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Journal de rue Le mot du CRIO Alexandre Ranger

L’itinérance : un phénomène à plusieurs visages

Mode de vie sain Marie-Claude Bénazet Petits gestes, petits choix, grands impacts

Les billets de C Carole Verdon

Newton avait raison!

Isabelle Regout

Signature, empreinte de sens

L’ENTREVUE Geneviève Leclerc

APPEL

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Numéro 11 Octobre 2016


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Participer à la guérison des maux de ce monde, plutôt qu’à sa maladie.

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ÉDITORIAL

Christian Gosselin Éditeur

L’automne pour moi est la saison du ralentissement, de l’intériorisation et du renouvellement du contact intime d’abord avec moi-même, puis avec mon Créateur, ce plasma invisible qui nous unit tous, qui unit tout. L’été je me promène beaucoup, je ne tiens pas en place, je suis rarement chez-moi et je dépense beaucoup(relatif), mais l’automne me mets face à face avec moi-même, je m’arrête subitement, finalement blasé, et je me demande où j’en suis dans ma relation avec moi-même, avec mon essence, avec mon centre. Il me manque et mon humeur le reflète. Encore une fois cette année, et ce malgré mes activités estivales actuelles plutôt saines, je m’en suis éloigné quelque peu pour m’être plus nourri de stimuli externes. Je l’accepte et je m’assume totalement. De jouir des bienfaits de nos efforts et des cadeaux de la vie est non seulement souhaitable mais vital. Par contre, dans cet état d’âme, ce contact intime avec mon centre me manque et j’en souffre aussitôt que je me retrouve seul avec moi-même, dans le silence de mon habitacle. Ne plus être confortable dans le silence à Être, rien de plus, est mon signe que j’ai atteint la limite et que le temps est revenu d’amplifier et d’intensifier mes pratiques matinales de méditations à la lueur d’une bougie, de pigmenter mes journées de moments aléatoires de contacts fréquents avec mon centre et enfin, avant de m’endormir paisiblement, d’un tout dernier moment intime encore à la lueur d’une bougie, en totale gratitude pour cet autre jour bien vécu, pour mon nouveau mode de vie et toutes les grâces qui me sont si généreusement données. Dire merci pour tout ce que j’ai au lieu de maudire tout ce que je n’ai pas. Je n’ai peut-être pas tout ce que je désire, mais j’ai définitivement tout ce dont j’ai besoin et beaucoup plus. Surtout, j’ai cette richesse que sont la paix, le calme, la tolérance, la gratitude, l’absence de dramatique, un trésor que nul ne peut me donner, ni me retirer. Ce trésor je l’ai cherché partout, sauf là où il se cachait, sous les décombres de mes ressentiments, de ma culpabilité, de mes angoisses et de mes peurs. Par la prière et la méditation, dans le calme et le silence, je cherche perpétuellement à améliorer ce contact avec moi-même, cette alliance avec notre Créateur, cette énergie qui nous unit tous, qui unit Tout. Le vide intérieur ne se comble que de l’intérieur. Je vous remercie pour votre appui, bonne lecture.

SOMMAIRE

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L’ENTREVUE

Geneviève Leclerc

DOSSIER SPÉCIAL

Entrevue avec François Roy

ITINÉRANCE et PROBLÉMATIQUES CONNEXES Dernier recours

LE MOT DU CRIO

L’itinérance : un phénomène à plusieurs visages

15 16 17 18 20

RÉTABLISSEMENT Mon inventaire

APPEL Voir page 22

MODE DE VIE SAIN

Petits gestes, petits choix, grands impacts

LES BILLETS DE C

Newton avait raison!

HISTOIRE RÉGIONALE

Un automne mémorable : La grève de 1891 à Hull

ART d’RUE

Signature, empreinte de sens

PLACE AU CITOYEN


Participer à la guérison des maux de ce monde, plutôt qu’à sa maladie.

Notre conseil d’administration Président; Sylvain Roy Vice-présidente; Marina Nicolau Trésorier; Guy Desjardins Secrétaire; Geneviève Rollin Admin.; Amina Hussein Admin.; Denise Laferrière Rep. camelots; Vacant

Fondateur/dircecteur/éditeur: Christian Gosselin Correctrices: Fanny Lachambre Caroline Malo Dernière lecture: Michelle Morin Infographiste: Marie-Pier Renaud Imprimerie du Progrès

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L’ENTREVUE

Geneviève Leclerc Par : Mélanie Laberge

raisons ». Je lui demande si la musique a toujours fait partie de sa vie. « J’ai toujours chanté, » admet-elle, « mais au début, je criais plus que je ne chantais. Je n’étais pas sure si je voulais plus faire du théâtre. Je savais que ce serait les arts, mais la peinture, Source : TVA j’étais nulle. La danse, je me suis forcée parce que c’était le complément qu’il me fallait. J’aimais jouer au théâtre, j’aimais chanter alors je regardais à un programme de théâtre musical donc c’était : faut que je danse! C’est sûr que quand on se met à quelque chose, on devient “pas pire”, mais la danse n’est pas un talent né. Disons que je réussis à bouger correctement. C’est ce qui m’a permis de faire du théâtre musical. » Je lui demande de me parler un peu de son parcours avant La Voix, qui a tout changé pour elle. « De vivre de la musique, c’est un gros luxe. Ça n’a rien à voir avec le talent. C’est une question de timing. C’est une réalité qui peut être vraiment frustrante au Québec, et même partout, d’ailleurs. Tu as beau travailler super fort… » Elle secoue la tête. « J’ai plein d’amis en ce moment qui ne payent pas le loyer avec cela. Donc, ça n’a pas été facile et je ne veux pas dire “pour moi”, car ce n’est pas facile pour plein de monde. Même pour un artiste établi, c’est toujours à refaire. Il y a tellement de talent au Québec. Avant La Voix, j’ai travaillé sur des bateaux de croisière et ç’a été une super école. J’ai appris, j’ai travaillé fort… Je trouve ça triste quand je rencontre des jeunes qui me parlent de mode de vie d’artiste. Je leur dis : Ça n’existe pas, une star au Québec, tu le sais ça? On n’a pas la structure pour soutenir cela. Et de toute façon, je ne crois pas en un système comme cela. Tu les regardes et ils n’ont pas l’air plus heureux. Ce n’est pas cela, la vie. C’est un travail. J’adore ce que je fais, mais je ne le vois pas comme quoi les artistes qui réussissent sont donc différents. Non! C’est un job. Il faut que tu le fasses avec ton cœur. Si tu le fais pour le glamour, tu le fais pour les mauvaises raisons. Tu vas peut-être percer, mais tu vas être malheureux. » Lorsque je lui demande ses propres raisons d’avoir choisi ce métier, elle me répond immédiatement et sans faux-fuyant : « Il y a quelque chose qui se passe quand je chante et surtout, c’était pour moi. Mais quand je me suis rendu compte que ça peut aider

