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Journal de rue

Actualité sociale Roger Blanchette

Vague de suicide dans les réserves : le génocide continue...

L’ENTREVUE Luce Bélanger

Le mot du CRIO

Alexandre Ranger

Une autre coupure à l’aide sociale

Mode de vie sain Marie-Claude Bénazet

Le temps d’une p’tite vide

Les billets de C Carole Verdon Luna

Le Portail vous présente... Le Centre Kogaluk

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SPÉCIAL E L C I T AR r Bélange e c u L r Pa Page 8 Visitez notre site web www.leportaildeloutaouais.org

Numéro 7 Juin 2016


2 - Le Portail de l’Outaouais - juin 2016

Participer à la guérison des maux de ce monde, plutôt qu’à sa maladie.

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ÉDITORIAL

Christian Gosselin Éditeur

SOMMAIRE Luce Bélanger

ACTUALITÉ SOCIALE

Vague de suicide dans les réserves : le génocide continue...

DOSSIER SPÉCIAL

Rencontre avec Kenny Awasis

L’ITINÉRANCE ET PROBLÉMATIQUES CONNEXES La solitude

LE MOT DU CRIO

Une autre coupure à l’aide sociale

RÉTABLISSEMENT

Espérer, croire, aimer

17 18 19 20 22

MODE DE VIE SAIN

Le temps d’une p’tite vide

LES BILLETS DE C Luna

HISTOIRE RÉGIONALE

Pontiac, le héros oublié

LE PORTAIL VOUS PRÉSENTE... Le Centre Kogaluk

PLACE AU CITOYEN

SPÉCIAL E L C I T R A er e Bélang c u L r a P Page 8

Le Portail de l’Outaouais - juin 2016 - 3

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L’ENTREVUE

Participer à la guérison des maux de ce monde, plutôt qu’à sa maladie.

Vivre sa vie à l’encontre de mes propres valeurs les plus fondamentales, je connais, c’est affreux, déchirant et surtout, ça me garde dans la honte totale et l’impression d’être à côté de moi-même tout le temps sans jamais pouvoir revenir dans ma propre peau ; ne pas être. Pour moi être relativement bien dans ma peau demande de vivre selon mes valeurs les plus fondamentales : la rigoureuse honnêteté, la transparence, l’humilité, la gratitude, le sacré, l’entraide et la droiture, tout ça dans un environnement tout autre que. Ça me demande un ancrage solide, immuable et renforcé quotidiennement voire à chaque instant de pratiques assidues. Savoir est une chose, savoir-faire en est une autre mais savoir-être, là est tout un apprentissage progressif continuel, perpétuel. Marcher ainsi à contre-courant me demande une grande forme émotive à toute épreuve issue d’une force spirituelle puisée là où elle git, au beau fixe, imperturbable et surtout, inépuisable. Il est question dans ce numéro d’un peuple armé de ses valeurs sacrées. Un peuple à qui on a sournoisement imposé comme monnaie d’échange un mode de vie exempt du sacré, vide de sens profond selon lequel tout respect pour notre Terre-Mère est inexistant. À quoi d’autre aurions-nous dû nous attendre que ce qui nous rattrape aujourd’hui, soit beaucoup plus de comptes à rendre qu’il ne nous en sera jamais possible de le faire. Aujourd’hui, écoutons-les, reconnaissons-les, ces frères et sœurs des Premières Nations avec tant à nous apprendre. Ce mode de vie s’avère peut-être être notre seule sortie d’urgence. Bonne lecture…


Participer à la guérison des maux de ce monde, plutôt qu’à sa maladie.

Notre conseil d’administration Président; Sylvain Roy Vice-président; Guy Desjardins Trésorier; Guy Desjardins Secrétaire; Geneviève Rollin Admin.; Amina Hussein Admin.; Hélène Tessier Admin.; Denise Laferrière Rep. camelots; Vacant

Directeur-éditeur : Christian Gosselin Correctrices : Fanny Lachambre Marie-Claude Rochon Dernière lecture : Michelle Morin Infographie : Marie-Pier Renaud Imprimerie du Progrès

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L’ENTREVUE Par : Christian Gosselin

Luce Bélanger bénéficier, la race humaine. L’histoire de Luce commence en Haute-Mauricie, à La Tuque, le pays de nul autre que le grand Félix Leclerc, qui était voisin du grand-père de Luce. Elle est ici à Gatineau depuis 1989. À dix-huit ans, Luce choisit un programme collégial non offert à Trois-Rivières et se dirige vers Montréal, où enfin, elle vit son adolescence retenue à fond dans le foyer familial. Elle étudie les langues. Amour déclenché lors d’un voyage d’échange étudiant en Suisse, pays aux quatre langues officielles, aventure qui lui aura ouvert l’esprit sur ce vaste monde. Son premier contact avec les arts se passe à l’âge de treize ans où un professeur propose un exercice d’écriture automatique. L’objectif était de terminer une phrase qui débute par « Il était un sentier bordé d’arbres… ». Son amour pour l’écriture est né et son talent pour les mots est évident. Même sa propre mère a du mal à croire qu’elle est l’auteure de ce premier texte. Luce écrit depuis. Luce baigne dans le chant avec sa famille depuis sa tendre enfance. Elle participe à des concours oratoires, elle assiste à des cours de diction. À trente ans, une vision lui revient plus de trois fois, et ce sans substances, un déterminant indéniable que chanter était pour elle une mission prédestinée. Malgré sa peur atroce de se manifester devant un public, une amie guitariste et Luce produisent une première cassette de chansons de leur cru. En 1997, elles se présentent au concours « Tout nouveau tout show », où elles gagnent le premier choix du public et un tout premier démo est produit. Depuis, Luce vit à chaque lancement d’album une fausse couche. Elle me dit en riant : « Je suis maintenant ménopausée, ça devrait donc aller pour le lancement du prochain album prévu pour 2017. » Pour subvenir à ses besoins, Luce prend sur une base aléatoire et temporaire des contrats pertinents selon son expertise en gestion de projets. Mais sa vie, c’est avant tout d’animer des cérémonies où les gens sont appelés à être vrais, où les cœurs sont nécessairement appelés à s’ouvrir et où la fréquence

Le Portail de l’Outaouais - juin 2016 - 5

J’ai rencontré Luce originairement pour deux raisons : d’abord pour son appui à la cause du Portail de l’Outaouais, puis pour mon attrait envers ce qui l’anime, les valeurs traditionnelles autochtones. J’aime le sens du sacré. J’ai eu besoin pour me rétablir et reprendre contact avec mon essence de ces valeurs, du respect pour tout et de la droiture qui semble en être la base même. Peut-être ai-je moi-même de ce sang aborigène dans mes veines, qui sait ? Luce est Métisse algonquine du côté de sa mère, de son grand‑père maternel et de son arrière-grand-mère. Quant à son père, il est québécois, mais elle soupçonne une origine autochtone à ce jour non confirmée. Luce habite au bord d’un petit lac pas très loin d’ici où elle accueille des gens intéressés par les cérémonies qu’elle anime : des rituels de traditions autochtones. Une maman monoparentale, elle partage la garde d’un enfant de sept ans avec son papa, étant tous deux très engagés dans les besoins et l’éducation de leur progéniture. Chez elle, on y ressent la paix et le calme serein qui se dégagent dans l’air. On y voit le lac paisible et un tipi installé juste devant. Elle y accueille les gens à venir l’accompagner lors de cercles de paroles, de rites de passage, etc. Un rite de passage que je trouve particulièrement intéressant est celui où l’enfant de sept ans est encouragé, par la cérémonie, à se détacher de sa mère. Une corde est alors attachée à la mère puis à l’enfant. Elle est ensuite coupée par ce dernier, qui se dirige seul dans la forêt avec un sac à dos dans lequel il aura placé lui-même des objets de survie. Luce est aussi une artiste de scène, une auteure-interprète, elle crée régulièrement des événements traditionnels où elle offre un espace aux non-autochtones pour s’informer sur ces valeurs traditionnelles sacrées sans se sentir intimidés. Un tel événement est en vue pour l’automne. Sa mission : sensibiliser les gens aux traditions ancestrales. Il est de ma propre opinion que nous pourrions certainement tous en


Participer à la guérison des maux de ce monde, plutôt qu’à sa maladie.

