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Journal de rue Actualité sociale Roger Blanchette

Février, mois de l’histoire des Noirs : Pourquoi?

L’ENTREVUE Guy Perreault

Problématique connexe

Sophie Lafleur

La phobie sociale, parlons-en!!

Mode de vie sain Marie-Claude Bénazet De l’amour, l’hygiène et le cinéma

Les billets de C Carole Verdon

Le pouvoir des câlins

Le Portail vous présente... La Soupe Solidaire

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Numéro 3 février 2016


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280 nouveaux logements abordables « L’habitation est une composante essentielle à la qualité de vie des citoyens. Grâce au programme AccèsLogis, un millier de nouveaux ménages gatinois bénéficient de logements abordables depuis 2009. Au cours des prochaines années, nous verrons à la construction de 280 logements additionnels. » Maxime Pedneaud-Jobin Maire de Gatineau

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ÉDITORIAL Février, le mois le plus court en jours, mais le plus long en temps. Tout est relatif en effet.

Février, le mois de l’amour. Aahhh l’amour! Tant de formes et de degrés, tant de joies et tant de maux, tant de questions et peu de réponses. Toutes les formes et les degrés d’amour qui émanent de l’être humain prennent leur source au même Amour, le seul, le vrai, l’immuable, l’imperturbable, source sans fond, disponible à tous à tout moment, gratuit et non tributaire. Cet Amour qui peut transformer n’importe quelle atrocité en beauté, la plus profonde obscurité en la plus éclatante lumière et la plus intense souffrance en bénédiction. L’Amour, cet Amour-là, m’a sauvé la vie, m’a redonné la Vie. Creusez, Il est là, en vous, sous cet amas d’orgueil, de blessures non guéries, d’indignité auto-infligée et de résistance. Il vous cherche autant sinon plus que vous ne le cherchez vous-même.

Christian Gosselin

Ce que tu cherches te cherche aussi.

Éditeur

SOMMAIRE

Guy Perreault

ACTUALITÉ SOCIALE

Février, Mois de l’histoire des noirs : Pourquoi?

DOSSIER SPÉCIAL

RÉFLEXION : L’Amour méfiant

L’ITINÉRANCE

Sortir l’itinérance de l’anonymat

PROBLÉMATIQUE CONNEXE

La phobie sociale, parlons-en!!

RÉTABLISSEMENT

Le rétablissement ne se bouscule pas

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MODE DE VIE SAIN

De l’amour, l’hygiène et le cinéma

LES BILLETS DE C

Le pouvoir des câlins

HISTOIRE RÉGIONALE

JOS MONTFERRAND : L’homme et la légende

LE PORTAIL VOUS PRÉSENTE... La Soupe Solidaire

PLACE AU CITOYEN

Le Portail de l’Outaouais - Février 2016 -

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L’ENTREVUE

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Février, le mois de l’amour et aussi de cette fête des amoureux. Le prêtre Valentin osa offrir le sacrement du mariage aux amoureux malgré l’interdiction de l’empereur Claude. Il fut emprisonné puis décapité le 14 février 270.

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Notre conseil d’administration Par ordre de gauche à droite : Denise Laferrière, administratrice, Hélène Tessier, administratrice, Sylvain Roy, président, Geneviève Rollin, secrétaire, Amina Hussein, administratrice, Guy Desjardins, vice-président/trésorier, Siège vacant, représentant des camelots

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Guy Perreault

L’entrevue

J’ai rencontré Guy vers les années 2003-2004 lors d’une prestation au Dépanneur Sylvestre. J’ai tout de suite aimé l’homme, puis l’artiste. Avant même de parler de quoi que ce soit, l’homme dégage une énergie douce de compassion pour tout, souriant, compréhensible. Il me donne l’impression de lire les gens au premier contact. Dans ces années-là, ma spirale descendante vers le plus profond des enfers commençait et ça, il le voyait, il l’accueillait.

Guy est natif de Drummondville. Il est issu d’une famille de cinq enfants, une mère très catholique qui tient un restaurant rattaché à la maison familiale et un père

Une entente pour l’obtention d’une bourse d’études en traduction à l’Université Laval demande qu’il vienne travailler ici pour le gouvernement fédéral trois ans, soit de 1975 à 1978. Les cloisons mobiles et les néons rendent Guy très malheureux. C’est donc à la fin de son engagement que Guy écrit une chanson et quitte cet environnement en pleurant, déprimé. C’est aussi à ce moment que Guy participe au festival Chanson Outaouais et remporte le premier prix. Ce fut son billet d’entrée pour Granby où, cette fois, il n’a pas connu le même succès, mais

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L’artiste, lui, m’a touché droit au cœur avec ses chansons; du vrai, du pur, du direct. Un spectacle d’émotions, de sensibilisation, de sacré et d’humour. Guy manie les mots avec une impressionnante dextérité. Ce soir-là, il m’a fait réfléchir, pleurer, rire, espérer. Plus de dix ans plus tard, Guy est devant moi maintenant. D’ailleurs Guy accepte toujours, dans les limites du possible, mes invitations à notre cause. Il sera d’ailleurs avec nous au Dépanneur Sylvestre lors de notre souper-spectacle bénéfice du 6 février prochain, ainsi qu’avec une excellente brochette d’artistes similaires.

machiniste plus libertin. Des parents qui travaillent dur, ils ne croulent pas sous l’or, les fins de mois sont serrées mais personne ne manque de rien, ni aucun drame marquant. Guy déteste fréquenter la messe régulièrement, option non négociable avec maman. Par contre, il trouve que les guitaristes devant ces messes à gogo populaires de l’époque semblent bien s’amuser. Il apprend donc la guitare et commence à écrire des chansons et se retrouve devant, là où il est définitivement plus à l’aise, plus dans son élément. Il reçoit des félicitations et voilà Guy parti dans sa trajectoire nouvellement façonnée, une qu’il a d’ailleurs toujours maintenue depuis quarante-cinq ans malgré les intervalles. Guy habite Hull depuis presque quarante ans, il se considère Hullois d’adoption.

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Par : Christian Gosselin

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avait désormais le pied dans le circuit. En 1981 par contre, il revient à Granby avec plus d’expérience et surtout avec un répertoire plus volumineux. Il remporte le 1er prix ici aussi et de là, tout s’est enclenché naturellement. En 2006, le fondateur de la scène Slam Outaouais, M. Pierre Cadieux, l’invite à participer à l’événement. Guy lui demanda : « Le slam, c’est quoi ça, le slam? ». Monsieur Cadieux lui répondit en riant : « Mais mon Guy, du slam, tu en fais déjà et tu ne le sais même pas! » Effectivement, après avoir témoigné d’un spectacle slam, Guy reformata certains textes et connu un succès instantané, surtout dit-il, par son matériel considérablement volumineux et son expérience acquise, sans parler d’un don tout à fait naturel que je lui accorde de manipuler les mots. Ce succès l’amène à Montréal à maintes reprises. Il remporte le 1er prix au Québec, puis une deuxième place au monde lors d’un événement tenu à Paris en 2012. « Ça voyage léger, des mots », dit-il. Sa situation familiale, ses enfants et son besoin de

