Page 1

Journal de rue

Actualité sociale

L’ENTREVUE

Roger Blanchette

L’exploitation des enfants : nous sommes tous complices.

Itinérance et Problématiques connexes

...

Gaétan…

Christian Gosselin Le mal imaginaire?

Mode de vie sain Marie-Claude Bénazet La médecine holistique

Les billets de C Carole Verdon

Un homme inspirant!

Le Portail vous présente... Le CIPTO et le LAB

3$

Visitez notre site web www.portaildeloutaouais.org

Numéro 6 Mai 2016


2 - Le Portail de l’Outaouais - mai 2016

Participer à la guérison des maux de ce monde, plutôt qu’à sa maladie.

Votre

ici PUBLICITÉ

articlesportail@gmail.com


ÉDITORIAL

Aussi, il sera question ce mois-ci d’examiner d’autres approches face à la consommation de psychotropes. Pour moi, l’abstinence totale de tout produit qui altère la psyché est l’idéal afin de devenir la meilleure version de moi-même, mais ça, encore une fois, c’est moi, c’est un mode de vie qui, après avoir exploré toutes les autres avenues, est finalement devenu vital pour moi. Pour d’autres, par contre, d’autres options se présentent, et ce sont des experts qui nous en informeront dans cette édition majoritairement axée sur le sujet.

Christian Gosselin Éditeur

SOMMAIRE Gaétan... non, c’est Léon!

ACTUALITÉ SOCIALE

L’exploitation des enfants: nous sommes tous complices

DOSSIER SPÉCIAL

Le LAB Développer sa confiance en soi, une pierre à la fois...

ITINÉRANCE ET PROBLÉMATIQUES CONNEXES Le mal imaginaire?

LE MOT DU CRIO

Une première chronique, un 8e bulletin de lutte a l’itinérance

RÉTABLISSEMENT

Le rétablissement et la réduction des méfaits : Des approches opposées ou complémentaires?

15 16 17 18 21

MODE DE VIE SAIN

La médecine holistique

LES BILLETS DE C

Un homme inspirant!

HISTOIRE RÉGIONALE Histoire de l’éducation en Outaouais

LE PORTAIL VOUS PRÉSENTE... Le CIPTO et le LAB

PLACE AU CITOYEN

Le Portail de l’Outaouais - mai 2016 - 3

5 7 8 10 11 14

L’ENTREVUE

Participer à la guérison des maux de ce monde, plutôt qu’à sa maladie.

Voici notre sixième édition. Vous avez en prime ce mois-ci la dernière édition du Noir sur Blanc, une publication annuelle produite par le Collectif régional de lutte à l’itinérance (CRIO), dont les membres sont les organismes régionaux qui desservent d’une façon ou d’une autre les personnes en situation d’itinérance ou à risque. Le Portail a d’ailleurs maintenant une chronique qui leur est réservée, « Le mot du CRIO », qui apporte une touche plus technique et plus concrète du terrain sur lequel nous avons à œuvrer jour après jour afin de tenter du mieux possible d’améliorer les conditions de vie de certaines personnes en situation actuellement précaire. Je dis bien « actuellement », parce qu’il s’agit d’un chapitre de leur vie, et non du livre en entier… Notre travail en tant qu’humains ne consiste pas à juger ni à évaluer si quiconque mérite quoi que ce soit, mais bien à relever les chutés, à redorer les ternis, à apaiser les souffrants, à aimer les exclus, et ce, inconditionnellement.


4 - Le Portail de l’Outaouais - mai 2016

Participer à la guérison des maux de ce monde, plutôt qu’à sa maladie.

Notre conseil d’administration Président: Sylvain Roy Vice-président: Guy Desjardins Trésorier: Guy Desjardins Secrétaire: Geneviève Rollin Admin.: Amina Hussein Admin.: Hélène Tessier Admin.: Denise Laferrière Rep. camelots: Vacant

Fondateur/dircecteur/éditeur: Christian Gosselin Correctrices: Fanny Lachambre Marie-Claude Rochon Infographiste: Marie-Pier Renaud Imprimerie du Progrès

ombreux

xn Merci au 819 230-4988 portaildeloutaouais@gmail.com www.portaildeloutaouais.org

Nos partenaires Distingués

Bailleurs de fonds

1/

Identité visuelle Association Richelieu Fondateur

Nos partenaires Dévoués

Logo en  couleur  

RI

C H ELIEU CHARTE DE NORMES GRAPHIQUES

Nos amis

Pour reçu d’impôt 80683 4388 RR0001

s

bénévole

! i c r Me


L’ENTREVUE Par : Claudia Forget

Au bar-bistro Le Troquet, j’ai rencontré

le travail de rue. Métier qu’il exerce maintenant depuis plus de 2 ans, à côtoyer les rues du Vieux-Hull et ses habitants. En parcourant les rues avec lui, entre Eddy et Wellington, j’ai eu accès à des bribes d’histoire enfouies du petit Chicago : à qui appartenait le restaurant Le Twist, quel personnage mythique de la mafia (Al Capone) par sa présence dans les années 20 lui avait donné son nom. Pendant qu’il me racontait avec passion ces anecdotes, nous avons croisé plusieurs personnes qui l’ont salué, étaient à l’aise avec lui, tant que ma présence semblait oubliée. Un peu plus loin sur notre chemin, Léon me demande à quoi j’associe la soupe Lipton. Je réponds « à lorsque l’on est malade ». Il me précise l’importance de ne pas associer la personne que l’on rencontre à sa problématique, quelle qu’elle soit. Ainsi, Léon accompagne toutes sortes de personnes, un petit pas à la fois dans leur cheminement. Il se considère comme un confident, un orienteur avec une approche d’acceptation inconditionnelle de l’autre. Il estime que son vécu et son âge sont des éléments clés pour les rejoindre. D’un commun accord, nous avons convenu de la pertinence de vous exposer des pistes de réflexion sur ce qui amène les gens à l’exclusion et à la marginalisation et non, de se centrer seulement sur les défis qu’ils rencontrent. Premièrement, la société québécoise valorise la valeur de réussite par la valeur monétaire acquise et non par l’identité de la personne, selon Léon. Les gens qu’il côtoie n’ont pas ou presque pas de valeur, selon cette prémisse, créant deux univers souvent parallèles qui ne se comprennent pas. Léon ne perçoit pas d’exclusion entre les gens qu’il rencontre dans la rue; une communauté, une sous-culture s’y est construite. C’est davantage lorsque cette sous-culture se confronte à la culture

Le Portail de l’Outaouais - mai 2016 - 5

un travailleur de rue haut en couleur avec tout un cœur. À première vue, Léon est allumé. Il commence par m’expliquer le sens de sa veste anarchique, qu’elle représente des valeurs d’inclusion. Elle porte un nom à elle qui change avec les saisons selon sa création. En ce moment, c’est Gaétan et la prochaine fois ce sera... Réjean. Voici une petite immersion dans sa quête actuelle d’une société inclusive et de ce qui l’y a amenée. Léon a parcouru le Québec à travers ses villes et ses paysages pendant sa jeunesse. Au gré du vent, il s’est heurté à la consommation d’opioïdes. Il a délaissé cet élixir potentiellement mortel depuis 16 ans déjà. Pour ce faire, une cure de 6 mois au centre Mélaric fut nécessaire à son rétablissement. Léon se rappelle la lourdeur du regard des gens : « qui t’identifient, te décrivent comme un junkie ». Il insiste en particulier sur le regard de la famille qui semble sans cesse attendre la rechute. Un combat qu’il gagne à ce jour, un jour à la fois. Originaire de l’Outaouais, il est revenu chez lui en 2005 afin de regagner les bancs d’école. Au Centre de Formation professionnelle de l’Outaouais, il a appris le métier de plombier. Il a pratiqué ce métier pendant plusieurs années. Cependant, il y a un peu plus de 3 ans, lorsqu’il travaillait dans le Vieux-Hull, son regard envers la société s’est transformé. Il remarquait, tous les jours, des femmes qui y vivaient de la prostitution. Il fut des plus touché par leur réalité et voulut les aider. Il se reconnut dans certains de leurs défis, dont celui de la consommation qu’il avait déjà traversé. L’appel du travail de rue a commencé de cette façon. Il a offert tout d’abord son temps comme pair aidant au Bureau régional d’action sida (BRAS). Il donnait ainsi du matériel (des condoms, distribution et échange de seringues) aux prostitués et autres consommateurs qu’il rencontrait dans la ville. Par cette action, il a revu plusieurs personnes qu’il connaissait de son propre passé. Cette implication sociale et sa personnalité furent remarquées par le directeur du Centre d’intervention et de prévention en toxicomanie de l’Outaouais, le CIPTO. M. Séguin l’a approché pour vérifier son intérêt pour

Participer à la guérison des maux de ce monde, plutôt qu’à sa maladie.

