Le Portail de l'Outaouais - Novembre 2019

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NOV.

2019

L’Entrevue avec LINA DUGUAY Galerie Linart

Écoute-moi ! p. 7 Discrimination féminine p. 12 La beauté : inégalitaire ? p. 14

Crédit photo cover : Christian Gosselin

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L’ÉDITORIAL

PAR CHRISTIAN GOSSELIN

PHOTO : geralt

Éditeur

d’impact sérieux. Dans un environnement exempt de l’intervention humaine, Il y a de tout pour tous. La nature subvient aux besoins vitaux de chaque espèce de sa création au moment précis où elle en a besoin, pourquoi serait-ce différent pour moi, pour toi ? Cette peur du manque nous détruit tous et chacun dans notre vie individuelle et conséquemment dans notre vie collective. Que faire lorsqu’on semble se retrouver dans un trou ? D’abord cesser de creuser.

PHOTO : TemperateSage

Avec des faits scientifiques à l’appui comme l’extinction des abeilles qui ferait disparaître entièrement l’humanité et l’évaporation des lacs salés du Sahara qui abreuve par la condensation produite les forêts de l’Amérique du sud (documentaire Africa), il est inconcevable aujourd’hui que quiconque ne saisisse pas que tout est lié, qu’absolument tout ici sur terre est interconnecté quelle que soit la distance entre les éléments. Malgré les apparences trompeuses, SON problème est indéniablement MON problème, MON problème TON problème, TON problème est aussi SON problème et TOUT problème est incontournablement NOTRE problème à tous. Nous nous en sortirons tous ensemble ou nous périrons ensemble, c’est un fait et rien n’y changera rien même si nous continuons à nous centrer que sur nous-même, la tête bien enfouie dans notre ego et notre confort quotidien, avec cette vision mono générationnelle qui règne au cœur de l’humanité déshumanisée. La misère d’UN, LUI, TOI ou l’AUTRE a incontestablement un impact quelconque sur le bien-être de l’ensemble. La recette est à l’origine parfaite mais l’homme et sa science jouissent par orgasme cérébral à tout dénaturer. Il est impératif d’arrêter de croire que nous pouvons l’améliorer et de penser que des modifications aussi mineures soient-elles n’ont pas

SOMMAIRE 4 - L’ENTREVUE 6 - VIE SPIRITUELLE 7 - LES YEUX DU COEUR 8 - LE MOT DU CRIO 9 - TECHNOLOGIE ET HUMANITÉ 10 - TA NATURE 11 - LE PREMIER PAS 12 - ELLES

14 - REGARD VIF 15 - UNE JOURNÉE AU GÎTE 16 - PSYCHOYOGIE 17 - UNE PAGE D’HISTOIRE D’ICI 18 - POINT DE VUE DU PROF 20 - L’HABITATION 22 - PLACE AU CITOYEN

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L’ENTREVUE

PAR MARIETTE LECOURS

Lina Duguay, propriétaire de la Galerie Linart Native de Smooth Rock Falls, un petit village du nord de l’Ontario, Lina Duguay y a passé les 19 premières années de sa vie. Issue d’une famille de 4 enfants dont elle est la cadette, elle a connu une très belle enfance. Son père travaillait comme “millwright” au moulin à papier et il a été maire du village pendant 17 ans. Il travaillait beaucoup. Sa mère était au foyer. Entourée de sa famille, Lina était bien encadrée. C’était une enfant qui voulait tout essayer. Avide d’expériences nouvelles, son enfance et son adolescence ont été rempli d’activités sociales, sportives et artistiques diverses. Même si elle se sentait ou paraissait “pas branchée” et se cherchant, elle continuait de s’investir dans des activités variées. Elle s’est impliquée, entre autres, dans les “girl guides”, les “Brownies” et, plus tard, dans les Cadettes. Au niveau des sports, elle pratiquait le ski de fond, le karaté, le baseball, le basketball et le volleyball. N’étant pas parmi les meilleurs, elle s’y adonnait par plaisir. Au niveau artistique, à la fin de son primaire, elle a fait du théâtre. Cette activité l’a amenée à participer à un programme de formation à Timmins (Théâtre Action) et, plus tard, à un programme de perfectionnement à Toronto. Le dessin et la photographie ont aussi meublé ses temps libres, suivant un cours de dessin au privé, avec son frère et, plus tard, faisant partie d’un club de photos, où elle a eu l’opportunité de vivre l’expérience de la chambre noire, ce qu’elle a grandement apprécié. Dès le début de son adolescence, elle a commencé à garder des enfants. Son premier vrai travail a été dans le département des vêtements de la Baie d’Hudson. À l’école, elle avait beaucoup de difficultés. Elle manquait de concentration. Elle devait donc travailler plus que les autres pour avoir de bons résultats. Au moment de faire son choix de carrière, les arts l’attiraient beaucoup. Alors qu’elle était encore enfant, elle avait eu l’occasion de visiter le Musée de la nature d’Ottawa. Dans le nord de l’Ontario, il n’y avait pas de musée. Ça demeurait un domaine un peu abstrait. Ses parents tout de même très disciplinés, préféraient qu’elle choisisse un domaine plus concret. Ses frères et sœur vivaient déjà en Outaouais et elle souhaitait aller les rejoindre pour faire ses études. Elle arrêta son choix sur le travail social et elle poursuivit ses études à Ottawa, au Collège Algonquin qui est maintenant devenu la Cité Collégiale.

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À la fin de ses études, Lina s’est déniché un emploi au Musée de la Nature d’Ottawa. Graduellement, on lui a confié des tâches de coordination, si bien qu’elle est devenue coordonnatrice aux services aux visiteurs, au stationnement et aux réservations/locations, elle y a travaillé pendant quelques années. En 2002, Lina a choisi d’aller travailler à temps plein dans l’entreprise d’enseignes que son conjoint a mis sur pieds en 1997, pendant qu’elle travaillait au musée de la nature. Il avait nommé l’entreprise Les Enseignes Duguay parce qu’il trouvait ce nom accrocheur. Il souhaitait bien que Lina vienne travailler avec lui. Elle y a longuement réfléchi. Pour ce faire, elle a pris une année sabbatique et des congés autofinancé et personnel. Pour développer ses compétences et plus d’expertise dans ce domaine, elle est alors retournée étudier à la Cité Collégiale en arts graphiques. Être entrepreneur demande de développer des habiletés diverses et à porter plusieurs chapeaux. Dans l’entreprise d’enseignes, Lina s’occupe surtout du design, de l’impression, de la préparation du lettrage et de l’informatique. Elle s’occupe aussi du secrétariat, de la facturation et peut aussi très bien procéder au nettoyage des lieux. Elle partage les tâches avec son conjoint qui se concentre plus sur l’installation des enseignes. En 2004, elle a joint le comité d’artistes de Cantley. Avec eux, elle a commencé à exposer ses photos. Quatre ans plus tard, elle ouvrait, pour la première fois, un espace pour les expositions de ce comité. De fil en aiguille, Lina mit sa galerie d’art sur pieds. Graduellement, elle a fait des agrandissements à ses installations. La galerie d’art Linart compte maintenant 9 salles d’exposition. Sans trop s’en rendre compte, elle a réalisé son rêve d’avoir sa galerie d’art. Il lui était arrivé de se dire ou de dire à son conjoint qu’un jour, elle allait avoir sa galerie d’art, mais c’était peu concret. Maintenant, c’est bien réel. Pour ce qui est de la galerie, Lina reçois les dossiers des artistes et les acheminé au comité de sélection. Elle prépare les contrats, s’occupe du site internet (photos et informations), organise des événements et en fait la promotion, envoie les invitations en privé, reçois les artistes, procède à l’accrochage des tableaux, fait le suivi auprès des artistes si un changement est

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nécessaire et tient la boutique cadeaux (sculptures et bijoux). Si Lina a choisi d’être entrepreneur dans les domaines des arts, c’est qu’elle est passionnée des arts, de la peinture et de la photo. Aujourd’hui, Lina continue s’épanouir. Ses activités sont toujours aussi variées et abondantes. Dans ses temps libres, elle fait de la photographie à titre bénévole pour le journal communautaire L’Écho de Cantley qui paraît 11 fois par année. Elle y publie des photos cocasses. Elle fait aussi de la photographie pour le comité des Étoiles d’argents. Au niveau des sports, ses activités sont devenues plus individuelles. Elle s’entraîne en gymnase et, l’été, elle s’adonne à la bicyclette, au patin à roues alignées et au kayak.