L’ENTREVUE vibratoire qui en émane est absolument magnifique. « Ça, dit‑elle, je veux le vivre le plus fréquemment possible. » C’est après une rencontre avec une aînée du Mexique que le chemin sacré des traditions ancestrales s’ouvre grand pour Luce. Puis, une autre rencontre avec le grand-père William Commanda, lors d’une cérémonie à la réserve Kitigan Zibi tout près de Maniwaki, la réharmonise davantage avec ses traditions ancestrales, où elle sait plus que jamais que celles-ci font partie intégrante de qui elle est. Pendant cette fin de semaine, elle apprend beaucoup, entre autres, sur la fabrication de tambours et ce qu’ils représentent. Encore aujourd’hui, Luce affectionne beaucoup la fabrication de tambours, une pratique également initiée par les rêves. Une tradition innue dit que les rêves qui nous visitent trois fois nous dictent une voie à suivre. Le « smudge » est un rituel où le parfum et la fumée de la sauge servent à nettoyer l’espace avant toute cérémonie, conversation formelle ou négociation afin de purifier les énergies et d’honorer ce qui s’ensuit : une relation entre des êtres humains qui inclut obligatoirement tout ce qui est, ce qui marche, ce qui rampe, ce qui vole, ce qui est, TOUT. Ce rituel du « smodge » par la sauge est aujourd’hui reconnu par la communauté scientifique. À quoi Luce s’accroche-t-elle dans les moments plus difficiles ? « À la magie de la vie, à la synchronicité, aux miracles qui se manifestent quotidiennement, tout le temps.» Ce que je sens, c’est vrai, si une femme est sur le pont prête à se jeter en bas, je veux que mes chansons lui fassent changer d’idée, pas la pousser par-dessus bord, je veux inspirer l’espoir. Il est important de réaliser que chaque parole, chaque note de musique et chaque geste que nous manifestons ont un impact réel sur l’entourage et même plus loin, sur l’univers tout entier, et ce, même au niveau vibratoire de l’énergie que nous dégageons. Quand j’ai peur, je fonce droit devant vers elle pour la

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Atelier d’initiation aux plantes médicinales Lieu: Ferme Moore Quand: 19 juin et 26 juin Offert par: Luce Bélanger

Inscription: La Ferme Moore 819 595-5551

désamorcer. » Croit-elle en l’humanité ? Oui. « J’ai confiance en l’humain. Je constate présentement à l’échelle planétaire un éveil. L’être humain redescend progressivement vers son cœur. L’humain est prêt à recevoir, à entendre. Notre plus grande problématique est justement de trop être dans nos têtes, notre mental dirige tout. L’informatique nuit à notre croissance. Aussi nous sommes très centrés sur ce qui devrait être et le paraître, l’image qu’on projette, sur cette peur d’être jugés. Je crois également qu’il est vital que nous incluions nos jeunes dans nos rassemblements et nos prises de décisions, aussi banales soient-elles. Aujourd’hui, les enfants sont à la garderie, les parents travaillent beaucoup et les aînés sont placés dans des foyers d’accueil. Il y a un grand besoin urgent d’unification de la famille génétique et de la grande famille planétaire. »


Dis, où va-t-on ? Dis, où va-t-on ? Dans les rues, sans raison Dis, où va-t-on ? Sans abri, sans maison Reviens toi la brise fidèle Reviens souffler sur mon chagrin Reviens me redonner des ailes Reviens me redonner la main Quand les lumières baissent Quand le soleil s’éteint Quand sous le poids des ailes L’oiseau chercher, chercher le matin Reviens toi la brise fidèle Reviens souffler sur mon chagrin Reviens me redonner des ailes Reviens me redonner la main Quand l’univers m’appelle Et que je ne l’entends pas Quand il crie dans la rue Et que je ne l’entends plus

Dis, où va-t-on ? Dis, où va-t-on ? Paroles et musique de Luce Bélanger

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Reviens toi la brise fidèle Reviens souffler sur mon chagrin Reviens me redonner des ailes Reviens me redonner la main

Et elle ajoute : « L’itinérance est un simple rite de passage pour l’individu qui le vit, une phase. Nous avons tous un chemin et cette situation l’amènera là où il a besoin d’aller. Je réalise que mes propres interventions chez certaines personnes n’ont pas aidé du tout, elles n’en étaient pas là, elles n’étaient pas prêtes, un chemin restait encore à faire et ça, ça ne m’appartient pas. Ce qui m’appartient, c’est de réellement connecter, c’est d’écouter, donner, accompagner et aimer. L’acte le plus puissant que je puisse faire pour eux, prier. Ce que je fais concrètement moi-même a beaucoup plus d’influence que ce que je dis. Bien sûr, une tristesse m’envahit lorsque je croise un sans-abri, je le salue, je lui souris et je donne sans questionner, sinon mon aide devient conditionnelle, c’est son chemin, non le mien. » Luce croit que la solution à cette condition humaine aberrante est avant tout fort simple. « L’humain doit réapprendre à être humain, sortir du cérébral, trop, c’est trop, do not compute ! Redescendre vers le cœur, aussi simple que ça. Tout le monde se croise sur la rue, mais personne ne se voit. Il est donc vital de commencer par connecter avec soi-même, le reste suivra son cours naturel. » Son message à nous tous : « Ce ne sont pas les 51 000 simagrées, les gros budgets et les grands projets qui changeront le monde, mais les simples petits gestes quotidiens concrets qui créent des ondulations dans l’eau, sur le reste. C’est surtout au niveau de la vibration qui se perpétue que ça se passe. S’il n’y avait qu’une seule raison pour mon incarnation ici maintenant, ce serait celle-ci : de prendre d’abord soin de moi-même et d’en partager l’énergie acquise envers autrui inconditionnellement. »

Participer à la guérison des maux de ce monde, plutôt qu’à sa maladie.