Gaétan… non, c’est Léon!


Participer à la guérison des maux de ce monde, plutôt qu’à sa maladie. 6 - Le Portail de l’Outaouais - mai 2016

Il me précise l’importance de ne pas associer la personne que l’on rencontre à sa problématique, quelle qu’elle soit. de la norme sociale que les préjugés apparaissent. Léon vous invite à venir voir leur réalité afin de mieux la comprendre lors de la nuit des sans-abri. Il souligne la difficulté d’exister lorsque tu n’as pas mangé depuis trois jours. « Comment répondre à leurs besoins de base (la nourriture, l’hébergement)? » est la première question qu’il se pose. Il les soutient dans leurs démarches et les réfère aux différents organismes communautaires pour de l’aide alimentaire et de l’hébergement. Pour ce qui est de trouver un logement, il considère leur accès des plus difficiles dans le quartier. Ainsi, plusieurs logements sont insalubres (mal entretenu, infesté de coquerelles et/ou de punaises de lit). De plus, plusieurs propriétaires investissent de moins en moins dans les bâtiments en vue de les vendre et qu’ils soient transformés en condominium. En ce sens et pour dénoncer cette réalité, il a participé à un documentaire sur les enjeux de la gentrification du Vieux-Hull en partenariat avec l’Université d’Ottawa et plusieurs acteurs du milieu. Une fois les besoins de base répondus, la recherche d’un travail et/ou la réintégration graduelle de cette sphère de vie deviennent centrales. En collaborant avec le SARCA (Service d’accueil, de référence, de conseil et d’accompagnement), plusieurs entreprennent des démarches de réinsertion socioprofessionnelle. L’exclusion sociale de plusieurs personnes concorde, selon Léon, avec la fin de la désinstitutionalisation des services et des hôpitaux psychiatriques. Les personnes vivant avec des problèmes de santé mentale importants furent sorties des établissements, laissant plusieurs à eux-mêmes avec peu de ressources leur permettant de s’intégrer. Résultat, la prise de médication n’est pas toujours respectée et la consommation devient trop souvent de l’automédication. La consommation a également changé, selon ce dernier. Il perçoit de nouveaux types de consommation. Avant, le cannabis était des plus présents et plus près du produit naturel alors que maintenant les drogues utilisées sont davantage chimiques et fortes en concentration. Une nouvelle arrivée est la poudre de fentanyl, 80 fois plus forte que l’héroïne. Ces drogues sont

d’autant plus dangereuses, car nous ne savons pas ce qu’elles contiennent. Plusieurs personnes sont également victimes de profilage social et de ce fait, de surjudiciarisation. Par exemple, une personne qu’il a soutenue dernièrement avait accumulé 21 000 $ de contraventions non payées, dont 8000 $ pendant l’été, pour flânage entre autres. Selon lui, ils sont fréquemment stigmatisés par le corps policier. Ils se retrouvent donc régulièrement avec des travaux communautaires à effectuer à titre de compensation. Enfin, l’austérité politique et sociale dans laquelle nous sommes engendre beaucoup d’incertitude pour le travail des intervenants. Les services offerts à la communauté sont menacés et pourtant les besoins sont d’autant plus présents. L’aide si elle n’est pas payante, c’est-à-dire que ceux que l’on souhaite soutenir ne seront pas nécessairement aptes à travailler et à contribuer au système néolibéral, n’est pas nécessairement une priorité. En terminant, nous tenions à faire un clin d’œil à la mobilisation citoyenne Sauvons Léon qui a permis à celui-ci de poursuivre son parcours si singulier et si important pour les gens de son quartier.


Actualité sociale

Par : Roger Blanchette

En Europe et en Amérique du Nord, le travail des enfants a été la norme jusqu’au début du XXe siècle. Mais peu à peu, sous la pression, les gouvernements ont voté des lois pour interdire l’exploitation des enfants sous toutes ses formes. En fait, les abus sur des enfants sont maintenant un des seuls tabous qui existent encore, et sont unanimement condamnés dans nos sociétés quand ils se produisent chez nous… Mais à l’échelle de la planète, l’exploitation des enfants est en hausse croissante. Selon les chiffres les plus conservateurs, ce sont plus de 350 millions d’enfants qui en seraient victimes. Nous ne les voyons pas, nous ne voulons pas les voir. Nous sommes complices. LE TRAVAIL : Plus de 300 millions d’enfants, la plupart de moins de 14 ans, travaillent dans l’agriculture, les manufactures ou comme travailleur domestique, surtout en Asie du Sud-Est, en Afrique et en Amérique Latine. Très souvent, il s’agit de travail forcé, autre nom pour esclavage. Quand vous magasinez chez Walmart, quand vous achetez des produits de grandes marques comme Gap, Nike, Joe Fresh ou d’autres, pensez à ces enfants du Pakistan ou de l’Inde. Quand vous mangez du chocolat de marque Nestlé, Hershey ou Cadbury, pensez à ces enfants de Côte-d’Ivoire. Nous sommes complices.

L’EXPLOITATION SEXUELLE : On parle ici de plus de 4 millions d’enfants. Cette exploitation prend plusieurs formes. Il y a bien sûr la pornographie juvénile sur Internet. On la retrouve partout dans le monde, y compris chez nous. Il y a aussi la prostitution juvénile, dont on parle régulièrement. Ces deux formes provoquent des réactions, parce qu’elles touchent AUSSI nos enfants. Mais à plus grande échelle, il y a le tourisme sexuel, qui se développe de plus en plus. Certaines destinations touristiques en ont même fait une spécialité : la Thaïlande, le Cambodge, le Bangladesh, les Philippines, la République dominicaine ou le Brésil, par exemple. Vous choisissez selon que vous préférez les jeunes enfants ou les adolescents, les garçons ou les filles. Des milliers de touristes européens, canadiens ou québécois visitent ces pays chaque année pour satisfaire leurs phantasmes pervers. Des agences de voyages proposent même des « sex tours ». Mais bien sûr, nous continuons à encourager ces pays en y allant… Le soleil, c’est tellement important! Nous sommes complices. Récemment, tout le monde a été ému, et avec raison, par l’image de cet enfant syrien mort sur une plage. Mais il faudrait aussi penser à ces millions d’enfants que nous ne verrons jamais, mais qui sont exploités et souffrent pour satisfaire nos désirs compulsifs de consommateurs. Bien sûr, nous avons aussi nos problèmes domestiques, mais ça ne veut pas dire qu’il faille rester aveugle aux souffrances des autres…

Le Portail de l’Outaouais - mai 2016 - 7

LES ENFANTS-SOLDATS : Il y aurait entre 500 000 et un million d’enfants-soldats, surtout en Afrique et en Asie. Cette forme d’exploitation s’accompagne aussi d’abus sexuels, surtout pour les filles. Un des pays où c’est le plus répandu est la République démocratique du Congo (RDC). Les groupes paramilitaires qui utilisent ces enfants sont armés et financés par des multinationales du secteur minier,

majoritairement canadiennes. On ne veut pas le savoir, parce que ces compagnies donnent de bons rendements en bourse et engraissent nos REER! Nous sommes complices.

