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JUIN 2019

La pornographie & les jeunes p.10

L’ENTREVUE avec Christian

Gosselin

Mot caché « SEXUALITÉ » p.11

Thème Sexualité Visitez notre site web leportaildeloutaouais.org

Crédit photo : Christian Gosselin

Crédit photo : Josiève Bisson

Se prostituer ; de l’argent facile ? p.12

3$


NOTRE CONSEIL D’ADMINISTRATION Présidente : Trésorière : Secréraire : Administrateur : Administrateur : Administratrice : Administrateur : Directeur, Éditeur et Fondateur :

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Le Portail de l’Outaouais est membre de : Le CRIO, du ROHSCO et de la TROCAO 819 230-4988 / portaildeloutaouais@gmail.com / www.leportaildeloutaouais.org

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PARTENAIRES DÉVOUÉS Le Portail de l’Outaouais, l’organisme, a un système de valeurs, des croyances et des philosophies biens définis. Son directeur, ses employé-es, ses bénévoles et son conseil eux, ces êtres humains, ont eux aussi un système de valeurs, des croyances et des philosophies bien définis et espérons-le, sont grandement compatibles avec celui de l’organisme.

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Le Portail de l’Outaouais, le magazine, l’outil, lui n’en a aucun. Bien que sa tendance penche majoritairement vers l’empathie et l’acceptation de nos citoyens fragilisés dans leurs défis quotidiens, il demeure un espace ouvert à toutes les perceptions, un lieu où tous et toutes ont la liberté de s’exprimer ouvertement, cette liberté s’arrêtant là où elle empiète sur la liberté d’autrui. Ceci étant dit, l’organisme n’adhère à, ni ne conteste aucune information partagée et publiée dans ce présent ouvrage.

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L’ÉDITORIAL

PAR CHRISTIAN GOSSELIN Éditeur

Le noeud est dans le noyau. C’est par la stabilisation d’un tout premier petit noyau de camelots à priori instable et souvent défaitiste que Le Portail fleurira enfin. C’est ce petit noyau qui par effet d’entrainement assurera un recrutement continu, une visibilité accrue, une hausse considérable des ventes du magazine qui diminuera le prix de production par exemplaires et conséquemment, une hausse également dans la vente des espaces publicitaires. Instaurer une culture où toutes les sphères de la population doivent être incluses demande beaucoup, énormément, en travail, en sensibilisation, en temps.

Je remercie du plus profond de mon Être tous ceux qui continuent d’y croire, qui continue à m’épauler, que ce soit de près ou de loin, à vous qui présentement lisez ces lignes.

Ensemble on le dénouera ce nœud, je promets. Au tout début, Le Portail a recruté plusieurs camelots, effectivement, mais aucune ressource humaine pour les accompagner et les encourager à persister à se construire une clientèle mensuelle récurrente. La charge totale de l’organisme en plein essor est beaucoup trop lourde pour une seule personne, je dis. En 2018, enfin, par la grâce d’un financement récurrent provincial et surtout par un concours de circonstances exceptionnelles « la » ressource humaine responsable aux participants-camelots est là, mais hélas là aussi un tout autre concours de circonstances encore plus exceptionnelles a amené les ressources humaines de l’organisme à zéro pendant plusieurs mois, et puis l’hiver. Nous voilà en 2019 en saison plus clémente. Le troisième élan est lancé et ce, avec présentement trois employés actifs et un quatrième en vue pour l’été. Tous ensemble, vous, nous, eux, on le dénouera ce noyau. Le contraire est inimaginable. Ça s’est fait partout ailleurs, ça se fera ici. On aura notre journal de rue, enfin.

SOMMAIRE 4 - L’ENTREVUE 6 - DE LARUE 7 - COMPOSTELLE 8 - DOSSIER SPÉCIAL 10 - ELLES 12 - REGARD VIF 13 - UNE JOURNÉE AU GÎTE 14 - HUMOUR

15 - UNE PAGE D’HISTOIRE D’ICI 16 - POINT DE VUE DU PROF 17 - TECHNOLOGIE & HUMANITÉ 18 - L’HABITATION 19 - LE MOT DU CRIO 20 - VIE SPIRITUELLE 21 - PSYCHOYOGIE 22 - PLACE AU CITOYEN

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L’ENTREVUE

PAR JOSIÈVE BISSON Auteure de Qu’en penses-tu ? Étudiante en psychologie

Christian Gosselin On ne s’attendait pas à voir Christian en première page, n’est-ce pas!? Mais pourtant, selon moi, il mérite totalement sa place parmi nos invités et c’est donc pourquoi je lui ai proposé de s’assoir avec moi et de répondre à mes questions. À mes yeux, Christian est un homme de cœur et un guerrier qui mérite de lire ces propos à son égard, bref, de se laisser honorer un peu à son tour, puisqu’il le fait si bien pour les autres. On s’est donc donné rendez-vous au Gîte Ami en avril afin de compléter cette entrevue. Le Portail : On aimerait connaître ton parcours de vie qui t’as mené jusqu’ici aujourd’hui… Christian : Bah, écoute, moi, j’suis un alcoolique, ce qui signifie que, selon l’Association Médicale Nord-Américaine, je suis atteint d’une allergie physique à la substance, doublée d’une obsession mentale. L’alcoolisme, quand t’en es atteint, c’est progressif. Donc, l’obsession est à une certaine intensité quand t’es jeune, mais ça prend de plus en plus d’intensité et l’alcool prend de plus en plus de place dans ta vie, jusqu’à ce qu’il prenne toute la place. Donc, c’est une fois qu’il a pris toute la place que ça m’a mené à l’itinérance. Parce que moi, si tu me donnais le choix entre acheter du papier de toilette ou une grosse bière, je me passais de papier de toilette, c’était clair; parce que j’étais obsédé. L’allergie fait aussi que ça n’a pas le même impact sur moi que sur une personne normale; je change complètement de personnalité. Aussitôt que j’ai bu mon premier verre, c’est comme si ça ouvrait une valve à l’intérieur de moi : j’ai soif, j’ai soif et j’peux pas m’arrêter. J’suis incapable de m’arrêter. Quand le party est fini, moi ça finit pas et c’est pas juste ce soir-là… j’ai viré des brosses de 45 jours. J’me levais le matin et j’avais soif et je DEVAIS boire. C’est pas : j’pensais à boire, mais je DEVAIS boire. Faut faire la différence; c’tait pas une option. Jusqu’au jour où ça m’a mené à l’itinérance à plusieurs reprises et beaucoup de tentatives d’abstinence. Une nuit bien ivre, j’ai atteint le seuil de tolérance à la souffrance; la souffrance est devenue tellement telle que ça a comme déchiré à l’intérieur et j’me suis dit : « faut que ça s’arrête. Là. Maintenant. N’importe quoi d’autre, mais pu ça ». Un éveil indicible eut lieu. C’est donc là que mon cheminement a commencé. La seconde que tu sais que t’es alcoolique et qu’il ne faut pas toucher ton premier verre, y’a des façons de gérer ça, de combler c’qui manque par d’autres méthodes; moi,

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c’est la spiritualité…c’est simple de même. Tant que je me nourris spirituellement, je ne sens pas le besoin de boire. Le vide est comblé. Le vide intérieur ne se comble que de l’intérieur, je dis. Le Portail : Quelque chose t’as mené vers l’alcoolisme? Christian : J’ai peut-être commencé à boire à outrance parce que j’avais une vie familiale difficile, mais c’est pas la raison pour laquelle j’ai continué à boire jusqu’à 48 ans…J’ai ainsi bu progressivement vers la perte totale de la maîtrise de ma vie parce que je suis un alcoolique tout simplement, au même titre que d’autres sont asthmatiques ou allergiques aux noix. Une personne atteinte de l’alcoolisme ne boit pas pour fuir la réalité, elle boit pour satisfaire le besoin incontrôlable de boire et ce, au-delà de tout entendement. Je tiens à préciser que la majorité des personnes en situation d’itinérance ne souffre pas de dépendances aux substances. L’itinérance c’est large et beaucoup plus complexe. En 2000, Christian avait l’intention de cesser de boire cette fois pour lui-même, mais ce n’est qu’en 2010 qu’il a enfin réussi à complètement devenir abstinent, parfois sobre(lol). Il est aujourd’hui convaincu qu’il ne serait plus de ce monde s’il avait continué. Le Portail : Tu es né à Gatineau? Christian : Ouais. Mes parents habitaient à Gatineau, à Hull, mais je suis né à l’hôpital à Ottawa, donc mon certificat de naissance est ontarien. Je suis natif d’ici. Ma famille vient de Masham. Le Portail : En quelle année l’idée de fonder le magazine t’es venue? Christian : Dans ma 3e session en 2014. J’ai arrêté de consommer en 2010 et là, je n’ai rien fait d’autre que du rétablissement pendant 2 ans. Rien. C’était la seule chose que je faisais. J’ai été sur l’aide sociale pendant 2 ans et c’était un peu gênant mais l’important c’était de ne pas consommer, de ne pas prendre mon premier verre. J’ai donc fait toutes les démarches et tout ce qui était possible pour maintenir ça, et surtout, pour renforcer cette abstinence-là. Après 2 ans, j’ai repris mon métier qui est peintre en bâtiment. C’est un métier que j’adore; je le pratique encore à temps partiel. L’argent rentrait bien, sauf que ça ne me nourris-

