Le portail de l'Outaouais - Octobre 2019

Page 1

OCT.

2019 Thème : Délinquance

Dossier Spécial Neurotraumatisme (entrevues) p. 8 Voitures électriques : Solution ou problème ? p. 10 Femme itinérante : Une histoire vécue p. 22

L’Entrevue avec LES FÉES DE L’OUTAOUAIS

Crédit photo : Simon Drolet

Crédit photo couverture : Christian Gosselin

Visitez notre site web leportaildeloutaouais.org

3$


NOTRE CONSEIL D’ADMINISTRATION Présidente : Trésorière : Secréraire : Administratrice : Administratrice : Administratrice : Administrateur : Directeur, Éditeur et Fondateur : Intervenante :

Emilie Boisvenu Laurianne Benoît Valérie Patry Laurianne Lallier Grâce Akpoboua Geneviève Hamelin Marcel Bertrand Christian Gosselin Vickie Zanon

Correcteurs/trices :

Michelle Morin Élaine Tremblay Danielle Lefebvre Dernière lecture : Estelle Caron-Poulin Commis administratif : Sylvain Grandbois Vidéaste : Marie Laure Turmel Photographes France Laplante Christian Gosselin Infographiste : Isabelle Sabourin (du Progrès) Imprimerie : Imprimerie du Progrès

Merci aux nombreux bénévoles

Le Portail de l’Outaouais est membre de : Le CRIO, du ROHSCO et de la TROCAO 819 230-4988 / portaildeloutaouais@gmail.com / www.leportaildeloutaouais.org

BAILLEURS DE FONDS

PARTENAIRES SUPÉRIEURS

PARTENAIRES DÉVOUÉS Le Portail de l’Outaouais, l’organisme, a un système de valeurs, des croyances et des philosophies biens définis. Son directeur, ses employé-es, ses bénévoles et son conseil eux, ces êtres humains, ont eux aussi un système de valeurs, des croyances et des philosophies bien définis et espérons-le, sont grandement compatibles avec celui de l’organisme.

NOS AMIS

Le Portail de l’Outaouais, le magazine, l’outil, lui n’en a aucun. Bien que sa tendance penche majoritairement vers l’empathie et l’acceptation de nos citoyens fragilisés dans leurs défis quotidiens, il demeure un espace ouvert à toutes les perceptions, un lieu où tous et toutes ont la liberté de s’exprimer ouvertement, cette liberté s’arrêtant là où elle empiète sur la liberté d’autrui. Ceci étant dit, l’organisme n’adhère à, ni ne conteste aucune information partagée et publiée dans ce présent ouvrage.

Pour reçu d’impôt

2

Agence du revenu du Canada

Le Portail de l’Outaouais - Octobre 2019

80683 4388 RR0001

ISNN 2371-2384

PARTICIPER À LA GUÉRISON DES MAUX DE CE MONDE, PLUTÔT QU’À SA MALADIE.


L’ÉDITORIAL

PAR CHRISTIAN GOSSELIN Éditeur

J’ai des valeurs. J’ai des croyances. J’ai des opinions profondément ancrées en moi comme étant des évidences indéniables, dont beaucoup, je suis absolument convaincu et complètement fermé aux débats, et pourtant j’ai peut-être tort. Je te demande de respecter ces perceptions et ces convictions, tout comme je respecte les tiennes. Il y a autant de perceptions qu’il y a d’empreintes digitales et de codes génétiques. Ce ne sont pas les opinions, les perceptions ni

mêmes les croyances religieuses qui nous séparent, mais bien le manque de respect et d’ouverture à accepter que d’autres voient les choses d’un autre œil, que c’est correct, qu’on peut très bien vivre ensemble malgré nos différences à la condition, bien sûr, que cette liberté de penser n’empiète pas sur la liberté d’autrui. Une chose dont je suis certain, tout au fond de chaque être humain, enfoui sous les peurs et l’égo, nous cherchons tous la même chose.

SOMMAIRE 4 - L’ENTREVUE 6 - VIE SPIRITUELLE 7 - LES YEUX DU COEUR 8 - DOSSIER SPÉCIAL 10 - TECHNOLOGIE & HUMANITÉ 12 - LE MOT DU CRIO 13 - LE PREMIER PAS 14 - ELLES

15 - REGARD VIF 16 - UNE JOURNÉE AU GÎTE 17 - PsychoYogie 18 - UNE PAGE D’HISTOIRE D’ICI 19 - POINT DE VUE DU PROF 21 - L’HABITATION 22 - TA NATURE

PARTICIPER À LA GUÉRISON DES MAUX DE CE MONDE, PLUTÔT QU’À SA MALADIE.

Le Portail de l’Outaouais - Octobre 2019

3


L’ENTREVUE

PAR SIMON DROLET

Le conte des Fées de l’Outaouais : 5 étoiles bien méritées!

Crédit photo : Simon Drolet

« L’organisme aide les finissants du secondaire vivant dans des milieux défavorisés ou différents et qui n’ont pas les moyens nécessaires de se procurer les articles pour participer à leur bal. L’organisme s’emploie donc à recueillir des dons de robes, de tuxedos, de souliers, de bijoux et autres pour faire vivre pleinement le bal aux finissant(e)s. (Volet aide aux finissants) Dans l’autre volet, les Fées de l’Outaouais sont associées avec l’OFE (Option Femmes Emploi), l’Envol et l’AFIO (Association des femmes immigrantes de l’Outaouais). Ensemble, ils offrent aux femmes de la région qui retournent sur le milieu du travail les vêtements pour leur entrevue et pour leurs premières semaines de travail selon leur besoin. (Volet aide aux femmes/retour au travail) » Défendre et promouvoir la dignité humaine n’est certainement pas l’affaire d’une seul personne, ni même d’un seul organisme. Bien que nous n’en entendons jamais assez, nous avons l’habitude d’avoir des nouvelles de plusieurs causes sociales comme l’aide alimentaire, l’itinérance et l’aide au logement, la toxicomanie, la santé mentale et même les soins de santé à différents segments de la population. Isabelle Carbonneau, digne et très compétente Mère de famille résidente de l’Outaouais, incarne de son côté plusieurs valeurs aussi rares et précieuses auprès d’une certaine majorité silencieuse qui aurait choisi le silence ou encore l’apathie, devant la vulnérabilité socioéconomique des filles et des femmes de notre région. De son nouveau local du 61 Eddy, elle constate l’incroyable contraste dans les écarts de richesse en Outaouais. Au petit matin, entre 7h et 9h, elle assiste autant au bal de la fin de nuit routinière et difficile de l’itinérance dans le Vieux-Hull que celui de l’arrivée de l’opulence des travailleuses et travailleurs de la fonction publique. Cette infirmière de formation a choisi, il y a maintenant 6 ans, de sortir du lot et de faire sa part d’une manière bien singulière. « À 16 ans, je n’y serais jamais allée, à mon bal de finissante, si ce n’eut été de ma sœur qui m’a convaincu d’y aller en me fabriquant une robe de ses propres mains… », se souvient Isabelle. Ce rite académique incontesté et socialement obligatoire est complexe et amène une bonne dose d’anxiété à tant d’étudiant(e)s. À plus forte raison aux jeunes filles en situation précaire, qui n’ont pas du tout les moyens d’enfiler une robe à la hauteur

4

Le Portail de l’Outaouais - Octobre 2019

de ce qu’elles sont. Même si plusieurs vivent l’expérience du bal sans aucune complication, il est encore plus difficile pour certaines de répondre aux dictats de la mode dont les codes sont parfois d’une cruelle tyrannie. Car ce sont des combattantes et des survivantes au parcours scolaire, familial et social difficile pour qui le bal des finissant(e)s risque souvent de consacrer l’entrée dans un âge adulte tout aussi compliqué. Le conte des Fées de l’Outaouais, entre autres, c’est aujourd’hui un lot de 1 200 robes d’excellentes qualités, distribuées selon les principes inspirants de l’économie circulaire, la vraie! Les 32 adolescentes soutenues cette année ont reçues un accompagnement de plusieurs heures chacune et elles reviennent d’année en année pour soutenir les prochaines cohortes d’étudiantes. Individuellement, c’est entre 20 et 25 robes enfilées avant le choix final, rythmées par de longues et riches discussions sur l’estime de soi, la fierté d’avoir parcouru ces 5 années du secondaire en un seul morceau, le regard fier de leurs parents rassurés de les sentir aussi dignes, confiantes et un peu plus sereines, à l’aube de la grand-messe de la collation des grades. Isabelle se souvient aussi que pendant que certaines étudiantes vivent leur arrivée au bal des finissants par voie d’un somptueux hélicoptère atterrissant sur le toit du Casino du Lac Leamy, d’autres peinent à se trouver une robe qui attirerait l’attention, pour les bonnes raisons, au moment d’entrer dans la grande salle. C’est parce que cette fameuse même robe est susceptible, encore une fois, de devenir un moyen de repérer les écarts de richesse entre les plus nanti(e)s et les moins fortuné(e)s. Pour Isabelle Carbonneau, c’est également une aventure familiale. La sympathique entrevue que nous avons réalisée comptait également sa fille Alexandrine, styliste et Fée de la première heure, alors que les robes occupaient leur sous-sol résidentiel pendant plus de 2 ans. Mais c’est toute la petite famille de 5 qui s’est forcément et joyeusement impliquée, ce qui peut facilement nous inspirer la note bien méritée de… 5 étoiles! C’était bien avant l’obtention de leur inespéré local de la rue Eddy, ardemment démarché par de généreux collaborateurs et donateurs du Groupe Heafey et l’entrepreneur bien connu Marc Dubé. « Au début, on quémandait, mais maintenant, les offres

PARTICIPER À LA GUÉRISON DES MAUX DE CE MONDE, PLUTÔT QU’À SA MALADIE.


de soutien affluent! », se rappelle Isabelle en réfléchissant au chemin parcouru depuis les débuts des Fées de l’Outaouais il y a 6 ans. C’est toute la petite famille qui avait à l’époque accepté de ranger les tables de ping-pong et autres jeux disposés au sous-sol familial pour faire place à la mission. Aujourd’hui, la taille des opérations incite la fondatrice à réfléchir à sa succession à la tête de l’organisation et elle sent que la pérennisation est aujourd’hui à portée de main. Des partenaires comme Christine Cadieux, de l’hôtel Ramada, offre par exemple un local sans frais pour les « week-end Boutique », qui permettent la diffusion et l’accès des jeunes finissantes aux étalages de robes et d’accessoires, plusieurs mois avant le jour J. Au fils du temps, des écoles de la région se sont alliées aux Fées de l’Outaouais afin de repérer efficacement et dignement les finissantes et finissants susceptibles de bénéficier de ces services. Si certaines écoles se montrent parfois réfractaires à participer à l’initiative, la mission de l’organisme est de plus en plus reconnue et respectée. Ce sont des travailleuses sociales et autres thérapeutes qui accompagnent souvent ces jeunes filles avec leurs parents. D’autre fois, elles le font de manière autonome. Isabelle et sa fille se souviennent de chacune de ces filles qui sont passées chez les Fées depuis les débuts. Mais certaines histoires se démarquent… Notamment celle de cette jeune fille trisomique, qui a passé son secondaire à trouver des stratégies pour s’effacer et éviter le regard des autres. Puis, il y a les défis des amitiés et des amours auxquelles la société ne nous donne souvent pas droit quand on se présente avec des différences aussi visibles. Quoi qu’il en soit, les Fées ont réussi à lui donner assez de courage pour le dire au moins une fois : « Je suis belle hein?!... »

de l’Outaouais reviennent au cours des années suivantes pour démystifier cette grande étape auprès des plus jeunes finissantes. Isabelle Carbonneau et son dynamique entourage travaillent maintenant à peaufiner un système d’économie de partage et d’économie sociale, pour une récupération et une réutilisation toujours plus efficace des robes portées l’instant d’une soirée. Objectif : augmenter la portée avec laquelle elles disperseront leur inspirante poussière d’étoiles… Merci à toute l’équipe du Biscotti de Chelsea pour son accueil chaleureux afin de nous permettre de réaliser cette entrevue!