Participer à la guérison des maux de ce monde, plutôt qu’à sa maladie.

L’exploitation des enfants : nous sommes tous complices.


8 - Le Portail de l’Outaouais - mai 2016

Participer à la guérison des maux de ce monde, plutôt qu’à sa maladie.

Dossier spécial

Le Lab Développer sa confiance en soi, une pierre à la fois… Par : Claudia Forget

Lorsque j’ai rencontré Jean Simon, j’ai discuté avec un jeune homme impliqué, passionné et qui va vers les autres facilement. À son arrivée au Lab, il y a plus de cinq ans, il était à un tournant de sa vie. Plusieurs obstacles l’empêchaient d’être lui, complètement. Voici une partie du cheminement qui lui a permis de se choisir en développant ses passions. En 2010, Jean Simon était en dépression. Il fréquentait régulièrement les hôpitaux psychiatriques. Il peinturait déjà des figurines médiévales chez lui, seul, car des gens dans son entourage lui avaient dit que c’était une « activité de tapette ». Il espérait un jour jouer de la batterie, mais il ne se donnait pas le droit de le faire. Un travailleur social, qui l’accompagnait dans sa démarche, lui avait suggéré à cette époque d’aller au Lab (un lieu d’inclusion sociale et de création artistique pour les jeunes de 16 à 30 ans); vu son intérêt pour la musique et les arts, c’est ce qu’il a fait. À son arrivée dans ce local artistique, il y a découvert un lieu différent où il n’était pas jugé. Il pouvait s’y présenter comme il était. C’est cet accueil inconditionnel des intervenants et des participants du Lab qui l’a motivé à y retourner. À ce moment de sa vie, sa gêne prenait beaucoup de place; il n’osait pas pratiquer la batterie, il regardait de loin ceux qui le faisaient. Ainsi, il a tout d’abord amené ses figurines pour les peindre dans ce milieu de vie et il a créé graduellement des liens avec les participants qui s’intéressaient à son univers médiéval. Certains lui ont même demandé des conseils par la suite. De ce fait, il a réalisé que l’échange était possible autour de l’art et que toutes les formes d’art ont leur valeur. Il a voulu poursuivre dans cet élan, en construisant un château pour mettre en contexte ses personnages. Les encouragements des intervenants pour ce projet créatif l’ont motivé à le construire, une pierre à la fois. En parallèle, l’équipe l’incitait à jouer de la musique en leur présence. Il a pris de l’assurance progressivement. Il a commencé par pratiquer des beats avec ses écouteurs, et par la suite, devant et avec les autres. Il a appris avec eux, en s’inspirant de ceux qui maîtrisaient davantage cet art. Au fil des mois, la reconnaissance reçue a remplacé la gêne.

Quelques années plus tard, il a même participé à l’enregistrement de la première toune du Lab. Il se rappelle encore les complications au niveau du son et les délais encourus. Le couronnement de son parcours artistique a été double : un vernissage présentant son univers médiéval avec le château fort ainsi qu’un spectacle devant 300 personnes à la salle de la maison du citoyen où il a joué la toune précédemment enregistrée. Un moment des plus touchant et significatif pour Jean Simon a été, sans aucun doute, lorsque son père a réalisé l’importance que la musique avait pour lui et qu’il a vu la fierté dans ses yeux, à la suite de sa performance. Son implication a laissé une trace importante auprès de l’équipe du Lab. Jean Simon s’y est démarqué par son implication artistique tout comme par celle qu’il a eue dans le CA de l’organisme, moment marquant pour l’équipe et difficile pour ce dernier. Il considère la bureaucratie associée à être membre du CA comme tout un défi. Maintenant, en 2016, Jean Simon étudie en histoire, s’implique dans les événements du Lab et continue à jouer de la batterie. Il souhaite au Lab plus d’intervenants, plus d’heures d’ouverture et que la musique y ait plus de place et de temps, car dans son temps, comme il aime le dire, plusieurs heures de pratique de suite étaient possibles et lui ont permis de s’améliorer rapidement. Alors que maintenant, ce n’est plus possible vu l’achalandage. Il est content que ce milieu de vie soit davantage fréquenté, mais le temps de pratique est davantage circonscrit; créant certaines tensions entre les musiciens. Ce qu’il retient de son passage au Lab, en plus de la confiance en lui et en ses capacités qu’il a acquise, ce sont les relations d’amitié qu’il a créées et qu’il maintient depuis quatre ans déjà. Il considère s’être fait de vrais amis ici et de multiples connaissances. En plus du rôle d’inclusion sociale et de création illustré par le parcours de Jean Simon, le Lab est pour Michèle Laroche, coordonnatrice, une réponse créative au trou de services existant pour les 16-30 ans. Ainsi, les intervenants de ce centre


Participer à la guérison des maux de ce monde, plutôt qu’à sa maladie.

accompagnent les jeunes adultes dans leur cheminement à leur rythme. Ils facilitent également l’arrimage avec les ressources et les intervenants qui pourraient les soutenir. En ce sens, un projet coup de cœur pour elle est sans aucun doute Ressourc’Art. C’est un projet qui consiste en la création de six œuvres collectives reliés à six thèmes de la santé mentale. Une discussion sur les thèmes est a priori amenée en collaboration avec les ressources du milieu, et à la suite de celle-ci, les participants créent en fonction de ce qu’elle leur aura inspiré. Une œuvre d’art est déjà terminée; allez voir leur page Facebook. De plus, un bottin des ressources sera développé et distribué par et pour les participants. Un projet qu’elle espérait depuis plusieurs années. Mme Laroche et Jean Simon considèrent qu’un moment coup de cœur de cette année est sans aucun doute leur participation à la Nuit des sans-abris qui s’est tenue le 16 octobre dernier. Un moment important de rapprochement entre les gens qui vivent l’itinérance ou s’en rapprochent et l’ensemble de la population. Jean Simon y a performé avec ses amis musiciens et Michèle a été touchée par l’implication de tous les intervenants qui œuvrent en prévention et en accompagnement auprès de cette population. L’importance d’un tel événement n’est plus à prouver : il en est à sa 13e édition déjà. Elle souligne sa pertinence et espère que le rapprochement amorcé se poursuive tout au long de l’année.

Le Portail de l’Outaouais - mai 2016 - 9


10 - Le Portail de l’Outaouais - mai 2016

Participer à la guérison des maux de ce monde, plutôt qu’à sa maladie.