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Presque tout le Québec l’a vu interpréter magistralement l’un des plus grands classiques du répertoire français, « Je suis malade » de Serge Lama, livrant une prestation particulièrement unique et intense. De passage au Festival de montgolfières de Gatineau pour le spectacle de Marc Dupré, son coach à La Voix, qui l’a fait connaitre à tout le Québec, elle offre à nouveau une performance inoubliable qui fait vibrer la foule. Chez elle, comme elle le dira elle-même, elle est accueillie avec beaucoup d’emphase et d’enthousiasme, ayant un lien spécial avec le public de Gatineau, sa ville natale. Partie plus de huit ans à l’extérieur, principalement sur des bateaux de croisière et en sol américain, elle revient chanter pour les Québécois aujourd’hui. Geneviève Leclerc est aimée; sa voix filée d’or, son immense talent et elle se donne corps et âme sur scène… Tous ces éléments font en sorte qu’elle est la fierté de la région. Elle accepte généreusement de me rencontrer pour me parler d’elle, de son parcours et surtout, de sa vision de la vie. J’ai le privilège de pouvoir connaitre un peu plus l’artiste, très terre à terre et humble, mais surtout, une femme de cœur, authentique et inspirante. Née à l’Hôpital de Hull, elle a grandi dans les quartiers de Touraine et de Limbour. Elle a fait son secondaire à la Polyvalente de L’Érablière et elle me confie immédiatement l’importance que le Festival de montgolfière de Gatineau avait pour sa famille. L’évènement coïncidait avec la rentrée des classes et ils y allaient chaque année. C’est donc pour elle très symbolique puisqu’il s’agit de sa première prestation sur cette scène et elle décrit cette opportunité ainsi : « C’est vraiment quelque chose. On dit tout le temps cela, car je ne prends rien pour acquis. Il y a quelque chose qui fait que c’est encore plus spécial : c’est chez nous. » Issue d’une famille de deux enfants, son frère étant l’ainé de quatre ans, elle avoue que malgré le divorce de ses parents, sa famille est unie puisque le contact est fréquent entre eux. Elle me parle du fait que son frère a aussi un côté artistique, mais nettement plus effacé. Elle dit en riant qu’il s’est construit une maison dans les bois à La Pêche. « Il est heureux ainsi, mais moi, je ne pourrais pas. Je m’ennuierais à mourir. » Lorsque je lui demande si elle était une adolescente effacée, elle répond d’emblée : « Oh non! Pas du tout! Je leadais mon groupe et si tu parles à mes amis, ils te diront surement que j’étais Geneviève, la boss des bécosses. Par contre, j’étais aussi celle qui disait : ne fais pas cela, c’est stupide! J’avais beaucoup de caractère, mais la plupart du temps, je l’utilisais pour les bonnes


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certaines personnes parce que ça les distrait, j’ai vu que cela avait aussi un pouvoir. Tout le monde a besoin du deux heures de distraction. C’est ce que je veux dire quand je dis que ça doit être pour les bonnes raisons. » Elle admet toutefois que sa vie a beaucoup changé depuis La Voix. « Avant, je ne pouvais pas booker sous Geneviève Leclerc. On n’en avait rien à foutre. J’aurais voulu chanter ici, dix minutes en avant-première, que ça n’aurait pas marché. Il y en a tellement, qu’on va avec la visibilité et c’est ce que La Voix a changé. Pour combien de temps? Je ne sais pas, alors j’en profite à 150 %. On ne sait jamais quand ça va se terminer. » Si ça s’arrêtait justement? « Je pourrais être sommelière. Je pourrais faire autre chose que chanter et parfois, les gens trouvent cela plate que je dise cela. En réalité, je choisis cette carrière tous les jours. Mais ce n’est pas juste beau. J’ai été parti deux ans sans voir ma famille juste avant La Voix. Il y a des compromis à faire et c’est pourquoi je dis que je choisis cette job tous les matins. » Parlant de La Voix, qu’est-ce que Marc Dupré lui a apporté en tant que chanteuse? Elle rit et me répond avec un sourire : « D’arrêter de me prendre au sérieux. J’aime tout contrôler. La comédie musicale est au quart de tour. Marc m’a dit : tu ne peux pas faire cela! Tu sais que le but premier, c’est de t’amuser? Je le savais, dans ma tête, mais sur scène, c’était une tout autre histoire. Marc a un laisser-aller réellement “le fun” que j’avais besoin. Sinon, ça fait des shows rigides. Aucune spontanéité. Ce n’est pas que je suis gênée ou que je n’étais pas capable, c’est que je ne me le permettais pas. C’est réellement moi d’être “blabla”, mais sur scène, je ne pouvais pas improviser. Avec Marc, il y place à la créativité. C’est ce qu’il m’a apporté. » J’aborde avec elle un aspect plus social, le décrochage scolaire, en lui demandant ce qui, d’après elle, est l’une des plus grandes causes et c’est avec humilité qu’elle me répond. « Oh, mon Dieu! Il doit y avoir tellement de causes. S’il y a une chose que j’ai apprise, c’est de ne pas juger. Je ne suis tellement pas en mesure de dire les raisons qui font que quelqu’un décroche. » Elle me parle cependant d’une amie qui est professeure. Elle a tenté, à ses débuts dans cette profession, de lui faire voir les deux côtés de la médaille. De l’aider à être son propre avocat du diable. Pourquoi l’adolescent est-il fatigué? L’environnement familial est-il favorable à la paix et au repos? Est-ce qu’il a un bon encadrement? Quant aux coupures du gouvernement, elle

admet que celui-ci veut réduire la dette et se doit de couper, mais dans l’éducation? Elle soulève cependant l’importance des parents. « Il y a une grosse responsabilité qui revient aussi aux parents. Un professeur ne peut pas éduquer trente élèves, ce n’est pas son rôle et il n’a pas le temps pour cela. Et tout se passe entre zéro et quatre ans. » Elle conclut qu’un professeur peut inspirer, mais il y a des besoins de base qu’il ne peut pas combler. Elle reconnait que son métier lui permet une certaine flexibilité en ce qui aurait trait à l’éducation. « J’haïs la routine. Le neuf à cinq, je me demande comment les gens font. Mais je sais que les parents sont fatigués. Il y a tout un système de mise en place avec les devoirs; c’est censé être le fun, mais pour cela, ça prend de l’effort, l’implication des parents et c’est pas facile. Ils sont brulés quand ils arrivent, mais il faut savoir couper aux bons endroits. Pas ce qu’on donne aux enfants. C’est important. » Elle mentionne aussi les classes CPC, qui sont un regroupement des enfants ayant divers problèmes. « On met des personnes ayant des difficultés d’apprentissage avec des cas de troubles de comportements. C’est des pots à désastre. » Le décrochage scolaire amène parfois des situations extrêmes, telle l’itinérance. Je lui demande quelle est sa relation avec celle-ci. « Je suis toujours porté à vouloir donner de l’argent, mais de l’autre côté, je ne demande jamais à savoir pourquoi. Tu veux t’acheter ta bière parce que ça te fait du bien, c’est bon. Il y en a qui juge cela et je suis comme : oh, mon Dieu! Ils sont passé le fait de prendre l’argent pour aller s’acheter une bonne pomme. Non, t’as pas compris si tu penses et t’attends à ça. Juge pas cela. Ce que je trouve dommage, par contre, c’est que dans mon quartier, il y a beaucoup de drogue et ça cause d’autres problèmes. » Elle me raconte d’ailleurs avoir eu un débat avec un itinérant qui aurait craché sur elle. « Je n’accepterais pas cela de qui que ce soit. » Elle dit cependant qu’elle le voit régulièrement à sa sortie du métro et que présentement, il est sur une bonne passe, ajoutant que c’est l’été et qu’il ne fait pas froid dehors. « Il y a une grande concentration où je vis, mais ils construisent des condos; ils n’ont donc plus de place alors il y a de la frustration. J’essaie d’aider le plus que je peux. Je voulais même donner du temps à la Maison du Père, mais c’est toute une organisation qui demandait des horaires que je ne pouvais faire à cause de mon métier. » L’implication sociale l’interpelle beaucoup, tant auprès des personnes âgées, citant la résidence où sa grand-mère se


