Ça va milker, bébé

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Ça va milker, bébé Lait maternel, lait infantile, tire-allaitement, allaitement mixte ou induit... Il y a 1 000 façons d’être parent.​

Le bon choix, c’est le vôtre. Comprendre et s’informer pour un choix libre et décomplexé.

imaginé et (co)écrit par



Ce magazine, c’est celui qu’on aurait aimé avoir pour nous aider à cheminer sur la route du lait et des bébés. On l’a pensé comme un objet à se transmettre, de parent à parent, avec le secret espoir de le voir accompagner plusieurs générations de bébés.

Alors une fois que vous l’aurez bien arpenté, ajoutez votre nom à la liste des Wonder Mamas et confiez-le à votre BFF enceinte jusqu’aux dents ou votre collègue comme cadeau pour son congé mat.

Tiphaine, maman de Romane (2015) et Achille (2021)


Merci aux expertes qui nous ont relus

VALENTINE BURUCOA Sage-femme

TIFFANY SKYE VARENNE Diététicienne Passionnée de diététique et de nutrition depuis toujours, Tiffany est également devenue maman de Marin en juin 2021. Et ça lui a permis d’approfondir encore de nouvelles facettes de son métier. Depuis, elle articule son temps entre consultations, tests de recettes, rédaction d’ebooks et animation d’ateliers autour des thèmes qu’elle adore : l’hypothyroïdie, la périnatalité et la diversification alimentaire. Et franchement, quand on la suit sur Insta, des fois on prendrait bien la place de Marin.

L’accompagnement des mères, Valentine, ça la connaît. Elle a exercé à la (célèbre) maternité des Bluets à Paris dans toutes les étapes de la vie des mamans : préparation à la naissance, salle de naissance, suite de couches et consultations. En 2022, Valentine et son associée Isabelle lancent un projet absolument canon : Jeen, des espaces de santé dédiés aux femmes afin d’offrir à chaque femme un parcours de soin personnalisé et holistique. Franchement, on adore.

@jeen_raconte

@tiffanyhealthy

www.tiffanyskye-dietetique.fr

EMMANUELLE FRELIN Infirmière puéricultrice

JULIE TOUTIN Doula et accompagnatrice à l’allaitement En devenant maman, Julie a vécu un véritable bouleversement dans sa vision de la vie. Elle a très vite ressenti le besoin d’accompagner les mères dans leur cheminement vers une maternité consciente. Parce que pour Julie, la notion de choix c’est important. Elle forme également désormais les professionnels de santé sur les aspects émotionnels de l’accompagnement de la jeune mère lors de la naissance, du post-partum et de l’allaitement. En 2021, Julie sortait son premier livre « Naître ici » (Mama Editions) premier guide de la naissance respectée en France.

@julie.toutin

www.enterredemeres.com

Les 1ères années professionnelles d’Emmanuelle ont été consacrées aux bébés prématurés. Après un poste en maternité, elle a rapidement fait le choix de se former plus spécifiquement sur l’allaitement pour répondre au besoin réel des parents d’être soutenus, guidés dans ce choix. Elle a ensuite occupé un poste de directrice de crèche et mis ses compétences au service des enfants et de leurs parents, ainsi que des professionnelles de la petite enfance. Emmanuelle est également membre d’Eveil & Conseil, collectif pluridisciplinaire de pros de santé et de l’enfance, avec qui on partage l’envie de donner aux parents toutes les clés pour avancer et faire leurs choix.

@eveiletconseil

www.eveiletconseil.fr


édito

Pour ma fille aînée, je crois que je n’avais même pas envisagé une seule seconde de l’allaiter. Alors j’ai biberonné depuis le premier jour, et malgré quelques galères tout s’est plutôt bien passé. Sept ans plus tard, j’allaite mon fils depuis dix mois sans lui avoir donné la moindre goutte de lait infantile, ça me fascine, et je n’ai pour le moment absolument pas prévu d’arrêter. Je ne suis pas meilleure mère pour autant. J’aime mes deux enfants tout autant. Quand on a commencé à réfléchir à la possibilité d’un lait infantile pour

Popote, j’ai repensé à la culpabilité de certaines, aux injonctions de toujours, aux copines pommées, aux incomprises, et à toutes celles pour qui c’était une évidence. On veut nous opposer, mais c’était sans compter la puissance du truc qui nous relie. Whatever tes choix, t’assures Mama. Et comme un choix libre et éclairé, ça passe par de l’information et la représentation de toutes les parentalités, on s’est lancé dans ce projet fou de magazine entièrement dédié au sujet. Le lait pour les bébés, version déculpabilisée. Bonne lecture, Mama.

Tiphaine Mama in Chief chez Popote


Sommaire Ça va faire mal. Ou pas. Les idées reçues sur l’allaitement maternel PAGE 24

Fais pas ci, fais pas ça L’impact des injonctions sur votre choix PAGE 28

Il était une fois Pourquoi buvons-nous du lait ? PAGE 8

Bienvenue Bébé Les débuts de l’aventure lactée PAGE 12

Chacun son chemin Les différentes façons de nourrir Bébé PAGE 16

Chéri.e ? La place du co-parent, avec ou sans biberon Page 22

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Faire le choix Pour une parentalité libre et décomplexée PAGE 32

Rencontres Six Mamas racontent leurs histoires lactées PAGE 34


(Un)secret milk La fin du mystère sur la différence lait maternel / lait infantile PAGE 50

Le corps, ce héros La magie du corps humain appliqué à l’allaitement PAGE 54

Le Bébé.A.BA de la nutrition Ou comment décrypter une étiquette de lait infantile PAGE 56

C’est pas sorcier

La jungle du LI Ou comment choisir son lait infantile

Les coulisses de la fabrication du lait infantile

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Et puis des fois ça veut pas L’imprévu de la parentalité, version lait pour les bébés PAGE 66

Culture PAGE 70

Shopping PAGE 74

Signé Popote With love PAGE 76

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IL ÉTAIT UNE FOIS POURQUOI BUVONS-NOUS DU LAIT ? L’HISTOIRE, AVEC SES BOULEVERSEMENTS, SES CHANGEMENTS DE MŒURS, SES RÉVOLUTIONS, A TOUJOURS EU UN IMPACT SUR LA FAÇON DE NOURRIR SON ENFANT. RÉCIT.

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Mam-mifère Si le lait nous était conté, on commencerait probablement par l’origine du monde ou presque. Les mammifères femelles produisent du lait pour nourrir leur progéniture et ce, depuis la nuit des temps. D’ailleurs, avez-vous remarqué que dans mammifère il y a presque mam-an ? L’Homme (ou plutôt la femme), étant un mammifère, cela n’échappe pas à la règle : nous produisons du lait. L’éthymologie même du mot « mammifère » nous y ramène : mam pour « mamelon » et fère pour « porter ». Lorsqu’il y a naissance, il y a lait. D’un point de vue plus scientifique, la lactation est une fonction dite physiologique chez les femelles mammifères. D’ailleurs, la classe des mammifères se caractérise par l’existence de glandes mammaires, grâce auxquelles il y a sécrétion et excrétion de lait.

Ce phénomène de lactation est déclenché par la présence de deux hormones produites par l’hypophyse (une région du cerveau) : la prolactine et l’ocytocyne.

Chez les femmes, les seins puis les mamelons évoluent au fur et à mesure de la grossesse pour se préparer à leur fonction nourricière. Les mamelons changent de couleur, deviennent plus sombres, plus larges. Quelle que soit la façon de donner du lait (les ornithorynques par exemple, lèchent le lait maternel qui perlent au niveau du champ mammaire car les mamans ornithorynques n’ont pas de mamelons, ni de mamelles !), ce phénomène de production de lait maternel est permis grâce à la présence de deux hormones produites par l’hypophyse (une région du cerveau) : la prolactine et l’ocytocine. Sans elles, pas de lait ! Le lait, c’est la nourriture exclusive de bébé pendant les premiers mois. Son système digestif n’étant pas encore mature, c’est la seule nourriture qu’il est capable d’assimiler. C’est d’autant plus d’important que le bébé grandit à la vitesse de la lumière. Il triple son poids la première année et le lait maternel lui apporte tous les besoins essentiels pour sa croissance.

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Il était une fois

Une nourrice d’enfer Bien sûr, l’allaitement est animal et naturel. Mais la pratique de l’allaitement a beaucoup varié selon les périodes, notamment en fonction de la place des femmes. Les guerres, les mouvements féministes… Tous ces bouleversements historiques ont joué sur l’allaitement ou le non-allaitement des bébés. En France, le phénomène des nourrices a pris une place considérable entre le 17ème et le 19ème siècle. A cette époque quasiment tous les enfants sont gardés par une nourrice (plus de 90% des bébés gardés par des nourrices en 1914 !), soit à domicile pour les plus riches, soit à la campagne où les enfants sont envoyés plusieurs mois. Pour la plupart, les nourrices nourrissaient au sein. Mais, au fur et à mesure du développement de l’élevage des vaches laitières, les bébés ont été de plus en plus

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nourris au lait animal « non reformulé pour l’alimentation infantile ». Cela a eu un impact sur le taux de mortalité infantile, phénomène amplifié par le manque d’hygiène et d’attention aux nourrissons dû au nombre souvent trop important de bébés confiés à chaque nourrice.


Révo-lait-tion ! On a longtemps tenté de donner un peu tout et n’importe quoi en remplacement du lait maternel : bouillies, décoctions, infusions… Et ces essais n’ont évidemment pas été sans incidence sur la santé des bébés. En 1860, un pharmacien Suisse dont le nom ne vous sera pas inconnu, Henri Nestlé, cherche lui aussi à lutter contre la mortalité infantile et la malnutrition des bébés. Il élabore une farine lactée à base de lait de vache et de céréales. Mais c’est en 1908 que la révolution a lieu avec la création du premier lait infantile par Maurice Guigoz selon le procédé de dessiccation qui consiste à chauffer le lait sous vide à basse température. Reconstitué avec de l’eau, le lait conserve ainsi ses qualités nutritionnelles

et ses vitamines. Cela lancera la marque que l’on connait bien aujourd’hui (et fun fact, qui appartient désormais à Nestlé). Imaginez qu’à l’époque, ce lait est vendu en pharmacie et… dans les boulangeries ! Les innovations technologiques (avec la stérilisation du lait en UHT par exemple) participeront grandement à son essor dans les années qui suivront. Ce succès perdure pendant et après la Seconde Guerre Mondiale, période durant laquelle les femmes, sollicitées pour travailler quand les hommes sont au combat, donnent de plus en plus le biberon. Quelques révolutions féministes plus tard, nous voilà aujourd’hui.

En 2017 (derniers chiffres accessibles) en France, près de 68% des bébés sont allaités à la naissance et 23% au-delà de 6 mois.

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Bienvenue bébé LES PREMIERS JOURS Difficile d’aborder le sujet du lait (qu’il soit maternel ou infantile) sans évoquer là où tout commence. La majorité des naissances en France se fait en maternité (spoiler : on peut aussi accoucher en maison de naissance ou à domicile). Vous y entrez seule (ou avec le co-parent) et en ressortez avec un bébé ! Entre deux, en quelques jours à peine, il se passe une multitude de choses auxquelles nous sommes plus ou moins bien préparées. C’est aussi à ce moment qu’on va vous demander : “est-ce que vous souhaitez allaiter ?”. Bref, il nous semblait important de vous (re)raconter les premiers jours et le début de votre aventure lactée !

LE COLOSTRUM

TÉTÉE DE BIENVENUE

Il s’agit du “premier lait” maternel. Il commence à être produit habituellement durant le dernier trimestre (mais certaines n’en voient pas une goutte avant la naissance) et sera remplacé progressivement par le lait dit “de transition” au cours des premiers jours, puis “mature”. Il est jaune, épais et c’est surtout un méga concentré de bonnes choses, notamment d’anticorps (100x plus que dans le lait mature !), de protéines, de vitamines et de sels minéraux. C’est un peu le welcome pack de bébé pour l’aider à bien démarrer.

On vous passe les quelques heures précédentes. Si vous avez accouché par voie basse, vous voilà avec un bébé fraîchement né dans les bras. Une fois la délivrance faite (= l’expulsion du placenta), on vous garde encore 2 heures en salle de naissance afin de surveiller que tout est OK. Ce moment il est pour vous ! Véritable bulle pour redescendre, réaliser, se rencontrer, et si vous le souhaitez proposer une première tétée afin de faire bénéficier Bébé du colostrum, que vous ayez ou non prévu d’allaiter par la suite. Si vous n’étiez pas sûre, c’est le moment ou jamais d’essayer. Et pas d’urgence, Bébé ne naît pas affamé, on peut lui laisser le temps d’atterrir (et à vous aussi d’ailleurs). Si vous avez accouché par césarienne, c’est tout pareil mais en différé. Vous retrouverez rapidement Bébé, dès la sortie du bloc, environ 30min après la naissance. Il y a peu de chance qu’un apport de lait soit nécessaire dans ce laps de temps, mais vous pouvez toujours demander à ce qu’il ne soit pas nourri au biberon en attendant (il peut notamment être nourri à la pipette si besoin).

L’ACCOUCHEMENT Bon ça a priori, vous savez de quoi on parle. On rajoutera juste un truc un peu wahou sur une alliée trop méconnue : l’ocytocine. On l’appelle “hormone de l’amour” parce qu’on la sécrète dès qu’on vit un truc un peu cool dans nos vies; elle permet notamment de réduire notre niveau de stress. Mais l’ocytocine, c’est également celle qui est responsable des contractions utérines, qui favorise le lien mère-enfant et qui induit le réflexe d’éjection du lait maternel. Oui, nous aussi on trouve que tout ça c’est franchement fou.

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LES NOURETTES Si vous choississez de ne pas allaiter ou d’interrompre votre allaitement, la maternité vous fournira des nourettes, des biberons de 70mL prêts à l’emploi. Seul un petit nombre de marques fabriquent ces nourettes, aussi vous n’aurez pas forcément le choix les premiers jours. On ne donne qu’une toute petite partie de ces biberons pour commencer, à peine 20mL.


PREMIÈRES 24H Et c’est parti pour le début de vie ensemble ! Les premières heures de vie c’est quitte ou double et cela dépend des bébés : certains seront très éveillés quand d’autres auront besoin de beaucoup récupérer. On ne s’inquiète donc pas si son tout petit ne veut pas vraiment manger, on lui laisse le temps d’atterrir. Pour les bébés nourris au sein, on propose aux premiers signes d’éveil et on n’espace pas les tétées de plus de 5h afin qu’il récupère et continue de se nourrir correctement. La petite info : les bébés perdent jusqu’à 10% de leur poids de naissance dans les jours qui suivent. Ils évacuent le surplus d’eau et le méconium (=premières selles) accumulés dans les intestins les premiers jours.