Itinérance et problématiques connexes

Le mal imaginaire? Par : Christian Gosselin

Le mal de l’âme est peut-être très difficile à expliquer – il est encore plus difficile d’en trouver la source –, impossible à diagnostiquer, insoignable par médication, exécrable à vivre, mais il est très réel. Il est tout sauf imaginaire. Ce mal de vivre qui tord les tripes dans tous les sens donne probablement naissance, dans plusieurs cas, à une multitude de problématiques et de comportements inexplicables, ni par celui qui en souffre et ni par ceux qui en témoignent de l’extérieur. Cette « maladie » paralyse toutes les bonnes volontés les plus sincères et transforme tout ce qu’il y a de sain en malsain, en force de destruction massive. Toute personne qui en est atteint se retrouve progressivement dans un état dysfonctionnel, habité d’une rage envers lui-même et tout ce qui l’entoure, pour atteindre finalement un état de léthargie sociale et de défaitisme dangereux. Il déambule tel un zombie vidé de son âme, armé d’une charge intérieure explosive. Il n’a plus rien à perdre, il a « décroché », ses espoirs en lui-même et en la société sont anéantis. Toutes ses forces et énergies sont utilisées envers cette atroce souffrance abominablement noire impossible à nommer et encore moins à localiser. Le mal de l’âme, c’est dans le corps et dans la tête que ça se ressent, mais c’est tout ailleurs que ça se vit. Un être humain envahi par une telle obscurité – surtout sous l’emprise d’une dépendance, d’une maladie mentale fort active et maintenant en situation d’itinérance après avoir brûlé toute sa crédibilité et tous les

ponts –, littéralement démuni devant les vicissitudes de la vie, n’a pas la moindre étincelle de capacité à entreprendre une quelconque démarche positive de reconstruction, de gestion d’émotions et définitivement pas de responsabilisation. Il n’y a pas de solution rationnelle à un problème irrationnel, invisible, pourtant bien tangible et vrai. Oublions svp les approches cognitivo-comportementales et autres devant une telle « maladie »; elle ne prend pas sa source dans une quelconque blessure du passé non résolue ni dans un défaut de caractère, ceux-ci ne font en fait qu’augmenter la lourde charge à porter et la confusion. Ça ne peut pas passer par le mental puisque sa source n’y est point. C’est l’âme qui a mal et c’est donc à l’âme qu’il faut s’attarder. Il est de mon avis que beaucoup d’êtres humains souffrent ainsi, à des degrés différents. La majorité restent fonctionnels et ne soignent que les symptômes par la médication, mais jamais assez pour être en mesure d’affirmer que le mal de vivre est disparu à jamais ni même complètement. C’est une maladie universelle qui demande une approche universelle, voire holistique. La solution, le « remède » doit être administré avec ardeur et assiduité, à tous les niveaux et dans toutes les sphères de la vie. Je vous laisse méditer sur la question.


Le mot du CRIO

Par : Alexandre Ranger (Le CRIO)

Le Collectif régional de lutte à l’itinérance (CRIO) est heureux de pouvoir participer au succès du tout premier journal de rue de Gatineau Le Portail. Le CRIO est un collectif de groupes communautaires de la région réunis afin de lutter contre le phénomène de l’itinérance. Pour ce faire, nous travaillons à défendre les droits des personnes en situation ou à risque d’itinérance. Pour y arriver, nous utilisons plusieurs outils et types d’actions, et cette chronique en fera partie. Elle nous permettra de présenter des sujets ou des enjeux touchant de près ou de loin l’itinérance afin de faire tomber les préjugés auxquels font face les personnes en situation d’itinérance ou de marginalité. Pour cette toute première chronique, nous sommes heureux de vous présenter la 8e édition de notre bulletin de lutte à l’itinérance, le Noir sur Blanc. Vous le trouverez d’ailleurs inséré dans votre copie du Portail, puisque nous avons eu la chance d’établir un partenariat entre le Portail et le CRIO afin d’assurer sa distribution. Un grand merci au Portail et surtout à ses camelots pour faire connaître notre bulletin!

Pierre Marois – président de la commission des droits de la personne, est un déni de droit, elle doit nous faire honte et être abolie. Pour l’année 2015, les statistiques sont accablantes. Nous avons constaté une forte augmentation de l’hébergement d’urgence chez les jeunes qui est en hausse de 160 %. Nous avons également constaté que le nombre de repas servis aux plus démunis de notre collectivité a lui aussi augmenté de près de 25 %, et ce malgré une interruption forcée de service au Gîte Ami. Tout cela nous démontre l’accroissement de la pauvreté qui est étroitement liée au phénomène d’itinérance. Vous trouverez également des textes portant sur des changements imposés aux groupes communautaires, sur les nouveaux visages de l’itinérance, sur la place faite aux jeunes dans nos espaces publics et bien plus.

Votre PUBLICITÉ ici articlesportail@gmail.com

Le Portail de l’Outaouais - mai 2016 - 11

Vous y comprendrez également que nous croyons que pour mettre fin à l’itinérance, il faut une réponse collective afin de voir au plein respect des droits pour chaque citoyen-ne. C’est Le Noir sur Blanc nous permet de tracer un portrait de l’évolution pourquoi nous revendiquons un investissement massif en de l’itinérance en Outaouais. Pour ce faire, nous recueillons des logement social et abordable, un rehaussement des revenus de statistiques auprès de groupes en hébergement d’urgence et base (aide sociale, assurance-chômage, salaire minimum, etc.), en aide alimentaire. Ces statistiques nous montrent l’évolution l’amélioration de l’accès aux soins de santé et à l’éducation, le de la demande pour les services de dernier recours, souvent un respect du droit pour toutes et tous d’être dans l’espace public dernier rempart avant de se retrouver en situation d’itinérance sans discrimination et bien plus encore. Nous pourrons y revenir ou pour s’en sortir. De plus, nous y compilons une série de dans les prochaines chroniques. textes variés parfois critiques, parfois de réflexion ou encore de revendications. Toujours dans le but de lutter contre le Nous vous souhaitons une bonne lecture! phénomène d’itinérance qui, comme l’a si bien dit

Participer à la guérison des maux de ce monde, plutôt qu’à sa maladie.

Une première chronique, un 8e bulletin de lutte à l’itinérance


Participer à la guérison des maux de ce monde, plutôt qu’à sa maladie.

Écrivez-nous sur notre page Facebook!

12 - Le Portail de l’Outaouais - mai 2016

Grille tarifaire de publicité 2016 (*Ces tarifs s’appliquent également aux publi-reportages.) Format → Xparutions ↓ 1 mois 3 mois

Bandeau

¼ de page

½ page

85$ 75$$/m

200$ 150$/m

275$ 250$/m

475$ 425$/m

Pleine page régulière 775$ 725$/m

6 mois

65$/m

125$/m

200$/m

375$/m

675$/m

X1.15

X1.15

800$/m

11 mois

55$/m

100$/m

175$/m

350$/m

625$/m

X1.15

X1.15

725$/m

Standard PDF

7.5 X 1.5 PDF

Format en pouces

Carte d’affaire

Placez votre commande à : articlesportail@gmail.com

*Adopté à l’unanimité le 14 octobre 2015.

Page 2 Rég. +15% X1.15 X1.15

Dernière page +15% X1.15 X1.15

Dos Pleine page 950$ 875$/m

3.7 X 4.95 7.5 X 4.95 7.5 X 10 Formats Formats 7.5 X 10 PDF PDF PDF PDF PDF PDF Pour vos besoins d’infographie : Marie-Pier Renaud à : renaud.mp@gmail.com


PUBLICITÉ

ici

articlesportail@gmail.com

Votre PUBLICITÉ ici

Participer à la guérison des maux de ce monde, plutôt qu’à sa maladie.

Votre

articlesportail@gmail.com

infographiste

Infographiste Conception graphique - carte d’affaire - publicité - brochure

- affiche - invitation & plus encore

819 923-9902 renaud.mp@gmail.com

Le Portail de l’Outaouais - mai 2016 - 13

Marie-Pier Renaud


14 - Le Portail de l’Outaouais - mai 2016

Participer à la guérison des maux de ce monde, plutôt qu’à sa maladie.