trouve présentement, une autre cause qui lui tient à cœur. Elle avoue tenir ce trait de caractère de sa mère, qui, si elle avait les cheveux blancs, serait mère Teresa. Son père est plus logique, mathématique. Elle a donc les deux côtés, soit artistique et elle sait calculer. Elle reconnait avoir une vie équilibrée, mais c’est toujours une question de « jour à jour ». Elle prépare présentement un album avec les Productions J, dont elle parle avec enthousiasme. « Nous sommes à mi-chemin, mais le défi, c’est les textes en français qui respectent la forme genre Barbra Streisand. » Elle dit d’elle-même qu’elle n’est pas très « pop ». « J’admire beaucoup les chanteurs pop, mais je n’excelle pas à cela. Ce n’est pas mon truc. » En conclusion, je lui demande sa philosophie de vie. Elle inspire profondément et me dit simplement : « Vis chaque jour comme si c’était le dernier. Quand tu te couches, tu te demandes : est-ce que j’ai des amis ou des ennemis? Quand tu te lèves le

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Source : TVA

matin, demande-toi : qu’est-ce que je pourrais faire pour être plus fière de moi à la fin de ma journée? Mais pas à n’importe quel prix. L’intégrité, c’est important. La famille, les amis, les bonnes valeurs, ça passe avant la luxure, le glamour, l’argent, les promotions à la job… Ça pas rapport. Ça ne rend personne heureux. C’est pas ça, l’important. Je travaille fort à vivre de mon métier, mais comme on ne sait jamais avec la vie, si un jour, je ne peux plus, c’est ainsi. Il y a eu un temps où c’était chanter et rien d’autre, car c’était : je vais mourir si ce n’est pas ce que je fais. Mais je réalise que je pourrais travailler dans un centre, je pourrais aider les personnes âgées… C’est trop précieux. Quand tu es en santé et que tu as de l’imagination quelque part, tu peux trouver une façon. To make a better world (rendre le monde meilleur). » Une rencontre avec une femme absolument éblouissante et généreuse.


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Dossier spécial

Entrevue avec François Roy Par : Christian Gosselin

François Roy est avant tout un homme aux multiples accomplissements ; photographe, travailleur de la construction à la Baie-James, avocat et travailleur social, maintenant à la tête d’un organisme communautaire, le Mon Chez Nous qui fête ses vingt-ans d’existence cette année. François a choisi sa bataille, celle de la défense des droits des plus démunis et l’accès à un logement respectable et abordable. François Roy est natif de la région de Québec. Il s’installe en Outaouais en 1990. Issu d’une famille de six enfants, de classe moyenne, il n’a que de bons souvenirs de son enfance. Par contre pour lui l’éducation s’avère compliquée avec l’arrivée du nouveau concept des polyvalentes, à l’époque tout nouveau et encore à l’état expérimental. Il décroche en quatrième secondaire et se dirige vers la photographie. Afin de défrayer les couts de production et d’équipement, il travaille à la Baie-James et même en Algérie. N’ayant aucun débouché en photo, il continue dans la construction, mais une blessure et des problèmes de santé relativement graves reliés à la profession le poussent vers le Barreau. Ses parents étaient tous deux des militants pour les causes sociales et les discussions animées dans le foyer familial l’ont grandement intéressé et ont eu une influence majeure sur lui et sa sensibilité envers les injustices. Ses parents remettaient ouvertement en question la société. Déjà à l’âge de l’adolescence et de jeune adulte, François s’implique au communautaire et aux groupes de gauche. C’est après un bref passage au Gîte Ami alors que monsieur Réjean Gadbois en est le directeur que François s’intéresse à l’itinérance. Il voit le Gîte comme une entité absolument vitale au tissu social, mais de toute évidence totalement insuffisante, à l’époque, la seule ressource locale en itinérance d’ailleurs. Loger, nourrir et écouter

la personne en situation d’extrême précarité qu’est l’itinérance, oui, mais après, on fait quoi ? Souper, coucher, déjeuner, un peu d’écoute, lorsque les ressources humaines le permettent, puis dehors… impasse. Un continuum dans le processus d’intervention est nécessaire, vital à l’amélioration des conditions de vie et à la stabilisation de celles-ci. Des recherches par sondage et par évaluation démontrent à l’époque que les personnes en situation d’itinérance ont l’impression de tourner en rond sans issue visible. Ils désirent un logement respectable qu’ils peuvent payer et un encadrement là où ils manifestent certaines difficultés. François présente aux intéressés potentiels un projet de logements abordables permanents, de suivi, de soutien et d’encadrement pour les personnes en situation d’itinérance. De procédure en procédure, de recherche de financement en recherche de financement (1 000 000 $ à trouver) et avec l’implication d’acteurs cruciaux comme le maire de Hull de l’époque, monsieur Yves Ducharme, Isidore Ostiguy et Logemen’Occupe, Mon Chez Nous voit le jour avec son tout premier établissement dans le vieux cinéma de Paris sur la rue Laval en septembre 1996. Bien entendu, le syndrome du « pas dans ma cour » prend place chez certains citoyens du quartier, mais étonnamment, après qu’il eut témoigné du sérieux, du professionnalisme et des résultats positifs évidents du projet, eux-mêmes s’impliquent bénévolement, chacun à sa façon. Aujourd’hui, Mon Chez Nous possède huit immeubles pour deux-cents unités avec d’autres projets en vue. Cet exemple est maintenant un modèle repris par plusieurs organismes, surtout en santé mentale. Aujourd’hui, me dit François, l’itinérance s’élargit en clientèle. On retrouve maintenant des familles entières en situation


« Nous faisons face à un problème économique, oui, mais nous faisons surtout face à un problème de liens sociaux, d’effritement de la communauté. Jambe-de-bois dans Les belles histoires des pays d’en haut est si on veut l’itinérant du village, le “quêteux” et pourtant, il ne manque jamais de rien. L’individualisme des grands centres urbains nous tue tous à petit feu. Nous devons nous donner des orientations où la communauté est plus présente, plus solidaire. Le “chacun pour soi”, je crois, a fait ses preuves indéniables. Il est grand temps de revoir nos valeurs sociales de base. »

Les trois valeurs primordiales de François Roy : 1. Le respect des autres, inconditionnellement ; 2. L’indignation ; 3. La solidarité.

