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SEPT.

2019

Un été au Portail de l’Outaouais p. 8

L’Entrevue avec

MICHELLE LAPIERRE

La femme sans voix p. 12 Mon parcours..... vers l’itinérance p. 23

Crédit photo cover : Jacob Lachambre-Hérault

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NOTRE CONSEIL D’ADMINISTRATION Présidente : Trésorière : Secréraire : Administratrice : Administratrice : Administratrice : Administrateur : Directeur, Éditeur et Fondateur : Intervenante :

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PARTENAIRES DÉVOUÉS Le Portail de l’Outaouais, l’organisme, a un système de valeurs, des croyances et des philosophies biens définis. Son directeur, ses employé-es, ses bénévoles et son conseil eux, ces êtres humains, ont eux aussi un système de valeurs, des croyances et des philosophies bien définis et espérons-le, sont grandement compatibles avec celui de l’organisme.

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Le Portail de l’Outaouais, le magazine, l’outil, lui n’en a aucun. Bien que sa tendance penche majoritairement vers l’empathie et l’acceptation de nos citoyens fragilisés dans leurs défis quotidiens, il demeure un espace ouvert à toutes les perceptions, un lieu où tous et toutes ont la liberté de s’exprimer ouvertement, cette liberté s’arrêtant là où elle empiète sur la liberté d’autrui. Ceci étant dit, l’organisme n’adhère à, ni ne conteste aucune information partagée et publiée dans ce présent ouvrage.

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L’ÉDITORIAL

PAR CHRISTIAN GOSSELIN Éditeur

Le communautaire; là où des milliers de personnes consacrent leur vie à tendre la main à ceux qui sont laissés pour compte, où des milliers de personnes ouvrent leur cœur dans l’empathie et où la stabilité émotive est toujours à risque, où le taux d’épuisement professionnel est un des plus élevés, où elles sont sous-payées, surchargées à devoir choisir chaque matin quelles actions seront priorisées et lesquelles seront bafouées, où elles travaillent pour des organismes eux-mêmes sous financés à qui l’on demande d’en faire toujours plus avec toujours moins, de partager leurs ressources déjà insuffisantes, inadéquates et inadaptées au départ. Nous, on veut bien aider, on veut bien consacrer le reste de notre vie à cette mission, mais par la grâce de Dieu, aidez-nous à aider. Nous avons besoin de ressources et, malheureusement, qui parle ressources, parle argent.

L’argent est là, ce « qu’on » choisit d’en faire, voilà la vraie question. Tant que les décisions sociales seront basées strictement sur l’économie au détriment des valeurs, la situation humaine continuera dans la direction actuelle : vers un mur.

SOMMAIRE 4 - L’ENTREVUE 6 - DE LARUE 8 - DOSSIER SPÉCIAL 9 - TECHNOLOGIE & HUMANITÉ 11 - LE PREMIER PAS 12 - ELLES 14 - REGARD VIF

15 - UNE JOURNÉE AU GÎTE 16 - PSYCHOYOGIE 17 - UNE PAGE D’HISTOIRE D’ICI 18 - POINT DE VUE DU PROF 20 - L’HABITATION 22 - PLACE AU CITOYEN

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L’ENTREVUE

PHOTO : Fanny Lachambre

PAR FANNY LACHAMBRE

Michelle Lapierre

Michelle Lapierre, directrice générale de l’Association des auteurs et auteures de l’Outaouais et présidente du c.a. de la Coopérative d’habitation des artistes et travailleurs culturels du ruisseau, a généreusement offert une entrevue au Portail de l’Outaouais. Voici le portrait d’une jeune femme impliquée non seulement à promouvoir la littérature et la culture régionale, mais pleinement participative au développement du mieux-vivre ensemble et à l’émancipation de l’individu. C’est contre toute attente que Michelle Lapierre a atterri dans la région en 2014. De nouveaux projets, de nouveaux défis prenaient place, mais les études étaient sa priorité. Puis, comme la vie fait bien les choses, la situation a été toute autre que celle espérée et Michelle s’est retrouvée à travailler dans le milieu culturel à temps partiel, puis rapidement à temps plein. Les besoins des artistes étaient innombrables, l’essor du milieu se faisait attendre. Tous voulaient leur part du gâteau, mais comme dans bien des milieux, dont le communautaire, le gâteau était trop petit. Il fallait donc faire beaucoup avec peu, très peu de ressources. La réalité n’a pas tant changé depuis, mais des choses commencent à bouger. À force de ténacité, d’innovation, d’investissement de temps et de passion, et d’efforts à construire des ponts malgré les réticences, le milieu culturel commence à prendre davantage de couleurs, à occuper l’espace nécessaire au bien commun de la communauté Outaouaise, et se veut de plus en plus une occasion d’unir les différentes réalités et expériences des individus, non seulement du milieu des arts mais également issus ou actifs en d’autres milieux. « À l’Association, il y a un travail colossal à faire pour être plus à jour sur les nouvelles réalités du milieu littéraire… On doit développer plus de possibilités de promotion et de visibilité pour les œuvres des auteurs et la littérature régionale, et on doit aussi s’assurer que les auteurs et les artistes désirant participer et collaborer avec nous, soient payer justement pour leur travail et que nous soyons plus en mesure de soutenir nos membres. » « À la Coop, c’est autant un travail de collaboration qui est mis

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de l’avant. Les membres doivent participer activement au bon fonctionnement et à l’harmonie du milieu, et nous on évalue, réévalue et ajuste ce qui doit l’être pour mieux répondre à leurs besoins. » « En plus, c’était vraiment important pour nous [la Coop] que le bâtiment soit accessible physiquement en adaptant, par exemple, l’espace des cadres de porte qui sont plus larges ou les logements du premier étage auxquels on peut accéder directement de la rue. On ne voulait pas qu’offrir des logements abordables, même si c’est le besoin principal parce que ce ne sont pas tous les artistes qui ont un autre travail pour arriver à bien vivre, donc plusieurs sont limités par le manque de ressources financières finalement; mais on voulait aussi offrir des occasions d’échanges entre les artistes et les travailleurs culturels pour qu’ils puissent s’enrichir mutuellement des expériences de chacun. On voulait aussi briser l’isolement, faciliter l’accessibilité aux principaux lieux de diffusion, que ce soit le nouveau pôle culturel de la rue Montcalm ou ailleurs dans la région. On voulait aussi permettre aux artistes des régions plus éloignées de se rapprocher. » - Quel est le lien avec l’itinérance? « Des initiatives comme la Coopérative des artistes et travailleurs culturels du ruisseau aide à l’inclusion sociale. Il faut de l’ouverture pour vivre dans ce genre de milieu et l’ouverture pour nous, c’est très important. Il y a des membres qui vivent avec toutes sortes de réalités personnelles comme des défis de santé mentale, la pauvreté ou la solitude… quand tu vis dans un milieu de vie qui te ressemble et qui, en plus, rassemble des gens qui ont des intérêts communs, ça aide à mieux vivre ta réalité et à la changer même… Comme moi par exemple : il y avait une personne que je voyais souvent, mais à qui je ne parlais jamais. Sauf que là, on vit dans le même édifice et je me suis retrouvée à devoir lui parler. Ben, j’ai découvert une super belle personne! Si ça n’avait pas été de l’occasion de rapprochement que crée le fait de vivre ensemble dans le

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même milieu, je n’aurais jamais su à quel point cette personne est fantastique finalement. On sait que la santé mentale et l’itinérance vont souvent ensemble. La solitude aussi. Ici, on brise les préjugés et on vit avec l’autre peu importe sa réalité. C’est l’humain l’important… » - Comment arrive-t-on à ce genre d’ouverture et pourquoi aller vers l’autre? « Peut-être que c’est parce que la fragilité, la santé mentale ça a toujours fait partie de ma vie… dans mon entourage, j’ai connu et je connais beaucoup de personnes qui vivent avec des défis de santé mentale. Moi-même j’ai vécu des passes vraiment difficiles… J’ai été hyper chanceuse, parce que j’avais des gens pour m’aider. Mais je sais c’est quoi quand t’as mal, que tu ne veux pas voir personne et que dans ta tête, ça va pas du tout. Pour moi, c’est donc super important le bien-être de tout le monde. J’ai même une amie qui me taquine en me disant ‘’Je pense que tu dois donner presque toute ta paye de la semaine à Carole!’’ Ben on s’en fout même si c’est ça, parce que je ne peux juste pas dire non à lui donner quelque chose et elle peut faire ce qu’elle veut avec… Tout le monde peut vivre des moments difficiles, des fois toute leur vie et des fois, c’est juste un mauvais temps à passer… Tu ne sais pas ce que l’autre vit et pourquoi; il faut toujours accueillir les personnes sans juger. Et ça, c’est vraiment enrichissant. »

- Et si je te suggérais, par exemple, un projet où des œuvres seraient créées par des équipes chacune composées d’un artiste professionnel reconnu et d’une personne vivant en situation d’itinérance qui fait de l’art, tu dirais quoi? (Instantanément, les yeux de Michelle se sont ouverts très grands et se sont illuminés) « Mais c’est donc ben beau comme idée ça! J’embarque tout de suite. Ayoye Fanny! C’est tellement une bonne idée qu’il faut qu’on le fasse! Ça m’allume tight! » Le mot de la fin de Michelle Lapierre : « On n’ose pas assez mélanger les réalités, on a trop peur des personnes fragiles ou différentes. On a trop peur, point. Pourtant, c’est en mettant de côté ou en rassemblant ce qui fait qu’on est différent, qu’on fait les plus belles affaires! Que le monde devient meilleur. » Pour plus d’informations sur la coopérative d’habitation: Coopérative d’habitation des artistes et travailleurs culturels du ruisseau (Facebook) – coopduruisseau@gmail.com Ou sur l’Association des auteurs et auteures de l’Outaouais : http://www. aaao.ca/ - communicationsaaao@gmail.com – 613-606-2648