Pour celles et ceux qui se questionnent sur l’importance du genre dans une telle démarche, un premier jeune homme s’est présenté sur place pour obtenir un habit en prévision de son bal l’an dernier. Il y a différents volets d’action au sein de l’organisme qui se développent, si bien qu’ils ont maintenant réussi à attirer 2 hommes bénévoles qui participent désormais à la recherche des complets pour garçon. Pour le recrutement des bénévoles, on peut en compter entre 65 et 70 et on doit maintenant effectuer un processus de sélection compte-tenu du grand nombre de personne qui offrent leurs services. Ces bénévoles adultes sont des maquilleuses, des confectionneuses, des coiffeuses, des esthéticiennes, des brodeuses et avant tout des cœurs de jeunes filles qui reviennent souvent au souvenir de leur propre bal pour ainsi puiser la motivation de contribuer, à leur manière. Important aussi de noter que la quasi-totalité des filles qui ont bénéficiées des nombreuses ressources des Fées

À votre service depuis 1924 819.778.2122 | info@duprogres.ca PARTICIPER À LA GUÉRISON DES MAUX DE CE MONDE, PLUTÔT QU’À SA MALADIE.

Le Portail de l’Outaouais - Octobre 2019

5


VIE SPIRITUELLE

PAR PAULE FONT

Apprendre à lâcher prise (1èrepartie)

Tout d’abord, comprenons quelles sont les qualités de la philosophie bouddhiste tibétaine. - La voie de la méthode : la compassion, l’amour non violent envers autrui, l’esprit d’éveil et la sagesse qui est la compréhension juste qui réalise parfaitement la nature fondamentale de la réalité.

L’esprit doit d’abord passer par un état neutre avant de devenir positif. Comme un morceau de coton noir que l’on voudrait teindre en couleur, on doit avant tout le rendre blanc, pour ensuite le teindre. De la même manière, la respiration a pour but de rendre l’esprit neutre.

Quel est l’objectif principal de la philosophie bouddhiste tibétaine ? - Offrir des méthodes non violentes qui permettent d’éliminer la souffrance et d’activer le bonheur en soi et chez les autres ;

Reconnaitre l’emprise afin de lâcher prise. On parle souvent de nos jours de l’importance de lâcher prise. Cependant, si nous ne savons pas bien identifier ce qui exerce une emprise, nous ne saurons pas comment nous devrons lâcher prise. Par exemple, nous ne pourrons pas attraper un voleur si nous ne savons pas à quoi il ressemble. Nous ne saurons pas non plus où tirer une flèche si nous ne voyons pas la cible.

- La pratique de ces méthodes ne dépend aussi que de soi-même ; - La souffrance ou le bonheur ne proviennent pas d’une source extérieure. Le Bouddha lui-même a dit : « Je suis mon propre ennemi ; je suis également mon propre protecteur. » Alors, comment lâcher prise ?

C’est l’emprise sur le soi qu’il faut reconnaitre ; elle s’exprime habituellement par les mots « moi, ma, mon, mes, etc. » Relâcher cette emprise est ce qu’on pourrait appeler le lâcher-prise.

Je vais expliquer selon la philosophie tibétaine. Comment trouver le bonheur en soi ? Maitreya a dit : « La nature de l’esprit est lumineuse. Les impuretés sont occasionnelles. »

Le mot tibétain dag dzin est habituellement traduit par saisie d’un soi ou conception d’un soi. Il est traduit ici par emprise sur le soi afin que notre compréhension en soit facilitée. Le soi fait référence à l’existence intrinsèque, l’existence autonome ou l’existence indépendante.

- Cela signifie que le bonheur peut s’expérimenter une fois que les antidotes aux impuretés occasionnelles que sont la colère, le désir-attachement, l’ignorance, la jalousie et l’orgueil ont été appliqués.

Comme la philosophie bouddhiste tibétaine affirme que tous les phénomènes existent en interdépendance, cela implique qu’aucun phénomène ne possède une nature autonome, indépendante ou intrinsèque, à savoir un soi.

- Si l’on n’applique pas ces antidotes, on ne pourra pas trouver le bonheur en soi, même si l’esprit est à la base de nature pure et lumineuse.

Le soi est donc inexistant et tous les phénomènes sont donc non-soi. Nous pourrions également l’appeler « l’égo ».

Comment méditer pour être heureux ? Maitreya explique : « Le sage médite en un endroit où les commodités sont accessibles, un endroit béni, salubre, près d’amis positifs et doté de tous les prérequis nécessaires au bien-être du yogi. » Les préparations à la méditation : S’asseoir en position en huit points, soit prendre la bonne position du corps et générer un état d’esprit vertueux. Après avoir nettoyé la salle de méditation et avoir disposé des objets servant de supports de visualisation, prenons la posture en huit points : 1) Asseyons-nous sur un coussin, le dos surélevé par rapport au-devant du corps, dans la position du lotus. Il est aussi convenable de simplement croiser les jambes. En cas d’incapacités physiques, on peut simplement s’asseoir sur une chaise. 2) Les deux mains reposent dans le moudra de l’équanimité méditative, les paumes vers le haut, la main droite repose sur la main gauche. Les extrémités des pouces se rejoignent vers le haut. La forme ainsi produite symbolise que cette union est la source d’émergence de tous les phénomènes. Les deux mains doivent être placées à environ quatre centimètres plus bas que le nombril. 3) Le dos doit être aussi droit qu’une flèche. En effet, si le corps est droit, les canaux d’énergie subtile et les vents qui y circulent le seront aussi. Ainsi, l’esprit deviendra maniable. 4) Les dents et les lèvres sont dans une position naturelle et le bout de la langue touche au palais. Cela préviendra l’assèchement de la bouche. 5) La tête est légèrement penchée vers l’avant. 6) Les yeux regardent vers le bas suivant les ailes du nez. Cette technique aide à prévenir l’agitation et le relâchement mentaux. En effet, en méditant les yeux fermés, on risque de devenir facilement en proie à la léthargie, au relâchement mental, à la torpeur, au sommeil, à la fatigue physique ou mentale, etc. 7) Les épaules sont droites, ni trop tendues, ni trop relâchées, juste un peu surélevées, à la manière d’un oiseau qui s’apprêterait à s’envoler. 8) Le dernier point est le souffle. Ce point est nécessaire seulement si l’esprit est négatif, agité, colérique, car le but de la méditation est de développer un esprit vertueux.

6

Le Portail de l’Outaouais - Octobre 2019

Relâcher cette emprise est ce que nous pourrions appeler le lâcher-prise. Ainsi, c’est envers ce fauteur de trouble intérieur qu’est l’égo ou l’emprise sur le soi que nous devrions relâcher notre emprise. Lâcher prise ne signifie donc pas de devoir laisser aller ou d’abandonner ce qui nous est extérieur : amis, travail, famille, relations, matériel, etc. Ce sentiment de « moi », que l’on appelle le soi, est quelque chose que l’on considère comme essentiel et qui émane du plus profond de notre cœur. On ne considère pas « les autres » de la même manière. Cela provient de la très forte emprise sur le moi. Pourtant, nous sommes égaux aux autres en ce qui concerne notre souhait de ne pas souffrir et d’être heureux. Si l’on médite continuellement sur cela, les problèmes qui nous assaillent présentement les uns après les autres cesseront de se produire. Que l’on soit un homme ou une femme, jeune ou âgé, riche ou pauvre ne fait aucune différence. Tout le monde peut lâcher prise, dirait Lama Samten ! Même les animaux ont cette emprise sur le soi. Si l’emprise sur le soi trouble l’infime bonheur des animaux en les faisant se quereller et se disputer, il va sans dire qu’il trouble également le bonheur des humains. L’emprise sur le soi peut aussi être présente chez les personnes riches. Par exemple, une personne qui pense uniquement à faire de l’argent aura de la misère à dormir et passera le plus clair de son temps à travailler, de sorte qu’elle n’aura peut-être même plus de temps pour des choses essentielles à sa survie, comme manger et boire. De même, nous n’expérimenterons pas un seul instant de repos et passerons toute notre vie dans la crainte si nous ne sommes préoccupés que par la protection de nos biens. Une telle personne ne pourra pas profiter des grands avantages et des libertés de sa vie humaine. Sa vie sera vide de sens. L’emprise sur le soi existe depuis les temps les plus anciens. On raconte par exemple que le Bouddha Shakyamouni, après avoir appliqué les antidotes pendant six ans en la terre sacrée de l’Inde, réussit à relâcher complètement les deux sortes d’emprise et obtint le résultat ultime du bonheur sublime. (À suivre)

PARTICIPER À LA GUÉRISON DES MAUX DE CE MONDE, PLUTÔT QU’À SA MALADIE.


