__MAIN_TEXT__
feature-image

Page 1

OCT. 2018

L’ENTREVUE

avec Normand Veillette

L’accumulation compulsive L’alcool, un adversaire redoutable ! Le peuple Dagara et la maladie mentale

Visitez notre site web leportaildeloutaouais.org

3$


NOTRE CONSEIL D’ADMINISTRATION Président : Trésorier : Secréraire : Administratrice : Administrateur : Administratrice : Administrateur : Directeur, Éditeur et Fondateur :

Sylvain Roy Guy Desjardins Valérie Patry Émilie Boisvenu Jérémie Roy Geneviève Hamelin Marcel Bertrand

Correcteurs/trices :

Christian Gosselin

Infographiste : Imprimerie :

Dernière lecture : Intervenante : Vidéaste : Photographes

Michelle Morin Caroline Malo André Guyon France Laplante Kassandra Bélisle Marie Laure Turmel France Laplante Christian Gosselin Isabelle Sabourin (du Progrès) Imprimerie du Progrès

Merci aux nombreux bénévoles

Le Portail de l’Outaouais est membre de : Le CRIO, du ROHSCO et de la TROCAO 819 230-4988 / portaildeloutaouais@gmail.com / www.leportaildeloutaouais.org

BAILLEURS DE FONDS

PARTENAIRES SUPÉRIEURS

PARTENAIRES DÉVOUÉS Le Portail de l’Outaouais, l’organisme, a un système de valeurs, des croyances et des philosophies biens définis.

NOS AMIS

Son directeur, ses employé-es, ses bénévoles et son conseil eux, ces êtres humains, ont eux aussi un système de valeurs, des croyances et des philosophies bien définis et espérons-le, sont grandement compatibles avec celui de l’organisme. Le Portail de l’Outaouais, le magazine, l’outil, lui n’en a aucun. Bien que sa tendance penche majoritairement vers l’empathie et l’acceptation de nos citoyens fragilisés dans leurs défis quotidiens, il demeure un espace ouvert à toutes les perceptions, un lieu où tous et toutes ont la liberté de s’exprimer ouvertement, cette liberté s’arrêtant là où elle empiète sur la liberté d’autrui. Ceci étant dit, l’organisme n’adhère à, ni ne conteste aucune information partagée et publiée dans ce présent ouvrage.

Pour reçu d’impôt

2

Agence du revenu du Canada

Le Portail de l’Outaouais - Octobre 2018

80683 4388 RR0001

ISNN 2371-2384

PARTICIPER À LA GUÉRISON DES MAUX DE CE MONDE, PLUTÔT QU’À SA MALADIE.


L’ÉDITORIAL

PAR CHRISTIAN GOSSELIN Éditeur

Fragile. Depuis huit ans ma vie va tellement bien, tellement mieux, de mieux en mieux. 5.4 secondes d’inattention viennent de mettre cette vie merveilleuse sur un tout nouveau plan. Revenir d’une « ride » superbe en moto jusqu’au fleuve par un samedi magnifique en compagnie de ma conjointe, tranquillement sur le Aviation Parkway, presqu’arrivé chez-nous, 55 km/hre, totalement heureux et BAM, dans le cul de l’automobile de devant qui s’est soudainement arrêtée, pourtant très loin devant nous quelques secondes avant. Ils sont beaux les chevaux de la Gendarmerie Royale. Un stupide accident de moto, mais oui. Tellement d’organes vitaux ont été touché et d’os brisés que c’est par pur miracle que je suis disposé à vous écrire ses lignes en ce moments. Heureusement seule la rate fut littéralement anéantie. Me voilà un autre morceau en moins. Moi, je m’en sors bien finalement, deux mois de rétablissement. Ma blonde elle s’est cassé le cou. Aucune paralysie, Dieu merci. Il y a maintenant trois semaines elle n’arrivait à bouger absolument rien. Aujourd’hui elle bouge ses bras, ses jambes, ses mains, ses pieds, un peu les doigts et un peu moins les orteils. Il y a espoir.

En 5.4 secondes d’inattention ou d’un surplus de béatitude au volant d’un véhicule à deux roues et voilà que notre vie a changé drastiquement. C’est fragile la vie. À 120 en entrant dans Montréal j’aurais compris. À 55 sur une promenade, j’avoue ne pas encore bien saisir…….ne me reste qu’à voir où cela nous pousse. C’est fragile la vie. Elle vous lance ses détours de parcours dans les moments les moins attendus et voilà un nouveau défi. Pour moi cette fois, ce n’est qu’un stupide accident de la route comme ça arrive chaque jour à plusieurs dont nous sommes sortis vivants. Pour les séquelles, nous verront. Pour d’’autres ses détours prennent d’autres formes et des personnes se retrouvent dans des situations de vie d’extrême précarité et aussi cliché soit-il, personne n’est à l’abri, ni eux, ni vous. Rien n’est acquis…

SOMMAIRE 4 - L’ENTREVUE 6 - ITINÉRANCE ET DÉFIS CONNEXES 7 - ELLES 8 - LE PORTAIL VOUS PRÉSENTE 9 - DE LARUE 10 - VIE SPIRITUELLE 12 - LE MOT DU CRIO

13 - REGARD VIF 14 - MODE DE VIE SAIN 15 - UNE PAGE D’HISTOIRE D’ICI 16 - DOSSIER SPÉCIAL 18 - PSYCHOYOGIE 20 - POINT DE VUE DU PROF 22 - L’HABITATION

PARTICIPER À LA GUÉRISON DES MAUX DE CE MONDE, PLUTÔT QU’À SA MALADIE.

Le Portail de l’Outaouais - Octobre 2018

3


L’ENTREVUE

PAR JOSIÈVE BISSON Auteure de Qu’en penses-tu ? Étudiante en psychologie

Normand Veillette

(et Bonhomme 7 heures)

Ma rencontre avec Normand fut fort sympathique. Avant tout, laissez-moi vous présenter notre invité. Normand est originaire de La Sarre, en Abitibi. Il a obtenu son b.a. en marketing et s’est lancé là-dedans quelques années. Il adorait le côté créatif du marketing et aussi, lutter contre le piège du marketing. Aujourd’hui, il est agent en développement en sports et loisirs, plus particulièrement, il s’occupe d’aider les municipalités rurales (partout en Outaouais) à avoir une offre en sports et loisirs. Il a habité un bout de sa vie à Saint-André-Avellin et depuis peu de temps, lui et sa famille se sont établis à Hull. Normand adore rencontrer des gens, tout comme le reste de son band. Enfin, il est membre du groupe Bonhomme 7 heures, un groupe rock, et d’ailleurs, il est à noter que Normand nous accordait cette entrevue pour parler au nom de son band aussi. Normand et moi nous sommes rencontrés sur une terrasse du Vieux-Hull et notre entrevue était hors de l’ordinaire. Ça n’avait rien d’une entrevue, on aurait plutôt juré que l’on était des amis assis autour d’une bière à discuter de tout et de rien. De plus, lorsque Normand est arrivé, j’étais en compagnie de deux copines à discuter de la signification des rêves et tout de suite, il a embarqué dans notre discussion et le tout s’est enchaîné… pendant deux heures!

À ce sujet, Normand a mentionné que leur public, plutôt des femmes entre 35 et 45 ans qui ont des enfants, est souvent touché par l’histoire derrière le nom du band Bonhomme 7 heures : ce sont quatre papas (il faut aussi inclure Germaine, leur mascotte!) qui ont fait un deal avec leurs blondes qui consiste qu’à sept heures, ces quatre musiciens vont coucher leurs flos, puis, après 7 heures, ils ont la liberté d’aller jouer de la musique. Normand a aussi mentionné que tous les membres du groupe se proclament des papas impliqués et qui sont fiers de l’être. Ils trouvent que c’est très important de participer aux activités quotidiennes de la famille et de contribuer au bonheur du foyer. D’ailleurs, cela est relaté lors des concerts donnés par Bonhomme 7 heures. - Normand : On avait besoin d’une thérapie pour quatre papas, alors notre prétexte était de faire de la musique, faique on s’est appelés Bonhomme 7 heures. Rien à voir avec Croque-Mitaine ! (rires)… on couche nos enfants pis on s’en va jouer de la musique. - Le Portail : J’ai écouté un peu la musique de ton band et j’ai été voir votre site Web… vous avez tous l’air de gens voyageurs!

Après avoir discuté de la signification des rêves, des philosophes qui existent pour nous faire sentir coupables, des goélands et du MSG dans la nourriture, je me suis dit qu’il était temps d’amener la discussion en direction de l’entrevue (pas que la discussion n’était pas intéressante, loin de là!) : - Le Portail : Le but de l’entrevue est de connaître la personne authentique que tu es…mais je pense que tu as l’air d’une personne assez authentique! (rires) - Normand : Ouais… et c’est aussi ça le but de notre band, Bonhomme 7 heures. On est quatre pères de famille (Normand a deux filles!), on a passé l’âge de se la jouer. J’pense que quand t’as des enfants, à un moment donné, t’as pu le choix d’être de ce que t’es.

4

Le Portail de l’Outaouais - Octobre 2018

PARTICIPER À LA GUÉRISON DES MAUX DE CE MONDE, PLUTÔT QU’À SA MALADIE.


- Normand : Ouais, bah ça c’est tous dans notre nature, je pense, de découvrir l’autre, d’être tournés vers les autres. On n’est pas narcissiques, au contraire, parce qu’on veut s’inspirer, justement, puis pour s’inspirer, je pense que c’est important d’être tourné vers les autres. On fait des shows un peu partout, mais individuellement puis en famille, on voyage beaucoup. T’sais, au lieu d’investir dans un quatre-roues, un ski-doo puis un bungalow, nous on préfère investir dans les voyages. Ça nourrit. Rapidement, l’entrevue « a pris le bord » et on s’est remis, les quatre ensemble à discuter de tout et de rien. Entre autres, on a discuté de la confiance qui doit s’établir dans un couple quand un des deux membres est musicien et qu’il doit partir en tournée. - Normand : Nous, on parle tous de nos blondes pendant nos shows. On dit tous qu’on est mariés et qu’on a des enfants. Nous avons ensuite discuté du monde du communautaire. (Chers lecteurs, l’entrevue semble décousue, et je m’en excuse, mais lors de mon entretien avec Normand, nous avons tellement discuté de choses, que ça constitue un grand défi de tout rassembler notre bla bla pour en faire un si petit article!)

