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N° 141 – Été 11 – www.poly.fr

Cahier

spécial été

LES FESTIVALS DE L’ÉTÉ // GRAND ENTRETIEN : PIERRE MOSCOVICI // NEO RAUCH À BADEN-BADEN BRANCUSI & SERRA À BÂLE // BARU & MICHEVILLE // LE MUSÉE LALIQUE À WINGEN-SUR-MODER


Schaulager présente

dans la maison bourgeoise “Haus zum Kirschgarten” Elisabethenstrasse 27, Basel du 12 mars au 28 aoÛt 2011

Mardi, Mercredi, Vendredi 10 –18 heures; Jeudi 10 –19 heures Samedi, 13 –17 heures; Dimanche 10 –17 heures www.schaulager.org Fondation Laurenz


À pied, à table, dans le tram ou chez vous, la culture “Vite fait, mais bien fait !”

Words

Du 17 au 19 juin, le Hall des Chars se veut Sans titre (mais poétique). À Strasbourg, une trentaine d’artistes font résonner, haut et fort, leur poésie sonore entre concerts, déclamations, rencontres et prises de parole impromptues… www.halldeschars.eu

En bref En fleur

Tu me fais tourner la Kopf

Les 13 et 14 août, la 82e édition du Corso Fleuri nous transporte dans l’univers coloré de la fête foraine. Depuis la première organisée par Louis XIV au Château de Versailles en 1604, celle du Corso de Sélestat nous entraîne, en fleurs, volumes, musiques et chars frapadingues dans un voyage au pays du divertissement et des souvenirs. www.corso-fleuri.fr

Et si on allait à Altkirch pour fêter la musique ? Place de la Halle au blé plus précisément, ce 21 juin, pour une soirée garantie sans (mauvaises) reprises téléphonées et nirvanesques. Début des opérations avec le plus anglais des groupes alsaciens, Manson’s Child. Le projet phare du label Parklife Records sera suivi de la formation funky Shaolin Temple Defenders, puis des pop-rockeurs de Young Michelin, quelque par entre The Drums et Taxi Girl. Magnifique final électronique avec Mondkopf (photo), Toulousain qui nous mettra la tête dans les étoiles.

Wonder

Babette Réziciner alias “Wonderbabette” est la prochaine artiste à exposer au Kaysersguet, à la Robertsau. Les 18 et 19 juin prochains, elle nous fait croire aux miracles de nos relations, de nos rencontres avec soi et les autres. www.myspace.com/wonderbabette http://kartiernord.canalblog.com

www.mairie-altkirch.fr

Au cours des mois de juillet et août, la strasbourgeoise Galerie Pascale Froessel nous propose un melting-pot des artistes qu’elle défend depuis sa création en 1986 (son quart de siècle sera fêté à la rentrée). Au menu donc des peintres – essentiellement figuratifs – comme Sylvie Davrileck et ses compositions intemporelles, Robert Delval, avec ses paysages colorés, ou encore Gerdine Duijsens dont les personnages aux formes généreuses hésitent entre expressionnisme et humour. Également présentées, les sculptures monumentales de Patricia Simsa et, cerise sur le gâteau, quelques toiles et aquarelles de Bernard Buffet, un des géants de l’art français du XXe siècle.

Water

La Kunsthalle de Mulhouse et l’Office de tourisme et des congrès de la ville célèbrent Art Basel en offrant, à compter du 18 juin, la bouteille Eau Lourde, créée à l’image de la Tour de l’Europe par Claire Morel et Amandine Sacquin. Courez voir du côté des commerces. Les retardataires se la procureront à l’Office de tourisme. Class non ? www.mulhouse.fr

www.galerie-pascale-froessel.fr

Voyageur

Tout un monde de pierre Avec ses Archéologies intérieures, montrées à l’Espace d’art contemporain Fernet Branca, jusqu’au 11 décembre, JeanPaul Philippe nous renvoie à nos origines. Sculpteur (mais on découvre aussi d’étranges toiles dans l’exposition), il est surtout un explorateur, un archéologue de la vie. À Saint-Louis, une scénographie habile entraîne le visiteur dans l’univers empli de symboles de l’artiste : marelles, labyrinthes archéologiques, peintures et marbres peints, tapis de la Manufacture des Gobelins, mais aussi deux œuvres conçues pour le lieu, dont une fascinante échelle qui se perd dans les nuages que le visiteur, ébahi, ne se lasse pas de contempler. www.museefernetbranca.org

Assise Initiale A, 1990. Photo : Laurent Troendlé

Bernard Buffet, Pont de l’arche

Voilà l’été…

Avec Far East, Vanessa Chambard nous emmène dans un voyage, en automne, tout à l’est de l’Europe. Un road movie en Roumanie et en Bulgarie, de ceux qui changent à tout jamais votre vision du monde. Des photos colorées à découvrir à La Chambre (Strasbourg), jusqu’au 26 juin. Hurry up ! www.la-chambre.org

Découvreur

L’espace culturel Django Reinhardt (Strasbourg) termine sa première saison avec un concert world, samedi 18 juin : Yom et sa clarinette klezmer ultra moderne donnera le change à Wang Li, prince de la guimbarde et de la flûte à calebasse. À ne pas manquer ! www.strasbourg.eu

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Orchestre PHILHARMONIQUE DE STRASBOURG

le e a t i p Ca éenn p

euro

CONCEPTION REYMANN COMMUNICATION // MONTAGE BKN.FR // LICENCES D’ENTREPRENEURS DE SPECTACLES N° 2 : 1006168 ET N°3 : 10066169

ORCHESTRE NATIONAL

À VOUS DE JOUER

Abonnement, réabonnement et achat de billets.

www.philharmonique.strasbourg.eu 03.69.06.37.06

SAISON 2011>2012

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Over the Limit

Jusqu’au 4 septembre, les sculptures de Philippe Hennequière, entrelacements de formes organiques, prennent place dans les fenêtres de la Hache (Strasbourg), créant un dialogue entre extérieur et intérieur. www.alahache.com

En bref Scénographiés

Tourbillon de voix Dans la modernité du ciné-dancing strasbourgeois de L’Aubette 1928, la Canadienne installée à Berlin Janet Cardiff propose The Forty-Part Motet jusqu’au 2 juillet. Cette installation donne à entendre une version revisitée de Spem in Alium Nunquam Habui (1575) de Thomas Tallis. Quarante haut-parleurs positionnés de manière circulaire tout autour de la pièce diffusent, chacun, une des voix de l’ensemble. Au gré de ses mouvements, le spectateur appréhende donc le chant, non dans sa globalité comme dans une église ou un enregistrement, mais dans toutes ses composantes. www.musees.strasbourg.eu

The Forty-Part Motet, 2001, Strasbourg, L’Aubette 1928 © M. Bertola / Musées de Strasbourg

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À pied, à table, dans le tram ou chez vous, la culture “Vite fait, mais bien fait !”

Fenêtre sur cour Jusqu’en septembre, Pascal Henri Poirot, Strasbourgeois vivant à Neuve-Église, installe ses peintures sur la façade de la Bibliothèque Humaniste dans la rue de l’Église, au cœur du centre historique de Sélestat. Cette seconde édition de Fenêtre contemporaine permet d’envisager le patrimoine culturel comme un outil de création à part entière. Pour l’artiste, cet accrochage crée un « lien avec la connaissance, la transmission, le passage qui parfois peut être initiatique. » www.pascalhpoirot.com www.selestat.fr

Smoke on the couvent D’après nos sources anglo-saxonnes, Morcheeba veut dire quelque chose comme “plus d’herbe” dans la langue de Massive Attack. Pas étonnant, à l’écoute de la musique planante et enfumée du groupe anglais adepte des rythmiques doucement reggae, un des fers de lance du mouvement trip-hop dans les années 1990 aux côtés de Portishead ou Tricky. Dans le cadre du Festival Stimmen (lire page 26), l’ancien couvent des Dominicains de Haute-Alsace (Guebwiller) accueille le concert des auteurs du bien nommé Big Calm (1998) et du récent Blood Like Lemonade (2010) que Morcheeba défendra sur scène samedi 16 juillet. Bonne nouvelle : Skye Edwards, chanteuse originelle, de retour dans la formation, sera de la partie.

François Duconseille et Jean-Christophe Lanquetin, profs aux Arts déco, réalisent la scéno de l’Open Paris-Villette – Festival des Scènes Virtuelles. Jusqu’au 30 juin, neufs de leurs étudiants à l’Ésad présenteront leurs réalisations. www.theatre-paris-villette.com www.bonjourmonde.fr

Fêtés

Et de 10 ! La Médiathèque de la Vieille Île de Haguenau fête ses dix bougies les 25 et 26 juin. Au programme : lâcher de ballons, book crossing mais aussi lectures, spectacles et ateliers graphiques… www.ville-haguenau.fr

Honoré

Qu’on se le dise : le fonds légué par Beatus Rhenanus, conservé à la Bibliothèque Humaniste de Sélestat, est officiellement inscrit sur le Registre de la Mémoire du monde par l’Organisation des nations unies pour l’éducation, la science et la culture. Les 1 686 écrits et œuvres imprimées voisinent désormais à côté de la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen, l’Appel du 18 juin 1940 et la Tapisserie de Bayeux. www.selestat.fr www.bibliotheque-humaniste.eu

e-booké

L’Agence culturelle d’Alsace et la CUS sont à la pointe, premières à mettre sur le net la version numérique du Guide des tournages (qu’elle était déjà la première à éditer, en version papier, en 2007). Cet e-book, téléchargeable gratuitement, contient tous les contacts utiles pour un tournage : professionnels, paysages typiques… www.tournages-alsace.org

Favorisés

Les titulaires de la carte Vitaculture (15-25 ans) bénéficient de réductions pour les festivals Décibulles et Léz’arts scéniques (voir pages 26-31). Dites Ouïe à la musique ! www.vitaculture.com

www.les-dominicains.com

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Jean-Paul Philippe Archéologies intérieures

5 juin > 11 décembre 2011 ESPACE D’ART CONTEMPORAIN FERNET-BRANCA

2 rue du Ballon - 68300 Saint-Louis - T +33 3 89 69 10 77

SAINT-LOUIS / ALSACE www.museefernetbranca.org


À pied, à table, dans le tram ou chez vous, la culture “Vite fait, mais bien fait !”

Terre mère

La forêt, la nature, la terre sont les sources d’inspiration de Marie-Anne Mouton qui propose l’exposition Gaïa… des rivières souterraines au souffle de l’encre à l’Église du Temple-Neuf (Strasbourg), jusqu’au 14 juillet. www.marie-anne-mouton.com

Après le bleu Klein, le jaune Debono ? Une exposition aux couleurs de l’été à la Galerie Chantal Bamberger. André Debono, artiste né en 1955 travaillant à Bernis dans le Gard, expose, pour la première fois à Strasbourg (jusqu’au 9 juillet), de grands monochromes jaunes. Ses vastes acryliques sur toile jouent sur la transparence. Ainsi, sous la couche ocre ou ambrée, d’autres teintes apparaissent : rouge, vert, blanc ou même noir. De même, le geste du peintre est visible, laissant des traces et empreintes qui donnent une impression de matière, de profondeur. André Debono montre une nouvelle fois que monochrome ne rime pas avec monotone. www.galerie-bamberger.com

Sous la plage, le garage Lunettes noires, blousons en cuir étriqués, jeans élimés, belles gueules de bad boys. Guitares abrasives, batterie métronomique, synthé hypnotique, chant éthéré. Quelque part entre Velvet and the Mary Chain et The Jesus Underground, les fougueux Américains de Crocodiles nous prouvent qu’il y a du bitume sous le sable doré de Californie. Le duo Croco, signé sur le prestigieux label US Fat Possum (Black Keys, Bob Log III…), est de passage, jeudi 30 juin, au Troc’afé (Strasbourg). www.myspace.com/panimix

Rouge, c’est rouge On aime ses yeux, son odeur, ses gestes tout en douceur et, bien sûr, sa sensualité… De qui s’agitil ? D’Axelle Red, chanteuse pop à la chevelure pourpre qui vient à Strasbourg célébrer la trentième édition de la Fête de la musique. Ce 21 juin, nombreux seront les fans d’Axelle à se ruer place Kléber pour écouter les tubes de la chanteuse belge, À quoi ça sert, Rester femme ou Romantique à mort. L’ambassadrice pour l’Unicef ne sera pas seule sur scène : nous verrons notamment Guiom B, jeune auteur-compositeur-interprète vainqueur de la Scène tremplin de 2009. Connaîtra-t-il le même parcours que miss Red ?

En bref Trans (am) Europe Express

Entre post-punk et electro, Wire et Kraftwerk, Trans Am, groupe américain dont la musique hypnotique conduit à la transe, sera en concert vendredi 8 juillet, à la galerie Stimultania (Strasbourg). www.stimultania.org www.komakino.org

Courbet progresse

Le musée Courbet quadruple sa surface initiale et s’étend sur trois bâtiments ! Ouverture des portes du nouvel établissement dédié au célèbre peintre, le 2 juillet, à Ornans (Doubs). www.musee-courbet.fr

Élixir de jeunesse

Entre théâtre urbain et hip-hop, voici Schilick Memories, création de la compagnie Mémoires Vives à Schiltigheim. Fruit d’un an de travail – ateliers d’écriture, de chant ou de slam dans les écoles ou centres socioculturels de la ville –, ce spectacle est à découvrir samedi 18 juin, à la Salle des Fêtes. www.ville-schiltigheim.fr

Expo enchanteresse

Laiton, bronze, céramique, cuir, verre ou cuivre. Les sculptures de l’artiste-forgeron Jean-Jacques Tosello sont autant de chorégraphies de matières, à découvrir cet été dans la cour du Château de l’Ile à Ostwald. http://tourisme.grandesetapes.fr www.tosello.fr

Dialogue en finesse

Les artistes de la Forêt Noire Jürgen Oschwald et Marco Schuler se sont appropriés des objets usuels ainsi que l’espace de la galerie Schaufenster (Sélestat), le temps de l’expo Flugmodus, jusqu’au 25 juin. www.schaufenster.fr

www.strasbourg.eu

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Anno

57 _ Les femmes de l’ombre

Valérie Maire, architecte urbaniste

58 _ Littérature

Rouge Gueule de bois de Léo Henry

12 _ Édito 14 _ Livres BD CD DVD

16 _ Cinq questions à…

60 _ Une ville vue par un artiste

Bernard Fleury, directeur du Maillon

18 _ Europe

Mariya Nedelcheva, députée européenne bulgare

20 _ Grand entretien

Pierre Moscovici

26 _ Dossier

Les festivals de l’été

35 _ Un regard

Jean-Luc Verna au FRAC Alsace

59 _ Scènes de rue

Les arts de la rue à Mulhouse Baru / Micheville

62 _ Artistes associés

Colt Silvers aux Dominicains de Haute-Alsace

64 _ Galerie

Hervé Bize, Nancy

Notre sélection d’événements chez nos voisins

78 _ Culture scientifique

Abysses à Montbéliard

80 _ Gastronomie

38 _ OPS

82 _ Promenade

Festival du jeune théâtre européen Marc Albrecht et les Gurrelieder

C d

66 _ Ailleurs

36 _ Premiers actes

C d l

L’Atelier du Peintre & La Cuisine naturelle des plantes d’Alsace

Ferrette

40 _ 400 Sonnets in Reverse, Together 86 _ Dossier

À la Kunsthalle de Mulhouse

Le musée Lalique à Wingen-sur-Moder

41 _ Portrait

90 _ Design

44 _ Pour une République des rêves

92 _ Tendances

Damien Deroubaix à La Chaufferie

Au Centre régional d’art contemporain d’Alsace

46 _ Melting Pot

Scharly Designer Studio, Paris Le mobilier d’été

94 _ Last but not least

Joann Sfar

Festival de cirque contemporain

48 _ Hamlet

À l’Opéra national du Rhin

Hors série de l’été, scènes, expos et loisirs 49 _ L’illustratrice

Fabienne Wagenaar

50 _ Été cour, été jardin

L’été à Strasbourg

52 _ Espace international du CEEAC

Kim Bom et Gaëlle Lucas

54 _ Psy

Les 7 doigts à La Filature

56 _ Carte blanche à Éric Genetet

COUVERTURE Cette photographie de Philippe Ramette, prise en 2006, est tirée de la série Exploration rationnelle des fonds sous-marins. Elle s’intitule : Le contact (photo : Marc Domage © Philippe Ramette, Courtesy Galerie Xippas). Exposée pendant Photo Med, à Sanary-surMer jusqu’au 19 juin 2011, elle symbolise pour nous l’esprit estival révélé par l’humour et l’art du contre-pied d’un artiste qui fit les beaux jours de Sélest’Art (en 2009) et qui exposera tout l’été au Crac LanguedocRoussillon, à Sète (du 8 juillet au 2 octobre). www.selest-art.fr www.festivalphotomed.com

R w T


Annonce-POLI

6/06/11

17:21

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Château du Haut-Kœnigsbourg le 9 Juillet Concerts en Alsace du 3 au 24 Septembre

Renseignements et Billetterie www.voix-romane.com Tél : +33.(0)3.90.41.02.01

Magasins Fnac – Carrefour – Géant – Intermarché www.fnac.com Caisse du soir dans la limite des places disponibles


Pascal Bastien (né en 1970) Libération, Télérama, Le Monde… et Poly : Pascal Bastien est un fidèle de notre magazine. Il alterne commandes pour la presse et travaux personnels, menant notamment une réflexion photographique sur les zones frontalières en Alsace.

Ours :

Liste des collaborateurs d’un journal, d’une revue (Petit Robert)

m www.pascalbastien.com Photo : Pascal Bastien

Benoît Linder (né en 1969) Cet habitué des scènes de théâtre et des plateaux de cinéma poursuit un travail d’auteur qui oscille entre temps suspendus et grands nulles parts modernes. m www.benoitlinder.com Photo : C. P.

Prague, 2011. Photo : Hervé Lévy

www.poly.fr RÉDACTION / GRAPHISME > redaction@poly.fr - 03 90 22 93 49

Stéphane Louis (né en 1973) Son regard sur les choses est un de celui qui nous touche le plus et les images de celui qui s’est déjà vu consacrer un livre monographique (chez Arthénon) nous entraînent dans un étrange ailleurs. On lui doit aussi un passionnant ouvrage, Portraits, Acteurs du cinéma français (textes de Romain Sublon). m www.stephanelouis.com Photo : Pascal Bastien

Responsable de la rédaction : Hervé Lévy / herve.levy@poly.fr Secrétaire de rédaction : Kay-Uwe May / kay-uwe.may@bkn.fr Rédacteurs : Emmanuel Dosda / emmanuel.dosda@poly.fr Thomas Flagel / thomas.flagel@poly.fr Dorothée Lachmann / dorothee.lachmann@poly.fr Ont participé à ce numéro : Éric Genetet, Henry Greiner, Catherine Jordy, Geoffroy Krempp, Pierre Reichert, Irina Schrag, Daniel Vogel, Marion Wagner et Raphaël Zimmermann Graphistes : Pierre Muller / pierre.muller@bkn.fr Anaïs Guillon / anais.guillon@bkn.fr Stévy Bourgeais / stevy.bourgeais@free.fr Mélanie Touchemann (stagiaire) © Poly 2011. Les manuscrits et documents publiés ne sont pas renvoyés. Tous droits de reproduction réservés. Le contenu des articles n’engage que leurs auteurs.

Maxime Stange (né en 1982) Quand on lui demande, exercice périlleux, de se définir, le photographe strasbourgeois nous répond : « Jeune & Vieux, décalé, étrange, philanthrope & misanthrope, passionné, curieux, jamais en pause, névrotique ». m www.maxime-stange.com Crédit photo : Kevin Soobrayen

Fabienne Wagenaar (née en 1987) Née en banlieue, quelque part entre les tours, Fabienne passe avec enthousiasme les boulevards extérieurs pour rejoindre l’atelier d’illustration de l’École Estienne. En 2008, elle s’exile aux Arts décoratifs de Strasbourg. Les étrangers que l’on croise aux détours de ses histoires, de hall de gare bondé en forêt sombre et silencieuse, semblent s’être enfin réconciliés avec les périphéries. m http://fabienne.wagenaar.free.fr

10 _ Poly 141 - Été 11

ADMINISTRATION et publicité Directeur de la publication : Julien Schick / julien.schick@bkn.fr Co-fondateur : Vincent Nebois / vincent.nebois@bkn.fr Administration, gestion, diffusion, abonnements : Gwenaëlle Lecointe / 03 90 22 93 38 / gwenaelle.lecointe@bkn.fr Publicité : Julien Schick / 03 90 22 93 36 / julien.schick@bkn.fr Catherine Prompicai / 03 90 22 93 36 / catherine.prompicai@bkn.fr Vincent Nebois / vincent.nebois@bkn.fr Mallory Blanchard / 03 90 22 93 45 / mallory.blanchard@bkn.fr Magazine bimestriel édité par BKN / 03 90 22 93 30 S.à.R.L. au capital de 100.000 e 16 rue Édouard Teutsch - 67000 STRASBOURG Dépôt légal : juin 2011 - SIRET : 402 074 678 000 44 – ISSN 1956-9130 Impression : CE

COMMUNICATION BKN Éditeur / BKN Studio - www.bkn.fr


Grand Magasin / Guilherme Botelho / Valéry Warnotte et Charlie Windelschmidt / Stephanie Thiersch / Nurkan Erpulat / Thomas Lebrun / Chloé Moglia / Valeria Apicella / Toméo Vergès / Ambra Senatore / Kornél Mundruczó / Bernard Bloch / Luc-Antoine Diquéro / Arne Sierens / Vincent Macaigne / Thomas Jolly / Joachim Latarjet / Ève Ledig / Guy Alloucherie / le Trap Door Theater Chicago / Jean Bellorini / Peeping Tom / Anne Teresa De Keersmaeker / James Thiérrée / Cirkus Cirkör / Zimmermann & de Perrot / Albin de la Simone / Wladyslaw Znorko /

LES ABONNEMENTS SONT OUVERTS dès 3 spectacles, pensez à vous abonner ! OUVERTURE DE LA BILLETTERIE HORS ABONNEMENT mardi 30 août dès 11 h La Filature, Scène nationale – Mulhouse

June & Lula / Susheela Raman / Ron Carter / Youn Sun Nah Quartet / Chick Corea et Gary Burton / La Cordonnerie / Zita Swoon Group avec Rosas / et bien d’autres encore…


A © Maxime Stange

M d 1

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L’été, c’est trop

Trop d’argent. Dans le domaine de l’art contemporain comme dans d’autres secteurs économiques, une concentration semble être à l’œuvre. Le groupe helvète MCH, qui gère Art Basel (sa 42e édition se déroule du 15 au 19 juin ; voir page 68) et Art Basel / Miami Beach (du 1er au 4 décembre), vient en effet de s’offrir, à Hong Kong, la plus importante manifestation du genre en Asie, ART HK, en achetant 60% des parts d’Asian Art Fairs Ltd., son entreprise gestionnaire. L’événement s’est achevé le 29 mai et a regroupé 260 galeries (venant de 38 pays) et attiré près de 65 000 visiteurs. Pour le président de Christie’s Asie, François Curiel, « la croissance économique

12 _ Poly 141 - Été 11

en Asie continue au fort rythme de 10 à 12% par an. Il y a dans cette région de plus en plus de collectionneurs potentiels. Hong Kong se confirme comme “hub” pour les ventes aux enchères » (citation tirée du Temps du 27 mai 2011). Faut-il être optimiste et se réjouir béatement de la place sans cesse plus importante que prend l’art contemporain dans nos existences ? Doit-on, au contraire, déplorer avec Jean Clair, un univers dominé par « une étrange oligarchie financière mondialisée comportant deux ou trois grandes galeries parisiennes et new-yorkaises, deux ou trois maisons de vente et deux ou trois institutions publiques » ? Sacrée question à laquelle on tentera d’apporter une réponse satisfaisante en arpentant les travées d’Art Basel tout en (re)lisant attentivement, au cours des instants de répit que nous laisseront nos déambulations, le passionnant et lucide ouvrage de cet ancien Conservateur du Centre Pompidou, L’Hiver de la culture. Trop la honte. Du côté de la Meinau, on ne comprend plus rien. Depuis quelques mois déjà, l’anarchie et la folie furieuse ont gagné les bords du Krimmeri. Avec son président “baroque” Jafar Hilali, le Racing Club de Strasbourg semble bien mal embarqué. À l’heure où nous écrivons ces lignes, le verdict de la DNCG (Direction nationale du contrôle de gestion) n’est pas encore tombé. Amateur ? Professionnel ? National ? CFA ? CFA 2 ? Dissolution pure et simple ? Impossible de savoir, mais on a tendance à relativiser. Une question d’habitude. Reste que pour nous, pauvres Strasbourgeois, la Ligue 2 demeure LE graal. Un championnat merveilleux où s’ébattent des pointures comme Istres, Châteauroux ou Laval. Quand reverra-t-on cet univers enchanté ? Quand brouterons-nous à nouveau l’herbe si verte de cette terre promise footballistique ? Ah si Roman Abramovitch ou un quelconque fonds d’investissement qatari avait envie de se payer le club de la “capitale européenne”… Hervé Lévy

Création : Media Création / D. Schoenig

T

rop de démocratie. Il y a quelques jours, les Strasbourgeois rejetaient largement (54,9% de “non”) la proposition de leur Maire d’étendre la “Zone limitée à 30 km/h” sur 70% du territoire urbain. Loin, très loin du résultat attendu… Quant aux raisons de ce refus, on pourra, selon son appartenance politique, en trouver de multiples et gloser : sanction de la politique globale de la municipalité, manque de maturité écologique des citoyens, question posée trop en avance sur son temps, individualisme forcené du votant renvoyant à ce sentiment d’essence démocratique, décrit par Tocqueville, « qui dispose chaque citoyen à s’isoler de la masse de ses semblables (…) de telle sorte que, après s’être ainsi créé une petite société à son usage, il abandonne volontiers la grande société à elle-même. » Tout peut évidemment être argumenté. Reste la question majeure qui sous-tend l’ensemble : l’abus de démocratie participative ne nuit-il pas à la démocratie elle-même ? Avoir été élu par plus de 58% des Strasbourgeois, n’estce pas une légitimité suffisante pour prendre une décision comme celle d’augmenter la taille de la “Zone 30” ? On ne peut demander son avis à tout le monde, tout le temps. Le coup de com’ qui devait tourner au plébiscite s’est ainsi métamorphosé en mauvaise blague : dans l’avenir, il va falloir déployer des moyens considérables pour camoufler ce camouflet.