LES YEUX DU COEUR

PAR ESTELLE CARON-POULIN

Réflexions sur la gentillesse Je pense beaucoup. Je pense que je pense beaucoup trop, même. Je me perds dans mes pensées, et parfois j’en perds la candeur du moment présent. Je ne peux m’empêcher : j’observe, je me questionne, je décortique et j’analyse. Mon moi est le plus récurrent de mes sujets de réflexion : je m’étudie, m’interroge, me dépouille et m’évalue. Au travers, j’essaie de devenir une meilleure personne, la meilleure version de moi-même. À force soupeser mes motivations et mes intentions, je constate que j’ai progressé, voire changé... ou peut-être, plutôt, que ma gentillesse, bien que toujours sincère, a évolué. Je semblais peut-être plus gentille avant. De la bienfaisance naïve, plus souvent poussée par une motivation extrinsèque : paraître... Se complaire à plaire. Semer le bien pour nourrir l’égo. Performer le bien, comme on doit exceller dans tout. Essayer trop fort d’être différente. Je crois être autant gentille maintenant. De la bienfaisance assumée, plus souvent poussée par une motivation intrinsèque : être... Se plaire à complaire. Semer le bien pour qu’on soit tous égaux. Faire bien le bien. Essayer très fort de faire la différence. Des nuances, me direz-vous. Au fond, malgré parfois les motifs égoïstes et égocentristes qui s’y cachent, exhiber de la gentillesse c’est mieux que rien – une bonne action reste une bonne action – et c’est souvent tant mieux – tous ont besoin d’être valorisés et ne déplaise que ça se fasse à travers l’entraide... Oui et non. Je ne sais pas. Je ne sais trop. Je m’égare dans ces questionnements philosophiques et moraux... Je pense beaucoup, j’ai dit. Je pense beaucoup, mais je ne pense pas que ce soit la pureté d’un geste qui importe le plus sur sa portée. Je pense que c’est plutôt sa forme. La gentillesse se démontre de plusieurs façons, bien qu’il soit parfois difficile de le distinguer. Pour preuve : pitié, sympathie et empathie sont souvent perçus comme des synonymes. Pourtant, ils se démarquent quant à leur efficacité et leur efficience.

Une députée accessible et engagée !

Crédit photo : PIXABAY CarlottaSilvestrini

Avec la pitié, l’autre est perçu comme une misérable victime – ce qui cache subtilement un état de supériorité et ce qui implique une séparation entre nous et cet impuissant. L’autre nous rend inconfortable et pour s’en sauver, l’égo nous fait croire qu’on peut devenir sauveur. Ce malaise nous rend maladroit et fait qu’on ne sait pas trop comment écouter. Ainsi, la pitié peut facilement devenir condescendance – une supériorité bienveillante entremêlée de mépris. La sympathie est différente. Au lieu d’une séparation, une connexion. Une fusion, même. On est trop près des émotions de l’autre, on se les approprie, se les accapare. On les ressent profondément et en les exprimant vivement, on peut venir supplanter les sentiments de celui qu’on souhaiterait réconforter. On bascule alors dans la position de celui ayant besoin d’être aidé plutôt que d’être aidant. On entrave donc, malgré la bonne volonté, à l’intention première qui était de soulager l’autre. En étant empathique, on reconnaît l’autre non pas comme une victime, mais comme un expert de son vécu et le maître de sa vie. Plutôt que d’essayer de le sauver, on le supporte. On le soutient, on l’épaule, et on est parfois simplement présent. Paradoxalement, alors que l’instinct voudrait envelopper et emmitoufler ceux qui souffrent, c’est la distance qui permet le plus grand apaisement. Elle permet une écoute active, sans cependant détourner l’attention de celui qui en a besoin. Une écoute attentive, sans jugement, où on reconnaît les émotions de l’autre sans toutefois s’y identifier et sans en prendre le bagage. Bien qu’elles soient toutes démonstrations de gentillesse, c’est cette dernière disposition émotive qui est le plus efficace en relation d’aide. L’empathie est cependant difficile à exécuter et à maîtriser. En fait, je pense qu’elle se perfectionne, mais qu’elle n’est jamais parfaite. C’est un art qui demande beaucoup de remises en question et de réflexions afin de devenir pleinement conscient de soi et de prendre compte de ses failles. À cet égard, j’ai encore du travail à faire. Je pense que je dois persister à penser.

Maryse Gaudreault

députée de hull

et vice-présidente de l’Assemblée nationale

259, BOUL. ST-JOSEPH, BUR. 207 / 819 772-3000 / MARYSE.GAUDREAULT.HULL@ASSNAT.QC.CA

PARTICIPER À LA GUÉRISON DES MAUX DE CE MONDE, PLUTÔT QU’À SA MALADIE.

Le Portail de l’Outaouais - Octobre 2019

7


ce que la vie nous réserve.

Martine : Gardez confiance en la vie. Prendre soin de soi-mêm participer aux activités. Il y a un comité d’accueil et les memb PAR ROCKSANE FORGET les nouveaux membres. Depuis que l’ANO fait des levées de fo Intervenante au programme socio-professionnel voyage annuel, je peux me permettre de partir au Saguenay à

DOSSIER SPÉCIAL

L’association des Neurotraumatisés de l’Outaouais

L’ANO ; entrevue avec Janice et Martine L’Association des Neurotraumatisés de la Région de l’Outaouais (ANO) est un organisme sans but lucratif ayant comme mission d’aider les personnes ayant subi un traumatisme cranio-cérébral (TCC) ou un accident vasculaire cérébral (AVC). En somme, le TCC est un traumatisme qui cause une dysfonction du système nerveux dans le cerveau, causé par un coup à la tête. L’AVC est une soudaine perte de la fonction cérébrale causée par l’interruption ou la rupture d’un vaisseau sanguin. Dans cette entrevue, Martine, qui a subi un TCC et Janice, qui a subi un AVC, sont des membres de l’ANO et participent au plateau de travail AROMA, qui est une microentreprise œuvrant dans la confection de thés, tisanes et épices. Intervenante : Racontez-nous en bref à quoi ressemblait votre vie avant le neurotraumatisme? Martine : Avant mon accident, j’allais très bien et j’étais en forme. Je faisais des études en technique éducation en service de garde. À ce moment-là, je pouvais faire n’importe quoi mais depuis, je ne peux plus. Il y a plein de chose que j’ai dû abandonner à cause des séquelles. Janice : Ma vie était pas mal mouvementée. Je faisais de l’exercice, du yoga depuis 15 ans, du ski et du roller blade. J’étais très active et je sortais beaucoup puisque j’étais séparée de mon mari à ce moment-là. Intervenante : Seriez-vous en mesure de nous expliquer brièvement comment le traumatisme ou l’accident s’est passé ? Janice : À 47 ans, je mangeais avec une amie au restaurant à Moncton, ma ville natale, et j’ai fait un AVC. Martine : À 22 ans, je me suis fait frapper par une voiture alors que je me déplaçais en vélo. Intervenante : Quelles sont les séquelles apparentes et non apparentes de votre neurotraumatisme? Janice : Ce qui se voit c’est la paralysie de mon bras droit et je boite de la jambe gauche. Je n’ai pas de problème cognitif. Martine : Beaucoup de problèmes de santé ont commencé après mon accident. La mémoire, la perte d’équilibre et aussi le manque de concentration et d’organisation. Le sommeil est affecté et j’ai aussi mal au dos. J’étais fatiguée par ce que je n’ai pas beaucoup d’énergie depuis mon accident. Après la période

8

Le Portail de l’Outaouais - Octobre 2019

de convalescence de mon accident, je suis retournée étudier et cela a été très difficile. J’oubliais souvent tout après le cours même. J’ai fini par complété mon programme en 5 ans du a une complication d’infection à la jambe. J’ai été capable de travailler en milieu de garde pendant 10 ans, mais après j’ai dû me réorienter. Intervenante : Comment avez-vous surmonté les difficultés en lien avec votre neurotraumatisme? Janice : Lorsque j’étais à l’hôpital, je faisais ma thérapie a chaque jour. Le thérapeute m’a dit que je devais aller dans un centre et non à la maison. Le lendemain, je me suis botter le derrière pour réussir à retourner chez nous. J’étais motivée à retourner à la maison. J’étais en chaise roulante et je n’étais pas capable de marcher la longueur du département ou j’étais. Pour moi, c’était très difficile car j’ai toujours été super active et après l’accident un rien me fatiguait beaucoup. En plus, ma fille avait 12 ans à ce moment-là. C’est ma famille et mes amis qui m’ont aidé à guérir. Aussi, j’ai suivi un groupe de méditation et cela m’a fait du bien. J’ai continué à travailler un peu après mon accident. Je faisais quelques heures à mon ancien emploi. En arrivant à Gatineau par contre, je n’ai pas eu la chance de trouver du travail. Martine : Je ne connaissais pas l’ANO. La seule option pour moi était de continuer ma vie. J’ai bucher et travailler fort, puis le médecin m’a déclaré inapte au travail. J’étais adjointe administrative dans un concessionnaire automobile et à chaque dossier je devais prendre mon cartable pour suivre les étapes. Je devais faire semblant de ne pas avoir de séquelles parce que sinon je perdais mon job mais ma mémoire était affectée et je devais le consulter à chaque fois. Suite à des changements dans la compagnie, j’ai été congédiée. Intervenante : Qui vous a référée à l’ANO. Janice : C’est Réseau Outaouais qui m’a référé. Martine : À mon travail une personne avait un lien avec une représentante de produits AVON et lorsque je suis allée chercher une commande, la dame m’a parlé de l’A.P.V.D.C (L’association des personnes vivant avec une douleur chronique) et là-bas, j’ai rencontré un membre de l’ANO. Intervenante : En quoi est-ce que l’ANO vous a aidée ? Janice : Je peux m’associer avec les membres. Je les écoute et les comprends parce que j’ai vécu quelque chose comme eux.

PARTICIPER À LA GUÉRISON DES MAUX DE CE MONDE, PLUTÔT QU’À SA MALADIE.


Martine : Oh mon Dieu ! Je suis sortie de l’isolement et j’ai rencontré des personnes qui vivent la même chose que moi. C’est un endroit sans jugement, les activités sont super intéressantes. Je peux m’impliquer. J’ai droit au service de rencontre individuelle et aux groupes de soutien. Le personnel est super.

me suis faits des amies. (Pleurs) Je ne suis pas triste, j’aime tellement l’ANO. Il n’y a pas juste les services sur le calendrier d’offerts. Lors de mes deuils, j’ai pu parler avec les intervenantes qui étaient là pour m’aider et me supporter. Le personnel est très humain.

Intervenante : AROMA est un plateau de travail qui a comme mandat de faire travailler les membres. Comment vivez-vous cette expérience ?

Intervenante : Auriez-vous un mot de la fin pour les lecteurs de la revue Le Portail de l’Outaouais ?

Janice : J’aime ça. J’aime aller au marché et voir les clients. J’aime préparer les épices et les emballer. Ça me fais du bien. Martine : C’est comme une vraie compagnie. C’est le fun de faire la production, l’emballage, l’étiquetage, la comptabilité et les marchés pour les vendre. J’aime ça. Intervenante : Quels seraient vos conseils pour un neurotraumatisé qui ne sait pas pour où commencer pour reprendre sa vie en main ? Janice : Difficile à dire. Je n’avais pas de courage au début. Il y en a qui sont en chaise roulante et qui recommence à marcher comme moi. Aujourd’hui, je marche. Si tu veux, tu peux. Il faut que cette personne trouve de l’aide comme on la trouve à l’ANO. Martine : Il faut garder confiance et il faut venir à l’ANO. Il est important de sortir de l’isolement. On passe de belles journées car les activités sont intéressantes. Je pars d’ici comblée et je

Tu entends des voix?