En réponse à ma question « L’itinérance et l’exclusion sociale, tu vois ça comment ? », elle nous a offert cette chanson :


Participer à la guérison des maux de ce monde, plutôt qu’à sa maladie. 8 - Le Portail de l’Outaouais - juin 2016

Le sens du sacré chez les premiers peuples Par: Luce Bélanger, naturopathe diplômée. Métisse algonquine, 819 457-2899 Conférencière sur la culture autochtone et organisatrice d’événements culturels autochtones

À l’origine, nos ancêtres avaient un contact privilégié avec la Terre. Petit à petit, ces mémoires se ravivent et le feu qui semblait éteint ne faisait que dormir sous les braises. Je suis Métisse algonquine et j’œuvre à l’épanouissement de la culture autochtone en Outaouais. Chez les premiers peuples, le sens du sacré était et est toujours présent. Il commence au lever du Soleil. Tous les animaux sont d’ailleurs complices de ce temps magique où la vie s’éveille. Les oiseaux commencent la journée en chantant pour le Soleil. Pour le remercier de revenir encore une fois nous réchauffer et fertiliser la Terre nourricière. La première pensée est dirigée vers le Grand Esprit, on le remercie pour notre vie. Puis à l’intérieur d’un abalone, sur une pierre ou avec ce que l’on a à notre disposition, on allume de la sauge. On peut sentir la fumée parfumée qui remplit la pièce où nous sommes. La sauge fait partie des quatre plantes sacrées les plus utilisées du territoire. On la retrouve dans toutes les maisons traditionnelles. C’est elle qui ouvre le chemin, prépare l’espace sacré. On enfume nos mains, comme si on les lavait, pour certains, on les purifie, mais pour d’autres, on les honore et on souhaite que tout ce qu’elles toucheront, elles le feront avec respect et douceur. Puis on amène la fumée vers nos yeux, pour que notre regard soit toujours doux et que nos yeux soient utilisés de la bonne façon, puis on met de la fumée sur nos oreilles pour qu’elles puissent bien entendre les messages et aussi qu’elles sachent écouter ce que les autres ont à dire. On amène ensuite de la fumée à notre bouche pour qu’elle soit bien utilisée et que les mots qui en sortent soient doux et respectueux. Puis on continu avec de la fumée de sauge sur notre cœur pour qu’il soit toujours bon et ouvert. Certaines personnes amènent aussi la fumée à leur ventre, là d’où on vient et d’autres mettent de la fumée sous leurs pieds pour que leurs pas soient légers. Ils sont parfois aussi des danseurs, des danseurs du Soleil, danseuses à la Lune ou des danseurs et danseuses pour la Terre. Ils et elles dansent au rythme du tambour sacré, symbole du battement du cœur de la Mère Terre qui existent depuis toujours. Des chants au tambour accompagnent souvent les quatre points forts de la journée qui sont honorés : au lever du soleil, à midi, au coucher du soleil et à minuit. Les liens avec la nature sont toujours présents ainsi que les liens avec le cosmos. La vie spirituelle fait partie du quotidien, la roue de la médecine

avec ses quatre directions : l’est où tout commence, la place de la vision et de l’aigle qui voit loin, le sud et la médecine du loup ou du coyote, celle de l’apprentissage de la vie et l’ouest la porte de l’ours qui nous aide à guérir et enfin le nord et la sagesse des aîné(e)s. Tant de sagesse cachée dans un cercle aux quatre couleurs des races originelles ; les jaunes, les rouges, les noirs et les blancs… Les rituels de passage, les cérémonies diverses passées de génération à génération par les aîné(e)s en héritage, transmis avec la répétition et de façon orale. Ces cérémonies qui marquaient le temps et renforçaient le lien avec la Mère Terre. Cet espace sacré n’appartient pas qu’aux Premières Nations, mais à tous les humains de la Terre qui souhaitent marcher en harmonie avec la nature qui les entoure. Nous sommes tous les enfants de la Terre.


Actualité sociale

Vague de suicide dans les réserves : le génocide continue… Récemment, les médias ont beaucoup parlé, pendant une courte période, d’une vague de tentatives de suicide, d’enfants et d’adolescents surtout, dans les Réserves autochtones, notamment à ATTAWAPISKAT. Mais comme c’est toujours le cas quand il s’agit des autochtones, on ne parle d’eux que quand les médias peuvent faire du sensationnalisme, puis on oublie et on passe à autre chose! Pourtant, cette question des suicides en chaine est un signal d’alarme d’une situation qui dure depuis près de deux siècles; c’est la poursuite d’un génocide planifié. Rappelons d’abord l’origine des réserves : elles ont été créées en 1853 par le gouvernement anglais pour s’emparer des terres autochtones et enfermer leurs populations, dans le but avoué de les éliminer. Le gouvernement canadien a repris et durci cette politique en 1876, avec la Loi sur les Indiens, loi qui est toujours en vigueur. Cette loi fait en sorte que les autochtones demeurent sous la tutelle de l’état fédéral toute leur vie.

Au-delà de ces conditions matérielles inhumaines, il faut se souvenir que depuis près de deux siècles, on les a déracinés, on a détruit et interdit leur culture, leurs langues et leur mode de vie. Plusieurs générations ont été enlevées de force à leur famille et enfermées dans des pensionnats où ils ont été humiliés, battus, maltraités et souvent abusés sexuellement. Ce régime a duré jusque dans les années 1980! Jusque dans les années 70, des milliers de femmes autochtones ont été stérilisées de force ou à leur insu! Tous ces traumatismes, individuels ou collectifs, n’ont pu que laisser des traces, pratiquement inguérissables, dans les familles. Et ce sont les enfants et les petits-enfants de ces victimes qui se suicident aujourd’hui! On leur a volé leur passé, et leur avenir leur semble complètement bouché. Doit-on, alors, se surprendre que la mort leur apparaisse comme la seule option? Cette vague de suicides, qui n’est pas nouvelle et se poursuit toujours, n’est en fait, malheureusement, que l’épisode le plus récent d’un génocide planifié et systémique. Et pendant ce temps, la population ferme les yeux, se bouche les oreilles, et se barricade dans ses préjugés… Honte au Canada!

Le Portail de l’Outaouais - juin 2016 - 9

Pour revenir au suicide, voyons quelques chiffres. Dans les Réserves, chez les 10-19 ans, 38 % des décès sont dus au suicide. Chez les 20-44 ans, on parle de 23 % : c’est un pourcentage de 6 à 11 fois plus élevé que chez les non-autochtones. Seulement chez les Inuits, on compte 135 suicides par 100 000 habitants, contre 12 pour la moyenne canadienne. Mais au-delà de ces chiffres dramatiques, la véritable question est POURQUOI? Des pseudo-journalistes ou pseudo-spécialistes ont avancé comme causes des problèmes d’alcoolisme, de toxicomanie ou de santé mentale. C’est le stratagème classique qui consiste à culpabiliser les victimes, pour se donner bonne conscience! La réalité, c’est que l’alcoolisme, la toxicomanie et les problèmes de santé mentale qu’on retrouve dans les réserves sont des conséquences, tout comme le suicide,

d’un système mis en place par l’État canadien, et approuvé tacitement par la population! Dans un rapport récent, l’ONU a démontré clairement que les conditions de vie dans les réserves canadiennes étaient parmi les pires qu’on peut retrouver sur la planète! Quelques chiffres encore : l’espérance de vie y est de 64 ans contre 79 pour les Canadiens et le revenu moyen y est de 14 000 $, comparé à 33 000 $. La majorité des maisons sont insalubres et surpeuplées, souvent de 15 à 20 personnes y habitent, et très souvent sans eau courante ou électricité. Alors qu’ils forment moins de 4 % de la population canadienne, ils sont 18 % dans les prisons, 85 % au Manitoba!