sérénité et d’équilibre lui font refuser d’emménager à Montréal et ainsi, renoncer à la grande carrière au sens strict du terme, une décision qu’il ne regrette aucunement aujourd’hui. « Aujourd’hui je me repose, j’ai appris à dire non. Trop c’est trop. Je fais de la traduction à la pige, de la scène à la pige, je vis avec ma copine depuis le mois de juillet après dix ans de fréquentation pour laisser le temps à ses enfants, alors ados, de grandir et devenir adultes. Nous rénovons notre maison. Elle est magnifique, lumineuse et harmonieuse, tout comme ma copine. Nos plans : voyager, vivre tout simplement. » L’Itinérance pour Guy cause un malaise, un énorme malaise. Après s’être renseigné sur la problématique, Guy réalise à quel point ça pourrait facilement lui arriver à lui. Il confirme qu’il a probablement passé à un cheveu de vivre cette situation, peut-être même à plusieurs occasions. Selon lui, nous sommes toujours sur le bord de la maladie mentale, pour ne nommer qu’une problématique connexe. Il considère l’équilibre mental humain très fragile. Guy me partage avoir eu des moments où il a entrevu la folie. Il a ouvert certaines fenêtres où « il fait noir en bibitte de l’autre côté », pour le citer. Il s’y aventure par besoin de création, mais il reste prudent, il n’ose pas avancer trop loin. Quand Guy témoigne de l’itinérance, c’est à ça que ça le ramène. « Quand j’ai 2 $ en poche, je l’offre au mendiant. Que puis-je faire d’autre, je me sens tellement impuissant devant la situation. » « Mon foulard, voilà, je l’offre aussi. Nous en avons des boîtes pleines dans nos sous-sols. » « Je remercie le ciel pour ma bonne étoile, un toit, des sous, deux professions, une femme douce et belle et que j’aime. » La philosophie de vie à Guy Perreault? « Profiter de l’instant présent à fond, parce que même si tu te retrouves par moments dans un endroit sombre et creux, il y a toujours quelque chose de bon et beau dans l’instant. »


ACTUALITÉ SOCIALE

Par : Roger Blanchette

Depuis plusieurs décennies, le mois de février a été décrété « Mois de l’histoire des Noirs » aux États-Unis, en Angleterre et au Canada. Cette décision est parfois critiquée; pourquoi un mois de l’histoire des Noirs et pas de l’histoire des Blancs? C’est le même raisonnement que ceux qui remettent en question la Journée de la femme, le 8 mars : pourquoi pas une journée de l’homme?

On aimerait croire que tout ça est du passé mais, malheureusement, la dernière année nous a montré qu’encore aujourd’hui, aux États-Unis, les Noirs peuvent être abattus sans raison et en toute impunité par des policiers blancs. Même ici, au Canada, il existe toujours un racisme latent, moins violent certes, mais toujours présent. Voilà pourquoi, il faut encore commémorer l’histoire des Noirs, pour rappeler leur histoire tragique, mais aussi leur apport majeur au développement de l’humanité.

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Dans les deux cas, la réponse est la même : pendant des siècles, les Noirs, comme les femmes, ont été opprimés, marginalisés par les hommes blancs. Leur consacrer un mois ou une journée n’est qu’une façon de rappeler ces injustices et de rétablir leur place dans l’histoire… Commençons par rappeler quelques faits. Les concepts de race, blanche ou noire, sont une absurdité. D’un point de vue scientifique, chez l’être humain, les races n’existent pas, un point c’est tout. Jusqu’au début des années 1500, la couleur de la peau ou le mot race ne sont jamais utilisés pour définir un individu ou un groupe. Par exemple, au MoyenÂge, l’empire du Mali, en Afrique de l’Ouest, était une des grandes puissances mondiales. Son Université, à Tombouctou, était l’une des plus célèbres du monde. Le même Mali, vers 1200, a envoyé une flotte de plusieurs navires en Amérique, et ce, des siècles avant Christophe Colomb! Les relations économiques et politiques entre l’Europe et l’Afrique étaient florissantes; personne ne parlait de Noirs, de Blancs ou de races!

C’est l’Église catholique qui, vers 1500, va déclarer, sous de faux prétextes bibliques, que les Noirs sont maudits par Dieu et qu’ils n’ont été créés par lui que pour servir d’esclaves aux Blancs. Ceci va servir à justifier la capture et l’envoi en Amérique de plus de 100 millions d’Africains à titre d’esclaves, où ils seront traités de façon horrible. Plus tard, au XIXe siècle, les Anglais en rajouteront, en inventant une pseudoscience, créant le mot race où, bien sûr, les Noirs seront la race inférieure et les Blancs, la race supérieure! Ces théories racistes seront en vigueur partout en Europe et en Amérique du Nord jusque dans la seconde moitié du XXe siècle. Aux États-Unis, jusqu’en 1968, les Noirs n’étaient pas considérés comme des citoyens. Dans tous les lieux publics, ils devaient céder la place aux Blancs.

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FÉVRIER, MOIS DE L’HISTOIRE DES NOIRS : POURQUOI?

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DOSSIER SPÉCIAL L’ASEPCOM, c’est l’association des étudiants et étudiantes au troisième cycle en psychologie communautaire de l’UQAM. Cette approche de la psychologie s’intéresse aux relations entre la santé des individus et les environnements sociaux dans lesquels ils évoluent. La psychologie communautaire mise sur la recherche en promotion de la santé mentale et la prévention des facteurs de risque pouvant nuire au bien-être. Nous utilisons les données probantes comme outil de changement social par l’implantation et l’évaluation de programmes, la formation et la consultation. La justice sociale, l’«empowerment», la psychologie positive et la lutte contre les inégalités sociales sont au cœur de notre démarche. L’itinérance faisant partie de nos préoccupations, nous voulons contribuer au déploiement du nouveau journal Le Portail. Encourageons les camelots, et longue vie au Portail!

Auteure : Marie-Ève Rioux Doctorants en psychologie communautaire de l’Université du Québec à Montréal (UQÀM), membres de l’ASEPCOM (Association des étudiantes en psychologie communautaire).

L’Amour méfiant Laurianne et Florence s’en vont prendre un café ensemble… - Hey Florence ! Qu’est-ce tu fais toi pour la St-valentin ? - Bah, pas grand-chose, c’t’une journée comme une autre… - Ben voyons une journée comme une autre… C’est la fête de l’amour, c’est la journée des amoureux ! Tu ne sors pas avec ton homme ? - Non, c’est déjà fini moi pis lui… Laurianne ça existe pu l’amour en 2016, les gens se rencontrent sur Tinder, ils se font du fun un temps sans s’attacher, puis, y se laissent comme on va porter nos chiens à la SPCA quand on est tanné. Les couples qui durent c’tais juste bon pour les autres générations, çà existe pu maintenant. - T’en don bin pessimiste ! Ça existe encore le grand amour, faut juste prendre le temps de le trouver. - Ouain, c’est comme chercher une aiguille dans une botte de foin. Non, quant à moi, t’as plus de chance d’entretenir une relation avec un chien pendant une dizaine d’années qu’avec un homme… - Ben non, moi mes parents sont ensemble depuis au moins 30 ans, ça existe des couples durables !

