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Journal de rue Actualité sociale Roger Blanchette

Problématique connexe

L’anxiété généralisée (TAG), parlons-en!!

Mode de vie sain Un pas vers la paix

Les billets de C Quand les hommes vivront d’amour...

Le Portail vous présente... La Maison Réalité

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LA GRANDE ENTREVUE

David “D-Track” Dufour Visitez notre site web www.portaildeloutaouais.org

Numéro 2 janvier 2015


2 - Le Portail de l’Outaouais - Décembre

2015

Gatineau : ville inclusive « Chaque année, dans le cadre de sa politique de développement social, la Ville accorde son soutien pour favoriser l’apport de tous les citoyens à l’essor des communautés. En 2015, 675 000 $ ont été versés aux organismes du milieu. »

Maxime Pedneaud-Jobin Maire de Gatineau


ÉDITORIAL Que 2016 vous apporte tout ce dont vous avez besoin, ce qui se résume plus souvent qu’autrement à être beaucoup plus simple que ce qu’on désire. Je vous souhaite et ce, de chaque cellule de mon être, un esprit tranquille, un cœur joyeux et une âme en paix. Que 2016 vous ouvre des horizons auparavant jamais même imaginés et ce, dans toutes les sphères et à tous les niveaux. Ce magazine sert justement, entre autres, à dévoiler des réalités vues oui, mais de toute évidence méconnues. Ce sont des réalités qui pour être connues, vraiment connues, demandent à être vécues et ça non, je ne vous le souhaite pas, ni à personne d’ailleurs. Je ne saurai jamais pourquoi ni moi ni quiconque, nous devons vivre des trajectoires de vies aussi difficiles et profondément souffrantes. Ce sont des Vérités plus grandes que ma capacité d’entendement très limitée devant certains mystères.

Christian Gosselin Éditeur

Si je m’arrête par contre à sentir profondément en moi ce qui m’est demandé face aux souffrances humaines, il est clair pour moi que je dois y porter attention et même y porter main forte, d’être là pour quiconque tend la main en quête d’aide sans demander pourquoi il ou elle en est là. Elle l’est, un point c’est tout. Qui sait, peut-être vit-elle toute cette misère pour simplement m’éveiller moi, endormi dans la tranquillité du confort de mon espace soyeux.

SOMMAIRE

David «D-Track» Dufour

ACTUALITÉ SOCIALE

Bienvenue à Gatineau

DOSSIER SPÉCIAL

Faut-il donner de l’argent aux itinérants qui font la quête?

L’ITINÉRANCE Un itinérant?

PROBLÉMATIQUE CONNEXE

L’anxiété généralisée (TAG), parlons-en!!

RÉTABLISSEMENT Le regard

15 16 17 18 19 23

MODE DE VIE SAIN Un pas vers la paix

LES BILLETS DE C

Quand les hommes vivront d’amour...

HISTOIRE RÉGIONALE

Noël dans les chantiers de l’Outaouais

LE PORTAIL VOUS PRÉSENTE... La Maison réalité

PLACE AU CITOYEN

NOS CAMELOT(ES)

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LA GRANDE ENTREVUE

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Notre conseil d’administration Président; Sylvain Roy Vice-président; Guy Desjardins Trésorier; Guy Desjardins Secrétaire; Geneviève Rollin Admin.; Amina Hussein Admin.; Hélène Tessier Admin.; Denise Laferrière Rep. camelots; Vacant

Fondateur/dircecteur/éditeur: Christian Gosselin Correctrice en chef: Fanny Lachambre Infographiste: Marie-Pier Renaud Imprimerie du Progrès Merci aux nombreux bénévoles 819 230-4988 portaildeloutaouais@gmail.com www.portaildeloutaouais.org

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La grande entrevue Par: Christian Gosselin

David “D-Track’’ Dufour Nous sommes à L’UQO, petite table parmi d’autres où les étudiant(es), même en ce dimanche après-midi, étudient. David me donne rapidement l’impression d’être timide, mon sentiment. David est né ici, à Gatineau, secteur Gatineau. Il a des parents aimants, qui vivent toujours ensemble. Il grandit dans un environnement sain, aucun abus, ni de substance ni de violence, dans un confort matériel aisé qu’il qualifie luimême de classe moyenne.

David va là où la vie l’amène. Un jour, deux ans passés, après un bacc en sociologie/communication il se dit « allons voir jusqu’où je peux aller avec ça » . Il travaille actuellement sur son prochain album. Également, il vient tout juste de lancer son premier livre qui lui aussi, n’est que pur hasard, ces cadeaux de la Vie. « Détroit » a été écrits après avoir pris en photo de son cellulaire la ville de Détroit et sa misère. Il partage ces clichés avec une amie qui travaille chez Neige Galerie. Cette maison d’édition lui propose de joindre ces photos à des textes et ainsi produire cet ouvrage. « Depuis deux ans, tout coule doux, c’est vraiment cool ».

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L’itinérance, il n’a jamais connue, ni même côtoyée, une autre chance. David a des amis par contre qui souffre de dépendance aigue à l’alcool, une vilaine habitude qui détruits littéralement leur vie, mais pas d’itinérance, du moins pas encore. Par contre il n’en est pas insensible, loin de là. David croit comme plusieurs que l’itinérance n’est pas un choix, ça ne peut l’être. C’est un phénomène fort trop complexe pour mettre le doigt exactement sur sa source. Trop de facteurs entrent en ligne de comptes. Il y a tellement de problèmes intenses que les êtres humains doivent parfois, trop souvent, avoir à vivre, ça lui est impossible de juger, surtout avec si peu de ressources pour

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David est un slammeur, il s’exprime en slam, ce genre de rap mais sans musique. Ce genre de poésie, mais nouvel-âge, si je peux m’exprimer ainsi. Il a d’ailleurs d’abord été rappeur. En 2006 il est invité par un ami Au Troquet où il est introduit au slam. Il achète. Ses textes s’adaptent graduellement à cette nouvelle façon de faire et David partage ceux-ci sur scène. Les gens ont aimé, et ça dit-il, c’est beaucoup recevoir. Depuis, tout coule en ce sens. D-Track se dit privilégié. La Vie lui donne beaucoup. Depuis deux ans, il vit de son art, il survie plutôt, mais il est heureux de faire ce qu’il aime, surtout que les gens aiment encore ce qu’il fait ; un beau cadeau. Selon lui, il serait prétentieux de croire que sa vie n’est que par sa propre grâce. Bien sûr, avoue-t-il, le travail doit être fait, les efforts et certains sacrifices doivent être au rendez-vous, mais le contexte social dans lequel il a si généreusement baigné y joue également un rôle important. « Ce n’est pas donné à tous, cette chance » dit-il. Sans oublier que David

doit beaucoup aux médias pour leur appui et la visibilité dont il jouit, il leur dit merci.


y répondre. Selon David, l’itinérance est une problématique qui doit être socialement regardée avec attention. Il croit à un État interventionniste, loin de la réalité actuelle, et en la redistribution des richesses, et ce, en commençant à petite échelle, le secteur privé. Si quelqu’un a la chance d’être bien nantis, c’est sa responsabilité de redonner à ceux qui en ont moins. «Même quand t’en a pas beaucoup, t’as aussi ta juste part à faire dans ce sens. »

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«Pour reprendre une parole d’un groupe de rap que j’aime bien ; »On n’est pas tous nés sous la même étoile.» «Moi», dit-il, « je suis articulé, j’ai un certain talent, un environnement familial sain, des parents qui m’appuient à fond dans mes projets, ce n’est pas le cas pour tous ». David ajoute que les solutions à l’itinérance ou à tous les maux sociaux doivent avant tout passer par la sensibilisation, puis par la redistribution des richesses, et ceci, pas seulement aux temps des fêtes.

