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Journal de rue

Actualité sociale Roger Blanchette

Le projet de loi 70 sur l’aide sociale: un recul inacceptable

Mode de vie sain

L’ENTREVUE Robert Savoie

Marie-Claude Bénazet Bon débarras!

Le mot du CRIO

Alexandre Ranger Le boisé

Le Portail vous présente... Soupe Populaire de Hull Inc.

APPEL Voir page 22

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Numéro 8 Juillet 2016


2 - Le Portail de l’Outaouais - juillet 2016

Participer à la guérison des maux de ce monde, plutôt qu’à sa maladie.


ÉDITORIAL

Le but de l’exercice dans ce mensuel, à part venir en aide à nos camelots et leur offrir la chance de reprendre leur place dans des conditions de vie améliorées, est de vous sensibiliser sur des sujets rarement discutés ouvertement et par ce fait, briser les préjugés et la stigmatisation en laissant l’espace aux personnes qui côtoient quotidiennement cette dure réalité de s’exprimer et nous partager leur expérience et leur perception. Comme moi, ce ne sont pas des journalistes ni des écrivains, mais de simples humains extrêmement riches en connaissance des souffrances humaines qu’ont à vivre certains d’entre nous, qui nous transmettent par le biais de ce magazine leur savoir en matière de problématiques individuelles, sociales, humaines et conséquemment planétaires. Je vous souhaite un merveilleux été, rempli de toutes ces petites joies que peuvent nous apporter les activités estivales dont nous avons le luxe et la liberté de nous offrir. Restons dans la gratitude pour ces bienfaits. De retour en septembre. Bonne lecture. Christian Gosselin Éditeur

SOMMAIRE

Robert Savoie

ACTUALITÉ SOCIALE

Le projet de loi 70 sur l’aide sociale : un recul inacceptable

DOSSIER SPÉCIAL Le Portail rayonne

ITINÉRANCE et PROBLÉMATIQUES CONNEXES Être seul... sans l’être

LE MOT DU CRIO Le boisé

15 16 17 18 20

MODE DE VIE SAIN Bon débarras!

LES BILLETS DE C

Le CLOWN, pour retrouver le plaisir de jouer!

HISTOIRE RÉGIONALE

Les vacances, d’où ça vient?

LE PORTAIL VOUS PRÉSENTE... Soupe Populaire de Hull Inc.

PLACE AU CITOYEN

RÉTABLISSEMENT

Tout commence par l’espoir

APPEL Voir page 22

Le Portail de l’Outaouais - juillet 2016 - 3

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L’ENTREVUE

Participer à la guérison des maux de ce monde, plutôt qu’à sa maladie.

Voici notre numéro estival double juillet/août. Août étant notre édition « 0 » promotionnelle produite et distribuée en novembre 2015 aux bailleurs de fonds, commanditaires et partenaires potentiels.


Participer à la guérison des maux de ce monde, plutôt qu’à sa maladie.

Notre conseil d’administration Président; Sylvain Roy Vice-présidente; Marina Nicolau Trésorier; Guy Desjardins Secrétaire; Geneviève Rollin Admin.; Amina Hussein Admin.; Denise Laferrière Rep. camelots; Vacant

Fondateur/dircecteur/éditeur: Christian Gosselin Correctrices: Fanny Lachambre Caroline Malo Dernière lecture: Michelle Morin Infographiste: Marie-Pier Renaud Imprimerie du Progrès

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Pour reçu d’impôt 80683 4388 RR0001

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L’ENTREVUE Par : Christian Gosselin

Par contre, il effectue un transfert vers le travail. Sa rage intérieure le mène à fuir d’une autre façon. Robert a encore des comportements explosifs et n’est, surtout, jamais présent, et sa conjointe quitte le foyer familial. Lorsque Robert avait 28 ans, son père est assassiné à coups de pieds et à coups de poing par trois jeunes individus. Robert ne vit que pour la vengeance. Il n’en dort pas la nuit. Il se crée des scénarios où ils tuent ces hommes. Robert ne vit plus que pour le travail et pour mettre ses plans de meurtre à exécution. C’est très lourd et surtout, très obscur. Il vit ainsi dans la haine pendant quatre ans. À trente-deux ans, Robert rentre chez lui, s’enferme dans sa chambre et brise de l’intérieur. Il éclate en sanglots, couché par terre, blotti contre lui-même en position fœtale. Il crie : « Aide-moi, je ne suis plus capable » . C’est le début d’un cheminement spirituel, de guérison et de constante croissance personnelle. Avec beaucoup de travail intérieur, Robert est arrivé à pardonner aux agresseurs de son père. Il est allé en visiter un au pénitencier où ils ont pu discuter pendant des heures, et il a offert du travail à un autre. « Le pardon est l’arme la plus puissante et la plus efficace pour grandir », dit-il. Robert ouvre, un peu plus tard, Le Centre de mieux-être Robert Savoie, un élan du cœur, un appel, une mission de vie : aimer, servir.

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« Aimer, servir »

Participer à la guérison des maux de ce monde, plutôt qu’à sa maladie.

Robert Savoie est un p’tit gars d’la Pointe, comme on dit. Robert, vous le constaterez bien, est un autre être humain bien mal parti dans la vie qui, miraculeusement, a changé sa trajectoire de vie pour le mieux. Un témoignage d’un revirement total à 180 degrés. De la peur à l’Amour, du vide à la plénitude, du « prendre » au don de soi, de la violence à la paix. C’est une quête spirituelle, une ouverture à « autre chose » qui lui a sauvé et qui lui sauve, jour après jour, la vie, et sa clef pour ouvrir la voie, dit-il ; le pardon. Le résultat d’avoir finalement atteint un jour son seuil de tolérance à la souffrance et d’avoir crié à l’aide. Robert redonne à autrui ce qu’il reçoit de ce nouveau mode de vie. « Aimer, servir » sont les mots qui l’animent, qui le nourrissent et qui lui donnent ce pouvoir de rediriger d’autres êtres souffrants vers un chemin plus doux, plus lumineux. Robert est un homme costaud, imposant, mais la douceur dans ses yeux nous ramène vivement vers lui. On a le goût qu’il nous parle, on sent qu’il a quelque chose à nous dire, peut-être même à nous apprendre, et ce, dès le premier contact visuel concret. Robert Savoie, par contre, n’a pas toujours provoqué ce sentiment. Il a un vécu de violence et, à ses vingt-trois ans, il était déjà détenteur de plusieurs charges criminelles pour assauts. Une rage atroce l’habite depuis sa pas si tendre enfance. Le benjamin de cinq garçons, issu d’un milieu familial agressif, violent, il ne connaît pas mieux. Étant gaucher, à la maternelle, on l’oblige à écrire de la main droite. Il en est incapable, il écrit de droite à gauche. Avec un problème d’inattention en plus, il se retrouve dans des classes de récupération. Déjà insécurisé, avec très peu d’estime de soi, de confiance, un environnement familial très malsain, victime de deux épisodes d’abus sexuel et après avoir vu sa maison incendiée, Robert consomme de l’alcool et la cigarette dès l’âge de sept ans. Ça part mal! À treize ans, Robert avoue être déjà un toxicomane invétéré. Il poursuivra ce mode vie nourri par la violence, il fera trois tentatives de suicide, et consommera de la cocaïne et de l’alcool jusqu’à vingt-trois ans. Une jeune femme voit alors en lui ce que lui-même ne voit pas. Cette union donne naissance à un enfant. Il se produit, à ce moment-là, pour Robert, un certain déclic. Il se convainc que son mode de vie ne correspond plus à ce nouveau statut et il cesse de consommer.


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Ce centre entre dans sa septième année de services. J’ai moi-même entendu, à maintes reprises, de plusieurs personnes du centre, comment Robert Savoie les a aidées, comment Robert Savoie leur a littéralement sauvé la vie. Robert a, bien entendu, lui aussi entendu de tels robertsavoie@centredumieuxetre.com 819-617-0664 témoignages, par exemple de gens avec des plans de suicide bien établis qui, aujourd’hui, ne lui témoignent que de la gratitude pour la vie heureuse qu’ils mènent. Robert se dit être un défricheur de chemins. Les gens arrivent souvent à lui dans leurs bas-fonds, et vides d’espoir. Il leur montre une nouvelle voie, il leur montre une porte entrouverte jamais insoupçonnée. C’est à eux d’y entrer ou non. Cette porte les amène vers un chemin propre à chacun selon le cas, mais toujours dans l’amour, la paix et surtout, surtout, l’espoir. L’épouse actuelle de Robert travaille comme partenaire dans cette aventure de relation d’aide. Cette quête l’a amenée à retourner aux études pour faire d’elle, aujourd’hui, une thérapeute certifiée. C’est main dans la main que ce couple redonne à l’humanité ce qu’ils ont si abondamment reçu.

« Le plus grand pouvoir est le pardon. D’abord à soi-même, puis à autrui. » Robert nous avoue, par contre, devoir, encore aujourd’hui, être très solidement ancré pour entrer dans une salle pleine d’inconnus. La peur des gens revient le hanter aussitôt qu’il est le moindrement intérieurement mal ancré, une séquelle du passé. Robert Savoie croit en l’humain. « Malgré que l’Homme semble courir à sa perte, le vent tourne, une intériorisation et un éveil sont présentement en train de se faire. Les gens cherchent, et dès qu’on s’ouvre à cette porte intérieure, on n’est plus jamais seul ». Robert me partage que ceux qui ne s’accrochent pas à ce vent nouveau risquent de passer à côté. « Le problème actuel majeur de l’être humain est la dépendance affective : 95 % des êtres humains en souffrent à un degré ou un autre et compensent par les excès, que ce soit dans le sport, l’entraînement physique, le travail, les gains matériels ou le pouvoir, le sexe, les substances psychotropes. D’ailleurs, 95% des êtres humains à qui nous avons demandé quel était leur plus grand regret, la réponse est de ne pas avoir assez aimé ».

Lorsque questionné sur une possible solution à apporter à la situation actuelle de l’Homme, Robert répond qu’un éveil de conscience est nécessaire, que c’est en train d’arriver à l’échelle planétaire. Que malgré qu’il reste énormément de travail à faire, il garde espoir. Quant à sa perception de l’itinérance, il nous dit qu’il a toujours donné un peu de sous sans questions, mais qu’aujourd’hui, il réalise que de s’arrêter et d’offrir un regard et un sourire est la chose à faire avant tout. C’est un signe de reconnaissance, une façon de leur attribuer

de l’importance. « Ces gens-là ont aussi une histoire, demandons-la. » Robert propose, comme voie de solution, l’éducation affective. Selon lui, nous apprenons beaucoup au niveau cognitif, mais il y a un manque flagrant au niveau affectif. « Pourquoi n’enseignons-nous pas à nos jeunes comment vivre en confiance et avec estime de soi-même, comment vivre un deuil ou même de l’importance du pardon ? » Depuis quatre ans, Robert donne des conférences dans une école secondaire privée de la région. Il a reçu de la part des étudiant-es un nombre considérable de remerciements, de parchemins remplis de mots de gratitude pour ce qu’ils ont appris et du comment leur regard sur la vie a complètement changé pour le meilleur (Robert peine à cacher une larme). « Le problème est rarement au niveau cognitif, il se situe plus souvent qu’autrement au niveau affectif, émotif ». Pour Robert Savoie, changer le monde est très réaliste, oui, mais ça se fait en commençant par soi-même. « Il s’agit d’être en relation intime avec soi-même, d’écouter sa voix, son intuition, puis de lui obéir. Aujourd’hui, que dois-je faire pour faire de ce monde un monde meilleur ? Ce sont les petits gestes quotidiens qui changent le monde. Donner de l’amour concrètement partout autour de nous, ça crée des vagues, ça se propage, ça se multiplie. » « Aimer, servir » est sa prière quotidienne, sa philosophie, sa ligne de conduite, sa ligne de vie.


Actualité sociale

Par : Roger Blanchette

En novembre 2015, le gouvernement Couillard a déposé le projet de loi 70 visant à modifier les règles de l’aide sociale. Cette loi s’inscrit directement dans la logique des mesures d’austérité libérales, puisque son but avoué est de récupérer, sur le dos des plus démunis, 50 millions de dollars. Les problèmes du parti libéral et la valse des ministres successifs ont fait en sorte qu’elle n’a pas encore été adoptée, mais elle devrait l’être à l’automne. Les modifications proposées seraient désastreuses pour tous les assistés sociaux, mais plus particulièrement pour les femmes, les jeunes et les immigrants, puisqu’elles visent directement les nouveaux demandeurs d’aide sociale et que ces groupes, selon de récentes études, en constituent le plus grand bassin. En vertu de la nouvelle loi, tout demandeur se verrait obligé d’accepter n’importe quel « emploi convenable » sous peine de se voir couper jusqu’à 50 % de sa prestation mensuelle! Qu’est-ce qu’un « emploi convenable »? C’est le ministre qui en déciderait puisque la loi augmenterait considérablement ses pouvoirs discrétionnaires! En même temps, la loi forcerait la fermeture des bureaux d’Emploi Québec, dont le rôle est justement d’aider les prestataires à se trouver un emploi ou à recevoir une formation préparatoire à l’emploi. Le projet de loi s’appuie

clairement sur les préjugés véhiculés par certains politiciens et certains médias, préjugés selon lesquels les assistés sociaux sont des fraudeurs et des paresseux. Il préconise une approche strictement répressive : son but n’est pas d’aider les gens à s’en sortir, mais plutôt de les punir et de les décourager. Trois questions se posent clairement : qu’est-ce qu’un « emploi convenable »? Comment la fermeture d’Emploi Québec va‑t‑elle aider les gens à se trouver un emploi? Comment le fait de couper un chèque, déjà ridicule, de 50 % va-t-il aider quelqu’un à survivre? Ce projet de loi viole clairement l’esprit de la loi sur l’aide sociale et va à l’encontre de la Charte des droits et libertés. Rappelons quelques faits : la loi de l’aide sociale date de 1969 et reconnait à toute personne sans ressource, le droit de recevoir de l’État une aide financière, quelle que soit la cause de ses besoins. Il s’agit donc d’un droit, et non pas d’un privilège accordé en fonction de certaines conditions. En plus, l’Article 45 de la Charte des droits et libertés du Québec oblige l’État à fournir à toute personne les ressources nécessaires à un niveau de vie décent. Si l’on voulait vraiment aider les gens à sortir de l’aide sociale, il faudrait augmenter les ressources d’Emploi-Québec, plutôt que de le fermer! Il faudrait aussi augmenter le salaire minimum à 15 $ l’heure, pour assurer à tout travailleur un salaire décent. Mais le gouvernement libéral préfère alimenter les préjugés sur les « BS »! De plus, en obligeant les demandeurs à accepter tout « emploi convenable » il va ainsi fournir aux patrons, ses petits amis, du cheap labor à bas salaires. C’est ça, l’économie libérale!