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RÉFLEXION Avec l’individualisation, l’émancipation des femmes et les changements aux motifs d’échec du mariage apportés à la loi en 1985, les individus sont de plus en plus indépendants et libres d’entrer en relation par désir et selon leurs sentiments sans que rien ne leur soit imposé. Les mariages de raison se font plus rares. Dans la jeune génération, ils sont nombreux à avoir eu pour modèle des parents divorcés. Leur définition de l’amour ne peut donc plus être celle d’un amour pour la vie éternelle pour le meilleur et pour le pire. Être en amour implique de montrer tant ses forces et meilleurs atouts pour courtiser un partenaire que son côté

vulnérable pour exposer ses besoins d’affection et de sécurité. Pour se montrer vulnérable, encore faut-il faire confiance. Ce qui n’est pas toujours facile lorsque l’on a connu des expériences négatives avec nos premières figures d’attachement. Encore plus, lorsque l’on a l’impression que les couples ne sont plus faits pour durer. Dans les relations durables, les partenaires savent très bien qu’il n’y a pas que du beau et apprennent à mettre parfois de l’eau dans leur vin pour passer au travers des moments plus difficiles. Maintenir une relation implique donc certaines responsabilités et quelques efforts pour le bien-être commun des individus.


Pour une grande majorité des jeunes de la rue, leurs relations antérieures avec leur famille d’origine sont teintées d’abandon, de négligence physique ou affective ou encore d’abus physiques et sexuels. Le fait d’avoir des donneurs de soins qui ne répondent pas aux besoins de l’enfant, laisse ce dernier avec une faible estime de soi comme étant un être humain ne méritant pas que l’on s’occupe de lui. Rompre les liens avec leurs parents inappropriés est donc une façon de s’adapter pour éviter de se blesser. Quitter tôt le domicile familial les rend donc à risque de se retrouver à la rue. Surtout lorsque le réseau social ou les services en place ne sont pas soutenants. Cette rupture est souvent paradoxale. Ils tentent de s’éloigner de leur parent pour se protéger, tout en maintenant un certain contact difficile à rompre définitivement. Parce qu’au fond, ils aimeraient tant que la relation soit différente. Ces jeunes peuvent avoir tendance à transférer cette méfiance dans les autres relations interpersonnelles qu’ils entretiennent. Entrer dans une relation amoureuse pour ces jeunes ravive leurs expériences antérieures où ils craignent de s’attacher à quelqu’un qui serait susceptible de les blesser, certains s’arrangent donc eux-mêmes pour provoquer la rupture ou tout détruire avant de se faire mal. Ils sont nombreux à se dire différents des autres personnes dans la rue et donc à éviter de créer des liens avec les autres itinérants pour empêcher que ces derniers ne profitent d’eux. Pour plusieurs d’entre eux, s’attacher à quelqu’un, c’est risquer d’y perdre une autonomie si durement acquise. Pourtant, dans les couples sains, chacun demeure indépendant et capable de construire son bonheur lui-même, mais choisit de se rejoindre pour alimenter une relation à deux où ils peuvent partager du plaisir à travers des projets communs.

Certains jeunes choisissent d’entretenir des relations instrumentales où l’amour n’est pas la principale motivation. C’est le cas lorsqu’ils établissent des relations intimes dans une logique de survie. Par exemple, certains s’assurent d’avoir quelqu’un à leur côté lorsqu’ils dorment pour les protéger. Ces relations permettent d’échanger leurs ressources comme la nourriture, l’argent ou les trucs de survie dans la rue. Certains jeunes utilisent les rapports sexuels en échange d’argent leur permettant de se procurer de la drogue. Plusieurs jeunes en situation d’itinérances maintiennent une vision idéale de l’amour. Principalement ceux qui sont impliqués dans la rue depuis moins d’un an. Ils s’estiment, toutefois, peu aptes à donner de l’amour soit en raison de leurs problèmes de toxicomanies ou encore en raison de leur situation précaire. En plus, ils ne se perçoivent pas attirants et capables de séduire. Ils ont honte de leur situation et estiment que puisqu’ils n’ont rien à donner, ils doivent d’abord se prendre en main et sortir de cette situation avant d’être en relation. Malgré tout, pour quelques jeunes s’engageant dans des relations romantiques saines. Le désir de devenir une meilleure personne peut les inciter à réduire leur consommation de drogue, augmenter leur estime de soi, réduire leurs comportements hostiles et les motiver davantage à quitter la rue. Les jeunes qui se disent en couple insistent sur l’importance de la réciprocité et l’acceptation de l’autre.

Une autre forme d’amour qui incite à devenir meilleur :

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Le besoin inné d’affiliation de l’être humain peut avoir des effets bénéfiques lorsqu’il est réciproque. Quand on est méfiant, il est difficile de s’engager dans une relation. Il est probablement plus facile dans ce cas-là, de donner son amour à un être capable de le rendre sans jamais rien attendre en retour. Qu’en est-il de la relation que certains jeunes entretiennent avec leur animal de compagnie dans la rue ? Pour la plupart des itinérants ayant eu un animal, cette rencontre fut bénéfique. Ce lien permet de s’attacher, de se sentir apprécié et nécessaire à la survie d’un être qui les aime de façon inconditionnelle. Pour plusieurs,

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Parmi ceux qui entretiennent des relations amoureuses en contexte de rue, certains rapportent qu’elles ont accentué leur sentiment d’exclusion et leur consommation de drogue. Ces relations peuvent être associées avec les relations sexuelles non protégées, l’anxiété et la dépression, le stress, des tentatives de suicide et de la violence psychologique et physique.

Différents types de relations possibles dans la rue :

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L’amour en contexte de rue :


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ce fut l’occasion de prendre certaines responsabilités en acceptant de faire quelques sacrifices pour le bien-être de leur bête. Ce faisant, certains cessent de consommer ou réduisent leur consommation pour investir cet argent dans la nourriture pour leur chien. D’autres choisissent de quitter une relation amoureuse teintée de violence. D’autres font des promesses à leur chien concernant un comportement qu’ils veulent changer et croient que lorsqu’ils dévient leur chien leur communique à travers ses mimiques. La présence d’un animal dans la rue permet également de briser la solitude et de favoriser l’échange et les contacts sociaux avec les autres. Ainsi, bien que ces jeunes soient capables d’amour fusionnel avec un animal et fassent des efforts pour son bien-être, ce type de relation s’avère moins risqué en contexte de rue qu’avec un être humain.

Comment vaincre la méfiance?

Pour se sentir digne d’être aimé, encore faut-il s’aimer soimême. Pour ses jeunes à l’estime de soi fragilisée, c’est à travers des relations sociales valorisantes et de confiance que cette estime peut se reconstruire. Ainsi, si chacun d’entre nous prenait le temps d’être à l’écoute de l’autre, de valoriser ses propos, d’accorder de l’importance à ce qu’il fait de bien et de le soutenir dans ce qu’il entreprend, on pourrait bâtir un monde de considération pour les autres, briser l’individualité et contribuer à augmenter l’estime de soi de ceux qui nous entourent. De plus, cela

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En conclusion, l’itinérance se caractérise par une rupture de liens à tous les niveaux. Ceux qui s’y retrouvent ont dû fuir des relations malsaines tout en étant abandonnés par le système social en place et privés du soutien de leur famille élargie. La multiplication des ruptures et le manque de confiance en soi contribuent à la méfiance des relations que les jeunes nourrissent. Il n’est pas sans rappeler que cette génération connaît déjà des changements sociaux redéfinissant les relations amoureuses et écartant la notion de l’amour éternel. Ils ne sont pas les seuls à se méfier d’entrer en relations. En fait, il n’est pas nécessaire de vivre en contexte de rue pour avoir de la difficulté avec les relations amoureuses. Nombreux sont les jeunes d’aujourd’hui à multiplier les rencontres de courte durée et rares sont ceux qui entretiennent des relations durables. Pourtant, tous ont la capacité d’aimer et de bâtir de belles relations amoureuses. La plupart entretiennent un idéal amoureux à atteindre, il ne leur manque que l’occasion d’avoir de bonnes conditions pour s’investir dans une relation et de se faire assez confiance pour risquer d’exposer leur amour et leurs besoins affectifs.