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ART DE HAUTE-ALSACE L’ A P R È S - G U E R R E

Musée des Beaux-Arts de Mulhouse 16 juin - 18 septembre 2011 tous les jours (sauf mardis et jours fériés) de 13h à 18h30

Création : Media Création / D. Schoenig

Entrée libre


Livres BD CD DVD

COMMENT FAIRE AVEC LE RHINOCÉROS Avec sa recette farfelue de Rhino-express aux olives, Pascale Petit (auteure) et la Strasbourgeoise Missadline (illustratrice exilée à Nancy depuis ses études à l’École des Beaux-Arts) livrent un petit ouvrage au ton décalé sur fond de dessins faussement enfantins. Avec une recette pour « 141 personnes » nécessitant « 1 rhinocéros (éviter le rhino en boite) » et ses bons conseils en cas d’incompatibilité avec les desideratas du rhino choisi (fuir en zigzagant, l’animal ne connaissant que la ligne droite), voilà un ouvrage amusant pour tous les bouts d’chou ! (I.S.) m Paru au Rouergue, dès 4 ans (13,50 €) www.lerouergue.com

QUATUOR FLORESTAN Philippe Lindecker et Sylvie Brenner (violon), Roland Cheney (alto) – tous trois membres de l’Orchestre philharmonique de Strasbourg – et Agnès Lindecker (violoncelle) forment le Quatuor Florestan. Ils nous proposent un bien beau CD consacré à deux compositrices du XIXe siècle, une époque où les femmes s’affirmaient encore très timidement sur la scène artistique. Avec son unique Quatuor à cordes, partition d’une intense fluidité, Fanny Mendelssohn (la sœur de…) fait preuve d’audace formelle et sonore. Autre Quatuor enregistré (et c’est une première discographique mondiale), celui, en sol mineur, de la compositrice, pianiste et pédagogue alsacienne Marie Jaëll. Élève de Franck et SaintSaëns, amie de Liszt (qui affirmait, un brin désabusé : « Un nom d’homme sur votre musique et elle sera sur tous les pianos. »), elle fait preuve d’une étonnante liberté et d’une modernité que nombre de ses contemporains mâles auraient pu lui envier. (H.L.) m Paru chez Solstice Music (17,95 €) www.solstice-music.com

LES ORCHIDÉES SAUVAGES En Alsace et en Lorraine ont été recensées 58 espèces d’orchidées sauvages : les voici toutes décrites, avec soin et verve, dans un ouvrage densément illustré écrit par le naturaliste Hervé Parmentelat, déjà auteur de Merveilles des Vosges consacré par le Grand prix de l’Académie lorraine des sciences. Segmenté en trois parties – selon le lieu où pousse la fleur : forêt, milieu humide ou pelouses – le livre incite à mieux observer son environnement. Rare Épipogon sans feuilles, très commun Orchis tacheté, élancé et magistrale Céphalanthère rouge ou encore sublime et mystérieux Sabot de Vénus : ces 120 pages ouvrent les portes d’un univers passionnant… Entre traité de botanique et texte de vulgarisation, voilà en tout cas un intelligent regard posé sur la flore de la (grande) région. (P.R.) m Paru aux Éditions Place Stanislas (25 €) www.editions-place-stanislas.fr

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LE GAULEITER WAGNER Déjà auteur d’alsatiques à succès, comme Le Procès de Bordeaux et L’Épuration en Alsace, Jean-Laurent Vonau s’intéresse cette fois à un des personnages clefs de la région, le « plus puissant et le plus craint » pendant la Seconde Guerre mondiale, Robert Wagner. Gauleiter du Rhin supérieur englobant le Pays de Bade et l’Alsace entre 1940 et 1945, il fut Le Bourreau de l’Alsace (sous-titre de l’ouvrage). Fruit d’une minutieuse enquête et organisé en deux parties, le livre (on y trouve aussi un impressionnant cahier photographique d’une quinzaine de pages regroupant des documents souvent inédits) est centré sur ces cinq années. Il ressemble au portrait d’une époque à travers celui d’un homme. Avec L’Alsace allemande sous la férule du nazisme est analysé son rôle dans la germanisation, de l’incorporation de force aux spoliations économiques en passant par les terribles expériences menées à l’Université de Strasbourg et la répression de tous les instants. Le Procès de Robert Wagner et de ses complices (l’auteur est avant tout spécialiste de l’histoire du droit) est un minutieux déroulé de la procédure qui amena à la condamnation à mort, puis à l’exécution d’un nazi de la première heure qui avait pris part au putsch manqué d’Hitler en 1923. Wagner refusa ainsi de participer à un dernier office religieux avant d’être fusillé le 14 août 1946, déclarant : « Je suis avant tout national-socialiste. » (H.L.) m Paru à La Nuée Bleue (22 €) www.nueebleue.com


A SECOND OF JUNE Il fait partie des groupes “d’ouverture” (après le rock technoïde d’Electric Electric ou la chanson française de Philippe Poirier) du très folk label Herzfeld. La pochette ténébreuse et le titre, Psychodrama, annoncent la couleur dominante de ce second album résolument noir. Citant les Cure (frappant sur The Valley Of The Assassins) et les Smiths tout en furetant dans le catalogue de 4AD (les ambiances de Cocteau Twins, les guitares de Lush…), la pop synthétique du quatuor évoque les sombres eighties, offrant des moments étincelants lorsque les deux voix – masculine et féminine – se mêlent. Avec A Second Of June, la new wave se conjugue au présent et se réécrit au pied de la cathédrale de Strasbourg. (E.D.) m Psychodrama – Herzfeld – www.hrzfld.com www.asecondofjune.com

Les aventures intersidérantes de

JEAN-PIERRE VORTEX Nouvel opus des éditions strasbourgeoises 2024, les deux sets de cartes pop-up inventives à manipuler signées Sylvain-Moizie sont à ouvrir au niveau des pliures successives pour avancer dans les courts récits. Un travail de titan : deux tomes tirés à 3 000 exemplaires, six histoires soit 18 000 cartes collées et pliées à la main pour des sagas tournant en boucle (comme leur héros) revenant toujours à la case départ ! Explorateur looser et lâcheur patenté, dans ces trois premières histoires de Jean-Pierre Vortex (Le Cirque infernal, Gazons la pelouse ! et La Porte du mystère parues fin avril avant un second volet mi-juin), notre anti-héros intergalactique saborde tout sur son passage, pour le plus grand plaisir des amoureux de cynisme intersidéral et d’humour défiant l’espace temps… (T.F.) m Set de 3 cartes pop-up, Éditions 2024 (5 €) www.editions2024.com

LA VIERGE D’ENSENADA Après l’excellent Les Enfants disparaissent, les Strasbourgeois de La Dernière Goutte publient un second roman du regretté argentin Gabriel Báñez. Sur les rives du río de la Plata se tient Ensenada, infesté de malfrats et de maquereaux dans lequel arrivent nombre d’immigrés errants et d’âmes damnées. Sara Divas, jeune juive de Belgique, débarque dans cette Babel argentine, fuyant avec un père paumé la montée du nazisme. Prise sous son aile par un homme de foi, Bernardo Benzano, elle abandonnera sa langue au profit de l’espagnol, aura des visions de la Vierge et réalisera quelques miracles,

FAR OUT ! Âgé de 66 ans, on ne compte plus les ouvrages de Bernard Plossu. Sous l’impulsion d’un éditeur haut-rhinois, il revient, en photos et textes tirés de vieux Rock & Folk, sur ses années hippies. Des vapeurs d’herbe de Haight-Ashbury à San Francisco – ambiance bohème et détails hyper -colorés de jeunes aux cheveux longs peuplant les trottoirs – jusqu’aux falaises de Big Sur – sorte d’Écosse brute, repère d’écolos dénonçant dans un même élan la guerre du Vietnam et la société de consommation –, le photographe capte, au 50 mm et en noir et blanc, les envoûtantes Mimi Farina et Joan Baez, les tipis sur la plage, la volupté des femmes dans les criques glacées de Tassajara et la vie en extérieur à Goa (Inde) où chacun tente d’approcher la sagesse des Sâdhus (pèlerins indiens retirés du monde) en arrêtant la défonce au LSD… Plossu porte un regard bien éloigné du souvenir idyllique et béat sur une période de grande naïveté où le mimétisme hippie était la première défaite d’un mouvement reproduisant les carcans qu’il entendait dépasser. (T.F.) m Paru chez médiapopéditions (15 €) www.mediapop.fr

jusqu’à fasciner son protecteur. D’une plume enlevée, Gabriel Báñez entrelace une histoire aux contours gentillets (la Sara désœuvrée devient une Sarita spirituellement éclairée, démesurément aimée par un Benzano exilé à son tour) avec la grande Histoire (la figure d’Eva, à la fois prostituée et Vierge, devenant Evita dans les espoirs de la Révolution) sans qu’on puisse démêler le songe de la réalité, succession d’abandons au profit d’une pureté de l’âme et des sentiments. (T.F.) m Édité par La Dernière Goutte (20 €) www.ladernieregoutte.fr

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Cinq questions à…

Bernard Fleury À la tête du Maillon depuis 2002, Bernard Fleury dévoile les grandes lignes de la saison à venir avec l’ambition renouvelée de fédérer une scène européenne à Strasbourg. Entretien.

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Les deux dernières saisons ont été compliquées avec des dissensions internes quant au projet à mener. Comment se porte Le Maillon ? Je crois qu’on a trouvé une sérénité qui nous manquait. Les épreuves ont exigé de chacun un grand professionnalisme. Ce qui est en train de se reconstituer, ce sont les liens entre les personnes, je l’espère autour d’un plaisir commun à faire les choses. C’est important car nous sommes, tous ici, réunis par notre travail avec les artistes, l’accueil du public et la volonté de faire se croiser les spectateurs et les artistes de manière conviviale. Normalement, en 2012, nos bureaux seront rapatriés au Wacken, même si la Ville doit encore le voter. C’est essentiel car il est extrêmement difficile de travailler avec une équipe coupée en deux : les bureaux à Hautepierre et la salle de spectacle au Wacken.

En 2004, vous rédigiez un ambitieux projet de “scène européenne”. Sept ans après, ce label n’a toujours pas vu le jour. Quel bilan en tirez-vous ? Il y a une certaine lenteur française dans les décisions, quand je vois à quel point nos voisins vont vite… Les raisons sont techniques et financières : quand pourronsnous disposer à plein temps du bâtiment du Wacken1 pour ensuite négocier un budget à hauteur de cette ambition avec la Ville, la Région et l’État ? Il nous faut attendre le bâtiment pour avancer. Depuis près de dix ans, nous occupons le Wacken de manière provisoire. On nous promet que dans les trois années à venir, nous serons ici de manière permanente. Tout va dépendre des travaux du Palais des congrès car il faut que Strasbourg Événements s’y installe pour que l’on récupère les locaux. Concernant le projet, j’ai toujours écrit ce que je pensais devoir faire et fait ce que j’écrivais. Cela a été ma ligne de conduite à Poitiers ou à l’Institut culturel français de Leipzig. D’ailleurs j’en suis parti quand

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ça n’a plus été possible. Le projet de scène européenne2 était une demande de la Ville et de l’État : accueillir des spectacles français et étrangers mais aussi travailler avec le public d’outre-Rhin et avoir une équipe internationale. Le plus compliqué est de faire venir le public allemand. Pour la première fois, nous proposerons “un duel” avec la Reithalle d’Offenburg3 : un spectacle sera accueilli ici en correspondance avec un des siens, les abonnements étant croisés. C’est le début d’une coopération de longue durée sur toute l’Ortenau. Créée au festival d’Avignon, la nouvelle pièce de Roméo Castellucci est coproduite par Le Maillon. Quelles seront vos autres fidélités l’an prochain ? Nous suivons des artistes productifs dans la limite de nos capacités financières. C’est Nadia Derrar4 qui, la première, avait fait venir Roméo Castellucci. Je poursuis son travail car c’est un très grand artiste. Le chorégraphe Wim Vandekeybus, Stefan Kaegi et le Rimini Protokoll ou encore Jean-Michel Rabeux en font aussi partie. Ce dernier, qui a présenté la Nuit des rois en janvier 2011, fera sa prochaine création d’après Copi, auteur à l’écriture boulevardière incroyable : Les Quatre jumelles. Les Lucioles seront aussi de retour avec L’Entêtement de Rafael Spregelburd. C’est le dernier volet de l’heptalogie de cet auteur argentin dont Marcial Di Fonzo Bo avait déjà présenté La Paranoïa. Il y aura quelques surprises comme La Casa de la fuerza, création du festival d’Avignon 2010 signée Angelica Liddell qui avait fait sensation avec ce spectacle coup de poing de cinq heures !

On a longtemps reproché au Maillon de ne pas soutenir les créateurs strasbourgeois… Nous allons accueillir Mathias Moritz dont le travail est, à nos yeux, à soutenir. Nous n’avons pas forcément eu ce sentiment pour tout le monde. Nous faisons

des choix, comme tout programmateur ! Il crée Anticlima(x) de Werner Schwab, ce qui est loin d’être évident. Mais par le théâtre, ce metteur en scène effectue un travail permettant de résoudre les choses en suspens, d’éclairer les textes. Depuis qu’Hautepierre a brûlé, nous n’avons accès qu’au seul Maillon Wacken. Or, si c’est un très beau lieu, il est aussi très lourd à manipuler car nous n’y disposons que d’équipements provisoires. Faire des créations sur ce plateau est donc plutôt coûteux, ce qui réduit d’autant nos possibilités. Depuis la réouverture du Théâtre de Hautepierre, le Wacken peut accueillir des créations, comme celle de Rabeux, pendant que la saison continue là-bas. Et inversement. Débuté en 2010 par deux pièces interprétées par le Ballet de Lorraine, qu’en est-il du cycle de plusieurs saisons autour du chorégraphe William Forsythe ? Les ballets de Forsythe sont très pris et demandés. Ils ont des obligations liées à leur financement par les länder allemands de la Hesse et de la Saxe. Les trouver sur notre plateau n’est pas évident. Mais nous nous connaissons via Dresde, ville jumelée avec Strasbourg, avec qui nous constituons un réseau européen (Poitiers, Bâle, Nowa Huta…) sur les formes nouvelles du spectacle vivant. Le projet est plus que jamais engagé, mais plutôt à l’horizon 2012-2013. La salle est entièrement démontée chaque année pour laisser place à la Foire européenne Projet téléchargeable sur www.le-maillon.com 3 http://offenburg.ortenaukultur.de 4 Directrice du Maillon de 1996 à 2002 1

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Propos recueillis par Thomas Flagel Portrait : Benoît Linder pour Poly

m œdipus /Bêt noir de Wim Vandekeybus, du 20 au 22 octobre 2011 m Les Quatre jumelles, création de Jean-Michel Rabeux, du 1er au 4 février 2012 03 88 27 61 81 – www.le-maillon.com


Europe

L’Est Républicaine En juin 2009, la Bulgare Mariya Nedelcheva entrait au Parlement européen. Rencontre avec une jeune députée de 32 ans, pétrie des idéaux des “pères fondateurs”, représentant un pays émergeant.

E

n France, évidemment, la vie politique bulgare nous semble éloignée et l’on n’a aucune idée des débats qui agitent le parlement de Sofia. Qui est capable, par exemple, de citer, le nom du parti ayant obtenu le plus de voix aux législatives de 2009 ? Hum… Il s’agit des Citoyens pour le développement européen de la Bulgarie qui, avec 39,7 % des voix (et 116 députés sur 240) ont manqué de peu la majorité absolue. Quelque temps avant, la jeune formation (fondée en 2006) avait aussi gagné les européennes avec un peu moins d’un quart des suffrages exprimés. Mariya Nedelcheva a surfé sur cette vague, déclarant en souriant appartenir au plus récent parti du pays, qui remporte « l’adhésion des 20-35 ans puisqu’il mise sur le développement européen de la Bulgarie conciliable avec ses intérêts nationaux ». Situé au centre-droit1, il a « commencé par se structurer au niveau local, avec comme plus grande force, la volonté de s’attaquer concrètement – et pas seulement avec des déclarations – à un des problèmes récurrents depuis une vingtaine d’années en Bulgarie : la corruption et la criminalité organisée. »

Pour l’Europe Mariya Nedelcheva est une des enfants de la chute du Mur, marquée à jamais par le vent de liberté et d’ouverture qui souffla sur les pays de l’Est. Sa conviction européenne prend sa source dans un modèle dépassant les intérêts nationaux. Elle lutte ainsi « au quotidien » contre l’image caricaturale d’une Union technocratique détachée des préoccupations des citoyens : « Il ne faut jamais cesser d’expliquer, de faire preuve de pédagogie pour montrer, de la manière la plus simple possible, que l’Union européenne a une action très concrète, tous les jours, dans

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la vie de chacun, des consommateurs, des enfants, des agriculteurs… » L’ouverture continentale, elle l’a pratiquée bien avant de faire de la politique, étudiant à l’Institut des sciences politiques de Bordeaux et défendant un Doctorat intitulé Les perspectives d’intégration européenne et leur impact sur le système des partis politiques en Bulgarie, en Roumanie et en République tchèque. Si l’État Nation ne semble pas être un cadre obsolète pour la députée, elle est néanmoins admirative de ceux qui « ont réussi à construire cette union en dépassant leurs différences au nom du bien commun ». « Fière de venir d’un pays où l’enthousiasme européen n’a jamais faibli au fil des années », elle tient la très faible participation aux élections européennes de 2007 comme un « rejet des anciennes élites » et de leurs discours surannés. «  Après 1989, il a y eu une réelle euphorie à l’Est. Chez certains, elle a laissé place à une désillusion lorsque les négociations d’adhésion ont commencé. » Consciente de la responsabilité des élus dans ce constat, elle brocarde « les pays qui se vantent d’être des moteurs de l’Europe et qui, trop souvent, disent à leurs citoyens que tout ce qui ne marche pas est la faute de l’UE. On connaît les conséquences de ce type d’attitude : une montée des populismes et de l’extrême droite. »

Pour Strasbourg Mariya Nedelcheva fait partie des députés qui défendent fermement Strasbourg. Si l’aspect institutionnel est important pour elle2, la cité est aussi « un symbole de l’histoire du continent, et de cette construction-là ». Elle avoue cependant comprendre certains opposants, déplorant « le manque d’infrastructures hôtelières, les trop rares vols directs… » Ce qui n’empêche pas Mariya de goûter, une se-

maine par mois, au gré des déplacements entre la Bulgarie, Bruxelles et Strasbourg, « l’esprit d’ouverture de la ville et son atmosphère si particulière ». Avec une étonnante maturité, la trentenaire développe une vision réformiste de l’Europe dans laquelle le Conseil des ministres « voterait à la majorité qualifiée plutôt qu’à l’unanimité 3, seul moyen efficace d’avancer ». Autre de ses préoccupations, l’extension réelle des Accords de Schengen à la Bulgarie et à la Roumanie (en débat du 8 au 10 juin). Les deux pays « remplissent les conditions techniques. À partir de là, rien ne doit faire obstacle à ce que les Accords leurs soient appliqués : il ne peut exister de traitement différencié alors même que nous respectons les conditions fixées par l’UE sur Schengen, que les travaux et formations nécessaires à la tenue de nos frontières extérieures, notamment à l’Est, donnent entière satisfaction. Refuser notre intégration à Schengen risqueraient d’alimenter des mouvements nationalistes et xénophobes sur le mode “ils ne nous veulent pas”. » Une Union européenne à deux vitesses risquerait, alors, de creuser un fossé entre les peuples… Au Parlement européen, il appartient au plus grand groupe, celui du Parti Populaire Européen (264 membres) dont sont aussi membres l’UMP française ou la CDU/CSU allemande 2 Le statut de Strasbourg est inscrit dans le marbre des traités 3 Le Conseil des ministres vote à l’unanimité sur des domaines régaliens ce qui donne un droit de véto à chaque pays, plutôt qu’à la majorité qualifiée où chaque pays dispose alors d’un nombre de votes proportionnels à la taille de sa population 1

Texte : Hervé Lévy et Thomas Flagel Portrait : Benoît Linder pour Poly

www.mariya-nedelcheva.eu


Grand Entretien

Au nom du frère Ancien ministre des Affaires européennes de Lionel Jospin, “frère politique” de DSK, désormais hors course, Pierre Moscovici sent, à 53 ans, que l’heure des responsabilités les plus hautes est peut-être venue. Il livre ses ambitions, son regard sur l’Europe et la présidentielle à venir. Entretien à Montbéliard.

La culture est la grande absente des 30 Engagements pour le changement, projet socialiste pour 2012. Face à la remise en cause des budgets ces dernières années, on ne peut qu’être surpris : pourquoi lui accorder aussi peu d’importance ? Cela doit et sera réparé au moment où nous passerons du projet, une vision globale, au programme qui suppose un ensemble de mesures. Mais vous avez raison, on peut le regretter. Il y a un aspect quantitatif : le budget du Ministère de la Culture a été affaibli ces dernières années. Il doit être à tout le moins maintenu, voire augmenté dans un contexte de rareté des finances publiques. Il convient aussi de reprendre un élan culturel différent de 1981 mais qui met l’accent sur les enseignements artistiques, le spectacle vivant et la démocratisation. Une gauche sans culture ne vaut pas grand-chose et la culture a, évidemment, besoin de la gauche. Les milieux culturels se sont aperçus depuis quelques années des risques d’une stratégie de paupérisation et, à certains égards, de marchandisation. Si j’ai un rôle à jouer dans les années qui viennent, la culture sera au rang des priorités des socialistes. Défaite interdite vient de paraître (voir encadré page 24). Vous y appelez de vos vœux une « Europe de la culture ». Qu’entendez-vous par là ? Jean Monnet1 avait cette phrase : « Si je recommençais, je recommencerais par la culture. » Je pense qu’il faut une politique culturelle européenne d’échanges beaucoup plus vaste qu’aujourd’hui. Et puis au sens des politiques européennes, une culture allant au-delà des simples programmes réduits comme MEDIA2. Cela passe par une augmentation du budget et

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par sa réorientation. La part de la culture est de 200 millions d’euros, c’est totalement ridicule. Comme je le dis dans mon livre, nous n’aurons pas les marges pour faire une politique strictement nationale, il faut un nouveau pacte pour les Européens. Pas le pacte d’austérité Sarkozy-Merkel, mais un nouveau. Au fond, on a eu les Pères fondateurs, puis les continuateurs. On n’a pas eu la génération des fils fondateurs. Il est temps qu’ils arrivent.

« On a souvent parlé de moi comme un lieutenant, c’est fini » Suite aux démêlées de DSK avec la justice américaine, Gérard Collomb a écrit une lettre ouverte à Martine Aubry réclamant un accord entre les différents candidats potentiels aux primaires afin de dégager une forte majorité : que pensez-vous de cette initiative ? Je la vois avec sympathie. Après le choc qu’a représenté le départ de Dominique Strauss-Kahn – puisqu’il ne sera pas aux primaires, mais tourné vers la défense de son innocence qu’il proclame – j’avais souhaité qu’il y ait un temps de délibération. Parce qu’une primaire qui s’annonce comme un congrès entre un ancien premier secrétaire et une actuelle première secrétaire, signataires du même projet avec des troupes derrière eux, peut nous rappeler de mauvais souvenirs et déclencher la “machine à perdre”. Nous devons gagner en 2012, défaite interdite. Je souhaite ce temps de délibération collective mais n’est-il pas déjà trop tard ?

Vous décrivez Lionel Jospin comme votre “maître” en politique, DSK comme “un frère”, n’est-ce pas à votre tour d’y aller pour défendre les idées des sociaux-démocrates du PS ? Une chose est sûre : on s’est interrogé dans le passé sur mon émancipation. Par rapport à ces deux figures, je suis un homme libre et ne me sens pas inférieur à quiconque. J’accepte l’idée que tel ou tel soit plus en position, car il faut réfléchir à l’intérêt général. Aujourd’hui, Lionel


Jospin n’est plus dans la vie politique et DSK non plus. Pour moi, l’heure de la liberté est venue : je ne serai plus jamais dans le même rapport politique et personnel qu’avec ces deux hommes. Je peux être le partenaire d’autres comme y aller par moi-même. On a souvent parlé de moi comme un lieutenant, c’est fini. Après, est-ce que ça passe par une candidature à la présidentielle, ça, j’ai encore quelques semaines pour y réfléchir. Si j’interroge mon envie, elle est là. Il faut dans ces

affaires-là laisser les egos de côté. J’ai confiance en moi et veux prendre des responsabilités au service de mon pays et de la gauche. Je me sens capable d’exercer les plus élevées mais je ne voudrais pas que ma candidature soit un élément de perturbation de la gauche. Manuel Valls, qui prône un renouvellement générationnel des dirigeants, affiche ses prétentions : quelle est votre position ?