Participer à la guérison des maux de ce monde, plutôt qu’à sa maladie.

Par : Roger Blanchette


Participer à la guérison des maux de ce monde, plutôt qu’à sa maladie.

Dossier spécial

Rencontre avec Kenny Awasis Par : Christian Gosselin Kenny Awasis ne s’accorde pas de titre officiel, selon lui nous sommes tous définis par autrui et non par soi‑même. Pour les gens de la communauté autochtone, Kenny est un aîné à qui on fait appel en quête de connaissances et de sagesse. Au premier contact, au premier regard, cet homme inspire la sagesse et dégage l’humilité. Les Premières Nations locales l’ont d’ailleurs invité à venir passer deux semaines en tant qu’aîné au Kumik, ces cérémonies de partage qui ont lieu quotidiennement sur l’heure du midi afin qu’il puisse partager avec les participants cette sagesse acquise par la pratique des valeurs et des traditions ancestrales qui lui ont été transmises par les générations d’antan. Il accepte volontiers de partir de Thunderchlid, Saskatchewan, pour venir animer ces cérémonies parce que c’est pour lui vital que ces valeurs et ces traditions cérémoniales soient transmises à la population, aux générations présentes et futures. Elles lui ont été enseignées et toute sa vie a été consacrée à apprendre à les mettre en pratique et à en récolter les bénéfices. « I learned to walk the talk and I realized I was put here on earth to serve others and quit worrying about my own existence ». Kenny a passé ses toutes premières années sur une réserve pour ensuite être admis vers l’âge de six ou sept ans dans une école résidentielle de Prince‑Albert, sa pire expérience jamais vécue. Aujourd’hui retraité, il a pendant plusieurs années enseigné puis a ensuite agi en relation d’aide. Selon Kenny tout est là pour vivre heureux. La vie est simple, tous les outils sont là devant nous, à notre portée, mais nous ne les voyons pas. Les visions et les rêves nous dictent nos choix régulièrement. Kenny écoute ses visions et ses rêves et surtout, il prie. Toute l’aide dont il a besoin vient de l’au-delà, qu’on l’appelle ce qu’on veut bien, le Grand Esprit, les anges, les ancêtres ou Dieu. Tout est inclus dans la roue de médecine, la gauche, la droite, le vent, la danse, la pluie, TOUT. Tout ce qui nous entoure et qui contribue au Tout, à la vie. Tout ce dont nous avons besoin pour vivre est inclus dans cette roue. « The key is », dit-il « Balance », l’équilibre de tout et dans tout. L’équilibre mental, physique, spirituel et émotionnel. Dans

chacun de nos actes et de nos pensées, ces quatre aspects sont présents. Kenny dit très bien savoir maintenant que s’il mange peu ou mal, son corps en subira les effets, s’il dort trop peu cette nuit, demain sera difficile pour lui et pour son entourage et ce, inutilement. La vie n’a pas besoin d’être lourde et difficile, quelque chose à être subie mais appréciée, bien vécue. Sa roue de médecine est pour lui d’accueillir la vie dans la gratitude. « Depuis que je suis au monde, le soleil se lève chaque matin, il s’est levé ce matin encore et pour ça je dis merci. Je ne prends rien pour acquis ». Il ne recherche plus la perfection par contre, il dit s’être trop souvent et trop longtemps tapé sur la tête pour ses erreurs et ses conneries. C’est un message qu’il tente également de communiquer aux autres, se pardonner, grandir, continuer. Personne n’est parfait. Son grand-père lui racontait qu’il y avait là-haut un endroit pour les gens parfaits, mais qu’il n’y avait personne. Kenny dit que s’il y a quelqu’un là-bas de parfait, il doit se sentir terriblement seul. Sa valeur la plus chère ; il le répète, la gratitude, encore et toujours. « Je suis vivant, merci ». Quant à l’itinérance, Kenny préfère ne pas s’arrêter à étiqueter la situation dont il est témoin. Que l’humain d’aujourd’hui tombe dans le piège du mental, de l’idéologie. On oublie le cœur, on dénigre la situation, l’itinérance en général, l’individu qui le vit. L’homme pense ainsi : « c’est MA terre, MON ceci et MON cela ». Bien sûr qu’il y a un sérieux problème, ces gens ont besoin d’un toit. La source est l’avarice.

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«Si tu vois quelqu’un sans sourire, donne-lui le tien»


Un dernier message : « AHKAMEYMO », « keep trying », (continue, persiste).

Porte vers le Kumik

Le Portail de l’Outaouais - juin 2016 - 11

Salle de cérémonies du Kumik

juste au coin ». « Nous manquons de bon sens, nous avons tendance à confondre simple bon sens et sagesse, c’est pourquoi nous vivons tant de désarroi et sommes en lutte constante ». Sa philosophie de vie : « Vis la vie à fond. La vie n’a pas à être toujours lourde et difficile, elle n’a pas à être subie, mais vécue et appréciée. Notre perception peint tout en noir ou en blanc, en bon ou en mauvais. Accueille-la, vis-la à fond au meilleur de ta capacité ».

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Ces gens qui en veulent toujours plus, beaucoup plus qu’ils en ont réellement besoin. Encore une fois, le manque d’équilibre. En face de l’itinérance, Kenny s’accroche à l’espoir. « Bien sûr la situation est triste, mais je crois que l’acte le plus puissant que je puisse adopter, prier ». Lorsque questionné sur ses aspirations futures, Kenny me sourit et me partage « Tout reviens, Tout refleuri, je le sens, je le vois partout, les gens en ont soif, ils s’y accrochent, c’est là. Je ne le verrai peut-être pas de mon vivant, mais je crois que la jeunesse oui, elle est sur la bonne voie. Eux vont laisser un merveilleux héritage aux générations futures. Tout va tomber en place éventuellement. Le changement est sur le point d’arriver, il est


Participer à la guérison des maux de ce monde, plutôt qu’à sa maladie. 12 - Le Portail de l’Outaouais - juin 2016

“Il n’existe que deux choses infinies, l’univers et la bêtise humaine... mais pour l’univers, je n’ai pas de certitude absolue”.

(Albert Einstein)


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Itinérance et problématiques connexes

La solitude Par : Catherine Fiset Intervenante sociale

Lorsque l’on m’a demandé d’écrire cet article sur l’itinérance plusieurs idées me sont venues en tête, il y a tant de questions à se poser, tant d’angles à observer. Pourquoi certaines personnes vivent-elles dans la rue ou se se retrouvent-elles dans des refuges? Une des réponses est LA SOLITUDE, dans le dictionnaire (Le Robert illustré, 2012) on la décrit comme étant : Situation d’une personne qui est seule (de façon momentanée ou durable). La famille est le point de départ de tout. C’est dans ce petit cocon confortable que nous apprenons à interagir avec l’autre, on y retrouve le réconfort, l’entraide, on y apprend à faire confiance. Certaines personnes n’ont pas eu la chance de créer ce lien unique et doivent composer avec cette réalité. Il est tout à fait humain de vouloir créer des liens avec l’autre, se sentir aimé et reconnu. Comment faire si les bases ont été fragiles, voire même inexistantes? Lorsqu’un enfant est placé de famille d’accueil en famille d’accueil, qu’il a vécu dans des centres jeunesse, il est plus difficile de se reconnaitre comme faisant partie d’une famille, il doit parfois se bâtir une carapace pour se protéger, mais cette carapace peut prendre la forme de la solitude. Plus tard, à l’âge adulte, il n’est pas rare de voir des femmes se faire appeler Mom par ses pairs et des plus jeunes présenter un(e) ami(e) comme étant son frère ou sa sœur. Si ces personnes vivant chacun dans leur logement perdaient-il cette famille qu’ils se sont créée? L’être humain est fait pour vivre en société, le fait de se retrouver seul dans son logement est pour certains anxiogène, voire même impossible. Il arrive régulièrement d’entendre des gens dire qu’ils n’ont pas le gout

