurité d’un réacteur nucléaire, les coûts de maintenance et la longévité dépendent fortement des propriétés des matériaux utilisés. L’objectif des travaux d’Auriane est d’observer et de comprendre ce qui se passe à l’échelle atomique dans ces matériaux sous irradiation (des aciers austénitiques inoxydables) grâce à une technique d’analyse à l’échelle atomique et en 3 dimensions : la sonde atomique tomographique développée au sein du laboratoire (Groupe de Physique des Matériaux, Université et INSA de Rouen, UMR CNRS 6634). Elle permet d’éplucher un échantillon atome par atome et de reconstruire ensuite la matière en trois dimensions. Ce qui est vu dans la matière permet alors d’élaborer des modèles qui permettront d’anticiper le vieillissement des matériaux. C’est une idée forte des sciences de la matière : la compréhension du comportement d’un petit nombre d’atomes permet de comprendre le comportement de matériaux macroscopiques.


Auriane et la science... Dynamique, Auriane mène sa carrière tout en restant fidèle à ses valeurs. Elle montre très tôt de grandes dispositions pour les mathématiques et décide naturellement de s’orienter vers une carrière scientifique. C’est en faculté qu’elle affirme ses choix

et décide de privilégier la physique aux mathématiques. Elle trouve, en effet, que cette discipline «  permet une démarche bien plus concrète, directement exploitable dans notre quotidien ». Une carrière scientifique qui lui correspond parfaitement en lui permettant de s’impliquer sur des enjeux majeurs pour l’homme et la planète. L’équilibre de l’esprit et du corps allant de paire, Auriane pratique la danse et le taekwondo qui la canalisent et lui apporte une grande sérénité. Auriane se distingue aux yeux de la communauté scientifique. Elle publie de nombreux articles et intervient dans des conférences. Aux dires de son directeur de thèse, Auriane fait ainsi preuve d’une « autonomie scientifique rare » et « d’une maturité de chercheur confirmé ».

Une bourse, pour quoi faire ? Une partie de sa bourse L’Oréal France sera consacrée à son travail de recherche. Elle souhaite tout d’abord se rendre dans des laboratoires à l’étranger maîtrisant d’autres techniques d’observation à l’échelle atomique. Des séjours dans les grands centresde recherche américains lui permettront d’apprendre ces pratiques et, par la suite, de les développer en France.


Les opérateurs de télécommunication, ne s’y trompent pas et cherchent par tous les moyens à offrir à leurs clients des services à des débits de plus en plus élevés. Un contexte qui démontre l’importance du rôle de la recherche pour l’industrie.

Coraline Fortier-Balme, 29 ans Optimiser les transmissions haut.débit. TRAVAUX SCIENTIFIQUES : Étude des fonctions optiques pour les transmissions par fibre à très haut-débit. UNIVERSITÉ/ECOLE : UNIVERSITÉ DE DIJON DOMAINE DE RECHERCHE : PHYSIQUE

Ce que ses travaux changent sur notre quotidien Pour la pragmatique Coraline, ses travaux de recherche devaient impérativement servir des enjeux sociétaux concrets. Passionnée d’optique, Coraline s’est donc instinctivement dirigée vers la recherche sur les fibres optiques et le développement de fonctions optiques pour les transmissions à très haut débit. « Le développement de nos sociétés modernes est plus que jamais lié aux informations qui doivent voyager toujours plus loin et toujours plus vite » dit-elle.