Références :

Exergue :

Blais, M., Côté, P. B., Manseau, H., Martel, M., et Provencher, M. A. (2012). Love without a home: a portrait of romantic and couple relationships among streetinvolved young adults in Montreal. Journal of Youth Studies, 15(4), 403-420.

There was a time When I was so broken hearted Love wasn’t much a friend of mine The tables have turned, yeah Cause me and them ways have parted That kind of love was the killin’ kind Now listen All I want is someone I can’t resist I Know all I need to know by the way that I got kissed

Côté, P. B., Blais, M., Bellot, C., et Manseau, H. (2013). Des expériences affectives et sexuelles en situation de rue. Criminologie, 46(2), 243-261.

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permettrait de servir de modèle de relation de confiance. Ce n’est qu’en gagnant une estime de soi et en faisant des rencontres chaleureuses que ces jeunes pourront tranquillement tenter d’exposer leurs vulnérabilités et leurs besoins dans les relations plus intimes.

Delahaie, P. (2015). Comment s’aimer toujours, Les 7 piliers du bonheur à deux. (Leduc.s Éditions). Irvine, L. (2013). Animals as Life changers and Lifesavers Pets in the Redemption Narratives of Homeless People. Journal of Contemporary Ethnography, 42(1), 3-30. Lussier, V., et Poirier, M. (2000). La vie affective des jeunes adultes itinérants : de la rupture à la hantise des liens. Santé mentale au Québec, 25(2), 67-89. Lussier, V., Poirier, M., Letendre, R., Michaud, P., Morval, M., Gilbert, S., et Pelletier, A. (2002). La quête au cœur de l’absence: les réseaux relationnels de jeunes adultes itinérants. Revue québécoise de psychologie, 23(3), 79-103.

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Itinérance

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Par : Christian Gosselin

Sortir l’itinérance de l’anonymat Vivre en situation d’itinérance en février demande incontestablement un degré prononcé de défaitisme. Vivre avec l’image de soi-même d’un incompétent, d’un pas pareil, d’un intrus, d’un rejet, d’un bon à rien même, sans espoir qu’un jour je pourrais être accepté, accueilli dans mes forces maintenant aplaties et dans mes misères vide l’âme de cœur. L’image que vous vous êtes fait de moi, aujourd’hui j’y crois. Ce mois froid, dur et long me le rappelle encore davantage. Je vous vois à travers les vitrines de restaurants bien au chaud, en amoureux, le sourire aux lèvres et la joie au cœur, vous évitez mon regard. Je sais, je ne suis rien, désolé pour l’inconvénient que ça vous cause. Vivre en itinérance en février demande par contre une force inhumaine, une force vitale que vousmême, là-haut sur votre perchoir, avez. D’avoir la capacité de continuer à marcher, à chercher demande un désir profond que de quelque part d’encore inconnu jaillisse une lumière pour que moi aussi un jour je puisse enfin sourire dans une relative légèreté de l’être, et ce, malgré le désir sincère de mourir qui, parallèlement, m’habite. Vivre en situation d’itinérance en février me demande à moi de continuer d’avancer sans comprendre pourquoi, me demande de continuer de chercher sans même savoir ce

que je cherche, sans même savoir où ça me mène, sans même savoir pourquoi moi. Oui, pourquoi moi, pourquoi pas vous? Je n’en sais rien, c’est mon chemi; pourquoi je n’en sais rien, je le vis tout simplement. Croyez-moi, comme tout un chacun, je fais du mieux que je peux avec ce que j’ai, là où j’en suis, aujourd’hui. Vivre en situation d’itinérance demande une histoire, un tracé quelconque. Une série d’événements qui m’y ont amené avec une force telle que je n’ai pu faire autrement. Peut-être suis-je atteint d’une déficience mentale ou même sociale. Peut-être suis-je atteint d’une maladie émotionnelle, d’un mal de vivre qui prend sa source je ne sais où au point de me vider de tous sens à la vie. Peut-être suisje tout simplement muni d’une résilience moindre. Peut-être suis-je incapable Dessin : Katia Juhasz de surmonter les impacts que j’ai reçus coup après coup. Peut-être que je suis un pas pareil dans un monde où la standardisation est de mise. Peut-être que moi, la rentabilité et la performance, ce sont des choses avec lesquelles il ne peut y avoir de résonnance. J’ai essayé pourtant. Mon chemin est dur et pénible certes, mais c’est mon chemin, pas le vôtre, alors dites merci.

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Problématique connexe

parlons-en!! Par : Sophie Lafleur

Bonjour!! Dans le cadre de ma chronique de cette semaine, nous allons aborder un autre trouble de santé mentale, la phobie sociale. Le but de cette chronique est de vous informer de ce qu’est au juste la phobie sociale, et de démystifier ce trouble de santé souvent méconnu… La phobie sociale est l’un des troubles anxieux les plus fréquents. Il y a environ 750 0000 de Canadiens adultes qui en sont atteints. C’est une maladie qui touche plus de femmes que d’hommes. Elle se déclare habituellement durant l’enfance et l’adolescence. Elle débute rarement après 25 ans.

La Phobie sociale, c’est quoi? (http://www.fmm-mif.ca/) La phobie sociale consiste en une peur importante et persistante de diverses situations sociales ou de situations où une personne doit performer. Cette dernière s’inquiète de ses interactions sociales et craint de se retrouver dans des situations embarrassantes où elle pourrait être jugée, regardée, humiliée. Un patient souffre d’une phobie sociale lorsqu’il évite la plupart du temps les situations sociales. L’anxiété excessive et la peur du regard d’autrui sont souvent accompagnées par des symptômes physiques comme le tremblement, le rougissement, les palpitations et la transpiration. Cette peur peut conduire à éviter de se trouver ou d’agir en public, causer une détresse marquée et interférer avec la vie quotidienne de la personne affectée. Il est parfois difficile de faire une distinction entre la phobie sociale généralisée et la personnalité évitante, cette dernière se manifestant souvent dès l’enfance.

