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DÉC. 2019

L’Entrevue avec GUY L.

L’importance d’y croire

Lettre au Père Noël p. 9 NOUVEAU : L’équipe IMAGES p. 15

Crédit photo cover : Christian Gosselin

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J’aimais mal p. 16

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L’ÉDITORIAL

PAR CHRISTIAN GOSSELIN

PHOTO : geralt

Éditeur

Pour moi, qui dit décembre dit Noël. Décembre, mmmmm que j’aime ! Avec juillet pour son abondance, le plein air et tous les plaisirs visuels qu’il nous offre, décembre est un de mes mois favoris. Le mois sombre et dénudé de vie qu’est novembre est enfin passé, l’hiver s’installe et m’émerveille année après année. Sa lumière éclatante bleutée et sa majestueuse couverture blanche réchauffent mon cœur malgré le froid. L’idée de l’Hiver pour moi est un peu comme prendre un bain ; l’idée initiale qui naît dès l’automne ne m’inspire guère, mais une fois dedans, je l’accueille avec réconfort. En décembre, rares sont ceux qui ne se préparent pas à la grande fête de Noël. Rares sont ceux qui ont grandi avec cette tradition qui ne tombent pas dans cet esprit universel de chaleur humaine, de partage, de pardon, de charité et d’amour. On veut y croire… IMAGINE ! C’est vrai que cet état d’âme généreuse, charitable et sans jugements devrait planer dans l’air en tout temps, mais c’est

bon qu’il existe une fête quelconque afin de se le rappeler ; moi j’ai besoin de rappels. J’ai ce besoin vital de me rappeler ce qui est vraiment important et ce qui l’est moins, de me rappeler certaines pratiques qui me gardent en paix, de me rappeler ce qui en bout de ligne nuit à cette paix, sinon j’oublie et je m’éloigne, toujours sollicité à gauche et à droite par l’éphémère et le vide de sens. Mais a-t-on vraiment besoin de Noël pour se rappeler comment nous pouvons vraiment être bons ? Comment intrinsèquement nous sommes tous bons ? Comme c’est bon d’être bon. Bien sûr, oui Noël est maintenant très commercialisé, « une fête de capitalisme », dit-on, j’approuve. La fête d’un individu qui a tant prêché la simplicité qu’aujourd’hui on célèbre dans l’opposé ; dans la surabondance indécente matérielle et de consommation. La commercialisation de toutes les fêtes sacrées nous a éloignés du sens sacré. À nous de tomber dans ce panneau ou non. Rappelons-nous que pour Noël tout comme la Saint-Valentin ou la Pâques, tout est une question de regard, de sens et de façon de célébrer.

SOMMAIRE 4 - L’ENTREVUE 8 - VIE SPIRITUELLE 9 - LES YEUX DU COEUR 10 - LE MOT DU CRIO 11 - TECHNOLOGIE ET HUMANITÉ 12 - TA NATURE 13 - LE PREMIER PAS 14 - ELLES

15 - IMAGES 16 - REGARD VIF 17 - UNE JOURNÉE AU GÎTE 18 - PSYCHOYOGIE 19 - UNE PAGE D’HISTOIRE D’ICI 20 - POINT DE VUE DU PROF 21 - PLACE AU CITOYEN 22 - L’HABITATION

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L’ENTREVUE

PAR CHRISTIAN GOSSELIN

L’importance d’y croire Guy L. et moi avons des vécus similaires. J’ai rencontré Guy pour la première fois au Gîte Ami alors que j’y faisais mon dernier stage de quatrième session de la Cité collégiale en hiver 2014 et que lui y résidait, tourbillonnant rapidement vers son bas fond, presque arrivé enfin. Je dis enfin parce qu’il semble que pour nous, les alcooliques et les toxicomanes naturels chroniques, une fois qu’on a traversé cette ligne invisible dans la progression de notre maladie, il n’y a qu’une seule destination possible, le bas-fond, là où finalement la souffrance atteint notre seuil de tolérance et où deux seules options nous sont permises, l’éveil ou l’opposé ; soit l’asile ou soit la mort physique. La prison, c’est déjà fait. Pour Guy, ce fut l’éveil, une grâce. Guy est notre « mascotte » au Portail de l’Outaouais. Au printemps 2014, à l’époque où Le Portail de l’Outaouais fut fondé, Guy a accepté de devenir notre « image de l’itinérance » en participant comme modèle à une session de photos dont une figure toujours sur notre site web.

rétablissement, abstinent de toute substance. Les dividendes sont aussi grands qu’inattendus pour quiconque ne croyait pas un jour mériter une vie aussi lumineuse, joyeuse et comblée ; libre enfin. Guy est né dans la région du Témiscamingue avec deux grands frères et une grande sœur, tous maintenant décédés. Il arrive en Outaouais en 1972 où il a fréquenté l’école Labelle à Templeton puis Nicolas-Gatineau où comme il dit : « oublie le projet » ! Ça ne s’est pas bien déroulé. La première consommation de Guy fut d’un impact sans chemin du retour ; une ligne de cocaïne dès l’âge de douze ans offerte par son frère aîné. Il « accroche » surle-champ. Les jeux sont faits. À partir de cet instant, les drogues dicteront sa vie pour les quarante-deux années à venir, la souffrance qui l’habitera lors de ce parcours obscur est tout simplement indicible. Quarante-deux années hantées par l’obsession, à prendre chaque décision et à effectuer chaque action autour de la consommation de substance.

Voici ma préférée :

« La conso a fucké ma vie, m’a tellement brouillé les idées et m’a finalement amené au Gîte Ami, tout nu dans la rue, en situation d’itinérance ».

Un peu plus de cinq ans plus tard, nous voilà réunis à nouveau pour cette entrevue, ironiquement, encore au Gîte Ami où par leur générosité, nos bureaux y sont.

Ici à La Nuit des Sans Abri avec deux intervenantes en itinérance ;

– Guy, comment vas-tu ? – Wow, tellement bien, incomparable avec mon état lorsqu’on s’est rencontrés en 2014. Au moment de vous écrire ces lignes, Guy, un alcoolique et polytoxicomane avoué en est à son trente-deuxième mois de

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Valérie Patry et Rosalie Frenette

Deux semaines seulement après sa première ligne de « coke », Guy vend du pot pour payer sa conso. À quinze ans, il en cultive et le fera toute sa vie de consommateur. Toute sa vie orbite autour de la drogue. C’est le centre de son univers. « Faire pousser du pot pour faire de la poudre, faire de la poudre pour travailler, pis travailler pour consommer. »

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À dix-neuf ans, Guy s’engage dans l’armée canadienne. « L’armée était mon sideline, pis vendre du pot ma job principale. Douze ans plus tard, j’ai été mis à la porte. » Malgré ses matins difficiles, Guy s’est ensuite dirigé vers la foresterie, un travail qu’il a effectué pendant six ans. Après quoi il est devenu installeur de piscines pour les onze prochaines années. Sa chute libre vers le fond a d’ailleurs débuté pendant ces onze années, vers les années 2000. Par contre, Guy s’est toujours présenté au travail, la plupart du temps déjà sous l’effet, un état d’âme alors devenu vital pour même penser à fonctionner. Rien ne va plus. De 2001 à 2010, Guy encaisse de bons salaires, il travaille sept jours sur sept pour consommer, puis il consomme pour travailler ; c’est le cycle infernal sans fin. Aucune place pour quoi que ce soit d’autre, aucune vie sociale, encore moins amoureuse. En 2005 il se retrouve en détention pour revente de drogue. Il consomme avec ardeur même à l’intérieur des murs. C’est en 2012 qu’il fait la rencontre de Brigitte, deux accros solides. Une jeune femme avec qui il a d’abord consommé, une amie qui, par la suite, s’est retirée de ce mode de vie, l’a accompagné dans sa souffrance de consommation, puis dans son rétablissement jusqu’à ce jour. D’ailleurs, involontairement, elle l’aura enfin amené au seuil de la porte vers la vie joyeuse, libre et heureuse qu’il mène aujourd’hui. Mais avant d’y arriver, les jours les plus sombres ont d’abord mené le bal. On le sait bien, les heures les plus sombres de la nuit sont celles qui précèdent l’aube. Dans sa descente, Guy perd littéralement la maitrise de sa vie, même si on s’entend qu’il ne l’a jamais vraiment maitrisée. Dans leur consommation, Brigitte découvre que Guy n’habite nulle part. Il dort dans les entrées d’édifices et d’autres endroits qu’il veut garder secrets. Brigitte l’accueille chez elle dans son petit appartement un certain temps. Ils consomment ensemble jusqu’au jour où Brigitte arrête et adhère à un autre mode de vie. En 2016-2017, Guy m’avoue consommer entre vingt et trente speeds par jour, de l’alcool en tout temps et de la coke parfois. Il consomme vingt-quatre heures sur vingt-quatre avec de courts moments de comas éthyliques. C’est en novembre 2013 que Guy arrive aux portes du Gîte Ami. C’est d’ailleurs en janvier 2014, pendant mon stage d’études en TTS, que je fais sa connaissance, le même hiver où le projet du Portail de l’Outaouais prend forme. C’est aussi à cette époque que Guy rencontre pour la première fois le spécimen humain nommé Léon.

Léon se retrouve au Gîte Ami à souper avec les résidents. Guy présume qu’il est lui aussi résident. Il demande à Léon : Que fais-tu dans la vie ? » Léon répond « travailleur de rue ». Guy

déduit que Léon se prostitue. C’est comme ça que ces deux amis à vie, aujourd’hui, on fait connaissance. Léon, alors travailleur de rue au CIPTO, jouera un très grand rôle dans la vie de Guy. C’est également à cette époque que Guy découvre la mendicité, puis « baptise » l’angle des Allumettières et la bretelle vers l’est de l’autoroute 50, sous le pont.

