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ICONCOURSl

vol./

ETHS/NO ONE

NOS

POUR

GOOD CHARLOTTE

PARIS

APOCALYPTICA SIK/IP5 P PLAN BIFFY CLYRO

EVANESCENCE

BLINK-182 1 SUGARCULT V GREEN DAY '

^

THE USED... lCD d u m o is

MODE: TRADUCTION: SUPKNOT QUIZZ: UNKfN TATTOO: AQME

Nous vivons tous en AmeriQu^l GOOD CHARLOTTE

2 POSTERS MASS HYSTERIA LAGWAGON SrEREOPHONICS ZOMBIE EATERS PORN _TRAIL OF DEAD HOGWASH PARABELUJM CRADLEOFRUH THE KILLS... LIVE : AqME/VEGASTAR I ZUUL FX IMISANTHROPE... PLAN LOVE : MUDVAYNE

L 19548 7


de la siiie

12 I ROCKONEMAG.COM


J k l O C K O N E kÄ

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(ernstem, gunan 3 poiiit sur ce 4c aM He jamajs v< esormais, tu t'exprin vlers) prefere avoir recour votre attachement ä votre les raisons qui, aujourd'hi Richard Z - Kruspe Bernst fais appel ä un traducteur, que tu manques certains < ne arabe. Entre le mot que et celui que tu entends ä l Eh bien lä, c'est un peu la ä 100% que la röponse qu que la mienne. Donc, c'es passer mon point de vue « meme langage. C'est la s« serait ä l’avantage de pers Le precedent album avait sud de la France et celulCortijo", en Andalousie. f matiques de ces deux erii compositions ? R .B .: Nous sommes des rieur de nous-memes que lumineux. Et puis, on aim< pas dire que l’Allemagne : (rire s)! Nous aurions aim< que pour l'enregistrement donne Rammstein ä l’albt nous avions prevu d’enref novembre de l'an passö ( qu’il y faisait trop froid. N cendre encore plus au su< plus chaud.

l/os albums sont assez st On ne peut pas vraiment particullerement dans vo R.B. : Je oense aue toute

un effet sur ta musique : des personnes que tu as au t6lephone dans la journöe jusqu’ä ce que tu manges le matin Apr^s, c'est sür qu’on ne peut pas dire que l’Espagne nous a influencös car tous les morceaux etaient d6jä composös


Ah oul, c'est Arnaud Groux, le basslste d'Axel Bauer I Tu as prevu de faire un projet parallele avec lul. Tu peux nous en dire plus ? R .B .: Oui comment tu le sais ?! En fait c’est un truc assez personnei qui s'appelle Emigrate. J'aimerai commencer ä enregistrer des trucs ä partir de mars prochain en esperant que tout sera pr6t pour le döbut de l’annöe prochaine. Quelle est la directlon muslcale de ce projet ? R.B. : C'est vraiment dur ä d6crire. Les gens me posent souvent cette question mais c’est si dur d’y repondre. Naturellement, il y a des influences ä la Rammstein mais je cliante en anglais... En fait, c’est un projet oü je suis tout s e u l: du chant jusqu’ä la batterie. Apräs. je recherche des musiciens qui m’aident ä peaufiner les compositions, ä aller plus loin. C ’est un projet tres 6gocentrique (rires)!

Lors de l ’enregistrement de “M utter”, il s'est avere que des tensions etalent palpables car tu etals la personne la plus influente du groupe. On a meme entendu parier de spllt. Avec le sideproject Emigrate. II semble que tu aies trouve une alternative ! R.B. : Exactement, j ’ai trouve un equilibre. c'est important. C'est une des raisons principales pour laquelle j'ai cr6e ce groupe sans oublier que j ’y prends beaucoup de plaisir. Effectivement, "Mother’’ cst un bon album mais son enregistrement n’a pas 6t6 amüsant. Je pense aussi que c’etait le moment pour moi, parce j ’ai toujours beaucoup d’idees pour Rammstein mais je ne peux pas toutes les exploiter. Tu coinprends ce que je veux dire par lä. II est donc important pour moi d’experimenter des choses d’une autre fagon. en dehors de Rammstein.

