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Journal de rue

Dossier spécial Sonia Latulippe

Moisson Outaouais

Rétablissement Christian Gosselin L’alcoolisme

Daphné Vachon

[ 4min33 : le silence qui nous écoute ]

L’ENTREVUE Christian Quesnel

APPEL AU MONDE DES AFFAIRES DE L’OUTAOUAIS!

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Numéro 14 Janvier 2017


Participer à la guérison des maux de ce monde, plutôt qu’à sa maladie.

Notre conseil d’administration Président : Sylvain Roy Trésorier : Guy Desjardins Secrétaire : Geneviève Rollin Admin. : Amina Hussein Admin. : Denise Laferrière Admin. : Émilie Boisvenu Rep. camelots : Vacant

Fondateur/directeur/éditeur : Christian Gosselin

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2 - Le Portail de l’Outaouais - janvier 2017

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Le Portail de l’Outaouais est membre de :  Le CRIO, du ROHSCO et de la TROCAO

eux

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Merci au


ÉDITORIAL

Janvier, les fêtes se terminent bientôt, traditionnellement avec la fête des Rois. La surcharge au foie par tous les abus alimentaires en plus des excès financiers ajoutés à la période hivernale intense qui commence avaient jadis l’effet de me mettre généralement dans un état léthargique frisant la dépression, et ce malgré toutes les bonnes intentions et les résolutions idéalistes adoptées. Merci la Vie, ce n’est plus ainsi pour moi. D’ailleurs, je me répétais chaque année ces mêmes résolutions avec ardeur et sincérité pour retomber chaque fois dans mes schémas d’abus et de sabotages perpétuels. Aujourd’hui, en tout temps, je tente du mieux qu’humainement il m’est possible de progresser, un jour à la fois, avec assiduité, discipline et humilité et non d’atteindre la perfection. Mon but quotidien auquel j’aspire, être utile à l’amélioration de la condition humaine. Aujourd’hui, avec mes limites, que m’est-il possible de faire ? Et vous ?

Bonne et heureuse nouvelle année.

Christian Gosselin Éditeur

SOMMAIRE

4 6 8

17

LES BILLETS DE C

18

DERRIÈRE LE BAR

MODE DE VIE SAIN

19

LE PORTAIL VOUS PRÉSENTE

LE MOT DU CRIO

21

PLACE AU CITOYEN

Christian Quesnel

DOSSIER SPÉCIAL

Moisson Outaouais

Le bruit : un agresseur en liberté!

ELLES

Les personnes victimes de violence conjugale proviennent souvent de milieux défavorisés ou de minorités ethniques

RÉTABLISSEMENT L’alcoolisme

Un peu plus de vie

Loi 70, une attaque directe au droit à un revenu décent

Chercher l’envie

Moisson Outaouais

Le Portail de l’Outaouais - janvier 2017 - 3

9 12 14

15

ART d’RUE Le LAB

L’ENTREVUE


L’ENTREVUE

Participer à la guérison des maux de ce monde, plutôt qu’à sa maladie. 4 - Le Portail de l’Outaouais - janvier 2017

Par : Mélanie Laberge

Christian Quesnel

Christian Quesnel est un artiste de renommée mondiale qui a fait son chemin à travers l’adversité de son art controversé, puisqu’il avoue lui-même que le monde artiste ne peut s’entendre sur ce qu’il est réellement; bédéiste ou artiste visuel? Alors qu’il me montre l’étendue de son travail, j’en viens rapidement à une seule conclusion pour ma part. Qu’importe dans qu’elle catégorie on l’intègre, cet homme est un génie dans son art. Né à Hull, ayant grandi à St-Pierre de Wakefield, faisant un détour par Gatineau à l’âge adulte pour finir dans une maison ancestrale à St-André-Avellin (celle-ci ayant inspiré Cœur d’Argile, l’un de ses magnifiques livres), il confie qu’il vient d’une famille très ordinaire (comptant trois enfants), le tout accompagné d’un rire amusé. Famille de fonctionnaire pragmatique, il ne se jamais senti réellement encouragé ou soutenu dans son art, mais il avoue rapidement que ce fut pour lui un élément propulseur. Il a senti l’appel de l’art dès l’âge de 6 ans, confiant que presque tous les artistes ont sensiblement la même référence. Il a grandi dans les livres et pour cela, il a rapidement développé un besoin de créer une histoire et non simplement des tableaux. Auteur et illustrateur, résumé ses accomplissements est pratiquement impossible. Cœur d’Argile, Ludwig, Beethoven, sans parler de nombreux projets connexes, parfois liés à ce qu’il a déjà créé. Il travaille avec plusieurs artistes de différentes disciplines artistiques. Il participe régulièrement à des évènements culturels de grandes envergures. En France, en Suisse, au Royaume-Uni, en Finlande, au Liban, aux États‑Unis. Premier artiste en bande dessinée à remporter le Prix à la création artistique du Conseil des arts et des lettres du Québec (CALQ), pour l’ensemble de son œuvre. Président du conseil d’administration du Studio coopératif Premières Lignes de 2008 à 2010, il a aujourd’hui une entreprise de graphisme et d’Illustration (Mödzi, citant pour exemple les Rirariens du site Ici Radio-Canada Première avec Carl Bernier, l’affiche officielle du salon du livre de l’Outaouais (une pièce magnifique) et de nombreux projets qui ont découlés de ses œuvres précédentes. Vouloir décrire son art lorsqu’on le regarde est pratiquement

impossible puisqu’il nous entraine dans un univers tellement paradoxal, contradictoire, dont les éléments, les temporalités se superposent et le résultat est mystifiant. On peut s’égarer longtemps en Googlant son nom sur le web. Son prochain projet, dont j’ai vu les esquives, est absolument sidérant. Pendant une heure, il me parle de son art et m’entraine son monde, avec passion et lorsque je lui demande d’où lui vient son inspiration, il me répond avec amusement qu’il ne prend même pas de drogue. Toutefois, un point revient dans chacune de ses œuvres (et elles sont nombreuses) : sa signature. Peu importe ce qu’il crée, il est toujours évident que Christian Quesnel est l’artiste. Pourtant, il est non seulement polyvalent, il est aussi versatile; il a réellement exploré chacune des sphères de son art. Derrière chacune d’entre elles, il y a de l’intelligence, de l’évolution constante, un travail de recherche colossal (il étudie d’ailleurs encore aujourd’hui à l’Université pour perfectionner son art). C’est pourquoi il dit de lui-même qu’il est un artiste en Bédé. Un juste milieu du croisement entre le bédéiste et de l’artiste en art visuel. Je compare ce qu’il fait à ce que Mozart était pour la musique. Il ne cache pas qu’il a dû reconnecter avec la vie à un moment donné. Son ancrage : Ses 2 filles. Celles-ci l’ont ramené à la source, aux valeurs. Il a réellement pris sa place lors de sa séparation. Il a réellement senti à ce moment-là qu’il pouvait avoir un impact sur leur vie et il ne cache pas être un père non seulement présent mais aussi très discipliné. Ce qui me pousse à le questionner sur l’homme, sur ses opinions. Je lui demande, puisqu’il y a un puissant message social dans ses œuvres, de me parler un peu de ses implications à ce niveau. Il me cite en entre autre ses visites dans les pénitenciers juvéniles où il donnait des ateliers. Il participe aussi à des festivals. Implication dans les écoles dont celle du Pontiac pour aider dans les cours de Français. Nuit blanche sur tableau qui se passe toutes les années sur le boulevard St-Laurent, à Montréal. Il dit que par son travail, il essai de faire rêver le monde. Quant au décrochage sur scolaire, il dit d’emblé : « Ce genre de problème n’est jamais noir ou blanc. Le système suit pas nécessaire comme il devrait et le nivellement vers le bas n’est pas la solution non plus. Il faut avoir des règles beaucoup plus strictes. Pas rigide, il faut s’adapter,


Le Portail de l’Outaouais - janvier 2017 - 5

Consulter le blog de Christian Quesnel sur cquesnel.blogspot.com

Participer à la guérison des maux de ce monde, plutôt qu’à sa maladie.