« Beaucoup, beaucoup de souffrance sous ce pont » se souvient-il. Il a pratiqué cette « profession » pendant quatre ans, beau temps, mauvais temps, sans manquer une seule journée. « D’ailleurs, mes dettes de la nuit m’y obligeaient. Je commençais chaque journée de “quêtage” à moins quatre-vingts dollars; dettes de la nuit précédente. Ma meilleure journée, et je vais garder ce chiffre pour moi, fut bien entendu en décembre, soit le 23 décembre 2013. Je confirme que les gens sont beaucoup plus enclins de donner pendant la période de Noël et c’est dommage. Du même coup, je veux dire à tous ceux qui m’ont donné sous ce pont qu’ils m’ont aidé. Ils m’ont aidé à continuer mon chemin. Oui j’ai utilisé vos dons pour consommer, mais sachez que ce jour-là, à ce moment-là précis, c’est de consommer dont j’avais besoin. Ce n’était qu’une autre étape de mon chemin, celui qui m’a paradoxalement amené ici aujourd’hui, un homme qui a la grâce d’une deuxième vie. »

« Il y a incontestablement énormément de souffrance dans ce style de vie de consommation et de perdition. Par contre, je dois tout de même avouer que lors de mon séjour au camping du Boisé en 2014, ce fut définitivement le plus bel été de ma vie…

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Il a donné son cinq gallons d’essence à un voisin, lui aussi financièrement défavorisé, et s’est rendu chez Brigitte avec son bat qu’il a offert au fils de celle-ci. « À 11 h 30, le 2 mars chez Brigitte, sans le savoir j’étais déjà en rétablissement ».

… malgré tout ce que ça implique de vivre ainsi avec d’autres dont les capacités sociales sont gravement hypothéquées. Il faut être solide pour vivre dehors, dormir dehors, tous pognés ensemble avec nos défis et nos misères. On y vit beaucoup de rejet, de jugement et d’exclusion et pourtant on est dans la souffrance pure, rien d’autre. C’est vraiment dommage que ce “projet pilote” du camping a été si mal géré. Je veux dire qu’on n’ait pas investi à la hauteur du besoin. Il n’y avait qu’un seul intervenant pour gérer autant de monde dans une telle situation, wow, projet voué à l’échec dès le départ. Ça aurait pu fonctionner pis régler ben des problèmes qui, de toute évidence, continuent à empoisonner l’existence de toute la communauté locale et de tous les acteurs concernés, surtout les organismes communautaires. C’est vraiment dommage qu’on investisse toujours à moitié pis qu’après ça on dise que ça marche pas. C’est comme si j’ouvre un restaurant avec un budget estimé à 100 000 $ pis que je l’essai avec 50 000 $, ça met pas les chances de mon bord ben ben, disons ». Aujourd’hui Guy est « clean » depuis plus de trente mois. Pour un toxicomane de demeurer abstinent un seul jour frise le miracle, alors pour réussir trente mois ça prend beaucoup plus que la simple volonté, aussi grande et sincère soit-elle. Avec l’esprit plus clair aujourd’hui, Guy réalise que depuis les quatre dernières années, il a vécu dans une pure illusion, un genre de psychose perpétuelle. Guy a consommé pour la dernière fois le 2 mars 2017. Le matin du 1er mars, il s’est levé de son lit au Gîte, a « sniffé » quelques speeds, est allé s’acheter une grosse bière et a continué sa journée dans le même élan. Le 2 mars à deux heures du matin, ben saoul, ben gelé, Guy a des plans. Guy est bien décidé à faire la fête à trois « pas bons », comme il dit. Ils malmènent les jeunes filles. Il s’achète un bat de baseball en bois et un cinq gallons d’essence. Son plan, brûler la maison où ces types se retrouvent et les attendre dehors avec le bat. Une longue et pénible journée pour Guy. « Un vrai fou » se rappelle-t-il. À 10 h 15 du matin le 2 mars, il reçoit un autre texto de Brigitte, c’est à peu près le quinzième, loin d’être habituel. Guy ne veut pas répondre, ça nuirait à ses plans. Mais à celui-ci il répond, c’est Brigitte qui a besoin de son aide pour repeindre son appartement. Deux « amis » l’ont laissée tomber. Guy accepte, il venait de se sauver la vie.

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Après une journée de peinture et de consommation pour Guy (Brigitte ne consomme plus depuis deux ans), ils s’apprêtent à aller dormir, il est quatre heures du matin le 3 mars. Brigitte va dans sa chambre et Guy sur le divan du salon. Il n’arrive pas à dormir, il réalise par contre que la rage intérieure a complètement disparu et qu’il est habité par un calme inhabituel. Il tombe en sanglots incapable de s’arrêter. Brigitte l’entend et vient le voir, s’agenouille devant lui et là Guy abdique et pleure sa vie. Les seuls mots qu’il a réussi à dire sont « Chus tanné d’être moi ». L’éveil a lieu. Le seuil de tolérance à la souffrance a finalement été atteint.

« Chus tanné d’être moi ». À six heures du matin, Guy emprunte dix dollars à Brigitte pour aller s’acheter des cigarettes et une grosse bière. En chemin il texte Léon. Léon répond en lui téléphonant, non plus habituel. Léon travaille tard le soir. Le matin il dort. Guy lui dit tout simplement « Léon chu tanné de ma vie sale ». Léon répond : Ça fait deux ans que j’attends cet appel mon chum. Saute dans un taxi, je paie, viens-t ’en chez moi. Il n’a pas acheté de bière. De retour chez Brigitte, Guy vide son sac à dos de tout ce qui touche la consommation puis se rend chez Léon. Il y passe douze jours. Douze jours à vomir dans son assiette devant Léon, à trembler, à suer, à faire des cauchemars bizarres, à vouloir mourir. À son dernier stade de consommation, Guy absorbait quotidiennement trente speeds, sept grammes de pot, une quinzaine de Poppers, de la bière, du vin et de la coke à l’occasion. Tout un choc pour le corps. Guy se rappelle que pendant ces douze jours atroces, incroyablement il n’a aucun désir de consommer, aucune obsession. Une grâce ? Le 14 mars, ils se mettent en mode recherche de thérapie. Guy en choisit une. Il entre en thérapie le 15 mars 2017, lors d’une énorme tempête de neige, le bandeau autour de la tête, les gants de cuir, le manteau de cuir, un dur à cuir avec un état d’esprit de « manger tous d’la marde ma gang de tabar… » avec un comportement de rue, violent, enragé, sans estime, hanté de rejet et la conviction que personne ne l’aime. Douze jours d’abstinence sur quarante-deux ans. Son déjeuner habituel ; cinq speeds. Un intervenant encore plus dur à cuir que lui a hérité de son dossier. Ça lui a sauvé la vie, il confirme.

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Un peu plus de trente mois plus tard, il y est toujours aujourd’hui, comme employé. Il n’habite pas loin. C’est sa deuxième demeure. Guy occupe deux emplois. Il s’est sorti de la rue, de la drogue, de l’alcool. Il paie son loyer, il est détenteur d’un permis de conduire valide, une voiture, un compte en banque, une carte de crédit et quelque huit mille dollars de contraventions pour avoir mendié, payées surtout en travaux compensatoires. « Beaucoup, beaucoup, de carottes pis de patates épluchées. Le retour vers l’humilité » dit-il. Son « Hit » maintenant est de sauter en bas d’un avion. « Je peux affirmer être monté en avion dix-huit fois et ne pas être revenu avec. Aucune substance ne peut me produire un tel effet, wow. La vie est belle. »

Brigitte est toujours présente dans sa vie, elle l’a accompagné puis supporté tout au long de son rétablissement. Ça aura pris au moins trois mois à Guy pour comprendre sa « maladie ». Un seul remède pour lui, l’abstinence totale soutenue par un mode de vie spécifique et par un travail sur soi assidu. Guy est enfin heureux. Une chose qu’il ne croyait pas mériter. Il s’entoure d’amis, eux aussi sobres. Il est responsable, fiable, il respecte ses engagements, il se sent libre et allégé du fardeau de l’obsession. Il se sent surtout utile et capable d’utiliser son expérience au profit des autres qui emprunte le même chemin. Une chose est claire, il reconnait la souffrance chez autrui, il la voit et la ressent. « J’ai toujours eu du mal avec le mot “Dieu”, surtout à cause de la religion, mais bon. Mon “Dieu” à moi n’a pas de nom, c’est cette force qui tente de me guider et me donne des signes, si je veux bien porter attention et les écouter. “Dieu” ou “La Vie” à mon avis met les choses les plus belles de l’existence juste un peu plus loin que tes peurs. Dépasse tes peurs, ce qu’il y a de plus beau t’y attend ». « C’est absolument horrible ce que la drogue et l’alcool peuvent pousser un être humain à faire. Pour nos élus, la toxicomanie, l’alcoolisme et la santé mentale, tout ça devrait passer bien avant un pipeline ». –Guy L. -

personnes âgées de 75 ans et plus femmes enceintes au 2e ou au 3e trimestre contacts domiciliaires et proches aidants des personnes à risque de complications travailleurs de la santé (nombreux contacts avec personnes à risque élevé)

*La vaccination de groupe est disponible sur demande

cisss-outaouais.gouv.qc.ca/grippe2019

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VIE SPIRITUELLE

PAR PAULE FONT

Apprendre à lâcher prise

(3e partie de 3)