16 /// Coraline Fortier-Balme

Coraline cherche à atteindre un débit d’information de plusieurs milliers de fois supérieurs à ce que l’on trouve aujourd’hui sur le réseau longue distance (plus de 1000 km). Pour cela, les équipes vont mettre en commun leurs meilleurs composants et ainsi concevoir une ligne de télécommunication de haute performance. L’idée est d’utiliser de nouveaux composants dits «  tout optiques  », ayant des temps de réponses très rapides (bien supérieur à ce que peuvent supporter des éléments électroniques), couplés à des fibres optiques ayant une structure « spéciale ». L’ensemble va alors favoriser la conservation de l’information, et ce sur une très longue distance (jusqu’à 1000 km en terrestre et jusqu’à 6000 km en transocéanique). Son rôle est alors de tester différentes configurations de lignes de télécommunication, pour ensuite obtenir un prototype aux performances jusque là inégalées. Cette étude devrait permettre d’atteindre une rapidité de communication énorme  : 2,5 millions d’appels téléphoniques ou 34 000 chaînes de télévisions, le tout en simultané. Pour Coraline, «  la science est un outil formidable qui doit servir l’humanité ». Et c’est justement le cas de la fibre optique ! D’ici à 10 ans, tous les nouveaux logements seront équipés de fibres optiques.


Caroline et la science... Tout commence dès l’enfance, lorsque Coraline découvre les applications concrètes de la physique. A ce moment là, elle se passionne pour la mécanique et la construction de maquettes qu’elle réalise aux côtés de son père. Et si, enfant, on la considérait volontiers comme un garçon manqué, elle sait aujourd’hui que la science se conjugue aussi au féminin. Le parcours atypique de Coraline démontre une capacité à ne pas baisser les bras. Qui aurait cru que cette jeune femme, titulaire d’un BEP-CAP d’Opticien lunetier, en 1999, changerait de cap pour devenir, 10 ans plus tard, une doctorante volontaire et déterminée ? Après son BEP-CAP, Coraline passe un BAC STI (Sciences et techniques de l’industrie) puis un BTS génie optique avant de s’inscrire dans un IUP en optoélectronique pour finalement se lancer dans la recherche.

Une bourse, pour quoi faire ? La réussite de sa vie professionnelle passe par l’équilibre de sa vie personnelle. La bourse est une formidable reconnaissance pour démarrer une carrière de jeune chercheuse. En partant quelques années à l’étranger, Coraline pourrait donner une dimension plus appropriée à ses travaux. Or pour cette jeune mère de famille, la réussite de sa vie professionnelle passe par l’équilibre de sa vie personnelle. Elle aimerait donc faire son post-doctorat aux Etats-Unis accompagnée de son mari et de sa petite fille.


Ce que ses travaux changent sur notre quotidien L’efficacité de la chimiothérapie anti-cancéreuse est améliorée en administrant des cocktails de plusieurs médicaments. En s’attachant à attaquer également les tumeurs de différentes manières, mais avec un unique produit. Alina aimerait renforcer l’efficacité de la thérapie tout en limitant au maximum les effets secondaires et ainsi alléger les souffrances des patients.

Alina Ghinet, 27ans A la recherche d’une nouvelle thérapie anticancéreuse et… de nouveaux espoirs ! TRAVAUX SCIENTIFIQUES : Recherche d’une mono thérapie anti-cancéreuse qui limite les effets secondaires des traitements. UNIVERSITÉ/ECOLE : UNIVERSITÉ DU DROIT ET DE LA SANTÉ DE LILLE 2 ET ECOLE DES HAUTES ETUDES D’INGÉNIEUR DE LILLE DOMAINE DE RECHERCHE : PHARMACO-CHIMIE

18 /// Alina Ghinet

Principalement axés sur les cancers de la prostate mais aussi du rein, du poumon et de l’ovaire, les travaux d’Alina sont basés sur une approche innovante des traitements anticancéreux. Alors que la majorité des 280 000 nouveaux cas de cancers détectés en France chaque année, sont principalement traités par des médicaments anticancéreux, on constate que de nombreuses tumeurs subissent des mutations et deviennent résistantes aux traitements classiques. La solution qui consiste alors en l’utilisation de cocktails de médicaments pour venir à bout de ces cellules résistantes et

qui produit, par ailleurs, de bons résultats, s’accompagne malheureusement d’une forte augmentation des toxicités associées. Alina a donc choisi d’étudier une voie alternative afin de développer de nouveaux agents anticancéreux capables d’inhiber le développement des cellules tumorales en agissant sur deux aspects de la division cellulaire et à des stades très différents de la vie des cellules. Des travaux qui ont pour but la découverte d’un composé unique agissant sur deux enzymes différentes afin de renforcer le pouvoir thérapeutique, tout en réduisant au maximum les risques d’effets secondaires du traitement.