LA MONTÉE DE LAIT Nous y voilà ! Sauf rares exceptions, la montée de lait vous aurez du mal à y couper ! Concrètement on a les seins gonflés et tendus et c’est pas hyper agréable. Bon, la bonne nouvelle si vous nourrissez au sein c’est que c’est parti ! Et si ce n’est pas le cas, la lactation va se tarir toute seule (le persil, la sauge et la menthe pourront aider), et vous pouvez soulager avec des cataplasmes d’argile ou des feuilles de chou. Oui oui. À retenir : la lactation c’est la loi de l’offre et de la demande. Si vous voulez la maintenir, il faut la stimuler. Sinon le corps s’adapte et diminue l’offre jusqu’à ce que le process s’arrête. C’est bien pensé non ?!

LA NUIT DE JAVA En général, la première nuit se passe plutôt pas trop mal. Et puis arrive la 2ème, la fameuse “nuit de java”... Notre corps est biologiquement programmé pour avoir une montée de lait entre J2 et J5, et comme la nature est plutôt bien faite, le bébé est programmé pour aider à faire venir le lait (surtout la nuit, parce que la prolactine hormone indispensable à la production du lait est au plus haut). Donc concrètement, pendant la nuit de java il est fort probable que vous ayez du mal à poser Bébé et qu’il soit (très) agité ! Si vous allaitez c’est le moment de le laisser au sein au max, il s’apaisera et fera son job. Sinon le peau à peau aide beaucoup, vous pouvez également tester de soulager son réflexe de succion.

LE RETOUR À LA MAISON Vous pouvez rentrer à la maison quand vous le souhaitez (après à peine quelques heures en maison de naissance) mais en général vous resterez 2 à 5 jours à la maternité le temps de s’assurer que tout le monde va bien, que vous prenez vos marques et que Bébé stabilise bien son poids.

Relax Mama, ça va aller !

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Bienvenue Bébé​

Focus sur… Le rythme des repas Une question qui revient (très) souvent : mon bébé doit manger combien et tous les combien de temps ? Pour répondre à cette question, on doit commencer par évoquer la taille de l’estomac du nouveau-né, qui évolue super vite les premiers jours :

1-2 jours

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3-4 jours

5-6 jours

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jours


On ne s’inquiète donc pas des très faibles quantités de lait infantile ou colostrum bues au démarrage, il n’y a pas la place pour stocker davantage ! On ne s’inquiète pas non plus de ne pas avoir une montée de lait dès J2, quelques gouttes de colostrum suffisent au démarrage. Dès le début, on nourrit à la demande. En langage allaitement, on parle en moyenne de 8 à 12 tétées par jour, qui durent chacune entre 15 et 30min, parfois 60. Oui, on a un peu l’impression que notre vie ne tourne qu’autour de ça au début, mais ça ne durera pas parce que votre bébé va devenir de plus en plus efficace lors des tétées et boire progressivement des plus grandes quantités.. Il arrive également que votre tout petit tète très souvent, notamment le soir. Ca s’appelle des tétées groupées, c’est normal et physiologique et rassurez-vous, ça ne signifie absolument pas que vous manquez de lait et cela devrait doucement disparaître après quelques semaines. Côté biberon, c’est 6 à 8 biberons par jour pour démarrer, en moyenne toutes les 3h. Pourquoi une telle différence ? Le lait maternel met 20 à 90min pour être digéré, contre environ 3h pour une préparation pour nourrisson. Et c’était sans compter sur les pics de croissance ! À (environ) 3/6/9 jours, semaines et mois vous observerez probablement que votre bébé se transforme en ogre insatiable ! Rassurez-vous, ça aussi c’est normal, il y a un réajustement entre l’offre et la demande : Bébé tète davantage afin de donner le signal pour que la lactation s’adapte à ses besoins futurs (fou, hein !). Les bébés au biberon peuvent également traverser ces phases. C’est aussi une période en lien avec les grandes acquisitions (le retournement, la marche…) et plus on y répond, plus ça passe rapidement. Vous risquez aussi de les avoir beaaaucouuup dans les bras pendant 1 jour ou 2, tout va bien, ça va passer aussi vite que c’est venu, promis !

QUAND EST-CE QUE JE M’INQUIÈTE ? Si Bébé tarde à reprendre son poids de naissance (normalement autour de J10/12), s’il ne mouille pas suffisamment ses couches (4 à 6 couches mouillées + 1 à 3 selles par jour à partir de J5) ou si vous ressentez des fortes douleurs lors de l’allaitement, consultez votre pédiatre, sage-femme ou consultante en lactation IBCLC (certifiée par le conseil international) pour vous faire accompagner.

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CHACUN SON CHEMIN LES DIFFÉRENTES FAÇONS DE NOURRIR BÉBÉ Votre bébé n’est pas né depuis quelques minutes, qu’il est déjà l’heure de faire un choix, souvent (mais pas toujours !) mûri en amont de la rencontre : le lait. Or, il existe plusieurs façons de nourrir son enfant. Passons en revue toutes les possibilités afin de vous dresser le portrait du lait et des bébés. Le meilleur sera toujours celui que vous ferez car il vous correspondra !

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L’allaitement est dit exclusif lorsque la mère nourrit exclusivement son enfant avec du lait maternel. L’OMS le recommande les six premiers mois de l’enfant, puis en parallèle de la diversification jusqu’aux deux ans. Il peut être réalisé au sein ou en tire-allaitement.

L’allaitement au sein Allaiter exclusivement son enfant au sein, c’est avoir sous la main en permanence un aliment absolument adapté aux besoins de son enfant pour répondre à ses besoins nutritionnels en plus de lui donner de nombreux et précieux anticorps. Ciao charge mentale, avec la possibilité d’allaiter partout tout le temps (coucou Tajine Banane). Pas de boîte de substitut de lait maternel à acheter, pas de millilitre d’eau à mesurer, ni de tire-lait à dégainer !

moins de coliques et de reflux (l’aliment le plus adapté, tout ça tout ça), et qu’il soit moins malade grâce aux anticorps maternels. Allaiter, ça signifie aussi nourrir à la demande. Ça implique d’anticiper quand on se sépare de son enfant, d’avoir quelques nuits entrecoupées (mais le cocktail hormonal permet d’avoir un sommeil plus réparateur), de manger parfois avec un enfant au sein ou de nourrir potentiellement n’importe où, n’importe quand. Allaiter exclusivement ça veut dire lâcher prise totale sur les quantités et les horaires, et c’est découvrir ce que c’est qu’un pic de croissance (coucou les 48h collées serrées). Ça peut être des douleurs au lancement, des conseils pas toujours super avisés et du découragement. Ça peut-être des crevasses, des engorgements, des mastites, des fuites de lait au moindre shoot d’ocytocine. Mais c’est aussi une communauté ultra solidaire qui s’active aux côtés de celles qui traversent des moments de doute (#AppelleTonIBCLC).

L’allaitement c’est aussi ultra économique (sauf quand on investit un PEL dans des vêtements d’allaitement) et on ne peut plus écologique. Mais allaiter dépasse le simple fait de nourrir son enfant, les tétées pouvant servir au choix de doudou, de réconfort, pour calmer une peur ou une douleur… Un peu comme des super pouvoirs quoi. Il est également possible - sans que ce soit une vérité absolue - que le bébé souffre

Allaiter exclusivement, c’est se faire confiance et halluciner de voir qu’on n’a besoin de rien d’autre pour faire grandir son bébé.

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Chacun son chemin

Le tire-allaitement Vous pouvez décider d’allaiter votre enfant en tirant votre lait et en lui donnant au biberon. Oui, c’est possible et ça peut apparaître comme la situation idéale : les bienfaits du lait maternel et les avantages du biberon. On peut le faire de manière exclusive, ou de manière occasionnelle en parallèle d’un allaitement classique. Sachez qu’un tire-lait se loue et est entièrement remboursé par la Sécurité Sociale. Ça c’est pour le côté pratico-pratique.

Pour éviter d’avoir un impact sur votre lactation en introduisant un biberon, sachez que votre lait peut être donné sans soucis dans un contenant alternatif : verre, DAL (dispositif d’aide à l’allaitement), cuillère, softcup, tasse à bec… Vous serez surprise de la capacité de Bébé à s’adapter !

Mais le tire-allaitement exclusif représente il faut le dire une certaine organisation, et c’est probablement la manière la plus contraignante de nourrir son enfant : il faut tirer son lait autant de fois que son bébé téterait au sein, soit 8 à 12 fois par 24h, à horaire fixe (y compris la nuit). N’empêche que ça convient à certaines mamans, pour qui les avantages dépassent largement les contraintes. Le tire-allaitement précoce est souvent mis en place afin de faire face à des difficultés au démarrage de l’allaitement (prématurité, difficultés de mise au sein…). Pour toutes autres raisons personnelles et organisationnelles, il est préférable d’attendre que la lactation et la maitrise des tétées du bébé soient bien installées, après quatres semaines. Un tire-allaitement occasionnel peut être mis en place au retour du congé mat ou de manière anecdotique pour un déplacement ou une soirée loin de Bébé. Et là tu fais la connaissance avec ton ami le tire-lait. Pour info la législation prévoit une adaptation de l’organisation du temps de travail afin de laisser la mère allaiter ou tirer son lait 2x30min par jour pendant la première année de l’enfant. Les entreprises de plus de 100 salariés prévoient quant à elles un local pour vous permettre d’allaiter ou tirer votre lait.

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Le tire-allaitement, c’est un peu comme le reste : ça semble compliqué au départ, mais si on a les bonnes infos et quelques tips, ça peut rouler.


Chacun son chemin

Le lait infantile Lorsque le choix du lait infantile est fait dès la maternité, des nourettes (mini biberons) sont offerts aux parents pour qu’ils puissent démarrer sereinement. Ça signifie que vous ne faites pas le choix du premier lait infantile qui est alors donné à votre enfant, mais rien ne vous empêche d’en changer ensuite si votre choix se porte ensuite sur un autre. Même si dans les faits, on a plutôt tendance à ne plus changer lorsqu’on a trouvé un lait infantile qui convient ! Mais le lait infantile peut aussi être démarré en relai de n’importe quel allaitement. Ça signifie que vous pouvez essayer quelques jours, quelques semaines, quelques mois, et faire la bascule quand ce sera le moment. On sait que le lait maternel est l’aliment idéal des nourrissons. Le lait infantile n’arrivera jamais à le copier mais pas d’inquiétude, sa formule couvre les besoins essentiels du bébé.

Lorsqu’on interroge des mamans, elles répondent souvent que le biberon permet l’intégration directe du coparent (mais on vous laisse lire notre article sur le sujet). Donner le biberon c’est aussi maitriser davantage les quantités et le rythme de son enfant avec des repas plus espacés (toutes les 3/4h, le temps de digestion étant plus long). Donner le biberon procure souvent un sentiment de liberté dans le sens où les mamans peuvent au choix boire un verre ou sortir sans avoir à tirer leur lait. C’est aussi garder une certaine maîtrise de son corps sans le mettre à disposition H24. Mais le biberon, ça requiert aussi une certaine organisation : avoir le biberon, le lait infantile et une bouteille d’eau sous la main. Ça signifie parfois aller courir un dimanche soir dans une pharmacie de garde (TMTC). Il ne se prépare pas à l’avance (car une fois préparé, le lait infantile se conserve une heure), et il demande de sacrément bien compter à 4h du mat. Et parfois, le parcours peut parfois être semé d’embuches ! Intolérance, reflux, maux de ventre… trouver LE lait infantile pour son enfant est parfois plus compliqué qu’il n’y parait.

Donner le biberon, ce n’est ni un choix égoïste, ni un choix de second ordre tant que c’est VOTRE choix et que vous avez pu prendre le temps de vous renseigner et de mener cette réflexion durant la grossesse.

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Chacun son chemin

L’allaitement mixte Entre les deux, mon cœur balance ! Avec l’allaitement mixte (ou partiel), on nourrit à la fois au sein (lait maternel) et au biberon (lait infantile). Les avantages cumulent ceux de l’allaitement et ceux du biberon : des bienfaits nutritionnels, une alimentation à dispo tout le temps, un coparent qui prend le relai quand on est fatigué ou qu’on doit filer. Ça n’empêche pas pour autant les désagréments, les galères de digestion, les méga pics de croissance et autres possibles engorgements. Si vous souhaitez faire le choix de l’allaitement mixte, il est également important de connaître le risque du sevrage précoce : d’une part Bébé peut être amené à préférer le biberon (ça coule plus vite !) et refuser le sein, d’autre part vous stimulez moins et votre lactation peut s’en ressentir. Pour limiter le risque, quelques conseils : par exemple de commencer l’allaitement mixte minimum huit semaines après le début de votre allaitement afin qu’il soit bien installé. On privilégie une tétine à débit (très) lent pour que bébé continue son travail de succion comme s’il était au sein. Le biberon doit être donné lentement (idéalement 20min) dans une position semi-assise (quasi verticale) et un biberon presque horizontal. Et pour préserver votre production de lait ou éviter l’engorgement, diminuez progressivement et conservez des tétées à horaire fixe.

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La lactation induite (ou relactation) Moins connue et pourtant si magique ! La lactation induite c’est le fait d’allaiter sans avoir porté son bébé (si on a adopté par exemple ou si l’on est un couple de femmes) ou encore si l’on a accouché il y a plus ou moins longtemps (on parle alors plutôt de relactation). La lactation induite peut être accompagnée par un médecin, sage-femme, doula pour mettre en place un protocole adapté.

Dans le cas d’une lactation totalement induite, il peut être nécessaire de mettre en place un traitement hormonal pour simuler une grossesse. Mais pour induire une lactation, le meilleur des remèdes reste l’hyper proximité avec son enfant, la mise au sein très fréquente, la stimulation par un tire-lait ou par expression manuelle, en fonction de la situation. C’est un vrai boulot mais ce n’est pas impossible : de nombreuses mamans ont réussi et ce sont autant d’histoires qui nous montrent que oui, on peut nourrir son enfant de la manière dont on choisit de le faire.

Bien s’entourer, c’est la clé Quelle que soit la façon dont vous avez envie de nourrir votre bébé, vous n’êtes jamais seules. Vous pouvez vous faire accompagner par une sage-femme, une consultante en lactation (IBCLC = certification internationale), une doula, le numéro vert dispo 7/7 de la Leche League qui vous donneront des tips pour poursuivre au maximum votre choix. Il existe aussi des tas de groupes de soutien sur Instagram, Facebook… N’hésitez pas à échanger aussi avec d’autres mamans

En gros, soyez entourée, faites-vous confiance et prenez votre temps ! Quel que soit votre choix, c’est le bon, car le vôtre !