D’une grande sensibilité, l’itinérance la touche beaucoup. Elle en ressent beaucoup d’impuissance. Par le passé, elle a eu l’occasion de côtoyer des personnes proches qui vivent cette situation, ou de leur venir en aide. Seule la personne elle-même a le pouvoir de choisir. Elle aimerait bien pouvoir aider tout le monde mais ce n’est pas possible. Quand elle peut aider, elle le fait en donnant de l’argent, des vêtements, en encourageant les organismes qui leur viennent en aide, en priant et en donnant de l’espoir aux personnes vivant cette situation. Lina choisit de réserver une attitude humaine à chaque personne vivant l’itinérance qu’elle croise. Donner de l’espoir, être à l’écoute, poser un regard respectueux, offrir un sourire... Autant de choses simples qui rappellent à cette personne sa valeur en tant qu’être humain, avec une âme et un cœur.

La plus grande motivation de Lina, c’est le plaisir. Être entouré de gens l’anime. Autant elle a été timide et a eu de la difficulté à s’exprimer, autant elle apprécie aujourd’hui de rencontrer des gens. C’est en sortant de ses zones du connu qu’elle est arrivée à surmonter ses peurs. À cet effet, elle raconte une anecdote qu’un jour, après avoir été impliquée dans une exposition internationale avec la Roumanie, l’ambassadrice l’avait invitée à la cérémonie de départ qui se déroulait au Château Laurier. Il était bien mal aisé pour elle de refuser cette invitation. Elle l’avait donc acceptée, même si cette expérience la poussait hors de sa zone de confort. Elle n’y connaissait personne, outre l’ambassadrice. Rendue sur place, elle a été appelée à échanger avec de purs étrangers qui parlaient souvent avec un accent prononcé et étaient difficile à comprendre. Elle a mieux vécu cette expérience qu’elle ne l’aurait cru. Cette heure et demie lui a été grandement profitable puisque que sa confiance en elle-même a grandi Elle a choisi comme devise de ne pas remettre à demain ce qu’elle peut faire aujourd’hui. C’est important pour elle de réaliser ses rêves et cette devise la sert bien. Récemment, elle a eu la joie de réaliser un vieux rêve qu’elle avait presque oublié. À son arrivée en Outaouais, elle rêvait de faire du modeling. Elle avait approché l’École Internationale de Modeling et on l’avait refusée lui disant qu’elle devait travailler sa démarche, arranger ses cheveux et maigrir. On en était même venu à lui dire qu’elle était trop vieille. Aimant se déguiser avec des costumes de style Steam Punk, un shooting photo l’a amenée à être remarquée et choisie pour être un mannequin pour la Boutique du Corset de Buckingham. Cette expérience lui a confirmé qu’il est important de garder espoir.

À votre service depuis 1924 819.778.2122 | info@duprogres.ca PARTICIPER À LA GUÉRISON DES MAUX DE CE MONDE, PLUTÔT QU’À SA MALADIE.

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VIE SPIRITUELLE

PHOTO : SnapwireSnaps

PAR PAULE FONT

Apprendre à lâcher prise

(2e partie de 3)

L’emprise sur le soi existe depuis les temps les plus anciens. On raconte par exemple que le Bouddha Shakyamouni, après avoir appliqué les antidotes pendant six ans en la terre sacrée de l’Inde, réussit à relâcher complètement les deux sortes d’emprise et obtint le résultat ultime du bonheur sublime…… De nos jours, les gens ont peu de tolérance et sont facilement orgueilleux ou en colère, se séparent facilement et expérimentent toutes sortes de problèmes. - Ces problèmes ne proviennent pas des autres, mais bien de sa propre emprise sur le soi. Ces problèmes surviennent parce que nous avons entretenu cette attitude intérieure. - Ils ne sont aucunement causés par des agents extérieurs. Pour ces raisons, de nos jours la racine du bonheur réside sûrement dans le développement conjoint des conditions extérieures et de l’attitude intérieure. Ainsi, nous devrions nous efforcer de générer de manière équilibrée les causes d’un bonheur extérieur et intérieur.

Les avantages du lâcher prise Comment serait-il possible que le bonheur que nous désirons tous soit créé par une tierce personne ou par une source extérieure? Ainsi, dès que l’on se préoccupe du bonheur d’autrui, on relâche l’emprise sur soi. Si nous y réfléchissons bien, pouvons-nous trouver une source de bonté plus grande que les autres êtres sensibles? Les désavantages de l’attitude autocentrée sur soi Toute la variété des souffrances non désirées par nous et par les autres qui existent en ce monde proviennent de l’erreur de vouloir uniquement son propre bonheur. En effet, il n’y a personne d’autre que nous-mêmes qui créons toutes ces souffrances que nous ne désirons pas subir. Par exemple, l’attitude centrée sur soi est responsable des multiples problèmes comme les querelles, disputes, désaccords, bagarres ou autres que nous vivons sans cesse avec notre conjoint(e), nos amis, nos frères, sœurs, parents, etc.

Exemples ou aspects de l’emprise sur le soi L’emprise sur le soi ou l’égo se manifeste par un esprit arrogant face aux compliments ou furieux face aux critiques; Un esprit mal à l’aise ou jaloux face aux personnes inférieures, égales ou supérieures; Un esprit sans honte ou considération pour autrui qui rejettera même ses amis, ses parents ou ses proches lorsqu’il est entêté ou en faute; Un esprit de convoitise qui partira même en guerre dans l’espoir d’un profit personnel. Bref, c’est l’esprit qui est à la source de tout ce qui est négatif. Cet ennemi réside au centre de notre cœur. Si nous devons faire la guerre, nous devons la faire contre cet ennemi, l’emprise sur le soi. Si nous nous querellons contre d’autres pays, régions, groupes, ethnies, religions, non seulement nous commettons une grande erreur, mais nous accumulons également du karma négatif, cause de souffrances.

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Même les problèmes tels que l’inconfort et les désagréments reliés aux souris ou aux fourmis chez soi proviennent de l’attitude centrée sur soi. Dans L’introduction à la voie du milieu de Chandrakirti dit : Puisse notre esprit percevoir que toute perturbation mentale fautive dérive des vues qui considèrent le soi comme identique aux agrégats. Ayant ainsi compris la nature du ‘’Je’’, le yogi doit mettre un terme au ‘’Je’’. Et dans la Précieuse guirlande de Nagarjouna : Aussi longtemps qu’il y a saisie des agrégats, il y aura saisie du ‘’Je’’. Le karma naissant de la saisie du ‘’Je’’créera le karma pour une nouvelle naissance. (À suivre)

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LES YEUX DU COEUR

PHOTO : Couleur

PAR ESTELLE CARON-POULIN

Écoute-moi ! Novembre, ark. L’exaltation du changement de saison s’estompe au fur et à mesure que les feuilles colorées tombent au sol. Tout devient gris. Tout devient fade. Tout devient morne et moi je deviens morose. Mélancolique. Maussade. C’est la même chose à chaque année. À chaque novembre, l’automne m’afflige. J’ai tout essayé les trucs de self-care classiques possibles : Yoga, méditation, masques pour la face, thé vitaminé, bain-bin-trop-long. Rien n’y fait. Non, rien ne fait autant de bien qu’une oreille attentive. Rien n’apaise mieux mon air tristounet de novembre qu’une bonne écoute. Quand on m’écoute pour comprendre, et non pour répondre. Quand on m’écoute sans me juger, sans me brusquer, sans s’offusquer. Je crois qu’une bonne écoute est un remède efficace et presqu’universel contre les petits et très grands maux. En fait, tout irait mieux si on se parlait plus et s’écoutait pour vrai ! ... Pour cette chronique-ci, j’ai envie de vous partager des pistes d’introspection sur l’écoute. Ce ne sont pas mes mots, ce sont ceux d’un auteur inconnu. Il s’agit d’un texté partagé par le CNESM (Centre National d’Excellence en Santé Mentale), qui m’a beaucoup bousculée et touchée. Tu ne m’écoutes pas quand... ... Tu ne t’intéresses pas à moi et tu ne peux pas t’intéresser à moi avant de savoir quelque chose à propos de moi qui t’intéresse. ... Tu dis que tu comprends avant même d’en connaître suffisamment.

