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Revue Annuelle # 4 | 2017 www.portraitsdeterritoires.com www.portraitsdeterritoires.com | portraitsdeterritoires@gmail.com portraitsdeterritoires@gmail.com


Revue Annuelle #4

Portraits de Territoires Publié par l’Association Portraits de Territoires Directrice de la publication : Eloïse Pimbert Direction artistique : Laurane Péan & Marine Vignot Rédacteurs : Alain François, Zoé Laebens, Benoit Masson, Quentin Madec, Jean-Philippe Madec, Arnaud Picavet, Eloïse Pimbert, Marine Vignot Adhérents photographes : Alain François, Sara Guilbert, Zoé Laebens, Léo Lecoq, Benoit Masson, Quentin Madec, Jean-Philippe Madec, Laurane Péan, Arnaud Picavet, Eloïse Pimbert, Philippe Saison, Léo Thumerel, Marine Vignot En couverture : Gare d’eau, Lille, © Sara Guilbert / Portraits de Territoires

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# Edito

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EDITO

Prenez le temps plus souvent, errez le long des chemins de halage, arrêtez-vous pour observer les paysages. Fermez les yeux un instant et écoutez le clapotis de l’eau contre la berge. Savourez la caresse d’une brise effleurant votre visage, suspendez le temps, rêvez ! Chaque jour est une succession de découvertes et de sensations... Alors envoyez vos soucis valser et faites de votre vie une aventure ! D’aucun vous laisseraient croire que le Pays des Merveilles n’existe pas... Faux ! Nous l’avons découverte notre Atlantide ; immersion artistique et éphémère aux côtés du Collectif Parasites ; voyage au cœur de la Ferblanterie, lieu alternatif aujourd’hui disparu. Avec l’équipe nous étions un peu euphorique ce jour là, je ne vous mentirais pas si je vous disais qu’on a touché du bout des doigts l’univers des possibles ! Nous y serions bien restés, à contempler le monde... J’entraperçois encore les petites nuages au dessus de nos têtes... Quel défi que de retranscrire fidèlement ce que les yeux devinent et ce que le cœur ressent ! La photographie multiplie les regards sur le monde pour lui donner consistance et réalité, libre à chacun de réinterpréter l’univers. Alors que la Deûle continue de bercer les péniches, que Sarah et Philippe1 sont partis à l’assaut de nouveaux horizons, je vous propose une pause lecture emplie de douceur et d’émotions, entre rive et réalité, laissez-vous conter une quatrième édition écrite au fil de l’eau ! Eloïse Pimbert 1 N.D.R : Sarah et Philippe sont à l’origine du projet sur la Deûle

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# Sommaire

La Ferblanterie -lieu alternatif- Lille, juillet 2017

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05 Édito 08 Arrêt sur image 10 Expositions Villa Cavrois / Brasseries & Malteries / Deûle 17

La Deûle, Portait passager #2 #3

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Portraits de Ville Gare d’eau-Euratechnologie / Lambersart-Canon d’or

45 La Ferblanterie 55 Stages Photos Paysage / Formation Portrait 58 Contact

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# Arrêt sur images

PARTAGEONS !

Assemblée Générale de l’Association en juin 2017

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Sortie de l’Association en septembre 2017 lors de la formation “Portraits” dirigé par Jean-Philippe Madec

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# Expositions

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PORTRAITS D’UNE RENAISSANCE Villa Cavrois Croix

L’exposition “La Villa Cavrois : Portraits d’une renaissance” est le fruit d’une collaboration entre Portraits de territoires et plusieurs entités : la Société d’Emulation de Roubaix qui nous a contacté début 2016 afin de réaliser un reportage photographique sur le thème du “Vertige Cavrois”, l’association des Amis de la Villa Cavrois et le Centre des monuments nationaux qui a accepté d’exposer nos photographies au sous-sol de l’œuvre emblématique de l’architecte Robert Mallet-Stevens. L’exposition s’articule autour de rephotographies mettant en exergue la métamorphose de la villa au cours de ces dernières années. Les clichés offrent des clés de lecture inédites révélant les nombreux visages de cette œuvre architecturale majeure du XXe siècle.