Rétablissement

Le rétablissement et la réduction des méfaits : Des approches opposées ou complémentaires? Par : Yves Séguin

Dans le domaine des dépendances aux substances psychoactives (SPA : tabac, alcool, drogues, médicaments, etc.), il n’est pas toujours facile de s’y retrouver car il existe plusieurs définitions, approches thérapeutiques et même des résultats de recherches qui sont parfois aux antipodes l’un de l’autre. En conséquence, trop souvent on va opposer une définition à une autre ou une approche à une autre, provoquant ainsi des divisions entre les différents acteurs (incluant chez les personnes qui consomment des SPA). De plus, lorsque certaines personnes veulent imposer leur vision ou un seul un modèle d’intervention comme piste de solution à la dépendance, on favorise l’entretien de certains mythes. C’est le cas de l’approche de la réduction des méfaits (RDM) qui fait souvent les frais de ceux et celles qui prônent l’abstinence comme unique porte de sortie aux problèmes liés à la consommation de SPA. On véhicule encore la croyance que cette approche, qui repose sur des valeurs d’humanisme et de pragmatisme, exclut les interventions pouvant mener à l’arrêt total de la consommation. Bien que l’approche RDM remet en question les modèles traditionnels fondés sur l’abstinence, elle ne l’exclut pas, même si les principaux objectifs visent d’abord la diminution des conséquences négatives de l’usage de SPA plutôt que son élimination. Mais comment peut-on faire en sorte qu’une approche comme le rétablissement peut être complémentaire à la réduction des méfaits et non seulement une approche opposée à celle-ci? D’abord, il faut savoir qu’il n’existe pas une seule définition du rétablissement et que celui-ci ne prend pas nécessairement la forme d’une abstinence totale et définitive. Bien entendu, pour réussir l’atteinte des objectifs dans une approche de rétablissement, il faut de l’espoir (c.-à-d. que l’on croit que l’on peut faire des changements positifs), reconnaître sa part de responsabilité ainsi que de favoriser son autodétermination et également avoir la possibilité de participer aux différentes sphères de la société. En fait, tant le rétablissement que la réduction des méfaits ne sont pas synonymes de solution aux problèmes liés à la dépendance, mais davantage de processus qui permet l’implication des personnes dont la consommation de SPA a des impacts négatifs sur leur vie. De plus, dans les deux approches,

on fait la promotion d’objectifs qui sont réalistes pour ceux qui cherchent, à des niveaux différents, à adopter des changements dans leurs comportements. Il est important de mentionner que deux des principaux obstacles à l’atteinte de ces objectifs pour ces personnes sont la stigmatisation et la discrimination dont ils sont victimes, peu importe s’ils ont des objectifs de diminution des risques pour ceux et celles qui ne souhaitent pas arrêter de consommer dans l’immédiat, ou de réinsertion socioprofessionnelle pour d’autres qui souhaitent que leur rétablissement passe par un retour sur le marché du travail. Nous devons donc, individuellement et collectivement, travailler à l’élimination des préjugés qui empêchent les personnes d’améliorer leurs conditions de vie. Enfin, ce qu’il faut retenir, que l’on soit un professionnel de la santé, un intervenant psychosocial, une personne vivant des difficultés liées à sa consommation de SPA ou un proche de celle-ci, c’est qu’il faut faire preuve de compassion, d’accueil et d’ouverture. Il est bon de reconnaître qu’il y a une multitude de façons d’aider, que chacun a le droit de choisir l’approche et les objectifs qui correspondent le mieux à sa situation.


Mode de vie sain

Par : Marie-Claude Bénazet

Il semble y avoir beaucoup de confusion sur le terme « médecine holistique ». Permettez-moi d’ajouter mon grain de sel à l’ensemble des informations que nous trouvons sur le web à ce chapitre. Tout d’abord, pour être honnête, je dois dire que j’ai un biais très penché vers cette approche médicinale qui traite l’ensemble de l’être plutôt que simplement le symptôme. On trouve toutes sortes de choses plus ou moins sérieuses sur le web à ce sujet. On nous sert tout de suite des histoires de ces soi-disant énergumènes qui boivent leur pipi ou bien les gens qui vous invitent à ne vivre que d’air pur sans eau fraîche. De quoi rire en effet quand on ne connait pas! Aussi, bien souvent, nombreux sont ceux qui préfèrent rire sans se poser de question. Si nous osions aller juste un peu plus loin, et que nous nous demandions vraiment (sans rire) qu’est-ce que cela veut dire la médecine « holistique », est-ce un mot poli pour charlatanisme?

Le thérapeute holiste va examiner l’ensemble de la situation et ira même jusqu’à considérer l’aspect psychospirituel de la personne. Chaque thérapeute travaille selon son approche spécifique, je vous parle évidemment d’un thérapeute dûment reconnu par son ordre professionnel.

Que diriez-vous d’aller chez le mécanicien lorsque le voyant rouge s’allume et que sa réponse serait simplement d’éteindre le voyant rouge? Vous le trouveriez un peu incompétent, n’est-ce pas? Les adeptes de la médecine holistique considèrent que tout symptôme est un voyant rouge permettant à l’être qui le subit de corriger la situation pour retrouver la santé. Ils cherchent la cause du symptôme. Cette démarche peut s’avérer longue et ardue, mais elle nous permet de mieux nous connaitre. Ultimement, c’est une approche qui finit par aider la personne à trouver la clé de sa propre guérison et du maintien de sa santé.

Le Portail de l’Outaouais - mai 2016 - 15

Pour commencer, on pourrait dire que le mot « holistique » veut dire ce qui concerne l’ensemble. Par exemple, quelqu’un qui aurait un cancer du genou et qui irait voir un thérapeute holistique devrait répondre à une série de questions concernant ses habitudes de vie, son travail, ses difficultés, etc. Le premier rendez-vous dure souvent plus d’une heure. Pour la personne en question, cela peut devenir un grand travail d’introspection. Cela demande dans tous les cas pas mal de courage. À la base, il y a la confiance dans les processus naturels de guérison du corps.

L’approche plus « traditionnelle », en fait n’est pas du tout traditionnelle dans le sens qu’elle n’est pas basée sur une tradition. Elle est une approche basée sur les symptômes et la maladie. Si l’on a apaisé le symptôme, on est satisfait d’avoir fait notre travail. Par exemple, vous avez mal à la tête? Et bien, prenez ce comprimé, vous ne sentirez plus rien… Merveilleux, super, mais pourquoi avons-nous eu ce mal de tête à la base? D’ailleurs, il ne peut pas être très sain d’avoir à prendre un bon nombre de comprimés et ce, régulièrement.

Participer à la guérison des maux de ce monde, plutôt qu’à sa maladie.

La médecine holistique


16 - Le Portail de l’Outaouais - mai 2016

Participer à la guérison des maux de ce monde, plutôt qu’à sa maladie.

Les billets de C

Un homme inspirant!