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cover report Tu etais donc au centre de reelles tensions. Ca va mieux ä present ? R.B. : Oui beaucoup mieux. Nous nous sommes röunis afin de rßaliser ce qu’6tait vraiment un groupe et redefinir notre fonctionnement. Bien sür, parfois, les gens essayent de contröler les choses mais tu dois apprendre de tes erreurs. Un groupe ne peut pas dependre d’une seule personne mais doit etre la rösultante de tous ses membres. Rammstein c fest un long et dif-

,

ficiie chemin parce que tu dois accepter le fait que nous sommes tous differents et tu dois apprendre ä faire confiance aux auires.

Et c ’est pareil dans ta vie personnelle. Tu essayes toujours de garder le contröle sur les choses ou c'e st juste propre au groupe ? R.B. : Hum, bonne question... (il reflechit quelques secondes — Ndr). Je pense que c’est la meme chose mais je vais mieux ä present (rires). J ’ai commence une thörapie que je poursuis encore ä l’heure actuelle, et ca m'a permis d'apprendre beaucoup de choses sur moi. C ’est un long processus entre le moment oü tu apprends, celui oü tu as conscience des choses et le moment oü tu

le pratiques dans la vie et oü les choses changent dans ton propre quotidien.

qui me pousse ä vouloir contröler les evenements, c ’est juste parce que j ’ai peur de pleins de choses. Alors, je dois travailler sur moi-meme et trouver des reponses. Mais, je le repete, je vais mieux ä present Es-tu effraye ä l'idee de perdre les choses ? R.B. : Oui ga vient ert partie de lä mais c’est vraiment dur pour moi de faire confiance aux autres. J'ai confiance en moi parce que je sais oü je veux aller mais. avec Rammstein, je dois faire confiance en d’autres personnes meine si, parfois, elles veulent aller dans des directions difförentes des iniennes. Tout vouloir contröler te vient peut-etre de l'education que tu as du recevoir lorsque tu vivais en Allemagne de l ’est, dans l'ex-RDA. Te rappelles-tu de ces annees-lä ? R.B. : Ou;. effectivement, vu comme ga. Nous avons ete eduques suivant les preceptes de la collectivitö. J'etais trös jeune ä l'epoque mais je me rappelle tres bien des personnes qui developpaient ces idees communistes, et je me disais que ce n’etait pas possible. J'en ai de tres mauvais souvenirs, j'etais totalement contre ce systeme totalitaire et. d'un autre cötö. il y avait des bonnes choses dedans, notamment pas de competition.

Goethe the life! Injustement mis au second plan, les paroles de Rammstein meritaient qu’on rectifie le tir en mettant an grand Jour le talent de poete de Till Lindemann. Longtemps appelö "L'album Rouge", "Reise, Reise” ne deroge pas ä la rögle Rammstein en empruntant une fois de plus son titre ä une chanson. L'artwork de “Voyage, Voyage” a ete inspire par le film “Chute Libre” avec Michael Douglas. En effet, les etranges photos qui figurent ä l'interieur du livret evoquent de la töle froissee d’un appareil qui se serait ecrase. "Dalai Lama" introduit bien le sujet. II s’agit d'une adaptation moder­ ne du "Erlkönig" ("Le Roi des Aulnes") de Goethe : “An Bord isi auch ein Mann mit Kind / Sie sitzen sicher sitzen warm / und gehen so dem Schlaf ins Garn' (“Ä bord un homme et son enfant / lls sont en securitö, assis au chaud / Et dans leur sommeil, ils vont tomber dans le piege."). Le single "Mein Teil" (“Mon outil" ou “Ma partie") evoque, quant ä lui, un fait divers de cannibalisme qui a eu lieu en Allemagne. Le titre est introduit par la petite annonce que le cannibale avait passe ä sa "victim e": ‘■‘Seche gutgebauten 18 - 30 jährigen zum schlachten' Der Metzgermeister" (‘"Cherche un jeune homme bien bäti de 18 ä 30 ans pret ä se faire abattre' - signe : Le maitre boucher"). Elle demontre toute la complexite de l’affaire car la “victime1' avait elle-meme demande ä se faire emasculer et manger le p6nis ! Plus ironique, "Amerika" n'est pas un titre manicheen oü tout serait noir ou blanc. Selon les membres de Rammstein, "Amerika” se veut ni anti, ni proamericain mais denonce la domination de la culture americaine sur le reste du monde. lls mettent egalement le doigt sur le laisser aller des pays europ6ens qui acceptent trop facilement certaines traditions americaines : “Nach Afrika kommt Santa Claus / Und Vor Paris steht Micky Maus" (“Le Pere Noel vient en Afrique / et Mickey Mouse est aux Portes de Paris"). L'album se conclut par une des plus belles chansons d'amour de l’histoire du metal dont les mots se suffisent ä eux-memes : “Die Liebe ist ein wildes Tier / sie beist und kratzt und tritt nach mir / hält mich mit tausend Armen fest / zerrt mich in ihr Liebesnest / frist mich auf mit Haut und und Haaren / und würgt mich wieder aus nach Tagen und Jahren” ("L’amour est une bete sauvage / Elle mord me griffe et me donne des coups de pied / Me tient avec mille bras / Me traine dans son nid d'amour / Me bouffe corps et äme / Me vomit apres un jour ou une annee”). Merci ä wmv.planetrammstein.com