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À Montréal où habite maintenant David avec sa femme, il achète régulièrement L’Itinéraire. Après avoir lu à plusieurs

Éditions Neige-galerie 38, Hormidas-Dupuis, Gatineau (Québec) J9A 1E5 neige-galerie.com | info@neigegalerie.com

reprises les histoires derrière les personnes en situation d’itinérance, il est assuré que ça arrive à tout le monde, personne n’est à l’abri, vraiment. Ça arrive tellement vite. Ça pourrait lui arriver à tout moment.


ACTUALITÉ SOCIALE

BIENVENUE À GATINEAU Par: Roger Blanchette

Comme plusieurs autres villes du Québec, Gatineau s’apprête à recevoir des dizaines de réfugiés en provenance de Syrie et d’Irak. En fait, plusieurs seront déjà arrivés au moment où vous lirez ces lignes. Depuis plusieurs mois déjà, les médias nous ont montré des images de ces millions de personnes fuyant la guerre et toutes les atrocités qui l’entourent, même au risque de mourir noyé en Méditerranée, comme c’est arrivé à des centaines d’entre eux. Toutes ces images ont provoqué dans la population québécoise et canadienne une vague de sympathie qui a forcé nos gouvernements à ouvrir nos frontières et à accueillir ces réfugiés. Partout au pays, y compris à Gatineau, des organismes, des groupes et des individus se sont mobilisés, et ont offert leur aide pour accélérer et faciliter cet accueil. Cela est réconfortant et redonne espoir en l’être humain. Mais comme c’est souvent le cas, les catastrophes font ressortir le meilleur, mais aussi le pire... À côté de ces grands élans de générosité, on a vu et entendu tout un lot de commentaires racistes, de préjugés et même de menaces envers ceux que l’on s’apprête à recevoir. Même le gouvernement s’est laissé influencer par ces commentaires idiots en décidant de ne pas accueillir d’hommes célibataires, sous le prétexte de la sécurité, ce qui est totalement stupide à tous les points de vue! Est-ce qu’on aurait pris une telle décision si ces réfugiés étaient

chrétiens plutôt que musulmans? Poser la question, c’est y répondre… Le Canada peut et doit accueillir non seulement 25 000 réfugiés comme promis, mais encore davantage. Rappelons seulement que le Liban, un pays plus petit que la région de l’Outaouais, un pays de 4 millions d’habitants, a reçu plus d’un million de réfugiés syriens! Le prétexte de la sécurité que plusieurs invoquent n’est qu’un moyen de camoufler des préjugés racistes, comme celui qui voit en tout musulman un terroriste potentiel. Accueillir les plus vulnérables est un devoir moral, un devoir d’humanité auquel personne ne peut se dérober. Et cet accueil ne peut poser aucune condition, ni de religion, ni de race, ni de sexe ou d’âge. Gatineau a une longue tradition d’accueil. Au cours des dernières décennies, des milliers de réfugiés s’y sont installés, en provenance du Vietnam, du Liban, du Rwanda, de la Yougoslavie, du Congo, de Colombie et de biens d’autres régions du monde. J’ose espérer que la population sera fidèle à cette tradition d’accueil et de générosité, afin que ces nouveaux Québécois puissent trouver ici la paix et le bien-être auxquels ils ont droit; non pas en tant que Syriens, non pas en tant que musulmans, mais simplement en tant qu’être humain.

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DOSSIER SPÉCIAL L’ASEPCOM, c’est l’association des étudiants et étudiantes au troisième cycle en psychologie communautaire de l’UQAM. Cette approche de la psychologie s’intéresse aux relations entre la santé des individus et les environnements sociaux dans lesquels ils évoluent. La psychologie communautaire mise sur la recherche en promotion de la santé mentale et la prévention des facteurs de risque pouvant nuire au bien-être. Nous utilisons les données probantes comme outil de changement social par l’implantation et l’évaluation de programmes, la formation et la consultation. La justice sociale, l’«empowerment», la psychologie positive et la lutte contre les inégalités sociales sont au cœur de notre démarche. L’itinérance faisant partie de nos préoccupations, nous voulons contribuer au déploiement du nouveau journal Le Portail. Encourageons les camelots, et longue vie au Portail!

Faut-il donner de l’argent aux itinérants qui font la quête? Auteurs : Louis-Philippe Côté et Céline Guindon Doctorants en psychologie communautaire de l’Université du Québec à Montréal (UQÀM), membres de l’ASEPCOM (Association des étudiantes en psychologie communautaire). Un couple sort de la SAQ avec leur bouteille de vin. Ils rient et se collent tout en se dirigeant vers la sortie. Un gars assis par terre avec une affiche attend patiemment que quelqu’un lui donne un peu de monnaie. L’amoureux lui donne quelques pièces et le couple marche sur le trottoir à la recherche d’un restaurant «Apportez votre vin». - Pourquoi tu me regardes de même, j’y aie juste donné une couple de piasses. C’est quand même pas ça qui va nous empêcher de faire l’épicerie.

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- Non, c’est pas ça. C’est juste que t’aurais pas dû y donner de l’argent.

- Qu’est-ce qui te dit que c’te gars-là y a pas des problèmes de santé mentale qui l’empêche d’avoir une job ou de fonctionner dans le monde ordinaire? Si y a plein de monde avec des maîtrises qu’y ont pas de job, ben imagine toi comment ça doit être difficile pour un itinérant de s’intégrer sur le marché du travail… - Ok, pis là tu vas me dire que t’a aidé sa santé mentale ou que tu l’as rendu plus employable en y donnant d’l’argent pour qui se pogne de la dope ou de la grosse bière à 10% ?

- Pourquoi?

- … Ben là, chu qui pour y dire comment dépenser son argent.

- Ben ça va pas l’aider. Y va probablement aller se chercher d’la drogue ou d’la bière avec ça.

- Ben c’est ça, donne-lui notre argent pis soulage ta conscience avec tes grandes théories anticapitalistes…

-Ben voyons! Qu’est-ce qui te dit que le gars va pas s’acheter un café pis un croissant avec l’argent que j’y aie donné?… Pis de toute façon, si le gouvernement faisait sa job, le gars s’rait pas obliger de quêter de l’argent pour manger.

- … On es-tu obligé d’se chicaner le jour de la SaintValentin? On a peut-être des valeurs différentes, mais ça veut pas dire qu’on peut pas s’aimer… hein?