Le mot-clé pour François Roy, solidarité !

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Pour rester relativement serein et sain dans cet environnement de travail trop souvent très lourd, François s’accroche à la pensée de travailler à améliorer la condition de gens en situation d’extrême difficulté. Aussi, François s’accorde chaque matin un minimum d’une bonne heure de marche en nature où il pratique la photographie de ce que l’univers a de plus beau à nous offrir, les autres espèces vivantes. Sa plus grande peur, mourir, souffrir et aussi lui-même avoir un jour à vivre en situation d’itinérance. Pas plus que quiconque lui non plus ne se trouve pas à l’abri de cette possibilité. François croit qu’à moins d’un retournement majeur de nos pratiques capitalistes de profit à tout prix, d’exploitation sans fin de nos ressources, de pollution, etc., l’humanité se dirige tout droit vers un mur. Et ce retournement dit-il, commence d’abord et avant tout par soi-même, dans nos petits gestes et nos choix individuels comme sa propre fille qui exploite une fermette où elle cultive des aliments biologiques et aspire à l’autosuffisance. Ces petites communautés tout autour du globe qui se prennent en charge sont un bel exemple de changements à faire pour sauver l’humanité. Il est vital de tout revoir notre façon de penser et surtout, d’agir, et ce, à tous les niveaux. C’est notre responsabilité à tous de changer les choses, un petit geste à la fois, en se mobilisant ensemble vers un but positif commun et de développer la conscience populaire contre l’abrutissement des médias de masse. D’avoir l’idée sans le geste ne changera rien. « Ne jamais oublier que les plus riches de ce monde ont tout intérêt à garder la masse dans l’ignorance, l’insignifiance et le superflu par le jeu, le spectacle et le contrôle de l’information tout en invoquant la peur. »

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d’itinérance ainsi que des adolescents(es). Le Gîte Ami ne peut recevoir des mineurs ni des familles. Les aspirations de François Roy ? Que la réalité sociale reflète nos vrais désirs en tant qu’êtres humains. Cette réalité d’inégalité extrême ne peut être autre tant que nos choix seront basés sur la rentabilité à tout prix pour nourrir la même minorité. Un pays très riche comme le nôtre ne peut justifier de telles inégalités côtes à côtes. L’itinérance et les inégalités sociales ne sont que le résultat de nos propres choix de société, politiques et aussi individuels. S’il y avait une réelle intention de s’attaquer à l’itinérance, ce phénomène serait éradiqué en l’espace de quelques années.


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Itinérance et problématiques connexes

Dernier recours Par : Marie-Ève Morel Au nom de l’équité, de l’actualisation et d’une économie annuelle de 15 millions de dollars, le gouvernement québécois a modifié le règlement encadrant l’aide financière de dernier recours. Pourtant, il est bien établi que l’insuffisance des prestations ainsi que les nombreuses coupes dans les services constituent, en elles-mêmes, des iniquités. Cette modification fera en sorte, en outre, de rendre inadmissible à une aide financière l’adulte qui s’absente du Québec pour une période dépassant quinze jours cumulatifs ou pour plus de sept jours consécutifs dans un même mois. De plus, la modification de la loi impose une sanction aux prestataires qui partagent un logement à plusieurs chambres. Par exemple, si une mère héberge gratuitement ses deux enfants majeurs, elle pourrait voir son mince chèque mensuel amputé de moitié. Pour les prestataires qui sont en centre de toxicomanie ou en centre de réadaptation, les frais de traitement ne seront plus remboursés au-delà d’un certain délai, en plus de leur aide financière qui va passer de 750 $ à 200 $ par mois. Est-ce que ces mesures auront un effet sur la décision d’effectuer ou non un séjour dans un de ces centres permettant aux gens de bien s’en sortir ? Une autre mesure vise plus spécifiquement l’incitation à retourner sur le marché de l’emploi ou à suivre une formation. Il est clair ici que la clé pour y arriver, c’est l’employabilité. Cependant, les mesures devraient plutôt être axées sur l’intégration en société plutôt que sur les sanctions si on ne réussit pas dans l’immédiat. Sans dire que des modifications ne sont pas nécessaires, elles ne devraient pas être seulement à la baisse. Il me semble que la lutte contre la pauvreté ne se fait pas qu’en appliquant des mesures coercitives. Il faut offrir plus de moyens visant à favoriser la réintégration sur le marché du travail, tout en se servant des forces et des capacités de chacun. Il faut faire preuve de persévérance dans les mesures d’accompagnement, et ce, très tôt dans la vie des gens, pour prévenir le décrochage scolaire. Également, on semble vouloir viser la fraude à l’aide sociale avec ces différentes mesures, mais Revenu Québec n’est-il pas la cible de fraude fiscale, et n’est-ce pas là quelque chose qui mériterait une attention tout aussi acharnée ? Par exemple, il y a ces 500 millions de dollars manquant aux impôts grâce à l’évitement fiscal… Encore une fois, il semble évident qu’on s’attaque aux plus pauvres, à celles et à ceux qui peinent à couvrir leurs besoins essentiels. La chasse aux pauvres semble bien populaire au Québec, ainsi que dans plusieurs États occidentaux. Par exemple, de nombreuses villes des États-Unis interdisent à leurs citoyens

Source : Pixabayschuldnerhilfe

de donner de la nourriture aux sans-abris. Ces réformes sont populaires chez les payeurs de taxes. Mais au nom de quoi ? À mon avis, cette popularité est, en fait, basée en majeure partie sur des préjugés et sur une vision marginale qui va à l’encontre de la vraie réalité des assistés sociaux. Comme si un assisté social reste sur l’aide sociale par paresse, pour aussi peu que 623 $ par mois ! Le gouvernement ne remet pas en question la discrimination, dont font preuve les employeurs, ni les exigences rigoureuses du marché pour expliquer la présence d’une personne sur l’aide sociale. Ce n’est pas parce qu’on est déclaré « apte » au travail qu’on peut, dans les faits, travailler, car un employeur, c’est bien dommage, prend en considération des facteurs tels que l’âge, l’éducation, la couleur de la peau, le vécu et l’apparence physique de la personne. Malheureusement, ces mêmes considérations ne sont pas prises en compte lorsque l’on détermine si une personne est apte ou inapte... Ayant côtoyé des gens aux prises avec la justice, plus spécifiquement en droit de la jeunesse, j’ai pu constater que les principaux fléaux auxquels il faut s’attaquer sont la maladie mentale et les problèmes de consommation. Comment des parents peuvent-ils subvenir aux besoins d’un enfant s’ils sont eux-mêmes aux prises avec des problèmes de santé mentale et de consommation ? Il y a de l’aide, soit, mais permettez-moi d’avoir des réserves sur la supposée disponibilité de cette aide. Une mère peut se voir enlever son enfant, car elle souffre de problèmes mentaux, mais elle doit attendre plus d’un an avant de pouvoir débuter un suivi psychologique. Avec la nouvelle réforme, elle pourrait maintenant voir son mince chèque amputé, car elle ne peut pas, si elle est mère monoparentale par exemple, se rendre à temps au travail qu’on lui « impose ». Les préjugés persistants sapent la confiance en soi des personnes en situation de pauvreté. Ces dernières développent alors un sentiment d’infériorité et vivent une souffrance qui ne leur permet pas d’améliorer leur sort. Les compétences et la bonne volonté ne suffisent pas : pour faire des bons choix, il faut d’abord avoir des choix. Les décisions prises par le gouvernement sont motivées en majeure partie par l’argent, mais jusqu’où reculerons-nous, au nom de l’austérité ? Encore une fois, les conséquences sur les plus vulnérables de notre société ne sont que peu ou pas prises en compte, malgré les protestations et les revendications des groupes protégeant ces personnes. Il n’y a pas de levées de boucliers pour les assistés sociaux de la part de la population, comme on peut en voir pour ce qui touche à l’éducation ou à la santé. Pourtant, la pauvreté devrait tous nous interpeler.