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Plus organique et plus humain Depuis deux albums, votre musique est plus accessible qu’ä vos debuts. Quelles sont vos influences ? R.B. : II n'y a pas d'influences particulieres, c'est juste que nous aimons les melodies dans la musique. Ä chaque fois que j ’ecoute de la musique. j en ai un peu rien ä foutre de savoir si c’est pop, rock ou blues.

melodies et creer des chansons simples. Je n'aime pas compliquer les , contrairement ä la musique ielle, le hardcore ou le metal oü ayent toujours de compliquer au

K

Je pense que c'est la raison principale pour laquelle les gens nous voient “populaires”.

“Reise, Reise” est plus ambiant, moins base sur la rythmique. Com ment ont ete travailles les morceaux de ce disque compare aux precedents ? R.B. : Pour cet album. les choses ont et6 differentes dans le sens oü rien n’etait fige lorsque nous sommes rentres en Studio. Avec “Mother’', tout etait vraiment contrölö, et produit d’une fagon bien precise. Mais avec “Reise Reise", tout ötait plus dötendu. Chacun avait sa place dans la creation de chaque morceau. Nous avons appris ä jouer dans des tonalites difförentes. creer de nouveaux effets ä la guitare par exempie. Nous avons compose plus spontanement nos chansons, plus qu'ä i'epoque de "Mother". On est restes assis devant nos ordinateurs et on a tout com­ pose ainsi, ce qui fait une tres grande difference. Le rösultat est beaucoup plus organique et plus humain. Vous avez ecris une chanson qui s'intitule “Amour". Pourquoi avoir utilise un mot ftancais ? R.B. : Tout simplement parce qu’il s'agit d'une chanson qui parle d'amour (rires)! "amour", c’est un mot bien plus joli que "love” ou “liebe". Quand tu utilises “amour" (il le prononce avec un bon accent et d'une fa?on langoureuse — Ndr), c’est plus romantique. Les Amöricains utilisent le mot "love" dans toutes les phrases alors qu’en Allemagne, quand tu utilises le mot “liebe", c’est vraiment quelque chose de röel, vraiment sincöre et profond. Mais, ä force d’employer ce mot pour tout et n’importe quoi, il devient superficiel. Le mot '•amour”, du coup, est vraiment parfait car c’est ä la fois romantique et sincöre ! Sur le morceau “Moskau’’, vous avlez un projet pour faire un featuring avec T.A.T.U, le duo feminin russe. Peux-tu nous dire pourquoi ce projet n ’a pas aboutl ? R.B. : Nous ne l'avons pas fait car c'ötait vraiment complique de trouver un accord avec le groupe... eiles ont quatre ou cinq managers. C ’ötait vraiment le cauchemar, on a essaye pendant deux mois et, apres, on s'est dit : "Peu importe. concentrons-nous sur la musique, nous n'avons pas besoin de signer quelque chose juste pour faire des backing-vocals !”.

