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Journal de rue

À lire!

Deux nouvelles sections Elles (p. 9) et Derrière le bar (p. 20)

L’ENTREVUE Micheline Clément

Isabelle Regout

[ 4min33 : le silence qui nous écoute ]

APPEL AU MONDE DES AFFAIRES DE L’OUTAOUAIS!

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Numéro 13 Décembre 2016


Participer à la guérison des maux de ce monde, plutôt qu’à sa maladie.

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ÉDITORIAL Décembre. Comment parler ou même penser à décembre sans que Noël prenne automatiquement la première place ? D’ailleurs, Noël prend beaucoup de place dans nos préoccupations depuis déjà un bout de temps lorsque décembre arrive. Des plans pour Noël, qui reçoit pour Noël, est-ce que la maison a besoin d’un petit coup de pinceau avant le réveillon, les cadeaux à acheter obligatoirement sans oublier personne, que vais-je porter, les dépenses superflues, le tout vécu dans une abondance matérielle souvent indécente, deux mois de stress et d’extravagance artificielle pour une fête d’une seule nuit qui à l’origine prône d’abord et avant tout la spiritualité, la paix et la simplicité. De mon côté, comme je l’ai expliqué dans mes éditoriaux précédents, l’automne me prépare intuitivement à cette fête où on est censé glorifier la venue d’un message crucial à l’humanité, soit celui que la paix est possible sur terre et pour ce, qu’elle doit d’abord être nourrie en moi-même pour ensuite émaner vers autrui. Tout l’automne je suis attiré vers une intériorisation et une reprise de contact avec mon essence, l’origine même de ma croissance vers l’atteinte de mon authenticité la plus totale et la plus pure, progressivement vers une droiture le plus humainement possible, vers la paix. Ainsi, je me prépare à Noël où ce qui m’est demandé est d’accueillir ce qui est plus grand que moi, l’Amour inconditionnel qui régit la Vie, cette Présence de paix accessible à tous, à condition bien sûr que nous nous en sentions dignes. Ce Noël, puissions-nous tous ajouter à notre liste de corvées préparatoires à la fête de Noël une touche de simplicité, d’intériorisation et pour ceux qui osent, des petits moments de méditation afin de donner à ce Noël un reflet de spiritualité, ingrédient principal nécessaire, voire vital à notre rétablissement collectif. Changeons le monde, ensemble, un cœur à la fois… Christian Gosselin Éditeur

Joie-eux Noël.

SOMMAIRE

4 6 9 10 12

L’ENTREVUE

Micheline Clément

ACTUALITÉ - 1

Inclusion sociale. Vivre ensemble (Table ronde)

8

ACTUALITÉ - 2 Hier soir

ELLES

Il est facile de reconnaître une personne ayant des comportements violents

DOSSIER SPÉCIAL

Monsieur Laurent Pierre Cousineau-retraité bénévole

ITINÉRANCE et PROBLÉMATIQUES CONNEXES L’alcoolisme II

13 16 17 18 20

LE MOT DU CRIO

Le droit à un revenu décent

MODE DE VIE SAIN Écoute ton coeur

ART d’RUE

[ 4min33 : le silence qui nous écoute ]

LES BILLETS DE C Ouvrir les yeux...

DERRIÈRE LE BAR Le premier pas

21

PLACE AU CITOYEN

CAMPAGNE SOCIOFINANCEMENT : INFOGRAPHIE Notez que la campagne de sociofinancement pour le projet INFOGRAPHIE du Portail de l’Outaouais a été annulée. Elle sera remise en marche en temps opportun.


4 - Le Portail de l’Outaouais - décembre 2016

Participer à la guérison des maux de ce monde, plutôt qu’à sa maladie.

L’ENTREVUE

Micheline Clément Micheline Clément est une femme de cœur qui a consacré une vie entière à aider son prochain. En ce mercredi soir pluvieux, je la rencontre à la Résidence le Monarque à Montebello où, encore, elle consacre son temps bénévolement à accompagner les personnes en phase terminale. Une femme dont la force de l’âme est indescriptible tant elle est puissante et qui a toute une vie de servitude qui est, à elle seule, un message de vie bouleversant. Artiste de la vie, artisane de la mort. Née à la fin des années 1940, elle vit dans le village de Papineauville, sur une ferme qui était, la décrit-elle, autosuffisante face au défi de la pauvreté. Ils cultivaient, récoltaient, troquaient et travaillaient tous hardiment afin de pourvoir à leurs besoins. Famille de trois enfants, elle a été élevée avec le sens des valeurs profondes qu’elle résume ainsi : « Il n’y avait pas de grands discours chez nous. Mes parents prêchaient par l’exemple. » Elle a quitté à 15 ans pour aller étudier en tant que pensionnaire, à Hull, régie par la communauté religieuse à l’époque. Ensuite le collégial, bouclant très vite ses études, pour finir à l’Université d’Ottawa, en bibliothéconomie. Elle y a travaillé pendant toute la période de ses études. Le soir, c’était son baccalauréat en psychologie. C’est par la suite qu’elle a quitté la région pour entrer à son tour en communauté religieuse, à Joliette, avec les Sœurs des Saints Cœurs de Jésus et de Marie, pour une période de plus de 20 ans. « La seule discipline qu’on avait, c’était le travail. Et le travail, dans les petits milieux, avec les petites gens. Ce n’était pas un travail social, mais c’était très près des gens qui étaient pauvres. J’ai travaillé aussi dans les paroisses. Et entre les deux, j’ai fait ma théologie. J’ai appris qu’avec un peu d’organisation et de savoir-faire, il était possible de survivre à la pauvreté. » L’éducation reçue sur la ferme fut pour elle un guide pour remettre la paroisse sur la bonne voie. « C’est de remettre les responsabilités aux gens. C’est une façon de passer le flambeau. Je dis toujours que j’aurai parfaitement réussi ma mission lorsque je serai inutile, quand je n’aurai plus rien à faire. » Elle a ensuite quitté pour se rendre en Abitibi, où un tout autre défi l’attendait. « Je suis allée travailler dans les hôpitaux. À cause de mes formations, je pouvais accompagner les personnes en phases terminales. Et ça, il n’y a personne qui t’enseigne comment le faire. Tu te réfères à ton expérience de vie seulement. Je suis une personne qui a la foi

et qui a la pratique. S’assoir pour prendre le temps pour soi, car c’est ce que tu redonnes aux gens par la suite. Et la mort, ce n’est pas quelque chose qui est évident. Je l’ai connue à 23 ans avec la mort de mon frère dans un accident et j’ai fait l’expérience du deuil. Tu t’aperçois que tu as une vie physique, et comme je ne l’ai jamais senti aussi présent qu’après sa mort, tu réalises qu’il y a autre chose aussi. Pour chaque personne que j’ai accompagnée, pour leur famille, j’ai essayé de mettre des mots sur de l’inconnu qui est la mort. Et quand tu mets des mots sur de l’inconnu, tu repousses la frontière. Tu t’apprivoises tranquillement et tu laisses l’évènement te parler. J’ai tellement échangé que ça m’a donné toute une expérience de vie, Vie avec un grand “V”. J’ai accompagné 125 personnes par année pendant 22 ans et il n’y a pas une histoire qui se répète. Chaque famille est unique. Juste le fait d’écouter, les mots se marinent dans le silence; son expérience de vie à la tienne. Cela te fait une vie très pleine au bout du compte, même si tu n’as pas l’impression de faire grand-chose. Car moi, je n’ai rien fait. J’ai juste accueilli, tout le temps. Moi, j’ai appris l’accueil avec les gens de l’Abitibi. Je ne sais pas combien de personnes m’ont aidée lorsque je suis arrivée.