Je ne vais pas commenter ce que font les autres. Simplement, il ne me semble pas que nos démarches soient de même nature. Le sous-titre de votre livre dit : « Sarkozy ne peut plus gagner mais la gauche peut encore perdre. » Elle peut perdre à cause d’un émiettement trop important ? C’est à cela qu’il faut réfléchir. On ne peut pas faire de politique sans ambition,

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Grand Entretien

mais je n’ai jamais tout conditionné à mon ambition, ni à mon image. Je crois qu’il faut être dans une lignée collective et, à un moment donné, on se retrouve en situation. La mienne n’est aujourd’hui plus la même qu’il y a quinze jours. On parlait des strauss-kahniens, je préfère dire les réformistes. Je vois que je suis devenu pour un certain nombre de gens autre chose que ce que j’étais. Ils mettent de l’espoir, je ne dis pas que c’est l’immense masse, mais de nombreux gens viennent et veulent travailler avec moi. C’est mon tour d’être la tête de pont de cette famille. En tout cas, mon rôle ne sera plus le même. Manuel Valls qui a beaucoup de talent a mené une démarche différente, moins collective. Ça ne donne ni plus, ni moins de légitimité à sa démarche. À l’opposé, un autre “quadra”, Arnaud Montebourg, venu de l’aile gauche du PS (il vient de sortir le “livre programme” Votez pour la démondialisation) semble aussi prêt à se porter candidat. Il écrit : « Le programme est un rez-de-chaussée dans lequel tout le monde peut se retrouver. Il faut y ajouter des étages. » Qu’en pensez-vous ? Je ne suis globalement pas d’accord avec la démarche d’Arnaud Montebourg et observe chez lui un tournant un peu artificiel vers une sorte de gauche de la gauche avec des sympathies pour Jean-Luc Mélenchon que je ne partage pas. Il a quitté le PS pour défendre des lignes politiques qui sont incompatibles, en tout cas dans un premier tour. Soit l’engagement d’Arnaud

Bio express 1957 Naissance, le 16 septembre à Paris 1984 Diplômé de l’ENA (promotion Louise Michel) 1997-2002 Ministre des Affaires européennes du gouvernement Jospin 1994-1997 & 2004-2007 Député européen 1997 & depuis 2007 Député du Doubs Depuis 2008 Président de la Communauté d’Agglomération du Pays de Montbéliard

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est profond et, à mon sens, il se trompe, soit c’est plus tactique et ce n’est pas non plus extraordinaire. Sur la question que vous me posez, je préfère le terme de socle commun à celui plus péjoratif de “rez-de-chaussée”. Il y a dans ce projet beaucoup de choses. Pour moi, le candidat à la présidentielle doit emprunter sur les 30 mesures du projet, cinq ou six propositions à mettre en exergue, en rajouter sur ce qu’il considère comme prioritaire, mais c’est une base solide. Il n’est pas nécessaire de le dévaluer par de telles expressions. C’est un travail, collectif, bien fait, sous l’égide de Martine Aubry, qui sera utile au candidat, qu’il s’appelle Martine, François, Pierre, Ségolène… L’électorat populaire a fui le PS depuis 2002 : comment le reconquérir ? Qu’est ce qui peut le séduire dans le projet socialiste aujourd’hui ? Je ne souscris pas du tout à la thèse de Terra Nova3 qui dit que le PS devrait accepter que les couches populaires, notamment ouvrières, ne soient plus notre base naturelle. Je suis l’élu d’une terre ouvrière et ne me résigne pas à ce qu’ils se retrouvent plus facilement au premier tour dans le Front National et au second dans l’UMP et Nicolas Sarkozy. Je ne crois pas qu’il soit écrit qu’un ouvrier est forcément xénophobe, raciste, conservateur, replié sur lui, jaloux, égoïste. Il y a un malaise dans la classe ouvrière, une crainte des effets de la mondialisation. Il faut répondre d’abord à ces désarrois économiques, les rassurer sur ce plan-là, faire face aux exigences de justice sociale et penser au bien-vivre dans les quartiers populaires. Nous devons bâtir une gauche réformiste et populaire. C’est ça la synthèse pour 2012. Je me souviens de la campagne de Jospin en 2002 où Pierre Mauroy lui lançait : « Ouvrier c’est pas un gros mot ! » Ce n’était pas un gros mot en 2002, ce n’est pas un gros mot en 2012. Pour vous, la primaire socialiste ne va pas se jouer sur la notoriété des candidats, mais sur leur capacité à imprimer leur patte au programme ? La primaire va être le révélateur de la capacité de chacun à proposer un projet aux Français et à l’incarner. Il y a des choses pour lesquelles je me battrai. Mon livre est une forme d’interpellation. Il est

indispensable qu’on soit dans l’innovation politique. Si l’on n’est pas capable de reprendre des sujets comme la culture, la réforme des valeurs, les questions de l’immigration, d’avoir des politiques de sécurité qui soient fermes et justes, alors on n’est pas à la hauteur du défi. Je militerai pour ce renouvellement politique comme celui des générations parce qu’il n’est pas écrit pour l’éternité que ce soit une même génération qui dirige le parti socialiste, celle qui était déjà là dans les années 1980 et 1990. Elle ne peut pas truster tous les postes de pouvoir et donc il faudra qu’un brassage de générations se fasse. Celle que vous évoquiez : Arnaud Montebourg, Manuel Valls, moi-même… ne doit pas être dans le back-office mais au premier rang en 2012. Ce n’est pas une question d’âge mais d’idées fraîches. Venant de Paris, vous avez réussi votre “intégration” politique dans un territoire ouvrier à Montbéliard : estce important dans votre réflexion politique ? Cela m’a changé. J’étais hier soir dans une émission de télé où l’on me présentait comme un fils du Café de Flore. J’adore le Café de Flore, mais je vais plus souvent au Café de la Paix à Montbéliard. Oui c’est vrai que connaître ce monde ouvrier, être conscient de ses contradictions, aspirations, souffrances, c’est autre chose. Il n’y a pas que la nouvelle France bobo et je suis très heureux de ne pas être un militant parisien. En parlant de culture industrielle, ici comme dans le Nord, on a vu une nette montée du vote pour un FN new-look, poli et aseptisé. Dans votre livre vous dites clairement qu’il n’a pas changé. Comment lutter contre des idées qui imprègnent de plus en plus la société ? Il a changé d’incarnation, de style et abandonné les obsessions antisémites et racistes de Jean-Marie Le Pen. Les choses sont plus sournoises et dangereuses car on n’est plus dans la race : ce n’est pas l’arabe qu’on va critiquer, mais le musulman. On est passé dans une offensive plus culturelle sur le terrain identitaire. C’est absolument redoutable car ça a finit par gagner une partie de la droite républicaine. Et la digue qui avait été celle qui m’avait amené à voter pour Jacques


Steven Pippin

A Non event (Horizon) Visuel Raoul Gilibert et Kathleen Rousset, conception graphique Polo

commissaire : Bettina Klein

18 juin 2 octobre 2011 Vernissage le vendredi 17 juin á 18h 30

Le Scalacabaret Mise en scène Jean-Luc Falbriard Le Kafteur, Strasbourg – Création 2011 Taps Scala en juin du 14 au 18 à 20h30 et dim. 19 à 17h

Ouverture du mercredi au dimanche de 14h à 18h, fermeture les jours fériés et du 1er au 31 août - entrée libre ceAAc, centre européen d’Actions Artistiques contemporaines, 7 rue de l’Abreuvoir, Strasbourg www.ceaac.org/curator

info. 03 88 34 10 36 www.taps.strasbourg.eu

photo : Steven Pippin, Point Blank, 2010

ERYKAH BADU // JAMIE CULLUM MORCHEEBA // VIOLONS BARBARES AGNES OBEL // KRYSTLE WARREN FATALI et bien d’autres

FESTIVAL 07. – 31. JUILLET 2011 www.stimmen.com Premiumsponsoren:

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Grand Entretien

Chirac en 2002 avec, si ce n’est enthousiasme, résolution, a sauté aux dernières élections cantonales quand le Président de la République a déclaré : « Entre le PS et nous, il n’y a plus rien de commun. » Je pensais naïvement qu’il y avait quand même les valeurs républicaines. En 2002, la campagne a tourné autour de la sécurité, en 2007 autour du changement : quelle va être, à votre avis, le pivot de la campagne de 2012 ? Pour moi c’est très clairement une élection de crise qui est fondée sur les réponses économiques et sociales qu’on peut donner face à un Nicolas Sarkozy aux politiques assez inefficaces et par-

Axes politiques D éfaite interdite proclame le titre du dernier livre de Pierre Moscovici, auteur étonnement prolixe puisque cet ouvrage est son onzième. Plutôt dense (plus de 350 pages), ce Plaidoyer pour une gauche au rendez-vous de l’histoire – son soustitre – prend pour point de départ un état de la gauche française après le séisme de 2002, longue première partie où sont passés en revue les rendez-vous manqués intérieurs et européens. Mais c’est surtout la suite, intitulée Une Ambition crédible pour demain, qui retient l’attention. Le Député du Doubs y déploie ce qui pourrait ressembler à un “programme”… surtout après le retrait forcé de Dominique Strauss-Kahn de la course à la primaire socialiste : réforme de l’État, politique étrangère, “écoagglomération industrielle”, lutte contre la fracture numérique… La conclusion ? Nicolas Sarkozy ne peut plus gagner. La Gauche peut encore perdre… m Paru chez Flammarion (19 €) www.editions.flammarion.com

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ticulièrement injustes. Il y a moyen de créer les conditions d’une nouvelle croissance fondée sur l’investissement, plus justement répartie. Tout l’enjeu pour le PS c’est de ne pas se contenter de l’antisarkozisme. Il y a toujours la conscience qu’il n’est pas un bon Président, ce qui explique les bonnes intensions de vote du PS. Mais il y a aujourd’hui des interrogations sur son candidat et des retours de vent d’optimisme à droite. On va vers une élection serrée. Sarkozy a compris un certain nombre de choses, il se tient mieux, et a pris une posture un peu plus présidentielle. Il faudra que, sur la base de son projet et de sa personnalité, notre candidat(e) retrouve le chemin de la crédibilité économique et la capacité de porter des idéaux de justice. DSK avait aussi acquis une prestance internationale grâce à son poste au FMI : les candidats potentiels du PS ne souffrent-ils pas d’un manque de crédibilité sur ce plan ? De manière traditionnelle, les questions internationales ne sont pas au cœur de l’élection présidentielle. Et en même temps, elles le sont subliminalement car la capacité à être chef d’état pèse. Je défendrai mes idées. Je serai peut-être candidat mais n’envisage pas de ralliement à quiconque. Je peux passer un pacte avec quelqu’un. Les choses sont encore ouvertes. Je n’ai pas choisi. Mais je n’accepterai pas que la primaire soit fondée sur la disqualification de telle ou telle personne. Je le dis, je ne suis ni pour un “tout sauf Hollande”, ni pour une combinaison autour de lui, mais si la question est : ne peut-on pas être Président de la République parce qu’on n’a pas été ministre, ça ne me paraît pas être un argument. Quant à la crédibilité internationale, elle se conquiert. Sinon, il faudrait prendre le plus ancien qui n’est pas candidat ou aller chercher un ancien ministre des Affaires européennes, ce qui n’est pas une idée stupide (rires)… N’y a-t-il pas, à ce titre, un déficit de leadership européen ? Si, tout à fait. Aujourd’hui tout le monde dit du Traité de Lisbonne qu’il ne sert à rien. Ce n’est pas vrai. C’est un traité que j’ai voté. Il n’est pas formidable mais prévoyait quand même un Président du

Conseil européen, censé être le visage de l’Europe, un ministre des Affaires étrangères censé porter une parole commune et un Président de la Commission pour incarner l’intérêt général. Le trio choisi est : un homme invisible, Van Rompuy, qui n’a aucune capacité de leadership, un Président de la Commission ultra libéral et effacé derrière le Conseil (José Manuel Barroso, NDLR) et une ministre des Affaires étrangères qui a fait à peu près toutes les erreurs possibles (Catherine Ashton, NDLR). Et ça a été fait exprès. On les a choisis parce qu’on ne voulait pas qu’ils fassent de l’ombre aux dirigeants nationaux, notamment Sarkozy et Merkel.

« Je ne crois pas qu’il soit écrit qu’un ouvrier est forcément xénophobe, raciste, conservateur, replié sur lui, jaloux, égoïste » Vous exprimiez tout à l’heure une position politique très tranchée sur JeanLuc Mélenchon. Comment envisagez vous, le cas échéant, le ralliement dans un second tour, voire pour gouverner, avec le reste de la gauche ? La présidentielle est un vote à deux tours. Au premier on choisit, au deuxième on élimine. Entre le candidat socialiste et Nicolas Sarkozy, ça ne devrait pas poser de difficulté aux Verts et à Mélenchon. Ensuite, il faut bâtir un programme de gouvernement. Au second tour, si on veut ensuite gagner les législatives, il faut une majorité parlementaire qui se construit sur un programme. Avec les Verts ce sera aisé, avec le Front de gauche peut-être plus compliqué mais je souhaite qu’il y ait des ministres, demain, qui viennent de cette sensibilité politique. Homme politique et économiste français (1888-1979) qui a joué un rôle fondamental dans la construction européenne 2 http://ec.europa.eu/culture/media/ 3 Groupe de réflexion proche de la gauche – www.tnova.fr 1

Propos recueillis par Hervé Lévy et Thomas Flagel, le 26 mai 2011 à Montbéliard Photos : Maxime Stange pour Poly m Pierre Moscovici participera aux Journées de Strasbourg, du 17 au 18 juin, place Kléber – www.100ideespourlafrance.fr


DOSSIER : LES FESTIVALS De l’ÉTÉ

Sous le soleil exactement Comment s’y retrouver au milieu de tous les festivals d’été de l’Est ? Se marchent-ils sur les pieds ? Pire, se tirent-ils dans les pattes ? Quels artistes seront de la partie cette année ? Y aura-t-il du soleil à Belfort début juillet ? Réponse à (presque) toutes ces questions. Par Emmanuel Dosda et Thomas Flagel

B

êtes de Scène, Décibulles, Léz’Arts Scéniques, Les Eurockéennes… Le mélomane a de quoi s’occuper, dans l’Est, en parcourant les nombreux festivals estivaux, implantés depuis longtemps dans la région malgré la flambée des cachets d’artistes. Si Léz’Arts Scéniques a vu le jour en 2001, les Eurockéennes ont été créées en 1989 et Décibulles, en 1992. Bêtes de Scène a soufflé ses 20 bougies l’an passé tandis que cette bonne vieille Foire aux Vins d’Alsace fête sa 64 e édition (avec des concerts depuis 1958). Certes, tous les festivals qui jalonnent l’été exaltent le caractère « convivial » de leur manifestation (qui se vanterait du contraire ?), mais revendiquent, chacun, leur caractère propre, leur originalité.

Ça remue des festivals La Foire aux Vins se veut ouverte, populaire, familiale et humaine, privilégiant le mélange de genres, des publics, des âges… Cet événement bien implanté, qui a récemment convié Leonard Cohen, Iggy Pop, Neil Young ou NTM, s’offre cette année les célébrités Ben Harper, Moby, Gaëtan Roussel (également à l’affiche des Eurockéennes) ou Eddy Mitchell (voir encadré). La Foire partage un point commun avec Bêtes de Scène : leur salle de concerts couverte. Le festival mulhousien, organisé par l’équipe du Noumatrouff, a tenté ce “pari” avec succès, 1 000 spectateurs répondant présent quotidiennement. « Cette jauge réduite nous permet de ne pas avoir de pression quant au taux de remplissage », confie Matthieu Spiegel,

programmateur, conscient cependant d’avoir pris des risques artistiques pour cette 21e édition. « C’est un peu flippant », pas d’énorme tête d’affiche au profit d’artistes comme Ebony Bones, Saul Williams, Architecture in Helsinki… des grands noms, mais qui « parlent aux initiés ». Avec seulement quatre noms à l’affiche en 1992, Décibulles s’est construit grâce au « bouche-à-oreille », selon Pierre Hivert, directeur de cet événement bucolique de Neuve-Église, « perché sur une colline », dans le cadre naturel du Val de Villé. Autofinancé à 85% et recrutant cette année 400 bénévoles (essentiellement des membres d’assos partenaires), ce festival dont une des particularités est de proposer une large sélection de bières – artisanales, locales, etc. –, offre une « programma-

New Amerykah

D

u 7 au 31 juillet, le festival allemand Stimmen, à vocation transfrontalière, fait la part belle au chant sous toutes ses formes (Krystle Warren, Morcheeba…). Chef de file de la scène nu-soul américaine avec Jill Scott, Erykah Badu sera l’un des moments à ne pas rater de l’édition 2011. De Baduizm en 1997 à New Amerykah Part II (Return of the Ankh) en 2010, il n’aura fallu que cinq albums studio et un incroyable Baduizm Live à l’ex d’André 3 000 d’Outkast pour étendre les ramifications liant jazz, soul, hiphop et funk. Son mélange de voix suavement cadencée sur des rythmes audacieux tirés d’une perpétuelle recherche

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esthétique ferait pâlir la grande Björk. Dans le giron de ?uestlove des Roots, Common, Q-Tip ou encore D’Angelo, la Texane mêle écriture intimiste, critique sociale et engagement politique comme en témoigne le clip de Window Seat dans lequelle la belle se dévêtit à Dallas, déambulant sur les traces de la voiture de JFK. Tombant à l’endroit même où Kennedy fut atteint en 1963, elle porte un message conspuant les dérives de l’ignorance, de la peur et de la haine. m À Lörrach, au Marktplatz, Erykah Badu, mercredi 20 juillet +49 76 21 940 89 11 – www.stimmen.com


La foule en liesse aux Eurocks 2010 © Pascal Bastien

tion éclectique, avec de l’art de rue depuis 2007 ». Une démarche assez similaire aux Eurockéennes, le plus important des festivals de l’Est, qui conserve l’image d’un événement à la fois rassembleur (avec une moyenne de 82 000 personnes par édition) et exigeant. « C’est notre ADN », note Jean-Paul Roland, directeur d’une manifestation qui a pour vocation, outre de convier des mégastars (cette année, Queens of the Stone Age, Motörhead, Arcade Fire…), d’être découvreuse de talents. « Notre public, très curieux, est massivement allé voir Staff Benda Bilili, il y a deux ans, avant qu’ils n’explosent. C’était leur première date hors de Kinshasa. Les petites scènes ne sont jamais vides, même pendant les concerts des têtes d’affiche », se félicite Jean-Paul. Pour se démarquer, Laurent Wenger, directeur de Zone 51 qui organise Léz’Arts Scéniques (17 000 personnes en 2010), revendique quant à lui une « programmation alternative à destination d’un public alternatif. On affiche clairement notre différence à ce niveau-là ! » Au programme : Sum 41, Nashville Pussy ou Public Enemy, du hard rock’n’roll, du

métal, du punk, du rap de dur à cuire… 38 groupes (pour 28 l’an passé) enragés, « qui envoient du lourd ». Léz’Arts Scéniques affirme haut et fort dédier sa prog’ à un “public de concert”, venu voir les artistes et non se mettre la tête à l’envers entre potes. « Le vecteur principal est la musique ! On ne fait pas la fête de la choucroute ou l’élection de miss Munster. »

« Le vecteur principal est la musique ! On ne fait pas la fête de la choucroute ou l’élection de miss Munster. » Laurent Wenger, Léz’Arts Scéniques

« Ne pas se reposer sur ses acquis » Léz’Arts Scéniques connut une « année de réflexion », en 2009, avant de se repositionner, de changer de formule : fini les thématiques autour des pays (le Tibet, le Japon, etc.) au bénéfice d’une mise en

exergue de « l’engagement environnemental » du festival, exit aussi l’espace clos des Tanzmatten pour occuper deux scènes en plein air. Décibulles, dont c’est la 18e édition, essaye, d’année en année (avec une fourchette allant de 13 000 et 16 000 personnes), « d’améliorer le site pour le rendre encore plus accueillant », selon son directeur. Cette année, outre le géant jamaïcain Lee Scratch Perry ou les rockeurs belges de dEUS, le festival convie le dieu californien de l’abstract hip-hop DJ Shadow. « Si on m’avait dit, il y a trois ans, que DJ Shadow serait à l’affiche de Décibulles, je ne l’aurais pas cru », se réjouit Pierre Hivert, expliquant la complexité du montage d’une programmation qui se construit à force « d’abnégation, de chance, de compromis ». En 2011, il développe encore les arts de la rue et les impromptus musicaux, « pour secouer le public ». Attentif à « ne pas se reposer sur ses acquis », Pierre précise : « On se remet en question chaque année. » Même son de cloches du côté des Eurockéennes (lire entretien pages 28 / 29) ou de Bêtes de Scène : « Il n’y a pas de formule gagnante  », remarque Matthieu Spiegel, directeur d’un festival qui a renoué

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DOSSIER : LES FESTIVALS de l’ÉTÉ

« J’ai été marqué par le passage de DJ Krush il y a plus de dix ans, un des moments forts de l’événement », s’enthousiasme Matthieu Spiegel, citant encore le show d’Amon Tobin, artiste signé sur Ninja Tune. Depuis ses débuts, Bêtes de Scène suit le label anglais né la même

année. En 2011, il sera représenté par The Qemists, The Heavy ou DELS, « une exclu ». Présenté comme le nouveau Roots Manuva, ce dernier balance un rap punchy à l’anglaise. Le hip-hop est très prisé cet été. L’équipe des Eurockéennes est, par exemple, prise d’une envie de crier Jump Around à l’annonce du passage des Américains mythiques House Of Pain. 50 Cent – alias l’homme aux lyrics qui valaient trois milliards – à la Foire aux Vins d’Alsace, les fous furieux de Stupeflip (Décibulles), les affolants Odd Future (Eurockéennes), mais aussi les légendaires Assassin, les New-Yorkais de Public Enemy ou encore Akhenaton & Faf Larage (Léz’Arts Scéniques)… Le rap s’invite sur presque toutes les scènes, créant un lien entre les festivals et dressant un beau panorama.

Décibulles du 24 au 26 juin à NeuveÉglise (67) – www.decibulles.com (-30% avec la carte VitaCulture) Ramp’Art festif du 24 au 26 juin à Wissembourg (avec Fanga, Malted Milk…) – www.rampartfestif.fr Rock a Field le 26 juin à Luxembourg (avec Arcade Fire…) –  www.atelier.lu Festival Jazz et Musique Improvisée en Franche-Comté du 27 juin au 2 juillet (30e édition) – www.aspro-impro.fr Les Eurockéennes du 1er au 3 juillet à Belfort – www.eurockeennes.fr Bêtes de Scène du 7 au 10 juillet à Mulhouse – www.noumatrouff.com Stimmen du 7 au 31 juillet à Lörrach (Allemagne) – www.stimmen.com

Météo du 11 au 17 août à Mulhouse www.festival-meteo.fr Léz’Arts Scéniques du 14 au 16 juillet à Sélestat – www.lezartssceniques.com (-30% avec la carte VitaCulture) Festival Natala du 13 au 17 juillet à Colmar (concerts + ciné, lire pages 62 / 63) – www.hiero.fr Das Fest du 22 au 24 juillet à Karlsruhe (avec Skunk Anansie, Razorlight…) www.dasfest.net Foire aux Vins d’Alsace du 05 au 15 août à Colmar – www.foire-colmar.com Au Grès du Jazz du 5 au 15 août à La Petite Pierre (avec Ahmad Jamal, Youn Sun Nah, Lucky Peterson Quintet…) – www.jazzlapetitepierre.com

cette année avec l’esprit originel d’une programmation allant de l’ethno à l’electro, notamment en conviant Rainbow Arabia (mix d’electro et de musique orientale) ou encore Ebony Bones qui mêle ragga, hip-hop, afrobeat et énergie punk. « Certains festivals de l’Est s’étant un peu inspirés de l’esthétique de Bêtes de Scène, nous avons tenté de nouvelles choses », quitte à parfois s’éloigner du groove caractéristique de l’événement mulhousien.

Rapattitude Ben Harper, en concert samedi 6 août à La Foire aux Vins d’Alsace

Like a King

L

a Foire aux Vins d’Alsace est le plus ancien festival musical régional. La Coquille colmarienne accueille un chanteur sans chaussures (Yannick Noah le 9 août), un musicien sans cheveux (Moby le 11 août), un triple distingué (Gaëtan Roussel et ses trois statuettes aux Victoires de la musique, le 11 août), une battle de “S” (Bob Sinclar face à Martin Solveig), une chanteuse énervée (Zaz, le 8 août), une larme sur la joue (Yodelice le 6 août), un Ben révélé (l’Oncle Soul aux Victoires 2011) et une flopée de hardeux (Apocalyptica, Karelia, Judas Priest et les cultissimes Sepultura) pour une Hard Rock Session le 7 août. Mais devant ce parterre alléchant, c’est un retour solo qui fait saliver les fans. Après deux albums avec The Innocent Criminals et un avec Relentless7 ces cinq dernières années, Ben Harper entame une tournée avec Give till it’s gone, sorti mi-mai. Un retour aux sources rock des seventies pour celui dont la carrière a décollé en France au début des années 1990. Entre chansons engagées (I will not be broken) dans la lignée de Like a King et guests de choix, comme l’ex-Beatles Ringo Starr, le come back tient toutes ses promesses.

m La Foire aux Vins d’Alsace, à Colmar, du 5 au 15 août 03 90 50 50 50 /www.foire-colmar.com Public Enemy sera à l’heure pour son show, samedi 16 juillet, lors de Léz’Arts Scéniques

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BRICE DELLSPERGER & JEAN-LUC VERNA EXPOSITION 18:06 C 21:08:2011 FRAC ALSACE / SÉLESTAT

EN SAVOIR + : HTTP://FRAC.CULTURE-ALSACE.ORG

1 ORCHESTRE NATIONAL PHILHARMONIQUE DE RUSSIE DIRIGÉ PAR VLADIMIR SPIVAKOV

Direction artistique : Vladimir Spivakov

Ciné-concert - Charlie Chaplin «Les Lumières de la ville» le 14 juillet 2011 au Théâtre du Parc des expositions de Colmar

Le Festival propose pour la première fois de son histoire un concert de clôture exceptionnel au Théâtre du Parc des Expositions de Colmar, en partenariat avec la Ville de Colmar et la Société Colmar Expo SA, . L’Orchestre National Philharmonique de Russie, sous la direction de Vladimir Spivakov, accompagne en direct la projection du chef-d’oeuvre immortel de Charlie Chaplin, Les Lumières de la ville (1931). La musique du film, composée par Charlie Chaplin, à l’exception du thème de la Violetera dû à José Padilla, sera donnée dans la version restaurée par Timothy Brock pour les projections avec orchestre. Depuis sa création, le succès triomphal des Lumières de la ville ne s’est jamais démenti. L’effet émotionnel de ce film bouleversant, où le génie de Chaplin éclate dans chaque plan, est amplifié par une interprétation musicale de très haut niveau,donnée par l’un des meilleurs orchestres philharmoniques actuels. En première partie de ce concert événement, on pourra entendre le premier mouvement du célèbre Concerto pour violon et orchestre de Tchaïkovski, qui a récemment enthousiasmé des millions de cinéphiles dans le film Le Concert, réalisé en 2009 par Radu Mihaileanu. Nominé six fois aux Césars en 2010.

TARIFS : 5, 10, 15 & 25 Euros dans les gradins. 45€ pour les places en 1èrecatégorie sur des chaises.

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100 MUSICIENS SUR SCENE ! 06/06/2011 14:15:29


« Le festival doit rester un “truc de kids” ! »

Entretien avec Jean-Paul Roland, directeur des Eurockéennes De quel œil voyez-vous les autres festivals en France : avec méfiance, assurance… ? Nous voyons cette prolifération d’un œil… confraternel. Il nous semble, et c’est plus embêtant, qu’il s’agit parfois plus de simples rassemblements de groupes du moment que de véritables projets culturels. Il faut raconter des choses au-delà de la pure monstration. Le festival des Eurockéennes est issu d’une volonté politique (lancé en 1989, le festival fut initié par le Conseil Général, notamment par Christian Proust, alors président du CG du Territoire de Belfort, NDLR) : derrière, il y a l’idée de proposer une manifestation pérenne. Au bout de 23 ans, l’historique parle pour nous. Avec des pics de 100 000 entrées en 2006 et en 2008, le festival a rassemblé 80 000 personnes l’an passé. Comment expliquer cette chute ? Depuis dix ans, la moyenne de fréquentation est de 82 000 personnes. Nos années un peu plus basses correspondent à un déficient de “bonnes locomotives”. L’an passé, par exemple, nous avons préféré

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prendre Jay-Z plutôt que M. Là où les gens pensaient voir les Red Hot Chili Peppers, on a mis Charlotte Gainsbourg. On ne fait pas du pur et dur, mais on cherche des projets plus particuliers plutôt que des poids lourds. L’Esplanade Green Room remplace le Chapiteau, une nouvelle scène sur l’eau est créée devant la plage, moins de groupes programmés, réapparition des spectacles de rue… Pourquoi ces changements en 2011 ? Ça fait dix ans que je suis là. Faire une programmation se traduisait par un tableau par jour avec des cases. Entre les cases, on avait tendance à mettre d’autres cases. Si les gens vont à un festival, c’est pour vivre. Dans cette vie-là, on ne passe pas tout son temps au milieu d’une foule à regarder un concert. On crée un instant de vie, pas un simple moment musical. Il était temps de recréer des surprises… Avez-vous dessiné une sorte de portrait robot de votre festivalier ? C’est un jeune actif de 27 ans en moyenne. Il a un peu vieilli avec le festival car notre

dernière étude donnait une moyenne de 22 ans. Le public s’est méchamment féminisé. Certains pensent que c’est un indice de sécurité, mais je pense que c’est parce qu’il y pas mal de beaux gosses au Malsaucy (rires). On a fait une étude avec Emmanuel Négrier, chercheur au CNRS. Il s’est aperçu qu’il y a une différence entre ceux qui vont au camping et ceux qui n’y vont pas. On y trouve le plus de filles, de jeunes, de nouveaux arrivants. Les plus connaisseurs aussi. Le festival a deux publics : l’aficionado un peu branché qui vient de loin et “le promeneur du dimanche”. Cette cohabitation nous intéresse, le côté consanguin m’a toujours embêté : ça me gênerait de ne voir que des jeunes en slim avec la mèche ou que des types en cuir avec des badges Motörhead. Aujourd’hui, les parents viennent avec leurs enfants, ce qui était rare dans les années 1980 / 1990. Les Eurockéennes deviennent plus familiales même si le festival doit rester un “truc de kids” .