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sait plus. C’est pas vrai qu’après avoir vécu tout ça j’allais continuer à changer des couleurs de salons à temps plein le reste de ma vie, ma deuxième vie(rires) ! Ensuite j’suis allé à La Cité Collégiale, j’suis allé chercher une technique en Travail Social. J’suis allé en Itinérance et j’ai fait mon stage ici-même, au Gîte Ami. Dans ma 3e session, j’allais souvent à Montréal parce que mes premiers mois de rétablissement, je les ai faits à Montréal. Je me suis sauvé de Aylmer parce que ma dernière brosse avait durée 45 jours; j’ai déplacé beaucoup d’air et j’étais comme gêné dans Aylmer, donc je me suis sauvé chez une amie à Montréal. Puis mon rétablissement a commencé là. Je suis parti d’un village pour enfin trouver la paix, à Montréal, ironique. Au bout de 6 mois, je flottais et je suis revenu. Tout ça pour dire que dans ma 3e session, donc ma dernière, parce que la 4e, c’est le stage, je suis revenu de Montréal avec le journal de rue L’Itinéraire. En arrivant à la maison, j’ai lu L’Itinéraire et un article m’a tellement touché que c’était tellement clair que c’est ça que je devais faire…fondé un journal de rue, ici, à Gatineau, le cinquième au Québec, le cent vingt-troisième au monde. Christian a gradué de La Cité Collégiale en 2014 et c’est en même temps, dans sa dernière session, en janvier 2014 qu’il a fondé le magazine. Le Journal Le Portail de l’Outaouais a publié son premier journal en décembre 2015. En avril 2017, les opérations ont dû cesser temporairement à cause d’un manque de financement. Heureusement, évidemment, les opérations ont pu reprendre grâce à des nouvelles subventions, entre autres de la part du CISSSO via le PSOC et de la Caisse Desjardins de Hull-Aylmer. Il ne faut pas oublier que le soutien des citoyens aide grandement à la continuité de ce journal. Le Portail : Est-ce que ce sont que les itinérants qui viennent au Gîte Ami qui peuvent être camelots? Christian : Non, n’importe qui qui est en situation précaire. Le but c’est de contrer l’itinérance. Le Portail : Tu affiches où pour recruter? Christian : Nous, on fait ce qu’on appelle du « outreach ». On sort et on va dans les autres organismes où on croit qu’il y a des personnes qui répondent au profil de « camelot ». Le Portail : Tes valeurs dans la vie? Christian : L’honnêteté. La rigoureuse honnêteté. Puis ça commence d’abord avec moi-même, quand je pose une action…c’est quoi la réelle motivation derrière? T’sais, des fois on est bien fin, mais souvent, c’est parce qu’on veut quelque chose en retour, que ce soit de la simple approbation ou autre…on est des humains, hein! (rires). L’altruisme pur est rare. La transparence aussi. De pas avoir de motifs cachés. De chercher à donner au lieu de chercher à tirer. Mais pour donner, il faut avoir quelque chose à donner…et ça, c’est déjà en nous. Mais l’humain cherche à l’extérieur de lui-même pour ce qui git déjà en lui. En tout cas, la première, c’est l’amour…parce qu’on fait tout par amour, ou par peur. Ce sont les deux seules motivations derrière toute action.

« C’que tu cherches, te cherche aussi. »

Le Portail : Un mot de la fin? Christian : C’que tu cherches, te cherche aussi. PARTICIPER À LA GUÉRISON DES MAUX DE CE MONDE, PLUTÔT QU’À SA MALADIE.

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Or, la solution fondamentale à l mains des systèmes législatif2 ou judiciaire. C’est l’information juste qu’émergera progressivement important que toute personne qui considère la po informée, non seulement de ses droits fondamen au fœtus qu’elle porte en elle, souvent depuis plu

DE LARUE

L’enfant est mort ! Viva la libertad !

Au Québec, en matière de droit de la famille, l’intérêt de l’enfant prime sur toutes autres considérations ! Depuis des décennies entières, la Cour supérieure du Québec (Chambre de la famille) a rendu des milliers de décisions qui font foi de la mise en application d’un tel concept. Quant au fœtus, cet objet (puisqu’il ne peut actuellement être considéré légalement comme une personne), dont on veut disposer, selon son bon vouloir et son inaliénable liberté de choix, et bien, il n’existe tout simplement pas1 ! Donc, il ne saurait être question de droit à la vie et d’intégrité de la personne, pour un fœtus ! Or, la solution fondamentale à l’avortement ne doit pas reposer entre les mains des systèmes législatif2 ou judiciaire. C’est bien plus dans l’éveil des consciences et de l’information juste qu’émergera progressivement le droit du fœtus ! Il est donc extrêmement important que toute personne qui considère la possibilité de se faire avorter soit dûment informée, non seulement de ses droits fondamentaux, mais également du sort exact réservé au fœtus qu’elle porte en elle, souvent depuis plusieurs mois3. Attention ! Car l’aveuglement volontaire ne mitigera en rien les conséquences émotionnelles très lourdes pouvant se greffer à un choix dicté par la société ! Quand nous voyons que de nombreuses décisions judiciaires, portant sur des sujets fondamentaux, s’ajustent littéralement au niveau d’acceptabilité des mœurs sociétales, nous devons nous interroger sérieusement. Je crois personnellement que la décision des législateurs argentins de reconnaitre le droit à l’avortement est erronée et qu’elle sera génératrice de souffrances corporelles, psychiques et spirituelles indicibles, tant pour la mère que pour le fœtus qu’elle porte en son sanctuaire.

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Attention ! Car l’aveuglement vol émotionnelles très lourdes pouvant se greffer à u voyons que de nombreuses décisions judiciaires, s’ajustent littéralement au niveau d’acceptabilité interroger sérieusement. Je crois personnellemen reconnaitre le droit à l’avortement est erronée et corporelles, psychiques et spirituelles indicibles, t - Vois, je mets aujourd’hui toi la vie et le bien, la mort et porte endevant son sanctuaire. le mal4.

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- Car il nous faudra tous apparaitre à découvert devant le - C ar ilselon nous ce faudra tribunal du Christ, pour que chacun soit rétribué qu’il tous a fait, soit en bienchacun soit ensoit mal, pendant rétribué selonqu’il ce était qu’il dans a fait,son soit en bien corps5.

apparai soit en

Avortement Avortement(12 (12 semaines) semaines)

1 Code Articlecriminel 223.1 du criminel du Canada. 1 Article 223.1 du du Code Canada. 2 https://ici.radio-canada.ca/nouvelle/1107102/argenti 2 https://ici.radio-canada.ca/nouvelle/1107102/argen3 https://www.youtube.com/watch?v=j1ZGkNgB5a8. tine-vote-historique-faveur-droit-avortement. 4 Deutéronome 30, 15. 3 https://www.youtube.com/watch?v=j1ZGkNgB5a8. 5 Corinthiens 5, 6-10. 4 Deutéronome 30, 15. 6 https://www.youtube.com/watch?v=c_MtmXwsJUw. 5 Corinthiens 5, 6-10. 6 https://www.youtube.com/watch?v=c_MtmXwsJUw. L’auteur détient un baccalauréat e

profession d’avocat pendant trente ans, s’occupan

L’auteur détient un baccalauréat enseignement spécialisé. Il alcooliques et en toxicomanes devant les cours du Qu a exercé la profession d’avocat pendant trente ans, s’occupant devant le Tribunal pénal international. Il exerce a essentiellement de la réadaptation des alcooliques et toxico manes devant les cours du Québec. Il a agi à titre de conseil de la défense devant le Tribunal pénal international. Il exerce aujourd’hui la profession de notaire au Québec.

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COMPOSTELLE

FRANÇOIS BLAIS PAR GUYPAR LARUE

Le premier Pas

On ne sait pas exactement quand le tombeau a été découvert, mais ce serait vers les années 820 à 830. En fait, le premier pèlerin venu se recueillir sur le tombeau de l’apôtre est le roi des Asturies, Alphonse II le Chaste, en 834. Il fait d’ailleurs édifier une chapelle à cette occasion. Bientôt, la nouvelle de l’existence du tombeau se répand à une vitesse fulgurante et les pèlerins affluent en grand nombre. Si bien qu’il faut agrandir la chapelle qui deviendra au fil des ans jusqu’en 1211 la cathédrale actuelle. Comme ce sont des étoiles qui auraient conduit au tombeau, il a longtemps été soutenu que ce « champ des étoiles » (en latin Campus Stellae) serait à l’origine du nom Compostelle, mais des fouilles entreprises au XIXe siècle sous la cathédrale de Santiago ont permis la découverte d’un très ancien cimetière romain datant du Ier siècle avant Jésus-Christ. Ce serait plutôt du mot cimetière (compostum) que découlerait le nom de Compostelle. Enfin, en 1879, on a découvert des ossements de trois squelettes sous le maître-autel de la cathédrale. À la suite d’une longue enquête, il a été conclu de façon définitive qu’il s’agissait bel et bien des dépouilles de saint Jacques et de ses deux disciples. Pourtant, des historiens de l’Église ont soutenu qu’il s’agirait plutôt de la dépouille de Priscillien, un hérétique décapité puis enterré en Galice avec ses deux disciples. Le

Une députée accessible et engagée !

mystère entourant le tombeau de saint Jacques reste donc entier, on ne saura probablement jamais la vérité à ce sujet. En fait, des Arméniens aux XIe et XIIe siècles ne se sont pas tellement intéressés à cette histoire de Compostelle et ont construit une cathédrale sur le lieu présumé du tombeau de l’apôtre... à Jérusalem ! La cathédrale Saint-Jacques est d’ailleurs un des plus beaux édifices de Jérusalem.

Crédit photo : François Blais

Revenons à saint Jacques ou plus précisément à son tombeau qui avait été oublié depuis huit siècles. Un jour, en fait plutôt une nuit, selon la légende, des anges auraient indiqué à un ermite nommé Pélage, qui habitait dans les environs, l’endroit où se trouvait le tombeau. Un peu plus tard, Théodomir, l’évêque de cette région, a été mis au courant de la découverte et aurait lui-même constaté que des étoiles indiquaient un lieu précis. Il a donc décidé d’ordonner des fouilles et on a trouvé un magnifique tombeau. Ce ne pouvait être que celui de saint Jacques. Le pape a envoyé un émissaire qui a rapidement conclu lui aussi qu’il s’agissait bel et bien du tombeau de l’apôtre.

Peu importe qu’on y croie ou qu’on n’y croie pas, depuis plus de 1000 ans des pèlerins venus de partout se sont dirigés vers Santiago pour se recueillir sur le tombeau de l’apôtre. Bien sûr, il y a eu des creux pendant les guerres et surtout pendant la dernière, mais le pèlerinage vers Compostelle a connu un regain de popularité depuis les années 1950, passant de quelques centaines par année à plus de 325 000 aujourd’hui. Il y a sûrement quelque chose de spécial là-bas pour attirer autant de monde. Le pèlerin d’aujourd’hui peut très bien se rendre à Santiago dans un but de prouesse sportive, de tourisme, de dévotion religieuse ou de recherche spirituelle, il y trouvera certainement son compte. Finalement, comme le dit l’adage, peu importe qu’on commence son chemin comme un randonneur, on le finira toujours en pèlerin. D’ailleurs, le Chemin se charge de nous rappeler pourquoi on est là. Jacques le Majeur est omniprésent et nous indique la voie à suivre vers son tombeau !  