... Tu sens que mon problèmes est embarrassant et tu l’évites. ... Tu es très intéressé par ce que je te dis mais tu veux m’interrompre avant que je ne t’invite à prendre la parole. ... Tu as besoin de savoir que tu as réussi. ... Tu me parles de ton expérience qui semble réduire l’importance de la mienne. ... Tu refuses ma gratitude en disant que je n’ai rien fait. Tu m’écoutes quand... ... Tu entres tranquillement dans mon monde privé, sans me déranger. ... Tu essaies vraiment de me comprendre quand ce que je dis ou fais n’a pas de sens. ... Tu saisis mon point de vue même si c’est contraire à tes convictions profondes. ... Tu réalises que le temps que tu m’as consacré t’a un peu épuisé. ... Tu t’es retenu de me raconter l’histoire drôle que tu avais tellement envie de me dire. ... Tu m’a laissé l’honneur de prendre mes propres décisions même si tu as pensé que j’avais tort. ... Tu n’as pas réglé mon problème à ma place parce que tu as assez confiance en moi pour que je le fasse à ma façon.

... Tu as une réponse à mon problème avant que j’aie de fini de te dire de quoi il s’agit.

... Tu me laisses découvrir moi-même ce qui m’a bouleversé et tu me donnes suffisamment de temps pour réaliser tout seul la meilleure solution.

... Tu m’interromps avant que j’aie fini de parler.

... Tu te retiens de me donner de bons conseils.

... Tu critiques ma grammaire, mon accent, ma culture ou ma façon de faire ou de dire les choses.

... Tu acceptes ma gratitude en me disant que c’est bon de savoir que j’ai eu de l’aide.

... Tu meurs d’envie de me dire quelque chose ou de me corriger. ... Tu essaies de régler les détails sans savoir les sentiments derrière les mots.

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PHOTO : StockSnap

... Tu parles à quelqu’un d’autre dans la pièce.

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LE MOT DU CRIO

PHOTO : _Alicja_

PAR VINCENT BOIVERT

L’éducation populaire

Ce matin se déroulait une formation, présentée par la TROVEPO et la TROVEP de Montérégie, mettant en lien l’environnement et les mouvements sociaux, m’ayant permis de me replonger dans cette forme particulière de transmission des connaissances que l’on nomme l’éducation populaire.

l’éducation populaire, on ne retrouve pas ou très peu de «bonnes réponses», on valorise plutôt l’apprentissage de la réflexion, de l’esprit critique ainsi que de la rigueur dans la recherche l’information. Ça ressemble à quoi l’éducation populaire ?

Qu’est-ce que l’éducation populaire ? De façon brève et non exhaustive, l’éducation populaire s’apparente à une approche d’intervention collective principalement issue du milieu communautaire. Son objectif ? Co-construire les savoirs avec les différentes populations. Qu’est-ce que ça veut dire, «co-construire» ?

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En bref, l’éducation populaire, c’est surtout une meilleure démocratisation du savoir, c’est à dire son accessibilité à tous et non à seulement une partie restreinte de la population. C’est la possibilité de rassembler plusieurs visions des choses afin d’en élaborer une, collective, plus étoffée, plus fiable et plus viable socialement.

PHOTO : TheDigitalArtist

PHOTO : RobinHiggins

Cela signifie : construire le savoir avec d’autres individus, notamment ceux qui reçoivent l’information. Il n’y a donc pas d’«expert» ou encore de «professeur», le savoir est transmis d’un citoyen à l’autre, d’une personne à l’autre et chacun peut en enrichir le contenu. Il ne s’agit pas de dire n’importe quoi pour autant, mais bien de transmettre les savoirs reliés à l’enjeu en question qui nous semblent démontrer assez de rigueur pour être partagés. Cela implique donc une forme d’éducation assez éloignée de comment on la conçoit traditionnellement. En effet, dans

Elle prend plusieurs formes. La simple lecture d’un journal (Le Portail... par exemple) pourrait même consister en une des déclinaisons de l’éducation populaire. En ce sens, cette forme d’éducation est souvent plus ludique, plus interactive, qu’un cours magistral. Que ce soit des kiosques visant à informer les individus sur leurs droits, des chansons engagées, des dépliants visant à favoriser l’acquisition de savoirs au niveau de l’alimentation ou encore des formations visant à apprendre à mener des mobilisations efficaces, l’éducation populaire sert autant à transmettre qu’à stimuler les réflexions collectives.

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TECHNOLOGIE & HUMANITÉ

PHOTO : TheDigitalArtist

PAR ANDRÉ GUYON

Taxes, redevances et technologie en évolution L’évolution de la technologie facilite parfois certains abus. Les industries touchées réclament alors des compensations. Est-ce que les droits compensatoires aident ou nuisent ?

numérique fut créée, ses concepteurs ont misé sur la publicité. Les jeux sont faits, ils ont perdu leur mise.

Publicité dans les médias = fonte comme neige au soleil, sauf pour les multinationales, principalement le groupe maintenant désigné par le sigle GAFA (Google, Amazon, Facebook, Apple).

Un grand changement désagréable donne parfois l’occasion de réfléchir. Pourquoi ne pas repenser à notre rapport à la publicité ? Pourquoi continuer à subir dix minutes par heure d’interruptions quand on écoute la radio ou la télé ?

Pourtant, tous sont dans l’antre du loup (plateformes des GAFA) et y sont allés volontairement, espérant étendre leur auditoire. De leur côté, les annonceurs ne sont pas fous. C’est plus payant de rejoindre le public de tous ces médias sur une plateforme que de payer pour chaque média…

Pour ma part, je suis plus que prêt à payer le juste prix pour du contenu au lieu d’être matraqué de publicité. Par contre, si le gouvernement devient un bailleur de fonds exclusif, j’aurais des craintes. Un média critiquant le pouvoir risquerait le même sort qu’en Russie ou en Chine.

Le passé aide souvent à comprendre le présent et l’avenir.

Qu’on fasse payer leurs impôts aux multinationales, en plus de la taxe de vente, ce serait très bien. Par contre, une « taxe spéciale » pour aider l’industrie, non ! À l’heure actuelle, il y a concurrence déloyale des multinationales exemptées de taxes « pour aider la classe moyenne » . Quand des entreprises privées à but lucratif demandent une « redevance », je me dis… « La technologie évolue, les entreprises disent souvent aux travailleurs qu’il faut s’adapter aux changements. Je pense qu’elles ont une occasion en or de donner l’exemple. »

1980 : photocopie de livres destinés aux écoliers. L’industrie du livre, comme toutes les industries culturelles, était subventionnée, mais pas de taxe sur le papier ou l’encre des photocopieuses. L’industrie du livre se porte encore relativement bien. 1995 : piratage massif de la musique sur les sites comme Napster. Les « droits compensatoires » imposés à l’achat, notamment des CD et autres supports vierges pouvant servir à copier la musique, puis limités plus tard aux CD. Principaux outils des grands pirates, les disques durs et les lecteurs de MP3 seront exclus . La Société canadienne de perception de la copie privée (SCPCP) perçoit et distribue les redevances. Ça ne suffira jamais à compenser les pertes dues au piratage.

http://www.cpcc.ca/fr/foire-aux-questions On punit les petits poissons, mais les requins de la copie illégale avaient tous un très gros disque sur lequel ils stockaient « leur » musique. http://www.cpcc.ca/fr/wp-content/uploads/2011/06/memoire92_200309.pdf L’excuse absurde utilisée par M. Trudeau pour ne pas taxer Netflix au Canada. Ceux qui s’abonnent à Super Écran ou CraveTV ne font pas partie de la classe moyenne ?