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Revivre : Association québécoise de soutien aux personnes souffrant de troubles anxieux, dépressifs ou bipolaires www.revivre.org Ligne d’écoute : (514) 738-4873 ou 1.866. REVIVRE

Le Portail de l’Outaouais - Février 2016 -

Si vous vous reconnaissez dans cette description, il serait important de consulter un médecin. Il existe plusieurs traitements qui peuvent aider à atténuer les symptômes de la phobie sociale. Nommons principalement : le fait d’améliorer ses habitudes de vie (sommeil adéquat, meilleure alimentation, rechercher un équilibre entre travail, repos et loisirs, faire de l’exercice régulièrement, éviter nicotine, caféine, alcool, etc). La psychothérapie, la médication, les techniques de gestion du stress et certaines approches complémentaires donneraient également de bons résultats dans le traitement de ce trouble. Il existe plusieurs ressources qui peuvent venir en aide aux personnes atteintes et à leurs proches. Au bas de la page en figure une qui possède un numéro sans frais. Merci de votre intérêt, porteur d’espoir. :)

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La phobie sociale,


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RÉTABLISSEMENT

Le rétablissement ne se bouscule pas Par : Christian Gosselin

ussent o p e n s r Les fleu vite, s u l p i n pas mieux ire dessus. ’on t l i s e m ê m

Se relever d’une simple grippe, aussi maligne soit-elle, demande du temps. Le corps travaille avec acharnement à guérir, travaille incessamment à se rétablir des abus et de la négligence qu’on lui inflige. Se rétablir physiquement demande un travail intérieur qui nécessite patience, lâcher-prise et espoir. Cela est aussi vrai, sinon plus, pour le rétablissement émotionnel ou d’une dépendance, un travail intérieur. Le travail doit être fait respectueusement, selon le rythme naturel de la Vie. Tout comme le rythme naturel de la Vie qui régit nos corps, nos astres et nos saisons. Les lois sont les mêmes, visibles ou invisibles. Ce sont les lois universelles. Les fleurs ne poussent pas mieux ni plus vite, même si l’on tire dessus. Le rétablissement ne se prédit pas non plus. Croyez-moi, dans l’heure qui a précédé mon éveil soudain, vous n’auriez pas parié sur moi. Ce fut l’heure la plus sombre et certainement la plus pénible de mon existence charnelle. Certains se tiennent au

bord de la porte prêts à traverser et ne le font jamais alors que d’autres semblent si loin et la traverse soudainement, comme par magie. Ce fut mon cas. Il faut croire, croire et espérer, essayer sans cesse avec insistance, ardeur et conviction que tout a un sens, même si ce n’est pas évident par moments. Il faut creuser creux, plus creux que le creux qui nous fait tant souffrir et ça, je crois, c’est vrai pour chaque être humain qui cherche avant tout à être heureux. Que fait-on quand un être humain tombe malade, physiquement ou psychologiquement? On le soigne, on l’accompagne dans son rétablissement parfois difficile et surtout trop long. Pourquoi serait-ce différent avec nos malades de l’âme? Le rétablissement ne se bouscule pas, il se nourrit.


MODE DE VIE SAIN Par : Marie-Claude Bénazet

Le mois de février est souvent associé à l’amour. Que c’est donc beau ça l’amour! Ce sentiment chocolaté, fiévreux, réconfortant, épeurant, mmmm l’amourrrrr quoi! Est-ce bien de cela qu’il s’agit?

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Pour terminer, comment faire le lien avec le titre de cette rubrique de mode de vie sain? Il me semble que c’est nécessaire d’arrêter un peu notre cinéma intérieur et de mettre un peu d’ordre dans notre cœur (c’est l’aspect hygiénique) pour enfin parler un peu plus d’amour…

Le Portail de l’Outaouais - Février 2016 -

L’autre fois, ma bonne amie s’est exclamée : « Mais je l’aime tellement!!! » en parlant de son amoureux avec qui elle entretient une relation plutôt passionnelle. Elle ne peut plus se passer de lui tellement elle l’aime et pourtant elle scrute ses moindres paroles de peur d’y entendre le moindre reproche, elle passe au peigne fin ses moindres petits texto, même les plus insignifiants. « Est-ce que tu crois qu’il m’aime encore??? » Ah lala! C’est fatigant l’amour si c’est cela. Et bien, j’ai envie de mettre un petit grain de sable dans l’engrenage de Valentin. Mon grain de sable prend la forme de la question « Mais c’est quoi au juste l’amour???. » En français, nous avons un seul mot pour désigner l’amour. On dit j’aime ma mère de la même façon qu’on dit j’aime les asperges, j’aime Dieu ou j’aime le fuchsia. En grec, il existe plusieurs manières de dire l’amour. Il y a le mot « pornéïa » qui représente l’amour du bébé pour sa mère, c’est-à-dire qu’il la mange, qu’il l’intègre ou qu’il la consomme. Il y a l’amour « eros ». C’est l’amour de la beauté, l’amour de l’autre qui est désirable et inaccessible, que l’on ne peut consommer. Il y a aussi le mot « philia », l’amour de l’autre en tant qu’autre ou l’amitié en d’autres mots. Finalement, il y a « agapè », l’amour gratuit, qui donne sans rien attendre en retour, l’amour sans condition. C’est l’amour divin, l’amour de Dieu pour sa création, l’amour des parents pour leurs enfants. Peut-être que ce mois-ci nous pourrions nous arrêter un peu et penser à ce que peut bien vouloir dire ce mot amour dans notre propre vie. Pour ma part, je réalise que je souhaite regarder chacun avec la même ouverture que lorsque je regarde mes enfants. L’amour peut ressembler à un espace qu’on laisse à l’autre à

l’intérieur de soi. Est-ce que je suis prêt à laisser à cette personne l’espace d’être qui elle est? Est-ce que je suis prêt à accepter les travers de cette personne sans la juger, sans la condamner par un verdict sans appel??? C’est si vite fait, vite jugé, vite condamné… Le petit juge ment à l’intérieur de ma tête et il est prétentieux, obtus et au fond, il est aveugle. Tout cela pour en revenir à mes histoires personnelles. Mon standard d’amour pour mon conjoint, mes sœurs, mes amis, c’est de laisser la même liberté, le même espace d’être qui il est, que comme parent aimant, je laisse à mes enfants. Est-ce que c’est facile? Euh… c’est certainement plus vite dit que mis en pratique. Heureusement que lorsque je suis un peu perdue dans mes histoires émotionnelles ou de cœur, je peux toujours me replier sur la règle d’or « Ne fais pas à autrui ce que tu ne voudrais pas qu’il te fasse » ou bien, dit autrement « Fais à l’autre ce que tu voudrais qu’il te fasse ». Si cette maxime trouve sa résonnance dans de nombreuses cultures à travers le monde, c’est qu’elle doit toucher à quelque chose de profond et de vital à l’intérieur de nous. Vous avez certainement déjà entendu cette maxime, mais vous êtes-vous arrêtés pour l’écouter vraiment? Attention, c’est très épeurant au fond. Lorsque je l’écoute vraiment, je vois que cela change tout. Par exemple, cela met à l’épreuve mon attitude inconsciente qui demande constamment à l’autre de me donner des marques d’affection. Si j’en prends conscience, je réalise qu’intérieurement je m’étais figée dans une posture d’attente de marque d’affection et que moi, je n’en donnais pas des marques d’affection lorsque j’étais dans cette posture-là… Lorsque je me réveille un peu de cette torpeur, je réalise que cette chose si désirable que j’espère constamment de l’autre, c’est à moi à l’offrir!

Participer à la guérison des maux de ce monde, plutôt qu’à sa maladie.

De l’amour, l’hygiène et le cinéma


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2016

Participer à la guérison des maux de ce monde, plutôt qu’à sa maladie.

Les billets de C

Le pouvoir des câlins

Carole Verdon Auteure du roman Les désordres du cœur À la barre de son entreprise Les mots dans l’encrier lesmotsdanslencrier@gmail.com

« Il ne faut pas prendre le simple petit câlin comme anodin parce que depuis deux ans et demi, il y a au moins une quarantaine de personnes qui ont pleuré dans mes bras. J’étais là au bon moment dans leur vie. » (Olivier Blais, fondateur de La Brigade du Bonheur, de l’Amour et de la Paix).

