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JUILLET

2019

L’Entrevue AVEC

LISE PARADIS

Les nombreux visages de la pauvreté p. 14 Savoir Être 101 p. 21

Thème

Crédit photo : Christian Gosselin

Alcoolisme et toxicomanie ; maladie mentale ?? p. 4

Pauvreté 3$

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PARTENAIRES DÉVOUÉS Le Portail de l’Outaouais, l’organisme, a un système de valeurs, des croyances et des philosophies biens définis. Son directeur, ses employé-es, ses bénévoles et son conseil eux, ces êtres humains, ont eux aussi un système de valeurs, des croyances et des philosophies bien définis et espérons-le, sont grandement compatibles avec celui de l’organisme.

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Le Portail de l’Outaouais, le magazine, l’outil, lui n’en a aucun. Bien que sa tendance penche majoritairement vers l’empathie et l’acceptation de nos citoyens fragilisés dans leurs défis quotidiens, il demeure un espace ouvert à toutes les perceptions, un lieu où tous et toutes ont la liberté de s’exprimer ouvertement, cette liberté s’arrêtant là où elle empiète sur la liberté d’autrui. Ceci étant dit, l’organisme n’adhère à, ni ne conteste aucune information partagée et publiée dans ce présent ouvrage.

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L’ÉDITORIAL

PAR CHRISTIAN GOSSELIN Éditeur

Je ne peux parler de pauvreté sans toucher la pauvreté réelle; la pauvreté du coeur. J’ai déjà eu tout ce qu’un homme peut désirer ; la maison en montagne, une femme formidable, trois beaux enfants, deux chiens, deux véhicules, ma propre entreprise, la petite clôture blanche et pourtant j’étais l’homme le plus malheureux de la planète. Lorsqu’enfin j’ai touché, par pure grâce, ce qui me rendait profondément heureux, réellement comblé, j’étais en situation d’itinérance depuis près de dix ans, avec absolument aucune possession matérielle et sans un sous, sans revenu. Oui, ce jour-là j’ai touché ce que je crois être ce que chaque être humain recherche, consciemment ou non, ce trésor du cœur enfoui en chacun de nous, bien caché sous nos croyances, nos souffrances, nos peurs, nos ressentiments et nos culpabilités. La pauvreté de cœur est la pire pauvreté qui soit, je dis « À quoi bon conquérir le monde si on en perd son âme ». La vraie richesse est invisible mais palpable, celle qui nous éloigne de l’éternelle insatisfaction.

faire croire, mais résulte d’une simple mauvaise répartition de celles-ci. L’avarice tuera le dernier humain.

Se nourrir de ce trésor inépuisable est la plus belle chose que nous puissions vivre, c’est d’ailleurs le but ultime de notre présence ici sur terre, c’est le mien. Ça ne signifie pas que l’on doive vivre dans la misère. Aucun être humain ne devrait vivre sans ses besoins fondamentaux comblés. La misère est une création de l’homme, des hommes qui justement vivent dans cette atroce éternelle insatisfaction au point de vouloir priver la masse afin d’acquérir le plus de biens que possible. La pauvreté matérielle où il est difficile de se loger, de se vêtir et de manger, où on doit choisir entre le beurre et les couches n’a rien à voir avec le manque de ressources ou la surpopulation comme on tente de nous

SOMMAIRE 4 - L’ENTREVUE 6 - DE LARUE 8 - VIE SPIRITUELLE 11 - LE PREMIER PAS 12 - ELLES 14 - REGARD VIF 16 - HUMOUR

17 - UNE PAGE D’HISTOIRE D’ICI 18 - POINT DE VUE DU PROF 19 - TECHNOLOGIE & HUMANITÉ 20 - L’HABITATION 21 - LE MOT DU CRIO 22 - PSYCHOYOGIE 23 - PLACE AU CITOYEN

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L’ENTREVUE

PAR JOSIÈVE BISSON Auteure de Qu’en penses-tu ? Étudiante en psychologie

Lise Paradis Le 15 avril dernier, le Journal Le Portail de l’Outaouais a eu la chance de s’entretenir avec Lise Paradis, directrice exécutive du Gîte Ami. Je me suis rendue directement sur place, au Gîte Ami, afin de prendre une heure du temps (précieux!) de Lise. Merci encore, Lise de nous avoir accordé du temps afin de réaliser ce bel entretien!! Belle âme généreuse, voici plus en détails qui est notre invitée. Le Portail : En première partie, on aimerait connaître ton parcours qui t’a menée jusqu’ici, aujourd’hui. Lise : J’te dirais que j’ai été élevée dans une famille qui donnait beaucoup. Mes parents n’étaient pas riches, riches, et qui vivaient dans le Vieux-Hull. Mon père faisait partie d’un comité social avec la paroisse et il aidait beaucoup les familles dans le besoin. Donc, ça commencé jeune pour moi de m’impliquer, puis de faire du bénévolat. Le premier bénévolat que j’ai fait, c’est aux Jeux du Québec. J’ai commencé ça quand j’étais adolescente. J’ai aussi parti le club de nage synchronisée à Gatineau. Comme entraîneuse, j’étais payée, mais quand j’amenais des jeunes filles en compétition, c’était du bénévolat. Ensuite, je suis allée travailler pour la ville et plus tard, j’ai vu une ouverture à La Soupe Populaire, qui était dans le sous-sol de l’église Sacré-Cœur. Dans ce temps-là, y’avait pas beaucoup d’argent pour payer mon salaire et l’organisme ne recevait aucune subvention. Donc y’a eu plusieurs projets avec la Soupe Populaire pour aller chercher des subventions. J’te dirais que ce qui m’a attirée là, ce sont les défis que ça représentait : la Soupe Populaire était un organisme qui était bien, bien, bien pauvre et qui essayait d’aider des gens qui étaient encore plus pauvres. Les raisons pourquoi je me suis impliquée beaucoup avec La Soupe puis au niveau du Gîte, c’est parce que y’a des personnes dans ma famille qui ont eu aussi des difficultés, qui ont eu besoin de ces organismes-là, donc moi, ça m’a poussée à continuer à vouloir m’impliquer pour que ça aille mieux. Quand je suis venue travailler ici au Gîte, c’était le défi, et c’est pas encore fait. J’ai travaillé aussi comme agente de communication aux Grands Frères – dans le temps, ça s’appelait juste les Grands Frères de l’Outaouais-, j’ai travaillé aussi au Centre de l’Amitié de Gatineau. À part ça, j’ai été cinq ans au conseil d’administration de Centraide quand j’étais en

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affaires. J’ai trouvé ça intéressant parce que j’ai été présidente du CARO (Comité d’allocations et de relations avec les organismes) pendant deux ans. T’sais, c’est pas facile de partager l’argent entre les organismes quand y’en a pas beaucoup!! Le Portail : Tu as mentionné que tu étais en affaire. As-tu étudié dans ce domaine? Lise : Oui, j’ai étudié en Administration, en Droit et en Communications. Mon cours en droit, je ne l’ai pas fini, mais j’ai été courtier en immeubles pendant 6 ans. J’avais mon propre bureau avec mes agents. J’ai été directrice générale des ventes sur des chantiers de construction. Puis au niveau des affaires, j’ai eu mon gym pendant cinq ans. Vlà longtemps, longtemps, j’ai déjà écris un petit journal pour des familles de Gatineau, qui s’appelait « La Cigogne ». T’sais, j’ai fait beaucoup de choses dans ma vie, parce que je suis quelqu’un de curieux et qui aime faire plein de choses. Puis, j’men rendais compte à un moment donné quand je travaillais en immobilier, je faisais de l’écoute active en même temps. J’ai une facilité à ce que les gens me content leurs problèmes. Puis, j’pense que j’ai beaucoup d’empathie et c’est ça la difficulté dans le communautaire : d’avoir de l’empathie et de se laisser prendre dans les histoires des gens. Mais je me compte vraiment chanceuse de tout ce que j’ai reçu et j’essaie d’en redonner en retour. Le Portail : Les affaires, c’était avant d’être dans le communautaire ou en même temps? Lise : Ça s’est mêlé! Entre ça, j’ai eu des enfants; j’ai eu ma famille. Le Portail : As-tu voyagé? Lise : J’ai fait quelques petits voyages dans le sud. J’ai jamais vraiment le temps de voyager. T’sais on privilégie la famille, la vie de chalet les fins de semaine. Quand les enfants étaient plus jeunes, on faisait beaucoup de camping les fins de semaine et dans les vacances. Après ça, on a acheté un chalet des années 2000. Maintenant, les enfants ont grandi, mais c’est au tour des petits-enfants de venir au chalet.

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Le Portail : Donc, vous avez une famille assez solide… Lise : Oui. Et de mon côté et du côté de mon mari. Le Portail : Tes valeurs dans la vie? Lise : La famille, l’amitié, le partage, le respect, la reconnaissance. Le Portail : As-tu des plans pour ta retraite qui s’en vient dans deux ans et demie? Lise : Tu vois, nous autres, notre chalet, qui est plus une résidence, est à Messines, juste à côté de Maniwaki. Je songe peut-être de me trouver un petit travail là-bas, de deux journées par semaine et faire du bénévolat un autre deux jours par semaine. Y’a des organismes communautaires à Maniwaki, y’a des maisons pour les personnes âgées – j’aime bien travailler avec les personnes âgées. À part de ça, ça va être de recevoir mes petits-enfants au chalet, popoter, faire des petits projets de bricolage ; j’aime ça bricoler, j’aime ça décaper des meubles, vernir des meubles, antiquer des meubles qui sont juste vieux, pas antiques. Le Portail : Je suis curieuse… quand tu es hors du travail et que tu rencontres des sans-abris dans la rue, comment tu réagis?