- Bon, encore le gouvernement! Pis ça va être quoi après, c’est peut-être la faute des riches pis des politiciens si le gars s’est ramassé dans la rue? C’est les gens qui font leur chance dans la vie. Si y veut se sortir de la rue, y peut.

- …. Ouain, s’cuse moi. On arrête de parler de ça… Finis la chicane. En passant, as-tu reçu le chèque du gouvernement pour l’assurance parentale? - Oui, oui. Je l’ai encaissé… C’est pour ça que je t’invite à manger dans un resto chic à soir.


Faut-il donner de l’argent aux itinérants qui font la quête? Une question complexe qui mérite réflexion. Avant de pouvoir répondre à la question, il est important de se questionner sur les raisons qui nous poussent à vouloir donner de l’argent, ou non, à un quêteur. Donner de l’argent, ou non, à un quêteur pour l’aider à sortir de la rue. Plusieurs individus désirent aider les itinérants à sortir de la rue. Ils aimeraient que leur don d’argent contribue à la réinsertion sociale des quêteurs. Il semble que le fait de donner de l’argent aux quêteurs n’ait pas d’impact sur leur réinsertion sociale, et ce, peu importe l’importance de la somme qui est donnée. Les études scientifiques et les expériences des intervenants qui travaillent dans le domaine indiquent que les itinérants n’ont pas seulement besoin d’argent pour sortir de la rue. En tout premier lieu, ils doivent pouvoir accéder à un logement et des soins de santé. Ensuite, ils ont besoin de se refaire un réseau social. Enfin, ils ont besoin d’être accompagnés dans l’apprentissage de toute une gamme de compétences nécessaires à leur réinsertion sociale. Par exemple, ils doivent apprendre à gérer un budget, payer des comptes, respecter un horaire. Si vous voulez aider des quêteurs à sortir de la rue, il vaut mieux donner à des organismes spécialisés en itinérance. Ces organismes offrent généralement un ensemble de services aux itinérants qui désirent se trouver un logis et réintégrer le marché du travail. Donner de l’argent, ou non, à un quêteur pour l’aider à changer son mode de vie.

Étant donné la forte prévalence de problèmes de toxicomanie dans la population itinérante, il est tout à fait normal de soupçonner qu’un quêteur va s’acheter de la drogue ou de l’alcool avec l’argent provenant de la quête. L’on peut désapprouver ce mode de vie, mais rien n’indique qu’en ne donnant pas d’argent à un quêteur, nous influencerons sa vie de façon à ce qu’il arrête sa consommation.

Sachant cela, ne pas donner de l’argent à un quêteur sous prétexte qu’il pourrait l’utiliser pour consommer est soit : 1) une méconnaissance de la complexité de la toxicomanie; 2) un jugement de valeur sur le mode de vie du quêteur. Par exemple, «Je ne veux pas encourager ton style vie»; 3) une attitude paternaliste envers le quêteur. Par exemple, «Je ne te donnerai pas d’argent pour ton propre bien, parce que tu vas mal l’utiliser.» En conséquence, si vous désirez aider des quêteurs à s’affranchir de leur toxicomanie ou les aider à changer leur mode de vie, il vaut mieux donner votre argent à un organisme spécialisé en itinérance. Les intervenants qui travaillent dans ces organismes sont les mieux placés pour identifier les itinérants qui désirent arrêter de consommer, connaitre leurs besoins, et les assister dans leurs démarches de réadaptation. Donner de l’argent, ou non, à un quêteur pour l’aider à se sentir mieux. Cette affirmation ne fera probablement pas l’unanimité et peut paraitre polémique, mais nous considérons que si vous désirez aider le quêteur qui s’adresse à vous à se sentir mieux à court terme, il est tout à fait légitime de lui donner de l’argent. Tout d’abord, de cette façon, vous respectez sa dignité et son autonomie, car vous ne portez pas de jugements de valeur sur la manière dont il dépensera son argent.

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Certaines personnes aimeraient aider les quêteurs à changer leur mode de vie. Ils aimeraient les aider à sortir de l’enfer de la drogue ou à adopter de saines habitudes de vie.

D’ailleurs, les problèmes de consommation sont généralement associés à un ensemble de problématiques qui sont interconnectées et qui s’influencent l’une et l’autre. Si je suis déprimé, je serai plus enclin à consommer. Si je suis stressé car je ne sais pas où je vais dormir cette nuit ou si j’ai peur de perdre mon emploi, je serai plus enclin à consommer. Il est donc généralement inefficace de vouloir traiter la toxicomanie sans intervenir sur les problèmes de santé mentale qui y sont associés et sur les conditions de vie qui influencent la consommation.

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Ensuite, il est impossible de savoir comment le quêteur dépensera son argent. Au-delà de la consommation de drogue ou d’alcool, il y a les petits plaisirs de la vie comme les cafés, les cigarettes, notre nourriture préférée (et non celle que quelqu’un d’autre a choisie pour nous) qui agrémentent notre quotidien et qui contribuent à notre bien-être. Enfin, on peut concevoir qu’aider un itinérant à consommer de l’alcool ou des drogues soulagera sa souffrance pendant un court moment. La toxicomanie n’est pas seulement un mode de vie, c’est également une façon de faire face aux difficultés émotionnelles et aux souffrances psychiques. À moins que l’individu ait des problèmes de comportements ou de santé mentale associés à sa consommation (violence, comportements suicidaires, psychose), il est probable que l’acte de consommer lui apporte du soulagement. La consommation n’est pas une solution aux problèmes du quêteur, mais elle change son mal de place et anesthésie sa douleur pendant quelque temps. Une question de choix

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En conclusion, faut-il donner aux itinérants qui font la quête? Tout est une question de choix. Pour effectuer ces choix, il faut bien être bien informé sur leurs conséquences et reconnaître les valeurs qui les motivent. Ensuite, il faut laisser aux quêteurs le respect et la dignité qui leur revient : nous n’avons pas suffisamment marché dans leurs souliers pour comprendre leurs réalités. Il faut de la sagesse, de l’humilité et du détachement pour respecter les choix des autres... surtout quand on n’y comprend rien! Enfin, on oublie parfois combien il est difficile de se changer soi-même. Nous adoptons tous certains comportements, avons toutes certaines idées, possédons tous certains traits de caractère et sommes tous accros à certaines substances (sucre, café, cigarette, argent) qui nous causent parfois des problèmes, mais que nous ne voulons pas abandonner. Problèmes de santé, problèmes dans nos relations interpersonnelles, problèmes financiers... Nous avons tous un talon d’Achille... Reconnaître combien il est difficile de renverser la vapeur par rapport à nos propres habitudes de vie et nos vulnérabilités personnelles est peut-être le premier pas vers l’adoption d’une attitude plus respectueuse et plus nuancée envers les quêteurs.

Exergue : We’ve all seen the man at the liquor store beggin’ for your change The hair on his face is dirty, dreadlocked and full of mange He asked a man for what he could spare with shame in his eyes “Get a job, you fuckin’ slob”’s all he replied [CHORUS] God forbid you ever had to walk a mile in his shoes ‘Cause then you really might know what it’s like to sing the blues

Ceci est le deuxième article de deux Pour toutes questions ou informations écrivez-nous à asepcom.uqam@gmail.com


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Itinérance Par: Christian Gosselin

Un itinérant?