Alina et la science... Pendant son enfance en Roumanie, Alina se découvre très tôt un goût prononcé pour les matières scientifiques et plus particulièrement pour la chimie. Alors qu’elle entre au collège, elle découvre l’interdépendance entre la chimie et les Sciences de la Vie. «  J’avais 17 ans, lorsque je me suis faite opérer d’un fibrome j’ai eu vraiment très peur. Et c’est peut-être ce qui m’a aiguillé vers ma future carrière ». Quelques années plus tard, Alina trouve sa vocation. En effet, Alina s’intéresse à la médecine et décide de poursuivre sa carrière dans cette voie. Elle part étudier en France, elle prépare alors tous les concours pour devenir médecin mais… change d’orientation au dernier moment et obtient une licence de Chimie Pure. Elle préfère, finalement, se consacrer à la recherche de nouvelles solutions pour faire progresser la lutte contre le cancer qui, avec 7,9 millions de décès en 2007, reste aujourd’hui encore la deuxième cause de mortalité mondiale. Alina a de très grandes qualités humaines, et c’est avec toute sa générosité qu’elle aborde ses travaux et sa carrière. Ses objectifs ont donc deux dimensions, une dimension humaine et une dimension scientifique. Pour elle, si les progrès de la médecine et de la science doivent servir la protection et l’amélioration de notre santé, elle n’en oublie pas le bien-être des patients qu’elle place au cœur de ses préoccupations. Elle espère ainsi offrir de nouvelles solutions thérapeutiques aux malades du cancer.

Une bourse, pour quoi faire ? Alina, doit sa réussite à la détermination et aux sacrifices de ses parents qui l’ont toujours encouragée et soutenue dans ses projets. Egalement reconnaissante envers son école en Roumanie, Alina veut désormais « aider à son tour les jeunes scientifiques Roumains au fort potentiel ». Cette jeune femme le sait bien, d’autres jeunes Roumains partagent ses rêves mais n’ont pas les moyens de partir à l’étranger d’autant que la recherche est peu valorisée en Roumanie. Cette bourse qui vient couronner l’ensemble d’un parcours universitaire «  sans faute  » et nourrit aussi l’espoir d’Alina de construire une véritable passerelle de compétences et d’échanges entre la Roumanie et la France. Elle espère ainsi organiser le 1er colloque aidant à sensibiliser le milieu scientifique de chimie roumaine à la lutte contre le cancer.


Ce que ses travaux changent sur notre quotidien L’Homme a toujours voulu comprendre les phénomènes naturels. Etendue sur 1 030 700 Km2, la Mauritanie présente les ¾ de sa surface en zone saharienne recouverte par des dunes. Ces dunes se déplacent et peuvent donc dévaster des zones habitées ou provoquer des coupures intempestives des grands axes de communication (routiers ou ferroviaires). Les phénomènes d’érosion et déposition, d’avalanches sont des processus clés dans le déplacement de dunes. L’étude de ces phénomènes insitu est rendue difficile par les conditions souvent hostiles à toute instrumentation. Cependant, il est possible de reproduire en laboratoire et de manière contrôlée, un certain nombre de ces processus.