Lise : Premièrement, c’est anonyme quand ils viennent au Gîte. Souvent, je les connais, mais je vais attendre voir s’ils vont me regarder avant que je leur dise bonjour. Si je suis toute seule dans la rue, je vais les regarder et je vais leur dire bonjour, mais si je suis dans un centre d’achats, je vais attendre de voir s’ils me regardent. S’ils me regardent, je vais leur dire bonjour, et s’ils viennent me parler, je vais leur parler. Sinon, je respecte leur anonymat. Le Portal : En temps normal, as-tu une bonne relation avec eux? Lise : Ouais; j’ai une facilité, j’ai une bonne écoute. T’sais, je n’ai pas vécu la vie d’un itinérant, mais à un moment-donné dans notre vie, on vit tous des bouts difficiles qui fait qu’on est plus en mesure de comprendre. Souvent, je vais rester travailler tard, et y’a des fois que j’suis pressée donc je viens manger dans mon bureau vite fait en finissant de préparer mes documents. Mais j’aime ça de temps en temps venir prendre un café en bas, me prendre une toast, jaser avec la gang en bas. J’essaie d’arrêter de fumer, mais bien des fois, je vais aller fumer ma cigarette en arrière pour aller jaser avec le monde. Le Portail : As-tu un mot de la fin pour nos lecteurs? Lise : Dans notre pays, un des plus beaux pays du monde, qui n’y ait plus d’itinérance à un moment-donné… qu’il y ait une vraie justice sociale.

Lit dans refuge pour sans-abri 69 $ / jour *** Lit en prison 143 $ / jour *** Lit pour patient en psychiatrie

ANDRÉ FOURNIER

665$ / jour *** Accompagnement en logement 25 $ - 31 $ / jour

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• Comptabilité pour PME • Cycle comptable complet • Gestion de copropriété • Préparations et analyses budgétaires • Rapports d’impôts • Rapports gouvernementaux (TPS, TVQ, DAS, CSST)

Canadian Housing & renewal Association

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807-215, rue Mutchmore Gatineau QC J8Y 3V5 819-775-5987 / ajlfournier@gmail.com

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L’ALCOOLISME ET LA TOXICOMANIE: UNE MALADIE MENTALE

essentiellement à nous rendre la raison, n’est-ce point parce que la plupart d’entre nous l’avions perdu en cours de route?

Or, occulter chez l’être humain une puissance de l’âme aussi fondamentale engendrera par vo de conséquence des effets extrêmement néfastes tout comme l’érosion de la mémoire altère profondément la qualité de vie du malade souffrant de la maladie d’Alzheimer2. Ainsi, intelligence, mémoire et volonté sont ces trois puissances essentielles qui doivent travailler en étroite connexité afi d’assurer à tout être humain une qualité de vie minimale.

DE LARUE

PAR GUY LARUE

L’alcoolisme ébranle littéralement les colonnes de ce temple intérieur3 qu’a créé en chacun de nous notre Puissance supérieure. Cette maladie insidieuse corrode lentement mais sûrement ces trois poutres de soutènement, parfois jusqu’à l’affaissement, à moins qu’elles ne soient littéralement rehaussées par un nouveau mode de vie qui non seulement stoppera l’érosion de ces assises éminemm vitales mais encore en restaurera la solidité.

Chaque alcoolique est un véritable sanctuaire vivant ou Dieu Lui-même prend son repos. Dès la naissance, l’œuvre est parfaite en soi car Dieu ne saurait faire dans la demi-mesure. Cependant, nous voyons souvent qu’au stade de la préadolescence l’innocence première s’érode, faisant place à un exer préjudiciable d’une liberté nouvellement acquise4.

L’alcoolisme et la toxicomanie: une maladie mentale

L’OMS5 précise sans ambages qu’il existe une relation de causalité entre l’usage nocif de l’alcoo toute une série de troubles mentaux et comportementaux. Si l’alcool rend l’homme à la bête et souven fait mourir, c’est ici même qu’il nous faut établir ce lourd parallèle entre la perte de la raison et la mort l’alcoolique.

Lorsque nous avons échoué sur les rives salvatrices du merveilleux mouvement des AA, nous n savions plus comment il nous fallait vivre. Pour plusieurs d’entre nous, le spectre de la mort planait audessus de nos frêles existences depuis des années. Déjà, Dieu était à pied d’œuvre dans nos vies car son propre Esprit intercédait pour nous par des soupirs inexprimables6.

N’en déplaise à certains, l’alcoolisme est une maladie mentale1 puisqu’elle affecte toutes les dimensions de l’être humain. Si la seconde étape du mode de vie des Alcooliques Anonymes vise PAR GUY LR essentiellement à nous rendre la raison, n’est-ce point parce que la plupart d’entre nous l’avions perdue en cours de route?

1 WIKIPÉDIA-alcoolisme. Également les douze étapes et les douze traditions, p.36. 2 WIKIPÉDIA-Alzheimer. 3 1 Cor 3, 16. 4 Les quinze régions du Québec offrent de nombreuses ressources certifiées en dépendance pour les adolescents. 5 Organisation Mondiale de la Santé. 6 Rom 8, 26.

Or, occulter chez l’être humain une puissance de l’âme aussi fondamentale engendrera par voie de conséquence des effets extrêmement néfastes tout comme l’érosion de la mémoire altère profondément la qualité de vie du malade souffrant de la maladie d’Alzheimer2. Ainsi, intelligence, mémoire et volonté sont ces trois puissances essentielles qui doivent travailler en étroite connexité afin d’assurer à tout être humain une qualité de vie minimale. L’alcoolisme ébranle littéralement les colonnes de ce temple intérieur3 qu’a créé en chacun de nous notre Puissance supérieure. Cette maladie insidieuse corrode lentement mais sûrement ces trois poutres de soutènement, parfois jusqu’à l’affaissement, à moins qu’elles ne soient littéralement rehaussées par un nouveau mode de vie qui non seulement stoppera l’érosion de ces assises éminemment vitales mais encore en restaurera la solidité. Chaque alcoolique est un véritable sanctuaire vivant ou Dieu Lui-même prend son repos. Dès la naissance, l’œuvre est parfaite en soi car Dieu ne saurait faire dans la demi-mesure. Cependant, nous voyons souvent qu’au stade de la préadolescence l’innocence première s’érode, faisant place à un exercice préjudiciable d’une liberté nouvellement acquise4. L’OMS5 précise sans ambages qu’il existe une relation de causalité entre l’usage nocif de l’alcool et toute une série de troubles mentaux et comportementaux. Si l’alcool rend l’homme à la bête et souvent le fait mourir, c’est ici même qu’il nous faut établir ce lourd parallèle entre la perte de la raison et la mort de l’alcoolique. Lorsque nous avons échoué sur les rives salvatrices du merveilleux mouvement des AA, nous ne savions plus comment il nous fallait vivre. Pour plusieurs d’entre nous, le spectre de la mort planait au-dessus de nos frêles existences depuis des années. Déjà, Dieu était à pied d’œuvre dans nos vies car son propre Esprit intercédait pour nous par des soupirs inexprimables6.

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1 WIKIPÉDIA-alcoolisme. Également les douze étapes et les douze traditions, p.36. 2 WIKIPÉDIA-Alzheimer. Ce n’est pas nous, qui de notre propre chef, recouvrons la 3 1 Cor 3, 16. 4 Les quinze régions du Québec offrent de nombreuses ressources certifiées en dépendance pour les adolescents. raison mais bien la grâce de Dieu qui nous aide à la recouvrer7. 5 Organisation Mondiale de la Santé.

L’alcool obnubile progressivement notre raison et par voie de conséquence notre conduite en général, nous accablant de tourments8 au même titre qu’un cancer invasif aura souvent un impact négatif en regard de la qualité de vie de la personne atteinte.

Si la sagesse et la connaissance nous viennent du Seigneur, ainsi en est-il de la raison9. Plusieurs de nos membres se seront rendus aux portes de la folie10 avant que la grâce de Dieu ne puisse finalement agir librement en eux. Nous sommes d’ailleurs à même de constater que chez certains de nos nouveaux arrivants, le bât blesse plus sévèrement, car le maintien au cœur de la déchéance a perduré plus longuement. Il n’existe rien de tel que la maladie de l’alcoolisme, ce tueur silencieux éminemment sous-estimé par la plupart de ses victimes. Ainsi, la sagesse humaine ne saurait à elle seule contrer un tel assaillant11! C’est la dépendance malsaine envers cette substance potentiellement mortelle qui place nos instincts débridés sur la ligne de front. L’alcool et l’obsession qu’il génère dans nos esprits malades nous porte à convoiter les biens d’autrui, à rechercher les plaisirs sexuels et le pouvoir, à nous révolter lorsque nos exigences instinctives sont contrecarrées…12. Le désir fait progressivement place à la convoitise et la souffrance inhérente à la dépendance nous plonge insidieusement dans un univers ou l’égoïsme et l’orgueil font désormais figures de proue13. Lorsque nous avons atterri en catastrophe sur le tarmac des Alcooliques Anonymes, la partie n’était pas pour autant

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Dans certains pays africains, se rendre à l’hôpita de moyens ne peuvent se permettre15. Or, il n’en coûte p condition requise étant un désir d’arrêter de boire16. Ne rapidement nous conduire à la tombe! Personnellement l’alcoolique est intimement liée au fait que ses besoins f plonge l’alcoolique dans une solitude ineffable et l’éloig de relations authentiques nécrosent progressivement to inexorablement dans le puits infernal de la boue sans fo gagnée! Elle ne le sera d’ailleurs jamais car personne, l’expérience nous l’a démontré si fréquemment, n’est à l’abri d’une rechute alcoolique14. Ainsi en est-il de cet accidenté que l’on transporte avec célérité à l’urgence d’un centre hospitalier. Le seul fait de reposer sur une civière n’est pas un gage de guérison immédiate; et même lorsqu’il est remis entre les soins professionnels du traumatologue de faction, là encore, sa remise sur pied n’est pas garantie. Dans certains pays africains, se rendre à l’hôpital est un luxe que plusieurs personnes dépourvues de moyens ne peuvent se permettre15. Or, il n’en coûte pas un seul centime pour adhérer aux AA! La seule condition requise étant un désir d’arrêter de boire16. Ne nous leurrons surtout pas car l’alcoolisme peut rapidement nous conduire à la tombe! Personnellement, nous croyons que la perte de raison de l’alcoolique est intimement liée au fait que ses besoins fondamentaux ne sont point rencontrés. L’alcool plonge l’alcoolique dans une solitude ineffable et l’éloigne ainsi du genre humain. L’insécurité et l’absence de relations authentiques nécrosent progressivement toutes les dimensions de son être, le plongeant inexorablement dans le puits infernal de la boue sans fond16.