Participer à la guérison des maux de ce monde, plutôt qu’à sa maladie.

Le projet de loi 70 sur l’aide sociale : un recul inacceptable

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Participer à la guérison des maux de ce monde, plutôt qu’à sa maladie.

Dossier spécial

Le Portail rayonne Nérée St-Amand, professeur, École de service social, Université d’Ottawa

Dans le cadre d’un cours d’introduction en service social, à l’Université d’Ottawa, j’avais l’habitude, depuis plusieurs années, de me servir du journal L’Itinéraire, produit à Montréal, dans le but d’illustrer la précarité des gens de la rue, mais aussi pour faire valoir leur incroyable force et résilience. Les histoires de vie, les témoignages publiés dans L’itinéraire touchaient ces étudiants qui aspiraient à devenir travailleurs sociaux, en leur présentant une réalité qui leur était fort peu connue. Au cours de mes années d’enseignant, j’ai réalisé que les futurs travailleurs sociaux ont souvent plusieurs préjugés face à la rue, face à la pauvreté, face à l’itinérance, mais connaissent très peu les complexités de la rue et les liens avec nos politiques sociales par exemple (revenus insuffisants, logements déplorables, discriminations structurelles, etc.). Depuis que Le Portail de l’Outaouais existe, mes habitudes ont changé : j’invite son directeur à venir nous parler, à décrire et à présenter cette revue, et à la situer dans le contexte de ce qui se passe dans notre région. Ainsi, nous comprenons mieux comment les problèmes de la rue dans l’Outaouais sont associés à la pauvreté, aux inégalités montantes ou encore aux problèmes de criminalité. En fait, maintenant qu’un journal de rue existe dans notre région, je n’ai plus besoin d’utiliser un journal qui décrit la réalité d’ailleurs. Pour présenter Le Portail, Christian fait un merveilleux travail : fièrement, il présente ce journal, sa mission, son histoire et la philosophie derrière cette revue par et pour. Par la suite, il décrit sa réalité à lui, son parcours, ce qui l’a mené à la rue, mais ce qui, par la suite l’a inspiré à concevoir et à diriger cette revue, rêve qu’il chérissait depuis un bon moment déjà. Sans oublier les immenses défis de mettre sur pied un journal, oui, mais aussi de le financer, de le distribuer, de penser à la publicité, à tout en fait. Le témoignage de Christian, le parcours complexe qui l’a mené à la rue et comment il s’en est sorti sont tout simplement remarquables et touchants. Une éducation à la réalité qu’on a peu souvent la chance d’entendre de vive voix comme c’est le cas ici! Suite à sa présentation lors de la session qui vient de se terminer, j’ai demandé aux étudiantes et aux étudiants de lui écrire quelques commentaires. En voici quelques-uns qui témoignant de la portée de cet outil pédagogique.

« Je pensais connaître l’alcoolisme, mais je n’avais jamais entendu le point de vue d’une personne qui en a souffert. J’apprécie votre courage et le partage de votre vécu. » « Votre témoignage m’a beaucoup touché; parce que vous nous avez expliqué l’autre côté de la médaille. Après cette présentation, je vais sourire à tous les gens que je croise dans la rue, car justement, ce sont des gens. » « Votre témoignage démontre que personne n’est seul, et qu’il y a toujours de l’espoir. Ce que vous faites pour la société est vraiment super! Continuez d’inspirer les autres, vous êtes un homme de bon cœur! Merci. » « Votre présentation m’a permis d’avoir de la compassion face à la condition des itinérants. C’est sûr que ma vision des personnes alcooliques a changé aussi. Comme femme, j’avais commencé à aller sur cette route des dépendances; avec votre aide, je vais faire très attention à partir de maintenant. Ça me fait un peu peur, mais ça me donne aussi beaucoup d’espoir. » « Cher Christian, je suis content de vous avoir connu lors de ce cours. Vous dites que vous n’avez aucun mérite, par contre, je trouve que vous en avez beaucoup. Nous avons beaucoup de préjugés et nous essayons d’entrer tous les gens dans la même boîte. Quand une personne comme vous vient nous parler, je me rends compte que ces préjugés font partie de moi. Vous nous faites réaliser que nous sommes tous des humains. » « Quelle présentation!


En conclusion, ces quelques commentaires – et il y en a plein d’autres, parmi les 70 étudiants et étudiantes du cours – nous font réaliser le pouvoir du témoignage, du vécu, de la lutte que les gens mènent pour se sortir de situations très difficiles. De plus, ces témoignages, de même que les travaux qui s’y rattachent, nous laissent entrevoir un des rôles importants que joue Le Portail de l’Outaouais dans l’arène sociale de la région. À mon tour de répéter : « Bravo, Christian! Longue vie au Portail ».

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Nérée St-Amand, professeur, École de service social, Université d’Ottawa nstaman@uottawa.ca

Participer à la guérison des maux de ce monde, plutôt qu’à sa maladie.

L’addiction est une réalité qui me touche de près, de même que ma famille. J’ai adoré cette présentation : ça a été mon cours préféré de l’année! La transformation que vous avez vécue est incroyable. Merci, et sois fier de toi! » « Vous avez vécu tellement de choses au cours de votre vie, et regardez où vous êtes maintenant! Continuez d’être qui vous êtes! » « J’ai toujours cru que le fait de boire était un choix plutôt qu’une obsession. Le fait de savoir que l’alcool pouvait complètement détruire une vie m’a vraiment touché. Pour tout ça, je vous dis BRAVO! » « Vous m’avez ouvert les yeux, vous m’avez permis de comprendre et de pardonner à un proche que je ne cesse de juger et de rejeter. Votre présentation est allée me chercher au plus profond de moi! Bonne chance, beaucoup de courage, et surtout, ne lâchez pas. » « Christian, tu as changé mon attitude au sujet des alcooliques; ton témoignage m’a ouvert les yeux. Ma grand‑mère en était une, j’ai vraiment pu m’associer à ton vécu et comprendre pourquoi tu étais emprisonné par l’alcool. » « Vous êtes une source d’inspiration extraordinaire. Vous donnez de l’espoir à tous les gens atteints d’alcoolisme. Je vous remercie de nous avoir ouvert les yeux non seulement sur l’alcoolisme, mais aussi sur plusieurs autres réalités dans notre société. » « Je trouve que vous avez un très beau parcours, malgré les difficultés que vous avez éprouvées; c’est la manière dont vous vous en êtes pris pour vous en sortir. Ne vous découragez pas : un jour, vous changerez le monde! » « Quel chemin, quel parcours! Votre témoignage m’a beaucoup touché : j’ai un frère qui souffre d’alcoolisme aussi. J’avais beaucoup de préjugés face à ce problème; votre présentation était très éducative pour moi. » « Je suis celle qui passait dans la rue et qui évitait le contact des yeux avec l’itinérant, on m’a toujours suggéré de les ignorer! Là, j’ai compris : les itinérants, ce sont des personnes, ils font face à des défis, des difficultés. Et si Christian l’a fait, moi aussi, je suis capable de le faire! » « J’ai beaucoup aimé que tu aies une réflexion spirituelle. Ce sont de gens comme toi dont on a besoin au sein de notre communauté! Bravo! »


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Itinérance et problématiques connexes

Être seul… sans l’être Par : Sylvie Demaret Intervenante de première ligne

Lorsque Christian m’a demandé d’écrire pour ce fabuleux journal, j’ai dit oui tout de suite parce que vivre avec l’itinérance c’est un peu mon quotidien, ma vie à côté de leurs vies. Parce que j’ai envie de partager une réalité de l’intérieur d’un refuge qui est devenue une deuxième famille pour moi depuis ces quelques années que j’y travaille. Oui, les personnes itinérantes vivent en grande souffrance, je la palpe, je la sens, elle est autour de nous en permanence : les dépendances, la fragilité des émotions, la violence, les incertitudes, la solitude et l’abandon de l’âme. C’est d’ailleurs sur ce dernier point que j’aimerais m’attarder parce que je pense qu’être itinérant, c’est un peu comme si on était seul, comme un bateau en dérive, on n’ose pas déranger l’autre, Jean-Paul Sartre a dit : « L’enfer, c’est les autres ». « Je veux dire que si les rapports avec autrui sont tordus, viciés, alors l’autre ne peut être que l’enfer. Pourquoi ? Parce que les autres sont, au fond, ce qu’il y a de plus important en nous, même pour la propre connaissance de nous-mêmes. Nous nous jugeons avec les moyens que les autres nous ont fournis. Quoi que je dise sur moi, quoi que je sente de moi, toujours le jugement d’autrui entre dedans. Je veux dire que si mes rapports sont mauvais, je me mets dans la totale dépendance d’autrui et alors en effet je suis en enfer. Il existe quantité de gens qui sont en enfer parce qu’ils dépendent du jugement d’autrui ».

Mais les rapports avec les gens peuvent être très variés, sans pour autant amener à un enfer. Finalement l’autre est ce qu’il y a de plus important dans la connaissance de soi-même et dans notre vie. Le jugement d’autrui peut être un enfer, mais est aussi inversement ce dont nous ne pouvons pas nous passer et sans lequel nous ne trouvons pas notre équilibre. Alors finalement, à l’intérieur d’un refuge, on peut se sentir bien seul même si on est dans la même salle que 50 autres personnes. Je guette pour ma part celle ou celui qui a un regard fuyant, qui est dans son coin, et je m’arrange pour qu’elle ou il me fasse un sourire ou un bonjour même si cela va prendre plusieurs jours. J’ose croire et j’affirme que le sourire, ou la tape sur l’épaule, peut être le début d’une histoire et d’un lien.

J’aimerais dire merci infiniment et intensément à tous ceux et celles qui m’ont accordé leurs sourires, leurs mots, leurs histoires, leurs souffrances… Vous êtes dans mon cœur pour la vie, vous m’avez fait avancer dans ma propre histoire. Sylvie


Le mot du CRIO

Par : Alexandre Ranger

Le projet du « boisé » a beaucoup fait parler l’été passé, et la décision prise par la Ville de Gatineau, le 16 mars dernier, de ne pas renouveler le projet et d’interdire à toute personne d’installer une tente pour s’abriter sur les terrains publics, s’appuyant sur un argument par rapport à la sécurité, a elle aussi fait parler. Pourtant, nous passons à côté d’une question importante : le droit des personnes qui se trouvent dans une situation d’itinérance, leur droit à un logement, évidemment, mais également leur droit de cité, leur droit à la vie et leur droit à la sécurité.

De plus, la décision de la Ville de Gatineau pourrait non seulement mettre en danger la vie des personnes touchées, mais elle va également aggraver leur exclusion sociale. D’abord, parce que cette décision alimente dangereusement les préjugés face à l’itinérance. En effet, la Ville de Gatineau a utilisé le cas d’une agression tragique subie par une jeune fille pour justifier sa décision de ne pas renouveler le projet du boisé. Ce faisant,

Bien que la Ville de Gatineau et le CISSSO ont mis en place une série de mesures, afin d’accompagner un maximum de personnes ayant utilisé le boisé l’an dernier ou susceptibles de l’utiliser cet été, la réalité est qu’un certain nombre de personnes sont déjà à la rue ou vont se retrouver à la rue dans les prochains jours ou semaines. La Ville de Gatineau a l’obligation de permettre à ces gens un maximum de sécurité en leur permettant de s’installer dans les espaces publics. De plus, cet enjeu révèle l’échec troublant des programmes sociaux qui luttent contre la pauvreté et l’exclusion. La participation des trois paliers de gouvernement est donc nécessaire, afin de sortir ces personnes de la pauvreté, de leur trouver un logement abordable et sécuritaire et de leur donner le soutien nécessaire pour reprendre leur place dans la société.

Le Portail de l’Outaouais - juillet 2016 - 11

Cette décision de la Ville met en danger les personnes touchées. En effet, l’installation de tentes et d’un minimum d’équipement permet à ces personnes, à défaut d’avoir un « chez-soi », de se protéger contre les intempéries extérieures. Leur interdire ce minimum vital revient à les mettre en grave danger et enfreint leurs droits de protéger leur vie, leur sécurité et leur liberté. D’ailleurs, une décision prise par la Cour suprême de la Colombie-Britannique (Victoria (City) v Adams) stipule que l’application de règlements municipaux interdisant les personnes en situation d’itinérance de trouver refuge dans les des lieux publics comme des parcs, ou sur un autre terrain de la ville, est inconstitutionnelle en raison de leur violation de la section 7 – droit à la vie, la liberté et la sécurité de la personne – de la Charte canadienne des droits et libertés.

les élus de la Ville de Gatineau encourageaient l’amalgame entre itinérance et danger pour les autres citoyennes ou citoyens, afin de justifier sa décision, ce qui vient anéantir une partie importante du travail de plusieurs intervenants visant à faire tomber les préjugés face à l’itinérance et aux personnes qui la subissent, et de créer un sentiment de solidarité. Aussi, cette décision vient augmenter les risques de répression policière subie par ces citoyen-nes marginalisé-es et augmente la judiciarisation de ces mêmes personnes. La règlementation de l’espace public doit sérieusement considérer les besoins des gens les plus marginalisés de la société, afin de les inclure et de ne pas aller à l’encontre de tous les efforts des groupes communautaires et, plus particulièrement, des efforts de ces citoyen-nes, afin de stabiliser leur vie.