« À la Coop, on travaille à créer un milieu de vie où c’est possible de partager et de mélanger les expertises, de passer par-dessus les apparences pour aller à la rencontre de l’autre dans son art et sa réalité, et découvrir ce qui peut sortir de beau de tout ça. C’est hyper créatif de côtoyer et d’échanger avec autant de personnes différentes, mais qui ont les mêmes intérêts ou plusieurs. Rendu là, c’est pu important si tu vis avec une réalité de santé mentale, si t’es pauvre, si tu es jeune ou vieux, ou de quel pays tu viens… Je tripe quand je vois des personnes différentes de toutes sortes de milieux se mélanger. C’est tellement inspirant! C’est tellement ça que la vie devrait être! Comme tout le temps là! Partout! »

COMMANDITAIRES

ÉCHELLE DE PARTENAIRES Absolus : Supérieurs : Distingués : Dévoués : Amis :

20 000$ + 10 000$ à 19 999$ 5 000$ à 9 999$ 501$ à 4 999$ 500$

*Adopté par le conseil ce 14 juin 2016

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DE LARUE

PAR GUY LARUE

Une lutte sans merci est donc engagée entre chaque cyberdépendant sexuel et le « fomenteur » de troubles psychiques et spirituels par excellence1. Or, nous ne saurions résister « seuls » aux attaques répétées du Malin ! Nous avons besoin d’alliés sûrs et plus encore d’un Allié dont la Puissance est sans bornes ! Et cet Allié, c’est le Christ ! Notre bouclier, notre soutien indéfectible, notre salut ! Même le saint Curé d’Ars n’aurait pas été en mesure de résister seul aux charges physiques, psychiques et spirituelles de Satan. Voilà pourquoi il priait tant le « Bon Dieu2 » !

La cyberdépendance sexuelle : Le symptôme d’un profond désordre psychique et spirituel. La solution fondamentale à la cyberdépendance sexuelle réside au tréfonds de notre être, la plupart du temps profondément blessé, entaillé, meurtri par une blessure narcissique5, laquelle souvent nous habite depuis un temps immémorial. Conséquemment, la libération d’une dépendance aussi pernicieuse est une chose en soi, cependant la « guérison » de la blessure en tant que telle, requiert un sérieux investissement au niveau thérapeutique et spirituel.

Aucune force, aucune puissance humaine, voire angélique, ne peut nous libérer du joug asservissant de la cyberdépendance - Ainsi, Jésus n’a survolé aucune étape de son humanité6. sexuelle ! Car, elle atteint sa victime dans ses profondeurs psychiques et spirituelles les plus abyssales ; plus le cyCar, tout en étant foncièrement une maladie d’ordre spirituel berdépendant sexuel « consomme » et plus il s’enlise, plus (donc affectant substantiellement notre esprit), un cheminement il dégénère, plus il s’affadit. d’ordre psychologique est, dans la plupart des cas sérieux, i-n-c-o-n-t-o-u-r-n-a-b-l-e ! Or, rien ne requiert autant de courage, lutte sans merci engagée avec entrequoi chaque cyberdépendant sexuel etet de détermination que d’entreprendre ce - Vous êtes le Une sel de la terre ; mais est si ledonc sel s’affadit, de foi, d’espérance 1 lele « fomenteur » troubles spirituels par excellence nous ne saurions salera-t-on ? de Il n’est pluspsychiques bon à rien et qu’à être jeté dehors pour . Or,douloureux voyage dans les profondeurs abyssales de son être. résister « seuls » aux attaques répétées3 du Malin ! Nous avons besoin d’alliés sûrs et plus être foulé aux pieds par les hommes . Sachons que t-o-u-t-e-s les dimensions de l’être du cyberdépenencore d’un Allié dont la Puissance est sans bornes ! Et cet Allié, c’est le Christ ! Notre bouclier, 7 affectées notre soutien indéfectible, notre salut ! Même le saint Curé d’Ars n’auraitdant pas sont été en mesure par de cette maladie  ! Toutes auront conCet homme ou cette femme souffrante devant son séquemment besoin d’être revitalisées par l’Esprit même de résister seul aux charges physiques, psychiques et spirituelles de Satan. Voilà pourquoi il priait 2 tant le « BonDieu Dieula  » ! ordinateur, destine à une incroyable félicité ! Dieu8. Donnons-nous seulement à Dieu la chance de nous sauver, force,s’est aucune voire de angélique, ne- peut nous 4 Lui dont leAucune Fils unique livrépuissance en toute humaine, connaissance la L’Esprit valibérer avoir àdupénétrer à l’intérieur de l’humanité de la joug asservissant de la cyberdépendance sexuelle ! Car, elle atteint sa victime dans ses « Cause » pour laquelle Il allait souffrir, jusqu’où seul un Dieu fait personne, en son épaisseur, en toutes ses dimensions : c’est profondeurs psychiques et spirituelles les plus abyssales ; plus le cyberdépendant sexuel Homme pouvait Car aucun humain n’aurait été en là que se trouve la Source d’un véritable retournement9. « consomme » et souffrir. plus il s’enlise, plusêtre il dégénère, plus il s’affadit. mesure de porter le « fardeau de la Rédemption ». Voilà le sel de la terre ; si le le poids sel s’affadit, avec quoi le salera-tpourquoi -ceVous Dieuêtes « incarné » a accepté demais porter de on ? Il les n’est plus bon à de rien qu’à être jetéraces, dehors pour être foulé aux pieds par les toutes abominations l’homme, toutes tous pays, 3 hommes . toutes époques confondues. Cet homme ou cette femme souffrante devant son ordinateur, Dieu la destine à une Certes, la félicité ! purification de l’esprit malade du àcyberdépendant incroyable Donnons-nous seulement Dieu la chance de nous sauver, Lui dont le Fils sexuel s’est n’ira pas heurts ! Car, le traitement requis s’annonce unique livré4sans en toute connaissance de la « Cause » pour laquelle Il allait souffrir, jusqu’où seul un Dieumais fait Homme souffrir. aucun être humain n’aurait été en invasif, douloureux, combienpouvait nécessaire ! LeCar patient mesure de porter le « fardeau de la Voilà pourquoi ce Dieu « incarné » a accepté cardiaque transporté d’urgence surRédemption ». la table d’opération de de porter le poids de toutes les abominations de l’homme, toutes races, tous pays, toutes l’institut de cardiologie ne doit-il point s’abandonner époques confondues.

complètement aux soins de celui qui s’apprête à lui sauver la vie ? Ainsi,Certes, doit-il en être pour lede cyberdépendant dont la vie la purification l’esprit malade du cyberdépendant sexuel n’ira pas sans spirituelle estleen grand danger ! La souffrance qui douloureux, investit tousmais combien nécessaire ! Le heurts ! Car, traitement requis s’annonce invasif, patient cardiaque transporté d’urgence sur la table d’opération les pores psychiques et spirituels du cyberdépendant sexuelde l’institut de cardiologie ne doit-il point s’abandonner complètement aux soins de celui qui s’apprête à lui sauver la vie ? n’est-elle point l’annonciatrice par excellence de maux encore Ainsi, doit-il en être pour le cyberdépendant dont la vie spirituelle est en grand danger ! La plus grands ?! Vivement ! Que le Christ nous vienne en aide !

souffrance qui investit tous les pores psychiques et spirituels du cyberdépendant sexuel n’estelle point l’annonciatrice par excellence de maux encore plus grands ?! Vivement ! Que le Christ nous vienne en aide !

JÉSUS, L’AGNEAU DE DIEU ET LE LION DE JUDA 1 Lucifer. Grappin, comme le surnommait le saint Curé d’Ars. 2 Le saint Curé d’Ars, sa pensée, son cœur. 3 Matt 5, 13. 4 Tim 2, 6. JÉSUS, L’AGNEAU DE DIEU ET LE LION DE JUDA 1 2 3 4

Lucifer. Grappin, comme le surnommait le saint Curé d’Ars. Le saint Curé d’Ars, sa pensée, son cœur. Matt 5, 13. Tim 2, 6.