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Chéri.e ? LA PLACE DU COPARENT, AVEC OU SANS BIBERON Un enfant se fait souvent à deux… Et dès le premier jour du bébé, la liste des questions s’allonge : quelle place pour mon partenaire si j’allaite ? Est-ce qu’il ou elle sera aussi complice avec le bébé ? Comment faire en sorte qu’il se sente utile, qu’il ait un rôle à jouer ? Le soutien du coparent est crucial et ce, que l’on allaite, que l’on tire son lait ou que l’on ait choisi le lait infantile. Il est si facile pour toute une génération de mères ou de grand-mères (et de belles-mères !) non-allaitantes de vous titiller pendant toute la grossesse avec cette phrase incroyable qui est : « Le biberon te permettra de partager les tâches et de te reposer. » Quand on parle du biberon, on parle autant lait infantile que tire-allaitement. Dans la tête des gens, le biberon permettra à coup sûr à votre partenaire d’être mis.e à contribution afin que vous soyez comme par magie libérée d’une grande partie de la charge mentale. Spoiler alert, c’est un peu plus compliqué que ça. Un autre grand préjugé autour du biberon c’est de vous faire culpabiliser de garder votre bébé pour vous toute seule. Vous allez parfois entendre que le biberon est la meilleure solution pour que l’autre parent puisse avoir la même place affective avec bébé. Alors qu’est-ce qu’il en est ?

DUR DUR D’ÊTRE UN BÉBÉ Bébé, petit individu qui a passé 9 mois (ou un peu moins) dans le ventre de sa mère et se retrouve projeté en un claquement de doigts chez nous.

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Sa vie se résume certes à manger (beaucoup), à dormir, à grandir, mais aussi à avoir des petits tracas : coliques, constipation, difficultés à s’endormir, peur de la nuit qui tombe… Dans ces cas-là, nombreux comme on peut le voir, la place du coparent elle est tellement essentielle : porter bébé, le rassurer, le câliner, le promener en poussette, lui masser les gencives, le masser tout court, l’aider à se décongestionner, le porter sur le ventre pour soulager ses coliques… La liste est siiii longue.

Avoir la présence d’une deuxième personne c’est pas du luxe, que l’on allaite, qu’on donne le biberon ou que l’on tire son lait !

Loin de nous l’idée de dire que la vie de bébé n’est faite que de « ouin ouin ». Elle est évidemment remplie de moments précieux, où là aussi, le soutien est important : le bain, les jeux, les massages, le début des phases d’éveil, last but not least : les gros câlins à sniffer son petit crâne tout doux… Bref, vous voyez où on veut en venir ? Manger c’est une graaaande partie de la vie d’un bébé surtout la première année, MAIS il y a surtout tout le reste, et beaucoup beaucoup d’occasions de créer du lien.


UN PEU DE SOUTIEN, MAMA ! Vous l’aurez remarqué, un bébé est livré sans notice et tout s’apprend. Une tornade d’émotions, saupoudrée d’hormones… Ajoutez une bonne dose de fatigue, de ne pas savoir si on fait bien les choses et en plus parfois la lourde responsabilité de nourrir un nourrisson… Le post-partum ça secoue, l’allaitement ça demande du lâcher prise et beaucoup de confiance en soi et en son bébé. Le soutien mental est primordial. Lorsque l’on pense que la maman allaitante n’a pas besoin d’aide pour nourrir son bébé on a envie de dire : quelle hérésie. Il est tellement temps que les femmes soient soutenues. Une mère qui allaite a peut-être d’autant plus besoin de soutien vis-à-vis de ces préjugés. Biberon ou pas, faites-lui livrer des Carrés Jolly Mama pour récupérer pendant le post-partum, occupez-vous des repas, des courses, des couches, des lessives, de calmer telle ou telle personne de la famille qui trépigne et insiste

pour venir voir le précieux enfant, coupez-lui sa viande pendant qu’elle allaite, préparez-lui un thé, insistez pour qu’elle aille prendre une douche, allez acheter une boîte de lait s’il n’y en a plus pour le lendemain… En gros soulagez toute cette charge mentale énoooorme qui pèse sur les épaules de chaque nouvelle maman. Parce qu’il n’y a pas une mais 1000 façons d’être parent, il n’y a pas une mais 1000 façons de s’investir avec sa compagne pendant les premières semaines du bébé. Alors à tous les co-parents qui nous lisent : biberon ou pas, vous êtes tellement importants.

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Ça va faire mal. Ou pas. LES IDÉES REÇUES SUR L’ALLAITEMENT MATERNEL

Allaiter c’est inné

Allaiter est évidemment la manière la plus naturelle de nourrir son enfant… mais ce n’est pas forcément inné. Entre les “on dit”, le manque d’information et l’accompagnement par des personnes pas toujours super formées, on peut parfois se décourager. Comme l’accouchement, on vous conseille de le préparer en amont pour répondre à toutes vos questions et identifier du monde pour vous soutenir dans vos proches comme dans le personnel de santé.

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Allaiter ça fait mal

Ca ne sert à rien de n’allaiter que quelques jours

Petite poitrine = peu de lait

Les premiers jours, l’allaitement ça peut être désagréable (mais pas toujours). Le temps que la machine se mette en route et que vous trouviez vos marques avec Bébé, vous pourrez ressentir une certaine sensibilité. Mais passés les premiers jours, ça ne doit pas faire mal (et ô grand jamais être insupportable). Si c’est le cas, surtout ne restez pas comme ça ! On appelle vite une sage-femme formée ou une consultante en lactation afin de trouver des solutions pour soulager la douleur et corriger ce qui la provoque (position, succion du bébé…). Ça va aller !

Popopop Mama ! Si vous avez dû arrêter précocement votre allaitement, que ce soit par choix ou par obligation, rien ne sert de culpabiliser, on sait que vous voulez le meilleur pour votre bébé. Chaque tétée est bénéfique pour son enfant, elles sont donc toutes bonnes à prendre !

La taille de la poitrine est liée à la masse graisseuse, et n’a donc rien à voir avec la glande mammaire qui s’occupe de produire le lait. Bonne nouvelle donc, vous pouvez vous détendre sur la taille du bonnet !

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Ça va faire mal. Ou pas

Allaiter ça fait maigrir

Mon lait n’est pas assez riche

Ça c’est le mythe auquel on aimerait croire, d’autant qu’on a toujours la cousine de la voisine qui a retrouvé son poids d’avantgrossesse en 2 semaines. La réalité c’est que l’allaitement ça fait brûler 400kcal de plus par jour par le corps humain, et ce n’est pas rien. Certaines perdent du poids, d’autres absolument pas, il y en a même qui en reprennent. La règle, c’est qu’il n’y a pas de règle, et on n’oublie pas l’adage : 9 mois pour faire, 9 mois pour défaire.

Heureusement, la nature est extrêmement bien faite et elle n’a pas attendu qu’on mange des bowls hawaïens pour s’assurer que les petits humains soient correctement nourris. Donc rassurez-vous, la composition du lait maternel est toujours adaptée aux besoins du bébé, elle s’ajuste même selon les jours ou carrément au cours d’une tétée. Petit point de vigilance pour les mamas vegans qui ne se supplémenteraient pas en B12. A part ça, relax Mama !

J’ai peu de lait, vite un bib ! C’est vrai que ça semble logique vu comme ça. Mais en fait pour avoir du lait il faut sti-mu-ler. Donc donner l’info à votre corps qu’il y a un déséquilibre entre ce qu’il produit et les besoins de Bébé. On le met au sein un max, on s’hydrate bien et la lactation devrait s’adapter. Parfois, il faudra peut-être continuer à stimuler au tire-lait (si Bébé prend mal ou pas du tout le sein par exemple, ou s’il n’est pas physiquement avec vous), mais ça on vous laisse vous faire guider par votre consultante en lactation préférée.

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Un bébé au biberon fera ses nuits plus vite Aaaaah si seulement on avait trouvé la formule magique. Désolées, nous aussi on la cherche encore. Ce qui est vrai, c’est qu’habituellement les bébés allaités se nourrissent plus régulièrement que les bébés au biberon (et particulièrement la nuit, là où la prolactine - l’hormone qui produit le lait maternel - est à son pic). Sauf que ! D’après une étude récente, cette même prolactine semble favoriser un sommeil profond donc plus réparateur chez les mères. Notez également que le lait maternel contient de la mélatonine, l’hormone qui aide à réguler l’alternance jour/nuit et à activer le “mode sommeil” ! On a dit aider hein, il est fort probable que quel que soit son mode d’alimentation votre tout petit mette quelques mois à faire des nuits qui ressemblent aux vôtres, d’autant que physiologiquement un bébé n’a absolument pas le même rythme de sommeil qu’un adulte.

Promis, adolescents ils finissent tous par dormir !

Il me faut un lait infantile spécial après mon allaitement

Et bien pas du tout ! Pour rappel l’OMS préconise un allaitement exclusif jusqu’à 6 mois puis en parallèle de l’alimentation solide jusqu’à 2 ans. Mais si vous faites le choix de poursuivre après quelques temps avec une préparation pour nourrissons, vous pouvez choisir n’importe laquelle tant que votre enfant ne présente aucun souci de santé particulier. Les laits infantiles distribués en France respectent tous la législation en matière de composition et couvrent donc les besoins essentiels de votre bébé. En cas de doute ou si besoin particulier, on en parle avec son pédiatre, son pharmacien, ou son infirmière puéricultrice !

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Fais pas ci, fais pas ça L’IMPACT DES INJONCTIONS SUR SON CHOIX

Si le quotidien d’une femme est rythmé par un bon nombre d’injonctions dès l’enfance puis en tant que femme, celle d’une mère ou d’une future mère n’est pas sans son lot de pression. La pression de la société, l’entourage, et évidemment celle qu’on se met parfois toute seule, pour faire les meilleurs choix. Avec la maternité viennent de nombreuses interrogations : accouchement avec ou sans péridurale, cododo ou lit solo, poussette ou portage ?

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Mais arrêtons-nous sur l’alimentation de bébé, sans doute, la toute première et pas des moindres. Allaiter ou non ? Il n’y a probablement pas plus intime et personnel que cette décision. Pour vous aider à cheminer vers un choix éclairé, petit tour d’horizon des mécanismes sociétaux et culturels qui pèsent dans votre décision…


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IL FAUT ALLAITER.

Alors oui, l’OMS recommande l’allaitement en exclusif les six premiers mois, puis jusqu’à deux ans en parallèle de l’alimentation solide. Et non, le lait infantile ce ne sera jamais du lait maternel (PS : on vous recommande notre article (Un)secret milk sur le sujet). N’empêche que quand on ne peut ou ne veut pas allaiter, cette pression à allaiter quoi qu’il arrive, c’est une sacrée culpabilité. Parce que derrière tout ça, c’est le mythe de la mère parfaite versus mauvaise mère qui gravite. Pour comprendre le mouvement proallaitement qui existe aujourd’hui en France, il faut comprendre ce qui s’est passé ces dernières années. Dans les années 70, le biberon était érigé comme symbole de la libération de la femme. Les crèches étaient nombreuses, les femmes travaillaient, le taux d’allaitement était particulièrement bas. En 1981, l’OMS adoptait le Code international de commercialisation des substituts du lait maternel afin de réguler la publicité liée au lait infantile et limiter l’impact des investissements de communication sur le choix des parents. Cela aura notamment permis de faire évoluer entre 1995 et 2017 le taux d’allaitement à la naissance qui est passé de 45% à 68%. Mais cela reste très peu à côté de nos voisins européens, et le sevrage est souvent très précoce en France. Soutenir l’allaitement en 2022, c’est aussi militer pour le libre choix des femmes à disposer de leurs corps… parce que c’est pas encore tout à fait gagné.

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ALLAITER C’EST LE MIEUX… MAIS PAS EN PUBLIC

Il FAUT allaiter donc, mais discrètement s’il te plaît. À l’extérieur c’est pécher. Couvrez ce sein que je ne saurais voir… Et derrière ça, c’est la sexualisation du corps féminin et du sein pourtant nourricier. Certains se sentent offensés par la vue d’une femme qui allaite dans un lieu public (oui parce qu’en vrai, on allaite rarement en public, c’est pas vraiment un spectacle…). Sans avoir réellement conscience que le rythme de digestion d’un bébé allaité est différent (20 à 90 minutes) d’un bébé au lait infantile (3 à 4 heures). Lorsqu’on allaite, c’est à la demande… Alors ne pas allaiter partout, ça signifierait ne pas sortir pendant les trois, quatre ou six premiers mois. Bien sûr, on a le droit de ne pas se sentir à l’aise de donner le sein dans un lieu public, mais ça doit rester un choix personnel, et non dicté par une quelconque pression sociale. Chacune doit pouvoir se sentir libre de faire comme bon lui semble. En réponse aux incidents liés à l’allaitement dans l’espace public qui ont été relatés dans l’actualité (certaines parfois insultées, agressées...), des voix se sont élevées, notamment sur les réseaux sociaux. En résulte une proposition de loi déposée le 15 juin 2021 par la députée LREM Fiona Lazaar, créant un délit « d’entrave à l’allaitement » punissable de 1500 euros d’amende et rappelant qu’il est autorisé d’allaiter dans les lieux publics ou ouverts au public. A suivre, donc…

Nous on pense que soutenir l’allaitement, c’est important… mais pas quand il est fait à contrecœur. On croit à tous les projets tant qu’ils sont alignés avec les envies et portés avec le cœur.

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Fais pas ci, fais pas ça

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BON PAR CONTRE, APRÈS IL FAUT RETOURNER BOSSER

Donc on doit allaiter, mais pas partout et puis être indépendante donc retourner travailler… deux mois et demi après avoir accouché. La France est d’ailleurs loin derrière de nombreux pays lorsqu’on parle de congé parental. Avec le retour au travail, c’est une nouvelle routine qu’il faut trouver. Encore plus quand jusque-là tu allaitais. Le retour au travail est l’une des premières raisons du sevrage des bébés, parce que tire-allaiter ça semble bien compliqué et que c’est pas vraiment adopté dans les mœurs des entreprises. Passer au biberon semble souvent plus simple. Officiellement, les allaitantes ont le droit d’organiser leurs journées pour avoir 2x30minutes pour tirer leur lait. Mais encore faut-il avoir un lieu pour le faire (obligatoire uniquement pour les entreprises de 100 personnes)… Donc allaiter en parallèle de sa reprise du travail c’est loin d’être impossible (testé et approuvé chez Popote), mais ça demande un peu d’organisation. Si c’est ton choix, ça va le faire Mama !

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AH TU ALLAITES ENCORE ? MAIS IL A QUEL ÂGE ?