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Le boisé


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Marie-Pier Renaud


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Rétablissement

Tout commence par l’espoir Par : Christian Gosselin « Le rétablissement est un processus unique débutant là où la personne décide de ne plus donner à la maladie le pouvoir de contrôler toute sa vie. C’est la redécouverte de soi, de ses capacités et de ses rêves tout en se donnant de nouvelles possibilités, et cela, avec ou sans la présence de limites et de symptômes engendrés par la maladie mentale. C’est l’espoir d’une vie meilleure. » (Lagueux, 2007)

J’ai eu l’honneur d’assister, dernièrement, à l’assemblée générale annuelle d’un organisme qui sert une clientèle fragilisée par la maladie mentale, un sujet tabou encore aujourd’hui et totalement gardé secret et honteux jusqu’à il n’y a pas très longtemps. Contrairement à toutes les autres assemblées de cette nature auxquelles j’ai assisté jusqu’à présent, celle-ci fut majoritairement préparée et animée par les usagers, tous fragilisés par la maladie mentale. Laissez-moi vous affirmer que ce fut l’assemblée la plus vivante, inspirante et définitivement la plus touchante de toutes : tout droit au cœur, snif! Les résultats d’un travail d’intervention remarquable nous ont été démontrés en direct, vivants, devant nous. Bravo!

relèvent tous de la maladie mentale. Tout comme le prône la majorité des approches et des institutions, la psychiatrie base également tout cheminement vers la guérison sur l’espoir. L’espoir qui gît en tout être humain, parfois très vivant, explicite et très confiant, parfois très secrètement, voire inconscient, et même très profondément caché sous l’indignation, la peur et un degré moindre de résilience propre à chacun. Tout processus de croissance personnelle demande également un environnement propice à l’exercice en question. Il est donc vital pour la personne qui entame un tel travail de bien s’entourer de gens qui l’acceptent autant dans ses forces que dans ses points à améliorer. Il est important pour nous tous de croire que toute personne, fragilisée ou non, a quelque chose à offrir. Il Que ce soit en situation de maladie mentale, de toxicomanie, serait dommage que notre champ de vision ne soit limité qu’au d’alcoolisme, de traumatisme ou de toute autre problématique cadre de la performance et de la rentabilité, ce qui est très loin qui retient d’une façon ou d’une autre une personne de se de l’humanisme qui semble effroyablement manquer, justement, réaliser dans son plein potentiel, le rétablissement est un chemin à… l’humanité. emprunté vers la guérison, totale ou partielle, dans un but Le rétablissement est un processus que nous sommes tous, d’améliorer ses conditions de vie et d’aller vers l’autonomisation sans exception, enclins d’adopter à un moment ou un autre de et la responsabilisation, et ce, malgré des contraintes souvent notre vie, sinon toujours, tant au niveau personnel que planétaire. multiples, indéniables et, chez plusieurs, très solidement Qui, ici, peut renier l’état maladif de la race humaine dans son ancrées. C’est un chemin difficile, souvent très long, miné ensemble ? Accepter sa maladie est le premier pas de tout d’embûches, d’essais-erreurs, de moments de recul, de prises rétablissement, et il commence maintenant, par l’accueil de tout en charge aléatoires, bref un processus discontinu et être humain que nous avons la chance de rencontrer dans sa non linéaire. vulnérabilité, le premier étant soi-même. En fait, de mon propre point de vue, l’alcoolisme, la toxicomanie et l’état d’esprit de quiconque a vécu un traumatisme important Bonne continuation.


Mode de vie sain

Par : Marie-Claude Bénazet Êtes-vous de ceux qui accumulent les choses dans votre maison ou de ceux qui aiment faire place nette chaque fois que c’est possible ? Pour ma part, on peut dire que je suis un peu des deux. Je dirais que c’est plutôt volcanique dans mon cas! J’accumule, j’accumule, jusqu’à ce que je sois irritée par l’encombrement et, ensuite, je sors plein de choses de chez moi et je lave et je lave… Je dois reconnaître que ce mode de fonctionnement est plus fort que moi : c’est viscéral. Intérieurement, je fonctionne de la même manière... J’emmagasine les réactions, je garde mes sentiments sous terre jusqu’à ce que quelque chose doive absolument sortir. Toujours est-il que je ne crois pas que nos modes de fonctionnement pour le grand ménage soient toujours un miroir de nos fonctionnements intérieurs. Mais il doit certainement y avoir un lien. Par exemple, de quelle manière vous y prenez-vous lorsque c’est le temps de faire un grand ménage? Une pièce à la fois ou bien vous faites le tri de tous les livres de la maison pour commencer? Et par quelle pièce commencez-vous votre ménage? Par votre chambre à coucher? Par votre salle de bains ? Par votre sous‑sol ? Par la cuisine? Je suis certaine que nous serions surpris d’apprendre les habitudes et les rituels de chacun pour le ménage, et que nous pourrions faire des liens avec nos modes de fonctionnement intérieurs. Il y a aussi les personnes qui se débarrassent toujours de tout ce qui est encombrant, et ils le font tous les jours. Je suppose que, pour eux aussi, c’est inévitable. Et bien sûr, il y a les personnes qui gardent tout. Évidemment, cela peut même devenir une obsession terrible qui prend toute la place. En début d’été, les gens profitent des beaux jours pour se

débarrasser des objets qui les encombrent et qui ne leur servent plus. Pour certains, c’est un rituel incontournable et salutaire que ce ménage printanier ! Et évidemment, pour d’autres, c’est l’occasion de faire des trouvailles fantastiques. J’ai vu toutes sortes de ventes de garage en fin de semaine et je me suis arrêtée devant une maison où étaient étalées toutes sortes de choses à vendre sur le terrain. Je regardais la série de jouets et d’objets pour bébés lorsque j’ai été touchée plus qu’à l’ordinaire devant toute cette série de choses banales, du quotidien, un peu vieilles ou usées. Il y avait des objets pour les enfants bien sûr, et il y avait une table avec les inévitables chandeliers un peu rococo, les salières et poivrières en forme de grenouilles qui jouent au golf, les tasses et les verres dépareillés, l’ustensile de cuisine qui avait vu des jours plus glorieux. Également, il y avait une boîte avec des vêtements d’enfants, tous un peu trop mous d’avoir été si portés, un peu tachés, et qui avaient dû être beaucoup aimés surtout la petite robe rose avec l’image de la Reine des neiges… Par terre, se trouvaient des petits livres d’enfants mêlés aux livres de pop psychologie qui se retrouvent dans toutes les ventes de garage. Cinq ou six romans, dont deux en anglais (des briques), donnaient une allure un peu adulte à cette pile de choses. J’ai réalisé un court instant, que ces choses-là avaient une histoire, qu’elles avaient servi à des enfants, à des personnes vivantes et comme nous tous, parfois en paix, souvent souffrantes. Je réalise que chaque geste que nous posons est empreint d’une part de nous-mêmes, et que même les objets en gardent une trace subtile. Et là, plutôt que de dire bon débarras la prochaine fois que je nettoie ma maison, je vais dire merci, et tu es un bon débarras !

Participer à la guérison des maux de ce monde, plutôt qu’à sa maladie.

Bon débarras!

Le Portail de l’Outaouais - juillet 2016 - 15


Les billets de C

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Participer à la guérison des maux de ce monde, plutôt qu’à sa maladie.

Carole Verdon Auteure du roman Les désordres du cœur À la barre de son entreprise Les mots dans l’encrier lesmotsdanslencrier@gmail.com

Le CLOWN, pour retrouver le plaisir de jouer !

La première fois que j’ai entendu venir et vivre. Ensuite, on parler d’un cours de clowns, l’accepte avec affection, et on j’étais rédactrice en chef pour la le partage avec les autres. » revue Cheminement et j’y voyais (Francine Côté, École de clown et un intérêt pour la publication comédie Francine Côté) d’un article. Finalement, lorsque L’état de clown. L’état de clown Marie‑Nicole Lamoureux, auteure de l’article et professeure du est un état d’ouverture à tout. Le clown est un personnage cours, m’a envoyé une photo du groupe, j’ai été immédiatement émotionnel, un être sensible, naïf, curieux, joueur. Notre clown séduite et je me suis inscrite à son cours. nous donne la permission d’être dans l’instant présent, les Parce que l’art clownesque, c’est sérieux, les ateliers yeux grands ouverts. C’est une porte ouverte sur nos mémoires fonctionnent avec une rigueur pédagogique. Pour moi, sensorielles et émotionnelles, et sur notre monde intérieur. Le incontestablement, ce cours favorise l’épanouissement personnel clown ne joue pas un rôle, il est libre. Le clown exprime des et la confiance en soi, la découverte de l’imaginaire et de son émotions, il ne les mime pas. On ne joue pas le clown, on l’est ! potentiel créatif et l’expression du corps par le mouvement, car Le clown doit ouvrir ses yeux et ses oreilles pour être présent le clown se sert de son corps et de son au monde et être intensément là. Il regard, beaucoup plus souvent que de improvise en permanence et compose Le clown vit dans le présent. la parole. avec son environnement. Comme Il n’a ni passé ni futur, il goûte à tout ce que Le nez de clown. Le nez rouge du l’exprime Giovanni Fusetti dans le Tao la vie lui offre dans le « ici et maintenant. » clown est le plus petit masque au du clown : « C’est ça le clown : être là, (Clown en Vie) monde, celui qui cache le moins et qui dans le vide, dans le rien, et se laisser permet d’enlever les autres masques… tomber dedans. » À la manière d’un sociaux. Le nez de clown est petit, rond, enfant, pour lui, une cuillère peut tout au centre du visage, met en valeur le reste du visage et permet d’un à coup devenir un micro ou tout ce que son imagination lui au clown de concentrer l’attention, sur son visage très expressif. inspirera. L’imaginaire et la réalité font équipe avec lui. C’est ce Le nez rouge est également le symbole d’un personnage allumé, qui fait dire à Isabelle Schenkel dans le Clown thérapeute : « Le expansif et excessif ! clown est capable à la fois de voir ce qui est là et de rêver à Le nez de clown est notre complice : il nous autorise à vivre autre chose. » pleinement, nous apprend à lâcher prise et à laisser émerger Oser. Participer au cours de clown, pour moi, c’est un l’état émotionnel et créatif qui nous habite. Aussitôt que nous labeur heureux, un lieu de découvertes et de partage, une portons le nez, un phénomène féérique prend place : on entre occasion de laisser l’enfant en moi oser exister et s’exprimer. dans un temps et un univers à part, et nous sommes toujours Marie‑Nicole Lamoureux m’accompagne et nous accompagne surpris de ce que nous faisons et osons faire. sur le chemin de l’art clownesque et vers une meilleure Trouver son clown intérieur. Chaque participant au cours n’entre découverte de nous‑mêmes... un cheminement sans fin. Osez pas dans un personnage préétabli. Il est invité à découvrir en lui l’aventure et entrez dans la ronde ! son clown. « On ne crée pas son clown, on le laisse simplement


Histoire régionale

Les vacances, d’où ça vient? Le mot « vacance » fait tellement partie de notre vocabulaire courant qu’on a l’impression qu’il a toujours existé. Des expressions comme « temps des vacances », « partir en vacances », « retour de vacances », sont devenues des lieux communs! Pourtant, il y a à peine 75 ans, ce mot n’était que très rarement employé. Ou plutôt, il avait un autre sens, celui de « vacant », comme dans « terrain vacant », c’est-à-dire vide, inoccupé. Commençons par une évidence : dans les sociétés agricoles, le concept de vacances n’a aucun sens! Le travail varie selon les saisons, mais il ne s’arrête jamais! À partir du XXIe siècle, avec l’industrialisation et l’urbanisation, les seuls temps d’arrêt sont les périodes de chômage, donc de misère; rien à voir avec des vacances! En fait, le premier pays à instituer le principe de vacances tel qu’on le connait est la France, en 1936, alors que le gouvernement du Front populaire (une coalition de gauche) vote une loi qui oblige tous les employeurs à accorder à leurs employés deux semaines de congé payé, annuellement. Remarquez qu’on utilise le mot « congé payé » et non pas « vacances »! Après la Deuxième Guerre mondiale, la plupart des pays industrialisés vont suivre l’exemple français. Au Québec, la loi est votée en 1946. À l’origine, le terme de « congé payé » signifiait vraiment une période de repos, de congé, pour permettre aux travailleurs de se reposer, de récupérer. Mais peu à peu, surtout à partir des années 60, le mot vacances va remplacer congé payé et surtout, il va prendre une autre signification. Désormais, on prend des

vacances ou, plus précisément, on part en vacances! Car le mot vacances devient synonyme de départ, d’aller ailleurs : au chalet, en Gaspésie, à Old Orchard, en Floride… Les vacances ne sont plus nécessairement une période de repos, mais souvent un facteur de stress : il faut les planifier, les organiser et surtout les payer, car maintenant, on s’endette pour aller en vacances! Les vacances deviennent même un élément de discrimination sociale : ne pas partir en vacances, nous colle l’étiquette de pauvre, alors qu’aller en vacances à Venise ou en Grèce, rehausse notre statut social! D’accord, j’exagère un peu, mais pas tant que ça! Je me demande seulement pourquoi on ne reviendrait pas au sens premier de vacances, celui de congé, de repos, de période de ressourcement… Bien sûr, il n’y a rien de mal à voyager, à aller ailleurs, mais cela n’est pas nécessaire et surtout pas une obligation sociale… Rester chez soi, relaxer en écoutant de la musique, en lisant un bon livre, en marchant dans le parc ou le long de la rivière en écoutant le silence peut être aussi bénéfique et régénérateur… Cela peut se faire à n’importe quel moment de l’année, par petite dose, quand on en a besoin. Et tout le monde doit y avoir droit, pas seulement les privilégiés : les chômeurs, les assistés sociaux, les travailleurs au salaire minimum ont aussi droit à des périodes de repos, de ressourcement, sans se sentir ostracisés par le regard des autres… Sur ce, je vous souhaite de bonnes vacances, peu importe où et comment vous les prenez!

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Par : Roger Blanchette

Le Portail de l’Outaouais - juillet 2016 - 17


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Participer à la guérison des maux de ce monde, plutôt qu’à sa maladie.

Le Portail vous présente...