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d’espérance et de détermination que d’entreprendre ce douloureux voyage dans les profondeurs abyssales de son être. Sachons que t-o-u-t-e-s les dimensions de l’être du cyberdépendant sont affectées par cette maladie7 ! Toutes auront conséquemment besoin d’être revitalisées par l’Esprit même de Dieu8. - L’Esprit va avoir à pénétrer à l’intérieur de l’humanité de la personne, en son épaisseur, en toutes ses dimensions : c’est là que se trouve la Source d’un véritable retournement9. 5 Une blessure narcissique peut être à l’origine d’une véritable perte de confiance en soi qui peut amener à une dépression, ou à des problèmes psychosomatiques. 6 Ouvrir la porte à l’Esprit, Simone PACOT, p. 47 7 Les derniers mois de consommation de luxure sur la grande Toile ont été si intenses que l’auteur du présent ouvrage avait des pertes d’équilibre dans son logement. Il n’eut d’autre choix que de s’étendre sur la civière des ambulanciers lorsque ces derniers entrèrent en compagnie de son frère et de sa sœur dans son appartement qui était devenu, avec le temps, un véritable sépulcre psychique et spirituel. 8 Ouvrir la porte à l’Esprit, Simone PACOT, p. 117. 9 Ouvrir la porte à l’Esprit, Simone PACOT, p. 78. 5 Une blessure narcissique peut être à l’origine d’une véritable perte de confiance en soi qui peut amener à une dépression, ou à des problèmes psychosomatiques. 6 Ouvrir la porte à l’Esprit, Simone PACOT, p. 47 7L’isolement Les derniers mois de consommation de luxure sur la grande Toile ont été -si… intenses queque l’auteur du à mesure l’affection sensuelle prend des présent ouvrage avait des pertes d’équilibre dans son logement. Il n’eut d’autre choix que de s’étendre sur Dieu diminue, ainsi que le accroissements, l’amour de la civière des ambulanciers lorsque ces derniers entrèrent en compagnie de son frère et de sa sœur dans Jamais notre monde actuel n’a-t-il disposé d’autant d’outils de souvenir de Dieu. son appartement qui était devenu, avec le temps, un véritable sépulcre psychique et spirituel. communication et si peu communiqué avec autrui! Bien au 8 Ouvrir la porte à l’Esprit, Simone PACOT, p. 117. de ces outils PACOT, isolent p. son utilisateur dans Là où l’amour et la charité brillent par leur absence, la vie 9contraire, Ouvrir la plusieurs porte à l’Esprit, Simone 78.

un monde d’illusions ! Car, l’illusion est sans aucun doute l’une des ennemies de l’homme les plus sous-estimées, les plus insidieuses et les plus « asphyxiantes » pour l’esprit et le corps du cyberdépendant sexuel.

- La grande majorité des illusions et des maux que le démon occasionne à l’âme proviennent des connaissances et des déroulements des pensées dans la mémoire. L’être humain est fondamentalement un être de relations humaines et de relation divine, puisque Dieu l’a créé, afin de le faire participer à sa vie Trinitaire. Tous ces attraits mondains (chating compulsif, lignes de rencontres, sites pornographiques, etc.) déshumanisent le cyberdépendant ; ils le plongent au cœur d’une vie sensuelle où règne le chaos psychique et spirituel. Car, n’en doutons pas un seul instant, l’égocentrisme, l’égoïsme et l’égotisme peuvent conduire inexorablement à la « mort de l’âme » du consommateur !

spirituelle de l’homme est en danger ! L’être humain a été créé par amour et pour l’amour, et tous comportements allant à l’encontre de l’amour sont « naturellement » mis en à quarantaine dans le cœur de l’homme, lorsque celui-ci ne vit que pour alimenter frénétiquement ses passions désordonnées. Quelle souffrance que celle du cyberdépendant sexuel ! Chose certaine, seule une Puissance plus forte que la sienne pourra le tirer d’impasse. Car il est aussi illusoire pour le « véritable » cyberdépendant sexuel de croire qu’il puisse « flirter » indéfiniment avec la luxure que pour un héroïnomane de se vendre l’idée qu’il parviendra bien un jour à réduire, voire à arrêter sa consommation d’héroïne, par ses propres moyens !

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PAR CHRISTIAN GOSSELIN

DOSSIER SPÉCIAL

Un été au Portail de l’Outaouais L’été. Tant attendu et tant espéré. Il nous illumine, nous revigore, nous enflamme. Il nous rend plus légers, plus optimistes, plus motivés... Cette frénésie n’échappe pas aux camelots. Il est certainement plus agréable de vendre ses journaux sous un soleil radiant qu’en se gelant le cul à -30˚C. Plus agréable, certes, mais plus facile ? C’est difficile, être camelot. S’afficher en tant que personne en situation précaire et de ce fait, sortir l’itinérance de l’anonymat. Solliciter les passants et essuyer plusieurs refus, plusieurs fois de suite... Se faire dire «peut-être la prochaine fois». Se faire dire «non». Se faire regarder de haut. Se faire regarder croche. Se faire ignorer. C’est ce qui m’a le plus confronté dans mon travail au Portail. Réaliser le poids des regards et de l’indifférence. Me sentir moi aussi exclue, rejetée, jugée, méprisée... le temps d’aider le camelot à vendre. De façon circonstancielle et ponctuelle et malgré tout, avoir, à chaque fois, un de ces nœuds dans le ventre. Vous dire le nœud dans le cœur que j’ai en pensant à ceux qui doivent affronter cette apathie à tous les jours, en tout temps... En pensant à ces personnes marginalisées... Marginalisées ? En marge ? Une marge ? Plutôt, une cloison, une séparation, une fissure. Deux univers opposés. «Eux» et «Nous». D’un côté, le quêteux, l’itinérant, le drogué, le fucké, le robineux ou autres étiquettes déshumanisantes, dites ou implicites. De l’autre côté, une bulle aseptisée...

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... De l’autre côté, une course : toujours pressés, toujours stressés, jamais le temps de prendre le temps... Une compétition : toujours plus performant, plus puissant, plus-meilleur-que-l’autre... Une mascarade : Ça se pavane, ça se joue la bourgeoisie et ça feint le bonheur. Une parade: des robots encarcanés dans leur routine, les valeurs individualistes et matérialistes profondément encastrées et castrantes. Accompagner les camelots à leur point de vente m’a permis d’observer la société sous un autre angle. De prendre conscience. De me remettre en question. De nous remettre en question. De penser à des pistes de solutions... Déjà, vous qui achetez le Portail, faites la différence. Vous vous êtes arrêté. Probablement avez-vous discuté avec le camelot, échangé une poignée de main, un sourire, et ainsi, établit un lien. C’est précisément ce que vise le journal. Catalyser ces contacts humains et servir de passeport entre ces deux réalités. Alors, continuez. Continuons. Construisons un pont entre nous et l’autre. Persévérons. Obstinons-nous. Nous rendrons ce monde meilleur. Estelle Caron-Poulin

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PAR ANDRÉ GUYON

TECHNOLOGIE & HUMANITÉ

En 2019, l’analphabétisme et la technologie (suite)

En 2019, l’analphabétisme et la technologie (suite).

Plusieurs personnes qui savent très lire sont très aussi très mallire à l’aise avec la Plusieurs personnes quibien savent bien sont aussi technologie.

l’aise avec la technologie.

très mal à

Le message contenait aussi un lien du genre AF1QipNAz1w92BW14hyFmGuxMSesZ1A7FcJ J’ai eu une seconde de panique, puis j’ai analysé le message.

Ci-dessus, une double-vérification typique. La question peut

Ci-dessus, une double-vérification typique. La question peut changer chaque changer chaque fois.deIlréponses, faut seetrappeler nosquichoix fois. Il faut se rappeler nos choix la moindre lettre varie de réponses, bloque accès. Fantastique pourvarie une personne qui votre en arrache pour lireFantastique et et lavotre moindre lettre qui bloque accès. pour écrire !

une personne qui en arrache pour lire et écrire !

En fait, même mon plus vieil ami âgé de 87 ans qui est presque aveugle risque de se tromper en écrivant.

En fait,pour même mondesplus vieil(justifiée) ami âgé deà87 ans un qui L’obsession la sécurité données me porte imaginer peuest la aveugle panique ressentie par une exclue du de l’écriture qui risque depersonne se tromper enmonde écrivant. recevrait un message texte comme celui que j’ai reçu aujourd’hui.

presque

Les accents manquaient, mais le texte était relativement bien écrit. Ça L’obsession ressemblait à ce qui pour suit : la sécurité des données (justifiée)

me porte à imaginer un peu la panique ressentie par une personne exclue du « Alerte Desjardins – Votre compte commençant par 4540 a été désactive pour des fins de sécurite, veuillez cliquer pour voir lesun details. Si vous ne texte voulez comme celui monde de l’écriture quiicirecevrait message plus recevoir ces alertes, répondez par STOP ». que j’ai reçu aujourd’hui. Le message contenait aussi un lien du genre AF1QipNAz1w92BW14hyFmGuxMSesZ1A7FcJ

Les accents manquaient, mais le texte était relativement bien écrit.

J’ai eu une seconde de panique, puis j’ai analysé le message.

Ça ressemblait à ce qui suit : « Alerte Desjardins – Votre compte commençant par 4540 a été désactive pour des fins de sécurite, veuillez cliquer ici pour voir les details. Si vous ne voulez plus recevoir ces alertes, répondez par STOP ».

1- Un compte qui ne commence pas par 4540 chez Desjardins, je ne sais pas si ça existe. 2- Un lien au lieu d’une suggestion de nous connecter pour vérifier les faits, c’est louche. 3- La suggestion de répondre au texto par STOP si on ne veut pas en recevoir d’autres, au lieu de modifier notre profil sur l’application ou sur le site Web, tout aussi louche. Pour moi, c’est réglé et je passe à autre chose. Pour la personne insécure qui en arrache pour lire ça, c’est l’angoisse garantie, il me semble. Un autre phénomène auquel je n’avais jamais pensé est l’arrivée des tablettes dans les milieux de travail. Moi, je trouvais ça génial de voir les serveuses au restaurant prendre les commandes avec ça. Sauf que, vous l’aurez compris, si on est à la fois un peu insécure face à la technologie et à la lecture, la peur de perdre son emploi vient s’ajouter au fardeau quotidien – même pour l’employé modèle qui fait bien son travail depuis 20 ans. Bref, le groupe d’alphabétisation populaire qu’avait fondé mon meilleur ami est sur la piste et évalue divers moyens d’alléger le fardeau de l’exclusion technologique. Ça me fait vraiment chaud au cœur de savoir qu’ils sont là, tout comme ceux qui travaillent aux journaux de rue.