Dessin : Katia Juhasz

ce qu’on explore, est aujourd’hui en situation précaire, difficile, jugée et malheureusement exclue. C’est un être humain peut-être doté d’une résilience moindre, d’une maladie mentale, d’une dépendance obsessive à une substance qui selon moi, entre très bien dans la catégorie des troubles mentaux. Quoi qu’il en soit, elle est là… que fait-on? Je vous implore d’aborder une personne en une situation d’itinérance, de la fixer droit dans les yeux, de lui dire bonjour, de lui souhaiter bonne journée, de lui souhaiter surtout de trouver ce qu’elle cherche avec tant d’ardeur et de souffrance. Je vous demande, s’il vous plaît, de lui demander son histoire. Changer son regard sur le monde est un excellent pas vers changer ce monde, un cœur à la fois.

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Un itinérant ce n’est pas quelqu’un, c’est une situation. C’est avant tout une histoire. C’est une personne, un être humain comme moi, comme vous, comme nous tous. Un être humain avec des sentiments, une intelligence, des traits de caractère, un physique, une intuition, une force de volonté et une force émotionnelle comme nous tous, humbles humains. Maladroitement, et non méchamment, on dit un itinérant tout comme on dit un médecin, un fonctionnaire ou un pompier. Encore là, c’est une situation, une fonction, une identité sociale qui ne peut en aucun cas nous dévoiler qui exactement est cette personne. Est-elle vraiment fonctionnelle, équilibrée, stable émotionnellement ou même, a-t-elle bon cœur? On ne sait rien. Une personne en situation d’itinérance n’est rien d’autre qu’une personne qui, pour des raisons inconnues jusqu’à

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Problématique connexe Ce mois-ci, Le Portail de l’Outaouais cède cette rubrique à Sophie qui a bien voulu nous partager ce texte tout à fait pertinent pour la cause.

L’anxiété généralisée (TAG), parlons-en!! Par: Sophie Lafleur L’anxiété est actuellement le problème de santé mentale le plus courant. Environ un tiers de la population en serait atteint. Par contre, un nombre important de ces personnes ne sont pas traitées. L’anxiété est une émotion qui est normale quand elle est une réaction à un « stresseur ». Elle devient pathologique quand elle se transforme en une peur diffuse et en l’anticipation d’un évènement négatif ou d’un danger imminent indéterminé. Ce texte vise à vous faire connaitre ce trouble de santé mentale courant, mais malheureusement, comme plusieurs autres troubles de santé mentale, trop souvent méconnu et source de préjugés. Pourtant, ces préjugés qui planent sur les troubles de santé mentale causent un grave préjudice aux personnes atteintes, qui souffrent en silence… Personnellement, en tant que personne atteinte du trouble d’anxiété généralisée, je peux vous assurer que ces préjugés sont très lourds à porter, quand ce dont on aurait véritablement besoin, c’est avant tout de soutien. La solution? En parler, afin de démystifier le problème et diminuer la stigmatisation des personnes atteintes!! Les symptômes du Trouble d’Anxiété Généralisée (selon http://www.fmm-mif.ca) Une anxiété et du souci excessif face aux activités quotidiennes pendant plus de 6 mois consécutifs. L’anxiété et les soucis sont associés à trois (ou plus) des symptômes suivants : Agitation Fatigabilité Difficultés de concentration ou trous de mémoire Irritabilité Tension musculaire Perturbation du sommeil L’anxiété, les soucis et les symptômes physiques qui en découlent entraînent une souffrance significative ou une altération du fonctionnement social, professionnel ou dans d’autres domaines.

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Revivre : Association québécoise de soutien aux personnes souffrant de troubles anxieux, dépressifs ou bipolaires www.revivre.org Ligne d’écoute : (514) 738-4873 ou 1.866. REVIVRE

Le Portail de l’Outaouais - Décembre 2015 -

Si vous vous reconnaissez dans la description de ce trouble de santé qu’est l’anxiété généralisée, je vous conseille fortement de consulter un médecin. En effet, il existe des traitements pour aider la personne atteinte à se sentir mieux, de la psychothérapie à la médication et aux médecines naturelles. En bas de page figure une ressource possédant un numéro sans frais, pouvant venir en aide à la personne atteinte et à ses proches. En espérant que ce texte a su vous éclairer et a contribué à démystifier, à vos yeux, ce problème mal connu. C’est de cette façon que pas à pas, nous cheminerons vers l’acceptation, la compassion et l’inclusion envers les personnes atteintes, à qui revient une place de citoyen à part entière dans notre société. Merci de votre intérêt, porteur d’espoir :)


RÉTABLISSEMENT

Le regard Par: Christian Gosselin

Tout est une question de regard. Comme je le répète souvent, le rétablissement est une histoire intérieure avant tout. Tant et aussi longtemps que j’ai moi-même broyé du noir, que je me suis senti une victime des événements, une victime des adversités que la vie me balançait, j’ai terriblement souffert. C’était la faute à tous, c’était de votre faute. Certes, beaucoup de choses dans la vie ne me plaisent pas, certaines horreurs me font parfois avoir honte de faire partie de la race humaine, mais dois-je souffrir moi-même les malheurs d’autrui? L’empathie et la commisération me demandent d’être sensible, ouvert et de me lier universellement aux souffrances humaines, pas de les

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vivre. Une marge importance sépare le détachement de l’indifférence. Nous avons tous en chacun nous nos propres chemins respectifs. Pourquoi lui, pourquoi elle, pourquoi moi, je n’en sais rien. J’ai simplement à accueillir le mien et chercher à grandir dans toutes les opportunités que chaque adversité m’offre, tout en restant sensible aux autres, demeurer disponible, utile et au service de l’humain. Hier, par éloignement du mode de vie auquel j’adhère majoritairement du temps, j’ai broyé du noir. Vous savez lorsqu’on souffre et qu’on projette cette souffrance sur l’entourage? Hier je suis sorti pendre une marche, j’habite l’île de Hull. Nous sommes samedi, une fine pluie arrose le sol, un type travaille à réparer le trottoir avec un marteaupiqueur. Dans ma tête : « Ostie que la pluie est fatigante à matin! Non, mais qu’est-ce qu’il fait là à nous casser les oreilles avec son câlice de marteau-piqueur un samedi matin, lui? Le vieux-Hull, que ça fait donc dur, hein? pfffff… » Le mois dernier, un samedi encore, je sors prendre une marche. Dernièrement je mange bien, pas de caféine ni trop de sucre, je pratique la sculpture et je débute mes journées chaque matin par une méditation. Je suis en paix, calme et relativement serein, habité par une joie pure, gratuite et non tributaire, celle qui déborde naturellement vers autrui. Je sors prendre une marche, quelle belle petite pluie douce. Dieu merci pour la pluie, sinon nous devrions arroser tout ça nous-mêmes. Je dis merci au type qui vient réparer MON trottoir un samedi matin à la pluie, wow! Et le Vieux-Hull, avec toutes ces belles maisons dépareillées, que c’est beau et riche à voir, non? Merci la vie, merci que je sois ici, maintenant. Changer son regard sur le monde c’est changer le monde, un cœur à la fois.