7 Nous en sommes venus à croire, p.90. 8 Ps 107, 17. 7 Nous en sommes venus à croire, p.90. 9 Pr 2, 6. 8 Ps 107, 17. 10 Nous en sommes venus à croire, p. 98. 9 Pr 2, 6. 10 Nous en sommes venus à croire, p. 98. 11 Nous en sommes venus à croire, p. 98. 11 Nous en sommes venus à croire, p. 98. 12 Réflexions de Bill, p. 196. 12 Réflexions de Bill, p. 196. 13 24 heures par jour, Hazelden. 13 24 heures par jour, Hazelden. 14 Transmets-le, AA World Services, p. 272 14 Transmets-le, AA World Services, p. 272 15 L’auteur du présent ouvrage a été à même de constater cet état de fait en Tanzanie et en Mauritanie. 15 L’auteur du présent ouvrage a été à même de constater cet état de 16 Ps 40, 3. 16 Ps 40, 3.

COMMANDITAIRES

ÉCHELLE DE PARTENAIRES Absolus : Supérieurs : Distingués : Dévoués : Amis :

20 000$ + 10 000$ à 19 999$ 5 000$ à 9 999$ 501$ à 4 999$ 500$

*Adopté par le conseil ce 14 juin 2016

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VIE SPIRITUELLE

PAR PAULE FONT

Écoute, contemplation et méditation afin de se libérer des voiles négatifs. Dans la philosophie bouddhiste tibétaine, lorsque l’on parle des voiles devant notre esprit, c’est tout ce qui crée de la confusion, de l’ignorance. Les émotions, dans le bouddhisme, sont des sentiments qui voilent l’esprit. Les émotions positives, comme la joie, l’amour, la compassion sont des sentiments qui nous permettent d’obtenir l’éveil et d’agir pour le bien des êtres. La définition des émotions, dans le bouddhisme, fait référence aux émotions négatives tels la confusion ou l’ignorance, la colère, la jalousie, l’orgueil, l’arrogance, l’attachement… L’ignorance a des aspects agréables et désagréables. L’ignorance repousse ce qui est désagréable, ce qui est inquiétant, ce qui nous dérange ; elle ne veut pas voir, elle supprime les émotions, les souvenirs désagréables. L’ignorance a cette capacité de créer une protection, un cocon d’ignorance autour de nous et cela nous protège en quelque sorte. Et si nous voulons faire un travail sur l’ignorance, nécessairement nous allons casser ce cocon, nous allons créer des ouvertures et nous allons voir des choses désagréables. Il y a une sorte d’équanimité qui s’installe grâce à l’ignorance : « Ce que je ne sais pas ne me trouble pas ». Dès que je sais quelque chose, dès que je vois mes tendances, je suis obligé, presque obligé de travailler avec ces tendances. Je ne peux plus échapper à ce que je vois. Donc, beaucoup de gens préfèrent ne pas regarder autour, ils ne veulent pas savoir ce qui se passe juste à côté, chez le voisin. Ils ne veulent pas savoir ce qui se passe dans un autre pays, dans un autre groupe, parce que dès qu’on sait, on doit faire quelque chose, on se sent obligé ; même si l’on ne peut rien faire, il y a une obligation qui monte. C’est la même chose avec les côtés que l’on ne veut pas voir en soi-même. On préfère, par exemple, ne pas savoir ce qui se passe après la mort. Aussi on ne veut pas se rendre compte que l’on peut mourir même aujourd’hui sur la route, on ne veut pas affronter des aspects vrais, mais désagréables de notre vie, pourtant chaque vie se termine avec la mort, mais on ne veut pas s’en occuper. On ne veut pas s’en occuper parce que cela dérange, cela trouble ; on devrait peut-être changer des choses dans cette vie. On peut voir donc que l’ignorance sert – on pourrait presque dire – à calmer notre esprit. L’ignorance nous préserve, nous protège d’une agitation qui pourrait s’installer dès que nous savons trop de choses ; dès que je remarque tout ce qui se passe autour et en moi, je suis

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profondément troublé. Donc, cela arrive souvent quand on contacte le dharma (l’enseignement bouddhiste). Beaucoup de gens qui prennent contact avec le dharma, qui prennent refuge, qui écoutent les premiers enseignements, sont troublés ; ils sont troublés par ce qu’ils écoutent, parce qu’ils entendent, parce qu’il y a des conséquences, la vie doit changer. Donc, il y a une première agitation qui se fait, et c’est parce que les premiers voiles de l’ignorance sont partis. Finalement l’ignorance n’a pas grand-chose de positif, c’est clair. L’ignorance, c’est quelque chose à abandonner. L’ignorance fait qu’on souffre, l’ignorance fait qu’on réagit avec plein de tendances, automatiquement. Du point de vue du dharma, la seule chose qui est bonne dans l’ignorance, c’est la nature fondamentale, c’est la sagesse primordiale qui est la nature même de l’ignorance. A part cela, il n’y a pas autre chose de vraiment positif dans l’ignorance. Mais émotionnellement pour nous, elle a des fonctions tout à fait agréables. Il y a une prise de conscience déjà par le fait de voir sa souffrance, c’est déjà le signe qu’on n’est pas complètement dans l’ignorance ; il y a une conscience qui est déjà là. Je vois que ce n’est pas exactement comme cela que je veux terminer ma vie, je veux changer quelque chose et ce sentiment-là part d’une sagesse, d’une conscience qui est déjà présente, malgré l’ignorance qui est quand même partout. L’ignorance, c’est être pris par la dualité. Tous les états de dualité sont l’ignorance, du point de vue de l’enseignement bouddhiste. Et c’est seulement la non-dualité, l’état complètement ouvert, sans saisie égoïste, qui n’est pas l’ignorance. Il n’y a que ces deux possibilités. En tibétain : marigpa, c’est l’ignorance, ne pas savoir la nature des choses et rigpa, connaitre la nature des choses, la nature profonde des phénomènes. On va travailler sur l’ignorance avec le dharma. Tout le travail du dharma consiste à faire le chemin entre marigpa et rigpa, à développer de plus en plus d’instants de rigpa, de conscience, de clarté dans notre esprit et d’être de moins en moins dans l’ignorance. Mais comment faire pour y arriver ? Ça, c’est la question. Je peux travailler un peu la surface, je peux remplacer les manques de connaissances dans un aspect de ma vie par plus de connaissances, je peux lire des choses, apprendre, cela remplace le manque de savoir-faire. Il y a beaucoup de formes d’ignorance possibles que je peux attaquer à des niveaux différents. Mais je peux aussi couper à la racine, je peux aller plus profondément parce que la racine de l’ignorance c’est la

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saisie égoïste ; c’est d’être trompé par la manifestation et penser que la manifestation est séparée de moi, que je me prends comme étant existence. Et le travail du dharma vise dans les deux directions :

Alors, je développe de façon un peu plus détaillée : l’écoute et l’étude du dharma nous donnent une compréhension intellectuelle et nous amènent à faire le tri entre les actes à accomplir et les actes à abandonner.

- un travail au niveau superficiel : on remplace un manque de connaissances par une connaissance ;

La première chose à apprendre : c’est ce que je dois faire et ne pas faire. Et le dharma nous enseigne, nous donne des conseils. Ce serait mieux de ne pas tuer, car tuer crée énormément de souffrance et si vous voulez sortir vous-même de la souffrance, il faut arrêter de nuire aux autres ; c’est absolument impératif. Le dharma nous enseigne cela, nous le mettons en application et nous gagnons un peu plus de liberté. On apprend et on met en pratique les conseils du dharma et cela est le début d’un apprentissage qui amène à dissiper les voiles de l’ignorance.

- et un travail au niveau profond : on remplace la saisie par la non-saisie. Donc, le travail sur l’ignorance se fait à deux niveaux. Quand le Bouddha a parlé de l’ignorance comme étant notre problème fondamental, il a donné trois clés pour travailler sur l’ignorance. Il a dit : - pour devenir un être libéré, pour se libérer de l’ignorance et pour travailler la base, qui est la discipline : shîla ; - il faut développer un esprit stable par la méditation : samadhi ; - et le samadhi va donner la sagesse, la compréhension des choses : prajna. Ce sont trois mots sanskrits qui sont la base de tout enseignement bouddhiste. Dans tous les pays bouddhistes, dans toutes les lignées, cet enseignement de discipline, de méditation, de sagesse, c’est toujours le même enseignement et tout l’enseignement du Bouddha est basé sur ces trois points clés. Et pour développer ces trois qualités qui vont nous permettre de sortir de l’ignorance, le Bouddha a enseigné trois méthodes et là aussi ce sont trois méthodes communes à toutes les écoles bouddhistes, il s’agit de : l’étude, la contemplation et la méditation. - L’étude, cela veut dire écouter l’enseignement, le lire et bien réfléchir, réfléchir profondément. - La contemplation, c’est prendre les questions qui s’élèvent de par notre étude et réfléchir dessus non plus de manière tout à fait intellectuelle, mais laisser venir les réponses de l’intérieur, se poser une question et écouter les réponses qui viennent de l’intérieur. Ça, c’est la contemplation, ce n’est plus aussi intellectuel. - La méditation, ce n’est plus du tout intellectuel. On laisse l’esprit libre, on ne juge plus, on ne pense plus à quelque chose, on laisse les pensées venir et l’on s’ouvre à cet état spontané de juste être. Être détendu, être sans concept de comment les choses devraient se passer, cela c’est la méditation et c’est elle qui va nourrir encore et encore notre compréhension de la nature des choses.

