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Journal de rue

L’ENTREVUE avec Monsieur Maxime Pednaud-Jobin

Avril 2017

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NOTRE CONSEIL D’ADMINISTRATION Président : Trésorier : Secréraire : Administratrice : Administratrice : Administratrice : Rep. camelots :

Sylvain Roy Guy Desjardins Geneviève Rollin Amina Hussein Denise Laferrière Émilie Boisvenu Vacant

Fondateur, Directeur et Éditeur : Christian Gosselin Correctrices : Fanny Lachambre Caroline Malo Dernière lecture : Michelle Morin Infographiste : Isabelle Sabourin (Du Progrès) Imprimerie : Imprimerie Du Progrès

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Le Portail de l’Outaouais est membre de : Le CRIO, du ROHSCO et de la TROCAO 819 230-4988 / portaildeloutaouais@gmail.com / www.leportaildeloutaouais.org

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L’ÉDITORIAL

PAR CHRISTIAN GOSSELIN Éditeur

otre bailleur de fonds principal s’est retiré du financement du Portail. Il nous a octroyé des fonds pour nos deux premières années à titre de projet ponctuel parce qu’il croit en cet outil d’intervention, mais il juge que le financement récurrent aux missions d’aide à contrer l’itinérance n’est pas de leur mandat. Il serait naïf de croire qu’un nouvel outil d’intervention, tel un magazine de rue, puisse être apprivoisé autant par les usagers-camelots potentiels que par les acheteurs-lecteurs potentiels en une seule année de publication, surtout dans le contexte où le nombre de piétons et les séquences temporelles où ils sont présents sur les trottoirs de Gatineau sont, disons-le, loin de l’abondance. Nous estimons ce temps à quatre ou cinq ans de publication avant d’atteindre une certaine maturité et une relative stabilité.

bre. Ce manque de ressources financières implique obligatoirement le manque de ressources humaines qui nous est vital au soutien des camelots dans leurs fonctions et les maintenir actifs au sein du Portail.

Voici donc ce qui pourrait être la dernière édition de ce magazine de rue Le Portail de l’Outaouais auquel la population, vous les lecteurs avez incontestablement manifesté votre appui et votre intérêt. Mille fois mille mercis.

En espérant continuer à vous produire un magazine de rue qui vous sera vendu par nos citoyennes et citoyens les plus fragilisés en septembre ou idéalement, avant. C’est avec grand plaisir que nous traitons avec vous de sujets trop souvent tabous et méconnus, avec toute l’humilité, l’humanité et la transparence que cela exige.

À moins d’un retournement majeur de notre situation financière, ce projet, cet élan, mon bébé, pourrait disparaitre. Nous sommes présentement en pleine action stratégique afin de rectifier la situation. Un magazine de rue est un excellent outil d’intervention sociale qui change de vies, s’il est muni des ressources nécessaires. Notre dernière stratégie pourrait être d’arrêter nos opérations à la mi-avril puis attendre la réponse en juin prochain à notre demande de financement déposée au gouvernement provincial par l’entremise du CISSS de l’Outaouais via le programme de soutien aux organismes communautaires (PSOC). Dans le cas d’une réponse positive, les opérations rependraient probablement leur cours normal avec une édition de septem-

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Le Portail de l’Outaouais a besoin de 133 000 $ annuellement ; deux salaires, un local, les frais d’impression et les dépenses courantes. Malheureusement, la bonne volonté ne suffit pas.

À bientôt, j’ose croire, Christian Gosselin Fondateur, directeur, éditeur Le Portail de l’Outaouais

SOMMAIRE 4 - L’ENTREVUE 9 - ELLES 13 - LE MOT DU CRIO 16 - LES BILLETS DE C 20 - ENJEUX

6 - LE PORTAIL VOUS PRÉSENTE

8 - L’ACTUALITÉ

10 - DOSSIER SPÉCIAL

12 - ITINÉRANCE ET DÉFIS CONNEXES

14 - MODE DE VIE SAIN

15 - ART DRUE

18 - UN JOUR J’...

19 - PLACE AU CITOYEN

22 - L’HABITATION

23 - RÉTABLISSEMENT Le Portail de l’Outaouais - Avril 2017

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L’ENTREVUE

avec Monsieur Maxime Pednaud-Jobin L

orsque j’ai approché Monsieur Jobin pour cette entrevue, il n’a pas hésité, il a dit oui. D’ailleurs, Monsieur Jobin a manifesté un intérêt très particulier à notre élan au Portail de l’Outaouais, et ce, depuis le tout début en 2014. Lors de notre première vidéo promotionnelle, que vous pouvez visionner sur notre site web, il exprime ouvertement que, contrairement à la vision de beaucoup, les personnes de Gatineau en situation d’itinérance sont nos citoyens à part entière et qu’il est du devoir de toute autorité municipale digne de ce nom de s’en préoccuper, selon les moyens disponibles, bien entendu. Ici, par contre, il est question d’apprendre à connaitre Monsieur Jobin, la personne, l’être humain et non le politicien, maire de la Ville de Gatineau. Alors, nous voilà au cabinet du maire, où je suis accueilli par un homme qui respire l’humilité. Chaque fois que j’ai eu à le rencontrer, je me suis senti son égal. Maxime Pednaud-Jobin est né à Buckingham en… (oups ! je n’ai pas demandé). Ses deux parents et ses grands-parents Pednaud sont également originaires de cette petite ville située au nord-est de Gatineau. Sa mère est professeure et une grande militante, et son père est le tout premier directeur général du tout premier CLSC local. Par volonté de transparence, sa mère a dû quitter son poste au conseil d’administration, afin de laisser son mari en occuper la direction. Ils sont clairement tous deux très engagés dans la communauté. Maxime a un grand frère et une petite sœur, tous deux avocats aujourd’hui : elle est linguiste juridique et lui, diplomate aux affaires étrangères. Enfant, Maxime fréquente la petite école à Notre-Dame-de-la-Salette, puis, au niveau du secondaire, le collège de Rigaud. À l’université, où il étudie en journalisme, Maxime passe plus de temps à vivre le militantisme et le journalisme dans les petits journaux locaux qu’à étudier. Ce jeune homme a d’ailleurs toujours pratiqué le journalisme, que ce soit en troisième secondaire dans le journal étudiant, au cégep, comme éditorialiste à La Rotonde à l’Université d’Ottawa, ou au journal de Prescott-Russell. Un bon ami de Maxime lui conseille d’aller apprendre le monde avant de l’écrire. Il lui mentionne qu’un bon journaliste, c’est d’abord celui qui a quelque chose à dire, beaucoup plus que la simple capacité de le dire. Le comment au-delà du quoi.

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PAR CHRISTIAN GOSSELIN

Le Portail de l’Outaouais - Avril 2017

C’est à son retour du Japon où ce jeune homme enseigne l’anglais que Maxime Pednaud-Jobin s’engage avec l’Agence de la santé et des services sociaux de l’Outaouais (le CISSS aujourd’hui), comme adjoint au PDG, un poste qu’il compare un peu à celui du directeur du cabinet du maire. Il devient par la suite responsable au Programme de soutien aux organismes communautaires (PSOC) qui gère les finances de l’État attribuées aux 150 organismes de l’Outaouais de l’époque. La misère, il en avait été témoin avant, mais ses visites dans des organismes communautaires lui ont fait voir et apprendre des réalités qu’il n’avait encore jamais cru possibles. En poste depuis 2002, c’est en 2009 qu’il décide de terminer sa maitrise, avec, avouet-il, l’idée d’une possible carrière politique en débutant par les élections municipales de 2009. C’est un prolongement logique à sa trajectoire professionnelle, un élan naturel. Comme il le dit honnêtement : « C’est très bien de dénoncer ouvertement, mais à un moment donné, tu fais quoi ? Si tu n’es pas content, alors vas-y donc ! » - Monsieur Pednaud-Jobin, quelle est votre vision de notre ville ? « Je crois qu’il faut d’abord aimer sa communauté. Ici, à Gatineau, nous avons une belle région, des lacs, des rivières, des pistes cyclables, une économie dynamique. Oui, nous avons quelques défis à surmonter, mais ici, tout est possible. » - Vos trois valeurs fondamentales premières ? « Sans être nécessairement dans l’ordre, je dirais l’honnêteté, et ce, dans toutes nos sphères de vie ; être le plus près de notre authenticité que possible, être vrai. La famille, dans mon cas, ça passe avant tout, mon travail inclus, absolument tout. Le bien commun, contrairement à l’individualisme. Le succès individuel, oui. Mais pas au détriment de l’ensemble. » - Monsieur Jobin, à quoi vous accrochez-vous ? « Je vois toujours le verre à moitié plein. Oui, il y a beaucoup de misère humaine, mais beaucoup moins qu’avant. Je crois qu’on peut encore améliorer parce qu’on l’a fait. Il y a plein de gens qui se sont fait dire que c’était impossible, mais qui l’ont fait quand même. Il n’y a pas très longtemps, encore au début des années