Passé six, huit ou douze mois, la maman allaitant passe du statut de « mère parfaite » à celui de « mère inconsciente qui ne veut pas couper le cordon ». Tout un programme. Allaiter un enfant passé un an n’est ni incestueux, ni égoïste, ni bizarre. Les préjugés ont la peau dure.

Et pourtant, si on laisse faire naturellement les choses, le sevrage naturel se fait plutôt entre trois et sept ans. Mammifères, tout ça. Il faut allaiter mais sans dépasser des cases, des mœurs et de la bien-pensance.

Tu sais quoi Mama ? L’essentiel est de t’écouter, de te faire confiance, d’être en phase avec toi, ton/ta partenaire et ton bébé. Les expériences sont propres à chacune, nous le savons, quelle que soit la situation. En tant que mère, vous avez le droit de faire votre choix, sans culpabilité.

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FAIRE LE CHOIX

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Allaiter ou non, c’est souvent la première décision qu’on prend en tant que parent. Et avec elle, c’est l’image du « parent idéalisé » qui fait surface. La première d’une longue liste de dilemmes parentaux : le sommeil, la diversification, le portage, l’éducation… Oui, le lait maternel est une dinguerie de technologie. Et aujourd’hui en France, l’allaitement maternel mérite soutien et considération, parce qu’il n’est pas normal qu’en 2022 les femmes ne puissent pas nourrir leur enfant librement. Est-ce que vous êtes du coup une moins bonne mère si vous n’allaitez pas, par choix ou à regret ? Tellement non. Vos enfants grandiront quand même, apprendront à lire, quitteront (trop tôt à notre goût) la maison et feront peut-être à leur tour des enfants pour lesquels ils se poseront beaucoup de questions. Trop de mamans se sentent culpabilisées de ne pas avoir allaité. Trop de mamans sont déçues de ne pas avoir réussi, mal accompagnées. Il y a aussi celles qui s’accrochent par obligation et y vont à reculons. Il n’y a pas de bonne façon de faire. Vous êtes la personne la mieux placée pour savoir ce qui est le mieux pour vous, votre duo ou votre famille. Et puis tout ne se passe pas toujours comme on l’avait prévu. Et ça, ça fait aussi partie du chemin de la parentalité : s’adapter. Allaiter un peu, beaucoup, passionnément, pas du tout… Ce qui compte, c’est vous. S’assurer que vous soyez bien ensemble, à deux, à trois ou à dix. En phase avec vos envies et les réalités du moment. Parce qu’il y a autant d’histoires qu’il y a de bébés. Pour une parentalité libre et décomplexée.

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PORTRAIT

CHÉRINE & LOUISA

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Pour moi, allaiter c’était un peu une évidence. J’ai toujours vu autour de moi les femmes de ma famille allaiter, c’était normal et naturel, je ne m’étais jamais posé trop de question. Je suis infirmière de formation, j’ai bossé pendant 6 ans aux urgences pédiatriques à Necker puis j’ai pris la direction d’une crèche. J’ai rencontré et accompagné beaucoup de parents, et j’ai réalisé que pour certaines mamans, l’allaitement c’était beaucoup moins évident. Moi, l’image que je m’en faisais c’était « on met bébé au sein et roule ! » alors que non : c’est un choix et un investissement aussi bien émotionnel que physique. Louisa est née en pleine pandémie, j’ai fait le choix d’allaiter et c’était rassurant pour moi de me dire que je lui transmettais tous mes anticorps. Et puis à mes yeux c’est le prolongement un peu viscéral de la grossesse, ce contact peau à peau, tellement fort. Le début de l’allaitement, c’était très intense, hyper éprouvant, ça m’a bouleversée, parce que ça a été super douloureux je ne m’attendais pas à ça parce que je n’avais jamais eu de retour sur la souffrance. Ça a duré une semaine mais l’équipe de la maternité a été hyper présente, très bienveillante et m’a accompagnée sur le plan physique, émotionnel et psychologique en m’encourageant beaucoup. Je pense qu’il me manquait des informations pour bien démarrer, et il me fallait le temps de découvrir ce petit être et de comprendre ses besoins. Il y a une dimension affective qui est hyper forte dans l’allaitement mais c’est aussi des conditions qu’on peut réunir en donnant le biberon.

D’ailleurs le biberon, j’ai dû le donner quelques temps à Louisa pour compléter ma production de lait. Je n’étais pas vraiment à l’aise avec ça, je savais que c’était nécessaire mais émotionnellement ça m’a un peu coûté. J’avais du mal à me positionner, et pourtant j’en ai donné des milliers des biberons, à des bébés. Mais là pour mon enfant, il y a eu un sentiment d’insuffisance, d’échec… et en même temps j’étais super reconnaissante de pouvoir avoir cette alternative avec le lait infantile. Mon conjoint a toujours été soutenant dans ce désir d’allaiter, hyper ouvert d’esprit sur le sujet du biberon, si besoin. Notre objectif c’était vraiment que Louisa ait tout ce dont elle a besoin, et toutes les solutions étaient acceptables. Donner des biberons au début, ça lui a aussi permis de créer du lien avec elle. On est maintenant en allaitement exclusif, et il trouve bien d’autres occasions pour créer du lien. Il ne se sent pas frustré et au contraire, il se dit que c’est ce qu’il y a de mieux pour sa fille. La question de quand j’arrête d’allaiter, je me la suis déjà posée je me suis dit : comment on arrête en fait ? À quel moment on se dit que c’est bon ? Je voulais allaiter au moins 3 mois. Et maintenant qu’on y est, je me dis jusqu’aux 6 mois… Je ne sais pas. En réalité, je verrais en fonction de moi aussi, et de comment Louisa vit les choses. Mon conseil pour une future Mama : Écoute-toi, ne te mets pas la pression (plus facile à dire qu’à faire). Entoure-toi, demande conseil, le contact et le partage avec d’autres femmes ça nourrit. Et prends le temps de t’isoler quand tu en ressens le besoin, c’est hyper important.

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PORTRAIT

ROMANE & LÉONIE

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Avant d’être enceinte, c’était un non catégorique. Par pudeur, surtout, et puis c’est vrai que je n’avais pas de mamans autour de moi. Enceinte, j’ai hésité, je trouvais ça beau quand même, le contact avec le bébé. J’aurais voulu tenter une tétée d’accueil mais je n’ai pas pu, à cause de mon accouchement, suite auquel j’ai été séparée de Léonie pendant 36h. Quand les sages-femmes sont venues me poser la question sur la manière dont j’allais nourrir mon bébé, je suis finalement restée sur mon premier choix, le biberon. Peut-être par facilité, par peur, par pudeur. Les premiers jours avec Léonie se sont bien passés. Je suis de nature assez stressée, et le biberon m’a permis d’être hyper sereine sur son alimentation. On a commencé avec le lait infantile donné à la maternité, mais elle faisait du reflux alors on a changé sur conseil de ma pédiatre. Et depuis tout va bien. Pour moi, l’allaitement et le biberon ce sont deux façons de nourrir son bébé mais aucune n’est mieux que l’autre. Je n’ai aucun jugement, et je pense que donner le biberon ou allaiter, c’est OK. Mais j’ai ressenti beaucoup de pression de la part des « mamans d’Instagram » qui m’ont rabâché de ma grossesse aux premiers mois de Léonie qu’allaiter, c’était mieux pour mon bébé.

Au final ça m’aura presque fait peur, peur d’allaiter, peur d’échouer parce que ça aurait encore été sujet à remarques. Pour moi, le biberon c’était aussi un moyen pour le papa de participer. Évidemment j’aurais pu tirer mon lait, mais ça c’était pareil, absolument impossible pour moi. Je n’ai aucun problème avec les femmes qui tireallaitent mais je ne me voyais absolument pas le faire. Et puis dès la naissance on a partagé les biberons avec mon conjoint, c’était un sur deux la nuit, le partage de tâches. Si c’était à refaire, j’aurais quand même tenté l’allaitement, juste pour voir. Pas pour le côté nutritionnel, même si c’est censé être le mieux, je n’ai vraiment pas de problème avec le lait infantile. Mais plus pour moi, pour le contact avec la petite. Mon conseil pour une future Mama : Écoute-toi, toi, pas les autres. Dis-toi que ce qui est bien pour toi, c’est ce qui sera bien pour ton bébé. Fais abstraction de la pression environnante et vis ta maternité, celle qui te ressemble.

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PORTRAIT

SADIO,

GIANNI, ISAAC & SOFIA

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Je ne me suis jamais posé la question de comment j’allais nourrir mon bébé.

J’avais repris le boulot et je ne savais pas si c’était vraiment compatible avec l’allaitement.

Quand je suis tombée enceinte de Gianni, pour moi, c’était sûr qu’il allait être allaité, je n’envisageais pas d’autre façon de le nourrir.

Je devais gérer aussi la garde d’enfants, je n’étais pas si bien accompagnée, il y avait tellement de choses et finalement je l’ai induit en sevrage. Et en même temps j’apprenais la grossesse d’Isaac. J’avais les seins hyper sensibles et une grosse aversion qui faisait que je n’avais plus envie d’allaiter, donc on a sevré. Il s’est passé la même chose pour Isaac pendant la grossesse de Sofia, je ne supportais plus de l’avoir au sein et on a induit en sevrage à 26 mois. Sofia, elle, elle est toujours allaitée à la demande à 3 ans. Elle tète beaucoup moins maintenant mais elle tète toujours. J’aimerais aller jusqu’au sevrage naturel (on considère que l’âge « naturel » du sevrage chez les humains se situe entre 2,5 et 6 ans ndlr). Je pense que si je n’avais pas eu ces aversions pendant mes grossesses c’est ce que j’aurais fait pour Isaac et Gianni, mais il y avait ma santé mentale. Maintenant avec Sofia c’est plus simple, je peux me permettre maintenant de lui demander de repousser les tétées et c’est ce que je n’avais pas avec les garçons.

J’ai toujours eu autour de moi ces femmes qui allaitaient, à tel point que je pensais que tout le monde allaitait. On ne s’est donc même pas posé la question avec mon mari, je ne lui ai même pas parlé de mon souhait d’allaiter, ça s’est fait tellement automatiquement. Et même à l’accouchement, la mise au sein s’est faite naturellement. Et puis quand je regardais les poudres PCN (préparations commerciales pour nourrissons ndlr), il y avait tellement de choses que je n’aurais pas su quoi choisir. J’étais contente de lui donner mon lait sans prise de tête finalement. Et puisque ça s’est bien passé, et qu’on a vu en plus les effets positifs sur l’asthme de Gianni, on a continué pour Isaac et Sofia. Mais malgré ces certitudes, les premiers jours d’allaitement n’ont pas été simples. On ne m’avait pas parlé de tous ces changements qui allaient arriver, et moi je suis passée d’un petit bonnet B à un bonnet F avec des seins comme des pierres. Je n’ai pas été très épaulée par le personnel médical. Ma mère, qui vit à 1000km de chez moi, n’a pu me guider que par téléphone, et me disait de mettre du karité, de me masser les seins sous la douche. Je n’ai pas eu l’accompagnement que j’aurais souhaité au début, j’ai dû faire beaucoup de recherches moi-même. J’ai rejoint des groupes Facebook pour échanger avec des mères et je pense que c’est grâce à ça que j’ai tenu et que ça m’a donné envie de de continuer. Cette sororité virtuelle. Quand je suis rentrée chez moi j’étais déjà plus à l’aise, plus sereine. Et j’étais accompagnée par une sage-femme libérale géniale qui venait à la maison pour voir si tout allait bien et qui m’a beaucoup soutenue. C’est d’ailleurs elle qui m’a suivie pour mes trois enfants. J’ai eu des allaitements que la société considère comme longs. Mon ainé, Gianni, c’est celui qui aura été allaité le moins longtemps : 19/20 mois.

Mon entourage est habitué au fait de me voir allaiter. Avec Sofia, je n’ai pas pris tant de remarques ça, car finalement quand elle tète c’est assez discret. Parfois, on va me dire qu’il faut arrêter mais ce n’est pas si malveillant que ça ou j’y prête moins attention. J’en suis lassée. Je suis dans cette bulle d’allaitement avec Sofia et finalement on ne prête pas attention au regard des autres. Mon conseil pour une future Mama : Fais-toi confiance, suis ton instinct, écoutetoi. Ne te laisse pas submerger par tous ces dogmes du portage, de la maternité, de l’allaitement. Il n’y a pas de formule magique, c’est ta formule à toi qui fera que tout roulera. Et n’hésite pas à demander de l’aide aussi, on n’est pas si seul, même si on nous le fait croire.

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PORTRAIT

MATHILDA & LÉON

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Jusqu’au moment de mon arrivée à la maternité, je ne savais pas si j’allais allaiter ou pas. Avant ça je m’étais un peu renseignée mais j’avais eu peu de réponses alors j’avais décidé de le faire à l’instinct. Une heure ou deux avant la naissance, je suis tombée sur une super sage-femme, Emilie. Elle a pris le temps de vraiment m’expliquer les pour et les contre de l’allaitement, du biberon, les avantages et les inconvénients, sans aucun jugement. Son but c’était de m’informer au maximum, et c’était le seul moment, en 9 mois où j’ai eu des réponses et où j’ai pu un peu plus imaginer ce que ce qui allait se passer si j’allaitais ou non. Donc Léon est né. La tétée d’accueil je savais que je voulais la faire, j’en avais envie. Je trouve que c’est vraiment un moment intime, le bébé vient de naître, je trouvais que c’était bien pour le rassurer et avoir un petit moment tous les 2. Léon avait un petit souci au niveau de l’appareil urinaire, pas grave lorsque c’est pris en charge, mais le médecin m’avait expliqué que l’allaitement permettait de préserver un peu plus les reins des tout petits bébés. Je savais que j’avais aussi l’option d’un lait artificiel, tout en sachant que le lait maternel s’éliminait plus facilement. La première nuit, le papa n’a pas pu rester à la maternité. Je me suis retrouvée toute seule avec Léon et le fait de pouvoir le mettre au sein pour l’apaiser, qu’il dorme avec moi dans le lit, ça s’est fait plutôt naturellement. Et comme ça ne se passait pas trop mal, je me suis dit que j’allais allaiter au moins jusqu’à ce qu’il n’y ait plus de colostrum, pour lui donner le meilleur. J’ai continué quelques jours, le papa m’a beaucoup soutenu, je pense que sans lui je n’aurais peut-être pas continué. Les choses se sont installées, j’ai fini par y prendre goût et je voyais que ça convenait à Léon, alors j’ai continué. Vers 4 mois et demi je suis retournée travailler. J’ai commencé par tirer mon lait pour gérer mes absences la journée. Mais je rentrais tard, Léon était fatigué pour téter, mes réserves commençaient à descendre…

Alors on a décidé d’introduire du lait infantile pour le soir. Il a fallu trouver le bon lait et c’était pas facile, il y avait plein d’avis, je ne savais pas vers quoi me tourner, au plus proche de mon lait et de mes convictions. Mais on a fini par trouver. Pendant quelques semaines, on alternait tétée du matin, tireallaitement la journée et lait infantile le soir. Et depuis quelques jours, ça y est, c’est fini. Ça aura duré 6 mois et demi. Arrêter c’est vrai que ça me fait bizarre, mais c’était fatiguant et contraignant car je devais tirer mon lait deux fois par jour. Mais je suis contente de l’avoir fait pour lui. C’est fou quand j’y repense, parce que sur le chemin de la maternité je ne savais même pas ce que j’allais faire. Peut-être que si j’étais tombée sur une autre sage-femme qui n’avait pas pris le temps, je n’aurais pas fait ce choix. Peut-être que si le papa avait pu rester, j’aurais été plus tentée de lui dire de donner un biberon. Mais il a été présent dans toutes les étapes, il m’a soutenu quand j’ai voulu essayer, il m’a soutenu quand je culpabilisais d’arrêter. Sans lui je n’aurais surement pas été jusque-là. Et d’ailleurs si j’ai un 2e enfant je ne sais pas si j’allaiterais. J’ai trouvé ça super : le lien, le fait de savoir qu’on donne le meilleur à son bébé, que le lait évolue au cours de la journée et en fonction de l’âge du bébé… C’est vraiment un truc de fou ce que le corps peut faire. Mais c’est aussi hyper contraignant au tout début, et j’aurais aimé pouvoir davantage sortir après mes 9 mois de grossesse alors que je n’étais pas hyper à l’aise pour allaiter dans un lieu public. Je ne sais pas. J’arriverai probablement à la maternité dans le même état d’esprit que pour Léon ! Mon conseil pour une future Mama : Ne projette rien, quand ton bébé sera là, tu sauras. Et quoi que tu choisisses, ce sera le bon choix, ne t’en fais pas.