Le mot du CRIO

Par : Alexandre Ranger Dans la dernière chronique, il fut question des formes d’itinérance et de ses différentes causes. Dans cette chronique‑ci, nous verrons que l’itinérance peut prendre plusieurs visages. En effet, cette vieille image du clochard, une bouteille à la main, ne tient plus la route. Depuis maintenant huit ans, le CRIO tient, grâce à notre bulletin Noir sur Blanc, un portrait du phénomène de l’itinérance, afin d’en faire connaitre l’évolution. Parmi nos constats, après huit ans : une augmentation constante du nombre de personnes et de familles touchées par l’itinérance ainsi que la diversification du genre des personnes qui sont en situation d’itinérance.

poussent beaucoup de personnes âgées, des gens du troisième âge, à la rue. Évidemment, un passage à la rue accentue les problèmes de santé et d’isolement. Si l’itinérance reste majoritairement masculine, les femmes sont de plus en plus nombreuses à vivre l’expérience de la rue, et ce, même si ce phénomène – de l’itinérance au féminin – est moins visible, voire souvent invisible. La plupart des femmes se retrouvent à la rue à la suite d’un abandon, d’une rupture ou pour fuir une situation de violence qui les met dans une situation de précarité extrême autant sur le plan financier que social. Afin d’éviter la rue, beaucoup d’entre elles se voient obligées d’accepter d’offrir des faveurs ménagères et/ou sexuelles en échange d’une place sur un sofa.

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Alors que l’itinérance était, à l’origine, une réalité vécue surtout dans la quarantaine, nous constatons qu’il y a de plus en plus de jeunes qui la vivent, et qu’ils sont de plus Finalement, un autre visage aujourd’hui en plus jeunes à être dans une situation plus visible est celui des familles qui vivent d’itinérance. En effet, lors de deux des huit une situation d’itinérance. Aux prises avec dernières années, ce sont chez les jeunes une situation de précarité financière, vivant que l’augmentation du nombre de personnes dans des logements inadéquats et étant les touchées a été la plus importante. Pour la victimes d’un soutien public difficilement seule année 2015, l’augmentation du nombre accessible, trop de famille se retrouve à la Source : Christian Gosselin de jeunes hébergés dans les organismes rue. C’est une situation qui mène souvent a été de 160 %. Bien que ce soit davantage sous une forme vers d’autres difficultés, à commencer par la gestion de la garde temporaire que ces jeunes subissent la rue, il n’en reste pas des enfants et leur éducation. moins que vivre une réalité d’errance à l’âge de 12, 13 ou encore 14 ans, ça marque une trajectoire de vie ! Là où nous constatons Comme nous l’avons vu dans la dernière chronique, il y a les plus grandes difficultés, c’est par rapport au soutien offert de plusieurs causes et plusieurs formes à l’itinérance, en plus des la part des services publics. Que ce soit à la sortie des centres nombreux visages que nous venons de décrire. C’est pourquoi jeunesse ou en ce qui concerne les difficultés des familles à il est impératif d’abandonner tous nos préjugés face aux recevoir de l’aide des travailleurs sociaux ou des psychologues, personnes vivant une réalité d’itinérance. Parce que juger une la réalité est la même : des jeunes qui commencent leur vie avec personne à la rue en revient à nier ses droits. C’est d’ailleurs un gros désavantage ! le thème de La Nuit des sans-abris que nous organisons et qui aura lieu le 21 octobre prochain au parc Sainte-Bernadette à À l’autre bout du spectre, nous rencontrons de plus en plus partir de 18 h. Venez nous y rejoindre, afin que l’on puisse tous de personnes âgées incapables de maintenir une stabilité se rappeler que personne n’est à l’abri de l’itinérance, et que la résidentielle. Les revenus trop limités, des problèmes de meilleure solution pour lutter contre l’itinérance consiste en une consommation et la perte de contact avec leur entourage intervention publique et massive.

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L’itinérance : un phénomène à plusieurs visages


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Marie-Pier Renaud


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Rétablissement

Mon inventaire Par : Christian Gosselin

Source : Pixabay - Bigfoot

Afin de me garder dans mon rétablissement, le plus loin possible de mes anciens comportements et ressentis, et donc encore le plus loin possible de mon premier verre, il m’est vital de rester dans mes propres bottines, de m’occuper de mon propre inventaire et de laisser le soin aux autres de s’occuper du leur. La « Vie » se charge de me faire face à diverses adversités, à moi de les percevoir comme des opportunités de grandir ou de sombrer dans la victimisation, ça ne regarde que moi. Il en est de même pour tous. La « Vie » reste la vie et chacun fait de son mieux là où il en est, avec ce qu’il a acquis et avec ses forces du moment. Avec le recul, je me souviens très bien que mes comportements les plus aberrants étaient proportionnels à la profondeur de mes souffrances. Donc, lorsqu’une personne me fait « ch.. r » avec ses comportements, je tente de voir au-delà de mon égo et d’entrevoir la souffrance derrière ce comportement.

Donc, si vous me surprenez à faire l’inventaire d’un et de l’autre, ramenez-moi à l’ordre sans gêne, je vous en remercierai. Si vous me surprenez avec des comportements aberrants, souriez-moi, je ne vais pas bien à ce moment. Cela m’aura pris bien des années à enfin apprendre à vivre. Aujourd’hui, puisque je sais enfin « vivre » les effets intenses et les impacts que la « vie » a sur moi, je peux aussi finalement laisser vivre autrui et leur laisser le soin de gérer leur propre inventaire et de m’occuper du mien, du mieux que je peux. À vivre les adversités « à froid » pour une première fois dans la quarantaine avancée, demande beaucoup d’humilité. L’humilité de n’être qu’un être humain.