Dans ce sens-là, le dharma encourage, il fait prospérer notre intelligence, il nous donne la capacité (quand on prend le mot intellegere, le mot latin « lire entre ») de lire la différence entre un acte qui mène au bonheur et un acte qui mène à la souffrance. Donc le dharma approfondit notre intelligence, on pourrait dire : il affine notre bon sens. Le bon sens que nous avons déjà développé par l’expérience va être affiné par l’enseignement du dharma. Ça, c’est la première étape qui passe par l’écoute. Beaucoup de gens disent : « Je ne peux pas pratiquer, la méditation m’est trop difficile et en plus je n’ai pas le temps, j’ai trois enfants, je dois travailler, je n’ai pas le temps pour méditer, donc je ne peux pas être une pratiquante ou un pratiquant du dharma ». Ce n’est pas vrai, parce que vous pouvez toujours continuer avec cette première étape : l’écoute et l’étude du dharma. Il faut juste s’exposer à des enseignements, écouter des cassettes, lire des livres, même si vous ne pouvez pas vous asseoir sur le coussin, vous pouvez quand même être un pratiquant du dharma, parce que vous avez l’écoute et l’étude. Et l’étude va changer votre vision des choses et peu à peu vous allez vous retrouver comme un pratiquant du dharma juste par une autre compréhension qui vient s’installer dans votre esprit. La contemplation - Après vient l’étape de la contemplation. Pour cela, il faut déjà s’asseoir. La contemplation, c’est réfléchir profondément et faire le lien entre ce que l’on a écouté et sa propre expérience. On entend l’enseignement sur l’impermanence et on se dit : « Mais qu’est-ce que cela a à faire avec moi, qu’est-ce que cela veut me dire ? Tous les phénomènes sont impermanents, tous les êtres humains vont mourir un jour, tout cela, mais qu’est-ce que cela a à voir avec moi ? » Ça, c’est la contemplation. Cette question : « Qu’est-ce que cela a à voir avec moi ? », c’est le début de la contemplation, et après on se pose, on réfléchit. Quelques réponses arrivent, puis des silences, on médite un petit peu, après une autre réponse arrive et on mène sa contemplation comme cela. Peu à peu on développe une compréhension plus

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profonde : « Pourquoi le Bouddha a donné cet enseignement et pourquoi cet enseignement change-t-il la vie ? Pourquoi est-ce que “être conscient de l’impermanence” change tout ? ». On se rend compte, quand on contemple l’impermanence, que c’est vrai. Si, là maintenant, je suis conscient du fait que ce toit peut s’écrouler à n’importe quel moment, je parle autrement que si je pense : « Oh, on va être ensemble des jours et des jours, cela ne va jamais se terminer ! » On va dire n’importe quoi. L’impermanence change tout, elle donne une urgence à la situation. Et l’on ressent cela par la contemplation. « Pourquoi est-ce que je dénigrerais une vie si agréable Lorsque je me comporte comme si cela était insignifiant, Je me trompe moi-même. Il n’y a rien de plus fou que cela. » Tsongkhapa La méditation Tout enseignement du dharma est fait pour nous transformer, pour nous changer et étudier ; et développer une compréhension intellectuelle est une première étape pour se changer, pour travailler sur soi. Mais la contemplation va plus en profondeur, elle va lier l’étude avec notre expérience et c’est cela qui nous transforme profondément, c’est là où nous commençons vraiment à changer. Et après on n’a pas besoin de toujours cogiter et de toujours se poser des questions, on peut aussi tout simplement méditer. On sait pourquoi on médite, c’est pour enlever encore plus les voiles de l’ignorance. On médite et on observe : « Je ne suis même pas capable de me détendre, donc je dois travailler la détente » ; et c’est cela le début de la méditation. Je travaille la détente parce qu’elle me permet de prendre une autre décision qu’auparavant ; avec un esprit détendu, je peux prendre des décisions détendues, je peux agir d’une manière détendue, d’où la nécessité de méditer. La méditation va nous faire comprendre, d’une manière non intellectuelle, l’enseignement du Bouddha. Et cela va être beaucoup plus profond que la compréhension par la contemplation. Pour toutes ces raisons, on médite. La méditation menée plus loin va nous introduire à un état d’ouverture de plus en plus profond jusqu’à ce que l’on touche la non-dualité et c’est là où une certitude s’installe, là on devient certain de ce que le Bouddha a voulu nous montrer, de ce qu’il a voulu nous offrir – on pourrait dire – comme cadeau : c’est là la libération. Et si l’on médite profondément, on la trouve en soi-même. Donc, trois méthodes, étude, contemplation et méditation, qui servent de base pour développer trois fruits : discipline, stabilité mentale, et sagesse. Comment allons-nous transformer l’ignorance, la confusion ?

- le chemin vers la libération. Il faut développer une clarté, une compréhension sur ce que le Bouddha a enseigné concernant ces quatre sujets. - Il est essentiel de cultiver une aversion pour les émotions destructives. - Pensez dans votre for intérieur : jour et nuit, je dois faire bon usage du corps qui est le mien, foyer de la maladie, à l’origine des souffrances de la vieillesse, et sans substantialité comme une bulle. - Étudier les quatre pensées fondamentales. Il faut comprendre : - Pourquoi cette situation est-elle précieuse ? C’est la réflexion sur le précieux corps humain. - Sa nature impermanente, en quoi consiste-t-elle ? - Comment est-elle conditionnée par le karma ? Comment causes et effets jouent-ils un rôle dans notre vie ? - Et pourquoi dit-on qu’elle est caractérisée par la souffrance ? Ce sont les quatre pensées préliminaires. Je termine sur une pensée d’un maitre yogi indien Shura : « La vie humaine recèle une abondance d’avantages Plus qu’un joyau qui exauce les vœux. En l’atteignant, Qui pourrait la gâcher ? »

Maintenant, nous allons voir ce que nous pouvons faire concrètement dans les situations qui se présentent à nous. - Étudier les Quatre Nobles Vérités que le Bouddha a enseignées : - la souffrance ; - les causes de la souffrance ; - la libération de la souffrance ;

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LE PREMIER PAS

FRANÇOIS BLAIS PAR GUYPAR LARUE

Les différents chemins (1ère partie)

Quand on me demandait si j’avais fait Compostelle, ça me dérangeait un peu. J’avais en effet marché sur des chemins de Compostelle, mais je n’avais pas encore parcouru le Camino francés, ce que la plupart des gens considèrent comme étant LE chemin de Compostelle. Je ne savais pas quoi répondre, car en fait, il y a en Europe des centaines, voire des milliers de chemins de Compostelle. C’est comme une vaste toile d’araignée qui converge vers Santiago de Compostella. Il y a des sentiers qui partent de Pologne, d’Allemagne, d’Autriche, de Hongrie, de Serbie, d’Italie, des Pays-Bas, de Belgique, etc. Ils rejoignent tous des chemins en France. Il y a aussi plusieurs voies en Espagne et au Portugal. Certaines d’entre elles vont directement à Santiago. On peut même partir de Moscou sur un chemin de Compostelle balisé avec la coquille, à 4 500 km de la destination finale. Bien sûr, il ne serait pas possible de décrire tous les chemins, car ce serait une entreprise beaucoup trop importante pour la présente chronique. On se contentera donc des voies principales. En fait, nous allons nous intéresser plus particulièrement aux chemins en France, en Espagne et au Portugal. Il y a déjà très longtemps, plus précisément au XIIe siècle, un moine poitevin, Aymery Picaud, a rédigé un Guide du pèlerin dans le cadre du Liber sancti Jacobi, un ouvrage très ancien traitant de Compostelle. Selon lui, il y aurait quatre chemins principaux en France. Ce moine pèlerin, et peut-être auteur du premier guide de voyage comme ceux que nous connaissons aujourd’hui, n’a pas décrit les trajets en détail. Il a simplement mentionné les villes et les lieux de pèlerinage qui se trouvaient sur ces routes. Puisque le tracé historique n’a pas été établi avec certitude, des organismes de promotion du tourisme et des commerçants ont fait passer le chemin dans certains endroits

pour des raisons purement économiques. Ce qui est sûr, c’est que les chemins de Compostelle suivaient les routes principales de l’époque, c’est-à-dire les voies romaines. Alors malgré les petits détours commerciaux, on peut dire que les chemins actuels suivent probablement les routes historiques. Comme le premier guide a été écrit en latin, les chemins principaux portent des noms latins (ça fait plus chic !). D’abord, Aymery Picaud a répertorié la Via Turonensis (chemin de Paris-Tours), puis la Via Lemovicensis (chemin de Vézelay), la Via Podiensis (chemin du Puy-en-Velay) et enfin la Via Tolosana (chemin d’Arles). Ces quatre voies se rejoignent à Puente la Reina en Espagne sur le Camino francés, véritable autoroute des pèlerins qui va de Saint-Jean-Pied-de-Port, en France jusqu’à Santiago, en Espagne. Le pèlerin dont c’est la première expérience ne se cassera pas longtemps la tête et choisira probablement de marcher d’abord sur le Camino francés. Principalement pour des raisons pratiques, car on y trouve beaucoup d’hébergement, public ou privé, et des cafés ou restaurants en abondance, ce qui facilite l’intendance. Comme ce chemin est très fréquenté par des pèlerins qui viennent d’un peu partout dans le monde, on s’y sent en sécurité. D’ailleurs, la Guardia civil (gendarmerie nationale) est très présente sur certaines portions du Camino. Je précise que le pèlerin va d’abord commencer par ce chemin en Espagne, mais généralement, il va vouloir emprunter par la suite d’autres chemins. En effet, il va tellement aimer sa première expérience qu’il va vouloir la renouveler pour retrouver ce sentiment de bien-être qui accompagne la marche vers Compostelle. C’est là que le pèlerin devra choisir son nouvel itinéraire parmi les autres grands chemins. Peut-être va-t-il se laisser tenter par la marche au très long cours et partira pour quelques mois d’un point de départ très éloigné.

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ELLES

PAR UNE RÉSIDENTE

PAR GUY LARUE

L’itinérance féminine en maison d’hébergement L’itinérance est une problématique sociale qui, au Québec, représente des milliers de personnes. Les personnes itinérantes vivent dans des conditions extrêmes de pauvreté, n’ont pas de toit ou vivent dans des logements insalubres. Malgré le fait que la société reconnaît que ce soit une situation inacceptable, l’itinérance est tolérée et même devenue une norme sociale. Cette tolérance amène la fausse croyance que l’itinérance est inévitable et que peu importe nos efforts pour aider les itinérants, rien ne changera. Un autre préjugé veut que les personnes itinérantes aient fait le choix de vivre dans cette situation précaire, alors que dans la majorité des cas, les gens disent qu’ils sont à la rue à la suite de difficultés et d’échecs importants. Il est difficile de dénombrer les personnes n’ayant pas de domicile fixe puisqu’il s’agit d’une population que l’on peut difficilement identifier. Toutefois, les hommes représentent le plus important groupe de personnes en situation d’itinérance. Selon un article de Radio-Canada publié le 26 avril 2018, les femmes représenteraient 25 à 30 % de la population itinérante dans la région d’Ottawa-Gatineau. Pour les femmes itinérantes, leur présence dans la rue est plus « invisible » que celle des hommes. Dans un article du Journal de Montréal publié le 7 décembre 2017, on nous présente une nouvelle recherche de l’Université de Montréal qui a eu pour but de combler un vide dans la recherche sur les itinérants en se concentrant plus particulièrement sur le vécu des femmes itinérantes. On y mentionne que souvent, la réalité des femmes itinérantes ne serait pas prise en considération puisqu’on ne les voit pas. Les femmes affirment qu’elles se sentent invisibles. Elles ajoutent que la sécurité est rare et qu’elles sont à risque de vivre de la violence physique, des agressions sexuelles et même des assassinats. D’autres femmes affirment que ce serait leur vécu de violence qui les aurait amenées à se retrouver sans toit et dans une situation d’extrême pauvreté. Selon l’article de Radio-Canada, il serait difficile pour une femme d’aller dans les refuges pour itinérants puisque la majorité des usagers sont des hommes. En raison des nombreux abus vécus, les femmes développent souvent une peur des hommes et veulent éviter les situations où elles se sentent en danger et à risque. Ces femmes développent des stratégies pour éviter de se retrouver à la rue. Elles vont donc passer d’un refuge à l’autre, d’un membre de la famille à un ami ou encore d’une connaissance à l’autre.