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Discours des différentes structures ayant porté le projet lors du vernissage de l’exposition, De gauche à droite : Eloïse Pimbert, Présidente de Portraits de Territoires Alain François, membre de Portraits de Territoires et des Amis de la Villa Cavrois Jocelyn Bouraly , Administrateur de la Villa Cavrois Philippe Silvin, Président des Amis de la Villa Cavrois 11


# Rubrique

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Portrait[s] d’un patrimoine insoupçonné : Brasseries et Malteries du Nord-Pas-de- Calais Hôtel des Régions, Lille Lille Grand Palais Novembre 2016 et 2017 Cette exposition, présentée à partir de 2016, dévoile le travail de l’association Portraits de territoires mené sur les brasseries et malteries du Nord-Pas-de-Calais afin de valoriser le patrimoine brassicole. Les photographies sont regroupées sous forme de triptyques (une brasserie abandonnée / une brasserie en activité / un brasseur) afin de garder en mémoire l’histoire des lieux désaffectés, de découvrir les lieux actuels de production où la tradition perdure, et de montrer le savoir faire des artisans de notre région. L’exposition a séjourné au Conseil Régional et au Grand Palais (Lille) lors des 31ème et 32ème lancements des Bières de Noël. Portraits de Territoires #4

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# Rubrique Expositions

Qu’est-ce qu’elle a ma Deûle ? Bois blancs, Lille

Dimanche 17 septembre 2017, “Qu’est ce qu’elle a ma Deûle ? Reflets d’un paysage fluvial” est une exposition extérieure qui s’est tenue à l’occasion des Journées du Patrimoine 2017 dans le quartier des Bois Blancs à Lille. Elle est en lien avec le projet “La Deûle, portrait passager” que nous menons par ailleurs sur la mutation du paysage des abords de cette rivière, composante géographique majeure de notre territoire. Les photographies ont été exposées dans le verger d’une ancienne bâtisse du XIXe siècle située Quai de l’Ouest. Suspendues aux cerisiers, elles ont été le support de contes énoncés par la Brigade des conteurs de Bois Blancs. Cela fut l’occasion de partager notre passion avec un public non initié et intergénérationnel. Un grand merci à l’association Au plus vite qui nous a accueilli sur ce site plein de ressources! 14


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# Rubrique

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GRAND FORMAT

La Deรปle,

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ys

Warneton

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16h Guinguette de la Marine

Comines

Séquence 2/ De Wambrechies à Deulémont Deûlémont

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15h30 Les Ecluses

Quesnoy-sur-Deûle

17h Pont de Quesnoy

15h Port de Plaisance Quesnoy

Wambrechies

la D

eûle

14h30 Deûle Insolite 17h30

14h Port de Wambrechies

Verlinghem

la Marque

Une première séquence de ce sujet Nous avons choisi de la longer à vélo, en En regard de cet inventaire architectural et Comines-Warneton d’exploration a déjà été présentée dans la opérant des pauses sur des secteurs industriel, le regard des portraitistes s’est revue annuelle précédente. Elle ciblait alors perçus comme clés lors de notre avancée. également tourné vers les lignes de forces qui la portion entre la citadelle et Wambrechies. Débutant du port de Wambrechies, nous dessinent le sol du territoire. Il met en valeur Nous reprenons ici le fil de la Deûle sur deux avons effectué une boucle, remontant par la présence du rail, qui s’est appuyé depuis nouvelles séquences présentées dansysces la rive droite, croisant la route de la ‘Deûle le XIXème siècle sur le cours de la Deûle. L a l pages. Elles reprennent insolite’, de l’écluse de la Basse-Deûle, du Certains chemins ferroviaires restent actifs, Warneton les fondamentaux du projet photographique dans lede la Marine port de plaisance de Quesnoy-sur-Deûle puis notamment la ligne touristique qui permet 16hprésenté Guinguette précédent numéro: revenant par la riveComines gauche par le pont de de découvrir le paysage à bord du tramway La Deûle, en tant que composante Quesnoy, pour un retour au Port de plaisance. Mongy. Sur d’autres, la nature a repris ces géographique majeure, est riche d’un paysage droits, donnant lieu à d’étonnantes couleurs. varié lié à sa fonction tour à tour commerciale, Notre avancée à vélo nous a permis de sentir défensive et industrielle. Aujourd’hui en pleine la manière dont la Deûle s’extirpe peu à peu La juxtaposition de ces deux lignes de forces mutation, elle devient un terrain de jeu idéal de l’emprise urbaine de la métropole. Cela se dans le paysage donne lieu à un dialogue à observer et interroger pour en déceler le caractérise par un marquage encore régulier poétique entre rail, eau et nature par leurs caractère photographique, artistiqueDeûlémont non du paysage par des bâtiments, industriels, rencontres impromptues, brutales ou loin d’un1regard critique sur l’évolution de ce d’habitation, des infrastructures ferroviaires, joyeuses. 15h30 Les Ecluses territoire précieux. fluviales ou routières qui se fait de plus en plus rare au fil de notre progression vers le La séquence 2 est relativement étendue. Nord et la vallée de la Lys. Cette ponctuation elle cible la portion nord de la Deûle, jusqu’à d’éléments bâtis constituent des repères dans Quesnoy-sur-Deûle Deulémont où celle-ci se jette dans la Lys. un paysage rural qui reprend de l’importance. 17h Pont de Quesnoy 15h Port de Plaisance Quesnoy C’est ici qu’elle se révèle sous son jour le plus Cela nous fait penser à une sorte d’inventaire, naturel, le cours d’eau n’étant qu’en partie évoquant la mémoire des différentes activités canalisé. qui ont existées ou qui prennent aujourd’hui place sur les berges. Marine Vignot Wambrechies