Maryse Gaudreault

députée de hull

et vice-présidente de l’Assemblée nationale

259, BOUL. ST-JOSEPH, BUR. 207 / 819 772-3000 / MARYSE.GAUDREAULT.HULL@ASSNAT.QC.CA

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PAR ANNICK BRAZEAU

Crédit photo : Pixabay_akiragiulia

DOSSIER SPÉCIAL

Collectif de l’Outaouais contre l’exploitation sexuelle

Violence sexuelle dans un couple, c’est possible?

Avant les années 1980, les femmes avaient comme devoir de répondre aux désirs sexuels de leur mari. Le viol n’était pas reconnu à l’intérieur d’un couple, car il était le devoir la femme de subvenir aux besoins de son mari. Depuis longtemps, les femmes ont appris à faire passer les besoins de leur mari avant les leurs. De nos jours, les femmes vivent d’énorme pressions en lien avec leur apparence et leur sexualité. Elles grandissent dans une société où elles apprennent qu’elles auront du succès auprès des hommes si en apparence, elles ressemblent aux modèles de femme projeté par la société dans les magazines, les médias etc. Ces modèles de femmes que l’on projette tel un objet qu’on peut acheter et/ou utiliser pour répondre à ses moindres désirs sexuels. Ces modèles de femmes que l’on retrouve également dans la pornographie tant idéalisée par les hommes. De là, en résulte le désir des femmes de plaire à tout prix aux hommes, et de reproduire ce modèle idéal afin de combler les désirs et fantasmes des hommes. Nos jeunes filles, grandissent d’ailleurs avec ces messages et cette pression!

Ce que nous souhaitons pour toutes les femmes, ce sont des relations de couple égalitaires. Que ça soit au niveau des rapports en lien avec le fonctionnement à l’intérieur du couple mais aussi dans leur vie sexuelle. Des discussions de couple qui prennent en compte les besoins, attentes de chacun et qui laissent de la place pour chacune de s’exprimer sans se faire juger ou repousser. Le respect, dans les relations amoureuses et dans la sexualité, c’est ce que nous prônons et c’est-ce qui amènera des relations de couple égalitaire et sans violence. Si vous vous sentez concernées, vous avez des questions ou vous vous reconnaissez, veuillez nous appeler au 819 986-8286. Sara Lafleur, intervenante en prévention et sensibilisation pour la Maison d’Hébergement Pour Elles Des Deux Vallées. www. maisondeuxvallees.com

Les femmes qui ne sont pas confortables avec cette image et ces messages ont-elles toutes, la compréhension qu’elles peuvent dire NON, ou mettre leurs limites et ce à l’intérieur de leur couple? Si elles ne sont pas confortables avec ce que leur conjoint leur propose, sont-elles toutes à l’aise de le nommer? Seront-elles entendues? Lorsque des femmes se retrouvent dans une relation de couple inégalitaire et empreinte de violence conjugale, elles se retrouvent souvent à vivre de la violence sexuelle. Leur conjoint utilise la manipulation, met de la pression pour obtenir ce qu’il voit dans la pornographie ou en va même avec la menace pour obtenir ce qu’il désir. Cette violence laisse inévitablement des conséquences à long terme. En lien avec la pression sociale de l’image de la femme, elles peuvent se sentir coupables de ne pas répondre à l’image de la «femme de rêve» idéale alors qu’en fait, elles sont victimes de violence conjugale et sexuelle. Le vrai consentement n’est pas de s’adonner ou tolérer des actes sexuels par devoir, par peur de perdre l’homme qu’elles aiment ou par la peur qu’il soit infidèle parce qu’il ne la trouve pas à la hauteur de ses attentes. Pourtant, c’est la réalité de plusieurs femmes en couple.

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La question de la prostitution amène plusieurs débats dans notre société. Certains sont pour et d’autres sont contre. Certains veulent qu’elle soit légalisée, qu’on l’encadre tel qu’il est le cas pour les emplois en élaborant des conditions de travail, etc. D’autres groupes veulent abolir la prostitution et nomment haut et fort que celle-ci est une démonstration de violence envers les femmes.

que parfois, certaines femmes doivent avoir recours à d’autres options pour répondre à leurs besoins essentiels ainsi qu’à ceux de leurs enfants. Ce sont des stratégies de survie et non pas des choix!

Pourquoi la prostitution? Pour répondre aux besoins de qui?

Comme société nous avons un devoir et responsabilité au niveau de plusieurs enjeux tels que la prostitution. De tolérer et d’accepter la prostitution c’est dire que la violence envers les femmes est acceptable… N’avons-nous pas travaillé depuis tant d’année pour réduire la violence envers les femmes et pour prôner des rapports égalitaires hommes-femmes? Comme société, nous avons le pouvoir de dicter ce que nous trouvons acceptable ou non. Combien de temps allons nous attendre avant de prendre une réelle position contre la prostitution?

Certains clients s’amusent à dire qu’ils aident ces femmes, qu’ils leurs rendent service en leur donnant de l’argent pour améliorer leur vie…. Alors pourquoi, ces grands «sauveurs» ne donnent-ils pas un don en argent pour aider sans rien attendre en retour? S’ils donnent pour recevoir alors, nous parlons d’un achat, d’un échange de service en retour de l’argent. D’autres clients sont convaincus que ces femmes aiment cela, qu’elles sont «cochonnes» et que la prostitution vient répondre à leurs besoin sexuels. Si tel est le cas, car les femmes aiment aussi la sexualité, ne croyez vous pas que celles-ci voudraient choisir leur compagnon et non pas se le faire imposer et choisir le type d’actes sexuels qu’elles poseront? Ne devrions-nous pas voir un échange, partage égalitaire, entente entre les deux personnes? Ce que nous ne retrouvons pas du tout dans une relation client/ prostituée. La prostitution et son industrie Nous parlons beaucoup de prostitution… Elle dérange. Elle est visible. Par contre, c’est toute une industrie qui doit être concernée. Nous parlons ici des clubs de danseuses, des sites Internet, des agences d’escortes, des lignes érotiques, des salons de «massages», des donjons, etc. Cette industrie encourage des comportements dégradants envers les femmes et utilise le corps de celles-ci. Cette industrie donne le ton à ce que l’on accepte ou non comme société en termes de rapports inégaux avec les femmes. La prostitution, un choix? Si les femmes avaient accès à des emplois payants et ce, sans expérience et sans diplôme, choisiraient-elles vraiment la prostitution? Est-ce vraiment le choix de ces femmes ou est-ce par manque de choix, qu’elles s’adonnent à cette pratique? Le coût de la vie élevée, le montant d’aide sociale qui n’est pas suffisant, le manque de logements sociaux (OMH), le coût des loyers qui est beaucoup trop élevé dans la région, le salaire minimum qui n’est pas assez élevé sont toutes des raisons qui font en sorte

Crédit photo : Pixabay_Conmongt

La prostitution, une violence envers les femmes?

La prostitution, un problème social

Une position POUR les femmes La position de l’abolition de la prostitution n’est pas contre les femmes qui en font la pratique. Nous reconnaissons justement que la plupart n’ont pas le choix, qu’elles sont en mode de survie. Cette position veut reconnaître que la prostitution n’est pas un métier mais bien une forme de violence envers les femmes. Nous voulons de vraies options pour les femmes. Plusieurs femmes ont nommé qu’elles étaient tannées, qu’elles n’avaient pas le choix, qu’elles étaient en danger, etc. De l’aide et surtout des options pour les femmes Plusieurs groupes de femmes tentent de créer des ressources pour les femmes qui veulent changer de vie, sortir de la prostitution, avoir un temps de réflexion ou avoir accès à un lieu sécuritaire. Nous aimerions créer des organismes pour ces femmes et jeunes filles. En Outaouais, le groupe COCES (Collectif de l’Outaouais contre l’exploitation sexuelle) ainsi que d’autres groupes de femmes aimeraient créer une maison d’hébergement pour les femmes qui sont dans le milieu de l’industrie du sexe et qui veulent obtenir de l’aide. Bien que plusieurs actrices soient mobilisées autour d’un tel projet, les budgets et les priorités de nos ministères ne sont pas toujours au rendez-vous. Malgré tout, nous devons continuer de faire des actions pour sensibiliser la population et les ministères sur cette réalité au nom des femmes qui sont concernées.

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ELLES

PAR UNE RÉSIDENTE

Crédit photo : Pixabay -Kurious

PAR GUY LARUE

La pornographie a-t-elle un impact sur la sexualité des jeunes ?