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Les intervenants du milieu dénoncent le manque de ressources d’hébergement pour les femmes itinérantes ou vivant des difficultés temporaires. Dans la région de Gatineau, seul le Gîte Ami offre ce service aux hommes et aux femmes en situation d’itinérance. Celui-ci ne suffit toutefois pas à répondre à la demande puisque cette population est en augmentation constante. Il existe heureusement des maisons d’hébergement qui accueillent les femmes victimes de violence ou vivant des difficultés temporaires. Étant sous l’emprise de leur partenaire et vivant différentes formes de violence (psychologique, verbale, sexuelle, économique, sociale, spirituelle, physique), les femmes se retrouvent souvent sans logement ni revenu lorsqu’elles décident de quitter leur partenaire. Toutes les femmes hébergées sont donc à risque d’itinérance puisqu’elles n’ont plus de domicile fixe. Pendant leur séjour en maison d’hébergement, nous les aidons à reprendre le pouvoir sur leur vie en les écoutant, en les respectant et en les accompagnant dans leurs démarches, incluant avoir un revenu et se trouver un logement sécuritaire, salubre, stable et adéquat. Nous les accompagnons dans leur cheminement ainsi que dans l’atteinte de leurs objectifs personnels : démarches judiciaires, médicales, financières et autres. À la fin de l’hébergement, nous établissons avec elles un plan de sortie en les référant aux ressources adaptées selon leurs besoins spécifiques agissant ainsi en prévention à l’itinérance. Vous êtes une femme à risque d’itinérance ou êtes en situation d’itinérance? Vous connaissez une femme dans le besoin? N’hésitez pas à consulter ces ressources : MAISON LIBÈRE-ELLES (COLLINES) : 819 827-4044 CENTRE MECHTILDE (GATINEAU SECTEUR HULL) : 819 777-2952 L’ENTOURELLE (PONTIAC) : 819 683-2709 HALTE-FEMME HAUTE-GATINEAU : 819 449-4545 SOS VIOLENCE CONJUGALE : 1-800-363-9010

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Meditation du mois Chassez toutes vos pensées de doute, de peur et de ressentiment. Ne les tolérez jamais, si vous le pouvez. Fermez-leur les fenêtres et les portes de votre esprit comme vous protégeriez votre maison contre un voleur qui voudrait y pénétrer pour emporter vos trésors. Quels trésors plus précieux pouvez-vous posséder que la confiance, le courage et l’Amour ? Toutes ces richesses vous sont volées par le doute, la peur et le ressentiment. Faites face

Tu entends des voix?

à chaque jour avec paix et espoir. Ils sont les résultats de la vraie confiance en La Vie. La confiance vous donne une impression de protection et de sécurité que vous ne pouvez trouver par aucun autre moyen. Je demander d’avoir l’impression d’être protégé en en sécurité, mais pas seulement quand je suis dans le port. Je demande d’être protégé et en sécurité même au milieu des tempêtes de la vie.

ou vis avec d’autres types de phénomènes?

Quelques informations sur l’entente de voix et autres phénomènes

Tu as besoin d’en parler à quelqu’un?

…des études démontrent qu’entre 4 % et 10 % de la population à travers le monde entend des voix et qu’entre 10 % et 39 % de la population a entendu des voix au moins une fois dans sa vie (Shergill, Murray &McGuire, 1998).

1-800-567-9699

…entre 70 % et 90 % des gens qui entendent des voix le vivent suite à un événement traumatique. …la première manifestation du phénomène des voix peut survenir à tout âge et pour environ 6 % des entendeurs de voix, cette première manifestation survient avant l’âge de 6 ans, pour 10 % entre 10 et 20 ans et pour la majorité des gens, 74 %, cela se produira après l’âge de 20 ans. Source : https://aqrp-sm.org/groupes-mobilisation/revquebecois/histoire/ * Les autres manifestations peuvent inclure: phénomènes visuels, tactiles, olfactifs et gustatifs.

Notre philosophie d’écoute Ce que nous offrons ; une écoute basée sur le respect, l’empathie et l’authenticité. Nous croyons aussi que la personne la mieux qualifiée pour trouver des solutions à ses problèmes est la personne elle-même. Notre but est que la personne puisse s’exprimer en toute confiance.

Artiste : MC Leblanc

UN SERVICE D’ÉCOUTE FRANCOPHONE 24/7 / GRATUIT / CONFIDENTIEL PARTICIPER À LA GUÉRISON DES MAUX DE CE MONDE, PLUTÔT QU’À SA MALADIE.

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REGARD VIF

PAR JACINTHE POTVIN

La pauvreté, c’est ne pas avoir assez d’argent pour répondre à ses besoins de base en nourriture, en vêtements et en logement. Toutefois, la pauvreté, c’est plus, beaucoup plus, que le manque d’argent. La Banque mondiale décrit la pauvreté comme suit : La pauvreté, c’est avoir faim. La pauvreté, c’est être sans abri. La pauvreté, c’est être malade et ne pas pouvoir voir un médecin. La pauvreté, c’est ne pas pouvoir aller à l’école et ne pas savoir lire. La pauvreté, c’est ne pas avoir de travail, s’inquiéter de l’avenir et vivre au jour le jour. La pauvreté a de nombreux visages. Elle change de lieu en lieu et avec le temps. Elle a été décrite de maintes manières. Le plus souvent, la pauvreté est une situation à laquelle les gens veulent échapper. La pauvreté est donc un appel à l’action – pour les pauvres comme pour les riches –, un appel à l’action pour changer le monde pour que beaucoup plus de gens aient assez à manger, un logement décent, accès à l’instruction, à des soins de santé et à la protection contre la violence, ainsi qu’un mot à dire par rapport à ce qui se passe dans leur collectivité. La pauvreté, c’est aussi ne pas pouvoir participer à des activités récréatives, ne pas pouvoir envoyer ses enfants en excursion ou à une fête d’anniversaire avec leurs camarades de classe, ne pas pouvoir payer les médicaments en cas de maladie. Ce sont là autant de conséquences de la pauvreté. Les personnes qui peuvent à peine se nourrir et se loger ne peuvent tout simplement pas envisager de telles dépenses. Quand les gens sont exclus de la société, ne sont pas bien instruits et présentent une incidence élevée de maladie, cela a des répercussions néfastes sur la société. Nous payons tous le prix de la pauvreté. Le coût élevé du système de soins médicaux, du système juridique et d’autres systèmes qui aident les gens qui vivent dans la pauvreté a une incidence sur notre économie. La pauvreté ne découle pas d’une cause unique, et les résultats de la pauvreté sont différents dans chaque cas. La pauvreté

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varie considérablement selon la situation. On ne peut comparer le fait de se sentir pauvre au Canada à celui d’être pauvre en Russie ou au Zimbabwe. Les différences entre les riches et les pauvres à l’intérieur d’un même pays peuvent également être grandes. Malgré les nombreuses définitions de la pauvreté, une chose est certaine : la pauvreté est un problème de société complexe. Peu importe comment on la définit, on peut convenir qu’il s’agit d’un problème qui requiert l’attention de tous. Il importe que tous les membres de notre société travaillent ensemble pour que tous aient des possibilités de réaliser leur plein potentiel. Je ne crois pas que les gens sont pauvres par choix, car qui voudrait l’être ? Il y a des circonstances atténuantes. J’ai côtoyé des gens riches de qualité, autant que des gens riches plus pauvres que mes protégés, les personnes itinérantes. Il y a de ces gens tellement déconnectés humainement qu’ils sont d’une pauvreté crasse malgré leurs millions… Je crois au plus profond de moi-même que rien n’est plus laid et pitoyable que la pauvreté du cœur… Le but de notre existence est-il de passer notre vie à accumuler des « bebelles » égoïstement en regardant les pauvres de haut ou plutôt d’être solidaire avec nos semblables et faire tout en notre pouvoir pour mettre fin aux inégalités et à la souffrance humaine ? J’ai depuis ma jeune enfance une conscience universelle de cette souffrance, qui inévitablement me donne le mal de l’âme permanent. Cette douleur me quittera le jour où chaque être humain pourra manger à sa faim. Si j’étais riche, d’autres seraient mieux… Pour l’instant, et en cette vie, je ne peux qu’agir localement pour nourrir les corps, les esprits et les cœurs des personnes les plus démunies. Je suis née pour ça.

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Une députée accessible et engagée !

Maryse Gaudreault

députée de hull

et vice-présidente de l’Assemblée nationale

259, BOUL. ST-JOSEPH, BUR. 207 / 819 772-3000 / MARYSE.GAUDREAULT.HULL@ASSNAT.QC.CA

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HUMOUR

PAR CAROLINE LAURE KOBELA

« Je me souviens » (devise du Québec) Moi la cuisine j’aime ça et pourtant, j’ai raté pas mal de plats ; les pâtisseries, les desserts et même la vinaigrette de la simple salade … vous y croyez, vous ? rater une vinaigrette. Comme on dit chez nous, « mon cas est laid », enfin à l’époque ça l’était ; maintenant je suis une pro. Lors d’une de mes après-midi « essai-bouffe », je reçois donc la visite d’une amie (elle m’avait préalablement prévenue de sa visite). Après avoir pris les nouvelles mutuellement, je lui demandais : - Tiens Wiwi, comment était ton séjour au pays ? je suppose que tu as fait bombance de toutes ces choses qu’on a à la maison et que nous ne trouvons guère ailleurs ?!