Carole Verdon Auteure du roman Les désordres du cœur À la barre de son entreprise Les mots dans l’encrier lesmotsdanslencrier@gmail.com

Connaissez-vous Nick Vujicic? C’est un motivateur australien né épreuves, quelles qu’elles soient. Nick a un impact puissant sans bras ni jambes et qui donne régulièrement des conférences sur eux. sur le handicap, l’espoir et comment trouver un sens à la vie, Malgré son très lourd handicap, Nick Vujicic est un homme lui qui a trouvé un sens à sa vie après avoir vécu une enfance heureux. Pour lui, le bonheur est tout simplement d’être en vie. difficile durant laquelle il a dû affronter le regard des autres, Dans son message livré aux gens, Nick explique que le bonheur supporter les surnoms cruels et n’est pas d’avoir ce que l’on désire, accepter sa différence. mais d’apprécier ce que l’on a déjà. Nick a souffert de dépression et à La pensée positive et la l’âge de huit ans il avait des pensées détermination, tout comme la suicidaires. Puis, à 13 ans, il décide visualisation, opèrent une véritable de consacrer sa vie aux autres : révolution à l’intérieur de nous« J’ai lu un article de journal à propos mêmes; j’irais jusqu’à dire, une d’un handicapé qui avait réussi à véritable transfiguration! La accomplir de grandes choses et à détermination remarquable dont cet aider les autres. […] J’ai compris homme fait preuve est pour moi une que Dieu qui m’avait fait ainsi pour source d’inspiration extraordinaire. donner de l’espoir aux gens. J’ai Et à la manière du relais de la alors décidé de donner aux autres flamme olympique, dans la vie, le courage que cet article m’avait nous pouvons donner au suivant donné ». À 17 ans, il commence à tout ce qui contribue à éveiller et prendre la parole publiquement et alimenter notre détermination, notre obtient, au début de la vingtaine, une force morale et notre élan dans double qualification en comptabilité l’accomplissement de projets et de et planification financière. À ce jour, rêves. Nick a écrit trois livres et rien ne Je refuse la pitié à l’endroit de l’arrête : il fait du sport (golf, soccer, quelqu’un; c’est une pensée golf, natation…) il s’est marié et est parasite et un sentiment réducteur. papa de deux enfants et il a réalisé Les épreuves sont un levier et le un rêve : faire du surf! Je vis comme dénominateur commun d’actions si ne n’avais aucune limite, écrit-il. que nous entreprenons pour nous Nick a lancé son organisation à but sortir du gouffre et nous propulser, non lucratif : Life Without Limbs pour transformer l’impossible (La vie sans membres) et créé en possible. J’adore cette Se relever encore, se relever toujours est sa société, Attitude is Altitude. citation de Nick : « Dream big sa philosophie et il faut le voir en témoigner Une passion pour le travail my friend and never give up. parmi les jeunes. En tant We all make mistakes, but none que conférencier, Nick parcoure les écoles pour motiver les of us are mistakes ». adolescents dont bon nombre sont sans but, indécis, découragés, Nick Vujicic voyage partout à travers le monde dans le but manquent de modèles auxquels se référer et ne savent pas se ultime de donner des conférences afin d’encourager les gens à relever. Se relever encore, se relever toujours est sa philosophie s’accepter tels qu’ils sont, de se faire confiance et de ne jamais et il faut le voir en témoigner. Avec humour, il donne une leçon se soucier de l’opinion des autres. de vie, de courage et de persévérance à des jeunes étudiants, Visionner ses vidéos, lisez ses livres. Laissez-vous inspirer et leur montrant l’importance de ne jamais abandonner face aux parlez de lui; vous pourriez aider quelqu’un!


Histoire régionale

Histoire de l’éducation en Outaouais gouvernement Godbout votera la loi sur l’instruction obligatoire; mais avec le retour de Duplessis en 1944 et l’opposition systématique du clergé, cette loi sera presque inopérante! La situation ne commencera à changer qu’au début des années 60. En 1963, l’Outaouais, sauf le Pontiac, deviendra le diocèse de Hull, donc séparé d’Ottawa. Mais c’est surtout la Révolution Tranquille, avec la création d’un ministère de l’éducation en 1965, qui fera bouger les choses. Ce fut d’abord la création des premières polyvalentes gratuites et accessibles; puis en 1971, l’ouverture du CÉGEP de l’Outaouais et en 1981, de l’Université du Québec à Hull. Mais l’accessibilité à ces établissements est presque impossible pour les étudiants du Pontiac, de la Haute-Gatineau ou de la Petite-Nation, à cause du coût exorbitant des logements. L’Université du Québec à Hull et le CÉGEP sont largement sous-financés, ce qui encourage le décrochage ou l’exode vers Ottawa. L’Outaouais a encore un des plus hauts taux de décrochage et un des plus faibles taux de persévérance au-delà du secondaire. Il faut absolument tenir compte de cette histoire et de cette situation actuelle si l’on veut comprendre la problématique des jeunes en Outaouais.

Le Portail de l’Outaouais - mai 2016 - 17

C’est assez ironique de savoir que la première loi sur l’instruction publique au Québec a été rédigée par le député de Hull, en 1841. Celui-ci, Charles Dewey Day, s’était fait connaitre en 1838, en tant que procureur au procès des Patriotes; c’est lui qui avait réclamé et obtenu la peine de mort pour les 12 héros qui furent pendus. C’était un anti-francophone acharné. Cette loi de 1841, qui sera en vigueur jusqu’en 1965, donnait aux parents la responsabilité de défrayer tous les coûts des écoles dans leur communauté, et ce, sur une base confessionnelle. En Outaouais, cela fera en sorte que le taux d’alphabétisation chez les francophones restera très faible durant toute cette période, comparativement aux anglophones. Trois facteurs expliquent cette situation. Un facteur économique d’abord : les francophones étaient majoritairement pauvres et devaient commencer à travailler très jeunes, ils n’avaient ni les moyens ni la motivation à payer pour des écoles. Une raison géographique aussi : les écoles étant rares et la population clairsemée, les distances à parcourir étaient souvent trop grandes. Le troisième facteur, probablement le plus important, se fait sentir encore de nos jours. En effet, jusqu’en 1963, l’Outaouais était rattaché au diocèse d’Ottawa. Comme les écoles étaient sur une base religieuse, les enseignants étaient souvent des Irlandais anglophones. Aller à l’école voulait donc dire être assimilé. C’est d’ailleurs ce qui explique la disparition presque totale des francophones du Pontiac qui appartient, encore aujourd’hui, au diocèse de Pembroke! On y appliqua même le Règlement XVII, interdisant l’enseignement en français, pourtant une loi ontarienne! C’est ainsi qu’en 1900, l’Outaouais avait le plus haut taux d’analphabètes au Québec. À partir du début du XXe siècle, quelques collèges seront créés par des communautés religieuses : les Spiritains fonderont le Collège Saint-Alexandre en 1905, puis les Sœurs Grises, le couvent Saint-Joseph en 1909. Mais ces établissements ne s’adressent qu’aux plus riches. Quant aux Oblats, ils fonderont l’Université d’Ottawa qui sera aussi un outil d’assimilation pendant longtemps. Il faut dire que dans les années 40, le

Participer à la guérison des maux de ce monde, plutôt qu’à sa maladie.

Par : Roger Blanchette


18 - Le Portail de l’Outaouais - mai 2016

Participer à la guérison des maux de ce monde, plutôt qu’à sa maladie.

Le Portail vous présente...

Le CIPTO et le LAB Par : Yves Séguin Directeur Général

Le Centre d’intervention et de prévention en toxicomanie de l’Outaouais (CIPTO) a vu le jour en 1982 sous le nom de Shalom pour la sobriété notamment grâce au travail de son fondateur Claude Vandelac. La mission d’origine de ce nouvel organisme communautaire autonome était de rejoindre le plus grand nombre de personnes afin qu’elles puissent faire des choix éclairés face à la consommation d’alcool et/ou de drogues. Ainsi, dans un premier temps, on a cherché à répondre à un besoin très précis, soit d’avoir un lieu permettant aux personnes vivant avec un problème d’alcoolisme et/ou de toxicomanie de recevoir du soutien pour prévenir la rechute. Les premières années furent marquées par plusieurs obstacles — dont ceux liés au manque de ressources financières et à une stabilité au niveau du local —, mais la volonté et l’engagement bénévole de différents citoyens et citoyennes ont permis la mise sur pied de divers programmes et projets ponctuels afin de répondre à d’autres besoins criants liés à la consommation et la dépendance aux substances psychoactives (alcool, drogues, médicaments). En 1986, non seulement l’organisation adopte une nouvelle appellation (CIPTO), mais on assiste également à une transformation importante de l’organisme qui offre dorénavant des services par l’entremise de professionnels qui utiliseront l’approche thérapeutique intitulée Thérapie de la Réalité qui est basée sur la Théorie du choix. Au cours des années 1990, les actions et les interventions mises de l’avant sont influencées par la philosophie de la réduction des méfaits et le CIPTO règle finalement son problème de local en faisant l’acquisition ainsi que la rénovation du 92, rue Saint-Jacques, au centre-ville de Hull. C’est en 2001, suite à un exercice de planification stratégique, que le CIPTO valide que les principes de l’approche de la réduction des méfaits et de l’approche structurelle guideront