ANDRÉ FOURNIER TECHNICIEN - COMPTABLE

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MOTS CACHÉS Y P R J S Y A P R H K B R S W

T T O E U T X Z H X T S T U V

D Y L P C R N M Z Y N X T S R

S E N E U E I A Z N R C Z S L

T T M O F L N D D B T S U E H

N X N O I T A S I N O L O C M

A Y A E G L I T E C E U H O A

COLONISATION DEMOGRAPHIQUE DESCENDANTS ETRANGERS FRANCOPHONE IMMIGRANTS IRLANDAIS JURIDICTION LANGUE

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R L U U M R L R I M T C S R W

G V A G U E A I L O E I S P T

I P E N V R L P M A N N O E Z

M F R A N C O P H O N E T N D

M N O L T W I S U I W D S S D

I J J O R I G I N E Q T A U U

A X B Z S P B T A G P U M I M

N D V C X S E T R A N G E R S

MILLION ORIGINE PAYS PEUPLEMENTS POPULATION PROCESSUS RECENSEMENTS VAGUE

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LE PREMIER PAS

PHOTO : Françoise Fafard

FRANÇOIS BLAIS PAR GUYPAR LARUE

Les différents chemins (3e partie)

La voie du Puy-en-Velay, ou la Via Podiensis si vous préférez, est le plus ancien chemin jacquaire en France. En effet, son histoire remonte à l’an 950 quand Godescalc, l’évêque du Puy, décide d’aller à Santiago de Compostella pour se recueillir sur le tombeau de saint Jacques. Il est ainsi devenu le premier pèlerin non espagnol à s’y rendre. Bien sûr, il n’y est pas allé à pied et certainement pas tout seul. Il était accompagné par sa suite et il a dû voyager à cheval ou en voiture tirée par des chevaux. On ne sait pas exactement par où il est passé, mais il a certainement suivi les routes principales de l’époque, qui étaient encore les voies romaines. De nos jours, le pèlerin part de la cathédrale Notre-Dame-duPuy. Comme je l’ai mentionné précédemment, nous ne sommes pas partis du Puy, mais de Strasbourg et nous sommes passés par Cluny, à 325 kilomètres du Puy, où nous avons fait une pause. Comme nous étions enfin sur un chemin très fréquenté, nous avons décidé de partir le matin en même temps que tout le monde. C’était après la messe et la bénédiction des pèlerins, à 7 heures. Par chance, les grilles ont été ouvertes et nous avons pu descendre l’escalier monumental de la cathédrale. Je dis par chance, car on ne les ouvre pas tout le temps et alors on doit sortir par les côtés, ce qui fait moins solennel. Mais, cette fois-là, ce fut magique, un peu comme dans les films. Environ 100 personnes se sont élancées en même temps, c’est beaucoup de monde. Toutefois, selon les statistiques, à peine 40 % des pèlerins assistent à la messe. Ça veut dire qu’il y avait au moins 250 marcheurs sur le chemin ce jour-là. Et nous étions à la mi-septembre, qu’est-ce que ça doit être en haute saison! Après deux étapes, on atteint le plateau de l’Aubrac. On grimpe à 1 200 mètres, sous un climat assez rigoureux, frisquet le matin et pas très chaud le reste de la journée. Paysages rudes, mais d’une grande beauté. Un jour, on y a même entendu le silence.

Une députée accessible et engagée !

Rien, pas un bruit! Même pas des aboiements de chiens au lointain, pas de voitures, même pas de vent. Rien du tout, on se serait cru sur la lune. C’est vrai qu’on avait pris une variante très peu fréquentée pour se rendre à un hébergement, car ceux sur le chemin principal affichaient complet. Tout de même, au XXIe siècle, en France, le silence total! Après douze jours, on arrive à Conques, une étape extraordinaire. Il y a là une abbaye bien accueillante et la très belle église Sainte-Foy où le frère Jean-Daniel, de la communauté des Prémontrés, donne tous les soirs un concert d’orgue. C’est très spécial et le tout dans un magnifique village médiéval au fond d’une vallée. Deux jours plus tard, on arrive à Figeac. Tout un choc, c’est la première fois en près d’un mois qu’on voit un feu de circulation, ça nous a un peu décontenancés d’entrer dans une grande ville. De Figeac, on a choisi de passer par la variante du Célé. Paysages spectaculaires, sentiers vertigineux qui traversent des châteaux forts sculptés dans la falaise, c’est difficile à décrire. On peut même visiter une grotte préhistorique ornée de peintures rupestres d’une grande beauté, parmi les plus belles du monde en fait! Ensuite, on arrive à Cahors, célèbre pour son magnifique pont Valentré, datant du XIVe siècle. À la sortie du pont, le chemin grimpe très à pic. Il est possible de prendre un trajet plus facile, mais on ne le savait pas. Faire de l’escalade avec un sac à dos qui nous entraîne vers le vide, c’est plutôt stressant. On est parvenus au sommet un peu terrifiés, mais heureux de se retrouver tout là-haut, sains et saufs, récompensés par une vue plongeante sur le pont. Nous allons poursuivre notre périple sur la voie du Puy dans la prochaine chronique.

Maryse Gaudreault

députée de hull

et vice-présidente de l’Assemblée nationale

259, BOUL. ST-JOSEPH, BUR. 207 / 819 772-3000 / MARYSE.GAUDREAULT.HULL@ASSNAT.QC.CA

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ELLES

PAR UNE RÉSIDENTE

PAR GUY LARUE

La femme sans voix

La femme sans voix

User01 2019-7-17 9:55 AM

Selon la recherche de Fortier et Sully (2017), les maisons d’hébergement accueillent de plus Deleted: F en plus de femmes immigrantes. En 2007, elles représentaient 13 % de la clientèle, 21,6 % User01 2019-7-17 9:50 AM en 2014 et ce pourcentage devrait atteindre plus de 35 % en 2025. De plus en plus de Selon la recherche de Fortier et Sully (2017), les maisons À 16 ans,Deleted: mon père m’annonça qu’il m’avait trouvé un « bon » Les femmes immigrantes et les femmes ont un statut d’immigration précaire, notamment les victimes de la traite ou les ... [1] maisons d’hébergement : …elon la d’hébergement accueillent de plus en plus de femmes parti dans un autre pays. Depuis toujours, on me dit qu’une femmes aux prises avec un mariage arrangé ou forcé. Ces parcours éprouvants et empreints immigrantes. En 2007, elles représentaient 13 % de la clientèle, femme « bien » doit être mariée et avoir des enfants. Une de résilience sont malheureusement encore trop peu discutés et considérés.

