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NOV. 2018

L’ENTREVUE

Crédit photo : Christian Gosselin

avec Stéphane Vaillancourt

Gérer nos émotions Les maisons de chambres Le Café Troubadour

Visitez notre site web leportaildeloutaouais.org

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NOTRE CONSEIL D’ADMINISTRATION Président : Trésorier : Secréraire : Administratrice : Administrateur : Administratrice : Administrateur : Directeur, Éditeur et Fondateur :

Sylvain Roy Laurianne Benoît Valérie Patry Émilie Boisvenu Jérémie Roy Geneviève Hamelin Marcel Bertrand Christian Gosselin

Correcteurs/trices :

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Le Portail de l’Outaouais est membre de : Le CRIO, du ROHSCO et de la TROCAO 819 230-4988 / portaildeloutaouais@gmail.com / www.leportaildeloutaouais.org

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Son directeur, ses employé-es, ses bénévoles et son conseil eux, ces êtres humains, ont eux aussi un système de valeurs, des croyances et des philosophies bien définis et espérons-le, sont grandement compatibles avec celui de l’organisme. Le Portail de l’Outaouais, le magazine, l’outil, lui n’en a aucun. Bien que sa tendance penche majoritairement vers l’empathie et l’acceptation de nos citoyens fragilisés dans leurs défis quotidiens, il demeure un espace ouvert à toutes les perceptions, un lieu où tous et toutes ont la liberté de s’exprimer ouvertement, cette liberté s’arrêtant là où elle empiète sur la liberté d’autrui. Ceci étant dit, l’organisme n’adhère à, ni ne conteste aucune information partagée et publiée dans ce présent ouvrage.

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convalescence. Rien de reposant croyez-moi. Je dois m’occuper de com manquants (ma conjointe est présentement inapte suite à cet acciden l’assurance emploi ; relevés d’emploi, talons de paies, rapport médical signatures etc. Je dois également déposer deux demandes à la SAAQ p une fois que l’assurance emploi aura pris fin, une demande de crédit p entrée d’argent quelconque, bien entendu une demande à mon assure demande à l’assurance de marge de crédit de ma conjointe, tout ça av différents pour chaque institution et ce, alors que mes capacités sont s Beau système, un système qui souffre de formulite aiguë. Je travaille a plus, qu’actif en ma profession. Maintenant que je crois avoir tout mis tout refaire le processus pour ma physiothérapie qui débute enfin. Ass légale pour incapacité physique de ma conjointe à réintégrer les lieux logement adéquat….fatigué par-dessus l’épuisement du trauma.

L’ÉDITORIAL

Éditeur

Formulite aiguë Notre système souffre de formulite aigüe. Le 18 août j’ai eu un accident de la route. Me voilà en convalescence. Rien de reposant croyez-moi. Je dois m’occuper de combler les deux salaires manquants (ma conjointe est présentement inapte suite à cet accident), donc deux demandes à l’assurance emploi ; relevés d’emploi, talons de paies, rapport médical, rapport d’accident, signatures etc. Je dois également déposer deux demandes à la SAAQ pour la suite et les suivis une fois que l’assurance emploi aura pris fin, une demande de crédit pour survivre jusqu’à une entrée d’argent quelconque, bien entendu une demande à mon assureur automobile, une demande à l’assurance de marge de crédit de ma conjointe, tout ça avec des formulaires différents pour chaque institution et ce, alors que mes capacités sont sérieusement amoindries. Beau système, un système qui souffre de formulite aiguë. Je travaille aussi fort finalement, sinon plus, qu’actif en ma profession. Maintenant que je crois avoir tout mis en place, voilà que je dois tout refaire le processus pour ma physiothérapie qui débute enfin. Assurer la cessation de bail légale pour incapacité physique de ma conjointe à réintégrer les lieux puis trouver un nouveau logement adéquat….fatigué par-dessus l’épuisement du trauma.

C’est ainsi partout, tout le temps, pour tous on le sait bien. Mais je me personnes plus vulnérables, qu’on pourrait du moins tenter d’alléger l réseau d’aide formidable mais ce n’est pas le cas pour tous. Les douze pas une fiction. Pour combler le tout, ma blonde devra fort probablement m’actionne assurances acceptent finalement de combler le manque à gagner dans Moi, j’ai un réseau d’aide formidable mais ce n’est pas le cas réhabilitation. pour tous. Les douze travaux d’Astérix n’est pas une fiction.

Pour combler le tout, ma blonde devra fort probablement Je devrai retourner au boulot prochainement et je pense déjà avoir be m’actionner au civil afin que mes assurances acceptent vraies. Parce qu’au boulot, c’est pareil, formulaires, formulaires, formu finalement de combler le manque à gagner dans ses besoins de réhabilitation. Je devrai retourner au boulot prochainement et je pense déjà avoir besoin de vacances, des vraies. Parce qu’au boulot, c’est pareil, formulaires, formulaires, formulaires, formulite aiguë.

Crédit photo : Christian Gosselin

PAR CHRISTIAN GOSSELIN

C’est ainsi partout, tout le temps, pour tous on le sait bien. Mais je me dis qu’au moins, pour les personnes plus vulnérables, qu’on pourrait du moins tenter d’alléger la tâche.

SOMMAIRE 4 - L’ENTREVUE 6 - VIE SPIRITUELLE 7 - ELLES 8 - LE PORTAIL VOUS PRÉSENTE 9 - DE LARUE 10 - LE PORTAIL VOUS PRÉSENTE 12 - LE MOT DU CRIO 13 - REGARD VIF

14 - MODE DE VIE SAIN 15 - UNE PAGE D’HISTOIRE D’ICI 16 - DOSSIER SPÉCIAL 18 - HUMOUR 19 - PSYCHOYOGIE 20 - POINT DE VUE DU PROF 22 - L’HABITATION

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L’ENTREVUE

PAR JOSIÈVE BISSON Auteure de Qu’en penses-tu ? Étudiante en psychologie

Stéphane Vaillancourt J’ai eu la chance de m’entretenir avec cet homme rempli de motivation et d’espoir, qui traîne une histoire assez particulière. Il a passé de sans-abri, à aujourd’hui entrepreneur. Depuis à peine quelques mois, il a démarré son entreprise de recyclage de métaux à Gatineau, qui porte le nom de Recyclage Outaouais. Provenant d’un père alcoolique et d’une mère malade, Stéphane n’a pas joui d’une famille typique « rose ». Il a longtemps été au chevet de sa mère, qui, malheureusement, est décédée, parce que la maladie du diabète l’a tuée à petit feu. Un jour, des événements l’ont mené à vivre dans la rue. Mais Stéphane se démarque particulièrement des autres sans-abris, car il est un homme avec beaucoup de détermination ; il tenait à ne pas se victimiser, car il comprenait qu’il était capable de se débrouiller sans vivre aux crochets des autres. Je lui ai même demandé s’il avait passé quelque temps au Gîte-Ami, mais il m’a répondu que non. Il préférait vivre paisiblement dans le bois. Stéphane a habité un long moment sur l’île Kettle, du bord de l’Ontario, dans un abri, soit un tipi, fabriqué de A à Z. Même en hiver, il a su survivre dans son abri grâce à des feux qui le tenait au chaud. Il m’a confié qu’il ne manquait de rien, que la sécurité, même financière était présente. Il possédait deux embarcations, un kayak et une petite chaloupe, qui lui étaient utiles lorsqu’il avait besoin d’aller se chercher à manger. Il n’était pas seul : il avait ses trois chiens qui lui tenaient compagnie, et même des amis allaient à sa rencontre de temps à autre. Stéphane a toujours été un homme aidant, qui veut le bien d’autrui. Il aidait des proches à remplir des papiers lorsque ceux-ci venaient le voir en forêt, afin qu’ils puissent aller de l’avant et jouir d’une vie meilleure. Bref, Stéphane était prêt à tout pour les aider, sauf si ceux-ci faisaient le choix de ne pas s’aider eux-mêmes. Bien qu’il soit un homme déterminé et motivé, la dépression a tout de même rattrapé Stéphane. Il m’a confié que bien qu’il jouissait d’une sécurité, l’étiquette de « sans-abri » le faisait brouiller du noir un peu. Puisqu’il se savait dépressif, il a décidé de ne pas s’enfoncer trop loin sur l’île Kettle et d’être visible pour