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HÉLÈNE,

UGO & JOSEPH

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Je ne me rappelle pas de m’être un jour posé la question d’allaiter ou non. J’ai tout fait un peu rapidement dans ma vie. Je suis tombée enceinte d’Ugo 3 ou 4 mois après avoir rencontré le papa. J’étais très libre dans ma manière de vivre et je faisais partie d’un groupe de parisiennes dont la priorité n’était vraiment pas de fonder une famille. Celles qui avaient passé le pas avaient eu le temps de se préparer. Moi je pense que j’ai décidé à 19h de faire un enfant et que je suis tombée enceinte à 1h du matin. A l’époque, j’étais directrice d’un bar à Paris, donc je travaillais de 18h à 4h du matin, et je dormais la journée. J’aurais voulu bosser jusqu’au bout mais un jour vers 7 mois je me suis assise et je ne me suis plus jamais relevée pour bosser, je n’en pouvais plus. A partir de là, j’ai eu amplement le temps de m’occuper du matériel qui me manquait. Et d’un coup je suis tombée dans le vortex de la maternité. J’appelle ça un vortex parce qu’il n’y a tellement pas de transmission qu’on ne se rend pas compte de la profondeur du sujet tant qu’on ne plonge pas son nez dedans. En SVT, on ne t’apprend pas tous les trucs incroyables qui se passent dans ton corps, comment la machine se met en place depuis la grossesse jusqu’à l’accouchement. On te transmet surtout des a priori, des trucs qui te font peur alors que c’est tellement plus. Et ça m’a fait réfléchir, j’ai commencé à lire et je me suis dit que j’aurais aimé être entourée de femmes comme dans certaines tribus avec une vraie transmission, une entraide, une histoire qui se raconte, qui se perpétue, comme cela devait se passer avant et qui est encore une réalité ailleurs dans le monde. Pour l’allaitement c’est pareil. On m’avait dit « ça fait mal » et puis ça a une image presque antiféministe alors que je suis profondément féministe. Mais rapidement je me suis dit

qu’en terme de compo le lait infantile ce serait moins bien que le lait maternel. Alors j’ai réfléchi à ce dont j’avais profondément envie et le seul truc qui me gênait, c’était de ne pas pouvoir boire un verre de temps en temps. Du coup je me suis dit que j’allais tenter le coup trois mois. Trois mois c’est déjà bien. Trois mois comme la plupart des femmes en France, parce que ça correspond au congé maternité. Et après je reprendrai ma “liberté”. Pour mon premier accouchement, je voulais que les choses se passent le plus naturellement possible, malgré la péridurale. J’ai accouché accroupie et je tenais à ce qu’on me pose mon bébé sur le ventre, qu’on attende un peu avant de couper le cordon, pour que les échanges se fassent. Sauf que ça a été très long et Ugo n’est pas né très en forme. Il m’a été pris dès sa sortie pour l’aider à respirer et ça m’a vraiment traumatisée. Quand il est revenu, je n’avais qu’une envie c’était de le coller contre moi, je voulais nourrir mon enfant, je voulais être l’héroïne de cette histoire, je voulais reprendre le dessus sur ce moment-là et naturellement j’ai allaité. J’avoue que les premières semaines, c’était parfois douloureux, le temps que ça se mette en place. Au bout de trois semaines, ça ne me piquait plus, plus rien. C’était juste le sentiment, la sensation que j’ai préféré. Le truc que je préfère au monde, c’est ça. De tous les actes, tous confondus, il n’y a rien que j’aime plus au monde qu’allaiter. C’est un truc ancestral, reptilien, animal, profond, ancré. J’ai adoré le fait que ça remette un peu les choses à plat : mes seins, en fait ils étaient là pour ça depuis le début. Je suis une p***** d’animal. On est tous des mammifères. D’un coup, j’ai donné un sens à mon corps. Mon corps avait ça en lui : j’ai accouché, j’ai fait un enfant, un enfant qui a grandi dans mon ventre.

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Rencontre(s)

Donc finalement, tout ça s’est fait un peu naturellement. J’ai repris le boulot, Ugo avait sept mois, je bossais quatre jours par semaine toute la journée et le soir je courais à la crèche pour l’allaiter. On était à Paris en pleine crise des gilets jaunes, il n’y avait pas de métro, c’était l’enfer sur Terre. J’arrivais à la crèche en retard et j’avais l’impression que je courais tout le temps. Quand j’arrivais je mettais Ugo au sein, c’était un peu ma délivrance et au bout de deux mois et demi, il a lâché parce que je crois que j’étais tellement stressée, survoltée, qu’il a voulu que je me retire cette pression, que je relâche. A la suite de l’arrêt de l’allaitement, j‘ai fait quinze jours de dépression, les hormones qui s’effondrent, je pleurais comme si j’avais perdu quelqu’un. Je n’arrivais pas à m’en remettre, j’étais complètement foutue, bousillée par ce lien que j’avais l’impression d’avoir perdu… alors que pas du tout, ça reste mon enfant, mais ce n’était pas mon choix et c’était dur à vivre. Quand je suis retombée enceinte, le papa et moi étions déjà en train de se séparer, mais c’était une évidence : Joseph. Parce qu’on était heureux, on s’entend toujours bien, même s’il y a rupture et que c’est jamais facile. Joseph est asthmatique, comme Ugo d’ailleurs. Il a eu beaucoup d’hospitalisations donc il est gardé à la maison avec une nounou qui est très souvent là, et cela m’a permis de maintenir

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plus facilement l’allaitement parce que je n’ai pas le stress que j’ai pu avoir pour Ugo. Mes deux allaitements sont très différents. Ugo il était à fond, il était énorme, le bonhomme michelin, avec des bourrelets partout et il passait sa vie au sein jusqu’à ma reprise du travail. Joseph, lui, il n’est pas aussi focus, c’est un peu un combat. J’ai eu des semaines un peu compliquées avec des baisses de lactation, mais je me disais que ce n’était pas possible, je ne lâcherai pas, et puis on a reconnecté. Donc quand je ne suis pas avec les garçons pour entretenir ma lactation je tire toutes les 2h pendant 20min, et même quand je suis dans un train… je fais tourner la machine. Ma volonté avec Joseph, ça serait 2 ans. Je ne sais pas trop pourquoi, peut-être parce que l’OMS a dit 2 ans. Et quand j’étais plus jeune, je me disais “l’allaitement ? Wouah non, c’est deg’” alors qu’en fait c’est à cause de la sexualisation de la poitrine. Les gens se disent, c’est bizarre de mettre ton enfant au sein, alors qu’en fait c’est aussi bizarre de donner du lait d’un autre animal. Boire du lait de vache tous les matins, dans son café, c’est ça qui est bizarre. Avant d’avoir des enfants je n’y pensais pas, et puis dès que tu commences à faire des recherches, tout cela fait sens. Mais l’allaitement long, ce n’est pas le choix de toutes. Depuis, des générations et des générations, on nous pousse à nous juger les

unes et les autres. Alors que stop, juste un peu de bienveillance envers les corps et les choix des autres.

Mon conseil pour une future Mama : Écoute-toi, parce que tu as la réponse. On a les cartes en nous. N’écoute pas les conseils non sollicités mais va chercher la réponse qui te conviendra quand tu as un questionnement. Mets de la distance avec les injonctions de la société, et écoute-toi.

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PORTRAIT

CARINE,

ROMÉO, SAUL & MEL

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L’allaitement c’était une évidence. J’ai toujours voulu être maman. J’aime tout ce qui concerne la maternité que je trouve naturelle et sauvage. Je dis toujours que je suis une maman animale. Une maman louve. Mes enfants, je les allaite à la demande tant qu’ils en ont besoin, je les éduque au feeling. On fonctionne sur une confiance mutuelle, je ne leur interdis rien jusqu’à trois ans et puis progressivement, nous imposons des règles. Je les observe beaucoup et leur apprends l’autonomie. Je ne couve pas indéfiniment, une fois les petits autonomes, je passe le relais au papa qui leur enseigne d’autres choses, là aussi c’est très intuitif. J’ai allaité mes trois enfants. Pour le premier, Roméo, le début de l’allaitement a été très compliqué. Roméo n’ouvrait pas grand la bouche et je n’avais pas les bouts de seins développés (ndlr on appelle ça des tétons plats). Ça a été très dur, je me suis sentie seule mais quelqu’un m’avait dit « tiens quinze jours, tu verras ». J’ai tenu quinze jours, quinze jours de grosses galères...Et au bout de quinze jours, tout s’est arrangé. J’ai tenu bon, j’y tenais tellement. Roméo a toujours été très autonome et dégourdi. Au bout d’un an c’est lui qui a décidé de ne plus prendre le sein. Il a dû se dire « je suis assez grand pour faire sans ma maman ».

Pour Saul, c’est une autre histoire. J’ai été suivie durant toute ma grossesse pour menace de prééclampsie. J’ai accouché un mois avant le terme mais malgré tout j’ai développé un HELLP syndrome qui m’a conduite trois jours en réanimation pendant lesquels Saul a été gardé en néonat. Il a été très cool, sage, malgré la séparation. Il a démarré avec un lait infantile pour prématuré mais il prenait aussi mon lait grâce aux puéricultrices qui m’avaient proposé un tire-lait pour que je puisse lui donner et créer un lien. Je l‘ai mis au sein dès que j’en ai été capable et il l’a tout de suite pris sans hésitation. Lui, c’est mon champion de la tétée, tout s’est toujours bien passé. L’allaitement a duré deux ans. Saul c’est le contraire de Roméo, c’est un bébé qui a besoin d’attention, qui a besoin qu’on l’encadre, qu’on l’aide. Je ne m’étais pas donné de date d’arrêt. Deux ans, cela me semblait énorme avant… mais ça convenait à Saul. C’est à l’approche de ses deux ans que je me suis dit « mince, il est grand quand même maintenant ». Mais j’étais malgré ça, incapable d’imposer une fin. Je disais toujours « non pas aujourd’hui, pas maintenant » et l’arrêt s’est imposé peu à peu grâce à une routine… qui a concordé avec ma troisième grossesse.

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Rencontre(s)

Avec Mel c’est encore différent. Comme son grand frère Roméo, il a eu des difficultés à prendre le sein, ce qui m’a causé douleurs et crevasses mais durant une petite semaine seulement. Il est un peu glouton et avale de l’air qui lui cause des maux de ventre. J’ai toujours allaité partout, tout le temps et dans n’importe quelle circonstance (y compris, les toilettes, le bain …). Mais avec Mel, l’allaitement est plus compliqué, il faut que je sois bien assise, confortablement dans un canapé ou sur mon lit et que je sois concentrée sur lui. Pour ce bébé, avant mon accouchement, je m’interrogeais sur ma capacité à l’allaiter avec deux aînés à gérer car l’allaitement réclame d’être dans sa bulle, au moins les trois premiers mois. Mais ça fonctionne bien pour le moment. Mais j’ai eu peur de la fatigue et de ne pouvoir assumer. C’est pour ça que la première nuit, lorsqu’il a réclamé le sein en non-stop, j’ai essayé la tétine pour le réconforter et ça a fonctionné. C’est mon premier bébé à avoir une tétine et du coup, Mel est intéressé par le sein seulement pour se nourrir. Je le berce pour dormir, il ne s’endort que très peu au sein, ça me fait bizarre …

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En plaisantant, je dis souvent « le premier, je l’ai allaité un an ; le deuxième deux ans ; lui ce sera trois ans ! » Mais je ne sais pas s’il y trouvera encore un intérêt lorsqu’il sera diversifié. Alex, le papa, lui il trouve que l’allaitement c’est super, surtout pour des gens peu organisés comme nous ! Qu’il n’y a rien à faire (il a quand même pour habitude de se lever et m’installer bébé le temps que j’émerge).

Pour lui, de toute façon, un bébé n’a besoin que de sa maman… et lui se les garde pour après et pour toujours ! C’est un papa poule et moi une maman louve et tout se fait naturellement.

Mon conseil pour une future Mama : Être maman, c’est en nous. On donne la vie, il ne faut se poser aucune question. Le seul conseil que j’ai envie de donner c’est : suis ton instinct, fais-toi confiance et n’écoute personne, ou uniquement ce qui t’apporte, ce qui te semble cohérent.