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14h30 Deûle Insolite 17h30

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# Grand format


Séquence 3/ Bois blancs, Lille La Deûle habitée, la Deûle transitoire, la Deûle structurante, la Deûle bavarde … autant d’adjectifs qui caractérisent ce troisième parcours sur la rive Ouest. Une séquence que l’équipe des portraitistes démarre au pied du Colisée, équipement culturel en bord de Citadelle avec comme en point d’orgue la Gare d’eau, la petite île de Lille. La fraîcheur matinale annonce une promenade entre reflets et déformations, entre patrimoine maritime et patrimoine domestique. Le craquèlement des plaques sur l’eau témoigne de la rencontre des courants, l’eau semble figée et pourtant une fine pellicule vient harmonieusement créer un filtre « naturel » devant nos objectifs. L’architecture lointaine rayonne sous les couleurs pâles et hivernales. De l’autre côté de la rive, l’environnement s’estompe progressivement, on y perçoit un milieu industriel s’élevant de grues et de palans liés aux activités du port fluvial qui s’étend

sur prés de 2km. Un site qui fait aujourd’hui l’objet de multiples études urbaines liées aux problématiques d’un patrimoine en reconversion. Au milieu de quelques joggeurs courageux, on passe à notre tour sous les ponts qui surmontent notre chemin. Les mouvements de l’eau bercent doucement le reflet qui va et vient et révèle la structure brute d’un béton vieilli. À mi-parcours, on longe d’un côté les péniches aux toits habités de poulies, de chaises en bois, de corde à linge … de l’autre des barres de logements, logements sociaux des années 50 qui annoncent la domesticité et l’activité environnantes. Les cheminées s’élèvent derrière un mur tagué qui nous mène progressivement vers la gare d’eau. Le front de « Deûle » se densifie, les bâtisses en friche aux détails architecturaux remarquables amorcent l’entrée vers la placette des quais de l’ouest.

On y aperçoit notamment une maison de maître du XIXe siècle au milieu de son verger, lieu occupé par une association d’habitants qui ont pour projet le réinvestissement du terrain pour la création de beaux projets solidaires. La Deûle prend le large et laisse entendre les premiers bruits mécaniques des visseuses, des scies et des marteaux … démonstration du patrimoine ouvrier et batelier, encore présent sur site qui fait échos au monde industriel de la rive Est. L’eau reflète avec justesse les courbes colorées des péniches. Comme dissout les lignes verticales et horizontales de ces habitations flottantes perdent peu à peu leurs caractéristiques tridimensionnelles. Ici, on vit sur l’eau et nous sommes les premiers spectateurs du nouveau visage des berges du canal en profonde mutation. Les nouvelles constructions de logements aux typologies mixtes, le mobilier urbain, les voies de circulation annoncent la ferveur d’un nouveau quartier au pied du site d’excellence d’euratechnologie. Zoé Laebens

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Rencontre avec Richard Lemeiter, Architecte - Urbaniste et résidant de la gare d’eau. Cela fait quelques années qu’il vit dans sa péniche Ida au gabarit Freycinet. La dame a fêté son 83ème anniversaire le 23 janvier dernier !