DOSSIER : LES FESTIVALS De l’ÉTÉ

Eurock’n’roll jusqu’à la moelle ?

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aterine + Francis et ses Peintres + les filles du film Tournée de Matthieu Amalric = un show débraillé mêlant reprises (de NTM à la Compagnie Créole) et cabaret new burlesque. Cette carte blanche délurée annonce la couleur d’une 23e édition qui pourrait sembler « rock’n’roll jusqu’à la moelle », selon les propos de Jean-Paul Roland, du fait des têtes d’affiche – Queens of the Stone Age ou Motörhead – mais aussi de la venue de Beady Eye (avec Liam Gallagher) ou des petites frappes d’Arctic Monkeys. Citons alors Karkwa, groupe pop québécois que le festival a envie de « partager » avec le public, Wu Lyf et son rock UK hyper intrigant, les complexes Battles, les rappeurs géniaux d’Odd Future. En phase d’explosion, le collectif hip-hop californien, déjà connu par les internautes pour ses clips trash et provoc’, marquera à coup sûr un festival bigarré qui ne bâcle décidemment pas la prog’ de ses petites scènes.

Tyler the Creator, leader d’Odd Future, en concert dimanche 3 juin aux Eurockéennes

m À Belfort, sur la presqu’île de Malsaucy, du 1e au 3 juillet 03 84 22 46 58 – www.eurockeennes.fr

The Ex, le 25 août au Noumatrouff dans le cadre du festival météo

Aventuriers audacieux

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our sa 28e édition, le festival météo dirigé par Adrien Chiquet poursuit sa trajectoire de défricheur du jazz et des musiques contemporaines, porté par l’amour de l’improvisation sous toutes ses formes. Programmation pointue et sans cesse renouvelée, météo invite des classiques comme Jean-Luc Guionnet, organiste star héritier des compositeurs-improvisateurs comme Dupré et Messiaen, en solo, en duo ou en en trio. On se pressera aussi fiévreusement au concert de The Ex, groupe punk hollandais et sa fantasque batteuse Katherina Bornefeld, qui s’associent aux sax et trompettes du Brass Bound de Gustafsson, Vandermark, Wierbos et Paci pour un jazz débridé d’une fraîcheur endiablée (le 25 août au Noumatrouff). Les femmes ne seront pas absentes de la fête avec le prometteur duo, tout en sensibilité, Magda Mayas au piano et Christine Abdelnour au saxo (Garage Sax le 25 août). Si l’on ajoute la programmation de “météo campagne” dans les villages d’Alsace du Sud (notamment Le Grand Ensemble de la Méditerranée au Château de Hombourg, le 18 août), on est soufflés ! m Festival météo, à Mulhouse et environs, du 11 au 27 août 03 89 45 36 67 – www.festival-meteo.fr

Les nouveaux venus de Wu Lyf, vendredi 1er juillet aux Eurocks : There's a Riot going on !

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DOSSIER : LES FESTIVALS De l’ÉTÉ

Un été sans fausse note L’Alsace n’a évidemment rien à voir avec le Sud de la France où la densité des festivals dédiés à la musique ancienne, baroque ou classique est presque aussi importante que celle des médailles qui ornaient la poitrine des généraux soviétiques sous Brejnev. Reste que la région se défend bien… Passage en revue des manifestations qui comptent, de Wissembourg à Masevaux.

D

ans la région, l’épopée musicale la plus excitante de l’été se déroule dans le chef-lieu du Haut-Rhin : au fil des années, le Festival international de Colmar a en effet su construire sa personnalité et sa singularité sous la baguette experte de Vladimir Spivakov (voir encadré). Avant lui, un chef allemand, Karl Münchinger, était directeur artistique d’une manifestation qui se déroulait alors durant deux week-ends, en juin, sans connaître la même ampleur.

Dans la cour des grands C’est à partir de 1989 et de l’arrivée du chef et violoniste russe que le festival prend son envol. Le secret de cette réus-

site ? Marianna Chelkova, coordinatrice musicale et artistique (et par ailleurs adjointe à la culture au Maire de Colmar) le décrit en quelques mots : « Au cours de chaque édition, nous rendons hommage à une personnalité de l’histoire musicale et dressons son portrait artistique. Cette année, nous en avons retenu deux : la pianiste Marguerite Long et le violoniste Jacques Thibaud, devenus indissociables dans l’esprit du public en raison du Concours qu’ils ont fondé ensemble. » Les 25 concerts du festival ressemblent ainsi à une image fragmentée des deux virtuoses : « Rien n’est laissé au hasard, toutes les œuvres se répondent et sont choisies en fonction de l’axe du festival,

en collaboration avec les artistes. Nous ne voulons pas de programmation d’opportunité. » Dans cet exigeant puzzle, où se mêlent pages symphoniques et pièces chambristes, se retrouvent évidemment les goûts artistiques des deux instrumentistes, les œuvres qu’ils ont le plus souvent enregistrées, mais aussi leurs affinités les plus secrètes. Une “soirée espagnole” (9 juillet) évoquera, par exemple, les liens du duo avec de nombreux créateurs ibères (de Falla, Granados ou Albéniz) et la fascination qu’exerçait le pays sur les artistes français au début du XXe siècle. Quant au casting, il est toujours un savant mélange de découvertes (Evgeny Kissin ou Vadim Repin firent leurs débuts français à Col-

Festival de Colmar 2010 © Bernard Fruhinsholz

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DOSSIER : LES FESTIVALS De l’ÉTÉ

Vladimir Spivakov, l’âme du festival de Colmar

D Festival de Colmar 2010 © Bernard Fruhinsholz

mar) et de vedettes du classique comme Marek Janowski, en concert cette année avec son Rundfunk-Sinfonieorchester Berlin pour trois soirs (du 1er au 3 juillet). Le choix colmarien paie : le taux de remplissage approche les 100% (soient 10 000 à 12 000 spectateurs par an) dans des salles charmantes à la jauge souvent réduite : Église Saint-Matthieu, Chapelle Saint-Pierre, Koïfhus… Au regard de son homologue colmarien, le Festival de Musique de Strasbourg, pourtant le plus ancien de France – il fut créé en 1932 – nous apparaît moins exaltant. S’il n’est cependant pas exact, comme le proclament certaines mauvaises langues, qu’il a perdu tout son lustre, admettons néanmoins que la manifestation qui a accueilli les plus grands musiciens (de David Oïstrakh à Herbert von Karajan, en passant

par Clara Haskil, Wilhelm Furtwängler ou Elisabeth Schwarzkopf) n’est pas sur une courbe ascendante. Exit l’opéra. Exit le concours de chant Barbara Hendricks… Mais on regrettera surtout une absence de fil directeur, la très banale célébration de Mahler (100e anniversaire de la disparition) et Liszt (200e anniversaire de la naissance) ne pouvant en faire figure. Cette 73e édition connaîtra cependant de beaux instants musicaux avec la flamboyance de la mezzo Vivica Genaux (17 juin) où le très excitant duo entre le violoniste Renaud Capuçon et la pianiste Khatia Buniatishvili (20 juin). C’est déjà ça…

Explorations chambristes La plupart des autres manifestations de la région sont dédiées à la musique de chambre. Notre coup de cœur ? Le Festival d’Obernai, dont c’est la

irecteur artistique de la manifestation depuis 1989 – au point qu’on la surnomme souvent familièrement “Festival Spivakov” – le chef et violoniste russe (né en 1944) est également, depuis janvier 2003, directeur musical de l’Orchestre national philharmonique de Russie, phalange de très haut niveau que l’on retrouve logiquement souvent en Alsace. Chaque année, il réussit à dresser, de manière exigeante (et souvent surprenante), un passionnant portrait de personnalités musicales comme le légendaire pianiste russe Sviatoslav Richter (2009), le flûtiste Jean-Pierre Rampal (2002) ou encore le guitariste Andres Segovia (1994). m Festival international de Colmar, du 1er au 14 juillet 03 89 20 68 97 www.festival-colmar.com

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DOSSIER : LES FESTIVALS De l’ÉTÉ

dans les hauts lieux romans de la région, de Rosheim à Ottmarsheim, seront célébrées les noces des notes et de la pierre avec cette année, en prélude, une découverte surprenante du Haut-Koenigsbourg (9 juillet). À Masevaux, c’est d’orgue qu’il sera question avec la 35e édition d’un festival qui reviendra sur la figure de Jehan Alain (1911-1940)… sans négliger les piliers du répertoire, Bach en tête, « l’Alpha et l’Oméga de la musique, sans qui, les compositeurs retenus dans les programmes proposés n’auraient existé » pour Pierre Chevreau, directeur artistique du festival. Texte : Hervé Lévy

m Festival de musique de Strasbourg, jusqu’au 24 juin www.festival-strasbourg.com

Musicalta, 2010

cordes à l’honneur (avec cinq formations de niveau international, dont le Quatuor Szymanowski) et le pionnier (né dans les années 1960) Festival aux chandelles de Saint-Marie-aux-Mines organisé, le temps de trois week-ends d’août, dans le gracieux cadre de l’Église de Saint-Pierresur-l’Hâte. Elle accueillera notamment le pianiste Jean-Marc Luisada (19 août), pour un attendu récital.

deuxième édition, porté par le dynamisme et le charme de la violoniste Geneviève Laurenceau (voir ci-dessous). Mais l’on ne saurait oublier Musicalta, événement atypique depuis 1996, à la fois festival et “académie classique”, où viennent se perfectionner des étudiants du monde entier, qui transforme le pays de Rouffach en marmite bouillonnante de toutes les forces vives de la musique près d’un mois durant. Au programme (aussi agrémenté de quelques soirées symphoniques, avec l’OSM notamment) voisinent les classiques du répertoire, des incursions contemporaines et des “parenthèses” jazz ou hip-hop. Plus calme seront les festivals de Wissembourg qui met le quatuor à

m Musicalta, du 22 juillet au 9 août – www.musicalta.com m Festival de musique de Wissembourg, du 25 août au 3 septembre www.wissembourg-festival.com m Festival aux chandelles, du 12 au 27 août www.festivalauxchandelles.fr m Festival d’orgue de Masevaux, du 24 juillet au 3 septembre www.festivalorguemasevaux.com

Des spécialistes Finissons avec deux manifestations centrées, l’une, sur une époque, l’autre, sur un instrument. Voix et Route Romane nous entraîne au cœur du Moyen-Âge avec pour thématique “Histoires de femmes” :

m Voix et Route romane, du 3 au 24 septembre www.voix-romane.com

Geneviève Laurenceau, les crépitements du violon

© Yvan Schawandascht

N

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ative de Strasbourg, celle qui est aujourd’hui (et depuis 2007) premier violon supersoliste de l’Orchestre national du Capitole de Toulouse, a eu le désir de réunir sa “tribu artistique” dans la cité où elle a grandi. Le Festival de musique de chambre d’Obernai est né de là : « J’ai eu envie également de créer des passerelles entre les arts » explique-t-elle. Danse ou littérature (avec une excitante soirée musique & lecture autour de Proust, le 1er août) sont en

effet conviées… ainsi que des virtuoses de premier plan comme le pianiste et compositeur Karol Beffa ou le violoncelliste François Salque. Une semaine durant, tout Obernai vibrera, pour la deuxième année de suite, au rythme de la musique de chambre. Tout cela est charmant, excitant, rafraîchissant… m Festival de musique de chambre d’Obernai, du 27 juillet au 3 août – 03 88 95 64 13 www.festivalmusiqueobernai.com


Un regard

Jean-Luc Verna, Oreste réfugié à l’autel de Pallas, 1839, Simart, Final “Drug train”, 90’s, LUX INTERIOR (THE CRAMPS), après une roulade aux pieds du batteur, Live. Irving Plaza New-York. © Jean-Luc Verna et Air de Paris

A

u premier balcon du Théâtre national de Strasbourg, je croise un homme au physique massif, arborant des étoiles sur un crâne rasé, des yeux dessinés et des sourcils plongeants. Jean-Luc Verna, artiste niçois né en 1966, assiste à Tout va bien du chorégraphe Alain Buffard, ce vendredi 27 mai. Le lendemain, il chantera avec son groupe, I apologize, durant le Festival Nouvelles. L’artiste niçois reste dans la région, exposant au Frac Alsace ses photos et performances réalisées avec Brice Dellsperger. Sa pose lascive sur un décor d’une blancheur immaculée pourrait sortir d’un extérieur de Manet, d’une toile de Giorgio de Chirico, Titien ou Velázquez, le décalage en plus. Sculpteur de son propre corps, il aspire à « une beauté absolue connectée au cosmos », confie-t-il. « Je ne vise pas à choquer les gens. En côtoyant des punks, j’ai adopté leurs poses, leur grandeur, leur élégance et leur beauté. J’ai été inspiré par l’explosion de leur raffinement. » Texte : Thomas Flagel

m Brice Dellsperger & Jean-Luc Verna, à Sélestat, au Frac Alsace, du 18 juin au 21 août – 03 88 58 87 55 – www.culture-alsace.org http://jlverna.online.fr – www.airdeparis.com

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THÉÂTRE – HAUTE-ALSACE

Insolence locale Alors que le festival Premières porté par Le Maillon et le Théâtre national de Strasbourg a fait les frais de la politique culturelle actuelle, Premiers Actes poursuit, bon an mal an, sur sa lancée avec une 4e édition dédiée au jeune théâtre européen.

Liberté à Brême par la Dinoponera – Howl Factory, Premiers Actes 2010

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L

es années se suivent et se ressemblent en Haute-Alsace. Le festival Premiers Actes, porté à bout de bras par une équipe de bénévoles sous la direction de Thibaut Wenger, navigue toujours à vue. Après les coupes budgétaires importantes ayant mis en péril l’édition 2010, voilà qu’elle fait face à une absence, totale et dommageable, de visibilité concernant les subventions de cette quatrième édition à venir. Département et Région n’ont, à l’heure où ces lignes sont écrites, donné aucune réponse quant aux montants alloués (ou pas) pour les


THÉÂTRE – HAUTE-ALSACE

aides auxquelles Premiers Actes prétend. « De ces aides dépendent d’autres, européennes, comme Leader+ qui s’aligne à hauteur de 55 % de ce qui est attribué par les Collectivités1 », confie le directeur. « Nous devons donc programmer à l’aveugle ! » Pas de quoi décourager le jeune metteur en scène alsacien qui en a vu d’autres. Après l’avortement de la reconversion des anciennes Manufactures de Wesserling en studio de création artistique, c’est du côté de la friche mulhousienne DMC qu’ils pourraient rapidement rebondir. Thibaut s’y verrait bien diriger

un laboratoire théâtral dans le Bâtiment 75, accompagné d’une dizaine de comédiens, à l’horizon 2013. « Mulhouse manque de permanences artistiques », explique-t-il, inspiré par les laboratoires d’Aubervilliers de Gwénaël Morin et son Théâtre Permanent dont il aimerait « reprendre les bases : répéter tous les jours, jouer tous les soirs et transmettre en continu ».

Performances underground En attendant, la friche accueillera des performances, les 10 et 11 septembre. « Surtout pas plastiques, ces formes théâtrales par excellence » donnent toute leur place aux mots dans des configurations ouvertes, souvent borderline et inclassables comme Mirabella. Mali Arun présente le début de son documentaire sur les Roms de Saint-Denis dont la projection s’arrête lorsqu’elle nous raconte le dérapage de sa relation avec Marcel, son fixeur2. Tombé amoureux, il lui construit une maison alors qu’elle utilise ses sentiments à des fins professionnelles. Les rapports se troublent un peu plus lorsque Mali succombe à la tentation et entretient une relation avec lui, plus ambiguë que jamais…

Howl Factory Fidèle du festival, Mathias Moritz crée, suite à une résidence à l’Agence culturelle d’Alsace, le premier volet d’un triptyque : Chalumeau(x). Parti dans l’idée de monter Le 20 novembre de Lars Norén (tiré du journal de Sebastian Bosse qui ouvrit le feu dans son ancien lycée, en 2006, en Allemagne), le metteur en scène préfère s’en éloigner, pour se « détacher du poids de l’héritage nazi ». Il tombe alors sur les journaux intimes des assassins de Columbine, y « pioche la brutalité d’Éric, nourrit à un cocktail Doom - Nine Inch Nails, et le côté romantique de Dylan » pour composer des listes de mots sur l’amour, les armes, le conformisme, la musique qui sont autant de thèmes pour une écriture fragmentée qu’il mêlera à la sienne dans la pièce. Mathias ajoute une dose de mythologie – Ajax croyant assassiner Ulysse et Agamemnon avant de découvrir qu’on s’est joué de lui et de se suicider – et de cinéma (Elephant de Gus Van Sant, Ken Park de Larry Clark) dans une mise en abîme de nos sociétés violentes. Sur

scène, l’hyperréalisme formel se doublera de flashbacks dans lesquels un personnage interprétera des figures historiques comme Benjamin Franklin, nourrissant leur colère face au système. « Les tueurs de Columbine sont les victimes de leurs propres colères et frustrations », analyse Mathias. « Il importe de comprendre les massacres produits là où la civilisation pense assurer sa vie (la famille), ses biens (la banque) et ses savoirs (l’école). »

Sur la grand-route Autre aventure, celle d’une dizaine d’élèves du groupe 39 (comédiens, metteur en scène et scénographes), tout juste sortis du Théâtre national de Strasbourg, réunis dans le collectif Notre Cairn fondé à la fin de leur première année à l’École. Dans l’esprit du théâtre populaire itinérant de leurs aînés – les “Cadets” allant à la rencontre du public dans les années 1950 –, voilà qu’ils montent Sur la grandroute de Tchekhov dans une… péniche, jouant au fil du Rhin, tout l’été. Cette courte pièce – qui pourrait n’être qu’un songe – se tient dans une taverne bordant un chemin de pèlerinage, une nuit d’orage. Toute frontière entre spectateurs et comédiens abolie, nous voilà au milieu d’un noble déchu ayant sombré dans l’alcool depuis le départ de l’amour de sa vie, de vagabonds et brigands arborant parfois une hache, mais aussi de pèlerins de passage troublés par un énergumène quémandant une vodka qu’il ne pourra payer qu’en échangeant son seul bien : un médaillon. Et dans ce conte sombre, lorsque la belle viendra s’abriter de la pluie, tout s’emballera… comme toujours. 1 Programme européen d’aide au développement destiné aux zones rurales – www.una-leader.org 2 Personnes employées par les journalistes pour les guider dans des zones de guerre et d’autres où ils n’ont pas de connexions

Texte : Thomas Flagel

m Festival Premiers Actes, en Haute-Alsace, du 26 août au 11 septembre m Chalumeau(x), du 7 au 9 septembre, à Colmar, à la Comédie de l’Est m Sur la grand-route, à Xouaxange (57) le 14 août, Hesse (57) les 16 et 17 août, Lutzelbourg (57) le 19 août, Saverne (67) les 21 et 22 & Steinbourg (67) le 23 août puis Colmar les 9 et 10 septembre 03 89 77 82 72 – www.premiers-actes.eu

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MUSIQUE CLASSIQUE – STRASBOURG & PARIS

Fin XIXe, début XXe Au Palais de la musique et des congrès, puis à la Salle Pleyel, l’Orchestre philharmonique de Strasbourg proposera une version très attendue des Gurrelieder de Schönberg. Avec ces deux concerts, Marc Albrecht achève en apothéose son mandat de directeur musical.

M

Marc Albrecht : dernière

C

es deux concerts marquent la fin du mandat de Marc Albrecht à la tête de l’OPS : arrivé à Strasbourg au début de la saison 2006 / 2007, il prendra, en septembre 2011, la tête de l’Opéra des Pays-Bas et de l’Orchestre philharmonique des Pays-Bas. Le chef allemand laisse de nombreux souvenirs derrière lui, celui notamment d’avoir exploré avec brio le répertoire de la Deuxième École de Vienne et les œuvres de Richard Strauss. Plusieurs disques témoignent de cette réussite. Pensons, par exemple, à un CD consacré à Alban Berg parachevant la réflexion de grande ampleur

menée par le chef et ses musiciens autour du compositeur (ils avaient en effet donné l’intégrale de son œuvre orchestrale sur deux saisons) et incluant une version de référence des Sieben frühe Lieder interprétés par la soprano Christiane Iven. Le chef slovène Marko Letonja succèdera à Marc Albrecht en septembre 2012 après une saison 2011 / 2012 interstitielle – sans directeur musical – passionnante et riche de multiples baguettes invitées.

Plonger dans ces « flots sonores » © Marco Borggreve

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onument de la musique du XXe siècle, les Gurrelieder sont rarement donnés en raison de l’effectif orchestral imposant que l’œuvre requiert : huit flûtes, cinq hautbois, sept clarinettes, cinq bassons, dix cors, quatre harpes etc. Presque deux phalanges de belle taille en somme, auxquelles il faut ajouter des chœurs en nombre. De quoi faire exploser bien des budgets ! À Strasbourg, on en avait néanmoins entendu une belle version au cours de l’édition 2006 du festival Musica avec le SWR Sinfonieorchester Baden-Baden / Freiburg placé sous l’experte baguette de Michael Gielen.

Pour Marc Albrecht, directeur musical de l’OPS en partance pour d’autres cieux (voir ci-contre), il était important de « parachever le travail mené avec les musiciens de l’Orchestre autour de la Deuxième École de Vienne1, un répertoire que nous avons largement exploré, notamment avec notre Cycle Berg. Ce sont des œuvres qui me tiennent à cœur et je souhaite que les spectateurs s’en souviennent » explique-t-il. Fasciné par une pièce qui relève « plus du genre “opéra” que du cycle de lieder », le chef allemand nous plongera dans une partition dont Webern résuma parfaitement l’essence en affirmant : « La sensation de ces flots sonores m’exalte à mourir. » Immense vaisseau symphonique et vocal, les Gurrelieder nécessitèrent une longue gestation : Schönberg commença en effet à y travailler en 1900, mais s’arrêta sept années pour reprendre le fil de l’écriture, la création intervenant en 1913. Symboliquement, ils


MUSIQUE CLASSIQUE – STRASBOURG & PARIS

Arnold Schönberg, 191?, © Arnold Schönberg Center, Wien

pourraient être considérés comme le point de passage du XIXe au XXe siècle. Si les puissantes influences du post-romantisme sont perceptibles au début de l’œuvre, ces accents “wagnero-mahlériens” se font progressivement oublier. Les portes de l’innovation sonore s’ouvrent alors toutes grandes. Marc Albrecht le résume de façon limpide, affirmant qu’au « sein de la même œuvre, on peut percevoir le passé et l’avenir de la musique ».

Gigantesque et intime Cette partition qui tend vers le pharaonique est portée par un texte aux accents intimistes de l’écrivain danois Jens Peter Jacobsen : voilà les éléments essentiels d’une page questionnant la notion même de modernité. Elle reprend l’histoire, se déroulant dans le château de Gurre (d’où le titre), du roi Valdemar Ier, de ses amours avec la charmante Tove au meurtre de cette dernière par l’épouse du souverain. À Strasbourg sera réunie une distribution particulièrement soignée avec l’exquise Christiane Iven (Tove) et Lance Ryan (Waldemar) que l’on vit à son avantage en Siegfried dans la récente production de Götterdämmerung de l’Opéra national du Rhin, sans oublier l’actrice allemande

Barbara Sukowa (dans le rôle de la narratrice) qui a notamment tourné avec Rainer Werner Fassbinder2 ou Margarethe von Trotta3. De quoi rendre service à des sonorités foisonnantes, presque labyrinthiques : « En tant que chef, c’est un peu comme si on se trouvait au volant d’une

« Au sein de la même œuvre, on peut percevoir le passé et l’avenir de la musique » Marc Albrecht

Plus qu’ailleurs, l’équilibre à trouver entre l’orchestre, le chœur et les chanteurs est très délicat à atteindre » explique le chef allemand. Il convient ainsi de s’immerger dans la partition en intégrant « l’ambivalence inhérente à l’interprétation des œuvres de Wagner et de Strauss, ce qui signifie à la fois brûler d’un feu intérieur et se contrôler » conclut Marc Albrecht. Elle regroupe Arnold Schönberg, Alban Berg et Anton Webern. Au début du XXe siècle, ils ouvrirent toutes grandes les portes de la modernité 2 Elle a été Mieze dans Berlin Alexanderplatz (1980) et a incarné le rôle-titre de Lola (1981). 3 Dans Les Années de plomb (1981 ; Prix de la Meilleure actrice à la Mostra internazionale d’arte cinematografica de Venise) et Rosa Luxemburg (1986 ; Prix d’interprétation féminine au Festival de Cannes). 1

Texte : Hervé Lévy

voiture de sport ultra puissante. Il ne faut appuyer sur la pédale d’accélérateur que trois ou quatre fois au cours du concert pour laisser toute la force de l’orchestre se déployer. Le reste du temps, il est primordial de maîtriser la partition, d’avoir le pied sur le frein. Ce contrôle est indispensable pour exprimer la subtilité et la transparence de l’écriture de Schönberg.

m À Strasbourg, au Palais de la musique et des congrès, jeudi 23 juin 03 69 06 37 06 www.philharmonique.strasbourg.eu m À Paris, Salle Pleyel, vendredi 25 juin 01 42 56 13 13 – www.sallepleyel.fr

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Patrons Paper 10/97, 2011, Courtesy the artist and Maureen Paley Gallery, Londres et Galleria Fonti, Naples  

Artillery Offensive 8/99, 2010, Courtesy Maureen Paley Gallery & Galleria Fonti

Entre les lignes Avec son titre poétique, 400 Sonnets in Reverse, Together est une expérience sonore et visuelle. L’exposition de Seb Patane, à la Kunsthalle, détourne le visible pour atteindre l’impalpable.