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« Chaque comportement aberrant prend sa source dans une souffrance, et c’est elle qui doit être adressée. »

Plus je m’attarde à gérer la vie des autres, moins je gère la mienne et croyez-moi, la mienne me suffit largement. Pour moi, demeurer relativement serein dans ce monde de surconsommation où je suis sollicité par des stimulus en abondance massive me demande beaucoup, beaucoup de discipline et d’exercice d’intériorisation constante, voire perpétuelle.

Source : Pixabay - stux


Mode de vie sain

Par : Marie-Claude Bénazet

Source : Pixabay

Le Portail de l’Outaouais - octobre 2016 - 15

Peut-on parler d’un mode de vie sain lorsque nous sommes dans printemps de notre vie nous tombons dans une bonne terre bien une période où tout semble perdu, raté ? irriguée et pleine d’éléments nutritifs positifs, et bien, il y a de bonnes possibilités qu’à l’automne la semence devienne une Que nous importe alors de faire des choix plus judicieux lorsque belle plante droite et donnant du fruit. Par contre, si au printemps de notre vie nous tombons dans nous sommes au bord du gouffre ? une terre aride, sans éléments nutritifs et que les racines de notre être poussent dans du sable, rien qui soit solide, et bien, Dans ces situations périlleuses d’extrêmes difficultés, on peut il y a de grandes possibilités que la plante pousse tout croche. dire que nous sommes en train de gouter aux fruits amers de Il est possible dans ce cas-là qu’elle soit mal enracinée et l’existence. Pour ma part, dans les moments de souffrances ou que certaines racines soient coupées de leur source et que la de difficultés majeures, je me suis concentrée à ce moment‑là, plante qui émergera soit plus fragile et moins apte à survivre plus que jamais à chaque seconde, de faire des choix qui soit plus sains pour mon corps et pour mon esprit. Je me suis rendu aux tempêtes. Pour tous ceux qui récoltent des fruits amers en cette saison compte que chaque petit choix compte. Chaque fois que j’ai de leur vie ou pour nous tous qui en récolterons certainement dit oui à ce qui me paraissait plus juste et plus lumineux, je d’autres, je souhaite que la vie nous murmure doucement à préparais ma terre intérieure pour laisser pousser une nouvelle l’oreille du cœur qu’il est déjà temps de nourrir la prochaine plante, une nouvelle possibilité. Qui dit nouvelle possibilité dit semence. Courage ! Chaque instant, chaque choix que nous semence, petit, minuscule, état latent. Donc, cela demande faisons, faisons-le en fonction de cette réalité intérieure de une part de confiance ou de foi dans la vie pour accepter de beauté et d’amour que nous portons tous dans nos cœurs et au commencer à nourrir intérieurement une nouvelle possibilité. Et fond de nos êtres. si vous n’avez pas grand confiance, il semblerait que la foi qui À l’automne, lorsque l’été est terminé, lorsque parfois tout est grande comme un grain de moutarde puisse changer bien semble perdu et surtout lorsque nous sentons que nous allons des choses ! faire face à un long hiver, je me rappelle que tous les fruits pourris qui tombent sur le sol, toutes les feuilles des arbres qui Chaque saison amène sa réalité. L’automne, c’est la saison des sont mortes composent le terreau fertile de la prochaine année. récoltes. On y célèbre aussi l’Action de grâce. Mais si la récolte Tout fruit même le plus amer, le plus pourri, peut s’ouvrir et est mauvaise cette année-là, on ne fête pas grand-chose. Par libérer sa semence pour laisser contre, nous savons que nous place à un renouveau libérateur remettrons des semences s’il accepte de tomber au sol. dans le sol et que la récolte de Tomber au sol signifie faire l’an prochain sera une autre acte d’humilité. Le mot humble, histoire. humilité et humus ont la même racine. Surprenant non ? On pourrait dire que toutes les Le mode de vie sain, c’est saisons se vivent constamment très souvent faire des choix à l’intérieur de nous aussi. d’humilité, bien souvent plus Par exemple, acceptons lumineux et plus nourrissant l’analogie d’être comme une à long terme pour notre terre semence lorsque nous venons intérieure. au monde. Si par bonheur, au

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Petits gestes, petits choix, grands impacts


16 - Le Portail de l’Outaouais - octobre 2016

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Les billets de C

Newton avait raison ! Par : Carole Verdon

Le 3 mai 2016, j’ai eu 60 ans. Le 16 aout 2016, j’ai fait couper mes cheveux longs très courts. Adieu colorations, j’en ai assez ! Je sauve du temps, j’économise de l’argent, je tourne le dos au chimique et j’accepte ce qui est là : le gris. Il ne me reste plus qu’à faire couper mes cheveux régulièrement jusqu’à ce que le gris soit total. Le 25 aout, j’avais un examen chez l’optométriste. Hourra! Ma vue n’avait pas changé depuis deux ans, mais j’allais apprendre que j’avais un début de cataracte dans chacun de mes deux yeux. Quand je quitte la clinique, on a la courtoisie de me rappeler qu’il est très important de porter des lunettes de soleil quand on a des cataractes. Pour les prévenir, somme toute, mais tout autant pour les dorloter et peut-être même pour éviter qu’elles ne grandissent trop vite, comme les enfants ou les petits-enfants. Je suis grand-maman trois fois et je le serai une quatrième fois en mars 2017... Ouf ! Avec l’annonce de ces cataractes, j’ai réalisé plus que jamais que j’étais, indubitablement, une grand-mère. De retour dans ma voiture, j’étais sonnée. Des cataractes, non, mais je rêve !!! J’ai 60 ans. Me voilà à fouiller les statistiques sur mon cellulaire. Voici, intégralement, ce que j’y ai lu : « La cataracte la plus fréquente est due au vieillissement et survient après l’âge de 50 ans, parfois plus tôt. Elle touche 10 % des personnes de moins de 65 ans ; 30 % des personnes de 65 à 75 ans ; Source : Pixabay 50 % des individus entre 75 et 85 ans; 70 % des gens après 85 ans. » Je savais bien que j’étais trop jeune pour avoir des cataractes ! Mais bon sang ! Pourquoi alors m’être empressée de texter mon conjoint et mes enfants pour leur dire que j’avais des cataractes et que, juste à entendre le mot cataractes, on se sent un ti peu plus vieille ! Et le comble, ma fille me répond : « Oui, c’est vrai que ça fait mémé ! » Et

vlan dans les flancs ! Oui, oui, rassurez-vous, il y avait trois petits bonshommes sourire dans son message, mais elle venait d’écrire exactement ce que je pensais. J’ai oublié de dire que, depuis le jour de mes 60 ans, quand j’y pense, je profite des journées de rabais pour ainés. Mais les ainés, ça rime avec mémé ! Ouf! Je ne m’en sors pas ! Et je dois avouer que c’est avec un certain malaise que je prononce le mot ainé, comme s’il s’agissait de quelqu’un d’autre. La vieillesse est un passage obligé (pour quiconque a la chance de vivre longtemps), certes, et chacun la vit à sa manière, mais personne n’y est indifférent. En tout cas, Newton avait bien raison avec sa loi de la gravité… car c’est bien celle-là qui régit le vieillissement : tout est attiré vers le bas ! Aujourd’hui, en me prévalant de mon rabais accordé aux ainés, j’entends la caissière me dire : « Ça vous fait un rabais de 1,30$. Le rabais des ainés… c’est un prix de consolation ! » J’ai tellement ri ! J’ai 60 ans et je ne peux pas remonter le temps ni remettre le dentifrice dans le tube, mais à travers ce temps qui passe, je peux continuer à prendre soin de moi, à m’accueillir, à m’aimer et à accepter ce qui est là, le plus sereinement possible. Au-delà de nos fragilités diverses et de notre vulnérabilité humaine, je crois que le passage du temps se veut aussi un chemin d’apaisement et de croissance nous permettant de poser un regard renouvelé sur soi. Vieillir, c’est se métamorphoser, comme la chenille qui devient papillon, lui-même étant le symbole de la métamorphose et de la transformation vers ce qu’il y a de plus élevé.