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pas qu’il va être heureux au bout de la ligne. Parce que le mal à l’âme s’inscrit dans le corps si tu n’es pas heureux. » « C’est aussi ainsi que les gens se ramassent à la rue, tout comme les personnes en soins palliatifs. Ils n’ont plus d’espoir en demain. Ils n’ont pas trouvé où être bien. En fait, ils n’ont trouvé que la rue. Et là, les besoins fondamentaux ne sont plus répondus. L’être humain décroche, car il ne se sent plus “pieds là”. J’ai beaucoup d’admiration pour ces gens, car… ils sont honnêtes. Ils ont refusé un système débordant de “s’emplir les poches”. Il faut revenir à la base si on veut les aider, avec les bonnes valeurs. Remets-les près d’eux-mêmes. Donne-leur les outils pour être autonome. Dans la simplicité, croire en soi, d’abord, car quand tu es dans un système dysfonctionnel, comment veux-tu avoir appris les bonnes valeurs? » Elle termine sur une philosophie de vie assez profonde. « On n’a pas tant de blessures que des cicatrices, en réalité. Il faut guérir. Toujours avec ce que tu es capable de faire. Se prendre en patience, dans un monde “instantané” où l’on crée les besoins non essentiels. Revenir à la base, parce que ces besoins ne font que t’enlever du temps pour toi. Laisse-toi plutôt habiter par une question et perfectionne-la tout le temps de ta vie. Parce que la réponse nous assoit et nous rend inertes. Si tu crois avoir compris la réponse, alors tu n’as rien compris. Car qui suis-je, d’où je viens, où je vais…? Le bonheur est dans la question. »

Participer à la guérison des maux de ce monde, plutôt qu’à sa maladie.

Jamais quelqu’un de l’Abitibi ne te laissera le long de la route. Alors, je me suis laissé apprendre tout le temps. Car la plus grande école que j’ai eue, c’est quand j’arrivais dans un milieu tout neuf et qu’il m’enseignait comment être et non comment faire. Une travailleuse sociale m’a déjà demandé comment je faisais pour accompagner autant de fins de vie à ce rythme. Je lui ai répondu que c’était simple : tu regardes et tu réponds à des besoins. Et quand tu pratiques cela, tu pratiques une chose spécifique : l’hospitalité. Se laisser déranger par... Ce que j’ai appris par les gens de l’Abitibi! » Devant toute cette philosophie de vie, je lui demande ce qu’elle proposerait pour régler certains problèmes sociétaires, tels que le décrochage scolaire. « Pas grand-chose. Ce que moi j’ai connu en fait. J’ai vu un reportage spécial justement qui touchait ce point. On prenait les jeunes décrocheurs et les amenait à la terre cultiver leur jardin. Et les jeunes avaient un intérêt. Ils les ont raccrochés à la vie. Peut-être pas à l’école, mais à la vie, point. Et c’est ça qui est important. Le savoir-être ne s’apprend pas à l’école. Car on vit dans une société que la réussite, c’est le diplôme, la bonne job. Mais est-ce la réussite humaine? La vraie réussite, c’est quand tu es capable de faire quelque chose, avec ta tête ou tes mains, peu importe… Que tu es heureux et que tu peux subvenir à tes besoins. C’est aussi simple que cela. Pour les problèmes d’apprentissage? Trouvez chez l’enfant son centre d’intérêt et qu’on le mette en état d’apprentissage. Inquiète-toi


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Actualité - 1

INCLUSION SOCIALE. VIVRE ENSEMBLE (Table ronde)

Par : Jean-Pierre Deslauriers

Source : Michel Gosselin

Le 3 novembre 2016, près de 75 personnes se sont rassemblées au chalet du Parc Moussette pour discuter de l’exclusion sociale et du vivre ensemble. Cette rencontre avait été organisée rapidement et les invitations avaient été lancées dans l’espace d’un mois. Cette rencontre faisait suite à une communication présentée au Forum social mondial qui s’est tenu à Montréal. À cette occasion, l’idée avait germé de réunir des représentants du monde communautaire de Gatineau pour discuter d’un thème semblable. Elle a été convoquée par des animateurs du Dépanneur Sylvestre et du mouvement l’Arche. À cette occasion, une dizaine de personnes ont été invitées à prendre la parole tour à tour, dont le maire de Gatineau, Monsieur Maxime Pednault-Jobin. Chaque participant était invité à répondre à quatre questions, mais chacun s’est senti libre d’improviser. Le but de cette rencontre était de trouver des points de convergence entre les groupes et de voir comment on pouvait aider à retisser le tissu social. Le premier invité à prendre la parole n’a pas manqué d’avancer que le réseau social et l’environnement social d’une personne sont les déterminants de la santé d’une personne. Or, nous avons prise sur ces déterminants : ils sont à notre portée. Il faut donc faire en sorte que la personne vulnérable puisse trouver dans la communauté l’appui dont elle peut tirer profit pour se tirer d’affaire. Il faut miser sur une vie active, il faut avoir des amis. C’est dans cette direction que doivent s’orienter les nouveaux services sociaux. S’il y a innovation, elle doit avoir une nouvelle valeur, et plus

collective qu’individuelle. Cependant, cette réorientation ne se fait pas rapidement : lorsqu’on travaille avec la personne et la communauté, il faut compter sur le temps long. Naturellement, le premier magistrat de la Ville a pris la parole, il n’a pas manqué d’enfourcher son cheval de bataille, soit la multiplicité de fonctions que les villes doivent assumer malgré une fiscalité dépassée qu’il faut réformer. Des participants n’ont pas manqué de lui poser toutes sortes de questions qui dépassaient le cadre du colloque! Toutefois, sa première remarque s’adressait aux groupes communautaires en général. D’entrée de jeu, le maire a dit que chaque semaine, il était invité par le secteur privé (autrement dit le milieu des affaires) à assister à une réunion, une rencontre, pour échanger et discuter. Or, il ne reçoit jamais d’invitation du milieu communautaire, et cette rencontre est la première depuis longtemps. «On est influencé par ceux qu’on rencontre, vous savez», fait remarquer le maire avec raison. Il fallait entendre :«Invitez-moi donc de temps en temps vous autres aussi!» Il faut se rappeler que dans une vie antérieure, le maire était délégué par l’Agence de la santé et des services sociaux pour faire le pont avec les groupes communautaires. C’est une suggestion pour l’avenir et il est à espérer qu’elle ne tombe pas dans l’oreille d’un sourd. Le professeur Dominic Foisy a fait ressortir un concept important en organisation communautaire, soit celui de capital social. Le capital social a trait à la qualité de la citoyenneté. En effet, son


Toutefois, il est impossible de s’exclure de sa société : c’est même le contraire! Un pauvre n’est pas exclu : il est forcé de vivre à la marge. Par exemple, un travailleur qui reçoit le salaire minimum demeure pauvre, même en travaillant à plein temps. De plus, on impose aux plus pauvres des règles auxquelles les autres ne sont pas astreints. Un riche se conduit comme un riche et on ne lui demande pas de faire autrement. Au contraire, Putnam avait appliqué son concept en Italie en comparant le un pauvre doit bien parler, tout comprendre, y compris les nord et le sud. De retour aux États-Unis, il a découvert la solitude sociologues qui parlent de lui, avoir de saines habitudes de des citoyens, la faiblesse des associations et des réseaux vie, surveiller son alimentation. Une personne qui reçoit de sociaux, et la diminution de l’engagement des citoyens dans l’assistance sociale est considérée comme un fardeau pour la leur société. De ce point de vue, les observateurs des élections société; le riche entrepreneur qui reçoit une juteuse subvention américaines font ressortir le cynisme des citoyens et leur colère est vu comme un actif, même si son entreprise fera faillite. Deux envers leur élite. Ils ne croient pas trop dans ce qu’on leur dit, poids, deux mesures. C’est aussi ce qui scandalise les ouvriers sauf dans les promesses d’un invraisemblable candidat. Cette américains : ils ont perdu leur travail, leur maison, et ils n’ont attitude démontrerait la faiblesse du capital social dans la pu récupérer ce qu’ils ont perdu depuis 2008. Au contraire, société américaine. les riches actionnaires continuent de se payer des primes plantureuses, et parfois au détriment de leur entreprise. Daniel Saint-Jean s’est attardé à traiter du contraire de l’inclusion, soit l’exclusion. Ce concept maintenant de moins en Je n’ai pu assister à toute la réunion mais le débat a été moins utilisé a connu son heure de gloire il y a une vingtaine intéressant. On ne sait pas ce qui peut sortir d’une telle réunion. d’années. L’exclusion attirait l’attention sur les travailleurs Cependant, chaque fois que des citoyens se réunissent pour éjectés du marché du travail avec peu d’espoir de le réintégrer. discuter de l’état de leur société, ce n’est pas perdu.