AU GATINE POUR LA VIE

- Normand : Ça prend des gens comme vous autres (il visait les gens qui travaillent dans le milieu du communautaire) pour rallumer des soleils, c’est ça qui donne de la couleur à la vie. C’est pas l’argent, mais plus le bénévolat. - Le Portail : Normand, c’est quoi tes trois valeurs de base dans la vie? - Normand : Le respect, l’ouverture et la rigueur. - Le Portail : Et les trois valeurs de votre band?

UNE QUE BIBLIOTHÈS POUR TOU es Espac illants es accue aux et revu Journ ateurs e thequ Ordin biblio u.ca/

a gatine

- Normand : La solidarité, la créativité et l’ouverture.

PARTICIPER À LA GUÉRISON DES MAUX DE CE MONDE, PLUTÔT QU’À SA MALADIE.

Le Portail de l’Outaouais - Octobre 2018

5


crédit photo : Pixabay

ITINÉRANCE ET DÉFIS CONNEXES

Je vais vous partager comment j’ai perçu et vécu mon séjour de cinq mois au Gîte Ami en 2007. Cinq mois à être entouré sans cesse de souffrance pareille à la mienne, pas évident. Quand je suis arrivé à la porte du Gîte, ce n’est pas par curiosité ou parce que ma vie allait bien. C’est la dernière porte, ma famille et mes ami (es), autant ils m’aimaient du plus profond de leur âme n’en pouvaient juste plus de me regarder souffrir complètement impuissant. Ils n’en pouvaient juste plus de mes comportements aberrants et irrespectueux, je les ai menés à boutte, comme on dit. Je les ai drainés de tout le jus qui les animait. Certains voyaient déjà un thérapeute afin de garder un peu d’équilibre mental et émotionnel dans tout çà. Mais çà moi, je ne le savais pas. Trop occupé avec ma petite personne, moi moi moi. L’univers me devait tout, tout m’était dû, vous me deviez tout. On parlait de moi, tout de même, moi ! Pauvre moi, oui moi qui savaient tout, c’est vous qui ne compreniez rien. Un bon gars comme moi, franchement. C’était la faute de l’univers si je buvais, si je souffrais. Je ne savais pourtant pas comment arrêter cette souffrance. Arriver au Gîte c’est arriver dans un autre monde, une toute autre dimension. Les règles changent, d’autres lois sont en force ici. Imaginez cinquante-cinq personnes qui projettent tous leur état d’âme noirci sur autrui, qui vivent sous un même toit, avec seul accompagnement deux intervenantEs sous-payéES en service. Cinquante-cinq personnes habitées d’un énorme trou qui tirent

VOTRE PUBLICITÉ ICI

PAR CHRISTIAN GOSSELIN

Le trou noir

vers eux. L’énergie qui y règne aspire tout vers l’intérieur de ce monde à part comme dans un siphon ; un trou noir qui aspire tous ceux qui s’y approchent de leur état d’âme fragilisé. Une spirale descendante vers le plus profond des abysses obscurs où aucune fenêtre ne laisse pénétrer de lumière, ne serait-ce qu’un léger soupçon, le noir absolu. Je me souviens marcher sur la rue, regarder les gens « fonctionnels » comme s’ils étaient dans un autre monde, un rêve bizarre. Leur regard déclenchait en moi le jugement, le sentiment d’être dénigré de toute dignité, exclu, sans aucune possibilité de ressortir de ce véritable enfer. Moi par contre, contrairement à beaucoup dans cette situation, j’avais encore de la famille et des ami(es), des vrais. Des ami(es) qui étaient là lorsque j’ai tendu la main en quête d’aide. Des ami(es) avec qui j’avais eu la grâce de connaître « autre chose » avant que mon alcoolisme ne m’amène au fond des fonds. Sans eux, j’y serais encore, ou mort probablement. Je suis sobre depuis huit ans. Miraculeusement je n’ai pas soif depuis. Deux années intenses de pur rétablissement intérieur, deux années sur les bancs d’école et j’ai encore aujourd’hui souvent besoin de poser des gestes concrets quotidiennement afin de demeurer bien ancré dans ce nouveau mode de vie. Ce que je dis ici, un individu que la vie a amené jusqu’à l’itinérance, exclus de tout réseau social sain, ne s’en sort pas seul. Il aura beau tendre la main en quête d’aide, si personne ne la prend, inconditionnellement, il continuera de s’enfoncer dans ce sable mouvant, ce trou noir, probablement jusqu’à la mort.

ARTICLESPORTAIL@GMAIL.COM

À votre service depuis 1924 819.778.2122 | info@duprogres.ca 6

Le Portail de l’Outaouais - Octobre 2018

PARTICIPER À LA GUÉRISON DES MAUX DE CE MONDE, PLUTÔT QU’À SA MALADIE.


Au-­‐delà des  blessures  phy PAR MAISON LIBÈRE-ELLES

La violence  conjugale  et  ses  impacts  sur  la

ELLES

              La violence conjugale et ses impacts sur la santé mentale Nous  vivons  dans  un  monde  de  pouvoir  où  il  n’y  a  que  trois  class inconsciemment  par  la  société  :  les  dominants,  les  dominés  et  l

Au-delà des blessures physiques

puis, saviez-vous que… Les dominants  sEt ont   ceux   qui  veulent   s’emparer  à  tout  prix  du  pou un  point  tel  qu’ils   ne  %pdes euvent   que  lorsqu’ils   les   - 98,2 femmess’arrêter   ayant été hébergées présentent, un anpossèden après leur séjour en maison d’aide et d’hébergement, au moins dominés,  eux,  subissent   les  châtiments  en  essayant  de  leur  mieux Les dominants sont ceux qui veulent s’emparer à tout prix un problème de santé mentale ? cette   brutalité.  Quant  aux  vétérans,  ce  sont  des  anciens  dominés   du pouvoir de leurs victimes à un point tel qu’ils ne peuvent s’arrêter que lorsqu’ils les possèdent entièrement. Les dominés, - 50 % des femmes victimes de violence conjugale souffriraient leur  vitalité  et  leur   liberté.  Ce  sont  de  vrais  guerriers  qui  ne  recul eux, subissent les châtiments en essayant de leur mieux de de dépression en silence ? revenir indemne de cette brutalité. Quant auxacceptent   vétérans, ce sont leur  vraie  personnalité  et  ce,  malgré  les  dommages  de   des anciens dominés qui ont réussi à retrouver leur vitalité et leur - Un Québécois sur cinq sera touché de près ou de loin par dominants.  Ainsi,   un  dominant  peut  devenir  un  dominé  puis  un  v liberté. Ce sont de vrais guerriers qui ne reculent devant rien et une problématique de santé mentale au cours de sa vie ? Nous vivons dans un monde de pouvoir où il n’y a que trois classes sociales définies inconsciemment par la société : les dominants, les dominés et les vétérans.

acceptent leur vraie personnalité et ce, malgré les dommages de la violence causés par les dominants. Ainsi, un dominant peut devenir un dominé puis un vétéran et vice-versa.

Au-­‐delà de  tout  c- La e  qsanté ue  jmentale e  connais,   les   femmes   ouvent  les  vic est aussi importante que s laont   santésphysique ? dominants.  Non  seulement  parce  qu’elles  sont  souvent  moins  imp (Institut universitaire en santé mentale de Montréal, 2018) mais   parce   Au-delà de tout ce que je connais, les femmes sont souvent lesqu’elles  sont  éduquées  et  socialisées  à  tolérer  et  mini victimes cibles des dominants. Non seulement parce qu’elles à  leurs   Mettre fin à la stigmatisation liée à la santé mentale, c’est aussi de   violence   égards.   sont souvent moins imposantes que les hommes, mais parce qu’elles sont éduquées et socialisées à tolérer et minimiser les comportements de violence à leurs égards.

mettre fin à l’oppression et l’isolement. Acceptons le fait que nous sommes imparfaits. Voyons nos émotions, qu’elles soient désagréables ou non, comme des réactions normales du corps. Prenons conscience que les réseaux sociaux ne démontrent pas toujours la réalité.

Ayant déjà  été  une  dominée,  je  sais  à  quel  point  il  est  difficile  de  p Non  seulement  parce  que  nous  sommes  épuisées  psychologiquem Ayant déjà été une dominée, je sais à quel point il est difficile nous   aussi  qui  nous  sommes  en  cours  de  route.  Un  peu   oubliions   de passer au stade vétéran. Non seulement parce que nous sommes épuisées psychologiquement, mais notre   il arrive que nous véhicule  lors  d’une  froide  journée  d’hiver  et  que  l’on  ne  peu Devenez dès aujourd’hui un vétéran oubliions aussi qui nous sommes en cours de route. Un peu Devenez   dès  aujourd’hui   un  vétéran   apercevoir     comme lorsqu’on prend notre véhicule lors d’une froide journéeà  travers  la  vitre  puisqu’une  épaisse  couche  de  glace  r   d’hiver et que l’on ne peut absolument rien apercevoir à traversLe  néant  total,  la  confusion.   pare-­‐brise.     la vitre puisqu’une épaisse couche de glace recouvre l’entièreté     du pare-brise. Le néant total, la confusion.

Être   victime  de  violence,  c’est  un  peu  comme  subir  un  accident  va   et  douloureux.  Sur  le  fait,  ça  altère  complèteme Être victime de violence, c’est un peu commeC’est   subir  unimprévisible   accident   vasculaire cérébral (AVC). C’est imprévisible et douloureux. et  m   entales.   Par  la  suite,  il  est  possible  que  nous  n’ayons  plus  l’én Sur le fait, ça altère complètement nos facultés motrices et     ne   n  ous   rappelions  plus  ce  qui  est  normal  ou  non  et  comment  dir mentales. Par la suite, il est possible que nous n’ayons plus l’énergie d’avant ou que nous ne nous rappelions plus ce qui   Rajoutons   à  cela  une  pincée  de  dépression,  d’anxiété,  de  crises  de est normal ou non et comment dire les choses correctement.   Si   v ous   v ous   r econnaissez,   n’hésitez  pas  à  contacter  :   Rajoutons à cela une pincée de dépression, d’anxiété, de criseset  d’idées   d’isolement   suicidaires.  Ça  fait  un  beau  cocktail  n’est-­‐ce Si vous vous reconnaissez, n’hésitez pas à contacter : Centre  de  cÇa rise  24/7  :  819-­‐595-­‐3476   de panique, d’insomnie, d’isolement et d’idées suicidaires. L’urgence   s ociale   :   8 11   fait un beau cocktail n’est-ce pas ? de crise 24/7 : 819-595-3476 Et  si  vous  êtes  victime  de  Centre violence  conjugale,   vous   pouvez   contactez  SOS  violence  conjugale   (1-­‐800-­‐363-­‐9010)  ou  les  L’urgence maisons  d’hébergement   ’Outaouais  dont  la  Maison  Libère-­‐ socialede  : l811 Et malheureusement, dans une dynamique de violence

Et malheureusement,  dans  une  dynamique  de  violence  conjugale le  contrôle   sur  notre  vie  et  notre  liberté  de  penser  et  d’agir.  Et  bie Elles  (819-­‐827-­‐4044)  qui  offrent  des  services  d’aide,  d’écoute  et  d’hébergement  24  heures   par  jour,   7  jours   conjugale, nous perdons carrément le contrôle sur notre vie et physiques,  ipl  ar  ysemaine.    a  Etdes   blessures   ui  violence marquent   bien   lus  longtemps si vous êtes victimeq de conjugale, vous p pouvez notre liberté de penser et d’agir. Et bien au-delà des   blessures contactez SOSDviolence conjugale ou les par  la   société.   ’ailleurs,   la  v(1-800-363-9010) iolence  psychologique   n’e physiques, il y a des blessures qui marquent banalisées   bien plus maisons d’hébergement de l’Outaouais dont la longtemps et sont souvent banalisées par la société. D’ailleurs, reconnue  comme   une  Libère-Elles preuve  (819-827-4044) tangible  pour   défendre   nos  droits  a Maison qui offrent des services la violence psychologique n’est pas encore à ce jour reconnue d’aide, d’écoute et lainte   d’hébergement heures par jour, 7 jours notamment   faire   une  p à  la  p24olice.   comme une preuve tangible pour défendre nos droits auprès depour   la justice, notamment pour faire une plainte à la police.

par semaine.