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les autres, si un jour, un événement malheureux lui arrivait. Par contre, puisqu’il était visible, il a un jour été expulsé de l’île par des agents de la faune. Mais ça, il le savait bien que ça allait arriver un jour ou l’autre. À ce moment-là, le frère de Stéphane était sur le point de déménager à Masson avec sa copine, alors il a eu la chance de pouvoir se faire héberger quelque temps par ceux-ci… jusqu’au jour où une chicane a éclaté et donc, Stéphane s’est retrouvé de nouveau à la rue. Mais par chance, il s’était lié d’amitié avec un voisin qu’il aidait beaucoup sur sa terre, alors son voisin l’a laissé aménager un abri dans un coin de son champ. Enfin, est arrivé l’hiver et il était impossible d’y rester à cause du froid, alors encore une fois, Stéphane a du se trouver un endroit où vivre. Par chance, un de ses amis lui a offert de vivre dans un coin de son entrepôt. Depuis, il y a aménagé un coin pour son entreprise de recyclage de métaux. Mais comment est donc venue son idée de se lancer en affaires ? C’est lorsque Stéphane vivait dans son tipi sur l’île Kettle. À ce moment-là, il avait entrepris des démarches auprès d’organismes pour se sortir de « la rue ». Malheureusement pour lui, rien n’a fonctionné. Il n’a pas été capable d’obtenir l’aide lui étant nécessaire. Or, il n’a pas laissé la dépression l’abattre, malgré que ce fût un choc de savoir qu’on ne pouvait pas l’aider. Stéphane s’est donc mis à trouver une solution et mettre ses idées en place afin de se lancer en affaires. Au départ, il désirait partir un organisme, mais un ami lui a plutôt suggéré de se lancer une entreprise. C’est ce qu’il a alors fait. Stéphane a donc concentré ses énergies en allant suivre un cours en entrepreneuriat pendant quelques mois. Il a réussi le cours haut la main et tous les enseignants étaient enthousiastes avec l’idée du projet d’affaires de Stéphane. Il m’a confié que les enseignants étaient super compétents et très aidants. Au final, Stéphane était bien content de la tournure des événements. D’ailleurs, puisque Stéphane était inscrit à l’assurance sociale, il a réussi à obtenir une minime subvention. Mais pas plus.

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Le Portail : En effectuant ton plan d’affaires, l’école d’entrepreneuriat t’a aussi aidé à aller présenter un prêt à la banque ? Stéphane : On pouvait rien faire de ce côté-là, parce que la banque ne fait pas de prêt quand t’es sur l’assurance sociale… Stéphane m’a alors mentionné le fait que quelques amis lui ont suggéré de démarrer une campagne sur le site Go Fund Me, et c’est donc ce qu’il entreprendra, car s’autofinancer est plutôt une des dernières solutions qui lui restent. Malgré que Stéphane ne soit plus aujourd’hui inscrit à l’assurance sociale, il lui est désormais impossible de demander un prêt à la banque. Autre que le site internet Go Fund Me, c’est en effectuant des contacts et des alliances avec d’autres organismes ou entreprises qu’il parviendra à amasser des sous pour se dénicher son propre entrepôt et un meilleur camion pour aller collecter des frigos, des congélateurs ou autres encombrants chez les individus qui l’appellent. Pour l’instant, tous ses déplacements lui coûtent cher, car il a fait la « gaffe » de nommer son entreprise Recyclage OUTAOUAIS… donc les gens l’appellent souvent de

pas mal loin en Outaouais ! (rires) Mais Stéphane garde espoir, car de plus en plus de compagnies commencent à le téléphoner pour faire affaire avec lui et lui acheter des métaux qui ont été recyclés. Il sait que son entreprise saura aller loin, car il a la tête remplie de projets. Entre autres, il désire ouvrir un bric-à-brac dans son futur entrepôt, à prix moindre, afin d’aider les gens plus démunis. Il aimerait y vendre des bicyclettes en bon état (il s’en fait donner beaucoup d’ailleurs !), des électroménagers et peut-être même des vêtements.

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VIE SPIRITUELLE

PAR PAULE FONT

Comment gérer nos émotions

Après les évènements difficiles des tornades et destructions, nous avons toutes et tous besoin de bien-être et de bonheur et nous souhaitons éliminer les problèmes. Je vous invite donc en toute liberté à lire, y réfléchir et analyser, avec une motivation pure et beaucoup de bonheur ! « Ceux qui pratiquent l’amour et la compassion se sentent extrêmement heureux, détendus et sereins. Ainsi, les autres leur expriment en retour amour et bienveillance. » Dalaï-Lama. Réussir à trouver le bonheur et à éviter la souffrance dépend de notre habileté à cultiver les émotions positives et à abandonner celles qui sont négatives. Changer notre vision de monde ! Pour cette raison, les saints maîtres indiens du passé ont dit : « Je suis mon propre ennemi ; je suis mon propre protecteur. » De même, les maîtres tibétains ont affirmé : « Si on prend le temps de réfléchir avant d’entreprendre n’importe lequel de nos projets, on en retirera plusieurs bénéfices et peu de pertes. » Notre monde actuel a vu apparaître la philosophie bouddhiste, il y a environ 2550 ans, en la noble terre de l’Inde, et qui s’est par la suite diffusée vers la Terre des montagnes enneigées, le Tibet. Siddhârta Gautama, le Bouddha Shakyamouni, est venu dans notre monde afin de partager cette philosophie, en toute impartialité et en sachant toujours s’adapter aux différents tempéraments, aux intérêts et aux facultés, de ces auditeurs ; il s’adressait en tenant compte des différences de niveaux moindres, intermédiaires ou supérieurs de chacun. Qu’est-ce que l’éveil d’un Bouddha ? Pourquoi pratiquons-nous le Dharma ? On dit toujours que c’est pour aller vers l’éveil. De quoi parle-t-on lorsque l’on parle de l’éveil ou de la bouddhéité ? Un bouddha est défini comme quelqu’un qui a purifié tous les voiles et qui a développé toutes les qualités. Cette conscience pure de notre être est le Bouddha.

On parle des émotions négatives et non positives comme la joie, la compassion ou l’amour, mais les émotions telles la confusion, la saisie dualiste qui sont la racine de toutes les émotions négatives. Il s’agit de tout ce qui est obscurcissant dans notre esprit, ce qui ne nous permet pas de voir la réalité, et de ce qui agite notre esprit, et qui le perturbe. Le terme émotion est ce qui s’appelle en tibétain : nyeun-mong-pa - nyeun : créer la confusion, la folie - mong : ce qui voile, qui créer une torpeur, une lourdeur dans notre esprit. De plus, le mot émotion que nous utilisons, vient du latinmotion qui veut dire être ou mettre en mouvement ; quelque chose qui bouge. Donc l’utilisation du mot émotion est en accord avec le Dharma, car les émotions sont des mouvements de l’esprit. Les émotions sont des mouvements mentaux qui sont saisis et jugés comme étant importants par la saisie égoïste ; Notre saisie, nos jugements, nos espoirs, nos craintes qui s’accrochent à ce mouvement initial, et vont donc rajouter et surimposer d’autres mouvements mentaux à ce mouvement primaire, ce qui donne toute une vague d’émotions ! Il n’y a pas une seule émotion qui ne soit pas composée de tels mouvements mentaux.

Le mot pour Bouddha en tibétain, Sangyé signifie avoir purifié tous les voiles émotionnels et signifie en même temps avoir développé toutes les qualités inhérentes à l’esprit.

Dans le contexte du Dharma, nous pourrons définir les émotions comme des mouvements mentaux qui obscurcissent l’esprit et qui créent la souffrance. On dit aussi émotions perturbatrices.

On parle des voiles, des impuretés qui voilent notre esprit et là on peut voir que notre état émotionnel rentre dans la définition de l’objectif du chemin vers l’éveil.

On pourrait dire aussi : le mot émotion tel qu’on l’utilise en français n’a pas d’équivalence exacte dans la langue tibétaine. Le mot tibétain utilisé pour définir l’émotion pourrait être traduit littéralement par « effervescence du vent énergétique et de l’esprit », dirait Lama Samten.

Donc, pour arriver à la bouddhéité, il faut avoir travaillé sur toutes ses émotions et réalisé l’essence pure de chaque état d’esprit. Un bouddha n’a plus de voiles qui obscurcissent sa vision. Quand nous parlons des voiles, cela veut dire tout ce qui crée de la confusion. Les émotions dans le bouddhisme sont des sentiments qui voilent l’esprit.