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MODE DE VIE SAIN

Un pas vers la paix Par: Marie-Claude Bénazet

souffrance, la peur et la vulnérabilité chez les autres. Nous aurons d’abord été vrai avec nous-même. La paix du cœur ne peut venir que lorsque d’abord nous acceptons d’être vrai face à nous-même et éventuellement face aux autres. Cette semaine, j’ai vu quelque chose qui m’a fait réaliser que c’était parfois simple de choisir la paix du cœur et que cela pouvait prendre toutes sortes de formes. Je marchais sur la rue Bank et j’étais dans ma bulle perdue dans mes pensées lorsque j’ai vu une scène extraordinaire. C’était si beau que malgré tous les passants, malgré les édifices et les vitrines qui attirent l’attention, malgré les bruits et les odeurs qui remplissent la rue, je n’ai vu que cela pendant quelques secondes. Il y avait un attroupement de pigeons de l’autre côté de la rue et assis au beau milieu du trottoir, il y avait Marcus qui était là et qui parlait aux oiseaux. En fait, plusieurs pigeons étaient perchés sur lui et sautaient tout naturellement de son épaule à ses bras, sur ses jambes. Je me suis approchée et je lui ai demandé si je pouvais prendre une photo avec mon cellulaire. Il s’est levé la tête et a souris avec gentillesse, oui certainement. Je suis repartie le cœur heureux d’avoir vu quelques instants la beauté du monde, le pétillement magique de l’instant parfait. J’ai médité sur ce qui avait rendu ce moment si magique et si beau. Et c’est le fait que cette personne itinérante était présente. Présente à la vie qui se déroulait autour d’elle. Il semblait s’adresser doucement aux oiseaux, avec beaucoup de gentillesse. C’était un moment de paix du cœur, authentique, doux et tendre comme le sourire d’une maman qui regarde son enfant. Marcus m’a tout simplement rappelé que l’instant présent était un cadeau qu’on s’offre à soi-même et que les dommages collatéraux, c’est le bonheur que cela peut procurer aux autres. À l’aube d’une nouvelle année qui fait son entrée à grands pas, je nous souhaite collectivement plus d’humanité dans chacun de nos gestes, plus de paix véritable et simple dans nos cœurs et plus d’ouverture vers les autres.

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Depuis quelques temps, nous sommes régulièrement confrontés au manque de paix, au surplus de souffrance, au désastre environnemental et social que nous sommes nombreux à vouloir éviter. Mais est-ce suffisant de vouloir l’éviter même si ce désir est très sincère? J’ai été très frappée par une citation de Fabrice Hadjadj que j’ai entendue dernièrement et qui m’a fait beaucoup réfléchir; Nous voulions non pas la paix qu’on fait, mais celle qu’on nous fiche, peu importe à quel prix de dévastations, de « dégâts collatéraux ». Ouf…ouais…cela fait une différence. La paix qu’on nous fiche effectivement, c’est tout à fait autre chose que la paix que je travaille activement à créer. Comment parler d’un mode de vie sain s’il ne contribue pas à participer globalement à quelque chose de plus beau? À mon avis c’est impossible, à moins tout simplement de chercher la paix qu’on nous fiche, et celle-là ne fait pas long feu finalement. Cela m’a permis de réaliser à quel point il faut travailler activement à la paix. En fait, il me semble que créer activement la paix est une invitation à nous ancrer dans une paix intérieure et que celle-ci rayonnera à travers nos gestes. Par contre si nous sommes satisfaits de vivoter sans être dérangés par le reste du monde, déconnectés en fait de nous-même et des autres, nous continuons à perpétuer en nous et autour de nous la roue de la souffrance et des injustices. Et c’est pareil lorsque nous croyons pouvoir nous protéger en durcissant nos positions, en nous fermant aux autres qui nous semblent menaçants, nous devenons complices d’un monde d’injustice. Il ne faut pas oublier que notre façon de percevoir le monde est globalement très enfantine, marquée par la dualité. Il y a les bons et les méchants, et vous avez remarqué comme c’est toujours les autres les méchants? Si au contraire, nous reconnaissons que nous sommes parfois méchants, parfois petits ou étroits de cœur ou d’esprit, mais aussi si nous reconnaissons la beauté et la bonté qui sont dans nos cœurs, nous serons plus préparés à voir la beauté, la

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Les billets de C Carole Verdon Auteur du roman Les désordres du cœur À la barre de son entreprise Les mots dans l’encrier lesmotsdanslencrier@gmail.com

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Quand les hommes vivront d’amour… « Certains jours, j’ai rêvé d’une gomme à effacer l’immondice humaine.» (Louis Aragon). Cette phrase, j’aimerais l’avoir écrite. Et pourtant, elle revient au poète, romancier et journaliste français Louis Aragon (1897‑1982). Elle est tout à fait d’actualité avec les fusillades qui ne cessent d’alimenter les bulletins de nouvelles et qui ne cessent de nous détruire intérieurement et socialement, un peu plus chaque jour. C’est odieux, horrible, immonde et pourtant, sans nous en rendre compte, dans notre vie de tous les jours, nous nous adonnons à des fusillades en série. Comment ? En utilisant une arme puissante, à portée de la main, que nous rechargeons sans cesse et qui peut détruire. LES MOTS. On abaisse, on riposte, on provoque, on insulte, on blesse, on éclabousse, on détruit, on critique, on attaque, on offense. Mais pourquoi ? Qu’avons-nous les uns contre les autres qui laissent la haine et la méchanceté envahir nos vies et réduire à néant la proximité entre nous ? Nous sommes abasourdis, étonnées, surpris, déstabilisés à l’annonce de toutes ces fusillades, de toutes ces tueries. Mais plus près de nous, qui avons-nous attaqué aujourd’hui, par nos propos ? Qui avons-nous offensé aujourd’hui, par nos paroles ? Qui avons-nous blessé aujourd’hui, par nos remarques ? Les chefs d’états, malgré leurs discours et leurs louables intentions, ne viennent pas à bout de la souffrance humaine et de l’indicible. Pourtant, ils sont chefs d’état. Cela revient-il à dire que c’est dans nos vies de tous les jours, par nos actions, nos paroles et nos pensées que nous pouvons et pourrions faire une différence ? Le monde a besoin de guérison ; nous sommes malades. Le monde a besoin d’amour ; nous sommes souffrants. Le monde a besoin de Lumière ; nous sommes dans l’obscurité. Le monde a besoin d’attention ; nous sommes dans l’indifférence. «Il est temps d’instaurer la religion de l’amour.» (Louis Aragon). Et si nous nous engagions, chaque jour,