PARTICIPER À LA GUÉRISON DES MAUX DE CE MONDE, PLUTÔT QU’À SA MALADIE.

Le Portail de l’Outaouais - Octobre 2018

7


LE PORTAIL VOUS PRÉSENTE

Qu’est-ce que l’A.P.H.V.O? L’Association des personnes handicapées visuelles de l’Outaouais (APHVO) est un organisme à but non lucratif qui s’engage activement dans sa mission au moyen d’une implication accrue et soutenue dans la défense collective des droits des personnes handicapées visuelles. L’organisme s’investit de manière intensive dans chacune des actions et des activités comprises dans les différentes sphères de son plan d’action. Concrètement, l’enjeu premier de l’association est la sécurité piétonnière des personnes vivant avec une limitation visuelle. Elle a mis en œuvre une campagne de sensibilisation à l’attention des automobilistes sur le danger du virage à droite aux feux rouges en affichant des panneaux à l’arrière des autobus de la Société de transport de l’Outaouais. L’APHVO, partenaire de la Ville de Gatineau, siège au Comité d’accessibilité universelle de la Ville de Gatineau afin de rendre les services publics, parapublics et commerciaux inclusifs à tous, et ce, de manière sécuritaire. Le déneigement des trottoirs et des installations, l’installation de feux sonores et leur mise à niveau sont au cœur même des préoccupations et du suivi constant fait par l’APHVO. De plus, l’association poursuit sa démarche d’intégration sociale de ses membres avec pour but de briser leur isolement tout en favorisant une inclusion intégrale à la vie sociale. L’APHVO réalise cette approche au moyen d’activités annuelles et mensuelles très attendues. Parmi celles-ci, notons le traditionnel barbecue annuel, le souper du temps des Fêtes et la journée de

quilles. Des cafés-rencontres thématiques présentant des sujets tels que la technologie adaptée, le fonctionnement des feux sonores, la perte visuelle et ses défis sont aussi proposés aux membres de l’APHVO. L’organisme démontre également tout son dévouement et sa proaction en organisant, avec ses partenaires, des activités sportives et récréatives, telles que l’aquaforme et le yoga, adaptées à sa clientèle tout en étant offertes à la population en général désireuse de s’y joindre. Par l’entremise de séances d’information, l’APHVO répond aux demandes des entreprises, des commissions scolaires et des intervenants de tous les milieux afin de démystifier le handicap visuel et d’éviter la marginalisation des personnes vivant avec cette déficience. À l’échelle provinciale, l’APHVO est la seule représentante des usagers du transport adapté en Outaouais qui siège à la table de l’Alliance des Regroupements des Usagers du Transport Adapté du Québec (ARUTAQ) pour l’uniformisation des services offerts aux personnes recourant à ce service indispensable. Elle fait aussi partie du Regroupement des aveugles et amblyopes du Québec (RAAQ) qui, par exemple, traite du dossier de l’obtention d’une carte d’identité reconnue pour ses membres, au même titre que le permis de conduire que l’on connait. Cet article n’est qu’un survol de la mission de l’APHVO qui se dévoue sans relâche afin d’offrir une meilleure qualité de vie aux personnes vivant avec un handicap visuel. Pour plus de détails, consultez le site www.aphvo.org

Déclaration universelle des droits de l’homme Article premier

Tous les êtres humains naissent libres et égaux en dignité et en droits. Ils sont doués de raison et de conscience et doivent agir les uns envers les autres dans un esprit de fraternité.

Article 18

Toute personne a droit à la liberté de pensée, de conscience et de religion ; ce droit implique la liberté de changer de religion ou de conviction ainsi que la liberté de manifester sa religion ou sa conviction seule ou en commun, tant en public qu’en privé, par l’enseignement, les pratiques, le culte et l’accomplissement des rites.

Article 19

Tout individu a droit à la liberté d’opinion et d’expression, ce qui implique le droit de ne pas être inquiété pour ses opinions et celui de chercher, de recevoir et de répandre, sans considérations de frontières, les informations et les idées par quelque moyen d’expression que ce soit.

8

Le Portail de l’Outaouais - Octobre 2018

PARTICIPER À LA GUÉRISON DES MAUX DE CE MONDE, PLUTÔT QU’À SA MALADIE.


DE LARUE

Crédit photo : Pixabay

PAR GUY LARUE

L’alcool : un adversaire redoutable! L’alcool investit, attaque, névrose et avilit progressivement les dimensions physiques et psychiques de nos êtres; mais là où le bât blesse davantage, c’est indéniablement au niveau de nos esprits malades. Le fait de persévérer au sein de notre association nous prouvera d’ailleurs, sans l’ombre d’un doute, que nous sommes bien plus malades que nous ne le croyions au départ. Mais il ne faut cependant jamais nous décourager, car si Dieu nous accorde la grâce de nous montrer notre grande faiblesse, c’est pour y suppléer abondamment, devenant Lui-même la pierre d’assise sur laquelle nous pouvons enfin construire une vie heureuse et utile. Les AA et leur mode de vie n’auront jamais fini de nous étonner, car nous voilà au Royaume des paradoxes divins! Admettre sa totale impuissance devant l’alcool, lâcher prise, cesser de se battre et accepter ce en quoi nous ne croyions d’emblée ni ne connaissions. Qui plus est, nous réalisons, jour après jour, que ce n’est pas parce qu’il nous arrive de souffrir que cela va mal pour autant! L’esprit accablé de tribulations n’est-il point un sacrifice agréable à Dieu? Les règles du domaine spirituel vont souventes fois à l’encontre des lois physiques; ainsi, plus nous lâchons prise en matière spirituelle, et plus nous gravissons hardiment les monts escarpés de la réhabilitation. Ainsi, nous nous rendons compte que seule la défaite totale peut nous permettre de nous engager sur la voie de la liberté et de la force. Si l’alcoolisme est une maladie, et il l’est indubitablement, l’attitude du «patient» devient fondamentale, en ce qui concerne son assentiment au traitement proposé. Et si l’alcoolisme est une maladie potentiellement mortelle, et il l’est indéniablement, sommes-nous vraiment en meilleure position que ce patient cardiaque qui s’étend sur la table d’opération, afin d’y subir de nombreux pontages? Je ne le crois pas. Il existe un stade

avancé pour chaque affection, et l’alcoolisme ne déroge pas à la règle! Ainsi, cette maladie étant progressive, l’état de l’alcoolique actif n’ira qu’en s’aggravant. L’alcool, pour les alcooliques que nous sommes, provoque la dégénérescence progressive de toutes les dimensions de nos êtres; le mode de vie spirituel, quant à lui, régénère lentement, mais sûrement, toutes ces régions nécrosées par l’abus d’alcool. Les AA offrent au nouveau venu un Être qui a tout pouvoir; c’est donc dire que, quels que soient les obstacles apparents à notre réhabilitation, Dieu nous donnera toujours la force de les surmonter, par le biais de son ineffable grâce. L’Amour de notre Puissance Supérieure est disponible vingt-quatre heures par jour. Pensons à cette mère dont l’enfant est lourdement handicapé. Ne déploiera-t-elle pas des trésors d’imagination et de débrouillardise, afin que l’enfant puisse bénéficier de soins optimaux? Ainsi, les AA proposent le traitement optimal pour l’alcoolique en voie de relèvement, un traitement qui fait ses preuves depuis huit décennies déjà! Pourquoi les AA fonctionnent-ils? Disons, tout d’abord, que si l’alcoolique est habité par des centaines de sortes de peurs, c’est qu’il a foncièrement besoin d’être sécurisé; c’est ce besoin fondamental que comble l’atmosphère très chaleureuse créée par nos membres lors de chacune de nos assemblées. Également, ce Dieu d’Amour se manifeste dans le cadre de nos assemblées, et cet autre besoin fondamental qu’est celui d’être aimé est également rencontré lors de nos multiples réunions hebdomadaires. Donc, notre soif intarissable d’amour se voit soudainement étanchée, et nous pouvons commencer à envisager la vie d’une façon différente. Émile L.

PARTICIPER À LA GUÉRISON DES MAUX DE CE MONDE, PLUTÔT QU’À SA MALADIE.