Houda Mint Babah, 27 ans Une femme contre l’avancée du Sahara en Mauritanie. TRAVAUX SCIENTIFIQUES : Étude de la formation et de la migration des dunes. UNIVERSITÉ/ECOLE : UNIVERSITÉ DE RENNES 1 DOMAINE DE RECHERCHE : PHYSIQUE

20 /// Houda Mint Baba

Le phénomène de déplacement des dunes est souvent créateur de problèmes économiques, celui-ci est étudié depuis des décennies et pourtant l’avancée des dunes est encore mal comprise. Houda a reproduit en laboratoire à une échelle réduite le phénomène d’avalanche qui se produit naturellement sur la face pentue des dunes. Plus particulièrement, elle a étudié l’influence de différents paramètres (taille des grains, humidité…) sur le déclenchement d’une avalanche et la façon dont elle s’écoule. Comprendre finement les mécanismes de l’avalanche est indispensable afin de proposer des solutions adéquates pour fixer les dunes car c’est en bloquant les processus d’avalanches que l’on peut stopper l’avancée d’une dune. Touché par la pauvreté, la Mauritanie doit faire face à un autre fléau  : l’avancée du désert. Un phénomène qui semble inexorable et risque de donner lieu à un véritable désastre écologique et humain. Houda est très concernée par la sécheresse et le problème majeur que rencontre actuellement la Mauritanie : son ensablement progressif.


Son engagement scientifique Houda et la science... Née en Mauritanie, un pays en voie de développement, Houda croit en la science, lorsqu’elle s’attache à résoudre des problèmes concrets, et constate chaque jour qu’elle peut engendrer des progrès significatifs dans de nombreux domaines : santé, environnement, infrastructures de base…Elle s’intéresse donc très jeune aux problématiques scientifiques, et se passionne plus particulièrement pour les mathématiques et la physique. Consciente de la chance qu’elle a d’étudier dans un pays où seulement 67% des femmes sont scolarisées, la jeune Houda, soutenue par sa famille, s’accroche et réussit ! Poussée par son père, Houda passe avec succès un baccalauréat scientifique puis un DEUG en Mauritanie. C’est en France, à l’Université de Rennes qu’elle poursuit son cursus dans la recherche. «  En Mauritanie, il était rare qu’une femme fasse des études supérieures et, plus rare encore, qu’elle parte étudier à l’étranger  » raconte-t-elle. Mais Houda a toujours voulu donner une autre image des femmes et faire partie de celles qui font avancer la société. En France, elle a trouvé une Université qui lui permet d’approfondir ses recherches. Ses études en France lui permettront de mieux aborder une problématique propre à son pays.

« Alors que les sciences avancent, la recherche ne se développe pas. En plus, nos chercheurs s’exportent souvent à l’étranger  » déclare Houda. Une fuite des cerveaux  qu’elle trouve dommageable pour son pays. Et bien qu’elle comprenne leurs motivations, Houda ne partage pas leurs choix. C’est en Mauritanie que Houda effectuera sa carrière et elle continuera à étudier le déplacement des dunes du Sahara dans sa région.

Une bourse, pour quoi faire ? Houda espère transmettre son amour de la recherche chez les jeunes scientifiques mauritaniens. Houda compte sur cette bourse pour développer localement des expériences simples et originales s’inspirant de celles réalisées à l’Institut de Physique de Rennes (IPR) pour étudier certains aspects des avalanches granulaires. Bien que la matière première (le sable) soit disponible à profusion en Mauritanie, la Faculté des Sciences et Techniques de Nouakchott (FST) doit pour mener à bien ces travaux s’équiper de matériels informatique et mécanique performants.


Ce que ses travaux changent sur notre quotidien

Aurélie Spiesser, 25 ans Augmenter les capacités et la rapidité de nos appareils électroniques grâce à l’infiniment petit. TRAVAUX SCIENTIFIQUES : Élaboration de nouveaux matériaux pour la réalisation de composants électriques plus performants. UNIVERSITÉ/ECOLE : AIX-MARSEILLE II DOMAINE DE RECHERCHE : PHYSIQUE

Au travers de ses projets, Aurélie veut réaliser de nouveaux types de composants électroniques (et magnétiques) de façon à augmenter les capacités de stockage actuelles ainsi que la rapidité de traitement et de manipulation de l’information. Ainsi d’ici quelques années, des nouvelles mémoires (type MRAM Magnetic Random Access Memory) seront probablement peu à peu embarquées sur nos téléphones cellulaires et autres appareils électroniques. Même si l’arrivée de ce type de composants magnétiques nécessite encore de grandes avancées techniques et une meilleure compréhension de ce qui se passe à l’échelle nanométrique, Aurélie est prête à s’atteler à la tâche ! L’objectif de son travail de thèse est l’élaboration et la caractérisation de nouveaux nanomatériaux.