………Ayant ainsi compris la nature du ‘’Je’’, le yogi doit mettre un terme au ‘’Je’’. Et dans la Précieuse guirlande de Nagarjuna : Aussi longtemps qu’il y a saisie des agrégats, il y aura saisie du ‘’Je’’. Le karma naissant de la saisie du ‘’Je’’ créera le karma pour une nouvelle naissance………. Les subdivisions de l’emprise sur le soi Il faut se demander ce qu’on perçoit dans notre vie de tous les jours ? Est-ce qu’on perçoit la réalité ou plutôt des apparences? Par exemple: Quand on regarde un arc-en-ciel, ça a l’air réel, mais c’est impalpable. Il nous apparaît, mais c’est le résultat d’un phénomène produit : l’eau et la lumière. - Quand les causes et conditions qui créent l’arc-en-ciel ne sont plus là, l’arc-en-ciel disparaît. - Dans tout ce que l’on perçoit, on pense que c’est solide, réel, avec une existence intrinsèque. On va alors s’accrocher à ce qu’on perçoit et donc, créer l’impression que les choses sont permanentes, autonomes, éternelles. C’est un problème, car toutes nos émotions négatives en sont issues. Si on percevait réellement l’impermanence, on s’accrocherait bien moins, et ainsi on n’aurait pas d’attachement, ni d’aversion. La sagesse que l’on essaie de développer, c’est de percevoir que tout ce qui existe est créé par des causes et conditions et que donc, tout est inter relié ou interdépendant. Nos sens nous font voir le contraire et donc, c’est par nos réflexions que nous devons nous en rendre compte. Les choses n’existent pas réellement comme elles nous apparaissent.

Si les choses avaient une nature propre, une qualité particulière, tout le monde percevrait les choses de la même façon. Ce qui n’est pas le cas. Si on met une étiquette sur un objet, on va développer de l’attachement ou de l’aversion. Exemple : l’ananas, bon ou mauvais ? Les interprétations ne sont pas réelles, mais limitées par notre ignorance. De façon ultime, il n’y a rien de bon ou de mauvais, car tout peut être changé. Vous comprenez ?! Notre plus grande ignorance est celle de concevoir que les choses ont un soi, une nature autonome, permanente, éternelle. Quand on a cette croyance-là pour nous et qu’on s’accroche à cette perception-là, c’est l’égo. À partir du moment où on a cette perception, on va dire, moi, mes idées, mes choses et donc, on fait une différence entre nous-mêmes et les autres. Tous les conflits viennent de cette conception-là erronée. Comment arriver à une conception non trompeuse pour éviter tous les problèmes et les souffrances du monde entier ? Par une méditation analytique. Le soi qui nous apparaît existe-t-il réellement ou est-il juste une apparence? S’il est juste une apparence, pourquoi s’y accrocher ?... -FINCeci est mon dernier texte publié dans le Portail de l’Outaouais. J’espère que mes mots ont pu alléger l’existence de certains d’entre vous tout comme les écrire l’ont fait pour moi. Mantra de la compassion : Om mani pémé houng

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LES YEUX DU COEUR

PHOTO : Steve Cutts, artiste

PAR ESTELLE CARON-POULIN

Cher Père Noël ! Choses à faire avant le réveillon : Faire une grosse épicerie. Acheter de gros cadeaux. Monter le sapin. Décorer la maison. Faire du ménage. Trouver quoi mettre... Et finalement, aider un pauvre. ... « Et finalement », locution adverbiale signifiant « à la fin de cette interminable liste »... « Et finalement », locution adverbiale signifiant aussi que « y’était temps » ! Aider ponctuellement, occasionnellement, spécifiquement. Juste à et pour Noël... C’est vrai que Noël, ça te remet dans face que t’es pauvre, que t’as de la misère à subvenir à tes besoins. Un gros coup sur le cœur quand t’es pas capable de gâter tes proches comme tu aimerais. Une grosse claque dans face quand tu te compares aux autres.

Je ne dis pas qu’aider à Noël, c’est mal. Non. C’est juste que les pauvres, ils sont pas juste pauvres à Noël. Ils sont pauvres tout le temps. Et trop souvent, ils sont oubliés, négligés, abandonnés. C’est juste que les pauvres, ils sont pas juste des pauvres. Ils sont d’abord et avant tout des humains à part entière. Et trop souvent, ils sont jugés, méprisés, étiquetés. Comme cadeau, cette année, j’aimerais avoir une société plus inclusive, tolérante et solidaire... Cher Père Noël, j’espère que tu prendras mon message en considération, même si j’avoue être très critique. J’essaie simplement de susciter la réflexion en provoquant des réactions. ... Joyeux Noël tout le monde ! Merry Capitalism everybody ... euh, Christmas ... Merry Christmas... scusez mon anglais, y’est pas parfait !

PHOTO : Bill Stott, ProCartoonist

Le contraste est encore plus grand en cette période de surconsommation frénétique frôlant le « névrotisme ». En ce temps de l’année où tout le monde dépense sans compter. Où tous se sentent obligés d’acheter. D’acheter bien au-delà de leurs besoins et bien au-dessus de leurs moyens. Souvent, dépenser en pensant que le matériel peut tout remplacer, devançant l’immatériel. On s’offre des gros cadeaux pour se démontrer qu’on s’aime gros, pour montrer qu’on s’aime plus. On s’achète, on s’acharne et on s’entête. On veut donner bonne impression. Sentiments d’émulation et pression à la surconsommation.

Au fond, aider un pauvre à Noël, c’est renouer avec l’héritage judéo-chrétien de cette fête : s’aimer les uns les autres et aider son prochain. Oui, c’est vrai. Je sais. Je comprends...

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PHOTO : _Alicja_

LE MOT DU CRIO

PAR VINCENT BOIVERT

La Nuit des sans abri

La Nuit des sans abri est un des événements qui s’est ancré, avec raison, dans la culture populaire du Québec. Nous soulignions en effet cette année la 30e édition provinciale de l’événement qui, comme rapporté par Pierre Gaudreau du RAPSIM, aurait commencé il y a trente ans « autour d’un modeste brasero installé devant les studios de MusiquePlus » à Montréal. Aujourd’hui, La Nuit des sans abri se déroule chaque année dans plus de trente villes au Québec. Bien que la majorité des individus sachent de quoi il s’agit, rappelons-le pour ceux qui, peut-être, ne le sauraient pas. La Nuit des sans abri est un événement de solidarité avec les personnes et les familles sans abri ou à risque de l’être et de sensibilisation à leurs conditions. Bien que la Nuit prenne parfois des allures festives, avec un spectacle et un repas, par exemple, il n’en reste pas moins qu’elle vise d’abord à solidariser et à revendiquer des solutions aux problèmes liés à l’itinérance : plus de logements sociaux, de soutien communautaire et de ressources pour des gens qui en ont gravement besoin. Plusieurs activités sont offertes aux participants de tous les âges et de toutes les classes sociales. On retrouve notamment des dons de vêtements, un coin graffitis, un hommage aux personnes disparues, de la nourriture en abondance, un kiosque de consultation santé, un spectacle musical par et pour et plus encore. Maintenant que l’on sait « comment », « pourquoi » La Nuit des sans abri ? Depuis trente ans, les combats ont en effet beaucoup évolué et il est intéressant de tenter d’actualiser les raisons qui rendent toujours aussi cruciale la tenue de cet événement en 2019. Alors qu’au départ l’objectif de l’événement était de faire prendre conscience aux citoyens, politiciens et individus en général l’existence du phénomène de l’itinérance, particulièrement dans les régions, beaucoup de chemin a été parcouru depuis. Un certain niveau de sensibilisation par rapport aux multiples réalités de l’itinérance a en effet frayé son chemin au sein de la population, un phénomène louable. Aujourd’hui, il s’agit donc moins de faire prendre conscience de l’existence du phénomène, mais la dénonciation de son amplification incessante reste capitale. Nous le savons particulièrement bien en Outaouais, notamment avec la crise du logement et les différents cataclysmes qui ont sévi, les ressources d’hébergement d’urgence, de dépannage alimentaire et de logements sont plus qu’à pleine capacité. Au moment où cet article sera publié, les dernières feuilles seront tombées et le froid se sera installé, que feront donc les personnes qui n’ont pas de chez-soi ? Voilà aussi un peu ce à quoi sert La Nuit des sans abri, à donner un poids à des paroles, à revendiquer avec plus de force, à porter un message qui se doit absolument être entendu.

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Programmation complète au

gatineau.ca/calendrier

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TECHNOLOGIE & HUMANITÉ

PHOTO : jrperes

PAR ANDRÉ GUYON

Le courriel, ça peut polluer? (Trois mesures simples pour réduire considérablement votre impact écologique) Avec les fêtes qui approchent, j’ai quelques suggestions pour vous. Ça pourrait réduire la pollution. On entend souvent que les « centres de données » qui hébergent nos boîtes à courriel, nos photos et vidéos envoyées par les médias sociaux consomment énormément d’énergie (principalement de l’électricité). Dans certains pays, cette électricité est produite au charbon, au pétrole ou au gaz. C’est loin d’être négligeable. Les serveurs distribués un peu partout sur la planète consommeraient plus de 10 % de l’électricité produite dans le monde. Et si la tendance se maintient, ça va augmenter au fil des ans. Le pire, c’est que bon nombre des « corps morts » entretenus sur ces serveurs sont inutiles. Que pouvez-vous faire, vous, simple citoyen? 1- Si vous prenez des photos avec votre téléphone, il y a de fortes chances qu’une copie de celles-ci soit envoyée sur un serveur de Google ou de Apple. Il y en a des très bonnes, des moins bonnes, et d’autres qu’on ne voudrait jamais montrer à personne. Supprimez donc celles qui ne sont montrables à personne. Souvent, il y a une ou deux photos parmis une dizaine qu’on voudrait vraiment conserver. 2- Si vous avez tendance à partager par les médias sociaux, essayez de partager moins, en particulier pour les photos, les vidéos, etc. Au lieu de les envoyer à tout le monde essayez de les envoyer seulement aux gens que ça risque d’intéresser.