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00 Sonnets in Reverse, Together… À l’entrée de la Kunsthalle, on demeure hypnotisé par ce vers, répété en boucle par la voix électroniquement déformée de Seb Patane, et enfoui dans la bande sonore de la chanson The Be Colony, du groupe anglais Broadcast. Il donne aussi son nom à la première exposition monographique française de l’artiste italien. Imaginée comme une grande narration composée de multiples fragments, elle s’ouvre sur cette pièce sonore et se conclut sur une œuvre filmique très récente, The Year of the Corn : silhouette sombre flottant sur un ciel rouge, avions déchirant le ciel, corps dans une forêt de bambous… Six minutes comme une invitation insistante à glisser vers la transe. Dans la grande salle, une vaste installation composée de collages, dessins et sculptures, évoque un jeu subtil de références et de symboles, en écho à divers aspects de la pensée contemporaine, liés par une alchimie soudainement révélée. On y retrouve les matériaux de base qu’utilise Seb Patane : images de journaux ou de magazines, pièces de contreplaqué, baguettes ressemblant à des accessoires de bricolage et que l’artiste a façonné en formes rudimentaires. « L’œuvre de Patane navigue entre figuration et abstraction, entre suggestion d’un récit et déconstruction de celui-ci par la forme fragmentée, mais une tendance semble se dégager de son travail, celle d’un retour obsessionnel à certaines images archétypales », explique Bettina Steinbrügge, commissaire de l’exposition. À l’instar de ces

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soldats, présents dans The Patrons, série de quatre grandes images sur écran produites spécialement pour la présentation mulhousienne ou de ces photographies anciennes, porteuses d’une nostalgie esthétique, mais aux visages dissimulés par un griffonnage à l’encre. La ligne semble être l’autre obsession de Seb Patane. La ligne comme motif visuel ou sonore, mais aussi celle de l’histoire qui s’écrit et passe, omniprésente chez l’artiste, dans l’évocation de l’époque victorienne, des guerres, des émeutes milanaises de 1969… Ou encore la ligne à franchir, à ne pas franchir. La ligne de conduite. À la fin de la vidéo The Year of the Corn, la voix le répète : « Nous étions fidèles à la ligne, fidèles à la ligne droite… » Pourtant chez l’artiste, elle est souvent floue. Dissimuler pour mieux révéler, contrarier le chaos par l’ordre, le bruit par le silence, suggérer mais déstructurer, entrechoquer les époques afin d’explorer le vide qui les sépare. « Ce qui m’intéresse se situe dans l’immatériel, l’inconscient, et dans tout ce qui se trouve au-delà de l’apparent », explique-t-il. Voilà sans doute la clef de cette œuvre puissante aux multiples portes d’entrée. Texte : Dorothée Lachmann

m À Mulhouse, à la Kunsthalle, du 18 juin au 28 août – 03 69 77 66 47 www.kunsthallemulhouse.fr


Portrait

Danses macabres Damien Deroubaix, plasticien français exilé à Berlin, dévoile son univers trash et apocalyptique à La Chaufferie. Portrait de celui qui, en multipliant les références à l’histoire de l’art, dépeint un monde hostile, habité par des animaux prédateurs ou des personnages écorchés, parfois délimité par des miradors et des barbelés.

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es squelettes armés jusqu’aux dents, statuettes piquées d’aiguilles et tibias croisés surmontés de têtes de morts. Des monstres à cornes, chauves-souris, êtres ailés, guerriers ivres de sang, crânes de béliers et intestins à l’air libre… Sommes-nous devant le retable d’Issenheim de Matthias Grünewald ? Les Désastres de la guerre de Goya ? L’Enfer de Bosch ? Le Triomphe de la mort de Bruegel l’Ancien ? Guernica de Picasso ? Non, face aux œuvres dantesques et morbides de Damien Deroubaix.

De Iron Maiden à Otto Dix Ses premiers émois visuels ? Les pochettes d’Iron Maiden et de hard rock qui exerçaient une vraie fascination sur ce gamin de 12 ans né en 1972 à Lille. Depuis l’enfance, il dessine, encore et encore, sans imaginer « que l’art existait, ni que l’on puisse en faire son métier ». À 18 ans, « totalement inculte et naïf », Damien suit des cours du soir et croque des modèles vivants. La prof amène ses élèves à une expo de Picasso à Arles. « Je ne savais pas ce que c’était, mais j’ai rassemblé les 50 francs et j’y suis allé », se

souvient celui qui découvre une tapisserie à échelle un, réalisée d´après Guernica. Le coup de massue. « Mon cœur s’est mis à battre la chamade. » C’est décidé, il suivra un enseignement artistique à l’École des Beaux-Arts de Saint-Étienne. Au cours d’un séjour Erasmus d’un semestre et d’une année de post-diplôme passés à l’Akademie der bildenden Künste de Karlsruhe, il découvre la Nouvelle objectivité, Otto Dix, George Grosz, Max Beckmann, mais aussi la sculpture sur bois médiévale allemande.  « À l´Akademie, on pouvait faire de la peinture, de la

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Sirène (2010, aquarelle, encre acrylique et collage sur papier, courtesy In Situ / Fabienne Leclerc, Paris)

photo, des installations, du dessin… Tout se mélangeait, sans qu’on vous méprise » se souvient Damien séduit par l’ouverture d’esprit des étudiants qui « cherchaient à savoir ce qu’il y avait derrière tout ça plutôt que de regarder en surface. » Le plasticien, captivé par la culture allemande, vit à Berlin depuis six ans. « C’est un grand fantasme, une ville idéale pour les artistes qui ont déjà développé un réseau à l’extérieur et qui gagnent de l’argent via une galerie à Munich, Paris ou New York… », dit-il, balayant un des clichés véhiculés par la métropole où Damien fréquente « quelques lieux d’expo, des musées, des bars et les lacs en été ». Les concerts ? « Pas le temps. Chaque fois qu’un groupe qui m’intéresse passe, je suis en montage ailleurs. Je devais rencontrer Chris Barnes, chanteur de Six Feet Under qui m’a prêté la vidéo intégrée à ma sculpture à La Chaufferie, mais

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les dates ne coïncidaient pas, j’étais à la Villa Merkel d’Esslingen am Neckar », avoue ce créateur surbooké. On retiendra surtout que Berlin lui a permis de développer « un autre rapport à l’espace » dans ses peintures, avec « plus de profondeur, à tous niveaux ».

45 000 ans d’histoire de l’art Max Beckmann, Christian Schad, Primo Levi, Véronèse, Pasolini, Bacon, Fassbinder ou, surtout, Heartfield et ses photomontages anti-nazis sont autant de noms qui influencent, d’une manière ou d’une autre, ses œuvres travaillées comme des collages : peintures sur papier, aquarelles, gravures sur bois, eaux-fortes, dessins mais aussi sculptures fabriquées à partir de matériaux “pauvres”, des techniques qui sont pour lui « le moyen le plus direct d’exprimer [s]a pensée. » Quant à l’utilisation de ces médiums “anciens” : « Nam June Paik a fait sa première vidéo en

1963, soit neuf ans avant ma naissance. Il faudrait arrêter de parler de nouveaux médias pour la vidéo. Pour la génération Internet qui va débarquer sous peu, les artistes vidéastes sont peut-être déjà regardés comme de vieux ringards. Ce qui compte, c’est la force de l’œuvre. » Ses travaux sont habités par tout un étrange bestiaire, des thématiques (les danses macabres…) faisant référence à l’art du Moyen-Âge. L’iconographie médiévale, qui lui permet « un rapport plus direct à la mort et donc à notre condition et au pouvoir », se mêle aux figures mythologiques (les chimères, sirènes…) ainsi qu’à des références à Bosch, Bruegel, Grünewald ou Dürer… « Quand on décide de peindre, on a 45 000 ans d’histoire de l’art derrière soi et les artistes, depuis Lascaux, penchés au-dessus de votre épaule qui vous jugent. Il faut être à la hauteur, peindre juste. Du coup, c’est un dialogue qui s’instaure. »


Portrait

Un monde barbare Toutes ses œuvres à l’esthétique “apocalyptique”, parfois peuplées de grands requins menaçants, chambardent-elles une société trop contrôlée (la caméra de surveillance est un élément récurent) et aseptisée ? « Je cherche juste à gratter le vernis de la société capitaliste dans laquelle nous vivons afin d’en faire le portrait », lance-t-il avant de résumer ainsi : « J’aime faire chier le monde via mes œuvres », comme des pavés dans la mare… Celui qui s’« ennuie parmi les gens normaux », quoique devenu plasticien de renommée internationale, nominé au Prix Marcel Duchamp en 2009, semble distant vis-à-vis du monde de l’art : « Il y a environ 50%

de gens bien et 50% de pourris parmi lesquels, alors qu´on pourrait s’attendre à des personnes éclairées dans ce milieu, des racistes, des coincés du cul, des moralistes, des culs bénis, des aigris… » À propos de l’héritage de l’artiste qui prête son nom au prestigieux Prix, Deroubaix n’est pas tendre non plus : « Si Duchamp voyait ce qu’il est devenu en France... Aux USA, il a donné Jasper Johns et Robert Rauschenberg. En France, tout un tas de fanatiques mortifères. » Son World Downfall, message emprunté au groupe grindcore américain Terrorizer, fait-il écho au No Future punk ? « Non. Le grind vient de l’énergie punk alliée au métal, avec une forte critique sociale

qui a pour but une avancée : moins de guerre, de profit – c’est lié –, de racisme, de machisme, d’homophobie, de religion, etc. Tout le contraire du No Future. » Continuons à gratter : sous la crasse, la lumière. Texte : Emmanuel Dosda Portrait : Lola Reboud

m À Strasbourg, à La Chaufferie, du 24 juin au 8 octobre (fermé du 2 au 28 août) 03 69 06 37 78 – www.esad-stg.org m Damien Deroubaix expose également lors de Lumière noire, à Karlsruhe (D), dans l’Orangerie de la Staatliche Kunsthalle, jusqu’au 25 septembre +49 721 926 33 59 www.kunsthalle-karlsruhe.de

Dates & actus 1972 : Naissance à Lille 1990 : Découverte de Picasso Dans les années 2000 : Expositions, personnelles et collectives, en France, Allemagne, Turquie, Russie… 2009 : Nomination au Prix Marcel Duchamp : Deroubaix, « mauvais perdant  », ne sera pas lauréat… Installation monumentale à La Force de l’art 02, au Grand Palais. Exposition de son œuvre imprimé au Centre international estampe & livre de Villeurbanne lors d’Apokalyptische Reiter 2010 : Slayer à la Columbiahalle, son dernier concert vu à Berlin : « C’était énorme. » 2011 : Depuis un an, Damien Deroubaix travaille (une dizaine de jours tous les trois mois) avec les verriers du Centre international d’art verrier de Meisenthal. Il y produit une grande pièce composite en verre, montrée en novembre à la galerie In Situ à Paris. Des pièces multiples issues de ce travail seront également éditées – www.ciav-meisenthal.fr Du 24 juin au 30 juillet, à La Chaufferie, il exposera l’une des tours montrées lors de la Force de l´art. « J’aime cette sculpture qui ira très bien dans La Chaufferie. Elle sera devant un panneau de bois gravé de 5 mètres par 4, “T”, une sorte de Tentation de Saint-Antoine réactualisée. » Vue de l’exposition Die Nacht (Saarlandmuseum Saarbrücken, 2009). Au centre, Der Schlaf der Vernunft (2009, courtesy Nosbaum Reding, Luxembourg), sculpture montrée à La Chaufferie

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EXPOSITION – ALTKIRCH

Voyages dans les nuages Le Centre régional d’art contemporain se constitue en République des rêves sous l’impulsion de Gilles A. Tiberghien. Le philosophe, devenu commissaire d’exposition pour l’occasion, a sélectionné une quarantaine d’artistes autour du thème du voyage. Vidéos, photographies, sculptures et installations composent des mondes imaginaires.

A

u commencement, il y a un auteur polonais singulier : Bruno Schulz (1892-1942) qui fut aussi dessinateur, critique ou traducteur de Kafka dont il est contemporain. Son œuvre littéraire se résume à deux recueils de nouvelles. La force de son écriture et sa capacité à créer des univers oniriques a pourtant inspiré de nombreux artistes, compositeurs ou metteurs en scène. Dans une nouvelle intitulée La République des rêves, parue en 1934 (et insérée dans le recueil Les Boutiques de cannelle), il met en scène des enfants qui s’inventent un monde imaginaire. Un jour, ils voient arriver un homme « aux yeux incroyablement bleus » qui entend « promulguer des lois nouvelles, une nouvelle hiérarchie de critères et de valeurs, mener une vie

placée sous le signe de la poésie et de l’aventure » : la République des rêves est proclamée. Voilà, par la même occasion, défini le rôle de l’artiste dans cette organisation utopique : « Aucun rêve, si absurde soit-il, ne se perd dans l’univers. Il y a en lui une faim de réalité, une aspiration qui engage la réalité, qui grandit et devient une reconnaissance de dette demandant à être payée », écrivait Bruno Schulz.

Construire une exposition Dépassant l’imaginaire de la nouvelle, cette République se matérialise aujourd’hui entre les murs du Crac, prend forme peu à peu, au fil d’une cinquantaine d’œuvres réunies par Gilles A. Tiberghien, dont c’est le premier commissariat d’exposition. « Je traduis, édite et écris

des livres sur l’art et parle des artistes, mais je n’avais jamais essayé de développer quelque chose avec eux à travers une mise en scène qui soit comme un dialogue capable de les mettre en valeur tout en servant un propos personnel », confie le philosophe. Pour bâtir son ambitieuse République, il n’a pas lésiné sur la maind’œuvre : près de quarante artistes investissent l’espace d’exposition avec, chacun, son propre rêve. « La règle du jeu était de puiser dans les cinq Fonds régionaux d’art contemporain du Grand Est, qui réunissent une très grande diversité d’artistes. Je n’ai pas essayé de représenter un courant ou une école, mais seulement de chercher les œuvres qui pourraient alimenter le sujet de cette exposition, autour des voyages, des cartes et des paysages.

Namibie (D), 2000 Collection Frac Franche-Comté © Balthasar Burkhard

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EXPOSITION – ALTKIRCH

The Storyteller, 2006, Collection Frac Champagne Ardenne © Robin Rhode

Je ne me suis pas intéressé aux noms et chaque œuvre a été choisie pour ellemême en fonction de ce qu’elle pouvait me permettre de raconter. Bien sûr, j’étais content de retrouver certains artistes mais j’en ai aussi découvert d’autres qui collaient à l’esprit de La République des rêves. »

Dreams are my reality Les générations se croisent, mais les aspirations se rencontrent invariablement. Parmi les figures historiques à l’affiche de cette exposition, on retrouve des grands noms du Land Art, comme Richard Long ou Hamish Fulton, mais aussi des figures Fluxus comme Robert Filliou. Dans leur sillage, la jeune génération projette ses propres interrogations : Nadia Myre questionne la mémoire, l’héritage culturel, Neal Beggs développe la figure de l’escalade comme une métaphore de l’élévation, mais aussi une quête des frontières de la réalité tandis que Cyprien Gaillard s’étonne de l’éternel recommencement, des traces de l’homme sur la nature, entre destructions et reconstructions. Evariste

Richer s’amuse pour sa part à mesurer le monde et exalte les phénomènes naturels énigmatiques, comme le rayon vert. « Régisseurs de paysages et de décors cosmiques, leur art consiste à saisir au

« Régisseurs de paysages et de décors cosmiques, leur art consiste à saisir au vol les intentions de la nature, à lire dans ses aspirations secrètes » Bruno Schulz vol les intentions de la nature, à lire dans ses aspirations secrètes », comme l’écrit Bruno Schulz. Sur 800 m2, le visiteur arpente ainsi de vastes territoires imaginaires, forêts, déserts ou montagnes, à travers des cartes, photographies, vidéos, sculptures et installations. Construite selon un itinéraire thématique, l’exposition

invite également à fouiner dans l’espace intime des cabinets de curiosité. Tout ici n’est que voyage, exploration, mouvement, découverte… Cette République des rêves s’accompagne d’un ouvrage, paru aux Presses du Réel, dans lequel on retrouve l’ensemble des œuvres, organisées autour des carnets de voyages de Gilles A. Tiberghien et de textes de poètes, comme Pierre Alferi, Emmanuel Hocquard, Jean-Christophe Bally ou Suzanne Doppelt. « J’écris des journaux de voyage depuis trente ans », explique le commissaire. « Les œuvres des artistes, ici, ponctuent certains de ces voyages, les unes donnant aux autres – et réciproquement – un prolongement réel et imaginaire, deux dimensions indissociables dans le voyage. Ces œuvres, on pourrait dire que ce sont les souvenirs que je me suis choisis. » Texte : Dorothée Lachmann

m À Altkirch, au CRAC Alsace, du 15 juin au 11 septembre 03 89 08 82 59 – www.cracalsace.com

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CIRQUE – HAUTEPIERRE

Agiter le bocal En préfiguration de la saison circassienne à venir au Théâtre de Hautepierre, Les Migrateurs lancent la première édition de Melting Pot, festival de cirque contemporain.

D

ans la droite lignée des Voies Off (présentation, au Maillon, d’étapes de travail des compagnies qu’elle accueille en résidence de création à Hautepierre), l’association Les Migrateurs organise quatre jours de festival avec huit compagnies (de France, d’Allemagne et de Croatie), un concert et une jam session (atelier ouvert de danse contact et d’acrobatie). L’occasion de découvrir la suite de Circuits fermés (Voies Off du 18 mai) dans lequel le duo de jongleurs endiablés de la Compagnie deFracto explore, avec un incroyable humour et une douceur intime d’une intensité désarmante, les rapports et corps à corps de deux êtres aux allures d’oiseaux s’entraidant pour compenser leurs ailes trop lourdes pour voler. Dans un autre genre, la compagnie Non Nova de Philippe Ménard innove avec P.P.P. (Position Parallèle au Plancher) en s’emparant d’une substance inhabituelle : la glace. Jongler avec une matière se transformant à mesure qu’elle fond emporte le seul être en scène dans une chorégraphie des éléments bousculant nos repères habituels, questionnant la finitude des choses, la transformation et l’identité. Dans un espace vidé, comme un logement après le passage des huissiers, plus rien hormis des congélateurs ne subsiste. Pour le metteur en scène et interprète, « les objets congelés se transforment au contact de la peau et de l’air, laissant apparaître, petit à petit, une marre d’eau telle un bassin de larmes… Peut-être une métaphore de nos traces ? »

Schizophrenia Le spectacle le plus contemporain sera sans nul doute C8H11N02 de la compagnie croate Room 100. Elle nous plonge dans l’étrangeté du corps et de sa perception. Jakov Labrovic, metteur en scène et interprète, puise dans son histoire familiale les racines de ce spectacle portant le


CIRQUE – HAUTEPIERRE

nom de la formule chimique de la Dopamine, neurotransmetteur du cerveau s’affolant chez une personne psychotique. Il n’a en effet que trois ans lorsque sa mère l’amène pour la première fois rendre visite à son frère aîné, atteint de schizophrénie, dans un hôpital psychiatrique. Sur scène, il recrée « l’atmosphère ambiante de l’environnement familial de sa jeunesse ». Devenu contorsionniste après un diplôme en sculpture, Jakov livre une vision extrême de son art. Face au public, il distord son buste, « casse son corps » pour en faire ressortir, lentement, ses omoplates comme des excroissances osseuses difformes, produisant un sentiment de malaise. Le choix de la contorsion comme spécialité ne doit rien au hasard, c’est une « réaction et une conséquence de [s]a vie personnelle que de s’astreindre à une pratique douloureuse, comme une voie thérapeutique ». Le processus d’expérimentation de Room 100 aboutit à une succession d’images hypnotiques pour « entraîner les spectateurs en profondeur, troubler leur perception », confie-t-il. Après la performance extrême de Jakov, dont le corps

traité comme un matériau n’a plus rien d’humain, Antonia Kuzmanic évolue, en contraste, devant un carré d’eau. Couchée de profil, « son corps dénué d’identité s’y reflète et dessine celui d’un insecte ou de formes inconnues et étranges ». Quand Rorschach* rejoint le cirque expérimental, une autre réalité s’offre à nous… Test d’évaluation psychologique élaboré par Hermann Rorschach en 1921 sous forme de “taches d’encre”

*

Texte : Thomas Flagel Photos : à gauche, P.P.P. de la Cie Non Nova © Jean-Luc Beaujault, et à droite C8H11N02 par la Cie Room 100 © Michel Nicolas

m P.P.P. de la Cie Non Nova (à partir de 10 ans), jeudi 23 et vendredi 24 juin m Circuits fermés de la Cie deFracto, vendredi 24 et samedi 25 juin m C8H11N02 de Room 100 (à partir de 10 ans), samedi 25 et dimanche 26 juin

Rencontres agitées

F

in juin, le cirque contemporain envahit Hautepierre pour quatre jours de festivités dans un creuset de mélanges : jonglerie sur glace avec P.P.P. (les 23 et 24), danse avec coquilles d’œufs (La mesure des choses, le 26 juin), danse hiphop (Parade, le 25 juin), marionnette et cirque (Un fauteuil dans la sciure, le 26 juin), équilibres et papiers froissés (Bambula, les 24 et 25 juin). Si l’on rajoute un concert rituel rythmique de Tony Chauvin alias “Percevalmusic” qui passe au shaker electro, musique sacrée et barock (les 23 et 25 juin), on obtient un rendez-vous familial plein de découvertes. m À Strasbourg, au Théâtre de Hautepierre, du 23 au 26 juin 09 50 88 09 50 – www.lesmigrateurs.org

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Mourir ou ne pas mourir Après Louise de Charpentier la saison passée, l’Opéra national du Rhin poursuit son exploration des pages méconnues du répertoire opératique français avec Hamlet d’Ambroise Thomas.

E

n s’emparent de l’œuvre de Shakespeare, Ambroise Thomas (18111896) choisit de lui donner une fin différente, puisque dans ce “grand opéra à la française” Hamlet devient roi à la place de son beau-père, sa mère entrant au couvent. Et ce ne sont pas les seules modifications… même s’il existe une version dite “de Covent Garden” où Hamlet meurt à la fin, destinée à être exportée outreManche. C’est cette dernière que nous entendrons à Strasbourg. Happy end au pays de la tragédie absolue ? Vincent Boussard (qui a déjà monté Frühlings Erwachen et Louise à l’Opéra national du Rhin) relativise cette affirmation : « Il semble vraiment que le désir du compositeur ait été d’écrire une partition d’un dramatisme qui semble avoir outrepassé le langage habituel qui était le sien, non sans une certaine forme d’étrangeté pour le public de l’époque. » Le metteur en scène plonge ses personnages dans un décor glacé fait de mûrs nacrés gagnés par la moisissure (rappelant la fameuse réplique : « Il y a

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quelque chose de pourri dans le Royaume du Danemark »), instillant un romantisme onirique et parfois fantomatique qui hésite entre intemporalité et poésie mortifère très XIXe siècle (en raison des costumes, principalement). Mais aujourd’hui, Ambroise Thomas demeure bien oublié… Prix de Rome en 1832, le natif de Metz est pourtant un compositeur prolixe qui eut un succès stratosphérique il y a 150 ans. Si Carline (1840), Le Guérillero (1842) ou Le Comte Carmagnola (1841) n’évoquent plus rien (ou presque) à personne, Mignon (1866), représenté plus de mille fois à l’Opéra Comique, et Hamlet (1868), qui connut plus de 200 levées de rideau à Paris, font figure de “tubes” du Second Empire. Mais comment caractériser la bande-son de cette époque ? Faut-il se fier au fameux mot de Chabrier ? Railleur en diable, il expliquait : « Il y a trois sortes de musique : la bonne, la mauvaise et celle d’Ambroise Thomas. » Pas entièrement… Ce dernier

n’a sans doute pas eu la postérité qu’il méritait, en partie à cause de son statut de “compositeur officiel”, lui qui fut directeur du Conservatoire de Paris de 1871 à 1896… mais aussi parce qu’il a fait le choix du conservatisme, refusant les innovations des trublions de l’époque, qu’ils se nomment Richard Wagner – « trop allemand pour nous » écrivait-il en 1896 dans Gil Blas – ou César Franck. Cependant, si Ambroise Thomas demeure conventionnel, son style ne peut se réduire à un filet bourgeois d’eau tiède, un équivalent musical du Biedermeier pour simplifier. Ce serait laisser de côté tout un pan d’une œuvre qui oscille entre légèreté, charme, maitrise et magnificence. Comment, par exemple, ne pas se laisser transporter par la beauté de l’air de l’Acte V, Comme une pâle fleur ? Texte : Hervé Lévy Photo : Christian Dresse (Opéra de Marseille, juin 2010)

m À Strasbourg, à l’Opéra, du 19 au 28 juin – 08 25 84 14 84 www.operanationaldurhin.eu


Un

Eté Alsace

en

scènes, expos, loisirs_hors série


Spectacles sur plusieurs jours Southside

Rock / Métal / Alternatif Fan de Rock , ce

festival est fait pour vous ! L’évènement balaie tout le spectre du rock et de la pop anglo-saxonne de ces 20 dernières années. du 17 au 19 juin, ven, sam, dim, Southside, Neuhausen ob Eck (Allemagne) (78). 125 € www.southside.de Wolfi Jazz Jazz + de 40 artistes pour + de 15 concerts sur 2 scènes (dont une gratuite) du 24 au 26 juin, ven, sam, dim, Fort Kléber, 1, rue du Fort Kléber, Wolfisheim (67). de 20 € à 50 € www.wolfijazz.com Festival de jazz manouche Jazz manouche Après l’hommage à Django Reinhardt et à la musique tzigane des Balkans avec Bratsch l’an passé, cette édition 2011 s’ouvrira au gipsy flamenco, la musique des gitans du Midi de la France, dont l’Espagne fut longtemps le pays de prédilection. du 24 au 26 juin, ven, sam, dim, Le Chateau de Hohlandsbourg, Hohlandsbourg (68). de 8 € à 75 € www.chateau-hohlandsbourg.com Zelt-Musik-Festival

Festival de musique en tous genres

46 concerts payants et plus de 100 spectacles gratuits… Le ZMF propose tous styles de musique tels que Rock, Pop, Electro, Jazz, la musique classique, Hip Hop, etc. du 29 juin au 17 juil, MundenhofGelände, Mundenhoferstraße, Freiburg (79). Achat des billets au 49(0) 761 50 40 30 ou directement au ZMF www.zmf.de

Stimmen-Festival Concerts Avec Erykah Badu, Jamie Cullum, Die Fantastischen Vier, Wir Sind Helden, Philipp Poisel etc. du 7 au 31 juil, Burghof, Herrenstr. 5, Lörrach (79). // www.stimmen.com Hopla Komm

festival de musiques actuelles Festival

musical cumulant une scène rock et un chillout en plein air, ainsi qu’une scène electro & hip hop en intérieur. vendredi 8 et samedi 9 juillet vendredi à partir de 18h et samedi à partir de 14h, salle des fête, Puberg. vendredi 7 €, samedi 10 €, 2 jours 15 €, prévente : 2 jours 12 € // www.hoplakommfestival.net Lucelle’Sonore

Festival franco-suisse de musique Vendredi 8 juillet : Pep’s (F), K (Ch), Joyce Jonathan (F), Moonraisers (Ch), Pire (F), The Rambling Wheels (Ch) Samedi 9 : Carrousel (Ch-F), The Washing Machine Cie (F), Raphael (F), Tafta (Ch), Lovebugs (Ch), Bredelers (F) vendredi 8 et samedi 9 juillet, À Lucelle, Lucelle. Abonnement 2 jours 75 CHF/56 € www.lucellesonore.com

Plein air au Natala

Festival de cinéma & concerts sous les arbres Cinés et concerts au Parc du Natala

pour s’évader et se délasser sur la plus belle terrasse de Colmar… Avec Colt Silvers, Panimix, Tu Fawning, Gablé, Parklife Records, des concerts, des DJ sets, des ciné-concerts, des siestes sonores… du 13 au 17 juil, Parc du Natala, Rue La Semm, Colmar (68). // www.hiero.fr

sieurs milliers de festivaliers chaque année, des concerts mémorables et plusieurs animations, Léz’Arts Scéniques s’inscrit désormais parmi les festivals incontournables en France. du 14 au 16 juil, jeu, ven, sam, Les Tanzmatten, Quai de l’Ill, Sélestat. 23,10 €/jour (carte Vitaculture) 33 €/jour (préloc) 38 €/jour (caisse du soir) 75 € forfait. // www.lezartssceniques.com

parmi les 5 plus grands festivals français aux côtés des Eurockéennes et des Francofolies entre autres, cette véritable Institution revient avec l’ambition de faire de cette 64e édition une gigantesque célébration de la musique et du vin. du 5 au 15 août, Parc des Expositions et de Congrès de Colmar, Colmar (68). NC www.foire-colmar.com/fr