Janice : Dans le fond, c’est de ne pas perdre le courage. De foncer car on ne sait jamais ce que la vie nous réserve. Martine : Gardez confiance en la vie. Prendre soin de soi-même et venir à l’ANO pour participer aux activités. Il y a un comité d’accueil et les membres seront là pour accueillir les nouveaux membres. Depuis que l’ANO fait des levées de fond pour financer le voyage annuel, je peux me permettre de partir au Saguenay à un prix très réduit. L’association des Neurotraumatisés de l’Outaouais https://www.ano.ca/ 115, boul. Sacré-Cœur #01 Gatineau, QC J8X 1C5 Téléphone : (819) 770-8804 p. 227 Télécopieur : (819) 770-5863 socio-pro@ano.ca https://www.facebook.com/ano.ca

ou vis avec d’autres types de phénomènes?

Quelques informations sur l’entente de voix et autres phénomènes

Tu as besoin d’en parler à quelqu’un?

…des études démontrent qu’entre 4 % et 10 % de la population à travers le monde entend des voix et qu’entre 10 % et 39 % de la population a entendu des voix au moins une fois dans sa vie (Shergill, Murray &McGuire, 1998).

1-800-567-9699

…entre 70 % et 90 % des gens qui entendent des voix le vivent suite à un événement traumatique. …la première manifestation du phénomène des voix peut survenir à tout âge et pour environ 6 % des entendeurs de voix, cette première manifestation survient avant l’âge de 6 ans, pour 10 % entre 10 et 20 ans et pour la majorité des gens, 74 %, cela se produira après l’âge de 20 ans. Source : https://aqrp-sm.org/groupes-mobilisation/revquebecois/histoire/ * Les autres manifestations peuvent inclure: phénomènes visuels, tactiles, olfactifs et gustatifs.

Notre philosophie d’écoute Ce que nous offrons ; une écoute basée sur le respect, l’empathie et l’authenticité. Nous croyons aussi que la personne la mieux qualifiée pour trouver des solutions à ses problèmes est la personne elle-même. Notre but est que la personne puisse s’exprimer en toute confiance.

Artiste : MC Leblanc

UN SERVICE D’ÉCOUTE FRANCOPHONE 24/7 / GRATUIT / CONFIDENTIEL PARTICIPER À LA GUÉRISON DES MAUX DE CE MONDE, PLUTÔT QU’À SA MALADIE.

Le Portail de l’Outaouais - Octobre 2019

9


TECHNOLOGIE & HUMANITÉ

PAR ANDRÉ GUYON

La voiture électrique, solution ou problème? Déesse de la route sans peur et sans reproche pour les uns, démon ignoble qui tue notre économie et n’est pas si vert que ça pour les autres. Je vais essayer de vous présenter le côté glorieux et agréable de ces véhicules, puis au moins un côté beaucoup plus sombre de la voiture électrique. J’en conduis une depuis un peu plus de 3 ans. Je ne voulais pas sauver la planète, c’était, je l’avoue, d’abord pour le plaisir et le confort. Reste que le VÉ (véhicule électrique) présente plusieurs avantages, en particulier dans notre contexte. Avantages pour la société…Le VÉ produit beaucoup moins de de pollution de l’air et pas mal moins de co2 que le véhicule à essence ou au diésel. Mine de rien, la pollution de l’air entraîne un nombre hallucinant de morts prématurés dans le monde. Selon l’Organisation mondiale de la santé, en 2016, on estimait à 4,2 millions le nombre de décès prématurés dans le monde provoqués par la pollution de l’air. Les véhicules ne causent pas toute la pollution de l’air, mais leur contribution peut atteindre 40 % dans certaines villes. Le réchauffement de l’atmosphère est attribué surtout au co2, mais les problèmes de santé pulmonaires viennent plutôt de l’oxyde d’azote et des particules fines. Les particules fines, tous les véhicules en produisent, viennent du frottement des pneus et des plaquettes de freins. Le freinage des véhicules électriques et hybrides cause moins de frottement, l’énergie nécessaire au freinage servant à activer une sorte de dynamo qui recharge la batterie. En principe, les freins durent donc plus longtemps sur les VÉ que sur les véhicules à essence. Les VÉ contribuent très peu à la pollution sonore des villes. En fait, ils produisent tellement peu de bruit, même quand ils accélèrent, qu’il n’est pas nécessaire de les munir d’un silencieux. Côté économie, comme nous le savons, le Québec est un gros producteur d’électricité, présentement aux prises avec des surplus qu’il risque de vendre pas cher aux voisins ontariens et américains. À l’inverse, nous ne produisons à peu près pas de pétrole. Si je comprends bien le document de l’Institut de la statistique du Québec, nous avons importé pour quelques milliards de pétrole en 2018 . L’argent dépensé en importation crée généralement plus d’emplois là-bas qu’ici, sauf quand les importations sont des matières qu’on transforme pour revendre des produits finis. Pour le conducteur : Le conducteur d’un véhicule électrique paie l’électricité au même prix toute l’année, même pendant la période des vacances. Il ne subit pas de hausses en haute saison des vacances.

10

Le Portail de l’Outaouais - Octobre 2019

L’hiver, le chauffage tout électrique réduit l’autonomie…et le temps qu’il faut pour que l’habitacle soit à la température voulue. C’est un peu comme quand on sort dehors et qu’on branche un sèchecheveux. Pas besoin d’attendre quelques minutes avant de produire de la chaleur. La batterie très lourde et située sous les sièges, donne au véhicule un centre de gravité plus bas qui accroît sa stabilité. Pour la maison : On peut dans certains pays acheter des systèmes qui permettent d’utiliser la voiture comme génératrice en cas de panne d’électricité. 30 KWh, la capacité d’une petite voiture électrique, permettent d’alimenter les appareils essentiels (eau chaude, cuisinière, etc.) pendant toute une journée. Même pendant une journée glaciale, on pourrait chauffer une pièce (à 2000 KWh) pendant 15 heures! Par comparaison, un plein d’essence dans une génératrice fournirait environ pendant 6 à 8 heures. Voilà pour les côtés fantastiques des VÉ. Il y a des détails moins agréables, et certains carrément sombres. Pour la personne qui conduit : Ces véhicules sont encore relativement chers. La tendance actuelle fait grimper les coûts pour installer des batteries plus grosses et ainsi obtenir plus d’autonomie. Pour la société : Compte tenu du prix des VÉ, la subvention de 13 000 $ (5000 au fédéral et 8000 au provincial) fait un cadeau avec les impôts de tout le monde pour encourager des gens dont les revenus sont supérieurs à la moyenne. Le VÉ contribue tout de même un peu à la pollution de l’air (particules fines produites par l’abrasion des roues et des freins, à la congestion routière et à l’étalement urbain (comme tous les véhicules automobiles). Construire la batterie d’un VÉ produit beaucoup de co2, mais pas mal moins pendant toute sa vie utile qu’un véhicule à essence. Dans toute sa vie utile, un VÉ produira tout de même plus ou moins le tiers de ce qu’un véhicule à essence aura produit (sur 150 000 km). Tel que mentionné plus tôt, plus les gens recherchent des véhicules obèses et autonomes, plus les constructeurs les munissent de grosses batteries. Dommage qu’on ait absolument besoin d’un VUS pour reconduire les enfants à la garderie ou faire les courses. Donc, au lieu de gros monstres à essence dans nos villes, on aura bientôt des gros monstres à batteries. Le recyclage des énormes batteries des VÉ pose certainement certains défis. Selon la complaisance ou la rigueur de nos gouvernements, on fera ou pas ce qu’il faut. Enfin, comme nos cellulaires, consoles de jeux, ordinateurs et

PARTICIPER À LA GUÉRISON DES MAUX DE CE MONDE, PLUTÔT QU’À SA MALADIE.


autres appareils électroniques modernes, les VÉ contiennent des métaux rares. Les métaux rares sont un grand dossier noir. Le dossier des minières (souvent canadiennes) est incroyablement révoltant. Il est certainement possible de verser un revenu convenable aux travailleurs, de se passer du travail des enfants, voire même de payer des écoles, tout en étant rentable. Une ressource aussi essentielle et valorisée dans le monde moderne devrait être nationalisée et contribuer à l’amélioration des conditions de vie de la population, pas à empirer la misère. Voilà, je vous ai parlé du monde merveilleux des véhicules électriques, mais aussi du côté (très) sombre de l’exploitation de certains minerais. L’électrification des transports est une bonne chose, et l’exploitation des travailleurs et des enfants est une horreur sans nom. Doit-on boycotter pour autant tout ce qui contient des métaux rares? Je ne crois pas que ce soit la solution idéale. Je crois plutôt aux lois qui puniront un jour, j’espère, les dirigeants de compagnies coupables de corruption favorisant de tels comportements. On a déjà des lois qui punissent les citoyens canadiens participant à l’exploitation sexuelle à l’étranger, et c’est très bien. Pourquoi ne pas appliquer la même logique à nos compagnies qui favorisent le travail inhumain à l’étranger?

Les VÉ peuvent donc faire partie d’une certaine solution, mais ils ne remplaceront jamais le besoin criant de systèmes de transport en commun bon marché et efficace. S’il faut absolument avoir des voitures eh bien… Puisque rien n’est parfait, il restera des voitures, autant qu’il y en ait beaucoup qui fonctionnent à l’électricité. Pourquoi ne pas verser des subventions inversement proportionnelles à la taille de la batterie? À l’heure actuelle, les québécois peuvent obtenir jusqu’à 13 000 $ (8000 du fédéral, 5000 du provincial) si le prix du véhicule ne dépasse pas un certain prix. Pourquoi ne pas moduler la subvention en fonction de la taille de la batterie? Plus tu en as une grosse (batterie), plus tu en as une petite (subvention). Ainsi, pour un véhicule qui vaudrait vraisemblablement moins cher, doté d’une batterie de 20 KWh, la subvention grimperait à, disons 16000 $, tandis qu’elle diminuerait à, disons 7000 $ pour une batterie de 60 KWh. Ainsi, les gens « ordinaires » auraient eux aussi les moyens de rouler plus écologique au lieu de simplement subventionner les plus riches. Ce faisant, on diminuerait considérablement la pollution sonore et la pollution de l’air. Et plus de gens auraient plus de plaisir au volant, peut-être même un peu plus d’argent dans leurs poches pour se faire plaisir. https://www.who.int/fr/news-room/fact-sheets/detail/ambient-(outdoor)-air-quality-and-health http://www.stat.gouv.qc.ca/statistiques/economie/commerce-exterieur/bulletins/comint-vol19-no4.pdf Même chose pour le transport aérien – le plus pauvres n’en profitent que très rarement. https://ici.radio-canada.ca/info/2019/05/coltan-republique-democratique-congo-mines-enfants/

Programmation complète au

gatineau.ca/calendrier PARTICIPER À LA GUÉRISON DES MAUX DE CE MONDE, PLUTÔT QU’À SA MALADIE.