bien sûr, mais il faut fixer un plancher. Ca n’a pas d’allure qu’il y ait tant d’intimidation dans les écoles. C’est criminel. Moi, je les enverrai dans un boot camp, même s’ils ont dix ans, pour qu’ils apprennent. Je me définis comme une personne de gauche, même assez mais avec des valeurs de droites. La gauche, ce qu’ils perdu de vu, c’est les vrais problèmes. Le corporatif a pris le dessus sur la cause. On est rendu dans un roule qui est plus de fonctionnement qu’un rôle réactionnaire. On est rendu dans un système qu’ils sont en train de nous avoir solide. On a perdu la notion de responsabilité. Tu reçois de l’aide-social, parfait, alors contribue à la société. Prend soin de ton logement. Blâmer le gouvernement revient à remettre le problème car le gouvernement, c’est nous. Le message de droite a pris le dessus. On nous bombarde aux nouvelles de ce message et la réaction face aux pauvres n’est plus de combattre la pauvreté mais de combattre le pauvre. Il y aussi la victimite aigue, qu’on nourrit par les médias. Car le média est la pensée et la pensée est le média. On est retourné dans la grande noirceur. Il y a aussi tout le message véhiculé sur les médias sociaux. On entretient une pensée de déresponsabilisation à grande échelle». Sa plus grande peur? « Si je n’avais pas eu le dessin, mon art, ma plus grande peur enfant était de terminer itinérant. Je ne sais pas pourquoi. Mon parrain vivait à Montréal et on le visitait tous les étés. J’en avais vu et cela m’avait frappé. Mais j’avais des projets. C’est ça la drive qui m’a conduit ailleurs. La société n’a pas de projet. Quand tu dis que : déficit 0, ce n’est pas un projet ça. C’est comme essayer de faire avancer ton char quand tu es sur le neutre. C’est sûr que tu ne dépenseras pas beaucoup de gaz mais tu n’iras pas loin. Présentement, on ne va pas loin. L’an 2000 n’est plus aussi lumineux que ce qu’on le voyait dans les années 70. Il y a un manque de projets. Un manque d’amour. Le message que ça ne marchera pas. » Il me raconte sa rencontre avec un Syrien rencontré en voyage et combien cela l’avait marqué car il lui avait remis de l’argent et au contact des yeux, il a vu un espoir dans les yeux de l’enfant. C’est ça le manque, je pense ». Sa philosophie de vie? « En fait, c’est spirituel. J’ai besoin d’une routine stade. Mes filles, mes racines. Cela me permet de me projeter super loin et j’ai besoin de cela ».


Dossier spécial Participer à la guérison des maux de ce monde, plutôt qu’à sa maladie.

Bonjour à tous, Le Bilan-Faim 2016 est sorti hier par Banques alimentaires Canada. La nouvelle a été sur le fil de presse dans beaucoup de médias. Sans surprise, le recours aux banques alimentaires est en hausse partout au Canada dans une proportion d’environ 1 %, au Québec, c’est 5,3 %, et en Outaouais, c’est 17,2 %. Cette hausse « anormale » s’explique par le fait que l’an dernier, nous avions enregistré une baisse tout aussi « anormale » de l’ordre de 36 % de l’achalandage en raison principalement de la fermeture de plusieurs des services de la Soupière de l’Amitié et de la diminution des heures d’ouverture par d’autres organismes. La baisse était donc en grande partie attribuable à la non-disponibilité des ressources dans la communauté. On peut présumer qu’une part de ces usagers a reflué vers d’autres ressources cette année. Il y a aussi le fait que nous avons accrédité de nouveaux organismes. Ce sont donc de nouveaux usagers qui entrent dans le réseau des banques alimentaires, ce qui joue dans la balance. Pour le reste, la situation de la faim en Outaouais est très similaire à celle qui prévaut dans le reste du Québec et c’est loin de s’améliorer malheureusement. La pauvreté, et par conséquent la faim, s’étend et ce n’est pas le projet de Loi 70 qui va changer quoi que ce soit, ça serait plutôt un facteur aggravant. Les chiffres reflètent ce que nous observons sur le terrain en regard notamment des clientèles en progression constante; les personnes immigrantes comptent maintenant pour 12 %, les personnes âgées pour 7,6 % et les personnes invalides pour 15,5 %. Le pourcentage d’enfants marque un léger recul ainsi que le pourcentage de travailleurs, ce qui est une bonne nouvelle en soi. Un point très positif que je me permets de souligner et sur lequel nous avons un certain contrôle de par nos actions en tant que banque alimentaire régionale, c’est que 37 % des organismes déclarent avoir manqué de nourriture dans l’année précédant le sondage alors qu’ils étaient environ 80 % les années passées. Certes, il y a encore beaucoup de travail à accomplir afin de pourvoir aux besoins de nos membres, mais l’amélioration de notre offre de service est beaucoup ressentie et se classe maintenant parmi les plus performantes au Québec. Nous avons préparé un « fact sheet » du Bilan-Faim pour l’Outaouais que je joins à cet envoi. Ces données sont importantes, car elles sont notre référence pour toute l’année à venir lorsque nous parlerons de la faim en Outaouais. Vous pouvez également consulter le Bilan-Faim Québec http://www.banquesalimentaires.org/18-m-de-demandes-daide-alimentaire-par-mois-au-quebec/. Merci à tous nos organismes de vous être prêtés à cet exercice annuel de dénombrement et de compilation dans chacun de vos organismes respectifs en mars dernier. Bonne FAIM de soirée,

6 - Le Portail de l’Outaouais - janvier 2017

Sonia Sonia Latulippe Directrice générale Moisson Outaouais

Sonia Latulippe


Faits Saillants  7324 personnes ont eu recours à des services d’aide alimentaire (dépannage,

repas, collations) en mars 2016.

 Moins du tiers des personnes touchées par l’insécurité alimentaire recourent

à de l’aide.

 Les enfants forment 32,7 % des personnes qui bénéficient des paniers à

provisions. Sur les enfants aidés, 177 sont âgés de 0 à 2 ans.

 Parmi les demandeurs d’aide, les personnes immigrantes (12 %), les

personnes âgées (7,64 %) et les personnes invalides (15,5 %) sont en progression constante d’année en année.

 27,9 % des personnes aidées ont reçu de l’aide plus d’une fois durant le mois.  12,4 % des ménages ont fait une demande d’aide pour la première fois.  23 664 repas ont été servis dans le cadre des programmes de repas et de

collations, une hausse de 4267 ou 22 % comparativement à 2015.

 Près de 330 bénévoles ont travaillé auprès d’organismes communautaires

approvisionnés par Moisson Outaouais.

À titre de banque alimentaire régionale, Moisson Outaouais est le principal fournisseur de denrées destinées à l’aide alimentaire, approvisionnant un réseau de 30 organismes communautaires à travers la région. Moisson Outaouais est un chef de file dans la lutte contre la faim. Elle travaille avec des entreprises agro-alimentaires régionales, s’attaque au gaspillage alimentaire en récupérant les produits invendus dans les supermarchés, s’associe au monde corporatif de la région, sensibilise la population au problème de la faim et développe sans cesse de nouveaux projets dans un effort collectif pour vaincre la faim en Outaouais tout en favorisant, d’autre part, l’autonomie alimentaire des personnes.

 9 organismes sur 24 ont manqué de denrées au cours des douze mois

précédents mars 2016, ce qui marque une nette amélioration par rapport aux années passées.

 446 456 kg de denrées ont été amassés et redistribués auprès des orga-

nismes communautaires, soit 59 173kg de plus qu’en 2014-2015.

Fier membre affilié de :

Membre du réseau :

Le Bilan-Faim est une enquête annuelle pancanadienne réalisée par Banques Alimentaires Canada. Les données ont été compilées durant tout le mois de mars 2016.

Évolution du nombre de personnes aidées 2012-2016 2016

7324 6250

2015 2014

9747

2013

7751

2012

8751 0

2000

4000

6000

8000

10000

La principale source de revenus des personnes aidées Emploi

8,5%

Assurance-emploi

8,7%

Aide sociale

53,4%

Régime d’invalidité

15,5%

Pension de vieillesse

7,6%

Prêts et bourses étudiants

2,6%

Aucun revenu

2,9%

Autre

0,8%

Composition des ménages 2220 ménages par mois ont recours au dépannage d’urgence

22,5%

42,6%

23,3%

Participer à la guérison des maux de ce monde, plutôt qu’à sa maladie.

Moisson Outaouais

11,6%

Monoparentales Biparenatales

Couple sans enfants

Célibataires

Pour en savoir plus visitez: https://www.banquesalimentaires.org/la-faim-au-quebec/publications/

articlesportail@gmail.com

Le Portail de l’Outaouais - janvier 2017 - 7

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8 - Le Portail de l’Outaouais - janvier 2017

Participer à la guérison des maux de ce monde, plutôt qu’à sa maladie.