Histoire régionale

Par : Roger Blanchette

Le Portail de l’Outaouais - octobre 2016 - 17

Il y a des anniversaires qu’on souligne à grand fracas, comme c’est le cas pour la guerre de 1812, ou, en 2017, pour le 150e de la Confédération. Il y en a d’autres qui passent inaperçus, comme le 175e anniversaire des Patriotes de 1837, qu’on aurait dû célébrer en 2012, ou encore cette année, le 125e anniversaire de la grève de 1891 à Hull. Ces choix sont Source : LaPresse.ca d’abord politiques, indépendamment de la réelle importance historique de l’évènement... demandes : 1,20 $ de l’heure, et des journées de 10 heures. Cette grève de 1891, dont personne ne parle, est un évènement Mais les patrons ne veulent rien entendre, et le maire de Hull, majeur, non seulement dans l’histoire de Hull, mais dans E.B. Eddy, un des principaux employeurs, demande à Ottawa l’histoire du Québec au complet. Rappelons-en d’abord le d’envoyer l’armée pour rétablir l’ordre. La situation s’envenime contexte. En 1891, Hull est la troisième ville industrielle du et plusieurs ouvriers sont gravement blessés. En plus, les Québec, après Montréal et Québec. Des milliers d’ouvriers patrons tentent d’embaucher des briseurs de grève, ce qui travaillent dans des usines rattachées au secteur forestier, aggrave encore plus la situation. Mais la population de la région, essentiellement dans des scieries, des fabriques d’allumettes et même d’au-delà, et plusieurs petits commerçants, appuient et dans les premières usines de pâtes et papiers. Ces usines, les grévistes et amassent des fonds pour les aider. Le principal concentrées sur les bords des Chutes-de-la-Chaudière, journal de Hull, Le Spectateur, prend position en leur faveur. appartiennent à quelques propriétaires anglophones, dont La grève dure un mois. Le 10 octobre, la plupart des ouvriers E.B. Eddy, qui, accessoirement, est aussi maire de la ville ! Ces rentrent finalement au travail. À première vue, les gains hommes d’affaires s’entendent entre eux pour maintenir les sont minimes : 1,00 $ par semaine de plus, et des journées salaires les plus bas possible. de 11 heures ! Mais les conséquences à long terme seront Les ouvriers, quant à eux, n’ont aucune organisation pour se majeures. Les ouvriers ont compris l’importance de la solidarité défendre. Rappelons d’ailleurs que, jusqu’en 1872, adhérer et ont appris à s’organiser. Cela débouche sur la création à un syndicat est un crime puni par la loi ! Les conditions de d’un syndicat en 1902, fondé par un des leadeurs de la grève, travail à Hull sont extrêmement difficiles : les ouvriers travaillent Achille Morin. Puis, quelques années plus tard, c’est au tour 11 heures et demie par jour, six jours par semaine, et ce, à des allumettières : elles fondent le premier syndicat féminin un salaire de 1,16 $ de l’heure ! Et pour les femmes, c’est au Canada. En 1921, l’ancêtre de la CSN est créé à Hull. Ces encore pire… En septembre 1891, les patrons s’entendent syndicats hullois seront parmi les premiers à mettre au point les pour encore baisser les salaires, sous le prétexte de difficultés pratiques syndicales actuelles : négociation collective, fonds de économiques ! Le 12 septembre, une dizaine de travailleurs grève, piquetage, boycottage, etc. décident, spontanément, de sortir des usines, dans les rues pour La grève de 1891 à Hull marque donc un tournant, non protester contre cette décision. Ils sont immédiatement suivis seulement dans l’histoire de la ville, mais dans toute l’histoire par des centaines d’autres. En quelques jours, ce sont près de sociale et ouvrière du Québec. Il faut s’en souvenir. 3000 hommes qui se retrouvent en grève, et toutes les usines sont paralysées. Ils essaient de s’organiser et de rédiger leurs

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UN AUTOMNE MÉMORABLE : LA GRÈVE DE 1891 À HULL


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SIGNATURE, EMPREINTE DE SENS Par Isabelle Regout En collaboration avec Alexandre Pampalon ARTQUEBEC.CA

Cette première chronique « ARTd’Rue » s’ouvre sur l’inattendu... Je tourne nonchalamment avec les aiguilles de ma montre. Un 25 gramme que je tiens dans le creux de ma main et qui me donne l’impression d’être maitre du temps. Enjouée par mon stratège fantastique, je me catapulte hors de mon studio d’artiste pour avaler goulument les rayons du soleil de cette fin d’été. Voilà que la neige glacée me surprend, elle geint sous mes premiers pas. Le temps a passé, mais où ? Il fait moins 20 degrés Celsius. L’agression de l’air froid sur mes joues est cinglante. Je déambule dans les ruelles de mon quartier immaculé, et mon regard fixe tour à tour ces noms de rues qui s’agrippent sur de frêles poteaux métalliques : du Grand‑Calumet, des Collines, du Vallon, des Voyageurs. Balayées par le vent, leurs syllabes semblent se décomposer en lettres blanches qui se laissent choir en flocons sur le sol. Je tombe nez à nez avec un tableau qui git au milieu d’un carrefour. Il se déhanche sous la rafale. Les couleurs sont torturées, criardes sur cette toile qui pâtit de froid. Ce tableau attend sans doute qu’on le mène vers son lieu mortifère : c’est le jour de la collecte des déchets domestiques. Il a été mis à la porte de son logis : on le juge probablement inutile, démodé et, surtout, encombrant. La rue est déserte. Une envie s’empare de moi, de le prendre sous le bras. Marchant, courant presque vers le studio, je lui improvise là un chevalet. Le givre fond, dégouline sur le plancher. Cela me prendra des mois pour enjoliver sa dorure, réparer une vilaine déchirure au canevas, corriger un décollement de peinture et appliquer un vernis contenant de la cire. Cet étranger discret a trouvé sa terre d’accueil, je le côtoie et tente doucement de percer son mystère. Bien peu d’indices me permettent d’identifier son origine, mais il demeure qu’en observant la structure des empâtements à l’huile, je constate que la spatule, incontestablement, a été maniée par un gaucher. Il faut savoir que la valeur de cette œuvre – si l’auteur garde l’anonymat – sur le marché de l’art restera équivoque.