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(Un)secret milk LA FIN DU MYSTÈRE SUR LA DIFFÉRENCE LAIT MATERNEL / LAIT INFANTILE

« On dit » qu’il faut allaiter. « On dit » que c’est mieux pour les bébés. Mais savez-vous vraiment pourquoi ? Qu’estce qu’il y a de si différent entre du lait maternel et du lait infantile et est-ce que c’est vraiment vrai, cette supériorité ? La nature étant plutôt bien faite, elle a équipé la maman de tout l’indispensable pour assurer le bon développement de son enfant. Le lait maternel n’existe que pour les bébés et en ce sens, il s’adapte naturellement à tous ses besoins. Et parce que toutes ne peuvent ou ne veulent pas allaiter, il a fallu bosser un peu (beaucoup)

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pour concevoir un aliment qui permette lui aussi de couvrir les besoins essentiels des bébés. Le lait infantile suit donc une règlementation drastique qui assure d’apporter les nutriments essentiels à l’enfant. Un partout, donc. L’un comme l’autre apporte des protéines, des lipides, des glucides, des minéraux et des vitamines. Pas tout à fait les mêmes (pas fastoche d’imiter l’incroyable machinerie), parfois pas exactement dans les mêmes proportions, mais dans les grandes lignes, les deux permettent d’assurer la croissance et le développement d’un bébé.


Mais le lait maternel est à l’image du corps de la femme : un peu magique. C’est en fait un liquide vivant, dont la composition varie au cours de la tétée, du moment de la journée et au fil des jours, en fonction des besoins du bébé. Par exemple, le lait maternel produit le soir contient de la mélatonine pour favoriser l’endormissement. Son goût change aussi chaque jour, en fonction de l’alimentation de la maman allaitante. De son côté la formulation du lait infantile demande, elle, un travail long et pointilleux et ni la composition ni son goût ne changent jamais (en dehors des bascules du 1er âge au 2ème âge, puis au 3ème âge ou croissance). Et s’ils apportent tous les deux l’essentiel des nutriments, le lait maternel embarque avec lui des milliers de cellules vivantes qui proviennent de la Mama, notamment de quoi aider à la bonne santé du bébé : anticorps, antiallergène, antiparasite, antivirus, globules blancs, cellules souches ou lactoferrine (qui permet le transport et l’aborsption du fer).

En plus d’être une cantine, c’est un peu une pharmacie ambulante, donc. On ajoute à ça des enzymes pour aider au bon déroulement des réactions chimiques (qui se produisent lors de la digestion, ou des défenses immunitaires par exemple), des facteurs de croissance et des enzymes qui jouent le rôle de messagers (big up à la cholécystokinine, qui favorise la satiété et l’endormissement du bébé en fin de tétée)… et 1000 autres choses (dont certaines pas encore tout à fait identifiées) comme de l’ARN messager et près de 300 souches de bactéries.

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Préparation pour nourrisson

Lait maternel

Eau

Eau

Protéines

Protéines

Glucides

Glucides

Lipides

Lipides

Vitamines

Vitamines

Minéraux

Minéraux

-

Anticorps

-

Antivirus

-

Antiallergènes

-

Antiparasite

-

Facteurs de croissance

-

Enzymes

-

Hormones

-

Microbiote

On compte dans le lait maternel six fois plus d’éléments que dans n’importe quel autre lait de mammifère. Et la majorité sont d’ailleurs encore impossible à reproduire. Be proud Mama, c’est ton corps qui fait ça ! Reconnaissons-lui quelques autres avantages : il est sacrément écologique, bien plus économique que n’importe quelle préparation commerciale pour nourrisson et il est disponible à toute heure de la journée, à la bonne température, et de façon stérile.

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Inspiré des travaux de Christie Jo Hendricks

(Un)secret milk

Alors oui, même si la NASA se penchait sur le sujet, le lait maternel ne pourrait jamais vraiment être égalé. Est-ce que ça fait du lait infantile un mauvais aliment pour autant ? Absolument pas, et il aura permis à des millions d’humains de grandir et devenir à leur tour des adultes.


Comprendre ces différences, c’est rendre à César (aka le lait maternel) ce qui lui appartient, et lever le mystère qui plane pour les parents quant à la composition des laits infantiles. Et c’est quelque part permettre aux parents de se réapproprier leurs choix et d’écrire leurs propres histoires.

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Le corps, ce héros LA MAGIE DU CORPS HUMAIN APPLIQUÉ À L’ALLAITEMENT

Bien qu’il reste encore un petit bout de chemin à faire, les connaissances évoluent sacrément sur le corps de la femme. On parle beaucoup des changements qui opèrent lors de la grossesse, un peu de ceux

qui interviennent lors de l’accouchement, mais le mécanisme de l’allaitement reste encore très/trop méconnu du grand public. Ici on ne parle pas de devoir allaiter ou non, mais simplement de (re)découvrir un pan un peu oublié de la magie du corps humain !

RACONTE-MOI CE SEIN QUE JE NE SAURAI VOIR

Glandes mammaires Cellules contractiles Canaux lactifères Tissu adipeux Vaisseaux sanguins

OK, voilà donc à quoi ça ressemble, un sein. À l’intérieur du sein on y retrouve des lobules, mini usines à lait maternel capables de synthétiser ses différents composants du lait maternel en puisant une partie des matières premières dans le sang maternel. Ces glandes mammaires sont aussi capables de stocker le lait une fois fabriqué. Autour de ces lobules, certaines cellules (dites contractiles) n’existent que pour permettre

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au lait de sortir des lobules via les canaux lactifères jusqu’au mamelon. Et pour protéger le tout, une petite couche de tissu adipeux - comme quoi la graisse ça a aussi du bon !


EN AVANT LES HORMONES ! Pour fabriquer du lait maternel, il faut des hormones, plein d’hormones… et ce dès la grossesse. Lorsqu’on est enceinte, les œstrogènes, la progestérone et l’hormone lactique placentaire contribuent à la croissance du sein, de l’aréole et des glandes mammaires. Après l’accouchement ces hormones CHUTENT (celles qui savent, savent #babyblues) ce qui libère l’action de la prolactine, qui va permettre la fabrication du lait maternel en puisant ses composants dans le sang maternel. Lorsqu’on n’allaite pas, le taux de prolactine redescend à son niveau le plus bas (d’avant grossesse) en une quinzaine de jours. Concrètement, lorsque bébé tète, le cerveau va envoyer un message pour libérer les hormones dans la circulation sanguine. Le taux de prolactine augmente et les cellules alvéolaires produisent du lait en réponse au niveau des alvéoles mammaires, où il est également stocké. La prolactine est sécrétée de manière pulsatile, plusieurs fois par jour (avec un pic en fin de nuit, d’où les réveils nocturnes pour téter, tout ça tout ça). Ensuite c’est au tour de l’ocytocine (encore elle) de rentrer en jeu et qui va permettre le réflexe d’éjection du lait. Mais la sécretion d’ocytocine étant « humeur-dépendant », un état de stress peut retarder le réflexe d’éjection. On fait donc son max pour adoucir la vie de la jeune Mama !

Après environ huit semaines d’allaitement, c’est le drainage des seins (merci les petits bidons voraces) qui indique au corps la quantité de lait à produire. Plus le bébé tète, plus le sein se vide, plus il va produire du lait. On dit alors que la lactation passe en régulation autocrine, plutôt qu’endocrine. Elle n’est alors plus sous contrôle hormonal.

L’INTERCONNEXION LACTÉE C’est fou mais l’allaitement et le bébé naissent et grandissent ensemble. Dans le sens où la lactation s’adapte aux besoins du bébé. C’est un « programme nutritionnel » unique et sur mesure pour chaque bébé ! Plus le bébé tète, plus le corps produit. Qu’il soit malade, qu’il fasse plus chaud, qu’il soit en poussée de croissance… C’est le principe de l’offre et de la demande. Le lait s’adapte dans le temps selon l’âge du bébé. Sa composition s’adapte à chaque étape de son développement. Et dieu sait qu’un bébé change ! Le colostrum est riche en protéines, en vitamines E, en B-carotène, zinc et en anticorps. Puis, au début de l’allaitement il y a un mélange de colostrum et de lait mature. Ce lait évolue car c’est un aliment vivant, il va devenir plus gras, plus riche en protéines. Le lait s’adapte même dans l’instant, au cours de la tétée. En fin de tétée, le lait est plus gras et agit comme anti-reflux. Plus fou encore, certaines études démontreraient que la salive du bébé crée une réaction chimique au contact du lait maternel qui augmenterait les facteurs immunitaires. Il est dingue ce corps humain ?!

À retenir : •L a taille des seins n’a donc RIEN À VOIR avec la capacité du corps à fabriquer du lait maternel. •L e meilleur moyen de lancer la lactation, c’est de stimuler et donc de mettre bébé au sein ou tirer son lait (et, quand tout va bien, ne pas complémenter avec des préparations pour nourrisons). • I l est mécaniquement possible de démarrer un allaitement loin du feu d’artifice hormonal de l’accouchement, soit dans le cadre d’une relactation (plusieurs semaines après la fin de l’allaitement) ou dans le cadre d’une lactation induite (pour une adoption par exemple).

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LE BÉBÉ.A.BA DE LA NUTRITION OU COMMENT DÉCRYPTER UNE ÉTIQUETTE DE LAIT INFANTILE Glucides, lipides, protéines… ces famous macro-nutriments ! Ca vous rappelle quelques cours de SVT ? On fait le point sur ce qui constitue le lait infantile (et donc maternel) pour être un peu moins perdu devant votre boîte métallique et avoir de quoi vous la raconter à la prochaine rencontre parent/crèche !

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Les Glucides Les glucides permettent de fournir de l’énergie rapidement au bébé. Elles alimentent les cellules du sang et les neurones. Parmi eux, deux familles. Les glucides simples (=sucres : fructose, saccharose, lactose…) et les glucides complexes (comme l’amidon). Dans les glucides complexes, il y a aussi les fibres, qui ne sont ni digérées ni absorbées dans le tube digestif mais participent à son fonctionnement. Le lait maternel contient près de 85% de lactose (glucide simple) et 15% d’oligosaccharides (glucides complexes). Les oligosaccharides du lait maternel ne sont pas assimilés mais participent eux aussi au process de digestion. Dans les laits infantiles on retrouve des glucides sous différentes formes. Le plus souvent on utilisera du lactose, de la maltodextrine (issue de l’amidon), ou de l’amidon (épaississant utilisé dans les laits anti-reflux). Certains fabricants ajoutent dans leurs formules des oligosaccharides FOS (fructo-oligosaccharides) et les GOS (galacto-oligosaccharides) – ouh les gros mots ! En fait ce sont des fibres, qu’on appelle prébiotiques, et qui sont respectivement produites à partir des végétaux et du lait. Elles alimentent et maintiennent en vie les bactéries présentent dans l’intestin (les fameux probiotiques). On retrouve aussi ces prébiotiques dans l’alimentation une fois qu’on démarre la diversification alimentaire, par exemple dans le poireau, poivron, chou, avocat, banane, panais…

Les Lipides Les lipides sont les nutriments les plus riches en énergie et ils ont notamment l’avantage de pouvoir être stockés (coucou les poignées d’amour). D’après l’ANSES (Agence Nationale Sécurité Sanitaire Alimentaire Nationale) : “Dans l’organisme, les lipides jouent deux rôles majeurs : • un rôle de stockage de l’énergie. Dans ce cas les lipides sont sous forme de triglycérides, présents notamment dans les tissus adipeux (le gras, quoi) ; • un rôle structural. Dans ce cas, ils sont sous forme de phospholipides et entrent dans la composition des membranes des cellules.” Les lipides sont constitués de petits éléments, les acides gras. Certains d’entre eux sont dits essentiels, ça veut dire qu’ils ne sont pas fabriqués par l’organisme et doivent donc être apportés pas l’alimentation. Il s’agit des oméga 3 et des oméga 6 (c’est donc pour ça qu’on les voit partout !).

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Le Bébé.A.BA de la nutrition

Le lait maternel apporte naturellement ces acides-gras essentiels, mais il y en a peu dans le lait de vache ou le lait de chèvre qu’on utilise pour le lait infantile, il faut donc les ajouter. Parmi les oméga 3 et les oméga 6, les rock stars sont l’ARA et le DHA, dont on entend souvent parler parce qu’ils contribuent au développement du cerveau et de la rétine. Ils sont apportés dans le lait infantile par l’intermédiaire d’huiles végétales (pour l’ARA) et d’huiles de poisson ou d’algue (pour le DHA). L’ajout de DHA dans les formules (sauf 3ème âge) a été rendu obligatoire en 2020.

Les Protéines D’après l’ANSES (Agence Nationale Sécurité Sanitaire Alimentaire Nationale) : “Dans l’organisme, les protéines jouent des rôles essentiels : •e lles jouent un rôle structural et participent au renouvellement des tissus musculaires, des phanères (cheveux, ongles, poils), de la matrice osseuse, de la peau, etc. •e lles participent à de nombreux processus physiologiques, par exemple sous la forme d’enzymes digestives, d’hémoglobine, d’hormones, de récepteurs ou d’immunoglobulines (anticorps).”

Les protéines sont constituées de chaines d’acides aminés, dont 9 sont essentiels (non synthétisés par l’organisme donc, si vous suivez ! ). Il faut donc en apporter suffisamment par l’alimentation. Dans les préparations pour nourrissons, certains sont apportés directement par le lait de vache, d’autres ajoutés afin de garantir un apport qui couvre les besoins des bébés. Il y a 3 fois plus de protéines dans le lait de vache que dans le lait maternel (3,2g contre 1g/100ml) qui font davantage travailler les reins des bébés. On cherche donc dans le lait infantile à rééquilibrer le taux de protéines, en utilisant notamment des ingrédients issus du lait (comme le perméat de lait ou le lactosérum, ces noms barbares qu’on retrouve sur les petites boites). Il existe 2 sortes principales de protéines : la caséine et les protéines solubles. Dans le lait de vache il y a 80% de caséine contre 40% dans le lait maternel. Les protéines des laits infantiles sont donc souvent amenées par le lait de vache… or il existe des cas d’allergie aux protéines du lait de vache. En cas de doute, votre pro de santé pref saura vous orienter vers des formulations infantiles alternatives.

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Les Vitamines & Minéraux Fer, calcium, zinc ou encore vitamines A, C, E, D entrent dans la composition du lait infantile. Chacun d’entre eux jouent ont rôle bien précis dans le bon développement des bébés, par exemple pour les défenses immunitaires ou la croissance des os et des dents ou encore pour le développement cérébral, la bonne absorption du fer ou du calcium.

Le lait maternel contient naturellement des vitamines et minéraux, aux justes quantités a le Bébé a besoin. Il est particulièrement riche en vitamines A, E et C. Le lait de vache contient également des vitamines et minéraux, mais en quantités non-adaptées aux bébés humains : trop de certains et pas assez d’autres, alors on fait jouer les concentrations pour arriver aux taux recommandés pour couvrir les besoins essentiels de nos bébés.