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# Portraits de ville

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Gare d’eau et EuraTechnologies Lille

“Ma Deûle ! Ma Deûle ! Qu’est-ce qu’elle a ma Deûle ?” C’est sous cette parodie d’une réplique fameuse d’Arletty que nous avons posé le cadre d’une de nos sorties photo centrée sur notre voie d’eau bien connue : le parallèle était commode : le film de Marcel Carné fut réalisé en 1938 au bord d’un autre canal (le canal St Martin à Paris), et titrait « Hôtel du Nord »…. En fait de sortie….ce furent plusieurs dimanches consacrés à ce thème fluvial, tant elle en a à dire la Deûle ! Nous n’avons d’ailleurs pas épuisé le sujet et nos promenades photographiques se poursuivront encore sur ce thème début 2018. « Avec un ciel si bas qu’un canal s’est perdu…» chantait Jacques Brel : notre Deûle à nous est toujours là et bien là : son tracé historique, aujourd’hui témoin du passé, cohabite avec le canal moderne « à grand gabarit », véritable autoroute du présent pour les mastodontes venus ou remontant vers les ports des pays du nord. Cette rencontre du passé et du présent

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et, espérons-le, du futur (avec le canal SeineNord) ne pouvait nous laisser indifférents, tant la Deûle nous offre, au propre comme au figuré, de multiples reflets d’un patrimoine. Un canal c’est une trace laissée par l’homme-: souvenirs nombreux des activités humaines qui ont jalonné et animé son parcours, autant de « friches » industrielles mais qui revivent peu à peu : nouvelles activités (Euratechnologie…), nouveaux quartiers et nouveaux résidents reprennent possession des rives abandonnées… Mutation des péniches : pendant que les porte-containers glissent sur la nouvelle Deûle, les anciens biefs et la « gare d’eau » abritent les « vieilles-» au gabarit Freycinet, qui vivent une retraite tranquille et bien méritée dans leurs nouveaux rôles de résidence flottante, de restaurant, ou de jardin « sur l’eau »… La Deûle : un vrai lieu de mémoire, territoire liquide riche d’aventures humaines…et de souffrances : il n’est pas si éloigné le temps où les péniches (dépourvues de moteur) étaient halées depuis la berge par la femme du marinier, arc-boutée sur un cordage…

Alain François

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# Portraits de ville

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# Portraits de ville

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Lambersart Cano n d ’o r

Dans le cadre des rencontres dominicales de l’association, nous nous sommes donnés rendez-vous au Colysée pour arpenter le quartier du Canon d’or – Champ de courses à Lambersart. Ce quartier se caractérise par la présence des plus belles avenues de la métropole lilloise, notamment avec l’avenue de l’Hippodrome et celle de l’Amiral Courbet. Construites à la fin du XIXe et au début du XXe siècle, les vastes villas sont le témoignage de l’éclectisme de la

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Belle époque. Les détails empruntés au style art déco et à l’architecture balnéaire dévoilent une grande richesse, les villas étant toutes distinctes. Cette promenade fut l’occasion pour les photographes de l’association de se focaliser sur des éléments ornementaux de grande qualité : modénatures, mosaïques, ferronneries, vitraux, etc. En se dirigeant vers l’avenue du Maréchal Leclercq, nous avons ensuite découvert les maisons mitoyennes

des années 1930’. Les rythmes répétitifs des façades et de leurs ouvertures ont alors pu être mis en valeurs par l’œil des photographes. Les récents aménagements paysagers (noues paysagères, plantations de graminées et d’arbustes, larges trottoirs...) font de ce quartier un environnement privilégié où l’architecture, l’urbanisme et le paysage sont indissociablement mêlés. Arnaud Picavet 41


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# Lieux alternatifs

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Lieu de vie mêlant artistes, artisans et arts vivants