Elles LES PERSONNES VICTIMES DE VIOLENCE CONJUGALE PROVIENNENT SOUVENT DE MILIEUX DÉFAVORISÉS OU DE MINORITÉS ETHNIQUES PARENTHÈSE : Bien que nous croyions que toute personne est susceptible d’être victime de violence conjugale et puisque nous sommes un organisme dédié aux femmes, nous nous concentrerons ici sur des données concernant les femmes victimes de violence conjugale. De plus, très peu de recherches ont documenté les cas des hommes victimes de violence conjugale (INSPQ, Trousse média sur la violence conjugale).

C’EST FAUX ! Il n’y a pas de portrait type d’une femme victime de violence conjugale, pas plus qu’il n’y a d’agresseur type. « Toutes les femmes, quels que soient leur culture, leur ethnie, leur statut social, leur âge ou leur revenu peuvent, un jour ou l’autre, être victime de violence conjugale » (Regroupement des maisons d’hébergement du Québec, 2006). Bien que la violence faite aux femmes ne connaisse pas de frontières sociodémographiques, les données permettent de penser que certains groupes de filles et de femmes sont plus à risque. DANS LES FAITS : Les femmes autochtones courent un risque plus élevé d’être victimes de violence que le reste de la population féminine. En effet, le taux de violence conjugale chez les femmes autochtones est 2,5 fois plus élevé que celui des autres femmes (Statistique Canada). De plus, les femmes autochtones seraient 8 fois plus à risque d’être victime d’un homicide conjugal (Condition féminine Canada). La violence conjugale n’a pas de visage Contrairement à la croyance populaire, le taux de violence conjugale chez les femmes de minorités visibles n’est pas plus élevé que celui enregistré chez les femmes n’appartenant pas Ce mois-ci, nous vous soumettons l’affirmation suivante : à une minorité visible. Cependant, certaines caractéristiques chez ces dernières pourraient les rendre plus à risque, par exemple, leur dépendance économique au conjoint ou encore, « Il ne sert à rien d’aider une femme les barrières linguistiques (Condition féminine Canada). victime de violence conjugale qui décide Dans l’ensemble, le niveau de scolarité n’influait pas sur de retourner au conjoint ». le risque de violence conjugale auquel les femmes étaient exposées. Cela était aussi le cas pour le revenu, un facteur souvent influencé par les niveaux de scolarité. Le revenu n’est La réponse vous sera dévoilée dans donc pas lié aux risques de violence conjugale chez les femmes, le numéro du mois de février. contrairement à ce qui est souvent véhiculé. C’EST CLAIR ! Aucune femme ni aucune fille ne sont à l’abri de la violence conjugale. Ce pourrait être votre mère, votre sœur, votre fille ou vous-même.


Rétablissement

L’alcoolisme Par : Christian Gosselin

nous les graciés, cette bénédiction nous place dans une situation où vivre dans la gratitude nous est facile. Facile et absolument nécessaire à notre sobriété. Quoi que la vie puisse nous lancer, d’être capable de le vivre à fond à jeun et enfin grandir sans même penser à boire est le cadeau le plus précieux que nous puissions posséder. Nous ne devons jamais l’oublier, ni d’où on vient. Une chose est certaine dans mon cas, mon rétablissement ne passe pas par le mental, mais dans le cœur de l’âme. De mon point de vue, une approche cognitivo-comportementale n’a aucun effet sur l’alcoolique, du moins pas à long terme. Le « mal de vivre » qui l’habite ne se situe pas au niveau intellectuel ou même de la psyché. D’ailleurs on a beau « convaincre » le mental de changer son fil d’idées, il a un certain pouvoir d’autonomie et il est très malléable selon les stimulus qui l’atteignent pour le faire revenir à ses anciens schémas autodestructeurs et d’auto sabotage de lui-même. Le mental, selon moi, est l’outil de logistique pour mener à bien un mode de vie bien ancré d’abord et avant tout en son coeur. Il est le serviteur et non le maître. Le rétablissement envers un alcoolique ou quiconque atteint de ce « mal de vivre » invisible doit être approché selon ce concept. Mais avant tout, ça doit venir de lui. En premier lieu, l’alcoolique doit en être rendu au point ou rien n’est plus important que son rétablissement, rien. Ni son emploi, ni sa femme, ni même ses enfants. Le tout commence au moment précis où enfin le seuil de tolérance à la souffrance est atteint, le point de friction, si on peut dire ainsi. À ce moment même, la douleur crée une fissure dans l’égo et les résistances se dissipent, une ouverture intérieure sans précédent jaillit du plus profond de son être, un éveil de conscience, un éveil spirituel. C’est là que le mal se trouvait justement. Ce mal d’être, ce mal invisible, indicible et surtout, impossible à diagnostiquer. Le « médicament » tout aussi invisible, mais toutefois palpable se trouve exactement là où se trouve le mal. L’absence de un crée la présence de l’autre et vice versa. Je crois d’ailleurs qu’à un degré ou l’autre, la grande majorité des êtres humains souffrent de ce mal de vivre, de cette éternelle insatisfaction. C’est justement ce mal qui se trouve à la source de tous les maux de ce monde et on cherche en vain à l’éradiquer par le biais d’éléments extérieurs. Je le dis et je le

Le Portail de l’Outaouais - janvier 2017 - 9

Encore une fois, et pour toujours selon ma propre perception, aussi impopulaire soit‑elle, voici mon texte sur le rétablissement de l’alcoolisme, tel que promis. Parler du rétablissement de l’alcoolisme sans élargir vers le rétablissement de la race humaine est pour moi inévitable. La source du mal est la même tout comme le « médicament ». Se rétablir de l’alcoolisme est simple effectivement, ne pas prendre son premier verre. Simple, mais extrêmement difficile, voire au-delà de la simple bonne volonté, aussi sincère soit‑elle. D’ailleurs, on ne se « rétablit » pas de l’alcoolisme, on le maitrise, on le gère, on assainit l’espace intérieur qui souffre en nourrissant l’aspect de notre humanité dépourvue de nourriture depuis trop longtemps ; l’âme. Mais un alcoolique demeure toujours un alcoolique, quoi que son mental sournois puisse tenter de lui faire croire. Un concombre dans le vinaigre devient un cornichon et même si on le retire du vinaigre, il demeure un cornichon. Il est toutefois possible de se sortir de cette relation malsaine, mortelle avec la substance, avec son poison de prédilection. La première étape ; avouer son impuissance devant l’alcool, et que celle-ci nous a fait perdre la maitrise de notre vie, abdiquer. Cesser de combattre l’alcool et s’avouer vaincu. Jamais nous ne pourrons contrôler notre consommation. Nos expériences passées nous l’ont prouvé clairement chaque fois. Il est vital de cesser le déni, accepter son impuissance devant la substance et l’obsession, accepter son alcoolisme, la maladie tout simplement. Pour l’alcoolique éviter de prendre son premier verre est absolument vital avant même que ne débute le rétablissement. Et pourtant, plusieurs ne réalisent pas ce simple fait qu’après avoir essayé toutes les autres options : ne pas boire avant 16 h, puis ne pas boire avant midi, ne pas boire de « shooter », de « fort », de vin rouge, pas plus de six bières et pourtant nos expériences nous indiquent depuis longtemps que c’est le tout premier verre qui déclenche en nous une soif insatiable, sans fin. Nous nous promettons d’arrêter en chemin vers la maison pour en « prendre une », que cette fois ce sera différent et pourtant, l’histoire se répète, on s’enivre plus que quiconque et les impacts sur nos vies s’empirent au fil du temps. Certains d’entre nous, ceux qu’on appelle les bénis, sont exaucés de notre vœu le plus cher et le plus sincère, soit celui de ne plus jamais avoir soif, une notion inconcevable pour l’alcoolique actif. Pour