Le Portail de l’Outaouais - Octobre 2019

11


LE MOT DU CRIO

PAR VINCENT BOIVERT

La pauvreté rime-t-elle réellement avec la criminalité Ce n’est pas hier que sont apparus la pauvreté et la criminalité au sein de nos sociétés et encore moins aujourd’hui. Pourtant, on constate dans l’histoire certains moment où ces phénomènes sont non seulement plus présents, mais aussi considérés comme corollaires, comme allant l’un avec l’autre. Qu’en est-il réellement ? Est-ce que la pauvreté entraîne la criminalité ? Difficile de répondre exactement à cette question, encore plus en une page. Toutefois, si l’on se restreint au paysage québécois, on peut relever quelques pistes de réponses à l’aide d’une certaine réflexion de base. Une personne n’arrivant pas à combler, ou n’arrivant pas à combler convenablement, ses besoins de base tels se vêtir, se loger, se nourrir ou encore se divertir tendra parfois plus vers des solutions alternatives de revenus, dont certaines pourraient relever de ce que l’on qualifie de criminalité, qu’une personne dont tous les besoins sont convenablement comblés. En ce sens, des études montrent qu’une grande partie des personnes au sein du système correctionnel québécois sont des personnes vulnérables, aux prises avec des problèmes parfois multiples dont fait parfois partie la pauvreté.

Le Portail de l’Outaouais tient à remercier chaleureusement le Boston Pizza Promenade du Portage pour le don qu’ils ont offert à notre organisme. Grâce à votre générosité nous avons eu l’opportunité d’organiser un pique-nique pour féliciter nos valeureux camelots. 12

Le Portail de l’Outaouais - Octobre 2019

Toutefois, d’autres études soutiennent le fait que la criminalité vise aussi souvent la recherche d’un statut social auquel une personne en situation de pauvreté ne peut accéder dans une société de riches plutôt que la poursuite directe de biens matériels. C’est à ce moment que l’on peut évoquer le fait que la perception d’une société de ses personnes les moins riches a un impact fort sur ces dernières. En étudiant le phénomène, on se rend vite compte que la pauvreté est un facilitateur de la criminalité parmi une grande quantité d’autres facilitateurs, mais qu’elle ne permet en aucun cas ne la relation pauvreté = criminalité. On se rend aussi compte qu’une partie de la difficulté d’être dans une situation de pauvreté relève de la stigmatisation que nous appose la société, l’étiquette de « pauvre » qui fait sentir en marge de la société et qui, parfois, rend démuni face aux obstacles à franchir pour sortir de la spirale de la pauvreté et pousse par elle-même vers des solutions désespérées. Être dans une situation de pauvreté est déjà difficile, souvent anxiogène et presque toujours stigmatisant. Il est nécessaire de s’assurer à la construction d’une société plus inclusive pour réduire le plus possible les contrecoups de la pauvreté.

Nous tenons à remercier de tout cœur Le Troquet, pour sa participation, son soutien et sa contribution continue à la mission du Portail.

PARTICIPER À LA GUÉRISON DES MAUX DE CE MONDE, PLUTÔT QU’À SA MALADIE.


LE PREMIER PAS

FRANÇOIS BLAIS PAR GUYPAR LARUE

Les différents chemins (4e partie)

Après Cahors, on passe par Montcuq (qui ne se prononce pas comme ça s’écrit, le Q étant muet…) pour arriver à Lauzerte, un autre magnifique village fortifié, placé en haut d’un promontoire. En fait, j’exagère à peine en disant que des châteaux et des villages fortifiés, il y en a partout. L’amateur de vieilles pierres est comblé. Bon, Lauzerte c’est bien beau, mais la prochaine étape, c’est Moissac et il a fallu s’y rendre sous la pluie. Un sol argileux bien détrempé se transforme rapidement en bourbier. La boue s’accumule sous les bottes et il est très difficile de marcher dans de telles conditions. D’autant plus que nous avions vraiment l’impression de faire du sur-place. On n’avançait tout simplement pas, la distance nous séparant de Moissac semblait augmenter tout le temps. D’abord, nos guides indiquaient une étape de 20 ou 22 kilomètres, ce n’est pas si mal. Puis, les bornes indiquaient 24 kilomètres, ce qui est encore raisonnable. Mais en réalité, c’était 28 kilomètres. Voilà pourquoi le chemin nous paraissait si long. Il va sans dire que nous sommes arrivés trempés, sales et fourbus à Moissac. Qui, par ailleurs, abrite une église collégiale et un cloitre splendides. La prochaine étape nous amène à Auvillar par un sentier plat le long d’un canal. Aucune difficulté ce jour-là, sauf que notre gite est à un kilomètre du village et est situé en haut d’une colline. Tout va bien pour descendre, mais pour remonter, c’est moins évident. J’ai déjà dit que, après une journée de marche, on n’a plus vraiment envie de marcher. Ce soir-là, contrairement à ce que nous pensions, il n’y avait rien à manger près de notre hébergement. Devant notre air dépité quand nous avons appris qu’il fallait retourner au village pour trouver de la nourriture, notre hôte nous a gentiment offert de nous prêter sa voiture pour aller souper. Un superbe VUS presque neuf ! Il ne savait sans doute pas que c’était très dangereux de prêter sa voiture à des pèlerins fatigués qui auraient tout aussi bien pu partir en vacances au bord de la mer et abandonner leur pèlerinage ! Nous sommes, bien sûr, revenus au gite et avons chaleureusement remercié notre hôte de sa générosité.

Des anecdotes comme celle-là, on peut en raconter une pour chaque étape. Au gré des rencontres, il se produit très souvent des choses étonnantes. Pendant deux semaines, à partir de Condom, nous avons marché en compagnie d’un pèlerin breton. Au départ, nous ne savions rien de lui. En fait, sur le chemin, tous les pèlerins sont égaux, ils n’ont qu’un prénom, c’est tout. Il n’y a pas de classe sociale et tout le monde est habillé de la même façon. Tous portent leur sac à dos et finissent leur journée de marche en soignant leurs pieds et leurs jambes. Au fil des jours, nous avons appris que ce pèlerin, Allan, avait été musicien. Dans les années 1970, il avait été guitariste pour Alan Stivell. Il avait participé à l’enregistrement de trois disques (dont Renaissance de la harpe celtique) qui ont eu beaucoup de succès, même chez nous. Mais, à un moment donné, il a choisi de retourner aux études et a, par la suite, connu une grande carrière de juriste en France. Toutefois, un musicien reste un musicien et on a eu droit certains soirs à de fabuleux concerts. Notamment à Éauze avec Marcel de la maison Béthanie, à Maslacq avec monsieur Champetier de Ribes (un virtuose du banjo !), et à Navarrenx avec Manu chez l’Alchimiste. Des soirées mémorables dont on conserve un souvenir impérissable. À partir de Navarrenx, le paysage change. On entre dans le Pays basque, le piémont des Pyrénées. Le chemin redevient vallonné avec de belles montées. Finalement, on arrive à Ostabat, où trois chemins français se rejoignent, puis à Saint-JeanPied-de-Port, porte d’entrée du Camino francés, mais ça, c’est une autre histoire !

ANDRÉ FOURNIER TECHNICIEN - COMPTABLE

• Comptabilité pour PME • Cycle comptable complet • Gestion de copropriété • Préparations et analyses budgétaires • Rapports d’impôts • Rapports gouvernementaux (TPS, TVQ, DAS, CSST)

807-215, rue Mutchmore Gatineau QC J8Y 3V5 819-775-5987 / ajlfournier@gmail.com

PARTICIPER À LA GUÉRISON DES MAUX DE CE MONDE, PLUTÔT QU’À SA MALADIE.

Le Portail de l’Outaouais - Octobre 2019

13


ELLES

PAR UNE RÉSIDENTE

PAR GUY LARUE

Victime ou délinquante? En 2009, les femmes représentaient 21 % des adultes ayant été reconnu coupable d’une infraction au Code criminel (Statistique Canada, 2011). Pourtant, 90 % de ces femmes ont aussi été victimes de violence sexuelle, physique, verbale et psychologique au moins une fois dans leur vie (Statistique Canada, 2011). Voici mon histoire… À l’école, on me parlait de médiation et de résolution de conflit. On me disait que je devais être calme et exprimer ma colère en utilisant des mots, car c’est comme cela que les « grands » font. Mais à la maison, papa me frappait lorsque je parlais. Alors, je ne parlais plus et j’ai appris à frapper moi aussi. Je frappais tout le monde à l’école. Ceux qui me faisaient du mal et même ceux qui me faisaient du bien, car même ceux que tu aimes peuvent être méchants. Je me sentais seule et je ressentais un vide immense. Devant tout le monde, je me montrais redoutable et impénétrable. C’était moi la brute. Froide et dure comme de la brique, mais fragile à l’intérieur comme de la porcelaine. Mon adolescence n’a pas été facile non plus. Cherchant désespérément le regard des autres et l’affection, c’était à mon tour de me faire piéger. J’ai rencontré un homme. Il était gentil. Il m’écoutait et surtout, il voyait ma détresse et mon besoin d’être aimée et il le faisait bien, trop bien.

travers des clients plus difficiles, il a commencé à me donner de la drogue et avec le temps j’en vendais aussi à des clients pour les rendre moins agressifs. C’est là que je me suis fait arrêter et j’ai été incarcérée par la suite. Après ma peine, j’ai été dans une maison d’hébergement pour les femmes victimes de violence conjugale ou en difficultés temporaires. Les intervenantes m’ont aidé à me prendre en main et à me redonner du pouvoir. Parfois, je me demande ce qu’aurait été ma vie si j’avais vécu dans une famille saine et aisée où la violence n’aurait pas existé. Toutefois, l’important est que vous sachiez qu’il y a de l’espoir. Vous vivez de la violence ou avez des difficultés temporaires? Dites-vous qu’il est possible d’y mettre fin. Pour de plus amples informations, veuillez consulter notre site Internet : www.maisonlibere-elles.ca. Vous pouvez nous rejoindre 24 heures par jour, 365 jours par année au 819 827-4044 et profiter de nos différents services offerts aux femmes victimes de violence ou vivant des difficultés temporaires et à leurs enfants : soutien psychologique, accompagnement, hébergement, groupe de soutien, atelier de sensibilisation, services externes et jeunesse.