La Ferblanterie Lille

L’espace dédié à la création ne peut être conventionnel. C’est la réflexion que nous avons eue après avoir visité et découvert tardivement «-La Ferblanterie » en compagnie d’Hugo, président du Collectif Parasites et habitué des lieux. Derrière une unique ouverture, au rez-dechaussée d’un ancien bâtiment industriel, se trouvait encore au début de cette année 2017 un endroit extraordinaire. En effet, il est difficile de définir cet « espace de coworking » pour les artistes et artisans. On pense à un village avec des habitations disposées ça et là sous la grande nef métallique éclairée zénithalement. Celles-ci sont fabriquées par leurs locataires avec des matériaux de récupération. Les “moduleshabitat” sont disposés les uns sur les autres, et chacun s’est approprié son chez soi, l’agrémentant et le décorant à son image. Expérience unique que de découvrir un tel lieu,! Au fil de notre visite, de passages en dédales d’escaliers, nous avançons de découvertes en découvertes : on pense alors à l’univers de la caverne d’Ali Baba, tant l’environnement est chargé en objets, mobiliers, peintures et sculptures, dont les

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formes et couleurs se superposent et créent des sujets photographiques. Mais, sous ce capharnaüm artistique se dessine une organisation très précise ; on découvre alors une ville dans la ville. Des espaces sont dédiés spécifiquement à certaines fonctions : atelier de sérigraphie, cuisine commune, sauna, menuiserie... Et l’entraide est mot d’ordre. A l’image de la place du village, on pense au café-concert avec l’espace scénique au cœur du bâtiment, donnant la possibilité aux artistes, qu’ils soient musiciens, danseurs ou comédiens, de répéter et de se produire devant un public. Dans certains espaces clos, au détour d’une « habitation », des tables et ordinateurs renvoient aux espaces partagés plus conventionnels qui naissent de plus en plus dans la métropole Lilloise. En suivant la pensée du philosophe Michel Foucault, La Ferblanterie aurait alors pu être assimilée à une hétérotopie, c’est à dire à un lieu bien réel, par opposition à l’utopie, mais qui constitue « un monde en soi.1 » Cet

«-espace autre » se crée, se développe et évolue avec les personnes qui le pratiquent. Ici, il est principalement dédié aux artistes dont l’œuvre permet d’élargir le champ de vision et de présenter à tous un regard différent sur le monde dans lequel nous vivons. Ainsi, l’espace de travail est paradoxalement autant ouvert et animé qu’il est introverti et calme. C’est cette complexité d’un espace alternatif que nous avons tenté d’exprimer dans nos photographies. Ce lieu énigmatique suscite la curiosité, met en scène l’imaginaire, décuplant l’envie d’y dénicher un trésor caché, inspirant et incitant à la création. Dans son essence première, cet “autre-lieu” incite au vivre-ensemble et au partage, il ouvre le monde des possibles, incitant l’esprit à la rêverie. Disparu aujourd’hui, ce lieu merveilleux renaîtra bientôt dans un nouveau cadre architectural grâce à l’impulsion de l’ensemble du collectif de La Ferblanterie et sera, comme il l’a été, beaucoup plus qu’un grand atelier d’artistes. Eloïse Pimbert & Quentin Madec

1 Foucault (Michel), « Des espaces autres » (conférence

1967), Architecture, Mouvement, Continuité, n°5, octobre 1984, p. 46-49.

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# Lieux Alternatifs

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# Stage

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PhotoS de paysage Merckeghem

Stage « Photos de paysage » avec l’Association Graine Pays du Nord C’est par un froid matin de Décembre 2016 que l’association a animé un stage photo sur le thème de « la photographie de paysage » à destination de professionnels de l’environnement, à la demande de l’association GRAINE PAYS DU NORD. C’est dans les Flandres, à Merckeghem, que nous nous sommes retrouvés en compagnie d’un petit groupe d’une dizaine de personnes. Après un tour de présentation et un passage par la table d’orientation où l’on est revenus sur ce qu’est la photographie et pourquoi photographier, nous sommes partis pour un parcours de deux heures dans les champs alentours, ponctués de points formation et de temps de pratique. Au programme : la composition photographique, ce qui l’influence et les erreurs à éviter, la question du format, les choix et la position du photographe, les jeux de masses visuelles, la profondeur de champ, les lignes de force, le jeu de couleurs et de contrastes, etc.