« Je crois qu’on peut encore améliorer parce qu’on l’a fait. » - Votre plus grande peur ? « Le cynisme. J’en vois beaucoup, surtout en politique. Le cynisme, ça tue tout. Ça anéantit tous les beaux élans. Les discours cyniques s’attaquent à ce qu’il y a de plus beau : l’idéalisme, la volonté de construire, le désir d’améliorer. Ça va à l’encontre du bien commun, du collectif. » - Selon vous, l’humanité court-elle à sa perte ? « Non, je crois qu’on s’améliore. Il y a de plus en plus de démocratie dans le monde, la pauvreté est à la baisse. J’ai des inquiétudes pour l’environnement par contre, mais il semble présentement y avoir un éveil de conscience, je crois. On le voit avec l’accord de Paris, et si je peux citer madame Obama : Yes we can, yes we did. » -Quelle est votre perception de l’itinérance ? « Je n’ai aucune expertise en la matière, mais je reste convaincu que personne n’a envie de vivre dehors et de manger quotidiennement de la misère. Certains finissent par s’y accommoder, certes, ils réussissent à se créer un réseau, mais ça reste un mode de pure survie au niveau des besoins fondamentaux. Ce n’est certainement pas une situation d’épanouissement personnel. Du point de vue collectif, c’est honteux que quelqu’un doive vivre dehors au froid. Nous sommes une ville riche dans un pays riche et que nos citoyens doivent coucher dehors, ça ne marche juste pas. On veut bien aider, mais la bonne volonté et l’huile de bras ne suffisent pas, on a besoin de ressources. Quand Québec est moins présent et quand le fédéral se retire du logement social (jusqu’à tout récemment), les gens se retournent vers la Ville, c’est mon téléphone qui sonne. Dans certains pays nordiques, la pyramide est dans l’autre sens : ce sont les municipalités qui gèrent 80 % de la cagnotte nationale, contrairement à 8 % ici. Là-bas, ce sont les municipalités qui gèrent leurs hôpitaux, leurs écoles et les organismes en relation d’aide sur leurs territoires. C’est tout plein de bon sens : ce sont les municipalités qui vivent avec la réalité de leur communauté. La prévention est primordiale dans le monde du communautaire. Soutenir une maison de jeunes, c’est éviter les problèmes dans vingt ans ; un centre de jour en santé mentale, c’est éviter des visites répétitives en institution, c’est permettre à des gens de vivre dignement entre amis. Même avec un regard purement comptable, sans aucune empathie, la prévention demeure un très bon investissement. Si je compare les investissements dans le service de police avec ceux dans les maisons de jeunes, même avec ce regard comptable et sans émotions, c’est flagrant comme couts sociaux futurs que ça implique. »

autonomie. Les villes ont définitivement le regard le plus juste sur leur réalité locale. Elles n’ont peut-être pas toujours l’expertise nécessaire, mais avec un transfert de pouvoir et de ressources financières, elles peuvent facilement rassembler les experts autour d’une table et jeter un regard sur la réalité locale pour mettre en place des mécanismes de solutions. Individuellement, donner du temps, avoir une attitude de générosité, que ce soit un simple sourire et un bonjour à la personne en situation d’itinérance par exemple. Véhiculer les valeurs du bien commun. Que celui qui est capable d’en porter plus soit prêt à contribuer plus, au niveau des taxes ou autrement. »

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1900, juste ici de l’autre côté de la rue (Laurier), les femmes allumetières mourraient de nécrose maxillaire (ou ostéonécrose du maxillaire) alors que leurs maris se brisaient le dos à bucher dans les bois loin du foyer. Il reste beaucoup à faire, mais on revient de loin. »

- Votre philosophie de vie ? « Mmmm… je dois y penser. Je ne suis pas un homme religieux, mais… (rire), je dois dire : Aimez-vous les uns les autres. » - Et pour terminer, Monsieur le Maire, avez-vous un message à transmettre à nos lecteurs ? « Oui, intéressez-vous à ce qui se passe autour de vous. On doit s’intéresser les uns aux autres. Aujourd’hui, il y a beaucoup de forces qui nous orientent vers nos propres petits intérêts et qui nous éloignent du collectif. Soyez vigilants, nous avons besoin des uns des autres. Le changement, c’est ensemble que ça se fait. Si l’hôpital existe, et si nos enfants fréquentent tous l’école, c’est parce que, d’abord, il y a eu et il y a encore un élan collectif. » Pour voir Monsieur Pednaud-Jobin parler, entre autres sujets, de l’itinérance à Gatineau, voir la vidéo : https://youtu.be/CRdPKvdJ544.

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- Monsieur Pednaud-Jobin, quels gestes concrets au quotidien nous proposez-vous ? « Collectivement, les municipalités ont besoin d’une plus grande

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LE PORTAIL VOUS PRÉSENTE

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ntraide familiale de l’Outaouais est un organisme communautaire autonome, sans but lucratif, fondé en 1982. Nous venons en aide aux personnes et familles à faible revenu de l’Outaouais en offrant des meubles et électroménagers gratuitement aux personnes et familles qui en font la demande. En 2016, Entraide familiale de l’Outaouais a remis plus de 3000 meubles, permettant ainsi à 598 ménages de vivre dans un logement décemment meublé. Le don de meubles sert souvent de levier pour permettre d’aller de l’avant et améliorer ses conditions de vie. Nous sommes convaincus que les personnes et familles portent en elles la capacité de surmonter les défis auxquels elles font face et notre mission est de les accompagner dans leurs démarches. Entraide familiale de l’Outaouais c’est aussi faire de la référence à d’autres organisations dans le milieu, donner de l’information sur différents programmes et services et faire de l’éducation populaire afin promouvoir et soutenir un meilleur milieu de vie pour les personnes et familles à faible revenu, en situation d’itinérance, à risque de le devenir ou en voie de s’en sortir. Entraide familiale de l’Outaouais est un maillon essentiel dans la chaine de la solidarité et joue un rôle significatif dans la chaine environnementale. En effet, les dons de meubles et d’électroménagers permettent d’augmenter la durée de vie des biens. Nous récupérons des meubles de base en bonne condition, nous les détournons des sites d’enfouissement pour les donner à des personnes et des familles en besoin. Moins de gaspillage et moins de pression sur notre environnement, liés à plus d’entraide est, selon nous, une combinaison gagnante.

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Pour réussir notre mission, nous devons obtenir l’aide de tous. Pensez-y, si vous avez des électroménagers ou des meubles de base disponibles, propres, fonctionnels et prêts pour une nouvelle vie, communiquez avec Entraide familiale de l’Outaouais pour organiser une cueillette au 819-669-0686 ou par courriel à agent@entraidefamiliale.com Pour recevoir des meubles : vous devez devenir membre d’Entraide familiale de l’Outaouais. On vous demandera une preuve de revenu pour votre ménage (il y a des seuils de faible revenu à respecter) et une pièce d’identité pour chacun des membres du ménage. Les inscriptions se font sur rendez-vous, 819 669 0686. Quand vous êtes inscrit, nous ferons ensemble la liste des meubles qui vous manquent, nous vous demanderons une participation de 20 $ et nous vous livrerons les meubles demandés dans la mesure où nous les aurons reçus en don. Veuillez noter que jusqu’à avis contraire Entraide familiale de l’Outaouais n’offre plus de vêtements, puisque la friperie au local d’EFO est fermée. Merci de rediriger vos dons de vêtements vers les différents organismes d’aide vestimentaire. Les locaux d’Entraide familiale de l’Outaouais sont situés au 310-B rue Notre-Dame, Gatineau. Les heures d’ouverture : • Lundi, mardi, mercredi 8 h 30 à 12 h et 12 h 30 à 16 h • Jeudi 8 h 30 à 12 h, 12 h 30 à 17 h 30 et 18 h à 20 h • Vendredi, samedi et dimanche fermé Sur le web : entraidefamiliale.com Facebook : Entraide Familiale Outaouais


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Un simple merci, Marie-Pier Renaud infographiste, pour un an de dévouement

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L’ACTUALITÉ

PAR MÉLODIE PELLETIER

Fentanyl : situation inquiétante en Outaouais L

e fentanyl fait des ravages au Canada depuis l’arrivée des drogues de contrefaçon provenant surtout de la Chine. Cette drogue est reconnue pour être 100 fois plus forte que l’héroïne, et aussi plus mortelle. On estime qu’un décès tous les trois jours au Canada est lié à une surdose de fentanyl. Je me suis entretenue avec Yves Séguin, directeur général du Centre d’intervention et de prévention en toxicomanie de l’Outaouais (CIPTO) au sujet de la situation en Outaouais. Depuis quand a-t-on remarqué l’arrivée du fentanyl en Outaouais ? Le fentanyl a fait son apparition en Outaouais il y a trois ou quatre ans. Les gens utilisaient alors des timbres de fentanyl, qu’ils préparaient pour pouvoir s’injecter la substance ou la fumer. Les utilisateurs sont, le plus souvent, des gens qui faisaient déjà l’usage d’autres formes d’opioïdes. On a remarqué une hausse du nombre d’utilisateurs il y a environ un an, depuis l’arrivée dans la région du fentanyl de contrefaçon sous forme de poudre ou de pilule provenant la plupart du temps d’ailleurs au Canada ou de la Chine. On a assisté à une baisse de l’utilisation au printemps dernier en raison du décès d’un homme connu dans le milieu à la suite d’une surdose de fentanyl. Même s’il était un utilisateur, il était reconnu pour faire attention à ce qu’il consommait. Ça a vraiment créé une onde de choc dans la communauté. Depuis, cependant, le sentiment de peur s’est dissipé, et la consommation a augmenté. Que fait le CIPTO face à ce problème ? Nos travailleurs de rue font beaucoup de sensibilisation ciblée. Le message qu’ils tentent de passer est celui d’une consommation moins à risque : consommer des plus petites quantités, ne pas le faire seul et s’assurer que quelqu’un dans le groupe reste sobre au cas où il y aurait un problème.