Le Portail de l’Outaouais - décembre 2016 - 7

Source : Michel Gosselin

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auteur, Putnam, a démontré que des citoyens instruits, critiques, curieux de leur société et de leur vie sont plus portés à s’engager dans la vie sociale. C’est un gage de la stabilité démocratique et de progrès social. Lorsque l’engagement civique est plus élevé, la société est mieux organisée parce que les citoyens influencent les institutions et les aménagent selon leurs besoins.


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Actualité - 2

Hier Soir Par : Sara Hélène Dubé (étudiante)

Hier soir, j’ai participé à la Nuit des Sans‑Abris (NSA) de Gatineau 2016. J’ai apprécié l’ambiance d’esprit communautaire qui y régnait-il n’y avait pas de distinction entre classes sociales. Il y avait de la nourriture gratuite pour tout le monde, organisée par la Soupe Solidaire de Gatineau, et c’était un exemple de comment on devrait vivre en société à tous les jours. Tout le monde était bienvenue. Pour ceux qui en avaient besoin, il y avait aussi des kiosques qui donnaient des articles ménagers nécessaires – vêtements chauds pour l’hiver qui s’en vient, produits d’hygiène corporelle. Il pleuvait et il faisait froid. On m’a expliqué que la NSA a lieu toujours au mois d’Octobre, car il est probable que la température sera désagréable. C’est pour rendre hommage aux personnes qui sont dehors même si la température est pénible. Malgré cette température, j’ai eu chaud au coeur. J’ai fait le tour des kiosques et je me suis renseignée sur ce qu’ils faisaient. J’ai rencontré des membres du public de toutes sortes – des itinérants comme des étudiants, des professeurs, des paramédicaux, des intervenants, et des artistes locaux... Surtout, j’ai été marquée par le Lab. J’ai appris que c’est un endroit où les jeunes âgés de seize à trente ans peuvent aller s’exprimer à travers de l’art et consulter des intervenants s’ils en ressentent le besoin. Ce qui est spécial là dedans, je

trouve, c’est qu’il ne faut pas être en crise pour y aller. C’est un endroit de prévention, de développement personnel, de liens communautaires, avec les ressources nécessaires pour venir en aide si le besoin est là. C’est ouvert à tout le monde, peut importe leur vécu. La seule raison pour laquelle il y a une limite d’âge, c’est pour permettre aux jeunes de se côtoyer. Je me dis qu’il faudrait un lieu similaire pour ceux plus âgés que trente ans à Gatineau. Peut-être que ça existe déjà. La thématique de cette édition de la NSA était « Pas Dans Ma Cour ». À un moment donné, un monsieur est monté sur la scène (qui avait été préparée par le Lab), et a exprimé comment c’est un bon début de se réunir tous ensemble en solidarité avec ceux qui vivent l’itinérance ou sont à risque de le vivre, mais que si on ne veut pas avoir des itinérants sur nos rues, il est essentiel qu’on élève le revenu de base. Les messages les plus importants que je retiens après cette expérience à la Nuit des Sans- Abris de Gatineau 2016, sont que c’est beau quand les gens de tous milieux se sentent à l’aise ensemble, qu’il y a des organismes qui facilitent ça, et que la base du problème d’itinérance, c’est le revenu de base inadéquat. Il est vrai que les gens se retrouvent dans la rue pour toutes sortes de raisons, mais quand ils sont prêts à se rebâtir, et qu’ils prennent un emploi ou qu’ils sont sur le bienêtre social, il faut que leur revenus soit assez pour assurer une vie dignifiée avec logement adéquat, nourriture adéquate, transport adéquat, un peu d’argent pour s’amuser, et assez pour épargner.


Elles

C’EST UN MYTHE! On ne peut pas reconnaître une personne ayant des comportements violents par ses traits physiques, son travail ou son apparence, mais bien par ses attitudes et ses comportements. La personne s’avère souvent être le bon parent, le bon voisin, le bon collègue et le bon ami. C’est d’ailleurs pourquoi il est souvent difficile pour l’entourage de la victime de soupçonner la présence de violence. Au début de la relation amoureuse, la personne qui a des comportements violents tentera d’être le partenaire parfait : à l’écoute, attentionné, partager les mêmes intérêts et valeurs. Elle donne alors l’impression d’être un amoureux exemplaire, mais attention ce n’est qu’un masque! La violence s’installe de façon très insidieuse et augmente graduellement au fil de la relation, afin d’augmenter l’emprise sur l’autre. Même si la tâche est complexe et peut représenter un grand défi, dès le premier mois d’une relation, il est possible de reconnaître des signes précurseurs de violence. Voici quelques drapeaux rouges pouvant être identifiés dès le début d’une relation : • Veut aller vite dans la relation; • Utilise souvent des mensonges; • Est négatif à propos de tout (toi, tes décisions, tes opinions…); • A des paroles dénigrantes envers ses anciens partenaires amoureux;

• Te traite différemment en présence d’autres personnes; • Te rend des faveurs que tu ne désires pas ou fait preuve de générosité malsaine; • Est possessif, jaloux, contrôlant; • Est impatient (se fâche rapidement si ça ne fonctionne pas à sa façon); • Est impulsif; • Blâme les autres pour tout (se déresponsabilise); • Présence de violence dans les relations amoureuses antérieures; • Manque de respect (commentaires déplacés à l’égard de la serveuse au restaurant, envers toi, tes amis, ta famille, etc.); • N’a pas beaucoup d’ami; • Ne supporte pas être seul; • Est anxieux, inquiet; • Évite les responsabilités; • Utilise la manipulation (sait quoi faire pour obtenir ce qu’il veut); • Maltraite les animaux de compagnie.

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Il est facile de reconnaître une personne ayant des comportements violents.

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Pour de plus amples informations, nous vous invitons à consulter notre site Internet : www.maisonlibere-elles.ca

Prochain mythe ou réalité… Les personnes victimes de violence proviennent souvent de milieux défavorisés ou de minorités ethniques. Événement à ne pas manquer! Vigile du 6 décembre Pour clore les 12 jours d’actions pour l’élimination de la violence envers les femmes et pour souligner le triste anniversaire de la tragédie de la Polytechnique, vous êtes invités à venir vous recueillir devant le monument Jeannine Boissonneault, au parc Mémoire d’Elles (situé au coin Gréber et Jacques-Cartier) à Gatineau. Sur ce monument est inscrit le nom de femmes assassinées par leur conjoint dans la région. Note : le masculin a été utilisé afin d’alléger le texte.

Le Portail de l’Outaouais - décembre 2016 - 9

Vous pouvez nous rejoindre 24 heures par jour, 365 jours par année au 819 827-4044 et profiter de nos différents services offerts aux femmes victimes de violence ou vivant des difficultés temporaires et à leurs enfants : soutien psychologique, accompagnements, hébergement, groupe de soutien, atelier de sensibilisation, services externes et jeunesse.