Donner un câlin à quelqu’un, c’est lui offrir un moment où l’on s’investit à 100 % et où l’on sait que l’autre personne fait la même chose. Prendre quelqu’un dans ses bras, c’est lui donner une bouffée d’amour et de l’amour, on n’en a jamais assez. C’est aussi une façon de combattre la solitude, de réduire le stress et de démontrer à quelqu’un qu’il compte pour nous. (Anne Costisella, mamanpourlavie.com)

sentiment de bien-être et de la motivation; • Stimuler l’endorphine et la sérotonine, lesquelles apportent du plaisir, annulent la tristesse et améliorent l’humeur; • Apaiser, rassurer et générer une sensation de bienêtre.

A qui avez-vous fait un câlin aujourd’hui ? A qui avez-vous demandé un câlin aujourd’hui ? Nous avons tous besoin de tendresse et de chaleur humaine. De façon naturelle, nous prenons les bébés dans nos bras car nous savons qu’ils ont besoin de contact physique, de chaleur et de réconfort. L’être humain est un être de relation. Être touché est un besoin essentiel et existentiel pour le bien-être, la santé et la survie même. Le toucher est un besoin élémentaire de l’être humain, de la naissance jusqu’en fin de vie. Parce que les vertus des câlins sont infinies, la psychologue clinicienne Céline Rivière a même forgé le terme de câlinothérapie et écrit un livre intitulé : La câlinothérapie, une prescription pour le bonheur. La durée moyenne habituelle d’un câlin entre deux personnes est de 3 secondes. Mais les chercheurs ont découvert que lorsqu’un câlin dure un minimum de 10 secondes, il produit des effets thérapeutiques sur le corps et sur l’esprit. Les câlins aident entre autres à : • Réduire l’hypertension et à prévenir les risques de maladies cardiaques ; • Libérer l’ocytocine (l’hormone du bonheur), l’hormone anxiolytique et anti-stress par excellence, qui réduit la tension musculaire, équilibre la pression sanguine et le cœur. Elle est libérée tout particulièrement quand nous nous serrons dans les bras; • Faire chuter le taux de cortisol (l’hormone du stress); • Combattre le stress et éviter les dépressions; • Stimuler le thymus. La légère pression exercée sur le sternum et la charge émotionnelle créée stimulent la glande thymus en aidant à notre immunité; • Stimuler la dopamine, laquelle est responsable du

Les câlins, un besoin. Qu’il s’agisse du mouvement international des Free Hugs, de la journée internationale des câlins (21 janvier), de la câlinothérapie, des services de câlins, de l’association Embracing the World, dont sa fondatrice Amma, une femme indienne, parcourt le monde pour distribuer des câlins, ou encore de La Brigade du Bonheur, de l’Amour et de la Paix fondée par Olivier Blais le 1er janvier 2013, lequel a donné plus de 160 000 câlins gratuits depuis ce jour, on assiste à un besoin de tendresse, de chaleur humaine et d’amour inconditionnel. Février, c’est le mois de la santé du cœur, quelle coïncidence, puisque les câlins aident à réduire l’hypertension et à prévenir les risques de maladies cardiaques. En plus, recevoir un câlin, c’est être touché en plein cœur, et en donner un, c’est ouvrir son cœur. En terminant, je ne peux pas m’empêcher de penser à tous ceux et celles qui vivent l’itinérance et qui sont vulnérables. Eux aussi ont besoin de réconfort, d’une présence rassurante et enveloppante. À eux aussi, un câlin de dix secondes par jour ferait beaucoup de bien. Qui le fera?


HISTOIRE RÉGIONALE

JOS MONTFERRAND : L’HOMME ET LA LÉGENDE Tout le monde à Hull connait sûrement l’édifice Jos-Montferrand, où l’on retrouve le Palais de Justice, ainsi que la plupart des bureaux du gouvernement québécois. Mais qui était ce personnage, qui est aussi devenu la mascotte du nouveau club de football d’Ottawa? En fait, son nom est connu dans toute l’Amérique du Nord; c’est une des légendes les plus célèbres du Canada français. Mais c’est une légende qui a vraiment existé et qui a marqué l’histoire de la région.

Il faut savoir qu’à cette époque, l’Outaouais est vraiment le Far West du Québec! C’est un monde exclusivement masculin, sans véritable institution légale, un monde de violence où la force physique est la seule loi en vigueur. Dans ce contexte, Montferrand devient rapidement une célébrité locale! D’autant plus que son arrivée coïncide avec le début de la Guerre des Shiners, un conflit extrêmement violent qui durera jusqu’en 1840 et qui oppose les bûcherons canadiens-français aux Irlandais

Compte tenu de sa force, Jos Montferrand devient rapidement le leader des Canadiens-Français, alors qu’Andrew Leamy joue un rôle semblable pour les Irlandais. Un des exploits qu’on attribue à Montferrand est alors d’avoir battu, à lui tout seul, 150 Irlandais qui l’avaient attaqué sur le pont Des Chaudières; ce sera le début de sa légende! La rumeur de ses exploits, réels ou imaginaires, se répand alors rapidement dans tout le Québec et même à l’extérieur. Mais si l’on parle beaucoup de ses exploits physiques, on oublie souvent de mentionner le fait qu’il a aussi utiliser sa réputation pour mettre sur pied une caisse de secours pour aider les familles des bûcherons ou des draveurs morts au travail, ce qui était très fréquent. Il se retire finalement en 1857 et retourne à Montréal dans sa maison de la rue Sanguinet où il mourra en 1864, à 61 ans. Sa descendance semble avoir hérité de sa force, alors qu’un de ses petits-fils se fera un nom comme boxeur au début du XXe siècle. Son histoire fait définitivement partie du patrimoine québécois; plusieurs livres ont été écrits sur ces exploits, réels ou fictifs. Gilles Vigneault en a fait le sujet de l’une de ses chansons les plus connues. Alors, la prochaine fois que vous passerez devant l’édifice qui porte son nom, ayez une petite pensée pour lui qui a marqué l’histoire de l’Outaouais et du Québec.

Le Portail de l’Outaouais - Le Septembre Portail de2015 l’Outaouais - Numéro - Février promotionnel 2016 -

Commençons par présenter l’homme derrière la légende. Son vrai nom est Joseph Favre, dit Montferrand. Il est né à Montréal le 25 octobre 1802, dans une famille d’hommes et de femmes connus pour leur force. À 16 ans, il mesurait 6 pieds et 2 pouces, une grandeur exceptionnelle pour l’époque et sa force en faisait la vedette du quartier. Jusqu’en 1827, il se promène entre Montréal et Kingston en occupant différents emplois, dont celui de charretier. C’est alors qu’il arrive en Outaouais où l’industrie du bois est en pleine expansion. Et c’est là que va naître sa légende.

dans une véritable guerre où tous les coups sont permis pour protéger leurs emplois. Les patrons encourageaient ces bagarres puisqu’ils en tiraient avantage!

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Par : Roger Blanchette

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Le Portail vous présente...

La soupe, ça se partage!