Nos travailleurs de rue sont maintenant munis d’une trousse contenant du naloxone, un médicament qui annule les effets d’une surdose le temps de se rendre à l’hôpital. En plus d’avoir la capacité de sauver des gens, les trousses nous permettent de parler plus ouvertement de la consommation du fentanyl.

Serait-ce possible de rendre cette trousse accessible également aux consommateurs ? Nous faisons présentement pression sur la santé publique en ce sens. En Ontario et en Alberta, le projet est déjà en place. À ces endroits, il est aussi possible pour un proche du consommateur d’avoir accès à cette trousse. Il y a présentement un projet pilote en cours à Montréal, et on espère qu’il soit étendu à la grandeur de la province. J’imagine qu’il y a aussi des programmes qui permettent aux gens d’arrêter de consommer ? Oui, mais on aimerait que plus d’options soient disponibles en Outaouais pour ceux et celles qui désirent arrêter de consommer. Présentement, la seule option existante est celle du Centre de réadaptation en dépendance de l’Outaouais. Mais les gens y accèdent souvent après avoir passé quelque temps sur une liste d’attente. Il est, en plus, impossible d’accéder au service si la consommation a débuté il y a moins d’un an. On souhaiterait qu’une approche comme celle offerte à Ottawa soit développée ici, c’est-à-dire la possibilité de se rendre dans une clinique et de commencer immédiatement un traitement de métadone ou de suboxone, des médicaments qui permettent d’atténuer les effets du sevrage.

Paul Duval

Courtier en assurance de dommages Conseiller en sécurité financière pauld@groupejette.qc.ca

Assurances Paul Duval Inc. Cabinet de services financiers

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Téléphone 819 777-4565 # 2401 Sans frais 877 977-4565 Télécopieur 819 777-9057 4, rue Georges-Bilodeau, bureau 101 Gatineau (Québec) J8Z 1V2


ELLES

PAR MAISON LIBÈRE-ELLES

M

alheureusement, la violence conjugale se poursuit souvent à la suite d’une séparation. La séparation peut contribuer à la diminution ou à la transformation du type de violence vécu : verbal, psychologique, spirituel, physique, sexuel, social, économique et spirituel. La violence augmente d’ailleurs dans plusieurs cas : dans 63 % des cas de violence conjugale, celleci a débuté ou s’est aggravée après la séparation (Centre canadien de la statistique juridique, 2001). Le niveau de dangerosité d’homicide est également plus élevé à la suite de l’annonce d’une séparation. Selon le Centre canadien de la statistique juridique (2001), les femmes seraient plus à risque d’être victimes d’un homicide après la séparation. En effet, il y a eu 50 % plus de victimes d’homicide post-séparation comparativement aux victimes d’homicide dans les couples (39 pour 1 million VS 26 pour 1 million). Il est donc important pour les victimes d’être sensibilisées à cette réalité et de se protéger à l’aide de scénarios de protection : 1.Prévoyez être dans un endroit sécuritaire pour lui annoncer votre séparation. Il est probable que la nouvelle ait un impact sur ses comportements violents. 2.À la suite de l’annonce de la séparation, assurez-vous de ne jamais être seul(e) en présence de votre partenaire; privilégiez les endroits publics pour vous rencontrer. 3.Lorsque vous allez aux endroits que vous aviez l’habitude de fréquenter ensemble, prévoyez des stratégies telles qu’être accompagné(e), avoir un cellulaire à portée de main, avoir un sifflet, etc. Vous pensez avoir besoin de soutien? Votre ex-partenaire •… coopère plus ou moins en ce qui concerne les droits de garde et d’accès aux enfants? •… a menacé de vous faire perdre la garde de votre enfant? •… considère comme sa possession (par exemple, est obsédé [e], jaloux [se] ou très contrôlant [e])?

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La violence conjugale cesse après la séparation C’est un mythe! •… vous fait sentir plus en danger depuis que vous êtes en processus de séparation? Ou bien depuis que celle-ci est actualisée? •… vous harcèle (par exemple, vous suit, vous surveille, vous envoie de nombreux messages textes ou courriels ou vous fait des appels téléphoniques répétitifs)? •… ignore les ententes à propos de l’éducation de votre enfant (par exemple, laisse l’enfant observer et faire des choses que vous considérez inappropriées)? •… mentionne à votre enfant que vous êtes la cause du démembrement de la famille? •… utilise ses contacts avec l’enfant comme moyen d’argumenter les décisions que vous prenez, d’obtenir des informations pour faire obstruction à vos demandes, pour contrôler, etc.? •… menace de vous blesser ou de vous tuer? •… menace de blesser votre enfant ou de le tuer? •… se sert de votre enfant comme confident pour déverser des émotions telles la colère, la tristesse ou la rage qu’il a envers vous? Si vous avez des raisons de craindre pour votre sécurité ou celle votre enfant, vous pouvez nous rejoindre 24 heures par jour, 365 jours par année au 819 827-4044 et profiter de nos différents services offerts aux femmes victimes de violence ou vivant des difficultés temporaires et à leurs enfants : soutien psychologique, hébergement, groupe de soutien, atelier de sensibilisation, services externe et jeunesse. Pour de plus amples informations, consulter notre site Internet : www.maisonlibere-elles.ca. Ce mois-ci, nous vous soumettons l’affirmation suivante : « La violence est une perte de contrôle » La réponse vous sera dévoilée dans le numéro du mois de mai.

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DOSSIER SPÉCIAL

PAR MÉLODIE PELLETIER

Paul « de Hull » Duval J

’ai rencontré Paul « de Hull » Duval en plein cœur du Vieux Hull, dans un des bars de la rue Laval. Il y était attablé et échangeait avec les autres visiteurs. Dès qu’il m’aperçut, il m’accueillit comme si je venais d’entrer chez lui. Comme il me le dira un peu plus tard, le Vieux Hull c’est son terrain de jeu depuis qu’il est tout petit. Paul Duval est né à Hull en 1960. Il est le fils de Yolande Duval, elle aussi bien connue dans la région. Un des deux établissements d’accueil de La Soupe Populaire de Hull porte d’ailleurs son nom. Paul a passé les premières années de sa vie dans la maison que sa mère avait construite au 57 Charlevoix, au cœur de Hull. Ils y vivaient avec le père de la famille, Léo Duval, et les trois autres enfants du couple : Armande, Luc et Pierre. En 1969, cependant, le centre-ville se transforme : la construction de nouveaux édifices gouvernementaux force l’expropriation des maisons se trouvant dans le quadrilatère de 152 acres, dont celle de la famille Duval. Yolande Duval ne se rend toutefois pas sans se battre ; sa maison a été la dernière à être démolie et même la structure a résisté aux pelles des démolisseurs qui ont dû s’y prendre à deux fois avant de réussir à la démolir. Il faut dire que Yolande Duval avait mis du cœur à la construire. Aujourd’hui, il ne reste plus aucune trace de la maison des Duval qui se trouvait là où est maintenant la barrière du stationnement de l’édifice Jos Montferrand. Paul Duval déménage alors avec sa famille dans le quartier Saint-Rédempteur. Bien que l’enfant de neuf ans qu’il était s’est tout de suite plu dans son nouvel environnement, le déménagement a mené à la séparation de ses parents. Tout au long de son enfance, Paul a été témoin des actions de sa mère dans le milieu communautaire où elle était très impliquée. La cuisine de la maison était rarement vide et l’odeur de la soupe à Yolande y flottait en permanence. Elle aimait y accueillir famille et amis. Paul m’a raconté que l’implication de sa mère dans sa communauté a eu une grande influence sur sa vie. Sa première implication sociale fut à l’âge de 14 ans alors qu’il devient scout. Il prend cette activité très à cœur et se taille rapidement une place dans l’organisation. Il bat même des records lors des campagnes de financement, réussissant à amasser 75 dollars en vendant des pommes à cinq cennes. Il faut dire que tout le monde le connaissait déjà, la réputation de sa mère le précédait.