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Dossier spécial

Monsieur Laurent Pierre Cousineau-retraité bénévole Par : Christian Gosselin

Je rencontre monsieur Cousineau chez lui, une belle maison humble, bien rangée où règne le calme. C’est bien sûr par un élan humanitaire que monsieur Cousineau est très impliqué auprès de nos ainés depuis plusieurs années, mais aussi par la force des choses. Un peu comme tout le monde qui a réellement expérimenté le bénévolat, monsieur Cousineau avoue que le don de soi, à parts égales, est aussi bénéfique pour soi-même. Marié à une fille de Wrightville depuis maintenant cinquante-deux ans, Laurent Pierre Cousineau est né sur la rue Langevin, aujourd’hui disparue, dans le Vieux Hull. Enfant unique, avec des parents aimant, une belle enfance, son parcours à l’école primaire NotreDame, au secondaire, puis à l’Université d’Ottawa se fait avec aise. Il se retrouve à occuper un poste de cadre à la fonction publique au ministère de la Santé, section outre‑mer, où son rôle principal est de voir au bienêtre de nos fonctionnaires à l’étranger. Son implication bénévole au sein d’organismes commence réellement à prendre une place majeure dans sa vie au moment où sa mère tombe malade, atteinte d’Alzheimer. Monsieur Cousineau s’interroge beaucoup sur cette maladie auprès de la société d’Alzheimer pour laquelle il commence à s’impliquer. De là, il devient éventuellement président d’un syndicat des copropriétés, puis il crée un chapitre de copropriétaires ici en Outaouais. Il siège ensuite à l’Association nationale des retraités fédéraux où il devient président trois ans plus tard. Cette fonction l’amène automatiquement à participer aux réunions de La Table de concertation des ainés retraités de l’Outaouais (TCARO) où il a accepté la présidence pour s’impliquer encore davantage afin de l’aider à passer au travers du deuil de la mort de son fils unique. Il occupe également le poste de vice-président à la Conférence des Tables du Québec ayant comme membres dix-huit Tables représentant les dix-huit régions la province.

L’Outaouais compte cinq Tables représentant chacune une des quatre MRC ainsi que Gatineau. Le but principal de la TCARO est d’échanger l’information entre les organismes de l’Outaouais œuvrant auprès des ainés et de tenter de trouver des solutions utilisées ailleurs pour des défis locaux et vice-versa. Quant au mandat, transmettre l’information et les services disponibles à nos ainées. Aujourd’hui, dit-il, la population compte plus d’ainés que de jeunes de moins de quinze ans. Les services manquent et pour ce qui est des services existants auxquels ils ont droit, souvent les ainés ne sont pas au courant, tout simplement. Il est important de leur transmettre l’information et de mettre en place des stratégies pour prévenir le pire comme l’isolement qui pousse trop d’ainés au suicide et les abus, la plupart du temps venant de l’entourage familial. Selon monsieur Cousineau, nos ainés retraités ont encore beaucoup à donner. À quoi monsieur Cousineau aspire‑t‑il pour l’humanité ? D’abord la paix, puis le partage d’information. Il croit qu’effectivement il y a beaucoup de travail à faire, mais il y a espoir. Selon lui, le problème majeur est l’ignorance. « Informez-vous », dit-il. Sa perception de l’itinérance ; il se demande où est la famille. Il se demande aussi pourquoi les jeunes décrochent autant, beaucoup plus qu’avant. « Ils ont besoin de nous, tout le monde est récupérable. » Que fait-on devant ce retrait progressif, mais majeur de l’État du financement aux organismes de première ligne ? « On s’organise. Il faut arrêter de toujours attendre que les autres ou que les gouvernements fassent tout. En tant qu’individus, en tant que citoyens, nous devons nous prendre en main, regarder autour et voir ce qui est à notre disposition et ce qui est possible. » Y a-t-il une urgence sociale pour un changement radical ?


« Si en tant qu’individu, il y a un geste concret que nous pouvons poser, c’est d’abord de s’impliquer, puis d’écouter ». « COUCOU, COUCOU », une vielle horloge sonne et un petit moineau sort nous indiquer l’heure juste. Je voulais simplement vous partager la joie que cela m’a fait vivre de voir que des gens ont encore de vieux « coucous » dans leur foyer. Un dernier message aux lecteurs : « Impliquez-vous, informez‑vous, partagez l’information. »

Sa philosophie : « Vivre et laisser vivre. » Merci Monsieur Cousineau pour cet accueil, ce partage d’information et de sagesse et surtout pour toute cette implication afin d’améliorer les conditions de vie de nos ainés.

STATISTIQUE Il y a plus de 56 000 personnes de 65 ans et plus en Outaouais, soit près de 15% de la population et près de 144 000 personnes de plus de 50 ans, soit près de 38% de la population ; 3 MRC de l’Outaouais (Papineau, Vallée de la Gatineau et Pontiac) ont une population de 65 ans et plus qui représente plus de 50 % de leur population respective ; De 4 à 7% des aînés seraient affectés par la maltraitance psychologique, physique, sexuelle, matérielle ou financière ou également de la négligence ou la violation des droits de la personne.

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« Radical non, progressif oui. Mais on doit agir dès maintenant, il faut tenter de prévoir les coups. Les Tables de concertations servent justement à ça. » Dans le Pontiac actuellement il y a un fléau d’hommes ainés qui se suicident. Un programme de prévention a donc été mis en place, le programme Sentinelle. On sensibilise la population à être vigilant et à voir les signes précurseurs comme l’isolement total. Comme exemple, on demande de signaler lorsqu’un ainé cesse subitement de se présenter au dépanneur du coin ou à la poste ou quand le journal n’est plus récupéré depuis quelques jours. Des vies sont ainsi sauvées par le simple fait d’être à l’affut d’un changement d’habitudes, d’un potentiel danger. Un homme âgé qui cesse de travailler, puis vit le deuil de sa femme et que parce qu’il vit en région, ses enfants qui habitent la ville ne viennent que trop rarement le visiter se retrouve en situation d’isolement extrêmement difficile à vivre.

Selon l’enquête sur la santé dans les collectivités canadiennes (ESCC : 2007-2008), au Canada, 3,4% des femmes et 2,7% des hommes âgés de 65 ans et plus vivaient en situation d’insécurité alimentaire.

Le Portail de l’Outaouais - décembre 2016 - 11

Le taux de suicide chez les hommes peut être jusqu’à six fois plus élevé que le taux de suicide chez les femmes. Le suicide représente un enjeu de santé publique au Québec, étant donné qu’il est parmi les taux de suicide les plus élevés au Canada et dans le monde (Légaré, Gagné,St‑Laurent & Perron, 2013). Selon l’Institut national de la santé publique du Québec (INSPQ), en 2014, il y a eu 140 suicides chez les personnes âgées de 50 ans et plus. Le nombre total de suicides est de 108 chez les hommes et 32 chez les femmes, donc il y a 76 suicides de plus chez ceux‑ci, ce qui représente 3,375 fois plus que chez celles-ci. Le groupe d’âge de 65 à 69 ans est celui qui comprend le plus de suicide chez les deux sexes. En Outaouais, ce fléau est préoccupant dans le Pontiac, où un nombre effarant d’hommes ainés se sont suicidés dans les dernières années, coïncidant avec la fermeture de plusieurs moulins à papier.


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Itinérance et problématiques connexes

L’alcoolisme, partie II Par : Christian Gosselin Le mois passé je vous ai écrit, selon ma perception et mon expérience, sur le sujet de l’alcoolisme. Je vous ai aussi mentionné que ce mois-ci, j’allais faire le suivi en vous parlant du rétablissement de l’alcoolisme. Ça devra attendre au mois prochain. Il m’est effectivement impossible de parler de rétablissement avant de vous faire un portrait le plus exact que possible, toujours selon ma perception, des différents types d’alcooliques. Mais d’abord, séparons l’alcoolique du gros buveur, puis le gros buveur de celui et celle qui boivent pour ne pas avoir à vivre ce que la vie lui lance. Nous voilà avec quatre types de buveurs si on inclut le buveur social qui boit modérément lors d’occasions entre amis. Le gros buveur, lui, aime boire beaucoup et peut gérer la consommation d’alcool en de très grandes quantités sans pour autant commettre des actes aberrants ou même criminels pour s’en procurer ni perdre la maitrise de sa vie. Il n’y a aucune progression dans sa consommation d’alcool, il boit beaucoup, mais avec régularité et stabilité. Il demeure capable de garder un équilibre entre ses différentes sphères de vie malgré sa consommation importante d’alcool. L’alcoolique non. J’ai aussi été témoin de personnes qui ont bu à outrance à en perdre également la maitrise de leur vie, mais qui ont réussi à boire modérément une fois leur vie rééquilibrée et leurs blessures profondes guérissent. Ces gens ont tout simplement utilisé l’alcool comme médicament lors d’une période de vie extrêmement difficile pour alléger la souffrance. Une fois la souffrance disparue, l’envie de boire déraisonnablement s’est dissipée d’elle-même. L’alcoolique non. Et dans la catégorie plus nombreuse, que ce soit pour laisser tomber certaines inhibitions ou simplement pour anéantir le stress omniprésent de la vie, ne serait-ce que pour quelques heures, je connais des personnes qui aiment bien prendre un verre ou deux, parfois trois, qui s’arrêtent et qui rentrent chez eux suivre le courant normal de la vie et voir à leurs responsabilités. L’alcoolique non. L’alcoolique est un être malade, atteint. Il n’y peut absolument rien. Malgré sa volonté la plus sincère, il n’arrive tout simplement pas à vaincre l’obsession de boire et une fois le premier verre avalé, rien au monde ne peut arrêter sa cuite, à part bien sûr le coma éthylique ou les menottes. Il souffre d’une allergie