21,6 % en 2014 et ce pourcentage devrait atteindre plus de semaine plus tard, je quittais mon pays natal, ma famille, ma 35 % en 2025. De plus en plus de femmes ont un statut vie pour rencontrer mon fiancé. J’ai alors réalisé à quel point Je suis originaire d’un pays misogyne. « Tu es sale, souillée et impure ». C’est ce qu’on dit aux d’immigration précaire, notamment les victimes de la traite ou c’était injuste une et de tout perdre en un instant. User01d’être 2019-7-17 9:55femme AM femmes qui n’obéissent pas aux hommes. les femmes aux prises avec un mariage arrangé ou forcé. Au début,Deleted: cet homme était aimable, poli, aisé financièrement Je suis une femme sans voix. J’ai grandi en voyant beaucoup de violence des hommes envers les femmes. J’ai vu des Ces parcours éprouvants et empreints de résilience sont et pouvaitUser01 tout 2019-7-17 m’offrir.9:02 C’est AM après le mariage que le tout s’est policiers agresser sexuellement une innocente à la vue de tous. Là-bas, le viol est aussi ... [2] malheureusement encore trop peu discutés et considérés. compliqué. La violence quotidienne devenait de plus en plus Deleted: de la part …es hommes envers « normal » que la fatigue, la faim ou la peur. intolérable. À quatre ans, j’ai reçu la première claque de mon père. Je lui avais demandé pourquoi mes User01 2019-7-17 9:38 AM Voici mon histoire, ma vie… frères ne m’aidaient pas à faire la vaisselle. J’ai compris que je devais me taire. ... [3] Deleted: l’âge de …uatre ans, j’ai reçu la À 18 ans, j’ai quitté cet homme pour protéger ma fille. À sept ans, ma mère me cachait des hommes et parfois de mon père. Elle disait : « si User01 le 2019-7-17 9:38 AM Je suis originaire d’un pays misogyne. « Tu es sale, souillée et J’ai demandé divorce. Un soir, j’ai décidé de prendre quelqu’un te questionne, dis que tu as subi l’opération. Je ne veux pas détruire ta réputation, [4] Deleted: sinon tu ne te trouveras jamais un mari ». Je ne comprenais pas ce qu’elle tentait de me dire. impure ». C’est ce qu’on dit aux femmes qui n’obéissent pas aux discrètement mesl’âge de …ept ans, ma mère me bagages et de ... partir. J’ai quitté le pays. Plus tard, j’ai compris qu’elle parlait de l’excision du clitoris. hommes. Pendant mon voyage, je me suis fait violer par un homme, sous À dix ans, ma poitrine se développait. Un après-midi, je jouais avec mes frères au soccer et les yeux de ma fille. Arrivée à la frontière du Canada, j’ai été User01 2019-7-17 9:57 AM ma mère m’a amené dans la cuisine. Elle m’a dit que je devais faire le repassage des seins J’ai grandi en voyant beaucoup de violence des hommes envers arrêtée etDeleted: amenéel’âge de …ix ans, ma poitrine se dans un centre...pour réfugiés où j’ai fait une [5] chaque jour pour éviter d’attirer le regard des garçons. Ça consiste à écraser la poitrine des les femmes. J’ai vu des policiers agresser sexuellement une demande d’asile. Je ne connais personne au Canada. Je suis jeunes filles avec des pierres chauffées pour retarder l’activité sexuelle. À partir de ce jourinnocente à la vue de tous. Là-bas, le viol est aussi « normal » donc allée dans une maison d’hébergement. là, je ne pouvais plus sortir dehors et jouer avec mes frères. que la fatigue, la faim ou la peur. À 16 ans, mon père m’annonça qu’il m’avait trouvé un « bon » parti dans un autre pays. User01 2019-7-17 9:38 AM Arrivée au Québec, contrairement à ce que je pensais, les Depuis toujours, on me dit qu’une femme « bien » doit être mariée et avoir des enfants. Une [6] Deleted: l’âge de …6 ans, mon père semaine plus tard, j’ai je quittais pays natal, ma famille, ma vie pour rencontrer mon À quatre ans, reçu lamon première claque de mon père. Je lui choses ne se sont pas simplifiées....Sans statut d’immigration, fiancé. J’ai alors réalisé à quel point c’était injuste d’être une femme et de tout perdre en un avais demandé pourquoi mes frères ne m’aidaient pas à faire la je n’ai pas accès aux logements subventionnés, aux allocations instant. Au début, cet homme était aimable, poli, aisé financièrement et pouvait tout vaisselle. J’ai compris que je devais me taire. parentales ni aux garderies. Ayant peu de ressources fim’offrir. C’est après le mariage que le tout s’est compliqué. La violence quotidienne devenait nancières, le processus pour me trouver un logement fut intermide plus en plus intolérable. À sept ans, ma mère me cachait des hommes et parfois de mon nable. Pour obtenir un statut de réfugiée, j’ai dû décrire en détail père. Elle disait : « si quelqu’un te questionne, dis que tu as subi tous les épisodes de violences vécues. Cela a été éprouvant et l’opération. Je ne veux pas détruire ta réputation, sinon tu ne te m’a fait revivre plusieurs traumatismes. trouveras jamais un mari ». Je ne comprenais pas ce qu’elle tentait de me dire. Plus tard, j’ai compris qu’elle parlait de Malgré les embûches sur mon passage, je ne regrette rien. l’excision du clitoris. Suis-je encore la femme que j’étais dans mon pays ? Je ne saurais dire. Par contre, je sais que je ne serai plus jamais la À dix ans, ma poitrine se développait. Un après-midi, je jouais femme sans voix. Il est possible de mettre fin à la violence avec mes frères au soccer et ma mère m’a amené dans la conjugale. cuisine. Elle m’a dit que je devais faire le repassage des seins chaque jour pour éviter d’attirer le regard des garçons. Ça Pour de plus amples informations, veuillez consulter notre site Internet : consiste à écraser la poitrine des jeunes filles avec des pierres www.maisonlibere-elles.ca. Vous pouvez nous rejoindre 24 heures par chauffées pour retarder l’activité sexuelle. À partir de ce jour-là, jour, 365 jours par année au 819 827-4044 et profiter de nos différents je ne pouvais plus sortir dehors et jouer avec mes frères. services offerts aux femmes victimes de violence ou vivant des Voici mon histoire, ma vie…

difficultés temporaires et à leurs enfants.

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Tu entends des voix? ou vis avec d’autres types de phénomènes?

Quelques informations sur l’entente de voix et autres phénomènes

Tu as besoin d’en parler à quelqu’un?

…des études démontrent qu’entre 4 % et 10 % de la population à travers le monde entend des voix et qu’entre 10 % et 39 % de la population a entendu des voix au moins une fois dans sa vie (Shergill, Murray &McGuire, 1998).

1-800-567-9699

…entre 70 % et 90 % des gens qui entendent des voix le vivent suite à un événement traumatique. …la première manifestation du phénomène des voix peut survenir à tout âge et pour environ 6 % des entendeurs de voix, cette première manifestation survient avant l’âge de 6 ans, pour 10 % entre 10 et 20 ans et pour la majorité des gens, 74 %, cela se produira après l’âge de 20 ans. Source : https://aqrp-sm.org/groupes-mobilisation/revquebecois/histoire/ * Les autres manifestations peuvent inclure: phénomènes visuels, tactiles, olfactifs et gustatifs.

Notre philosophie d’écoute Ce que nous offrons ; une écoute basée sur le respect, l’empathie et l’authenticité. Nous croyons aussi que la personne la mieux qualifiée pour trouver des solutions à ses problèmes est la personne elle-même. Notre but est que la personne puisse s’exprimer en toute confiance.

Artiste : MC Leblanc

UN SERVICE D’ÉCOUTE FRANCOPHONE 24/7 / GRATUIT / CONFIDENTIEL PARTICIPER À LA GUÉRISON DES MAUX DE CE MONDE, PLUTÔT QU’À SA MALADIE.

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REGARD VIF

PHOTO : Wikirouge

PAR JACINTHE POTVIN

Selon la Ligue des droits de l’Homme en France, on ne naît pas plus raciste que l’on ne naît antiraciste ou que l’on ne naît avec telle ou telle manière de penser. Le racisme est un fait de culture; il se transmet et il contamine comme un virus la bêtise haineuse.

être reconnu comme un Homme égal à tous les autres en dignité et en droits. Toute démarche raciste passe par le fait de dépouiller l’Autre de ses attributs d’Homme. S’il n’en était pas ainsi, rien ne viendrait « justifier » le sentiment de supériorité ou le traitement discriminatoire que tout racisme implique.

Les préjugés sont indissociables des sociétés humaines. Aucune société n’a complètement évité le regard soupçonneux à l’égard de l’Autre. Ne pas être du même village suffit parfois à enraciner des différences durables. À fortiori, lorsque la distance s’étend d’un pays à l’autre, d’un continent à l’autre, d’une culture à une autre. Autant dire que si les préjugés sont choses habituelles, l’intensité de ceux-ci augmente à mesure de « l’étrangeté » de l’Autre et des conditions dans lesquelles intervient ce face-à-face. Notamment lorsque s’y ajoutent des phénomènes de concurrence : l’étranger est présenté comme celui qui va voler les richesses, les terres jadis, le travail aujourd’hui; le racisme met souvent en scène de prétendues rivalités économiques et sociales.

À cela s’ajoute un mécanisme de négation de l’individu. Celui-ci n’est plus la personne à qui ou de qui l’on parle; il est le membre d’une communauté à laquelle on prête tel ou tel défaut (y compris telle ou telle qualité qui devient défaut : par exemple, « les Juifs sont d’habiles financiers » sert à stigmatiser le rapport, supposé privilégié, des Juifs à l’argent). Ce ne sont plus les qualités ou les défauts intrinsèques de chacun qui sont appréciés, ce sont les stéréotypes dont est affublé le groupe humain dans lequel, qu’il s’y reconnaisse ou non, on l’assigne à résidence.

L’histoire montre donc que l’acceptation de la différence n’est absolument pas « naturelle » : elle est une construction humaine volontariste, reposant sur la domestication des peurs et sur la compréhension de ce qu’est l’humanité. La peur et l’ignorance participent, en effet, aux mécanismes conduisant au racisme. Ne pas connaître l’Autre ou être sous l’emprise d’images toutes faites et de rumeurs est ce qui amène à la peur des différences. Derrière l’expression familière « ils ne sont pas comme nous », qui, prise au pied de la lettre, n’est pas fausse, se cachent des abîmes d’ignorance et par conséquent des réflexes de peur par rapport à celui ou à celle qui, étant nécessairement « pas comme nous », en perdrait du coup sa qualité d’Homme. Se forme alors un redoutable enchaînement entre le fait d’être différent et la conséquence arbitraire que l’on en tire : ne pas

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C’est ainsi que l’on entendra ces généralisations qui prétendent définir un ensemble humain sans tenir compte des individus : « les Allemands sont, les Juifs sont, les Italiens, les Arabes, etc. ». Que chaque culture porte des traits communs est une chose, bien réelle; que tous les membres d’un groupe soient réduits à des clones tous identiques en est une autre, délirante. Le recours à de telles caricatures rejoint l’impossibilité de comprendre l’Autre. Surtout, le fait de ne définir un individu que par les stéréotypes de la collectivité à laquelle il appartient conduit à substituer à la responsabilité personnelle une responsabilité collective : il sera forcément coupable de... puisque sa communauté est coupable de... Ces enchaînements se produisent à des degrés divers selon les époques, mais demeurent une permanence des sociétés humaines. Le chemin qui mène aux préjugés, à la méfiance quasi instinctive qu’inspire la différence, voire à la xénophobie, au racisme, ce chemin peut être barré, mais le risque est toujours là et l’histoire atteste l’énormité du prix à payer lorsqu’il se réalise.