Aliment de réconfort par excellence, la soupe est au menu partout sur la planète. Elle mijote sur des feux de bois et dans les marmites des grandes cuisines du monde. La soupe est l’aliment universel qui réchauffe, qui guérit et qui console. La soupe est un symbole de solidarité qui sert de prétexte aux rapprochements entre les gens, les cultures et les générations. Pour ces raisons, Catherine Giguère et Jean-Pierre Maheu, de vrais fanatiques de la soupe, ont créé un organisme sans but lucratif : LA SOUPE SOLIDAIRE. Bien avant sa création, ses fondateurs s’occupaient à cuisiner de la soupe et la distribuer gratuitement lors d’activités publiques telles que la Nuit des Sans Abri, corvées de coopérative, et des manifestations sous les bannières « Un peu tarte » et « Soupe dans la rue ». Ils ont même été menacés d’arrestation par la police pour donner de la soupe dans le stationnement d’un restaurant McDonald de Gatineau. « La mission de la Soupe Solidaire est de favoriser l’inclusion sociale et la saine alimentation en organisant des activités communautaires et éducatives, centrées sur la production et le partage de soupe. »

Sa raison d’être est d’utiliser la nature conviviale de la soupe comme prétexte pour briser l’isolement social, créer des liens et favoriser le rapprochement entre les cultures et les générations tout en dégustant un aliment sain et réconfortant. Pour réaliser sa mission, la Soupe Solidaire organise des activités de production et de partage de soupe pour offrir des occasions de rapprochement entre des citoyens, des bénévoles, des intervenants et des organismes communautaires. Par sa simplicité, la soupe est une porte d’entrée facilement accessible, vers la saine alimentation pour tous. Pour réaliser nos objectifs, plusieurs personnes et organismes se sont joints à la Soupe Solidaire pour créer une équipe dynamique, riche de compétences et d’enthousiasme pour nos projets. En 2015, avec l’aide de Natalie Plouffe et de Gilles Strasbourg de la Table des partenaires Wright et St-JeanBosco ainsi que Tina De Luca, la Soupe Solidaire a reçu une subvention de la Ville de Gatineau pour financer les activités de production de soupe. Avec ces fonds et avec l’aide de dizaines de bénévoles, la Soupe Solidaire a


Au total, il y a eu plus de 425 participants de tous âges et plus de 200 litres de soupe ont été servis pour le plus grand plaisir de tous. Des artistes, musiciens et amuseurs publics étaient sur place pour divertir les visiteurs. Lors d’une démonstration culinaire interactive de la Marmite Magique, une délicieuse soupe collective a été créée. Un atelier de graffiti a également été offert aux plus jeunes. Finalement la première édition de la Fête de la Soupe a dépassé nos attentes et nous souhaitons de tout cœur pouvoir recommencer en 2016. Sans le soutien de la Ville de Gatineau, des conseillers municipaux, de plusieurs entreprises locales et particulièrement la généreuse commandite du Resto Piz’za-za, tout cela n’aurait pas été possible. Pour 2016 nous savons déjà qu’il sera difficile de recevoir du financement public pour nos activités de soupe, il faudra trouver des ressources ailleurs et développer d’autres sources de revenus si nous voulons offrir les mêmes services qu’en 2015. En cette nouvelle année, nous souhaitons longue vie au Portail de l’Outaouais et nous encourageons tous les lecteurs et les lectrices à prendre du temps pour cuisiner en famille et avec leurs amis et pour partager ensemble une bonne soupe!

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Pour en savoir davantage sur nos activités et recevoir des nouvelles, aller voir notre page Facebook et cliquez sur J’aime. Bonne soupe!

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produit plus de 700 pots de soupe au Dépanneur Sylvestre pour ensuite les donner à des personnes vulnérables. Avant même la création officielle de l’organisme, le Dépanneur Sylvestre s’est engagé à nous fournir l’accès à sa cuisine et à ses locaux pour des rencontres. La TCFDSO nous a accompagnés en tant que fiduciaire et supporteur tout au long de l’année en faisant de la promotion et en participant à nos activités. Valérie Yobé, prof à l’UQO et présidente de la tribu grafik à la direction artistique, et Jasmin Morin au design graphique ont créé de magnifiques affiches et une identité visuelle pour la Fête de la Soupe ainsi qu’une image de marque originale et efficace pour nos délicieuses soupes. La plus importante activité de la Soupe Solidaire a sans doute été l’organisation de la première Fête de la Soupe de Gatineau qui a eu lieu le 19 septembre au parc St-JeanBosco. La Fête de la Soupe est une fête populaire inspirée des festivals de la soupe qui ont lieu en France et ailleurs dans le monde depuis des dizaines d’années. Pour la première édition de la FDLS de Gatineau, nous avons recruté 10 soupiers, professionnels et amateurs, qui ont préparé chacun un grand chaudron de soupe pour la faire déguster au public. Lors de la fête, les participants ont dégusté gratuitement des soupes préparées par les soupiers, et ont pu ensuite voter pour leur soupe préférée à l’aide d’un passeport. Les prix de la Louche d’Or ont été remis au restaurant La Belle Verte et aux Potagers à Partager des quartiers Wright et St-Jean-Bosco.


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PLACE AU CITOYEN

3 trucs pour survivre au trafic Dans une vie idéale, on marche, jogge, fait du vélo pour aller au travail. Dans la réalité de bien des gens, on prend la voiture. Voilà. Triste fait, mais fait quand même. Le trafic est souvent un incontournable, mais le stress, non. Voici donc quelques trucs inspirés du yoga qui rendront votre trajet plus zen. À lire à la maison (et à essayer pour vous en souvenir?) et non en conduisant… Vous vous en doutiez : respirez. Il y a de ces phrases qu’on a entendues des millions de fois et qu’on écoute à peine. Pourtant, vous pensez bien respirer, mais c’est faux. À la venue d’une situation agaçante, le souffle raccourcit automatiquement. Votre cerveau a besoin d’être oxygéné. Plus concrètement : 1Observez votre corps : êtes-vous assis au fond et au centre de votre siège? Relâchez la mâchoire, vérifiez si les sourcils sont froncés. Déposez les épaules, éloignez-les des oreilles. Secouez la tête. 2Essayez la merveilleuse respiration Ugayi, elle a changé ma vie : bouche fermée, faites sortir l’air par la gorge (la glotte plus précisément). Vous devriez entendre un son de sifflement, on dit parfois de vent ou de vague (à -26 degrés et dans une voiture, les analogies de plage sont toujours efficaces). Comme si vous vouliez embuer un miroir, mais la bouche fermée. Répétez. (Si votre

respiration est forcée et inefficace, essayez ceci : inspirez jusqu’à 4, expirez jusqu’à 6. Inspirez jusqu’à 5, expirez jusqu’à 7. Inspirez jusqu’à 6, expirez jusqu’à 8. Revenez à la respiration naturelle). 3Mille fois plus lentement que vous le feriez normalement, inspirez et allongez votre colonne, expirez et penchez doucement la tête vers la droite. Inspirez et laissez la tête revenir au centre, expirez, faites une pause. Répétez à gauche. 4Inspirez profondément, expirez la bouche ouverte et faites : aaaaaaaaah bruyamment (demandez à votre voisin de le faire avec vous? Si vous avez l’air fou, blâmezmoi). Vous sortez ainsi l’air stagnant des poumons. Magique, vous verrez. On le fait souvent en signe de découragement; faites-le pour le soulagement. Écrivez-moi sur la page Facebook : www.facebook.com/studiotonyoga pour me dire si ça fonctionne pour vous! Bonne chance dans votre expérience, allez-y avec ouverture d’esprit. Comme dans tout… Allez sur le site Tonyoga.com pour ma réponse à l’article de Cosmopolitan : 10 moments gênants au yoga. Par : Marianne Ouellet Directrice et professeure de Ton Yoga, 69 Eddy 819-665-7199