physique doublée d’une obsession mentale, d’une maladie progressive, incurable et mortelle. Dans cette progression, l’alcoolique voit sa consommation et son obsession prendre de plus en plus de place dans sa vie au point d’en éloigner tous ceux qui l’aiment, détruisant tout sur son passage. L’alcoolisme l’amène finalement à terminer sa course soit en prison, en psychiatrie, à la morgue, ou si un éveil de très grande importance, voire surnaturel a lieu, en rétablissement. Pour certains, cet éveil se fait tôt et bien avant d’avoir tout perdu, pour d’autres, très tard au seuil de la mort ou de la folie et pour d’autres, malheureusement, jamais. L’alcoolique fonctionnel lui, je le plains. Il souffre continuellement, mais malheureusement, il risque de ne jamais souffrir assez pour effectuer un retournement radical dans son mode de vie et atteindre la liberté intérieure et la légèreté de l’Être qu’un alcoolique en rétablissement, abstinent, sobre, libre et heureux réussit à atteindre. L’alcoolique fonctionnel jongle avec ardeur avec les différentes sphères de sa vie afin de ne rien échapper, mais réussit à boire déraisonnablement quand même. Ouf, quelle lourdeur. Quoi qu’il puisse croire le contraire, tout son entourage est conscient de sa problématique et en souffre énormément. Il réussit à garder son emploi, son logement, payer les comptes et à mettre du pain sur la table, mais il perd son unique chance d’être véritablement heureux et de maintenir des relations interpersonnelles vraies. Une ligne très mince, presque indécelable, sépare le gros buveur de l’alcoolique dit « fonctionnel ». J’entends souvent des partages entre alcooliques qui dévoilent clairement que l’alcoolisme n’a rien à voir avec l’environnement malsain dans lequel une personne grandit ou avec les traumatismes qu’il a dû subir, rien. Cet environnement malsain et/ou les traumatismes ont certainement déclenché cette façon déraisonnée de boire, mais les non-alcooliques parmi eux s’en sortiront bien avant d’avoir tout perdu, avant de se retrouver isolés, reniés et complètement seuls, en prison, en psychiatrie ou à la morgue. Seule la maladie de l’alcoolisme amène celui qui en est atteint jusqu’à ce stade profond de déchéance. C’est une maladie sournoise, déroutante et très puissante. C’est une maladie mortelle et incurable, mais tout à fait gérable une fois avouée.


Le mot du CRIO

Par : Alexandre Ranger

La pauvreté est le lot commun des personnes en situation d’itinérance : la plupart vivent avec un revenu indécent alors que certains survivent même sans aucun revenu. Il est nécessaire et vital que les besoins essentiels d’une personne soient couverts par un filet social digne de ce nom et que l’accès à ce revenu soit assuré en tout temps. Parce que la pauvreté prive les personnes de l’exercice de leurs droits fondamentaux, dans la liberté, l’égalité et la dignité. Parce que la pauvreté est une situation de déni de droit. La lutte à la pauvreté permet d’agir en amont comme en aval de l’errance et de l’itinérance. Avec un revenu suffisant, les personnes n’auraient plus à choisir entre manger ou payer un logement. Avec un meilleur revenu, celles qui sont à la rue auraient de meilleures chances d’en sortir et de vivre dignement. Si nous revendiquons la restauration et l’amélioration du filet social garantissant la couverture de l’ensemble de besoins de base pour la population, c’est qu’aujourd’hui la corrélation entre l’emploi et un revenu décent n’est plus vraie. Les travailleurs et travailleuses travaillant à temps plein et au salaire minimum, reste en situation de pauvreté. Tellement, que les groupes en aide alimentaire nous disent satisfaire de plus en plus de demandes de soutien de personnes et de familles qui n’arrivent pas à joindre les deux bouts malgré leur revenu d’emploi.

Au cours des 10 dernières années, le cout de la vie a augmenté à un rythme effréné sans que les salaires suivent. Avec les couts des logements toujours à la hausse, entre autres due à l’embourgeoisement du centre-ville, avec l’augmentation des tarifs d’Hydro-Québec (11 % depuis 2013), on sait que les logements les moins chers sont souvent les plus difficiles à chauffer, avec le panier d’épicerie qui a augmenté de 1 350 $ par année entre 2013 et 2016 et avec toutes les autres augmentations (permis de conduire, frais de garde, fournitures et vêtements…) les familles les plus pauvres étouffent. Rappelons que les revenus pour une personne seule vivant avec l’aide sociale sont de 7 476 $ par année et qu’un travailleur ou une travailleuse vivant avec le salaire minimum gagne 22 360 $ par année (brute). En parallèle, le cout moyen du logement à Gatineau était de 731 $ en 2011, soit 8 772 $ par année. Cette réalité fait que plus de 37 % des ménages locataires à Gatineau consacrent 30 % et plus de leurs revenus au logement.

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Le droit à un revenu décent

Cette situation de pauvreté doit nous faire honte et nous devons agir collectivement pour y mettre un terme. C’est pourquoi nous revendiquons un rehaussement significatif de l’aide sociale et des autres revenus de base (régies des rentes, assurance‑emploi…), une augmentation substantielle du salaire minimum et ultimement la mise en place de revenu de citoyenneté permettant à l’ensemble des citoyens du Québec de sortir de la pauvreté.

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*Adopté à l’unanimité le 14 juin 2016.

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Vaccination antigrippale (influenza) Pour Aylmer, Gatineau et Hull Secteur Aylmer: École secondaire Grande-Rivière, Vaccination antigrippale (influenza) 100, rue Broad, entrée 4 (débarcadère Pour Aylmer, Gatineau et Hulld’autobus) Secteur 3Aylmer: École secondaire Grande-Rivière, Samedi décembre 2016 de 9 heures à 16 heures100, rue Broad, entrée 4 (débarcadère d’autobus)

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Secteur Gatineau: Polyvalente Le Carrefour, 50, chemin de Samedi 3 décembrela2016 de 9entrée heures à 1610 heures Savane, porte (sur le côté en face de l’aréna) Secteur Gatineau: Polyvalente Le Carrefour, 50, chemin de Samedi 17 décembre 2016 de entrée 9 heures à 16 la Savane, porte 10heures (sur le côté en Dimanche 18 décembre 2016 de 9 heures à 16 heures face de l’aréna) Samedi décembre 2016 de 9de heures Secteur 17 Hull: École secondaire l’Île, à 16 heures Dimanche 18 décembre 2016 de 9 heures à 16principale heures 255, rue St-Rédempteur, entrée Secteur Hull: École2017 secondaire de l’Île, Samedi 14 janvier de 9 heures à 16 heures 255, rue St-Rédempteur, entrée principale Samedi 14 janvier 2017 de 9 heures à 16 heures

À titre de Munici palité amie des aînés, Gatineau est fière d’offrir un milieu de vie où les serv ices et les structures so ciales améliorent le qu otidien et l’épanouissem ent de nos aînés.

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Mode de vie sain

Écoute ton coeur Par : Marie-Claude Bénazet

Comment parler de mode de vie sain et de vieillissement, sans répéter ce que tout le monde dit et ce que tout le monde sait? Cela se résume ici à manger sainement, cesser de fumer et faire de l’exercice. Je m’amuse, car bien sûr, nous pourrions élaborer un tantinet. Je vais plutôt tenter de saisir la perspective lumineuse de ce que veut dire vieillir. Comment faire sinon poser la question à une de mes amies qui me parait être une personne en paix et… vieille?