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Nous pourrions donc définir une émotion comme l’effervescence heureuse ou malheureuse du pouvoir de l’union d’un vent énergétique subtil en mouvement et d’un facteur mental. En effet, la philosophie bouddhiste consiste en une méthode pour nous libérer de nos émotions perturbatrices et ainsi trouver la paix de l’esprit. À suivre…

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ELLES

PAR MAISON LIBÈRE-ELLES

Ma vie de femme Je m’appelle Marie. Je suis née en 1950, au Québec. Je suis une femme. Je suis, dès lors, une possession, j’appartiens à mon père, et ce, dès ma conception. Dès ma naissance, je dois me montrer mignonne, douce et obéissante en tout temps. On me prépare déjà pour mon avenir de jeune femme. C’est le devoir d’une bonne femme respectable. À 4 ans, j’apprends à dire « merci », « s’il vous plaît » et « bienvenue ». J’apprends à ranger, à nettoyer et à laver la maison. J’apprends à m’occuper de mes sœurs plus jeunes et de mes frères plus vieux. J’apprends à pardonner, à être serviable et gentille. J’apprends à gérer ma colère, car maman m’a toujours dit qu’une fille enragée n’attire que des problèmes et des ennuis pour l’homme de la maison. J’apprends à me taire lorsque j’ai envie de hurler et à sourire lorsque j’ai envie de pleurer.

comme envers mes frères, comme envers tous les h bien plus que mon père. Il ne se maîtrisait pas lors À 16 ans, mon que jeLes vais me marier à un ménage oupère de m’annonce ma cuisine. insultes étaient plus homme que je connais à peine. Le soir des noces, je devais moi, je l’acte pensais que je le méritais, mon conclure du mariage. Je devais me donnercar à mon mari. père m’a Maladroit, il s’assemblaient ne s’est pas contenu. J’avais l’impression dedans mourir ma têt violence correctement

à petit feu, de sombrer à petit feu, de m’oublier à petit feu. J’appartenais maintenant à mon mari. Je lui devais obéissance, Jusqu’au jour où je vois mes enfants grandir et avo admiration et reconnaissance, comme envers mon père, comme envers mesje frères, enversdes tousfemmes les hommes.changer Celui-ci années, voiscomme la place dans le était exigeant, bien plus que mon père. Il ne se maîtrisait pas aller l’école, être libres. lorsqu’ilà était insatisfait de respectées mon ménage ouet de être ma cuisine. Les Ce chan insultes étaient plus les coups, plus forts. Et moi,plus je même après 40dures anset de mariage. Je n’ai envie d pensais que je le méritais, car mon père m’aimait et me frappait : obéissante en tout temps.correctement Je veux vivre ma l’amour et la violence s’assemblaient dans ma têtevie san à cette époque.

violence. Paix, liberté et amour seulement.

Dès l’âge de 7 ans, je dois montrer mes talents de femme. Ma mère, ayant beaucoup d’enfants, a besoin de sa fille aînée pour l’aider dans ses tâches. Je dois donc cesser l’école pour aider mes frères et mes sœurs chaque jour. Un jour, papa me dit que la place d’une femme est de servir les hommes et qu’elles n’ont pas besoin d’éducation pour ça. Je n’apprends donc pas à lire ni à écrire. À l’âge de 12 ans, j’ai mes premières menstruations; je pensais être malade. Je montre les taches de sang à ma mère, honteuse. Je suis cachée dans ma chambre pendant une semaine, le temps que mes menstruations cessent. Le temps que je redevienne pure. Les regards. Des regards partout.

Jusqu’au jour où je vois mes enfants grandir et avoir à leur tour des enfants. Avec les années, je vois la place des femmes changer dans le monde. Elles peuvent travailler, aller à l’école, Au 6,8 desCe personnes âgées deespoir, 60 ans et être Québec, respectées et être%libres. changement m’a donné et ce, même après 40 ans de mariage. Je n’ai plus envie de me violence physique, sexuelle, psychologique et écono montrer mignonne, douce et obéissante en tout temps. Je veux vivre ma vie sans possession, violence. Paix, d’un ex-conjoint danssans lescontrôle cinq nidernières années. liberté et amour seulement.

Mon père ne me parlait plus comme avant, ne me regardait plus comme avant. Il a commencé à m’insulter et à me frapper lorsqu’il n’était pas content de mon travail. C’est normal, je le méritais, je n’avais plus le droit à l’erreur, il n’y avait plus de préparation à mon rôle de femme. J’étais maintenant une femme, et c’était mon devoir. J’ai commencé à détester mon corps. Mes seins commençaient à pousser, mes hanches commençaient à se former. Je les détestais. Je détestais être une femme. Mon corps ne m’appartenait pas, il appartenait aux mains des hommes.

Si vous êtes victime de violence conjugale, La violence conjugaleet n’a pas d’âge. confidentiels sécuritaires.

Au Québec, 6,8 % des personnes âgées de 60 ans et plus déclarent avoir été victimes de violence physique, sexuelle, La violence conjugale n’a pas d’âge. psychologique et économique de la part d’un conjoint ou d’un ex-conjoint dans les cinq dernières années. Si vous êtes victime de violence conjugale, parlez-en. Les services sont confidentiels et sécuritaires. Maison Libère-Elles 819-827-4044 Maison Libère-Elles 819-827-4044

À votre service depuis 1924 819.778.2122 | info@duprogres.ca PARTICIPER À LA GUÉRISON DES MAUX DE CE MONDE, PLUTÔT QU’À SA MALADIE.

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DE LARUE

PAR GUY LARUE

L’alcoolisme : puissant, déroutant, sournois et... patient! Il est indubitable que Dieu n’est pas l’Auteur de la maladie de l’alcoolisme. En effet, Celui-ci nous a créés libres, et nous a même donné le pouvoir de dégénérer jusqu’à la forme de vie la plus dégradée1. C’est malheureusement le choix d’une pléthore d’individus que celui de consommer alcool et autres substances, jusqu’à ce que mort s’ensuive. D’aucuns, et ils sont fort nombreux, tels ce malheureux avocat tanzanien2, assisteront à une première assemblée, optant, malgré l’aide disponible, pour la non-assistance, en tentant bien maladroitement, est-il besoin de le préciser, de contrôler la substance jusqu’à trépas! D’autres, et ils ne sont pas moins nombreux, ne placeront leur sobriété qu’en arrière-plan de leur vie. Ainsi, ce jeune Américain qui assista à une seule réunion en terre africaine en 2011; plusieurs membres le croisèrent au centre-ville d’Arusha, apprenant, quelque temps plus tard, qu’il s’était pendu3. Ne sous-estimons surtout pas la puissance de l’alcool! Il est rusé, perfide, sans merci et patient! Si Dieu nous a donné la liberté de dégénérer et de sombrer dans l’abysse du désespoir où nous conduit quasi inexorablement la dépendance, Il nous a également donné le pouvoir d’écouter notre âme et de renaître sous une forme élevée et divine. Ainsi, tout comme le diabétique est totalement libre de s’injecter ou non sa dose d’insuline, l’alcoolique demeure libre d’assister ou non aux réunions des AA.

nettement prévisible! À l’instar du cancéreux ou du diabétique avancé, l’alcoolique actif devra exercer l’un des choix les plus congruents de toute son existence, et souvent, cela signifiera : choisir de vivre ou de mourir! Ce voyage au cœur d’épaisses ténèbres, il est heureusement (autre paradoxe!) nécessaire, représentant souvent l’essentiel prélude à cette véritable conversion de l’être que Dieu a déjà commencé à opérer chez le nouveau venu. Émile L. 1 Le Mémorandum de Dieu, Og Mandino. 2 L’auteur du présent texte était d’ailleurs présent lorsque Joseph a assisté à son premier et dernier meeting AA dans la ville d’Arusha en 2011. Il est mort de son alcoolisme trois ans plus tard. 3 L’auteur du présent texte était présent lorsque ce jeune Américain assista à sa seule assemblée des AA à Arusha (Tanzanie); son parrain des États-Unis lui avait fortement déconseillé d’entreprendre un tel voyage.

Nos fondateurs sont (enlever la virgule) on ne peut plus formels! Ni la religion, ni la médecine, ni la psychologie n’ont réussi à garder abstinent l’alcoolique! L’alcool est un dictateur d’un despotisme ineffable! En conséquence, le mode de vie proposé par les AA ne s’oppose pas à l’alcool; il permet plutôt d’abdiquer, d’agiter le drapeau blanc en nous tournant résolument vers ce Dieu qui a tout pouvoir, plus particulièrement celui de nous libérer des entraves douloureuses mises dans nos existences par l’alcool. Le mode de vie des AA est indubitablement d’origine divine, car comment quelque deux millions de membres de notre confrérie pourraient-ils demeurer sobres à ce jour? À l’instar de la gazelle qui déguerpit lorsqu’elle voit poindre à l’horizon une meute de lions, l’alcoolique ne doit jamais sous-estimer les dommages souvent irréversibles que pourraient lui causer une rechute. C’est l’inexpérience de la gazelle qui causera sa perte! C’est l’inadvertance et l’incurie de l’alcoolique qui le tiendra captif des griffes acérées de l’alcool! L’orgueil, l’autosuffisance et l’ignorance sont d’impitoyables geôliers lorsqu’il s’agit d’alcoolisme. Il n’est pas moins déraisonnable de chercher à vaincre la maladie de l’alcoolisme que, pour un boxeur poids mouche, d’affronter le champion boxeur des super lourds! C’est peine perdue! Le résultat est PARTICIPER À LA GUÉRISON DES MAUX DE CE MONDE, PLUTÔT QU’À SA MALADIE.

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LE PORTAIL VOUS PRÉSENTE

Le collectif régional de lutte à l’itinérance en Outaouais Personne n’est à l’abri! Le CRIO (ou Collectif régional de lutte à l’itinérance en Outaouais) est un regroupement d’organismes unis solidairement dans la lutte à l’itinérance et dans la défense des droits des personnes en situation d’itinérance ou à risque de le devenir. L’objectif est de créer un lieu d’échange, de concertation et d’action pour les différents organismes de la région, afin de contrer le phénomène d’exclusion sociale et d’itinérance. Pour y arriver, les membres du CRIO s’appuient sur la défense collective des droits. Aujourd’hui, il s’agit d’une vingtaine d’organismes qui agissent à titre de membres actifs ou associés.

