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AVRIL 2019

L’ENTREVUE avec Denis

Manseau

L’aide à mourir ; suicide par procuration ? p.6 TDAH p.13

Crédit photo : France Laplante

Êtes-vous sous écoute ? p.19

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NOTRE CONSEIL D’ADMINISTRATION Présidente : Trésorière : Secréraire : Administrateur : Administrateur : Administratrice : Administrateur : Directeur, Éditeur et Fondateur :

Emilie Boisvenu Laurianne Benoît Valérie Patry Sylvain Roy Jérémie Roy Geneviève Hamelin Marcel Bertrand Christian Gosselin

Correcteurs/trices :

Michelle Morin André Guyon Dernière lecture : Christian Gosselin Commis administratif : Sylvain Grandbois Vidéaste : Marie Laure Turmel Photographes France Laplante Christian Gosselin Infographiste : Isabelle Sabourin (du Progrès) Imprimerie : Imprimerie du Progrès

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Le Portail de l’Outaouais est membre de : Le CRIO, du ROHSCO et de la TROCAO 819 230-4988 / portaildeloutaouais@gmail.com / www.leportaildeloutaouais.org

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PARTENAIRES DÉVOUÉS Le Portail de l’Outaouais, l’organisme, a un système de valeurs, des croyances et des philosophies biens définis. Son directeur, ses employé-es, ses bénévoles et son conseil eux, ces êtres humains, ont eux aussi un système de valeurs, des croyances et des philosophies bien définis et espérons-le, sont grandement compatibles avec celui de l’organisme.

NOS AMIS

Le Portail de l’Outaouais, le magazine, l’outil, lui n’en a aucun. Bien que sa tendance penche majoritairement vers l’empathie et l’acceptation de nos citoyens fragilisés dans leurs défis quotidiens, il demeure un espace ouvert à toutes les perceptions, un lieu où tous et toutes ont la liberté de s’exprimer ouvertement, cette liberté s’arrêtant là où elle empiète sur la liberté d’autrui. Ceci étant dit, l’organisme n’adhère à, ni ne conteste aucune information partagée et publiée dans ce présent ouvrage.

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L’ÉDITORIAL

PAR CHRISTIAN GOSSELIN Éditeur

Avril enfin. Les jours allongent, le soleil réchauffe, les bourgeons sortent, les gens aussi, tous les gens, les sans-abris inclus. Mais eux, comme si c’était une espèce à part, des méconnus, des incompris, des indésirables, minables, une plaie sociale, on préfèrerait qu’ils restent enfouis, cachés. Eux pour qui on voudrait profondément éprouver de l’empathie, mais hors de la portée visuelle s’il-vous-plaît. Le fameux syndrome universel du « pas dans ma cour ». Rarement j’entends « mais qu’est-ce qu’on pourrait faire de plus, qu’est-ce qu’on fait qui ne va pas pour générer tant de misère, qu’est-ce exactement que nous ne faisons pas socialement, où est l’erreur ? » Non, j’entends « mais qu’est-ce qu’ils ont donc à ne pas vouloir, à être si paresseux, à ne pas vouloir « cadrer », à faire comme tout le monde ? » Comme tout le monde, ben oui toé, fais comme tout le monde, c’est clair, on est tous pareils. Voilà exactement pourquoi, la vraie raison pourquoi je me suis retrouvé moi-même à la rue. C’est simple je me suis toujours senti ne pas appartenir, un intrus, un incompris, un pas pareil, un extraterrestre. Ce qu’on m’offrait comme vie ne résonnait pas juste en moi, ça ne me ressemblais pas et ce au point d’être absolument incapable de m’identifier, de me joindre au mouvement, au mode de vie social dit « normal », d’adhérer. Ça a été très souffrant de vivre ainsi, de croire que c’était moi le minable, l’incapable, l’inadéquat, le bon rien. Beaucoup trop de gens vivent cette souffrance. Par contre

moi je suis un béni. Dieu merci, par une grâce encore mystique, je me suis retrouvé, intérieurement, dans mon authenticité. J’ai appris à être en paix avec moi-même dans un monde qui ne me ressemble pas. L’Itinérance, rappelons-nous le encore et encore, est une situation, une étape dans une trajectoire de vie, un moment sombre souvent trop long certes mais pas nécessairement ni même vraisemblablement une finalité.

Crédit photo : Michel Gosselin

« La terre dégèle, les filles sont belles, on est passé au travers… (R.Desjardins). »

SOMMAIRE 4 - L’ENTREVUE 6 - DE LARUE 7 - COMPOSTELLE 8 - DOSSIER SPÉCIAL 9 - UNE JOURNÉE AU GÎTE 10 - ELLES 13 - REGARD VIF 14 - HUMOUR

15 - UNE PAGE D’HISTOIRE D’ICI 16 - POINT DE VUE DU PROF 18 - L’HABITATION 19 - TECHNOLOGIE & HUMANITÉ 20 - VIE SPIRITUELLE 21 - PSYCHOYOGIE 22 - PLACE AU CITOYEN

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L’ENTREVUE

PAR JOSIÈVE BISSON Auteure de Qu’en penses-tu ? Étudiante en psychologie

Denis Manseau Il n’y a pas à dire, Denis m’a super bien accueillie à ses bureaux. Soucieux de bien profiter du moment présent, il a tout mis en œuvre pour que notre entrevue se déroule bien : il a choisi une pièce qu’il aimait, près d’une fenêtre et il nous a même préparé le thé. Merci encore, Denis! Le Portail : Quel est votre parcours de vie, Denis? Denis : Bonjour, Josiève. Merci d’être là et merci pour l’invitation. Je suis bien content de dire que je suis un gars d’ici, de Hull. Je suis de la paroisse St-Benoît, qui est maintenant la maison Mathieu Froment, pis mon école primaire c’était l’école du Lac Des Fées. On est une famille de 6 enfants; je suis le troisième. On est une famille tranquille puis j’ai des parents qui ont de bonnes valeurs. On n’est pas une famille où on a des diplômes universitaires puis qui a eu la chance d’avoir des études très avancées, donc on a fait le meilleur qu’on pouvait avec les outils qu’on avait à ce moment-là. Je pense qu’on avait une bonne fondation de valeurs communautaires et sociales qui étaient de bonnes valeurs. Je suis bien reconnaissant de ce que j’ai reçu de mes parents. J’ai un parcours de vie assez original. J’ai fait une année au Collège St-Alexandre et j’ai terminé mon secondaire à la Polyvalente à Hull, qui est devenue le centre Asticou. La chose qui a été marquante pour moi, c’était le pavillon de musique parce que c’était aussi la première année où, dans la région, le ministère de l’éducation avait investi un budget énorme dans l’introduction d’un curriculum pour introduire les instruments à vent. On s’est retrouvés avec un pavillon musical de belle qualité où on pouvait apprendre le trombone, la clarinette, la flûte traversière, le cor français, le basson, le tuba; tous les instruments à vent! Moi je me suis épanoui beaucoup dans ce domaine-là, à cette polyvalente-là. J’aimais aussi beaucoup le pavillon technique, qui était le côté mécanique, la menuiserie. Pas que j’ai évolué là-dedans, mais ça m’a développé des intérêts là-dedans. La musique a marqué mon parcours. Après mon diplôme secondaire, je ne savais vraiment pas ce que je voulais faire dans la vie, mon parcours a été pas mal exploratoire – je suis allé faire une année au conservatoire de musique, suivre un cours de charpentier-menuisier, pour voir. J’me suis pas complété professionnellement ni dans l’un ni dans l’autre de ces domaines-là. J’étais un peu une personne à la recherche d’un sens dans la vie. Je cherchais des réponses à mes questions existentielles. J’ai réussi à trouver des réponses par l’entremise de quelques contacts : ça m’a amené à une institution qui donnait des cours de développement de la personnalité

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et de la psyché. Ils donnaient des cours de métaphysique qui parlaient de méditation, de l’analyse des rêves et d’exploration des multiples dimensions de l’être humain. Ça m’a ouvert des horizons nouveaux dans la perception de ma vie et dans le désir de vouloir vivre ma vie de façon à intégrer les multiples dimensions de l’être humain. J’ai donc commencé à m’impliquer dans cet institut qui se nommait Institut de la métaphysique. À un point tel que je suis parti suivre un cours de trois mois à une des école résidentielles que l’institut possédait en Saskatchewan. Et…je ne suis jamais revenu! En ce sens que j’ai joint la communauté. Je me suis marié à l’intérieur de cette communauté. J’ai comme vécu dans un autre monde pendant plusieurs années jusqu’à ce que, au début des années 80, tout ça est tombé à l’eau. Tout a arrêté, particulièrement dû à un problème provenant des fondateurs. J’étais à ce moment-là dans un des centres à Halifax avec mon épouse. C’était le début de la fin : on s’est retrouvés, moi et mon épouse, à Halifax. On n’avait aucun revenu, aucune aucune possession personnelle; on était un peu laissés à nous-mêmes. Ce fut mon université de la vie. Ma vie en communauté m’a aidé à développer des valeurs fortes. Donc, en 1984, j’étais à Halifax et je n’avais plus rien. J’ai pris un bottin téléphonique pour appeler des restaurants et offrir mes services en tant qu’entrepreneur peintre. Ça a très bien été, je me suis retrouvé avec une sécurité et mon épouse m’a appuyé là-dedans. J’ai été à Halifax pendant 3 ans et j’ai fait évoluer ma compagnie jusqu’à avoir 10 à 12 employés. Après, y’a un poste qui s’est ouvert à Montréal pour Publications Transcontinental. J’ai pris l’avion, je suis allé rencontrer le directeur puis on a convenu d’une entente; j’avais un emploi. Là, mon épouse et moi, on a vendu la maison, on a tout vendu. On a racheté une nouvelle maison sur la rive sud de Montréal, puis je commençais mon nouvel emploi. Ça, c’était en 1987, un nouveau début à réaffirmer les forces, les affinités et le plaisir que j’éprouvais à travailler dans le domaine de l’édition, chose que j’avais faite au sein de la communauté. J’ai travaillé pour Transcontinental pendant 5 ans. Je trouvais ça difficile de travailler au sein d’une grosse compagnie, mais ça allait vraiment bien. J’ai été représentant, directeur de produits, j’ai vraiment bien collaboré; ce furent de bonnes années. Après 5 ans d’expérience dans le domaine de l’édition, j’ai décidé de partir à mon compte et m’en revenir dans la région. Là, j’ai parti ma maison pour représenter des revues, des publications, avec lesquelles j’avais des affinités. C’étaient surtout des magazines d’architecture et de construction; j’avais des affinités dans ce domaine-là. J’ai fait ça pendant un autre 5 ans avant de décider de devenir éditeur. J’avais le goût de faire quelque chose pour