Selon la SCPCP , ça rapportait environ 2,8 cents par plage de musique copiée. La même plage (une « toune ») se vendait un dollar. Les trois cents répartis ensuite entre auteurs, compositeurs, interprètes et maisons de disque… Évidemment, elle disparait avec les CD dont l’usage est devenu rare. En 2018, la SCPCP demande des « redevances » sur les téléphones intelligents, même si elle admet que la plupart des utilisateurs ne font pas de copie. Bref, au lieu de s’adapter et de remplacer les GAFA pour la distribution de musique, on nous taxe. 2019 : les médias (écrits, radiophoniques et télévisuels) subissent les changements climatiques de la technologie. L’ouragan s’amplifie d’année en année. Les prédateurs culturels (GAFA) ramassent le pactole, et ne paient souvent pas beaucoup d’impôts ici. Quand La Presse+, la version la plus extraordinaire d’un journal

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TA NATURE

PHOTO : analogicus

PAR JACINTHE COMEAU

Redécouvre ta Nature

La déforestation, source de dépression humaine

Le manque d’espaces verts affecte-t-il notre moral ? À mon avis, notre manière de rentabiliser nos zones vertes, essentielles à la survie humaine, devrait être repensée. Et si on se levait tous, le matin, avec un paysage naturel paradisiaque pour être plus calme et réduire notre degré de stress ? Juste à l’imaginer, estce que votre activité cérébrale s’anime de joie et de bonheur ? Comment sommes-nous arrivés à accepter d’être contraints dans des villes où les gens se collent les uns sur les autres au détriment de la verdure, donc, de notre santé physique et psychique ? L’année 2018 a été pour moi une reconnexion avec la nature où la liberté de marcher en forêt et la visite d’endroits touristiques du Québec m’ont fait un bien énorme, et ce, à tous les niveaux. J’ai même pensé, de manière utopique, à me convertir à la chasse et à la cueillette comme nos ancêtres le pratiquaient. À plusieurs reprises, les passants m’ont parlé de la Belle Gaspésie et de sa beauté de par sa vastitude et son plein air. Deviner quoi ? Je suis née au Québec et je n’ai jamais mis les pieds en terre gaspésienne, ni même un orteil. Comment ai-je pu voyager à l’étranger sans avoir vu au préalable ce qui se passait dans ma belle province ? J’ai honte, un peu. Quand j’étais jeune, mon père a fait quelques quarts de travail de nuit. Ce qui veut dire que le jour, cela signifiait aucun bruit dans la maison. Alors, ma mère, impuissante, nous disait à mon frère, ma sœur et moi : « Allez donc jouer dehors ! » Vous voyez, beau temps mauvais temps, contents, pas contents, il « fallait »

sortir dehors. Notre nid familial se situait à environ quatre kilomètres du village et les voisins étaient tous loin. Des chicanes de voisinage, je n’ai pas connu ça. Nous avions la vue sur le potager duquel mon père et ma mère prenaient grand soin tout au long de l’été. Hum ! Que dire de la saison hivernale et de la dégustation de nos légumes mis en pots durant l’automne ! Quels beaux souvenirs ! Des fleurs de couleurs multiples entouraient notre maisonnée, ainsi qu’un grand arbre avec une balançoire bricolée avec un pneu d’automobile et une corde torsadée. On se débrouillait avec ce qu’on avait, car nous n’étions pas riches riches ! À notre grand étonnement, cet arbre a succombé, un jour, à un éclair, lors d’une journée pluvieuse. Je ne m’en suis pas rendu compte à ce moment-là, même encore aujourd’hui, mais ce lieu extérieur avait une valeur très sentimentale. L’arbre lui-même était devenu une certaine réalité socioaffective de ma vie et de celle de ma famille. Comment aborde-t-on la déforestation aujourd’hui ? Sommes-nous à ce point déconnectés de nos émotions et même, de nos valeurs d’autrefois ? Je ne peux passer sous silence ce qui se passe en Amazonie actuellement. L’idée que le « poumon de la terre » pourrait nous affecter plus concrètement que l’on pense me donne froid dans le dos. Je me dis alors qu’être responsable, c’est plus que le fait de posséder des biens et d’aller travailler, c’est aussi, me soucier de Mère Nature dans son harmonie et sa « Majestuosité ».

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LE PREMIER PAS

PHOTO : François Blais

FRANÇOIS BLAIS PAR GUYPAR LARUE

Les différents chemins (5e partie)

Comme je l’ai mentionné précédemment, il y a quatre grands chemins de Compostelle en France. Nous avons décrit le plus important, celui du Puy-en-Velay. Parmi les autres voies, je n’ai parcouru que celle d’Arles et seulement sur 300 kilomètres. Il s’agit d’un beau chemin, dans le sud de la France, alors l’été c’est assez chaud. Nous y sommes donc allés l’hiver. Il n’y avait pas beaucoup de monde, mais nous y avons quand même croisés quelques autres randonneurs. Entre Arles et Montpellier, le terrain est peu accidenté, mais on traverse de beaux villages. Après Montpellier, le paysage se transforme. En fait, à partir de Saint-Guilhem-le-Désert (encore un autre magnifique village médiéval!), ça devient très sportif, longues montées abruptes et descentes difficiles et empierrées. Nous sommes arrivés fatigués et détrempés à Lunas, où nous avons quitté le chemin d’Arles pour rejoindre le chemin du Piedmont pyrénéen (une voie secondaire qui rejoint Saint-Jean-Pied-de-Port). Nous y avons été accueillis par un gentil propriétaire de gîte et de restaurant. Ce monsieur avait la particularité d’être optimiste et de bonne humeur, ce qui est plutôt rare en France ! J’exagère bien sûr, car nous y avons rencontré beaucoup de Français très sympathiques parmi les pèlerins et les randonneurs. Toutefois, ils ont parfois un côté un peu agaçant. En effet, nous avons souvent vu des groupes de marcheurs suivis par une navette qui transporte les bagages et l’intendance. Alors, à l’heure du midi, alors que nous mangeons timidement nos sandwiches ou nos salades froides dans un coin, ils festoient sur des tables garnies de nappes et de couverts avec des repas préparés et du vin. Le soir, pour le souper au gîte, ils semblent frais et dispos, pomponnés et vêtus de leurs plus beaux atours. Tandis que nous avons souvent l’air épuisés dans nos habits de pèlerins défraichis. Il va sans dire que randonner en portant un petit sac à dos ou rien du tout, c’est moins difficile que de marcher avec un sac à dos qui contient tout ce que nous possédons. Enfin, nous avons retenu de ces rencontres éprouvantes qu’il ne faut jamais porter de jugement. Chacun a le droit de faire son chemin comme il l’entend. Qui sommes-nous pour juger les autres?

La Via Turonensis, ou le chemin de Paris-Tours, débute comme son nom l’indique à Paris, au pied de la tour Saint-Jacques. Puis rejoint la ville de Tours par Chartres ou par Orléans, passe ensuite par Poitiers, traverse le Poitou (pays de mes ancêtres !) et arrive à Bordeaux. Après, cette voie traverse les Landes, région sans trop de relief, et se termine finalement à Ostabat où elle fusionne avec les chemins du Puy et de Vézelay. La Via Lemovicensis, ou le chemin de Vézelay, représente quelque chose de spécial pour moi, car elle commence devant la cathédrale. Celle-ci, dédiée à Marie-Madeleine, nous a fortement impressionnés quand nous l’avons visitée avec la famille (en touristes, pas en pèlerins !). Nous avons tous éprouvé un sentiment de ravissement difficile à décrire. C’était tout simplement magique ! Voilà pourquoi ce chemin m’attire tant. D’autant plus qu’il est peu fréquenté et traverse probablement les plus belles régions de France. Notamment, la Creuse qui porte bien son nom, car elle est pas mal vallonnée, le Limousin et le Périgord qui ont abrité les premiers Européens, les Cro-Magnons. On peut encore y voir, dans des cavernes, leurs peintures datant de 35 000 ans. Mais surtout, ce sont des régions où l’art de la table est élevé à de très hauts niveaux. La Via Lemovicensis passe elle aussi par les Landes puis rejoint les autres chemins à Ostabat, au pied des impressionnantes Pyrénées.

Pour terminer avec le chemin d’Arles, il faut mentionner qu’il passe par Toulouse, Auch et Oloron-Sainte-Marie, qui sont des villes magnifiques, et traverse les Pyrénées par le col du Somport. Par la suite, en Espagne, il fusionne avec le Camino aragonés pour rejoindre les autres chemins de France à Puente la Reina, sur le Camino francés.