à louanger ou féliciter une personne, à avoir un acte de reconnaissance envers quelqu’un ? Inutile de se fixer de grands défis ; les trop grands ne tiendront pas la route. Commençons par quelque chose de simple, quelque chose de sincère : un compliment, une tape sur l’épaule, un mot d’encouragement… Les mots, jamais ils ne laissent insensibles. Aujourd’hui 2 décembre, avec l’annonce d’une fusillade à San Bernardino en Californie, je me suis sentie plus impuissante que jamais, déconcertée et outrée devant la bassesse de tels actes à nouveau perpétrés. On dit qu’une personne méchante est une personne souffrante. Mais combien sommes-nous à être souffrants ? Combien sommes-nous à être méchants ? Pour me réconforter, quand je suis dégoutée de vivre sur une planète bleue…rouge sang, je pense à Mère Teresa, Jean-Paul II, Nelson Mandela, Gandhi, Martin Luther King, Jean Vanier … et je m’enveloppe de leur humanité hors du commun, et j’écoute la chanson de Raymond Lévesque : Quand les hommes vivront d’amour. Quand les hommes vivront d’amour Il n’y aura plus de misère Et commenceront les beaux jours Mais nous nous serons morts, mon frère Oui, je serai certainement morte, mais d’ici là, c’est par mes actions, mes paroles et mes pensées au quotidien que je peux faire une différence. Pensons-y, des humains s’en prennent à d’autres humains. Vivons l’urgence de nous entourer d’énergie positive pour éviter de nous laisser entrainer dans cette spirale vers le bas, sans quoi nous allons tous nous corrompre les uns les autres. En ce temps des Fêtes et à l’aube d’une année nouvelle, adoptons de petits gestes, de petits gestes qui feront de nous des humains davantage tolérants, patients et prêts à s’entraider. Je m’y engage, et vous ?


HISTOIRE RÉGIONALE Par: Roger Blanchette

Noël dans les chantiers de l’Outaouais la messe de minuit, de fêter et de danser tout en prenant un p’tit coup! Parfois, un d’entre eux, n’en pouvant plus, fuyait en cachette et partait à pied, au risque de sa vie et brisant ainsi son contrat; on appelait ça « jumper ». Mais pour tous les autres, le rêve et l’ennui étaient les seules options. C’est dans ce contexte qu’est née, dans un chantier, près de Maniwaki, une des légendes les plus connues du Québec : « La chasse-galerie ».

Un chantier comptait généralement entre 100 et 200 hommes. Canadiens-Français, Irlandais, Écossais, Amérindiens, tous partageaient le même mode de vie. Entassés comme des sardines, avec des conditions d’hygiène pour le moins rudimentaires, ils n’avaient aucun moyen de communiquer avec leur famille. De cette promiscuité et de cet isolement sont sorties des histoires, des chansons et des légendes que les hommes ramenaient chez eux au printemps et qui constituent ce qu’on appelle la culture traditionnelle du Québec.

Rappelons brièvement l’histoire. Un groupe de bûcherons, voulant rejoindre leur famille le soir de Noël, font un pacte avec le diable qui leur offrit un canot volant qui leur permettra de voler à toute vitesse vers leur village et de revenir avant le lever du soleil, à condition de ne pas regarder en arrière au moment du retour. Après avoir passé la nuit à fêter, au moment du retour, le plus jeune du groupe ne peut s’empêcher de lancer un dernier regard vers son village, et comme prévu, le canot s’écrase au sol avec tout son équipage.

Pour ces hommes durs, habitués à des conditions de vie presque inhumaines, la période la plus difficile était sans contredit le temps des Fêtes. Le soir, étendus sur la banquette qui leur servait de lit, ils pouvaient alors imaginer leurs proches en train de célébrer Noël, d’aller à

Cette légende, née un soir d’ennui dans un chantier de l’Outaouais, est devenue le symbole par excellence de cette période si dure, mais aussi si riche de notre histoire collective.

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L’industrie forestière s’est développée en Outaouais au début du XIXème siècle. Chaque automne, des milliers de jeunes hommes, célibataires pour la plupart, quittaient leur famille, leur village, pour aller rejoindre les nombreux chantiers de l’Outaouais. Pendant six mois, ils allaient être enfermés dans des camps de bûcherons, en pleine forêt, travaillant du lever au coucher du soleil, six jours par semaine.


Le Portail vous présente...

La Maison Réalité Hélène Tessier

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Directrice générale intérimaire

Depuis maintenant 1981, la Maison Réalité Inc existe. Étant au départ, une ressource alternative (maison de transition) pour les personnes ayant des problèmes de santé mentale, elle est maintenant beaucoup plus vaste, avec ses programmes : Hébergement et Soutien dans la communauté ainsi que son centre d’activités éducatives et récréatives (Café Rendez-vous). Elle s’est donnée comme mission d’offrir des services de soutien et de réadaptation psychosociale à des adultes ayant des problèmes de santé mentale. Récemment, nous avons travaillé le relooking de notre organisme en modifiant le logo afin de pouvoir imager ce que nous voyons comme étant LA Maison Réalité. Les deux formes du symbole représentent chacune un des mots clés du slogan : le mauve pour l’espoir et le bleu pour potentiel. Ces deux formes s’enchaînent l’une dans l’autre pour représenter le fait que l’espoir et l’atteinte de son plein potentiel sont intimement liés. Cet enchaînement représente également la relation entre la Maison Réalité et ses participants : Nous travaillons ensemble pour assurer la réussite du processus. Ensemble, ces deux éléments forment un papillon. Le papillon étant le symbole idéal de la métamorphose, il représente l’individu qui prend son envol vers une nouvelle vie, remplie de concrétisation de rêves, d’espoirs. Le bas des deux formes font aussi un toit représentant la Maison Réalité. Finalement, le slogan espoir+potentiel représente l’aspect positif de la démarche des individus. Peu importe que la personne vienne résider un certain temps à la maison, fasse appel à notre soutien dans la communauté ou participe à notre centre d’activités éducatives et récréatives, nous espérons faire vivre ou revivre une semence d’espoir afin de leur donner à nouveau le goût de rêver et d’atteindre leurs objectifs.

La Maison Réalité souscrit entièrement aux valeurs fondamentales de la réadaptation psychosociale qui sont le respect des droits des personnes ayant des problèmes de santé mentale, le droit à une réponse adéquate à leurs besoins ainsi que le respect et l’encouragement du potentiel des personnes, de leur espoir et de leur participation active au sein de la communauté. De plus, nous croyons que chaque personne possède un potentiel de développement, qu’elle a en elle des ressources susceptibles de contribuer à son épanouissement et qu’elle est maître d’oeuvre de sa vie. Nous estimons également, que le réseau social de chaque personne et ses aidants naturels sont de précieux alliés et que la présence active de la personne au sein de la communauté contribue à renforcer le tissu social de cette dernière. Nous pensons qu’il est possible, pour les personnes qui requièrent nos services, de s’actualiser par une réelle intégration et participation sociale. Finalement, nous reconnaissons le droit à la liberté d’expression et de pensée pour chaque individu. Nous adhérons aux principes de responsabilisation, d’entraide et de partage. Les valeurs auxquelles adhère la Maison Réalité demandent à chaque intervenant d’adapter ses interventions de manière à aider la personne en service à réaliser une démarche personnelle la menant à une réelle intégration et participation sociale. Ces interventions se font en travaillant en partenariat avec les divers types de ressources de la communauté tout en respectant les champs d’expertise de chacun. Au plaisir de vous accompagner dans vos projets, vos rêves, vos espoirs