Participer à la guérison des maux de ce monde, plutôt qu’à sa maladie. 10 - Le Portail de l’Outaouais - janvier 2017

répète, le vide intérieur ne se comble que de l’intérieur. Le degré et l’intensité de la manifestation de ce mal en soi diffèrent d’un individu à l’autre. Pour certain il se manifeste en comportements autodestructeurs et chez d’autres, ce vide qui crée la peur du manque se manifeste par l’avarice et l’appât indécent du gain au détriment de son entourage, de communautés entières voire de l’humanité et chez d’autres, la souffrance qui en découle crée en eux des comportements abusifs ou violents envers autrui. Quel que soit le degré d’intensité que vivent les individus face à ce manque de connexion à La Source qui git silencieusement en chacun de nous, tant et aussi longtemps que nous ne mettrons pas en pratique des méthodes d’intériorisation visant cette connexion vers la plénitude, la race humaine n’a aucune chance de survivre. Pour s’en sortir collectivement, on doit évidemment d’abord chacun s’en sortir individuellement. Si j’avais été atteint d’une maladie du cœur, de l’asthme ou d’un cancer, jamais je n’aurais eu à me sentir incompétent, indigne, incapable, stupide, lâche, sans mérite, jugé ni exclu. Mais je suis atteint de l’alcoolisme. Ces premières lignes vous laissent fort probablement sous l’impression que j’aurais préféré autrement, oh que non, rassurez-vous. Je suis alcoolique et bien content de l’être. Bien que je ne le souhaite ni le recommande à personne, cette maladie a fait de moi un être purement béni. Aujourd’hui j’en suis conscient. Si j’avais été atteint d’une maladie du cœur, de l’asthme ou d’un cancer, pour me rétablir j’aurais dû prendre tout plein de médicaments et de traitements poison eux-mêmes avec tous les contrecoups néfastes qui y sont associés et subir toutes sortes

d’interventions chirurgicales sérieuses parfois dangereuses. Mais non, je suis un alcoolique et bien que cette maladie soit mortelle et incurable, mes médicaments à moi sont la prière et la méditation, de tenter d’améliorer le contact progressif conscient avec plus grand que moi, que nous. Beaucoup ont tenté de m’aider à me rétablir, mais probablement qu’aucune puissance humaine n’aurait pu me rétablir de l’alcoolisme. Seule une puissance indicible, invisible, irrationnelle, suprarationelle, bien au-delà de ma piètre capacité à concevoir a réussi à me délivrer de cette obsession démoniaque et incontrôlable de boire. Bien sûr, accueillir cette « présence » demande à préparer d’abord le terrain en nettoyant l’espace des culpabilités et des ressentiments par un exercice intense de pardon, envers soi-même puis envers autrui. Seulement une fois cet exercice fait que l’accueil est possible. Cette « présence » inimaginable, invisible, mais palpable a pu finalement combler ce vide invivable qui me hantait. Seule cette « présence » réussit à chasser mes angoisses matinales qui me rendent absolument incapable d’affronter le jour qui vient sans être envahi par mes peurs accablantes, nombreuses, non fondées. Seule cette « présence » me permet d’accueillir les adversités de la vie avec calme sans sombrer dans un état réactif impulsif. Seule cette « présence » m’apaise comme aucun verre n’a réussi. Seule cette « présence » me permet de ne pas prendre ce prochain premier verre fort probablement mortel. Seul le contact avec cette « présence » me permet d’atteindre un « high » comme aucune substance ne le pourra jamais, et ce, gratuitement et sans aucun contrecoup. Je dis gratuitement au sens pécuniaire, mais ça demande des efforts constants. Par contre, si je mets la moitié des efforts à mettre en pratique cette discipline de prendre un


quelques semaines, ma paix s’évapore, les angoisses reviennent et les vieux schémas réapparaissent. Un alcoolique a grandement besoin, et c’est vital au maintien de sa sobriété, de droiture, d’honnêteté rigoureuse et d’être totalement exempt de toute culpabilité ou de ressentiment. Un alcoolique dans son actif, de par son obsession et les comportements inévitables qui y sont reliés, vit à l’opposé de ses valeurs les plus fondamentales. Un alcoolique a toujours soif, soit d’alcool, soit de l’absolu.

Participer à la guérison des maux de ce monde, plutôt qu’à sa maladie.

temps chaque matin pour accueillir cette « présence » accessible à tous sans exception, que j’ai mis d’efforts à me procurer les substances psychotropes dans un but similaire, mais tellement éphémère, artificiel, et définitivement sans comparaison, j’atteindrai mon but d’être perpétuellement habité de ce « high » doux, immuable, imperturbable et pouvant être transmis par contagion et osmose. Pour le moment, je n’atteins ces « highs » que par moments de grâce, résultat de périodes de pratiques ardues temporaires, ponctuelles et aléatoires de plus en plus fréquentes. Si je m’éloigne de ces pratiques ne serait-ce que

Le Portail de l’Outaouais - janvier 2017 - 11


12 - Le Portail de l’Outaouais - janvier 2017

Par : Marie-Claude Bénazet

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Mode de vie sain

Un peu plus de vie

Je feuilletais un magazine l’autre fois et on y proposait plein de recettes pour perdre un peu de poids, pour être plus performant du point de vue sexuel, pour avoir l’air plus jeune, pour bien réussir les entrevues au travail, pour bien réussir une soirée avec des amis et pour tout le reste. Je m’amusais à rêver à quoi ressemblerait ce monde, s’il ne suffisait que de quelques recettes que l’on suivrait à la lettre pour être heureux. Il me semble que ça serait si simple. Il n’y aurait pas besoin d’introspection, ni d’humilité, ni de vérité, on n’aurait qu’à suivre la recette de ce qui pour nous ressemble au bonheur. Ai-je besoin d’insister sur le fait que globalement, nous semblons prendre de nombreuses décisions qui sont néfastes pour l’environnement et pour de nombreuses populations et qui nous rendent malheureux ? La sagesse, l’équilibre et l’humanité sont une denrée rare parmi les personnes qui ont du pouvoir… et peut-être parmi nous tous. Qu’est-ce qui est arrivé au fait de choisir de poser des gestes en pensant aux sept générations qui suivront ? Globalement, dans le but d’avoir plus de confort et donc plus de bonheur, nous sommes engagés envers notre propre autosatisfaction et en plus, dans les plus courts délais possibles s’il vous plait. Ça ne nous pousse pas à prendre des décisions sages ni intelligentes. Pour donner un exemple, le fait de creuser la terre partout pour en extraire toutes les richesses à tout prix me parait dément. Et justement, si ces richesses étaient si essentielles, que va-t-il rester à nos enfants… à nos petits-enfants et à tous ceux qui suivront, lorsqu’on aura tout consommé ? Je vais m’en tenir à cela. Je crois que l’exemple est clair et on peut facilement transposer à d’autres situations. J’étais une ado très fâchée, très triste devant la situation du monde, très rebelle aussi. Je me sentais impuissante devant toutes ces horreurs que l’humanité semblait vouloir mettre de l’avant. Dans mon temps, c’était la bombe nucléaire qui me hantait. Je n’en revenais pas que les adultes jouent avec des choses si dangereuses, alors qu’il y avait des gens, des enfants qui mourraient de faim. Je sais que ces questionnements nous habitent tous d’une manière ou d’une autre. Aujourd’hui, au mi-temps de la cinquantaine et devant mes petits-enfants que je vois émerger dans cette vie, je me sens poussée au retour vers l’essentiel.

Tout comme ces petits êtres qui arrivent au monde, à chaque instant, et qui nous émerveillent, je pressens que la réponse à ce qui me fait souffrir, c’est plus de tendresse, plus de vie, à tous les niveaux. Plus de Vie, plus de respect, plus de tendresse, plus de douceur, voilà tout ce que je veux apporter à tous ces bébés, à tous ces êtres qui nous arrivent chaque seconde. Puis, le bébé, il est toujours là quelque part derrière le regard de l’ado ou du vieillard que je regarde. Je fais la prière d’ajouter plus de vie, plus de douceur, plus de tendresse et plus de vérité dans tout ce que je fais… je souhaite ajouter mon grain de sel à la soupe globale que nous concoctons. Rien de tout cela n’est facile, j’en conviens. Il m’est tellement plus simple de rester dans mes vieilles habitudes de peur d’être moi-même, de peur de déplaire à l’autre, de peur de mal faire, de peur de me dévoiler telle que je suis. Comme dans la troisième étape des mouvements à 12 étapes, je me reconnais incapable toute seule de changer mes habitudes, mes réflexes, et je fais la prière d’être aidée par la Vie, elle‑même, quelle que soit sa forme.


LE SAVIEZ‐VOUS?  Chaque personne qui utilise les services d’un CISSS a droit à  la condentialité de son dossier d’usager et au respect de ses  renseignements personnels.  Pour le CISSS de l’Outaouais, le respect de la vie privée et la  sécurité des renseignements personnels, c’est important!   

Une meilleure qualité de vie pour les Gatinois L’habitation est une composante essentielle à la qualité de vie des citoyens. Grâce au programme AccèsLogis Québec, plusieurs nouveaux ménages gatinois bénéficient de logements abordables. Pour plus de renseignements, consultez le gatineau.ca.