Jusqu’à présent, la microélectronique traditionnelle repose sur le transport des charges électriques dans les semi-conducteurs. Avec la course à la miniaturisation et l’amélioration des performances des composants, l’utilisation de nouvelles structures exploitant d’autres propriétés de la matière est nécessaire. Or les électrons ont une propriété d’origine quantique qui n’est pas utilisée : le spin. Porté par l’électron, le spin assimilable à une boussole, peut avoir deux orientations par rapport à une direction de référence. Les électrons peuvent donc transporter de l’information par l’intermédiaire de leur orientation, mais seulement sur de très courtes distances. En apprenant à contrôler et modifier cette nouvelle variable, on multiplie de plusieurs ordres de grandeurs la quantité d’information transportée par un électron. Le transport d’information augmente considérablement. Il devient plus rapide et moins énergivore. Pour réaliser ces nouveaux types de composants, une nouvelle génération de matériaux combinant propriétés électriques (charge) et propriétés magnétiques (spin) a été élaborée.

22 /// Aurélie Spiesser


Son engagement scientifique Ce qui motive avant tout Aurélie pour les sciences  : la passion. Elle aime ce qu’elle fait et n’y renoncerait pour rien au monde. Compétitrice aguerrie, cette ancienne championne de France de Gymnastique Rythmique, qui pratique le taekwondo et le snowboard, se sent à l’aise dans l’univers de la recherche, qui en lui permettant de collaborer avec les meilleures équipes mondiales « s’inscrit dans une logique de compétition ». Son engagement se traduit enfin par une forte volonté d’enseigner, car elle pense « qu’un bon chercheur se doit de transmettre au mieux ses connaissances et diffuser son savoir et son savoir-faire ».

Aurélie et la science... Cette dynamique jeune femme amoureuse de la vie et avide de connaissances aime comprendre ce qui l’entoure. Les sciences ont toujours fait partie de son univers car elles tentent d’expliquer des phénomènes. Cette passionnée a bien du mal à comprendre le manque d’intérêt actuel pour les carrières scientifiques. « Si, on tourne le dos aux sciences et techniques, on s’engage alors dans une voie risquée  car la société n’a jamais été aussi technologique qu’aujourd’hui » précise-t-elle. Et ce n’est pas un hasard si « les besoins en personnel qualifié augmentent chaque année ». Après son Bac, elle entre dans une école d’ingénieurs spécialisée dans les matériaux et se prend d’intérêt pour l’infiniment petit. Elle trouve l’idée de maîtriser la matière, à l’échelle nanométrique fascinante !

Une bourse, pour quoi faire ? Cette bourse va lui permettre de promouvoir ses recherches et de concrétiser ses projets professionnels. Même si elle compte bien travailler en France, elle veut avant cela s’expatrier pour recueillir un maximum de savoir. Aurélie qui compte faire évoluer sa carrière professionnelle dans le domaine des nanostructures ferromagnétiques aimerait réaliser un post-doc au Japon, là où se trouvent les meilleurs spécialistes du moment dans ce domaine de recherche. Un vœu que la bourse lui permettra également de réaliser.


Ce que ses travaux changent sur notre quotidien Les travaux de Laure se situent à l’interface de plusieurs disciplines comme les mathématiques, les neurosciences, l’informatique et l’électronique. Ils visent à développer des méthodes de calculs pour mieux comprendre les relations complexes qu’ont les structures avec les fonctions du cerveau.