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ELLES

PHOTO : Delia Giandeini on Unsplash

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PAR GUY LARUE

Discrimination féminine

L’exclusion sociale est un concept très large. Elle se traduit par une incapacité à prendre part à la société : travail, condition matérielle et financière, relation sociale et familiale, éducation (TACAE, 2005). Toutefois, quand on parle d’exclusion, inévitablement le concept d’égalité nous vient à l’esprit. L’égalité n’a pas été acquise facilement pour les femmes. D’autant plus qu’elles ne l’ont pas encore gagnée. Pensons aux droits à l’avortement qui est constamment remis en question. Les femmes ont défendu un certain nombre de droits de la personne qui sont devenus des valeurs fondamentales. Cependant, une bataille qui est gagnée n’est jamais complètement remportée. Il est vrai que les hommes assument de plus en plus de responsabilités familiales. Par contre, les femmes sont souvent celles qui subissent la charge mentale et qui gèrent les différents enjeux liés à la conciliation famille-travail-étude. Lorsque les deux parents travaillent à temps plein, les femmes font 62 % des tâches domestiques (CQSP, 2015). Quand la femme est le seul soutien financier, elle fait la moitié des tâches domestiques (CQSP, 2015). De plus, les femmes sont moins nombreuses dans les lieux décisionnels. D’ailleurs, elles n’ont toujours pas réussi à briser ce fameux « plafond de verre » qui empêche les femmes d’accéder à des emplois à la juste valeur de leurs savoirs et de leurs compétences. Ces limites empêchent donc les femmes d’obtenir un meilleur salaire, leur permettant d’être plus indépendantes financièrement. La pauvreté et la précarité demeurent des enjeux malgré les luttes pour l’équité salariale. Au Québec, sur dix personnes qui travaillent au salaire minimum, six sont des femmes (CQSP, 2015). Les femmes gagnent en moyenne 2,55 $ de moins que les hommes (CQSP, 2015). « Dans une famille monoparentale avec une femme à sa tête, on est deux fois plus pauvre que dans une famille monoparentale avec un homme à sa tête » (CQSP, 2015). Plusieurs causes expliquent l’appauvrissement des femmes. D’abord, les femmes sont davantage sanctionnées que les hommes en matière d’austérité (CQSP, 2015). Comme elles constituent plus de la moitié du personnel dans le réseau public (ex. : services sociaux et santé), ce sont d’abord elles qui subissent en premier lieu les réductions de personnel et les gels de salaires (CQSP, 2015). De plus, les femmes ayant un salaire plus précaire sont donc plus affectées par les hausses de taxes et de tarifs (CQSP, 2015). Finalement, les femmes sont davantage touchées par le manque de ressources des services publics. Par exemple, le manque de places dans les CPE oblige les femmes à réduire leur nombre d’heures de travail ou à demeurer à la maison. Il n’est donc pas rare de voir une femme rester avec un homme présentant des compor-

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tements violents par manque de ressources financières. Les femmes sont encore trop souvent victimes de violence autant dans leur vie privée que professionnelle. Le harcèlement sexuel est un enjeu quotidien pour plusieurs d’entre elles. En plus de vivre des inégalités financières, familiales et matérielles, les femmes vivant dans un contexte de pauvreté ont 35 % de risques d’avoir un diagnostic en santé mentale, comparativement à 15 % des hommes les plus riches (CQSP, 2015). À la lueur de ces données, nous pouvons donc conclure que les inégalités chez les femmes sont encore nombreuses. Le fait de ne pas avoir autant de chances que les hommes les placent dans un contexte de vulnérabilité et d’exclusion sociale importantes qui sont souvent invisibles aux yeux de la société. « Il a fallu cent ans pour effacer les discriminations les plus criantes entre les hommes et les femmes, mais qu’attend-on pour abroger celles qui restent ? » (Groult, 1975) Vous vivez de la violence ou des difficultés temporaires ? Ditesvous qu’il est possible d’y mettre fin. Pour de plus amples informations, veuillez consulter notre site Internet : www.maisonlibere-elles.ca. Vous pouvez nous rejoindre 24 heures par jour, 365 jours par année au 819 827-4044 et profiter de nos différents services offerts aux femmes victimes de violence ou vivant des difficultés temporaires et à leurs enfants : soutien psychologique, accompagnement, hébergement, groupe de soutien, atelier de sensibilisation, services externes et jeunesse. Références Table d’action contre l’appauvrissement de l’Estrie (TACAE). (2005). La pauvreté, l’exclusion sociale et ses préjugés. Sherbrooke, QC. Collectif pour un Québec sans pauvreté. (2015). Femmes et pauvreté. Observatoire de la pauvreté et des inégalités au Québec. Référé à www. pauvrete.qc.ca/document/femmes-et-pauvrete/ Groult. (1975). Citation féministe. Référé à citations.ouest-france.fr/citations-benoite-groult-7466.html

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(819) 771 3723

Tu entends des voix? ou vis avec d’autres types de phénomènes?

Quelques informations sur l’entente de voix et autres phénomènes

Tu as besoin d’en parler à quelqu’un?

…des études démontrent qu’entre 4 % et 10 % de la population à travers le monde entend des voix et qu’entre 10 % et 39 % de la population a entendu des voix au moins une fois dans sa vie (Shergill, Murray &McGuire, 1998).

1-800-567-9699

…entre 70 % et 90 % des gens qui entendent des voix le vivent suite à un événement traumatique. …la première manifestation du phénomène des voix peut survenir à tout âge et pour environ 6 % des entendeurs de voix, cette première manifestation survient avant l’âge de 6 ans, pour 10 % entre 10 et 20 ans et pour la majorité des gens, 74 %, cela se produira après l’âge de 20 ans. Source : https://aqrp-sm.org/groupes-mobilisation/revquebecois/histoire/ * Les autres manifestations peuvent inclure: phénomènes visuels, tactiles, olfactifs et gustatifs.

Notre philosophie d’écoute Ce que nous offrons ; une écoute basée sur le respect, l’empathie et l’authenticité. Nous croyons aussi que la personne la mieux qualifiée pour trouver des solutions à ses problèmes est la personne elle-même. Notre but est que la personne puisse s’exprimer en toute confiance.

Artiste : MC Leblanc

UN SERVICE D’ÉCOUTE FRANCOPHONE 24/7 / GRATUIT / CONFIDENTIEL PARTICIPER À LA GUÉRISON DES MAUX DE CE MONDE, PLUTÔT QU’À SA MALADIE.

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REGARD VIF PHOTO : http communiquisme.over-blog.com

PAR JACINTHE POTVIN

Selon le sociologue, Jean-François Dortier, la beauté est injuste. Elle crée des inégalités entre individus et a une très forte implication sur le marché de l’amour et celui du travail. La laideur par contre est indiscutable. Dans Les Mots (1964), Jean-Paul Sartre se rappelle comme d’un véritable traumatisme le jour où, à l’âge de 7 ans, on lui a coupé les cheveux. Jusque-là, il portait une longue chevelure blonde et bouclée qui cachait un visage enfantin. Mais d’un seul coup sa nouvelle coiffure va révéler à la famille ce qu’elle n’avait pas voulu reconnaître : l’enfant est très laid et il louche. C’est l’effroi quand il rentre à la maison. Sa mère pleure et son grand-père est atterré. Plus tard, grâce à son génie, Sartre saura compenser sa laideur – sa taille de nabot, son regard de travers, sa voix nasillarde et deviendra un vrai séducteur. Mais tous les laiderons n’ont pas du génie, et sur eux pèse une malédiction. L’histoire réserve un sort piteux à ceux qui ont eu le malheur de naître sans grâce. Dans la peinture occidentale, la laideur est associée à la souffrance, les monstres, l’obscène, le diable, la sorcellerie, le satanisme. Car la laideur suscite le dégoût, mais aussi la peur, la dérision, au mieux la compassion. Dans l’imaginaire populaire, la laideur a toujours été associée à la méchanceté, la folie et souvent assimilée à ce qui est tordu et difforme. La beauté est injuste, car très inégalitaire. Mais ce n’est pas tout. Le beau possède le privilège supplémentaire d’être associé à ce qui est bon et bien. Les enquêtes de psychologie sociale le confirment : la beauté est spontanément liée à l’intelligence, la gentillesse, la santé, la sympathie, etc.

phénomène est évidemment encore plus marqué. L’apparence joue en faveur des plus beaux sans que les enseignants en aient conscience, bien sûr. Le même protocole peut être appliqué aux entretiens d’embauche. Le sociologue Jean François Amadieu, professeur à l’université de Paris, a réalisé des expériences au constat sans appel. Un visage disgracieux sur une photo de candidature est un handicap certain. De même, un CV avec un visage d’obèse à moins de probabilités de décrocher un emploi qu’un autre. Au travail, être grand et beau est un avantage, y compris en matière de salaire. La discrimination par la beauté qui existait déjà à l’école se poursuit au travail. Bref, c’est triste à constater, à l’école, au travail, en amour, en amitié et dans les relations humaines en général, il vaut mieux être beau. Cela compte de façon significative dans le jugement porté sur nous. On comprend dans ces conditions que le maquillage, la musculation, les régimes amaigrissants, les produits « antiâge », antirides, la chirurgie esthétique, le Botox, bref tout ce que l’industrie de la beauté peut proposer, se portent merveilleusement bien. Un jour, peut-être, serons-nous assez évolués spirituellement pour changer et approfondir notre regard et voir au-delà du corps pour enfin comprendre que l’intrinsèque beauté est celle que l’on porte en son cœur, en son âme.