L’arrivée de l’Internet a grandement facilité l’accès à l’information. D’ailleurs, les réseaux sociaux sont des moyens faciles pour répondre aux questions sur des sujets tabous tels que la sexualité. Malgré la présence des sites éducatifs pour y répondre, un phénomène semble prendre de plus en plus de place : la pornographie. En fait, la sexualité occupe une place majeure sur la toile virtuelle. Le fait que l’accès à la pornographie soit facile et anonyme permet aux jeunes qui se questionnent de trouver des réponses rapidement. Ainsi il est facile de s’éduquer avec ces images. Mais est-ce vraiment sain et représentatif de la réalité ? Selon une étude réalisée par Bleakly et ses collaborateurs (2011, citée dans Langris et Germain, 2015), 57 % des jeunes interrogés âgés de 13 à 18 ans auraient recherché des informations sur la sexualité sur Internet. Alors que les relations sexuelles présentées dans les films pornographiques sont exagérées et non représentatives, les jeunes peuvent souvent avoir des attentes irréalistes, voire croire qu’ils savent à quoi s’attendre lors de leurs relations sexuelles : avoir des relations orales, vaginales, anales ou toutes autres pratiques sexuelles dans le but d’atteindre l’orgasme comme dans la pornographie. Selon une étude réalisée par Owen et ses collaborateurs, la consommation fréquente de pornographie aurait une grande influence sur les valeurs et les croyances des jeunes envers la sexualité. Les jeunes auraient tendance à avoir des attentes irréalistes, des comportements plus agressifs, plus de préoccupations, ainsi que des activités sexuelles de plus en plus jeunes (2012, cité dans Langris et Germain, 2015). De plus, les actrices et acteurs de la pornographie jouent des rôles stéréotypés alors que les producteurs cherchent le moyen le plus simple pour y faire de l’argent. Souvent les comédiennes ne sont même pas consentantes des pratiques qu’on leur demande de faire pour le public. Selon le Centre d’aide en cas d’agression sexuelle de Fredericton, la violence sexuelle comprend notamment, les actes suivants : contraindre l’autre à des relations orales, anales ou vaginales, faire preuve de violence pendant des rapports sexuels, obliger l’autre à subir ou faire des attouchements sexuels non désirés, obliger l’autre à figurer

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dans des images pornographiques ou à en regarder, etc. Nous pouvons donc conclure que plusieurs comédiennes seraient victimes d’agressions sexuelles. Comment prôner une sexualité saine ? Dénonçons la représentation de la sexualité dans les médias qui renforce le rôle de la « femme objet » en démontrant aux jeunes filles que de se soumettre au regard des hommes en étant belle, à la mode et soumise est inacceptable. Augmentons la sensibilisation d’une sexualité saine auprès des jeunes, et ce, autant dans les milieux scolaires, les médias, qu’à la maison. L’engagement dans une sexualité de couple nécessite de la part des deux partenaires une conception saine de l’intimité sexuelle, c’est-à-dire que la relation soit consentante, honnête, n’exploitant pas l’autre, agréable et protégée contre les ITSS et les grossesses non désirées en cas de rapport sexuel avec pénétration. L’éducation sexuelle doit permettre d’être capable de poser ses limites et de savoir résister aux éventuelles pressions de la société, des amis, des médias et du partenaire. C’est pourquoi les partenaires amoureux ou sexuels doivent admettre que les filles et les garçons ont les mêmes droits et les mêmes responsabilités dans la relation amoureuse et sexuelle ; ils doivent être capables de discerner l’amour et l’attirance sexuelle, de dire et d’accepter l’éventuel désir de ne pas s’engager dans des actes sexuels ou dans certaines pratiques sexuelles sans consentement. SANS OUI, C’EST NON ! Si vous êtes victime de violence sexuelle, vous pouvez contacter le CALAS de l’Outaouais au 819 771-1773 ou sans frais 1-866757-7757. Nous vous invitons également à consulter notre site Internet : www.maisonlibere-elles.ca. Vous pouvez nous rejoindre 24 heures par jour, 365 jours par année au 819 827-4044 et profiter de nos différents services offerts aux femmes victimes de violence ou vivant des difficultés temporaires et à leurs enfants : soutien psychologique, accompagnement, hébergement, groupe de soutien, atelier de sensibilisation, services externes et jeunesse.

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Meditation du mois Aucun homme ne peut aider un autre à moins de comprendre celui qu’il essaie d’aider. Pour réellement comprendre les problèmes et les tentations de votre semblable, vous devez les avoir vécus vous-même. Vous devez faire tout ce que vous pouvez pour comprendre cette autre personne. Vous devez étudier son passé, ce qu’elle aime et ce qu’elle n’aime pas, ses réactions et ses préjugés. Quand vous connaissez faiblesses F L E ses U N S F N L E neE S lui en faites pas la remarque.

Parlez-lui plutôt de vous, de vos propres faiblesses, de vos écarts de conduites, de vos tentations et laissez-là trouver elle-même ses propres convictions. Je demande de servir d’intermédiaire à la puissance de l’Univers pour qu’elle agisse dans la vie des autres humains.

Sexualité Sexualité

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Je demande d’essayer de comprendre mes semblaU Nbles. S O N C E S S V N X O

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REGARD VIF

PAR JACINTHE POTVIN

Il y a des commentaires concernant la prostitution dont je pourrais me passer. J’ai maintes fois entendu des gens dire que se prostituer c’est de l’argent facile. Il est clair pour moi que ces personnes n’ont jamais été réduites à être un objet sexuel, n’ont jamais baisé avec un vieux cochon crassé et pervers ou n’ont jamais été la poubelle à décharge d’hommes exécrables et déshumanisés lors de viols collectifs. Ils imaginent que le métier de prostituée est glamour, style « pretty women » (en référence au film américain mettant en vedette Julia Roberts et Richard Gere) : une escorte de luxe, libérée sexuellement qui fais du cash à la tonne et qui a choisi librement ce mode de vie. La réalité est toute autre. L’âge d’entrée dans la prostitution est souvent très jeune, 14 ans voire moins. Les violences sexuelles dont ces filles et femmes sont victimes sont dénoncées par l’OMS, car elles sont à l’origine de conséquences graves sur la santé physique et psychologique des personnes qui les subissent. Les viols tarifiés que sont les passes, sont à l’origine de troubles psychiques. D’ailleurs une étude américaine faite auprès de personnes prostituées a montré la présence du stress post-traumatique analogue à celui diagnostiqué chez les vétérans de la guerre du Vietnam.

me la décorporalisation. Cette dissociation est un mécanisme de défense contre les agressions et violences vécues dans la situation prostitutionnelle; la première de ces violences est de subir des rapports sexuels non désirés et de manière répétitive. Le fait de subir ces rapports sexuels entraine une dissociation psychique afin de pouvoir départager les deux univers de la personne, et surtout protéger le domaine privé des atteintes vécues dans le domaine prostitutionnel en se coupant de ce qui est éprouvé dans ce dernier. Celui-ci est totalement factice : c’est une situation simulant une relation humaine, mais où tout est artificiel; les sentiments et les émotions n’existent pas. Ils sont refoulés, car considérés comme des obstacles par l’acheteur de services sexuels. L’absence de tout affect humain (autre que négatif, tel que le mépris de la personnalité, le déni de ses désirs, l’ignorance de son identité humaine, l’assimilation à un objet sexuel totalement soumis, en résumé, tout ce qui fait le caractère humain unique d’une personne, est nié et doit disparaitre au bénéfice du rapport strictement commercial) c’est extrêmement destructeur. La prostitution est seulement possible dans un état dissociatif où les phénomènes naturels de dégoût, de mépris ou de peur sont déconnectés et s’enregistrent dans une sorte de boîte noire qu’on appelle la mémoire traumatique.

Pour la docteure Muriel Salmona, 80 % des femmes en situation de prostitution en seraient atteintes. La réalité insoutenable de l’évènement entraine chez la prostituée une dissociation du corps et de l’esprit de la victime, la mémorisation de l’évènement se fait par des circuits cérébraux anormaux, les informations de temps et d’espace ne sont pas enregistrées et plus tard la personne revivra sans cesse la même panique, la même angoisse. Il est donc extrêmement fréquent que les personnes prostituées consomment de l’alcool et des drogues pour échapper à leur réalité et aux séquelles insoutenables de celles-ci.

La dissociation va aussi se manifester sur le plan physique. Le fonctionnement de la sensibilité corporelle est atteint et le mécanisme de défense est de ne plus ressentir son corps ce qui entraine inévitablement une sexualité dysfonctionnelle, car même des années après l’abandon de la prostitution le corps demeure anesthésié.

Pour la docteure Judith Trinquant, les conséquences psychiques de la situation prostitutionnelle se manifestent aussi par des troubles psychiques de types dissociatif, c’est- à- dire un véritable clivage ou dissociation psychique entre la personnalité prostituée et la personnalité privée de la personne, ce que l’on nom-

Enfin, pour tous les hommes qui utilisent les services d’une prostituée sachez qu’elles n’ont aucun plaisir, qu’elles ne vous aiment pas, que vous les dégoutez et que vous contribuer à la fragmentation de leur humanité.

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Pour toutes les personnes qui pensent que se prostituer c’est de l’argent facile, je vous prie de vous décrasser de votre ignorance et j’espère que cette chronique vous ouvrira la voie.

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UNE JOURNÉE AU GÎTE

Spécifiquement pour ce texte je vais tenter de retourner en arrière, dans la mentalité et l’instabilité émotive de mes années en situation d’itinérance, avec le langage qui y correspondait alors. Je demande votre indulgence et votre compréhension. Ma vie rentre dans un casier. Je réside au Gîte Ami. Moi comme personne, avec mes attributs, je ne fitte pas dans le cadre, dans la boîte, dans les cases, j’ai beau essayer j’en suis tout simplement incapable. Je me sens venir d’une autre planète, quelque chose cloche, ça marche pas, je fitte pas nulle part, sauf peutêtre ici, au Gîte pis dans le monde de la rue avec les autres tout croches, les pas pareils. Ma vie ici par contre doit fitter dans un casier. Pas évident comme mode de vie. La gestion du matériel vous dites ? Rien ne va plus, je passe mon temps à vider, reclasser, échanger, jeter, reprendre, rejeter, trouver autre chose pis tout refitter dans ce que contient ma vie entière, mon casier numéro 38. Mais c’est ça, sans l’avoir vu venir m’y voilà, dans la rue, un itinérant qu’on dit. Ç s’est passé trop vite. À un moment donné j’étais là en haut avec vous autres pis BAM BIM BADAND BING BANG j’ai déboulé jusqu’en bas, le plus bas des bas, exclus, repoussé, jugé, dans la rue. Pis là, j’ai retrouvé d’autres personnes qui comme moi, se sentent des intrus socials. Mais ça c’est moi. D’autres ont juste vécu une suite d’événements fâcheux qui finalement sont devenus tout simplement émotionnellement ingérables. Trop c’est trop. La résilience a atteint son seuil de résistance. Moi ici on m’a accueilli alors que nulle part ailleurs on ne voulait de moi. Je sais, j’ai des comportements qui énervent les gens, je le sais; irrespectueux, aberrants, insultants même. Je le sais mais c’est moi çà en ce moment et quoique vous puissiez en dire ou en penser, aujourd’hui je fais de mon mieux. Ici on m’accueille au mieux qui peut. On est soixante résidents un peu pas mal puckés avec chacun nos comportements plus fuckés les uns que les autres, nos misères, nos défis

et des habiletés sociales limitées qui tentons de vivre ensemble à partager une salle commune et des douches tout en essayant de garder notre calme alors que plus de la moitié pètent des coches à tout bout’champs et ce, avec que deux intervenantes sous-payées en poste, plus souvent qu’autrement très jeunes et inexpérimenté-es. Comment ça se fait que si je pète une coche dehors ils arrivent à six policiers, armés, menottes en main alors qu’ici, elles ne sont que deux ? J’ai besoin qu’on m’écoute, moi. J’ai besoin qu’on m’entende. J’ai besoin d’un lit, d’une douche, d’un repas bien sûr mais j’ai surtout besoin de LIBÉRER ma colère, ma peine, ma souffrance et peut-être un jour mettre le doigt sur le bobo qui fait que j’arrive juste pas à fonctionner en société câlisse. Je vous le dis, j’essaie, je fais de mon mieux et pourtant ça fait dix ans que je tournaille autour du Gîte, attiré dans le fond comme pris dans un tourbillon noir, un trou noir sans fonds. Je pars je reviens je repars je reviens….ça fini pu. Bon ben merci de m’écouter. En attendant, m’a retourné faire le ménage de mon casier pis me faire à croire qu’il y a de l’ordre dans ma vie.