dorénavant les programmes-services et les actions de l’organisme qui s’inscrivent dans trois principaux objectifs : prévention, intervention et promotion/concertation. Il est donc tout à fait logique que nous soyons un centre d’accès au matériel de prévention des infections transmises par le sexe et le sang (ITSS) telles que les seringues, les pipes à crack et les condoms. Dans cette même année, un nouveau projet — qui se veut également un nouveau point de services — voit le jour afin de répondre à une réalité grandissante dans la région : l’exclusion et l’itinérance chez les jeunes adultes. Nommé le LAB, ce lieu d’expression et de création artistique s’adresse aux personnes de 16 à 30 ans à risque ou vivant une problématique en lien avec la toxicomanie, la santé mentale, l’itinérance et l’exclusion sociale. Ainsi, les animatrices-intervenantes socio-artistiques utilisent l’intervention par les arts pour soutenir les participants et les participantes non seulement dans leurs démarches artistiques, mais également personnelles et sociales. Aujourd’hui, en plus du LAB, le CIPTO a six autres programmesservices réguliers : • Intervention de première ligne (individuelle ou familiale) afin de répondre à divers besoins, soit l’évaluation de la consommation, le suivi (type relation d’aide selon l’approche motivationnelle), la référence, l’accompagnement et le maintien des acquis; • SART (programme de Soutien, d’Accompagnement et de Réinsertion auprès des personnes Toxicomanes) qui est un partenariat avec le Centre de réadaptation en dépendances de l’Outaouais (anciennement Jellinek) afin de rendre plus accessibles les services de ce dernier, particulièrement pour les personnes vivant de l’exclusion sociale;

Votre PUBLICITÉ ici articlesportail@gmail.com


Au-delà des programmes-services réguliers, le CIPTO initie et participe à différents projets spéciaux, afin de répondre aux différents besoins des personnes qui se retrouvent en situation de survie caractérisée par des impasses (expression empruntée à Michel Simard, directeur du Centre le Havre à Trois-Rivières). C’est le cas de l’Équipe Mobile en Itinérance (ÉMI) dont le travail consiste à accompagner ces personnes dans la recherche de solutions pour dénouer ces impasses. En conclusion, le CIPTO se veut un lieu d’accueil le plus inconditionnel possible où il est possible de recevoir non seulement de l’information, mais aussi un soutien adapté, que ce soit pour devenir abstinent, pour modifier sa consommation ou pour consommer de façon plus sécuritaire.

Participer à la guérison des maux de ce monde, plutôt qu’à sa maladie.

• Travail de proximité et outreach afin de rejoindre et créer des liens avec les populations exclues et vulnérables directement dans les milieux où elles se trouvent; • Prévention jeunesse est un programme comprenant six ateliers qui sont offerts aux élèves de 6e année afin de favoriser leur transition vers le secondaire et de prévenir la toxicomanie en les aidant à développer des facteurs de protection dont la communication, la prise de décisions éclairées et l’affirmation de soi. • Ateliers de sensibilisation qui servent principalement à démystifier les substances psychoactives et à informer sur leurs effets ainsi que les risques lorsque consommées. Ils sont offerts aux écoles (secondaires, centres d’éducations aux adultes et formation professionnelle), aux organismes communautaires ou tout autre groupe qui en fait la demande. • Ateliers de formation dont le contenu et la forme sont adaptés aux besoins des différents intervenants et professionnels des différents réseaux (santé et services sociaux, scolaire, judiciaire…).

Le Portail de l’Outaouais - mai 2016 - 19


Participer à la guérison des maux de ce monde, plutôt qu’à sa maladie.

Semaine Nationale de la Santé Mentale 2 au 8 mai 2016 Le comité organisateur vous invite à mettre en pratique les 7 astuces pour être bien dans sa tête : -

S’accepter Agir Ressentir Choisir Se ressourcer Créer des liens Découvrir

Différents kiosques seront présents dans les cégeps et à L’UQO

20 - Le Portail de l’Outaouais - mai 2016

Et vous que faites-vous pour être bien dans votre tête? Pour toutes informations sur la programmation : Hélène Tessier direction@maisonrealite.org 819.776.1214 poste 222

etrebiendanssatete.ca


Place au citoyen

J’aimerais vous parler de la condition qu’on définit habituellement comme « maladie mentale », particulièrement la schizophrénie, qui baigne dans l’incompréhension, non seulement de la part des médecins, mais de celle du public en général. Je crois quant à moi que loin d’être une maladie, cette « condition » consiste simplement en une grande sensibilité aux mondes extérieur et intérieur; je vais vous expliquer ce que je veux dire. Ayant moi-même vécu avec ce qu’on appelle communément la maladie mentale, et ayant été diagnostiqué de telle ou telle façon, je sais maintenant l’incompréhension profonde que même, et SURTOUT, les défenseurs de la Science ont sur le sujet, ne considérant que le physique, alors que les réalités physiques sont dictées par des réalités et des phénomènes BIEN supérieurs, et ceci même dans LEUR PROPRE discours! Et c’est cette, ou ces réalités, que peut percevoir celui qu’on caractérise de malade ou de troublé. En réalité, tout ce qu’on appelle la maladie mentale, et particulièrement la schizophrénie, est EN FAIT une ouverture à des réalités parallèles, intérieures, sous-jacentes, mais tout aussi réelles et même, je dirais, structurelles de la Réalité physique qu’on croit, trop souvent à tort, suprême. Pour vous donner une image concrète, le « malade » est un peu comme une antenne de radio qui prendrait d’autres postes non disponibles, ou que la plupart des gens ne peuvent capter et n’ont même aucune idée que leur existence même soit possible, voire même réelle. Le travail de celui qu’on aura appelé malade, car sensible à ces réalités, loin d’être celui d’un être qui doive prendre des pilules pour guérir et chercher seulement à mieux vivre sa souffrance, serait de creuser en lui pour trouver, avec toute l’attention spirituelle (et surtout, l’aide – très difficile à trouver – de guérisseurs appropriés, de mentors, de chamanes), la force

pour accepter et vivre avec ce qui n’est pas une maladie, mais plutôt un DON extrêmement précieux, mais TRÈS difficile à vivre en ces jours où le Ciel fait porter à ces gens-éponges tous les maux de la Terre, et de même que ceux d’une société qui est profondément malade – ces gens qui pourtant auraient la force de mener ce monde à son réel fleurissement. Ceci dit, ce que j’appelle plutôt une « condition » est bien sûr un grand défi, mais avec une bonne aide sociale et spirituelle, il est possible de s’en défaire, d’en guérir, et ce, de façon véritable. J’ai moi-même vécu ce qu’on peut appeler une « guérison » des forces obscures, de telle sorte que je comprends maintenant et j’accepte l’intégralité de ce DON qui me permet non seulement de vivre ma vie dans le monde physique, mais qui me donne accès, que je le veuille ou non, à des niveaux de conscience insoupçonnés ouvrant vers d’autres niveaux d’être et d’éveil (souvent pénibles, certes, mais combien riches et menant à une compréhension de réalités non encore complètement explorées par l’homme, sinon comprises – encore moins intégrées!). Et cela, je l’ai fait avec la seule force de l’Esprit. Je conclus en disant pourquoi. Simplement car ce n’est ni un trouble, ni une maladie, seulement une façon autre de percevoir le monde, qui n’est toujours, dans notre société (très pauvre spirituellement), non encore bien comprise, et surtout, non encore acceptée. Et l’acceptation, c’est la clé de la guérison, mais arrêtons svp de parler en ces termes de diagnostics pour définir une maladie qui n’en est pas une. Parlons plutôt de don et de sensibilité à d’autres réalités et on aura déjà compris que le malade est en fait un chamane qui n’a pas encore (et simplement car on ne l’a pas encore aidé) compris son rôle d’être un guide pouvant guérir par sa lumière, non par sa souffrance, cette SOCIÉTÉ malade. -François Baril-Pelletier