La sélection beau/laid opère dès l’école. Elle s’initie dès la cour de récréation où les attaques contre les « moches » se révèlent impitoyables. De nombreux enfants souffrent en silence des persécutions faites à ceux qui ont le malheur d’être trop gros, trop petits, de loucher ou d’avoir les dents mal plantées, etc. Il se peut que les enseignants, à leur corps défendant bien sûr, puissent avoir aussi une préférence pour les beaux. Prenez une pile de copies et faites la corriger par un groupe de professeurs. Relevez les notes puis proposez les mêmes copies à un autre groupe d’enseignants en y adjoignant la photographie des étudiants. Résultat : les physiques avenants améliorent leur note, les physiques ingrats perdent des points. À l’oral, le

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PAR ÉLAINE TREMBLAY

UNE JOURNÉE AU GÎTE Le Gîte Ami 85, rue Morin Gatineau (Québec) J8X 0A1 819 776 0134

Une petite histoire du Gîte Ami Après avoir quitté un organisme gouvernemental à la fin de 1999, j’ai opté pour un emploi dans le communautaire, plus précisément au Gîte Ami. À ce moment-là le sujet à la une était la désinstitutionalisation et non l’itinérance. Cette désinstitutionalisation a créé des itinérants, surtout avec des problèmes de santé mentale. J’ai été étonnée de rencontrer ces hommes et ces femmes avec des chemins si différents de ce que je connaissais. Ces femmes âgées de 25 à 70 ans de tous les milieux, qui se retrouvent à la rue en raison d’un divorce, de violence conjugale, des problèmes familiaux, de perte d’emploi, de problème de santé mentale, de drogue. Quoi qu’il en soit, elles étaient beaucoup moins nombreuses qu’aujourd’hui. Les jeunes femmes de 18 à 25 ans étaient plutôt rares. J’ai remarqué qu’elles demeuraient au Gîte Ami beaucoup moins longtemps que les hommes, leur orgueil, leur fierté, je crois, leur permettaient de se relever plus rapidement. Les hommes âgés de 18 à 70 ans en plus grand nombre vivaient les mêmes choses, ajoutons le deuil, le jeu, la perte de leur entreprise, c’étaient plus difficiles pour eux, ces hommes semblaient brisés. Il y a plusieurs de ces femmes et hommes qui ont finalement repris le dessus et s’en sont sortis.

Je tiens à souligner tout le travail de Ginette avec son langage coloré ainsi que son caractère, elle a offert son aide à plus d’un et ce pendant de longues années. Après plusieurs années, je suis maintenant revenue au Gîte Ami, ce que j’y ai trouvé était au-delà de ce que j’avais imaginé, beaucoup plus de femmes, de jeunes femmes, pareil pour les hommes, certains problèmes ont changé et ce, pour le pire, entre autre les drogues qui sont plus fortes, plus sournoises, plus addictives et ce, plus rapidement, presque impossible de décrocher. Avant, il y avait beaucoup d’entraide entre eux, il y avait encore un sentiment de communauté, aujourd’hui je crois que les gens sont plus individualistes, peut-être à cause des réseaux sociaux et/ou par le sentiment de ne rien valoir aux yeux de la société et de ceux qui la dirige. Il y a le manque de ressources, non parce qu’il n’y en a pas mais parce qu’elles ne sont pas assez nombreuses et la population itinérante est en en croissance continue et les délais pour tout est beaucoup trop long, les démarches plus lourdes et des failles importantes dans le filet social. Donc, il y aura encore beaucoup de travail à faire pour continuer d’aider toutes ces personnes en mal de vivre.

Après 3 ans au Gîte Ami, j’ai travaillé dans d’autres organismes communautaires, plusieurs de ces personnes sont venues m’y voir pour me demander de l’aide, leur vie était plus stable et elles avaient des projets. Même après avoir quitté le Gîte Ami, je continuais d’avoir des nouvelles de plusieurs d’entre eux par l’entremise de Ginette, qui ne se souvient pas de Ginette ? Je lui offrais alors le transport matin et soir pendant au moins 10 ans. Elle me donnait des nouvelles de ces femmes et de ces hommes, c’est comme ça que j’ai appris le décès de plusieurs, jeunes et moins jeunes, suicide, maladie, overdose.

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PSYCHOYOGIE PHOTOS : ivabalk / Skitterphoto

PAR BRASSARD-LEPAGE

Lettre ouverte au ministère de la Perfection Madame, Monsieur, Mesdames, Messieurs, Laissez-moi d’abord vous dire comment je me sens à l’idée de m’adresser à vous. Je suis légèrement stressée et préoccupée. Je cherche mes mots. Pas n’importe quels mots ! Pas les bons mots. Je cherche LES MOTS PARFAITS !! Toutefois, je doute de pouvoir être à votre image. Ce pour quoi je vais prendre beaucoup de temps pour rédiger cette lettre et la réviser pour m’assurer qu’elle ne contienne aucune erreur. Vous pensez qu’il faut toujours donner le meilleur de soi-même, n’est-ce pas ? J’ai toujours fait de mon mieux, mais je crois que certains professeurs et parents ont oublié que l’on fait de son mieux selon ses capacités et les circonstances. Il m’est arrivé de vivre des moments très difficiles à la maison et dans ma vie personnelle. Vous comprendrez, j’espère, si je vous dis que ce qui se passe à l’intérieur a des répercussions à l’extérieur. À plusieurs reprises, lors de dictées ou d’examens, lorsque j’avais une note acceptable, mais moins bonne que les dernières, le professeur commentait « Je sais que tu peux faire mieux ! » J’arrivais donc à la maison déçue de moi-même et ça me stressait de devoir faire signer ma mère. C’est probablement à ce moment-là que j’ai commencé à imiter sa signature. J’avais honte. Je ne voulais pas qu’elle me chicane, même si au bout du compte, elle ne me chicanait pas. Plutôt, elle disait « C’est pas grave Valérie. Tu pourras te reprendre et faire mieux la prochaine fois ! » La fois suivante, je mis les bouchées doubles et à mon grand désarroi, je n’eus pas une meilleure note. Pourtant, j’avais donné, VRAIMENT donné, le mieux que je pouvais. Vous savez ce que ça laisse sous-entendre dans la tête d’un enfant ? Que ce n’est pas assez. Que ce n’est pas suffisant. Pire, il comprend qu’IL n’est pas assez. Qu’IL n’est pas suffisant. Se faire dire des choses comme « T’es ben bonne ! » ou « T’es ben poche ! » a un effet considérable sur le concept de soi, la façon dont l’enfant va se percevoir.

Une députée accessible et engagée !