ANDRÉ FOURNIER

Crédit photo : Vidéo par Dailymotion La Presse Canadienne

PAR CHRISTIAN GOSSELIN

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HUMOUR Crédit photo : Pixabay-Peter-Lomas

PAR CAROLINE LAURE KOBELA

Les jeux de hasard Crédit photo : Pixabay-clarencealford

Tout le monde sait bien ce que c’est qu’un jeu de hasard, il est vrai que la dépendance au jeu n’est pas quelque chose dont on doit se moquer, mais… cette petite histoire servira à faire rire un peu, mais aussi à sensibiliser. J’étais assise tranquillement dans ma chambre en train de regarder un manga (les animés japonais style Dragon Ball Z, j’adore ça) à la télévision lorsque je reçois un appel de mon frère ainé Pat. Pat : Allo miss, comment ça va ? Moi : Bien et toi ? Puis quoi de neuf chez toi ? Nous avons poursuivi notre conversation par les salutations habituelles, bref le bla-bla d’introduction habituel. Puis il a commencé à me raconter une histoire sur monsieur X, un homme d’âge mûr vivant dans le quartier et qui avait pour habitude de parier sur des courses de chevaux. Pat : (on discutait de l’état de l’Afrique et tous les maux qui minent notre société) Tu sais ma fille, il y a une seule chose que je prends pour responsable de la turpitude de certains individus au pays Moi : Quoi donc ? (Je m’attendais vraiment à ce qu’il me sorte une théorie philosophique existentialiste, mais non… rires) Pat : Le PMU (Nous avons éclaté de rire en même temps). Moi : Patou, tu n’es pas sérieux ?! (rires) Voyez-vous, le PMU, pari mutuel urbain, est un jeu de hasard qui consiste à parier sur des courses de chevaux qui se déroulaient généralement dans des hippodromes français. Les kiosques du PMU étaient installés partout dans la capitale, et généralement peints en vert (le vert étant la couleur de l’espoir, quelle ironie). Et à toutes heures de la journée et particulièrement le soir après le journal télévisé, plusieurs personnes s’agglutinaient autour pour connaitre les résultats des courses.

Pat : Je te dis que le PMU a détruit beaucoup de personnes, tient tu te rappelles de monsieur X ? Moi : Non (il commence à me compter l’histoire). En fait monsieur X était un habitué de ce jeu, il jouait toutes sortes de combinaisons : dans l’ordre (les plus gros lots), le désordre, le tiercé (trois chevaux gagnants), le quarté, le quinté… Et il se trouvait que cette fois-là, il avait enfin trouvé le Saint- Graal, la combinaison… et dans l’ordre. Les résultats sont donc tombés en soirée et monsieur X était effectivement l’heureux gagnant d’une cagnotte de plusieurs milliers d’euros environ qu’il devait retirer le lendemain. La partie amusante c’est lorsqu’il a organisé une tournée pour toutes les personnes présentes au bar cette soirée-là. Rapidement, le bouche-à-oreille a fait le travail : d’autres personnes du quartier allaient informer les autres qu’il y a à boire au bar, qu’ils pouvaient chacun se prendre une bonne bouteille de bière ou de jus. Même ceux qui ne soupçonnaient même pas l’existence de M. X, se sont rendus au bar pour profiter de cette gratuité, tous les jours ce n’est pas Noël (rires). Sauf que, le lendemain, on envoie une information de dernière minute, comme quoi, l’un des chevaux faisant partie de la combinaison a été disqualifié pour je ne sais quelle raison et donc cela invalidait le billet gagnant de M. X. Malheureusement, il avait déjà fini tout le peu d’argent qui lui restait, car il était sûr de gagner. La leçon à retenir ici est de ne pas vendre la peau de l’ours avant de l’avoir tué de plus, s’il fallait compter toutes les sommes qu’il a dépensées pour jouer pendant des années, peut-être que la cagnotte ne représentait pas un gain réel. Tchin Tchin !!!

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PAR MICHEL PRÉVOST

UNE PAGE D’HISTOIRE D’ICI

D.U., président de la Société d’histoire de l’Outaouais

Visites guidées estivales « À la découverte du riche patrimoine gatinois » La Société d’histoire de l’Outaouais et le Service des arts, de la culture et des lettres de la Ville de Gatineau offrent cet été plusieurs visites guidées dans les secteurs historiques de Gatineau.

monument Philemon-Wright, le fondateur du canton de Hull en 1800, et les bâtiments de la E.B. Eddy, classés monuments historiques.

Je vous invite, durant la saison estivale, à participer à mes visites à pied qui font découvrir l’histoire, le patrimoine bâti et la toponymie de nos quartiers patrimoniaux. Ces tournées pédestres sont données gratuitement et durent environ deux heures.

Présentée le dimanche 2 juin à 14 h. Le départ se fait en face du Théâtre de l’île, 1, rue Wellington, Gatineau.

Cette année, l’accent sera mis sur le Quartier-du-Musée, maintenant reconnu site du patrimoine. Six visites seront offertes. De plus, je vais donner des tournées du Quartier-du-Moulin, du ruisseau de la Brasserie et de la promenade du Portage. En fait, toutes mes visites feront découvrir des sites du patrimoine protégés pour les générations à venir. Voici les détails.

L’arrivée en 1926 de la Canadian International Paper (CIP) permet l’aménagement d’un quartier historique unique qui rappelle ceux de la Nouvelle-Angleterre. Explorez ce site patrimonial boisé où les maisons de bois et à pignon ont gardé leur cachet d’antan. L’usine qui le borde a été autrefois l’une des plus grandes de la CIP au Canada. C’est dans ce secteur, qui a donné naissance à la petite ville de Gatineau Mills et par la suite Gatineau, que des milliers d’ouvriers ont travaillé pendant plusieurs générations.

À la découverte du site du patrimoine du Quartier-du-Musée, à Gatineau Venez explorer le nouveau site du patrimoine du Quartier-du-Musée, un des rares quartiers du secteur Hull, à Gatineau, qui a échappé au Grand feu de 1900. Venez découvrir l’histoire de ce quartier de l’élite francophone de Hull et voir de magnifiques maisons de la fin du XIXe et du début du XXe siècle, notamment la maison Joseph-Bourque, la maison Alexandre-Taché et la maison Basile-Carrière. Venez aussi découvrir la toponymie du quartier et des bâtiments centenaires du patrimoine religieux comme l’ancien presbytère Notre-Dame, le Collège Saint-Joseph et l’Académie Sainte-Marie. Présentées les dimanches 14, 21 et 28 juillet ainsi que les 4, 11 et 18 août 2019 à 14 h. Le départ se fait à la Maison du Citoyen, 25, rue Laurier, Gatineau. À la découverte du secteur patrimonial du ruisseau de la Brasserie Venez découvrir les richesses du secteur patrimonial du ruisseau de la Brasserie, notamment l’ancienne usine de pompage, la splendide propriété historique Wright-Scott, le pittoresque village d’Argentine épargné par le Grand feu de 1900, le

À la découverte du Quartier-du-Moulin : le charme de la Nouvelle-Angleterre

Présentée le dimanche 9 juin à 14 h. Le départ : Usine de Produits forestiers Résolu, 79, rue Main, Gatineau. À la découverte de la promenade du Portage : la belle d’autrefois Venez découvrir l’histoire de l’une des rues les plus animées de l’ancienne ville de Hull. Venez explorer ce site du patrimoine créé en 1998 afin de protéger les derniers bâtiments ancestraux encore debout. Venez comprendre les hauts et les bas de cette promenade qui a connu de grandes tragédies, mais aussi une époque glorieuse avec ses hôtels, son palais de justice, son église et ses belles maisons bourgeoises, particulièrement les maisons Aubry et Leduc. Présentée le dimanche 25 août à 14 h. Le départ se fait à la Maison du Citoyen, 25, rue Laurier, secteur Hull, Gatineau. Pour recevoir une invitation pour toutes les visites estivales en patrimoine de la Ville de Gatineau, il faut s’abonner à Patrimoine@gatineau.ca

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POINT DE VUE DU PROF

PAR NÉRÉ ST-AMAND Professeur titulaire École de service social, Université d’Ottawa