Infographiste

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Bonne année 2017

819 923-9902 renaud.mp@gmail.com

Le Portail de l’Outaouais - janvier 2017 - 13

Marie-Pier Renaud

Participer à la guérison des maux de ce monde, plutôt qu’à sa maladie.

La CONFIDENTIALITÉ  toujours d’actualité au CISSS de  l’Outaouais! 


14 - Le Portail de l’Outaouais - janvier 2017

Participer à la guérison des maux de ce monde, plutôt qu’à sa maladie.

Le mot du CRIO

Loi 70, une attaque directe au droit à un revenu décent Par : Alexandre Ranger

Dans notre deuxième chronique parue dans ces pages, j’ai déjà écrit sur ce qui était alors appelé le projet de loi 70 et sur le droit à un revenu décent dans la dernière édition. Pourtant, je me sens encore obligé d’écrire sur ce sujet. En effet, le 10 novembre le gouvernement a adopté à la majorité ce qui est devenu la loi 25 visant à réformer l’aide sociale. Dorénavant, les personnes qui feront une première demande d’aide sociale pourront, si elles ne répondent pas aux exigences du programme Objectif emploi, se faire couper jusqu’à 224 $ sur leur prestation de base. Réitérons‑le, il s’agit d’un recul majeur pour les droits de la personne dont le droit à un revenu décent. Cette nouvelle réforme, comme les dernières, va à l’encontre de la Loi visant à lutter contre la pauvreté et l’exclusion sociale et la Politique nationale de lutte à l’itinérance. En effet, elle créera plus de pauvreté et, par conséquent, augmentera le phénomène d’itinérance partout au Québec. Le gouvernement devrait avoir honte de mettre de l’avant une idéologie qui appauvrira des centaines, voire des milliers de prestataires. Nous en avons parlé dans la dernière chronique, il est impossible de vivre avec 623 $ par mois, imaginez essayer de vivre avec 399 $ par mois. La très vaste majorité des ménages de la région dépense plus que ce montant pour leur seule alimentation.

doivent aller cogner aux portes des groupes en aide alimentaire d’urgence. Rappelons que, pour faire adopter le projet de loi 70, le gouvernement a dû mépriser les rappels à l’ordre de la Protectrice du citoyen, de la Commission des droits de la personne et des droits de la jeunesse, de toutes les centrales syndicales québécoises, de 300 professeurs et chargés de cours universitaires, du mouvement des femmes et du mouvement communautaire, incluant les groupes travaillant en employabilité. Le ministre François Blais a systématiquement opposé une fin de non-recevoir aux avis et aux recommandations de toutes ces personnes et organisations. Alors que le gouvernement donne plusieurs milliards de dollars par année aux grandes entreprises et qu’il ne lutte pas contre l’évasion fiscale, on nous fait croire que cette réforme va permettre de redresser les finances publiques du Québec. Nous y voyons un dogmatisme en faveur de l’entreprise privée aux dépens des droits de la personne.

Plus précisément, notre lecture du discours du gouvernement et de ses principaux penseurs de la solidarité sociale nous porte à croire que le programme d’aide sociale est appelé à disparaitre. Rappelons le principe de base que devait soutenir ce Pour y arriver, quoi de mieux que de réduire au minimum le programme. Le rapport Boucher écrit en 1963 (rapport à l’origine nombre de prestataires. Non pas le nombre de personnes ayant de la mise sur pied du programme en 1969) stipulait que l’aide besoin d’un revenu de dernier recours, mais le nombre de sociale devait répondre au principe « selon lequel tout individu personnes ayant accès au programme. dans le besoin a droit à une assistance de la part de l’État, quelle que soit la cause immédiate ou éloignée de ce besoin ». Bien que Le gouvernement prépare actuellement un nouveau plan de ce principe n’ait jamais été respecté par le programme d’aide lutte à la pauvreté dans lequel nous pensons qu’il transformera sociale, il devient choquant de voir à quel point le gouvernement en profondeur la manière par laquelle il lutte contre la pauvreté s’en éloigne avec cette nouvelle réforme. au Québec. Le ministre Blais fut, dans sa carrière universitaire, un penseur du revenu minimum garanti et le premier ministre De plus, cette réforme encourage les préjugés contre les lui a justement donné le mandat d’explorer sérieusement personnes vivant une situation de pauvreté en plus d’être cette avenue dans le cadre de la lutte à la pauvreté menée par basées sur une logique de « workfare » ou du tout à l’emploi. le gouvernement. Nous y reviendrons dans notre prochaine Pourtant, on constate que le précepte de base du gouvernement chronique. est faux. Un emploi ne permet plus de sortir de la pauvreté. Il y a toujours plus de travailleurs et travailleuses qui n’arrivent En attendant, je vous souhaite une bonne année 2017 remplie pas à s’alimenter convenablement, et ce malgré un emploi, qui de solidarité.


Le LAB! On décrit souvent le LAB comme une grande famille. Une famille qu’on choisit. Ça illustre bien le fort sentiment d’appartenance qui se développe ici! Un milieu de vie dépourvu de jugement où on est ouvert et solidaire. Où tout le monde a sa place. Où tout un chacun est accepté comme il est, avec son rythme et ses enjeux. En jasant avec ceux qui le fréquentent, on retient souvent que c’est un lieu rassembleur qui permet de briser l’isolement et de socialiser avec des gens qui vivent une réalité semblable à la leur, qui permet aussi de démystifier les préjugés, de part et d’autre des différents groupes sociaux… Mais pour parler du LAB, personne n’est mieux placé que ses participants… Alors voici quelques témoignages :

« Le LAB, c’est un lieu où je peux être moi-même sans vivre de la pression sociale. Être en interaction avec des personnes parce que seule chez moi, je vis de l’isolement et les interactions sociales sont plus rares! Ici, je rencontre du nouveau monde que je ne rencontrerais pas autrement. C’est un endroit qui rassemble toutes sortes de gens avec des intérêts similaires. Je peux aussi faire de l’art quand je veux et gratuitement.

« Pourquoi je viens au LAB? Parce que c’est un bon stratagème pour éviter d’être trop dépensier. Je viens au LAB à la place de me promener dans les magasins ou de rester à la maison à boire et manger. C’est juste chill d’avoir un endroit pour éviter l’aspect chaotique du quotidien typique. L’art peut remplir des heures dans une journée qui semblerait autrement vide. Et puis, c’est garanti qu’il y a toujours quelqu’un pour me lancer des compliments ou un commentaire (hilarant) aléatoire (spontané) qui n’a pas rapport! (… pis y’a du café!) » M.R.C

Le Portail de l’Outaouais - janvier 2017 - 15

« Quel magnifique lieu. Des intervenants dévoués, un lieu propice à la création, à la réflexion, plein de ressources. Pour moi, le LAB, je l’ai connu lorsque je vivais des troubles de toxicomanie. J’étais toujours accepté, écouté et ressentais un bien-être constant. Moi, je vis quotidiennement avec l’isolement causé par des troubles de santé mentale, dont l’anxiété généralisée, entre autres. Avec le LAB, j’ai découvert en moi une autre personne qui ne se lasse jamais de jouer de la guitare (électrique, classique, acoustique), de la basse, de chanter et de peindre beaucoup de tableaux d’art abstrait. Le LAB, par sa présence, qui me permet de réduire mon trouble d’anxiété, m’a permis de rencontrer d’autres gens extraordinaires et d’être abstinent depuis deux ans et trois mois de toute drogue ou alcool. Cet endroit m’a certainement sauvé la vie par l’art et les intervenants. Merci au LAB! Merci à vous! » Alex L.

En venant ici, ça m’amène à m’exposer à toutes sortes de situations et ainsi à vaincre certaines anxiétés ».

Participer à la guérison des maux de ce monde, plutôt qu’à sa maladie.