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moi. En 1997, j’ai fondé une nouvelle compagnie qui s’appelle Janam publications et publie des magazines d’architecture. J’ai graduellement délaissé la représentation d’autres maisons d’édition pour faire évoluer ma propre compagnie. Par la suite, j’ai réalisé qu’il n’existait rien dans la région comme revue de diffusion d’information. J’ai commencé à mijoter l’idée de tenter de créer un véhicule d’informations pour subvenir à ces besoins, puis monté un plan d’affaires. Finalement, cette période-là m’a amené à une période de réflexion et de planification à vouloir mettre sur pied un projet qui s’appelle maintenant Cheminement. En 1997, le plan d’affaires était en place, puis j’suis allé chercher un financement de 10 000 $ pour subvenir au manque à gagner d’un numéro à l’autre. Il y a eu un beau support d’annonceurs qui ont embarqué. Donc Janam publications et Cheminement ont tous les deux été fondés en 1997. Avec Cheminement , je voulais vraiment mettre à l’avant-plan la force de la communauté. Le Portail : Quand vous voyez un itinérant dans la rue, vous réagissez-comment? Denis : Je vais te dire bien honnêtement, j’ai de la misère avec ça – et je donne quand même de l’argent des fois - parce que

j’aime pas donner de l’argent à quelqu’un qui est juste debout sur le coin de la rue pis qui est juste là jour après jour pour chercher de l’argent. J’ai toujours en moi la conviction qu’on a tous une force intérieure qu’on peut faire quelque chose, peu importe la mesure à laquelle on peut faire quelque chose. Y’a quelque chose de concret qu’on peut donner à la communauté pour recevoir en retour. C’est pas leur rendre justice de les nourrir; c’est comme : montre à un homme comment pêcher, et tu vas le nourrir pour le restant de sa vie, mais donne un poisson à un homme, tu vas le nourrir juste pour une journée; il va revenir encore pour un autre poisson. C’est un peu ma perception de l’itinérance. Le Portail : Des valeurs qui vous tiennent à cœur? Denis : La responsabilité. C’est important qu’on se responsabilise face à nous-même, qu’on soit responsable à l’égard de notre environnement, de notre communauté et de notre planète. Et aussi, faire du mieux qu’on peut, avec ce que l’on a. C’est ici que s’est terminée notre entrevue, mais Denis nous a tout de même laissés sur ces sages mots : Cherche la lumière au bout de ton chemin.

COMMANDITAIRES

ÉCHELLE DE PARTENAIRES Absolus : Supérieurs : Distingués : Dévoués : Amis :

20 000$ + 10 000$ à 19 999$ 5 000$ à 9 999$ 501$ à 4 999$ 500$

*Adopté par le conseil ce 14 juin 2016

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DE LARUE L’élargissement de l’aide médicale à mourir : l’Eugénisme1 à nos portes! L’auteur concède que sans un embryon de foi, il soit difficile de croire que malgré le stade avancé d’une maladie dégénérative, il puisse se passer quelque chose de hautement significatif à l’intérieur d’un être humain alité. Tout compte fait, une appréciation purement subjective d’une situation apparemment sans issue, commanderait littéralement l’extinction <forcée> du malade. L’eugénisme peut être appliqué de façon barbare, voire spectaculaire, comme ce fut malheureusement le cas dans le cadre de nombreux conflits d’ordre ethnique; mais il peut également épouser les traits subtils, voire insidieux, d’une <apparente> douceur de fin de vie. Ainsi, les nouvelles mœurs sociétales ne justifient-elles point ce qui en réalité est un suicide2 par procuration? Mais prenons plutôt un exemple où une dérive possible pourrait plonger le malade impuissant vers un suicide qu’il n’aura jamais souhaité. Nombreux sont ceux et celles qui, pour des raisons qui leur appartiennent, n’auront jamais formulé, ni verbalement ni par écrit, de directives de fin de vie. Nombre de ces personnes vivront leur dégénérescence seules, pour diverses raisons. L’évolution des lois sur l’aide médicale à mourir ne permettrat-elle point, d’ici quelques décennies tout au plus, de laisser le médecin traitant décider du sort ultime de son malade? Et un parent <successible>, voire un mandataire aux biens et à la personne <véreux>, pourrait-il subtilement forcer la note, dans le but de recueillir plus rapidement son héritage? Là où il y a de l’homme, il y a de l’hommerie3.

Plus la société se laïcise, se sécularise, et plus elle se déshumanise! Ne sommes-nous point en quête d’un nouvel ordre mondial4! Et qui dit <nouvel ordre> dit nouvelles mesures, toujours plus efficaces, plus expéditives, plus rationnelles, apparemhttps://www.youtube.com/watch?v=1kZngNruH_w. Également https://www.youtube.com/watch?v=4KLuNapTQ. ment orientées vers le besoin du plus grand nombre, mais tout https://www.youtube.com/watch?v=c_MtmXwsJUw. compte fait, destinées à l’élite. Le fait qu’une personne malade ait <perdu> l’usage de ses facultés5 signifie-t-il pour autant que

son âme soit <inerte>, qu’elle ne puisse plus évoluer? Nous ne le croyons pas. Combien il importe que chaque être pensant de notre province ne se laisse pas dicter sa façon de penser et par voie de conséquence sa façon d’être, par quelque institution que ce soit (législatif, politique, judiciaire)! Voilà l’importance fondamentale de notre propre conscience, de nos choix de vie, lesquels doivent impérativement épouser les traits d’une incontournable congruence. Car, que ces choix soient effectués pour soi-même ou pour autrui, ils revêtiront inéluctablement des conséquences d’ordre moral et psychique pour chaque décideur. Ajoutons que cette <percée> dangereuse de la sécularisation qui investit tous les pores de notre société actuelle, ne saurait être le fruit du hasard! Bien au contraire, une telle percée est <savamment> orchestrée par ces mêmes fomentateurs qui agissent depuis belle lurette au sein de diverses industries6 (spectacle, musique, etc.). En conséquence, combien il importe de bien prendre conscience de l’importance fondamentale de l’enjeu de chaque être humain : la vie ou la mort spirituelle. Voilà, selon l’auteur, où réside le choix personnel de tout un chacun; un choix que nous devrons tous effectuer tôt ou tard7. 1 L’eugénisme peut être désigné comme « l’ensemble des méthodes et pratiques visant à améliorer le patrimoine génétique de l’espèce humaine. Il peut être le fruit d’une politique délibérément menée par un État. 2 Acte de se donner volontairement la mort. 3 François de Sales. 4 https://www.youtube.com/watch?v=oGsPApFGmok. 5 L’intelligence, la mémoire, la volonté. Nous englobons également sous ce vocable l’imagination. 6 https://www.youtube.com/watch?v=1kZngNruH_w. Également https://www.youtube.com/watch?v=-f4KLuNapTQ. 7 https://www.youtube.com/watch?v=c_MtmXwsJUw.

TOUR DE BABEL L’auteur détint un baccalauréat en enseignement spécialisé. Il a exercé la profession d’avocat pendant trente ans, s’occupant essentiellement de la réhabilitation des alcooliques et toxicomanes devant les cours du Québec. Il a agi à titre de conseil de la défense devant le Tribunal Pénal International. Il exerce aujourd’hui la profession de notaire au Québec. Sa propre mère souffre d’Alzheimer avancé depuis plusieurs années.

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TOUR DE BABEL

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auteur détint un baccalauréat en enseignement spécialisé. Il a exercé la profession d’avocat


COMPOSTELLE

PAR FRANÇOIS GUY LARUEBLAIS

Le premier pas Pas encore une chronique sur Compostelle ! C’est sans doute ce que vous avez dit en feuilletant le présent exemplaire du Portail. Avant toute chose, je voudrais souligner que j’ai été pendant sept ans l’animateur régional de l’association Du Québec à Compostelle et j’ai également marché 3 000 kilomètres sur des chemins de Compostelle. Cette expérience m’a profondément marqué et je voudrais la partager avec vous. Compostelle, on en parle beaucoup ces temps-ci. Même le sympathique chroniqueur sportif du réseau TVA, Dave Morissette, est intarissable à ce sujet. De plus, il y est allé trois fois à vélo, la dernière avec son père et ses deux fils. Il doit y avoir là quelque chose d’extraordinaire, car il existe des centaines, voire des milliers d’ouvrages, tous plus intéressants les uns que les autres, qui portent sur les différents chemins de Compostelle. C’est sans compter les nombreux sites Internet, blogues et diverses prestations youtubesques qui s’ajoutent à un catalogue fort bien garni de ressources documentaires sur Compostelle. Alors, pourquoi donc encombrer les pages d’une revue outaouaise sur l’itinérance avec une autre chronique sur ce sujet ? Simplement parce que, à mon avis, on n’en parle jamais assez et qu’une série d’articles concis et pratiques pourrait permettre à plusieurs de s’initier au merveilleux monde des chemins de Compostelle et aussi d’éviter de s’éparpiller en vaines recherches un peu partout ! Tout d’abord, il faut se demander c’est quoi ça, Compostelle. De quoi parle-t-on au juste ? Précisons qu’il s’agit d’un pèlerinage qu’on fait depuis un peu plus de mille ans vers Santiago de Compostella, en Galice, dans le nord-ouest de l’Espagne, où se trouverait le tombeau de l’apôtre saint Jacques le Majeur (on y reviendra avec plus de détails !). L’an dernier, en 2018, plus de 327 000 personnes s’y sont rendues, presque toutes à pied (sauf Dave Morissette et quelques autres cyclistes !). C’était une année record et, si la tendance se maintient, il semblerait que le nombre de pèlerins continuera d’augmenter. Pourquoi autant de

gens partent-ils à l’aventure, à pied, souvent pendant des mois pour se rendre à Santiago ? Qu’est-ce qu’il y a là pour attirer autant de monde ? C’est un peu ce que nous allons essayer de voir. Cela étant dit, cette série de chroniques s’adresse donc à tous ceux qui sont curieux, qui veulent découvrir ce que signifie l’expression « chemin de Compostelle » et qui veulent obtenir le plus de renseignements possible au même endroit. Elle s’adresse également à ceux et celles qui sont déjà initiés à cet univers et qui voudraient aussi trouver le petit détail qui permet au marcheur d’économiser ses pas pour aller plus loin sans trop se fatiguer. On trouvera donc dans cette série d’articles tout ce qu’il faut savoir sur l’histoire du pèlerinage vers Saint-Jacques-de-Compostelle, la description des différents chemins, le matériel adéquat, la préparation physique et psychologique du pèlerin ainsi qu’un grand nombre de trucs et de détails susceptibles de simplifier sa vie sur le Chemin. Le tout accompagné de clins d’œil et de touches d’humour qui égayeront une lecture qui pourrait par ailleurs être trop sérieuse. La présente chronique aurait tout aussi bien pu s’intituler « Tout ce que vous voulez savoir sur Compostelle, mais que vous n’auriez jamais osé demander » ! Un drôle de titre, direz-vous ? Bien sûr, mais c’est dans cet esprit que nous allons aborder ce sujet fascinant. Dans les prochaines chroniques, nous allons commencer par raconter l’étrange histoire de saint Jacques le Majeur et de la découverte de son tombeau, tout ça dans le contexte historique de l’Espagne.

Oublie cette vie que vous n’avez pas eue afin de profiter pleinement de celle qui est la vôtre.