La pertinence d’un regroupement L’union fait la force. En regroupant plusieurs organismes de la région qui agissent sur plusieurs aspects différents touchant à la problématique de l’itinérance (logement, hébergement, sécurité alimentaire, réinsertion sociale, toxicomanie, etc.) et dans plusieurs lieux de la région (Hull, Gatineau, Pontiac, etc.), il est plus facile d’avoir un portrait d’ensemble de la situation, de se partager les informations, de se rassembler et de collectiviser nos luttes communes. Le regroupement permet une certaine solidarité entre les acteurs, qui peuvent ainsi s’appuyer entre eux, mais aussi lutter ensemble pour les droits des personnes qu’ils accompagnent. Avoir une instance qui offre une représentation régionale a aussi un poids parfois crucial lorsque vient le temps d’effectuer des représentations dans les médias, auprès des élus, ou lors de nos échanges avec notre regroupement national, le Réseau Solidarité Itinérance du Québec (RSIQ). La défense collective des droits En tant qu’approche d’intervention, la défense collective des droits vise à faire reconnaître et à défendre le plein exercice des droits humains. Pour le CRIO, cela signifie que nous croyons que toute personne et famille en situation d’itinérance ou à risque de l’être, a des droits citoyens et devrait avoir accès à une gamme de services sociaux et de santé adaptée et de qualité. En clair, le Collectif revendique 6 droits principaux : - Le droit à la santé (incluant l’alimentation, la qualité du logement, l’accès aux services de santé physique et mentale, la réduction des risques et des méfaits en toxicomanie, etc.)

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- Le droit à l’éducation (incluant l’éducation issue du système scolaire, mais aussi la reconnaissance des expériences de vie, l’éducation populaire et citoyenne, etc.) - Le droit au logement (incluant la conception d’un logement sécuritaire, adapté, abordable, personnel, stable, etc.) - Le droit à un revenu décent (incluant la lutte à les mesures d’aide sociale, le salaire minimum, le revenu de citoyenneté, etc.) - Le droit à un réseau d’entraide et de solidarité (incluant des ressources communautaires bien financées, la reconnaissance de la défense collective de droits, la pertinence des initiatives de participation citoyenne, etc.) - Le droit de cité (incluant la lutte à la discrimination, à la judiciarisation, à la répression et au phénomène ‘’pas dans ma cour’’, afin que tous puissent habiter l’espace citoyen) Concrètement, au quotidien, le CRIO fait quoi? Les actions du CRIO se découlent en quatre types de manifestations, communes aux autres organismes en défense collective des droits. Il est important de noter que toutes les actions du CRIO sont choisies suite à un processus démocratique auquel tous les organismes membres sont invités. L’éducation populaire autonome Le Collectif tente, dans la mesure du possible, de recueillir des informations sur les bris de droits auprès des personnes en situation d’itinérance ou à risque de le devenir. Ensuite, cette information peut être transmise auprès de la population générale, des médias et des élus. Par exemple, en s’adressant aux journaux, à la télévision et à la radio lors de bris de droits importants, on fait connaître la situation aux citoyens. On vise également à renseigner, informer, outiller et sensibiliser les gens vivant des situations semblables. En clair, dans la dernière année, ça se traduit par : - La présence du CRIO dans le Portail, sur les médias sociaux et dans les médias traditionnels - L’organisation d’assemblées citoyennes, d’activités de formation et de sensibilisation dans les écoles et de journées de discussions pour les travailleurs

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- La participation du CRIO lors d’événements organisés par d’autres comités (comme la campagne Engagez-vous pour le communautaire) La mobilisation sociale En s’organisant collectivement pour mener une lutte ou une campagne, on permet aux gens de collectiviser leur situation et de faire de la sensibilisation. La mobilisation peut se faire par des manifestations, mais peut aussi prendre plusieurs formes. Le CRIO l’actualise de différentes façons, dont voici des exemples : - La tenue, chaque année, de la Nuit des sans-abri avec sa marche de solidarité.

La représentation Le CRIO fait connaître aux élus et aux différents acteurs le point de vue des organismes membres sur la situation de l’itinérance en Outaouais, afin d’en faire connaître les enjeux. Voici comment le CRIO peut faire des activités de représentation :

- Rencontrer les élus pour discuter des différents dossiers - Écrire des lettres et prendre position sur certains comités - Transmettre les informations auprès des instances nationales (comme le RSIQ), qui pourront ensuite faire de la représentation au niveau provincial. Pour la suite?

- Les journées d’activités collectives en lien avec différentes campagnes (discussions, ateliers, rassemblements festifs, etc. - Les campagnes d’appuis dans les groupes communautaires lors de situations plus particulières

Le CRIO veut poursuivre sa mission de façon aussi démocratique que possible. Pour se faire, il est nécessaire d’avoir l’opinion du plus grand nombre de personnes rejointes possible, et non seulement des travailleurs. N’hésitez donc pas à nous contacter devant des bris de droits!

L’action politique non-partisane En effectuant des suivis et des analyses de politiques gouvernementales et de leurs impacts sur les personnes rejointes par les organismes membres du CRIO, on peut critiquer et être à l’affut des différents bris de droits. Concrètement, ça se manifeste de différentes façons au CRIO, par exemple : - Analyses des nouvelles politiques des dernières années et partage d’information avec les membres concernés ou dans des chroniques du Portail - Élaborer des plateformes de revendications

- Contribuer d’un œil critique lors de situations qui ont un potentiel de bris de droits, comme lors du dernier dénombrement

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• Comptabilité pour PME • Cycle comptable complet • Gestion de copropriété • Préparations et analyses budgétaires • Rapports d’impôts • Rapports gouvernementaux (TPS, TVQ, DAS, CSST)

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LE MOT DU CRIO

La Soupière de l’amitié de Gatineau est un organisme communautaire à but non luc Notre-Dame à Gatineau, l’un des quartiers de la ville le plus appauvri économique PAR JANICK ALLYSON de réponses face aux besoins et réalités des citoyens-es du quartier. Depuis plus de trente ans, La Soupière offre tous les midis de la semaine des r communautaire aux personnes en situation de précarité et contribue par le fait mêm briser l'isolement social… Mais l’organisme se retrouve encore une fois en situatio

La Soupière de l’amitié de Gatineau est un organisme communautaire à but non lucratif, situé dans le qua Le mois dernier, Soupière retrouvée la rue.économiquement L’organisme aetdu Notre-Dame à Gatineau, l’unlades quartiers s’est de la ville le plus à appauvri où lui-même l’on dénote de dénoncer les conditions d’insalubrité ses locaux loués et dont la gravité et l’u de réponses face aux besoins et réalités des citoyens-es de du quartier. Depuis négligé plus de trente ans,propriétaires. La Soupière offre tousque les de midis de la semaine desetrepas chauds et du par les Plutôt respecter leur rôle de remédier au sou pr communautaire auxles personnes en situation de précarité et contribue par le fait même contrer l'exclusion bâtiment, propriétaires préfèrent chercher des coupables et les àpointer du doigt. briser l'isolement social…leMais l’organisme retrouve encore une foisprivés en situation crise. et aux médias même discoursseque les propriétaires aux de locataires de taud

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négligé par les propriétaires. Plutôt que de respecter leur rôle et de remédier au problèm bâtiment, leseffectue propriétaires préfèrent chercher des coupables et les pointer du doigt. Ils on « Le quartier dans lequel la Soupière de l’Amitié ses actions en est un où sévit une forte précarité. Cette discours que les propriétaires privés aux locataires de taudis. Se etréalité aux de médias le même situation est déjà accentuée par le manque flagrant de est dû au type de "clientèle" qu’accueille La Soupière dans leurs locaux, portant ainsi ressources appropriées, qui ne peuvent pallier à un manque contribuant directement à la stigmatisation des personnes en situation de précarité. Ce d d’accès à de la nourriture abordable et de qualité. En plus d’offrir des repas, La Soupière offre également un soutien parfois éloigne des enjeux réels, telles que les conditions de vie déplor propagé dans les médias crucial aux personnes accueillies dans ses locaux. La situation les personnes rejointes par La Soupière se retrouvent parfois bien malgré elles. Les log actuelle est une atteinte aux droits de toutes et tous d’avoir acnégligés leurs propriétaires sont en effet une situation commune chez plusieurs lo cès au nécessaire pour rester en bonne santépar physique, mentale et sociale. Encore une fois, les préjugés tenaces type de commentaires. 12

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REGARD VIF

PAR JACINTHE POTVIN

Novembre… triste, lugubre et nostalgique cogne à nos portes. Les arbres sont dépouillés de leurs feuilles caduques. La nature passe en dormance pour l’hiver. C’est la mort de ce qui a été … Tout comme toi, la personne sans-abri, je suis morte 100 fois. Je me suis dissociée de mon corps pour ne pas ressentir la douleur, l’abus, la faim et le froid. J’ai perdu ma famille, mes liens sociaux, et erré longuement sans sécurité affective, sans chaleur humaine, comme une ombre que personne ne voit, que personne n’aime. La solitude, comme un vent glacial, tout comme la tienne, m’a aussi gelé l’âme. J’ai perdu mon identité, le sens de ma vie et porté ma croix comme un prisonnier porte des boulets aux pieds. Marcher, marcher, marcher, portant le poids du monde, sans relâche, pour n’aller nulle part …

Je t’invite à te choisir, à devenir la personne la plus importante de ta vie. Même si tu oublies parfois de voir ta réelle valeur, n’oublie jamais, mon frère, ma sœur de terre, que du fumier naissent les plus belles fleurs.