Festival en plein air de musique éléctro Avec

Festival de musique de Strasbourg 2011 Musique classique 73e édition du plus vieux festival de France jusqu’au 24 juin, Dans différents lieux, Strasbourg. De 21 à 77 € (selon concerts et catégories) www.festival-strasbourg.com

Conc’air

Festival Jeune public Des artistes de tous

Sea of love

Moby, Paul Kalkbrenner, David Guetta, Tiesto du 15 au 17 juil, ven, sam, dim, Tunisee, Seestraße 1, Freiburg (79). de 49.50 € à 109 € (selon formule) www.seaoflove.de

Concerts gratuits en plein air Conc’air est devenu une référence de l’événement musical du Pays de Saint-Louis. Avec Umberto Tozzi, François Feldman, Killer Queen, Manau etc… du 22 juil au 20 aoû, vendredi 22 juillet, samedi 23 juillet, vendredi 19 août, samedi 20 août, place Gissy et place de la mairie, Saint-Louis (68). www.concair.fr

Clair de Nuit

Festival en plein-air Le programme joyeuse-

ment éclectique mélange des rythmes salsa, jazzy, blues et rock. Du folk et des musiques celtiques ou rhénanes participent aussi à la fête. du 29 juil au 7 août, Clair de Nuit, à Stotzheim et Dambach-la-ville. 5 € (4 € en prévente à l’Office de Tourisme à Barr et à Dambach-la-Ville) www.clairdenuit.fr Foire aux vins de Colmar

Festival de musiques d’aujourd’hui Se situant

Cirk’Ô Markstein

horizons se retrouvent au Markstein pour vous faire rire et rêver… Et pour la première fois cette année, la présence d’un clown argentin sur les crêtes ! jusqu’au 30 juin, du lun au ven ; dim 19 juin, Strasbourg. www.cirkomarkstein.com Le Secret du chevalier

Spectacle équestre médiéval À l’ombre de

son château, le seigneur vous convie aux exaltantes émulations équestres auxquelles se livrent les chevaliers pour gagner le cœur de la belle héritière… jusqu’au 31 août, à 14h30 et 16h30, Citadelle, Bitche (57). Adultes 7 € enfants 5 € // www.citadelle-bitche.com Melting Pot

Festival de cirque contemporain Festival de cirque contemporain aussi étonnant que détonnant. À découvrir de toute urgence ! du 23 au 26 juin, Théâtre de Hautepierre, 13 place Maurois, Strasbourg Hautepierre. de 5,50 à 16 € www.lesmigrateurs.org

7/7 31/7

du au

Les Eurockéennes Rock’n’roll Avec Arcade Fire, Arctic Monkeys, Queens of the Stone Age, Battles (photo), etc. du 1er au 3 juillet à Belfort (42 € / jour) www.eurockeennes.fr

Strasbourg Jazz Festival

22e édition

Cette nouvelle édition présente une brochette de monstres sacrés impressionnante : Jeff Beck, Keith Jarrett, George Benson, Didier Lockwood… Du 30 juin au 7 juil, au Palais de la musique et des congrès à Strasbourg. De 34 à 79 € (selon concerts et catégories). // www.festival-strasbourg.com LES PETITES FETES DE DIONYSOS Festival littéraire

Placé sous le signe du dieu grec Dionysos, sous le patronage duquel de grandes fêtes annuelles étaient organisées dans la Grèce antique, « Les Petites Fêtes de Dionysos », proposent au début de l’été de faire découvrir à un large public la création littéraire contemporaine. Du 7 juil au 10 juil, Espace Pasteur & MJC & La Balance Mets et Vins, Arbois (39). GRATUIT http://crlfranchecomte.free.fr

Laisser la voix Au programme de Stimmen : Erykah Badu, Agnes Obel (photo), Morcheeba ou Kristin Asbjørnsen. Un festival dédié à la voix… qui laisse bouche bée. Le festival allemand Stimmen déroule à nouveau le tapis rouge aux voix qui seront dans tous leurs états grâce à un grandiose programme. Des chants méditerranéens avec le projet Melos, du hip-hop allemand avec Die Fantastischen 4, du chant / piano avec Jamie Cullum, de la nu-soul américaine avec la grande Erykah Badu, du gospel nordique avec Kristin Asbjørnsen, chanteuse norvégienne qui lie jazz et influences world… Du jazz à l’impro, du pop-rock au blues, ou du gospel à la musique électronique : Kristin se frotte à tous les styles avec brio. À voir encore, les rois du trip-hop Morcheeba aux Dominicains de Guebwiller (www.les-dominicains.com), scène alsacienne qui proposera aussi, dans le cadre de Stimmen, une Nuit en Galilée en hommage à Mahmoud Darwich. Ne pas rater non plus le concert d’Agnes Obel, artiste qui évoque autant le pop mélancolique que la musique classique. Fan de John Cale, d’Elliott Smith ou de Joni Mitchell, d’ambiances sombres et de partitions sobres, la chanteuse au chignon et joueuse de piano se produira le 30 juillet. À Lörrach (Allemagne), au Marktplatz (mais aussi à Guebwiller ou Riehen), du 7 au 31 juillet +49 76 21 940 89 11 – www.stimmen.com

agenda

Léz’Arts Scéniques

concert rock / metal / dub / raggae Avec plu-


au

agenda

du

22/7 31/7

Le Bel âge Pour sa 31e édition, le Festival de théâtre de Phalsbourg chamboule cette petite ville de 5 000 habitants fortifiée par Vauban. Sur dix jours, ce sont près de 15 000 visiteurs qui viennent assister à plus de 70 représentations (créations et accueils) dans divers lieux du centre ville : salles, cours, places et même jusque dans les fossés de la muraille Vauban. La vaste Place d’Armes se transforme en point névralgique avec plateau musical et restaurant de plein air. Petite surprise de cette édition 2011, un village manouche s’y installera, rayonnant de son univers folklorique

Rêves 7 Danse « Songe… d’une nuit d’été » d’après W. Shakespeare ; création jeu 23 juin et ven 24 juin à 20h30, La manufacture, 6, route d’Ingersheim, Colmar (68) & jeu 30 juin et ven 1er juil à 20h, La Filature, 20 allée Nathan Katz, Mulhouse (68). de 5,50 à 20 € www.operanationaldurhin.eu Festival Décibulles Du rock et des bulles Festival rock avec John Butler Trio, Les Hurlements d’Léo, Thomas Fersen, DJ Shadow (photo)… à Neuve-Église, dans la Vallée de Villé. du 24 au 26 juin, ven, sam, dim, Festival Décibulles, Rue du Climont, NeuveÉglise. Forfait jour de 17,50 à 30 € / Forfait 3 jours de 48 à 60 € / gratuit -11 ans // www.decibulles.com

Remp’art festif

Musique en plein air Une immersion au sein

des musiques actuelles ! Organisé par le Relais Culturel de Wissembourg, il propose une programmation riche de sa diversité et de son dynamisme. du 24 au 26 juin, ven, sam, dim, Grabenloch, Wissembourg. Entrée libre www.rampartfestif.fr

RDMC 2011 Musique classique et contemporaine Pour la XIe édition des RDMC, l’Ensemble Accroche note a le plaisr d’inviter le quatuor Borusan (Turquie) autour de trois concerts réunissant des oeuvres du répertoire et de la musique contemporaine. mer 29 juin, ven 1er juil et jeu 30 juin à 20h30, Église du Bouclier, 4 rue du Bouclier, à Strasbourg. 7€/gratuit étudiants. // www.accrochenote.com

et musicale sur le festival qui aura des allures métissées d’ici et d’ailleurs. L’avant-festival et son fameux feu d’artifice (13 juillet) réservera aussi ses surprises. L’an passé, un funambule avait traversé la place comme par magie, sous les feux, perché à 20 mètres au-dessus du sol. À Phalsbourg (57), du 22 au 31 juillet 03 87 24 42 42 – www.phalsbourg.fr

d’Alsace - Flâneries musicales. Du 8 avril au 9 octobre, dans différents lieux en Alsace. De 5 à 20 €, gratuit pour les - 16 ans. // www.festivalcallinet.fr Bêtes de scène

Festival Avec Finley Quaye, Ebony Bones

(photo), Pigeon John, Architecture in Helsinki… du 7 au 10 juil, Noumatrouff, 57 rue de la Mertzau, Mulhouse (68). 25 € pass 3 jours / 15 € par jour en loc www.noumatrouff.fr

La Vallée des contes

Festival Jeune public Pendant plus de dix

jours, les contes et légendes d’Alsace et du reste du monde retentissent dans les 15 villages de la Vallée de Munster. du 1er au 11 juil, divers lieux, Munster et environs (68). 5 à 8 € par spectacle www.lavallee-des-contes.fr Don Pasquale Opéra Opéra Studio. Un barbon va faire d’une pierre deux coups, déshéritant un neveu réfractaire à ses ordres et lui ravissant la jeune fille qu’il aime ! Mais la belle Norina a plus d’un tour dans son sac… dim 3 juil à 17h ; mar 5 juil à 20h ; jeu 7 juil à 20h, Opéra national du Rhin, place Broglie, Strasbourg. de 12 à 48 € www.operanationaldurhin.eu Festival Callinet La musique, langue universelle 4e édition du festival régional des orgues

Tous en place Festival de rue Des animations originales et spectacles, largement gratuits et dédiés à tous les publics se succèderont durant près de 10 jours. Les soirées seront précédées d’un apéritif-concert sur la place. du 10 au 19 juil, Place du château des Rohan, Saverne. www.mairie-saverne.fr Musicalta

festival Depuis 1996, musiciens et publics

se retrouvent chaque été pour partager ensemble des moments musicaux exceptionnels pendant 20 jours. du 22 juil au 9 aoû, Dans différents lieux, Rouffach et ses environs (68). TP 25 € TR 15 € / pass week-end 3 concerts 60 € www.musicalta.com

Scènes de rue Spectacle de rue

Grand public, artistique et festif, Scènes de rue est un festival dédié aux arts de la rue. Les spectacles transfigurent places, jardins, parcs et rues de la ville. Au gré de ces rencontres artistiques, les visiteurs découvrent la ville sous un nouveau jour. du 14 au 17 juil, dans divers lieux à Mulhouse. Entrée libre. www.mulhouse.fr Au Grès du Jazz Festival Jazz Une fenêtre ouverte sur toutes les musiques et courants du jazz avec un clin d’œil à l’Afrique. Une place de choix sera faite également aux jeunes talents. du 5 au 15 août, place du Château, La Petite Pierre. De 13 à 25 € / pass 1 jour 30 € / pass festival 160 € www.jazzlapetitepierre.com Festival aux Chandelles Musique classique Des soirées magiques dans un cadre enchanteur. du 12 au 27 août, sam et dim à 20h45, Église de Saint-Pierre-sur-l’Hâte, Lieu dit Echery, Sainte-Marie-Aux-Mines (68). De 9 à 25 € / réservation auprès de l’Office de Tourisme du Val d’Argent au 03 89 58 80 50 // www.festivalauxchandelles.fr

Samedi 18 /6 Requiem

Concerts apéritifs Op. 9 de Maurice Duruflé ; Version pour violoncelle et orgue à 11h, Église St-Paul, 1 rue du Général Eisenhower, Strasbourg. de 5 à 11 €

Caillou-Câlin le chemin de pierres marionnette Pierre est un enfant solitaire et secret. Il chemine sur les traces de son


Frédéric François Concert Chansons d’amour à 20h30, Ceram, Soufflenheim. 44/49€ Jean Louis Aubert rock, chanson française Jean-Louis Aubert revient avec son 7e album intitulé Roc Eclair, un hommage à la vie, aux proches et à l’amour. à 20h, Zénith, à Strasbourg. De 37 à 43 € www.zenith-strasbourg.fr Ruhr-in-Love festival électro De 12h à 22h l’Olga Park vibrera aux sons de la musique électronique. Plus de 300 DJ’s seront présents pour animer 35 dancefloors. de 12h à 22h, Olga Park, Oberhausen (DE). Prévente 19 € / caisse du soir 24 € www.ruhr-in-love.de

Mardi 28 /6 Véronique & Max Jean au Petit Tonnelier Jazz swing ballades Tous les 15 jours, le Petit Tonnelier mijote pour vous la partition idéale : dîner… puis concert ! Réservation recommandée. Au Petit Tonnelier, 16 rue des Tonneliers, à Strasbourg. www.aupetittonnelier.com

Vendredi 1 /7 Orchestre symphonique de la radio de Berlin Festival international de Colmar Sous la direction de Marek Janowski, l’Orchestre interprètera des oeuvres de C. M. von Weber, C. Saint-Saëns et W.A. Mozart. Soliste : Arabella Steinbacher (violon). à 21h, Église Saint-Matthieu, Grand’Rue, Colmar (68). De 11 à 60 € www.festival-colmar.com

Samedi 2 /7 Jojo au bord du monde

Festival de théâtre amateur ThéAtralis

passé avec pour seul indice un caillou riche en souvenirs… à 15h, Château de Lichtenberg, Lichtenberg. Dès 3 ans. Adultes 5 € Enfants 3,50 € / Sur réservation au château au 03 88 89 98 72 www.chateaudelichtenberg.com Fin de résidence

Théâtre urbain / Hip-Hop / vidéo Après « À nos morts », « Folies colonies ! », « Samudaripen » ou « Héritages », la Compagnie Mémoires Vives présente une nouvelle création d’inspiration entièrement schilickoise. à 20h30, Salle des fêtes, avenue de la 2e division blindée, Schiltigheim. De 5,50 à 8 € // www.ville-schiltigheim.fr

Dimanche 19 /6 Alice au pays de la danse Spectacle Une diversité de styles s’alterneront, depuis le classique jusqu’au modern’jazz en passant par la salsa colombienne et le hip hop. Petits et grands se succèderont. à 15h, Dôme, 16 rue Mattfeld, Mutzig. Gratuit // www.ot-molsheim-mutzig.com

Mercredi 22 /6 Paul Cox & Charlie Fabert Duo magique Amateurs de guitare, voici une superbe occasion d’assister à un excellent concert de Blues, Soul et Rock ! à 21h30, Au Camionneur, 14 rue georges Wodli, Strasbourg. 20 € www.au-camionneur.fr Robin des Bois

Théâtre de marionnettes Ils sont tous là,

dans la forêt de Sherwood ou à Nottingham : Robin, Petit-Jean, Frère Tuck et tous leurs compères, sans oublier le terrible sheriff. à 15h, Le PréO, 5 rue du Général de Gaulle, Oberhausbergen. Dès 6 ans. De 5,50 à 12€ // www.le-preo.fr

Jeudi 23 /6 OPS : Gurrelieder Monument On attend avec impatience cette composition de Schönberg, véritable torrent musical dont Webern résuma parfaitement l’essence en affirmant : « La sensation de ces flots sonores m’exalte à mourir ». à 20h30, Palais de la musique et des congrès, place de Bordeaux, Strasbourg. De 26 à 40 € www.philharmonique.strasbourg.eu

Vendredi 24 /6 Base Jump par la compagnie Inédit Théâtre Impro Une heure d’improvisation, des sketches courts mais intenses, qui s’enchaînent à un rythme soutenu et tonique. à 21h30, Au Camionneur, 14 rue Georges Wodli, à Strasbourg. de 12 à 16 € www.au-camionneur.fr

Samedi 25 /6 Clôture de la saison 2010-2011 Soirée festive et culturelle Avec à 18h, le vernissage d’une exposition, à 19h « Balade contée à pédibus », à 21h « Le Lièvre et le Rat » et à 22h30 « Les Conteurs électriques ». Buvette et petite restauration sur place. à 18h, Le PréO, 5 rue du Général de Gaulle, Oberhausbergen. Entrée libre www.le-preo.fr Festival Les Fanfarons

C’est la fête 3e édition du festival de fanfares

de la Ville d’Ostwald. Concerts et animations pour petits et grands se succèderont tout au long de la journée. place des Fêtes - quai Heydt, en face du Centre sportif, Ostwald. Entrée libre www.ville-ostwald.fr

Jonas-Joachim Tabanas est un gentil garçon qui attend que la vie s’intéresse à lui. Un beau jour, apparaissent deux fées qui ne voient pas la vie en rose bonbon… à 21h, Taps Gare, 10 rue du Hohwald, Strasbourg. Dès 12 ans. TP 8 € / TR 4 € http://theatre-ecarlate.blogspot.com J’te paie impro théâtre d’impro La compagnie J’Te Paye Impro est une troupe de comédiens amateurs, de tous bords, qui se produit dans des spectacles d’improvisation théâtrale gratuits sur Strasbourg et la région Alsace. à 21h, Jimmy’s pub, 29 rue des juifs, à Strasbourg. Entrée libre www.jtepayeimpro.net Orchestre symphonique de la radio de Berlin Festival international de Colmar Sous la direction de Marek Janowski, l’Orchestre interprètera des oeuvres de C. M. von Weber, C. Saint-Saëns et W.A. Mozart. Soliste : Barry Douglas (piano). à 21h, Église Saint-Matthieu, Grand’Rue, Colmar (68). De 11 à 60 € www.festival-colmar.com

Dimanche 3 /7 Les heures musicales d’Ebermunster festival Le Choeur de Chambre de l’Université de Heidelberg et l’Orchestre Camerata viva de Tübingen interprêtent la Symphonie n°2 de F.B. Mendelssohn. à 17h, Eglise abbatiale Saint-Maurice, Rue du Général Leclerc, Ebersmunster. TP 15 € / TR 12 € http://mairie.ebersmunster.free.fr Orchestre symphonique de la radio de Berlin Festival international de Colmar Sous la direction de Marek Janowski, l’Orchestre interprètera la « Symphonie n°5 en si bémol majeur » d’Anton Bruckner. à 17h, Église Saint-Matthieu, Grand’Rue,

Colmar (68). De 7,50 à 41 € www.festival-colmar.com

Lundi 4 /7 Soirée sonates

Festival international de Colmar Arabella Steinbacher (violon) et Cédric Tiberghien (piano) interprèteront des sonates de Beethoven et Brahms. à 18h15, Chapelle Saint-Pierre, Colmar (68). De 8 à 24 € www.festival-colmar.com

Mardi 5 /7 Soirée sonates Festival international de Colmar Vladimir Spivakov (violon) et Alexander Ghindin (piano) interprèteront des sonates de J. Brahms, I. Stravinski et C. Franck. à 21h, Église Saint-Matthieu, Grand’Rue, Colmar (68). De 7,50 à 41 € www.festival-colmar.com

Mercredi 6 /7 Concert de musique de chambre

Festival international de Colmar Sergej

Krylov (violon) et Edna Stern (piano) interprèteront des oeuvres de J.S. Bach, E. Ysaÿe, F. Chopin, M. de Falla et P. de Sarasate. à 18h15, Chapelle Saint-Pierre, Colmar (68). De 5,50 à 18 € www.festival-colmar.com

Jeudi 7 /7 Orchestre national philharmonique de Russie Festival international de Colmar Sous la direction de Vladimir Spivakov, l’Orchestre interprètera des oeuvres de Brahms et Beethoven. Soliste : Vadim Gluzman (violon). à 21h, Église Saint-Matthieu, Grand’Rue, Colmar (68). De 11 à 60 € www.festival-colmar.com

Vendredi 8 /7 Supertramp Mythique Supertramp fête ses 40 ans de carrière ! Durant plus de 2h, le groupe enchaînera ses plus grands tubes. à 21h, Zénith, à Strasbourg. De 54 à 94 € www.zenith-strasbourg.fr Concert de musique vocale

Festival international de Colmar « Songes d’une nuit d’été ». Mélodies et Lieder de Mozart, Schubert, Schumann, Wagner, Liszt, Fauré, Debussy et Strauss par Edwin Crossley-Mercer (baryton) et Semion Skigin (piano). à 12h30, Le Koïfhus, Colmar (68). De 4,50 à 18 € // www.festival-colmar.com

Orchestre national philharmonique de Russie Festival international de Colmar Sous la direction de Vladimir Spivakov, l’Orchestre interprètera des oeuvres de J. Sibelius, F. Poulenc ainsi que « Le Boléro » de M. Ravel. à 21h, Église Saint-Matthieu, Grand’Rue, Colmar (68). De 11 à 60 € www.festival-colmar.com

Dimanche 10 /7 Orchestre national philharmonique de Russie Festival international de Colmar Sous la direction de Vladimir Spivakov, l’Orchestre nous propose une soirée spéciale Mozart. à 17h, Église Saint-Matthieu, Grand’Rue, Colmar (68). De 9,50 à 52 € www.festival-colmar.com

Lundi 11 /7 Concert d’orgue par Francis Jacob Concert de musique classique. Chaque été, le stage d’orgue de Sæssolsheim réunit 20 stagiaires et 5 professeurs. C’est l’occasion


Mardi 12 /7 Concert de musique de chambre

Festival international de Colmar Amaury

Coeytaux (violon) et Nathalia Romanenko (piano) interprèteront des oeuvres de F. Liszt, E. Ysaÿe, E. Granados et P. de Sarasate. à 12h30, Le Koïfhus, Colmar (68). De 3,50 à 14 € // www.festival-colmar.com

Mercredi 13 /7 Concert d’orgue et clavicorde à Saessolsheim par Benjamin Righetti Musique classique Chaque été le stage d’orgue de Sæssolheim réunit 20 stagiaires, 5 professeurs. C’est l’occasion de profiter de conseils éclairés, de partager sa passion… Chaque soir concert (45 min.) par 1 professeur à 19h, Eglise Saint-Jean-Baptiste, Rue Principale, Saessolsheim. Dès 12 ans. Gratuit http://pagesperso-orange.fr/asamos Orchestre national philharmonique de Russie Festival international de Colmar Sous la direction de Vladimir Spivakov, l’Orchestre interprètera des oeuvres de Tchaïkovski, Chopin, Verdi et Paganini. Solistes : Philippe Kopachevsky (piano) et Feng Ning (violon). à 21h, Église Saint-Matthieu, Grand’Rue, Colmar (68). De 9,50 à 52 € www.festival-colmar.com Récital de piano

Festival international de Colmar Le pia-

niste François-Frédéric Guy interprètera des extraits du cycle pour piano « Harmonies poétiques et religieuses » de Liszt et la Sonate pour piano n°8 en ut mineur opus 13 dite « Pathétique » de Beethoven. à 18h15, Chapelle Saint-Pierre, Colmar (68). De 8 à 24 € www.festival-colmar.com

Jeudi 14 /7 Les Lumières de la ville Ciné-concert Concert de clôture du 23 e Festival international de Colmar. Projection du film de Charlie Chaplin avec accompagnement musical par l’Orchestre national philharmonique de Russie. à 21h, Théâtre du Parc des Expositions, Colmar (68). De 5 à 45 € www.festival-colmar.com

Samedi 16 /7 Concert d’orgue à Ettendorf par Francis Jacob et Gilles Weber Musique classique Chaque été le stage d’orgue de Sæssolheim réunit 20 stagiaires, 5 professeurs. C’est l’occasion de profiter de conseils éclairés, de partager sa passion… Chaque soir concert (45 min.) par 1 professeur à 18h, Eglise St-Nabor, Ettendorf. Dès 12 ans. Gratuit http://pagesperso-orange.fr/asamos

Mardi 19 /7 Fa Mi par Si, famille par là Théâtre pour le jeune public Dans une ronde contée, chantée et jouée, Isabelle Marx, comédienne et chanteuse, donne vie à sa famille imaginaire. La séance à 14h30 est réservée aux groupes de 10 personnes et plus. à 14h30 et 17h, Taps Gare, 10 rue du Hohwald, à Strasbourg. Dès 2 ans. Entrée libre, sur réservation au 03 88 23 84 65 (une semaine avant le spectacle) www.strasbourg.eu

Fawzy Al-Aiedy trio : Oud Aljazira Eté cour été jardin Les improvisations de Fawzy sont portées par la rythmique complice du percussionniste et par les envolées mélodiques du violoniste qui font jaillir l’âme et la sensualité de l’Orient. à 20h30, Taps Scala, 96 route du Polygone, Strasbourg-Neudorf. Entrée libre, sur réservation au 03 88 23 84 65 (une semaine avant le spectacle) www.strasbourg.eu

MERCREDI 20 /7 Les chemins de l’amour en duo Eté cour été jardin Au programme : des opéras et opérettes françaises et allemandes, de Francis Poulenc, Erik Satie, Jacques Offenbach, Georgs Bizet… à 20h30, Taps Scala, 96 route du Polygone, Strasbourg-Neudorf. Entrée libre, sur réservation au 03 88 23 84 65 (une semaine avant le spectacle) www.strasbourg.eu

Jeudi 21 /7 Goûtez Grimm ! Contes d’un été Un comédien et une musicienne s’emparent des contes de Grimm. Deux pupitres, quelques ampoules, un violon et quelques autres instruments… - La séance à 14h30 est réservée aux groupes de 10 personnes et plus. à 14h30 et 17h, Taps Gare, 10 rue du Hohwald, à Strasbourg. Dès 6 ans. Entrée libre, sur réservation au 03 88 23 84 65 (une semaine avant le spectacle) www.strasbourg.eu

Vendredi 22 /7 Soirée symphonique Nouveau monde et Rococo Festival Musicalta L’Orchestre Symphonique de Mulhouse interprète des oeuvres d’Arvo Pärt, Tchaïkovski et Dvorak. à 20h30, Église Saint-Pantaléon, 14 place de la Mairie, Gueberschwihr (68). De 15 à 25 € // www.musicalta.com

Samedi 23 /7 Nathalie Bach lit Michel Dorsday Eté cour été jardin « Cette lecture, en musique, est le fruit d’un désir partagé. Celui d’un auteur strasbourgeois, Michel Dorsday, qui fut mon mari, et mon désir à moi, qui n’a d’autre but que de faire découvrir son oeuvre prolifique. » N. Bach à 20h30, Taps Scala, 96 route du Polygone, Strasbourg-Neudorf. Entrée libre, sur réservation au 03 88 23 84 65 (une semaine avant le spectacle) www.strasbourg.eu Soirée Fantastique Festival Musicalta Entre autres au programme : « Danse Macabre pour violon et piano » de Saint Saëns, « L’histoire du soldat pour piano, violon et clarinette » de Stravinski et « Gaspard de la nuit » de Ravel. à 20h30, Église Saint-Pantaléon, 14 place de la Mairie, Gueberschwihr (68). De 15 à 25 € // www.musicalta.com

Dimanche 24 /7 Récital Piano Enrique Batiz Festival Musicalta Au programme : Sonate n°8 « Pathétique » de Beethoven, Sonate n°2 et Polonaise « Héroïque » de Chopin, Novelette n°1 opus 21 de Schumann. à 20h30, Église Saint-Pantaléon, 14 place de la Mairie, Gueberschwihr (68). De 15 à 25 € // www.musicalta.com

Mardi 26 /7 A belles dents !