Par : Steve Labelle, Directeur général

L’historique • C’est depuis 1974 que la Soupe Populaire existe et qu’elle accueille les personnes dans le besoin; • En février 2000, l’organisme décide de procéder à l’ouverture d’un deuxième point de service localisé au sous-sol de l’église Sacré-Cœur dans le secteur de l’île de Hull; Voici en quelques lignes sa mission, son appellation et sa raison • En août 2001, le déménagement de ce deuxième point de d’exister; mais si vous vous arrêtez quelques minutes, vous service est effectué. Du sous-sol de l’église Sacré-Cœur, verrez que c’est beaucoup plus que ça. Cet organisme répond la Soupe Populaire s’installe au 57, rue Charlevoix, une chaque jour aux besoins multiples et criants d’un très grand maisonnette appartenant au Gîte-Ami; nombre de personnes en difficulté; et de nos jours, ces besoins • En janvier 2014, grâce à une subvention du gouvernement sont de plus en plus présents dans chaque sphère de la société. fédéral, le 57, rue Charlevoix est acheté par l’organisme et D’avoir accès à un seul bon repas par jour devient de plus en rénové. Les travaux durèrent 3 mois. Un déménagement plus compliqué, et c’est pour cette raison que cet accès devient temporaire a été nécessaire à Vallée-Jeunesse, un organisme de plus en plus important et vital pour bon nombre de personnes. situé à proximité et partenaire de la Soupe Populaire; • En septembre 2004, c’est l’ouverture officielle du centre Avec un accueil chaleureux et inconditionnel, nous desservons Yolande-Duval, nom donné au centre en souvenir d’une dame plus de 70 000 repas par année, depuis nos deux points de extraordinaire du secteur du Vieux-Hull; service, le premier étant situé sur le Boulevard St-Joseph et le • En octobre 2007, achat du terrain et présentation d’un projet deuxième, sur le Boulevard des Allumettières. Avec ces repas de construction; complets, vient ensuite le soutien quotidien à la personne. Après • En 2011, le début d’une grande aventure commence : la la réponse offerte et après avoir répondu aux besoins de base construction du centre Yolande-Duval; par notre personnel, la suite des services offerts est constituée • 2013 signe la fin de ce projet; ainsi : l’écoute active, l’accompagnement, l’offre de formations • 2016 marquera l’histoire de la soupe Populaire de Hull, personnelles et la disponibilité sur place des partenaires. laquelle faisait l’installation d’une clinique dentaire dans les murs du centre Yolande-Duval, pour les personnes itinérantes ou à risque de le devenir. Ce projet sera un service de plus pour notre clientèle. La soupe populaire de Hull, antérieurement « Accueil Ozanam », existe depuis 1974. Sa mission est d’accueillir toute personne vivant une situation de précarité financière, sociale ou personnelle, en lui offrant le soutien et les outils nécessaires pour améliorer sa qualité de vie.


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Volets de services La Soupe Populaire de Hull est bien davantage qu’un service de repas, car elle fournit aussi des services d’aide intégrés à la communauté : • Volet alimentaire : plus de 70 000 repas servis cette dernière année; • Volet intervention : plus de 13 000 interventions de tous genres effectuées; • Volet communautaire : loisirs, café rencontres, sorties de groupe et formations; • Volet bénévolat et travail : offre de stage de travail ou de bénévolat; • Volet fiducie volontaire : plus de 80 personnes aidées en les conseillant dans la gestion de leurs revenus; • Volet Petit comptoir : magasin de vêtements et objets variés à très bas prix; • Volet logement : location de 27 logements; • Volet clinique dentaire : clinique dentaire pour personnes itinérantes ou à risque de le devenir. La Soupe Populaire de Hull et son équipe mettent beaucoup d’emphase sur une philosophie de partenariat visant l’optimisation d’une concertation entre les différents partenaires impliqués envers la clientèle, dont le but ultime est une complémentarité de services. En conclusion, l’objectif principal de l’organisme demeure le développement d’actions favorisant l’inclusion sociale et économique des personnes les plus fragilisées de notre société. La Soupe Populaire de Hull souhaite donc intervenir tout au long du processus aboutissant à l’exclusion sociale et le contrer. L’organisme voit donc ses deux centres de services comme des outils importants favorisant la prévention de cette exclusion, en développant ou en optimisant les capacités individuelles de chacune des personnes qui franchisent leurs portes.

Steve Labelle

Centre Yolande-Duval

751, boulevard St-Joseph Gatineau, Québec J8Y 4B7

297, boulevard des Allumettières Gatineau, Québec J8Y 2S7

Téléphone: 819 770-3789 Télécopieur: 819 770-0627

Téléphone: 819 778-0173 Télécopieur: 819 778-7408

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Centre Frédéric-Ozanam


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Place au citoyen

Pourquoi moi ? J’aime pas la vie Elle est plate et j’m’ennui Pourquoi tu ris? J’te donne juste mon avis Pis toi tu l’aimes-tu? T’as toujours un esti d’air fru On dirait qu’t’en a trop vu Comme si toute était ardu La vie, c’est bien Surtout quand qu’à te tend la main Elle peut t’amener bien loin Mais pas toujours dans le bon chemin Avec moi, elle a pas été clémente Elle à jamais l’air contente J’commence maintenant à comprendre Qui faut pas qu’tu perde tout ton temps à l’attendre Des fois à t’crache dans face D’autres fois à t’inonde de problèmes Mais moi j’me tiens toujours en place C’est c’qui fait mon emblème On m’demande toujours Comment tu fais pour continuer? Surtout après toute c’que t’à endurer? J’fais juste leur dire que j’vie au jour le jour

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Ma vie s’pas un conte de fée J’essaie pas d’vous l’prouver J’fais juste partager C’que j’ai trop longtemps enduré La désintoxication c’tait sa routine La drogue lui coulait dans l’sang Toujours en train d’gosser des ‘’recettes’’ dans la cuisine Elle aurait pas dû en faire autant Un deuxième enfant Même si à continuait d’se droguer

Elle le regrette maintenant Parce qu’il est handicapé Était tout croche dans sa vie Elle avait même pu d’amis Mais quand à r’gardait son p’tit C’est comme si y’avait pu d’soucis J’t’aller en famille d’accueil un an Elle à continuait d’se piquer À dépensait son argent là-dedans Au lieu de venir me chercher On fait tous des erreurs On a pas d’manuel sur comment agir Mais moi ma vie s’tun film d’horreur Feque j’soupir en espérant en finir Ma mère s’pas ma fierté Mais j’veux pas pour autant la mettre de côté S’pas l’plus beau des trophés Mais si ça s’rait pas d’elle, j’srais pas née Toute sa vie à la culpabilisée Non à la pas faite les bons choix Mais on peut tous s’tromper S’qui compte c’est d’reprendre la bonne voie C’est ce qu’elle a fait Aujourd’hui à s’est reconstruit On dit jamais, jamais Pis elle a la garde de son p’tit J’étais un spectateur tout le long S’t’un film qui manquait pas d’action Mais maintenant j’peux sortir de là Et dire que j’verrai jamais meilleur film que ça Faut payer cher pour le voir Mais y t’suffit d’une seule fois Moi j’arrive toujours pas à y croire Mais j’me dis qu’j’ai fais un bon choix -Auteur-e inconnu-e


Le plan du comité café rendez-vous c’est de faire un but et aussi de se prendre en main. Le café rendez-vous est mandaté à faire des activités, pour empêcher l’isolement, pour faire des jeux de carte, des affaires nouvelles et d’aller prendre des diners à faible revenu. C’est bon pour le moral lorsqu’on ne file pas bien, lorsque les coupures budgétaires arrivent, il faut qu’on s’affirme pour pas que les organismes ferment. Qu’est-ce qu’on va faire? Ou on va aller? Charles Rivet

Douce follie (sic) Dans la noirceur de ta vie, ton amour de la vie est plus grand que bien des gens heureux. Il est énorme cet amour de la vie. Douce follie (sic), beauté de l’âme. Tu trouves la réponse à tous ces problèmes mondiaux, mais tu ne sais affronter un système imparfait. Ta vie est belle. Rêve encore de ces belles maisons pour sans-abris. Rêve encore à ce monde parfait dans lequel nous pourrions vivre. Ta vie est belle. Quand je t’ai vu marcher avec ta maison, sur ton dos, perfection de ta vie j’ai vu. Douce follie, mais tu existes. Il y a la solitude blanche, tu possèdes les deux. La solitude noire et la solitude blanche, tu possèdes les deux. La solitude maladive et la belle solitude, temps de création, de nouveau. J’ai oublié les grands mots pour mieux te dire. Peut-être ne lira tu jamais ces mots, mais la beauté de ta vie restera. Ces grands mots tu les comprends à ta façon personnelle à toi-même. Douce follie, beauté de l’âme, je n’ai jamais vu la mer.

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Plan du comité Café Rendez-vous

“Lilli Lavoie”

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APPEL Dans un avenir rapproché, voici ce que personnellement je prévois : Une recrudescence dans le décrochage social ainsi qu’une proportion continuellement croissante dans les cas de problèmes de santé mentale lourds et conséquemment, un fléau très important d’itinérance. Une déshumanisation générale chronique encore plus intensifiée qu’aujourd’hui. Un recul de plus en plus important dans l’aide venant de l’État jusqu’à la quasi-disparition complète de celle-ci envers les organismes communautaires donc une diminution directement proportionnelle des ressources humaines en relation d’aide déjà à bout de souffle. Beaucoup, beaucoup, beaucoup de souffrance très visible quotidiennement. Une seule solution s’impose ; une augmentation importante, voire phénoménale de l’aide matérielle, humaine et surtout financière venant du secteur privé, des citoyens, vous. Passez au suivant, je vous en implore. Adoptez un organisme communautaire et offrez-lui un appui matériel, financier et/ou en bénévolat récurrent considérable. Nous en sommes rendus là, il est maintenant plus que jamais vital que l’humain tende la main à l’humain.


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ici articlesportail@gmail.com

Le Centre d’intervention en abus sexuels pour la famille Nous offrons des services spécialisés (intervention, prévention, traitement) aux enfants et adolescent(e)s victimes d’abus sexuels (3 à 17 ans), leurs parents, leur fratrie ainsi qu’aux adolescent(e)s et aux adultes qui ont commis des gestes d’abus sexuels envers des enfants. Nos services sont gratuits pour les victimes et leurs parents et nous accueillons toute personne qui habite dans l’Outaouais québécois. Nous oeuvrons pour cette mission depuis près de 29 ans et nous croyons qu’aucun enfant ne devrait affronter seul les conséquences d’un abus sexuel.

Visitez le www.ciasf.org pour plus de détails.

Ciasf 92, boul. St-Raymond, Gatineau, (Québec), J8Y 1S7 (819) 595-1905 info@ciasf.org

Le Portail de l’Outaouais - juillet 2016 - 23

* Veuillez noter qu’actuellement, le Ciasf n’offre malheureusement pas de services aux adultes qui ont été victime d’un abus sexuel au cours de leur enfance.


Participer à la guérison des maux de ce monde, plutôt qu’à sa maladie. 24 - Le Portail de l’Outaouais - juillet 2016

Le Portail de l’Outaouais produit mensuellement un journal de rue inspiré de L’Itinéraire à Montréal, La Quête à Québec, La Galère à TroisRivières et du Journal de rue de Sherbrooke. Ce magazine est d’abord vendu aux camelots en situation précaire qui en retour revendent ces revues, à titre de travailleurs autonomes, à la population piétonnière de Gatineau.

Une belle alternative à la mendicité.


Reprise de l’édition 0 promotionnelle originale Septembre 2015

LA GRANDE ENTREVUE

Lise Careau

Actualité sociale Roger Blanchette Les ombres invisibles

La Maison des Auteurs, site enchanteur

Dossier spécial Francine Chatigny est arrivée à la Quête de Québec par pur hasard

Mode de vie sain Aimé Sansoucis Troix niveaux

Histoire régionale Roger Blanchette Un peu d’histoire bien à nous

3

$

Visitez notre site web www.leportaildeloutaouais.org

Volume 9 Août 2016


L’instigateur du projet et fondateur de Le Portail de l’Outaouais :

2

Le Portail de l’Outaouais - Édition promotionnelle

Christian Gosselin n’a pour « crédits » à son curriculum dans cette aventure que son expérience de vie minée par l’alcoolisme. Une expérience qui l’aura mené à la rue, en situation d’itinérance à quatre reprises. En 2010, à la suite d’une dernière rechute qui le ramène au Gîte Ami, en l’espace d’un instant, il trouve enfin ce qu’il a si douloureusement cherché toutes ces années, années qu’il caractérise comme une visite interminable en enfer, habité par une soif insatiable, obsessive et progressive en intensité. Depuis, il n’a plus soif, pour un alcoolique cela représente une liberté intérieure indicible. Jusqu’en 2012 Christian ne se concentre que sur son rétablissement, rien d’autre n’est plus important que sa sobriété. Christian met donc tout en œuvre pour demeurer loin de son premier verre. Pendant ces deux années, l’aide sociale, dit-il, lui aura sauvé la vie. L’intuition lui indique de se remettre au travail. Il reprend donc son métier de peintre en bâtiment mais quelque chose cloche, quelque chose manque. Pour la première fois depuis le 28 juin 2010, un sentiment de ne pas être à la bonne place l’habite. Tout au fond, il sait très bien ce qu’il doit faire, retourner sur les bancs d’école. En septembre 2012 il s’assoit donc dans une classe de La Cité collégiale pour en ressortir avec un diplôme d’une technique de travail social en avril 2014. C’est à l’automne 2013 qu’un article de l’Itinéraire lui indique clairement ce qu’il doit faire maintenant, lancer à Gatineau un propre journal de rue. Le projet Le Portail de l’Outaouais est né. Le 7 janvier 2014 il obtient les lettres patentes. Puis le 16 mars l’organisme est fondé où un bon nombre de citoyens ont manifesté leur intérêt en devenant membres et où un conseil d’administration fort crédible fut élu en place.

Christian, qui en 2002, cherche une étoile quelconque, il la dessine.