Je me suis installée au Québec il y a très longtemps et je dois dire que j’aime la bouffe d’ici ; je pense à la poutine (qui n’est plus à présenter) ; au départ, je n’étais pas une grande consommatrice de pommes de terre mais je dois dire que, grâce à la poutine (sans exagérer, oui … rires), je suis devenue une grande amatrice de pomme de terre. À la maison je les prépare de différentes manières et j’adore ça. Je pense également aux queues de castor (avec du chocolat dégoulinant, bon sang … c’est délicieux ! _ moi et le sucre oh la la !), et aussi au concept des cabanes à sucre où on invite les gens à « bruncher » avec toute sorte de plats. Cerise sur le gâteau, attention roulement de tambour : le sirop d’érable ; eh oui, le fameux et célébrissime sirop, j’ai nommé l’or blond de cette terre qui nous accueille, qui accompagne gracieusement quantité de plats québécois.

- Oh oui ma chère, j’ai profité et bien comme il faut … j’ai mangé du poisson braisé (celui que les vendeuses au bord de la route préparent sur des petits blocs de charbon et une grille, n’a généralement pas le même goût que celui qu’on fait chez soi, il est plus exquis … rires) et beaucoup de « soya » (sorte de viande assaisonnée agrémentée d’oignons, de piment et d’épices en poudre, parfois vendue en morceaux découpés sur place ou en brochettes) - Et les légumes alors ?! - Hum ! je sens encore l’odeur d’ici ; j’ai mangé le « sanga » (mélange de maïs et de feuilles dans une sauce sucrée), du folong (mélange de légumes verts sautés avec du poisson fumé généralement ou de la viande) … j’ai fait des réserves en mets du pays - Moi ça me manque tellement tout ça … !!! Nous les personnes qui vivons dans des pays autres que ceux de notre naissance, nous vivons souvent de grands moments de blues, non pas qu’on soit déprimés, non, mais quand on pense à tous ces plats qui ont bercé notre enfance, ces bons fumets qui sortaient des cuisines de nos mamans et de nos grands-mères lorsque nous allions leur rendre visite en campagne, on se sent terriblement nostalgiques.

D’aucuns pourraient dire que les plats que j’ai cités, appartiennent de manière plus générale au Canada, mais j’ai connu tout cela grâce au Québec qui m’a accueillie. Au final, lorsqu’on se rappelle des deux cultures (la culture de naissance, et celle qu’on a embrassée par choix, par affection), les coups de blues « nourritu-ïque » (je pense que je mérite une petite place à l’académie de la langue française, non ? rires) disparaissent et on se sent comblé de toutes parts car on a de la richesse de l’un comme de l’autre côté. Tchin Tchin !!!

Mais d’un autre côté, où nous avons décidé de nous installer, nos pays d’accueil, il y a tant à découvrir. Et ce lot de choses à voir et surtout à goûter (don’t judge me, j’aime trop la bouffe, c’est thérapeutique des fois … rires), nous devons le prendre comme une énième forme de richesse culturelle que nous acquérons.

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UNE PAGE D’HISTOIRE D’ICI PHOTO : Archives de la Ville de Gatineau _ 030-01/007_p0587

PAR MICHEL PRÉVOST D.U., président de la Société d’histoire de l’Outaouais

Le Quartier-du-Moulin, sous le charme de la Nouvelle-Angleterre (1 de 2)

Les origines du Quartier-du-Moulin (Gatineau Mills) remontent au milieu des années 1920 lorsque le gouvernement du Québec afferme, pour la dernière fois, des terres à bois aux papetières qui souhaitent s’établir dans la province. La Canadian International Paper, la CIP, dont le siège social est à Montréal, mais qui est une filiale de la compagnie américaine International Paper souhaite acquérir plus de 1 000 kilomètres carrés de terres à bois en Outaouais. Une condition majeure s’avère cependant rattachée à cette concession. En effet, l’acquéreur s’engage à construire une usine de pâtes et papiers de 150 tonnes dans un délai de trois ans afin de faire la transformation complète du bois coupé dans la région. Il est fini le temps où le Québec exporte son bois vers les États-Unis sans transformation. C’est dans ce contexte, qu’en 1925, la municipalité de Templeton-Ouest permet à la CIP d’acheter plusieurs terres agricoles pour y construire à partir de 1926 une importante usine de pâtes et papiers de 26 millions de dollars, une somme colossale à l’époque, des baraquements pour les ouvriers et de belles maisons pour le directeur et les familles des cadres du moulin. Un plan d’urbanisme Fait rare à l’époque, un plan d’urbanisme planifie le quartier voisinant le moulin, notamment la grille et les noms des rues, la voie ferrée et la gare, ainsi que l’emplacement des quartiers résidentiels pour les ouvriers et un autre pour les dirigeants. Pour ne pas dépayser les cadres américains et leurs familles venant s’installer au Québec, la CIP érige sur les rues Poplar et Park (aujourd’hui James-Murray), une trentaine de maisons de style cottage s’inspirant de la Nouvelle-Angleterre.

Afin d’enjoliver les devantures des maisons, les garages pour les voitures sont aménagés à l’arrière. On y accède par des ruelles qui permettent aussi aux véhicules de service et aux éboueurs de passer par l’arrière. Bref, tout est mis en place pour assurer la beauté et la tranquillité du site pourtant situé à quelques mètres de l’une des plus imposantes usines de papier au Canada. En fait, la CIP s’est inspirée du concept du mouvement des cités-jardins né lors de la révolution industrielle en Angleterre à la fin du 19e siècle et qui s’est rapidement implanté dans le nord-est des États-Unis. Les adeptes de ce mouvement cherchent à créer un bel environnement vert et paisible à proximité des usines bruyantes et polluantes qui poussent comme des champignons à l’époque. À Gatineau, ce beau concept champêtre de cité-jardin s’adresse seulement aux habitations des cadres et non à celles des travailleurs de l’usine qui doivent se contenter de logements plus modestes dans un site moins enchanteur. Encore pire, en 1947, une vingtaine de familles ouvrières de la rue Saint-André doivent déménager pour faire place à une filiale de la CIP qui produit de l’éthanol, un alcool utilisé pour la fabrication de peinture, de caoutchouc synthétique et de produits pharmaceutiques. Les maisons sont déplacées au sud du chemin de fer sur les rues Main, Elm et Cypress. Aujourd’hui, un immense stationnement asphalté occupe le site de l’ancienne usine de la Commercial Alcohols Ltd. Voir Michel Prévost, « Le Quartier-du-Moulin, la cité-jardin de Gatineau », dans Hier encore, no 8, 2016, p. 33-37. Voir Bernard Lacroix, À l’ombre du moulin, une enfance à Gatineau 1934-1948, Société Pièce sur pièce, 2018, 131 p.

Par ailleurs, même si les maisons sont construites en série, elles sont de différents modèles afin d’éviter la monotonie. De plus, devant chaque habitation on trouve un terre-plein et des arbres qui séparent la rue et le trottoir.

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POINT DE VUE DU PROF

PAR NÉRÉ ST-AMAND Professeur titulaire École de service social, Université d’Ottawa

Construire des murs pour notre sécurité?

Les gens se sentent seuls parce qu’ils construisent des murs plutôt que des ponts . Cet article émane d’un commentaire de la part d’un voisin qui menaçait de construire un mur entre deux propriétés privées. Cette réaction m’a porté à réfléchir sur ce qui nous sépare et ce qui nous unit dans les contextes politiques et sociaux actuel. Tout d’abord, quelques chiffres présentent un aperçu de l’évolution récente de la tendance a bâtir des murs.

Il semble que, dans l’histoire, des hommes opiniâtres ont construit des murs plutôt que d’emprunter des voies de négociation. Des années ou même des siècles plus tard, lorsqu’on les détruit, la plupart reconnaissent l’erreur première : pourquoi l’avoir bâti? On pense au Mur de Berlin, séparant l’Allemagne de l’est de l’Allemagne de l’ouest.

1989 : Notre petite planète compte onze murs de séparation entre territoires (pays, régions).

D’autres mouvements existent qui visent une solidarité humaine, dépassant les frontières tout en reconnaissant et acceptant les particularités culturelles, géographiques, économiques, politiques. Je pense à la Course internationale pour la paix, un événement annuel commencé en 1987 par le visionnaire de paix Sri Chinmoy. Depuis plus de 30 ans, des milliers de coureurs bénévoles ont visité plus de 140 pays et partagé la flamme de paix avec plus de 10 millions de personnes, peu importe le pays, l’âge, la culture. Cette flamme représente un signe d’unité dans notre monde. Cette course commence et se termine aux Nations-Unies, à New York .

Depuis 2010 : une dizaine de murs ont été construits et une quinzaine d’autres sont prévus; 2019 : On compte actuellement 75 murs de séparation, construits ou en voie de l’être. Mis bouts à bouts, ils feraient 40,000 km de long, soit la circonférence de la terre! Est-ce un signe de la montée des divisions? Certains murs ont été mis en évidence récemment; on pense au mur séparant le Mexique et les USA, solution martelée par le président actuel. Nommé initialement « le mur de Bush » plusieurs pensent qu’il changera bientôt de nom! Un tel projet soit cousu de contradictions, non seulement au niveau des coûts de construction et d’entretien. Par exemple, un spécialiste des murs remarque: Cette frontière n’est pas un mur, cela n’a aucun sens. La frontière américano-mexicaine est l’une des plus ouvertes du monde, avec quarante-huit points de passage, des villes jumelles et 1,5 milliard de dollars d’échanges par jour ! Certes, de nombreux murs ont marqué l’histoire, soit au niveau des gigantesques projets de construction, à commencer par la Grande Muraille de Chine ou le mur des lamentations, surnommé mur occidental, à Jérusalem. Les murs constituent des moyens visibles de contrôle social, d’inclusion à l’intérieur et d’exclusion quand on est de l’autre côté, des lieux de passages interdits, moyennant toutes sortes de sanctions, le plus souvent au risque de sa vie pour les personnes qui osent transgresser ces frontières. Séparer les civilisés des barbares, les nomades des sédentaires, les bons des mauvais, les riches des pauvres, les blancs des noirs, les murs constituent une façon de régler nos problèmes. Est-ce la solution? Certaines réflexions que les murs suscitent… Pourquoi construire des murs? Quel est ce réflexe que certaines sociétés ont de vouloir se séparer et, de la sorte, prétendre vivre « en paix »? Existe-t-il d’autres moyens de vivre en harmonie? Qui gagne et qui perd à construire des barrières de séparation?