Par Daphné Vachon, art-thérapeute professionnelle, M. A., daphnevachon.com dapvac@gmail.com


« Au lieu d’être dans la rue ou entre quatre murs et renfermé sur moi-même, le LAB m’a permis de rencontrer d’autres gens et de m’ouvrir l’esprit par rapport à mes talents que je ne connaissais pas avant de venir ici. Voir de l’avant au lieu de rester pris dans mes problèmes ». Anonyme

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« Quand je viens au LAB, je fais de la musique et quand je suis ici, je ne consomme pas. Je vis mon moment présent. Il y a quatre ans, j’ai connu le LAB et ça m’a fait slaquer mes affaires (consommation et vente de drogues, vol…) Quand je consomme, je n’ai plus d’ambition, ma passion s’en va, je ne prends plus soin de moi et ma confiance en moi et mon estime en prennent un coup! Quand je ne consomme pas, mon estime remonte, je suis au LAB et je compose ma musique et j’n’ai même pas besoin de payer! Ça va faire 11 mois que je consomme plus de roche, freebase, cocaïne… je vois ma vie mieux (…) ça me donne l’option de faire de la belle musique et aussi d’avoir une pensée pour mes chums qui sont décédés ici dans le Vieux-Hull… Moi, le LAB, il m’a sauvé la vie! » Rain «Moi, venir au LAB, ça m’apporte la paix d’esprit! Je peux jouer ma musique en paix! » Alex Point de service du centre d’intervention et de prévention en toxicomanie (CIPTO), le LAB est un lieu d’expression et de création qui offre une alternative à la consommation. Il rejoint les jeunes adultes de 16 à 30 ans à risque de vivre ou vivant une réalité en lien avec la toxicomanie, l’itinérance, la santé mentale et l’exclusion sociale. Via une démarche artistique, les participants sont amenés à vivre des occasions de création, d’inclusion, de valorisation et de reprise de pouvoir.


Les billets de C

nous respirons, la consommation abusive de médicaments combinée à de constantes situations d’adaptation émotive dans le bruit et l’agitation épuisent notre corps en le forçant à réagir à tous ces stress. Mais toutes ces récidives trop rapprochées nous privent de moments nécessaires au repos et à la détente. Pourtant, de simples gestes pourraient avoir des conséquences heureuses : • Une promenade à l’extérieur ; • Une détente à l’intérieur, alors étendu, déchaussé, le cou décontracté ; • Un bain moussant, éclairé d’une bougie ; • Écouter une musique relaxante. Laissez libre cours à votre imagination… s’accorder ces petits moments est capital. On ne prend pas le temps, invoquant de multiples raisons pour y échapper. Et le silence, quand est-il l’hôte de notre foyer ? Sommes-nous à ce point habitués au bruit pour ne plus savoir écouter le silence ? Et votre voix intérieure, la laissez-vous monter en vous, au cœur de tout ce tapage ? Le silence favorise la connaissance de soi et notre équilibre intérieur. Respectons notre corps, apprenons à le ménager ; il doit nous servir toute une vie durant. Pourquoi tant de douleurs et tout ce stress ? Si le silence vous ennuie, optez pour le calme, mais de grâce…, ne soyez pas la proie de cet agresseur en liberté, le bruit !

Le Portail de l’Outaouais - janvier 2017 - 17

Le bruit, qu’il soit domestique ou le résultat d’activités ou de travaux, est à l’origine de nombreux troubles de santé. Le bruit gaspille notre énergie, détruit notre tolérance, use nos nerfs et irrite notre bonne humeur. Un bruit est reconnu comme gênant lorsqu’il empêche la poursuite d’une conversation, qu’il perturbe le sommeil, le repos, ou l’étude. Le premier effet du bruit sur la santé concerne bien sûr l’audition, mais il a aussi d’autres effets indirects sur la santé : il augmente la fatigue, les risques d’hypertension artérielle, les troubles digestifs, la nervosité et le stress. Nous souffrons de la pollution sonore liée aux transports, les sonneries des téléphones portables, les climatisations, l’augmentation des déplacements motorisés. Nous sommes constamment agressés par le bruit : klaxons, motos bruyantes, marteau-piqueur, tondeuse à gazon, chiens qui aboient, musique trop forte, etc. Les conséquences sociologiques du bruit sont réelles et non négligeables. Bruits aériens, bruits de circulation, mais aussi bruits de voisinage… tous ces bruits vont jusqu’à nous rendre malades ou finissent par créer des conflits de voisinage. Essayez de vous souvenir comment vous vous sentez quand la sonnerie du téléphone retentit fortement, quand le klaxon d’une automobile vous fait sursauter, quand le nouveau-né hurle à fendre l’air ou vos adolescents écoutent leur musique ou le téléviseur à tue-tête. Savez-vous, dans ces situations-là, vous contenir ou user de toute votre sagesse pour demander calmement à ce qu’on baisse le volume ? Non. Votre agitation intérieure vous porte à hausser la voix ou à soupirer fortement, votre organisme étant épuisé. Rassurez-vous, ce n’est pas l’âge, c’est votre corps qui se rebelle contre cet agresseur en liberté : le bruit. Pour avoir une idée des effets du bruit sur notre santé, il est important de consulter une échelle du bruit pour connaitre le nombre de décibels associés à certaines sources de bruit. En voici une partielle. Pour en connaitre davantage, je vous invite à consulter le site Bruit & Société, le premier site de référence sur le bruit au Québec. Nous avons créé un monde où vivre est devenu une souffrance quasi perpétuelle. La mauvaise qualité de l’eau et de nombreux aliments, les contenants au plastique douteux, l’air vicié que

Auteure du roman Les désordres du coeur. À la barre de son entreprise Les mots dans l’encrier lesmotsdanslencrier@gmail.com

Participer à la guérison des maux de ce monde, plutôt qu’à sa maladie.

Le bruit : un agresseur en liberté !

Carole Verdon


Participer à la guérison des maux de ce monde, plutôt qu’à sa maladie. 18 - Le Portail de l’Outaouais - janvier 2017

Derrière le bar Par : Catherine-Eve Bellemare

Chers lecteurs,

patientant à ses côtés, devant une poubelle. J’ai plongé le bras dans l’un de mes sacs, au hasard, avant d’atteindre un casseau Après réflexion, j’ai pris la décision de changer le titre de ma de fraises de la main. Elles étaient de saison, charnues et tout chronique à partir du mois de mars pour : « Un jour j’… ». juste assez à point. Parfaites. Au moment où je les lui tendis, je Oui j’ai vécu certaines situations sur mon milieu de travail que je me surpris à sourire en m’apercevant de ce vers quoi pouvait comptais aborder, mais je me suis vite aperçue qu’il y en avait tendre la perfection, selon moi, en cet instant précis : un casseau beaucoup d’autres ailleurs que je souhaitais partager avec vous. de fruits. La perspective demeurera la même, la mienne, mais s’adaptera J’ai patienté devant elle, la paume ouverte, en selon le contexte., comme vous pourrez le constater dans mes prenant malgré moi conscience du ridicule de la chose. Mon deux prochains textes que voici. dérisoire panier de fraises, au même titre que devaient l’être Merci de votre compréhension. ses cigarettes, hormis pour elle, cette femme, qui ne possédait plus rien. Alors j’ai attendu : un battement de cils, un hochement de tête, le semblant d’un encouragement de sa part, en vain. J’ai Mi-juin, je longeais le boulevard, les bras emplis de sacs donc déposé le casseau de fruits à ses pieds, en reprenant la en papier brun. Le marché était bondé et j’avais dû me faufiler tangente de ma destination initiale. Une heure plus tard, je revins de station en station pour parvenir à acheter les quelques fruits en sens inverse, pour m’apercevoir du même constat. Mon et légumes dont j’avais besoin. Je marchais en regardant droit panier était toujours là, tel que je l’avais laissé et pire encore, la devant moi, traversant le flot humain, d’un pas rapide comme jeune femme aussi : arborant le même air, indécis, et survolant le faisaient la plupart des gens. Jusqu’à elle, cette femme que d’un regard absent, une benne à ordures. je vis accroupie au-dessus d’une poubelle. Elle avait de longs Le lendemain matin, je choisis de revenir sur les mêmes cheveux bruns, la peau hâlée, vieillie par le soleil. Elle semblait lieux que la veille, une dernière fois. J’en avais presque oublié la attendre que quelque chose émerge de cette poubelle, comme raison de ma venue lorsque j’aperçus la jeune femme accroupie obnubilée, le regard vague. Elle était rachitique au point où les par terre fumant sa cigarette, adossée contre le mur de l’édifice. os de ses hanches me paraissaient prêts à fendre la couture de De toute évidence et à en croire la mixture rouge pétrifiée à son jean. Les traits de son visage étaient larges et grossiers, si quelques pieds d’elle, mes fruits n’avaient pas dû lui faire envie. ce n’était fuselé d’amaigrissement. Envie. Besoin. Encore une fois, la notion m’échappait. Je pouvais apercevoir un paquet de cigarettes pendre Je me suis accroupie à son niveau avant de déposer par l’extrémité de la poche de sa veste. Fumer : comme à côté d’elle, un paquet de cigarettes intact, toujours scellé n’importe quel autre passetemps des plus banals, voire vital, sous son emballage plastique. Cette fois, elle le prit. Peutlégitime. Fumer pour sentir que mon souffle, ma présence, être n’était‑ce qu’illusion de ma part, mais je ressentis une subsiste et persiste, quelque part parmi eux, la leur. Leur vie. vague impression de réconfort émaner d’elle, au moment où je Fumer pour délimiter ma silhouette, stigmate empreint dans les m’éloignai. trottoirs qu’ils traversent chaque jour, mais sans la voir ni leur À peine quelques pas plus loin, elle m’interpela. Moi dire pourquoi. Fumer pour dissiper tout le reste, leur monde, pour ou n’importe qui d’autre, je l’ignore encore. Elle était toujours tuer l’ennui, inhalant à moi seule leur flegme las. Fumer pour assise, le bras levé dans ma direction, m’offrant une cigarette. tuer l’envie. À cet instant, je parvins à me souvenir de la raison de Je me suis approchée sans chercher à me manifester ma venue. J’étais satisfaite. De quoi ? Difficile à dire. Mais je ni lui faire comprendre que j’étais là, au même titre qu’elle, l’étais, et je pouvais repartir.