ÉDITORIAL

Christian Gosselin Éditeur

Sachez d’abord que je suis beaucoup de choses, mais je ne suis pas journaliste ni écrivain. Ici, je suis le fondateur, directeur et éditeur de ce tout nouvel organisme communautaire qui produira et publiera mensuellement ce journal de rue et j’aime écrire, rien de plus. Nous tenterons de garder ça simple, accessible à tous. Je ne suis pas non plus un être scientifique. Rien contre, ce n’est tout simplement pas moi, aucune résonnance. Pour les articles plus scientifiques et recherchés, des partenariats avec les écoles régionales en journalisme sont établis où les étudiants sont invités à nous écrire sur différents sujets variés, pertinents, en lien avec notre contexte. Le Portail de l’Outaouais lance également l’appel à tout citoyen qui désire participer à cette publication en nous proposant des articles spontanés ou des rubriques mensuelles. Ce que je tenterai de transmettre via cet éditorial mois après mois sera basé entièrement sur du vécu, mon vécu ainsi que de ressentis profonds, intuitifs, puis selon ma perception. Il y a autant de perceptions que de codes génétiques, je ne m’attends donc pas à toucher tout le monde ni à ce que tout le monde soit d’accord. Ce n’est pas le but non plus. Ce journal, cet espace se veut une plage ouverte où tous, avec leur mot à dire, où toutes les perceptions sont bienvenues, un espace qui offre une opportunité de libre expression, là où la liberté s’arrête où elle empiète sur celle des autres. Toute perception sera publiée, dans le respect qu’on lui doit et qu’elle-même doit aux autres. Il est probable que certains propos choqueront, car nous travaillons ici avec des phénomènes souvent controversés. Je vous invite à nous partager votre vision et à accueillir celle d’autrui comme une opportunité de se remettre en question, une action saine, individuellement et collectivement. Cette édition promotionnelle a pour but premier de solliciter le secteur privé afin de réussir à amasser les fonds nécessaires à notre survie pour notre première année d’opération concrète. Ce manque à gagner de $40 000 n’est pas énorme en comparaison avec l’argent qui est dépensé à d’autres fins, souvent beaucoup moins louables et nobles que de tenter d’offrir un chemin plus lumineux à un bon nombre d’individus qui vivent dans l’obscurité et qui souffrent énormément, qui souvent ignorent à quel point un peu de lumière est douce à l’âme et qui ignorent surtout, qu’eux aussi, y ont droit si seulement ils pouvaient s’en sentir dignes. Au plaisir…

SOMMAIRE

La grande

Mode de vie sain

5

Aimé Sansoucis Biologique, psychologique et spirituel

entrevue Actualité sociale Roger Blanchette Les ombres invisibles

Les billets de C

8

16

Histoire régionale Roger Blanchette

9

Le Portail vous présente...

L’itinérance et autres 11 probématiques connexes

Rétablissement

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12

itoyen Place au c 20

18

Le Portail de l’Outaouais - Édition promotionnelle

Dossier spécial Francine Chatigny est arrivée à la Quête de Québec par pur hasard

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4

Le Portail de l’Outaouais - Édition promotionnelle

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La grande

entrevue

Par: Christian Gosselin

La Maison des Auteurs, site enchanteur.

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instable. Dans ces éclats de violence, Lise figeait sur place, sans autre option que de se sauver par en dedans. Ça a creusé un chemin et a permis à des semences de germer. Introvertie, Lise s’est beaucoup réfugiée dans la lecture, l’écriture, lui permettant d’ouvrir ses portes vers l’inconnu, source d’espérance, tout comme la voie ferrée l’autre côté du chemin et qui venait de qui sait où et qui allait encore une fois, ailleurs. Ce chemin de fer démontrait à la petite fille de six ou sept ans que le monde était beaucoup plus grand que ce qu’elle pouvait percevoir ou même concevoir. « Les mots » dit-elle, « On ne sait pas d’où ça vient. Ça vient du brin d’herbe, du scintillement de la neige, ça vient du regard que je porte au loin, dans cet inconnu. Écrire pour moi est ce besoin vital de liberté, de me donner le droit de vivre, le droit d’être au monde, c’est tout simplement un chemin. J’aime les mots. Ça m’a amené dans ce couloir, ça a engendré des p’tits et me voilà. » Lise coordonne La Maison des auteurs depuis sa création en 2006 jusqu’en 2008. La Maison est ouverte au public du printemps à l’automne. Lise s’en occupe encore, à différents niveaux et surtout par sa présence. Elle aime s’engager, elle aime créer de nouveaux projets, relever de nouveaux défis, elle aime bâtir, elle aime les mots. En 2006 tout était à faire : le recrutement, la mission, la programmation, la promotion de l’association,

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Lise Careau, une femme belle, souriante, pleine de joie de vivre, une artiste, une poète… - Lise, que peut-on rajouter, qui es-tu? « Je SUIS, c’est déjà un verbe, le verbe être, un verbe d’état, oui, mais surtout un verbe d’action; être en mouvement, être vers soi-même, être vers l’autre, être en découverte, être en apprentissage, être en création permanente de la vie, donc je suis. » Lise est née dans « le p’tit Québec » en Ontario, à Sturgeon Falls, mais elle a grandi dans les campagnes de l’Abitibi. Elle affirme par contre que ses racines sont ici, en Outaouais, une ville nature, diversifiée, une ville qui répond parfaitement à ses besoins à plein de niveaux. Jeunesse en Abitibi, une petite maison sur le bord de la route, donc à l’écart des voisins où chaque famille est à son histoire, à ses affaires. Le bébé de douze enfants, elle grandit dans une famille aimante et violente; ces deux engrais l’auront nourri et auront fait d’elle la femme présente devant moi aujourd’hui. Son père, comme le décrit Lise, était fort probablement un artiste caché qui en portait trop lourd sur les épaules, avec la violence comme seule option pour faire passer son autorité. Sa mère chantonnait tout le temps. Son ordre méticuleux où chaque objet avait sa place donnait à la maisonnée une forme de sécurité et de rondeur à cet environnement émotionnellement très


faire connaître ce bâtiment patrimonial qu’est la Maison ajoute‑t‑elle. Charron, la plus vielle de Gatineau. Sa peur : la peur de mourir à côté d’elle-même, d’avoir Lise a comme aspiration de continuer à faire ce qu’elle marché à côté de ses souliers. Elle avoue l’avoir déjà fait. aime, de pratiquer à respirer par le nez malgré la charge Aujourd’hui, elle se permet autant que possible d’être au parfois lourde du quotidien, de capter les petits espaces présent et d’ainsi marcher dans ses propres souliers. Elle à travers les petits trous où elle peut, même quelques a aussi peur de ne pas se pardonner. Comme elle dit : « Se secondes, regarder dehors, vraiment tromper c’est OK, ce sont des leçons vivre ces petits moments camouflés de vie, c’est correct. » Elle aurait dans le reste. Elle cajole cette peur également d’être totalement La roche ne représente pas handicapée, elle aimerait au moins ambition d’être présente à ces choses-là, d’augmenter sa confiance lucide. « Si je ne l’étais pas, un cœur de pierre, mais le demeurer en la vie, beaucoup plus intelligente je ne le saurais pas donc ça ne me et encore beaucoup grande qu’elle, dérangerait pas », me dit-elle en riant. côté solide de la nature que nous tous. Elle veut mourir Mais une très grande peur, réelle, une heureuse, mourir parce qu’elle aura qui l’habite, elle n’en sait trop rien. vécu pour la peine, nourrie à fond « Lorsque je la rencontrerai, je te le par la création, la sienne et celle des autres. Pour elle la dirai », encore en riant. création est fondamentale. En ses mots : « Mon docteur Lise, où va l’humanité? et mon église. » Elle observe beaucoup la souffrance qui Aucune réponse. Elle croit que l’humanité existe depuis selon elle, est source d’espérance avant tout. La souffrance un bon bout de temps, qu’à travers ses catastrophes elle ne mène pas seulement ni toujours à l’éteignoir, mais rebondit, mais selon sa perception, plus l’ombre grandit, elle se présente à nous plutôt comme une obligation de plus la lumière grandit et donc plus l’ombre grandit. Nous transformer des choses, c’est une source d’espérance en sommes dans une période de l’humanité parmi tant et d’entraide. « Le Portail est lui-même un tel seuil », d’autres, une où la conscience grandit, le mouvement

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social s’épanouit, un éveil collectif prend forme et grâce à des organisations comme « Avaaz », ça nous permet d’exprimer notre mot à dire. En même temps, Lise parle également de déshumanisation à grande échelle, ce côté sombre de l’humain qui se manifeste. « Nous n’avons plus l’encadrement religieux pour tenir les balises. » Elle ne parle pas de cet encadrement religieux autoritaire, mais de cette connexion à la verticale, à une certaine spiritualité qui nous permet de réduire nos peurs et du même coup, augmenter notre solidarité. Elle croit par contre que si individuellement nous brillons notre propre univers personnel, on peut alors faire pencher la balance vers la lumière. De son côté, Lise s’accroche aux fleurs, à la nature, c’est son cap. Elle s’accroche aussi à ses relations qui l’entourent et bien entendu, à la création. « Ah oui » s’exclame-t-elle, « je m’accroche aussi au tofu, au tofu aux légumes, mmm!» On l’a bien rit. On a bien rigolé!

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de j’te vois. » D’après elle, et je suis d’accord, la première action pour aider est la reconnaissance d’une entité, de reconnaître sa présence. Si on peut plus tant mieux, mais on commence par un minimum. « C’est triste » finit-elle par dire. Ça revient encore et toujours à un meilleur partage des richesses. Lise croit qu’avec le retrait graduel mais constant de l’État dans l’octroi d’aide financière aux organismes qui desservent ces clientèles fragilisées, il revient au secteur privé de tendre la main. La responsabilité nous revient à nous comme individu et comme citoyen, beaucoup ont plus de biens qu’ils n’en auront jamais besoin. Mais il incombe aussi aux entreprises de redonner une partie de leur profit, que d’ailleurs nous avons nous-mêmes fourni. « La responsabilité de nos plus démunis nous revient à nous, le secteur privé, beaucoup au secteur privé, oui. Il y en a qui sont plus chanceux. Nous sommes tous interreliés, il y a un prix à payer, nous sommes tous sur le même bateau sur Je demande à Lise comment elle perçoit cette explosion cette petite boule ronde. On ne sait pas d’où on vient ni où exponentielle de fragilité mentale. « Il y en a beaucoup, en on va, la vie c’est ici, c’est maintenant » nous dit-elle. Et effet », répond-t-elle. Elle parle de familles fragmentées qui elle ajoute : « D’ailleurs, les biens c’est bien, mais jamais n’offrent plus de soutien à ce niveau, de notre dissociation ils ne pourront combler le trou dans le cœur, c’est un d’avec la religion, ou plutôt d’avec la spiritualité comme fond sans fonds, une faim sans fin. » Comment ignorer la nous en avons parlé, du phénomène du « chacun ses pauvreté? Elle est partout, elle nous côtoie, on la voit. bébelles », mais elle associe beaucoup fragilité mentale avec fragilité physique dans de nombreux cas. Pour Lise, comme solution, ça prend beaucoup plus que notre bonne volonté, ça prend de bonnes ressources, une vision claire et sans jugements, ne pas imposer nos choix. Les médicaments peut-être, mais si c’est seulement ça, non. « Que plus de personnes publiques en parlent ouvertement, que ce soit ouvertement exposé, ça c’est bon » dit-elle. Ça 164, RUE LAURIER à GATINEAU nous sort du « j’en parle pas » et nous donne la force, la (parc Jacques-Cartier) permission de dire « OK, j’ai besoin d’aide pour un bout ». (Tél. : 819 770-3339 ou voir aussi www.aaao.ca) Quant à l’exclusion sociale et l’itinérance, Lise est souvent mal à l’aise avec cette réalité, elle l’avoue sans gêne, avec toute l’humanité qui l’habite. Elle voit ça comme un nuage sombre qui ne sait pas trop de quel côté aller. «Ça dépend beaucoup de l’énergie que l’individu dégage, je vais souvent donner un p’tit quelque chose, mais si la personne crie, chiale et engueule les passants, je me tasse, je ne peux pas, ça me fait profondément souffrir, trop pour moi. » Par contre, elle se souvient d’un épisode où un type quémandait sur le trottoir, ignoré de tous. Le type s’est mis à s’exprimer haut et fort : « tabarnak, on dirait que chus transparent, que chus invisible ». Ce n’était pas le fait de ne rien recevoir, mais de ne même pas être vu. Alors Lise s’est dit : « OK, au moins un regard, un sourire, un acte


ACTUALITÉ SOCIALE

Les ombres invisibles Par: Par: Roger Blanchette

Il y a quelques années, Richard Desjardins nous présentait un documentaire saisissant, « Le Peuple invisible ». Il voulait nous faire voir la réalité des peuples autochtones, particulièrement des Algonquins, pour nous sensibiliser aux injustices dont ils sont victimes et aux conditions dégradantes et inhumaines dans lesquelles ils vivent. Ce qu’il nous montre dans ce film ne se passe pas en Afrique, en Asie ou à l’autre bout du monde, mais ici, sous nos yeux, à quelques heures de route! Et pourtant, la majorité de la population ne le voit pas, ne veut pas le voir, détourne la tête, ou le nie : d’où le titre du documentaire.

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On assiste malheureusement au même phénomène avec les itinérants. On les croise tous les jours, dans tous les centres-villes du monde : ici, à Hull, à Gatineau, à Ottawa. On les croise, mais on ne les voit pas, on détourne la tête, on change de coté de trottoir, ou encore on les insulte avec mépris. Ce sont des « ombres » invisibles. S’ils croisent un chien ou un chat errant, les gens s’arrêtent pour voir s’il va bien et s’inquiètent pour son sort. Mais un itinérant ne mérite pas un regard. Comment expliquer cette attitude, cette indifférence, cette déshumanisation comme dirait Primo Lévi « Si c’est un homme »? Expliquer ne veut pas dire justifier! On peut y voir de la peur, la peur de l’autre, la peur de la différence, de la non-conformité. En fait, la même peur qui conduit au racisme… Il faut dire que cette peur est largement alimentée par certains médias qui véhiculent allègrement les préjugés et les clichés les plus grotesques. Il faut

dire que les gouvernements encouragent ce type de discours. On l’a clairement constaté lors de l’annonce de la réforme de l’aide sociale proposée par le gouvernement libéral! Outre la peur, certains vont invoquer une forme de malaise, comme avec les handicapés : on ne sait pas quel comportement adopter, alors on détourne le regard… Pourtant, ni la peur, ni les préjugés, ni l’inconfort ne justifient cette attitude. Comme le dit un auteur que j’aime beaucoup, Emmanuel Levinas, « c’est le regard de l’autre qui nous donne notre humanité ». Ignorer quelqu’un, faire comme s’il n’existait pas, c’est le déshumaniser. À l’inverse, regarder quelqu’un dans les yeux, se laisser toucher par son regard, c’est lui dire « tu es un être humain, je me reconnais en toi ». Alors, regarder un itinérant, ne pas détourner le regard, ne pas l’éviter, lui dire bonjour… c’est lui redonner son humanité. Bien sûr, ce n’est pas là que le premier pas, mais un pas essentiel. Ce n’est qu’à partir de là qu’on peut commencer à comprendre la problématique de l’itinérance, à en analyser les causes et les problématiques qu’elle soulève, et ultimement essayer de trouver des pistes de solution et d’intervention. À partir de là, on débouche sur les actions sociales et politiques; nous en parlerons bien sûr dans nos prochains textes. Mais commençons d’abord par voir l’être humain avant de voir l’itinérant.