Je me suis lancée et j’ai posé la question directement : Qu’est-ce que cela te fait de vieillir? Cette bonne amie m’a souri gentiment, et tout en posant sa main tendrement sur mon bras, elle a soupiré. « Oh, tu sais, vieillir ça décape et cela nous prépare au passage suivant. » Peut-être avais-je l’impression de me douter de ce qu’elle voulait dire, mais j’ai insisté. Qu’est-ce que tu veux dire, lorsque tu dis que ça décape? « Ici et maintenant, je veux dire qu’il ne me reste pas grandes certitudes à mon propre sujet, ni au sujet de grand-chose. À part peut-être, la certitude inaltérable que tout cela, la vie en général, à un sens, même si je dois avouer que je ne le reconnais pas toujours…

maintenant, il ne me reste que des bribes d’information, des colliers de perles brisés qui ne se rattachent plus à rien vraiment. Je me sens souvent tellement vulnérable, à bout de force face au monde. Je sais ce que c’est maintenant que d’être brisée. Cependant, il me reste la foi, et jusqu’à maintenant, elle ne m’a pas fait défaut. Parfois, j’ai l’impression que ce à quoi j’ai cru tant bien que mal toute ma vie croit en moi maintenant! C’est une curieuse sensation. Parfois, lorsque je me sens en difficulté, seule et vraiment en morceaux, je me mets à prier. Et, parfois, c’est comme si cette petite flamme de prière en moi s’élargit et finit par m’inclure. Je dois rester accrochée à cet espace, car là, je me sens en paix. » Alors, à partir de ta perspective de personne âgée, qu’est-ce que tu voudrais donner comme conseil de vie aux personnes qui te suivent? Elle rit de bon cœur. « Des conseils? Je n’en ai pas à donner. Sincèrement, j’ai pris toutes sortes de tournants dans la vie, j’ai exploré des allées lumineuses comme des allées noires, je me suis crue damnée, je me suis prise pour un ange. Je ne crois plus à ce que j’ai pu croire. Comme je t’ai dit tantôt, tout ce qui me reste, c’est une connexion à une partie de moi qui me dépasse…

… Comme tu me demandes un conseil, je vais t’en donner un. Apprends à écouter ton cœur. Il a un langage différent de ta tête. Il parle plus doucement et ce qu’il dit est souvent mis de côté. … Celle que j’ai longtemps cru être la femme compétente, En fait, je te dirais que si je pouvais tout recommencer, c’est cela active, ouverte, capable est partie. Je peux à peine bouger mes que je voudrais refaire. Mieux et plus souvent écouter ce que dit membres, j’ai perdu la mémoire, je n’entends pas toujours mon cœur et le mettre en pratique, en dépit de ma raison. bien ce que l’on me dit, j’ai aussi parfois l’impression que ma Voilà le conseil que je peux te donner. » perspective sur la vie s’est rapetissée. C’est-à-dire que si je Peut-être que c’est cela l’ABC de l’hygiène de vie pour vieillir pouvais te parler de culture et de littérature et de politique avant, gracieusement?


Par : Isabelle Regout (ArtQuebec.ca)

[ 4min33 : le silence qui nous écoute ] 300 000 habitants vit bien avec le plus bas taux de criminalité incluant la violence familiale. Mon compagnon de voyage, Alexandre Pampalon qui est également médiateur culturel, a pris l’initiative d’interroger des gens sur le circuit de la route no.1 du Pays des elfes. Il les a invités à décrire en un mot ce qui les rend heureux puis à être photographiés avec leur post-it. Résultat : Plus de 60% des mots inscrits qui rendent heureux ont un lien direct avec la famille. En point d’orgue, mon projet 4min33 se définit derrière quelque chose d’inusité en établissant une relation symbolique entre la cause de la prévention de la violence familiale et l’œuvre musicale en trois mouvements, intitulée 4’33’’ ou « La symphonie du silence ». Le titre de cette œuvre fait référence à sa durée totale en minutes et secondes. John Cage nous apprivoise à l’idée que la musique est surtout une forme de communication d’une personne à l’autre et que 4’33’’ apparemment « vide » par son silence, change de ton en fonction de la luminosité des gens. En s’attachant émotivement ou cognitivement à une « œuvre qui nous écoute », le projet 4 min 33 vise à nous conscientiser sur l’importance de la prévention de la violence familiale. Changeons ensemble ce regard sur cette réalité. La page Facebook 4min33 a été créée pour annoncer les activités greffées au projet qui pourraient être aussi celles que vous décidez d’initier dans votre quartier. Aimez la page Facebook 4min33 pour démontrer votre soutien. Offrons ensemble à d’autres des billets gagnants!

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Tout le monde veut être bien dans sa famille, notre premier ancrage, mais certains ont moins de chance que d’autres. Doit‑on voir ça comme un billet de loterie de la vie? Lorsque vous lirez ces lignes, j’aurai terminé mon AEC Spécialisation en médiation culturelle qui m’aura fait parcourir à terme, près de 18 000 km entre Gatineau et Montréal. Avec mes onze collègues de classe, la première cohorte de « passeurs culturels » professionnels du Québec, nous développons et mettons en œuvre une diversité d’outils visant à favoriser l’expression culturelle des citoyens. Pour mon projet synthèse en médiation culturelle, mon travail consiste à sensibiliser le grand public à la prévention de la violence dans nos familles. Mes recherches en amont m’ont révélé que Gatineau serait une des pires villes canadiennes en matière de signalements de violence familiale alors qu’Ottawa affiche un des plus bas taux. Étonnés? Gatineau figure comme la deuxième ville où il y a le plus de victimes de violence familiale déclarée par la police, par tranche de 100 000 habitants (selon un recensement de 2014). Il n’existe pas de définition universellement acceptée de la violence familiale qui concerne autant les enfants, les ainés que les conjoints. Ces comportements comprennent la victimisation verbale, psychologique, physique, sexuelle et financière ainsi que la négligence. Ayant à l’esprit tous ces faits, je vous partage ma comparaison primesautière après mon récent voyage en Islande. J’y ai découvert un refuge insulaire paisible où une population pratiquement similaire en nombre à celle de Gatineau soit

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Les billets de C

OUVRIR LES YEUX… Par : Carole Verdon

On connait la rengaine : ça prend souvent une catastrophe ou un évènement marquant pour qu’on prenne conscience d’une situation dont on ignorait l’existence. Au mois d’aout, une tante de mon amoureux a été transportée à l’hôpital à cause d’une chute. On l’a retrouvée gisant sur le sol dans son appartement. Arrivés à l’urgence, nous l’avons retrouvée vulnérable et confuse, mais il s’agissait d’une confusion réversible, aux dires du médecin gériatre. Cette tante de 91 ans vit seule dans une résidence pour personnes retraitées autonomes. Quelques jours après qu’elle ait été admise à l’hôpital, je me suis rendue à son appartement avec un autre membre de la famille pour jeter les produits périmés dans son réfrigérateur. En passant le seuil de la porte, une surprise nous attendait : l’appartement avait besoin d’un grand ménage. Ça m’a crevé le cœur. C’est à ce moment-là que j’ai compris qu’une perte d’autonomie chez les personnes âgées pouvait s’installer à l’insu des autres. Oui, à l’insu des autres parce qu’on ne partage pas leur quotidien et c’est le quotidien qui nous renseigne. La semaine suivante, j’y suis retournée et j’ai passé 40 heures à nettoyer de fond en comble son appartement : ramasser, ranger, nettoyer, épousseter, astiquer les portes d’armoire, laver les draps et couvertures, la douillette, les rideaux, les vitres, sans oublier les planchers, replacer certains meubles pour rendre son appartement plus sécuritaire, comme entre autres, placer son lit juste à côté du cordon de sécurité quand elle a besoin d’aide, placer également une table de chevet et un téléphone. J’ai pris le temps d’évaluer les espaces où elle circule, des endroits susceptibles d’entrainer une chute. J’ai déplacé une petite table à l’entrée de son appartement qui bloquait la libre circulation de sa marchette placée dans la salle de bain. Et c’est en étant dans son appartement que j’ai aussi réalisé qu’il n’y avait ni banc ni bandes antidérapantes dans son bain. J’étais sur une piste et j’en ai parlé au médecin. Demander de l’aide pour prendre un bain, est-ce qu’une personne âgée en perte d’autonomie va en parler à son entourage sans que sa dignité en souffre ? Car pour moi, j’étais témoin d’une personne à risque de perte d’autonomie. J’ai compris que ce que j’avais fait contribuerait à améliorer le soutien à son autonomie et surement lui permettre de demeurer le plus longtemps possible dans son espace-vie. C’était le début puisque parallèlement, à l’hôpital, on évaluait de plus en plus sa condition de santé, tant au niveau physique que cognitif, car