Chercher l’envie


Le Portail vous présente...

Territoire La desserte territoriale de Moisson couvre la grande Ville de Gatineau et les 4 territoires de MRC, soit la MRC des Collines-de-l’Outaouais, la MRC Papineau, la MRC de la Vallée-de-la-Gatineau et celle de Pontiac. Afin d’aider les populations rurales éloignées à avoir accès à de l’aide alimentaire, Moisson Outaouais effectue les livraisons aux organismes affiliés dans ces territoires pour une fraction du cout.

Le Portail de l’Outaouais - janvier 2017 - 19

Principal fournisseur de denrées destinées à l’aide alimentaire, approvisionnant un réseau de 30 organismes communautaires, Moisson Outaouais est une plaque tournante dans la récupération et la redistribution de la nourriture à des milliers de personnes vivant des conditions socioéconomiques difficiles qui les empêchent de subvenir à leurs besoins alimentaires et à ceux de leurs familles. Moisson travaille avec des entreprises agroalimentaires, s’attaque au gaspillage alimentaire en récupérant les produits invendus dans les supermarchés, s’associe au monde corporatif de la région, sensibilise la population au problème de la faim et développe sans cesse de nouveaux projets dans un effort collectif pour vaincre la faim en Outaouais tout en favorisant, d’autre part, l’autonomie alimentaire des personnes, et ce, 365 jours par année.

Le réseau De nombreux organismes qui font partie du réseau de Moisson Outaouais sont fort bien connus, qu’on pense par exemple au Gîte Ami, à la Manne de l’île, à la Soupe populaire de Hull, au Centre alimentaire Aylmer ou à l’Armée du Salut. Certains sont situés en dehors de Gatineau comme l’Entraide de la Vallée à Maniwaki, Bouffe Pontiac à Campbell’s Bay ou la Banque Alimentaire de la Petite-Nation, à Ripon. D’autres offrent des repas et de l’hébergement temporaire à diverses clientèles comme des adolescents, des femmes victimes de violence, des personnes handicapées, des hommes en crise. Nous partageons tous les valeurs d’entraide et de partage et redonnons au suivant ce qui nous a été donné afin que personne ne souffre de la faim. Cette grande diversité d’organismes reflète la force de notre réseau et nous permet de combattre l’insécurité alimentaire à tous les niveaux.

Participer à la guérison des maux de ce monde, plutôt qu’à sa maladie.

Aperçu Depuis maintenant 10 ans, Moisson Outaouais joue un rôle clé essentiel pour contrer l’insécurité alimentaire en Outaouais. Ce n’est que depuis cinq ans cependant que l’organisme assure pleinement son rôle de banque alimentaire régionale, et ce, à la suite de la construction du Complexe Moisson, une infrastructure immobilière de 1 161 m2 comprenant des espaces d’entreposage pour des denrées sèches, réfrigérées et congelées, une cuisine ainsi que des bureaux administratifs.


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Approvisionnement et distribution En 2015-2016, 446 000 kg de nourriture ont été redistribués par Moisson Outaouais, d’une valeur estimée à 2,5 M. Grâce à son organisation, à ses équipements et à son entrepôt offrant 440 espaces palettes, Moisson Outaouais accroit la capacité de son réseau à répondre aux demandes d’aide croissantes des personnes. En moyenne, chaque jour, 2.2 tonnes de denrées transitent par le Complexe Moisson pour être redonnées à la communauté. Programme de récupération dans les supermarchés Déployé à l’échelle provinciale, Moisson Outaouais est responsable de ce programme pour la région. Depuis l’automne 2015, et à la suite de considérables efforts pour convaincre les grandes chaines d’alimentation et des investissements importants, Moisson Outaouais récupère maintenant des denrées en fin de vie dans 10 supermarchés. Cet innovant projet antigaspillage alimentaire récupère en moyenne près de 2000 kg de précieuses denrées par mois par magasin. La viande constitue le quart de ces denrées. Notre objectif est de récupérer les invendus dans une quarantaine de supermarchés. Projet de Cuisines collectives Moisson Outaouais est proactive dans la recherche de solutions favorisant l’autonomie alimentaire des personnes, initiant ou soutenant le développement d’initiatives allant dans ce sens. L’an dernier, en partenariat avec le Regroupement des cuisines collectives de Gatineau et le CISSSO, un projet de formation en démarrage de groupes de cuisine collective et d’animation d’ateliers de cuisine économique a été instauré. Quatorze intervenants ont ainsi été formés et outillés. Un recueil de recettes économiques a également été produit et offert gratuitement.

Financement Moisson Outaouais est un organisme de bienfaisance supportée par la communauté. Seulement 15% du budget d’opération de Moisson Outaouais provient de subventions récurrentes, notamment celles du CISSSO et de Centraide, le reste devant être obtenu grâce à des dons et des activités de financement. Tout au long de l’année, Moisson s’efforce de mettre en place des campagnes de financement originales et efficaces, telles que la Loto-Moisson, la plus importante loterie sociale de la région. Autre campagne originale, le Souper fictif garantit à ses donateurs que 100 % de leur don sera affecté à l’achat de denrées manquantes. Moisson Outaouais prodigue soutien et conseil à tout groupe ou individu désireux d’organiser une activitébénéfice. Il importe de mentionner en passant que les frais de collecte ne sont que de 12.9 % chez Moisson, bien en deçà de la moyenne canadienne de 26 %. Bénévolat Moisson Outaouais est fière de pouvoir compter sur l’aide de plus de 350 bénévoles qui participent à des dizaines d’activités différentes en cours d’année. Collectes de denrées, tri en entrepôt, lavage des bacs, étiquetage, entrée de données, représentation, vente de billets, etc., sont parmi les tâches bénévoles les plus en demande. À Moisson, un coordonnateur s’occupe des bénévoles et nous avons en place un programme de reconnaissance et de fidélisation stimulant qui donne le gout de s’impliquer.


Place au citoyen

Dans ce qui suit, j’ai essayé de répondre à la question que Christian nous a tous envoyée... mais j’ai omis la partie du “rôle social, familial, particularités” pour la simple raison que j’ai écrit avant tout en tant qu’être humain plongé dans la question fondamentale de notre condition terrestre commune.