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DOSSIER SPÉCIAL

Je vous présente Francine Par: Christian Gosselin Nous sommes présentement à Kamouraska, une première pour moi. Francine a d’abord accepté de m’offrir cette entrevue, et même de me conduire de Lévis où elle habite jusqu’à ma destination finale, Rivière-du-Loup où des amis tiennent un café-couette; La Sabline.

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Nous sommes présentement à Kamouraska, une première pour moi. Francine a d’abord accepté de m’offrir cette entrevue, et même de me conduire de Lévis où elle habite jusqu’à ma destination finale, Rivière‑du-Loup où des amis tiennent un café-couette, La Sabline. Francine Chatigny est arrivée à la Quête, journal de rue de Québec par pur hasard, si hasard existe. Elle nous a accordé cette entrevue par pur amour pour l’humain et ainsi partager sa vision sur la vie, l’itinérance et l’exclusion sociale. Francine est native de la Beauce, de St-Isidore de Beauce pour être exact. Élevée sur une ferme avec un frère et une sœur, elle dit avoir grandi dans un milieu superbe, dans la simplicité, des parents aimants, et où lui ont étés transmis le goût de la terre, du vrai et le goût d’aider. D’ailleurs lorsque je suis arrivé à Québec pour la première fois la rencontrer, elle m’a accueilli avec toute son âme dans sa générosité intrinsèque pour me guider dans mes premiers pas dans ce projet; Le Portail de l’Outaouais. Sa première question aujourd’hui : « pouvons-nous prendre la vieille route et suivre le fleuve? » . Merci Francine, moi qui n’ai jamais, par mon mode de vie antérieur, su me permettre un si beau cadeau. Quel beau coin de pays, en un mot; WOW! Nous voici donc à Kamouraska, sur le quai. Ça aurait pu être pire, en effet.


Francine dit ne pas avoir été la meilleure à l’école, mais elle aimait apprendre. Elle a entrepris un bac en communication qu’elle n’a pas terminé totalement. Elle a obtenu un certificat en rédaction par la suite, ainsi qu’une formation en tant que recherchiste. Sans savoir, tout se préparait pour l’amener là où elle est aujourd’hui. Francine tente de vivre du mieux qu’elle peut en cohérence avec ses valeurs, tâche qu’elle qualifie d’extrêmement difficile par moments dans ce monde capitaliste et ce qui en découle. « Je crois au vrai, je crois à l’humain », dit-elle, puis elle ajoute : « Je crois au beau, il y a quelque chose de tellement beau dans l’être humain, qui peut se traduire dans les gestes les plus simples comme se rendre au travail à pied, puis sourire et dire bonjour aux gens, même aux inconnus. Je crois en tout ce qui nous unit, finalement. Je crois à l’amour, pas à l’argent.» Selon elle, l’être humain se dirige tout droit vers un mur. Elle reste confiante, mais elle a tout de même des doutes.

est-il exclu. Est-ce par le simple fait d’être différent, ne pas répondre au modèle idéal? « Plus on t’exclut, plus tu t’exclus toi-même, alors survient une perte de confiance, une perte de contrôle, la toxicomanie. C’est difficile ensuite de se ramener, surtout si tu crois être inadéquat ». Selon Francine, ce n’est définitivement pas un choix conscient de vie. Par contre, entre eux, les marginaux et les gens en situations précaires sont très solidaires, il y a une magie qui s’installe. On doit les aider, ne serait-ce que de les regarder, leur offrir notre sourire si c’est trop pour nous de leur offrir un billet de 20. Nous n’avons pas, croit-elle, à juger ce qu’il ou elle ferait avec ce 20 dollars. Quoi qu’ils fassent, c’est là où ils en sont, aujourd’hui. La marginalité, la non-conformité, les gens colorés attirent Francine. « Ça prend du courage pour s’afficher ainsi. » S’il y a une seule solution à l’itinérance, c’est le partage des richesses. Quelle que soit la forme, le partage est la solution. Il faut se décentrer de son nombril et arrêter

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« Je crois au vrai, je crois à l’humain » Tout le monde semble être d’accord qu’un changement majeur est vital, mais ça ne se reflète pas dans nos choix, surtout nos choix politiques. Nos choix individuels sont difficiles face aux contraintes sociales très puissantes. Il y a un éveil de conscience, pense-t-elle, sauf qu’encore là, nos gestes ne concordent pas. Lorsque Francine regarde les gens dans leurs moments d’arrêt, ils sont majoritairement braqués sur leurs bébelles électroniques, que ce soit dans les autobus ou dans les salles d’attente. Les gens font leur petit bonhomme de vie. Il manque quelque chose, un sens à nos vies. Elle croit que nous avons jeté le bébé avec l’eau du bain en rejetant catégoriquement la religion. Il manque le fond, l’essence, ne serait-ce que de chercher à retrouver le pourquoi de notre passage ici-bas. Pour rester saine, Francine s’accroche à la mer, elle a un besoin vital de voir et de sentir la mer. Elle s’accroche également au beau, surtout au beau. Il y a selon elle du beau dans tout, même dans le pas beau, et je cite : « Il y a du beau même au fond de la merde. » Lorsque Francine voit un individu en situation d’itinérance, elle se demande ce qui a bien pu l’amener là, pourquoi

de se croire invincible, à l’abri. Un divorce, un deuil, une dépression arrivent vite. Personne ne sait ce qui l’attend autour du prochain tournant… Pensez-y bien! Francine est à La Quête depuis trois ans. En pleine crise existentielle, elle se demandait si elle était vraiment utile là où elle œuvrait à l’époque. Avec une sœur en travail social qui aide les gens et un frère agriculteur qui les nourrit, elle avait un besoin urgent de se sentir utile à l’humanité. Son appel a reçu une réponse. Après avoir vagabondé de job en job, en bénévolat divers et sans vraiment chercher, Francine est tombée sur l’offre d’emploi qu’elle occupe aujourd’hui. Elle a su tout de suite que c’était pour elle. « Dans ce travail, que j’adore d’ailleurs, »me raconte‑t‑elle, « j’ai une réponse directe, constante et nourrissante pour l’âme. Que ce soit par les camelots (gars et filles), les auteurs qui me remercient d’être publiés ou les étudiants en journalisme avec qui je travaille, je suis nourrie là où j’en ai tant besoin. Les camelots sont mes amours. Lorsqu’un ou une d’entre eux disparaît un moment, je m’inquiète. Je m’attache à eux. Je les aime! »


L’itinérance et autres probématiques connexes Par: Christian Gosselin de temps ou pour la vie, ne peuvent adhérer à ce que la société nous offre comme encadrement et comme mode de fonctionnement. S’ensuivent le jugement, la stigmatisation, l’exclusion, l’isolement et bien entendu, notre conviction que nous sommes inadéquats, inutiles et bons à rien, tout simplement parce que la majorité ont eu ce regard destructeur sur nous et n’ont pas voulu ou même pu voir ce que nous avions à offrir, aussi différent que cela puisse être. Une fois rendu dans l’abysse, dans ce trou noir qui nous aspire encore et toujours plus creux, dans cet espace où il ne semble y avoir aucune fenêtre, une main doit nous être tendue. Un travail est nécessaire, un travail d’équipe, un travail social puis un travail personnel. Un travail intérieur profond qui peut parfois être très ardu, très long et surtout, très difficile pour certains. Pour d’autres, c’est la simple incapacité à cadrer dans la « boîte » qu’est le système, pure invention humaine, axée sur la performance et la rentabilité. À la source, l’humain n’est pas conçu pour performer et être rentable, mais bien pour vivre et contempler la beauté de l’expérience terrestre. Vivre tout simplement. La résonnance avec son environnement n’y est plus. L’homme est dénaturé. Et ça, ce n’est qu’une mince pointe du problème humain, lui-même rendu fort complexe, contrairement à la simplicité à laquelle il appartient. J’ai moi-même longtemps cru ne jamais pouvoir contribuer quoi que ce soit, j’ai longtemps cru ne pas appartenir à cette espèce humaine; un pas pareil. J’ai longtemps cru, comme plusieurs, que c’était moi qui étais mal conçu, j’étais le rejet, rien ne résonnait juste. Après beaucoup, beaucoup d’années de perdition et de souffrances atroces, j’ai appris que je n’étais pas défectueux, mais que la condition humaine l’était, animée par l’égo. J’ai enfin trouvé ma place, ce que j’avais à offrir. J’ai appris à être moi-même, le plus près de mon essence pure, dans un monde qui ne me ressemble pas.

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De ma perception et ma propre expérience, dans la plus grande majorité des cas une situation d’itinérance n’a rien à voir avec l’intelligence. Ce n’est surtout pas une simple question de volonté non plus. Il n’y a d’ailleurs absolument rien de simple dans ce phénomène. Certains se retrouvent là une fois dans leur vie et redeviennent fonctionnels plus aisément que d’autres, certains y arrivent, repartent puis reviennent régulièrement jusqu’à ce qu’ils en meurent ou jusqu’à ce qu’ils trouvent leur voie, puis certains vivent ainsi par ce qu’on pourrait appeler un choix mais finalement, il représente le seul mode de vie auquel ils peuvent adhérer. Si je parle de moi, de mes propres visites en itinérance, quatre fois en dix ans pour être précis, il était question de non-conformité, de manque de résonnance à ce qui m’était présenté, de résilience tabassée au fil des années, d’accumulation de coups durs, de blessures profondes refoulées et probablement dû aussi au bagage génétique et la mémoire cellulaire. Peut-être est-ce tout simplement dû à mon alcoolisme. Dans mon alcoolisme actif, d’un côté j’ai entendu beaucoup me dire comment eux aussi ont vécu des drames, souvent bien pires que les miens et pourtant, ils vivent aujourd’hui une vie équilibrée, pourquoi alors est-ce que moi j’ai continué à me détruire et empoisonner mon entourage? De l’autre côté du spectre, j’ai entendu un nombre aussi important d’individus me partager avoir vécu dans la ouate, matériel à volonté, avec amour parental à profusion, famille aimante, communication transparente et fluide, sept enfants mais un seul qui perd la maîtrise de sa vie par l’alcool, ou plutôt par son incapacité à gérer sa consommation qui au fil des ans a pris de plus en plus de place jusqu’en en devenir le centre de son univers au détriment de tout le reste, de tous ceux qui l’aiment et qu’il aime, jusqu’au désespoir où boire n’est plus une option mais un besoin vital comme respirer. C’est l’alcoolisme en progression. Que ce soit par la dépendance à une substance, les désordres émotifs et mentaux ou autres, certains d’entre nous, pour un bout


RÉTABLISSEMENT

Effort pour retrouver son équilibre

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Par: A. Nonim

Commençons par démystifier la notion même du mot. Selon le Petit Robert, rétablissement signifie : « Effort pour retrouver son équilibre ». Qui parmi nous est en parfait équilibre, et ce, tout le temps? Le Petit Robert nous invite également à voir « convalescence, guérison ». Qui ici peut affirmer être en santé parfaite, physique, mentale, émotionnelle? Moi non, et pourtant je m’affirme émotionnellement stable, centré, solidement ancré… relativement et surtout, la plupart du temps. De plus, cette stabilité intérieure reste conditionnelle aux pratiques auxquelles je m’efforce d’adhérer régulièrement, voire perpétuellement avec assiduité, discipline et avec beaucoup d’ardeur. Dès l’instant que je me croirai « guéri », avec aucune marge pour l’apprentissage et la croissance, je mourrai, comme trop longtemps je l’ai été - mort. La rigidité qui m’habitera aussitôt et cette cloison qui se créera pour empêcher toute nouveauté à toute circulation et à tout changement me figeront sur place. Contrairement au principe même de la vie, le mouvement cessera. Comme un lac qui refuse l’accès à sa source, qui se vide, qui devient stagnant et se putréfie de l’intérieur. Chaque être humain est différent. Certains naissent grands, d’autres plus petits. Certains sont forts, d’autres plus faibles. Certains avec des fragilités et d’autres semblent hériter de toutes les forces qu’un humain peut posséder. Pourquoi ? Je n’en sais rien. Pour ma part, je tente de dire merci pour tout ce que j’ai et que beaucoup d’autres n’ont

malheureusement pas. Tous, sans exception, je crois, ont quelque chose à apporter à ce tout qui nous relie. Peut‑être serait-il temps de chercher ce que chaque individu a offrir et apprécier ce qu’il est, au lieu de toujours chercher ce que nous voudrions qu’il ait et qu’il soit, qu’il n’a pas et surtout, qu’il n’est pas. J’ai le droit fondamental d’être. Vivre à côté de ce que je suis et de qui je suis m’a trop longtemps rendu profondément malheureux. Comme une fleur bleue n’a pas à être une fleur jaune et une petite fleur n’a pas à être une grande fleur, je suis, me voilà, je me présente à vous avec ce que j’ai à offrir, en perpétuelle évolution, en acceptant de grandir comme le créateur l’a planifié, en acceptant chaque épreuve comme source de sagesse, dans le respect de tout ce qui est et de tout ce qui veut être, relativement calme et bien ancré dans un monde qui souvent l’est moins.


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MODE DE VIE SAIN

Par: Aimé Sansoucis

Dans cet article, nous explorerons ce qu’est un mode de vie sain.

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Nous verrons pourquoi il est vital pour chaque être humain d’atteindre un certain niveau de stabilité intérieure pour vivre une vie pleine, vraie et joyeuse, sans artifices. Nous évoquerons l’importance capitale de bien se nourrir, et ce, aux trois niveaux qui constituent chaque individu; biologique, psychologique et le grand oublié, spirituel. Ils sont tous interreliés. À la base, si le corps est bien nourri et maintenu en forme, les deux autres se trouvent par conséquent bien ancrés sur une bonne fondation. Mal nourri par contre, l’impact sur les deux autres niveaux est parfois subtil mais toujours certain, et la lutte pour un équilibre émotionnel devient alors rapidement inégale. On

a malheureusement tendance à beaucoup banaliser les effets néfastes d’une mauvaise alimentation et de l’inertie physique sur la psyché. Hélas, ils sont vrais, réels et bien plus perturbateurs mentalement qu’on puisse croire. Bien sûr, tous les propos visent l’idéal, un objectif à atteindre pour être sain, stable, calme, serein et heureux. Très peu d’entre nous, dans cet environnement occidental, peuvent pratiquer un mode de vie sain à la perfection. Nous parlerons donc d’aspiration, de croissance vers, et de pratiques à appliquer le mieux qu’on peut humainement le faire.