Caroline Myss

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PAR CHRISTIAN GOSSELIN

DOSSIER SPÉCIAL

Projet camelots

Comme vous le savez certainement, Le Portail a sa juste part de défis depuis sa première parution mensuelle en décembre 2015, des défis qui sont toujours issus ou presque d’un manque de ressources financières et conséquemment, matérielles et humaines. Le plus grand défi qui en découle est de loin le manque d’accompagnement, d’encadrement et d’encouragement des nouveaux participants-camelots qui prennent leur courage à deux mains pour relever ce défi mais qui, malheureusement, laissés à eux-mêmes, se découragent et se désistent pour disparaître à nouveau dans la jungle de la rue. Une tournée de trois jours au Gîte Ami, à La Soupe Populaire Yolande Duval, à Vallée Jeunesse, à La Soupière de l’Amitié puis finalement au Lab, tous des organismes à mission connexe. Ces trois valeureux camelots ont accepté cette invitation parce qu’ils croient au Portail, ils vivent les bienfaits que la tâche de vendre un magazine de rue a apporté dans leur vie. Ils sont venus ici en Outaouais motiver la population fragilisée de l’Outaouais à profiter de cet outil qui a déjà fait ses preuves dans cent vingtdeux villes au monde, dont quatre au Québec. Le but premier est d’effectivement les motiver, les convaincre de son efficacité bien sûr, mais aussi de démystifier le message qui circule en Outaouais qu’un journal de rue ça ne marche pas; résultat direct des échecs vécus par les camelots pionniers du Portail par notre manque d’accompagnement. Oui malheureusement nos premiers élans ont raté la cible. Mais nous continuons d’y croire, d’apprendre de nos erreurs et d’ajuster le tir. À l’heure où vous lisez ces lignes, Le Portail de l’Outaouais a à son actif un commis administratif à temps partiel en réintégration en milieu de travail via RESEAU OUTAOUAIS qui me permet d’être moi-même davantage sur le terrain, une intervenante responsable du réseau de distribution (participants-camelots) et unE étudiantE sera également très bientôt avec nous sur le terrain via le programme fédéral Emploi d’Été. Une présence au bureau et trois intervenantES sur le terrain avec la mission première de stabiliser notre premier noyau de camelots qui eux, par effet d’entraînement, attirerons et recruterons d’autres camelots. Enfin Le Portail pourra se concentrer à une intervention adéquate envers ses participantES. De concert la vente de journaux croîtra, ce qui diminuera le prix d’impression par exemplaire, ce qui assurera également une plus grande visibilité publique,

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ce qui attirera davantage le monde des affaires à acheter nos espaces publicitaires et bien entendu qui facilitera la tâche de nos camelots dans la vente du magazine. Enfin la persévérance de tous portera ses fruits et Le Portail de l’Outaouais fera partie intégrante de la culture Gatinoise et de l’Outaouais. Le Portail de l’Outaouais tient à manifester sa gratitude la plus totale envers La Quête de Québec, le Journal de rue de l’Estrie, les camelots Jonathan, Bernard et Steve pour cet appui grandiose dans notre élan de faire fleurir le Portail de l’Outaouais. Nous leur serons à tout jamais reconnaissants.

Crédit photos : Christian Gosselin

Les 24, 25 et 26 février derniers, Le Portail a invité trois camelots d’expérience de Québec et de Sherbrooke à venir nous partager leur expérience, leurs astuces, les défis et les bienfaits de la vente de journaux de rue ici en Outaouais.

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PAR LISE PARADIS

UNE JOURNÉE AU GÎTE

De la dignité humaine et des ressources Lorsque des personnes se présentent pour la première fois au Gîte Ami, c’est souvent pour elles un constat d’échec : un échec de vie. Il existe encore énormément de préjugés dans notre société, du genre « s’il est là, c’est qu’il l’a voulu », « si elle est là, c’est qu’elle n’a pas de volonté ». Croyez-moi, les personnes qui atterrissent au Gîte Ami se jugent souvent euxmêmes beaucoup plus sévèrement et leur dignité se ramasse à la petite cuillère…s’il en reste… « On a souvent une vision infantilisante ou misérabiliste de l’itinérance. Mais ces gens ne sont pas différents de « nous », citoyens ordinaires. Personne n’est vraiment à l’abri de ce genre de naufrage. Beaucoup de gens sont à deux ou trois payes de se retrouver à la rue. Que ce soit pour un arrêt de travail pour une maladie, une mise à pied, une rupture familiale… Sur le plan psychologique, ça peut aussi chavirer très rapidement », nous dit Madame Manon Dubois, directrice de la Maison du Père dans un article de La Presse + du 24 février 2019, écrit par Rima Elkouri. Elle nous dit également « Une des choses importantes pour eux, c’est de préserver leur anonymat. Ils ont des familles. Ils ont leur dignité aussi. » Donc, quand nous avons des demandes de « visites » du Gîte Ami, des demandes de journalistes de venir filmer ou prendre des photos des sans-abris, ils se sentent comme des animaux de cirque nous dit-elle encore dans cet article. Les gens veulent bien faire. Une fois, une mère nous appelle pour voir si elle peut venir visiter avec son ado pour lui montrer où il finira s’il ne va pas bien à l’école… Au Gîte, il y a certes des personnes qui n’ont pas fini leur secondaire mais d’autres également qui ont des diplômes universitaires, des doctorats et qui pourtant, pour différentes raisons se sont retrouvées sans abris.

Pour ce faire, ça prend des ressources, des ressources humaines; pour avoir des ressources humaines qualifiées et en nombre suffisant, ça prend des ressources financières. Plusieurs donateurs bien intentionnés nous disent vouloir que leurs dons aillent directement aux usagers. Mais, pour accueillir des personnes, ça prend des ressources matérielles, comme un bâtiment; ce bâtiment, il faut le chauffer, l’entretenir, le réparer; ça prend aussi des produits d’entretiens, des produits d’hygiène. Aussi, il faut les nourrir et encore là, ça prend d’autres ressources malgré toute l’aide apportée par Moisson Outaouais et de généreux donateurs; pour gérer tout cela. Un incontournable, d’autres ressources humaines pour recevoir ces denrées, les trier, les entreposer et les préparer pour les servir. Pour leur être en support, leur fournir de l’encadrement, pour aller chercher les services d’autres groupes communautaires et/ ou institutions, vous le devinerez, cela prend également d’autres ressources humaines et donc, de l’argent. Ce mois-ci, le Gîte Ami organise une grande consultation auprès de ses partenaires terrain, de ses bailleurs de fonds, de son syndicat ainsi que des usagers, afin de voir s’il est possible de toujours tenter de faire plus avec toujours de moins en moins d’argent. Nous vous tiendrons au courant, dans un prochain numéro, du résultat de cette consultation. D’ici-là, si vous rencontrez des gens dans la rue, un sourire, un bonjour, fera peut-être une différence dans leur vie. Lise Paradis Directrice exécutive au Gîte Ami Le Gîte Ami 85, rue Morin Gatineau (Québec) J8X 0A1 819 776 0134

Donc, vous comprendrez que notre travail, au Gîte Ami, est de les accompagner à se « reconstruire » avant même de penser à leur trouver un logement.

À votre service depuis 1924 819.778.2122 | info@duprogres.ca PARTICIPER À LA GUÉRISON DES MAUX DE CE MONDE, PLUTÔT QU’À SA MALADIE.

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ELLES

PAR UNE RÉSIDENTE Crédit photo : Pixabay_Ashish_Choudhary

PAR GUY LARUE

J’ai été victime de violence conjugale pendant 26 ans. Je n’avais pas de bleus ni de fracture, mais après le divorce, je me suis trouvée dans l’invadilité. J’ai vécu des abus psychologiques, émotionnels, sexuels et financiers. Mon expérience m’a montré qu’il y a encore beaucoup à faire dans notre société pour protéger les femmes et les enfants de la violence conjugale. Quand j’ai commencé ces relations, je n’étais pas au courant de ce genre d’abus. Je savais que la violence physique existait et j’en étais consciente. Mais je n’avais jamais entendu dire que la maltraitance pouvait être psychologique. De plus, je pensais que c’était une sorte de relation normale. Pendant ce temps, je perdais lentement ma personnalité, ma dignité, mes rêves et mes valeurs. Je suis devenu une partenaire acommodante pour un homme immoral qui m’a utilisé pour rendre son existence confortable et significative. J’ai essayé d’obtenir de l’aide mais personne ne m’a compris. Au contraire, beaucoup m’ont reproché d’être ingrate et instable. Et j’ai continué à m’améliorer pour essayer d’être une meilleur partenaire pour mon mari. Finalement, j’ai fini par tomber gravement malade et gravement déprimer.. Quand j’ai finalement réussi à sortir de ce mariage, j’ai reçu des propos blâmant la victime, tels que « Pourquoi tu l’as laissé faire ça? Pourquoi tu es resté avec lui? » Je restais dans ce mariage depuis si longtemps en raison du manque d’informations sur les abus psychologiques, de la culture misogyne, du manque de preuves d’abus reconnues par la société et le système juridique. À l’heure actuelle, je ne peux toujours pas me protéger pleinement ni protéger mes enfants de l’ex-partenaire violent. Le système judiciaire ne reconnaît pas la violence psychologique en tant que crime ni même en tant que méfait administratif. Les victimes se retrouvent sans assistance juridique et deviennent un fardeau pour les systèmes sociaux et de santé. Les raisons d’un comportement abusif sont également négligées. Les agresseurs ne subissent pas d’évaluation psychologique, ce qui prive les victimes de leurs droits en matière de rétablissement et de justice en cas de troubles de la personnalité de leurs agresseurs.

des problèmes psychologiques à long terme, des dépendances et des relations violentes. Les personnes qui s’y intéressent reçoivent beaucoup d’appui, mais malheureusement, elles traitent principalement des conséquences des abus lorsque le préjudice est déjà fait. De nombreuses personnes ne sont pas du tout au courant d’abus non physiques et ne savent pas comment reconnaître ces types d’abus et ce qu’elles doivent faire au cas où elles rencontreraient ce phénomène. Outre la diffusion de l’information, la société devrait reconnaître les abus non physiques comme des crimes. Toute sorte de manipulations, telles que psychologiques, émotionnelles, financières, sexuelles, etc., visant à prendre le contrôle d’une personne devrait être légalement considérée comme un abus et traitée en conséquence. En outre, comme pour d’autres actes de violence à l’égard des femmes, les informations sur les abus conjugaux à l’égard des femmes sont principalement destinées aux femmes. Cependant, elles devraient également être adressées aux hommes. Malheureusement, la misogynie et les abus sont intégrés à nos croyances culturelles si profondément que parfois même associés à la vraie masculinité. Les jeunes ne savent pas que la violence psychologique n’est pas moins dommageable que la violence physique et qu’elles ne sont pas conscientes des conséquences. Les informations sur les abus possibles devraient être accessibles aux femmes et aux hommes, non pas lorsqu’il y a déjà des problèmes, quand il est trop tard, mais plutôt avant même qu’ils ne commencent une relation. Cela aidera à éviter les souffrances et les vies ruinées. Même si vous ne pensez pas être en situation de violence conjugale, je vous recommande fortement de rechercher des informations et de prendre conscience de ces problèmes. Vous pouvez aider, prévenir ou même sauver des vies. Si vous êtes dans une relation abusive ou dans une autre situation abusive, demandez de l’aide immédiatement. Cela pourrait prévenir d’éventuels effets néfastes. Certaines personnes et organisations vous comprennent et disposent de ressources pour vous aider.