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Ses champs d’intérêt et sa personnalité l’amènent à poursuivre des études en récréologie à l’Université d’Ottawa. Il y étudie l’industrie des loisirs et son impact sur la société. À cette époque, il faisait partie de ceux qui espéraient que le loisir prenne une plus grande place dans la société future. Un espoir qui ne s’est vraisemblablement pas concrétisé même que le cours a finalement été aboli. Paul m’explique que ses professeurs prédisaient alors que, dans le futur, les gens ne travailleraient que trois jours par semaine afin d’avoir plus de temps pour les loisirs. On remarque au contraire que nos loisirs vont maintenant de pair avec notre esprit de consommation, ce qui nous force à travailler toujours plus afin de pouvoir s’offrir plus. Selon lui, il faudrait remplacer le plaisir qui nous provient de la consommation par le plaisir que procure l’implication communautaire. Cette implication communautaire pourrait même faire partie de notre travail. C’est d’ailleurs dans cet objectif que Paul fonde, en sortant de l’école en 1982, l’auberge jeunesse La Champêtrerie. Il s’installe dans une ancienne école au coin des rues Saint-Joseph et Montcalm. L’auberge sera en activités pendant sept ans pendant lesquels elle accueille des voyageurs de partout dans le monde, des étudiants et également des gens dans le besoin. Le cout pour une nuit n’étant pas très élevé, Paul accueille avec plaisir régulièrement des gens ayant besoin d’une place où dormir. L’auberge a finalement dû fermer par manque de financement, mais son héritage reste bien présent : elle a mené à la fondation du Centre Jules-Desbiens qui offre des locaux à plusieurs organismes communautaires de la région. Encore aujourd’hui, Paul affirme que l’auberge est sa plus belle réalisation. Présentement, Paul Duval possède son propre cabinet d’assurance. J’avoue que j’étais curieuse de savoir ce qui l’avait amené dans ce domaine. « La coopérative », qu’il me répondit. C’était une manière pour lui d’harmoniser son travail avec ses valeurs, c’est-à-dire d’assurer un milieu de travail sain et un esprit communautaire dans l’entreprise. Dès ces débuts dans l’assurance, il se porte volontaire pour s’occuper du volet « loisir » de l’entreprise pour laquelle il travaille. Malgré son implication dans son emploi et plus tard dans l’entreprise qu’il a bâti, il ne perd jamais de vue le milieu communautaire dans lequel il s’implique à fond tout au long de sa carrière. Il cumule les titres de président à la tête de différents organismes, comme celui des Commerçants de la rue Aubry, de l’Association des résidents de l’Île de Hull et de la Coopérative de solidarité de l’épicerie de l’Île de Hull, pour n’en nommer que quelques-uns.


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Paul de Hull est certainement une personne qui a la vie bien remplie, des opinions qui font bouger les choses et une personnalité haute en couleur, difficile à représenter à l’intérieure de ces courtes pages. Il prévoit d’ailleurs publier prochainement ses écrits, basés sur le journal qu’il tient depuis maintenant quatorze ans.

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Paul m’avoue d’ailleurs qu’il craint que l’on perde de vue cet esprit d’entraide et de plaisir qui est tellement important pour lui. L’individualisme dans lequel on s’enlise lui fait peur et les coupures qui touchent le milieu communautaire n’ont rien pour le rassurer. Il ne perd cependant pas espoir, faisant appel au mouvement communautaire pour une meilleure unicité. Il croit qu’il pourrait s’agir d’une bonne idée de créer une entité qui aurait comme mandat de coordonner les activités des différents organismes communautaires. Il serait alors plus facile de travailler sur des enjeux communs, que ce soit pour mettre en place de nouvelles initiatives ou pour faire des demandes au gouvernement. Paul affirme également que les réseaux sociaux pourraient servir à rassembler davantage la population. Il faudrait cependant qu’on cesse de s’en servir pour se comparer et se cacher derrière l’écran, mais plutôt pour créer des liens.


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ITINÉRANCE ET DÉFIS CONNEXES

PAR CHRISTIAN GOSSELIN

Trajectoire II … Octave est maintenant à la rue, un sans-abri.

W

ow ! Jamais il ne l’a vu venir. Jamais il n’a pensé qu’un jour ça lui arriverait à lui, pas lui. Lui qui a toujours suivi le code. Il est sous le choc, émotionnellement paralysé, léthargique, désespéré, impuissant. Il vagabonde dans les rues les yeux rivés au sol totalement envahi par la honte et le mépris de luimême. Les regards valident cette opinion de lui-même. Les forces de l’ordre le harcèlent sans motif valable. Le voilà vulnérable, fragilisé et habité d’un défaitisme qui lui arrache toute étincelle d’élan d’optimisme. Nous sommes à la fin de septembre. Les nuits sont froides et la rosée au sol rend celui-ci très inconfortable pour s’y allonger. Il n’a comme autre option que de solliciter l’aide financière de dernier recours, six-centtrente-trois dollars par mois rattaché à l’obligation de s’engager dans un processus de recherche d’emploi au risque de se voir couper les vivres de moitié. Il n’en a pas l’énergie, il n’en est pas là. On irait jusqu’à dire qu’il s’en fout. La joie est morte. Le désir de mourir commence à germer tranquillement. Mais comme on sait, c’est le désir d’arrêter de souffrir qui pousse les gens aux abus de substances et aux idées noires. Après avoir réussi avec peines et misères à traverser le processus bureaucratique de plusieurs semaines digne des douze travaux d’Astérix malgré son état d’esprit d’indignité et de « jemenfoutisme » chronique, il reçoit un premier chèque. Il se présente devant la même caissière de son institution bancaire avec qui il avait l’habitude de transiger avec fierté et le sourire aux lèvres, cette fois il n’ose pas la regarder dans les yeux et de devoir hausser la voix afin d’être entendu lui demande un effort comme jamais il a dû avoir recours auparavant. La ligne entre l’humilité et l’humiliation est ici imperceptible. Il loue une chambre qui lui en coute quatrecent-cinquante, sans moyen de communication ni aucun moyen de transport. L’environnement dramatique et malsain de cette maison le force à la quitter. Il se résigne et cogne aux portes du refuge temporaire pour sans-abris local. Il se nourrit à la Soupe populaire du coin et utilise les services des banques alimentaires. Il se sent maintenant indigne, jugé, exclu, un moins que rien. Pourtant il n’y a pas si longtemps Octave était un citoyen qui avait « réussi ». Il était respecté. Octave n’y comprend rien. Il en veut à la « Vie ». Pourquoi lui ? Sa colère et son amertume lui donnent accès à une partie sombre de lui-même auparavant jamais rencontrée. Il ne l’aime pas. Il ne s’aime pas. Il n’aime plus, tout simplement. Il rage contre tout et contre tous. Pour la première fois de sa vie, il adopte des comportements violents. Cette rage envers la situation est projetée vers autrui, vers ceux et celles qui tentent de l’aider. Le mal qu’il tente de combattre partout autour réside en lui-même. Mais ça, ce n’est pas

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évident à conscientiser dans un pareil contexte. Combien de temps Octave résistera-t-il avant d’accueillir l’expérience qui lui est offerte, avant d’en tirer une leçon, avant de laisser place aux changements profonds qui tentent de se concrétiser en lui et enfin toucher son essence bien à lui et ainsi apprendre à vivre heureux, réellement heureux enfin, à coexister en paix d’abord avec lui-même et conséquemment avec ce monde qui effectivement ne lui ressemble pas ? Ça, ni vous ni moi ne le savons. Un temps de gestation semblable est différent pour tous. Nous ne pouvons qu’accompagner Octave dans cette période extrêmement difficile, mais temporaire de sa vie, rien de plus. On peut tenter de le guider afin d’éviter le pire, de réduire les dégâts résultants, le nourrir de petites notions de bienêtre auquel nous avons tous droit, mais malheureusement temporairement inaccessible pour plusieurs. Le chemin doit être parcouru. On peut très bien connaitre les réponses, mais hélas, seul Octave peut en prendre conscience pour lui-même. On a beau lui pointer du doigt la porte, mais seul Octave peut la franchir, ou non. Beaucoup restent devant le seuil de cette porte sans jamais le traverser alors que d’autres sont si loin si longtemps et tout à coup le traverse, comme par magie, un éveil soudain. Finalement, on ne peut pas beaucoup pour l’individu aux prises avec des défis qui pour nous sont faciles à surmonter, mais pour celui qui les vit, ces défis dépassent leurs capacités actuelles et même leur entendement. Ce qu’on peut, l’aimer. Mais hélas ! Trop souvent on le punit pour ses comportements aberrants. On s’acharne aux symptômes. Son sentiment de victimisation n’en est que plus nourri. Cette approche approfondie son malêtre et les influences de son nouvel entourage l’aspirent dans un cyclone descendant encore plus obscur. Chaque basfond semble arrêter sa chute libre pour le stabiliser pour un court moment, mais chaque fois une trappe s’ouvre sous le poids qu’il porte pour le laisser obéir impuissant à la gravité vers un autre basfond encore plus souffrant. Son besoin d’appartenance le mène à adopter les habitudes autodestructrices du milieu. « On souffre à la hauteur de son égo », dit-on. Octave baigne dans ce nouvel état d’âme en perdition pendant des années, donnant l’illusion que rien ne change et pourtant, il grandit. Malgré les apparences, peu à peu la résistance s’effrite et le message initial fait son petit bout de chemin vers son intelligence viscérale. Avec toute la douceur du monde, la lumière tente de pénétrer en lui, mais la résistance persiste. Octave continue encore aujourd’hui à errer dans les rues de notre ville, les yeux vides à chercher sans savoir que ce qu’il cherche le cherche aussi. Un jour peut-être nous verrons Octave nous émerveiller par son regard brillant qui dicte indéniablement que Octave a enfin trouvé, peut-être...