Pour plus d’informations ou pour compléter une demande de services, veuillez-vous référer à notre site web où vous pourrez retrouver les informations requises : www.maisonrealite.org ou contacter : 819.776.1214 poste 223 pour le programme Hébergement et Soutien dans la communauté ou 819.771.7272 poste 222 pour le centre d’activités éducatives et récréatives (Café Rendez-Vous)


PLACE AU CITOYEN

Le mal de vivre

Le soleil levant… une nouvelle journée que je vois commencer Yé! 6 h du matin, pis chu pas encore couché Je reste là, armé de mon crayon pis de mon papier Une lueur sombre qui a envahi mon esprit Je n’ai jamais été rien pour personne

Juste une mauvaise pensée qui sonne La vie m’a fait mal un mal inexplicable Qui a envahi ma personne J’ai tout perdu mes sens J’ai plus mal pour personne La vie a fait de moi un réel sans cœur Avec un passé qui m’écœure J’me suis jamais accepté C’t’une question de qualité Toujours pogné par en dedans Je vis l’enfer tout le temps L’injustice de ma vie, tout m’écœure Je mène une vie de cul que j’ai toujours détestée Pas capable de m’enlever le mal, Le mal qu’on m’a donné gratuitement, J’ai toujours été oublié, mis de côté Bref, j’ai toujours été méprisé Maintenant, c’est à mon tour Je vais être heureux, j’ai confiance J’ai des amis(es)qui m’endurcit À me montrer que la vie est jolie J’ai toujours vu clair même si c’était l’enfer Par: Denis Blanchette

Lorsque quelqu’un dans le besoin attire notre compassion, nous courons vers lui afin de l’aider de notre mieux. Je demande d’éprouver de la sympathie pour ceux qui sont aux prises avec la tentation. Je demande de compatir aux tribulations des autres. Par: Aimé Sansoucis

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Si nous éprouvons de la sympathie et de la compassion pour tous ceux qui sont aux prises avec la tentation, ne sommes-nous pas quelquefois tentés nous-mêmes? Nous sentons également que nous avons des responsabilités envers eux. La sympathie implique toujours la responsabilité. La pitié est inutile parce qu’elle n’apporte aucun remède au mal. Mais la sympathie doit s’accompagner de responsabilité.


PLACE AU CITOYEN

Dans la rue Un matin gris, jour de semaine. Rideau/Sussex. Par terre, un homme assis entre les boîtes à journaux, sans un mot, à peine, « Bonne journée, merci. » Un autobus à prendre, un regard, tant pis. Un autre matin. Un autre autobus, la vie continue. Ottawa/Gatineau, Gatineau/Ottawa. Alignée, le long du mur, la file attend. Une femme, jeune, passe rapidement, en pleurant à tue‑tête. Sans rien demander, un verre vide à la main. La file alignée ne bronche pas, impuissante. Je monte dans l’autobus. Elle revient, en pleurant à tue-tête. Sans rien demander, s’assoit par terre, contre le mur, son verre vide à la main, à travers la file, qui attend l’autobus, sans broncher. Une coche au-dessus, à peine, Je suis là, sur mon banc, dans l’autobus, qui repart, impuissant. Un autre matin. Petite semaine. Rideau/Sussex. Alignée le long du mur, j’attends l’autobus. Un homme demande des sous, pour l’autobus. L’âge de mon fils peut-être, à peine. La file refuse, un après l’autre, sans un mot, à peine. Quelques sous dans mes poches, à peine,

« Tiens » « Un peu plus peut-être, pour mon autobus ? » « Tiens voilà » « Merci » « Salut ». Ne pas trop parler aux gens dans la rue. Quand même, pas toujours facile la vie. Mal à l’aise, il revient, à peine. Quelque chose à dire peut-être ? Quelques mots à peine, toute une vie peut-être. « J’ai pas menti pour l’autobus, une chose à faire avant, aller pour le résultat… pas l’habitude d’en parler aux gens comme ça, dans la rue… S’ils me disent que j’ai le sida, j’sais pas c’que j’vas faire. » Des yeux qui me regardent, à peine. Entre chaque mot, de la place pour mentir, une demande à faire. Peut-être rien du tout, beaucoup d’amour peut-être. Ou juste quelques sous. Entre chaque mot le goût de s’enfuir. L’envie d’en finir. Un mot, à peine « Prends soin de toi. » Le temps de lui dire, il est loin déjà, dans la rue, trop de mots déjà. L’âge de mon fils, peut-être, à peine. Et la vie continue. Je prends l’autobus. Sans rien demander. À peine une coche au-dessus, Des gens de la rue.

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Par: Marielle; artiste

Parfois, quand je regarde tout ce qui m’entoure, tout ce qui nous entoure, les normes, les… je veux partir dans le bois. Je veux partir me connecter à la terre. Je veux partir m’enfoncer le nez dans la terre, la respirer jusqu’à m’étouffer. Par moment, j’en ai tellement plein le cul de la performance à outrance, du « je DOIS faire », du « on DOIT faire », que je voudrais tout sacrer ça là. Je voudrais juste une p’tite maison dans le bois. PARTIR. Écrire. Fredonner. Jardiner. Jardiner. Fredonner. Écrire. Par: A. Nonimez


L’énergie inépuisable de l’anxiété est alors possible, à long terme, d’entrainer le corps et de reprogrammer la réponse du centre nerveux par rapport à cette simulation sensorielle. Puisque toute maladie mentale possède une composante purement biologique (c’est bien sûr le cerveau qui est en cause ici), l’administration d’inhibiteurs sélectifs de la recapture de la sérotonine (ISRS), qui font partie de la famille des antidépresseurs, est souvent nécessaire afin d’obtenir de meilleurs résultats de la part de nos patients. Ce médicament, comme son nom l’indique, empêche la recapture de la sérotonine par les neurones présynaptiques, assurant ainsi une meilleure stabilité des pensées obsessives et des phases d’anxiété. Le patient a alors une meilleure chance de s’adapter et de modifier ses comportements. Il faut cependant être conscient de la portée limitée et de la nécessité de réévaluer fréquemment les conditions d’utilisation de ce psychotrope. Ceci étant dit, l’allégorie du tigre est peut-être l’exemple le plus éloquent afin de comprendre la force derrière un état anxieux grave. Si nous nous retrouvons face à un tigre affamé en pleine nature, le corps réagira en conséquence : production intense d’adrénaline, augmentation de la chaleur corporelle, accélération du rythme cardiaque, augmentation de la pression sanguine, etc. Cela nous permettra alors de réaliser certaines prouesses, telles que courir très vite, sauter plus haut que d’habitude ou décupler sa force. Des exploits que l’on ne pourrait pas réaliser normalement à moins d’être un athlète. L’anxiété déclenche les mêmes réactions. La seule différence, c’est qu’aucun danger réel n’existe. Une panoplie d’effets secondaires désagréables résulte alors du gaspillage de cette décharge énergétique qui n’a nulle part où s’incarner : cœur qui bat à tout rompre, bouche sèche, vision trouble, serrement de poitrine, souffle court, sueurs chaudes et froides, sensation de vertige... Ces symptômes représentent bien ce que vivait sur une base régulière Mallory B., une des premières patientes du programme. Celle-ci faisait des attaques de panique à répétition, ruminait continuellement sur diverses pensées obsessives et avait développé une peur extrême de commettre des actes immoraux et de faire du mal à ses proches. Après les ISRS et les thérapies habituelles, nous avons réussi à stabiliser sa condition. Puis, après