3- Le titre de mon article portait sur le courriel. C’est la source majeure de pollution. Surtout si on l’utilise pour faire suivre des pièces jointes.

a. Une pièce jointe partagée par courriel est copiée intégralement dans la boîte de courriel de chaque destinataire.

b. Par comparaison, une pièce jointe sous forme de lien envoyée à un million de personnes n’occupe qu’une seule fois l’espace de stockage nécessaire.

Avec mon compte Outlook, j’ai de l’espace de stockage que je peux utiliser pour partager un lien, au lieu de joindre une copie complète du fichier. Si j’envoie le fichier à une seule personne, ça ne fait pas beaucoup de différence. Par contre, si je l’envoie à 10 ou 20 personnes, ça compte. Avec un compte Gmail, on peut faire la même chose à partir de Google Drive. Avec Gmail, c’est à peu près la même chose. Je connais moins le système d’Apple, mais il existe certainement un équivalent. Dans les deux cas, on se rend sur l’unité virtuelle (OneDrive ou Google Drive), puis on fait un clic droit avec la souris, et on partage le fichier avec les destinataires voulus, ou on obtient un lien qu’on pourra insérer dans le courriel. https://www.sciencesetavenir.fr/high-tech/informatique/numerique-et-ecologie-les-data-centers-des-gouffres-energetiques_121838 https://lejournal.cnrs.fr/billets/le-big-data-est-il-polluant

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TA NATURE

PHOTO : info254

PAR JACINTHE COMEAU

Au gré des saisons !

Pourrait-on dire que la productivité économique est née d’un concept bien ancré dans nos mœurs? À mon avis, oui; elle est née fondamentalement du calcul du temps! Je fais allusion au temps qui se définit par une certaine précision; par exemple, avec un début et une fin. Comment pourrait-on imaginer notre vie sans repères liés aux jours de la semaine, aux mois et aux années? Les activités pour les enfants, les entrevues pour un nouvel emploi ou bien les sorties entre amis sont souvent établis avec une heure fixe et, souvent, sans compromis. Que ce soit professionnellement ou socialement, nous vivons une course contre le temps annexée à un sentiment de performance. Chez les Occidentaux, pourrait-on affirmer que l’heure est à l’introspection pour diminuer nos stress et redonner plus de liberté pour touTEs? En comparaison, le peuple amérindien a une conception différente du temps. Le plus souvent, le sens de la communauté a priorité sur toute autre chose. Le manque de respect est rarement mis en évidence quant à la raison d’une absence ou d’un retard à une rencontre. Aussi, leurs rituels sont liés à leur mode de vie; la chasse, la cueillette et la pêche. C’est donc la nature et les cycles naturels qui régissent leurs activités culturelles et sociales. Pour ma part, combien de fois ai-je simulé ma présence à un rendez-vous prévu d’avance? À la dernière minute, je disais que j’avais changé d’idée; je ne me présentais finalement pas. Je

suis atteinte d’hypersensibilité. Je vis au gré de mes émotions et de mon énergie vitale du moment. Si j’ai réussi à « fonctionner » « normalement » depuis mon adolescence, c’est parce que je suis consciente de mes forces et de mes faiblesses. Je me respecte comme je suis. Mais combien de fois on m’a collé l’étiquette de personne déloyale et irresponsable parce que je ne terminais pas ce que j’avais commencé! Selon ma croyance, tout ça est faux! Car, pour moi, le temps n’existe pas. Tout comme la faune et les animaux qui ne vivent pas dans l’urgence du temps, j’ai fait le choix de vivre “au gré des saisons’’. Qu’est-ce que la nature a à nous apprendre sur le temps qui passe? Nous connaissons les saisons; il y en a quatre. Nous connaissons aussi le cycle lunaire; les lunes sont pleines, et ce, une fois par mois. La moisson s’effectue à tous les ans. L’âge des arbres se calcule par le nombre de cercles de croissance à la coupe transversale du tronc. Quand il y a une catastrophe écologique, le temps s’arrête; la seule priorité, c’est de « sauver sa peau ». Après avoir lu ce texte, pensez-vous que nous pourrions devenir plus empathique à l’égard des gens qui n’accordent pas autant d’importance que nous à la rigidité des horaires et des heures? Et vous? Quelle est votre appréciation du temps? Le temps, c’est de l’argent! Ou le temps, c’est relatif?

ANDRÉ FOURNIER TECHNICIEN - COMPTABLE

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LE PREMIER PAS

PHOTO : François Blais

FRANÇOIS BLAIS PAR GUYPAR LARUE

Les différents chemins (6e partie)

Comme on peut le constater, il y a de bien beaux chemins en France. L’avantage de les parcourir, c’est qu’on y parle français, et notre accent n’a jamais posé de problèmes. En fait, on nous a même demandé de quel département nous venions! Ce n’est pas parce qu’on parlait pointu, mais parce que les visiteurs dans ces régions sont presque tous des Français et qu’en France, il y a une multitude d’accents différents. Moi, par exemple, on m’a dit que je m’exprimais à la manière d’un vieux paysan du Poitou. C’est curieux, car mes ancêtres viennent justement de ce coinlà, mais je doute fort qu’une parcelle d’accent ait pu subsister après des siècles, mais bon puisqu’on y croyait! Les chemins français se rejoignent à Saint-Jean-Pied-de-Port ou un peu plus loin à Puente la Reina. C’est justement de Saint-Jean-Pied-de-Port que commence le Camino francés, ce que beaucoup considèrent comme le «vrai» chemin de Compostelle. C’est d’ailleurs de cet endroit que la majorité des pèlerins, Québécois ou autres, entreprennent leur périple. Pour s’y rendre, on peut partir de Paris, mais c’est un peu loin, même si le train à grande vitesse (TGV) est bien rapide. Il est préférable d’arriver en avion à Bordeaux ou à Toulouse et de là, y aller en train. Depuis Bordeaux, on prend le TGV jusqu’à Bayonne, puis un beau petit train occupé presque exclusivement par des pèlerins. À destination, à la gare de SaintJean-Pied-de-Port, il suffit de suivre la cohorte de marcheurs qui va nous amener au pied des remparts, puis on descend la rue principale jusqu’à notre gîte. En effet, avant d’entreprendre la traversée des Pyrénées, il est recommandé de faire une pause. D’abord, pour se remettre du décalage horaire, puis pour visiter cette belle petite ville. Donc, le matin, après un bon petit déjeuner, on commence la montée dans les montagnes. Après les

huit premiers kilomètres qui sont assez abrupts et difficiles, on arrive au gîte d’Orisson. Il est préférable d’y passer la nuit, mais pour ça, il faut absolument avoir réservé des mois à l’avance, sinon c’est toujours complet. On devrait s’y arrêter, parce que par temps clair, depuis la terrasse, on a une vue extraordinaire sur les Pyrénées. C’est certainement le plus beau panorama de tout le Camino! De plus, c’est à cet endroit qu’on rencontre à peu près toutes les personnes qu’on va côtoyer pendant des semaines. Il ne faut donc pas se priver de cette expérience unique. Le lendemain matin, c’est la marche en haute montagne dans un environnement spectaculaire. On voudrait que le temps s’arrête! Pas toujours, car sous la pluie ou dans un orage (oui, oui, ça se peut!), on a bien hâte d’arriver dans la vallée. La montée vers le sommet est relativement douce, mais la descente vers Roncesvalles (Roncevaux) est un peu problématique. On peut s’y rendre par la forêt (c’est beaucoup plus court, mais plus abrupt et dur pour les genoux) ou par la route, qui descend en lacets (c’est plus long, mais moins difficile). De toute façon, on arrive devant un monastère et on est rendu à Roncevaux; c’est pratiquement le seul bâtiment sur place. Je croyais qu’il y avait un village, mais non, c’est un monastère, une collégiale et quelques maisons autour. Bon d’accord, aujourd’hui il y a en plus un hôtel chic, un autre moins chic et deux restaurants. Le monastère comporte deux dortoirs, un moderne très bien équipé de 225 places et un autre plus ancien et plus rustique de 150 lits. En haute saison, quand les deux dortoirs sont complets, on installe des matelas dans des maisons mobiles temporaires. À l’arrivée, on donne au pèlerin un numéro qui correspond à un lit dans un cubicule de quatre places. Bien sûr, ce grand dortoir est un paradis pour les ronfleurs! Mais ça, c’est une autre histoire!

Tes « aujourd’huis » seraient peut-être plus beaux si tu arrivais à oublier tes « hiers » ou si tu penserais moins à tes « demains » A.Nonim PARTICIPER À LA GUÉRISON DES MAUX DE CE MONDE, PLUTÔT QU’À SA MALADIE.