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Tant les stagiaires que les membres de l’association ont apprécié ce moment convivial de partage et d’échange qui a permis aux stagiaires de découvrir la photographie, et plus particulièrement la photographie de paysage, et de voir le monde qui les entoure d’un œil nouveau. En témoignent ces quelques commentaires laissés à l’issue de la formation-: « J’ai apprécié cette formation. Ce que j’ai préféré était l’échange entre tous autour de la photo. Quelques heures de plus auraient été chouettes.» Alexandra G. « Temps de formation adapté, alternance théorie/pratique, échanges entre les participants, partages. Points positifs : qualité de l’intervention, supports utilisés, conseils, convivialité. » Sylvie V. « Points à améliorer : re-discussion des photos prises » Philippe S. « Points négatifs : aucun, sauf que le temps passe trop vite ! » Francis V.

Benoît Masson

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# Stage

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Deux clichés réalisés à Arras par les stagiaires du stage “Photos généralistes”


Formation photo Arras

L’un des portraits réalisés lors du stage “Portraits en extérieur”

Les stages photos généralistes

Les bons retours à chaud par les participants à la fois sur le fond et la forme des stages Quasiment depuis sa création, l’Association a témoignent d’une formule qui a désormais mis en place des sessions de stage photo en atteint un très bon niveau de satisfaction. collaboration avec notre partenaire Obscura L’activité « stages  » se poursuivra donc en Formation. Le stage «  mieux connaître et 2018 avec peut-être une nouvelle orientation utiliser son matériel photo  » a connu au fil à trouver puisque d’une part, l’association a du temps un succès grandissant puisque désormais son siége social sur Lille et que le nombre de stages organisés a augmenté d’autre part, la ville d’Arras semble vouloir d’année en année. reprendre possession des locaux de la maison C’est ainsi qu’en 2017 ce sont pas moins d’une des associations où se déroulaient jusqu’alors vingtaine de stagiaires qui ont pu bénéficier les stages. d’une formation généraliste à la technique photographique sur Arras. Fort des critiques qui ont été formulées par les stagiaires au Le stage spécialisé fur et à mesure des sessions, Jean Philippe, « portraits en extérieur » notre formateur, a pu petit à petit s’adapter à la demande et surtout trouver le bon équilibre A la demande des membres de l’association, entre notions de techniques pures et pratique Jean Philippe a mis en œuvre un stage à leur photographique. intention sur la thématique du portrait en L’année 2017 a également été propice à un extérieur. changement de parcours des stagiaires au S’adressant à un public déjà aguerri dans la cours de la séance pratique de l’après midi. Les pratique photographique, il s’agissait plutôt stagiaires peuvent donc désormais exprimer d’apporter des notions techniques adaptées tout leur talent tant dans la photo de paysage à la pratique du portrait. En effet, ce style que d’architecture voire même la street photographique répond à des règles qui lui photography.

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sont propres et qui répondent à un certain académisme reconnu. Ce stage a donc été l’occasion d’aborder, sur la base d’exemples concrets, les règles théoriques propres à cette spécialité puis d’envisager comment pouvoir s’en détourner. Ainsi, après deux petites heures de nécessaires apports techniques, le groupe a pu mettre en pratique et exprimer toute sa créativité lors de la sortie en extérieur. Les bâtiments et les jardins du Louvre-Lens ont servi de cadre général à l’exercice au cours duquel les stagiaires ont été invités chacun leur tour à jouer le rôle de modèle et de photographe. Un soleil radieux, un lieu d’exception, la bonne humeur et l’application de chacun a contribué à faire de cette journée un très agréable moment de convivialité. Les résultats de cette séance dense et prolifique en images de qualité démontrent que, sans nul doute, chaque participant a fait évoluer sa pratique dans un domaine où la relation entre photographe et modèle doit, finalement, prendre la pas sur la technique. Jean-Philippe Madec

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portraitsdeterritoires@gmail.com www.portraitsdeterritoires.com Portraits de Territoires Toutes les photographies présentées dans cette revue sont la propriété exclusive des membres de l’association et ne peuvent en aucun cas être reproduites sans autorisation préalable écrite. Tous droits réservés © Portraits de Territoires.


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Portraits de Territoires - Revue annuelle n°4 - 2017  

Quatrième numéro de la revue annuelle de l'association Portraits de Territoires

Portraits de Territoires - Revue annuelle n°4 - 2017  

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