LE MOT DU CRIO

PAR ALEXANDRE RANGER

P

our le commun des mortels, l’utilisation des espaces publics est évidente, simple et libre. Pourtant, pour plusieurs citoyens et citoyennes la réalité est toute autre. Profilage, intimidation, répression sont monnaie courante pour les personnes vivant une réalité d’itinérance, de marginalité ou de pauvreté. Par définition, une personne qui vit une situation d’itinérance flânera, à un moment ou un autre, sur la rue ou dans un parc, n’ayant simplement pas d’autres lieux à occuper. C’est pourquoi nous revendiquons pour les personnes en situation d’itinérances, de marginalité ou de pauvreté le droit de cité, c’est-à-dire : le droit de circuler dans l’espace public, celui d’occuper une place dans la ville et d’être visible dans le paysage urbain et celui d’y prendre la parole. Bref, le droit de citoyenneté à part entière. Comme plusieurs d’entre vous, j’adore flâner au centre-ville sur mon heure du diner. À l’instar des travailleurs du secteur public, je traverse régulièrement les rues ailleurs qu’aux intersections et je n’utilise pas toujours le mobilier urbain aux fins prévues (j’avoue avoir effectué un changement de couche sur un banc de parc !). Pourtant, jamais un policier ne m’a interpelé pour ça. Lorsque je vais courir, je croise des cyclistes (vous savez, ceux qui roulent avec la « formule 1 » du vélo) qui n’ont pas ou très peu de réflecteurs, et ce, dans le seul but d’alléger le poids de leur vélo. Ces derniers, bien que non conformes au Code de la route, se promènent néanmoins en toute quiétude. Il suffit pourtant d’aller manger à la Soupe populaire pour entendre une myriade d’histoires de personnes démunies victimes de profilage ou de répression au quotidien, et ce, pour des banalités comme celles énoncées ci-haut, voire pour aucune raison apparente. À tel point qu’il n’est pas rare que les policiers connaissent le prénom de la personne interpelée. « Salut Robert, où est-ce que tu t’en vas comme ça ? Il manque un réflecteur sur ta roue arrière ; tu sais que je peux te donner une contravention pour ça ? Qu’est-ce que t’as dans ton sac ? Ça fait une bonne demi-heure que tu es assis sur le banc, il faudrait que tu bouges de là ! » La grande différence entre Robert et nous repose tout simplement sur la définition de « bons » citoyens. Certaines personnes de notre société sont malheureusement considérées comme des citoyens de seconde zone qu’on doit repousser afin de garder intact le beau portrait de famille.

Pour nous, cette répression a comme objectif de chasser de l’espace public les personnes qui la subissent ou, du moins, de les rendre le moins visibles possible. Cette réalité est particulièrement sentie dans les secteurs en processus d’embourgeoisement, tel que le centre-ville de Gatineau. La Ville de Gatineau et les promoteurs immobiliers investissent beaucoup de temps et d’argent à la revitalisation du centre-ville afin d’attirer de nouveaux résidents et commerçants. Construction de tour à condos, embellissement des espaces publics et réfection des rues sont monnaie courante sur l’Île de Hull. Le hic est que ce territoire est historiquement habité par une population pauvre « non-productive » pour les investissements faits. À l’intérieur de ce nouveau paysage urbain, les personnes itinérantes, pauvres et marginales sont perçues comme nuisibles en rendant moins attrayant le secteur convoité. L’utilisation du profilage devient alors un outil pour faire sentir à cette population qu’elle n’est plus la bienvenue et que ses intérêts se trouvent maintenant ailleurs. Dans le cadre de cette réflexion ayant comme objectif d’assurer un accès égal à la ville pour tous et toutes, les membres du CRIO travaillent actuellement à la préparation d’une déclaration de principes sur l’embourgeoisement en vue de son adoption. Nous y reviendrons dans une autre chronique. Bref, plutôt que de repousser ces personnes qui dérangent par leurs différences, nous devons apprendre à les accueillir, à les comprendre et à les accepter. Ainsi, nous pourrons travailler avec eux et elles à améliorer leurs conditions de vie tout en respectant ainsi les droits de la personne. Ce qui nous permettra d’avoir un centre-ville vivant où ils auront leurs places à part entière. Encadré : Définition de l’embourgeoisement : L’embourgeoisement est un phénomène, généralement urbain, de colonisation des quartiers populaires par des populations d’un rang supérieur : une petite bourgeoisie intellectuelle, avec du capital scolaire, culturel et intellectuel. Cette dernière s’approprie un espace initialement occupé par des habitants moins favorisés, transformant ainsi le profil économique et social du quartier au profit exclusif des nouveaux occupants.

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Chronique 11 Sommes-nous égaux dans l’utilisation des espaces publics ?


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MODE DE VIE SAIN

PAR MARIE-CLAUDE BÉNAZET

Ma ville. J

e marchais d’un pas vif et j’arrivais enfin au bord du pont du Portage. Je surveillais le vieux monsieur qui m’accompagnait et qui semblait un peu à bout de souffle. J’ai même ralenti un peu ma cadence pour lui donner une chance de me rattraper. C’est au moment de passer à côté du vieux moulin en direction de Hull qu’un jeune homme en patins à roues alignées s’est arrêté à côté de nous. Il a fait quelques tourniquets gracieux et rapides, et s’est ensuite complètement stabilisé sur mon épaule. Un peu trop pressé pour nous saluer, il a tout de suite demandé au vieux monsieur le chemin pour se rendre à Gatineau.

eau aux deux joggeurs. Ils étaient dans la bonne direction. Il leur a demandé, au moment où ils allaient prendre congé de nous, d’où ils venaient et comment étaient les gens de cet endroit-là. Les joggeurs ont souri tous les deux, et ils ont dit qu’ils venaient d’un village fantastique, et que les gens de leur village étaient créatifs, accueillants et super sympathiques.

Oh, dit-il, c’est simple, continuez tout droit sur le pont, tournez à gauche et vous serez rapidement au centre-ville de Gatineau. Au fait, vous venez d’où, jeune homme ? Le jeune lui mentionne le nom de l’endroit et le vieux lui demande si c’était bien comme endroit. Bof, dit le jeune homme. C’était juste un endroit plate, les gens sont des idiots et je me suis fait voler mes affaires l’autre fois. Le vieux secoue la tête d’un air navré et lui dit que malheureusement, les gens de la ville de Gatineau qu’il va rencontrer sont pareils. Ils ne sont pas intéressants, globalement ils sont juste des fonctionnaires ennuyeux et qu’il devrait faire attention à ses affaires.

Sur cette bonne parole, les joggeurs sont partis tout plein d’entrain.

J’avoue que cela m’a un peu démoralisé, mais j’ai continué de traverser le pont avec ce monsieur âgé. Il y a toujours du vent sur le pont à cet endroit-là, et j’avoue que j’aime m’arrêter quelques secondes pour voir couler l’eau de la rivière. Tout à coup, un autre jeune homme accompagné d’une jeune femme, cette fois-ci des joggeurs se sont arrêtés pour nous demander des indications. J’ai ouvert la bouche, parce que j’allais donner les explications, mais le vieux m’a devancé. Il a indiqué encore une fois, le chemin pour se rendre à Gatin-

VOTRE PUBLICITÉ ICI 14 Le Portail de l’Outaouais - Avril 2017

Le vieux leur a souri et leur a dit d’un air bienveillant, qu’ils avaient de la chance, car les gens de Gatineau étaient ouverts, accueillants et très sympathiques.

J’avoue que j’étais un peu surprise de ce qu’avait dit le monsieur un peu âgé. C’est au moment d’arriver tout près du boulevard Maisonneuve, au coin de la traverse pour piéton, que j’ai demandé au vieux pourquoi il avait dit la première fois que les gens de Gatineau étaient plates et la deuxième fois qu’ils étaient fantastiques ? Le vieux s’est arrêté là, juste au moment où le bonhomme lumineux du feu de circulation a cédé la place à une lumière orange, et je me suis arrêtée aussi. Il m’a dit : « Tu ne sais pas que ce que tu trouves, c’est ce que tu as dans le cœur aussi. Ne sais-tu pas que le regard et les jugements que tu poses sur l’endroit d’où tu viens seront les mêmes que tu poseras à l’endroit où tu vas ? » J’avoue que je ne m’attendais pas du tout à cette réponse. Si je comprends bien, la ville de Gatineau que je vois et que je connais et que j’aime, c’est d’abord la ville qui est dans mon coeur.