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ELLES

PAR GUY LARUE

L’amour de soi à travers le cycle de la violence conjugale

Depuis toujours la socialisation enseigne aux femmes à être L’amour de soi : C’est décider de changer ce que tu peux ur de soi à travers le cycle de la violence conjugale gentilles, bonnes et généreuses envers les autres et à toujours changer. C’est te faire confiance. C’est être en harmonie avec

faire passer les intérêts des autres avant les siens. Dans un contoi-même. C’est prendre la décision de choisir d’être heureux et ocialisation enseigne aux femmes à être gentilles, bonnes et généreuses envers texte de violence, le conjoint ou la conjointe passera en premier d’agir en ce sens. C’est mettre l’accent sur le bien-être que tu urs faire passer les intérêts des autres avant les siens. Dans un contexte de pour ensuite s’oublier soi-même. Donc, comment développer ressens à être au côté de personnes avec des comportements ou la conjointe passera en premier pour ensuite s’oublier soi-même. Donc, son amour-propre dans une dynamique de violence ? sains. C’est reconnaitre et rejeter les torts qui ne t’appartiennent er son amour-propre dans une dynamique de violence ? pas. C’est apprendre à ne pas t’oublier pour satisfaire l’autre. Cycle de la violence conjugale Cycle de la violence conjugale

C’est reconnaitre que tu n’es pas responsable des gestes et paroles de l’autre. C’est reconnaitre que, quelles que soient les raisons invoquées, RIEN NE JUSTIFIE LES MOTS OU LES GESTES VIOLENTS !

Phase 4 : La réconciliation ou la lune de miel : l’agresseur exprime des regrets et pour se faire pardonner promet d’aller chercher de l’aide, de ne plus recommencer. Il te traite avec respect et affection. C’est la période où l’on revoit la personne avec qui nous sommes « tombées en amour ». Selon les statistiques, une femme retourne en moyenne sept fois avec le conjoint ayant des comportements violents avant de mettre fin à la relation définitivement.

L’amour de soi : C’est respecter ses limites. C’est se réapproprier son pouvoir d’agir. C’est se recentrer sur soi-même. C’est rester fidèle à soi-même et à ses valeurs en se protégeant des de tension : l’agresseur installe un climat de tension par des excès colériques, Phase 1 : Le climat de tension : l’agresseur installe un climat comportements potentiellement nuisibles. C’est reconnaitre des gestes d’intimidation, des regards menaçants où l’agressée marche sur des de tension par des excès colériques, de lourds silences, des que la lune de miel ne dure jamais très longtemps et que vous actions et comportements de sa/son partenaire. gestes d’intimidation, des regards menaçants où l’agressée méritez qu’elle soit présente au quotidien telle une relation saine marche sur des œufs et craint les réactions et comportements et surtout DE NE PAS CÉDER AU CHANTAGE ! est se donner le droit de s’affirmer, d’exprimer ses opinions, d’oser refuser, de sa/son partenaire. tions et désirs afin de rester en contact avec soi-même. C’est reconnaitre que TU Puisque l’amour de soi est la fondation pour bâtir une relation ETTE TENSION ! L’amour de soi : C’est se donner le droit de s’affirmer, d’exprimer saine, il faut en faire notre priorité. ses opinions, d’oser refuser, d’exprimer ses émotions et désirs on ou la crise : l’agresseur pose des gestes de violence (verbale, économique, afin de rester en contact avec soi-même. C’est reconnaitre que Vous vivez de la violence ou avez des difficultés temporaires ? gique, sexuelle, spirituelle, sociale et cyberviolence). TU N’AS PAS À VIVRE CETTE TENSION ! Dites-vous qu’il est possible d’y mettre fin.

est reconnaitre les formes de violence que tu peux subir. C’est éviter de rester Phase 2 : L’agression ou la crise : l’agresseur pose des gestes Pour de plus amples informations, veuillez consulter notre site rances. C’est reconnaitre que tu as autant de valeur que l’autre. C’est accepter de violence (verbale, économique, physique, psychologique, Internet : www.maisonlibere-elles.ca. Vous pouvez nous rejoinpersonne à avoir le contrôle sur ta vie. C’est respecter tes choix et tes envies. sexuelle, spirituelle, sociale et cyberviolence). dre 24 heures par jour, 365 jours par année au 819 827-4044 et oses en main et effectuer des changements radicaux. C’est te donner le droit de profiter de nos différents services offerts aux femmes victimes écouter ta voix intérieure. C’est reconnaitre que TU N’AS PAS À VIVRE SES L’amour de soi : C’est reconnaitre les formes de violence que de violence ou vivant des difficultés temporaires et à leurs en-

tu peux subir. C’est éviter de rester seule avec tes souffrances. fants : soutien psychologique, accompagnement, hébergement, C’est reconnaitre que tu as autant de valeur que l’autre. C’est groupe de soutien, atelier de sensibilisation, services externes et cation : l’agresseur se déresponsabilise, minimise son comportement, trouve accepter que tu sois la seule personne à avoir le contrôle sur jeunesse. stes et blâme l’agressée. ta vie. C’est respecter tes choix et tes envies. C’est prendre tes choses en main et effectuer des changements radicaux. C’est te est décider de changer ce que tu peux changer. C’est te faire confiance. C’est être donner le droit de te faire plaisir. C’est écouter ta voix intérieure. oi-même. C’est prendre la décision de choisir d’être heureux et d’agir en ce sens. C’est reconnaitre que TU N’AS PAS À VIVRE SES ATTAQUES !

t sur le bien-être que tu ressens à être au côté de personnes avec des Phase 3 : La justification : l’agresseur se déresponsabilise, ns. C’est reconnaitre et rejeter les torts qui ne t’appartiennent pas. C’est minimise son comportement, trouve des excuses à ses gestes et t’oublier pour satisfaire l’autre. C’est reconnaitre que tu n’es pas responsable blâme l’agressée. s de l’autre. C’est reconnaitre que, quelles que soient les raisons invoquées, ES MOTS OU LES GESTES VIOLENTS ! PARTICIPER À LA GUÉRISON DES MAUX DE CE MONDE, PLUTÔT QU’À SA MALADIE. 14 Le Portail de l’Outaouais - Décembre 2019 ciliation ou la lune de miel : l’agresseur exprime des regrets et pour se faire


IMAGES

PAR VALÉRIE GAUTHIER Programme IMAGES Direction santé mentale et dépendance (DSMD) Centre intégré de santé et de services sociaux de l’Outaouais

Interventions pour Mieux Agir en Exclusion Sociale Cette nouvelle chronique d’information est en quelque sorte pour moi, la réalisation d’un rêve de jeunesse. Depuis mon plus jeune âge, j’ai souhaité devenir écrivaine ou journaliste. Finalement, la vie a fait en sorte que je me suis retrouvée en intervention sociale. Ça s’est fait naturellement ! Pour moi l’intervention c’est une passion. Ceux qui travaillent avec moi vous le diront, j’adore ma job ! Une grande partie de mon travail en tant qu’éducatrice au programme IMAGES est d’informer et d’orienter les gens. En effet, naviguer le système peut parfois devenir un défi pour nous tous. Malheureusement, pour une variété de raisons (difficultés de santé mentale ou physique, difficultés financières, consommation, itinérance, etc.) une personne peut devenir fragilisée et sa vie se désorganise. Naviguer le système devient alors un défi difficile à relever. À ce moment critique, recevoir des outils et du support pour s’orienter peut changer toute la direction qu’une personne va prendre dans sa vie. Au programme IMAGES, on reçoit des références de partout. Ça nous permet de joindre les gens qui autrement ne viendraient peut-être pas chercher les services d’eux-mêmes. Une autre façon pour nous de joindre les gens c’est de faire du repérage actif (outreach). Ça veut dire qu’on se déplace, qu’on va dans les milieux à la rencontre des personnes et qu’on offre ouvertement du support. Dans le même ordre d’idée, écrire cette chronique chaque mois devient un outil d’intervention. Je joins donc l’utile à l’agréable. Je réalise un rêve, tout en élargissant la portée potentielle de mes interventions. Ça me permet de joindre les gens, sans même avoir à me déplacer ! Après tout, tous les petits gestes peuvent faire une grande différence. Parce que connaitre les ressources disponibles pour nous dans la vie c’est essentiel, encore plus quand on vit une mauvaise passe. Comme il faut bien commencer quelque part, je commence par le programme dans lequel je travaille, le programme IMAGES. IMAGES veut dire : Interventions pour mieux agir en exclusion sociale. C’est un programme offert par le CISSS de l’Outaouais. Le service s’adresse particulièrement aux personnes en situation d’itinérance ou à haut risque de le devenir. Son but premier est de favoriser l’amélioration des conditions de vie de ces personnes et leur intégration dans la communauté. Ceci est accompli en soutenant les personnes directement, mais également en soutenant les intervenants et les ressources de la communauté.

Les services s’offrent donc dans les différents organismes de la ville, au domicile et dans les CLSC. En gros, le service est donné par une équipe de deux éducatrices et deux infirmiers. Il y a aussi la possibilité (selon l’évaluation de l’infirmier) d’avoir accès à des interventions médicales ponctuelles pour la clientèle IMAGES présentant des problèmes de santé et n’étant pas en mesure d’accéder à d’autres ressources. (Ex. : Aucun médecin de famille ; Clinique Médigo ; sans rendez-vous, etc.) Nos services : - Évaluation de la santé physique et psychosociale ; - Informations sur les ressources disponibles ; - Accompagnement dans les démarches ou vers les ressources ; - Présence ponctuelle à court/moyen terme ; - Aide pour l’obtention de la carte d’assurance maladie (critères spécifiques d’accès) ; - Soutien pour atteindre les objectifs de vie de la personne ; - Référence vers les services du CISSSO. Les personnes voulant faire appel aux services du programme IMAGES peuvent nous contacter directement. De plus, les intervenants œuvrant déjà auprès des personnes peuvent faire une référence. Si vous souhaitez faire une demande de service, recevoir de l’information ou si vous avez des suggestions, n’hésitez pas à me contacter au 819 966-6510 poste 332218 ou par courriel au valerie.gauthier.cissso@ssss.gouv.qc.ca. De plus, n’hésitez pas à faire appel en tout temps aux intervenants d’Info-Santé/d’Info-Social en composant le 811. Voilà pour ma première chronique ! Merci de votre lecture et restez à l’affût pour les prochaines éditions du Portail où je ferai l’exploration de différents programmes et organismes.