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PAR LISE PARADIS

UNE JOURNÉE AU GÎTE Le Gîte Ami 85, rue Morin Gatineau (Québec) J8X 0A1 819 776 0134

Extrait du document : COMPRENDRE L’ITINÉRANCE « L’ITINÉRANCE : LE REFLET D’UN PROCESSUS D’EXCLUSION : Vivre l’itinérance, c’est vivre l’exclusion sous différentes formes : exclusion du travail, du logement, de la famille. Cette accumulation entraîne la personne dans un processus qui peut la conduire à vivre dans la rue. Or, l’exclusion est devenue dans nos sociétés contemporaines, une situation de plus en plus courante. Les transformations sociétales majeures qui ont accru les inégalités sociales: mutations du marché du travail, augmentation du chômage et de la pauvreté, mondialisation des marchés, reconfiguration de la famille, désengagement de l’État, pénurie de logements sont venus, en effet, tellement bouleverser les structures de nos sociétés que de plus en plus de personnes ne parviennent pas ou plus à y trouver une place. Les mécanismes de l’insertion sociale se sont effrités au point de faire basculer de plus en plus de personnes dans une fragilité sociale qui peut les conduire jusqu’à la rue : espace formalisant l’ultime étape du parcours d’exclusion. Ainsi, derrière chaque histoire de personne itinérante, le décor est celui de l’augmentation de l’exclusion, de la pauvreté, décor qui témoigne de la situation de crise que vivent nos sociétés contemporaines. Dans ce décor structurel qui multiplie les « inutiles au monde », la personne en situation d’itinérance vit à la fois une fragilité personnelle et une fragilité sociale qui renforcent sa mise à l’écart du social, qui la marginalise toujours un peu plus. Comprendre l’itinérance, c’est donc comprendre que la rue est la place que la société accorde à la personne en situation d’itinérance, même si dans la rue, ces personnes vivent encore davantage de l’exclusion.

LE REFLET D’UN PROCESSUS DE MARGINALISATION : Vivre l’exclusion, c’est donc aussi vivre une mise à l’écart. Le cadre de performance et d’individualisme de nos sociétés renforce en effet la construction d’une distance entre les personnes intégrées et participantes à cette dynamique et les personnes exclues et non participantes. De plus en plus marginales et marginalisées, les personnes itinérantes sont engagées dans des conditions de vie qui les éloignent toujours davantage du monde conventionnel qui suppose d’avoir un logement, un travail, un revenu…. Leur visibilité dans l’espace public contribue en outre à marquer la distance sociale qui les sépare des personnes intégrées qui ont accès à un espace privé pour vivre. Faire de la rue son toit et son salon, sa salle à manger et sa chambre c’est paradoxalement se montrer aux autres dans toute son intimité, mais c’est aussi s’éloigner des autres qui ont le droit à un espace privé. Ce paradoxe marque une différence qui va renforcer l’image de la marginalité de la personne en situation d’itinérance. En outre, placées dans cette dynamique, les personnes itinérantes sont contraintes de s’inscrire dans une logique de survie qui les vulnérabilise toujours un peu plus. Comprendre l’itinérance, c’est donc comprendre que la rue ou les refuges sont devenus pour la personne en situation d’itinérance, «sa maison».

L’ITINÉRANCE :

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Extrait du document : COMPRENDRE L’ITINÉRANCE

"L’ITINÉRANCE : LE REFLET D’UN PROCESSUS D’EXCLUSION : l’exclusion sous différentes formes : exclusion du travail, du accumulation entraîne la personne dans un processus qui pe Or, l’exclusion est devenue dans nos sociétés contemporain courante. Les transformations sociétales majeures qui ont a mutations du marché du travail, augmentation du chômage des marchés, reconfiguration de la famille, désengagement venus, en effet, tellement bouleverser les structures de nos personnes ne parviennent pas ou plus à y trouver une place sociale se sont effrités au point de faire basculer de plus en sociale qui peut les conduire jusqu’à la rue : espace formalis d’exclusion. Ainsi, derrière chaque histoire de personne itin l’augmentation de l’exclusion, de la pauvreté, décor qui tém vivent nos sociétés contemporaines. Dans ce décor structur Le Portail de l’Outaouais - Septembre 2019 15 monde », la personne en situation d’itinérance vit à la fois u


PSYCHOYOGIE PHOTO :Munista.com)

PAR VALÉRIE LEPAGE

C’est avec des vingt-cinq cennes qu’on fait des piasses C’est vendredi, il est l’heure du midi. Dès ma sortie du bâtiment dans lequel je travaille à Hull, une dame me demande si je n’aurais pas deux 25 cennes. Prise au dépourvue, je tapote automatiquement les poches de ma veste et je sens la forme ronde d’une pièce de monnaie. Ça fait longtemps que je la traîne dans ma poche sans l’utiliser. Je l’avais même oubliée. Comme quoi, je ne suis pas à l’argent. Qu’est-ce que j’aurais fait avec? Je me serais acheté un café? Je ne suis pas dans une situation de pauvreté. Et je suis reconnaissante pour cela. Je m’empresse de lui tendre le un dollar. Je me surprends à me demander si c’est correct parce que, ce qu’elle a demandé, c’est bien deux pièces de vingt-cinq cennes… si c’est une demande aussi précise, je me dis que ça doit être parce que c’est ce qui lui manque, disons, pour prendre l’autobus. Ou est-ce parce que les gens auraient plus tendance à donner quand c’est un petit montant qui est demandé? Je n’en sais rien. Je sais juste que cette personne est dans le besoin et qu’elle l’exprime.

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J’ai toujours eu une grande admiration envers ces personnes qui formulent leurs besoins à voix haute et qui continuent à le faire en sachant très bien qu’il y a de grandes chances que ce soit une lumière rouge. Lumière rouge dans le sens que la personne ne sera pas réceptive : elle peut se faire dire non, se faire ignorer, dévisager, provoquer un malaise… Pour ma part, ça me remue toujours un peu de voir des gens en détresse qui mendient. Peut-être que c’est que ça me rappelle ma sœur qui fait la même chose à Montréal. Ça me met dans une position délicate, inconfortable, et j’ai l’automatisme de vouloir en sortir le plus rapidement possible. C’est probablement pour ça que je n’ai pas pu regarder la dame dans les yeux quand elle me remerciait et que je n’ai pas engagé la conversation avec elle. J’ai paru insensible alors qu’au fond, ça me touche droit au cœur. Et je soupçonne qu’il y en a plusieurs comme moi; je crois que c’est normal de réagir un peu comme ça… comme si nous ne savions pas quelle attitude adopter dans ces situations. Chacun peut se demander : « l’argent que je peux donner, est-ce que ça va réellement aider? » Ce que je sais, c’est que j’ai mis un sourire sur le visage de cette personne aujourd’hui. Elle est tombée sur une lumière verte. Et ça peut être un miracle, une percée de soleil dans un ciel nuageux. Je ne suis pas devenue pauvre en lui offrant un dollar. Au pire, ou plutôt AU MIEUX, je prendrai de l’eau au lieu d’un café. Mon corps va sûrement préférer ça de toute façon. Si nous n’avons pas d’argent à donner aux personnes dans une situation de pauvreté, il y a sûrement quelque chose que nous pouvons faire pour démontrer notre considération et améliorer un petit peu leur sort. Ce que j’ai fait aujourd’hui, ça ne changera certainement pas le monde entier, mais ça changera peut-être le monde de cette personne pour aujourd’hui. Souvent, je souhaite changer le monde et j’ai tendance à oublier que je peux aider ceux qui sont le plus près de moi.

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PAR MICHEL PRÉVOST

UNE PAGE D’HISTOIRE D’ICI

D.U., président de la Société d’histoire de l’Outaouais

La rivière du Lièvre est l’un des plus importants affluents de la rivière des Outaouais. Long de plus de 400 kilomètres, le cours d’eau prend sa source au nord du lac Némiscachingue, dans les Hautes-Laurentides, et se jette dans la rivière des Outaouais, dans le secteur Masson-Angers, à Gatineau. Tout au long de son parcours, la rivière du Lièvre traverse de nombreux lacs et reçoit les eaux de plusieurs tributaires, notamment la rivière Mitchinamecus et la rivière du Sourd. De plus, elle est au cœur de plusieurs centres urbains importants comme Mont Laurier, Buckingham et Masson. L’histoire et le développement de la vallée du Lièvre sont liés à l’existence même de ce cours d’eau visité pendant des siècles par les Autochtones, particulièrement les Algonquins, et à partir du XVIIe siècle par les Français. L’exploitation forestière, qui domine en Outaouais pendant tout le XIXe siècle, commence le long de la rivière du Lièvre au début des années 1820 pour atteindre son apogée dans la vallée du Lièvre entre 1885 et 1920. Plusieurs générations de draveurs font flotter le bois sur le cours d’eau. Origine du nom de la rivière

PHOTO :WIKIPEDIA

L’origine du nom de la rivière du Lièvre (Wabos Sipi) Une longue histoire En 1686, un militaire, Pierre de Troyes, dit le chevalier de Troyes, est le premier Français à inscrire dans son journal le nom de rivière Lelièvre. Le cartographe Louis-Armand de Lahontant devient le premier en 1703 à cartographier cette rivière. En 1831, l’arpenteur du Bas-Canada (Québec) Joseph Bouchette la nomme rivière aux Lièvres et le journaliste Stanislas Drapeau fait de même en 1863. Finalement, l’appellation que l’on connaît aujourd’hui est officialisée en 1914 dans le Dictionnaire des rivières et des lacs de la province de Québec. Ainsi, nous pouvons dire que l’appellation rivière du Lièvre est constante depuis la Première Guerre mondiale. Cela dit, pour la population de l’Outaouais, cette belle rivière, qui a tant marqué le développement de la vallée du Lièvre, est souvent nommée La Lièvre et c’est très bien ainsi. Voir : Commission de toponymie du Québec, Dictionnaire illustré des noms et lieux du Québec, Québec, Les Publications du Québec, 1996, p.384-385. Site WEB : www.toponymie.gouv.qc.ca

Les Algonquins désignent la rivière sous le nom de Wabos Sipi, qui se traduit en français par « lièvre ». Ce sympathique petit animal, qui prolifère dans la vallée, sert de principale nourriture hivernale pour les Autochtones et, par la suite, pour les trappeurs, les chasseurs et les coureurs des bois d’origine européenne. La chair de cet animal est d’ailleurs très appréciée. Comme le note le Dictionnaire illustré des noms et lieux du Québec, il s’avère intéressant de noter que le lièvre d’Amérique occupe une place très importante dans la mythologie amérindienne. C’est en effet Michabou, c’est-à-dire « le Grand Lièvre », le maître des animaux, qui envoie la loutre chercher le grain de sable qui deviendra la terre. Encore plus significatif, c’est aussi Michabou qui crée les êtres humains. Bref, pour les Autochtones, le lièvre d’Amérique s’avère l’animal qui est à l’origine de la création.