De l’amour à la manipulation. Du contrôle à la violence. Cet homme si gentil me gâtait sans cesse. Des bijoux, des vêtements, des sorties au restaurant. Je n’avais jamais eu autant de plaisir et d’attention. Puis, il m’a demandé ensuite de lui faire des faveurs sexuelles que je ne souhaitais pas faire, mais j’ai accepté parce que je ne voulais pas qu’il m’abandonne. Il m’a ensuite demandé de faire la même chose, mais avec un autre homme. Il me disait qu’il était endetté jusqu’à la gorge et qu’il allait se faire violenter s’il ne remboursait pas ses dettes. Alors, j’ai accepté parce que je ne voulais surtout pas qu’il m’abandonne. Au début, il prenait l’argent que je faisais pour rembourser ses dettes, disait-il, et il gardait une petite somme pour m’offrir des cadeaux. Il me remerciait sans cesse et me disait à quel point il m’aimait. Avec le temps, je ne voyais plus la couleur de cet argent et il me dénigrait constamment si je ne faisais pas assez d’argent avec mes clients. « Tu es une pute sans valeur », me disait-il. Avec le temps, moi aussi j’y ai cru. Pour passer à

14

Le Portail de l’Outaouais - Octobre 2019

PARTICIPER À LA GUÉRISON DES MAUX DE CE MONDE, PLUTÔT QU’À SA MALADIE.


REGARD VIF

PAR JACINTHE POTVIN

Les parents sont-ils en grande partie responsables de la délinquance juvénile de leurs enfants ?

Crédit photo : PIXABAY prof_nipunsharma

Oui, souvent. Il est manifeste que personne d’autre que les parents ne peuvent avoir sur les enfants une plus grande influence, celle-ci étant d’ailleurs bénéfique ou néfaste. En effet, les parents influent sur l’esprit et le cœur de leurs enfants, depuis leur plus jeune âge car pour ces derniers leurs parents sont des Dieux !

Même si des parents responsables passent des années à essayer de développer de bonnes habitudes chez leurs enfants, tout ce travail peut être gâché aussi par les fréquentations malsaines de ces derniers.

Des enfants à qui l’on n’enseigne pas les justes principes et valeurs peuvent facilement devenir délinquants. Bien souvent, les parents sont tellement pris dans un rythme effréné par leur emploi ou leurs autres activités qu’ils négligent d’accorder aux plus jeunes l’attention indispensable dont ils ont crucialement besoin.

Lorsqu’un père a demandé ce qu’il pouvait faire pour éviter que ses enfants ne deviennent délinquants, un juge des enfants, magistrat de longue date, lui répondit : « Aimez votre femme. » Il expliqua : « Si les parents se témoignent réciproquement de l’amour, il n’y aura pas de problèmes avec les gamins. » En effet, une ambiance familiale empreinte d’amour est une des premières conditions à remplir pour prévenir la délinquance. En général, un bon exemple déteint sur les enfants.

Mais s’assurer que les enfants reçoivent la direction nécessaire à leur vie n’est pas chose facile. La discipline est nécessaire pour que les enfants prennent au sérieux les responsabilités. Qui d’autre que les parents serait mieux placé pour administrer une telle discipline ? Quand ils négligent de l’appliquer, la délinquance en est d’habitude le contrecoup. Trop souvent, les parents ne se montrent pas fermes avec leurs enfants pour la bonne raison qu’ils ne sont déjà pas fermes avec eux-mêmes. S’ils donnent un mauvais exemple en étant malhonnêtes et irrespectueux vis-à-vis des autorités en place, qui est à blâmer si leurs enfants les imitent ? Il y a cependant des parents qui ont essayé de faire de leur mieux pour éduquer leurs enfants, mais ceux-ci tournent mal. Pourquoi ?

Que peuvent faire les parents pour prévenir la délinquance ?

Cela signifie-t-il qu’il faut laisser l’enfant faire ce qu’il veut ? Un autre juge donne cet avertissement : « Un moyen infaillible de rendre votre enfant malheureux consiste à satisfaire toutes ses exigences. » Parfois, il est nécessaire aux parents de dire « Non » et de s’en tenir là. Témoigner un amour véritable et guider son enfant nécessitent de la fermeté et une discipline saine et constante. Quand les parents se montrent fermes, leurs enfants se rendent compte en leur for intérieur que leur père et mère se soucient d’eux. Ils chercheront peut-être à discuter, mais de fait, ils apprécient la sécurité que procure une telle fermeté. Le cœur d’un enfant sera surtout touché si, tout en étant fermes, ses parents s’intéressent à lui avec amour.

Les parents sont-ils toujours fautifs ? Non, car nous vivons dans un monde où les principes en vogue sont bien différents de ceux qu’enseignent de nombreux parents. Nos enfants connaissent un monde égoïste, immoral et malhonnête. Les pressions exercées par les camarades d’école ou de jeux, sans parler de l’empreinte laissée par les films ou les émissions de télévision corrompus, peuvent saper les meilleurs efforts fournis par des parents.

Comme disait ma mère et je la cite « Si vous saviez mes enfants comment il serait plus facile de vous dire oui plutôt que non. J’éviterais de m’épuiser en subissant des crises et j’éviterais des heures d’explications, mais si je vous disais oui PARCE QUE C’EST PLUS FACILE POUR MOI, je vous manquerais d’amour ».

PARTICIPER À LA GUÉRISON DES MAUX DE CE MONDE, PLUTÔT QU’À SA MALADIE.

Le Portail de l’Outaouais - Octobre 2019

15


UNE JOURNÉE AU GÎTE

PAR LISE PARADIS

Le Gîte Ami 85, rue Morin Gatineau (Québec) J8X 0A1 819 776 0134

Suzette Fénélon, Mom, toujours au coeur du Gîte Ami ! “C’est l‘heure du repas au Gîte Ami. Tous les usagers passeront devant “Mom”, surnom affectueux que les usagers ont donné à Suzette Fénélon. « Veux-tu du poulet ou des pâtes? De la soupe? Tiens, n’oublie pas ton dessert. » “Mom” est plus petite que la plupart des personnes qui défilent devant elle mais elle a de l’autorité et du respect. Sait-on que Suzette Fénélon a été pendant cinq ans cuisinière à l’ambassade du Canada en Haïti? Un jour, un employé du ministère des Affaires étrangères l’invite à venir travailler au Canada; la voilà qui débarque en octobre 1979. C’est froid, elle s’ennuie de sa famille, de son fils et de son mari qu’elle a laissés là-bas. Au bout d’un an, elle veut s’en retourner en Haïti. Elle persévère quand même et en 1990, elle devient la première cuisinière attitrée au Gîte Ami. La cuisine est modeste : Mom cuisine sur un petit poêle de restaurant à deux ronds ! Mom n’a pas de livre de recettes, elle improvise tout le temps. Ce que les usagers aiment le plus? Sans contredit, la sauce à spaghetti; ensuite, le pâté chinois arrive bon deuxième. Elle aime préparer ce que les gens aiment. Mom aime évoquer le premier Noël au Gîte Ami. Car le temps des fêtes est plutôt triste pour les usagers : les gens ont rompu avec leur famille, ils sont sans nouvelles de leurs enfants. Ce soir-là, dans la tradition du Gîte Ami, Il y eut des chants, une messe, et la distribution de cadeaux par le Père Noël. (« N’oublie pas de remercier les donateurs qui permettent d’acheter ces cadeaux », qu’elle fait promettre d’écrire.) C’est son plus beau souvenir.

16

Le Portail de l’Outaouais - Octobre 2019

Le jour de la Saint Valentin 2013, deux équipes d’employés du Baccara ont bénévolement organisé, préparé et servi le repas aux usagers et employés du Gîte Ami. À l’occasion, le cuisinier en chef du restaurant a offert à Mom le costume officiel du cuisinier du Baccara (toque, veste de cuisinier, pantalon). Cet hommage est fort justifié : s’il y a une cuisinière qui réussit à faire des miracles avec rien, c’est bien elle! Pense-t-elle à sa retraite? « J’ai soixante-cinq ans mais je ne suis pas prête : je suis trop en forme pour ça!» Néanmoins, en janvier 2014, elle passera à trois jours par semaine. Tout arrêter, ce serait comme abandonner ses enfants, qu’elle dit. Ce n’est pas sans raison que les personnes qui logent temporairement au Gîte, l’appellent Mom ! “ Ceci est un ancien texte que j’ai retrouvé dans les archives du Gîte Ami, malheureusement, sans nom d’auteur. Je tenais à vous le présenter car Mom est encore à l’emploi du Gîte Ami en 2019. Elle y effectue des remplacements et excelle toujours en cuisine mais également au niveau des relations qu’elle établie avec les gens. Nous tenons à lui rendre un hommage particulier pour ses 71 ans ce 16 septembre. Bonne Fête Suzette, Mom, et merci pour toutes ces personnes que tu considères et traites comme tes enfants !

PARTICIPER À LA GUÉRISON DES MAUX DE CE MONDE, PLUTÔT QU’À SA MALADIE.


PSYCHOYOGIE

PAR VALÉRIE BRASSARD LEPAGE

Femme lumière

Crédit photo : PIXABAY

Je suis femme Lumière C’est le Divin sur la terre C’est une flamme d’amour Qui séjourne sur mon parcours.

Je suis femme Lumière Par le Divin et par mes mains Qui retient et sourit à la vie L’Essentiel de la vie.

Je suis femme Lumière Par la douceur et par l’ardeur La conscience et l’amour Que j’offre à chaque jour.

Je suis femme Lumière C’est l’accord de l’intériorité De la familiarité Pour recevoir et donner.

Je suis femme Lumière Connaissance et espérance Qui navigue sous le cieux D’un coeur vibrant et heureux.

Je suis femme Lumière Tendresse et courage Qui s’exerce et qui s’engage À un présent heureux

Je suis femme Lumière Éclat de vie sur la terre Jeunesse d’amour et de vie Qui transforme et qui bénit.

Je suis femme Lumière Par ma foi par ma joie Qui souris et réjouis Et qui aime et qui grandit.

Je suis femme Lumière Au-delà des morts et des rivières Au vent bienveillant Libre souffle de l’enfant

PARTICIPER À LA GUÉRISON DES MAUX DE CE MONDE, PLUTÔT QU’À SA MALADIE.

Je suis femme Lumière Je suis femme d’Amour Je suis femme de Vie Karuna Om Shanti

Le Portail de l’Outaouais - Octobre 2019

17


POINT DE VUE DU PROF

PAR NÉRÉE ST-AMAND Professeur titulaire École de service social, Université d’Ottawa

Des jouets pour les boys?