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PAR DAPHNÉE VACHON

AUTEUR INVITÉ DU MOIS : ANDRÉ ST-GEORGES

Ma ville est belle C

ela fait environ douze ans que je peins de manière sérieuse. D’abord, des scènes fictives, situées dans des espaces anonymes, mais résolument urbains, puis des portraits, souvent d’artistes tels Leonard Cohen, Tom Waits ou Dédé Fortin. Mais le propre d’un artiste étant de se réinventer, il ne me fallut pas beaucoup de temps avant que j’aie envie d’explorer un nouveau thème. Je suis contemplatif de nature. J’aime regarder un coucher de soleil jusqu’à ce que les derniers rayons disparaissent, les nuages défiler et changer de formes tranquillement, les éléments que découpe la lumière d’un lampadaire le soir. Tout le monde connait des endroits magnifiques : le belvédère promettant les plus beaux couchers de soleil, le parc avec les plus beaux arbres, la montagne d’où on peut contempler la vallée en bas. Je ne sais pas à quel moment exact le déclic s’est fait, mais j’ai compris, un jour, que je n’avais pas besoin d’un endroit précis pour trouver le beau. Il était tout autour de moi. Seulement, on ne voit pas toujours ce qui est juste devant nous. En fait, on le voit, mais souvent, on ne le regarde pas. Le Vieux Hull n’est pas le quartier le plus glamour, ni le mieux préservé, et un voyage en Islande, un séjour aux Îles de la Madeleine inspire tout autant. Mais c’est en observant ses imperfections que j’ai commencé à le trouver beau. Pas besoin d’être grandiose pour mériter d’être regardé ! J’y ai mes repaires préférés, mais je ne pourrai jamais prétendre les connaitre parfaitement, car, à tout moment, ils peuvent me montrer une nouvelle facette d’eux-mêmes. Que ce soit le soleil couchant qui fait briller de mille feux les édifices de la côte Wright, les différentes teintes de briques mettant de la couleur dans une journée grise, l’ombre des édifices d’en face sur la terrasse du 4 Jeudis ; plein de choses ont capté mon regard à un moment ou à un autre. Je pars rarement en quête d’images ; je préfère déambuler, mon appareil photo toujours prêt à servir, et laisser le hasard décider de ce qu’il me fera vivre. Un coup d’œil vient avec un contexte plus grand qui contribue à sa beauté.

beau ! » Les lieux montrés dans mes toiles sont généralement assez faciles à identifier ; toute personne connaissant un peu le Vieux Hull les a donc déjà observés, consciemment ou non, du moins juste assez pour avoir des repères. Je souhaite qu’on se dise que même le familier et le banal peuvent promettre de la beauté, et que la prochaine fois où on passera dans le coin, on ne fera pas que voir, mais bien regarder dans l’espoir de vivre aussi un moment parfait. Une personne m’a déjà dit à un de mes vernissages que je l’avais aidée à trouver le Vieux Hull beau. Un beau compliment ! En même temps, si elle le trouvait laid auparavant, une partie de moi se dit que c’est qu’elle n’y avait pas réellement porté attention, qu’elle le voyait au quotidien, pendant les quelques pas qui séparaient son auto de son bureau, avec cette idée bien répandue qu’il n’est pas particulièrement attrayant. Barcelone, Paris et Vienne ont aussi leurs lacunes, tout comme les plages paradisiaques de Bora Bora ou les structures rocheuses de Monument Valley dans l’Utah. La beauté est autant dans le banal que dans le grandiose, et même si je l’ai vue et arpentée des milliers de fois, ma ville continue de me surprendre, et je crois dur comme fer qu’elle va continuer de le faire, et qu’elle m’inspirera encore beaucoup, beaucoup de tableaux.

Si je ne cherche pas à reproduire exactement la scène sur toile, il n’en demeure pas moins que je veux transmettre l’émotion vécue au moment où mon œil l’a captée, un peu comme si je voulais dire au spectateur : « Tu n’as pas nécessairement vécu ce moment avec moi, mais il a eu lieu. Vois comme c’était

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LES BILLETS DE C

PAR CAROLE VERDON

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Auteure

Le moment présent, c’est ici et maintenant ! I

ci et maintenant, où êtes-vous ? Dans un nouvel endroit ou dans un lieu connu ? Même lorsqu’on se retrouve dans un lieu connu, il est toujours différent, nous sommes différents, et les gens autour de nous sont différents. Dans ce lieu où vous êtes ici et maintenant, que remarquez-vous ? Prenez le temps d’observer lentement, de poser votre regard pleinement. Quelle est la couleur des murs, y a-t-il de la tapisserie ? Y a-t-il du tapis ? Si vous n’êtes pas seul, que font les gens ? Déposez la revue quelques instants et donnez-vous la permission de prendre conscience de votre environnement, de le regarder avec un regard neuf. Acceptez cet état. Il n’est ni bon ni mauvais, il est simplement présent. Quand vous serez prêt, reprenez votre lecture et passez à la question suivante. Ici et maintenant, à quoi pensez-vous ? Nous sommes bombardés de pensées chaque seconde. Elles défilent à la vitesse de la lumière. Étiez-vous dans le passé ou dans le futur ? Étiezvous vraiment concentré sur la lecture de cet article ou distrait par votre to-do list ? Le plus grand obstacle au moment présent est lorsqu’on est « ailleurs » dans notre tête. Déposez la revue quelques instants et donnez-vous la permission de prendre conscience de ce qui veut être. Acceptez cet état. Il n’est ni bon ni mauvais, il est simplement présent. Quand vous serez prêt, reprenez votre lecture et passez à la question suivante. Ici et maintenant, comment vous sentez-vous ? Prenez conscience de votre état intérieur, de vos émotions. Prenez conscience de votre corps, de vos douleurs, de votre bienêtre. Prenez le temps d’être en contact avec vous-même. Acceptez cet état. Il n’est ni bon ni mauvais, il est simplement présent. Quand vous serez prêt, reprenez votre lecture.

Prendre conscience de ce qui se passe en nous-même. Voilà pourquoi je vous ai posé ces trois questions : pour prendre conscience de ce qui se passe en nous-même, pour arrêter de faire les choses « par habitude », pour commencer à être pleinement conscient du moment, car la seule chose qui est réelle, en ce moment, c’est le présent, le « ici et maintenant ». Être dans le « ici et maintenant » est la voie qui nous connecte à nous-même, à la vie qui s’anime à l’intérieur de nous, à la pleine conscience. Parlons alors de conscience : c’est saisir ce qui se passe maintenant, sans l’occulter, sans s’en éloigner. Voici une phrase que j’aime beaucoup et qui est tirée du site de la Clinique de Médecine Intégrée de Rimouski : La Pleine Conscience se définit ainsi : « Prise de conscience qui se développe en prêtant attention de façon délibérée au moment présent sans jugement de valeur et avec bienveillance. » La liberté intérieure passe par la connexion à soi, dans une présence à soi. La liberté intérieure, c’est, entre autres, s’affranchir du trop-plein envahissant, essoufflant, étourdissant qui nous éloigne et nous débranche de nous-même. Nous sommes en vie, mais sommes-nous pleinement vivants ? Dans les derniers mois, j’ai découvert un auteur, Guibert Del Marmol, et j’ai lu avec un appétit insatiable son livre Tomber plus haut. Cet être est un éclaireur sur ma route. Voici deux questions qu’il pose et qui m’ont interpelée. 1. Qu’est-ce qui me fait me lever le matin ? 2. Qu’est-ce qui donne un sens à mon existence ? Arrêtez-vous ici et maintenant pour y répondre.

« Dites toujours “oui” au moment présent ». (Eckart Tolle)

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Le Centre intégré de santé et  de services sociaux (CISSS) de  l’Outaouais est heureux de   souhaiter un joyeux   3e anniversaire de   fonda�on à l’organisme   Le PORTAIL de l’Outaouais.    Le CISSS de l’Outaouais est un er partenaire du   PORTAIL de l’Outaouais et lui souhaite   bonne con�nuité! 

CÉLÉBRONS ENSEMBLE 150 ANS DE JOIE DE VIVRE ! Programmation complète : gatineau2017.ca

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UN JOUR J’...

PAR CATHERINE-ÈVE BELLEMARE

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Auteure

Le regard de l’autre U

n jour j’ai rencontré Jean. Il était assis par terre, dissimulé derrière une colonne. Si bien d’ailleurs, que j’étais passé près de le piétiner en ressortant de la SAQ.

- C’est ce qu’on dit…

- Excusez-moi, monsieur ! Je suis tellement désolée, je ne vous avais pas… - Pas vu ? - Oui, exactement, je ne vous avais pas vu.

- Je peux vous poser une question ?