Théâtre pour le jeune public Spectacle visuel, musical et culinaire, À belles dents ! réinvente très librement les contes traitant des ogres et

ogresses. La séance à 14h30 est réservée aux groupes de 10 personnes et plus. à 14h30 et 17h, Taps Gare, 10 rue du Hohwald, à Strasbourg. Dès 3 ans. Entrée libre, sur réservation au 03 88 23 84 65 (une semaine avant le spectacle) www.strasbourg.eu Gabriel de Richaud : NewYork et moi ! Eté cour été jardin Gabriel retourne aux sources: des poèmes et des chansons… Où nous mènera t-il ce soir ? à 20h30, Taps Scala, 96 route du Polygone, Strasbourg-Neudorf. Entrée libre, sur réservation au 03 88 23 84 65 (une semaine avant le spectacle) www.strasbourg.eu Le Carnaval des animaux et des saveurs Festival Musicalta Au programme : « Le Carnaval des animaux » de Saint Saëns et la nouvelle création sur des textes de Lily Gros, « Les Milles et une pâtes » de Françoise Choveaux. à 20h30, Le couvent des Dominicains, 34 rue des Dominicains , Guebwiller (68). De 15 à 25 € // www.musicalta.com

Mercredi 27 /7 Dichterliebe et Tientos Eté cour été jardin Outre la création « Cahier d’Asnières », un recueil de Tientos pour piano, « Die Loreley » de Liszt et « Dichterliebe » de Schumann seront interprétés. à 20h30, Taps Scala, 96 route du Polygone, Strasbourg-Neudorf. Entrée libre, sur réservation au 03 88 23 84 65 (une semaine avant le spectacle) www.strasbourg.eu

en CHANT é… Musique classique Le concert d’ouverture du Festival prendra une forme d’hymne au chant, joué et improvisé, de l’opéra aux chants d’oiseaux. Oeuvres de Mendelssohn, Casals… et improvisations. à 20h, Salle des Fêtes, Rue de Sélestat rempart Foch, Obernai. De 12 à 20 € www.festivalmusiqueobernai.com

Jeudi 28 /7 Contes de mensonges Contes d’un été Le roi promet son royaume à celui ou à celle qui lui racontera le plus gros mensonge. Il n’aurait pas dû, car il a perdu… La séance à 14h30 est réservée aux groupes de 10 personnes et plus. à 14h30 et 17h, Taps Gare, 10 rue du Hohwald, à Strasbourg. Dès 6 ans. Entrée libre, sur réservation au 03 88 23 84 65 (une semaine avant le spectacle) www.strasbourg.eu Carte Blanche à Louis Sclavis Festival Musicalta Des musiques improvisées avec Louis Sclavis (clarinettes) et Nicolas Vérin (électronique). à 20h30, Église Saint-Pantaléon, 14 place de la Mairie, Gueberschwihr (68). De 15 à 25 € // www.musicalta.com

Vendredi 29 /7 Méphisto Valse Musique classique La rencontre d’un pianiste phénoménal touché par la grâce d’une muse… Jean-Frédéric Neuburger et Caroline Lemière vous entraîneront dans une danse brillante qui vous fera quitter la terre ! à 20h, Salle des Fêtes, Rue de Sélestat rempart Foch, Obernai. De 12 à 20 € www.festivalmusiqueobernai.com

agenda

de profiter de conseils éclairés, de partager sa passion… Chaque soir concert (45 min.) par 1 professeur à 19h, Eglise St-Matthieu, Haegen. Dès 12 ans. Gratuit http://pagesperso-orange.fr/asamos


Soirée symphonique Mexique Festival Musicalta L’Orchestre Symphonique de Mulhouse interprète des oeuvres de Beethoven, Silvestre Revueltas, Liszt, Milhaud et une création de Roman Revueltas. à 20h30, Église Saint-Pantaléon, 14 place de la Mairie, Gueberschwihr (68). De 15 à 25 € // www.musicalta.com

Samedi 30 /7 La sexualité d’un plateau de fuits de mer Eté cour été jardin « Dans les textes de Jean-Pierre Otte, il y a cet art d’éveiller tous vos sens au plaisir sensuel de la dégustation des fruits de mer. » Francis Freyburger à 20h30, Taps Scala, 96 route du Polygone, Strasbourg-Neudorf. Entrée libre, sur réservation au 03 88 23 84 65 (une semaine avant le spectacle) www.strasbourg.eu Une mezzo sinon rien ! Musique classique La grande Karine Deshayes vient nous envoûter de sa voix chaleureuse et profonde, dans un programme de mélodies françaises. Avec Johan Farjot au piano et Geneviève Laurenceau au violon. à 20h, Salle des Fêtes, Rue de Sélestat rempart Foch, Obernai. De 12 à 20 € www.festivalmusiqueobernai.com Parenthèse Hip-hop international Festival Musicalta Un « big event » avec World Wide Connects. à 20h30, Atrium de Legta, 8 aux Remparts, Rouffach (68). De 15 à 25 € www.musicalta.com

Dimanche 31 /7 Rhapsodie au clair de lune Musique classique Jazz, classique et musique du monde s’entrecroiseront dans ce concert inédit aux couleurs traditionnelles, nostalgiques et enflammées. à 20h, Théâtre de Verdure, Domaine de la Léonardsau, Boersch. De 12 à 20 € www.festivalmusiqueobernai.com

Lundi 1 /8

WOW !

Théâtre pour le jeune public WOW, trois

lettres étonnées pour trois garçons étonnants, trois ovnis qui nous entraînent dans un univers clownesque poétique et drôle. La séance à 14h30 est réservée aux groupes de 10 personnes et plus. à 14h30 et 17h, Taps Gare, 10 rue du Hohwald, à Strasbourg. Dès 5 ans. Entrée libre, sur réservation au 03 88 23 84 65 (une semaine avant le spectacle) www.strasbourg.eu

Mercredi 3 /8

À la recherche du temps perdu Musique classique Entre nostalgie et passion, entre pudeur et effusion, drôlerie et grâce, la magie de la plume de Marcel Proust mêlée aux plus belles pages romantiques de la musique. à 20h, Synagogue, Rue de Sélestat place Néher, Obernai. De 12 à 20 € www.festivalmusiqueobernai.com

Mardi 2 /8 Car nous ne savons rien de la seconde qui vient Eté cour été jardin Entre chansons françaises, jazz, salmigondis et improvisades, Anne Cantineau se balade, joue la comédie, chante et rêve. Grégory Ott ajoute sa patte, la crème de la crème, le petit lait et les notes. à 20h30, Taps Scala, 96 route du Polygone, Strasbourg-Neudorf. Entrée libre, sur réservation au 03 88 23 84 65 (une semaine avant le spectacle) www.strasbourg.eu

Arias, Romances et autres Mélodies Eté cour été jardin Le programme se faufile dans le riche répertoire de l’amour et laisse entendre des musiques où l’émotion est reine, portée par le chant de la voix ou des instruments qui l’entourent. à 20h30, Taps Scala, 96 route du Polygone, Strasbourg-Neudorf. Entrée libre, sur réservation au 03 88 23 84 65 (une semaine avant le spectacle) www.strasbourg.eu Sérénade

Musique classique Accents festifs et débri-

dés pour ce concert de clôture du Festival, servis par des cordes complices. Oeuvres de Boccherini, Dohnanyi, Mendelssohn. à 20h, Salle des Fêtes, Rue de Sélestat rempart Foch, Obernai. De 12 à 20 € www.festivalmusiqueobernai.com Parenthèse Jazz Soirée Crooner Festival Musicalta Croon on : Ernie Odoom (chant) et Cyril Moulas (basse) avec en invité

exceptionnel Gerry Hemingway. à 20h30, Château d’Isenbourg, Rue de Pfaffenheim, Rouffach (68). De 15 à 25 € www.musicalta.com

Jeudi 4 /8 Et roule, roule la noix de coco… Contes d’un été « J’ai des histoires à vendre / Des belles et des tendres… / Au commencement était la noix de coco / C’est en son coeur que j’ai puisé mes histoires. » - La séance à 14h30 est réservée aux groupes de 10 personnes et plus. à 14h30 et 17h, Taps Gare, 10 rue du Hohwald, à Strasbourg. Dès 6 ans. Entrée libre, sur réservation au 03 88 23 84 65 // www.strasbourg.eu

Vendredi 5 /8 Youn Sun Nah Duo Festival Au Grès du Jazz La chanteuse coréenne, lauréate 2011 du prix Jazz vocal de l’Académie du jazz et récompensée par un double disque d’or pour son dernier album, sera accompagnée par Ulf Wakenius. à 21h, Vieille ville fortifiée et centre culturel, La Petite Pierre. TP 18 € / TR 15 € / gratuit -6 ans www.jazzlapetitepierre.com Trio Rachmaninov Festival Musicalta Au programme : des oeuvres pour trio de Beethoven, Rachmaninov, Arvo Pärt et Brahms. à 20h30, Église Saint-Pantaléon, 14 place de la Mairie, Gueberschwihr (68). De 15 à 25 € // www.musicalta.com

Samedi 6 /8

au

Franz Liszt : « De l’enfer au paradis » Eté cour été jardin Dans ce programme commémoratif, la musique de Liszt et la poésie se répondront tour à tour, comme il était d’usage dans les salons du xixe siècle. à 20h30, Taps Scala, 96 route du Polygone, Strasbourg-Neudorf. Entrée libre, sur réservation au 03 88 23 84 65 (une semaine avant le spectacle) www.strasbourg.eu

5 15/8

du

/8

Juan Carmona Quintet

Festival Au Grès du Jazz Juan Carmona fait

indéniablement parti des guitaristes les plus créatifs de la nouvelle génération flamenca. à 17h, Vieille ville fortifiée et centre culturel, La Petite Pierre. TP 15 € TR 13 € / gratuit -6 ans www.jazzlapetitepierre.com Vincent Segal & Ballaké Sissoko Festival Au Grès du Jazz Le mariage de la kora et du violoncelle. à 21h, Vieille ville fortifiée et centre culturel, La Petite Pierre. TP 18 € TR 15 € / gratuit -6 ans www.jazzlapetitepierre.com Mozart intime

Festival Musicalta Au programme : Mozart

évidemment (Concerto pour flûte et harpe KV 299, Duo violon et alto K 423, Quintette en la majeur « Stadler » pour clarinette et cordes K 581), mais aussi Elvio Cipollone. à 20h30, Église Saint Martin, Pfaffenheim (68). De 15 à 25 € // www.musicalta.com

Dimanche 7 /8

My Favourite Things Ahmad Jamal, Seun Kuti, Youn Sun Nah ou Lucky Peterson Quintet (photo) sont à l’affiche du festival Au grès du Jazz à La Petite Pierre. Sur le territoire du Parc Naturel Régional des Vosges du Nord, dans la vieille ville fortifiée et au centre culturel, le festival jazz de La Petite Pierre « singulier et novateur », selon ses organisateurs, est un bel événement jazzistique dans un magnifique cadre naturel. Ouverture des festivités en beauté, vendredi 5 août, avec Youn Sun Nah, véritable révélation, qui fait souffler un vent frais sur le jazz vocal. Il faut l’entendre chanter le My Favourite Things de Coltrane ! Ne pas manquer

la rencontre (au sommet, samedi 6 août) entre Ballaké Sissoko, joueur de kora et musicien malien, et le violoncelliste talentueux Vincent Ségal de Bumcello, ni le show bouillant de Seun Kuti (le plus jeune fils du géant Fela) accompagné d’Egypt 80. Afrobeat au programme de ce dimanche 7 août. À (re)découvrir encore Jacky Terrasson, David Murray Cuban Ensemble, Lucky Peterson pour un concert de blues, les musiciens maliens d’Afrocubism, belle rencontre entre sons africains de musique cubaine… À La Petite Pierre, du 5 au 15 août - // www.jazzlapetitepierre.com

Seun Kuti and Egypt 80 Festival Au Grès du Jazz Avec le groupe original de son père, Seun Kuti présente une musique explosive, combinant les cuivres, claviers, percussions, guitares et choeurs. à 17h, Vieille ville fortifiée et centre culturel, La Petite Pierre. TP 23 € TR 20 € / gratuit -6 ans www.jazzlapetitepierre.com

Mardi 9 /8 2 rue Bulle

Théâtre pour le jeune public 2, rue Bulle :


Wawau Adler Trio & Marcel Loeffler Festival Au Grès du Jazz Guitariste peu connu par chez nous mais pourtant de premier plan et fort respecté par tous les grands du style, Wawau Adler est originaire de Karlsruhe où il exerce son art. à 21h, Vieille ville fortifiée et centre culturel, La Petite Pierre. TP 15 € TR 13 € / gratuit -6 ans www.jazzlapetitepierre.com Carte blanche « Orient Occident » Festival Musicalta Autour de… Arvo Pärt « Orient Occident » pour orchestre à cordes, avec l’orchestre et le choeur de l’Académie du Festival. à 17h, Église Sainte-Colombe, 11 rue du Bourgrain, Hattstatt (68). Entrée libre www.musicalta.com Orchestre et choeur de l’Académie du Festival Festival Musicalta Sous la direction de Florent Mayet, des oeuvres de Torreli, Toucas, Britten et Haydn. à 20h30, Église Saint-Pantaléon, 14 place de la Mairie, Gueberschwihr (68). De 15 à 25 € // www.musicalta.com

Mercredi 10 /8 Liszt et l’Italie Eté cour été jardin Au programme : « La regata veneziana » de Rossini, « Due Romanze » de Verdi, et surtout Liszt avec « Tre Sonetti di Petrarca », « Isoldes Liebestod » et « Zwei Lieder ». à 20h30, Taps Scala, 96 route du Polygone, Strasbourg-Neudorf. Entrée libre, sur réservation au 03 88 23 84 65 www.strasbourg.eu

Jeudi 11 /8 Tisseuses de Merveilles Contes d’un été Deux contes : « La fille aux cheveux d’or » (conte tzigane) et « La soie miraculeuse » (conte roumain). - La séance à 14h30 est réservée aux groupes de 10 personnes et plus. à 14h30 et 17h, Taps Gare, 10 rue du Hohwald, à Strasbourg. Dès 6 ans. Entrée libre, sur réservation au 03 88 23 84 65 // www.strasbourg.eu

Vendredi 12 /8 David Murray Cuban Ensemble Festival Au Grès du Jazz Le plus souvent sans autres voix que celles de ses instruments à vent, le très prolifique saxophoniste réussit le tour de force de faire vivre à sa façon le fantôme du roi Cole ! à 21h, Vieille ville fortifiée et centre culturel, La Petite Pierre. TP 18 € / TR 15 € / gratuit -6 ans www.jazzlapetitepierre.com Philippe Bernold, Maude Gratton & Marianne Muller Festival aux Chandelles œuvres de JM Leclair, JS Bach, Ligeti, Bruno Giner interprétées par Philippe Bernold, flûte, Maude Gratton clavecin, Marianne Muller, viole de gambe. à 20h45, Église de Saint-Pierre-surl’Hâte, Lieu dit Echery, Sainte-MarieAux-Mines (68). De 9 à 25 € / réservation auprès de l’Office de Tourisme du Val d’Argent au 03 89 58 80 50. www.festivalauxchandelles.fr

Samedi 13 /8 Afrocubism

Festival Au Grès du Jazz L’événement musi-

cal de l’été alsacien avec quelques-uns des musiciens ”stars” de la musique malienne (Toumani Diabate, Bassekou Kouyate…). à 21h, Vieille ville fortifiée et centre culturel, La Petite Pierre. TP 25 € / TR 22 € / gratuit -6 ans www.jazzlapetitepierre.com Julia Boman Quintet

Festival Au Grès du Jazz Originaux rencon-

trant standards avec une dose d’improvisation : c’est la voix de Julia Boman avec Rick Hannah (guitare), Anne List (contrebasse), Raphael Sonntag (batterie), et Erwin Siffer (piano). à 15h, Vieille ville fortifiée et centre culturel, La Petite Pierre. TP 15 € / TR 13 € / gratuit -6 ans www.jazzlapetitepierre.com

Veiller sous les rivières Eté cour été jardin Lecture de la poésie de l’auteur belge Agnès Henrard, accompagnée aux Ondes Martenot. à 20h30, Taps Scala, 96 route du Polygone, Strasbourg-Neudorf. Entrée libre, sur réservation au 03 88 23 84 65 (une semaine avant le spectacle) www.strasbourg.eu Jean-Yves Fourmeau & Miklos Schön Festival aux Chandelles Oeuvres de Karol Beffa, Bizet, Martin Romberg, Liszt, F. Decruck par Jean-Yves Fourmeau au saxophone et Miklos Schön au piano. à 20h45, Église de Saint-Pierre-surl’Hâte, Lieu dit Echery, Sainte-MarieAux-Mines (68). De 9 à 25 € / réservation auprès de l’Office de Tourisme du Val d’Argent au 03 89 58 80 50. www.festivalauxchandelles.fr

Dimanche 14 /8 Ahmad Jamal

Festival Au Grès du Jazz Le pianiste revient à

la Petite Pierre après son concert événement de l’été 2009. à 21h, Vieille ville fortifiée et centre culturel, La Petite Pierre. TP 23 € / TR 20 € / gratuit -6 ans www.jazzlapetitepierre.com

Lundi 15 /8 Le Trio Rosenberg invite Bireli Lagrène Festival Au Grès du Jazz Une rencontre musicale qui ne manquera pas de clôturer le festival par un moment de pure magie musicale. à 17h, Vieille ville fortifiée et centre culturel, La Petite Pierre. TP 23 € / TR 20 € / gratuit -6 ans www.jazzlapetitepierre.com

Mardi 16 /8 Un fauteuil dans la sciure Théâtre pour le jeune public Pépé est un ancien clown, alors il raconte des histoires de cirque, histoires d’amour, histoires de vie, histoire de rire… - La séance à 14h30 est réservée aux groupes de 10 personnes et plus. à 14h30 et 17h, Taps Gare, 10 rue du Hohwald, à Strasbourg. Dès 8 ans. Entrée libre, sur réservation au 03 88 23 84 65 // www.strasbourg.eu

diMANCHE 28 /8 LE TEMPS DES COMTOIS Comtois rends-toi ! Nenni ma foi ! Démonstrations de savoir-faire : torchis, vannerie, broderie, crochet, travail de la laine, filage, cardage, tissage… sur un fond de musique traditionnelle. Nancray (25) - Musée de Plein Air des Maisons Comtoises Adulte : 7,50 € Tarif réduit : 4,00 € www.maisons-comtoises.org

agenda

un univers qui met les sens en éveil et qui accompagne chacun de nous, à devenir un peu plus grand… La séance à 14h30 est réservée aux groupes de 10 personnes et plus. à 14h30 et 17h, Taps Gare, 10 rue du Hohwald, à Strasbourg. Dès 2 ans. Entrée libre, sur réservation au 03 88 23 84 65 (une semaine avant le spectacle) www.strasbourg.eu


jusqu’au 6 juil, du mardi au dimanche 10h-18h (fermé le lundi), Kunstmuseum, St. Alban-Graben 16, Bâle (CH). Entrée de 8 à 21 CHF www.kunstmuseumbasel.ch

MUSÉES ET CENTES D’ARTS John Constable Peinture Cette rétrospective regroupe 56 toiles, 29 dessins et aquarelles, dont de rares et charmantes études en plein air qui sont autant d’expériences visuelles étonnantes et intimes. jusqu’au 3 juil, tlj de 10h à 18h (sf lun, mar, jeu), mar et jeu de 10h à 20h, Staatsgalerie, Konrad-Adenauer-Str. 30-32, Stuttgart (All) (70). De 7 à 10 € www.staatsgalerie.de Brancusi & Serra Confrontation L’exposition réunit les œuvres de deux grands sculpteurs, la sensualité symbolique de Brancusi et le minimalisme monumental de Serra, dans une confrontation féconde. jusqu’au 21 aoû, tlj de 10h à 18h (sf mer), mer de 10h à 20h, Fondation Beyeler, Baselstrasse 101, Riehen (CH). De 6 à 25 CHF www.fondationbeyeler.ch Henrik Olesen Art contemporain Un artiste danois (né en 1967) connu pour sa stratégie conceptuelle de la déconstruction et sa manipulation des collages, des désassemblages et des interventions sur l’espace. jusqu’au 11 sept, tlj de 11h à 18h (sf lun), Museum für Gegenwartskunst, St. Alban-Rheinweg 60, Bâle (CH) (CH). De 5 à 12 CHF // www.kunstmuseumbasel.ch

Cy Twombly. jusqu’au 6 nov, du mer au ven de 11h à 20h, lun, sam, dim de 11h à 18h, MUDAM, 3 Park Dräi Eechelen, Luxembourg. De 3 à 5 € // www.mudam.lu Métamorphoses

Un artiste alsacien De la gravure au collage,

découvrez le monde particulier d’Erwin Heyn. jusqu’au 21 juin, tlj (sf mer), Etappenstall, 16 rue du général de Gaulle, Erstein. Entrée libre / Inscription visite guidée : 03 88 64 53 74 www.ville-erstein.fr

L’Alsace pittoresque Expo de peinture Consacrée aux représentations du paysage alsacien de la fin du xviiie siècle jusqu’aux années 1860, cette expo réunit environ 180 œuvres d’artistes locaux et étrangers. jusqu’au 26 juin, de 09h à 18h (fermé le 1er mai), Musée d’Unterlinden, 1 rue d’Unterlinden, Colmar (68). De 3 à 8 € gratuit -12 ans www.musee-unterlinden.com À l’eau, j’écoute Jeune public L’exposition emmène le visiteur des milieux humides naturels et domestiqués vers les activités de l’homme qui sont liées à l’eau : pêche, moulins, vannerie. jusqu’au 30 juin, tlj (sf mar), Etappenstall, 16 rue du général de Gaulle, Erstein. Entrée libre www.ville-erstein.fr

Neo Rauch

Mayonnaise

nouvelle école de Leipzig », Neo Rauch est un des peintres allemands majeurs. jusqu’au 18 sept, tlj de 10h à 18h (sf lun), Museum Frieder Burda, Lichtentaler Allee 8b, Baden-Baden (All). De 5 à 10 € www.sammlung-frieder-burda.de

artistes, 7 vernissages, 5 expositions, 2 mois, 1 syndicat potentiel. Un partenariat entre le Syndicat potentiel et l’ESADS Strasbourg. jusqu’au 18 juin, jeu, ven, sam Ouvert tous les jours de 15h à 19h (sauf les dimanche et lundi) ; du 23 au 30 juin, du mar au sam Ouvert tous les jours de 15h à 19h (sauf les dimanche et lundi), Syndicat Potentiel, 13 rue des couples, à Strasbourg. Entrée libre http://syndicatpotentiel.free.fr

Art contemporain Figure de proue de la «

Un Être au monde Art contemporain La vidéaste sud-africaine Berni Searle propose une sélection de cinq installations vidéo majeures, métaphores poétiques aux résonnances politiques. jusqu’au 18 sept, du mar au ven de 14h à 19h, sam et dim de 11h à 19h, FRAC Lorraine, 1 bis rue des Trinitaires, Metz (57). Entrée libre // www.fraclorraine.org L’âge d’or du mobilier lorrain Patrimoine Sortie des réserves et entièrement restaurée à cette occasion, la collection inédite des Musées de Metz Métropole est complétée par des prêts de musées et de particuliers. jusqu’au 19 sept, tlj de 9h à 17h (sf mar et dim), sam et dim de 10h à 17h, Musées de la Cour d’Or, 2, rue du Haut Poirier, Metz (57). De 1,50 à 4,60 € musees.metzmetropole.fr Voiture Fétiche

Je conduis, donc je suis L’exposition

démontre la diversité dans l’art influence par l’automobile. Environs 160 œuvres de plus de 80 artistes, dont Balla, Warhol, Richter… jusqu’au 9 oct, de 11h à 18h, Musée Tinguely, Paul Sacher-Anlage 1, Bâle (CH). De 10 à 15 CHF // www.tinguely.ch

Sammlung Im Obersteg Collection… Les lettres d’artistes de la collection Im Obersteg constituent le noyau de l’exposition. Signées Picasso, Chagall, Jawlensky, Soutine… elles ont rarement été exposées… du 6 aoû au 16 oct, du mardi au dimanche 10h-18h (fermé le lundi), Kunstmuseum, St. Alban-Graben 16, Bâle (CH). De 8 à 15 CHF www.kunstmuseumbasel.ch Walking Through... Un parcours L’exposition est une invitation à parcourir la Collection du musée à travers le thème du paysage, de Xavier Veilhan à

art contemporain Mayonnaise : 10 jeunes

Konrad Witz

L’exposition unique Konrad Witz compte

parmi les artistes qui renouvelèrent radicalement la peinture au xve siècle. L’exposition part sur les traces du maître, qui s’installa à Bâle en 1434.