Le Portail de l’Outaouais - Octobre 2018

9


VIE SPIRITUELLE

PAR PAULE FONT

Comment méditer pour être heureux ? Les bienfaits du calme mental : les 9 étapes Nous allons suivre les étapes : Comment cheminer vers le calme mental ? Comment se préparer à la méditation, afin de libérer notre esprit des préoccupations de la journée ? Avoir une très bonne motivation. Si notre esprit est négatif, agité, il faut le rendre neutre, plus paisible, comme l’exemple du tissu foncé que je veux teindre en clair. L’esprit doit d’abord passer par un état neutre avant de devenir positif. Comme un morceau de coton noir que l’on voudrait teindre en couleur, on doit avant tout le rendre blanc, pour ensuite le teindre. De la même manière, la respiration a pour but de rendre l’esprit neutre. Juste suivre le mouvement de la respiration, garder la concentration sur la respiration. Notez que votre esprit se disperse, et vous le ramenez sur l’objet de méditation, la respiration, ainsi vous pratiquer la vigilance. C’est comme si l’esprit est le cavalier et la respiration le cheval. Stabiliser l’esprit par les 9 étapes à la méditation de concentration Réalisation des 9 étapes, afin d’atteindre le calme mental 1. Placement de l’esprit : à cette étape, les pensées conceptuelles surgissent et essaient de nous distraire de l’objet de méditation. Nous les reconnaissons simplement sans les suivre. 2. Placement continu : on peut fixer l’esprit pendant un peu plus longtemps sans distraction, et les pensées conceptuelles diminuent. On réussit à ressentir un état de calme et de contemplation. 3. Replacement : l’image visualisée persiste, mais l’esprit est encore un peu distrait. Toutefois, par le pouvoir de la mémoire, l’esprit revient immédiatement à son objet. 4. Placement soutenu : il est maintenant impossible d’être distrait et de perdre l’objet de méditation. L’esprit peut alors appliquer les antidotes à l’agitation et à la léthargie, qui sont de grands pouvoirs. 5. Discipline : par la réflexion sur les avantages de la concentration en un seul point, l’esprit se détourne immédiatement des objets de plaisir sensoriel.

10

Le Portail de l’Outaouais - Octobre 2018

6. Pacification : l’esprit se détourne immédiatement des pensées conceptuelles et des facteurs mentaux négatifs, car il a acquis la connaissance de ses désavantages. 7. Complète pacification : si l’attachement, la noirceur ou la somnolence surviennent, ils sont pacifiés sur le champ. 8. Focalisation : la vigilance s’opère maintenant sans effort, car les pouvoirs de la léthargie et de l’agitation sont complètement anéantis. 9. Absorption méditative : la fixation de l’esprit s’obtient sans aucun effort, et il entre à volonté en état d’absorption. L’esprit est concentré en un seul point, mais toujours dans le monde du désir. Ce n’est pas encore l’atteinte du calme mental proprement dit. Après avoir parcouru la totalité des neuf étapes, la concentration dotée de la félicité induite par la souplesse, qui peut demeurer en équilibre méditatif sur son objet pour la durée désirée, se nomme calme mental. On le nomme calme mental, car l’esprit préalablement dispersé vers des objets extérieurs se pacifie (shi) par la demeure (nè) centrée sur un point vers un objet intérieur ; shiné en tibétain. Les symboles sur la peinture des 9 étapes: Éléphant noir : la léthargie Singe noir : l’agitation Éléphant et singe blancs : la léthargie et l’agitation diminuent Tête de l’éléphant tournée : la reconnaissance de la distraction Lapin noir : la léthargie subtile Singe derrière l’éléphant : l’agitation potentielle réduite Corde : la mémoire, le lien de pleine conscience Crochet : la vigilance Feu : le pouvoir nécessaire pour combattre les obstacles à la méditation Cinq objets des sens : agitation Accomplissement des 6 forces: 1) Par la force de l’écoute, nous atteignons la première étape du calme mental. Après avoir entendu les instructions sur la manière de se concentrer sur l’objet de méditation, nous fixons d’abord simplement notre attention sur celui-ci.

PARTICIPER À LA GUÉRISON DES MAUX DE CE MONDE, PLUTÔT QU’À SA MALADIE.


mental, car l’esprit préalablement dispersé vers des objets extér (shi) par la demeure (nè) centrée sur un point vers un objet inté tibétain.

2) La force de la contemplation permet d’atteindre la deuxième étape. Par la pratique répétée de la fixation ou de la contemplation de l’objet de méditation, nous atteignons pour la première fois l’habileté à maintenir une petite continuité. 3) La force de l’attention permet l’obtention des troisième et quatrième étapes. À la troisième, lorsque l’esprit est distrait de son objet de visualisation, nous en sommes conscients et ramenons l’esprit sur cet objet. À la quatrième, l’attention est générée dès le début, ce qui prévient la perte de l’attention sur l’objet de méditation. 4) La force de la vigilance permet d’arriver à la cinquième et à la sixième étapes. Par la vigilance, nous comprenons les désavantages de suivre les pensées conceptuelles et les perturbations mentales secondaires. Voyant leurs fautes, nous ne les suivons pas. 5) La force de l’enthousiasme permet d’atteindre les étapes sept et huit. En persévérant à éliminer les moindres pensées conceptuelles et perturbations mentales secondaires, nous ne nous soumettons pas à elles. En faisant cela, l’agitation, le relâchement et les autres obstacles à la méditation n’ont plus le pouvoir de nuire à notre concentration, et nous réalisons ainsi la concentration en un seul point.

9 étapes du calme mental

6) Finalement, la force de la familiarité mène à la neuvième étape.

9 étapes du calme mental

Par la force de cette familiarisation, sur la base de cette absorption méditative, le méditant pourra alors atteindre le calme mental, et l’état de souplesse et de félicité mentale et physique résultants. Ceci est l’atteinte du vrai calme mental. Voilà comment comprendre la réalisation des neuf étapes du calme mental.

NOTRE ATELIER OFFRE UN SERVICE DE NETTOYAGE ET DE DESINFECTION DE JOUETS POUR LES CPE ET RSG (GARDERIES)

PARTICIPER À LA GUÉRISON DES MAUX DE CE MONDE, PLUTÔT QU’À SA MALADIE.

tel: (819) 772-1311 atelieragape04@gmail.com

Le Portail de l’Outaouais - Octobre 2018

11


LE MOT DU CRIO

Crédit photo : Pixabay

PAR JANICK ALLYSON

Les élections… Puis après ?

Voter est un droit important. En revanche, il est possible de voter et de participer à beaucoup plus d’instances qu’aux élections municipales, provinciales et fédérales. Par exemple, il existe probablement dans votre milieu de vie ou dans votre communauté une maison de quartier, ou une association équivalente. La participation aux activités et aux actions de vos maisons de quartier permet de faire entendre votre voix à propos d’enjeux qui vous touchent et d’améliorer la qualité de vie pour vous et vos voisins. C’est souvent plus facile qu’on le croit ! Cuisines et jardins collectifs, activités pour les jeunes, ateliers de toutes sortes… Vous, ou un de vos proches, avez probablement été en contact de près ou de loin avec un organisme communautaire de la région. Les organismes communautaires autonomes ont pour mission d’orienter leurs actions selon les besoins de leur base démocratique. Renseignez-vous auprès des travailleurs de votre milieu : il existe peut-être des comités, des activités bénévoles, des places sur le conseil d’administration ou des espaces où faire entendre vos préoccupations et participer à la vie associative ! Si une cause vous tient particulièrement à cœur, il est possible d’écrire à vos députés ou à vos conseillers municipaux. C’est une bonne façon de faire entendre vos préoccupations, et vos élus ont le mandat de les écouter. Partagez ces préoccupations autour de vous : vous êtes probablement plusieurs à vivre avec ces enjeux, et en vous regroupant, la force du nombre sera de votre côté ! Il est alors possible d’organiser un mouvement, de participer à des manifestations ou à des mobilisations qui sont collées à vos valeurs. Il est possible que vous sentiez que les questions politiques sont plus éloignées de votre réalité. Il est alors possible de donner du temps comme bénévole dans certaines activités, ou encore de

12

Le Portail de l’Outaouais - Octobre 2018

contribuer à la vie culturelle de votre région. Renseignez-vous : écrire, jouer de la musique ou créer peut-être une façon de faire entendre sa voix dans sa communauté et d’en améliorer la qualité de vie ! Il ne s’agit que de quelques exemples. Il en existe des dizaines d’autres ! Ce qu’il faut retenir, c’est que le mot « démocratie » signifie « pouvoir du peuple ». Votre pouvoir, vous ne l’avez pas qu’en période électorale, et il peut prendre plusieurs formes. Si l’implication sociale comporte des défis pour plusieurs raisons, il reste toujours la force de l’information. Discuter avec d’autres, partager ses expériences et apprendre sont des façons tout aussi valides et importantes de s’impliquer dans sa communauté !

Crédit photo : Pixabay

Vous avez entendu parler des élections depuis le dernier mois et demi, et maintenant qu’elles sont complétées, vous entendrez parler des résultats pendant encore un petit moment. S’il est certain que la participation citoyenne est un enjeu important, ici comme ailleurs, il est important de se rappeler que faire entendre notre voix, et participer à la démocratie, c’est une chose à répéter plus souvent qu’une fois tous les quatre ans. Souvent, il est possible d’avoir des impacts concrets sur notre quotidien et sur celui de notre communauté par des actions citoyennes variées et adaptées à nos valeurs.

ANDRÉ FOURNIER TECHNICIEN - COMPTABLE

• Comptabilité pour PME • Cycle comptable complet • Gestion de copropriété • Préparations et analyses budgétaires • Rapports d’impôts • Rapports gouvernementaux (TPS, TVQ, DAS, CSST)

807-215, rue Mutchmore Gatineau QC J8Y 3V5 819-775-5987 / ajlfournier@gmail.com

PARTICIPER À LA GUÉRISON DES MAUX DE CE MONDE, PLUTÔT QU’À SA MALADIE.


REGARD VIF

PAR JACINTHE POTVIN

L’auteur Alain Bachand considère qu’il y a imposture, dans le domaine de la maladie mentale. L’imposture, c’est que tout un échafaudage pseudoscientifique a été monté pour nous faire croire que les comportements « étranges » ou bien inadaptés sont des pathologies, des maladies. L’auteur prétend que la schizophrénie est un « fourre-tout » de comportements socialement handicapants tel qu’hallucinations, langage désorganisé, délires et comportements bizarres. Il est d’avis que les études tendent à démontrer que les croyances délirantes pourraient aider les personnes à s’adapter à des expériences difficiles qui autrement les troubleraient beaucoup plus. La capacité d’altérer la réalité pourrait ainsi permettre d’atténuer des anxiétés ou de surmonter des épreuves. En fait, la schizophrénie serait un mécanisme d’adaptation. « Être malade » ou bien « s’adapter », ce n’est pas du pareil au même. Il poursuit en disant que comme société, nous ne tolérons pas les comportements bizarres ou différents, nous étiquetons : « schizophrène ». Par la suite le traitement médical ou social, souvent stigmatisant, peut certainement contribuer à rendre ces personnes vraiment malades… L’idée de Bachand serait que la maladie mentale serait une déviance par rapport à une norme sociale, et non par rapport à une norme biologique. Il conclut en disant que notre société et notre système de santé médicalisent les problèmes sociaux (pauvreté, violence, difficultés au travail, manque d’accès au logement) lorsque leurs conséquences sur le bien-être sont considérées comme « symptômes » anormaux. À des comportements témoignant d’une détresse, on associe rapidement un « diagnostic » de maladie, et la personne qui consulte se fait tout aussi rapidement prescrire des médicaments. Bien que je croie que les médicaments peuvent apporter un soulagement temporaire ou parfois à long terme pour certaines personnes, je crois que la philosophie de Bachand est intéressante.