Laure Buhry, 26 ans Des neurones artificiels pour demain. TRAVAUX SCIENTIFIQUES : Modélisation de neurones biologiques et reproduction de leur activité. UNIVERSITÉ/ECOLE : UNIVERSITÉ BORDEAUX 1 DOMAINE DE RECHERCHE : SCIENCES DE L’INFORMATION

24 /// Laure Buhry

Ses activités sont donc centrées sur l’estimation des paramètres et la modélisation de neurones artificiels qui reproduisent l’activité électrique des neurones vivants. Les circuits électroniques conçus par son équipe, à partir des modèles extraits, peuvent être connectés à des neurones biologiques afin de mieux comprendre leur fonctionnement. Il s’agit, à terme de compléter la ‘‘bibliothèque’’ de modèles de neurones afin de rendre compte de toute la diversité des signaux enregistrés dans le vivant.

D’une manière plus concrète, les résultats de ces travaux devraient permettre la mise au point d’autres circuits électroniques reproduisant l’activité neuronale et devrait constituer un formidable outil pour la recherche en neurophysiologie voire en médecine. Laure précise, en effet, que « l’objectif des neurosciences computationnelles est de faire évoluer et progresser l’interface commune entre différentes disciplines ». Ainsi, ses travaux pourraient fournir des avancées intéressantes dans l’étude des neurones et impacter sensiblement les traitements actuels de maladies neuro-dégénératives comme Alzheimer ou Parkinson ou la conception de prothèses commandées par le système nerveux.


Laure et la science... Ce que Laure aime par-dessus tout c’est apprendre et approfondir ses connaissances. Malgré une formation en mathématiques, du bac au Master 2, elle s’intéresse sérieusement à d’autres matières comme la biologie, la littérature ou encore les langues. Pour étancher sa soif de curiosité, elle choisit une voie qui lui offre la possibilité de composer avec plusieurs disciplines scientifiques sans délaisser les matières connexes et littéraires. Ce sera les neurosciences. La perception sensorielle, les représentations mentales, les mécanismes de la mémoire, de véritables énigmes qu’elle voulait résoudre. Grâce à cette discipline, qui regroupe toutes les sciences nécessaires à l’étude de l’anatomie et du fonctionnement du système nerveux, Laure choisit un domaine complexe qui lui permet d’allier mathématiques, neurophysiologie, électronique, informatique ainsi que d’autres sciences cognitives comme la linguistique ou la philosophie. Une voie toute trouvée pour Laure qui s’interrogeait, par ailleurs, sur les mécanismes nerveux et cérébraux et cherchait à en comprendre les mystères.

Une bourse, pour quoi faire ? Pour une jeune chercheuse comme Laure, cette bourse L’Oréal France-UNESCO est une véritable reconnaissance de son travail. C’est aussi un encouragement concret à poursuivre une formation, certes passionnante, mais longue et difficile. C’est enfin, la garantie pour Laure de l’aider à financer la présentation et la diffusion de ses travaux lors de conférences internationales ainsi que ses déplacements à des réunions d’information indispensables à sa culture scientifique.


Ce que ses travaux changent sur notre quotidien Les travaux d’Elena-Véronica permettront de diminuer drastiquement le rayonnement subi par les êtres humains, par exemple en supprimant des stations relais sur les toits ou en diminuant les puissances d’émission par un facteur 10 et plus, grâce à une meilleure gestion de l’énergie consommée par l’infrastructure fixe des réseaux.