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J’ai su très jeune que je ne cadrais pas dans ce qu’on m’offrait comme mode de vie. J’ai compris assez vite que la carotte qu’on nous tend au bout du nez ne suffirait jamais. Comme tout adolescent, j’étais en révolte, mais quelque chose au plus profond de mon être me disait qu’il devait nécessairement y avoir mieux. J’ai travaillé très fort à le trouver, et longtemps. J’ai beaucoup souffert. Je l’ai cherché partout autour sauf là où il était : en moi. J’ai finalement trouvé ce que si désespérément, je cherchais : la droiture, la paix et le calme intrinsèques. J’apprends à les reconnaître, les toucher, j’apprends à les vivre, j’apprends à Être, malgré les vents contraires. Par : Chris Cross


m’évitaient, d’autres me fuyaient. Ma vie n’était plus que ma problématique. À chaque fois que je rencontrais quelqu’un, leur carnage ainsi que la durée ce celui-ci devenait le sujet principal. Ma visite potentielle devenait un cauchemar, un film d’horreur où le vampire risquait de les mordre voire d’être invité à demeurer chez eux. Chance pour moi, ma famille et certains amis réagirent différemment. Ma famille m’appela régulièrement pendant cette période et me permit de les appeler souvent, souvent. Une amie dédramatisa ma situation en m’expliquant que lors de son séjour en Bolivie, elle avait vécu parmi eux pendant des mois et que c’était la réalité de tous les villageois où elle habitait. Mes parents tentèrent l’impensable, m’héberger pour quelques jours. Les précautions nécessaires furent prises, tous les vêtements sécher à haute température et ne rien apporter d’autres. Ce séjour fut rempli de moments surprenants et a même rendu possible une réconciliation avec eux que je n’espérais plus. Enfin, une sage de ma famille me refléta que je comprendrais vraiment la réalité des gens exclus avec cette immersion. Et bien effectivement, pour la première fois de ma vie, je me suis sentie à ce point indésirable pour la société. Me sentant un danger potentiel pour les autres, de peur de les infester, je me suis renfermée sur moi-même. Cet élan était fort, à chaque jour je devais le repousser pour continuer à vivre normalement. En rétrospective, je tiens à vous partager ce que j’ai retenu de cette immersion. L’importance d’être soutenue par nos proches et de demander de l’aide pendant des épreuves, de prendre du recul, de voir comment s’est vécu ailleurs dans le monde, que des moments de grâce arrivent après et parfois pendant, la noirceur. Que l’exclusion sociale n’exclut personne et arrive sans que l’on s’en aperçoive. Ce qui m’a marqué de cette expérience est que notre regard est une arme alors qu’il peut être un réconfort. Que nous ne pouvons changer parfois ce qui arrive, à nous comme aux autres. Cependant, nous avons le choix de transcender nos préjugés afin de percevoir la personne derrière la situation quelle qu’elle soit. En terminant, je tiens à souligner mon empathie et mon immense respect face au courage journalier de ceux qui font face à ce fléau que ce soit une journée, un mois, une année voire des années. Le niveau de mon respect est proportionnel à la durée de cette exclusion. J’espère avoir passé ce cours, ouf !!! Un des plus exigeant de ma vie.

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Par : Persona non grata : statut temporaire

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Dernièrement, plus précisément cet été, j’ai suivi un cours en accéléré, une immersion dans un monde parallèle, celui de l’exclusion sociale. Cette immersion était et est toujours accessible à tous, sans exception. Les ateliers se donnent dans notre milieu de vie. Pas de matériel à acheter, mais plusieurs coûts supplémentaires non prévus durant l’expérimentation. Aucun préalable n’est requis, à part certaines compétences transversales dont un certain niveau de tolérance et un souci de développer ou plutôt de tester sa propre résilience. Pas besoin de s’inscrire, notre nom apparait sur leur liste à notre insu. Évidemment, c’était mon tour. Je tiens à préciser que je ne regrette en rien cette expérience mais à plusieurs reprises, j’avoue avoir souhaité les contacter pour qu’abandon apparaisse sur mon bulletin pour ce cours. Ainsi, tout a commencé par une visite pour revoir des amis dans la métropole dont je tairai le nom pour éviter de ternir sa réputation. À mon retour de ce court séjour, j’ai (pas si rapidement que ça) réalisé que j’avais offert gracieusement le transport à une famille. Cette famille est très, très, très connue. Les membres de celle-ci sont des vedettes locales, régionales, voire mondiales. Vous la reconnaîtrez sûrement par le seul fait qu’elle est un type de vampire et qu’elle adore les lits. La dite famille de bestioles a décidé de me remercier pour le transport clandestin en étirant le concept de mon hooospiiiiitaaaaliiiitéééé! Et voilà, tout était en place pour débuter mon expérimentation. Cette famille a tellement adoré son séjour, qu’elle a décidé de ne plus voyager et d’élire domicile fixe, chez moi. Ah…….non!!!! Ils ont installé leur campement dans ma chambre, ont invité leur famille proche et élargie à les rejoindre et ont même convenu que ce serait l’habitat de leur descendance. Mon hospitalité leur a permis de vivre en toute quiétude, alors qu’au plus profond de moi, JE NE SOUHAITAIS QUE LEUR DÉPART…. Cette visite inattendue s’avéra être la plus indésirable et détestable (toutes les belles-mères du monde ne peuvent compétitionner avec eux)! Cependant, malgré tous les désagréments liés à leur présence, leur arrivée ne fut pas ce qui m’affecta le plus, mais plutôt le regard différent que les gens portaient maintenant sur moi. Le seul énoncé de leur présence chez moi était suffisant pour déclencher un pas de recul, des yeux enflés, une ambiance glaciale. Peu ont eu des mots d’encouragement comme première réaction envers moi. Les gens chuchotaient à mon passage, certains

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À part de certains et pourtant si proche de l’autre.


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Que sont les Alcooliques anonymes ? Voici la définition des AA telle qu’elle apparaît dans les publications de base du Mouvement et qu’on entend répéter fréquemment dans les réunions de groupe des AA : Les Alcooliques anonymes sont une association d’hommes et de femmes qui partagent entre eux leur expérience, leur force et leur espoir dans le but de résoudre leur problème commun et d’aider d’autres alcooliques à se rétablir. Le désir d’arrêter de boire est la seule condition pour devenir membre des AA. Les AA ne demandent ni cotisation ni droit d’entrée; nous nous finançons par nos propres contributions. Les AA ne sont associés à aucune secte, confession religieuse ou politique, à aucun organisme ou établissement; ils ne désirent s’engager dans aucune controverse; ils n’endossent et ne contestent aucune cause. Notre but premier est de demeurer abstinents et d’aider d’autres alcooliques à le devenir. Copyright © by the A.A. Grapevine, Inc.; Traduit et reproduit avec autorisation


Participer à la guérison des maux de ce monde, plutôt qu’à sa maladie.

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Joyeuse Saint-Valentin ! Participer à la guérison des maux de ce monde, plutôtDEqu’à sa maladie. *****OFFRE SPÉCIALE DÉMARRAGE***** *****OFFRE SPÉCIALE DE DÉMARRAGE*****

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