L’absence de reconnaissance légale des abus psychologiques nuit également aux enfants, ce qui peut éventuellement causer

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I was a victim of conjugal abuse for 26 years. I didn’t have bruises or broken bones but after the divorce I ended up on disability. I experienced psychological, emotional, sexual and financial abuses. My experience shown me that there are still a lot to be improved in our society in order to protect women and children from conjugal violence. When I started those relationships I didn’t know about those kind of abuses. I knew that physical abuse exists and I was aware of it. But I had never heard that abuse can be psychological. Moreover, i thought it is some kind of normal relationships. During that time I was slowly loosing my personality, dignity, dreams and values. I became a convenient partner for an immoral man who used me to make his existence comfortable and meaningful. I tried to get help but nobody understood me. On the contrary many blamed me for being ungrateful and unstable. And I continued to work on myself trying to be a better partner to my husband. Eventually I ended up seriously ill and severely depressed. When I finally managed to get out of this marriage I received some victim-blaming comments such as “Why you let him do that to you? Why you stayed with him?” I had been staying in this marriage for so long due to lack of information about psychological abuse, misogynous culture, lack of evidences of abuse which were recognized by society and legal system. Right now, i still can not fully protect myself and my children from the abusive ex-partner.

abuses at all and have no information about how to recognize these types of abuses and what to do in case they come across with these phenomena. Besides spreading the information, society should acknowledge non-physical abuses as a crime. Any sort of manipulations, such as psychological, emotional, financial, sexual, etc., in order to gain control over a person should be legally seen as an abuse and treated accordingly. Also, as with other violent acts against women the information about conjugal abuse against women is mostly addressed to women. However, it should be addressed to men as much. Unfortunately, the misogyny and abuse are integrated into our cultural believes so deeply that sometimes even associated with the true masculinity. Young people do not know that psychological abuse is not less harmful than physical one and not aware of consequences. The information about possible abuse should be available to women and men not when there are problems already, when it is too late, but rather before they even start any relationships. It will help to avoid suffering and ruined lives. Even if you don’t think that you might be in the situation of conjugal abuse I strongly recommend to find information and be aware of these issues. You can help, prevent or even save somebodies lives. If you are in abusive relationships or any other abusive situation, seek help immediately. It can prevent any possible harmful outcomes. There are people and organizations that understand and have resources to help you.

The legal system does not recognize the psychological abuse as a crime or even as an administrative mischief. The victims are left without legal support and become a burden on social and health systems. The reasons for abusive behaviour are overlooked as well. The abusers do not undergo psychological evaluation which deprives victims’ rights for recovery and justice in cases of any abusers’ personality disorders. The lack of legal recognition of psychological abuse harms children as well which eventually can cause long term psychological problems, addictions and ending up in abusive relationships as well. There are a lot of support from people who care but unfortunately they mostly deal with consequences of abuses when the harm is already done. Many people are not aware of non-physical

Une députée accessible et engagée !

Maryse Gaudreault députée de hull

et vice-présidente de l’Assemblée nationale

259, BOUL. ST-JOSEPH, BUR. 207 / TÉL. 819 772-3000 / TÉLÉC. 819 772.3265 MGAUDREAULT-HULL@ASSNAT.QC.CA

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À GATINEAU, DIX BIBLIOTHÈQUES VOUS ACCUEILLENT

GATINEAU.CA

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REGARD VIF

PAR JACINTHE POTVIN

Le trouble du déficit de l’attention avec ou sans hyperactivité (TDAH) figure dans le manuel diagnostique et statistique des troubles mentaux (DSM), qu’on appelle la « Bible » des psychiatres ; c’est le diagnostic pédiatrique le plus controversé de la littérature. Plusieurs publications médicales consacrées au TDAH avancent que la science aurait réussi à cerner avec exactitude les causes de ce trouble. Il semblerait que les messagers neurochimiques, « les neurotransmetteurs », ne fonctionnent pas correctement. On aurait mis en évidence un manque de dopamine et/ou de noradrénaline, ou des anomalies dans diverses régions du cerveau. Selon Novartis, le fabricant du Ritalin, on ne connait pas les causes biologiques du TDAH et il précise même dans l’information professionnelle de son médicament que la cause spécifique de ce syndrome est inconnue et qu’il n’existe aucun test unique pour poser le diagnostic (electronic Medicines Compendium mai 2015). L’augmentation de vente de Ritalin monte en flèche au Québec et cela est très inquiétant. Ce qui est particulièrement troublant c’est qu’on dénombre plus de 40 000 enfants d’âge scolaire médicamenté et le nombre est sans cesse en croissance. Il me semble que depuis que le monde est monde, les enfants ont toujours eu la bougeotte, de la distraction, de la désorganisation et de l’impulsivité. Mais jadis, les enfants avaient le droit d’être des enfants ! Sommes-nous en train de psychiatriser nos enfants afin qu’il rentre dans le moule scolaire et qu’il remplisse les coffres de compagnie pharmaceutique ? Avons-nous oublié notre rôle en tant que parent d’éduquer convenablement et de discipliner sainement et avec constance notre progéniture ? Avons-nous comme société accepté de nourrir nos enfants de malbouffe en les surdosant de gras et de sucre ? Avons-nous décidé qu’il est plus facile de « plugger » nos enfants devant l’ordi ou la télé que de leur donner de notre temps ? Avons-nous peur qu’ils jouent dehors ? Avons-nous notre part de responsabilité face à l’éclosion du TDAH ? Je ne sais plus quoi penser de ce trouble, mais

ce que j’ai constaté lors des visites bimensuelles de mon beaufils de sept ans diagnostiqué d’un TDAH, c’est que ces comportements changent quand il mange sainement, que j’exerce une autorité saine et qu’il joue dehors. C’est le jour et la nuit. Le docteur Dominique Dupagne considère que le TDAH n’est pas une maladie, mais plutôt un caractère. Selon lui, le tempérament du TDAH vient du fond des âges préhistoriques : le comportement impulsif et intuitif est celui d’un chasseur ou d’un guerrier. C’est une façon d’être différent, qui dans une population primitive, ou dans une campagne rurale, ne pose pas de problème (les hyperactifs sont adaptés à une vie qui se mène dans l’urgence), mais qui lorsqu’elle rencontre l’école et l’obligation de rester assis, calme et attentif pendant des heures, crée un mélange explosif… Il poursuit en disant qu’un enfant avec un TDAH n’arrive pas à se focaliser sur quelque chose qui n’est pas captivant. De toute manière, l’homme n’est pas fait pour rester de longues heures assis sur une chaise ; certains y arrivent, car la plasticité de leur cerveau s’y adapte, mais d’autres n’en sont pas capables, car leur plasticité ne leur permet pas d’aller complètement à rebours de leur fonctionnement. À l’école, si le cours est insipide et ne stimule pas assez leur attention, leur cerveau décroche et ils ne peuvent s’empêcher de rêvasser et de s’agiter. Il conclut en disant que l’école n’est pas adaptée aux enfants TDAH et qu’elle a été conçue davantage pour les profs que pour les élèves. Le docteur Dupagne est d’avis qu’il faudrait créer une école spéciale pour les enfants ayant un TDAH, car trop souvent ils sont brisés à l’école et le risque est pour eux d’être totalement détruits et ostracisés. Clairement les cours devraient être très brefs, pas plus de 20 minutes, très animés avec des supports visuels forts et des débats ainsi que beaucoup plus d’activités physiques. Lorsque je vois nos enfants du primaire sur le speed (Ritalin) et sur les antipsychotiques (Seroquel) pour calmer leur anxiété ; lorsque je constate à quel point beaucoup d’étudiants postsecondaires prennent du speed pour performer et des antidépresseurs pour ne pas sombrer, je me demande ce que notre monde moderne est en train de faire aux adultes de demain.

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HUMOUR

PAR CAROLINE LAURE KOBELA

La manipulation selon les enfants Aujourd’hui, je n’ai pas reçu d’appel d’une tante ou d’une cousine, comme d’habitude, me contant une histoire drôle ou à tomber par terre. Je vais juste parler d’une petite observation amusante que j’ai faite sur ma petite nièce Laetitia.

- « Tatie, est-ce que je peux prendre le bonbon jaune qui est dans ton tiroir? »

On devrait sincèrement penser à octroyer des diplômes universitaires aux enfants et particulièrement en apprentissage des comportements humains… plutôt des comportements des parents (imaginez un peu un livre qui s’intitulerait : « L’art de manipuler les parents », avec ma nièce comme auteure !! … rires). Étant étudiante en communication, il y a un terme que j’ai découvert seulement 27 ans après ma naissance, alors que ma petite nièce de seulement 4 ans, était déjà une professionnelle du concept. Le terme en question est la manipulation des affects.

Après ce refus, elle se lance dans une répétition de « s’il te plaît » qui ne finit pas.

La manipulation des affects est l’un des procédés utilisés dans l’art de la manipulation. Il existe deux types de manipulation des affects : l’appel aux sentiments et l’effet fusionnel. Celui qui nous intéresse est l’appel aux sentiments. On développe de grands concepts dans les écoles universitaires mais nous oublions parfois que nous avons des cas pratiques devant nos yeux, sans souvent pouvoir mettre un nom dessus. On dit souvent des enfants qu’ils sont de grands manipulateurs, mais, il faut le voir, le vivre, pour le croire. La petite Laetitia, excelle dans l’art de faire appel aux sentiments; une pro de la suscitation des émotions. Exemple : lorsqu’elle veut quelque chose, très souvent des petites douceurs (bonbons, chocolats…) et qu’elle se rend compte qu’après moultes supplications, sa demande n’est toujours pas acceptée, elle affiche une mine triste, de chien battu, ensuite viennent les pleurs (QUI peut rester de marbre face aux larmes d’une enfant ?!) et là … le coup de grâce … « LA » phrase qui finit par me convaincre … « Pitié tantine !!! » en tendant les mains vers moi en mode « je t’en prie » telle une comédienne jouant une tragédie grecque (oui oui, sans exagérer). Une fois les bonbons reçus, les larmes sèchent net, comme si toute la comédie était sur commande. « Tata, tu es tellement gentille, tata tu es un génie », et puis quoi encore! Il y a aussi cette figure de style qu’on appelle la répétition (répéter un mot ou une expression dans une phrase ou de manière verbale pour un effet d’insistance); qui d’entre nous n’a jamais été confronté à la ténacité d’un(e) enfant lorsqu’il ou elle a besoin de chocolat ou de bonbons ?! Ma petite nièce (oui … encore, on ne s’ennuie vraiment pas avec elle) vient me voir et me demande :

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- « Non ma belle, pas de bonbons »

- « Tata, s’il te plaît s’il te plaît s’il te plaît … » Avec un regard de pitié extrême - « Juste UN SEUL (en mettant son index bien en évidence devant mon visage), juste un et c’est tout)

Devant une telle insistance, franchement qui ne craquerait pas ?! Mea culpa, j’avoue, j’ai fini par lui passer le bonbon jaune qui se trouvait dans mon tiroir (dans ces moments-là, la précision est de taille, mais si je lui demandais de dessiner des U sur une feuille … il y aurait beaucoup de choses mais pas toujours des U… rires). Et on se fait presque toujours avoir… Rires ! Tchin Tchin!