Et puis, la vie m’a brisée comme elle nous brise tous. Tout comme les arbres à l’automne, l’on se retrouve nu et l’on se voit pour la toute première fois. Enfin, un jour béni, la vie appelant la vie, l’on choisit de s’aimer assez pour recoller un par un les morceaux de son être, retrouver sa dignité et se rebâtir, mais, cette fois-ci, avec ses propres valeurs, à sa manière, tout en éliminant les parasites de notre éducation passée. C’est un passage difficile, mais nécessaire, pour se décrasser de la lignée, des chaînes de ses ancêtres et pour enfin être libre d’être SOI!

J’ai le goût, à travers mes mots qui virevoltent sur cette feuille, de mettre un baume sur tes blessures, de semer des milliers de graines d’espérance en toi, toi qui es sans-abri. Tout comme les cycles des saisons ont leur raison d’être, tu dois vouloir et croire que tu renaîtras au printemps. Nous portons tous en nous la fibre du phénix. Nous nous devons de mourir pour nous épurer et renaître de nos cendres pour qu’émane enfin la lumière que nous sommes. Dans ce long processus de reconstruction, sache que tu auras besoin de soutien, et que les organismes communautaires travaillant en itinérance sont là pour t’appuyer et t’outiller. Alors, ose demander de l’aide si tu as le goût de faire le grand ménage, de te débarrasser des mécanismes de défense qui ne te servent plus, de changer tes comportements autodestructeurs, de réapprendre à créer des liens positifs et de devenir maître de ta vie. Ce sont des gens de cœur qui, grâce à leur compétence et à leur compassion t’aideront à te reconstruire. PARTICIPER À LA GUÉRISON DES MAUX DE CE MONDE, PLUTÔT QU’À SA MALADIE.

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MODE DE VIE SAIN

PAR MARIE-CLAUDE BÉNAZET

Embrasser Novembre Tiens, le voilà qui arrive dans le jardin d’Été. Elle a fleuri, offert ses fruits, manifesté la vie à profusion. Elle a tout donné, il arrive à temps, elle est essoufflée. Elle est devenue tortue, et il arrive en lion.

Retourner d’où je viens, revenir dans ma demeure Finalement, c’est un baume pour mon cœur usé Et, au moment de ma dernière heure Je me rappelle les nuits silencieuses, les microcosmes étoilés.

Son panache flétri, son élégance un peu froide, un peu triste Son dernier souffle doux, ses ciels bleus, ses champs blonds Se marient, se font l’amour et leurs ébats égoïstes Se fondent, tourbillonnent silencieux, jusqu’à l’horizon.

C’est le temps des Adieu, j’ai un peu peur, je t’avoue mais, retourner à la source n’est-il pas reposant? Traverser le voile de la vie, me voilà à genoux Allez, je suis prête, je t’attends.

Passage; le dernier souffle d’Été s’est envolé. Et cette Été pas sage, sensuelle et imprégnée de toutes les saveurs de l’amour Et dont la chair tendre, chaude et juteuse à souhait Est disparue à jamais, endormie dans son dernier rendez-vous.

Déchirement du voile, fulgurance de Vie, me voilà souffle léger. Je traverse la lumière et je plane sur les espoirs; Mon cœur, de nouveau léger, chante sur tous les tons que Je reviendrai vous voir.

Novembre a embrassé Été, elle est morte éblouie par son élégance sobre. Morte et enterrée, retournée à ses racines, à son monde intérieur. Dans un élan qui jaillit et ne souffre l’opprobre Été s’est retournée vers son Unique Seigneur. Toi, tu es grand et roide et tel un spectre ou un croque mort, Tu règnes insolent, souvent froid et on chercher à esquiver Tes longs bras noirs et maigres qui s’agitent dans le noir. On dirait qu’ils aimeraient bien nous enterrer. Tu es là, Novembre, et maintenant j’arrive à l’ultime saison. Et, peut-être est-ce la fatigue ou plutôt la paresse Qui me fait espérer? Je ne joue plus la séduction. Je suis prête à l’ultime rendez-vous, à la dernière messe.

AU GATINE POUR LA VIE

UNE QUE BIBLIOTHÈS POUR TOU es Espac illants es accue aux et revu Journ ateurs e thequ Ordin biblio u.ca/

a gatine

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PAR MICHEL PRÉVOST

UNE PAGE D’HISTOIRE D’ICI

D.U., président de la Société d’histoire de l’Outaouais

La maison de la Ferme-Columbia, un joyau ancien du patrimoine de Hull Érigée vers 1835, la maison de la Ferme-Columbia s’avère l’un de plus anciens bâtiments de la Ville de Gatineau et le seul avec la Maison Charron (Maison des auteurs et des auteures de l’Outaouais), érigé à Hull, qui date de la période de Philemon Wright, le fondateur du canton de Hull en 1800. Peu de temps après la fusion du grand Gatineau en 2002, la Société d’histoire de l’Outaouais a identifié la maison de la Ferme-Columbia comme l’un des dix coups de cœur du patrimoine pour le secteur Hull. De plus, afin de bien démontrer l’importance de cet édifice historique et de le préserver pour les générations à venir, la Ville de Gatineau a proclamé, en 1988, la ferme Columbia comme monument historique. L’immeuble a aussi été ajouté en 2006 au Répertoire du patrimoine canadien.

Précisons qu’à l’origine, la façade se trouvait du côté sud et non sur le boulevard Saint-Joseph comme aujourd’hui. De sa hauteur, la propriété bourgeoise dominait la ferme Columbia. Par ailleurs, la maison familiale était autrefois plus éloignée du boulevard Saint-Joseph, l’une des plus anciennes rues de la ville, qui a été élargie avec le temps. Enfin, l’élévation d’un étage et demi, les deux grandes cheminées en brique, les éléments décoratifs, particulièrement les chaînes d’angle, et l’utilisation de la riche pierre de taille pour le revêtement extérieur constituent d’autres exemples qui contribuent à enjoliver l’immeuble, maintenant situé entre deux centres commerciaux, les Galeries de Hull et la Place Fleur-de-Lys. Nouvelle vocation

Une ferme expérimentale La ferme Columbia, l’une des plus importantes fermes agricoles du domaine de Wright, était dirigée par le gendre de Philemon Wright, Thomas Brigham, marié à Abigail Wright. En fait, on peut la considérer comme une ferme expérimentale, où de nouvelles pratiques d’élevage et de culture étaient testées. Par surcroît, cette grande ferme agricole était, au cours de la première moitié du XIXe siècle, considérée comme l’une des plus prospères du Bas-Canada, une partie du Québec d’aujourd’hui. Une riche valeur patrimoniale La maison de la Ferme-Columbia est un bel édifice en pierre de taille de plan rectangulaire avec un toit à deux versants droits décoré d’un pignon en façade. La maison tient aussi sa valeur de ses nombreux attributs patrimoniaux. En réalité, elle constitue un très bon exemple de la forme la plus évoluée du style géorgien, également appelé classicisme anglais, introduit à l’époque au Bas-Canada sous l’influence du Haut-Canada (Ontario) et des États-Unis.

Après avoir été longtemps une résidence familiale, la maison a accueilli tour à tour un restaurant de prestige, une institution banquière, une firme informatique, un salon de coiffure et sera bientôt intégrée à une tour de condominiums de vingt étages érigée sur le terrain arrière et baptisée Le Columbia, un rappel au nom historique du lieu. Un bâtiment à préserver pour l’avenir Heureusement, l’aspect extérieur de ce bâtiment ancestral âgé de plus de 175 ans ne peut pas être modifié en raison de la citation de monument historique en vertu de la Loi sur le patrimoine culturel du Québec. En effet, l’apparence actuelle de la maison doit être préservée pour les générations à venir, afin de témoigner du patrimoine bâti de la période du fondateur Philemon Wright et des premières décennies de Hull au début du XIXe siècle. Voir le Répertoire du patrimoine culturel du Québec : http://www.patrimoine-culturel.gouv.qc.ca/rpcq/detail.do?methode=consulter&id=92997&type=bien#.W5-81KZKiUk

L’immeuble témoigne de ce style architectural, notamment par sa porte centrale, surmontée d’une imposte en éventail, ainsi que par ses grandes fenêtres à battants et à 24 petits carreaux.