Le paradis existe-t-il ? Un jour, une petite fille demande à son grand-papa : - Grand-papa d’amour, est-ce que le paradis existe, d’après toi ? Ce dernier réfléchit pendant un long moment, puis répond ce qui suit : - Tu sais, le paradis existe, oui et non… Toute excitée, la petite réplique : - Alors, j’aimerais le voir, ce paradis. - D’accord ! Ferme les yeux, et regarde à l’intérieur. Respire longuement… Rêve… Imagine. Imagine un monde tellement grand, vaste et tellement beau, que tu as peine à y croire. Pas possible qu’un tel monde soit si grand, si noble, si pur… Ce monde est fait de grandes montagnes, de mers infinies, d’animaux de toutes sortes, qui circulent en harmonie parmi ces vastes espaces, libres comme l’air qu’ils respirent. Et en plus, tu y vois plein d’humains qui s’aiment, qui dansent, qui chantent, sur l’eau, dans l’air, partout… Ce monde, appelons-le « immensité », d’accord ? Maintenant, tu as en toi la moitié de ce paradis... Et le vieillard poursuit : - Maintenant, pour l’autre moitié, pour remplir cette seconde moitié du paradis dans ton cœur, ressens une grande paix, un immense bonheur, un état si beau et si spécial que tu as peine à le croire… Les couleurs sont féériques, le sentiment tellement reposant que ta respiration devient très lente, car ton souffle ne veut pas déranger cette beauté que tu vois, que tu ressens. Ce monde intérieur, nous l’appellerons gratitude. Alors, ton verre qui était déjà à moitié plein d’immensité se remplit de gratitude. Et le vieillard la regarde et lui demande : - Ça va pour l’instant ? - Oui, oui, je te suis, répond la petite ! C’est captivant ton histoire ! - Bravo ! Alors on continue… Ferme les yeux encore, et centre-toi sur ces deux mondes réunis : l’immensité des espaces et la gratitude de ton cœur. Un moment de silence, de recueillement s’ensuit. Et le grand-papa, tendrement, reprend la parole : - Et voilà : nous venons d’inventer un nouveau mot. Il est composé, en fait, d’immensité et de gratitude. C’est ça le

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paradis ! Nous l’appellerons l’Immensitude. Il comprend à la fois ce vaste monde que tu as vu, que tu as ressenti en toi et l’autre image, ce sentiment que tu as, que tu vis quand tu unis ce monde avec la gratitude que tu ressens. Alors, poursuivit le grand-papa, c’est ça le paradis, ma chère petite fille. Il suffit de fermer les yeux et de regarder dans son cœur et tu pourras, à n’importe quel moment, en faire l’expérience. Oui, peu importe ce qui arrive à l’extérieur, peu importe les paroles, les événements – et certains sont vraiment difficiles j’en conviens – tu pourras toujours aller au-dedans et vivre une sensation unique, très belle, remplie des couleurs d’un soleil tout en arc-en-ciel. Ce lieu où tu peux aller n’importe quand, donne-lui ce nom : l’immensitude. Ce sera ton paradis, chère toi. Et après un long moment de silence, la petite reprend : - Grand-papa, c’est trop beau. Mais j’ai une autre question… Tu m’as aussi dit au début que non, le paradis n’existe pas… je ne te comprends plus maintenant. - Alors, ma petite, ceci aussi est vrai. Oui, il se peut que tu le perdes, ce paradis appelé Immensitude. Par exemple, si tu fer mes les yeux et que tu vois l’opposé, en toi ou autour de toi, alors, tu perdras ce paradis. Tu pourras le perdre pour un moment, pour une heure, pour une journée, ou pour la vie… Si tu écoutes trop de mauvaises nouvelles de ce monde, tu le perdras. Si tu choisis de vivre trop proche de gens frustrés, déprimés, sarcastiques, tu le perdras… Si tu lis des textes négatifs, tu le perdras ! Si tu n’entretiens que des idées noires, oui, tu risques de le perdre et même de finir par croire qu’il n’existe pas. Et le grand-papa de conclure : - Alors, en dedans de toi, garde un espace bien spécial qui ne sera pas affecté par de tels propos, de telles expériences, de telles personnes. L’immensitude est un endroit trop précieux. Ton jardin à toi ! Ce paradis, c’est comme une plante. Il faut la cultiver. Il faut la nourrir, lui donner du soleil, de l’eau, des bonnes idées, de beaux sentiments, de la gratitude. Belle petite-fille, j’ai un dernier petit secret à te confier, d’accord ? - Bien sûr, grand-papa. - Quand tu auras le cafard, tu pourras répéter souvent ces mots dans ton cœur : immensité, gratitude, immensitude… et ressentir un incroyable sentiment qui pourra changer ta vie, tu sais. - Merci, grand merci, grand-papa, répond la petite, alors qu’une larme toute en couleurs ruisselle sur sa petite joue !

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PAR ANDRÉ GUYON

TECHNOLOGIE & HUMANITÉ

Crédit photo : Pixabay_stevepb

Les jeux en ligne, c’est pas un peu honteux ? Ça sert à autre chose qu’à gaspiller temps et argent ? Évidemment, si je pose la question, c’est que je me situe à contrario. Les jeux peuvent entrainer une série de problèmes, mais ils peuvent aussi être un puissant moteur d’apprentissage, un révélateur social extraordinaire, et même un moyen de créer un sentiment d’appartenance à une organisation.

Dans l’ensemble, ce que j’appellerais l’intelligence collective domine et fait son œuvre. Vous savez, cette inspiration collective parfois déclenchée spontanément, parfois par un leader religieux, pour reconstruire la maison de ceux qui sont passés au feu. On observe aussi le côté noir des gens.

Je n’ai pas honte d’avouer que j’ai parfois passé trop de temps à jouer. Je passe aussi parfois trop de temps à organiser un aquarium, à me documenter sur un sujet, à écouter une bonne série, etc. Il y a environ 16 ans, j’ai permis à mes fils de jouer à Ultima Online (UO pour les intimes). Mon fils aîné avait 12 ans, à peu près tout se passait en anglais, et il valait mieux écrire vite. Mes fils ne parlaient pratiquement pas l’anglais, et ne savaient pas écrire au clavier. Je leur avais fourni TapTouche, un produit pour apprendre le doigté.

Le côté plus noir (toute ressemblance avec la vraie vie serait fortuite…), c’est que l’on tolère souvent les pires comportements envers ceux qui ne font pas partie de notre équipe. Heureusement que dans la vraie vie, personne ne fait ça (à moins que…).

Même en ce temps-là, si on voulait progresser un peu, fallait collaborer avec les autres joueurs. Il fallait acheter des choses, les transformer, les vendre, négocier… Par exemple, on achetait une pioche qui permettait d’aller extraire du minerai (on cliquait et on cliquait, et on cliquait). On allait faire fondre le minerai à une forge. On pouvait ensuite vendre les lingots à un forgeron, qui lui, pouvait transformer les métaux en armures, en épées, en haches, etc. Comme dans la vraie vie, plus on était au bas de l’échelle, plus on devait trimer dur (plus ça prenait du temps) pour obtenir très peu. Quand un groupe aidait un nouveau joueur, il lui fournissait gratuitement des ressources à transformer. Chaque joueur devait répartir les points de caractéristique entre de multiples capacités à développer, jusqu’à atteindre le niveau de grand maitre dans l’art de fabriquer des armures, des armes, des arcs, de guérir, etc. On pouvait déjà observer les comportements extrêmes qu’on retrouve encore sur les médias sociaux. Ceux qui insultent tout le monde cachés derrière leur écran, et ceux qui veulent aider chacun. On pouvait aussi voir vite qui joue bien en équipe, et il y a fort à parier que les bons joueurs d’équipe dans le jeu… le sont aussi dans la vraie vie. Imaginez un instant une organisation qui encouragerait la formation d’une équipe parmi son personnel. Un peu comme autrefois certaines entreprises favorisaient la formation d’équipes de ballon-balai ou de hockey. Sauf que les joueurs sont susceptibles de jouer plus souvent, plus longtemps, de se révéler davantage.

J’ai donc affirmé depuis des années que le temps passé par les employés à jouer serait probablement rentabilisé rapidement parce qu’on obtiendrait une équipe soudée, solidaire et respectueuse (en tout cas, de ses membres). Les gens comprendraient rapidement à quel point il importe de connaitre et de mettre à profit les forces de chacun. Dans une autre vie, j’ai déjà suggéré la chose, de permettre (un peu) de temps alloué aux employés de l’État pour jouer. On m’a poliment envoyé promener « Très intéressant, on va y penser ». Un mot au sujet de l’isolement qui pourrait être causé par les jeux. Oui, ça existe. Oui, c’est important que les jeunes pratiquent aussi à un sport, une activité physique. Par contre, au fil des ans, à quelques reprises, les personnages du jeu sont devenus de vraies personnes que j’ai rencontrées. En général, le comportement des gens est identique à ce que j’en ai perçu en ligne. Par exemple, lors d’une visite à Paris, je vais voir un ancien équipier (notre équipe avait gagné le tournoi virtuel, et on avait rigolé beaucoup). Au restaurant, dans la vraie vie, on se disputait la facture. Dans le jeu, Hoang voulait toujours rendre service aux autres, ce qui m’arrivait souvent aussi. Il avait accepté d’aider mon fils s’il en avait besoin pendant qu’il étudiait en France. J’espère qu’un jour, toute sa famille que j’ai rencontrée viendra nous visiter. Donc, ne vous inquiétez pas trop pour la santé mentale des gens qui jouent beaucoup, sauf s’ils s’isolent, là c’est du sérieux. Inquiétez-vous surtout pour la santé mentale des gens qui veulent absolument que tous soient normaux comme eux, ça aussi c’est du solide !

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L’HABITATION

PAR LE ROHSCO

Que signifie la crise du logement à Gatineau, en bref ? Le Rapport sur le marché locatif mené en octobre 2018 par la Société canadienne d’hypothèques et de logement (SCHL) qualifie la nouvelle diminution globale du taux d’inoccupation des logements de 1,2 % d’historique. En comparaison, la moyenne québécoise d’inoccupation est de 2,3 % pour la même période. Certains auteurs, dont Campeau (2000), mentionnent qu’autrefois la crise du logement était davantage liée à la rareté des logements disponibles alors qu’aujourd’hui il faut également inclure l’incapacité de payer d’un grand nombre de citoyens et le besoin de logements abordables qui en découle, dont la mise en œuvre de logements sociaux et communautaires. Contrairement au début des années 2000, le portrait du marché de l’emploi s’est quelque peu modifié. Depuis 2015, la croissance du marché de l’emploi a favorisé l’accroissement du parc locatif de Gatineau, surtout auprès des personnes âgées de moins de 35 ans (SCHL, 2018). La particularité est que cette hausse du taux d’inoccupation s’est produite malgré les efforts d’augmenter l’offre de logements locatifs. En effet, entre juillet 2017 et juin 2018, 922 logements locatifs ont été construits à Gatineau pour répondre à cette augmentation de l’offre et atténuer le taux d’inoccupation. En ce qui concerne l’augmentation moyenne du prix du loyer, l’étude de la SCHL (2018), évoque qu’entre 2017 et 2018, le prix du loyer de deux chambres avait augmenté de 3,5 %. En somme, à Gatineau, le prix moyen d’un logement de deux chambres à coucher est de 794 $ mensuellement, soit un montant plus élevé qu’un chèque d’assistance sociale établi mensuellement à 669 $ pour un adulte sans contrainte à l’emploi et sans pénalité financière. Soulignons que c’est dans le secteur Aylmer que le coût moyen des loyers est le plus élevé, la location d’un appartement 4 ½ s’élève à 886 $ par mois. Ce tarif s’explique par la présence de construction neuve des dernières années.