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De nombreux mouvements écologiques nous sensibilisent aux enjeux qui dépassent les frontières et pour lesquels nous devons travailler de façon solidaire plutôt que d’envenimer les conflits. Les enjeux climatiques, les enjeux écologiques, la survie de l’humanité, tels que proposés par de nombreux groupes progressistes et progressistes adoptent des moyens qui remettent en question les murs de séparation. Qui plus est, pour Elizabeth Vallet, chercheure en géographie et spécialiste québécoise des frontières, les murs aggravent habituellement les problèmes originels. Enfin, mentionnons quelques murs écologiques, comme celui au nord du désert du Sahara : un immense mur d’arbres visant à stopper la désertification de l’Afrique. Cette grande muraille verte pour le Sahara et le Sahel est un programme de l’Union africaine réunissant plus de 20 pays. Cette initiative est soutenue par de nombreuses organisations régionales et internationales et constitue un exemple de projets qui peuvent unir des régions et pays plutôt que de nous diviser, entre voisins, entre régions, entre pays… Citation attribuée à Isaac Newton (comparato.fr) Il s’agit du géographe Michel Foucher : https://www.lemonde.fr/international/article/2018/02/02/les-murs-dans-le-monde-en-reponse-aux-nouvellespeurs_5250846_3210.html https://www.peacerun.org/ca/ https://www.sudouest.fr/2016/09/28/ces-murs-qui-separent-les-hommes-a-travers-lemonde-2515420-4758.php https://fr.wikipedia.org/wiki/Grande_muraille_verte

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PAR ANDRÉ GUYON

TECHNOLOGIE & HUMANITÉ

Alphabétisation et informatique dès 1985 Quand la technologie joue un rôle positif. Dans le prochain article, je vous parlerai de la situation aujourd’hui. On croirait que de nos jours, tout le monde sait lire et écrire dans les pays « développés ». La réalité est toute autre. L’exclusion et les préjugés subis par les gens qui ne savent ni lire ni écrire sont bien réels, même de nos jours. Certains savent lire, mais en arrachent beaucoup pour comprendre ce qui est écrit. Mon meilleur ami fut l’un des fondateurs d’un groupe d’alphabétisation populaire à Montréal. Le groupe fut fondé en 1982, et son aventure technologique a commencé vers 1985, si mes souvenirs sont exacts. En 1985, les utilisateurs des guichets automatiques sont encore un peu marginaux… Il peut arriver qu’il y ait une file dans la succursale d’une caisse, et personne au guichet automatique. En 1985, il y a encore des cabines de téléphone un peu partout, et la plupart des gens n’ont pas accès à un ordinateur ou à Internet… Le groupe d’alphabétisation populaire Lettres en main a commencé dès 1985 à se doter d’un ordinateur, et à le faire utiliser par ses participants.

Selon mes souvenirs, ces exclus du système scolaire étaient plutôt heureux d’apprendre non seulement à lire, mais aussi à utiliser cet outil du futur. Quelque temps plus tard, le groupe en question eut l’idée géniale de faire développer un simulateur de guichet automatique. Pour moi et pour les gens qui aiment lire, le guichet automatique est presque banal. Pour une personne qui en arrache avec la lecture, ben c’était autre chose. Sur un vieux Mac monochrome de l’époque, ils avaient donc créé un simulateur. Ça pouvait permettre aux participants des groupes d’alphabétisation de voir avec quelqu’un s’ils procédaient correctement. Ironie du sort, peu après l’arrivée du simulateur en question, le guichet distribuait des 20 $ au lieu des 10 $. Au fil des ans, l’organisme s’est installé un laboratoire où il y avait un bon nombre d’ordinateurs. Les participants apprenaient donc, en plus de la lecture et de l’écriture, à utiliser un peu les ordinateurs pour divers petits travaux. De nos jours, le portrait est très différent, mais ça, si vous permettez, je vous en parlerai dans le prochain article.

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L’HABITATION

PAR LE ROHSCO

Une visite de milieu au Karen’s Place d’Ottawa Salus Le 10 mai dernier, la Table de concertation des intervenants en soutien communautaire en habitation de l’Outaouais a organisé un atelier mobile avec la directrice générale d’Ottawa Salus, Lisa Ker. En tant que région frontalière, nous devons mieux comprendre comment tisser des liens de collaboration et des partenariats avec des organismes novateurs de l’Ontario. La première partie de cette visite de milieu qui fera l’objet de cet article a eu lieu au projet Karen’s Place d’Ottawa Salus. Malheureusement, le trafic particulièrement dense depuis les inondations a fait en sorte que nous avons dû couper la visite au siège social d’Ottawa Salus. Toutefois, la seconde partie qui s’est déroulée au Oaks des Bergers de l’espoir sera diffusée au mois d’août, soit à la suite de ce présent exemplaire du Portail de l’Outaouais. En somme, dans l’ensemble, Ottawa Salus offre de l’habitation sociale avec soutien et services en logement à 325 locataires ayant des problèmes de santé mentale. Les différents logements sont répartis dans 15 immeubles. Il n’est pas dans la philosophie de l’organisme de bâtir des immeubles de 100 à 200 logis, chaque projet comprend au maximum une trentaine ou une quarantaine de locataires afin de favoriser les liens de proximité et le sentiment d’appartenance. Le projet de logement social Karen’s Place que nous avons visité offre 42 logements aux adultes présentant des problèmes de santé mentale. Le nom du projet est en fait le prénom de la fille d’un important investisseur. Karen avait un problème de santé mentale et après son décès, ce donateur a voulu rendre hommage à sa famille en investissant dans ce projet écoresponsable et voué à cette cause sociale.

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Ce volet innovateur a été inauguré en 2016, il s’agit donc d’une construction récente. En plus de cette mission sociale, Karen’s Place est l’un des rares logements sociaux certifiés comme « Passivhauv ». L’organisme Maison passive Québec a comme objectif de diffuser en français les formations et les différentes sources d’informations visant à obtenir la certification de ce modèle basé sur l’efficacité énergétique. Cette approche de développement durable a été initiée en 1990 en Allemagne. Des études ont été approfondies dans des pays nordiques pour trouver les matériaux qui favorisent la filtration de l’air extérieur. L’air qui provient de dehors est calculé et reconduit pour chauffer ou climatiser la bâtisse. Bien que les coûts de construction pour rendre ce projet novateur soient élevés, l’organisme peut économiser sur les frais de chauffage et de climatisation du bâtiment. La certification « Passivhauv » constitue une alternative durable et innovatrice aux changements climatiques. Sources : Ottawa Salus : Repéré à : https://www.salusottawa.org/fr/ Certification du projet Karen’s Place : Repéré à : https://www.passivehousecanada. com/projects/salus-clementine-karens-place/ Maison passive Québec : Repéré à : https://www.maisonpassivequebec.com/

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LE MOT DU CRIO

PAR JANICK ALLYSON

Savoir-être 101 Avec la chaleur et le soleil, on sort dehors! Les gens de tous les horizons passent davantage de temps à l’extérieur, se déplacent à pied ou en vélo et se promènent pour le plaisir. Sans grande surprise, les chances de croiser des citoyens en situation d’itinérance ou en train de faire de la sollicitation augmentent. Sans faire l’autruche, nous pouvons affirmer que certaines personnes ne savent comment réagir. Inspiré d’un article rédigé à Montréal, voici un petit guide pratique de savoir-être avec les personnes en situation d’itinérance, rédigé avec la collaboration de personnes du milieu!

On peut aussi décider de toujours donner à la même personne, avec qui on tisse un lien, ou encore mieux : on trouve un camelot du Portail, et on lui achète un magazine! Sinon, une bouteille d’eau, un billet d’autobus ou de la nourriture, ça aide aussi!

1. Reconnaitre leur présence. Imaginez passer la journée dehors de voir des gens délibérément ignorer votre présence, détourner le regard et changer de trottoir. « Ce n’est pas sorcier : ne faites pas comme si on n’était pas là. On ne mord pas. »

Pour simplifier, voici : les gens ne se résument pas et ne se définissent pas par leur situation d’itinérance. Traitons-nous bien les uns les autres, puisque nous menons tous nos propres batailles.

4. Agir avec compassion. Vivre sans un logement à soi, ce n’est pas facile. C’est dommageable sur la santé mentale et sur la santé physique, et c’est très rarement un choix. Adressons nos concitoyens avec empathie, mais rappelons-nous aussi qu’ils n’ont pas à nous raconter quoi que ce soit.

2. Sourire et saluer. Ici, il n’est pas nécessaire d’engager une longue conversation, de donner de l’argent ou de tisser des liens pour la vie. Un sourire, un regard dans les yeux ou un « Bonjour! » sont des politesses de base pour tous, sans exception. 3. Quelques sous, c’est toujours apprécié. Ce n’est pas grand-chose, mais c’est utile. Si certains ont des inconforts, car ils ne savent pas dans quoi sera dépensé cet argent, n’oublions pas qu’il ne s’agit pas à nous de juger de ce que les gens font avec leur argent. Ils vont répondre à leurs besoins, et c’est à eux de décider de ce dont ils ont besoin.

Collectif régional de lutte à l'itinérance en Outaouais

Communiqué de presse Pour diffusion immédiate Démantèlement de tentes au Gîte Ami : Une situation sans issue Gatineau, 31 mai 2019 – Ce matin, entre 8h et 9h, un campement regroupant une trentaine de personnes en situation d’itinérance a été démantelé à la suite d’une décision de la municipalité de ne pas tolérer sa présence sur les lieux. Sans endroit précis où être relocalisés, les citoyens qui y étaient installés devront faire preuve de créativité pour trouver un endroit où dormir. Dans le contexte de la crise du logement actuelle, exacerbée par les catastrophes naturelles des deux dernières années, le Gîte Ami, seul refuge en hébergement d’urgence de la région de l’Outaouais, est toujours à pleine capacité malgré l’arrivée du beau temps. En l’absence de ressources où passer la nuit, des citoyens en situation d’itinérance sont dans l’obligation de dormir dehors. Pour plusieurs, se réunir de cette façon dans un lieu près des ressources d’aide et d’accompagnement est une mesure de protection. Rappelons que les personnes en situation d’itinérance sont statistiquement plus à risque que leurs concitoyens d’être victimes d’actes criminels. En cas de crise où de problème important de santé, la proximité des ressources assure une plus grande sécurité. « Nous n’accepterions jamais de mettre ainsi à la porte des sinistrés des inondations sans leur avoir trouvé un endroit où se relocaliser. On traite la situation avec deux poids, deux mesures. » souligne Lise Paradis, directrice exécutive au Gîte Ami.