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DOSSIER SPÉCIAL

PAR JOSIÈVE BISSON

Marcel Bertrand nous fait découvrir le Café Troubadour ! En mettant les pieds au Dépanneur Sylvestre (lieu de rassemblement du Café Troubadour), j’ai été étonné de constater qu’il y avait tant de gens rassemblés, guitare en main, ou autre instrument, ou tout simplement rien en main, prêts à donner leur 110 % afin de livrer une belle performance devant un public si humble et dévêtu de jugements. Je suis allé rejoindre Marcel Bertrand, l’organisateur de cet événement, et sa copine Sophie afin d’entreprendre notre entrevue. Nous sommes allés nous assoir dehors pour procéder. Ce fut agréable, car plusieurs personnes se sont intéressées à l’entrevue et ce fut donc plaisant d’être entourée de gens fort sympathiques. En prime, il y avait même un gars, Luis de son prénom, qui jouait de la guitare en arrière-plan, alors on était bien choyés d’avoir une si belle ambiance.

que c’est une formule gagnante. T’sais moi-même je fais des erreurs sur scène ici, mais c’est pas grave, le monde applaudit quand même.

Le Portail : On aimerait bien avoir les détails de cet événement !

Le Portail : Marcel, tu disais que t’étais pas prêt à faire ça, mais ç’a bien tourné !

Marcel : En fait, le nom Café Troubadour est arrivé quand le monsieur, Gilles Deschênes, qui avait organisé l’événement Entre Rimes et Gammes a décidé de cesser d’organiser ces soirées. C’était le même type d’événement, la même formule… j’ai rien inventé. Il est parti pour des raisons personnelles. C’est Lisette qui m’a dit : « Pourquoi tu le prendrais pas en charge ? » Puis au début j’étais vraiment incertain. Finalement, j’ai fait un certain temps seul et plus tard, Fanny Lachambre a commencé à m’aider beaucoup.

Sophie : C’qui est l’fun dans l’fond, c’est que ça donne un espace à tout l’monde pour s’exprimer. Pour ceux qui commencent, ça leur donne une chance de progresser vers autre chose. Le Portail : Donc, c’est vraiment comme un open mic ? Marcel : Oui. Mais la différence avec un open mic, c’est que c’est pas dans un bar. T’sais, dans un bar, est-ce que le monde t’écoute vraiment ? Est-ce que les gens sont juste là pour la bière ? Ici, l’attention est vraiment à toi.

Marcel : Ouais ! Mais des fois j’ai des doutes t’sais ! Le Portail : Qu’est-ce que tu performes ici, donc ? Marcel : J’ai une guitare et je chante. J’ai six ou sept chansons qui ont des paroles et d’autres plutôt instrumentales. Le Portail : De tes propres créations ?

Sophie : Parfois on le coanime aussi.

Marcel : Oui.

Marcel : Ouais, pis le nom Café Troubadour vient d’une chanson de Georges Brassens qui parle des troubadours. Plus tard, j’ai cherché sur Internet ce que ça voulait dire « troubadour » parce que j’étais pas certain de c’que ça voulait dire. Bien, les troubadours c’est comme des poètes, des chansonniers, dans le temps du moyen-âge. C’est comme un drôle de concept parce que dans notre temps ultra moderne, j’aime ça retourner en arrière. Donc au Café Troubadour, on a des poètes, des chansonniers, du monde qui joue de la guitare pour faire des covers… on a pas mal de tout, pis c’est de différents niveaux. C’est très inclusif ; c’est pas grave si tu as trente ans d’expérience ou si ça fait juste trois semaines que tu pratiques une chanson. Notre événement a gardé la même formule que Entre Rimes et Gammes, on a changé quelques affaires pis ça continu. Je trouve

Le Portail : Avez-vous déjà chanté ensemble ?

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Sophie : Pas ici. Des fois quand on va au karaoké, on chante ensemble, mais ici, on l’a jamais fait ! Marcel : Il faudrait que j’apprenne à la guitare une chanson qu’elle veut faire… c’est un challenge pour moi en tout cas ! Le Portail : Ça serait intéressant d’en connaître plus sur l’organisateur… en tant que musicien, que fais-tu d’autre ? Marcel : Parfois je laisse ma guitare de côté et j’accompagne Sébastien, qui est juste ici, au tam-tam. Tant que j’m’implique musicalement, c’est pas grave si je suis pas à la guitare ou si

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j’suis pas le lead, j’fais juste de la musique. Des fois ici, je fais juste accompagner les gens qui le veulent bien. Aussi des fois, je joue au Foyer du Bonheur. Le Portail : Ça fait combien d’années que tu t’occupes du Café Troubadour ? Marcel : Euh… Sophie : Ça fait pratiquement deux ans ! Marcel : Ah, ouais ! Le Portail : Puis est-ce que les fondateurs du Dépanneur Sylvestre participent des fois ? Marcel : Bah, y’en ont qui ont dit qui viendraient ce soir, mais ils sont pas ici encore (rires !) Y’a Manu qui est ici. Il va peut-être prendre des photos et filmer, même. Y’a Nicole, une des membres du CA qui va venir peut-être. Tiens, y’a Nadia qui arrive justement ! Le Portail : C’est quoi ta relation avec le dépanneur Sylvestre ? Marcel : J’ai déménagé proche d’ici, par hasard. Dans c’temps-là, je buvais pas mal… je marchais devant le dépanneur pour aller chercher ma bière. Des fois, j’passais pas par le même chemin, juste pour pas que le monde dise : « R’garde, y boit, lui ! » Une fois que j’avais bu, bien, je rentrais au dépanneur... y fallait que je me dégêne avec l’alcool. J’ai commencé à venir à Entre Rimes et Gammes ; je lisais des poèmes. Après ça, je pratiquais des chansons à la guitare. C’est vraiment à Entre Rimes et Gammes que j’ai commencé à performer vraiment. En arrivant au dépanneur, j’étais prêt à faire mes racines ici, pis apprendre à connaître le monde de mon quartier.

Bref, Marcel est bien content de la tournure des événements. Il est bien content au final d’animer le Café Troubadour, car au contraire des open mic conventionnels qui se produisent dans les bars, ici, au dépanneur Sylvestre, ces soirées ne tournent pas autour de la consommation. D’ailleurs, les valeurs de cet événement sont le respect, l’inclusion, le multilinguisme, la liberté d’expression et l’ouverture. Au Café Troubadour, tout le monde est le bienvenu à performer, que ce soit de la musique, des poèmes ou autre, et ce, sans jugements !

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eulent pas me donner de voiture de location (j’avais eu un accident, rien arce que soi-disant j’ai assuré la voiture d’un seul côté ; vous vous rendez ul côté ? Mais c’est quoi cette affaire ?

HUMOUR

Crédit photo : pixabay.com

PAR CAROLINE LAURE KOBELA

1 côté… 2 côtés

Vous savez moi et les causeries, nous sommes comme des

Mimi : si tu assures des 2 côtés, alors l’assurance paye les frais

sœurs siamoises. Donc lors d’une de mes nombreuses causeries, que l’accident soit responsable ou pas. s : https://pixabay.com/fr/fiat-auto-v%C3%A9hicule-petite-voiture-1754723/

Mimi éclate de plus belle plus belle Moi : Mimi !! ... Mimi, je n’aime pas ça, ça ne me fait absolument

: Mimi !!pas ...rire. Mimi, je n’aime pas ça, ça ne me fait absolument pas rire. i, toujours en riant : ma chère, assurer une voiture d’un côté n’a rien à en riant : ma assurer une côté avec le Mimi, fait toujours d’être maman ouchère, de s’asseoir duvoiture côtéd’un passager ou du côté n’a rien à voir avec le fait d’être maman ou de s’asseoir du côté ucteur. passager ou du côté conducteur.

Moi : Ah bon ??! Comment ça ?? Tu veux quoi ? : Ah bon ??! Comment ça ?? Tu veux diredire quoi ?