les atteintes cognitives altèrent nos capacités de jugement, de perception, de compréhension et de communication. Mais le plus merveilleux dans cette histoire, c’est qu’en faisant le ménage dans son appartement, j’ai découvert une femme coquette, féminine, une femme de gout, une femme pour qui les photos sont une oasis de bonheur. J’ai découvert des dentelles sur les meubles, des boites de cartes de remerciement vierges, toutes plus jolies les unes que les autres, du papier à lettres, des savons dans les tiroirs et les placards pour en parfumer les espaces clos, et ce, au fur et à mesure que je rangeais des vêtements que j’avais fraichement lavés. J’étais dans un face à face émouvant avec une femme que je connaissais peu, mais que je voulais connaitre davantage. J’étais émue et remuée intérieurement. Je réalisais qu’elle avait 91 ans, une vie derrière elle, une vie actuelle et une vie à poursuivre à sa sortie de l’hôpital. Et je réalisais par le fait même combien les personnes âgées sont à risque, souvent laissées à elles-mêmes, vulnérables et à la merci de gens qui décident pour elles, de gens qui vont donner des directives pour mieux les encadrer. Oui, quand c’est fait dans une optique de bien-être, de sécurité, d’accompagnement et de chaleur humaine. Si chaque jour est important dans une trajectoire de vie, ce même jour l’est tout autant pour les personnes âgées. Une vie n’a pas moins de valeur parce qu’on est âgé ! Et cela, malgré les pertes, la vulnérabilité et les besoins accrus ! Stimulation : voilà le mot qui me revenait souvent en tête en pensant aux personnes âgées. Nous avons cinq sens qui seront stimulés toute notre vie, et quand arrive le vieillissement et la vieillesse, le besoin perdure. Parce qu’elle se plaignait d’avoir les ongles sales, j’ai apporté tout ce qu’il fallait pour faire tremper ses mains, nettoyer ses ongles et lui masser les mains. Elle était reconnaissante et moi je me suis sentie utile. Pendant son manucure, je lui ai demandé quelques titres de chansons qu’elle aimait avec l’idée de revenir quelques jours plus tard et lui faire entendre sur mon cellulaire. J’ai créé l’occasion d’apporter un de ses albums de photos, car je voulais visiter le pays de ses souvenirs en m’intéressant à sa vie. Ah oui, j’oubliais, j’ai stimulé son odorat en apportant des flacons d’huiles essentielles. Le seul sens que je n’ai pas encore réussi à stimuler c’est le gout, puisqu’elle avait une diète à base de purée pour éviter l’étouffement. Maintenant que je sais quelques mets qu’elle


cas. Ce qui est important, c’est d’ouvrir grand les yeux sur les personnes vieillissantes et/ou âgées qui nous entourent, pour s’assurer qu’elles aient une qualité de vie. Si certaines personnes voient les maisons pour personnes retraitées comme des ghettos, d’autres les voient comme un lieu pour socialiser et rester actifs. Afin que leurs parents bénéficient des meilleures conditions de vie possible, certaines personnes se tournent vers la cohabitation intergénérationnelle, permettant ainsi un sentiment de sécurité de part et d’autre. Plusieurs possibilités, plusieurs solutions. Quant au manque de temps à l’endroit des personnes âgées, le jumelage avec un(e) bénévole pourrait combler une partie d’un sentiment de solitude. Durant toute une vie, des liens se tissent et lui donnent un sens accru. Oui, on vieillit différemment les uns les autres, mais une chose demeure : l’importance de se sentir entouré, aimé, valorisé et stimulé. Grâce à notre présence humaine attentive, quelle action pouvons-nous poser pour aider et soutenir les personnes âgées, dans le but d’améliorer leur qualité de vie ?

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apprécie, je vais saisir la première occasion pour stimuler ses papilles gustatives ! Et question de stimuler les fonctions cognitives, je lui ai apporté à l’hôpital des mots cachés, des mots croisés, un dictionnaire et un casse-tête. Et pour son sens à la vie, j’ai apporté son chapelet, car puisque je l’ai trouvé dans son lit, il devait représenter quelque chose d’important pour elle. Elle était très heureuse. Et dans l’effet stimulation, il est important de mentionner l’activité physique, aussi minime soit-elle et l’entourage humain qui a un impact très grand sur notre élan de vivre. Comme je l’écrivais en début d’article : ça prend souvent une catastrophe ou un évènement marquant pour qu’on prenne conscience d’une situation dont on ignorait l’existence. L’aide à l’autonomie pour les personnes âgées s’avère nécessaire pour maintenir une qualité de vie pour les gens qui vivent encore dans leur résidence ou celles qui vivent en résidences. Plusieurs facteurs entrent en jeu dans le vieillissement et tous et toutes le vivent différemment. Dénutrition et altération cognitive ne prévalent pas dans tous les


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Derrière le bar Le premier pas Par : Catherine-Eve Bellemare

Il était assis sur le banc d’en face depuis un bon moment déjà. Il faisait froid. J’astiquais un verre derrière le bar en l’observant de l’intérieur, me demandant combien de temps il comptait y rester. Peut-être qu’il n’y songeait pas. Peut-être attendait-il quelque chose, quelqu’un. Je l’ignore toujours. Il portait un imperméable brunâtre parsemé de trous et des pantalons trois quarts atteignant tout juste ses genoux. Je précise une seconde fois qu’il faisait un froid immonde et que de se déplacer à l’extérieur dans cette neige me paraissait carrément impossible; d’autant plus sans bottes dignes de ce nom. Cet homme, devant moi, n’en portait pas. Je n’avais, comme sans doute la plupart des gens, jamais pris la peine de parler à un sans-abri : converser je veux dire, réellement. Prendre le temps. J’ai déposé mon verre à vin avant de me diriger vers la cafetière. Puis, je suis sortie. Quelques pas nous séparaient à peine, je tenais le gobelet de carton brulant entre mes mains. - Excusez-moi monsieur, aimez-vous le café? L’homme m’a souri après avoir marmonné quelque chose que je n’ai pas compris. Il lui manquait plusieurs dents et ses lèvres tendaient légèrement vers le bleu. Il a tendu le bras vers le gobelet en me remerciant d’un signe de tête. Une fois à l’intérieur, retrouvant l’odeur de soupe embaumant dans tout le restaurant, je me suis demandé à quand pouvait remonter son dernier repas. Quelques secondes, le temps d’ajuster mon foulard, et je suis ressortie. - Monsieur, voudriez-vous entrer à l’intérieur? J’aimerais vous offrir quelque chose à manger. Ça ne vous coutera rien. Toujours ce même air d’incompréhension sur le visage. Alors j’ai répété, plus lentement. Il ne semblait toujours

pas comprendre. Je lui ai alors fait signe de me suivre, tout en pointant du bras le restaurant. Il n’a pas bougé. Incapable d’endurer plus longtemps le vent transperçant mes vêtements, je me suis résolue à traverser la rue. J’ai repris mon travail, l’esprit ailleurs. J’aurais aimé lui offrir plus, à cet homme. Plus qu’un café, réconfort liquide se dissipant, en à peine quelques gorgées. - Mademoiselle? J’attends toujours ma bière... - Oh, je… J’avais versé la pinte de mon client, sans toutefois avoir pris le temps de la lui remettre. Cela devait faire depuis un bon vingt minutes, déjà. - Je suis désolée, je vais vous en resservir une autre, elle ne doit plus être bien froide. Et puis, je l’ai vu. À travers la fenêtre, se tenant bien droit devant la porte d’entrée, main sur la poignée. J’ai souri dans sa direction, immobile, en tenant toujours fermement la bière de mon client dans ma paume. L’homme ne parvenait pas à bouger et moi non plus; l’instant en suspens. - Mademoiselle?! J’ai sursauté avant de me confondre en excuses en m’adressant à mon client, pour la deuxième fois. Après avoir allongé le bras pour lui tendre sa bière, j’ai reporté mon attention sur la porte. L’homme n’était plus là : ni devant le restaurant ni de l’autre côté de la rue. Je m’en suis voulu de ne pas avoir insisté, m’être approchée. Peut-être l’aurais-je fait fuir? Sans doute. Ou du moins, c’est ce dont j’avais réussi par me convaincre. Mais un premier pas avait été fait. Mon premier pas vers lui.