SPIRITUEL

Bien nourrir son corps peut effectivement exiger une discipline rigoureuse. Les étagères des supermarchés sont bondés de produits raffinés, plus souvent qu’autrement bourrés de tous les genres de produits chimiques imaginables et inimaginables, dont les vinaigres néfastes(le vinaigre blanc a le même effet sur votre flore intestinale que l’eau de javel dans une fosse septique, il tue la flore bactérienne), le sel et surtout, oui surtout, ce grand banalisé, le sucre. Comme tout ce qui vit ici-bas, le corps humain est conçu spécialement pour s’alimenter d’une nourriture bien spécifique, de laquelle nous nous sommes éloignés effroyablement depuis l’industrialisation. Le cerveau humain, entre autres, ne peut fonctionner adéquatement s’il est nourri de produits qui lui sont inaptes. Si le moteur de ma voiture roule au diesel et que je lui fournis de l’essence régulière, je ne peux m’attendre à un bon rendement. Dans mon cas précis, si j’avais été une fourgonnette, il y a fort longtemps que ma carcasse aurait été mise à la ferraille. Dieu merci pour ce médecin intérieur, présent en chacun de nous qui travaille avec ardeur et acharnement à nous préserver en santé, à nous guérir et nous protéger de ces intrus que nous lui acheminons volontairement, auquel nous refusons trop souvent l’action dont il a tant besoin. Le corps humain est une machine miraculeuse, d’une puissance incroyable mais également d’une vulnérabilité indéniable.

Qui d’entre nous n’a jamais vécu l’euphorie joyeuse qu’un effort physique intense lui a procurée? Quelle joie, quelle satisfaction. Un impact facilement explicable scientifiquement. L’endorphine, l’hormone du plaisir, un médicament naturel, déjà présent en nous, gratuit et tellement efficace contre la dépression et bien d’autres maux que seul l’environnement humain peut induire. Mais non, vivons dans l’action virtuelle, l’inaction bien réelle. Les réseaux sociaux nourrissent le mental, nourrissent notre quête du savoir, notre quête à vouloir « changer les choses », mais comme toute consommation, nous laisse avec ce goût amer de déception, de vide et d’éternelle insatisfaction. Bougeons, respirons la vie, la vraie, la parfois difficile mais bien vécue. Prenons surtout bien soin de bien nourrir sa psyché de positivisme, d’optimisme et de beauté. Aussi, prenons garde à ne pas le nourrir de sensationnalisme, de dramatique et de peurs. Deux nourritures possibles, deux motivations sources; la peur ou l’amour; le seul véritable choix.

Ah ce grand oublié, souvent rejeté catégoriquement et même renié. Pourtant la liaison verticale de beaucoup d’humains fait ses preuves jour après jour, siècle après siècle par ceux qui nous semblent plus sages, plus gracieux, peut-être plus bénis, mais qui finalement, ne sont que des êtres humains comme nous tous qui ont fait le choix d’opter pour l’important d’abord, soit la quiétude intérieure. Mais le temps manque, en effet, nous sommes occupés, préoccupés, surchargés et surendettés, hélas. Je dis hélas parce qu’une telle communication à la verticale avec l’invisible, une fois établie, devient réelle, palpable. Une telle pratique n’exclut en rien tout le reste, il devient tout simplement secondaire, un surcroît, un bonus encore beaucoup plus apprécié puisque le besoin vital est alors déjà comblé. Idéalement, pour en arriver à de tels états de grâce, d’abord momentanés et aléatoires, le corps et la psyché doivent préférablement être eux-mêmes joyeux, légers, et en grande partie exempts de toxines, parce que les toxines psychologiques ont elles aussi un impact autant, voire plus, dommageables sur l’Esprit que les toxines biologiques. Tout est lié, absolument TOUT!

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PSYCHOLOGIQUE

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BIOLOGIQUE


Les billets de C

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L’engagement L’engagement, un mot qui a du chien, un mot qui mord ! Si pour la plupart d’entre nous ce mot fait peur, c’est qu’il nous force à une rencontre avec soi. Je peux m’engager envers l’autre et je peux m’engager envers moi-même. Quand je m’engage, je prends action, je fais des choix, je fais une différence dans la vie de l’autre et dans ma propre vie. S’engager, c’est se lier par une promesse, c’est donner sa parole, c’est faire alliance. Oui, l’engagement est un mot qui mord et c’est parce qu’il mord qu’on lui tourne le dos et qu’on s’enfuie. On a peur d’y laisser sa peau, on a peur d’être saigné à blanc. Le 17 août 2011, j’ai rédigé ma première lettre d’engagement avec moi-même. J’ai recensé 30 actions, grandes et petites, auxquelles pour certaines, j’ai fixé une date butoir. Puis est venu LE MOMENT, ce moment où j’allais enfin signer ma lettre. Je me suis d’abord positionnée debout devant le miroir, j’ai lu ma lettre à voix haute en me regardant de temps à autre, car c’est à moi que je m’adressais, c’est avec moi que je prenais alliance. Quand est venu le moment de signer, j’ai inspiré profondément, j’ai saisi fièrement ma plume et j’ai signé allègrement en y joignant la date du jour, car c’était un grand jour. J’étais fière de moi. Par cette alliance, je me suis choisie, j’ai posé un geste qui m’a donné de la valeur et de l’importance. Là, c’est moi qui avais du chien, je mordais dans la vie, dans ma vie ! Ma vie, tu es la vie et je te crée à chaque instant par mes paroles et par mes actions. S’écrire des lettres d’engagement envers soi-même est un acte symbolique. Je relis mes lettres régulièrement pour demeurer connectée à mon énergie, pour entretenir la flamme, pour célébrer mes accomplissements le moment venu et contempler le chemin parcouru pour me rendre au fil d’arrivée. Pour les accomplissements non encore réalisés à la date butoir fixée, je rédige une nouvelle lettre d’engagement pour ceux-là avec une nouvelle date butoir, je lis ma lettre à voix haute, je signe et j’inscris la date du jour. Par ailleurs, à plus petite échelle, à chaque jour quand je le

Carole Verdon

désire, je déclare haut et fort un ou plusieurs engagements pour le jour même, en prenant à témoin une personne dans mon entourage, car notre puissance grandit dans l’écoute de l’autre. Faites-le, déclarez votre ou vos engagements du jour même devant quelqu’un et honorez votre parole! Cela pourrait être : Je prends l’engagement de marcher aujourd’hui deux kilomètres OU je prends l’engagement de dire aujourd’hui deux qualités à mon amoureux (se), OU les deux. Osez ! Que chaque occasion soit une grande occasion de faire travailler les muscles de la transformation. Vous verrez, vous y prendrez goût. Votre subconscient sera alors imprégné du pouvoir de l’intention de votre engagement et tout votre être, via vos pensées, vos paroles et vos gestes, y contribuera. Le soir venu, je me félicite d’avoir tenu mon engagement ou mes engagements pris en début de journée. Je me félicite pour mon intégrité, car mon intégrité, c’est ma parole. Moi, en terminant de rédiger cet article, j’ai déclaré haut et fort devant témoin : Aujourd’hui et chaque jour de ma vie, je prends l’engagement d’être authentique et transparente. Et vous, quel engagement prendrez-vous aujourd’hui ?

PROVERBE CHINOIS

Au lieu de maudire l’obscurité, allume une chandelle


HISTOIRE RÉGIONALE

Bienvenue Par: Roger Blanchette

Beaucoup de gens l’ignorent, mais l’Outaouais, Hull en particulier, a été le théâtre de plusieurs grandes luttes, et souvent de grandes avancées sur des questions sociales majeures. Les premières grandes grèves, les premiers syndicats féminins, la lutte pour le droit à l’avortement etc. Mais aussi des périodes extrêmement sombres. Qu’on pense aux bidonvilles absolument insalubres des années 1950, ou encore le saccage du Vieux-Hull et les expropriations sauvages des années 1970. Les sujets ne manquent pas! J’aurai donc amplement de matière pour meubler cette rubrique. Vous remarquerez sans doute que mon nom apparait aussi sous la rubrique « Actualité Sociale ». C’est d’ailleurs celle-ci que je remplirai régulièrement. La chronique sur l’histoire doit, en principe, être occupée par Raymond Ouimet. Raymond est un historien bien connu de la région; il a écrit plusieurs ouvrages très intéressants sur différents sujets d’histoire régionale, et il a aussi déjà été conseiller municipal. Mais je le laisserai se présenter lui-même. Pour le moment, il ne lui est pas possible de participer à la revue; je prendrai donc sa place aussi longtemps qu’il faudra. Je porterai

donc deux chapeaux; ACTUALITÉ SOCIALE et HISTOIRE RÉGIONALE. De toute façon, on ne peut parler d’actualité sociale sans faire référence à l’histoire, et l’histoire nous aide souvent à comprendre le chemin parcouru, parfois en avançant, parfois en reculant ...! Pour ceux qui ne me connaitraient pas et se demanderaient ce que je viens faire dans le décor, disons que j’ai deux formations; l’histoire et l’éthique sociale. J’ai enseigné l’histoire, dont l’histoire de l’Outaouais au cegep et à l’UQO; j’ai aussi publié des articles et un livre sur l’Histoire de l’Outaouais en 2009, en plus de faire plusieurs séries télévisées sur l’histoire nationale et régionale. J’ai aussi étudié l’éthique à l’Université Saint-Paul où je donne régulièrement des cours dans cette matière. Je m’intéresse particulièrement à l’éthique sociale. J’ai aussi un vécu qui me permet de porter un regard pas juste théorique sur plusieurs questions sociales; j’aurai surement l’occasion de vous en reparler. Je vous invite donc à lire et à commenter ces deux rubriques. Je serai bien sûr ouvert à vos commentaires et à vos suggestions. Et je suis convaincu que Raymond Ouimet sera d’accord avec moi là-dessus.

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1830 painting of Hull by Thomas Burrowes, with the Chaudière Falls and Bytown visible in the background (Crédit photo : Wikipédia)


Le Portail vous présente...

Centre Inter-Section

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Un peu d’histoire…..

Gatineau pour y implanter le Centre est un choix très conscient de la part des Vers la fin des années ‘80, membres du conseil d’administration. La une résidante de Gatineau, plupart des organismes dits « urbains » en Madame Monique Cormier‑Gagnon santé mentale sont, à l’époque, installés élève sa famille, donne du temps bénévolement. Cette à Hull. Modestes débuts, certes, mais néanmoins débuts dame a un fils schizophrène, qui, à la suite de plusieurs solides vers l’accession à la crédibilité des actions du invraisemblances, atterrit au Centre de détention de Hull où Centre et vers la clientèle souffrant de problèmes de santé il se suicide. mentale et confinée dans leur isolement social! Cette dame décide alors d’amorcer un travail de deuil et En 1995, le Centre Inter-Section H.A.G. se voit touché elle se rend bien vite compte que le deuil par suicide est par plusieurs changements : une relocalisation et un qualitativement différent d’un deuil dit « normal ». changement au niveau de la direction générale. De fil en aiguille, elle décide de regarder de plus près La relocalisation était l’enjeu majeur. Les locaux du l’organisation des services en santé mentale sur le territoire 44 Gréber étant rendus beaucoup trop exigus pour urbain (jadis Hull, Aylmer et Gatineau). Ce regard lui permet l’achalandage de la clientèle, il fallait penser sérieusement de se rendre compte qu’il n’existe pas d’organismes au déménagement des pénates! Et voilà que le Centre Intercommunautaires offrant des services d’intervention et de Section H.A.G. avait une nouvelle adresse : le 149 Chemin réinsertion sociale à la clientèle souffrant de problèmes de de la Savane, toujours à Gatineau. Parallèlement, la santé mentale en milieu urbain. subvention se voit majorer d’une façon assez substantielle En mobilisant sa communauté, elle décide de créer le afin d’élargir le programme de suivi communautaire. Centre Inter-Section H.A.G. (Hull-Aylmer-Gatineau) qui C’est aussi en 1995 que la fondatrice et première directrice aura pour mission la réadaptation et la réinsertion sociale générale, Madame Monique Cormier-Gagnon, décide de d’adultes aux prises avec un problème de santé mentale. prendre une retraite bien méritée tout en sachant que Elle élabore la programmation des services et les portes le Centre Inter-Section H.A.G. continuera sa mission de du Centre Inter-Section H.A.G. accueillent ses premiers réadaptation et de réinsertion sociale tout en soutenant le utilisateurs le 24 août 1988. Parallèlement à ces activités, volet postvention suicide. C’est Christyne Simard qui prend un programme de postvention suicide sera mis en place les rênes de la direction générale. pour venir en aide aux personnes éprouvées par la perte Au fil des ans, les programmes se raffinent, les besoins d’un être cher par suicide : voilà l’historique du mariage de la clientèle sont au centre des préoccupations, et les santé mentale et postvention suicide. Fait anecdotique, les ressources humaines se surpassent pour demeurer au faîte lettres patentes n’auront été reçues qu’au mois de janvier des techniques d’intervention appropriées. Et la clientèle 1989! Il faut dire que le contexte socio-politico-économique double!!!!!!!! s’y prêtait bien, car à la demande du CRSSSO (Conseil En 1998, un 3e défi se développe pour le Centre régional de la santé et des services sociaux de l’Outaouais) Inter‑Section H.A.G. qui doit trouver des locaux mieux en mai 1988, suite à une réunion avec Claudette Gatien et adaptés à l’achalandage tout en demeurant à Gatineau. Il y Thierry Boyer, il fut convenu alors de mettre sur pied un a un autre enjeu : diminuer les coûts souvent prohibitifs du centre pour les personnes qui avaient été victimes de la marché locatif à Gatineau et l’espace adéquat disponible. désinstitutionnalisation, le tout devant être fonctionnel à la Les coûts locatifs du 149 chemin de la Savane s’élevaient fin décembre 1988. à près de 50 000 $ par année. La course au local idéal Le premier emplacement du Centre Inter-Section H.A.G. s’enclenche mais avec des prétentions de devenir est situé au 44 boulevard Gréber à Gatineau. Le choix de propriétaire!! Tous se mettent à la tâche de dénicher


35 appartements, rien de moins! La chose est réalisée en 2014 alors que le Centre Inter-Section réintègre ses nouveaux locaux après une relocation temporaire d’une année, le temps de construire l’édifice. L’ensemble des locataires arrivent en juillet 2014. En 2013, le Centre fête ses 25 ans. Les efforts déployés par Monique Cormier-Gagnon n’auront pas été vains : plus de 25 ans après la fondation du Centre, le Centre se distingue toujours tant auprès de la clientèle ayant un problème de santé mentale, qu’auprès des endeuillés par suicide qu’au niveau des services référents. Qu’y a-t-il de différent 25 ans plus tard? Toujours la même mission : Favoriser la réadaptation et la réinsertion sociale de personnes aux prises avec un problème de santé mentale et apporter un soutien aux endeuillés par suicide. Un accueil chaleureux ainsi qu’une écoute empathique et confidentielle sont assurés par une équipe d’intervenants professionnels et dynamiques disponibles sur place. Si tu veux prendre la responsabilité et t’engager à faire des actions en vue d’atteindre les buts fixés, notre équipe te soutiendra. Notre philosophie d’action est basée sur le concept du rétablissement qui met de l’avant l’appropriation du pouvoir. Nous favorisons l’utilisation d’approches thérapeutiques et humanistes. Alors, Tu as le goût de : • Sortir de chez toi; • Atteindre les objectifs que tu t’es fixés; • Discuter avec des professionnels; • Rencontrer d’autres personnes; • T’amuser en participant à différentes activités; • Intégrer un plateau de travail; Appelle-nous au 819-568-4555 Visite notre site Internet www.inter-section.ca.