être terrifiant. Sans environnement adéquat, et une aide pour faire face à une percée d’un autre niveau de réalité, en fin de compte, la personne devient folle. De fortes doses de médicaments antipsychotiques aggravent le problème et empêchent une intégration pouvant conduire à un développement de l’âme et une croissance de l’individu ayant reçu ces énergies. Plusieurs personnes schizophrènes de l’occident ont été vivre l’expérience des rituels sacrés au sein du peuple Dagara. Les résultats furent spectaculaires! Je dis souvent à mes protégés souffrant de schizophrénie qu’il est dommage que je ne puisse les amener en Afrique, car là-bas il ne serait pas patient, mais médecin. Il serait Chaman! Je répète souvent à qui veux l’entendre et en riant que si un psychiatre m’évaluait, il m’internerait! Je célèbre le fait d’être neuro atypique! Je ne suis pas normale et je cultive cette anormalité, car après tout être normal est un concept mathématique qui m’indique qu’il faut que je suive le courant du plus grand nombre de personnes. Tout comme les célèbres neuro atypiques : Charles Darwin, Abraham Lincoln, Albert Einstein, Vincent Van Gogh et Émile Nelligan pour n’en nommer que quelques-uns, je veux, comme eux, vivre librement ma créativité, hors de la pression de la norme sociale afin de ne jamais priver le monde de mon unicité. Après tout comme l’a si bien dit Aristote ; Il n’y a pas de génie sans un grain de folie.

D’autre part, ce que l’Occident voit comme une maladie mentale, le peuple Dagara en Afrique de l’Ouest le voit comme une bonne nouvelle, car la maladie mentale signale « la naissance d’un guérisseur ». Pour ce peuple les troubles mentaux sont des crises spirituelles. La personne traversant la crise a été choisie comme médium pour porter un message à la communauté. Les troubles mentaux et comportementaux signalent le fait que deux énergies incompatibles ont fusionné dans les mêmes champs. Pour le peuple Dagara, le problème est qu’en Occident, nous ne sommes pas formés à faire face au psychique, au monde spirituel. En réalité, les capacités psychiques sont dénigrées. Quand l’énergie du monde spirituel émerge dans la psyché occidentale, l’individu est complètement démuni pour les intégrer ou même comprendre ce qu’il se passe. Le résultat peut PARTICIPER À LA GUÉRISON DES MAUX DE CE MONDE, PLUTÔT QU’À SA MALADIE.

Le Portail de l’Outaouais - Octobre 2018

13


MODE DE VIE SAIN

Crédit photo : Pixabay

PAR MARIE-CLAUDE BÉNAZET

Ma maman avait des troubles de santé mentale. Très jeune, je trouvais normal de jouer toute la journée dans un salon sombre aux rideaux fermés, avec une mère assoupie sur le canapé juste à côté de nous. Durant ces années, mes sœurs et moi avons construit de nombreuses cabanes avec des couvertures, des coussins et des poufs, retournant les tables à café et autres petits meubles à notre portée, à la lueur d’une petite lampe de salon.

La santé mentale Le dépanneur Sylvestre est témoin d’un bon nombre de personnes ayant eu ou vivant avec des troubles de santé mentale. Dans certains cas, la personne souffrante, sentant son état glisser vers la désorganisation, préfère se couper de ses contacts pour éviter d’être vue dans cet état. La honte est en partie créée par des gens en bonne santé mentale qui préfèrent bien souvent ne pas parler des situations difficiles. Nous sommes collectivement mal à l’aise avec des gens malades, souffrants et égarés.

Ma mère a tenté tant bien que mal et de toutes sortes de manières de survivre à son désarroi intérieur. Je me souviens qu’elle m’ait demandé, alors que j’avais 12 ans, de la sortir de son lit si elle n’était pas levée et de l’encourager gentiment à venir faire un gâteau avec moi. Elle savait qu’elle devait se secouer et émerger d’une forme de torpeur qui était très attirante, car elle avait peur de vivre.

Pourtant, pour certaines personnes, pas pour toutes bien entendu, le fait de participer avec d’autre dans une activité vivante change le mal de place. Les échanges et les partages qui se font dans une cuisine, autour d’un repas en préparation, ont l’air si banals. Ce sont cependant des lieux d’échanges précieux et parfois salutaires. Combien de personnes dépressives ont senties la magie du lien voyant les autres à l’œuvre dans la cuisine du dépanneur Sylvestre ?

Quand j’ai eu 16 ans, elle m’a annoncé qu’elle pensait sérieusement au suicide. Cela a été une période particulièrement éprouvante pour toute la famille. Cette période noire qui a marqué mon adolescence est heureusement passée sans suicide. Les péripéties de ma mère aux prises avec des problèmes de santé mentale ne se sont pas terminées pour autant. Elle a vogué difficilement dans ses mers intérieures au gré des tempêtes et des eaux calmes tout le restant de ses jours. Cependant, grâce à son médecin, aux médicaments bien dosés et à la Grâce tout simplement, elle est morte de sa belle mort à un âge avancé.

Crédit photo : Pixabay

Nous sommes tous de près ou de loin conscients de la souffrance des gens vivant avec des troubles de santé mentale. Durant les années 1970, c’était encore vraiment très honteux d’en parler et ce l’est probablement encore aujourd’hui, pour certains, hélas ! Pourtant, la honte est de participer à l’omerta et de cacher toutes les souffrances associées à la santé mentale sous le tapis.

14

Le Portail de l’Outaouais - Octobre 2018

PARTICIPER À LA GUÉRISON DES MAUX DE CE MONDE, PLUTÔT QU’À SA MALADIE.

Crédit photo : Pixabay

Il est difficile de vivre avec un problème de santé mentale, que ce soit le nôtre ou celui d’un membre de notre famille. Le malade, s’il le peut, a la responsabilité de se faire soigner et de suivre les traitements qu’on lui prescrit. Son entourage, et je crois qu’il s’agit de nous tous, a la responsabilité d’accueillir avec compassion et ouverture le fait que nous sommes nombreux à souffrir de maladies mentales souvent incompréhensibles pour les gens autour d’eux. Les maladies mentales sont dans bien des cas invisibles. Les malades n’exhibent pas toujours les symptômes de manière évidente. Cependant, si quelqu’un nous demande de le sortir de son lit pour faire un gâteau, c’est peut-être qu’il souffre et qu’il appelle à l’aide.


PAR MICHEL PRÉVOST

UNE PAGE D’HISTOIRE D’ICI

D.U., président de la Société d’histoire de l’Outaouais

Le cimetière Saint-James,

le plus ancien cimetière européen de l’Outaouais

En fait, on voit à peine ce lieu de sépultures, bientôt bicentenaire, en circulant sur le boulevard Alexandre-Taché. Heureusement, des visites guidées présentées par la Société d’histoire de l’Outaouais permettent de le découvrir. L’art funéraire du XIXe et du début du XXe siècle y est bien représenté par ses sépultures, des plus discrètes aux plus flamboyantes. Un arrêt au cimetière Saint-James constitue un voyage dans le temps. Son plan désordonné révèle son origine ancienne, tandis que son aménagement en fait un lieu de recueillement et de contemplation inspirant.

Bon nombre de pionniers venus avec eux et des générations de descendants reposent à leurs côtés. John Scott, le premier maire d’Ottawa, et sa femme Nancy-Louisa Wright, petite-fille de Philemon Wright, y sont inhumés, de même que Nicholas Sparks, grand propriétaire foncier du centre-ville d’Ottawa, Robert Bell, propriétaire initial du Ottawa Citizen, le plus ancien quotidien de la capitale fédérale, et bien d’autres encore. En plus de la valeur de ses sépultures, le cimetière Saint-James contient d’autres éléments notables, comme l’imposant monument érigé par une loge maçonnique en l’honneur d’Ezra Butler Eddy, fondateur de fabriques d’allumettes et d’usines de pâtes et papiers, dont la dépouille se trouve dans sa ville natale de Bristol, au Vermont. À l’instar de Wright, Eddy est reconnu personnage historique d’importance nationale par la Commission des lieux et monuments historiques du Canada.

Le cimetière Saint-James revêt un caractère exceptionnel, car il fait un lien étroit avec l’histoire et la mémoire de Gatineau et plus surprenant avec celle de Bytown, devenue en 1855 la ville d’Ottawa.

Par ailleurs, certaines sépultures soulignent des destins plus qu’exceptionnels, comme celui de Reuben Traveller qui aurait participé en 1805 à la célèbre bataille navale de Trafalgar sous les ordres de l’amiral Nelson et dont la pierre tombale raconte toute cette histoire.

Le premier cimetière européen de la région

Un site du patrimoine

Venus de Woburn, au Massachusetts, les Wright, accompagnés de quelques autres familles, s’établissent sur la rive nord de la rivière des Outaouais en 1800 dans le but de fonder une colonie agricole. Cet établissement est à l’origine de la ville de Hull, aujourd’hui Gatineau.

En 2006, nous avons déposé à titre de président de la SHO une demande de création d’un site du patrimoine pour ce cimetière Saint-James. Après plusieurs relances de notre part, la Ville de Gatineau établit enfin en 2011 le site du patrimoine afin de protéger l’intégrité de ce lieu d’histoire et de mémoire pour les générations à venir.

Dès 1800, la Couronne réserve un terrain pour les sépultures des premiers pionniers. Le cimetière est créé en 1820 et la nouvelle paroisse anglicane de Saint-James, fondée en 1823, le prend en main. C’est ce qui fait de ce cimetière européen le plus ancien de la région de la capitale. Un lieu de mémoire exceptionnel Véritable témoin, le cimetière Saint-James compte de nombreuses personnalités parmi ses quelque 1000 sépultures. On y trouve l’imposant monument funéraire de Philemon Wright et de son épouse Abigail Wyman considérés comme les fondateurs du canton de Hull.

L’auteur remercie Michel Filion, professeur à l’UQO, de sa collaboration. Voir Michel Filion et Michel Prévost, « Le cimetière St. James de Gatineau, le plus ancien de l’Outaouais », dans Hier encore, no 2, 2010, pp.17-20. Pour des visites guidées, veuillez me contacter à Michel.Prevost@uottawa.ca

PARTICIPER À LA GUÉRISON DES MAUX DE CE MONDE, PLUTÔT QU’À SA MALADIE.