Place au citoyen

Khady Konaté et les seize étudiant.e.s du cours «Approches alternatives et intervention sociale» de Nérée St-Amand, École de service social, Université d’Ottawa.

Devant moi, j’ai seize feuilles. Seize feuilles sur lesquelles je peux y lire les mots écrits sur le vif de seize personnes qui ont laissé leur plume courir sur le papier après la présentation de Christian, sans qui Le Portail n’existerait pas. J’espère tisser ces textes ensemble et en faire un fidèle patchwork. Ces personnes que j’évoque, ce sont mes collègues de classe, et ensemble, nous vivons une expérience d’apprentissage qui trouve écho bien plus loin qu’entre les murs de l’université. Car oui, le cours de Nérée St-Amand est une invitation à penser et à faire autrement. C’est précisément lors d’une des rencontres du cours «Approches alternatives et intervention sociale» que mes seize confrères.sœurs et moi avons pu entendre le témoignage de Christian, et nous imprégner un peu de sa sagesse. Oui, il aura beau s’en défendre parce que trop humble, mais Christian possède assez de vécu pour laisser cette impression‑là à des universitaires un peu assommé.e.s par leur session, mais qui n’aspirent qu’à être des intervenant.e.s sociaux bien outillé.e.s, ayant une compréhension au plus large possible du monde qui les entoure et des maux qu’ils auront à panser. Mes seize collègues de classe et moi avons tendu l’oreille et écouté avec attention Christian. On a laissé ses mots pénétrer nos esprits. Et je peux dire sans l’ombre d’un doute que ses mots, en chacun.e de nous, ne sont pas tombés dans l’oreille d’un sourd. J’ai seize billets devant moi pour en témoigner, preuve à l’appui.

Nous saluons Christian pour nous avoir montré sa fierté d’être lui-même. On peut faire taire les voix qui prétendent que rentrer dans le moule, c’est pour le mieux. Au contraire, être différent.e, marignal.e, hors norme, ça peut être un mode de vie de tous les instants et de tous les combats. « Le Portail et Christian sont des exemples concrets de comment nous pouvons faire autrement face à l’itinérance et les problématiques sociales qui tombent dans les marges. » « J’ai toujours aimé écouter les témoignages de personnes qui ont eu la vie dure. Aujourd’hui encore, l’histoire de Christian m’a vraiment touchée […] Nous avons besoin de plus personnes comme lui, des personnes positives, aidantes, serviables, qui ont bon coeur. » « J’aime bien l’approche qu’utilise Christian, qui n’est pas conventionnelle. »

Nous saluons Christian pour nous avoir ouvert les yeux, car il a Merci Christian de nous avoir livré le secret du bien-être qui su bouleverser nos préjugés et nos conceptions sur les autres et t’habite, qui fait vivre Le Portail et que tu sèmes partout sur ton sur l’aide. On ne peut pas penser l’aide sans prendre le temps de passage! Longue vie au Portail ! tendre la main aux gens, de se mettre sur un pied d’égalité avec eux.elles, ne serait-ce qu’en disant bonjour aux personnes que l’on croise dans la rue.

Le Portail de l’Outaouais - décembre 2016 - 21

Nous saluons Christian pour s’être livré à nous avec autant d’authenticité, sur son parcours de vie, dans les rues comme dans l’alcool, et pour nous avoir montré le chemin de sa rédemption.

Nous saluons Christian pour nous avoir donné une leçon de maître - il n’y a pas que l’université qui fera de nous des intervenant.e.s qui changent le monde partout où ils.elles mettent les pieds. Cette leçon-là, c’est un peu celle que le cours de Nérée nous inculque: on doit se montrer avides de pouvoir aider de mille façons, hors des sentiers battus, parce que ce n’est pas vrai que «tout le monde rentre dans la boîte», s’y plaît et s’y conforme. Il y a certainement autant de ressources et de moyens de faire autrement - sinon plus - qu’il n’y a de problèmes sociaux à éliminer. C’est une certitude que mes pairs et moi avons acquise en classe. Et c’est bien parce que des gens comme Christian sont là pour allumer une chandelle à côté de plusieurs autres (au lieu de maudire la noirceur!) que nous sommes si sûr.e.s de notre affaire, et prêt.e.s à inonder le monde avec davantage de lumière.

Participer à la guérison des maux de ce monde, plutôt qu’à sa maladie.

L’université autrement : la visite de Christian


Participer à la guérison des maux de ce monde, plutôt qu’à sa maladie.

Le bonheur ne repose pas sur les bons souvenirs accumulés ni dans le futur possible. Sinon, ça reviendrait à dire “nous étions heureux” et “nous pourrions l’être”, et non que nous le sommes. Le bonheur, c’est aujourd’hui que ça vit, comme nous. Fanny Lachambre

Prendre soin de soi, Croire dans soi-même, son âme, son esprit. Ton âme connait son chemin, il t’apportera dans la bonne direction. C’est cette réalisation spirituelle, intérieure qui t’aide à apprendre et grandir. S’il faut souffir pour grandir, je suis prête à souffrir. Choisir l’amour pour se reconnaître, s’accepter et apprécier la leçon du jour. Écoute le son de ton coeur, Écouter son corps parler. Jessica Bouvier, Étudiante en travail social Université d’Ottawa

22 - Le Portail de l’Outaouais - décembre 2016

Écrivez-nous à articlesportail@gmail.com

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Maintenant que nous avons l'appui de la Ville de Gatineau (3e année) et du gouvernement provincial (CISSS), il est temps pour nous de solliciter le secteur privé si nous voulons assurer la pérennité de l'organisme dans son élan de changer des vies pour le mieux.

Notre situation l'exige d'ailleurs. Notre clientèle ciblée, ce sont d’abord et avant tout des citoyens de notre communauté, ce sont des gens avec une histoire derrière leur présente situation d’extrême précarité temporaire. Nous lançons maintenant une campagne de financement auprès du secteur privé, nous vous lançons l’appel, aidez-nous à aider ceux et celles qui actuellement, en ont grandement besoin.

C'est pourquoi nous vous sollicitons maintenant à nous aider

dans la sauvegarde de ce merveilleux outil d’intervention sociale que représente un magazine de rue, Le Portail de l’Outaouais étant le cinquième au Québec, le cent vingt-troisième au monde, un outil dont les preuves sont depuis longtemps établies.

Le Portail de l’Outaouais - décembre 2016 - 23

Supportez-nous dans cet élan du cœur.

Participer à la guérison des maux de ce monde, plutôt qu’à sa maladie.

APPEL AU MONDE DES AFFAIRES DE L’OUTAOUAIS!


Campagne de financement « Corporatif » !!! ***Automne 2016***

Nous avons besoin de vous. Ils ont besoin de vous. Nous avons besoin de nous.

24 - Le Portail de l’Outaouais - décembre 2016

OBJECTIF : 25 000 $ Participer à la guérison des maux de ce monde, plutôt qu’à sa maladie.

Changeons le monde, un cœur à la fois…

Aidez-nous à améliorer les conditions de vie de nos citoyens en situation « temporairement » précaire

www.leportaildeloutaouais.org

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Le Portail de l'Outaouais - Décembre 2016  

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