Elena-Véronica Belmega, 26 ans Optimiser la gestion énergétique grâce à la théorie des jeux ! TRAVAUX SCIENTIFIQUES : Recherche sur la théorie des jeux appliquée aux réseaux sans fil. UNIVERSITÉ/ECOLE : UNIVERSITÉ PARIS XI DOMAINE DE RECHERCHE : SCIENCES DE L’INGÉNIEUR

26 /// Elena-Véronica Belmega

La théorie des jeux a valu le prix Nobel d’Economie à un bon nombre de chercheurs (Nash, Debreu, Aumann, Maskin, Myerson,…) pour la compréhension qu’elle apporte à la micro-économie. Avec quelques chercheurs, Elena-Veronica a réalisé que la théorie des jeux pouvait permettre de concevoir l’électronique et les processeurs de traitement du signal dans les terminaux des réseaux de communication sans fil. Dans ce cas, les joueurs sont des terminaux (ordinateurs, téléphones, capteurs de mesures et plus généralement, n’importe quel objet communicant), supposés cognitifs.

Démontrer que la théorie de l’information apporte des réponses extrêmement intéressantes pour étudier des situations conflictuelles entre des «  terminaux  » qui choisissent leurs propres politiques d’allocation de puissance afin de maximiser leurs débits de transmission tout en cherchant à économiser leur énergie. Par exemple, si un terminal possède plusieurs antennes d’émission et qu’il doit répartir sa puissance d’émission entre cellesci, son comportement rationnel montre qu’il utilise uniquement ses meilleures antennes. Une deuxième contribution importante a été de formaliser le compromis débit – puissance consommée en introduisant une nouvelle mesure de performance.


Elena-Véronica et la science... Cette jeune roumaine, doit sa vocation à ses premiers professeurs de physique. Elena-Véronica est douée et montre très tôt de grandes dispositions pour les sciences. Ses professeurs l’encouragent vivement et la poussent à passer des olympiades scientifiques. Grâce à leur soutien et sa volonté, Elena-Véronica embrasse la carrière de scientifique. Un choix qu’elle assume mais que les autres jeunes de son âge ne comprennent pas. Quelques années plus tard, elle se souvient avoir eu «  des réticences à avouer faire une carrière scientifique académique ». « La science est une langue universelle qui crée des liens forts entre les hommes en dépit de leurs différences géographiques, culturelles, linguistiques, religieuses, raciales, et cultive donc des valeurs morales comme la tolérance, la générosité, l’ouverture d’esprit » Particulièrement vive et curieuse, elle aime les sciences car dit-elle, cette discipline «  est une porte ouverte sur le monde  ». Une conviction renforcée par la suite de son cursus qui lui permettra de franchir les frontières de l’Europe pour aller à la rencontre d’imminents scientifiques de différentes cultures.

Une bourse, pour quoi faire ? Les projets ne manquent pas pour Elena-Véronica. Avec cette bourse elle souhaite financer l’expérimentation de sa théorie des jeux sur un véritable réseau de terminaux. Mais elle souhaite aussi faire quelques séjours à la Stockholm School of Economics pour parfaire sa connaissance de la théorie des jeux, se rendre aux Etats-Unis au sein du très célèbre Department of Computer Sciences de l’Université de Cornell ou encore suivre une formation sur la théorie des jeux évolutionnaires.

Son engagement scientifique C’est assez tardivement qu’elle trouve son orientation scientifique définitive. Au cours de ses travaux, elle rencontre Robert Aumann, Prix Nobel d’Economie 2005, célèbre pour sa contribution à l’étude des mécanismes de conflit et de coopération par l’analyse de la théorie des jeux (situations où les joueurs sont confrontés à la même situation à de nombreuses reprises). Alors pourquoi ne pas s’inspirer de cette théorie pour mieux gérer l’utilisation énergétique des terminaux communicants? Une idée qu’Elena-Véronica choisit de poursuivre en France afin de trouver des solutions indispensables à une meilleure gestion énergétique.


CONTACTS PRESSE : L’Oréal France - Geneviève Dupont - 01 58 61 82 05 - gdupont@fr.loreal.com Agence Elan - Emily Le Moult - 01 41 11 22 01 - emily.lemoult@agence-elan.com - 06 46 47 22 60 Imprimé sur du papier cocoon 100% recyclé avec des encres végétales. Sans Chlore. Contribue à l’utilisation responsable des ressources forestières.


Dossier de presse 2009