Le Portail de l’Outaouais - Octobre 2018

15

Crédit photo : France Laplante

Situé sur une colline à quelques pas du centre-ville de Gatineau, le discret cimetière anglican Saint-James entouré par l’Université du Québec en Outaouais présente tous les traits d’un lieu patrimonial d’exception à protéger et à découvrir.


DOSSIER SPÉCIAL

Crédit photo : Richard Perron

PAR JOSIÈVE BISSON

LE CREDDO joue dans la cour du Gîte Ami !

Le 17 juillet 2018, date de ma rencontre avec Clémentine Mattesco, agente de projet au sein du CREDDO, Clémentine et moi nous nous sommes donné rendez-vous ce matin-là dans la cour du Gîte Ami. Pourquoi dans la cour du Gîte Ami précisément? Ahhh…ça vous le saurez plus loin!

le projet qui correspond le plus au projet actuel du Gîte Ami est ce projet de Air-Ou-Vert, qui est le projet de verdissement urbain. - Maxime : On pourrait aussi ajouter qu’on est un OBNL, un organisme à but non-lucratif.

Ce matin du 17 juillet, en arrivant au Gîte, je n’ai même pas eu le temps de sonner puisqu’un gentil homme logeant au Gîte m’a escorté jusqu’à la cour. Arrivée à destination, j’ai dû cesser tout mouvement puisqu’un caméraman de TVA filmait la cour. Lorsqu’il a éteint la caméra, je suis allé saluer trois femmes qui s’y trouvaient. Ces femmes sont Clémentine, Lise, directrice exécutive au Gîte Ami, et Maxime, également agente de projet au sein du CREDDO. Enfin, après présentations, Clémentine a invité Lise et Maxime à se joindre à notre entrevue. Nous sommes allés nous installer dans la salle de conférence du Gîte Ami.

- Le Portail : En quelle année a été fondé le CREDDO?

- Le Portail : Pouvez-vous nous décrire ce qu’est le CREDDO?

- Clémentine : On a un budget de 30 000 $ environ pour la rénovation de A à Z. C’qui est vraiment important dans ce projet-là, oui, y’a des gens qui nous financent, mais c’est également tous les bénévoles qui s’impliquent. Hier, y’a eu 27 bénévoles qui sont venus, comme des utilisateurs du Gîte Ami, des intervenants, Lise…tous travaillaient ensemble.

- Clémentine : Premièrement, le CREDDO c’est le Conseil Régional de l’environnement et du développement durable de l’Outaouais. C’est assez long, alors c’est pour ça qu’on dit CREDDO! Le CREDDO a vraiment un rôle de concertation dans l’Outaouais auprès de différents acteurs, que ce soient les municipalités, les entreprises ou les citoyens pour aller de l’avant afin de propulser le développement durable en Outaouais. Il y a deux grands axes actuellement couverts par le CREDDO : le projet Air-Ou-Vert, celui qui est le plus relié au projet qu’on fait au Gîte Ami, qui est un projet de verdissement urbain. Donc c’est un projet qui consiste à verdir le centre-ville de Hull au départ, qui s’étendra probablement dans les années futures aux alentours de Gatineau et d’autres municipalités également. Le principal but de ce projet-là, c’est de créer des aménagements verts dans les villes, pour remplacer de l’asphalte dans des endroits où c’est pas vraiment nécessaire par de la végétation, afin de lutter contre les îlots de chaleur, puis créer un espace qui est plus agréable à vivre. Ce qui se passe au Gîte Ami, c’est un sous-projet de Air-Ou-Vert, puis là, pareil, on enlève l’asphalte puis on créer une cour où y’a plus de végétation. Sinon, le CREDDO a aussi d’autres projets d’économie circulaire en Outaouais, comme la gestion des déchets. On travaille également sur des transports alternatifs et plus écologiques. Puis on va avoir un volet de protection des milieux naturels. Bref,

16

Le Portail de l’Outaouais - Octobre 2018

- Clémentine : Le CREDDO a plus de trente ans. - Maxime : Mais ça a changé de vocation au fil du temps. Ça fait peut-être six ans qu’on a une vocation plus de concertation et d’accompagnement des municipalités et des entreprises. - Le Portail : C’est quoi le budget alloué pour l’aménagement de la cour du Gîte Ami?

- Lise : Oui, puis y’a un employé de la ville aussi qui est venu nous aider. Hier tout le monde était côte-à-côte…hier c’tait pas de la charité, mais de la solidarité. Pour nos usagers du Gîte, ils sentent qu’ils font partie de la communauté; ils étaient pas à part. Nous, quand y’a des mouvements citoyens, on essaie de les embarquer. Le gros de notre travail, c’est de leur redonner confiance en eux, pis de leur dire qu’ils sont importants. Qu’on veuille leur faire une belle cour, ça les interpelle…c’est tellement important pour eux. - Clémentine : Sous les pavés (nom du projet), c’est un processus d’implication citoyenne à la base, mais je trouve qu’ici en Outaouais, c’est vraiment particulier parce qu’on le fait au Gîte, justement. En termes techniques, c’est de l’urbanisme participatif et donc on veut que toute la planification soit faite avec les gens. À l’étape de la visualisation, il y a un mois et demi, on était venus au Gîte pour présenter l’atelier Imagine ta cour aux usagers. On a parlé de ce qu’est le projet, expliqué pourquoi on vient ici au Gîte Ami, pourquoi on fait ça au Gîte

PARTICIPER À LA GUÉRISON DES MAUX DE CE MONDE, PLUTÔT QU’À SA MALADIE.


Crédit photos : Richard Perron

Ami, puis le but c’était vraiment d’imaginer comment les usagers voyaient leur nouvelle cour pour que le plan qu’on leur présentera corresponde à leur réalité, à leurs besoins. - Lise : T’sais, souvent on a des gens qui entrent et qui sont en colère. Ils peuvent être en colère contre des situations, contre leur passé, en colère parce qu’ils ont fait une rechute…ils peu vent être en colère à cause de plein de choses, pis souvent, ça se traduit par de la violence et du vandalisme. Donc, on a réalisé que quand on fait participer les gens à des projets de construction, de rénovation, ils vont être portés à y faire plus attention parce qu’ils y ont participé, qu’ils ont mis de leur âme là-dedans. Clémentine, j’aimerais que tu parles du produit qu’on va mettre dans le sol de notre cour. - Clémentine : Oui. Bah ici, on a un sol qui est très dégradé. Ce que beaucoup de gens en paysagement traditionnel auraient fait, c’est excaver la terre, ou au moins, une partie de la terre puis ramener de la bonne terre. Nous, c’qu’on fait, c’est qu’on travaille avec une compagnie qui s’appelle DocTerre, qui a l’habitude de travailler sur la revitalisation des sols par la biologie. Ce que cette compagnie fait, c’est qu’elle va venir pour faire trois traitements en tout, qui vont s’échelonner du début août à la fin septembre à peu près. Ils vont venir décompacter le sol d’abord et ensuite insérer des thés de compost et des mélanges de bactéries et de champignons bénéfiques qu’on met près de la racine. Au final, le sol qu’on va avoir, non seulement il va être capable de nourrir nos plantes, il va aussi être capable de beaucoup mieux de filtrer et dépolluer l’eau parce que tous ces micro-organismes vont justement traiter cette pollution-là. Le sol va contenir beaucoup de carbone.

- Lise : Mais de toute façon, en rentrant de la cour, y’a une buvette juste-là, donc c’est pas si pire en attendant. Éventuellement, on va faire quelque chose, mais ce sera dans un deuxième ou troisième temps. On a aussi parlé d’avoir des chaises longues. En ce moment, on a juste une table dans la cour, mais les usagers préféreraient avoir trois ou quatre places de petits groupes. - Maxime : Y’en a qui veulent être plus tranquille, d’autres qui veulent se rassembler entre eux. En créant plusieurs espaces, ça va leur permettre de se séparer et de faire ce qu’ils veulent. - Clémentine : Y’en a qui parlaient d’une niche à chiens. - Lise : Oui, mais ça c’est les intervenants qui vont faire ce projet-là avec des usagers. - Clémentine : Pour ajouter quelque chose qu’on a oublié de mentionner, mais que je trouve vraiment important pour le projet, c’est qu’on suit vraiment les principes de la permaculture, puis l’idée c’est de créer tout un écosystème dans la cour qui va être bénéfique pour les usagers. On va s’assurer que ça soit joli à regarder, on va s’assurer que les vivaces soient fleuries et que ça sente bon dans la cour. On veut que ça soit un design qui soit bénéfique pour la nature, donc pour l’environnement, on va stocker du carbone dans le sol, filtrer l’eau et on va planter des plantes et des fleurs qui vont attirer tous les polinisateurs. On va vraiment créer une cour vivante qui va profiter tant à l’environnement qu’aux gens. T’sais, hier, Lise, tu disais qu’avoir une belle cour pouvait contribuer au processus de guérison des usagers.

- Le Portail : Lors de la journée de la visualisation de la cour, quelles idées ont été amenées?

- Lise : Ouais, des études ont été faites justement avec des hôpitaux qui ont créé des beaux jardins.

- Clémentine : Avoir des petits buissons ou des arbres à fruits pour avoir des choses qui se mangent. Les usagers ont parlé d’avoir des racks à vélo pour pas que tous les vélos se ramassent dans la cour. Y’en a un qui a proposé une fontaine ou un abreuvoir. On a la certitude qu’on aura un jardin communautaire, ainsi qu’un comité de jardiniers, et une fresque murale créée par les usagers afin de mettre de la couleur, de la vie dans la cour. Par contre, on a expliqué aux usagers que le projet de l’abreuvoir ne pouvait pas être fait maintenant, mais dans les années futures parce que ça prend un plombier, puis des canalisations d’eau. Même chose pour la fontaine au milieu du jardin.

Notre entrevue s’est conclue avec une note d’enthousiasme de la part des trois femmes interrogées. Elles sont super motivées, car l’appui des gens qui participent au projet, les motivent, justement. Il est à noter aussi que le 17 août dernier, avait lieu la journée de plantation de la cour du Gîte Ami, en compagnie de plusieurs bénévoles qui ont prêté main forte. Les photos insérées à l’article témoignent de ce projet! Toute l’équipe du journal lève son chapeau à cette belle initiative!

PARTICIPER À LA GUÉRISON DES MAUX DE CE MONDE, PLUTÔT QU’À SA MALADIE.