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REGARD VIF PHOTO : Animauxdelumière.over-blog.com

PAR JACINTHE POTVIN

AH! Que j’ai aimé les hommes de ma vie! Je les ai aimés follement et croyez-moi, c’est le cas de le dire. Je n’existais que dans leur regard. Ils devenaient l’air que je respirais. Je n’avais pas d’amis. Je ne voyais que très rarement ma famille. Je n’avais pas de loisir ni de projet personnel. Je n’avais pas le temps de m’investir dans aucune autre chose ou relation qu’avec eux. Je n’étais pas soumise, j’incarnais la soumission! Je devançais tous leurs besoins, j’anticipais. Je revenais du boulot et m’abstenais de répondre à mon besoin d’aller aux toilettes, car je devais faire vite et arriver dans mon temps pour faire le ménage, ornementer ma table de salle à manger avec fleurs, chandelles et argenterie, préparer un repas gastronomique tous les jours, me déshabiller, me laver, me rhabiller, me démaquiller, me remaquiller, pour que tout soit impeccable, pour que je sois parfaite, souriante, fraiche et dispo pour mon homme. Je m’assoyais enfin et attendais durant 10 minutes le cœur palpitant qu’il entre par la porte. Je les accueillais, leurs enlevaient leurs vêtements, partais un lavage, leur coulaient un bain, les lavaient passionnément sous le son d’une douce musique et les admiraient sirotant un bon verre de vin que je leurs avait acheté et servis. Je les lavais, préparaient leurs linges propres, les escortaient à table et les servaient. Je leur faisais des cadeaux dispendieux, les mettaient sur un piédestal et leur faisait l’amour comme ils le voulaient sans qu’ils soient obligé de me toucher ou de faire le moindre effort. J’étais reconnaissante qu’ils soient là. Reconnaissante qu’ils soient capables de m’aimer…et pourtant… C’est moi qui les ai tous quittés. Je me suis vidée, je me suis oubliée, je me suis asséchée. L’absence de leur réciprocité amoureuse me glaçait le sang et était une source de souffrance insoutenable. Tout ce que je voulais c’est d’être aimé. J’en faisais encore plus jusqu’à l’abdication de mon être et mes besoins afin qu’ils me démontrent un peu d’amour. Malheureusement, ils prenaient et ne me donnaient rien. J’ai fais beaucoup de cheminement personnel pour comprendre que la dépendance affective prend racine dans l’enfance. Je reconnais avoir subi les 5 blessures de l’âme soit le rejet, l’injustice, l’abandon, la trahison et l’humiliation. Ces blessures ont développé chez moi une obsession de plaire à tout prix. La peur de la solitude, le manque d’estime et d’amour de soi chronique et le complexe du sauveur avaient fait de moi un automate de servitude pour les hommes de ma vie.

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Certes, ma dépendance était souffrante, cependant ce n’était pas de tout repos pour mes amoureux d’être l’objet de mon affection démesuré, car maladroitement, de par mon acharnement, mon insistance, ma jalousie, je demandais à mes partenaires de combler toutes mes carences affectives. C’est une lourde commande qui très rapidement résultait pour eux en un manque d’intérêt et d’admiration et ayant comme conséquence, la mort de tout sentiment qu’ils avaient pour moi. Jadis, je n’aimais pas trop, mais j’aimais mal. J’aimais l’autre avec peur. J’empiétais dans son espace. Je critiquais, je contrôlais, j’avais des attentes, je décidais pour l’autre, je me croyais responsable de son bonheur. Aujourd’hui après une décennie de cheminement pour vaincre la dépendance affective, je visite quotidiennement ce merveilleux continent qu’est l’amour de soi. J’ai compris que je dois me choisir et m’aimer véritablement pour être en mesure d’aimer sainement une autre personne. Je suis devenue ma meilleure amie et un parent dévoué et attentionné pour guérir la petite fille en moi carencée. Je ne donne plus le pouvoir et le fardeau à mon amoureux de me rendre heureuse. Je suis une adulte responsable qui est créatrice de sa vie et de son propre bonheur. Le cycle est rompu, la petite Jacinthe est aimée, la femme est épanouie et enfin unifiée, elles sont heureuses. Joyeux Noël à tous et toutes et que l’amour de soi guide votre vie.

L’équipe du Portail, direction, intervenantes et camelots, tient à remercier chaleureusement le Collège Saint-Alexandre. Les élèves nous ont choisi pour leur Campagne de financement 2019-2020, ex aequo avec le Dépanneur Sylvestre. Les fonds versés permettront de mettre sur pied un projet « pour et par les camelots » très motivant et rassembleur ! Mille et un mercis !

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PAR LISE PARADIS

UNE JOURNÉE AU GÎTE Le Gîte Ami 85, rue Morin Gatineau (Québec) J8X 0A1 819 776 0134

Mon premier vrai Noël En 2007, tout récemment sorti, encore une fois, du Gîte Ami, c’est mon tout premier Noël seul. Noël chez ma mère n’était qu’une histoire de bavardage superflu et inutile entre adultes et beaucoup, beaucoup d’alcool. Le tout finissait généralement dans une chicane affreuse où ma grande sœur accusait ma mère de s’être encore ridiculisée. Plus tard, dans un environnement plus « normal », chez mon père alors remarié à une femme ayant déjà cinq enfants, les Noëls étaient plutôt axés sur la surabondance de bouffe et d’innombrables cadeaux. Le tout débutait avec une intention de joie. Par contre, dans ma nouvelle famille, alors que tous semblaient normaux et fonctionnels de l’extérieur, tout comme moi, ils tous intérieurement véritablement blessés. À Noël, l’alcool y est pris avec plus de laisser-aller, laissant le champ libre aux partages de tous les non-dits de l’année qui s’achève. Les cœurs fragilisé par l’alcool et la nostalgie, la dramatique s’empare de la maisonnée et Noël devient spontanément une guerre de mots, de pleurs et de chagrins. Noël; que de souvenirs dramatiques, tristes et malheureux. Je grandis ainsi, mon désir pour l’alcool aussi. Je suis alcoolique; une « maladie », grave incurable ou si vous préférez une « condition » progressive, déroutante et sournoise qui dissout tout sur son passage. J’ai tout essayé pour apaiser cette soif et pour maintenir ma consommation dans les balises de l’acceptable. Rien à faire, l’alcool prend toujours de plus en plus de place dans mes priorités. C’est maintenant une obsession, l’alcool prévaut. Ma déchéance prend l’axe vertical, tout droit vers le bas, c’est la chute libre. À l’occasion, je me prends plus ou moins en main, mais je refuse d’avouer que l’alcool est la première cause de ma misère. Le problème est toujours projeté sur les évènements, les personnes ou les lieux. Lors d’une

période d’abstinence, les dents serrées, la soif refoulée, avec un emploi que j’adore, je me retrouve à habiter à mon insu un quartier où l’alcool coule à flots, la drogue et la prostitution règnent dans les rues avoisinantes. Je deviens le grand sauveur. Je décide de prendre en charge chez moi, des individus pris dans cet enfer. Deux mois plus tard, je consomme, perd mon emploi, vend peu à peu tous mes biens et finalement mon logement, me voilà encore à la rue. J’atterris au Gite Ami, sans un sou et sans papiers. Mon père, cet ami, cet homme sage à qui j’ai fait tant de soucis, meurt alors que je réside au Gite. L’aide sociale ne veut pas me dépanner parce que je ne peux m’identifier, j’ai besoin de sous pour mes papiers; la poule et l’œuf. Cinq mois plus tard, avec l’aide d’une avocate, j’obtiens enfin un chèque, j’emménage dans une petite chambre minable, mais c’est chez moi. Noël arrive, je ne reçois aucune invitation. Mon père me manque. Je lève les yeux vers le ciel et demande à mon père : « Papa, pourquoi suis-je seul à Noël ? » et il répond : « Hey, il n’y a aucune dramatique ». Un baume au cœur. De ma fenêtre j’observe la rue Principale. Soudainement la neige tombe par énormes flocons doux. Je sors marcher. La nuit semble magique. Pour la première fois je me sens vivre Noël pour ce qu’il est : l’accueil de la Lumière, de la paix et de l’Amour, une semence d’Amour pour moi-même, déjà en moi. Mon premier vrai Noël. - Un ex-usager enfin heureux, encore et toujours marginal, dans sa dixième année de rétablissement.