Qui sait, un jour, son destin suivra peut-être celui de l’œuvre dénichée dans une brocante par l’Américaine Teri Horton. Elle aurait bradé, de 8$ à 5$, le prix d’un tableau sans nom, sans signature, mesurant 66 pouces sur 48 pouces (1,7 m X 1,22 m) en lançant à la blague qu’elle ne pouvait pas dépasser le budget alloué pour le cadeau d’anniversaire de sa bonne amie ! Or, ce tableau s’est avéré être d’une valeur inestimable, soit plus de 50 millions de dollars (USD). On l’a authentifié grâce à une empreinte figée dans les pigments relevés au dos de la toile, attestant son appartenance à xyz, ce grand peintre américain de l’abstraction lyrique dont l’identité vous sera dévoilée un peu plus loin. Vous imaginez bien qu’elle a conservé ce tableau et qu’éventuellement, son amie a reçu autre chose pour son anniversaire… Pour cette camionneuse de 75 ans au langage simple et coloré, un défi de taille pourtant l’attend, car les musées sont fortement réfractaires à l’ajout de cette œuvre non répertoriée dans le corpus contemporain de l’artiste et, il faut bien le dire, ils n’aiment pas particulièrement se faire faire la leçon par des philistins. Sans paraitre impressionnée le moins du monde, Teri Horton a embauché une brigade d’experts pour prouver au monde impénétrable de l’art que, même si le tableau ne porte pas la signature manuscrite du peintre, il en porte toutefois des preuves matérielles éloquentes. Outre l’empreinte digitale de l’artiste, on relève sur l’œuvre le même type de peintures, qui a été retrouvé dans son atelier d’East Hampton (NYC). On y a aussi identifié la présence de particules analogues provenant de peinture en aérosol vaporisée autant dans l’environnement du studio de l’artiste que sur la toile. En investisseur futé, sachez que l’œuvre est encore disponible au cout de 50 millions. C’est assurément un bon coup, car une œuvre homologuée de l’artiste a été vendue aux enchères pour 150 millions de dollars. Je me demande, tout comme vous, combien de temps le milieu institutionnel pourra-t-il tourner le dos à ce véritable « action painting » de Pollock ?


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Place au citoyen

Moémême J’ai longtemps souffert de sentir ne pas appartenir à cette espèce vivante, d’être un pas rapport, un pas pareil, l’intrus. J’ai finalement appris que j’étais bel et bien humain, plus que beaucoup d’autres d’ailleurs, le problème était là, justement. Je me suis ouvert à l’introspection, à la guérison, à la croissance et au contact à ma propre essence. J’ai ainsi appris à vivre selon cette essence, dans toute mon authenticité et mon intégrité sans pour autant me conformer. J’ai surtout appris que finalement, il était beaucoup plus important d’aimer que d’avoir raison. J’ai enfin appris à vivre, à ME vivre, et donc à TE laisser vivre malgré les dimensions différentes dans lesquelles chacun on vit. Une découverte que je compte bien transmettre à quiconque se sent imparfait dans son authenticité, parfaite. Moémême

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Je veux qu’elle meure Et qu’elle s’éteigne à jamais Celle qui m’empêche D’être qui Je Suis Celle qui a mal Mais pleure par en dedans Celle qui a peur Et freine tout le temps Celle qui se tient cachée dans l’ombre de ma lumière Et qui en hypocrite Sabote la mélodie en mes tripes Pour mieux me ramener dans le rang Quand tout ce que j’ai envie, moi, C’est de danser avec le vent Je veux qu’elle meure Cette voix sournoise Chuchotant à mon humanité Que je ne suis qu’un reflet de l’éternité Que je ne suis pas d’ici, ni d’ailleurs Ni d’aucune saison Que ce soit dans la froidure ou la chaleur Que de mes malheurs je sache rayons Celle qui jure que je ne suis rien de plus qu’un petit motton Dans ce monde qui, sans moi, tournerait peut-être, De toute façon, un peu plus rond

Je veux qu’elle meure Celle qui n’est qu’une tache sur mon tableau Une mauvaise fée passée à mon berceau Je veux qu’elle meure… Je veux qu’elle s’étouffe Dans sa honte et ses menteries Je veux qu’elle tombe au fond du gouffre Et qu’elle en souffre à l’infini Je veux qu’elle pourrisse Au fond des tranchées qu’elle a creusées Pendant toutes ses guerres qu’en moi elle a semées Je veux qu’elle crève!! Pour que je puisse connaître la trêve Et que mon âme, enfin, se relève… Oh oui… Je veux qu’elle meure Et qu’elle s’éteigne à jamais Cette part de moi qui m’empêche d’être entière D’être libre… d’être vraie.

Fanny Lachambre

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Je veux qu’elle meure Celle qui me poursuit depuis l’enfance En se moquant de mes rêveries et de mes espérances Celle qui crie que je suis née pour un petit pain Pour le sacrifice humain Comme si, dès ma naissance, je ne valais déjà plus rien

Je veux qu’elle meure Celle qui a trop grandi En arrière-plan de ma vie Et qui me crache au visage Que je ne suis qu’une mère Qu’une amante, qu’un paysage Qu’un champ bien gavé Pour un meilleur pâturage

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Cette part de moi


APPEL

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Dans un avenir rapproché, voici ce que personnellement je prévois : Une recrudescence dans le décrochage social ainsi qu’une proportion continuellement croissante dans les cas de problèmes de santé mentale lourds et conséquemment, un fléau très important d’itinérance. Une déshumanisation générale chronique encore plus intensifiée qu’aujourd’hui. Un recul de plus en plus important dans l’aide venant de l’État jusqu’à la quasi-disparition complète de celle-ci envers les organismes communautaires donc une diminution directement proportionnelle des ressources humaines en relation d’aide déjà à bout de souffle. Beaucoup, beaucoup, beaucoup de souffrance très visible quotidiennement. Une seule solution s’impose ; une augmentation importante, voire phénoménale, de l’aide matérielle, humaine et surtout financière venant du secteur privé, des citoyens, vous. Passez au suivant, je vous en implore. Adoptez un organisme communautaire et offrez-lui un appui matériel, financier et/ou en bénévolat récurrent considérable. Nous en sommes rendus là, il est maintenant plus que jamais vital que l’humain tende la main à l’humain.


Une belle alternative à la mendicité.

Le Portail de l’Outaouais - octobre 2016 - 23

Ce magazine est d’abord vendu aux camelots en situation précaire qui en retour revendent ces revues, à titre de travailleurs autonomes, à la population piétonnière de Gatineau.

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Le Portail de l’Outaouais produit mensuellement un journal de rue inspiré de L’Itinéraire à Montréal, La Quête à Québec, La Galère à TroisRivières et du Journal de rue de Sherbrooke.


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