Le Portail de l’Outaouais - Octobre 2018

17


e me suis retournée avec toute la rage que j'avais pu rassembler, j'ai maximum et j'ai crié :

Crédit photo : Dididou, dessine-moi Conan, http://www.dididou.fr/heros/conan3.php

HUMOUR

En mode Conan le barbare

: Dididou, dessine-moi Conan, Un beau dimanche matin, j’étaishttp://www.dididou.fr/heros/conan3.php en train de faire la cuisine (une demandant pourquoi je criais comme si c’était le dernier combat de mes passions soit dit en passant, en dehors du dessin️), et mon téléphone a sonné. Je décroche et c’est ma cousine Fifi que je voyais pratiquement tous les étés, pendant les vacances, chez notre mamie Sis. Pendant nos causeries, elle me sort une histoire vieille comme le monde : - « tu te rappelles du jour où tu étais en mode RRRRrrrrooaaar ? En Conan le barbare » - « heu ... de quoi tu parles ma vieille ??!! » Un après-midi, après avoir mangé, nous sommes allées jouer à la balançoire ma cousine et moi (mon grand-père en avait installé une à côté de la cuisine traditionnelle de ma grand-mère). Et la maison de mes grands-parents avait tellement d’arbres avec beaucoup de feuillage qu’on s’y perdait des fois. Et Félix le petit singe des voisins se balançait de branche en branche sans qu’on ne s’en aperçoive. Alors qu’on se balançait à tour de rôle, Fifi soudain me dit : - « vooooiiilllàààà Félix » (cette petite bête m’effrayait à un tel point ... Paix à son âme). Le temps de lever les yeux vers le feuillage, ma cousine avait déjà pris la poudre d’escampette. J’avais de la peine à distancer Félix et je voyais bien qu’il me rattrapait. Voyant que c’était sans issue, tel un super guerrier en mode super saiyan (j’exagère un peu quand même), je me suis retournée avec toute la rage que j’avais pu rassembler, j’ai grossi ma voix à son maximum et j’ai crié :

de ma vie. Je poursuivais la conversation en disant à ma cousine Fifi, qu’elle n’avait absolument pas besoin de me rappeler ça _ une période si terrible de ma vie ... rires. J’étais tellement apeurée ce jour-là que j’ai senti en moi l’âme d’un combattant, du genre si je ne réagis pas je suis finie. Je ne vous dis pas, l’histoire a fait le tour de la famille, et, à chaque rencontre familiale, les petites sœurs de mon père relataient l’histoire. - hey Fifi, ça suffit comme ça okay ?!! ... rires - hahahaha, allez, à plus ma belle. - ouais ouais, c’est ça ... allé zou. Je pense que la morale qu’on peut tirer ici c’est qu’il vaut mieux affronter les problèmes plutôt que de les fuir. Des fois, nous faisons face à des situations devant lesquelles nous sommes tentés de nous dérober, mais comme moi avec Félix, il faut faire face de manière à minimiser le problème pour être capable de le résoudre. Tchin Tchin !!

- « FÉLIX, VAS T’EN, JE VAIS TE TUER, VAS T’EN JE VAIS TE TUUUUERRR » Je vous assure, j’ai crié tellement fort (j’avais les jugulaires gonflées...hahaha) que je crois que Félix lui-même s’est dit « je ferais mieux de décamper d’ici »; ce qu’il a fait en quatrième vitesse. Pendant que je me calmais, il y avait deux de mes oncles qui étaient en train, mais de pouffer de rire, se

18

Le Portail de l’Outaouais - Octobre 2018

PARTICIPER À LA GUÉRISON DES MAUX DE CE MONDE, PLUTÔT QU’À SA MALADIE.


PSYCHOYOGIE

PAR VIVAL Par : Vival

Peu importe qui nous sommes comme individu sur cette planète, nous avons besoin d’aide urgente durant nos périodes de crise pour nous sortir de notre situation difficile, de notre détresse, de nos situations sans issue et de nos calvaires intérieurs. L’état des personne itinérantes est un enjeu important, car sans nourriture ou logement, souvent placés longtemps dans l’insécurité matérielle, les empêche de se propulser et d’aller chercher d’autres formes d’aide élémentaires. Tout le monde, un jour ou l’autre, a vécu un épisode de dépression qui lui a fait se demander s’il était devenu fou. La santé mentale est importante pour tout le monde, et ce, peu importe leur position socio-économique et démographique. La santé mentale, selon la définition de l’organisation Mondiale de la Santé (OMS) est la suivante : « un état de bien-être permettant à chacun de reconnaître ses propres capacités, de se réaliser, de surmonter les tensions normales de la vie, d’accomplir un travail productif et fructueux et de contribuer à la vie de sa communauté ». Nous les humains, avons de la difficulté à faire face à nos échecs et la situation du monde occidental est devenue de plus en plus dure à vivre. L’espoir et l’amour nous tiennent, mais souvent ils manquent. Nous vivons donc tous un peu plongés dans des situations d’instabilités et plusieurs en position de détresse vivent dans le manque de ressources et de soutien humain, matériel, physique et spirituel. Nous sommes beaucoup à chercher de l’aide, ou à l’attendre, mais à manquer de motivation, d’énergie et de support moral vis-à-vis un monde qui nous tombe dessus avec ses malheurs. Vivre dans la rue est donc nécessairement un gros facteur qui empêche d’atteindre une santé mentale qui permet de retrouver des activités à la hauteur de ses capacités. Il y a donc une perte de potentiel humain.

Peu importe qui nous sommes comme individu sur cette planète, nous avons besoin d’aide urgente durant nos périodes de crise pour nous sortir de notre situation difficile, de notre détresse, de nos situations sans issue et de nos calvaires intérieurs. L’état des personne itinérantes est un enjeu important, car sans nourriture ou logement, souvent placés longtemps dans l’insécurité matérielle, les empêche de se propulser et d’aller chercher d’autres formes d’aide élémentaires. Tout le monde, un jour ou l’autre, a vécu un épisode de dépression qui lui a fait se demander s’il était devenu fou. La santé mentale est importante pour tout le monde, et ce, peu importe leur position socio-économique et démographique. La santé mentale, selon la définition de l’organisation Mondiale de la Santé (OMS) est la suivante : « un état de bien-être permettant à chacun de reconnaître ses propres capacités, de se réaliser, de surmonter les tensions normales de la vie, d’accomplir un travail productif et fructueux et de contribuer à la vie de sa communauté ».

Je lance un message d’espoir ces gens dans la rue et à quiconque lit ceci. Vous n’êtes pas les seuls à vous sentir sans espoir et démotivés. Vous avez besoin de soins, d’être transportés, d’être nourris !! Demandez à plus Haut ! Nous les humains, avons de la difficulté à faire face à nos échecs et la situation du monde occidental est devenue de plus en plus dure à vivre. L’espoir et l’amour nous tiennent, mais souvent ils manquent. Nous vivons donc tous un peu plongés dans des situations d’instabilités et plusieurs en position de détresse vivent dans le manque de ressources et de soutien humain, matériel, physique et spirituel. Nous sommes beaucoup à

Durant le dernier épisode de désespoir, mon cœur criait et avait besoin d’être guéri et ça criait « j’ai si faim, si faim d’être aimée, si faim d’être sauvée, si faim et soif de vivre, soif de comprendre » ce qui se passait dans ma vie, que nulle part d’autre ne peut m’offrir, même les programmes, même les travailleurs de rue, et même ma famille. J’ai entrepris de demander l’aide à plus haut. Il était toujours là. J’ai dit : faites quelques choses de moi ! J’ai dit de croire et de garder courage, de continuer à espérer et de demander de l’aide de toute vos forces, de tout votre cœur (car oui, vous en avez un malgré l’état actuel dans lequel vous vous trouvez, aussi désastreux soit le vôtre) et de tout votre corps. Vous allez recevoir une réponse et si elle demande que vous vous déplaciez, que vous alliez cogner à une porte, frappez-y, avec confiance qu’on vous ouvrira. Je vous encourage à le passer cet appel, ou à vous rendre à cette rencontre. Il vaut la peine de le faire. Oublions les substances qui brouillent l’esprit et la réalité, et qui sont mauvaises pour le corps, et qui font taire l’intuition, la voie de l’intelligence et de la sagesse. Celle que nous devons écouter à qui notre âme enchaînée crie à l’aide et demande que l’on collabore. Si tu crois en quelque chose, crois-y aussi fort que tu le peux, tu verras que cette chose a ses limites, et cette personne aussi en qui tu crois. Les résultats et les réponses s’arrêtent souvent au-même point. Mets-toi maintenant à croire en Dieu ou peu importe comment tu l’appelles. Demande une aide ultimatum.

PARTICIPER À LA GUÉRISON DES MAUX DE CE MONDE, PLUTÔT QU’À SA MALADIE.

Le Portail de l’Outaouais - Octobre 2018

19


POINT DE VUE DU PROF

PAR NÉRÉ ST-AMAND Professeur titulaire École de service social, Université d’Ottawa

Le loup blanc et le loup sombre Un soir, un vieil Amérindien parlait à son petit-fils du combat qui se livre à l’intérieur de chacun de nous. Il l’expliquait comme suit : il y a deux loups en chacun de nous. Le loup sombre, c’est la colère, l’envie, la jalousie, la tristesse, le regret, l’avidité, l’arrogance, l’apitoiement, la culpabilité, le ressentiment, l’infériorité, le mensonge, l’orgueil, la supériorité et l’ego. Et le loup blanc, c’est celui de la joie, de la paix, de l’amour, de l’espérance, de la sérénité, de l’humilité, de la bonté, de la bienveillance, de l’empathie, de la générosité, de la vérité, de la compassion. Après y avoir réfléchi pendant un instant, le petit-fils demande : « Grand-papa, quel loup gagne? » Le grand-papa lui répond simplement : « Celui que tu nourris! » Commentaire J’aime beaucoup ce conte amérindien. Il m’aide à voir le bien, le beau, tant dans la nature que chez les gens et dans les événements. Pour les grands médias et les personnes influencées par une certaine vision du monde, il semble trop facile de se centrer sur le côté sombre de la vie, sur le côté noir de la politique, sur les tragédies, sur les gens qui voient tout de façon négative ou sur la violence des individus ou des institutions. On dirait qu’il est plus tentant de voir les défauts, le côté négatif! En somme, le volet sombre de la vie et des gens nous semble souvent prendre le dessus, surtout lorsqu’on est fatigués, tendus, frustrés ou que, comme société, nous vivons des périodes de « crise ». Pourquoi, à l’inspiration de ce sage conte amérindien, ne pas nous exercer, tous les jours, à voir la beauté? La nature sereine, des paysages à en couper le souffle, des rivières et leurs chutes d’eau, la quiétude des parcs, tout nous parle d’une vision harmonieuse de la nature, et tout nous invite à une vision remplie de sérénité. En plus, l’histoire nous a légué d’incroyables exemples de dépassement, de personnes et de sociétés qui ont lutté pour faire de notre monde un lieu de beauté, que ce soit dans les arts, dans les cultures, dans les superbes chefs-d’œuvre de notre humanité. Chose étrange, comme dans ce conte amérindien, il semble que ce soient les enfants et les personnes « âgées » qui ont un rapport plus beau et plus pur face à la vie. Les yeux d’un enfant, son sourire dégagent une grande sérénité et provoque un sourire sur plusieurs visages tendus. Les rides des personnes vieillissantes nous parlent à la fois de courage et de pistes de bonheur. L’éducation, la politique, les contraintes de la vie nous portent peut-être à adopter un regard plus sombre… et lorsque l’âge amène davantage de paix et de sagesse, il semble que le loup blanc revient, avec sa sérénité, sa paix. Mais faut-il attendre l’âge d’or pour devenir serein, paisible?