Crédit photo : pixabay.com

- Mimi : être assuré d’un côté veut juste dire qu’en cas d’accident non j’expliquais de manière indignée à une amie que mes assurances ne veulent pas me donner de voiture de location (j’avais eu un Moi : oh !responsable, ... okay...l’assurance je vois.paye les frais de réparation, mais si l’accident est responsable, les frais sont à ta charge. accident, rien de bien grave) parce que soi-disant j’ai assuré la - Moi du : tu es sûre Mimi ? Tonclientèle explication m’ont làààà, j’aiconfirmé des doutes. plus tard que voiture d’un seul côté ; vous vous rendez compte ?! Un seul côté ? Les agents service à la cette affaire ? assurance auto est bel et bien d’un seul côté. J’avais déjà : Mimi, Mais je tec’est jure,quoi comment ils peuvent dire qu’une maman commemon moi je -ma Mimi : tiens pour ta les tranquillité d’espritettuleur peuxdire toujours aller point faire des « limé langue » pour incendier à quel je drai le risque d’assurer mon auto JUSTE D’UN SEUL CÔTÉ ? Avec unrecherches sur le sujet… Hellooooo googleeeee… (éclats de rire). Moi : Mimi, je te jure, comment ils peuvent dire qu’une maman MÉRITE d’avoir une voiture de location ; voilà alors que je n’avais nt dans lacomme voiture ? moi je prendrai le risque d’assurer mon auto JUSTE D’UN MÊME PAS raison.mais comment je n’ai pas eu cette idée LUMINEUSE d’aller Je me suis demandée, chercher sur internet ? Oh là là !! SEUL CÔTÉ ? Avec un enfant dans la voiture ? Vraiment, moi-même reste bouche à unebête). telle rire - Moi : Ah bon ?! Ahjed’accord... (je me suisbée sentieface extrêmement - Mimi : si Je tu assures 2 côtés, l’assurance paye les fraisjusqu’ici, que l’accident Mimi éclate de rire histoire... rires. croisdes que de alors toute mon existence je soit responsable ou pas. n’ai jamais été aussi confuse. Mon amie Mimi m’a charriée sur : comment tu peux rire de moi comme ça ? moi je sais que c’est mon côté - Moi : oh ! ... okay... un je vois. Moi : comment tu peux rire de moi comme ça ? moi je sais que cette histoire pendant bon bout... et avec raison. Quand j’y est assuré, et toi même tu sais que le siège auto de ma fille est juste c’est mon côté qui est assuré, et toi même tu sais que le siège pense... franchement, j’avais « fait fort » comme on dit chez moi Les agents du service à la clientèle m’ont confirmé plus tard que mon assurance auto est de ma fille est juste (assurer d’unbien côté selon dans mon bel et bien seul côté. J’avais déjà « limé ma langue » pour les incendier et leur dire à ère moiauto (assurer d’un côtéderrière selon moi moi, avant, sûr = on prend lad’unpays. quel point je MÉRITE d’avoir une voiture de location ; voilà alors que je n’avais MÊME avant,en bien2,sûr = on qui prend la voiture, divise en 2, ceux ure, on lamoi, divise ceux sont dans on la lalignée côté conducteur sont PAS raison. qui sont dans la lignée côté conducteur sont tranquilles et de Tchintchin !!! quilles etl’autre de côté l’autre côté c’est dangereux), donc si une autre personne c’est dangereux), donc si une autre personne conduit uit la voiture et que moi suisduducôté côté passager, je finie. suis finie. la voiture et que moi je je suis passager, je suis

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Mimi : être assuré d’un côté veut juste dire qu’en cas d’accident non responsable, l’assurance paye les frais de réparation, mais si l’accident est responsable, les frais sont à ta charge.

Moi : tu es sûre Mimi ? Ton explication làààà, j’ai des doutes. Mimi : tiens pour ta tranquillité d’esprit tu peux toujours aller faire des recherches sur le sujet… Hellooooo googleeeee… (éclats de rire). Je me suis demandée, mais comment je n’ai pas eu cette idée LUMINEUSE d’aller chercher sur internet ? Oh là là !! Moi : Ah bon ?! Ah d’accord... (je me suis sentie extrêmement bête).

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PSYCHOYOGIE

PAR VIVAL Par : Vival

Peu importe qui nous sommes comme individu sur cette planète, nous avons besoin d’aide urgente durant nos périodes de crise pour nous sortir de notre situation difficile, de notre détresse, de nos situations sans issue et de nos calvaires intérieurs. L’état des personne itinérantes est un enjeu important, car sans nourriture ou logement, souvent placés longtemps dans l’insécurité matérielle, les empêche de se propulser et d’aller chercher d’autres formes d’aide élémentaires. Tout le monde, un jour ou l’autre, a vécu un épisode de dépression qui lui a fait se demander s’il était devenu fou. La santé mentale est importante pour tout le monde, et ce, peu importe leur position socio-économique et démographique. La santé mentale, selon la définition de l’organisation Mondiale de la Santé (OMS) est la suivante : « un état de bien-être permettant à chacun de reconnaître ses propres capacités, de se réaliser, de surmonter les tensions normales de la vie, d’accomplir un travail productif et fructueux et de contribuer à la vie de sa communauté ».

Nous les humains, avons de la difficulté à faire face à nos échecs et la situation du monde occidental est devenue de plus en plus dure à vivre. L’espoir et l’amour nous tiennent, mais souvent ils manquent. Nous vivons donc tous un peu plongés dans des situations d’instabilités et plusieurs en position de détresse vivent dans le manque de ressources et de soutien humain, matériel, physique et spirituel. Nous sommes beaucoup à

Embrasser le changement

Le temps se fait gris. Les nuages tapissent le ciel et les paysages se transforment comme pour nous rappeler que le changement est la seule chose qui soit constante. Il n’y a pas seulement des situations bonnes ou mauvaises. Lorsqu’on prend le temps de s’immobiliser et de faire le calme, nous distinguons les demi-teintes et nous approchons de plus en plus du juste milieu. Prenons un temps pour se réconcilier et réfléchir sur le sens de la vie et la valeur de la paix. Comme mon professeur de psychologie préféré disait, une vie sans sens est une raison suffisante de vouloir mourir. Quand j’ai entendu cette phrase, cela a fait un déclic en moi. Je me rendais compte que ma vie n’avait plus le même sens que j’y avais donné autrefois et je me sentais perdue, que j’étais en mode survie. J’errais à la recherche de qui j’étais et ce que je voulais vraiment faire de ma vie. Je réalisais au même moment que le but de la vie était peut-être d’en trouver un. J’aimerais nous poser la question suivante : Pourquoi nous levons-nous le matin? Je me dis qu’il ne peut qu’y avoir une pulsion de vie à l’intérieur de nous qui demande à garder le cap sur le bonheur et devenir une meilleure personne chaque jour. Une force qui veut nous rappeler qu’après la pluie vient le beau temps, que nous sommes importants et que nous pouvons faire la différence pour quelqu’un aujourd’hui. La vie est belle malgré tous ses hauts et ses bas. Si nous résistons à ce qui est, nous nous contractons, notre souffle se fait court et nous subissons les évènements. C’est beaucoup plus épuisant de nager à contre-courant que de se laisser aller. Nous le savons déjà ça, n’est-ce pas? Parfois, nous avons juste besoin d’un rappel.

L’exercice de respiration Kapalabati aussi connu sous le nom il est plus facile d’accueillir le chan de la respiration de feu ou la doucheComme intérieure. maintenant! Allez! Vous verrez un changem humeur. La vie est àbelle ☺! Asseyons-nous. Sentons nos hanches qui s’ancrent la Terre. Nous mettons une main sur le ventre. L’autre à la sortie du nez. Nous gardons la bouche entrouverte pour ne pas fixer d’autorité entre les deux mâchoires et on envoyons l’abdomen loin loin derrière nous, comme si nous recevions un coup de poing dans le ventre. Nous allons nous concentrer sur l’expiration. L’inspiration se fait toute seule. Nous imaginons la couleur rouge foncé et nous éliminons tous nos manques de patience, de persévérance. Pour qu’avec ardeur nous soyons bâtisseurs et conquérants de nos vies avec un feu qui éclaire et qui donne la puissance d’Être et le pouvoir de la parole dans l’Ici et Maintenant. Alors allons-y pour 21 fois … Bien! Maintenant une posture de yoga que je vous propose est l’arbre. Les pieds bien enracinés. Apportez votre pied droit à la cheville pour commencer, fixez votre regard sur un point, levez les bras vers le ciel. Puis récitez la pensée métaphysique de l’arbre : Je suis stable au sol, bien enraciné, souple dans mes idées, et équilibré au cœur. Vous pouvez par la suite essayer de placer votre pied droit plus haut que le genou. Puis Alternez! Comme il est plus facile d’accueillir le changement avec le sourire. Faites-le maintenant! Allez! Vous verrez un changement instantané dans votre humeur. La vie est belle !

Je sais mes amis, nous traversons tous la période de chaos, à différents moments, à différents niveaux. Pour toutes les raisons que nous avons de nous plaindre, prenons un temps pour prendre soin de nous – de notre fondation. Je vous propose un exercice de respiration et un exercice de Yoga bien simple.

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POINT DE VUE DU PROF

PAR NÉRÉ ST-AMAND Professeur titulaire École de service social, Université d’Ottawa