POPOTE, DIS MOI C’EST QUOI… •L e lait de suite, c’est ni plus ni moins du lait 2ème âge, dont la formule est adaptée aux bébés de 6 à 12 mois, qui ont donc démarré l’introduction d’aliments solides. •L e lait de croissance est le lait 3ème âge, entre 10 mois ou 1 an et 3 ans. •L e lait relai est en fait un terme purement marketing. Aucun lait infantile n’est plus relai de l’allaitement maternel qu’un autre. Si vous faites le choix d’interrompre votre allaitement, vous pouvez vous faire accompagner par un professionnel de santé pour vous faire accompagner (IBCLC mon amour). •L e lait maternisé (ou humanisé) sont des termes qui désignaient autrefois les préparations commerciales pour nourrissons. Ils ont été interdits parce qu’ils portent à confusion pour les parents quant au contenu des formules.

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C’est pas sorcier LES COULISSES DE LA FABRICATION DU LAIT INFANTILE Pour faire du lait infantile on commence par... du lait ! Souvent, il s’agira de lait de vache, parce que c’est le plus disponible en France. Mais comme le lait maternel est très différent du lait de vache, il faut retravailler la formule afin de le rendre en phase avec les besoins spécifiques des nourrissons. Du coup on retire, on ajoute, on ajuste, on analyse (beaucoup)... avant d’obtenir le lait infantile en poudre que vous utilisez tous les jours.

1

Petit retour sur les différentes étapes de la fabrication d’un lait infantile !

étape

L’ÉCRÉMAGE & LA PASTEURISATION DU LAIT Tout commence par le lait cru, qui vient directement des fermes. Une première analyse, pour vérifier que tout est OK pour la santé de Bébé. On démarre alors la reformulation du lait, pour le transformer en lait infantile. On commence par séparer la matière grasse du lait entier : on obtient d’un côté le lait écrémé et de l’autre la crème de lait. Puis on pasteurise : on chauffe à très haute température très rapidement puis refroidit tout aussi vite, cela permet d’éliminer tous les micro-organismes qui peuvent être dangereux pour Bébé.

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étape

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étape LE MÉLANGE À SEC

LA PRÉPARATION ET LE SÉCHAGE

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La préparation est alors presque prête. Il ne reste qu’à ajouter les ingrédients dits « plus sensibles », dont la qualité nutritionnelle aurait pu être altérée s’ils avaient été ajoutés lors des étapes précédentes. Et on mélange !

Le lait de vache est trois fois plus riche en protéines que le lait maternel, et la proportion des différentes protéines n’est pas non plus la même : le lait maternel est composé de 40% de caséine et de 60% de protéines sériques alors que c’est respectivement 80% et 20% pour le lait de vache. Si le lait de vache était consommé tel quel par les bébés, ce ne serait pas très bon pour leurs reins et il leur manquerait des éléments essentiels à leur croissance. Sa composition doit donc être retravaillée pour avoir la bonne teneur en protéines, glucides et lipides. Par un jeu de dilution, on ajuste le ratio de protéines, on retire certains minéraux en trop et on ajoute d’autres ingrédients, huiles végétales et dérivés du lait : • Le lactose pour l’apport en glucides •L e perméat de lait (obtenu après ultrafiltration du lait) pour l’apport en lactose et minéraux •L e lactosérum (obtenu lors de la fabrication de fromage ou grâce à la filtration directe du lait) pour l’apport en lactose et protéines sériques •L a crème de lait pour l’apport en matières grasses chez les fabricants qui font le choix de ne pas utiliser d’huile de palme On ajoute aussi des vitamines et des minéraux (ceux qui n’étaient pas en proportion suffisante pour répondre aux besoins de Bébé). Toute cette préparation liquide est ensuite concentrée et séchée pour obtenir une préparation sous forme de poudre.

étape LE CONDITIONNEMENT

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Il ne reste plus qu’à doser la quantité de poudre nécessaire par boîte. On ajoute la mesurette (glissée directement dans la boîte ou clipsée dans le couvercle). Et voilà la boîte de lait, telle que vous la connaissez ! Une dernière analyse pour la route (en tout, une boîte de lait subit des centaines et des centaines d’analyses tout au long du processus !) et la boîte de lait infantile est prête à être commercialisée.

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LA JUNGLE DU LI OU COMMENT CHOISIR SON LAIT INFANTILE Vous l’avez peut-être remarqué, lorsqu’il s’agit de lait infantile, il y a du choix. Beeeeaucoup de choix. Comment s’y retrouver dans toutes ces marques, tous ces noms compliqués ? La France est l’un des pays les plus dotés en termes de laits et cela peut sembler vertigineux ! Quelques infos pour vous aider à vous y retrouver.

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Liberté, égalité, sécurité En ce qui concerne les nourrissons et les enfants en règle générale, tout est règlementé des vêtements en passant par les meubles, matelas et ce, jusqu’aux jouets. Alors, pour ce qui est de leur lait, imaginez bien que c’est carré aussi. Tous les laits infantiles que l’on trouve dans le commerce couvrent les besoins essentiels de bébé et tous respectent des normes très strictes. Ça, ça vaut pour tous les fabricants, il n’y a aucun moyen qu’un lait mis en vente dans le commerce ne respecte pas une charte rigoureuse. Si on rentre un peu dans le détail, sachez que : •C haque nutriment (c’est-à-dire vitamines, lipides, protéines, minéraux, glucides… nécessaires au bon développement de l’enfant) a un seuil minimal et maximal imposé par la règlementation (et ça ne veut d’ailleurs pas forcément dire que plus il y en a, mieux c’est). •L a présence de DHA (cet acide gras essentiel dont on parle tant !) est en fait obligatoire depuis 2020. Pour résumer, quel que soit le choix du lait que vous ferez, Bébé va grandir et grossir : peu de place à la fantaisie dans le lait infantile ! Ils se ressemblent tous dans le sens où ils répondent tous à la règlementation et assurent l’apport des nutriments essentiels des bébés.

Le sein graal Voilà ce qu’on veut tous : un lait infantile qui ressemble au plus près au lait maternel ! Oui mais si on est honnête avec vous, on vous le redit : aucun lait infantile n’arrivera jamais à la cheville du lait maternel. Et l’air de rien, c’est important à comprendre pour naviguer au milieu des affirmations marketing du secteur. Ce qui est vrai, c’est qu’on fait évoluer les formules de lait infantile pour tenter de ressembler au lait maternel en terme de composition de macro et micro nutriments. On n’y arrive pas tout à fait, et il manquera surtout toujours ce qui rend le lait maternel si spécial (cf notre article (Un)secret milk).

Il n’y a pas de lait infantile qui convient plus qu’un autre en relais de l’allaitement maternel.

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La jungle du LI

•À base de lait de vache, de chèvre ou de jus végétaux

My baby, my choice OK donc si les laits infantiles se ressemblent tous… comment choisir ? Choisir son lait infantile, c’est finalement un choix de convictions (et de budget). •U n lait bio, ou non Faire le choix du BIO, c’est avant tout un sujet pour la planète : c’est s’assurer d’un mode de production plus respectueux de l’environnement, de la biodiversité et du bienêtre animal. •U n lait français (ou pas) ou fabriqué à partir d’un lait français (ou pas) Plusieurs marques de lait infantile ont fait le choix d’une fabrication française et/ou de lait de vache français. D’autres fabriquent le lait ou s’approvisionnent ailleurs, sans que ça n’ait d’impact sur la qualité des formules. Pour connaître l’origine du lait, on vous laisse scruter vos packs de lait : un drapeau, une phrase, saura vous guider. Si rien n’est indiqué, c’est qu’en général il n’est pas français. •A vec ou sans huile de palme Pour répondre à cette (épineuse) question, il faut déjà comprendre pourquoi certains laits contiennent de l’huile de palme : le lait maternel contient de l’acide palmitique, c’est même l’acide gras majoritaire, et il est essentiel au bon développement du bébé. Mais, comme l’huile de palme est trop souvent responsable de la déforestation, certains laits infantiles font le choix d’alternatives pour apporter les nutriments nécessaires. La crème de lait, par exemple, apporte elle aussi de l’acide palmitique, mais est plus respectueuse de la planète (et apporte en plus un meilleur goût aux préparations pour nourrisson).

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Quel que soit le lait initial, la formule est retravaillée pour répondre aux besoins spécifiques de bébé. En fonction de son origine, on retire, on ajoute des ingrédients, c’est un savant équilibre, toujours pour répondre à cette charte qui fait qu’à la fin, Bébé a tous les nutriments essentiels à développement. Cela dépend là encore de vos convictions mais également des spécificités de vos bébés, notamment en cas d’allergie aux protéines de lait de vache (attention d’ailleurs, les laits infantiles de chèvre ou de brebis sont déconseillés en cas d’APLV à cause des risques d’allergies croisées).

Prébiotique vs probiotique : kézaco ? Les deux ont une action bénéfique sur la flore intestinale avec deux modes d’action différents. Les probiotiques sont des “bonnes” bactéries qui viennent enrichir la flore intestinale. Ses compatriotes prébiotiques sont des fibres qui nourrissent ces “bonnes” bactéries et favorisent leur développement. Ils ne sont pas naturellement présents dans l’organisme mais on les trouve dans l’alimentation. Aujourd’hui, on en trouve en pharmacie, ils peuvent accompagner un traitement comme des antibiotiques par exemple. Après ce petit cours de SVT, vous allez nous dire, mais en quoi ça nous intéresse pour les bébés ? Sachez que le lait maternel contient naturellement des probiotiques et des prébiotiques et donc, comme les laits infantiles essayent d’y ressembler, certains laits en contiennent. Ces formules de laits enrichis pourraient avoir des impacts positifs sur le système digestif des bébés. Cependant, il n’y a aucune preuve scientifique à ce jour qui confirme leurs effets bénéfiques. C’est donc encore une fois une histoire de choix.


Les 1001 laits Les maux de bébé étant nombreux, les fabricants ont adapté la formule de certains laits infantiles pour répondre à leurs problématiques, et spécificités. Certains de ces préparations commerciales pour nourrissons sont en libre-service, d’autre disponibles sur prescription, mais on vous conseille de toujours faire le point avec un professionnel de santé qui saura vous expliquer et vous conseiller visà-vis de ces formules.

LES LAITS POUR TROUBLES FONCTIONNELS : •L es laits anti-régurgitations (AR) ont pour objectif de diminuer les régurgitations, en cas de reflux gastro-œsophagien et sur avis médical. Ils sont épaissis grâce à l’ajout de graine de caroube et/ou d’amidon (de maïs, de pommes de terre ou de riz). Ils sont vendus en pharmacie. •L es laits à formule épaissie sont enrichis avec de l’amidon (de maïs, de pommes de terre ou de riz). Moins épais que les laits AR, ils sont proposés en cas de petits rejets, peu nombreux. On les trouve un peu partout, même en supermarché.

LES LAITS THÉRAPEUTIQUES •D ans le cas d’APLV : l’allergie aux protéines de lait de vache (à ne pas confondre avec l’intolérance au lactose) nécessite d’exclure absolument tous les produits qui peuvent en contenir et un accompagnement avec un pédiatre est essentiel. La réintroduction des protéines de lait de vache se fait progressivement et exclusivement sous contrôle médical. •L es diarrhées aiguës : il existe des laits sans lactose (avant de reprendre un lait infantile classique). Idem, dans ce cas, c’est l’avis et l’accompagnement d’un médecin qui saura guider votre choix. • La dénutrition ou un bébé qui ne prend pas assez de poids : il existe des laits hyper énergétiques ou enrichis en protéines.

•L es laits HA (hypoallergéniques) sont préconisés quand il y a un terrain allergique dans la famille proche (parent, fratrie). Il n’y a pas de preuve formelle que cela prévienne des allergies aux protéines de lait de vache, mais ils existent. Le lait HA est recommandé jusqu’au début de la diversification. Conclusion, les laits infantiles sont tous très réglementés et quel que soit votre choix, Bébé grandira et grossira. Pour le reste, c’est surtout une histoire de conviction personnelle. Si vous avez des questions, n’hésitez pas à vous tourner vers votre professionnel de santé.

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​ET PUIS DES FOIS ÇA VEUT PAS​ L’IMPRÉVU DE LA PARENTALITÉ, VERSION LAIT POUR LES BÉBÉS Ça fait des mois que vous projetez les premières semaines de vie ensemble… et puis parfois, tout ce ne passe pas comme vous l’aviez imaginé. Accouchement, mise au sein, premier biberon... rien de mieux qu’un Bébé pour chambouler le plan parfait.​

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J’avais fait le choix de nourrir au lait infantile, mais…

J’avais toujours imaginé allaiter, et pourtant… Pourtant mon bébé n’arrive pas à téter, Pourtant j’ai trop mal, Pourtant ma montée de lait tarde à venir, Pourtant j’ai peur que mon bébé ne grossisse pas assez, Pourtant je n’en peux plus de l’avoir au sein 10 fois par jour, Pourtant j’hésite à arrêter. Un allaitement, c’est comme la parentalité : c’est souvent merveilleux, mais parfois un peu déroutant. On vous conseille de le préparer en amont, vous renseigner et vous entourer. Avoir du soutien, ça fait partie intégrante du projet. Et puis au moindre doute ou lorsque vous en ressentez le besoin, n’hésitez pas à prendre contact avec une conseillère en lactation (idéalement certifiée IBCLC = certification internationale) ou une association. La solidarité autour de l’allaitement est réelle, ne vous en privez pas ! <3

Mais mon enfant ne supporte pas le lait infantile, Mais je ne trouve aucun lait qui lui convienne, Mais je ne sais pas quel lait infantile choisir, Mais je regrette mon allaitement maternel, Mais j’ai peur qu’il ait davantage mal au ventre, Mais je culpabilise de ne pas avoir allaité. A chaque choix ses dilemmes et ses inquiétudes… mais aussi ses solutions. Si vous trouvez votre bébé inconfortable ou si vous ne savez pas si son lait infantile convient, n’hésitez pas à en parler à un professionnel de santé, qui fera son max pour trouver celui qui lui conviendra le mieux. Le lait maternel est l’aliment le plus adapté, c’est vrai, mais il existe une multitude de laits infantiles pour répondre aux spécificités de chaque bébé. Et si vous regrettez… sachez qu’avec de la patience et de la ténacité (et aussi dingue que cela puisse paraître), il est possible de provoquer une relactation plusieurs semaines après la fin d’un allaitement ou de votre montée de lait.