J’avais mis quelques secondes pour réaliser l’effet qu’avait eu ma réponse sur lui. Les épaules de l’homme avaient remué légèrement, soulevées par un rire amer. - Vous n’êtes pas nombreux à nous voir. Sa réponse m’avait prise au dépourvu, j’étais totalement désarçonnée. Il avait poursuivi : - C’est ce qu’il y a de pire, les regards fuyants. - Ça vous arrive souvent ? - Constamment. - À ma défense, vous étiez plutôt dans l’ombre. Vous auriez pu tousser. Et cette fois, l’homme avait ri, s’esclaffant d’un rire franc, émergeant du ventre. J’avais baissé les yeux en direction de son affiche en carton, celle qu’il affichait fièrement, posée contre ses genoux : I won’t lie, I’m looking for weed. But I accept cash, too. J’avais souri à mon tour, conquise par le franc-parler de l’écriteau. - C’est votre jour de chance. J’avais fait signe à l’homme de me suivre, m’assurant que l’agent de police stationné à l’extrémité de la rue finisse par continuer son chemin. J’avais rangé ma bouteille de Shiraz dans mon coffre arrière avant de me retourner vers l’homme, un joint entre les doigts. Il avait haussé les sourcils. Je lui avais laissé le soin de l’allumer, puis nous nous étions présentés. Jean avait inhalé durant quelques secondes, ses pupilles s’agrandissant, sans doute partagé entre la surprise et un profond contentement. - Plutôt puissant.

18 Le Portail de l’Outaouais - Avril 2017

Jean m’avait tendu le joint.

L’homme avait soutenu mon regard. - Vous vivez dans la rue depuis longtemps ? - Trente ans. Et une fois de plus, j’avais été sidérée. Jean ne m’apparaissait pas très vieux et j’en avais donc conclu qu’il avait dû passer la majorité de sa vie à côtoyer les trottoirs. - À chacun ses épreuves, avait-il dit au moment où l’ensemble de mes problèmes m’était soudainement apparu dérisoire. - Est-ce que ce serait indiscret de vous demander pourquoi ? Jean avait rapproché sa main de la mienne pour reprendre le joint. - J’ai grandi en foyer d’accueil, j’en ai fait plusieurs. Au troisième, j’ai décidé de m’enfuir, de quitter l’école aussi. J’avais 16 ans. J’ai commis certains crimes, je l’admets, mais surtout pour survivre. En bout de ligne, je me suis retrouvé avec un casier et sans papier. J’ai préféré la rue que d’espérer en l’évolution du système judiciaire. Je n’avais pas pu répondre et pour la première fois, ça m’avait semblé comme la parfaite chose à faire. Et sans autre forme de préavis, Jean m’avait remis ce qui restait du joint en se détournant, reprenant sa position initiale, tout près de la porte d’entrée de la SAQ. - Jean ? L’homme s’était retourné. - Merci de m’avoir expliqué. - Merci d’avoir demandé. Jean avait pris quelques instants avant d’acquiescer, à mesure que la fin de notre partage se consumait entre mes doigts et j’avais à mon tour, repris ma route.


PLACE AU CITOYEN

Dommage

E

P

st-ce que les millieux sociaux-éconimiques les plus riche sont aussi les zones de bilinguisme plus élevé ? Plus… d’intelligence---oui---nous étudions à l’échelle de l’individu que cela est une vérité, mais y a-til plus d’activitée économique aux alentour du bilinguisme aussi, plus d’art et activitée culturel, plus d’interractions et de dynamismes ? Si nous pouvons prouvez l’importance ou avantages du bilinguisme nous pouvons faire promouvoir le bilinguisme. Il a, je pense, une fausse notion que amélioré l’anglophonie invite la destruction de la langue française. Car, si nous pouvons prouver et inciter notre peuple de progresser vers le bilinguimse et aborder tout les avantages que cela nous apporte, nous fesons donc preuve congruante de l’avantage pour les régions uniquement anglophone d’adopter une deuxième langue. . . . et pourquoi pas donc le Français ? Non seulement ailleurs qu’au Québec mais pour le Québec unilingue anglophone. Il sagit potentielement d’une victoire sage pour la francophonie.

lus je vieillis, plus je deviens lucide, dommage.

Plus je vieillis plus je constate l’individualisation de l’espèce humaine, dommage. Plus je vieillis plus je réalise que les actions ne coïncident que rarement avec les mots. Plus je vieillis plus je vois les élus parler, payer des fortunes à rédiger des politiques sans actions, dommage. Plus je vieillis plus je trouve aberrant les millions dépensés futilement pour amuser le peuple et non lui venir en aide, dommage. Ce qui serait vraiment dommage, c’est que ce monsieur et tous les bénévoles aient dépensé toutes ces énergies en vain, comme si un tel projet comme celui-ci pouvaient arriver à maturité en l’espace de quinze mois. Il est dommage, en effet, qu’une ville comme la nôtre ne puisse pas investir dans un projet de réintégration sociale aussi magnifique les quelques milliers de dollars nécessaires. Dommage. -Une citoyenne découragée.

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Le Portail de l’Outaouais - Avril 2017 19

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Une importante question :


ENJEUX

PAR MÉLANIE LAFONTAINE

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Intervenante de première ligne

Quand le pauvre dérange E

n 1976, la Charte provinciale des droits et libertés de la personne évoquait le droit à tout individu d’être traité en égalité et d’exercer ses droits sans distinction, exclusion ou préférence qui serait fondé sur une caractéristique individuelle. Ainsi, en principe, un propriétaire ne pourrait refuser la location d’un logement à un individu pour des motifs discriminatoires tels que l’orientation sexuelle ou la condition sociale. Comme société, nous pourrions donc candidement avoir l’impression d’avoir évolué et que les choses s’améliorent. Pouvons-nous vraiment nous gonfler la poitrine de fierté lorsqu’en 2017, un être X commence seulement à comprendre que l’être Y mérite une considération humaine similaire ? Ne devrions-nous pas plutôt honteusement baisser la tête d’avoir encore à mener ce combat ? Mais bon, c’est un autre débat... je m’incline donc et reconnais l’avancement de l’acceptation, ou du moins la tolérance. Certes, on avance… Au fédéral, l’article 45 de la Charte statue que « Toute personne dans le besoin a droit, pour elle et sa famille, à des mesures d’assistance financière et à des mesures sociales […] susceptibles de lui assurer un niveau de vie décent ». Je dois admettre qu’après huit ans ici, dont cinq à travailler dans le Vieux, cet article semble être un vague souvenir d’une époque où l’on se souciait du sort de ses voisins. Époque de plus en plus lointaine… ainsi, année après année, un triste constat s’impose de plus en plus rapidement à mes yeux ; les personnes en situation d’itinérance, nos « pauvres » sont non seulement bien loin de posséder les mesures financières permettant de leur assurer un niveau de vie décent, mais en plus, les plus vulnérables, ces « pauvres » ont de moins en moins de place. Les « pauvres », on les veut dans des maisons de transition inexistantes, dans des chambres insalubres, dans des logements sociaux inaccessibles. Les « pauvres », on ne les veut pas dans des tentes sur le bord de nos rivières, car ça gâche notre jolie vue. On ne les veut pas dans nos immeubles, on ne les veut pas non plus dans notre quartier tranquille. Les « pauvres », on ne veut pas les voir quêter, encore moins ramasser des canettes dans nos bacs de recyclage. Les « pauvres », ça dérange, c’est différent. Les « pauvres » nous rappellent quotidiennement notre échec

20 Le Portail de l’Outaouais - Avril 2017

en tant que société. On tolère les personnes itinérantes comme on tolère la personne toxicomane, psychotique ou marginalisée. Pourvu que leur douleur et leur mal de vivre ne ruinent pas notre paysage harmonieux. Lors de mon arrivée à Gatineau, on m’a informé que mis à part les fonctionnaires faisant leur 8 à 4 les jours de semaine, le centre-ville était l’endroit où se réunissait une majorité de personnes appauvries et fragilisées. J’ai d’abord trouvé bizarre que dans l’ombre des édifices gouvernementaux se cachent un pourcentage important des moins nanties de la région. Or, j’ai rapidement compris, découvrant peu à peu que tous les organismes aidant les personnes vulnérables se concentraient dans ce périmètre ; le CIPTO, le BRAS, le Gîte Ami, la Soupe Populaire de Hull, La Manne de l’Île, Droits-Accès de l’Outaouais, et j’en passe. Il faut dire qu’en 2008, le Vieux représentait encore le quartier où un logement dit acceptable était encore quasi abordable. Quasi, parce que de payer 500 $ pour une chambre minuscule avec des murs en carton quand ton chèque est de 626 $, on est loin de mener la grande vie… mais au moins, malgré des problématiques intermittentes de profilages sociales, on se sentait chez soi. Les « pauvres » avaient au moins un quartier à eux, dans lequel on sentait moins le regard des autres. Puis, on parle de ragaillardir le Vieux. J’applaudis d’abord l’idée, naïvement. C’est vrai que dans ce quartier dort un potentiel inexploité et les personnes vulnérables ont elles aussi le droit qu’on s’occupe d’embellir leur environnement. Alors, les immeubles à condos de luxes s’érigent, augmentant par le fait même le cout des logements qui les entourent. On exige soudainement des dépôts de sécurité. On demande des revenus minimums de 1200 $ par mois. On dit à mes personnes, mes « pauvres » que, même chez eux, ils ne sont plus les bienvenues. On les tasse une fois de plus. On leur indique subtilement de quitter leur territoire. Mais, dites-moi donc, mes « pauvres », je les dépose où ?