de retourner “s’ennuyer” à la maison. Il ne faut pas oublier que lorsque l’on a un faible revenu acheter ne serait-ce que des produits d’hygiène peut être difficile, alors imaginez-vous vous trouver une activité à faire ou vous acheter des articles pour un passe-temps. Une fois de plus la solitude vient faire son tour, pour certains de vivre dans les refuges ou dans une tente est un moindre mal. Au moins ils se sentent entourés. Cette peur de la solitude peut même amener des comportements nuisibles ou à risque comme : « payer la traite » à ses amis sans penser aux conséquences, comme laisser sa carte bancaire à un ami, ne plus avoir d’argent pour payer son loyer, ne pas être en mesure d’acheter de la nourriture, des cigarettes, des vêtements... La maladie physique ou mentale peut aussi être source de solitude. La personne malade peut se retirer par elle-même, parfois c’est la maladie qui fait que les gens autour fuient. Une personne qui n’a pas de domicile fixe se retrouve encore plus seule, lorsqu’elle a perdu ou s’est fait voler ses pièces d’identités et qu’elle a besoin de consulter un médecin ou un dentiste. Lorsqu’une personne est en situation de survie, qu’elle ne sait pas où elle dormira ou quand sera son prochain repas et que la douleur l’assaille, les démarches à faire semblent insurmontables. Ce petit article avait pour but de faire réfléchir les lecteurs, les personnes qui vivent ou se retrouvent momentanément dans la rue ne s’y retrouvent pas par choix ou par paresse, plusieurs petites choses peuvent avoir influencé la situation. Alors lorsque nous croisons une personne en situation d’itinérance, posons-nous la question : Qu’est-ce qui l’a rendue si seule? Souriez et dites-lui bonjour!


Le mot du CRIO

Par : Alexandre Ranger (Le CRIO)

Le 10 novembre dernier était déposé par le ministre Hamad, aujourd’hui sous la responsabilité du ministre Blais, le projet de loi 70 visant à réformer en profondeur le programme d’aide sociale. S’il est adopté, ce qui est très probable vu la position majoritaire du gouvernement Couillard, ce projet de loi introduira le nouveau programme Objectif emploi. Ce programme viserait les personnes qui font une première demande d’aide, mais il ne s’appliquerait pas aux personnes qui ont des contraintes reconnues à exercer un emploi. De plus les prestataires pourraient recevoir une allocation supplémentaire pouvant aller jusqu’à 250 $ et possiblement des frais de transport, frais de garde, etc. Cependant, le chèque de base de 616 $ pourrait être coupé de moitié pour les personnes « récalcitrantes » qui refuseraient ou ne pourraient pas se conformer aux exigences de son plan d’intervention individuel. Parmi les raisons pouvant amener quelqu’un à être récalcitrant, il y aura obligation d’accepter tout emploi jugé convenable. Mentionnons qu’un emploi convenable pourrait être un emploi à 300 kilomètres du domicile actuel du prestataire. Le gouvernement nous dit vouloir favoriser l’insertion à l’emploi. Nous croyons plutôt qu’il veut abolir progressivement le programme sans devoir en porter le fardeau. Si le programme Objectif emploi vient à obliger toutes les personnes faisant une première demande à accepter des emplois sous-payés, c’est dire qu’il y aura de moins en moins de prestataires et qu’éventuellement, il n’y aura plus de raison de maintenir un tel programme. Entre temps, il nous semble que le gouvernement

veut se servir des demandeurs d’aide sociale pour combler les besoins du marché de l’emploi dans les secteurs professionnels et les régions dans lesquels il y a des pénuries de main-d’œuvre. En d’autres mots, nous pourrions appeler cela du cheap labor. Ce modèle n’est pas nouveau, il provient du welfare américain où le gouvernement obligeait les demandeurs à travailler en échange d’une maigre pitance. Nous sommes loin du respect des droits humains, dont celui du droit à un revenu décent. Au CRIO nous avons joint notre voix aux nombreux groupes qui ont dénoncé ce projet de loi. Nous croyons plutôt qu’il est de l’obligation du gouvernement de traiter avec respect l’ensemble des citoyens et citoyennes. Ainsi, il faudrait rehausser considérablement les montants versés aux prestataires, et ce inconditionnellement à la participation à quelconque programme. Nous sommes même d’avis qu’il faudrait explorer les avenues que constitue l’idée d’un revenu de citoyenneté qui permettrait à tous et toutes de vivre dans la dignité, et de participer à la vie collective à la hauteur de ses propres capacités. Bref, l’État à l’obligation de voir au respect des droits humains pour l’ensemble de sa population. Cette obligation implique d’assurer un niveau de vie décent et donc, un revenu décent pour chacun et chacune. Surtout qu’il est faux de dire que nous n’avons pas les moyens de le faire. L’affaire récente des Panama papers est une preuve de plus qu’il y a suffisamment d’argent disponible pour investir massivement dans les programmes publics.

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Une autre coupure à l’aide sociale


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Rétablissement

Espérer, croire, aimer Par : Annie Castonguay

On dit que le rétablissement est de remettre une personne dans son état antérieur, mais il se passe quoi quand même l’état antérieur n’est pas aussi rose que la vie le souhaiterait. Travailler avec des jeunes m’a fait voir autant des histoires d’horreur que des contes de fées. Par contre, pour arriver au conte de fées, il en aura fallu de l’espoir, de l’amour, de la résilience chez ces jeunes êtres humains déjà malmenés par la vie. Est-ce que la vie malmène vraiment ces enfants? On devrait dire que ce sont des adultes qui les ont maltraités, et de ce fait, qu’ils partent avec un pas de recul dans la vie. Mais ces adultes, pour la plupart, ont aussi eu un départ difficile et ils ne font que répéter l’histoire sans fin. Histoires d’horreur… Qui d’entre vous aurait survécu à 44 placements en famille d’accueil de l’âge de 0 à 18 ans? Et si vous y survivez, dans quel état seriez-vous? Qui aurait survécu à une belle-mère pas trop gentille qui engloutit une bouteille de vodka comme si elle sortait du désert chaque jour? Qui aurait survécu à un père qu’on connaît, mais que lui préfère ne pas avoir d’enfant dans sa vie? Qui aurait survécu à un voisin qui ne savait pas comment enrayer ses pulsions envers les jeunes filles? Et je pourrais en poser pendant des heures de ce genre de questions. Alors il faut trouver une fin à ces histoires d’horreur, il ne faut donc surtout pas remettre la personne dans son état antérieur, mais regarder la vie avec elle avec espoir pour construire un avenir meilleur pour elle-même et pour ceux qui la suivront. Ces jeunes, il faut les voir avec une force incroyable. Le fait d’être en vie dans leur situation est déjà un exploit en soi. Et si on leur donnait un coup de main, et si on partait de soi-même