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Et puis des fois, ça veut pas

Un petit coup de main, Mama ? Petite sélection absolument pas exhaustive de comptes autour du lait et des bébés

AUTOUR DE L’ALLAITEMENT : • Le n° vert SOS allaitement : 0 800 400 412 • Les assos : @lalecheleaguefrance @allaitement_toutunart • Les consultantes en lactation IBCLC : @carole.questiondallaitement @julie.longuy.ibclc • L’accompagnement à l’allaitement : @julie.toutin @tt.en.tt • Les groupes Facebook : Les Tire-Allaitantes Bienveillantes

AUTOUR DE LA PARENTALITÉ : • Les services de PMI (protection maternelle et infantile) • Conseils et réponses de pros de santé : @eveiletconseil @maysanté @gynecee.paris • Les podcasts : MÈRES de @leslouves @bliss.stories @lamatrescence • Pour les bébés prématurés : @sos_prema.officiel

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Quand les rencontres sortent de l’ordinaire Parfois les accouchements sont à l’image de ce qu’on avait imaginé, et puis parfois ils sont loin de tout ce qu’on avait projeté. En cas de césarienne, de séparation mère/ enfant, de naissance prématurée, la question d’allaiter ou non prend une tout autre tournure. Être éloignée 1 heure, 1 jour ou 1 semaine de votre bébé ne signifie pas que vous ne pourrez pas allaiter. Cela demandera de l’organisation, un peu d’abnégation, mais vous pourrez. Pour certaines c’est un moyen de créer du lien à distance avec leur enfant, pour d’autres c’est la contrainte de trop, et ça aussi c’est OK. Faitesvous accompagner par les professionnels de santé <3

Dans le cas des bébés qui arrivent trop tôt, le sujet de l’alimentation dépend du terme et du poids de naissance. Les prématurés dont le poids est inférieur à 1500gr et nés à un terme inférieur à 32/34 semaines ne sont nourris qu’au lait maternel pour des raisons nutritionnelles et immunologiques. Si la mère ne peut ou ne souhaite pas allaiter, l’enfant sera alors nourri grâce à du lait issu de don.

FOCUS SUR LE DON DE LAIT MATERNEL On parle souvent du don de sang, du don de moelle osseuse, du don d’organes… mais très peu du don de lait maternel. Pourtant, les bébés les plus vulnérables en sont souvent dépendants. Il permet de réduire très significativement les complications observées chez les enfants prématurés. C’est un véritable « médicament » pour ces enfants. Il est possible de donner son lait pour la majorité des femmes allaitantes. C’est un process qui se met généralement en place avant les 6 mois de votre enfant (ensuite la composition de votre lait évolue, mais selon les lactariums il peut être encore possible de donner). Les 36 lactariums français vous accompagnent dans la démarche. Ils vous informent, vous équipent, puis collectent, analysent et pasteurisent le lait de femme pour le distribuer ensuite aux services de néonatalogie. C’est une démarche anonyme et bénévole, qui sent bon la solidarité !

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Culture & shopping

Culture NOTRE SÉLECTION DE PODCASTS, LIVRES, FILMS OU SÉRIES POUR PLONGER DANS LE GRAND BAIN DE LA MATERNITÉ. TU N’ES PAS SEULE, MAMA !

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© freestocks ÇA VA MILKER, BÉBÉ


Podcasts JULIE LONGY, CONSEILLÈRE EN LACTATION HORS SÉRIE DE LA MATRESCENCE MAI 2020

ALLAITE-MOI SI TU PEUX « UN PODCAST À SOI » Passionnantes conversations entre femmes autour de l’allaitement et du non-allaitement. Au biberon ou au sein, peut-on laisser les mères nourrir leur nourrisson comme elles l’entendent ? Charlotte Bienaimé, fondatrice d’un podcast à soi partage son expérience personnelle et invite 5 femmes à témoigner de leurs expériences. Pour toutes celles qui veulent comprendre et trouver des pistes pour que les femmes soient libres de choisir et de vivre l’alimentation de leurs enfants de manière sereine. arteradio.com/son/61669956/ allaite_moi_si_tu_peux

Clémentine Sarlat propose une immersion dans le métier de conseillère en lactation grâce à cet entretien avec Julie Longy, consultante certifiée IBCLC depuis 2010. Son métier ? Accompagner les parents dès le projet de conception jusqu’au sevrage maternel. On s’interroge sur les raisons pour lesquelles tant de mamans abandonnent leur projet d’allaitement dès les premières semaines, et ensemble, Clémentine et Julie abordent les thématiques de la reprise du travail, l’allaitement après un cancer, le sevrage et le passage au biberon. Un épisode qui apporte beaucoup de réponses et de conseils. http://clementinesarlat. com/2020/05/25/qa-mai-2020-parjulie-consultante-ibclc-en-lactation/

TOUT CE QUE VOUS AVEZ TOUJOURS VOULU SAVOIR SUR L’ALLAITEMENT BLISS STORIES

Clémentine Galey de Bliss a toujours les bons mots et la bonne humeur dans son podcast iconique. Dans cet épisode Bonus, Clémentine invite Alix Petit (fondatrice de Heimstone) et Marie Faure Ambroise (fondatrice de Smallable) pour passer en long et en large toutes les thématiques liées à l’allaitement. Des idées reçues en passant par les premières semaines, le cododo, la place du partenaire, l’alcool, les pics de croissance, le sevrage,

la forme des seins… Comme le dit le titre, clin d’œil à un film de Woody Allen, toutes les questions que vous vous posez sans jamais avoir osé les demander, sont probablement dans ce podcast ! https://bliss-stories.fr/2018/12/22/ episode-bonus-tout-ce-que-vous-aveztoujours-voulu-savoir-sur-lallaitementsans-jamais-oser-le-demander/ibclc-enlactation/

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Livres

MA PARENTALITÉ SANS TABOU PAR EVEIL & CONSEIL

ET TU DEVIENDRAS MÈRE… DE AUDREY NDJAVE-SULPIZI

Du désir à la conception d’un bébé, de la grossesse aux premiers mois, ce livre distille conseils et réponses aux nombreuses questions qu’une maman ou future maman est amenée à se poser. Surtout, il explique avec bienveillance, les bouleversements, les interrogations qui cheminent en nous pendant cette transformation de femme en mère. On l’aime surtout parce qu’il est teinté de bonne humeur, d’optimisme. Audrey semble nous murmurer à chaque étape : tu es normale, tout va bien se passer. Un livre qu’on peut laisser sur une table de nuit pendant de longs mois pour y chercher un peu de réconfort.

Eveil et Conseil, c’est un collectif pluridisciplinaire de 9 professionnelles de la santé et de l’enfance (infirmière puéricultrice, psychomotricienne, diététicienne…) qui ont à cœur d’accompagner les parents avec des solutions concrètes et déculpabilisantes. Ce livre, elles l’ont pensé comme un guide sur le chemin de la parentalité, sans tabou et avec beaucoup de bienveillance, pour profiter pleinement de des premiers mois de parents. Se préparer à l’arrivée de bébé ? S’adapter à sa nouvelle vie après la naissance ? A quoi dois-je m’attendre ? Quel rythme et quels besoins pour Bébé ? Un livre qui vous donne tous les conseils pour prendre soin de vous avant et après l’accouchement.

LIBERTÉ, ÉGALITÉ, MATERNITÉ D’EMILIE DAUDIN

MON ALLAITEMENT SUR MESURE DE CAROLE HERVÉ ET JULIE MARTORY

Carole Hervé est consultante en lactation certifiée IBCLC et forte de son expérience, a décidé de mettre dans un ouvrage, tous les conseils pour qu’une future maman allaitante puisse mener son projet à bien. Elle réussit à donner confiance, à transmettre ses connaissances avec un ton très bienveillant et jamais moralisateur. On aime les conseils, astuces et outils qu’elle apporte tout au long des chapitres. Une mine d’or d’informations.

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Emilie Daudin alias Emilie Brunette, fondatrice du blog éponyme et maman instagrameuse, nous livre dans ce récit très personnel à la fois son expérience mais également des conseils. On ne peut que se retrouver lorsqu’elle évoque son travail, son blog, ses débuts dans l’entreprenariat mais aussi sa première grossesse, la maternité, puis une fausse couche, un changement de vie, les difficultés du quotidien, une deuxième grossesse. Ce tourbillon d’émotions positives et négatives qui rythment nos vies ou plutôt qui les tourbillonnent. Un livre qui se dévore et qui fait un bien fou !


Films À LA VIE

LA VOIE LACTÉE ET L’ALLAITEMENT : CONSEILS ET ASTUCES

RÉALISÉ PAR AUDE PÉPIN

DE JON FITZGERALD

Ce film documentaire sorti fin 2021 n’en finit pas de faire des adeptes. Aude Pépin a suivi le quotidien de Chantal Birman, sagefemme libérale, pendant plusieurs mois, avant son départ en retraite. Un film qui parle de maternité, d’émotions, de peurs, de bouleversements, qui touche au cœur, qui parle à toutes les femmes, quelle que soit leur âge, leur génération. Un film à voir, à diffuser qui éclaire une profession bien trop mise de côté.

Un film sur l’allaitement aux Etats-Unis et dans quelques autres pays qui donne la parole aux femmes allaitantes et apporte une réflexion sur leur place dans notre société aujourd’hui. Le film bonus va encore plus loin en proposant toujours sous le format du documentaire, des conseils, beaucoup d’informations et un guide pratique pour que l’allaitement soit un plaisir et non une peur, une contrainte. Bref, une autre vision sur l’allaitement au 21 e siècle.

Séries MÈRES

POST-PARTUM, LE DOCUMENTAIRE

DE JOSÉPHA RAPHARD

DE EVE SIMONET

Josépha Raphard est devenue le symbole d’une maternité libre, sans tabou et bienveillante. Tant et si bien qu’elle a créé le Loma Club, des sessions à thèmes pour discuter librement et anonymement des sujets liés à la maternité: première grossesse, la place du coparent, relations conflictuelles avec sa propre mère etc. Mais Josépha a également réalisé une série de 5 épisodes sur Youtube intitulée Mères qui donne la parole à des femmes. Comment vivent-elles leur maternité ? Elles témoignent sans filtre.

Eve Simonet, réalisatrice, signe ici le premier documentaire sur l’après-accouchement, cette période clé bien souvent oubliée des cours de préparation à la naissance. C’est une des périodes les plus intenses de la vie de maman, pendant laquelle, elle a le plus besoin de soutien. Mini-série de 4 épisodes, témoignages de mamans, interviews de médecins, psychiatres, sages-femmes, consultantes en lactation, infirmières… pour faire comprendre aux femmes qu’on ne naît pas mère mais qu’on le devient. Et surtout qu’elles ne sont pas seules !

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Culture & shopping

Shopping NOS COUPS DE CŒUR POUR VOUS ACCOMPAGNER PENDANT VOTRE GROSSESSE ET LES PREMIERS MOIS DE BÉBÉ. TOUS TESTÉS ET APPROUVÉS PAR NOTRE MAMA IN CHIEF CHEZ POPOTE.

MOTHER POWER Biberonnante ou allaitante, un message de tolérance et de bienveillance ! Ce puzzle de 1000 pièces nous a tapé dans l’œil. Et vous ? Puzzle Continuum Tétée, Les éditions imaginaires,

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CRÈME DE LAIT SORORITÉ TajineBanane a révolutionné l’allaitement avec ses vêtements pour allaiter partout, tout le temps, mais n’en oublie pas moins les non-allaitantes avec ce t-shirt en collaboration avec Petit Bateau, décliné en version allaitante et non-allaitante. Un exemple d’inclusion dont on ne se lasse pas ! T-shirt C’est pas la mère à boire, TajineBanane x Petit Bateau,

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Un lait pour le corps composé à 93% d’ingrédients naturels et qui convient aux futures mamans et aux mamans allaitantes, c’est le fluide hydratant parfait car sans odeur. Un vrai p-LAIT-sir ! Fluide hydratant parfaite, Joone,

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BABYJOU Lorsque l’on porte, lorsque l’on berce, ou tout simplement qu’on allaite ou que l’on donne le biberon, le collier est le jouet préféré de bébé. Voilà un accessoire idéal pour bébé il peut jouer, tirer, suçoter en toute sécurité ! Collier d’allaitement, portage et dentition, Minty Wendy, à partir de

MAMAN GÂTEAU Miam ! Les carrés conçus par Jolly Mama sont spécialement élaborés pour les futures et les jeunes mamans, allaitantes ou non. Nutriments, vitamines, tout en étant 100% bio, gourmands, sains et naturels. Une bonne raison de ne pas se priver ! Lots de 12 carrés , Jolly Mama,

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NUIT LUMINEUSE Parce qu’il y aura un peu (beaucoup) de levées nocturnes pour préparer un bib’ ou donner le sein, Liewood propose des veilleuses trop mignonnes pour éviter la lumière crue de votre lampe de chevet en plein milieu de la night. Idéal aussi pour que Bébé se sente en sécurité. À retrouver sur Nova Mom, le site de e-shop qui concilie l’univers des femmes au monde de leurs enfants www.novamom.fr

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Signé Popote

Nous, c’est Popote. Depuis 2017, on régale les bébés voraces avec nos petites gourdes de fruits, légumes et viandes mono-saveurs. On a évidemment fait le choix du bio et du bon. Pour le reste, on s’adapte à tous les choix de parentalité. Que vous soyez fâché avec la cuisine et que vous Popotiez tous les soirs, que vous partiez en vadrouille et que vous ayez besoin de praticité, que vous ayez juste la flemme totale de préparer à manger, que vous soyez #TeamFaitMaison avec juste besoin de dépanner… Parce qu’il n’y a pas une mais mille façons d’être parent. Et que vous êtes quand même les mieux placés pour décider ce que vous souhaitez donner à manger à votre bébé.

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Et à force de discuter avec des parents, on s’est rendu compte qu’il y avait un sujet sacrément émotionnel et sacrément complexe qui revenait sur l’alimentation des bébés : le lait infantile. On s’est posé la question, si on avait quelque chose à apporter à ce marché déjà méga encombré… et on pense que oui. Alors nous voilà avec notre lait infantile. On l’a voulu clean, clair et transparent. Un lait qui dit ce qu’il est, autant que ce qu’il n’est pas. Qui soutient l’allaitement pour de vrai et pas parce qu’il est obligé. Qui valorise toutes les parentalités et qui accompagne tous les projets. With love.

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En souvenir d’un 4 mars 2022

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Dans une maison de Saint Paul de Vence Après-midi suspendu immortalisé par la talentueuse Vanessa ÇA VA MILKER, BÉBÉ

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POPOTE DIRECTION ARTISTIQUE : BENJAMIN VILAIN PHOTOS : VANESSA BERTHE ET LOIS MORENO SPECIAL THANKS : MARIE P. , CHLOÉ D. ET PASCALE B. AVRIL 2022

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La tétée en plein supermarché, le bib’ du milieu de la night, tire-allaiter dans les toilettes du TGV… Whatever tes choix, t’assures mama !