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PSYCHOYOGIE

PAR VALÉRIE BRASSARD-LEPAGE

PHOTOS : jaychoi2270

Lettre ouverte au ministère de la Perfection (SUITE)

Madame, Monsieur, Mesdames, Messieurs, Laissez-moi d’abord vous dire comment je me sens à l’idée de m’adresser à vous. Je suis légèrement stressée et préoccupée. Je cherche les mots. Pas n’importe lesquels. Pas les bons mots. Je cherche les mots PARFAITS. Je doute de pouvoir être à votre image. Je me rassure en me disant que ceci n’est qu’une ébauche. J’écris en mon nom personnel et au nom de tous les « imperfectionnistes » post-modernes, qui se sont tellement souciés de bien paraître et de vous plaire, même s’ils n’ont jamais pu mettre un visage sur vous, ministère au pouvoir qui règne en gouvernement majoritaire. Je suis peut-être une nobody à vos yeux, mais je suis quelqu’un. Je suis quelqu’un comme vous, comme mon voisin, comme le premier ministre, comme l’enfant qui naîtra demain ou encore celui qui mourra dans nos mains. Je suis quelqu’un. Ce quelqu’un est imparfait parce qu’il est humain. Il est imparfait parce qu’il ne peut se dissocier du temps passé, du temps qui passe et dont le sable s’écoule sans s’arrêter, à moins de le retourner sur le côté ou de le faire circuler de haut en bas. Ça fait quoi un quelqu’un dans la vie? Ça fait de son mieux. Mais encore ? Ça fait de son mieux selon ses capacités, ses connaissances et les circonstances. Si nos parents nous avaient eus quelques années plus tard, estce que ça aurait été différent? Oui. Est-ce qu’ils auraient été en mesure de mieux nous élever? Peut-être. Est-ce que mes parents se sont mis beaucoup de pression à être les parents parfaits? Oui. Est-ce qu’ils le sont devenus? Non. Est-ce que nous nous sommes mis beaucoup de pression pour être un enfant parfait? Oui. Est-ce que nous le sommes devenus? Non.

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Est-ce que nous avons bien fait d’essayer? Oui. Quoiqu’il ait été, c’était le meilleur qu’on ait pu donner et qu’on ait pu recevoir. Et je suis certaine qu’à votre ministère, vous faites la même affaire. On est tous dans le même bateau. Non, c’est pas vrai. Il y en a qui sont en pédalo, en canot. Il y en a qui sont sur terre, à vélo, en auto, en métro, avec la STO ou OC Transpo. Chose certaine, on rame, on pédale. On avance. Ensemble. Parfois dans le mê Est-il réaliste de penser pouvoir être parfaitement synchro? Oui, diront les optimistes. Non, diront les pessimistes. À certaines conditions, diront les réalistes. Si nous suivons le tempo, diront les latinos. Laissez-moi vous partager une petite tranche de vie. J’ai commencé à apprendre la salsa avec un ami de la Colombie. Jamais je n’aurais pensé que je pouvais autant apprendre en me déhanchant. J’ai rapidement compris que je devais accorder mes pas. Suivre le rythme. Détendre les épaules, le corps. Desserrer la mâchoire. Balancer mon poids. Faire confiance. Me laisser aller. La vie est-elle une danse ? Oui. Il faut accepter sa nature. Suivre son propre rythme. Se relaxer pour être plus performant. Piler sur les pieds de l’autre pour s’excuser, et se rappeler qu’on est humain et que l’humilité c’est un bon partenaire. Les faux pas sont nécessaires pour apprendre à mieux danser avec la vie et ses évènements. Dansons et ramenons le mouvement. On est ici pour s’amuser aussi. Pour être vivant. Pleinement vivant. Monsieur, Madame, cela étant dit, j’ai pensé que vous pourriez ajouter la compétence « pleinement imparfait » dans vos offres d’emploi parce que, pour moi, c’est quelque chose qui s’acquiert avec des années d’expérience et cela indique indéniablement un cheminement bien avancé. Et c’est ce que vous voulez pour une société avancée comme la nôtre : le progrès – pas la perfection. Veuillez recevoir, Madame, Monsieur, l’assurance de ma considération distinguée. P.S. Je vous saurais gré de transmettre cette lettre à qui de droit.

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PAR MICHEL PRÉVOST

UNE PAGE D’HISTOIRE D’ICI

D.U., président de la Société d’histoire de l’Outaouais

Dans mon enfance, dans les années 1960, au début du mois de décembre, ma mère déposait, au milieu de la table, une belle bûche de bouleau blanc décorée de deux chandelles. L’apparition de cette bûche annonçait que Noël approchait à grands pas. En la regardant avec émerveillement et en pensant aux cadeaux à venir, j’étais bien loin de me douter que cette tradition de la bûche de Noël trouvait ses origines centenaires en France. En effet, la tradition de la bûche de Noël remonte à des siècles et jusqu’à assez récemment, elle n’avait aucun rapport avec la belle pâtisserie décorée en forme de bûche que l’on mange aujourd’hui. En fait, cette coutume a ses racines au XIIe siècle en Europe, particulièrement en France et en Italie. Au XVIIe et au XXIIIe siècle, les Français amènent en Nouvelle-France cette tradition qui se perpétue au Canada jusqu’au dernier quart du XIXe siècle.

PHOTO :skeeze

La tradition de la bûche de Noël : du bois à la pâte La tradition évolue Dans la première moitié du XIXe siècle, la tradition au Canada français de faire brûler à Noël une bûche dans l’âtre se perd rapidement. Ce n’est pas parce que la foi s’affaiblit, mais plutôt à cause d’une invention extraordinaire, le poêle à bois qui remplace les foyers. Enfin, la population ne gèle plus durant nos durs hivers, puisque les foyers n’arrivaient pas à chauffer convenablement les maisons à cause de notre climat rigoureux. Comme il y a de moins en moins de foyers dans les chaumières, on arrête de regarder la bûche de Noël brûlée dans l’âtre. Cela dit, cette tradition ne disparait pas totalement, puisque l’on prend l’habitude de remplacer la grosse bûche de bois dans le foyer par une petite bûche en bois au centre de la table avec des chandelles et parfois de la verdure.

Les rituels Au fil du temps, on voit plusieurs rituels liés à la bûche. Ainsi, à la veille de Noël, on va chercher une énorme bûche de bois franc, appelée bûche de Noël, que l’on rapporte à la maison. Le soir de Noël, le maître de la maison la place dans l’âtre, arrose le tronc d’huile, de sel et de vin, et récite des prières de circonstance. À certains endroits, on bénit la bûche pendant la messe de minuit ou on dessine une croix sur le bois. Tous ces rituels autour de la bûche reposent sur les croyances religieuses. En effet, en faisant brûler la bûche on cherche la protection divine. Mais attention, on attribue des vertus protectrices non pas à la bûche, mais à ses cendres. En réalité, ce sont les cendres qui protègent la maison contre les intempéries, particulièrement la foudre. Celles-ci peuvent également donner de bonnes récoltes et on les étend dans les champs. De plus, pour certains, les cendres de la bûche de Noël protègent la famille contre les pouvoirs maléfiques du diable.

Dans les années 1960 et 1970, on remplace progressivement la bûche de bois par une pâtisserie en forme de bûche que l’on ne cesse d’embellir depuis avec toutes sortes de décorations de Noël et de symboles de l’hiver. De la lointaine tradition d’alimenter le foyer d’une belle bûche de Noël, on passe à la délicieuse pâtisserie qui fond dans la bouche. Certes, les puristes vous diront que c’est encore une de nos belles traditions qui s’est perdue. En revanche, les amateurs de cette succulente pâtisserie richement décorée pour les Fêtes ne s’en plaindront pas, car ils préfèrent de beaucoup la bûche en pâte à celle en bois.

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POINT DE VUE DU PROF

PAR NÉRÉE ST-AMAND

PHOTOS : jFree-Photos

Professeur titulaire École de service social, Université d’Ottawa

Je n’entrerai pas demain!

Septembre! Jour de rentrée. Tout le monde « entre » : Au bureau, à l’école, en ville. Mon frère m’envoie un texte sur les contraintes et contradictions de la rentrée (La fête du travail VS la fête de l’angoisse). Alors que moi, plutôt que d’entrer, je sors! La liste des « à faire », beaucoup plus courte, est remplacée par un objectif plus simple mais combien plus difficile: « To be ». Direction : la Chanterelle, mon chalet dans la Gatineau! Là, paisiblement, j’admire le lac Neil. Et je me surprends, me réveillant au fait que je n’entrerai plus au bureau, ou presque. La pluie alimente mon état, au gré des heures qui, plus lentement qu’avant il me semble, passent et restent. Et le lac Neil reçoit, généreusement, d’infinis clapotis venus, généreusement, de l’autre rive. Alors qu’ici, peu se passe et tout reste, si on daigne le voir ainsi. Tout doucement, quelques mots, aimantés par la magie du silence, s’invitent sur papier et s’harmonisent comme suit: La rentrée Je n’entrerai pas demain. Je vais continuer D’écouter cette pluie Qui abreuve le lac, Et sentir la lumière Sereine et tamisée, Envelopper le lieu Du calme d’ici.

Je n’entrerai pas demain Et pour la première fois, Peut-être, J’écouterai le temps Accueillir la nuit, Et me recueillir Dans le mystère d’un moment Qui invite, simplement, À rester là, À être… Car, par magie, « être » semble remplacer « faire »! Je n’entrerai plus Demain ou l’autre demain du lendemain Car l’automne a fait son nid Et doucement se surprend À ne plus presser Le moment d’ici. Je n’entrerai pas demain Peu importe le temps Qu’il reste au temps Ou la vie qui répond Qu’un jour, c’est une vie Et qu’une vie, c’est, Du moins aujourd’hui, Cette pluie Généreuse Qui invite tout simplement À être, Ici.

PHOTOS : Free-Photos

Meditation du mois

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Retirez-vous dans le calme et le silence de la méditation. Reposez-vous dans ce calme et cette paix. Quand l’âme trouve sa demeure de repos en silence, alors la vraie vie commence. Vous pouvez faire du bon travail seulement quand vous êtes calme et serein. Les bouleversements émotifs vous rendent inutile. La vie éternelle, c’est le calme ; et quand un homme entre dans cette vie, il vit comme un être éternel. Le calme a pour base une confiance totale en La Vie. Rien en ce monde ne peut vous séparer de l’amour de l’Univers, toujours à l’oeuvre. Je demande de revêtir le monde comme un vêtement ample. Je demande de demeurer serein au centre de mon être.