Ce magazine est d’abord vendu aux camelots en situation précaire qui en retour revendent ces revues, à titre de travailleurs autonomes, à la population piétonnière de Gatineau.

Une belle alternative à la mendicité. Le Portail de l’Outaouais - Avril 2017 21

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Le Portail de l’Outaouais produit mensuellement un journal de rue inspiré de L’Itinéraire à Montréal, La Quête à Québec, La Galère à TroisRivières et du Journal de rue de Sherbrooke.


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L’HABITATION

PAR LE ROHSCO

D’une ville à l’autre : une visite au Logement communautaire d’Ottawa

L

e 25 janvier dernier, la Table de concertation des intervenants en soutien communautaire en habitation de l’Outaouais a décidé de sortir de Gatineau pour mieux connaître les pratiques de notre ville voisine. Nous sommes sept travailleurs d’organismes communautaires de Gatineau à avoir passé la journée au Logement communautaire d’Ottawa (LCO). Rappelons que cet organisme comprend environ 32 000 locataires à faible et modeste revenu, dont les ménages et les personnes ayant des besoins spéciaux qui ne peuvent payer des loyers aux prix du marché. Dès notre arrivée, une pochette comprenant une panoplie d’informations sur le LCO nous a été remise dans un sac réutilisable écoresponsable. Parmi les documents, un Guide du locataire s’y trouvait. En ce sens, dès leur entrée au LCO, les résidents sont informés des différentes ressources disponibles, passant des droits et responsabilités des locataires et des locateurs, à la gestion antiparasitaire, aux appareils de chauffage, etc. Nous avons émis le constat qu’il serait souhaitable qu’un Guide du locataire soit créé par les organismes d’habitation de Gatineau, notamment parce qu’il s’agit d’un outil de conseils pratiques pour gérer adéquatement le quotidien et les situations exceptionnelles. Pour les résidents qui veulent s’impliquer dans la communauté, deux associations s’offrent à eux : le Groupe consultatif de locataires (GCL), soit huit bénévoles qui siègent au conseil d’administration; et les Groupes de locataires qui préconisent les partenariats pour rendre leur communauté plus inclusive, notamment par des activités sociales. D’ailleurs, une locataire membre du GCL a pris le temps de partager son expérience. Il y a maintenant 30 ans qu’elle habite en ces lieux. Parmi ses réalisations, il y a la distribution d’un sondage pour connaître l’appréciation des locataires et la mise sur pied d’un forum des locataires, c’est-à-dire une journée de ressourcement réservée exclusivement aux locataires; les travailleurs n’y sont pas invités. Un atelier qui s’est avéré très à propos puisque notre table des intervenants est en train de concevoir un forum de discussion pour les résidents et locataires de la région.

22 Le Portail de l’Outaouais - Avril 2017

En plus de l’implication des locataires de ville en ville, les activités priorisées portaient sur les ressources et les partenariats de la Basse-Ville et dans la communauté, les services offerts aux familles sortant des refuges, les besoins particuliers liés à la santé mentale et à la toxicomanie et les risques de basculer vers l’itinérance. Notons que les discours des différents invités étaient orientés vers le partenariat et non vers les pratiques des divers organismes. Les approches privilégiées de nos différents ateliers étaient le rétablissement et la réduction des méfaits, incluant le tabagisme. Nous avons discuté de la proximité des médecins et de l’accessibilité des soins dentaires. Si le besoin se présente, des partenaires peuvent venir distribuer du matériel de consommation dans la salle communautaire d’un projet d’habitation. En plus de l’intervention de crise et les références dans le milieu, le soutien en habitation se traduit par la diversité des activités organisées en vue de développer de nouvelles compétences : cuisine collective, halte-garderie, etc. Inspiré du Housing first, connu du côté québécois sous l’approche de la Stabilité résidentielle avec accompagnement (SRA), tous les projets d’habitation du LCO offrent des logements permanents en vue de permettre la stabilisation des locataires. Une situation qui revient d’une ville à l’autre est la liste d’attente et la gestion des demandes prioritaires qui s’ensuivent. Un questionnement demeure sans réponse : est-ce qu’un logement doit être permanent pour tous lorsqu’il y a une stabilisation des locataires? Francine Vachon, gestionnaire en développement communautaire, nous a organisé une journée d’ateliers de formations en français grâce au plurilinguisme des intervenants des lieux. Cet accueil chaleureux s’est accompagné de repas, offerts gratuitement, préparés par une entreprise d’économie sociale de la communauté, Gourmet Express. Le défi est de taille, car nous voulons créer un échange entre les deux côtés de la rivière. Nous souhaitons que des membres du LCO visitent des organismes de la région pour s’informer de nos pratiques respectives, notamment en soutien communautaire et en habitation.


PAR CHRISTIAN GOSSELIN

RÉTABLISSEMENT

Le rétablissement, qui en a le plus besoin ?

mais la peur qu’on nous vend depuis des millénaires nous guide.

D

Dans le contexte de l’itinérance ou de toute exclusion sociale où quiconque n’est pas outillé pour répondre à ses besoins les plus fondamentaux, l’intervention doit avoir comme fil conducteur la recherche de l’authenticité, puis de l’assumer avec fierté, quelque qu’en soit le prix. D’ailleurs, le prix à payer de l’authenticité sera toujours de nature matérielle tout comme il l’est dans un contexte d’itinérance, avec la dignité et la joie en moins. La « Vie » pourvoit à tous les besoins de chacune de ses créatures, alors pourquoi il en serait-il différent pour nous, les humains ? Pour ma part, dans mes bons moments où je vis le plus près possible de ma vraie nature, pleinement, bien ancré en moimême dans toute mon intégrité, j’ai le sentiment d’être entier, détaché, comblé d’une présence palpable, d’une paix qui n’a pas de prix. De me demander de consacrer temps et énergies à quoi que ce soit qui résonne injuste dérange cette paix qui est devenue maintenant mon bien le plus cher et le plus précieux. Une richesse que je n’échangerais pour rien au monde. Une richesse que nul ne peut me donner ni m’enlever.

ans mon cercle d’amis, la plupart sont des marginaux, exclus par la force des choses. Pour la grande majorité, ils ne cadrent pas parce que leur sens des valeurs solidement ancré en eux les rend absolument inaptes à adhérer à un mode vie qui exige d’eux que la motivation première soit financière. Ils ne peuvent non plus prendre de décision de vie selon des critères platoniques au détriment du sacré qui les habite. Bien au-delà du rationnel, ce sens du sacré qui résonne intensément juste en eux ne leur permet pas de se trouver une place dans les balises sociales actuelles. Ils sont tout simplement incapables de vivre à côté d’eux-mêmes, ils vivent donc à côté de la norme. Pour ces « pas pareils », il est impossible d’occuper des postes qui ne donnent pas un sens à leur vie et encore bien moins de participer à quoi que ce soit qui va à l’encontre du bien commun de l’humanité, et ce, même s’ils s’en retrouvent justement exclus, jugés et pauvres. Leur système de valeur auquel ils ne peuvent tout simplement pas s’éloigner prévaut au-dessus d’absolument tout ce qui consiste à participer à un travail qui brime d’une façon ou d’une autre leurs propres droits fondamentaux ou ceux d’autrui ou à l’enrichissement de l’élite humaine, ces avares extrêmes au point de nuire à la dignité et aux droits humains, à une quelconque fonction qui finalement ne nourrit rien d’autre que le portefeuille. Que ce soit une bénédiction ou une malédiction, à ce stade d’authenticité et d’attachement à ce qui est sacré et vital, la marge de manœuvre est plutôt mince, disons-le. Ceux-ci qu’on qualifie souvent « d’illuminés » savent très bien que tant que la race humaine ne reviendra pas à ses valeurs sacrées de base dans la foi que le reste reprendra sa place naturelle initiale, notre condition en tant qu’espèce se détériorera encore davantage à une vitesse phénoménale foudroyante jusqu’à notre disparition. Alors qui est fou ? Il serait tellement si simple, je crois, de vivre dans la pure grâce et l’abondance pour tout un chacun dans un contexte où le bien commun prime au-delà de l’individu dans son égo. L’individualisme nous tue, nous le savons tous,

D’ailleurs ne sommes-nous pas presque tous des exclus ? Ne sommes-nous pas tous à un certain degré piégés sous l’illusion d’un choix lucide dans nos cercles sociaux respectifs, selon nos rôles et nos rangs sociaux, souvent seuls devant l’écran, seuls même parmi la foule, tous là à rechercher partout et en tout l’élément manquant qui ferait disparaitre cette éternelle insatisfaction ? Je suis toujours surpris de réaliser qu’on peut avoir du mal à comprendre pourquoi certains êtres humains n’arrivent pas à cadrer dans un système social inhumain rigide, de plus en plus étroit, axé principalement sur la performance et l’économie pour se retrouver à la rue. Et si c’était eux les derniers vrais humains ? Et si c’était eux qui ont la raison et nous les fous ? Et si c’était ça, la vraie réalité.

Le Portail de l’Outaouais - Avril 2017 23

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Exclusion innée ou les « incadrables »


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