J’étais bonne oui. J’étais dans les meilleures de ma classe et de mon niveau. J’ai eu beaucoup de méritas, d’étoile de la semaine et de bourses d’excellences. Mon père et ma mère étaient bien fiers de dire : « Ah ma fille, elle réussit tellement bien à l’école ! Elle ira loin ! » OK. Il faut mettre quelque chose au clair : ce n’est pas vraiment une question d’intelligence ! Je ne suis pas plus intelligente que la personne qui a eu un C ou un E. À mes yeux, c’est une question de volonté et d’assiduité. Une question d’être capable d’être assis sur une chaise et se concentrer. Une question d’être capable de se faire bourrer le crâne. Une question de n’avoir aucun trouble d’apprentissage. Une question d’apprendre par cœur, d’écouter en classe, de prendre pleins de notes et de savoir cerner qu’est-ce que les professeurs attendent de nous et étudier tout, mais surtout la matière qui est susceptible d’être posée aux examens. La longueur d’avance que j’avais, c’est la facilité en français. Parce qu’on va se le dire, si tu n’es pas bon en français et que tu fais plein de fautes, t’as ben beau avoir le meilleur texte, les meilleures idées, tu seras pénalisé. C’est triste de même. Pourtant, la profession de correcteur existe pour une raison. Imaginez-vous dont que je me suis rendue très loin. Vous seriez fiers de moi. J’ai terminé mon baccalauréat en psychologie à 22 ans avec une moyenne de 88 %. Ça se situe dans l’excellent ça. Parce que je suis comme vous, Madame, Monsieur, Mesdames, Messieurs, je ne vise rien de moins que l’excellence. Je ne VISAIS rien de moins. Je rectifie en conjuguant à l’imparfait. Parce que j’ai appris qu’il y a du parfait dans l’imparfait. Je vous saurais gré de transmettre ma lettre à qui de droit. Respectueusement, Valérie Brassard-Lepage « Imperfectionniste » postmoderne

Maryse Gaudreault

députée de hull

et vice-présidente de l’Assemblée nationale

259, BOUL. ST-JOSEPH, BUR. 207 / 819 772-3000 / MARYSE.GAUDREAULT.HULL@ASSNAT.QC.CA

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PAR MICHEL PRÉVOST

UNE PAGE D’HISTOIRE D’ICI

PHOTO : www.tourismeoutaouais.com

D.U., président de la Société d’histoire de l’Outaouais

Le domaine Mackenzie-King, le joyau du parc de la Gatineau Le domaine Mackenzie-King est un joyau au cœur du parc de la Gatineau. William Lyon Mackenzie King, dixième premier ministre du Canada, met pendant près de 50 ans beaucoup d’énergie pour transformer ce qui était au départ qu’un modeste chalet en un vaste domaine comprenant des chalets, une maison de ferme, des jardins, des sentiers, et des ruines ici et là cachées en pleine forêt. Mackenzie King

monde comme Sir Winston Churchill, premier ministre du Royaume-Uni et Charles de Gaulle, président de la France. C’est aussi là qu’il exprime son romantisme et sa foi profonde en aménageant des jardins et des sentiers. Même aménagée par l’homme, la nature demeure pour lui une œuvre divine. Plus étrange, il réunit une collection de ruines pittoresques qui rappelle les PHOTO : www.tourismeoutaouais.com grandes propriétés romantiques de la Grande-Bretagne. Par exemple, on trouve sur le site des ruines du parlement canadien Le domaine Mackenzie-King, le joyau du parc de la Gatineau incendié en 1916 et celui de Londres. Par Michel Prévost, D.U., président de la Société d’histoire de l’Outaouais

Mackenzie King est l’un des politiciens les plus importants du Canada. C’est toutefois un homme particulier qui reflète bien les valeurs de sa jeunesse. Né en 1874, à Kitchener en Ontario, il est plus ancré dans le XIXe siècle que dans le XXe. Il est premier ministre pendant près de 22 ans, entre 1921 et 1948, avec deux interruptions. Il détient le record de longévité comme premier ministre du Canada.

Le domaine Mackenzie-King est un joyau au cœur du parc de la Gatineau. William Lyon La Ferme

Sur le plan personnel, il demeure célibataire et entretient des liens très forts avec sa mère adorée, Isabel et ses chers chiens. Il communique avec eux même dans l’au-delà. Bien que terne comme politicien, il se révèle un homme très intelligent. Enfin, c’est un grand romantique et croyant, ce qui joue un rôle déterminant dans l’aménagement du domaine Mackenzie-King.

Décédé sans femme et enfant, Mackenzie King lègue son domaine adoré à la nation canadienne. Ce dernier préserve encore son intégrité et est soigneusement restauré par la Commission de la capitale nationale. Grâce à des photos d’archives, on refait aussi les magnifiques jardins français et anglais en face de Moorside. Seule la maison de la Ferme ne peut pas être visitée, puisque c’est la résidence officielle du président de la Chambre des communes.

Un conte de fées

Mackenzie King, dixième premier ministre du Canada, met pendant près de 50 ans beaucoup d’énergie pour transformer ce qui était au départ qu’un modeste chalet en un vaste domaine Kingcomprenant des chalets, une maison de ferme, des jardins, des sentiers, et des ruines ici et là agrandit à nouveau sa propriété en achetant en 1927 une cachées en pleine forêt. vieille ferme qu’il rénove pour y déménager en 1943. Il s’y réfu-

gie lorsqu’il quitte le pouvoir en 1948 et il y meurt deux ans plus Mackenzie King tard à l’âge de 75 ans. King avait songé à se faire enterrer à la Ferme, mais il est plutôt inhumé à Toronto avec sa famille.

Rien au départ ne laissait croire qu’un jour Mackenzie King aménagerait une immense propriété de 231 hectares, dans ce qui est aujourd’hui le parc de la Gatineau. En 1900, King découvre pour la première fois le lieu et il est frappé par sa beauté. En 1903, il achète un petit terrain près du lac Kingsmere, nommé avant lui, mais King y voit un signe et y construit un chalet. Avec le temps, il agrandit son chalet et achète en 1922 celui du voisin. De 1903 à 1928, il y passe tous ses étés. En fait, cela devient la résidence d’été du premier ministre canadien. King nomme l’endroit Kingswood. Moorside En 1928, King emménage dans un chalet plus spacieux sur un domaine annexé à Kingswood quelques années plus tôt. Il nomme sa nouvelle propriété Moorside. C’est aujourd’hui le Salon de thé. C’est là que le premier ministre reçoit les grands de ce PARTICIPER À LA GUÉRISON DES MAUX DE CE MONDE, PLUTÔT QU’À SA MALADIE.

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POINT DE VUE DU PROF

PAR NÉRÉE ST-AMAND Professeur titulaire École de service social, Université d’Ottawa

Des jouets pour les boys? Violence armée et genre (2e partie-reprise)

La violence politique : des discours haineux de la part de certains politiciens, ici ou ailleurs, alimentent la haine et incitent, directement ou non, à la violence. En plus d’avoir en tête nos voisins du sud on peut penser à certains réseaux sociaux qui alimentent la violence.

de formation des policiers-policières en fonction des pays, on constate que ce sont les pays qui exigent les plus hauts niveaux de formation – généralement de niveau premier cycle universitaire – où l’on retrouve le moins d’accrocs à l’éthique et à l’intégrité.

Les autres formes de violence. La violence armée n’est qu’un élément de l’ensemble des pratiques de violence; plusieurs autres formes ne sont pas mentionnées, car peut-être moins visibles, bien que tout aussi inacceptables. La violence appelée domestique, qu’elle soit intime, sexuelle, verbale, soit celle des hommes envers les femmes n’est médiatisée que dans les cas sensationnels, comme l’incident récent à Québec ou un homme a mis le feu à son ex-conjointe.

En conclusion, force est de constater que la violence est un phénomène complexe, qui évolue selon les époques, les climats politiques, économiques, les genres. Identifier le problème de façon plus précise, comme par exemple, violence et genre, violence et statut social, violence et éducation, violence et climat politique, pourrait peut-être nous aider à en comprendre certains enjeux. Et poser la question de l’utilisation des jouets-pistolets chez nos enfants, jeunes garçons en particulier, pourrait-il inciter l’utilisation de la violence armée de certains, devenus adultes?

La polarisation, la stigmatisation, l’obsession de la diversité, la survalorisation de la différence, le mépris, le refus de communiquer et de débattre constituent quelques exemples d’attitudes violenticides. Voir More in Common en bibliographie. Penser autrement pour faire autrement? Il y aurait lieu de voir comment la violence armée se vit dans d’autres parties du monde; en ce sens, quelques exemples permettraient de penser autrement. Par exemple, la police danoise a déchargé seulement onze fois en 2006. En 2014 les agents finlandais ont utilisé six cartouches. Et la police britannique a tué moins de civils en 24 ans que les policiers américains dans les 24 premiers jours de 2015. Si l’on compare le nombre d’années

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Bibliographie https://www.ledevoir.com/opinion/lettres/560542/lettre-de-la-banalite-dumal https://www.youtube.com/watch?v=IB0_FzW3ra0&t=1991s Roger Lenglet : https://www.actes-sud.fr/catalogue/societe/psychotropes-et-tueries-de-masse Le mouvement More in Common tente de comprendre les effets délétères de l’overpolarisation.