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POINT DE VUE DU PROF

PAR NÉRÉE ST-AMAND Professeur titulaire École de service social, Université d’Ottawa

La solitude : une maladie ? « La première fois que je suis allée en prison, j’avais soixante-dix ans. J’ai volé de la nourriture même si j’avais de l’argent dans mon portefeuille. J’ai pensé à ma vie et à la mort de mon mari. Je ne voulais pas retourner chez moi ; je n’avais nulle part où aller. Demander de l’aide en prison était la seule solution ». Une Japonaise, 80 ans Cette réflexion-ci fait suite à la lecture d’un article au sujet de la solitude des personnes ainées au Japon. Vieillir et mourir seul ou seule (au féminin encore davantage) est inconcevable dans cette culture et les personnes dans de telles situations feront tout pour ne pas mourir ainsi. Exemple ? Elles commettent un petit crime, comme voler une tablette de chocolat, et se font arrêter par les forces de l’ordre. Première infraction : ces personnes, qui avouent sans problème leur culpabilité, sont alors mises en probation. Elles retournent à leur domicile, tout simplement pour poursuivre leur objectif. Elles volent d’autres menus objets et se font arrêter à nouveau. Seconde infraction : une peine de prison. Or, c’est ce qu’elles souhaitaient. Vivaient seules et ne pouvaient concevoir de finir leur vie ainsi, elles aboutissent derrière les barreaux et là, sont prises en charge. Il faut savoir qu’au Japon, près de 30 % de la population a plus de 65 ans et cette proportion continue d’augmenter de façon rapide. Or, si l’espérance de vie continue d’augmenter au rythme actuel, ce chiffre pourrait bientôt atteindre les 40 %. Qui plus est, la proportion de personnes « âgées » en prison est également beaucoup plus élevée : près de 20 % des personnes détenues sont des séniors et ce pourcentage augmente de façon fulgurante, chez les femmes principalement. Plusieurs questions se posent : comment nos sociétés post-industrielles, « développées » font-elles face au problème de la solitude, chez certains groupes « vulnérables » en particulier ? Ce texte-ci se centre principalement sur les personnes considérées comme « âgées », mais pourrait s’appliquer à plusieurs autres groupes fragilisés par nos modèles dits développés .

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Quelques solutions face à la solitude Brain Dynamics Laboratory est en train de mettre au point une pilule qui viserait à calmer les sujets les plus à risque de solitude. Médicaliser ? Ce laboratoire de recherche est à mettre au point un médicament pour « soigner » la solitude. Cette pilule viserait à calmer les personnes les plus à risque de souffrir de solitude. La question se pose : est-ce une bonne nouvelle ? Une autre invasion de la pharmacie, après les personnes psychiatrisées, les jeunes hyperactifs, les personnes « agitées », en prison ou ailleurs ? Qui, en fin de compte, « profitera » de cette nouvelle pilule ? Les personnes victimes ou les actionnaires des compagnies de médicaments ? Plusieurs se posent des questions à savoir si ce problème n’est pas plus vaste : est-ce qu’il constitue la pointe de l’iceberg d’un problème beaucoup plus global soit notre rapport à la vie, au travail, à la solitude ? Quelles solutions avons-nous pour faire face à ce problème considéré comme structurel. Comment faire face à la solitude de façon saine, sans se faire médicaliser ou sans se laisser prendre par une solution qui semble facile ? Cette solution est-elle un piège dans le sens où les effets secondaires peuvent être plus sérieux que le problème de la solitude ? En fait, la solitude est-elle un problème, ou serait-elle une autre occasion de grandir ? La petite pilule est-elle une solution possible ? Ou une autre cible de la pharmacie qui veut nous donner l’illusion qu’elle peut tout régler ? Un changement de style de vie serait peut-être bien plus sage qu’une petite pilule. Certaines pistes de solution Depuis une quarante d’années, pour faire face à ce bouleversement démographique, nous avons bâti des résidences pour personnes âgées. Il semble que ce soit la solution privilégiée pour faire face au vieillissement de la population. Deux modèles ressortent : l’entreprise privée et les foyers à but non lucratif. Nos recherches suggèrent que le privé,

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ici comme ailleurs, est intéressé par les profits plus que par le bien-être des personnes. De plus, les profits engendrés s’envolent souvent vers d’autres destinations, lieu de résidence des actionnaires de ces vastes entreprises. Les personnes résidentes en souffrent souvent, comme les médias nous le démontrent sans relâche : peu de soins, réduction des budgets, personnel sous-qualifié et peu payé, etc. Les entreprises à but non lucratif créent un meilleur modèle où l’on est davantage concerné par le bien-être que par les profits. À Ottawa, Unitarian House constitue un modèle qui fait l’envie de plusieurs. Ici, les personnes vivent de façon indépendante beaucoup plus longtemps ; elles préparent leur centième anniversaire par exemple. Les animaux de compagnie sont les bienvenus, les soins sont prodigués par des personnes hautement qualifiées, et l’harmonie règne entre résidentes et employées .

Nous tenons à remercier de tout cœur Le Troquet, pour sa participation, son soutien et sa contribution continue à la mission du Portail.

Plutôt que de nous centrer sur des solutions médicales ou institutionnelles, il serait peut-être plus sain de nous centrer sur nos styles de vie et améliorer certaines conditions comme l’alimentation saine, des pratiques de yoga et de méditation, des ressources communautaires, des lieux de proximité entre générations, des lieux où il est possible de rire, de s’amuser, de vivre en communauté, pour éviter ce que le Japon est en train de vivre ! http://www.slate.fr/story/159211/prisons-maisons-retraite-japon https://www.france24.com/fr/20180319-prisons-japonaises-accueillent-plein-dames-agees-ont-souvent-tout-fait-arriver Plusieurs disent : mal développés plutôt que développés. https://www.ottawaseniors.com/residence/unitarian-house-ottawa/ Le féminin est utilisé ici pour mettre l’accent sur la féminisation du problème.

Le Portail de l’Outaouais tient à remercier chaleureusement le Boston Pizza Promenade du Portage pour le don qu’ils ont offert à notre organisme. Grâce à votre générosité nous avons eu l’opportunité d’organiser un pique-nique pour féliciter nos valeureux camelots.

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L’HABITATION

revenu, les personnes âgées, les nouveaux arrivants ainsi que les personnes avec un trouble physique ou psychologique, sont souvent les plus à risque face à l’itinérance. Afin d’éviter que ces populations se retrouvent dans une situation d’itinérance, plusieurs organismes PAR LE ROHSCO de la région effectuent un travail important afin de leur venir en aide. En effet, nous voyons les projets de logements communautaires prendre forme et se multiplier. Certains organismes se concentrent sur une population fragilisée en particulier et leur offrent des services adaptés. C’est le cas de l’Association de l’Ouïe de l’Outaouais (ADOO).