pour tranquillement améliorer le sort de certains jeunes qui nous entourent, et si on leur donnait l’outil supplémentaire pour chasser le gros monstre qui hante leur vie, on deviendrait ainsi des tuteurs de développement de la résilience. Cependant, pour devenir cette fée marraine afin de soutenir ces jeunes, il faut se tenir debout à côté d’eux, il faut affronter ensemble ces moments sombres, jeunes et adultes, main dans la main. Aimer véritablement ces enfants que trop souvent tout le monde repousse dans un coin, parce qu’on veut les oublier. Les aimer va leur permettre de découvrir leur force incroyable qu’ils ont à l’intérieur d’eux, même si parfois ils sont champions pour repousser l’amour qu’ils perçoivent, de peur d’être trahis une fois de plus. Donc la fée marraine devra être persévérante et y croire encore plus que le jeune lui-même afin que le monstre puisse être combattu. Parfois, ça peut prendre plus d’un coup de baguette magique, car trop souvent le héros qu’est ce jeune ne sait pas qu’il en est un. Il faudra que la fée marraine aille chercher l’aide du chasseur de dragons, des sept nains ou même de Shrek s’il est disponible pour ainsi faire face aux obstacles de cette chasse aux monstres. N’oubliez pas que La Belle au bois dormant a dormi 100 ans avant que le sort de l’aiguille du rouet disparaisse, donc soyez patients et persévérants jeunes comme adultes. C’est souvent la clé d’une belle conclusion à une histoire d’horreur dans laquelle le monstre ne se réveille plus, même si on le croit mort. Deviendrez-vous une fée marraine ou un chasseur de dragons? Il ne faudrait pas que La Belle au bois dormant se rendorme.


Mode de vie sain

Par : Marie-Claude Bénazet

Des fois, le chemin de la santé, c’est prendre le temps d’arrêter de courir et de faire le point. Peut-être que c’est bien plus facile à dire qu’à faire. Voyons un peu. Bien souvent, nos vies sont prises dans un tourbillon d’activités, de travail, d’habitudes, parfois de difficultés, de dettes et d’endroits intérieurs où nous sommes paralysés. Souvent, lorsque nous prenons conscience de ces difficultés, nous trouvons très difficile sinon impensable d’arrêter, justement. On s’accommode relativement bien d’une souffrance sourde et on continue de courir pour l’endormir. Alors on court et on court jusqu’à ce qu’on fasse face à la crise. Voilà que se manifeste la souffrance aiguë, lorsque l’équilibre fragile se brise. On fait alors face à la maladie mentale ou physique, à l’accident, à la perte d’emploi ou de logement, en fait, à n’importe quelle calamité que l’on puisse imaginer. C’est comme si la vie se chargeait de nous arrêter quand nous ne le faisons pas nous-mêmes. Il est certain que dans ces situations souvent vécues de manière dramatique, notre premier réflexe est de mettre le peu d’énergie qui nous reste pour tenter de « régler » notre situation. Malheureusement, souvent, nous tentons de régler ces situations douloureuses en utilisant les mêmes stratégies qui nous ont amenés à cette crise. C’est justement dans ces moments qu’il est vraiment le temps de prendre une pause. Une pause de tout, une pause pour réfléchir, pour s’observer, pour ne rien faire, pour faire le vide ou pour prier.

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Ce vide est un espace très précieux, car il est un élément plutôt rare dans nos sociétés à bout de souffle. Rien ne nous prédispose justement à ces moments de paix intérieure. Voici quelques éléments que les peuples autochtones valorisent et que nous pouvons contempler dans nos moments de paix intérieure. Vivons-nous nos vies dans la gratitude de tout ce qui nous est donné par la Vie, par la nature et par les autres? Bien souvent, nous mettons la lumière sur ce qui semble nous manquer plutôt que sur l’abondance que l’on reçoit déjà. Voulons-nous continuer à nous identifier à des consommateurs ou préférons-nous retrouver notre statut de citoyens où nous sommes prêts à nous engager dans nos communautés? Voulons-nous continuer de polluer notre corps-planète avec inconscience avec tous les polluants du quotidien, par exemple : cigarettes, boissons gazeuses, drogues, trop de sucre et de produits industriels? Ou bien avons-nous envie de commencer la dépollution de nos rivières intérieures, de notre lymphe et de notre sang? Chaque geste que nous posons qui mène vers plus de santé pour notre corps est aussi nécessairement un geste écologique pour l’ensemble de la planète. Nous passons la plus grande part de nos vies à tenter d’accumuler des richesses, ou des sous. Il est normal que nous voulions une vie confortable! Mais on dirait que dans le processus nous oublions les gens autour de nous, qu’ils soient proches ou loin. En fait, nous finissons souvent par avoir peur des autres, peur de nous faire prendre nos choses, de perdre et d’être blessés par les autres, et nous renforcissons nos murs encore plus. Ces murs de peurs font que nous vivons très souvent renfermés sur nous‑mêmes. Cette fermeture engendre toutes sortes de souffrances. Or, peut-être qu’en nous ouvrant un peu plus à la coopération entre les individus, entre les organismes, si nous osons nous regarder les uns les autres comme étant beaucoup plus semblables que différents, je fais le pari que quelque chose peut changer dans nos vies individuelles et collectives. Ça vaut la peine de s’arrêter un moment. À votre santé!

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Le temps d’une p’tite vide


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Les billets de C

Luna

Il s’appelle Luna, il est rond et sa peau est teintée rouge. C’est mon tambour amérindien. Il y a deux ans, j’ai participé à un atelier de fabrication de tambours. Mon élan était fort et puissant et mon désir, tout autant. Telle une enfant sur le point d’obtenir ce quelque chose dont elle a rêvé, je savais que j’allais vibrer profondément. C’est ce qui s’est produit. La journée était douce et remplie d’émotions et mon premier contact avec la peau teintée rouge qui allait servir à fabriquer mon tambour fut particulièrement intense. Un premier contact mémorable qui m’a chavirée. J’étais déjà en connexion avec l’esprit de mon tambour. C’est un état intérieur et le cérébral n’a aucune prise sur ce qui se passe alors. Par la suite, chaque étape de la fabrication fut importante et chargée de sens et de mes intentions profondes. Et puis subitement, une onde de choc m’a traversée. J’ai remarqué un profil qui se dessinait sur la peau, celui d’une Amérindienne âgée. À la fin de l’atelier, chaque participante a donné un nom à son tambour et l’a inscrit à l’intérieur. Moi, ce nom n’arrivait pas. J’ai bien tenté quelques noms, mais aucun ne résonnait à l’intérieur de moi. Il s’est donc passé quelques jours avant qu’un événement se produise. Je l’ai vécu un soir de pleine lune à l’automne, un soir très venteux qui m’a forcé à me lever dans la nuit pour aller vérifier si tout était encore en place sur la galerie. En arrivant dans le salon, j’ai admiré mon tambour dans son processus de séchage et c’est là qu’il s’est produit un événement. Je suis une personne très sensible, sensible aux autres, aux

Carole Verdon Auteure du roman Les désordres du cœur À la barre de son entreprise Les mots dans l’encrier lesmotsdanslencrier@gmail.com