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Meditation du mois

COMMANDITAIRES

ÉCHELLE DE PARTENAIRES Absolus : Supérieurs : Distingués : Dévoués : Amis :

20 000$ + 10 000$ à 19 999$ 5 000$ à 9 999$ 501$ à 4 999$ 500$

*Adopté par le conseil ce 14 juin 2016

Nous tenons à remercier de tout cœur Le Troquet, pour sa participation, son soutien et sa contribution continue à la mission du Portail.

Vous retremper l’esprit, voilà quelque chose dont vous avez besoin chaque jour. Pour vous retremper l’esprit vous avez besoin de ces moments de méditation à l’écart, seul et dans le silence, sans aucune activité. Vous avez besoin de cet endroit isolé, de cet isolement dans les recoins les plus secrets de votre être, seul avec votre Créateur. Grâce à ces périodes de méditation vous trouverez une nouvelle énergie. Ces méditations sont la meilleure préparation en vue d’un travail efficace. Lorsque vous êtes spirituellement retrempé, il n’y a pour vous rien de trop difficile. Je demande de me retremper l’esprit chaque jour. Je demande de connaitre la joie de la véritable vie.

Le Portail de l’Outaouais tient à remercier chaleureusement le Boston Pizza Promenade du Portage pour le don qu’ils ont offert à notre organisme. Grâce à votre générosité nous avons eu l’opportunité d’organiser un pique-nique pour féliciter nos valeureux camelots.

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L’HABITATION

PAR LE ROHSCO

Évaluation des besoins régionaux en logement permanent avec soutien communautaire Depuis quelques années, nous constatons qu’il y a une volonté des élus à reconnaître les pratiques en soutien communautaire, par l’entremise de la mise en application du Cadre de référence en logement social. En sommes, le soutien communautaire englobe les pratiques et les services entourant l’habitat qui incitent à la stabilité résidentielle des locataires par l’amélioration des conditions d’existence. Ce concept est étroitement lié aux habitations collectives et est défini comme suit : Le soutien communautaire recouvre un ensemble d’actions qui peuvent aller de l’accueil à la référence, en passant par l’accompagnement auprès de services publics, la gestion des conflits entre locataires, l’intervention en situation de crise, l’intervention psychosociale, le support au comité de locataires et aux autres comités et l’organisation communautaire. En fait, la notion de support communautaire désigne : « […] ce qui relève de l’accompagnement social des individus et/ou des groupes » incluant la gestion du bail. (Gouvernement du Québec : 7) Le ROHSCO a voulu élargir sa vision en mettant sur pied un comité de travail pour dresser une évaluation des besoins régionaux en logement permanent avec soutien communautaire. Notons que les nuances sur les besoins retenus en soutien communautaire ainsi que l’estimation financière en support communautaire pour le volet de l’hébergement temporaire (un jour à cinq ans au maximum avec code de vie et contrat de vie) sont à paraître très prochainement. Bien que cette étude en cours sera composée en trois phases, le comité de travail de la première phase du projet est composé des personnes suivantes : Jacques L. Boucher, Professeur associé, UQO, Stéphanie Lalande, Centraide Outaouais, Diane Tremblay, Mon Chez Nous, Alexandra Paquin, Mon Chez Nous, François Roy, Logemen’Occupe et Johanne Gadbois du ROHSCO. La raison d’être de ce comité vise à répondre aux objectifs suivants : 1-Cibler les particularités des OSBL d’habitation afin de mieux répondre aux besoins des différentes populations desservies; 2- Estimer le coût financier des besoins exprimés; 3-Documenter et approfondir les connaissances existantes sur les pratiques d’intervention en soutien communautaire. Globalement, nous pouvons avancer que 24 OSBL de logement permanent ont été retenus pour répondre au questionnaire de cette présente étude de besoins et que cinq groupes n’ont pas complété l’évaluation des besoins qu’ils ont reçus. Seulement, nous pouvons affirmer qu’au total, 19 organismes offrant du logement permanent ont répondu à cette évaluation des besoins, dont 16 organismes ayant répondu à toutes les questions. L’ensemble des organismes de la région offrant du soutien

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communautaire en logement permanent a répondu au questionnaire. Notons que sur les 19 répondants, 4 ont verbalisé que les pratiques en soutien communautaire sont non applicables dans leur projet de logement pour personnes autonomes. Même si du financement était disponible, ces quatre groupes n’ont pas l’intérêt d’offrir cette forme d’intervention. La grande majorité des projets de logement communautaire de la région, soit 14, provient de Gatineau, alors que les cinq autres groupes sont situés en périphérie sur le territoire de l’Outaouais. Les 19 organismes répondants sont répartis dans 119 (bientôt 120) immeubles, ce qui représente 1566 (bientôt 1598) logements communautaires. Au cours de la dernière année, les groupes estiment que 597 ménages, soit environ 600 ménages incluant les personnes seules et les familles ayant des besoins particuliers, ont reçu des services en soutien communautaire. Ajoutons qu’actuellement, 544 ménages reçoivent une subvention au loyer. Or, les groupes estiment qu’en réalité, c’est environ 772 ménages, soit près de 800 ménages incluant les personnes seules et les familles ayant des besoins particuliers, qui auraient besoin de recevoir des services en soutien communautaire. Rappelons que la complexité pour les OSBL de la région est que chaque organisme a son propre mode de fonctionnement autonome. Les pratiques divergent selon les milieux et fluctuent selon les degrés d’intensité variable des populations desservies. Les groupes consultés chiffrent les besoins en soutien communautaire à près de 5 000 000 $, soient 4 926 001 $ plus exactement. Cette somme englobe les besoins actuels et l’ajout d’intervenants pour répondre à la panoplie de besoins des locataires en logement communautaire. En attendant l’octroi d’un crédit additionnel pour bonifier les subventions existantes, les organismes couvrent l’ensemble de leurs besoins par des sources de financement multivariées telles que le Programme de supplément au loyer (PSL) (11 répondants sur 16), le Programme de soutien aux organismes communautaires (PSOC) (8 répondants sur 16), Centraide Outaouais (4 répondants sur 16), les dons (3 répondants sur 16), le Fonds de soutien communautaire en logement (CISSSO) (2 répondants sur 16,) etc. Source Gouvernement du Québec (2007). Cadre de référence sur le soutien communautaire en logement social. Une intervention intersectorielle des réseaux de la santé et des services sociaux et de l’habitation, 57.

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PLACE AU CITOYEN UN PEU D’HISTOIRE... MERCI À SORCIÈRE AUX PIEDS NUS... (1ère partie) La prochaine fois que vous vous laverez les mains, et que vous trouverez la température de l’eau pas vraiment agréable, ayez une pensée émue pour nos ancêtres. Voici quelques faits des années 1500 : La plupart des gens se mariaient en juin, parce qu’ils prenaient leur bain annuel en mai, et se trouvaient donc encore dans un état de fraîcheur raisonnable en juin. Mais évidemment, à cette époque, on commençait déjà à puer légèrement, et c’est pourquoi la mariée tentait de masquer un tant soit peu son odeur corporelle en portant un bouquet.

Pour se baigner, on utilisait une grande cuve remplie d’eau très chaude. Le Maître de maison jouissait du privilège d’étrenner l’eau propre ; suivaient les fils et les autres hommes faisant partie de la domesticité, puis les femmes, et enfin les enfants. Les bébés fermaient la marche. À ce stade, l’eau était devenue si sale qu’il aurait été aisé d’y perdre quelqu’un... D’où l’expression «Jeter le bébé avec l’eau du bain» ! Qui a donc dit, que l histoire était ennuyeuse?.... (à suivre) Soustrait de : http://katescorner.e-monsite.com/pages/histoires/la-vie-aumoyen-age.html

C’est à cette époque qu’est née la coutume du bouquet de la mariée.

Les fous, les marginaux, les rebelles, les anticonformistes, les dissidents...tous ceux qui voient les choses différemment, qui ne respectent pas les règles. Vous pouvez les admirer ou les désapprouver, les glorifier ou les dénigrer. Mais vous ne pouvez pas les ignorer. Car ils changent les choses. Ils inventent, ils imaginent, ils

explorent. Ils créent, ils inspirent. Ils font avancer l’humanité. Là où certains ne voient que folie, nous voyons du génie. Car seuls ceux qui sont assez fous pour penser qu’ils peuvent changer le monde y parviennent. Jack Kerouac (Sur la route)

Le bouche à bouche spirituel redonne actuellement le souffle de vie à l’humanité présentement, semble-t-il, dans un état semi comatique. A.Nonim 22

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