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Malheureusement, les solutions à court terme manquent pour relocaliser ces personnes. Alors que certaines seraient prêtes à retourner en logement, d’autres pourraient avoir besoin de ressource en logement transitoire ou d’une place en hébergement d’urgence. Or, toutes ces ressources manquent dans la région. Un groupe d’acteurs impliqués dans la lutte à l’itinérance s’est déjà réuni d’urgence afin de trouver une solution à court terme, mais il est impossible de mettre sur pied une alternative dans les délais nécessaires. Une annonce sera faite à la population prochainement concernant les suites des actions. Dormir en tente en plein centre-ville représente déjà des conditions de vie difficiles à accepter. S’il est évident que la tenue d’un campement de la sorte ne peut constituer la meilleure solution pour lutter contre l’itinérance et ne représente pas une avenue bénéfique à long terme, les membres du CRIO et le Gîte Ami craignent pour la sécurité et le bien-être des personnes en situation d’itinérance qui devront se relocaliser ce soir et les jours suivants. -30Pour plus d’informations, vous pouvez joindre Janick Allyson du Collectif régional de lutte à l’itinérance en Outaouais (CRIO) au (819) 712-2746 ou au coordo_crio@hotmail.com ou Lise Paradis, directrice exécutive du Gîte Ami, au (819) 921-4607.

109-003, rue Wright Gatineau, Québec J8X 2G7

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Cellulaire : 819 712-2746 Coordo_crio@hotmail.com

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PSYCHOYOGIE

PAR VALÉRIE LEPAGE

Les multiples visages de la pauvreté : Un pouvoir d’action Il y a des périodes propices où l’on prend davantage conscience de la pauvreté des individus, des familles ou des aînés. Je pense à l’approche de la période des fêtes où l’on prépare des denrées pour célébrer le réveillon de Noël et à la rentrée scolaire où des groupes de bénévoles assemblent des trousses d’effets scolaires. Il y a aussi le dépôt des budgets gouvernementaux où des groupes locaux revendiquent plus de fond pour permettre à des familles d’avoir accès à des logements sociaux à un prix abordable, pour ne pas dire raisonnable, puisque se loger est devenu hors de prix. Le rapport Sortir de la pauvreté au Québec, disponible sur le site de l’Institut du Québec, nous parle des facteurs clés qui permettent une mobilité sociale nécessaire à faire descendre le taux de pauvreté. Ce qui a attiré mon attention dans ce rapport, c’est la proportion de personnes issues de familles québécoises défavorisées et qui arrivent à accéder à la classe moyenne ou à la classe supérieure. Ils sont un peu plus que 70 %. L’étude a suivi des jeunes à partir de 1986 pour faire ces constats. Il y a pour moi une pauvreté silencieuse sur laquelle nous avons tous « un véritable pouvoir d’action » en dépit du fait que nous ne naissons pas tous égaux économiquement. Nous pouvons tous faire le choix de sortir des cercles familiers qui mènent à la pauvreté si nous avons le courage de faire un premier pas dans l’inconnu. Cet article me permet de vous dire combien je suis fière de ma grand-mère maternelle, qui dans la jeune vingtaine, avec deux enfants en bas-âge, a eu le courage d’être une pionnière en demandant le divorce d’un homme qui s’est avéré en peu de temps, violent et alcoolique, en 1980. Avec peu d’éducation, soit une 6e année, elle a cru qu’il valait mieux être pauvre et se respecter que pauvre et vivre une vie familiale dysfonctionnelle. Dotée de talents artistiques en cuisine, en peinture et en couture, elle a misé sur ses forces et a utilisé les leviers mis de l’avant par notre société pour s’en sortir au cours des 40 dernières années. Aujourd’hui, à l’aube de ses 60 ans,

elle a une fois de plus rassemblé son courage et s’est lancée en entreprise. Des histoires inspirantes comme celle-ci, il y en a plusieurs. Si nous n’avons pas tous les capacités ou le désir de faire des études universitaires, nous avons tous le pouvoir de nous donner des outils et des leviers pour nous sortir de conditions destinées à nous maintenir dans la pauvreté et un avenir prévisible si nous ne tentons rien. Il y a déjà des années que l’alcool est légal en dépit des ravages qu’elle peut faire dans une famille, et sans oublier la marijuana. Trop souvent, l’essayer c’est l’adopter et ce mode de vie peut nous amener dans une spirale très coûteuse à plusieurs égards. Je pense aux risques pour la santé physique, psychologique, émotionnelle et à l’argent qui est enlevé à un budget parfois déjà restreint. Évidemment, ce n’est pas un discours qui plait et j’en suis consciente, mais regarder les visages de la pauvreté demande aussi de regarder tout ce que les personnes précaires ont en commun et on ne peut pas négliger ces facteurs même si dans une certaine mesure, ils permettent parfois de faire face à la survie. Choisir ses priorités est un choix qui nous appartient à tous et l’on ne peut malheureusement pas vivre dans l’attente passive qu’une aide extérieure, à elle seule, nous sorte de la pauvreté. S’il y a une chose que j’ai retenue de ma grand-mère et des membres de ma famille, c’est qu’il faut faire sa chance tous les jours, croire dans ses rêves, sortir des chemins battus, se donner du temps pour y parvenir et oser de toutes ses forces. La véritable richesse a aussi plusieurs visages et elle se compose pour moi de compassion, de patience et d’entraide… et cela nous en sommes tous capables ! À consulter : https://www.institutduquebec.ca/docs/default-source/default-document-library/idq--sortir-de-la-pauvreté-au-québec-vf.pdf?sfvrsn=0

À votre service depuis 1924 819.778.2122 | info@duprogres.ca 22

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PAR ANNICK BRAZEAU

SANTÉ SEXUELLE Lorsqu’il est question de santé sexuelle, le commun des mortels pense évidemment à la protection lors des rapports intimes. Bien que cet aspect soit un point central de la santé sexuelle, les moyens de contraceptions, donc la protection, fait partie d’un tout. En effet, l’Organisation mondiale de la santé définit la santé sexuelle comme suit : « La santé sexuelle est un état de bien-être physique, émotionnel, mental et social relié à la sexualité. Elle ne saurait être réduite à l’absence de maladies, de dysfonctions ou d’infirmités. La santé sexuelle exige une approche positive et respectueuse de la sexualité et des relations sexuelles, ainsi que la possibilité d’avoir des expériences plaisantes et sécuritaires, sans coercition, discrimination et violence. Pour atteindre la santé sexuelle et la maintenir, il faut protéger les droits sexuels de chacun. » En effet, la santé sexuelle se manifeste non seulement par des pratiques sexuelles saines, mais aussi par une approche positive et respectueuse de la sexualité. Avoir des relations sexuelles ne devrait pas être une corvée ou une obligation. L’attitude positive reflète le désir ainsi que la satisfaction de l’acte, et ce, avant pendant et après. Lorsqu’une pulsion nous pousse à faire quelque chose, et que le lendemain il y a du regret, la santé sexuelle n’est pas respectée puisque le bien-être émotionnel et mental sera affecté. Il est donc primordial de se connaitre et de connaitre nos limites individuelles parce que nous avons un pouvoir de contrôle et de décision sur cet aspect. De plus, la population a un impact direct sur la santé sexuelle. Comme mentionné plus haut, il s’agit de l’amalgame du bien-être physique, émotionnel, mental et social englobant la sexualité. En ce sens, plusieurs facteurs peuvent venir brimer l’intégrité d’une santé sexuelle. Je pense ici à l’hypersexualisation et la mise de l’avant de l’idéalisation du corps de la femme et de l’homme, les agressions sexuelles qui vienne brimer autant le plan physique, émotionnel, mental et social, mais il y a aussi toutes les infections transmises sexuellement et par le sang (ITSS). Souvent les facteurs brimant l’intégrité sexuelle sont des facteurs extérieurs et de société ayant un impact direct sur la personne.

PLACE AU CITOYEN Je vous invite à prendre un moment pour penser à votre santé sexuelle. Tout d’abord physiquement. Lors de l’acte sexuel, est-ce que vous ressentez des douleurs ? Est-ce que vous vous retrouvez avec des ITSS suite à une relation non protégée ? Est-ce que vous vous protégez lors des relations sexuelles ? Est-ce que globalement votre santé sexuelle physique se porte bien ? Par la suite, émotionnellement comment vous sentez-vous avant, pendant et après l’acte sexuel ? Quelle est l’émotion ressentie lorsque vous avez des relations ou lorsque vous pensez à avoir des relations ? Est-ce que globalement votre santé sexuelle émotionnelle se porte bien ? Mentalement maintenant, est-ce que le nombre de partenaires que vous avez eu vous préoccupe ? Est-ce que vous revivez une relation sexuelle sans cesse dans votre tête sans être capable d’oublier ce que vous avez vécu ? Est-ce que votre partenaire vous fait des critiques durant le rapport sexuel ? Est-ce que globalement votre santé sexuelle mentale se porte bien ? Pour finir, il y a la sphère sociale. Est-ce que vous vivez la pression des autres au niveau de votre sexualité ? Est-ce que vous trouvez que les gens autour de vous vous jugent lorsque vous leur parlez de votre vie sexuelle ? Est-ce que vous vous sentez obligé d’avoir des relations sexuelles pour être accepté de votre groupe de pairs ? Est-ce que globalement votre santé sexuelle sociale se porte bien ? En tant qu’humain, il est important de faire une introspection dans le but de découvrir qui nous sommes et notre valeur en tant que personne. Je crois qu’il est d’autant plus important de faire le même processus pour notre santé sexuelle parce que celle-ci peut avoir un impact sur toutes les sphères de notre vie. Sabrina St-Amour, étudiante en sexologie et intervenante Maison d’Hébergement Pour Elles Des Deux Vallées

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Programmation complète au

gatineau.ca/calendrier

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