événements, aux lieux et aux vibrations. Je pouvais ressentir qu’il se passait quelque chose d’unique. Une entité était présente. Après un petit moment d’agitation intérieure, j’ai fait place à ce qui était présent. J’ai accueilli et c’est là que j’ai entendu : Je m’appelle Luna. Mon tambour venait de me révéler son nom. Et c’est seulement en retournant me coucher que j’ai fait le lien entre le nom et le fait que nous étions un soir de pleine lune. Je n’ai jamais douté et je savais que c’était son nom. Regardez bien mon tambour… et peut-être verrez-vous ce que je vois à chaque fois que je le regarde. Non seulement il y a le profil d’une Amérindienne âgée, mais il y a aussi un Amérindien

« Et toi, Luna, mon tambour sacré, tu vibres et tu me fais vibrer. » (Olivier Blais, fondateur de La Brigade du Bonheur, de l’Amour et de la Paix).

devant elle avec sa coiffe de plumes. Et puis un soir à l’automne dernier, il y avait une fête chez nous. Une des femmes avait apporté son tambour et je l’ai invitée à venir voir le mien. Elle m’a alors demandé la permission de le prendre et elle a entamé un chant amérindien. J’ai éclaté en sanglots. J’ai tellement pleuré. Ce soir-là, je n’écoutais pas le tambour avec mes oreilles, mais avec mon âme. Le paragraphe qui suit est révélateur de ce que j’ai vécu ce soir-là. Le chant du tambour est porteur de vibrations très agréables que le corps physique perçoit. Son chant (et champ!) vibratoire nettoie et soigne les blessures émotionnelles ainsi que les blessures énergétiques de l’âme. Le tambour augmente l’énergie et la force intérieures. (Source : bioenergetiques.fr/nos-soins/chant-du-tambour/)

Les Amérindiens sont un peuple qui possède beaucoup de traditions orales et de savoir-faire médicinal, et la spiritualité est très présente. J’honore la sagesse amérindienne et je vibre depuis toujours à son sens du sacré. Je suis touchée, émue, remuée dans mon âme et mon être. Et toi, Luna, mon tambour sacré, tu vibres et tu me fais vibrer. Merci.


Histoire régionale

Pontiac, le héros oublié

infestées par la variole, avec le but clairement écrit de les exterminer. Cette méthode d’extermination avait déjà été employée par les Espagnols au Mexique : 24 millions de morts sur une population de 25 millions! C’est dans ce contexte que Pontiac, un chef de l’Outaouais, réussit, pour la première fois, à créer une alliance militaire de toutes les tribus pour les sauver du génocide et chasser les Anglais. Il lance même un appel à ses anciens alliés, les Canadiens, pour qu’ils se joignent à lui, conformément aux traités. Il est même prêt à redonner le territoire à la France : il se bat avec un drapeau français! Mais les Français et les Canadiens français abandonnent leurs fidèles alliés. Cette deuxième trahison, les autochtones ne l’ont jamais oubliée! Mais la guerre, qu’on appelle la Guerre de Pontiac, continue. Pontiac, avec 3 500 hommes, réussira à s’emparer de plusieurs forts et menacera même le plus important, celui de Détroit. Mais, devant la puissance militaire anglaise, abandonné par les Français, il sera obligé de négocier la paix en 1766. Il a quand même réussi à obtenir des gains importants, notamment la reconnaissance par les Anglais des territoires autochtones. Cette guerre a quand même fait près de 3 000 morts chez les Anglais et 200 chez les autochtones! Pontiac meurt en 1769, assassiné par un autochtone qui ne lui pardonnait pas d’avoir négocié la paix. Les Français reconnurent, en retard, son courage en ramenant son corps en Louisiane française pour l’enterrer dans un cimetière militaire avec tous les honneurs dus à un général. Mais aujourd’hui, à Hull, une rue célèbre la mémoire du criminel génocidaire Amherst, mais aucune ne rappelle le courage et l’intelligence de Pontiac…

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Si on demandait aux Québécois « Connaissez-vous Pontiac? », il y a fort à parier que la majorité répondrait « Mais oui! C’est une marque d’auto! » Peut-être que quelques-uns vous diraient que c’est une région de l’Outaouais ou un comté provincial… De même, si vous cherchez son nom dans un manuel d’histoire du secondaire, vous ne le trouverez pas, ou peut-être dans une note de bas de page! Pourtant, Pontiac est un des plus grands héros de l’histoire canadienne; on peut le mettre sur le même pied que Louis Riel ou Louis-Joseph Papineau! Mais Pontiac est un autochtone et pour les Canadiens, les autochtones n’ont pas d’histoire… Rappelons les faits. De 1756 à 1763, la France et l’Angleterre sont en guerre : la Guerre de Sept Ans. Bien entendu, cette guerre européenne se transporte en Amérique dans leurs colonies respectives, la Nouvelle-France et la Nouvelle‑Angleterre. La Nouvelle-France compte alors 60 000 habitants contre 2 millions en Nouvelle-Angleterre. Pourtant, malgré leur petit nombre, les colons d’origine française (canadiens) remportent victoire après victoire! C’est qu’ils ont le soutien et l’appui militaire de toutes les tribus autochtones, sauf les Iroquois. Ces alliances politiques, économiques et militaires, de nation à nation, remontent à 1701 et ont toujours été respectées scrupuleusement par les autochtones. Pour eux, la parole donnée est sacrée. Sans eux, les Français auraient été chassés d’Amérique depuis longtemps! Mais en 1763, la France, vaincue en Europe, abandonne ses alliés autochtones et, sans les consulter, donne le Canada aux Anglais! Les autochtones se sentent alors, et avec raison, trahis par la France. D’autant plus que, dès 1763, le nouveau gouverneur anglais, le général Amherst, envoie un ordre écrit à ses officiers de distribuer dans toutes les tribus des couvertures

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Par : Roger Blanchette


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Le Portail vous présente...

Le Centre Kogaluk

Kogaluk est un mot inuit qui signifie « grande – rivière ». C’est aux abords de la rivière des Outaouais dans la municipalité de Pontiac à 4 KM de la ville de Gatineau (secteur Aylmer) que le père Jean-Louis Morin fonda, en 1982, le centre Kogaluk. Après avoir contribué à mettre sur pied le refuge d’urgence pour sans-abri le Gîte Ami de Hull, le père Morin compris qu’un refuge d’urgence ne pouvait offrir un chez-soi à long terme aux personnes itinérantes et que ces derniers avaient grandement besoin de tous leurs temps pour se décrasser et se guérir de décennies de désorganisation, de ruptures sociales, de rejet, d’abandon, de dépendance, de déstabilisation de leur santé mentale, de déconnexion et de maux à l’âme. Le Centre a donc comme mission d’offrir du logement communautaire permanent avec soutien psychosocial individualisé aux personnes et aux familles sans-abris pouvant souffrir de problèmes de santé mentale, d’alcoolisme, de toxicomanie et de désorganisation sociale. Les locataires de Kogaluk sont souvent dépossédés de tous biens matériaux. Le parc immobilier est donc entièrement meublé et équipé d’articles de maison essentiels au bon fonctionnement. Nos résidents reçoivent une gamme de services, soit : du dépannage alimentaire, vestimentaire et hygiénique, de l’accompagnement pour leurs emplettes et leur rendez-vous médical, juridique et scolaire, un service de distribution des médicaments prescrits, des plans d’interventions individualisés, du soutien à la désintoxication ainsi que pour le retour au travail et aux études, des cuisines collectives, des tables rondes, des ateliers de croissances personnelles, des activités éducatives et des sorties de groupe. L’unicité de la personne humaine étant au cœur de nos préoccupations, nous demeurons toujours à l’écoute des suggestions de nos résidents en développant des activités qui répondent à leurs aspirations et leurs besoins.