Le Portail de l’Outaouais - mai 2016 - 21

Quand on est dans l’espace public, on s’attend à être critiqué. Surtout à l’ère des réseaux sociaux. Mais on en prend un peu et on en laisse beaucoup. Les gérants d’estrade pullulent et la démagogie est aux premières loges. Les jugements à l’emporte-pièce, les opinions qui reposent sur de l’information parcellaire, des impressions, des associations boiteuses, des demi-vérités ou carrément des faussetés sont légion. Quand je lis ou que j’entends une aberration, je commence toujours par me poser la question sur la légitimité de la personne qui émet cette opinion. La plupart du temps, la réponse s’impose d’elle-même. Je me dis qu’il est dans la nature des ânes de braire. -Stefan Psenak

Participer à la guérison des maux de ce monde, plutôt qu’à sa maladie.

La maladie mentale n’est pas une maladie


22 - Le Portail de l’Outaouais - mai 2016

Participer à la guérison des maux de ce monde, plutôt qu’à sa maladie.

Écrivez-nous à articlesportail@gmail.com

Les vraies affaires Un matin d’automne, je suis allée prendre un café à Aylmer. À portée de main se présentait le journal Le Portail que je n’avais jamais lu, et de plus, Lise Careau en faisait la couverture. Accompagnée de mon café par une journée d’automne dorée et lumineuse, je plonge dans ces témoignages riches d’humanité, tels de beaux croissants gonflés de beurre ou de bon pain intégral avec fruits et beurre d’amande, selon les goûts et les consciences. Car, on le sait, la nourriture pour le cœur et l’esprit est aussi importante, sinon plus parfois, que celle du corps. Enfin de la substance. Les vraies affaires, comme dirait l’autre (mais on ne parle pas des mêmes, c’est sûr!). Pas d’images marketing, pas de douces photos esthétiques de yoga pratiqué dans la sérénité de smoothies verts et de recettes vegan qui aident à avaler la pilule d’un quotidien trop souvent mécanique et en excès de vitesse. Pas d’images tendances ou conditionnées dans ce journal, mais la vérité d’une réalité humaine empathique qui s’interroge sur la souffrance, l’inégalité, l’exclusion, la pauvreté et la difficulté de s’intégrer à notre Monde. Waw, voilà qui est révolutionnaire et libre, parce que vrai. Et, ouf, c’est reposant! Il me semble que lorsque je touche à du vrai, quelque chose à l’intérieur de moi soupire de détente. Les bulles mentales faites de surabondance de messages superficiels, dans lesquels on se perd, on se distrait ou on fuit, crèvent et se

dissolvent. On dirait que la vérité amène le silence. Le calme. La paix. Je ne sais pas pour vous, mais pour moi les vraies affaires ont toujours été celles de l’intériorité et du cœur. Avec les souffrances, si difficiles à exprimer, à vivre, à accepter, à comprendre. Évidemment, c’est bien plus simple de s’en remettre au culte des chiffres, incontestables, rationnels, clairs, pragmatiques, rassurants, comme on le voit entre autres chez les politiciens. Pourtant, les chiffres ont aussi une dimension relative et abstraite. Malheureusement pour moi, j’ai toujours eu une grande difficulté à contrôler et à m’intéresser aux chiffres et à l’aspect financier de la vie, qui est quand même essentiel! C’est dire comme je ne me sens pas très bien intégrée à notre monde obsédé par le rendement monétaire, mais entre la difficulté à manier cette réalité, et l’obsession de tout ramener, expliquer et comprendre par le seul exercice financier, il me semble qu’une approche équilibrée s’impose avec urgence. Et je ne sais pas pour vous, mais pour moi, c’est l’effet équilibrant que me fait ce journal, parce qu’on parle de l’être humain, pas de chiffres ou de rendement. -Isabelle Beauregard


Ce slam a été présenté à Léon Cardin lors de la compétition de Slam Outaouais au bar Le Troquet le 03 avril 2016, jour de l’anniversaire de Léon.

https://www.facebook.com/Communication-Diane-Tremblay972540352782519/?fref=ts https://www.facebook.com/SlamOutaouais111691665557062/?fref=ts

-Diane Tremblay

Le Portail de l’Outaouais - mai 2016 - 23

Bonne fête Léon T’as bien failli / perdre la rue / Perdre ta job / Mais surtout / La rue a failli te perdre / Léon, travailleur de rue ! Sauvons Léon / Les gens de la rue / Itinérants, sans abri Ont lancé une pétition / Manifesté / Et la rue a gagné Fait rare / Que tu restes dans la rue / A été la bonne nouvelle du mois Le Vieux Hull te connaît / Te reconnaît / Tes habits fascinent Ta personnalité intrigue / Ta présence rassure, apaise / Tu gagnes les cœurs Bonne fête Léon de la rue / Hommage à toi / Tes amis Facebook le déclarent Icône dans Gatineau / Ancré dans l’entraide / Sillonnant à pieds Les rues de la ville / On dit de toi / Que t’es pas comme les autres Rebel au passé houleux / Ancien toxico / T’as réussi à briser tes chaînes Plombier de formation / Tu quittes ta job, ton bon salaire / Pour accompagner tes frères et sœurs de la rue Look de punk, plombier des meurtrissures de la vie / De la plomberie tu continues d’en faire La plomberie des cœurs et des esprits / Qui aident à débloquer / Bien faire circuler les eaux de la vie Malgré les égouts / Et dégoûts créés par les décideuses et décideurs / Ces gens dits de bien qui Écrasent et tuent / Mine de rien / Par leurs coupes / Coupures dans le tissu Étiré, coupé, déchiré / En lambeau / Il ne reste que l’illusion Mais heureusement / Qu’il y a encore des Léon / Pour prendre soin Amour à toi Léon / Honneur à toi / Et à celles et ceux Qui luttent au quotidien / Avec et pour les plus démunis Bras d’honneur et déshonneur / À Couillard et ses couardises / À Barrette, ministre du désespoir Aux 4 députés libéraux de l’Outaouais / Qui suivent la ligne du parti / Parlant vide et creux Des partis pour la misère / Couillard et sa bassecour / Créent d’immenses problèmes avec leur austérité Même l’ONU le dit / Et en stratèges machiavéliques / Donne des peanuts aux appauvris / Créant des illusions de gagnants La lutte doit continuer / Apprendre à décoder l’erreur et l’illusion disait Edgar Morin Bonne fête Léon et prends soin de toi parce que la rue a encore besoin de toi !

Participer à la guérison des maux de ce monde, plutôt qu’à sa maladie.

Slam “Bonne fête Léon”


Participer à la guérison des maux de ce monde, plutôt qu’à sa maladie. 24 - Le Portail de l’Outaouais - mai 2016

Le Portail de l’Outaouais tient à manifester sa gratitude envers La Ville de Gatineau pour son appui financier pour une seconde année d’opération.

! i c r e M

Le Portail de l'Outaouais - Mai 2016  
Read more
Read more
Similar to
Popular now
Just for you