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Estomac noué. Cerveau qui fonctionne à plein régime. Confusion et engourdissement. Appréhension insupportable. État de panique. Dans les pires moments, une crise d’angoisse. Sentiment de devenir fou, sensation de perdre le contrôle, de défaillir. Finalement, une grande fatigue. L’anxiété est fondée sur trois grands principes. 1) Une peur d’avoir peur : être terrifié à l’idée de revivre la même détresse et appréhender constamment le retour de cette peur extrême tout en sachant que c’est irrationnel. 2) Un état d’alerte permanent : une constante vigilance qui nous pousse à croire qu’un danger terrible nous guette en tout temps. 3) Une capacité de mutation : les peurs se transforment et s’adaptent au fil du temps et selon les circonstances. Conclusion : l’anxiété généralisée, ou « pathologique », est un trouble envahissant qui peut se répandre tel un venin à toutes les sphères de notre vie. J’ai été diagnostiqué avec cette maladie dès l’enfance. J’ai vécu dans la peur et l’angoisse une bonne partie de mon existence. Puis, un jour, j’en ai eu assez et j’ai décidé que je dévouerais ma vie à comprendre et à guérir ce trouble inquiétant. Des années plus tard, je devenais psychiatre spécialisé dans ce domaine. Depuis, j’ai accompagné un grand nombre de patients au travers de leurs souffrances et de leur détresse : thérapie individuelle, thérapie de groupe, médications, ateliers d’autorelaxation, méditation... J’ai donné plusieurs conférences autour du monde. On m’interviewe parfois à la radio et à la télévision. Ce qui m’intéresse le plus, c’est la recherche. Mes dernières découvertes sont d’ailleurs fascinantes. L’énergie dégagée par l’anxiété est immense. Nous nous demandons d’ailleurs encore aujourd’hui comment le corps peut supporter une telle tension pendant une aussi longue période de temps (des fois pendant une vie entière). Le problème que nous voulions résoudre était donc le suivant : comment est-il possible de canaliser cette énergie afin de minimiser les impacts négatifs sur le patient? Afin de répondre à cette question, nous avons créé un programme spécial de simulation qui permet aux patients de vivre leur anxiété dans un environnement contrôlé. Bien que le patient réagisse aux stimuli exactement comme s’il s’agissait d’une situation réelle, l’intensité des « doses anxiogènes » peut être mesurée et modulée. Il

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plusieurs séances de notre programme, elle est parvenue par elle-même à empêcher que l’anxiété ne la submerge. Avec le temps, son corps semblait ne plus considérer cette décharge d’énergie comme une menace. Nous avons même appris, à notre grand étonnement, qu’elle ne prenait plus ses médicaments depuis un bon moment. Quelques semaines plus tard, alors qu’elle était en simulation, Mallory s’est soudainement mise à rire aux éclats. Elle s’est ensuite mise à chanter et à danser sur place. Le tout a duré une dizaine de minutes. Lorsqu’elle est sortie de cette transe, notre patiente a perdu connaissance. Nous avons eu très peur, mais moins d’une heure plus tard, un peu amorphe, mais l’esprit éveillé, Mallory nous a expliqué ce qui s’était passé. Alors qu’elle attendait que l’angoisse prenne place comme à l’habitude, elle a ressenti quelque chose de nouveau, un sentiment inconnu. L’énergie dégagée n’était plus la même. C’était comme si elle recevait une intense stimulation autant physique qu’intellectuelle. Mallory l’a même comparée à un orgasme, quoique plus douce, plus docile, plus étendue dans le temps. Au final, c’était comme un grand bonheur qui la submergeait. Dans les semaines qui ont suivi, Mallory a réussi à métamorphoser ses peurs en forces créatrices. Son état d’alerte permanent s’est transformé en niveau d’attention élevée, voire en mode méditatif. L’énergie de son anxiété s’est convertie en flux vital et positif (comparable au Chi ou au Prana?). Dans les jours qui ont suivi, notre patiente a commencé à écrire, à peindre et à jouer plusieurs instruments de musique. On dit que de nombreux artistes sont des êtres anxieux qui ont su créer un espace transitionnel entre leur monde interne – peuplé de peurs, d’angoisses et d’inquiétudes – et le monde externe. L’art leur permet alors d’utiliser leur imaginaire de façon positive. Si l’artiste peut utiliser son anxiété pour créer, est-ce que l’anxiété peut aider à créer des artistes? Avant

ce programme, Mallory était tout sauf une écrivaine, une peintre ou une musicienne. Ce que le cas Mallory B. nous a démontré – au-delà du fait que notre programme est un succès et qu’il s’agit d’une réelle percée dans le monde médical – c’est qu’il est possible d’apprivoiser le tigre impétueux, redoutable et polymorphe qu’interprète l’anxiété. Au lieu d’essayer de le faire disparaitre, de chercher à le tuer ou de tenter de l’endormir – ce qui est voué à l’échec, croyez-moi – il faut plutôt chercher à l’accepter et à l’adopter afin de canaliser sa puissance, son impulsivité, sa volonté, sa verve et son audace. Car ce tigre majestueux est lui-même un grand créateur : il sait imaginer et mettre en scène les peurs les plus originales, et peut se métamorphoser à volonté afin de survivre n’importe où et n’importe quand. Cette bête imaginaire ne demande rien d’autre que le droit, comme toute chose dans l’Univers, d’exister. Il n’a donc jamais vraiment été un ennemi. Mais il peut devenir un ami. Dans son petit guide à l’intention des autres patients du programme, Mallory va encore plus loin. Selon elle, il faut d’abord identifier, accepter, comprendre et laisser s’exprimer l’anxiété. Il faut ensuite la maitriser et la dompter, en faisant bien attention de ne pas tenter de la contrôler ou de la réprimer. Finalement, il faut la canaliser pour ensuite se mobiliser et créer. Voici comment se termine son pamphlet, intitulé L’énergie inépuisable de l’anxiété : « Ce tigre, ce fameux tigre dont on parle tout le temps, il faut le devenir, il faut s’incarner en lui. N’attendez pas qu’il vous dévore. Dévorez-le vous-même. Il fait partie de vous. Il est en vous. Vos peurs n’existent pas vraiment. Elles ne sont que le reflet de votre imagination débordante. Et comme toute idée, toute image ou toute pensée, on peut en faire ce que l’on veut. Les utiliser pour rêver ou désespérer, rire ou pleurer, danser ou sombrer, créer ou détruire. J’ai choisi de rêver, de rire, de danser et de créer. Maintenant, c’est à vous de choisir ». Journal du Dr Lawrence Gatineau, 17 juin 2019

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