27, chemin Elm Pontiac (Québec) J0X 2G0 819 684-7144


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Afin de bien saisir l’essence de nos protégés et de comprendre l’esprit qui anime le personnel de Kogaluk, je me permets de vous citer un bout du billet qu’a écrit M. Serge Dion : Ces rescapés de Kogaluk, ces ventres vides de tendresse, d’accolades et de preuve d’amour, ils ont toutes les étiquettes du mépris qu’on a tous et toutes éprouvé en les voyant tituber et vomir sur les trottoirs. Ils portent tous les marques rouges de nos préjugés. Mais ils ont tous des noms ces gars-là et des rêves embués, mais des rêves tout de même et des histoires à dormir debout et à boire jusqu’à la lie et des âmes fourbues d’espérer et de tout petit goût de bonheur parfois enfoui… caché sous les décombres de passés inhabitables

de douleur et de rejet, de fonds de tonne et de ruelles. Ces gars-là ils s’appellent toutes sortes d’affaires, mais ils s’appellent aussi Théo, Aurèle, Jean‑Marie, Richard. Et ils ont mangé de la vache et de la vie enragées plus souvent qu’à leur tour. À Kogaluk, ils s’appellent enfin le goût de vivre quelque part. Car Kogaluk est un nid où pour la première fois de leur vie, en réalisant qu’ils en ont, commencent à voler de leurs propres ailes. À Kogaluk, il y a tout simplement un espace de vie communautaire où ces personnes décideront d’elles-mêmes, un beau jour, de semer des graines, de faire naître, pousser, jaillir la vie; de participer à la naissance des choses comme on travaille longtemps, si longtemps parfois, à la renaissance de soi. Le Père Morin dit que cela prend deux ans pour qu’ils se sentent en sécurité; deux autres années pour établir un lien de confiance entre eux qui se méfient encore d’un dominicain qui jamais ne parle du Bon Dieu et six autres années encore… cela en fait dix ans en tout… pour en arriver, sinon atteindre ce grand continent qu’est l’amitié. Dix ans d’accueil et de rencontre. Dix ans d’accompagnement. Sans jamais juger, sans jamais rejeter, sans jamais insister. Toujours en étant là. Avec soi-même et les autres. Tel que tout le monde est. Sans aucun masque, sans aucune utopie. Y a-t-il donc encore quelqu’un en ce moment qui se cherche toujours une définition de l’amour? Et c’est signé, M. Serge Dion, 25 mai 1995

Coordonnées Adresse: 27 chemin Elm, Pontiac, Québec J0X2G0 Téléphone direction: 819 682-0198 Téléphone pour info: 819 684-7144 Télécopieur: 819 684-3788 Site internet: www.centrekogaluk.ca

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Perte de mémoire Il y a maintenant plusieurs années que les scientifiques de biochimie cherchent des façons de ralentir la perte de mémoire associée au vieillissement. Le processus requis serait de simultanément ralentir la prolifération cellulaire corporelle en augmentant autant que possible la quantité de neurones qui se recréent dans l’hippocampe pour que le résultat final soit un individuel qui ne souffre pas de problèmes de mémoire du tout. Et qui en fait subira une amélioration continuelle de capacité collective spatiale et verbale.... Les facteurs avantageux alimentaires ont été rigoureusement encouragés mais ne font pas la taille contre la réduction du volume cérébral en vieillissant. Donc il est nécessaire d’investir son intérêt dans les faits de labo.... Les molécules que je connais à date qui aident d’après l’évidence en labo (dont vous pouvez toutes googler si vous voulez vraiment savoir si chu plein de vérité ou plein de...) Les neurocréactifs

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Mélatonine Thé vert Melissa officialis (mélisse, le thé) Les antidépresseurs 10km de marche par jour ou plus aiderait à la neurogenèse aussi Les neuroprotecteurs Diète très basse en protéine et absente de produit animal Semi-méga dosage de toutes vitamines (les doses les plus grandes prescrites) méthamphétamine préserve le volume pariétal du cerveau (https:// archives.drugabuse.gov/NIDA_Notes/ NNVol20N6/Increases.html) Glycine (réduction du niveau d’homocystéine) Glucosamine (qui serait responsable de prolonger la vie des souris de labo par 10%) La metformine serait apparemment autant neuroprotectrice que prolongatrice de vie chez les souris et les diabétiques

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Mathieu Chénier

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aussi est gelée parfois Mais l’est-ce prix qu’est-ce que ça coûte? Mais les prix qu’est-ce que ça goûte? Sûrement pas la muse hic Non ça goûte la vieille chique de vie heille choucroute La vieille limonade tu sais qu’est-ce que ça goûte? Moi, je peux vous le dire Et les prix montent encore et qu’est-ce qu’on fait ce soir? Survivre contre le froid glas en corps et en espritl’effort pour arriver au port Pour arriver au port sans qu’on nous crache au visage On est pas nous non plus des animaux en cage Vous savez, moi aussi, je suis de passage Nous avançons quand même vers le port qui aime vers le chemin des âmes riches car la richesse a un chemin c’est le coeur et voyons si on le mettait entre nos mains voyons voir voyons voir ce qui luirait demain Peut-être une lueur d’espoir dans les gradins pour y croire faudrait voir mais pour y voir plus clair dans nos mains faudrait bien y croire croyez pas? à notre coeur trop plein dans nos mains nues et fières notre pain d’âmes riches -Sans signature

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C’est très facile de tomber dans la rue Il suffit d’un mauvais pas d’une mauvaise rue ou parfois d’un coeur mal arpenté pas que je sois un sans sous une sang sue sans un sous plat comme un drap mal lavé C’est ben beau dit comme ça mais ça se chante pas car un pauvre comme moi ça tombe à plat ventre ça construit pas des tours luxueuses dans notre beau vieux Hull Pis on ne te dit jamais un jour, alors que t’es tombé: «Là, pauvre t’es Sois un pinson sans pain sans âme mie erre comme un chien comme un rien cent chagrins sous la peau Allez, là fais dodo» C’est pas une chance On voudrait mourir Difficile de chanter même du blues quand t’es vraiment dans’ marde y’a qu’une horrible bouse qui ne se chante pas et ça c’est pas d’la menthe et c’est pas du bon gras Mais on dit, on s’répète tout le temps qu’on est pas nés fragiles pour pas qu’on se la pète la gueule tsé parce que fragiles, fragiles nous le sommes Mais on dit qu’on est forts parce qu’on veut résonner comme n’importe qui et que bientôt, bientôt «On ira» quelque part dans le détour qui mène qui nous mène qui nous mène dans le détour qui nous mène en haut Nous souffrons c’est tout on tombe par foi mais aussi par pas assez de foi Et même si ça paraît facile de chanter dans le froid vous savez gèlent même si t’aimes tes mains et tes doigts et la voix

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Le pain de l’âme riche


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