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PAR MICHEL PRÉVOST

UNE PAGE D’HISTOIRE D’ICI

D.U., président de la Société d’histoire de l’Outaouais

L’Église Saint-François-de-Sales : une oeuvre remarquable du prêtre-architecte Georges Bouillon Depuis plus de 130 ans, le clocher de la magnifique église Saint-François-de-Sales domine le confluent de deux cours d’eau historiques, la rivière des Outaouais et la rivière Gatineau. Le lieu de culte actuel voit le jour en 1886 et remplace une chapelle érigée après la fondation de la paroisse en 1840. L’église de Pointe-Gatineau doit sa beauté au chanoine Georges Bouillon, bien connu des deux côtés de la rivière des Outaouais au cours de la deuxième moitié du XIXe siècle pour ses talents de prêtre-architecte. En plus de l’église Saint-François-de-Sales, c’est lui qui est, entre autres, responsable du décor architectural de la basilique-cathédrale Notre-Dame d’Ottawa, ainsi que de nombreuses églises et presbytères de l’Outaouais, notamment à Aylmer, Hull, Buckingham, Luskville et Papineauville. L’église érigée en quelques mois est bénie en 1887 par le premier archevêque d’Ottawa, Mgr Joseph-Thomas Duhamel, mais faute d’argent, son intérieur n’est pas achevé. Le prélat souhaite toutefois la fin prochaine des travaux. Une campagne de financement rapporte 7000 dollars, une somme considérable à l’époque compte tenu des revenus modestes des paroissiens. La Fabrique fait de nouveau appel aux services du chanoine Bouillon pour la décoration intérieure. Les travaux sont effectués en 1902 et 1903.

comte d’Aberdeen, gouverneur général du Canada de 1893 à 1898. Aimant rendre visite au curé de la paroisse Saint-Françoisde-Sales, Isidore Champagne, Lady Aberdeen tombe dans les eaux glacées de la rivière. Des villageois de Pointe-Gatineau sauvent alors la vice-reine et le gouverneur général les récompense deux ans plus tard en remettant une grosse cloche à leur paroisse. Le pont Lady-Aberdeen, voisin de l’église et du lieu qui aurait pu devenir une tragédie, est d’ailleurs nommé en l’honneur de cette vice-reine. Un patrimoine sévèrement altéré Malheureusement, une série de travaux effectués au cours la deuxième partie du XXe siècle modifie considérablement l’intérieur du lieu de culte. Plusieurs attributs patrimoniaux sont retirés, dont la balustrade, les autels latéraux, le maître-autel, la chaire et son superbe baldaquin. De plus, en 1960, les œuvres du peintre T.-X. Renaud sont totalement effacées du décor. Cela dit, l’extraordinaire plafond sculpté en boiserie laminée de feuilles d’or et les colonnes demeurent intacts et impressionnent toujours, surtout depuis la restauration effectuée à la fin des années 1990. La Société d’histoire de l’Outaouais souligne en 1998 la qualité de ces travaux en remettant à l’église Saint-Françoisde-Sales son premier prix Orange du patrimoine.

La riche décoration intérieure Pour l’ornementation de l’intérieur, Bouillon choisit une voûte en éventails, une mode développée Grande-Bretagne au cours des XVe et XVIe siècles, et qu’il a aussi utilisée dans la chapelle du Couvent de la rue Rideau que l’on peut admirer au Musée des beaux-arts du Canada. L’artiste peintre Toussaint-Xénophon Renaud, bien connu entre 1896 et 1944 pour avoir décoré plus d’une centaine de cathédrales, églises et chapelles au Québec, en Ontario et aux États-Unis, collabore pour donner de la splendeur à l’édifice religieux. En plus de sa voûte, le lieu de culte attire le regard en raison de son maître-autel et sa chaire surmontée d’un baldaquin de style gothique, ainsi que de son orgue conçu en 1917 par les facteurs de réputation internationale, Casavant et Frères de Saint-Hyacinthe. La cloche de l’église, dont le poids atteint 1460 livres, cache une belle histoire, puisqu’elle est bénie en 1897 en raison d’un événement impliquant la comtesse Aberdeen, l’épouse du

Par ailleurs, la Fabrique reçoit au cours des dernières années des subventions considérables du Conseil du patrimoine religieux du Québec, particulièrement pour la réfection de l’immense toiture de l’église. Ce témoin de notre patrimoine culturel est protégé pour les générations à venir, puisqu’en 1996, l’ancienne Ville de Gatineau crée un site du patrimoine afin de préserver ce quartier historique qui a vu naître Pointe-Gatineau. Une œuvre remarquable En somme, c’est à Gatineau que l’on peut admirer l’une des plus belles œuvres du célèbre prêtre-architecte Georges Bouillon. Bien que l’intérieur ait été considérablement modifié au fil des ans, l’église Saint-François-de-Sales demeure toujours un des plus beaux joyaux du patrimoine religieux et architectural de l’Outaouais.

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https://fr.wikisource.org/wiki/Gheel,_une_colonie_d%E2%80%99ali%C3%A9n%C3%A9s Auroville : https://www.vacancespratiques.com/Auroville-une-Inde-utopique-maisvivante_a14271.html

POINT DE VUE DU PROF Photo du Matrimandir (Auroville)

Photo du Matrimandir (Auroville)

PAR NÉRÉ ST-AMAND Professeur titulaire École de service social, Université d’Ottawa

Un autre monde existe-t-il ? deuxième partie

Pour cette rubrique, j’ai pensé vous présenter deux lieux où existent d’autres façons de traiter les gens, des lieux qu’on pourrait qualifier d’alternatifs. Ce faisant, ils remettent en question certaines façons voir, de penser et de faire… Le mois prochain, j’en présenterai deux autres… La ville d’Auroville et le Matrimandir Cette ville du sud de l’Inde fut conçue de toutes pièces par la Mère de l’Ashram Sri Aurobindo, Mirra Alfassa (21 Février 1878 – 17 Novembre 1973). Il s’agit d’une ville qui se veut un exemple pour l’humanité, ou coexistent valeurs, croyances, traditions basées sur une spiritualité universelle, vivante plutôt que sur des enseignements religieux. En somme, une ville ou une spiritualité universelle remplace la religion ou autres formes de domination! Au centre de cette ville exemplaire on retrouve le Matrimandir, ou la Sphère, une impressionnante boule entourée de douze pétales nommées Harmonie, Perfection, Félicité, etc… Au cœur de cette immense boule se trouve un globe de pur cristal qui baigne dans un rayon de lumière provenant d’une ouverture au sommet de la sphère. En somme, ce globe luminescent irradie la lumière naturelle du soleil dans la Chambre Intérieure. Ce lieu sacré sert uniquement à la méditation, toujours dans un silence total, faisant d’Auroville une ville dont le cœur est basé sur la spiritualité et le silence. Cette sphère, lieu de silence complet, c’est l’âme d’Auroville. « Un endroit pour tenter de trouver notre conscience » au dire de la Mère.

ment. Dans cette nouvelle conscience, les conflits et divisions sont remplacés par des projets d’unité, d’harmonie, de respect. Voir en particulier la Charte d’Auroville comme exemple d’où découlent toutes planifications, actions et organisations de cette ville. Par exemple « pour séjourner à Auroville, il faut être le serviteur volontaire de la Conscience Divine ». https://www.auroville.org/contents/545 Selon l’enseignement de Sri Aurobindo, le concept de « Mère » représente le principe évolutif, intelligent et conscient de la Vie, la Mère universelle, qui invite l’humanité à dépasser les limites actuelles d’un monde centré sur les valeurs matérielles et à entrer dans l’étape suivante de son évolution, la conscience supramentale (qui dépasse l’esprit, l’intellect, la raison). Il s’agit du Supermind, concept inventé par Sri Aurobindo pour décrire l’évolution de l’humanité et dépasser les contradictions de notre évolution actuelle. J’ai eu la chance de visiter cette ville et ai pu voir de mes yeux comment des humains contribuent à l’évolution de leur propre conscience tout en construisant, bien humblement et avec une vision extraordinaire, un nouveau monde. Nous pouvons apprendre beaucoup de cette ville, en particulier l’invitation à mettre la spiritualité au cœur de nos vies, de nos cités. Le village de Gheel et la santé mentale

Considéré comme le symbole de la réponse Divine au désir humain de perfection, cette ville a été créée de toutes pièces dans une région ou tout avait été détruit par un modèle de « développement » sauvage pour la construction de la ville de Madras : grands espaces déboisés, sans cours d’eau, terres arides, région abandonnée en fait. Tout dût être construit par des gens conviés par un appel intérieur à vivre une vie centrée sur la lumière, sur l’Être plutôt que sur l’Avoir. Cette ville d’une capacité de 50 000 personne, regroupe aujourd’hui 2 500 aurovilliens et aurovilliennes qui ont décidé d’adopter un style de vie basé sur des valeurs collectives plutôt que des intérêts individuels. À titre d’exemple, l’alimentation est collective et végétarienne, la spiritualité transpire dans la mission des entreprises, toutes écologiques et basées sur une conscience sociale plutôt que des valeurs économiques. Conçue comme une ville modèle pour l’humanité, de nombreuses organisations utilisent les valeurs d’Auroville comme bases de leur développe-

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C’est dans ce village belge que vint se réfugier, au 7ième siècle, Dymphne, la jeune fille du roi d’Irlande, pour se sauver de son père qui la harcelait constamment et l’agressait sexuellement. Accompagnée du prêtre Gerribert, qui l’a convertie au christianisme, cette princesse prend refuge dans ce petit bourg très tranquille. Son père la retrouve et la décapite, vengeant ainsi la défaite de sa passion incestueuse. Du même coup, il tue le prêtre qui l’accompagnait. Rapidement, sur la tombe de la jeune fille et dans cet humble village, on constate que de nombreuses personnes sont guéries de maladies mentales si bien que cette martyre devient la patronne des aliénés. Le mot se passe, si bien qu’au cours des siècles qui s’ensuivent, de nombreuses personnes arrivent de partout en Europe, en quête de guérison en invoquant cette personne devenue sainte. Au cours des siècles, cet humble bourg devient donc un lieu où la folie est acceptée et où se construisent toutes sortes d’infrastructures pour y accueillir les personnes exclues de la société à peu près partout en Europe, à l’ère du grand