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« le » local! L’édifice du 1232 St-René Ouest (toujours à Gatineau) a été trouvé par un utilisateur. Ancien magasin de pièces automobiles, grand rectangle vide et non aménagé, il s’avérait la solution idéale à nos besoins locatifs! De fil en aiguille, le Centre Inter-Section H.A.G. devient propriétaire du 1232 St-René Ouest et l’aménage pour y accueillir la clientèle. En 1999, une réflexion sur les services de santé mentale de proximité nous amène à nous pencher sur les services sur le territoire d’Aylmer. Il n’en fallait pas moins pour créer le « Projet d’action concertée en santé mentale à Aylmer » qui est piloté par le Centre Inter-Section. Regroupant des intervenants du CLSC Grande-Rivière (Aylmer), de la Maison Réalité, de l’Envol SRT, de la cafétéria communautaire « Les Bons Voisins », un projet d’offre de services en santé mentale est élaboré. Tous mettent la main à la pâte pour la rédaction du projet. Pour les besoins du dépôt à la Régie régionale de la santé et des services sociaux de l’Outaouais, un seul organisme doit être identifié comme porteur du dossier. À l’unanimité, le Centre Inter-Section est identifié! Voilà comment est né l’Inter-Actif qui a maintenant pignon sur rue au 42 rue du Couvent et qui offre une programmation trois jours par semaine (financement réduit oblige…). Toujours préoccupé par la situation des personnes aux prises avec un problème de santé mentale, notamment par la situation du logement, le Centre Inter-Section imagine un jour, développer du logement social. Ce jour commencera à se concrétiser lorsque le Centre Inter-Section se porte acquéreur du terrain vague jouxtant l’édifice du 1232 St-René Ouest en 2001. En 2010, un virage majeur touchera toutes les actions du Centre Inter-Section, le virage clinique vers le rétablissement et l’approche axée sur les forces, approche qui nous permet de miser encore plus sur les forces des personnes. L’année 2012 nous amène un partenariat avec l’Envol SRT afin de développer une entreprise sociale qui embaucherait des personnes ayant une problématique de santé mentale. C’est ainsi qu’est née la Coopérative de solidarité Inter‑Envol spécialisée dans la numérisation d’archives. Il nous faudra plus de 10 ans avant de vraiment développer le projet logement : avec un édifice qui contiendra


PLACE AU CITOYEN

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On est tous un peu itinérants... Je pourrais parler de ce que je fais, de ce que j’ai envie d’accomplir. De la grande chance que j’ai d’avoir une maison, une famille extraordinaire et de mon copain. Je pourrais vous dire aussi que malgré mes nombreuses dettes d’étude, que je suis de ceux et celles qui mangent à leur faim et qui vont même parfois au restaurant, parce que j’ai un emploi. Mais je préfère et de loin, vous parlez d’où je viens et de tout ce que je suis plutôt que d’essayer de me complaire dans mon petit bonheur tranquille où trop souvent, plusieurs se perdent et arrêtent de faire vivre l’espoir. Il y a 6 ans, je n’en pouvais plus. Je souffrais. Je voyais plus le bout. Je ne rêvais plus et quand je posais enfin l’oreille pour dormir, c’est parce que j’étais arrivée à saouler ce mal de vivre qui me dévorait de l’intérieur. J’avais perdu mon emploi; j’étais sur le point de perdre mon logement; ma meilleure amie s’appelait Cocaïne et mon grand confident était Christophe d’Albray (pour ceux qui ne le connaissent pas, c’est un peu comme la formule « Jean Coutu » : au dépanneur, section « Vino », on y trouve de tout, même un ami). Je naviguais entre les matins difficiles et les soirées qui ne finissaient plus, les mensonges qui s’entremêlaient et des hontes sans nom pour lesquelles ma mémoire me fait encore défaut. Pour moi, le bonheur, à ce moment précis de ma vie, c’était un concept de marde que les gens léthargiques s’étaient inventé pour se faire croire qu’ils avaient réussis. Ils n’avaient pas tort. Alors que je croyais détenir la vérité, que mon regard blasé s’était finalement posé sur

l’être médiocre que j’étais devenue, un seul constat demeurait : ce n’était pas la vie que j’avais voulue. Adolescente, je voulais faire partie de la clique, de ceux qui se forgent un avenir, qui ont un travail valorisant, un nom sur une porte, deux voitures dans le garage, une clôture blanche, une souffleuse pis un beau pitou, un golden. Parce qu’un golden, si tu habites dans le Plateau avec tes 2,2 enfants pis la clôture blanche, ben c’est un « statement » en soi : t’es quelqu’un.

Point. J’étais pourtant très loin de cette conception du bonheur… Réalisant que je n’avais plus aucune ressource et à bout de souffle, je me suis tournée vers la seule personne qui arrivait encore à me regarder droit dans les yeux : ma mère. Une femme forte et si fragile à la fois, qui aurait pu déplacer ces montagnes ténébreuses à ma place si elle l’avait

pu. Une femme, qui autrefois et allez savoir pourquoi, incarnait pour la jeune débauchée que j’étais la raison même de tous mes excès. Celle qui, avec le temps, deviendrait pourtant mon héroïne juste à moi, parce qu’elle est justement si forte et si fragile à la fois. Refusant l’idée que je lui avais proposée de m’accorder la permission de mettre fin à mes jours, elle fit des pieds et des mains pour me trouver un centre d’aide. Apeurée, j’y suis allée. J’ai purgé mon calvaire pendant près de 2 semaines, gueuler à m’en défoncer les poumons auprès des intervenants et des psychologues pendant plus d’un mois, pleuré recroquevillée quelque part dans les bois de St-Alphonse-Rodriguez, pour finalement accepté quelque chose qui me dérangeait étrangement : trois mois s’étaient écoulés et je me réveillais le matin avec un sentiment de bien-être. Une quiétude. Le silence ne me faisait plus peur. Une solitude rassurante et l’envie de me réinventer. C’était donc ça le bonheur. On est tous un peu itinérant dans la vie. On est tous un peu seul. On fait tous de mauvais choix. Quand on croise des personnes qui ont fait de la rue leur refuge, je crois sincèrement que le regard que l’on pose sur eux peut faire toute la différence. C’est pourquoi je les salue dignement, que je les considère en les regardant droit dans les yeux, comme ma mère a su si bien le faire il y a quelques années et qui sans le savoir, me sauva la vie. Parce que je crois encore que l’espoir passe d’abord et avant tout par le geste, essentiellement humain, de ne pas fermer les yeux ou de ne pas simplement détourner le regard. Par: Kymy

Écrivez-nous à articlesportail@gmail.com


Sans eux: un manque à gagner de 33 milliards de dollars au Canada. Dans le cadre de mes engagements professionnels, j’ai toujours eu le plaisir et la chance de travailler avec des bénévoles. Que ce soit dans le milieu des arts, dans les secteurs communautaire et philanthropique, dans le sport amateur, le bénévolat a toujours fait partie de ma vie... que j’agisse à titre de bénévole ou que j’aie l’occasion de travailler en étroite collaboration avec eux. J’ai aussi la grande chance de pouvoir me promener, un peu partout au Québec, afin d’aller parler, entre autres, de bénévolat dans le cadre de différentes conférences que j’offre. Personnellement, c’est le bénévolat qui m’a mis au monde, professionnellement, car c’est de fils en aiguilles, grâce à une implication dans un comité de quartier et à l’organisation d’un festival local que j’ai eu mon premier emploi dans l’organisation d’événements et la représentation d’artistes. Par la suite, grâce au réseau que j’avais établi dans le cadre de mes fonctions, on m’a offert un contrat dans un organisme communautaire à titre d’agent de développement et ainsi de suite, jusqu’à aujourd’hui. Tout est partie d’un investissement de temps dans un comité qui pouvait, à ce moment de ma vie, me sembler un peu anodin et sans importance réelle. Je dis d’ailleurs souvent à mes étudiants

combien il est important de faire du bénévolat pour leur développement personnel et professionnel ainsi que pour bonifier leur CV. Le bénévolat nous offre des expériences que peu d’emplois permettent. Il est possible, par un engagement bénévole diversifié, de connaître divers domaines d’activités, de se développer des compétences variées, de se bâtir un réseau professionnel, d’accroître notre cercle social, ... De par mes fonctions dans le milieu philanthropique, j’ai aussi eu (et j’ai toujours) le plaisir de collaborer avec des individus généreux, compétents et dévoués desquels j’ai appris considérablement, tant de leurs expériences que de leurs expertises. Certains d’entre eux sont mêmes devenus des mentors qui m’appuient régulièrement dans mes fonctions et projets. Il y a une richesse incroyable à travailler avec des gens de divers domaines d’activités, à les appuyer dans leurs démarches, à guider certaines de leurs actions, à apprendre de leurs méthodes. C’est une grande chance pour moi de pouvoir côtoyer ces individus qui ont su me partager leurs valeurs, leurs principes, leurs visions et très souvent... leur passion. Merci! Au Canada, selon l’Enquête canadienne sur le don, le bénévolat et la participation

(2007), c’est plus de 46% de la population canadienne qui fait du bénévolat pour un total de 2 milliards d’heures de bénévolat, annuellement. Cet investissement de temps représente 1,1 million d’emplois à temps plein pour les organismes qui reçoivent ces bénévoles. Imaginez, pour quelques instants, combien de ressources financières seraient nécessaires à ces organismes pour combler ces postes. Un calcul rapide et simpliste, avec une moyenne salariale de 30 000 $ par année, nous donne un montant total de 33 milliards de dollars (calcul non scientifiquement prouvé, bien sûr). Je vous laisse donc faire votre propre analyse. Le bénévolat est une composante clé de notre société et je vous encourage, si ce n’est déjà fait, à communiquer avec les divers organismes sans but lucratif de votre région pour connaître leurs besoins en termes de bénévolat. Ce qui est intéressant avec le bénévolat est qu’il prend la forme de votre disponibilité, de vos compétences, de vos intérêts, de vos passions et de vos objectifs. L’important est de l’essayer et dites-vous que l’essayer... c’est l’adopter. Je sais. C’est cliché, mais c’est vrai. Bon bénévolat!

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Source: Enquête canadienne sur le don, le bénévolat et la participation: www.donetbenevolat.ca/rapports_2007#2007nationalr Retiré avec autorisation de Sylvain Ladouceur de son blogue ; www.sylvainladouceur.com

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Une nuit de septembre

Statistiques

Une nuit de septembre, humide et fraîche, sans endroits pour dormir, j’ai marché, marché, puis encore marché. J’ai tellement eu mal aux pieds que j’ai levé les yeux vers le ciel et je l’ai partagé : « Je suis tanné de marcher ». Quelques minutes plus tard, sur la rue Eddy, j’ai vu le conteneur où un organisme d’articles usagés jette ses vêtements en trop. On y fouillait régulièrement pour se vêtir. Idée géniale; je vais aller y dormir. Huit pieds de vêtements propres, ce sera confortable. Je m’installe, déchaussé enfin, les yeux rivés vers le ciel étoilé. Je m’endors. Un bruit me réveille soudainement, le bruit des fourchettes du camion à déchets qui se glissent dans les œillères du conteneur et le sentiment d’élévation qui suit. Je panique. Je me sens soulevé. Mes pieds sont instables sur ce sol profond de vêtements. J’aperçois le fond du camion, non je ne vais pas là. À une seconde près, je me lance hors du conteneur. J’atterris le talon premier sur le trottoir. OUCH! Mon talon éclate. Me voilà allongé sur le trottoir en pleurs. Jamais je n’ai ressenti une telle douleur. C’est insupportable. Je rampe sur le sol en appelant à l’aide. Il est 7h du matin. Les travailleurs qui marchent en direction du bureau me contournent, ils ignorent mes cris. Je hurle à une passante : « Heiille, j’ai besoin d’aide », les yeux mouillés de désespoir. Elle me demande ; « que puisje faire? » Je l’ai dirigé vers le Gîte-Ami, alors tout près sur la rue Wright, et c’est un usager qui est venu à mon secours. Il m’a porté dans ses bras jusqu’au Gîte. Merci encore Marc. Le ciel a entendu mon cri. Je n’ai pas marché pendant huit mois.

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Par: Jean Névudôtre

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Notre conseil d’administration Président; Sylvain Roy Vice-président; Guy Desjardins Trésorier; Guy Desjardins Secrétaire; Geneviève Rollin Admin.; Amina Hussein Admin.; Hélène Tessier Admin.; Denise Laferrière Rep. camelots; Vacant

Fondateur/dircecteur/éditeur; Christian Gosselin Infographiste: Marie-Pier Renaud Imprimeur : Imprimerie du Progrès Merci aux nombreux bénévoles 819 230-4988 leportaildeloutaouais@gmail.com www.portaildeloutaouais.org

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