Question de regard ! Souvent, nous nous surprenons à regarder les itinérants ou itinérantes avec dédain, arrogance, mépris même… Nous les voyons comme des ratés de notre société, ceux dont on ne veut pas, qui n’ont pas réussi… des sans-travail, sans-logis, sans rien en fait…. Ils et elles sont le parfait exemple de l’opposé de ce que nous avons appris : le succès, la réputation, le bien-être, les buts « utiles » de la vie. Rien à faire : nous continuons de porter SUR eux un regard chargé de préjugés, d’incompréhensions… Ce regard peut-il changer ? Comment voir l’autre autrement ? Quel est le vrai visage de cette personne qui quémande quelques sous, en silence ? Osons-nous même la regarder, sinon lui offrir quelques pièces de monnaie ? Et si oui, pour apaiser notre conscience peut-être ? Ou pour nous débarrasser d’elle ? Un événement m’a aidé à changer mon regard. Voici… Un matin d’automne, il y a environ 25 ans, je circulais à bicyclette dans mon quartier et j’ai croisé un itinérant. Il se faisait que – coïncidence oblige – je venais de remarquer deux caisses de bouteilles vides sur le trottoir. Alors, je me suis arrêté et ai dit à ce type matinal qui poussait son chariot ce que je venais de remarquer et qui pourrait sans doute l’intéresser. Au premier abord, sa voix grave et posée m’a touché. Il m’a remercié, avec un large sourire en plus. Nous avons alors engagé une conversation sur sa « récolte » matinale. Il me fit remarquer que celle-ci dépendait des « partys » de la veille… et eut un large éclat de rire en disant : « Le bonheur des uns fait le bonheur des autres ». J’avais une petite minute, alors notre rencontre se poursuivit un moment. Il s’appelait Marcel Foucault… et moi qui venais de finir ma thèse et m’étais intéressé depuis des années à Michel Foucault… Je lui ai demandé s’il y avait lien de parenté ! « Nous ne sommes pas dans la même ligue », répondit-il ! Entre sa voix chaleureuse, son rire expressif, son nom de noblesse et les bouteilles vides, nous avons engagé une conversation plutôt colorée, que je n’oublierai pas… « Voudrais-tu venir comme invité dans mon cours ? » lui demandai-je après un moment. Et sans hésitation, il rétorqua : « Bien sûr ! » « Mais, M. Foucault, j’ai plus de cent étudiantes et étudiants dans ce cours d’introduction au travail social ». « Ça ne me dérange pas du tout », qu’il répondit sans hésitation. Depuis lors, Marcel est venu dans mon cours, une fois, dix fois, trente fois… et à chaque reprise, il a touché les étudiantes et étudiants, et le prof ! « Ce qui fait votre beauté, qu’il nous disait, c’est votre sourire » ! Quel message pour de futurs intervenants et intervenantes ! Si bien que maintenant, après une douzaine d’années de présence dans mes cours, quand je rencontre une personne à qui j’ai enseigné un de mes cours (car graduellement, il est venu dans tous mes cours), elle me demande « Comment va Marcel ? » Un jour, après deux ans d’une telle pratique, il se pointe dans

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mon bureau un matin, avec dans un sac un nouveau cellulaire, à l’ère où ceux-ci n’étaient pas encore très répandus… Je ne pus m’empêcher de lui demander : « Marcel, que veux-tu faire avec un portable ? » Et lui de répondre : « Je veux que vous puissiez me joindre quand vous avez besoin de moi, c’est tout ! » Marcel – il est décédé depuis – a marqué une génération d’étudiantes et d’étudiants qui s’intéressaient au travail social. Grâce à lui, le premier texte obligatoire pour présenter mon cours était L’Itinéraire (de Montréal) , et par la suite le journal que vous lisez présentement, Le Portail de l’Outaouais. Grâce à Marcel, cette génération d’étudiantes et d’étudiants a réalisé que nous ne connaissons pas ces personnes que nous croisons dans la rue, souvent assises par terre, et qui, les yeux baissés, demandent un peu de sous. Plusieurs ont pleuré en écoutant Marcel. Une étudiante nouvellement arrivée au Canada – et dépourvue de sous – est venue lui serrer la main dans laquelle elle tenait un billet de 20 $ qu’elle lui a discrètement offert. Une est venue l’embrasser en pleurant abondamment et lui a demandé pardon pour tous les préjugés dont elle était porteuse. Une fois, lors d’un cours suivant sa présentation, un étudiant a demandé qu’est-ce qu’il avait fait avec l’argent amassé, dans un chapeau. Et un autre de répondre : « Que fais-tu avec l’argent de tes prêts-bourses des fois, les vendredis soir » ? Un des problèmes le plus important auquel j’ai fait face, c’est que les services de sécurité du campus m’appelaient pour me demander si je connais Marcel, alors qu’il se promenait sur le campus et qu’ils l’avaient arrêté ; il leur avait présenté ma carte d’affaires qu’il tenait toujours dans ses poches. « Bien sûr que je répondis, Marcel est mon expert en itinérance ». Ils l’ont laissé passer… Cher Marcel, quels messages tu nous as laissés ! Quelles leçons j’ai apprises grâce à toi, à tes gestes généreux, à ton sourire radieux, à tes pensées si simplement partagées ! Un des héritages que tu me laisses, c’est cette idée de voir un Marcel dans tous les itinérants que je rencontre. Leur expérience vaut de l’or ! Leur regard, rempli d’humilité, est unique ! Leur rôle dans nos sociétés pourrait être valorisé, avec un autre regard de notre part. Ils et elles sont toujours là, sous nos yeux. Il suffit de regarder, avec d’autres yeux. Et comme il aimait nous rappeler « Pourquoi êtes-vous si pressés ? » en arborant un large sourire… Marcel n’est plus là ! La question reste… Merci Marcel ! Il est vrai que j’avais de la difficulté à le joindre. Je devais parcourir les rues du Marché By et de la Côte de Sable à chaque fois où je voulais l’inviter dans mes cours. Après un moment, les éditeurs se demandaient bien pourquoi j’en commandais + ou - 150 copies à chaque début de trimestre !

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Gatineau.ca / és it tu ra g et es g Avanta e municipale u èq th lio ib b la à te Offer Nom, Prénom n: Date d’expiratio 2018-05-12

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L’HABITATION

PAR LE ROHSCO

La création d’un comité pour se rapprocher des réalités des maisons de chambres Les maisons de chambres peuvent constituer à la fois un moyen pour quitter le milieu de la rue, mais aussi des conditions pour basculer vers l’itinérance. En effet, plusieurs auteurs intègrent les locataires des maisons de chambres dans la définition de l’itinérance cachée. En somme, devant l’augmentation de la disparité sociale et l’offre insuffisante de logements sociaux et communautaires, les maisons de chambres constituent une alternative pour loger des personnes seules ayant peu de ressources financières. Plusieurs chercheurs se sont intéressés aux réalités particulières des chambreurs. Ici, à Gatineau, St-Amour et Foisy (2018) ont réalisé une étude exploratoire dans la communauté Notre-Dame, afin de dresser le portrait des chambreurs de ce quartier. Les résultats recueillis de cet échantillon ne sont pas différents de ceux des autres régions du Québec. Par définition, les maisons de chambres désignent une forme d’habitation qui se compose de personnes qui n’ont pas forcément de points communs ou d’affinités entre elles et qui habitent sous le même toit (St-Amour et Foisy, 2018). Chaque locataire dispose d’une chambre individuelle et des espaces communs sont partagés, comme la cuisine et la salle de bains. Les maisons de chambres peuvent provenir du secteur privé ou de l’économie sociale, comme les maisons de chambres socialisées gérées par les organismes sans but lucratif (OSBL). Cette étude exploratoire constate deux tendances dans le secteur privé, soit les maisons de chambres privées négligées où l’on retrouve des prix élevés de loyers, de la violence et des milieux insalubres; et les maisons de chambres privées encadrées qui peuvent répondre aux besoins de base et psychosociaux des personnes, mais qui peuvent comprendre également le choix arbitraire du propriétaire dans la sélection des locataires. Les maisons de chambres socialisées, quant à elles, peuvent offrir une salle communautaire pour les activités de groupe et des services de soutien communautaire sur les lieux pour répondre aux différents besoins des chambreurs. St-Amour et Foisy (2018) émettent des recommandations, afin de respecter le droit au logement des chambreurs, de favoriser

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la stabilité résidentielle des chambreurs, mais aussi d’assurer des conditions de vie de qualité dans le but de faire prévaloir le logement comme déterminant social de la santé. « Les chercheurs proposent donc la création d’un comité de travail intersectoriel sur les maisons de chambres à Gatineau. Ils terminent le rapport en évoquant des pistes d’actions qui pourraient être explorées par ce comité. Des propositions qui s’intéressent aux « chambreurs » eux-mêmes, aux propriétaires de maisons de chambres et à d’autres acteurs qui interviennent de diverses manières avec les locataires des maisons de chambres. » (St-Amour et Foisy, 2018) C’est donc dans le but d’améliorer les conditions d’existence des chambreurs que le Comité de Vie de Quartier du Vieux-Gatineau mobilise des partenaires des milieux institutionnels et communautaires. En ce sens, un premier comité de maisons de chambres commence à voir le jour. Bien que le processus de mobilisation en soit à l’étape initiale, l’objectif est d’en arriver à rejoindre le maximum de personnes de la région interpellées par ces conditions d’habitation. Ce défi est de taille puisque les maisons de chambres ne s’enregistrent pas automatiquement comme telles; il devient alors particulièrement difficile de répertorier l’ensemble des maisons de chambres du territoire. En effet, actuellement, aucune certification n’est requise pour gérer une maison de chambres (St-Amour et Foisy, 2018). En attendant la mise en place de nouveaux projets de logements sociaux, notamment pour chambreurs, le premier défi du comité des maisons de chambres est d’en arriver à rejoindre les locataires et les propriétaires, notamment du secteur privé, par la création de comités. L’idée est de mieux comprendre leur réalité respective en vue d’instaurer un lieu d’échange et de contacts pour outiller les propriétaires et les locataires par rapport à des enjeux qui les interpellent. St-Amour, N. & D. Foisy (2018). Portrait des chambreurs de la communauté Notre-Dame. Rapport de recherche présenté au CVQ-VG, 49 pages.

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*Adopté par le conseil ce 14 juin 2016

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