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enfermement en particulier, ou de nombreux asiles sont construits. « Il ne s’agit pas d’institutions pour les maladies mentales, comme il s’en trouve aujourd’hui en tout pays civilisé, dirigé par la science ou par la charité, clos de murs, soumis à un règlement disciplinaire. À Gheel, rien de semblable. Ici la population se compose en majorité d’habitants indigènes, sains d’esprit comme de corps, et en minorité de pauvres fous». Encore aujourd’hui, l’accueil fait aux victimes de la psychiatrie, et l’approche inclusive de Gheel reste un modèle d’acceptation de la différence. Le Québec a connu lui aussi, dans ses tentatives de désinstitutionalisation, des expériences de communautés d’accueil pour personnes ayant séjourné en institution psychiatrique, et réintégrées dans certaines communautés. St-Jérôme en constitue un exemple. Le chercheur Henri Dorvil en a fait des études détaillées, démontrant les forces et limites de communautés d’accueil lors de la vague de désinstitutionalisation au Québec. On a pu observer les dynamiques de l’acceptation-rejet des personnes psychiatrisées et mettre à contribution la tolérance et l’acceptation de la différence. Dans ce village et plusieurs autres, la résistance de plusieurs, dont les autorités, fut épique. La morale de l’histoire? Lorsque la « communauté » décide de rejeter une personne considérée comme déviante, anormale, son retour dans cette communauté, après un séjour en psychiatrie,

est difficile et presqu’impossible; on observe de nombreuses résistances, très fortes souvent, et provenant tant de la population en général que des personnes dirigeantes. Par contre, les circonstances et causes de l’exclusion psychiatrique sont souvent arbitraires, fondées sur un ensemble de préjugés et de pratiques d’exclusion plutôt que de principes inclusifs, de tolérance, d’acceptation de la différence. Il s’agit souvent de mythes au niveau des genres, de la sexualité, des cultures, des classes sociales entre autres. De nombreux comportements considérés comme déviants, rattachés à la maladie mentale, s’expliquent facilement lorsque nous tenons compte des passés difficiles (pauvreté, violence entre autres) plutôt que d’avoir recours à un diagnostic psychiatrique et à une médication qui s’ensuit. L’histoire démontrera qu’une approche inspirée d’Auroville et du droit universel à la citoyenneté contribuera à une évolution du monde beaucoup plus harmonieuse, dans la paix et le respect de l’Autre... Pour la prochaine rubrique, je me propose de vous présenter deux autres exemples d’alternatives : les villages SOS et le Forum Social Mondial. Références : Gheel : https://fr.wikisource.org/wiki/Gheel,_une_colonie_d%E2%80%99ali%C3%A9n%C3%A9s Auroville : https://www.vacancespratiques.com/Auroville-une-Indeutopique-mais-vivante_a14271.html

La spiritualité et la morale l’emporteront éventuellement sur le matérialisme et sur ce qui est amoral. C’est le but et la destinée du genre humain. Peu à peu, les choses spirituelles triomphent des choses matérielles. Peu à peu, ce qui est moral l’emporte sur ce qui amoral. La foi, la fraternité et les bons procédés sont des remèdes à presque tous les maux de l’univers. Il n’y a rien qu’ils ne peuvent accomplir dans le domaine des relations personnelles. Je demande de contribuer à rendre le monde meilleur. Je demande d’aider à guérir les maux de ce monde. -Le 24 heures

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L’HABITATION

PAR LE ROHSCO

Les cuisines collectives La première cuisine collective au Québec a été créée en 1985, soutenue par le Chic Resto Pop et le CLSC, la Cuisine Hochelaga-Maisonneuve est l’initiative d’un groupe de femmes (RCCQ, 2019 ; Fréchette, 2000). Il faudra cependant attendre jusqu’en 1989 pour que cette organisation s’incorpore. Dès 1990, plus d’une centaine de groupes se sont rassemblés pour mettre sur pied le Regroupement des cuisines collectives du Québec (RCCQ, 2019). Depuis, partout au Québec, des délégués forgent le mouvement en offrant du soutien pour démarrer une cuisine collective, des outils et de la formation pour poursuivre la mission, en plus de diffuser des bulletins de liaison et de participer à une panoplie de tables de concertation (Fréchette, 2000). Quelques années après la fondation de ce regroupement, les membres se sont impliqués à une diversité d’activités nationales comme la Marche du pain et des roses de 1995 et une panoplie d’activités de mobilisation avec le mouvement communautaire. Depuis, les échanges internationaux se font entendre, avec notamment les représentants des cuisines collectives d’Amérique latine. Les cuisines collectives sont des pratiques novatrices et organisées qui vont au-delà du dépannage alimentaire et qui favorisent l’établissement du lien social et le développement de solidarités (Fréchette, 2000). En plus de répondre au besoin de sécurité alimentaire, les cuisines collectives visent à améliorer les conditions d’existence et la qualité de vie des ménages. En somme, la sécurité alimentaire peut se définir comme suit : « il y a sécurité alimentaire lorsque toute une population a accès en tout temps, en toute dignité, à un approvisionnement alimentaire suffisant et nutritif à coût raisonnable, et acceptable au point de vue social et culturel. » (Fréchette, 2000 : 2) Les cuisines collectives sont fortement encouragées en soutien communautaire en logement social. Le déroulement des séances se fait généralement à la salle communautaire puisqu’il s’agit d’un espace où le matériel comme la cuisinière et les ustensiles sont accessibles. Des cuisines collectives peuvent aussi fonctionner de façon autonome, c’est-à-dire avec leur propre conseil d’administration, des stratégies d’autofinancement et la cotisation des membres (Fréchette, 2000). Des cuisines collectives peuvent également être organisées par le biais d’un organisme communautaire ou d’une paroisse. Les membres d’une cuisine collective peuvent se rencontrer par exemple une à deux fois par mois, à la fin du mois, lorsque les réfrigérateurs sont vides (Fréchette, 2000). Les activités peuvent se répartir sur deux jours, mais le fonctionnement peut

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se différencier d’une cuisine collective à une autre. D’abord, un groupe est formé et une rencontre de planification a lieu pour s’entendre sur les recettes, énumérer l’ensemble des ingrédients requis, vérifier les produits en rabais dans les différentes épiceries, établir un budget, calculer le nombre de portions par participant et par menu. Par la suite, des membres sont désignés pour aller faire l’épicerie pour le groupe. Une fois l’épicerie terminée, les participants mettent leur tablier pour préparer les repas. Une fois les recettes complétées, les participants se divisent les plats et payent pour les quantités auxquelles ils s’étaient engagés préalablement lors de la planification. Les tâches liées à l’organisation d’une cuisine collective sont diverses : achats, ménage, cuisine, budget, intervention de groupe dans les prises de décision, participation à la vie d’un projet de logement communautaire, à la vie de quartier ou à la vie démocratique (Fréchette, 2000). En effet, dans certains contextes, l’implication permet de participer à une activité sociale comme un café-rencontre ou un souper thématique de Noël ou d’Halloween. C’est aussi une occasion d’acquérir de nouveaux apprentissages que ce soit en termes de nutrition, le développement d’habiletés sociales et parentales, les règles d’hygiène et de salubrité des cuisines, le fonctionnement d’un conseil d’administration, etc. Ces rencontres peuvent encourager l’échange de services en offrant sur les lieux, un groupe d’entraide, une halte-garderie et de mieux connaitre les services de proximité d’un quartier. Les cuisines collectives comprennent un bon nombre d’avantages, tels qu’économiser en achetant des produits en groupe, apprendre à cuisiner, expérimenter de nouvelles recettes, tisser des liens interpersonnels, nourrir un sentiment d’utilité sociale ou d’appartenance envers un projet de logement social ou au sein de sa communauté. Les compétences qui s’acquièrent en ces lieux peuvent favoriser l’intégration socioprofessionnelle et l’intégration en logement. C’est donc dire que cette stimulation du goût d’apprendre constitue un levier de changement individuel et social. Fréchette, L. (2000). Entraide et services de proximité. L’expérience des cuisines collectives. Presses de l’Université du Québec, 179. RCCQ (2019). Regroupement des cuisines collectives du Québec. Repéré à : http://www.rccq.org/fr/

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PAR ANDRÉ GUYON

TECHNOLOGIE & HUMANITÉ

Votre vie personnelle est-elle sous écoute ? En fin de semaine, je suis dans un hôtel près de Montréal. J’ai utilisé le GPS de mon téléphone pour trouver le chemin. Au bout de deux minutes, une des applications de l’ordinateur à main qu’on appelle téléphone me demande d’évaluer l’hôtel. Suivi ? Au centimètre près. Et encore, ce serait pire si j’avais des médias sociaux installés sur mon téléphone ou sur une tablette. Pourquoi ? Parce que, quand vous installez ces derniers sur votre téléphone ou votre tablette, ils vous forcent presque à un contrat de vie commune. Notamment, ils demandent des « permissions » comme :

Si vous avez suivi les actualités et le scandale Analytica , vous savez aussi que chaque fois que vous aimez des sujets chauds, vous êtes en train de fournir à FaceDeBouc vos pensées intimes et une partie de votre profil psychologique. Ensuite, le responsable d’un parti politique pourra vous appeler et vous dire à quel point « votre vote est important pour nous ». Avez-vous vraiment envie de vous faire étiqueter de la sorte ? Si vous tenez absolument aux médias sociaux sur votre téléphone ou votre tablette et comprenez ce que ça implique, ça vous regarde. Si vous ne saviez pas, vous avez maintenant quelques pistes de recherche.

- La liste de vos contacts ; - Le registre de vos appels (c’est pire que la police après les journalistes ça) ; - Savoir à qui vous envoyez du courriel ; - Savoir combien de temps vous passez quelque part (le GPS…)

Par exemple, dans The Guardian, une auteure dit qu’elle était en deuil, et a communiqué avec des gens par courriel, mais a vu apparaitre des publicités sur FB, des publicités de salons funéraires. Pour vérifier, elle a envoyé un courriel au sujet d’un voyage en Italie. À sa prochaine connexion FB, la pub d’Alitalia.

Dans un des pires cas, l’omniprésent FB (que j’aime appeler FaceDeBouc) vous demandera aussi la permission d’accéder aux données traitées par certaines applications. En clair, ça peut vouloir dire n’importe quoi, y compris l’intégralité de vos courriels, vos textos, etc.

Un autre article précise que ce ne sont pas les grandes corporations qui se donnent le droit de fouiller dans les courriels, mais les utilisateurs qui leur donnent ces permissions par négligence. Je trouve ça un peu trop facile, surtout que parfois, les applications arrivent déjà installées sur les téléphones, et qu’on ne demande alors pas à l’utilisateur s’il veut confirmer lesdites permissions.

Pour un logiciel, c’est une affaire de rien de noter qui était quelque part à un moment donné, puis de voir s’il arrive souvent qu’une des 500 autres personnes est souvent au même endroit que vous. Par exemple, vous. Vous étiez à la Cage aux porcs vendredi de 17 h à 19 h, puis vous étiez aussi au même musée vers midi. Vous êtes tous deux sortis à la même heure. Donc les chances sont bonnes que vous vous connaissiez probablement.

Si vous avez un téléphone Android et un compte Google, sachez que vous pouvez vérifier, dans les paramètres de sécurité, quelles applications ont accès à votre compte. Si vous y trouvez des médias sociaux… vous voudrez peut-être limiter ou supprimer ces accès. Si vous allez sur cette page :

Ensuite, le logiciel peut vérifier qui sont vos amis respectifs sur les médias sociaux, et tirer ses conclusions, même si votre « amitié » est secrète. Puisque FB a accès à votre bottin téléphonique, il peut aussi vous suggérer vos contacts comme « amis ».

https://myaccount.google.com/security Soit vous êtes déjà connectés à partir de votre appareil, soit on vous demandera votre nom d’utilisateur et votre mot de passe (votre adresse courriel Gmail et votre mot de passe).

Conclusion ? Si vous le pouvez, évitez d’installer des médias sociaux sur votre « téléphone » intelligent. Si vous avez aussi un ordinateur, n’utilisez les médias sociaux qu’à partir de celui-ci, sur les ordinateurs, il ne vous demande pas la permission de fouiller dans vos données personnelles. Vous partez en vacances quelques jours, c’est agréable, et vous voudriez que tous vos amis soient jaloux, alors vous publiez votre photo les pieds dans le sable. Parfait pour les cambrioleurs ça. Surtout si vous n’avez jamais vérifié qui peut voir ce que vous publiez. À partir de l’ordinateur/la tablette/le téléphone d’une autre personne, allez un peu voir, vous pourriez être surpris.