(Violence armée et genre) (1ère partie)

Crédit photo : PIXABAY GoranH

Il ne se passe plus une journée sans que nous ne soyons témoins de violence armée, tant ici au Canada que chez nos voisins du sud ou ailleurs. Les chiffres, alarmants et en constante évolution, nous invitent à poser certaines questions d’ordre social plutôt qu’individuel. Des chiffres qui parlent En 2017, 40,000 personnes ont été tuées dans des conflits violents aux USA, soit 109 personnes par jour. Qui plus est, ces tendances ne cessent d’augmenter. Depuis 1968, près de 2 millions de personnes ont été tuées par des armes violentes, soit plus de victimes que toutes les guerres réunies depuis 200 ans. À partir de 2015 : les morts par violence armée dépassent l’ensemble des tragédies routières. Les recherches sur les causes de mortalités posent une autre série de questions. Pour le diabète et l’hypertension, les recherches par cause de mortalité sont de plus de $10,000 par personne; pour les HIV, $182,000! Celles étudiant les mortalités causées par les armes à feu : $63! Évidemment, plusieurs s’insurgent, du moins en paroles, proclamant qu’il faut diminuer cette violence. Curieusement, personne ne mentionne qu’il faut éliminer la violence, armée ou pas. Plus près de chez nous, certaines villes sont souvent dans la mire des médias : Toronto, Vancouver, Montréal, Winnipeg. Ici ou ailleurs, on souligne souvent certaines catégories de personnes violentes : les personnes noires, les personnes de religion musulmane, les personnes psychiatrisées. Mettre en évidence certaines autres variables pourrait-t-il nous aider à mieux comprendre? Revoir certaines variables? On insiste très peu sur le fait que ce sont à peu près toujours des hommes qui commettent de tels crimes. En effet, 99% des hommes sont les auteurs de violence armée. De jeunes hommes en plus. Dans ce contexte, violence et genre auraient peut-être avantage à être explorés. Comment se fait-il que ce sont nos jeunes hommes qui deviennent violents? Et pourquoi ne pas l’identifier clairement, par exemple, cette violence des hommes? Dans ce contexte, certains phénomènes pourraient-ils être associés à la montée des mouvements d’extrême-droite, de violence et de haine?

18

Le Portail de l’Outaouais - Octobre 2019

Les personnes psychiatrisées : on traite facilement ces « criminels » de fous, de personnes possédant un dossier psychiatrique. Facile de rejeter le tout sur le dos d’un état d’instabilité! Or, se peut-il que les médicaments psychotropes qu’on leur prescrit engendre la violence ou soit un élément déclencheur de violence? Certaines recherches le démontrent, mais on n’ose pas en parler, car il ne faudrait pas toucher ces dieux des temps modernes : la psychiatrie et ses médicaments… Voir Lenglet en bibliographie. La violence policière : plusieurs recherches démontrent que les forces «de l’ordre» utilisent beaucoup des stratégies violentes, en particulier contre certaines catégories de personnes : jeunes, noires, personnes homosexuelles. La question peut se poser : se peut-il que la violence dont font preuve les forces policières soit un des éléments de la violence que nous connaissons actuellement? Il reste que les pays où les forces de l’ordre ne sont pas armées connaissent un taux de violence bien moins élevé. La violence politique : des discours haineux de la part de certains politiciens, ici ou ailleurs, alimentent la haine et incitent, directement ou non, à la violence. En plus d’avoir en tête nos voisins du sud on peut penser à certains réseaux sociaux qui alimentent la violence. Les autres formes de violence. La violence armée n’est qu’un élément de l’ensemble des pratiques de violence; plusieurs autres formes ne sont pas mentionnées, car peut-être moins visibles, bien que tout aussi inacceptables. La violence appelée domestique, qu’elle soit intime, sexuelle, verbale, soit celle des hommes envers les femmes n’est médiatisée que dans les cas sensationnels, comme l’incident récent à Québec ou un homme a mis le feu à son ex-conjointe. La polarisation, la stigmatisation, l’obsession de la diversité, la survalorisation de la différence, le mépris, le refus de communiquer et de débattre constituent quelques exemples d’attitudes violenticides. Voir More in Common en bibliographie. Penser autrement pour faire autrement? Il y aurait lieu de voir comment la violence armée se vit dans d’autres parties du monde; en ce sens, quelques exemples permettraient de penser autrement. Par exemple, la police danoise a déchargé seulement onze fois en 2006. En 2014 les agents finlandais ont utilisé six cartouches. Et la police britannique a tué moins de civils en 24 ans que les policiers américains dans les 24 premiers jours de 2015. Si l’on compare le nombre d’années

PARTICIPER À LA GUÉRISON DES MAUX DE CE MONDE, PLUTÔT QU’À SA MALADIE.


PAR MICHEL PRÉVOST

UNE PAGE D’HISTOIRE D’ICI

D.U., président de la Société d’histoire de l’Outaouais

L’Auberge Symmes, le joyau du patrimoine bâti de Gatineau Le Musée de l’Auberge Symmes s’avère l’un des plus beaux bâtiments patrimoniaux de l’Outaouais. Il est désigné monument historique national par la Commission des lieux et monuments historiques du Canada et est classé monument historique par le gouvernement du Québec. En 2002, la Commission des biens culturels du Québec demande aux villes du Québec de désigner dix bâtiments patrimoniaux les plus significatifs de leur territoire et par la suite de choisir le plus important pour l’histoire et le patrimoine. À Gatineau, dix coups de cœur sont choisis par secteur. Par la suite, la Ville demande au président de l’Association du patrimoine d’Aylmer, Richard Bégin, à la présidente de la Société d’histoire de Buckingham, Lucie Brazeau, et au président de la Société d’histoire de l’Outaouais, Michel Prévost, de déterminer le joyau du patrimoine. Le choix unanime se porte sur l’Auberge Symmes construite en 1831. Charles Symmes L’auberge porte le nom de Charles Symmes, un membre de la grande famille Wright. On le considère comme le fondateur d’Aylmer qui au début s’appelle Symmes Landing. Symmes est le neveu de Philemon Wright, le fondateur du canton de Hull en 1800. Originaire du Massachusetts, il arrive en 1819 pour aider son oncle à la ferme Chaudière, au lac Chaudière, aujourd’hui Deschênes.

Crédit photo : Pixabay fantareis

Pendant plusieurs décennies, l’Auberge Symmes s’avère très populaire, mais dans la deuxième moitié du XIXe siècle, le chemin de fer devient un sérieux compétiteur pour les bateaux et les clients sont de moins en moins nombreux. En 1890, un incendie endommage l’hôtel qui est transformé en maison de chambres. Par la suite, il loge le club aquatique, puis sombre dans l’oubli. L’ancienne auberge tombe presque en ruine lorsque la Société d’aménagement de l’Outaouais la restaure à la fin des années 1970. Par la suite, ce sera un restaurant, puis le Musée de l’Auberge Symmes qui met en valeur l’histoire de la région et de la rivière des Outaouais. Un style architectural unique Le bâtiment de pierre a fière allure avec ses deux grandes galeries, ses grandes fenêtres, ses lucarnes, son magnifique toit en bardeaux et ses grandes cheminées doubles de chaque côté. Il est de style gothique avec tout de même des accents d’époque Régence. En plus, il emprunte plusieurs éléments de l’architecture domestique en vogue dans la région de Montréal au début du XIXe siècle. Enfin, il est rassurant de savoir que le classement reçu en 1974 protège non seulement le bâtiment, mais aussi son environnement, ce qui est exceptionnel en Outaouais. Pour mieux connaitre le Musée de l’Auberge Symmes, voir : http://symmes.ca/

C’est un malheureux concours de circonstances qui fait que Symmes devient le responsable de la ferme Chaudière. Philemon fils, qui s’en occupe meurt dans un accident de diligence et Philemon père demande à son neveu de le remplacer. Symmes voit le potentiel de l’endroit qui prend son nom. Il s’affranchit rapidement de son oncle qui aime contrôler tout ce qui se passe dans son canton. En réalité, le neveu est aussi ambitieux que l’oncle et il est connu que les deux hommes ne s’entendent pas. Wright va même poursuivre son neveu pour une question d’argent, mais Symmes se libère vite de ses dettes et de la tutelle de son oncle. Symmes voit qu’il est avantageux de construire un hôtel près de lac, puisque les voyageurs qui arrivent de la route de Hull afin d’éviter les rapides y passent la nuit avant de repartir en bateau pour remonter l’Outaouais. L’hiver, les transports se font en traineaux sur la glace.

Crédit photo : Michel Prévost

PARTICIPER À LA GUÉRISON DES MAUX DE CE MONDE, PLUTÔT QU’À SA MALADIE.

Le Portail de l’Outaouais - Octobre 2019

19


de formation des policiers-policières en fonction des pays, on constate que ce sont les pays qui exigent les plus hauts niveaux de formation – généralement de niveau premier cycle universitaire – où l’on retrouve le moins d’accrocs à l’éthique et à l’intégrité. En conclusion, force est de constater que la violence est un phénomène complexe, qui évolue selon les époques, les climats politiques, économiques, les genres. Identifier le problème de façon plus précise, comme par exemple, violence et genre, violence et statut social, violence et éducation, violence et climat politique, pourrait peut-être nous aider à en comprendre certains enjeux. Et poser la question de l’utilisation des jouets-pistolets chez nos enfants, jeunes garçons en particulier, pourrait-il inciter l’utilisation de la violence armée de certains, devenus adultes? Bibliographie https://www.ledevoir.com/opinion/lettres/560542/lettre-de-la-banalite-dumal https://www.youtube.com/watch?v=IB0_FzW3ra0&t=1991s Roger Lenglet : https://www.actes-sud.fr/catalogue/societe/psychotropes-et-tueries-de-masse Le mouvement More in Common tente de comprendre les effets délétères de l’overpolarisation.

20

Le Portail de l’Outaouais - Octobre 2019

Meditation du mois Très discrètement, l,Univers vous parle par l’entremise de vos pensée et de vos émotions. Écoutez la voix divine de votre conscience. Écoutez cette voix et vous ne serez jamais déçus de ce qui se produira dans votre vie. Écoutez cette voix calme et intime et vos nerfs fatigués se calmeront. La Voix divine vient à vous en vous apportant force et tendresse, puissance et

repos. La force morale de l’homme puise son efficacité dans le pouvoir qui est nôtre lorsque nous écoutons patiemment cette voix calme et intime. Je demande de pouvoir entendre cette Voix de Dieu » calme et intime. Je demande d’obéir aux conseils de ma conscience.

PARTICIPER À LA GUÉRISON DES MAUX DE CE MONDE, PLUTÔT QU’À SA MALADIE.