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Rappelons que la tornade du 21 septembre dernier a ravagé le secteur Mont-Bleu, un quartier composé d’un nombre non négligeable de logements locatifs (SCHL, 2018). « Bien qu’une partie des sinistrés sera contrainte de trouver un nouveau logement dans la région, il est encore trop tôt pour mesurer l’impact que cette catastrophe aura sur le marché dans son ensemble et prendre la pleine mesure des impacts sur le marché. » (SCHL, 2018 : 3) Plusieurs ouvrages s’entendent pour considérer dans la pauvreté un ménage qui consacre 30 % et plus de leurs revenus pour se loger. En y ajoutant la hausse annuelle des loyers, l’insuffisance des salaires et des montants de la sécurité de revenu pour subvenir aux différents besoins de base et psychosociaux, nous pouvons affirmer que les locataires dans cette situation deviennent particulièrement vulnérables aux risques encourus par la vie, comme les ruptures, les maladies ou les catastrophes naturelles. Pour différents motifs, il devient ardu de trouver un logement sécuritaire, salubre, de taille suffisante pour les membres du ménage et dans le quartier souhaité. Or, les conditions d’habitat sont comprises comme processus et peuvent contribuer à la fois au basculement des conditions d’existence vers la désintégration sociale qu’au rehaussement de la qualité de vie des personnes et à l’intégration sociale de la collectivité dans son ensemble.

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LE MOT DU CRIO Crédit photo : Pixabay_Felix_Lacroix

PAR JANICK ALLYSON

La rue, même quand il fait chaud ! On entend perpétuellement parler des difficultés liées au fait de vivre en situation d’itinérance durant les longs mois rigoureux de l’hiver québécois. On parle d’engelures, de froid, de manque d’abris et de vêtements inadéquats, on crie au besoin de café et de soupe chaude. Alors que toutes ces réalités sont bien réelles, rappelons ceci : pour plusieurs, l’itinérance n’a pas de saisons particulières. On parle beaucoup moins de la réalité de l’itinérance estivale. Si la température est effectivement plus clémente, les impacts physiques et psychologiques de la vie sans domicile fixe restent importants sous le soleil. À titre d’exemple, les grandes chaleurs qui nous poussent tous vers le confort de l’air conditionné ou de la piscine frappent de la même façon les personnes et les familles en situation d’itinérance. Souvent concentrés au centre-ville, où le béton crée d’importants îlots de chaleur, ces citoyens ressentent durement l’impact de l’augmentation du mercure. Pour ce qui est de la protection solaire, l’accès à des crèmes avec de bons FPS n’est pas une garantie pour tous, pas plus qu’une bonne lotion après-soleil. Le coup de soleil pris en juin peut donc faire mal longtemps. Pour les personnes avec des enjeux de santé physique, ces grandes chaleurs et les difficultés d’approvisionnement en eau peuvent avoir d’importantes conséquences. Par exemple, pour les personnes vivant avec des problématiques liées à leur foie (comme les hépatites), la déshydratation et les coups de chaleur peuvent avoir des effets dramatiques. En période où les tempéra-

tures grimpent particulièrement, la possibilité de se doucher pour se nettoyer et se rafraichir est nécessaire pour tous les citoyens, il s’agit non seulement d’une question de santé, mais également de dignité humaine. Tous ces scénarios sont pour quand il fait beau. Cependant, le besoin d’abris en temps de tempête de neige est le même en temps de grandes pluies ou d’orages. Lorsqu’on transporte tous ses effets personnels, qu’ils se retrouvent détrempés et qu’on manque d’endroit où se sécher correctement, on peut rapidement perdre de son matériel et se compliquer grandement le quotidien. Il est donc particulièrement important de revendiquer pour tous, durant chaque période de l’année, un accès réel à des façons de s’hydrater convenablement, à des endroits pour se laver et s’abriter et à des endroits pour entreposer, laver et sécher ses effets matériels. Il est clair que le temps des fêtes, avec son lot émotionnel et météorologique, attire davantage les sympathies que le mois de juillet. En revanche, n’oublions pas les implications qu’a le quotidien vécu en situation d’itinérance. N’oublions pas non plus qu’en ces temps de crise du logement, le premier juillet qui approche sera potentiellement un moment de rupture et de perte de milieu de vie pour plusieurs. Restons donc sensibilisés aux réalités qui en découlent.

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VIE SPIRITUELLE

PAR PAULE FONT

Les six perfections de l’esprit

La générosité L’éthique La patience L’effort joyeux La concentration La sagesse

(LES SIX PARAMITAS EN TIBÉTAIN)

Nous poursuivons notre lecture avec les quatre autres Perfections. Le pratiquant des Enseignements Bouddhistes essaie de respecter et de développer les six Perfections ou Paramitas de l’esprit. Il s’agit d’actions positives qui permettent de développer une vie spirituelle dirigée vers les autres, et ce qui amène à une progression certaine vers l’éveil par l’accumulation de mérite et de sagesse. La patience C’est avoir un esprit non perturbé par les émotions. On cherche alors à : - Ne pas répondre à ce qui nous dérange, à l’insulte et à l’agression. On pourrait ajouter : avec une intention négative, parce que dans une situation où notre vie ou celle de quelqu’un d’autre est en jeu, il est clair que l’on doive réagir. Notre réaction doit toutefois avoir une limite raisonnable et nous devons nous assurer de ne pas porter atteinte à la vie de l’autre ou de ne pas agir avec haine ou méchanceté. - Accepter les obstacles, les souffrances. Il ne s’agit pas de masochisme, de chercher la souffrance pour la souffrance, mais plutôt de ne pas ressentir d’irritation face à une souffrance ou à un obstacle. Comme nous rencontrons tous, à un moment ou à un autre, des obstacles dans notre vie, la pratique de la patience est là pour nous permettre de rester objectif, de ne pas nous emballer, de ne pas réagir de façon impulsive. Il s’agit alors de rechercher la vue la plus juste, en dehors de toute réaction émotionnelle. Devant un problème, on cherchera à maintenir son calme, à bien respirer, à analyser son esprit pour ne pas laisser surgir la panique ou l’agressivité. On examinera la situation et les différentes solutions qui s’offrent à nous pour la résoudre. Être patient sur la voie du Dharma. Face aux obstacles rencontrés et à nos faibles capacités de réagir sereinement, nous devons accepter que le chemin pourra être long et que nous devons travailler sérieusement sur les émotions pour développer la méditation stable et le calme mental. L’effort joyeux C’est l’état d’esprit qui prend plaisir à s’engager dans les pratiques vertueuses, qui maintient la “motivation joyeuse” pour la pratique. Il s’oppose aux trois types de paresse : - Celle qui remet à plus tard. Je procrastine toujours ! Et qui le fait en repoussant la décision et l’action, et surtout en trouvant toutes les bonnes raisons pour le faire. - Celle qui s’occupe à autre chose. On se dit que d’autres actions sont plus urgentes et que leur poursuite nous empêche de nous mettre à la pratique maintenant. On tente de faire la pratique de méditation en même temps que ces autres occupations, en récitant des mantras pendant qu’on jardine par exemple, alors que l’effort principal doit être mis sur la recherche du Dharma pour qu’une pratique soit vraiment efficace. - Celle qui se décourage devant les difficultés ou qui croit ne pas avoir les capacités nécessaires. En recherchant les bonnes raisons de ne rien faire, l’ego trouve celle de la soi-disant incapacité. On combat la paresse par son antidote, soit par la motivation de développer les outils nécessaires à l’atteinte de l’Éveil, par la volonté d’aider les autres, toujours plus difficile que de ne s’occuper que de soi-même.

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C’est l’effort joyeux permanent de penser à notre devenir en fonction de l’aide que l’on veut pouvoir apporter aux autres. La concentration C’est maintenir son esprit concentré sur un objet, un but vertueux, pour un temps sans limite. Bien souvent, après avoir pris de fermes résolutions, nous avons placé notre esprit en méditation dans un état concentré. Et puis, après quelques instants, quelques minutes, quelques heures, quelques jours ou quelques mois, nous nous sommes laissé distraire par toutes sortes de circonstances, par d’autres pensées. Nous avons alors perdu le fil de notre concentration. Nous nous sommes éloignés de notre but, allant même jusqu’à nous diriger vers un but complètement opposé en oubliant totalement notre objectif initial. Pour toute spiritualité, on pourrait même dire pour tout projet, la concentration est nécessaire. Il ne s’agit pas de se torturer l’esprit du matin au soir en fronçant les sourcils tant on se veut concentrer. Il faut dissocier concentration et tension ! On peut être très concentré sans qu’existe de tension. On peut même dire que la tension est génératrice de perte de concentration. Être concentré signifie plutôt placer son esprit sur un objet ou un but, et l’y maintenir sans se laisser distraire par des phénomènes extérieurs. Une pensée survient? Alors, qu’elle passe et disparait. Je ne la retiens pas, je ne quitte pas mon objet de concentration. Une baisse de concentration peut aussi apparaître, soit parce qu’une pensée traverse le champ de la conscience, soit parce qu’une certaine torpeur naît, souvent d’un manque de vigilance et d’effort. La concentration génère une flexibilité à la fois mentale et physique. Cette flexibilité mentale permet à l’esprit d’être touché par une pensée perturbatrice sans « casser ». Et si l’esprit est bien concentré, alors tout le corps est libre de tension et ainsi par la pratique acquiert une certaine souplesse. La sagesse Elle permet la discrimination juste. On peut aussi distinguer plusieurs types de sagesse: - La sagesse ultime: celle qui réalise le non-soi des personnes et des phénomènes, la vacuité. On développe cette sagesse sur la base de méditation et d’un travail sur l’absence d’existence inhérente des phénomènes avec la pratique de la méditation du calme mental acquis par la concentration en un point. C’est l’antidote direct à l’ignorance fondamentale, la clef de la libération des souffrances. - La sagesse conventionnelle: c’est la sagesse de la médecine, des arts et des sciences de l’astrologie. C’est une compréhension juste dans différents domaines du savoir. Au-delà d’une simple compréhension théorique, la sagesse permet une appréhension globale de ce qu’il faut savoir sur l’art concerné. Cette sagesse est donc importante pour ne pas se tromper, tant dans l’application d’une méthode que dans les réponses à donner aux questions diverses ou face, dans le cas de la sagesse de la médecine, à un désordre psychique ou somatique. - La sagesse bénéfique aux autres: elle se traduit par la connaissance des différentes dispositions, des motivations des êtres… Il s’agit d’une aptitude particulière à comprendre les autres de façon très pointue, à mieux répondre à leurs besoins et à leurs attentes.