Dans les options à gauche, choisissez Sécurité, descendez un peu jusqu’à ceci :

Le summum pour faciliter la vie aux voleurs, c’est le petit selfie à l’aéroport. Le jour même probablement que personne n’ira vérifier l’état de votre maison. Les cambrioleurs eux pourraient profiter de la chance que vous leur offrez. Parfois, le fait de permettre à ces vautours de vous suivre à la trace comporte des avantages qui pèsent plus lourd que les désagréments. Par exemple, il y a quelques années, ma conjointe et moi étions à Vienne et après la visite de la maison de Mozart, nous voulions manger une pizza, mais elle ne tolère pas le gluten. Une petite recherche et on trouve qu’il y a un établissement qui en offre, il est à 800 mètres. J’ouvre Gargouille Maps (Google Maps) et il nous indique le chemin à pied. Autre exemple, parfois je cherche une borne de recharge rapide pour la voiture électrique. Ils en sauront un peu plus sur moi, mais j’y gagne un peu plus que si je choisissais de publier un selfie dans la maison de Mozart.

La liste des applications ayant accès à mon compte apparait ici. Comme vous pouvezLa liste des applications ayant accès à mon compte apparait ici. Comme vous pouvez le constater, pas le constater, pas de FaceDeBouc, pas d’Instadrame, ni de de FaceDeBouc, pas d’Instadrame, ni de logiciel qui gazouille (Twitter). Quant à Windows, c’est logiciel qui gazouille (Twitter). Quant à Windows, c’est l’appareil situé dans l’appareil situé dans ma maison, un choix éclairé et assumé. ma maison, un choix éclairé et assumé. Sous la liste, un lien Gérer les accès tiers vous permettra de désactiver les indésirables. J’espère que cette chronique permettra à quelques personnes de récupérer un peu de leur vie privée.

Sous la liste, un lien Gérer les accès tiers vous permettra de désactiver les indésirables.Ceci dit, je continuerai à cliquer « J’aime » à l’occasion sur les publications du Portail. J’espère que cette chronique permettra à quelques personnes de récupérer un peu de leur vie privée. Ceci dit, je continuerai à cliquer « J’aime » à l’occasion sur les publications du Portail.

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VIE SPIRITUELLE

PAR PAULE FONT

La perfection de la générosité Les six perfections de l’esprit (les six paramitas en tibétain)

Pour que ces actes s’inscrivent dans la voie du Mahayana, l’école bouddhiste de la Voie du milieu, celle du Dalaï-Lama, ils doivent être accompagnés de l’amour universel qui est le souhait que tous les êtres obtiennent le bonheur, en dédiant les mérites de ses pratiques et de ses actes pour le bien de tous les êtres. Cet amour mène à l’esprit d’éveil, sans pour autant que la personne ne s’implique forcément dans une démarche particulière pour venir en aide aux autres.

La générosité L’éthique La patience L’effort joyeux La concentration La sagesse Le pratiquant du Grand Véhicule (Mahayana), c’est-à-dire des Enseignements Bouddhistes essaie de respecter et de développer les six Perfections ou Paramitas. Il s’agit de vertus qui permettent de développer une vie spirituelle axée sur les autres, et qui amènent à une progression certaine vers l’éveil par l’accumulation de mérite et de sagesse. La générosité C’est l’intention du don avec une pure motivation. Il ne s’agit pas de donner seulement à ceux que l’on aime - ce qui est bien sûr plus facile mais d’être motivé par la plus grande équanimité possible. Apprendre à donner à nos ennemis est une chose autrement plus ardue, plus difficile que de donner à nos proches, ce qui est des plus méritoires. Il est certain qu’au début du travail, l’attitude n’est pas spontanée et qu’elle résulte d’une réflexion, comme pour un sport dont certains gestes ne sont pas encore faciles parce qu’on n’en a pas l’habitude, mais qu’on persiste à pratiquer en connaissant les bénéfices qu’il nous apportera. Les bénéfices de la générosité sont multiples, dans la vie actuelle comme pour la vie future. Dans la vie de tous les jours, nous recherchons tous un peu de générosité de la part des autres, et réciproquement. De même, nous nous réjouissons de voir quelqu’un de charitable, nombreux sont ceux qui apprécient ceux qui savent donner. Le don n’est pas que matériel. On peut distinguer trois types de dons : - Le don de protection : protéger tous les êtres sensibles de la peur et de ce qui les menace, entre autres les dangers provenant des quatre éléments (feu, eau, terre et air). - Le don d’objets, de biens matériels, d’argent : bien sûr, on pourrait penser que ce type de don n’est réalisable qu’en possédant une grande quantité de biens, il s’agit avant tout d’un état d’esprit. Le fait de penser sincèrement que, si nous avions les moyens, nous saurions donner à ceux qui en ont besoin est déjà une marque de générosité.

Pour que le don soit l’aboutissement d’une motivation juste, il n’est pas question de donner en se disant que l’on va ainsi acquérir des mérites. On peut être conscient du mécanisme lié aux actions vertueuses, mais il ne faut pas que ce soit le moteur de notre attitude. La générosité est une philosophie de vie à part entière. Elle résulte d’une réflexion sur le sens de sa propre vie et celle des autres, sur la souffrance de tous les êtres et sur la générosité dont font preuve des personnes de notre entourage qui donnent leur vie pour aider les autres qui sont parfois dans des conditions très difficiles. L’éthique La moralité est l’application d’une éthique qui vise tout d’abord à ne pas nuire aux autres. C’est la base. À partir de cela, nous organisons notre vie pour pouvoir, en plus, rendre service. On voudra alors éviter les comportements négatifs, produire les conditions méritoires, positives afin d’aider les autres. Pour mettre notre vie en concordance avec nos aspirations philosophiques ou religieuses, il est nécessaire d’éviter tous les comportements non vertueux : ceux qui visent à nuire aux autres par des comportements agressifs, par la jalousie, l’orgueil, la colère ou la médisance. Pour ce faire, on pourra revoir les Dix actions non vertueuses à éviter telles ne pas tuer, ne pas voler, ne pas mentir… Celles-ci nous montrent que même la pensée peut être créatrice de potentiels négatifs. Le seul fait de souhaiter qu’une chose négative se produise est créateur de karma négatif, c’est-à-dire une cause à effet négatif. Pour que celui-ci se développe complètement, il faut toutefois cumuler quatre facteurs : l’intention, l’action, le résultat et la réjouissance. La moralité peut être appliquée de différentes manières. Selon le niveau d’engagement de chacun, il existe trois niveaux d’éthique : l’éthique de la libération des souffrances, qui demande de maintenir une conduite vertueuse, positive ; celle de la compassion pour soi et pour tous les êtres, qui s’accompagne du développement des six perfections ; et celle de la visualisation et de la méditation, pour continuer à poursuivre sur le chemin spirituel bouddhiste, afin de purifier tout notre être (corps, parole, esprit). À suivre… Prochainement la Patience

- Le don du Dharma c’est-à-dire d’enseignements, d’explications sur la pratique bouddhiste : tout le monde n’a pas la capacité d’enseigner le Dharma. Mais se dire que l’on va chercher à apprendre pour pouvoir un jour enseigner est une pensée très généreuse.

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PSYCHOYOGIE

PAR VALÉRIE BRASSARD Par : Vival

Peu importe qui nous sommes comme individu sur cette planète, nous avons besoin d’aide urgente durant nos périodes de crise pour nous sortir de notre situation difficile, de notre détresse, de nos situations sans issue et de nos calvaires intérieurs. L’état des personne itinérantes est un enjeu important, car sans nourriture ou logement, souvent placés longtemps dans l’insécurité matérielle, les empêche de se propulser et d’aller chercher d’autres formes d’aide élémentaires. Tout le monde, un jour ou l’autre, a vécu un épisode de dépression qui lui a fait se demander s’il était devenu fou. La santé mentale est importante pour tout le monde, et ce, peu importe leur position socio-économique et démographique. La santé mentale, selon la définition de l’organisation Mondiale de la Santé (OMS) est la suivante : « un état de bien-être permettant à chacun de reconnaître ses propres capacités, de se réaliser, de surmonter les tensions normales de la vie, d’accomplir un travail productif et fructueux et de contribuer à la vie de sa communauté ».

Nous les humains, avons de la difficulté à faire face à nos échecs et la situation du monde occidental est devenue de plus en plus dure à vivre. L’espoir et l’amour nous tiennent, mais souvent ils manquent. Nous vivons donc tous un peu plongés dans des situations d’instabilités et plusieurs en position de détresse vivent dans le manque de ressources et de soutien humain, matériel, physique et spirituel. Nous sommes beaucoup à

Extrait du livre de Valérie Lepage

…Comme un besoin de vérité Elle se retourne, le soleil brille dans sa chambre elle ne sait plus vraiment où elle en est, mais elle veut savoir la vérité. Elle veut savoir ce qui cloche dans cette histoire. Elle ne sait plus qui croire. Elle est toute mélangée la petite. Sa mère dit que son père est un minable, une sorte de « trou de cul », coureur de jupons et menteur. Son père dit que sa mère est une joueuse, une profiteuse et une manipulatrice. Ça sonne vrai. Ça sonne faux. Elle ne sait pas sur qui se fier. Sur quel pied danser… ? Elle leur en veut qu’ils ne soient pas capables de se dire simplement la vérité puis d’avouer leurs torts respectifs. Elle se fout de ce qu’il s’est passé dans le passé. Qui qui a trompé qui. Qui qui a payé quoi. Elle aimerait juste qu’ils fassent la paix et cessent de parler en mal l’un contre l’autre. Ses parents ne sont pas des adultes à part entière. Ils ont un corps de grands, mais ils agissent comme des enfants. Ce sont des adultes-enfants. Ils n’ont pas vraiment grandi. Ils prétendent tout connaître, tout savoir, tout contrôler. Ils veulent avoir raison à tout prix. Ils ont des responsabilités de parents, mais ne savent pas vraiment c’est quoi prendre ses responsabilités. C’est elle la plus jeune et c’est elle la plus mature. Évidemment, ils ne savent pas ça. Ils ne savent pas grandchose d’elle. Ils ne savent pas ce qu’elle pense. Ils ne savent pas qu’elle les regarde, les entend et les observe dans leurs moindres faits et gestes. Ils ne savent pas qu’elle sait lire entre

les lignes et décoder leur non-verbal. Pensent-ils qu’elle est trop jeune pour comprendre? Des fois, elle a l’impression qu’ils la prennent pour une deux watts. Elle est une lumière. Elle est brillante. Ne venez surtout pas lui dire qu’elle ressemble comme deux gouttes d’eau à sa mère ou à son père. Il n’y a rien de plaisant à se faire dire ça quand on n’est pas fière d’être l’enfant de nos parents. Elle n’a pas le choix de leur ressembler physiquement. Mais elle a le choix de ne pas leur ressembler psychologiquement parlant. Ses parents sont des conservateurs. Ils sont bockés, constipés et fermés d’esprit. Elle a honte de devoir porter leur nom de famille. Ça lui arrive d’envier les autres enfants de son âge qui vivent dans un environnement familial sain. On dit que c’est pas plus vert chez le voisin… mais des fois oui. Ça dépend si t’entretiens ton terrain comme du monde. Que tu prends le temps d’enlever les mauvaises herbes. Pas à moitié. Il suffit de faire ça comme il faut. Faire ça comme il faut, c’est bien beau, mais qu’est-ce que ça veut dire? À son avis, c’est de… - Cordonner bottines et babines - Se respecter mutuellement - S’écouter - Être empathique - Être honnête et franc - Gérer ses émotions