L’HABITATION

PAR LE ROHSCO

Crédit photo : PIXABAY PhotoMIX-Company

Élections fédérales 2019 et la campagne Je choisis le logement communautaire, un toit pour tous

Le 21 octobre prochain, les Canadiens iront aux urnes pour élire le prochain gouvernement. Pour les fédérations régionales et pour les regroupements nationaux en habitation sociale et communautaire, c’est aussi une opportunité de rappeler aux candidats canadiens et québécois l’importance de l’accessibilité au logement de qualité. Ce déterminant social de la santé signifie que chaque citoyen devrait avoir accès à un logement correspondant aux revenus des ménages et au nombre d’occupants, qu’il soit salubre, en bon état et dans un environnement sécuritaire. Ces revendications entourant l’amélioration globale des conditions d’habitation doivent s’accompagner d’outils d’intervention, comme les démarches en soutien communautaire, pour favoriser le développement optimal de l’intégration de la vie en société. Or, afin de dresser un portait global des projets de logement communautaire des différentes circonscriptions québécoises et de susciter l’intérêt des candidats locaux sur l’importance de se loger en toute dignité humaine, le Réseau québécois des OSBL d’habitation (RQOH, 2019) a mis sur pied l’outil, Je choisis le logement communautaire, élections 2019, un toit pour tous, accessible au lien ci-dessous. Une fois que la page web est ouverte, il suffit d’inscrire le nom de la circonscription dans le moteur de recherche. Pour l’Outaouais, on peut y retrouver les comtés d’Argenteuil-La Petite Nation (42 510 ménages), Gatineau (45 555 ménages), Hull-Aylmer (47 950 ménages), sans oublier le Pontiac (46 510 ménages). Plus spécifiquement à l’Outaouais, la région est confrontée à une grave pénurie de logements. Comme le laisse entendre François Roy (cité par le RQOH, 2019), le taux d’inoccupation est d’autant plus marqué pour les familles nombreuses et à faible revenu. En ce qui concerne la pauvreté, la Vallée-de-la-Gatineau et le Pontiac demeurent parmi les cinq territoires les plus pauvres du Québec. Dans la MRC du Pontiac, 98% de ses citoyens sont à faible revenu. Plusieurs facteurs expliquent cette présente crise. D’abord, notons les répercussions des inondations et des tornades qui frappent la région depuis 2017, alors que des milieux de vie ont été détruits ou endommagés et, par le fait même, ont augmenté le nombre de personnes à la recherche de logement. Ajoutons que dans le secteur Gatineau, le bilan migratoire de 2018 est cinq fois plus nombreux, 2300 personnes veulent s’installer sur le territoire. Notons que le coût moyen des loyers ne cesse d’augmenter dans le secteur Gatineau, alors que le prix moyen d’un appartement de deux chambres est évalué à 794$. Les groupes en logement communautaire de la région continuent de jouer un rôle crucial dans la mise en œuvre des mesures d’urgence, en plus de constituer une réponse à long terme à l’amélioration globale des conditions d’existence.

Au Québec, 457 000 ménages locataires sont en situation de précarité financière, c’est-à-dire que 262 000 ménages consacrent entre 30% et 50% de leurs revenus au coût du loyer et que plus de 82 000 ménages déboursent plus de 80% de leur budget pour avoir un chez-soi (RQOH, 2019). Autrement dit, les personnes sont privées de leurs besoins fondamentaux et doivent faire des choix déchirants au quotidien, dont choisir entre se nourrir, se loger ou payer par exemple les effets scolaires de leurs enfants. En ce qui concerne plus spécifiquement le logement communautaire, 83% des locataires ont un revenu annuel de moins de 20 000$. De ce nombre, soulignons que 67% des locataires sont âgés de 55 ans et plus et que 63% d’entre eux s’identifient comme femme. À l’échelle canadienne, on estime qu’au moins 1,8 million de ménages, dont 1,2 million d’enfants, habitent dans des conditions de logement qui excèdent leur capacité de payer (RQOH, 2019). La Stratégie nationale sur le logement, diffusée le 22 novembre 2017, prévoit mettre en place une moyenne de 6000 logements par année. Il s’agit d’une avancée si l’on considère que le gouvernement fédéral a retiré son soutien pendant plus de 20 ans. Rappelons qu’entre 1960 et 1995, le gouvernement fédéral finançait une moyenne de 25 000 logements sociaux et communautaires par année. Cependant, comme soutenu par le RQOH (2019), c’est donc dire que la Stratégie nationale sur le logement ne constitue pas un nouveau programme gouvernemental, mais plutôt le renouvellement de l’engagement que le Parlement canadien avait pris il y a 40 ans avec le Pacte international relatif à la promotion des différents droits économiques, sociaux et culturels de la personne. Sources Réseau québécois des OSBL d’habitation-RQOH (2019, consulté le 7 août). Élections à Ottawa : faire du logement un enjeu majeur. Repéré à : https://rqoh.com/elections-a-ottawa-faire-du-logement-un-enjeu-majeur/ Réseau québécois des OSBL d’habitation-RQOH (2019, consulté le 7 août). Je choisis le logement communautaire. Élections 2019. Un toit pour tous. Argenteuil-La Petite-Nation, Gatineau, Hull-Aylmer et Pontiac. Repéré à : https://rqoh.com/evenements/je-choisis-le-logement-communautaire-elections-2019/

PARTICIPER À LA GUÉRISON DES MAUX DE CE MONDE, PLUTÔT QU’À SA MALADIE.

Le Portail de l’Outaouais - Octobre 2019

21


TA NATURE

PAR JACINTHE COMEAU

Être itinérant et être femme, vraiment ?

Crédit photo : PIXABAY PhotoMIX-Company

En 2019, être itinérant dans un pays riche comme le nôtre, au Québec, vraiment ? Il pourrait exister tous les préjugés possibles, je me questionne encore sur ce qui ne tourne pas rond dans notre Belle Province. Les individus bien nantis ont-ils peur d’attraper la « misère » telle une maladie ? Ont-ils peur de renoncer à leur confort au point où les pauvres seraient devenus une menace à leur bien-être individuel. Sont-ils jaloux des SDF (sans domicile fixe) qui « semblent » vivre de liberté ? Les riches savent-ils seulement qu’ils ont des peurs ? Qu’ils ont le droit de les exprimer ouvertement ? Les moins nantis ne vont rien enlever aux richissimes de ce monde. Au contraire, c’est en partageant que nous nous enrichissons. Encore faut-il le vouloir et le désirer ardemment ! Saviez-vous que l’itinérance invisible chez les femmes existe bel et bien ? Voici mon récit : Je me suis retrouvée à la rue en 2018, pour cause principale, l’endettement. Je me situais à cet instant parmi la « statistique invisible ». J’ai raconté, à tort, que je m’entrainais pour aller marcher à Saint-Jacques-de-Compostelle. Les gens m’ont crue, je crois. Après le budget calculé, je devais choisir entre payer un loyer ou me nourrir. Quel choix auriez-vous fait si vous aviez pris ma place ? Avec le peu de dignité qu’il me restait, j’achète de l’équipement de camping pour éviter de m’apitoyer sur mon sort. Ouf ! L’hiver a été plus dur que je pensais. Faire du camping par nécessité et faire du camping par plaisir ; aucune comparaison possible. Me balader seule dans les rues, sans but, en regardant les maisons luxueuses, comme une Petite Fille

22

Le Portail de l’Outaouais - Octobre 2019

aux Allumettes, ne se justifie pas facilement. Seulement, quand je me rappelais les deux années qui ont précédé, vivant dans des appartements infestés d’insectes nuisibles, je me suis dit que dormir à la belle étoile devenait la moins pire des solutions. Du moins, je dormais avec des insectes qui se retrouvaient dans leur environnement respectif donc dans leur habitat naturel ; ce qui me dégoûtait moins. Le sans-abrisme pourrait être perçu comme un choix. Bien au contraire, personne ne se vante en prétextant dormir dehors sans abri, sans sécurité et sans réconfort. Dans ma situation, le désir d’autonomie l’emportait sur mon bon jugement. Aussi, la perte de motivation pour trouver un logement salubre et abordable avec mon maigre salaire minimum transparaissait dans ma prise de décisions. Si je louais une chambre à prix modeste, ce sont le plus souvent des colocs hommes ou des colocs avec des problèmes de santé mentale qui m’attendaient. À ce moment-là, tu peux dire adieu à ton intimité. Pourtant, une femme nécessite fondamentalement son espace personnel et de liberté. Pendant mon « périple », j’ai réalisé que je possédais une « tonne » de compétences et que ce cauchemar ne pouvait qu’être temporaire. Ainsi, je me suis rappelé qu’étant jeune, mon père, ex-animateur de scouts, enseignait aux jeunes comment survivre en forêt : allumer un feu, construire un radeau ou bien découvrir les plantes comestibles. Et ce, en harmonie avec la Nature. Si je m’en suis sortie aujourd’hui et que j’ai enfin trouvé un logis convenable, c’est grâce à ces souvenirs précieux de personnes qui m’ont appris que la débrouillardise, ça s’apprend !

PARTICIPER À LA GUÉRISON DES MAUX DE CE MONDE, PLUTÔT QU’À SA MALADIE.


« Selon une légende du 19e siècle la Vérité et le Mensonge se sont rencontrés un jour. Le Mensonge dit à la Vérité : “Il fait très beau aujourd’hui” La Vérité regarde autour d’elle et lève les yeux au ciel, le jour était vraiment beau. Ils passent beaucoup de temps ensemble jusqu’au moment d’arriver devant un puits. Le Mensonge dit à la Vérité : “L’eau est très agréable, prenons un bain ensemble !” La Vérité encore une fois méfiante touche l’eau, elle était vraiment agréable. Ils se déshabillent et se mettent à se baigner. D’un coup, le Mensonge sort de l’eau, met les habits de la Vérité et s’enfuit. La Vérité furieuse sort du puits et court partout afin de trouver le Mensonge et de récupérer ses habits. Le Monde en voyant la Vérité toute nue tourne le regard avec mépris et rage. La pauvre Vérité retourne au puits et y disparait à jamais en cachant sa honte. Depuis, le Mensonge voyage partout dans le monde habillé comme la Vérité, en satisfaisant les besoins de la société, et le Monde ne veut dans aucun cas voir la Vérité nue. » Tableau : “La Vérité sortant du puits” Jean-Léon Gérôme, 1896.

Lorsque nous nous guérissons nous-même, nous guérissons la génération qui suit. La souffrance traverse la lignée familiale jusqu’à ce que quelqu’un soit prêt A y faire face, A la ressentir, A la soigner et A la laisser partir. Art : Ericka Lugo

Le Portail de l’Outaouais et un camelot sont présents aux kiosque des Galeries de Hull tous les premiers mardis du mois.

PARTICIPER À LA GUÉRISON DES MAUX DE CE MONDE, PLUTÔT QU’À SA MALADIE.

Le Portail de l’Outaouais - Octobre 2019

23


COLLECTE DE FONDS

sobre octobre Quel est votre péché mignon ? Prenez une pause au mois d’octobre puis redonner du même coup ! Puis, du 1er au 10 novembre, versez ces économies par virement Interac à portaildeloutaouais@gmail.com ou via Simplyk sur notre site web : www.leportaildeloutaouais.org Assurez-vous de nous écrire vos coordonnées complètes, une mention spéciale sera publiée dans l’édition de décembre 2019 et un reçu pour impôts vous sera émis.


Millions discover their favorite reads on issuu every month.

Give your content the digital home it deserves. Get it to any device in seconds.