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PSYCHOYOGIE

PAR VALÉRIE LEPAGE

Un jour, on me demanda d’écrire sur le thème de la sexualité… Mais je ne voulais pas écrire sur le « fast-sex » et ses rapports que l’on consomme avec plaisir comme du fast-food par insouciance ou par manque d’engagement sincère envers soi. Je ne voulais plus me remémorer les années folles de l’ère post-moderne où l’on peut désirer un homme ou une femme comme un trio Mcdonald’s : bon au goût, abordable et trompeur. Parce que bien que ça nous semble une bonne option au départ, ça peut nous remplir d’un lourd vide et nous coûter cher sur notre santé. Ces rapports sexuels qui nous donnent l’impression d’être pleins, mais qui au fond nous laissent assoiffés. Vidés. Vides de sens. J’avais plutôt envie de parler de rapports humains qui amplifient l’amour, la santé et la satisfaction. Parler de moments réels où les nœuds de la vie se dénouent entre deux humains qui s’aiment. Parler de moments de vie et de joie partagés qui puisent dans un amour authentique. Puis, je me suis souvenue de cette femme de lettres qui me donna comme conseil de parler de ce que je connaissais. Cela me donnerait plus de crédibilité. J’ignorais que ce qu’elle m’ait dit ce jour-là influencerait la façon que j’écrirais des années plus tard. C’est aujourd’hui, assise au Moca Loca sur la rue Victoria, que je me demande si, du haut de mes 24 ans, j’ai suffisamment de vécu sur la sexualité sacrée et l’amour authentique pour en écrire un topique. À bien y penser, je n’écris pas en position d’experte ou de spécialiste. Je suis une jeune femme, sensée et insensée, qui met des mots sur papier. M’inspirant à la fois de mon vécu, de ce que je lis et de ce que j’entends. D’ailleurs, ce matin, j’écoutais un vidéo conférence de Frédéric Lenoir qui parlait du philosophe Spinoza et ça m’a fait réfléchir sur le thème d’aujourd’hui et sur la façon dont nous pouvons retirer plus de bonheur dans nos relations intimes.

Je désire Tu désires Il désire Nous désirons Vous désirez Ils désirent Un petit rappel du verbe désirer à l’indicatif présent pour poser les questions suivantes : Qu’est-ce que nous désirons au juste? Arrive-t-on à communiquer nos désirs? Arrive-t-on à se sentir satisfait pour de bon? Peut-être que nous sommes des êtres de désirs comme dit Spinoza, mais à mon avis, cela ne devrait pas nous empêcher de trouver les clés pour nous permettre de se satisfaire de ce que nous avons. (Petite parenthèse, je ne crois pas que le verbe avoir est bien employé quand on parle de relations amoureuses, puisque je ne crois pas que cela est bénéfique de prendre pour acquis quelqu’un et de l’appartenir. Nous sommes des êtres libres qui (re)choisissent de se partager). Dans ma quête personnelle de sexualité sacrée, je peux dire que ce qui m’aide c’est d’apprendre à me faire suffisamment confiance pour exprimer mes désirs et mes déplaisirs. C’est d’entrer en intimité avec moi-même et apprendre à connaître mes cycles. C’est de m’aimer profondément et d’aimer l’autre tout autant. C’est de regarder la personne que j’aime et qui me fait du bien et le lui dire. C’est de vouloir que demain soit un autre aujourd’hui comme dirait Bernard Werber. Sauf que, n’ayant aucune certitude que demain sera là, c’est de bénir et de profiter de chaque moment comme si c’était le dernier et de s’en réjouir. Alors sur ce, je vous souhaite de vous régaler de ce que la vie vous offre! Avec amour, Valérie

À votre service depuis 1924 819.778.2122 | info@duprogres.ca PARTICIPER À LA GUÉRISON DES MAUX DE CE MONDE, PLUTÔT QU’À SA MALADIE.

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PLACE AU CITOYEN 4 mai 2008 Je ne sais plus; têtu, malade d un désordre simplement génétique ou fou? Une chose est évidente, je n aime pas être apprécié. Encore une fois j aurai réparé les pots cassés en me faisant enfin pardonner par mes ami(es). J aurai presque retrouvé une place qui résonne en moi(ou est-ce là le problème) , que j atteint le sublime sentiment intérieur profond de liberté et de légèreté que sans prévenir, venant de derrière en pur hypocrite, ces salauds, mes démons, reviennent me hanter, m’obséder jusqu à ce que mes forces plient, je plie devant cette énergie qui me prend par la tête comme par les tripes et je me laisse emporter en abandon total par cette vague furieuse qu est pour moi une rechute.

Ce que je sais par contre c’est que je suis parti du haut d’une immense falaise totalement ensoleillée, où tout était d’une légèreté vertigineuse et dès la première gorgée, la chute a débuté dans les profondeurs d’un abysse immense, sombre, lourd, atrocement douloureux au point que les nœuds dans mes tripes en étaient physiques. Très seul, très très seul, enfermé dans ma chambre à me ronger moi-même par le mental.. Je sais aussi qu’aucune lumière ne peut circuler dans ce corps saturé, sursaturé, rien n’y passe. Christian Gosselin

Si au moins je pouvais consommer tranquille chez d’autres consommateurs mais non, chaque fois je dois jouer le rôle de celui qui pousse les boutons, celui qui éveille ce qui dort tranquillement chez des amis non-consommateurs et libère en eux ce qui, à mon avis, étais refoulé,…. comme je dis, je ne sais pas, je ne sais plus. D ailleurs qui sait quoi….. Donc tout au long de ce fameux après-midi où ma légèreté s est soudainement balancée tout droit vers son antipode, je savais très bien que nous nous encouragions réciproquement et que le résultat était déjà tracé même si mentalement je m efforçais férocement de retourner l’énergie, que ce n’était pas ce qu’on attendait de moi.

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AVIS DE CONVOCATION AVIS DE CONVOCATION ASSEMBLÉE GÉNÉRALE ANNUELLE

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ASSEMBLÉE GÉNÉRALE ANNUELLE

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Veuillez prendre note que l’Assemblée Générale Annuelle du Portail de l’Outaouais aura lieu

Le 12 juin 2019.

Veuillez prendre note que l’Assemblée Générale Annuelle du Portail de l’Outaouais aura lieu

Le 12 juin 2019.

Lieu : La Soupe Populaire Centre Yolande Duval

297 Boul Des Allumettières Heure : 19 heures Lieu : La Soupe Populaire Centre Yolande Duval 297 Boul Des Allumettières

Un léger goûter et rafraichissements seront offerts. : 19 heures Nous vousHeure y attendons en grand nombre. Un léger goûter et rafraichissements seront offerts. N.B. Deux sièges au conseil d’administration seront à combler. Nous vous y attendons en grand nombre. N.B. Deux sièges au conseil d’administration seront à combler.

Assemblée Générale Annuelle 2019 Proposition d’ordre du jour 1- Ouverture, mot de bienvenue et validation de l’assemblée 9- Présentation & adoption du plan d’action 2019-2020 2- Nomination de la présidence et du-de la secrétaire de (Christian Gosselin) Ouverture, mot de bienvenue et validation de l’assemblée l’assemblée & 1d’élection 10- Présentation d’honneur à Lise Paradis en remerciement 3- Adoption de l’ordre du jour Ami pour le d’espace administratif, l’accueil & 2- Nomination de la présidence et du-deaulaGîte secrétaire deprêt l’assemblée 4- Adoption du procès-verbal de l’assemblée générale 2018 l’appui. & d’élection 5- Dépôt du rapport financier par la trésorière Laurie Benoît 11- Élection au Conseil d’Administration. 3l’ordre du jour (mission d’examenAdoption produite parde Phillipe Mousseau CPA, CA) 12- Varia 4- Adoption du procès-verbal de l’assemblée générale 2018 6- Nomination d’un-e vérificateur-trice pour l’année 2019-2020 13- Période de questions & commentaires 7- Dépôt & adoption des prévisions budgétaires 2019-2020 14Fermeture de l’assemblée 5- Dépôt du rapport financier par la trésorière Laurie Benoît 8- Présentation du rapport d’activité annuel (mission d’examen produite par Phillipe Mousseau CPA, CA) (Christian Gosselin)

6- Nomination d’un-e vérificateur-trice pour l’année 2019-2020 7- Dépôt & adoption des prévisions budgétaires 2019-2020 8- Présentation du rapport d’activité annuel (Christian Gosselin) PARTICIPER À LA GUÉRISON DES MAUX DE CE MONDE, PLUTÔT QU’À SA MALADIE. Le Portail de l’Outaouais - Juin 2019 9- Présentation & adoption du plan d’action 2019-2020

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ENTRÉE LIBRE MAISON DU CITOYEN 25, RUE LAURIER GATINEAU.CA/ARTS

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