Écrivez-nous à articlesportail@gmail.com

Le Portail de l’Outaouais - janvier 2017 - 21

Ce qui me fait rester saine et fonctionnelle en notre société? Difficile à répondre à cette question parce que… suis-je saine et fonctionnelle? Je crois que c’est presque impossible d’en juger par soi-même. Cela dit, saine ou non, fonctionnelle ou non, la voie qui me permet de marcher dans notre monde en gardant souffle, c’est d’en ouvrir à un Souffle infiniment plus profond, un Souffle tout Amour qui se donne sans cesse généreusement, sans condition, sans mesure. Le tout, c’est de s’y brancher solidement et concrètement, et non seulement en théorie. Pour moi, cela commence par la reconnaissance d’une dimension infiniment plus grande que nous-mêmes, laquelle se retrouve tout en même temps au cœur de nous-mêmes, une dimension qui nous inclut tous, comme un corps vivant inclut toutes ses cellules, non séparées et pourtant non confondues, et dont chaque cellule unique contient le corps tout entier. Mystère que nous ne pouvons évidemment pas saisir entièrement par le mental. Je crois cependant que nous pouvons tous le toucher de temps en temps par intuition profonde en descendant en soi-même dans le silence et l’intelligence du cœur… par un acte de foi, le pari d’une rencontre, une prière résolument hardie… Je prends donc le parti de la confiance plutôt que celui du dénigrement. En faisant le pari en un Amour qui nous donne vie – et sens à cette vie – tout en nous voulant libre, au point que nous puissions user de cette liberté pour renier cela même qui nous donne vie et sens, qu’est-ce que je risque? Au pire, j’aurai fait un acte de foi à quelque chose qui n’existe pas. Mais qu’est-ce que cela changerait au bout du compte, car dans ce cas, un tel monde serait de toute façon sans aucun sens et sans espoir. Au mieux, j’aurai ouvert la voie à une Source Vive, Source dont les bienfaits sont tellement tangibles que s’ils n’étaient que l’effet placebo d’une croyance illusoire, je ne pourrais m’empêcher de recommander cet effet placebo à toute l’humanité. Par cette remise de ma vie en Dieu (puisque c’est le mot qui est défini par « cette dimension tout Amour infiniment plus grande »), cela ne veut pas dire que la vie est nécessairement plus facile, mais cela fait passer de la mort à la vie, en ce sens que tout retrouve sens et vie, que l’être humain lui-même retrouve sa vocation première qui est d’être et non d’avoir, qui est de se donner et non de prendre, qui est de choisir d’aimer plutôt que de se protéger, qui est d’œuvrer avec et pour l’ensemble au lieu de se réaliser soi-même envers et contre les autres et l’environnement. Cela n’est pas pour autant magique, car notre liberté reste tout le temps entière, liberté de dire oui à cet Amour qui nous transfigure… ou liberté de dire non. Quant à ma perception de l’exclusion sociale et de l’itinérance, je crois qu’elle reflète malheureusement la faille intérieure de notre humanité, notre scission profonde entre l’être véritable et le monde de l’apparence. Étrangement, les exclus de la société témoignent douloureusement de la partie essentielle qui est rejeté hors de nous-mêmes, le monde extérieur étant en miroir de notre monde intérieur. À la question de ce que je pense ou vis lorsque je vois un itinérant, la réponse est très simple : je me reconnais. Et même si je n’ai jamais vécu directement cette souffrance du sans-abri, je peux dire qu’en chaque personne exclue, je me reconnais, non pas parce que je me sens particulièrement exclue de la société, mais parce que je reconnais en moi la marque de cette scission… qui me sépare de ma véritable patrie. Fido (foi et fidélité)

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Face à la société et à l’exclusion sociale


Participer à la guérison des maux de ce monde, plutôt qu’à sa maladie. 22 - Le Portail de l’Outaouais - janvier 2017

La vie d’un camelot Bonjour, je suis Erick, camelot du Portail sur Eddy et Wellington, et je vais vous partager mon histoire et ainsi, vous pourrez voir comment le Portail peut aider les gens comme moi. Je suis originaire de Montréal et un habitué de la région, car j’ai beaucoup d’amis et de famille ici. J’ai passé mon enfance dans les centres jeunesse et à 18 ans, je me suis retrouvé à la rue pendant 5 ans, à Montréal et ailleurs, jusqu’à Vancouver où j’ai connu la dépendance aux drogues et à l’alcool. En 2005, j’ai quitté Vancouver, pesant 72 livres et passablement amoché. De retour à Montréal, je me suis pris en main, j’étais abstinent, j’ai terminé mon secondaire 5, étudié à l’institut d’hôtellerie, travaillé dans de grands hôtels de la ville. En 2010, j’ai cru que j’étais guéri et j’ai rechuté plusieurs fois jusqu’en 2014. Durant ces années, mes meilleurs moments étaient quand je venais passer du temps ici, j’ai tendance à être tranquille ici, mais les problèmes revenaient lorsque je quittais. Je suis revenu en 2014 et durant un an, ma vie allait très bien, abstinent, un emploi et un toit. Je suis retourné à Montréal en 2015, tout a continué à bien aller pendant un an, jusqu’à ce que j’entre dans une relation à longue distance avec une femme de Toronto. Je suis devenu accroc aux cartes de crédit. Ma première expérience de crédit, et un été digne d’un millionnaire a commencé. Voyages en 1re classe, sports, la Ronde, Canada Wonderland, festivals à Montréal et à Toronto, les dettes grimpaient et ma capacité de payer diminuait rapidement et finalement, tout s’est effondré comme un château de cartes.

Je suis revenu ici, encore, en août, mais ma destination a été le Gîte Ami. J’ai refusé de me laisser abattre et je me suis retroussé les manches. En allant à la soupe populaire, j’ai rencontré un intervenant et un stagiaire et l’idée de retourner aux études et peu de temps après, j’ai commencé au cégep héritage en éducation spécialisée, mais j’ai opté pour une technique en réadaptation et justice pénale à la Cité collégiale, pour 2 ans, dès le 9 janvier grâce à un oncle qui a offert de payer mes études jusqu’à l’université. J’ai toujours voulu aider les autres donc, j’ai trouvé ma branche, finalement. Donc depuis août, je me suis remis sur pieds, je suis abstinent à nouveau, je suis aux études, je travaille à temps partiel dans un grand magasin, et je suis camelot depuis octobre. Les études et le travail m’ont redonné une discipline, une routine et une stabilité, car il semble que je serai ici pour au moins 2 ans. Le Portail, lui, m’a redonné confiance en moi même et j’ai hésité avant d’accepter, car je me croyais incapable de me placer sur un coin de rue et vendre un magazine, mais Christian m’a encouragé et il avait raison. Je suis capable de vendre le Portail et j’adore ça, j’aime le contact avec les gens, et donc le Portail fait une différence positive dans ma vie et j’ai l’intention de continuer durant mes études à la Cité, selon mon horaire de classe, évidemment. Ne vous gênez pas de me dire bonjour si vous me voyez sur mon coin, un bonjour et un sourire sont toujours appréciés! Au plaisir de vous voir sur Eddy et Wellington!

Écrivez-nous à articlesportail@gmail.com

Erick S


Maintenant que nous avons l’appui de la Ville de Gatineau (3e année) et du gouvernement provincial (CISSS), il est temps pour nous de solliciter le secteur privé si nous voulons assurer la pérennité de l’organisme dans son élan de changer des vies pour le mieux.

Notre situation l’exige d’ailleurs. Notre clientèle ciblée, ce sont d’abord et avant tout des citoyens de notre communauté, ce sont des gens avec une histoire derrière leur présente situation d’extrême précarité temporaire. Nous lançons maintenant une campagne de financement auprès du secteur privé, nous vous lançons l’appel, aidez-nous à aider ceux et celles qui actuellement, en ont grandement besoin.

Participer à la guérison des maux de ce monde, plutôt qu’à sa maladie.

APPEL AU MONDE DES AFFAIRES DE L’OUTAOUAIS!

Supportez-nous dans cet élan du cœur. Le Portail de l’Outaouais - janvier 2017 - 23

C’est pourquoi nous vous sollicitons maintenant à nous aider dans la sauvegarde de ce merveilleux outil d’intervention sociale que représente un magazine de rue, Le Portail de l’Outaouais étant le cinquième au Québec, le cent vingt-troisième au monde, un outil dont les preuves sont depuis longtemps.


Participer à la guérison des maux de ce monde, plutôt qu’à sa maladie.

“COMMANDITAIRES” Échelle de partenaires

Absolus……………………………………. 20 000$+ “COMMANDITAIRES” Supérieurs………………………………..10 000$ à 19 999$

Distingués…………………………………5 000$ à 9 999$ Échelle de partenaires Dévoués……………………………………1 000$ à 4 999$ Amis…………………..……………………. 500$ à 999$ Donateurs…………………………………25$ à 499$ Absolus……………………………………. 20 000$+ Supérieurs………………………………..10 000$ à 19 999$ Distingués…………………………………5 000$ à 9 999$ Dévoués……………………………………1 000$ à 4 999$ Amis…………………..……………………. 500$ à 999$ Donateurs…………………………………25$ à 499$

Échelle de partenaires

Absolus……………………………………. 20 000$+ Supérieurs………………………………..10 000$ à 19 999$ 80683 4388 RR0001 Distingués…………………………………5 000$ à 9 999$ Dévoués……………………………………1 000$ à 4 999$ Amis…………………..……………………. 500$ à 999$ Donateurs…………………………………25$ à 499$

24 - Le Portail de l’Outaouais - janvier 2017

80683 4388 RR0001

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