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PLACE AU CITOYEN Malgré tout. Après quelques années à lutter contre les épreuves qui ont déboulé dans ma vie. Après m’être battue et avoir été en mode survie, sur le pilote automatique, afin de continuer à avancer, je peux dire, enfin, que je vais bien. Pour vrai. Bien aller ne signifie pas que tout est parfait. Et, après tout, qu’est ce qui est parfait? Avoir l’homme de ma vie avec moi? Avoir une maison au lieu d’un appartement? Le véhicule que j’aimerais avoir? Le corps parfait? Être mariée? Avoir un 2e enfant? Enfin, je peux dire que j’accepte tout ça. Ma vie. Où j’habite. Mon véhicule. Mon corps. La personne que je suis. Je peux dire, après tout ce temps, que je vais bien. Pour vrai. J’ai pris la décision d’aller de l’avant. J’ai pris la décision d’accepter beaucoup de choses, d’en laisser aller d’autres et je comprends que je n’ai aucun pouvoir sur d’autres aussi. J’ai bien réalisé que je ne contrôle pas tout. Qu’il y a des évènements qui se sont produits et dont j’aurais préféré qu’ils ne se produisent pas. Je comprends aussi que je n’avais pas ce pouvoir, pas ce contrôle. J’ai des blessures encore là, oui. Mais elles cicatrisent et je vis avec. Je les accepte. J’apprends. J’évolue. Je grandis. J’avance. J’ai compris que beaucoup de choses se passent entre mes deux oreilles aussi. J’ai deux choix: regarder en arrière, avoir mal, regretter et pleurer ou regarder en avant, la tête haute, grandir et avancer. Je fais le choix d’être heureuse, à nouveau, pour vrai. Je fais le choix de sourire avec ce que j’ai, ce que je suis, ce qui s’est passé. Après tout, j’ai mis mon conte de fées à jour. J’ai un homme dans ma vie. Mon fils est l’homme de ma vie :) J’ai mis ma maison de rêve à jour. J’ai un toit, je suis bien. C’est mon chez moi. J’ai mis mon corps de rêve à jour. Je ne suis pas parfaite, mais je suis moi. Je suis correctte tsé! J’ai pratiquement toujours été capable de sourire et être aussi fofolle que je sais l’être, mais c’était à l’intérieur que ça se passait. C’était le dedans qui saignait et qui était meurtri. La douleur est parfois bien cachée, peu visible pour les autres. Mais, maintenant, j’accueille davantage les choses avec le sourire. Je l’ai toujours fait, je suis quand même conciliante et résiliente, mais là, c’est vraiment sincère et sans effort, bien, vraiment vraiment moins haha! Bien oui, ça prit des efforts. Des efforts d’acceptation. Des efforts de voir le positif alors qu’il y avait tant de négatif et de tristesse. Des efforts de sourire alors que je n’avais envie que de pleurer. Des efforts de me lever alors que j’avais juste envie de rester allongée, en boule dans mon lit. Des efforts de manger, alors que l’appétit est moins là quand ça n’allait pas. Des efforts et de l’humilité de demander de l’aide. Des efforts de sortir de chez moi... Ça été, pendant un bon moment, des efforts tout ça. Des choses normales étaient un fardeau. Ce n’est pas toujours facile ni une habitude de voir le positif. Parfois, le négatif prend le dessus et il est plus facile à voir, c’est vrai. Par contre, quand on y travaille un peu, on voit le beau, le bon, le bien, le positif dans tout. J’ai un bémol pour le départ de ma mère oui. C’est un évènement dont j’ai beaucoup de difficulté à dire que c’est positif, tu comprendras pourquoi. Mais je peux dire que j’ai grandi, oui. Que j’ai appris, oui. Que je vois les choses différemment et, bien, c’est ça. Elle me manque, mais, j’évolue là-dedans. J’en ressors du bien maintenant. Je n’aurais pas parti « SamInspire » sans son départ, c’est donc du positif qui en est émergé. C’est un effort au début de voir le positif et, ensuite, ça se fait tout seul et, maudit que ça fait du bien. J’ai décidé de changer mes lunettes et de voir les choses autrement. Ça fait du bien. Ça fait du bien à l’intérieur! Wow! Ça fait du bien d’apprécier les flocons de neige qui tombent. Le café chaud que je bois. Les repas que je mange. Le temps en famille, entre

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amis. M’arrêter et regarder le ciel, les étoiles. Apprécier les journées de marde que j’ai. Bin oui! De sourire et me dire que sans ces journées difficiles, je n’apprécierais pas autant les bonnes hahaha! Apprécier les petites choses, les petits gestes, les petits pas parce que ce sont grâce à eux que j’avance. Je me pardonne pour certaines décisions. J’apprends, je grandis avec les erreurs, les épreuves. Je vais de l’avant. Est-ce que j’ai encore mal pour certaines choses? Bien sûr que oui. Les blessures ne partent pas comme ça. Elles sont là. Est-ce ce que ma mère me manque et j’en pleure encore, oui. Est-ce que je « deal » avec? Mieux, vraiment. Est-ce que je donnerais tout pour la serrer dans mes bras et lui parler, oui. Est-ce que je sais que c’est irréaliste, oui. Alors pour mon fils, pour ma famille, pour mes amis, pour mon entourage et, surtout, pour moi, j’ai pris la décision d’aller bien. J’ai pris la décision d’être heureuse, malgré tout. Et, tu sais quoi? J’y arrive! Je le suis! Va-t-il arriver d’autres épreuves et moments difficiles? Probablement! (Je trouve que j’en ai eu mon compte et j’aimerais bien être épargnée un peu par contre haha!) Mais, je sais que je peux y arriver. Je sais que j’y arriverai. J’ai un entourage incroyable! Je suis choyée par la vie à plusieurs niveaux! J’en suis vraiment consciente et reconnaissante. Je remercie la vie pour toutes ces choses! Je suis plus forte aujourd’hui qu’hier et moins que demain. J’avance! Plus forte! Grandie! Une meilleure copie de moi chaque jour. Merci à tous ceux qui ont été et qui sont là pour moi! Merci d’être dans ma vie! Tellement. À toi qui ne va pas. À toi qui vis des épreuves. À toi que la vie envoie un peu trop souvent au tapis. À toi qui est tanné de te relever. N’abandonne pas. Continue. Persévère. Avance. Un pas à la fois. Repose-toi s’il le faut. Demande de l’aide. Une pensée à la fois. Un jour à la fois. Une heure à la fois. Même une minute à la fois s’il le faut. J’ai passé par là, où je me suis donné cette permission là... D’aller mal, d’avoir mal et de me sentir au plus profond du baril. Quand on se donne le droit d’avoir de la peine, d’être en colère, de ressentir des choses, d’avoir des émotions et de réagir, on fait un pas en avant. Quand on se pardonne. Quand on pardonne l’autre. Quand on accepte. Quand on cherche à ne pas tout comprendre et essayer de contrôler les choses... On avance. À quoi bon de se taper sur la tête? La vie peut s’en charger des fois. Alors sois cette personne qui se pardonne et qui se donne le droit. Sois cette personne qui a confiance en toi. Sois cette personne qui t’aime. Sois cette personne heureuse. N’attends pas après toutes ces choses. N’attends pas qu’une personne le fasse pour toi et te l’offre. Tu es la seule qui peut t’offrir réellement tout ça. Arrête de te voir dans les yeux des autres. Connais ta valeur. Les bonnes personnes resteront, les autres partiront. Tu n’es pas ce que les autres pensent. Tu le sais en plus. On repousse souvent les compliments et on garde le mauvais... Ah nous... Parfois!! Faut vraiment nous parler!!! Haha C’est incroyable le sentiment de légèreté que l’on a quand on va mieux, pour vrai. Je ne trouvais pas que j’allais si mal. J’ai toujours donné tout ce que je pouvais pour avancer et aller bien. Aussi petits qu’étaient mes pas, je les faisais. Je considérais que j’allais bien, oui. Mais là, je le sais au fond de moi, je vais bien! Je ne suis pas invincible hahaha! J’ai juste compris qu’on contrôlait vraiment notre façon de gérer ce qui nous arrive, notre façon de le subir ou pas justement. Nous avons toujours le choix de voir le côté négatif ou positif. Je choisis

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le positif. Ça ne veut pas dire que je ne me permets pas de pleurer parfois. Ça ne veut pas dire que je n’ai pas le droit d’avoir mal et d’être en colère. Mais, ça veut dire que je ne reste pas dans cet état d’esprit. Je respire un bon coup, j’apprends, je me relève et j’avance à nouveau. Ne généralise pas tout. Une journée de marde n’est pas une vie de marde. Une rupture ne veut pas dire que tu n’aimeras plus et ne sera plus jamais aimé. Une erreur de parcours ne veut pas dire que tu prends toujours de mauvaises décisions, tsé!! Hein! Quand ce petit hamster se met à tourner et part la machine des pensées négatives et nocives, arrête-le! Donne-lui une bonne tape en arrière de la tête (ou aux fesses ou une pichenotte dans le front, comme tu le sens) et apprends-lui à tourner dans l’autre sens. Un apprentissage au début oui, un effort oui. Mais, un jour, ça se fera tout seul. Je te le promets. Ça ne m’a pas pris une journée, ni une semaine, ni une année hahaha! Mais, je suis meilleure chaque jour. Oh oui! Le hamster a compris que je ne tolérais plus trop d’écart de conduite hahaha! Permets toi d’évacuer au besoin, oui! Mais repars la machine dans le bon sens après. Le plus vite que tu peux. La vie est belle! La vie est courte! Profitons! Souris Pardonne Aime Donne

Partage Contrôle tes pensées Relève ta tête Ouvre ton coeur à nouveau Tends la main Et marche, un pas à la fois Mets-toi en priorité, le reste viendra. En son temps. Parfois ça semble une éternité, oh oui! Je sais. Mais, à toi de choisir comment tu vois les choses. À toi de changer tes lunettes, ta vision de ce que tu vis. Essaye-le! T’as rien à perdre! Tout à gagner! Je te promets! Promis. Juré. Craché. Tu es plus aimé que tu le penses! Tu as plus de contrôle sur les choses que tu le penses, dans ta façon de penser. Tu es plus beau et belle que tu penses. Tu as plus de capacité que tu le penses. Tu es parfaitement imparfait. Tu es unique! Sois fier de la copie unique que tu es. Parce que tu es ma-gni-fi-que! Parce que je sais que tu peux y arriver! J’y crois, pour vrai! À ceux à qui j’ai causé du souci parce que vous vous êtes inquiétés pour moi... Lindsay is back Sur ce! Beau dimanche à tous Lindsay Guénard

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