Les populations fragilisées, comme les personnes à faible Après avoir discuté avec monsieur Jean-Pierre Brind’Amour, revenu, les personnes âgées, les nouveaux arrivants ainsi L’Association que consultant pour l’ADOO, on comprend l’envergure de l’Ouïe de l’Outaouais a vraiment été fondée le 5 et avril les personnes avec un trouble physique ou psychologique, sont l’importance du projet « Un toit sourd ma tête ». Au cours des du 1996 et elle est « le seul groupe reconnut par le gouvernement souvent les plus à risque face à l’itinérance. Afin d’éviter que années, les différentes directions de l’ADOO ont remarqué une Québec qui représente et défend les intérêts de toutesLepersonnes ces populations se retrouvent dans une situation d’itinérance, grande demande en logement adapté abordable. projet a été plusieurs organismes de la région effectuent un travail important parrefusé à plusieurs auditive reprises avant finalement Ce concernées la déficience sur d’être le territoire deaccepté. l’Outaouais 1 afin de leur venir en aide. En effet, nous voyons les » projets de projet a une grande importance pour les membres de l’ADOO . L’Association de l’Ouïe de l’Outaouais a pour mission de logements communautaires prendre forme et se multiplier. ainsi que pour la communauté de personnes malentendantes rassembler les et personnes afin d’éviter l’isolement Certains organismes se concentrent sur une population sourdes de malentendantes la région. Selon monsieur Brind’Amour, l’impact de celles-ci. L’ADOO offrent aussi des services, des programmes fragilisée en particulier et leur offrent des services adaptés. de ce projet est incalculable et très significatif. En effet, deet des C’est le cas de l’Association de l’Ouïe de l’Outaouais (ADOO). nombreux individus malentendants ou sourds habitent dans activités dans le but de bien intégrer les personnes malentendantes des logements non adaptés et au-dessus de leurs moyens. en tant que citoyens et de les impliquer dans la communauté. L’Association de l’Ouïe de l’Outaouais a été fondée le 5 avril Cela évitera que ces personnes se retrouvent face à un risque 1996 et elle est « le seul groupe reconnu par le gouvernement d’itinérance et facilitera le processus de recherche de logement. du Québec qui représente et défend les intérêts de toutes De plus, les bureaux de l’ADOO se trouveront à même l’édifice. personnes concernées par la déficience auditive sur le territoire Ils vont donc avoir un endroit central à eux, qui les représente 1 Extrait du site web de l’ADOO : https://www.adoo.ca/historique de l’Outaouais ». L’Association de l’Ouïe de l’Outaouais a pour et où ils pourront se rassembler. Cela aura aussi un effet mission de rassembler les personnes malentendantes afin rassembleur sur les communautés de personnes d’éviter l’isolement de celles-ci. L’ADOO offrent aussi des malentendantes et sourdes. services, des programmes et des activités dans le but de bien intégrer les personnes malentendantes en tant que citoyens et Outre les multiples refus que ce projet a reçus, l’ADOO a dû de les impliquer dans la communauté. surmonter plusieurs défis. Une fois le projet accepté, il était important de déterminer quel genre et combien de logements ce Dans cette optique, l’ADOO s’est lancé dans un projet de projet allait inclure. Par la suite, il a fallu vendre l’idée à la Ville logement communautaire : Un toit sourd ma tête. En effet, la de Gatineau ainsi qu’à la Société d’habitation du Québec afin de construction de logements adaptés spécialement pour les les convaincre de l’importance du projet. Trouver un terrain pour personnes malentendantes a débuté le 15 février 2018. Ce la construction de ces logements adaptés a été un défi projet offre donc 18 logements qui se trouvent dans un milieu important à surmonter. de vie adapté pour cette population spécifique. Les unités auront, entre autres, des lumières qui clignotent afin d’avertir Bref, malgré les refus et les défis, l’Association de l’Ouïe de qu’un invité se trouve à la porte ou que le téléphone sonne par l’Outaouais a su traverser toutes les péripéties afin de mener le exemple. Les premiers locataires de ce projet pourront y projet « Un toit sourd ma tête » à terme. Après un travail emménager le 17 juin 2019. Ces types de logements acharné, le projet voit finalement le jour. L’ADOO a pris spécialisés se font plutôt rares, alors qu’il y a bel et bien une possession des nouveaux logements le 11 juin et les locataires demande importante. pourront y emménager à partir du 17 juin.

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PLACE AU CITOYEN CE QUE TU CHERCHES TE CHERCHE AUSSI. Je regarde dans tes yeux dans tes moments de pauses, dans l’autobus, dans la salle d’attente, je vois que tu cherches. Tu cherches et tu cherches et il semble qu’il manque un p’tit quelque chose ; l’éternelle insatisfaction. Tu cherches en dehors de toi-même dans les brindilles matérielles, financières, sexuelles, psychotropes alimentaires, et euphories éphémères à tenter de combler ce foutu trou qui t’habite perpétuellement alors que ce que tu cherches si désespérément te cherche aussi. Vas-y plonge, vas en dedans de toi-même. C’est là, TOUT est là, TOUT.

PAR AIMÉ SANSOUCIS Si tu cherches la dignité, va en dedans ; Si tu cherches l’approbation, va en dedans ; Si tu cherches la sécurité, va en dedans ; Si tu cherches à faire disparaitre le médiocre qui t’habite, va en dedans ; Si tu cherches à faire disparaitre la culpabilité, le ressentiment et même la peur, va en dedans ; Si tu cherches la paix, va en dedans ; Si tu cherches le calme, va en dedans ; Si le « plaisir » ne satisfait plus et que tu cherches la joie, va en dedans ; Si tu es habité d’un vide incessant, va en dedans. Là exactement où se trouve ce vide qui te fait tant souffrir se trouve la source de plénitude. Une fois cette porte ouverte, plus jamais tu ne voudras la refermer, Ce que tu cherches te cherche aussi.

PAR PAUL ANDRÉ DUROCHER Dans le contexte de la nouvelle loi québécoise sur laïcité, je suis frappé par ces mots du pape François publié en 2013 au sujet de la peur dans certaines sociétés à l’égard des diverses traditions religieuses et envers la dimension religieuse en tant que telle. Il a dit au sujet de cette peur : « La religion est vue comme quelque chose d’inutile, voire de dangereux ; on prétend parfois que les chrétiens renoncent à leurs propres convictions religieuses et morales dans l’exercice de leur profession. Il existe une pensée diffuse selon laquelle la coexistence ne serait possible qu’en cachant sa propre appartenance religieuse, en nous rencontrant dans une sorte d’espace neutre, privé de références à la transcendance.

L’avenir se trouve dans la coexistence respectueuse des diversités, non dans l’homologation à une pensée unique théoriquement neutre. Nous avons vu, au cours de l’histoire, la tragédie des pensées uniques. Il devient donc incontournable de reconnaitre le droit fondamental à la liberté religieuse, dans toutes ses dimensions... Nous sommes convaincus que l’édification de la paix dans le monde passe par cette voie. »

Mais comment serait-il possible de créer de véritables relations, de construire une société qui soit une authentique maison commune, en imposant de mettre de côté ce que chacun considère être une partie profonde de sa propre personne ? Il n’est pas possible de penser à une fraternité “en éprouvette”. Assurément, il est nécessaire que tout se déroule dans le respect des convictions d’autrui, même de ceux qui ne croient pas, mais nous devons avoir le courage et la patience d’aller à la rencontre l’un de l’autre en acceptant ce que nous sommes.

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PAR RICHARD

MON PARCOURS En 1971, après de multiples appels à l’aide pour qu’on me retire de mon milieu familial violent et suite à deux tentatives de suicide, j’ai décidé de fuir Gatineau. À 15 ans, je me retrouve donc seul dans la grande ville de Montréal.

... Mais ce n’était pas suffisant pour les responsables du logement. L’huissier est revenu. Il m’a remis un document volumineux et compliqué, qui m’angoissait juste à le regarder... Je n’en dormais plus, je me réveillais en sursaut la nuit et j’en ai même perdu connaissance.

Mes 42 années dans la métropole ont été enrichissantes et valorisantes. J’ai été travailleur de rue. J’ai fondé un organisme pour les mineures prostituées. J’ai travaillé pendant 28 ans dans le réseau de la santé. Je me suis impliqué auprès de la communauté sourde. Je me dévouais pour aider mon prochain.

Ce que je n’avais pas compris, c’est que ce document était en fait un ordre de parution à la Cour. Je ne m’y suis donc pas présenté. On m’a expulsé de mon logement, en saisissant tous mes biens. Avant que j’aie la chance de me trouver un nouvel endroit. À la rue. On ne m’a laissé que deux sacs de vêtements, quelques chemises, chandails et pantalons... Presque plus de linge. Pu de meubles. Pu de photos, mes souvenirs.

L’heure de la retraite sonnée, je décide de retourner aux sources et de revenir dans ma région natale. On me dit de m’inscrire sur une liste pour me trouver un appartement avec des intervenants sensibles aux problématiques de santé mentale.

... Tous mes biens, toute ma vie, saisis. ... Plus rien. ... À 62 ans. ... Après avoir travaillé fort, toute ma vie.

Je me trouve finalement un tel logement. J’y étais bien et j’étais heureux. Je faisais de l’escalade, je fraternisais avec mes voisins et je réussissais à contrôler ma bipolarité et ma haute pression.

... À la rue.

Puis, tout a basculé. Les responsables du logement m’accusaient de prendre de la drogue et d’en vendre. J’étais en furie et dans l’incompréhension – je ne vendrais même pas une aspirine ! La situation s’est envenimée et un jour, j’ai reçu la lettre d’un huissier. J’étais tellement stressé, je n’arrivais même pas lire. On me reprochait des loyers en retard... mais je faisais de mon mieux ! En décembre 2018, il manquait 30 $ et mon chèque de loyer n’a donc pas passé. Par une logique tordue, la banque m’a facturé 60 $ parce que le chèque a rebondi (il me manque d’argent alors... vous me faites payer ?). Je ne me suis pas laissé abattre, et en moins de deux semaines j’avais le montant...

On m’avait dit qu’on allait tout faire pour aider, alors qu’on trouvait tous les moyens pour me rendre coupable. On me prenait par défaut, on avait une approche « correctrice » avec moi et une attitude condescendante. On faisait plus de la gestion que de la relation d’aide. Je me sentais trahi. J’ai beaucoup de colère, de rage, de sentiment d’injustice, de peine. Je ne me suis jamais senti aussi démuni. Monétairement, psychologiquement. À terre. À la rue. Je n’aurais jamais pensé me retrouver dans cette situation. Après avoir consacré ma vie à aider les autres. Après m’être tant dévoué auprès des personnes vulnérables, auprès des personnes en situation d’itinérance.

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