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PLACE AU CITOYEN YVES BINET (1972-2018) Il a existé des milliers de vies qui comme la tienne ont été destinées à passer sans laisser de traces. Pourtant, petit nomade, la tienne était sans doute peuplée d’aventures qui auraient dû être dites et entendues. Il va s’en dire, il aurait été possible en t’écoutant énoncer sagement tes histoires de repérer quelques indices utiles pour repenser les manières dont nous entrons en relation avec les personnes qui passent leur vie à errer. Or, dans une société comme la nôtre, ta vie de nomade a eu le malheur d’être ordinaire au côté de ce qu’on estime habituellement comme étant digne d’être raconté. Sans doute, il y avait aussi dans ton entêtement à ne pas vivre comme les autres quelque chose qui était suffisamment fascinant pour que plusieurs s’obstinent à chercher à parler à ta place et à te gouverner. Presque à chaque fois, tu as réussi avec audace à produire ta vie dans la résistance. Après ta mort, il ne reste pourtant rien de plus que les mémoires et les mots de ceux qui ont jeté sur toi pendant un certain temps un faisceau de lumière et qui peuvent aujourd’hui énoncer les péripéties de ton fugitif trajet. Si alors que tu étais vivant, tes histoires n’étaient pas les plus reconnues et les plus

valorisées, maintenant que tu es décédé, elles ne sont désormais saisissables qu’indirectement, dans les paroles des autres. Tout se passe comme si dans une société bornée comme la nôtre, tes histoires comme celles de tant d’autres nomades étaient destinées à passer sous tous les discours et à s’effacer sans être réellement entendues. Le plus grand des hommages que nous puissions sans doute te rendre est alors de n’oublier ni toi ni tes batailles, mais aussi de reconnaître que si pour nous ton histoire était singulière, ta vie comme ta mort peuvent être des invitations à voir dans les nomades que nous croisons des êtres familiers, dont les histoires doivent être dites et entendues. Ce n’est que parce que tu demeures en nous que tes batailles peuvent continuer dans l’actualité. Ta famille tient à remercier en ton nom ceux et celles dont les actions abondent en ce sens, puis qui sont encore, même après ta mort, de précieux alliés. Elle remercie tout particulièrement les membres du comité organisateur de la 19e édition de la Nuit des sans-abri et de la communauté de l’Outaouais qui t’ont consacré un hommage. Ce temps en communauté fut réconfortant, chaleureux et solidaire.

DE PASSAGE - Es-tu certain de vouloir t’incarner sur terre?

- Et quelle est la meilleure façon d’ouvrir son cœur ?

- Tout à fait. Ma décision est prise.

- Fais attention à lui. Écoute sa voix intérieure. Laisse-toi aller et laisse partir la résistance et la croyance que les choses sur terre ne sont pas comme tu le souhaites...

- Es-tu conscient des défis que tu devras relever? - Je n’ai jamais été sur cette planète avant, donc je ne sais pas ce que signifient vraiment les concepts de “ peur “, “ douleur “, “ solitude “ ou “ tristesse “. Peut-être que ce qui m’inquiète le plus, c’est celui de la “ mort “... Je ne comprends pas l’idée de cesser d’exister pour toujours : C’est impossible, mais les humains croient que c’est comme ça. Quoi qu’il en soit, mon âme veut “descendre” et expérimenter tout ça, apporter ma lumière et contribuer avec mon Être au changement de conscience. - Quand tu seras là-bas, limité par ton corps physique et que tu te demanderas ce que tu fais dans cet endroit, “tu comprendras”... Tu ne peux pas imaginer ce que signifie expérimenter cet état de conscience, de densité limitée. - Je relève le défi... - Alors, si c’est ta volonté, je ne peux que te souhaiter un heureux voyage dans le monde en trois dimensions, et te rappeler que nous serons avec toi, de cette dimension, en t’observant et en te guidant. Si tu parviens à ouvrir grand ton cœur, une tâche qui n’a rien de simple, tu seras en mesure d’écouter, de voir et de comprendre nos signes.

Accepte... Ce n’est que de cette façon que tu peux accepter les autres et honorer leur apprentissage. La paix et l’amour qui apparaîtront en toi grâce à cette acceptation te mettra automatiquement en “contact” avec nous. - OK, je vais garder ça à l’esprit. - Non, mon ami... Tu vas oublier... C’est la règle. Tu dois t’en souvenir dans la mesure où ton corps physique, déjà contaminé par des procès, des penchants et des croyances négatives, grandit et devient adulte. La lumière de son âme doit apparaître à travers les ténèbres de la peur, de la méfiance et de l’incompréhension. FAIS CONFIANCE, notre bien-aimé : Nous sommes sûr que tu seras en mesure de l’atteindre. - Qu’est-ce que c’est ? - C’est le ventre de ta mère présente. Et ce petit embryon avec des membres que tu peux voir à l’intérieur est le corps physique dans lequel tu vas t’incarner. Bon voyage, âme des étoiles !

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L’HABITATION

PAR LE ROHSCO

L’apiculture urbaine, un geste écoresponsable favorisant l’intégration sociale et le maintien en logement En ce mois du temps des fêtes, pourquoi ne pas insérer un pot de miel dans un bas de Noël ? En plus d’être une solution de remplacement santé au sucre, la fabrication de miel est un geste écoresponsable qui encourage autant l’intégration sociale, le maintien en logement que la revitalisation de quartier. L’expérience montréalaise de l’apiculture urbaine sur le toit de l’immeuble un Toit en Ville (2019), au sein d’un programme de l’Accueil Bonneau (2019), témoigne de plusieurs bienfaits environnementaux et sociaux. Depuis 2012, l’organisme Alvéole a comme mission de mettre en place des ruches en milieu urbain et d’en expliquer le fonctionnement. Une ruche peut contenir une moyenne de 50 000 abeilles pour une reine. Il n’est pas nécessaire de porter le costume traditionnel pour se protéger des piqûres d’abeilles. Souvent, les guêpes et les abeilles sont confondues. Contrairement aux guêpes, les abeilles piquent très rarement puisqu’elles meurent après avoir éjecté leur dard. En moyenne, la durée de vie des abeilles est de 30 jours. Rappelons qu’avec les pesticides et les changements environnementaux, à l’échelle internationale, le nombre d’abeilles est en décroissance. Les apiculteurs d’Alvéole étudient les dispositions du territoire avant de déterminer la taille et le nombre de ruches. Il est important de savoir que les abeilles butinent dans un rayon de cinq kilomètres les arbres, les plantes, les fleurs et les jardins qui sont à proximité de la ruche. La couleur du miel varie en fonction des plantes qui se retrouvent dans l’environnement des abeilles. En somme, la production de miel favorise le verdissement des végétaux et des quartiers et la pollinisation, essentiels à la production de fruits et de légumes que nous consommons.

de pots de Miel de Bonneau que l’on peut acheter au coût de 10 $ dans certaines épiceries participantes de Montréal. Pour l’organisme un Toit en Ville, c’est également une façon écoresponsable de prendre soin de leur jardin communautaire qui se trouve sur le toit, à proximité de leur ruche. De plus, le miel produit permettra de découvrir de nouvelles recettes entre locataires par l’organisation de cuisines collectives et la rédaction d’un livre de recettes. Ce qui signifie qu’à travers un projet de logement communautaire comme un Toit en Ville ou un centre de jour comme l’Accueil Bonneau, il est possible de faire preuve de créativité et d’acquérir de nouvelles compétences sociales et professionnelles. L’apiculture urbaine est un phénomène en croissance. Il ne reste qu’à savoir qui sera le premier organisme communautaire de la région à offrir cette initiative novatrice. Sources Accueil Bonneau (2019, consulté le 16 octobre). Le Miel de Bonneau : https://www. accueilbonneau.com/service/le-miel-de-bonneau/ Alvéole (2019, consulté le 16 octobre). Les ouvrières et le fruit de leur labeur : https://www.alveole.buzz/apprendre/info-eclair FOHM (2019, consulté le 16 octobre). Un Toit en Ville accueille une nouvelle ruche urbaine : https://fohm.rqoh.com/un-toit-en-ville-accueille-une-nouvelle-ruche-urbaine/

En plus de son volet alimentaire, la fabrication de miel à l’Accueil Bonneau et au sein de Toit en ville constitue des programmes d’insertion sociale et de maintien en logement. Au préalable, les locataires ou les apprentis apiculteurs doivent participer à des séances d’information avec des formateurs d’Alvéole. Les leçons ne sont pas seulement théoriques, elles offrent aussi des expériences pratiques pour produire le miel et s’occuper des ruches, des activités de sensibilisation citoyenne et des ventes

Une députée accessible et engagée !

Maryse Gaudreault

députée de hull

et vice-présidente de l’Assemblée nationale

259, BOUL. ST-JOSEPH, BUR. 207 / 819 772-3000 / MARYSE.GAUDREAULT.HULL@ASSNAT.QC.CA

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(819) 771 3723

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À tous les derniers jeudis du mois, nous avons la chance d’occuper un kiosque au Village Cartier, maintenant la propriété de Brigil ! Un camelot y sera accompagné de notre intervenante pour y vendre, en primeur, la toute nouvelle édition ! Nous remercions toute l’équipe du Village Cartier de nous offrir cette belle et enrichissante opportunité.

425 Boulevard Saint-Joseph, Gatineau Le 31 octobre 2019

Le 28 novembre 2019

Le 19 décembre 2019

Le 23 décembre 2019 De 11h à 16h

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Édition du magazine Le Portail décembre 2019

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