20

Le Portail de l’Outaouais - Octobre 2018

Il y a quelques années, j’ai dû passer une journée en un endroit que je fréquente peu : un cimetière… Voici : j’étais en voyage à l’étranger, et, dans ce village où je m’étais arrêté, le prochain autocar ne passait que huit heures plus tard. Dans le calme de cette région rurale de la Suisse, il y avait très peu à visiter, sinon un cimetière. Or, une pierre tombale, faite d’une grosse pierre des champs sur laquelle on avait gravé un message, a retenu mon attention : « Ce qui compte, c’est la bonté ». Quand on n’a, pour une journée entière, aucun accès Internet, aucun café, aucune sollicitation autre que ce lieu calme et tranquille, une telle pensée revient et touche. J’ai donc retenu le message de cette pierre tombale. Ce qui compte dans la vie, à la fin de notre séjour sur cette terre qui nous a accueillis, ce ne sont pas les grandes maisons ou les comptes en banque, centrés sur l’avoir, mais bien davantage le fait d’être. Une vie simple, faite de bonté, de sourires, voici des états d’âme qui ne s’achètent pas, mais qui se vivent... Et Antoine de St-Exupéry nous le rappelle : On ne voit bien qu’avec le cœur, l’essentiel est invisible pour les yeux. Cette courte réflexion nous suggère des pistes de bonheur : les enfants, les personnes « âgées », les Autochtones, la nature, la bonté, qui sont des catégories trop souvent oubliées dans le brouhaha de l’existence… En fin de compte, nous avons le choix, tous les jours et tous les instants de notre vie : voir le beau ou broyer du noir. Le verre à moitié rempli peut aussi nous servir de rappel : une moitié vide et sombre, ou une moitié pleine et remplie de bonheur, de paix, de sérénité. Le reste est à nous, à toi, à moi. L’homme se nourrit de ses rêveries; si elles sont belles, nous rappelle le grand poète Rumi.

PARTICIPER À LA GUÉRISON DES MAUX DE CE MONDE, PLUTÔT QU’À SA MALADIE.


Carte

Gatineau.ca / és it tu ra g et es g Avanta e municipale u èq th lio ib b la à te Offer Nom, Prénom n: Date d’expiratio 2018-05-12

00000000

+

PARTICIPER À LA GUÉRISON DES MAUX DE CE MONDE, PLUTÔT QU’À SA MALADIE.

Le Portail de l’Outaouais - Octobre 2018

21


L’HABITATION

PAR LE ROHSCO

Le trouble de l’accumulation compulsive (TAC) en bref Journaux, vêtements, livres, mobiliers, décorations, équipement brisé, bouteilles vides, déchets… rien n’est sans valeurs pour les personnes atteintes du trouble de l’accumulation compulsive (TAC). En effet, là où les objets sont source de plaisir, confort et accomplissement pour la majorité, ces derniers deviennent une prison dont il est très difficile d’échapper pour les personnes atteintes de ce trouble qui entretiennent un « fort attachement sentimental » (DSM-V, 2013) envers leurs possessions. Il devient alors très difficile, voire impossible, pour ces personnes de se départir de leurs biens. L’accumulation compulsive en logement peut apporter des conséquences sur la santé non seulement pour les personnes atteintes par le trouble, mais aussi la famille, les proches, les personnes partageant le logement ainsi que le voisinage immédiat (Glassheim, 2016). Dans les cas les plus avancés, ce trouble peut nuire gravement à la vie de ses victimes qui entreposent, empilent et accumulent des choses inutiles au point d’envahir entièrement leur milieu de vie, entrainant du même coup toute sorte de risque pour les résidents en logement : chutes ou accidents, infestation de moisissures et problème de respiration, risque d’incendie si les objets accumulés sont inflammables ou entreposés devant les systèmes de chauffage et même l’itinérance si les locateurs jugent que l’accumulation contrevient au bail de location. Au cours des dernières années, au moins cinq différentes études américaines ont été menées afin de déterminer la prévalence de l’accumulation compulsive au sein de la population. Ces études ont mené à la conclusion que le trouble de l’accumulation compulsive atteindrait de 2 à 6 % de la population, faisant de ce dernier un des troubles mentaux les plus fréquents (Steketee et Frost, 2014). On estime que 320 000 Québécois vivraient présentement avec ce trouble, ce qui ferait que cette maladie mentale frapperait « deux fois plus que la bipolarité et quatre fois plus que la schizophrénie » (Valet, 2018). Cette maladie, qu’on associait jusqu’à tout récemment au trouble obsessionnel compulsif, a finalement été reconnue comme un diagnostic différent à part entière dans les écrits scientifiques en 2013 (DSM, 2013). Dans certaines situations, le TAC provoque des tensions avec les propriétaires de logements. Par exemple, dans les cas d’accumulation compulsive rapportés aux départements de santé des États-Unis, les propriétaires de logement et les municipalités ont évincé ou menacé d’évincer 8 % des accumulateurs en raison de leur problème (Moreau, 2016). De plus, dans une étude menée dans l’État de New York sur une population faisant appel à de l’aide pour des problèmes

22

Le Portail de l’Outaouais - Octobre 2018

d’éviction, la prévalence du TAC était de 22 % parmi ces derniers. À l’intérieur de cette proportion, 44 % avaient déjà été impliqués dans des procédures légales d’éviction et 20 % avaient déjà été expulsés de leur logement à une ou plusieurs reprises dans le passé (Rodriguez C, 2012). On peut donc conclure, à l’aide de ces données, que le TAC est responsable d’un grand nombre de problèmes en logement. Étant donné que les études sont à un stade embryonnaire, les traitements et les interventions n’ont pas de consensus au sein de la communauté scientifique et du milieu terrain. Cependant, l’Institut universitaire en santé mentale de Montréal (2018, page 2) rappelle que « le TAC n’est pas un choix. Il peut toucher n’importe qui et engendre une souffrance réelle. » Face à une personne souffrant de ce trouble, L’IUSMM (2018) suggère : - D’être réaliste dans ses demandes, en faisant des petits pas à la fois ; - De demeurer respectueux et patient, en général l’intervention se fait à long terme ; - De construire un lien de confiance et de le préserver ; - De favoriser les échanges ; - S’informer et s’éduquer sur le TAC pour éliminer ses préjugés ; - Garder une attitude positive et encourager les changements ; - Chercher de l’aide ou du soutien professionnel, en vous référant aux ressources disponibles. Références American Psychiatric Association. (2013). Diagnostic and statistical manual of mental disorders (DSM: 5e éd.). Hoarding disorder, 299-342 Centre d’études sur les troubles obsessionnels compulsifs et les tics & al, (2018), Trouble d’accumulation compulsive Rapport final de la recherche de faisabilité. Glassheim, B, (2016) Saginaw hoarding task force, Hoarding white paper. Harm reduction therapy, 30 Institut universitaire en santé mentale de Montréal (2018), Dépliant du trouble de l’accumulation compulsive. Moreau, A, (2016) L’accumulation compulsive : Perspectives de l’intervention psychosociale, Université Laval. Rodriguez, C. I., D. Herman, et al. (2012). « Prevalence of hoarding disorder in individuals at potential risk of eviction in New York City: a pilot study. » J Nerv Ment Dis 200 (1) : 91-94. Steketee, G et Frost, O, (2014) Treatment for hoarding disorder Therapist Guide, 10. Vallet, S (2018), Trouble d’accumulation compulsive : « Plus vite on peut intervenir, mieux ça se passe, La Presse. »

PARTICIPER À LA GUÉRISON DES MAUX DE CE MONDE, PLUTÔT QU’À SA MALADIE.


GRILLE TARIFAIRE D’ESPACES PUBLICITAIRES 2017 Xp

aru

12 parutions

1 parution

3 parutions

6 parutions

10 parutions

Carte d’affaire

85$/paru.

75$/paru.

65$/paru.

55$/paru.

50$/paru.

Bandeau

200$/paru.

150$/paru.

125$/paru.

100$/paru.

90$/paru.

1/4 page

275$/paru.

250$/paru.

200$/paru.

175$/paru.

165$/paru.

1/2 page

475$/paru.

425$/paru.

375$/paru.

330$/paru.

315$/paru.

Pleine page

775$/paru.

725$/paru.

675$/paru.

625$/paru.

615$/paru.

Page 2

x1.15

x1.15

x1.15

x1.15

x1.15

Dernière page

x1.15

x1.15

x1.15

x1.15

x1.15

Dos page

950$/paru.

875$/paru.

800$/paru.

765$/paru.

725$/paru.

For

mat

tion

s

consécutives

consécutives

Placez votre commande à articlesportail@gmail.com

consécutives

(x2 éditions doubles) consécutives

Agence du revenu du Canada

80683 4388 RR0001

COMMANDITAIRES

ÉCHELLE DE PARTENAIRES Absolus : Supérieurs : Distingués : Dévoués : Amis :

20 000$ + 10 000$ à 19 999$ 5 000$ à 9 999$ 501$ à 4 999$ 500$

*Adopté par le conseil ce 14 juin 2016

PARTICIPER À LA GUÉRISON DES MAUX DE CE MONDE, PLUTÔT QU’À SA MALADIE.

Le Portail de l’Outaouais - Octobre 2018

23


Profile for Le Portail de l'Outaouais

Le portail de l'Outaouais - Octobre 2018  

Le portail de l'Outaouais - Octobre 2018  

Advertisement

Recommendations could not be loaded

Recommendations could not be loaded

Recommendations could not be loaded

Recommendations could not be loaded