“Amerika” melange la langue allemande et anglaise alors que vous avez toujours pröne le besoin de ne pas vous americaniser. Vous n’avez pas peur que cela se retourne contre vous... R .B . : Nous sommes des personnes ouvertes d’esprit et les choses changent au cours d'une vie. Ce morceau s'y pretait particulierement car il parle de l’Amerique. “We're All Living In Amerika'1, tout le monde peut comprendre le

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point de vue que nous avons. II nous sembiait necessaire de chanter en anglais car, en plus de bien sonner, pa allait de soi. Par le passe, vous aviez dejä enregistre des versions anglaises des morceaux de "Sehnsucht" qui ont eu moins de succes que les versions allemandes. Est-ce une raison süffisante pour ne plus retenter l ’experience ? R.B. : Nous avions effectivement essaye de faire “Engel” et “Du Hast” mais on s ’est vite apergu que les programmateurs preferaient les versions originales. En fait. il s’agissait juste d'une transcription des paroles et. au final, les histoires differaient et pa ne fonctionnait pas car les textes en allemand et notre musique forment un tout. Ces Chan­ sons ont ete conpues en allemand et doivent le rester. Avec votre succes aux Etats-Unis, faire une chanson comme ‘‘Amerika” est une reelle prise de risque. Et si les gens ne comprenaient pas bien l'humour et la derlslon de ce titre... R.B. : Nous ne pouvons pas tout bien faire, c'est impossible. Alors, au final, meine si des personnes interprätent cette chanson d'une fapon differente de notre intention ini­ tiale, ce n'est pas trös grave. Bien sür qu'il y aura des per­ sonnes qui ne comprendront pas le vrai sens de ce morceau mais nous ne pouvons pas faire plaisir ä tout ie monde. C'est vraiment la derniere chose que nous essayons de faire.

Cette chanson est en effet humoristique et ironique car, aprös tout, tu as le choix de boire ou non du Coca Cola et du manger ou non Mac Donald. Personne ne t’y oblige.

A present, vous etes pergus comme des rock stars, pourtant votre attitude est anti rock star... Vous remplissez quand meme un Bercy et pourtant vous restez simples et abordables ce qui est une attitude respectable... R.B. : Tu penses vraiment qu'on est des rocks stars ?! (II fait mine de siffler pour appeler un serveur puis il 6clate de rire Ndr). Non. je deconne. Premi6rement, pour moi, “rock star", c’est un mot americain. En Allemagne, nous n'avons pas de rock stars. Alors, pour moi, c’est assez dur de me sentir ä l'aise avec ce mot car il ne represente rien ä mes yeux.

iwifs sommes trop äges öu peut eue fwp stupides pour penser qu ’etre une yock -star* sfyfniffä encore guelgue Meme si c ’est une partie de toi, en r6fl6chissant bien, tu räalises qu’il y a une vie ä cöte de ce que tu fais. Je pense d’ailleurs que c'est le seul moyen de survivre. C ’est la rai­ son pour laquelle nous avons vraiment les pieds sur terre, que nous savons qui nous sommes meme si nous restons fiers que ce que nous avons accompli. Dans ma vie, j ’ai renconträ des personnes importantes pour moi comme Martin Gore de Depeche Mode. Les mecs comme lui sont tres humbles, iis ne sont pas arrogants et n’ont pas une attitude de "rock star". Je pense que la plupart de per­ sonnes qui n’ont pas vraiment de succds ont une attitude de rock star.

Que detestes-tu le plus dans ce Statut ?

R.B. : Pso uf! Je sais que parfois c'est dur lorsque tu es de mauvaise humeur, trop sensible ou parfois fatiguS. Mais, d'aprös ma propre experience. tu as toujours la possibilite d'aller ailleurs. Si tu ne veux pas etre lä, tu t'excuses et tu pars. C ’est juste une question de choix. Et maintenant que tu vis aux Etats-Unis... R .B .: Tu penses que je vais devenir une “rock star" (rires) ? Oui excellente question pour conclure cette Interview ! R.B. : Non, premiörement, New York n’est pas l'Amerique. C’est une ville cosmopolite dans laquelle je suis tr£s entoure d'Europeens. Les personnes que tu rencontres läbas sont trös attirees par l’Art en g6n§ral tout comme les Europeens. New York est vraiment une ville differente, eile n’a rien ä voir avec le reste de l'Amörique. MIERCURY/UNIVERSAL

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2005.11.07 - Rock One  

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