Ogres, brigands et compagnie

Les livres pour enfants de Tomi Ungerer

Dans le cadre des 80 ans de Tomi Ungerer, le Musée Tomi Ungerer propose la première rétrospective consacrée à l’un des aspects les plus connus de l’œuvre du dessinateur. jusqu’au 7 août, de 12h à 18h, sauf mardi, de 10h à 18h les samedis et dimanches, Musée Tomi Ungerer, 2 avenue de la Marseillaise (Villa Greiner), Strasbourg. TP 6 € / TR 3 € www.musees.strasbourg.eu Le Goût de la Nature Beaux-Arts Un parcours à travers l’histoire du paysage européen, depuis la période romantique jusqu’au milieu du xxe siècle, avec des chefs-d’œuvre de Loutherbourg, Corot, Courbet, Sisley, Monet ou Signac. jusqu’au 15 août, tlj de 12h à 18h (sf mar, sam, dim), sam et dim de 10h à 18h, Musée des Beaux-Arts, 2 place du Château, Strasbourg. De 3 à 6 € www.musees.strasbourg.eu Grains de bâtisseurs

13h-17h / dim 10h-17h, Haus zum Kirschgarten, Elisabethenstrasse 27, Bâle (CH). De 8 à 10 CHF www.schaulager.org Georges-Daniel KREBS (1894-1982) Expo de peinture Originaire de Brumath, Krebs fut un artiste fécond et un grand coloriste. A l’huile comme à l’aquarelle, au pinceau comme au couteau, il s’intéressa à divers sujets, du quotidien jusqu’à l’allégorie. du 9 juil au 31 aoû, de 14h à 18h, Musée Historique - Chapelle des Annonciades, Place Albert Schweitzer, Haguenau. TP 3,20 €, TR 1,60 €, gratuit - de 14 ans et scolaires, le billet d’entrée à l’exposition donne aussi accès au Musée Historique et inversement // www.ville-haguenau.fr Peintures sous verre et églomisés art populaire Monique Meyer propose une exposition variée, montrant les différentes facettes de l’art lumineux de la peinture sous verre et de l’églomisé. du 25 juin au 4 sept, Musée de l’Image populaire, 24 rue du Dr Schweitzer, Pfaffenhoffen. TP 3,50 / TR 2,50 € gratuit -16 ans // www.pfaffenhoffen.org Aline au Pays féerique du Grès

Ludique Une expo-manip sur la terre crue,

Histoires de Grès Aline revient à Lichtenberg

Franck Scurti Works of chance art contemporain Cette exposition fait entrer en résonance les travaux des débuts avec des pièces inédites réalisées spécialement pour ce projet. jusqu’au 28 août, mar, mer, ven de 12h à 19h, jeu de 12h à 21h, sam et dim de 10h à 18h, Musée d’Art moderne et contemporain de Strasbourg, 1 place Hans Jean Arp, à Strasbourg. De 3,50 à 7 € www.musees.strasbourg.eu

Anselm Kiefer dans la Collection Würth Culte Anselm Kiefer est un des artistes les plus importants de la scène internationale… Il est comme un alchimiste, qui transforme la peinture et la matière en art. jusqu’au 25 sept, du mar au dim de 11h à 18h, Musée Würth France, Zone Industrielle Ouest / Rue Georges Besse, Erstein. De 2 à 4 € www.musee-wurth.fr

matière première aux propriétés écologiques, économiques et esthétiques réelles et pourtant méconnues. jusqu’au 22 août, tlj de 10h à 18h (sf lun), Le Vaisseau, 1bis rue Philippe Dollinger, Strasbourg. Compris dans le billet d’entrée. // www.levaisseau.com

Francis Alÿs : Fabiola installation L’artiste belge met en scène 370 « portraits » de sainte Fabiola, qu’il collectionne depuis 20 ans, dans une riche maison bourgeoise de Bâle convertie en musée de l’habitat. jusqu’au 28 août, mardi, mercr, vendr 10h-18h / jeudi 10h-19h / samedi

1/7 25/9

du au

à travers les dessins inédits de l’illustrateur Christophe Carmona sur les châteaux des alentours. du 18 juil au 18 sept, Château de Lichtenberg, Lichtenberg. Adultes 3,50 € enfants 2,50 € www.chateaudelichtenberg.com

Nos modernes XXe siècle Cézanne, Mirò, Matisse, Kirchner, Beckmann, Klee… Une fascinante plongée dans l’art des « modernes » avec des œuvres issues des collections de la Staatliche Kunsthalle. jusqu’au 3 oct, du mar au ven de 10 à 17h, sam et dim de 10h à 18h, Staatliche Kunsthalle, Hans-Thoma Strasse 2-6,

Les œuvres au noir Avec Lumière noire, la Staatliche Kunsthalle de Karlsruhe présente, dans son Orangerie, le travail de douze artistes contemporains français. Leur point commun ? Une réflexion autour de l’esthétique du noir, une récurrence de l’art hexagonal depuis le xixe siècle. Impressionnantes sont les toiles de Guillaume Bresson qui représentent la violence des banlieues en utilisant les techniques et les schémas de composition de Raphaël, Poussin ou du Caravage. La thématique contemporaine entre en collision avec un traitement classique créant un trouble processus d’identification entre des scènes tirées de la Guerre de Troie et des émeutes dans le 9-3. À côté se trouvent notamment les dessins de Dove Allouche à la sombre dramaturgie, la vidéo Orientations d’Ismaïl Bahri, qui fixe des impressions recueillies lors d’une promenade dans Tunis en les passant par un filtre noir, le minimalisme inspiré des sculptures signées Saâdane Afif ou encore l’apocalypse ténébreuse de Damien Deroubaix… dans une entre-deux improbable entre Albrecht Dürer et la musique punk. Sombre et farouche, cette exposition séduit, nous livrant quelques éclats noirs de l’art contemporain français.… À Karlsruhe, à la Staatliche Kunsthalle (dans l’Orangerie), jusqu’au 25 septembre (du mardi au vendredi de 10h à 17h, samedi et dimanche et jours fériés de 10h à 18h) +49 721 926 33 59 www.kunsthalle-karlsruhe.de Ismaïl Bahri, Latency, 2010 (avec l’aimable autorisation de l’artiste)


Art, Culture et Élégance Photo de mode Des images fascionantes signées de Willy Maywald, le photographe allemand de la haute couture française. jusqu’au 16 oct, tlj de 10h à 12h et de 14h à 18h (sf lun), Musée de l’impression sur étoffes, 14 rue Jean-Jacques Henner, Mulhouse (68). De 3 à 7 € www.musee-impression.com Pierre de sable Expo photos Série de photos réalisées en 2009 et 2010 par Jean-Claude Durmeyer au Altschlossfelsen, une falaise rocheuse située dans le Palatinat. jusqu’au 1er nov, Château de Lichtenberg, Lichtenberg. Adultes 3,50 € / enfants 2,50 € www.chateaudelichtenberg.com Papiers peints de la seconde moitié du xixe s. Cette exposition fait suite à celle consacrée à la première moitié du xixe siècle et clot un cycle d’expositions sur trois siècles de papier peint… jusqu’au 11 nov, Musée du Papier Peint, La Commanderie - 28 rue Zuber, Rixheim (68). // www.museepapierpeint.org Strasbourg-Argentorate Archéologie Cette exposition présente les résultats des nombreuses fouilles menées au cours des dernières années sur le site du camp légionnaire de Strasbourg. jusqu’au 31 déc, tlj de 12h à 18h (sf mar, sam, dim), sam et dim de 10h à 18h, Musée Archéologique, Palais Rohan, place du château, Strasbourg. De 2,50 à 5 € // www.musees.strasbourg.eu

Galeries Photos édition 1 Duo Une exposition collective dédiée à la photographie accompagnera la fin du printemps à la Galerie Bertrand Gillig. Elle regroupera 5 artistes aux univers variés avec un choix sur les œuvres dont le travail porte sur le thème des personnages : Ayline Olukman, Olivier Bignon, Olivier Lelong, Butz&Fouque et Kamil Vojnar. jusqu’au 25 juin, mercredi au vendredi 14h-18h et le samedi 14h-19h ainsi que sur rendez-vous, Galerie Bertrand Gillig, 15 Boulevard Ohmacht, à Strasbourg. Entrée libre // www.espaceg.com Vanessa Chambard Far east Road movie en Poumanie et en Bulgarie. jusqu’au 26 juin, du mer au dim de 14h à 19h, La Chambre, 4 place d’Austerlitz, Strasbourg. // www.la-chambre.org Gaijin

France/Japon D’un père suisse et d’une

mère japonaise, David Takashi Favrod baigne dans ces deux cultures et se nourrit de leurs images. jusqu’au 31 juil, Stimultania, 33 rue Kageneck, Strasbourg. Entrée libre www.stimultania.org Gabriel Veyre

Un rêve de couleur, les autochromes du Maroc Il a dressé un portrait unique du

Maroc du xxe s. du 1er au 31 juil, du mer au dim de 14h à 19h ; du 15 au 28 aoû, du mer au dim de 14h à 19h, La Chambre, 4 place d’Austerlitz, Strasbourg. Entrée libre www.la-chambre.org

Pêle-Mêle Bijoux La galerie Pêle-Mêle présente plusieurs créateurs de bijou. jusqu’au 30 juin, du mar au sam de 13h à 18h, Pêle-Mêle, 9 rue des veaux, Strasbourg. Visite libre www.pelemele.eu Horizons Fabuleux Exposition collective

jusqu’au 9 juil, du mer au sam de 15h à 19h30 et sur RDV, Galerie Nicole Buck, 4 rue des Orfèvres, à Strasbourg. Entrée libre // www.galerienicolebuck.net

agenda

Karlsruhe (All) (76). De 4 à 6 € www.kunsthalle-karlsruhe.de

Autres expositions Musée national Expo photos Marc Lathuillière a photographié 500 Français portant le même masque. Une réflexion critique sur notre mémoire collective et la mise en forme de nos identités par la photographie. jusqu’au 18 juin, jeu, ven, sam mardi 10h-12h et 14h-20h, mercr 10h-12h et 14h-18h, jeudi/vendr 12h-18h, sam 10h12h et 14h-17h, Médiathèque, 2 espace Gilbert Estève, à Sélestat. Entrée libre www.mediatheque-selestat.net De l’automobile à l’aéronautique L’épopée Bugatti en Alsace L’Aéroport international Strasbourg met à l’honneur le savoir faire local et l’innovation technique propre à Bugatti. jusqu’au 19 juin, Aéroport international de Strasbourg, Strasbourg-Entzheim. Entrée libre (en zone publique et zone réservée) // www.strasbourg.aeroport.fr Métamorphoses Erwin Heyn Gravure Relecture de tout un passé qui s’allie au présent, à ces « Vieux Papiers » plus précieux que les « Neufs » qui, par la magie et la patience redessinent l’espace, oubliant leur origine. jusqu’au 21 juin, tlj à 9h - 12h (sauf dim.) et 14h - 18h, sauf jours fériés (sf mer), Etappenstall, 16 rue du général de Gaulle, Erstein. Entrée libre www.ville-erstein.fr Archi classique ! Archives Dessins d’architecture de 1770 à 1810. jusqu’au 24 juin, Du lundi au vendredi 9h-17, mardi 13h-17h, dimanche 14h-18h, Archives de la Ville et de la Communauté Urbaine de Strasbourg, 32 Route du Rhin, à Strasbourg. Entrée libre www.archives.strasbourg.fr Basha Maryanska Exposition du 2 au 26 juin inclus ; décrochage le vendredi 26 juin à partir de 16h. jusqu’au 26 juin, de 10h à 23h, Hôtel Le Moulin de La Wantzenau, 3 impasse du Moulin, La Wantzenau. Gratuit www.bashamaryanska.com Collectif Équinoxe

peinture, sculpture, bijoux Des œuvres

aux résonances symboliques, végétaux aux reflets d’or et d’argent, personnages de terre, totems sculptés, montagnes sacrées, dentelles de métal,… jusqu’au 26 juin, Mardi, mercredi et dimanche 14h-18h, samedi 10h-12h et 14h-18h, Cour des Bœcklin, 17 rue nationale, Bischheim. Entrée libre www.bibliotheque.ville-bischheim.fr

Affinités électives ? 1911, l’Alsace-Lorraine et l’Empire Allemand Histoire L’exposition s’articule autour d’un parcours chronologique au cœur duquel s’inscrivent la Constitution et la loi électorale qui a accompagne son adoption. jusqu’au 30 juin, du lun au ven de 13h à 18h, Palais du Rhin, 2 Place de la République, à Strasbourg. Entrée libre www.bas-rhin.fr The Forty-Part Motet œuvre sonore Chaque voix, diffusée sur l’un des quarante haut-parleurs, se mêle aux autres et crée une composition sonore quasi matérielle. jusqu’au 2 juil, du mercredi au samedi de 14h à 18h, L’Aubette, Place Kléber, Strasbourg. Entrée libre www.musees.strasbourg.eu 400 ans après Galilée

Le système solaire revisité Cette expo-dossier

retrace les grandes dates de la conquête du système solaire, les fascinants phénomènes scrutés et les enjeux des recherches actuelles. jusqu’au 17 juil, mer et ven de 13h à 18h, Galerie de l’actualité scientifique, 7 rue de l’Université, à Strasbourg. Entrée libre www.science-ouverte.u-strasbg.fr

Fêt’Art Contemporain

Nouveauté Cette manifestation prend place

dans l’espace forain entièrement réorganisé et réhabilité pour l’occasion. Une dizaine d’artistes exposent leurs œuvres magistrales : sculptures, toiles… jusqu’au 31 août, Écomusée d’Alsace, Chemin Grosswald, Ungersheim (68). Billet journée adulte 11 € / enfant 9 € www.ecomusee-alsace.com Grenze - Limite

sculpture Semblables à des bornes, les

œuvres de Philippe Hennequière s’élèvent dans les fenêtres de La Hache… jusqu’au 4 sept, Brasserie restaurant À la Hache, 11 rue de la Douane, Strasbourg. Entrée libre www.alahache.com La mécanique des roches Installation sonore Le site remarquable des maisons troglodytiques de Graufthal, habité jusqu’en 1958, accueillera l’installation sonore interactive La mécanique des roches. du 19 juin au 18 sept, lun. et mar. 14-18h, mer. et sam. 10-12h et 14 -18h, dim. 10-12h30 et 14-18h30, Maison des Rochers, Graufthal. Entrée 2 € www.le.bruit.free.fr Le Cloître

Installation photographique et sonore

Jurgen Wiesner, artiste photographe de Francfort, présente des photographies grand format qui mettent en scène les trois composantes, temps, lumière et espace. jusqu’au 28 sept, lundi 13h-18h, mardi à samedi 10h30-18h, dimanche 14h3018h, Église St-Pierre-le-Jeune, Place St-Pierre-le-Jeune, à Strasbourg. Entrée libre L’archéologie de la Grande Guerre patrimoine Sous la truelle des archéologues s’éclairent les zones d’ombre de la vie quotidienne des combattants de la Première

Guerre Mondiale : pratique funéraires, nourriture, habitudes… jusqu’au 31 oct, Fort de Mutzig, 18 boulevard Clémenceau, Mutzig. Adultes 8 € enfants 4 € / gratuit -10 ans www.fort-mutzig.eu Die Sprochmühle

une histoire des langues en Alsace Cette exposition, organisée avec le concours du Comité régional du bilinguisme et du G68, présente l’histoire des langues en Alsace en plusieurs lieux de l’Ecomusée d’Alsace. jusqu’au 2 nov, Écomusée d’Alsace, Chemin Grosswald, Ungersheim (68). Billet journée adulte 13 € / enfant 9 € www.ecomusee-alsace.com

Que s’est-il passé au camp de Tambov ? Histoire 4000 documents inédits ramenés de Tambov permettent de lever le voile sur un épisode dramatique de la vie de nombreux Alsaciens et Mosellans au cours de la 2 e Guerre mondiale. jusqu’au 11 nov, tlj de 10h à 18h30 (sf lun), Mémorial de l’Alsace-Moselle, Schirmeck. L’exposition est en accès libre dans le hall du Mémorial www.memorial-alsace-moselle.com Stephan Balkenhol Art contemporain Stephan Balkenhol, artiste allemand qui s’intéresse beaucoup « au mariage de l’espace et de la sculpture », propose un parcours où l’on croisera des végétaux, des animaux, des hommes… du 12 juin au 4 sept, tlj de 14h à 18h (sf mar), Halle Verrière, Meisenthal (57). Entrée libre // www.halle-verriere.fr


Le sens du signe Animations sur plusieurs jours Des voix dans la nuit Histoire

Théâtre, rencontres, lectures, conférences, concerts, projections et expos sur les derniers témoins et l’art dans les camps nazis et vichystes. Jusqu’au 25 sept. Divers lieux, à Strasbourg, Erstein, Struthof, Colmar, Orbey, etc. Tarifs variables. www.rodeodame.fr Les Alsaciens à la conquête de l’Ouest américain Gembri Oldtimer Band

Cette association de reconstitution historique présente les différents métiers et la vie quotidienne des émigrés alsaciens partis à la conquête de l’Ouest américain. Du 18 au 21 août. Écomusée d’Alsace, Ungersheim. Billet journée adulte 11 € enfant 9 €. www.ecomusee-alsace.com Salon Dégustha Vin & gastronomie

Plus de 200 exposants seront présents dans les allées de la Cité de l’Auto afin d’y présenter leurs mets raffinés. Entre les Bugatti Royale, les Rolls-Royce et autres belles cylindrées, vous dégusterez vins et fromages, charcuteries et pâtisseries... Du 26 au 29 août, de 10h à 21h (22h pour les restaurants). Cité de l’automobile, 192 avenue de Colmar, Mulhouse. Invitation sur www.degustha.fr / Parking 2€ // www.collection-schlumpf.com La Saga de l’Automobile Vroum Vroum La Cité de l’Automobile inaugure en 2011 une piste d’évolution et propose, tous les week-end, un spectacle vivant sur l’aventure automobile de 1890 à nos jours. Vous pourrez y découvrir un spectacle : « La Saga de l’Automobile ». L’inauguration est prévue le 1er week-end de juillet, à l’occasion du Festival Automobile de Mulhouse. du 1er juil au 30 sept, Cité de l’automobile, 192 avenue de Colmar, Mulhouse (68). Entrée plein tarif : 10,5 € www.collection-schlumpf.com Batorama

Visite fluviale Quoi de mieux pour décou-

vrir en un court laps de temps l’histoire et l’architecture de la ville qu’une balade en bateau ? Un privilège qui n’est pas réservé qu’aux touristes ! toute l’année, Batorama, Embarcadère Palais Rohan, Strasbourg. TP 8,40 € TR 4,20 € // www.batorama.fr

La Guinguette du Rhin Danse et musique Venez guincher tout l’été au Jardin des Deux Rives ! jusqu’au 11 sept, jeu de 20h à minuit, ven de 20h à 1h30, sam (et veille de jours fériés) de 20h à 1h30, prolongation exceptionnelle à 2h30, dim (et jours fériés) de 15h à 20h , prolongation exceptionnelle à 1h30, Jardin des Deux Rives, Parc du Rhin, Strasbourg. gratuit www.laguingettedurhin.fr Fort de Mutzig Histoire Situé sur la colline de Mutzig, le Fort devait défendre la plaine d’Alsace de toute invasion… française ! Un concentré d’histoire à découvrir en famille. jusqu’au 31 déc, Fort de Mutzig, 18 boulevard Clémenceau, Mutzig. Adultes 8 € Enfants 4 € / gratuit -10 ans www.fort-mutzig.eu Fort de Schoenenbourg Forteresse L’univers fascinant des forteresses de la Ligne Maginot ! A 30m sous terre, ce témoin de l’architecture militaire des années 1930 vous plongera dans la vie de ses 630 hommes d’équipage.

toute l’année, à 14h à 16h et les dimanches matin, Le fort de Schoenenbourg, Hunspach. Adultes 7 € Scolaires 5 € // www.lignemaginot.com Jardin de L’Escalier Jardin extraordinaire Des sculptures et des points d’eau agrémentent le parcours, des aires de reposinvitent à la détente. Préparezvous à vivre une parenthèse hors du temps. jusqu’au 18 sept, du mer au dim de 14h à 18h, Jardin de l’escalier, 10 rue de Pfaffenhoffen , Brumath. 4 € www.a-lescalier.com

Après un voyage dans la calligraphie orientale en 2009 puis une plongée dans les manuscrits médiévaux en 2010, la Bibliothèque Humaniste de Sélestat s’ouvre à la calligraphie contemporaine, avec l’artiste Nora Schwartz qui mêle les outils du peintre et le savoir-faire du calligraphe pour donner un sens graphique aux lettres, ajoutant à la signification des mots celle des tracés. Des vers de Baudelaire (Sois sage, Ô ma douleur) prennent, notamment par les traits de l’artiste, un supplément d’âme à mi-chemin entre la magie et la mystique. Trois ateliers de calligraphie pour adultes seront animés par ses soins (les 9, 16 et 23 juillet). De quoi apprendre, avec roseaux taillés et encre, à révéler la face cachée des choses… À Sélestat, à la Bibliothèque Humaniste, jusqu’au 11 septembre, du lundi au vendredi (sauf mardi) de 9h à 12h et de 14h à 18h, les week-ends de 9h à 12h et de 14h à 17h Ateliers limités à 15 personnes (3,20 €). Réservation obligatoire. 03 88 58 07 20 – www.selestat.fr

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du au

La Volerie des aigles animations Un vent de renouveau souffle sur le château de Kintzheim avec notamment « Oiseaux de nuit, rencontres de jour », une animation qui permet d’approcher des rapaces nocturnes. jusqu’au 11 nov, Volerie des aigles, Kintzheim. Adulte 9 € / enfant 6 € www.voleriedesaigles.com Démonstration Savoir-faire artisanal

Baume-les-Messieurs (39), Place Guillaume de Poupet du sam 13/08 au lun 15/08 03 84 44 61 55 Visite de la brasserie Heineken Brasserie de l’Espérance Suivez toutes les étapes de l’élaboration de la bière jusque dans ses moindres détails, parmi les installations et avec les hommes qui la fabriquent. Visite découverte ou à thème. Possibilité de visite en anglais ou en allemand. toute l’année, sur rendez-vous, du lundi au vendredi, Brasserie de l’Espérance, 4 rue Saint-Charles, Schiltigheim. Visite gratuite sur RDV www.heinekenfrance.fr De Pâques à la Saint-Jean

Traditions d’Alsace Cette exposition pré-

sente les traditions et fêtes calendaires printanières ainsi que les pratiques sociales, individuelles et familiales qui y sont associées dans notre région. jusqu’au 22 juin, Écomusée d’Alsace, Chemin Grosswald, Ungersheim (68). Billet journée adulte 13 € / enfant 9 € www.ecomusee-alsace.com

Le Jardin des papillons Tropical Venez voir voler les papillons parmi les fleurs tropicales au Jardin des Papillons à Hunawihr. jusqu’au 1er nov, de 10h à 18h (sf entre le 1er oct et le 1er nov, de 10h à 17h), Le Jardin des Papillons, Hunawihr (68). De 5 à 7,50 € // www.jardinsdespapillons.fr

de la terre, dans le cadre de l’exposition « Grains de bâtisseurs ». jusqu’au 22 août, mer, sam, dim et vacances scolaires de la zone B, Le Vaisseau, 1bis rue Philippe Dollinger, Strasbourg. Dès 7 ans. Compris dans le billet d’entrée // www.levaisseau.com REDUX ! Film 3D Explorez un chantier de construction d’une maison en terre à bord de REDUX, une machine capable de voyager dans la matière ! toute l’année, mer, sam, dim et vacances scolaires de la zone B, Le Vaisseau, 1bis rue Philippe Dollinger, Strasbourg. Dès 7 ans. Compris dans le billet d’entrée www.levaisseau.com

du xviiie siècle Toute l’année, les visites guidées de l’Office de Tourisme permettent de redécouvrir la ville en l’abordant sous des angles très variés. Pour tous ceux qui souhaitent sortir des sentiers battus ! ven 1er juil, ven 15 juil, ven 29 juil et ven 12 août à 18h30, Office de Tourisme de Strasbourg et sa région, 17 place de la Cathédrale, à Strasbourg. TP : 6.80 €, TR : 6.40 € (12-18 ans, étudiants munis de leur carte, détenteurs du Strasbourg Pass). Gratuit : enfants www.otstrasbourg.fr Soirée grimpe nocturne et BBQ

Soirée grimpe nocturne et flam’s Activités de plein air Parcours et tyrolienne en semi-nocturne à la frontale, repas flam’s sur la terrasse suspendue. sam 18 juin et ven 15 juil, Natura Parc, rue de la nachtweid, parking parcours de santé, Ostwald. Renseignements et réservation au 03 88 65 40 07 www.naturaparc.com

Activités de plein air Parcours et tyrolienne

Voilà l’été 3 jours de fête en plein air dans

Parc d’attractions Situé en Allemagne près

Foire St Jean animations Pour sa 598 e édition, la foire retrouve son site d’origine au Wacken. De nombreuses attractions seront présentes pour le plus grand bonheur des petits et des grands. du 25 juin au 17 juil, de 14h à minuit (2h les vendredis, samedis et 13 juillet), Parc des expositions, Place du Wacken, à Strasbourg. // www.ete.strasbourg.eu

Les animations du Granularium

Après-midi Partage & Jeux Jeux de société L’association Riréagir vous convie à une après-midi conviviale autour des jeux de société. L’occasion de se réunir en famille ou de rencontrer de nouveaux amis ! dim 26 juin à 15h-18h ; dim 31 juil à 15h-18h, Café La Perestroïka, 2 rue du Thiergarten, à Strasbourg. Entrée : s’acquitter d’une boisson auprès du café qui accueille l’association www.wix.com/asssociation/rireagir

étonnantes pour découvrir la composition

Les demeures princières

Europa-Park 2011 (saison d’été) Attractions Pour sa 36 e saison, EuropaPark nous propose de nouvelles attractions comme la Forêt enchantée, qui entraîne le visiteur dans un univers de contes pour enfants. jusqu’au 6 nov, de 9h à 18h (horaires prolongés en haute saison), Europa Park, 2 Europa-Park Strasse, Rust (DE). 36 € (adultes) et 32 € (enfants de 4 à 11 ans) www.europapark.de Funny World

de la frontière alsacienne, au cœur de la Réserve naturelle du Taubergiessen, ce parc d´attractions est conçu pour les familles avec enfants de 2 à 12 ans. jusqu’au 9 oct, Funny World, Allmendstr. 1, Kappel-Grafenhausen (DE). Billet journée : 7,90 € (3 à 8 ans) / 8,90 € (9 à 59 ans) / 6,50 € (à partir de 60 ans) www.funny-world.de

Animation scientifique Des animations

en nocturne à la frontale, repas barbecue sur la terrasse suspendue. ven 1er juil et ven 29 juil, Natura Parc, rue de la nachtweid, parking parcours de santé, Ostwald. Renseignements et réservation au 03 88 65 40 07 www.naturaparc.com Nuits estivales de Baden-Baden

les jardins du Kurhaus avec de la musique live. Restauration sur place. ven 1er juil à partir de 16h ; samedi 2 et dimanche 3 juillet à partir de 11h, Kurhaus, Kaiserallee 1, Baden-Baden (DE). Entrée libre www.badenbadenevents.de

Etonnants décors de façades Toute l’année, les visites guidées de l’Office de Tourisme permettent de redécouvrir la ville en l’abordant sous des angles très variés. Pour tous ceux qui souhaitent sortir des sentiers battus ! sam 2 juil, sam 13 août, sam 16 juil et sam 30 juil à 18h30, Office de Tourisme de Strasbourg et sa région, 17 place de la Cathédrale, à Strasbourg. TP : 6.80 €, TR : 6.40 € (12-18 ans, étudiants munis de leur carte, détenteurs du Strasbourg Pass). Gratuit : enfants // www.otstrasbourg.fr


Stage de théâtre

Initiation Durant une semaine, la Cie Plume

d’Éléphant propose un stage au cours duquel les enfants/ados explorent un pays qui n’existe sur aucune carte : le théâtre. du 4 au 8 juil, Centre chorégraphique de la Ville de Strasbourg (Palais des Fêtes), 5 rue Séllenick, à Strasbourg. Dès 8 ans. Renseignements au 06 81 21 64 73 www.plumedelephant.fr

Sur les pas des personnages célèbres Toute l’année, les visites guidées de l’Office de Tourisme permettent de redécouvrir la ville en l’abordant sous des angles très variés. Pour tous ceux qui souhaitent sortir des sentiers battus ! mar 19 juil, mar 2 août, mar 5 juil et mar 16 août à 18h30, Office de Tourisme de Strasbourg et sa région, 17 place de la Cathédrale, à Strasbourg. TP : 6.80 €, TR : 6.40 € (12-18 ans, étudiants munis de leur carte, détenteurs du Strasbourg Pass). Gratuit : enfants www.otstrasbourg.fr Strasbourg au temps de la Renaissance Toute l’année, les visites guidées de l’Office de Tourisme permettent de redécouvrir la ville en l’abordant sous des angles très variés. Pour tous ceux qui souhaitent sortir des sentiers battus ! mer 6 juil, mer 3 août et mer 20 juil à 18h30, Office de Tourisme de Strasbourg et sa région, 17 place de la Cathédrale, à Strasbourg. TP : 6.80 €, TR : 6.40 € (1218 ans, étudiants munis de leur carte, détenteurs du Strasbourg Pass). Gratuit : enfants www.otstrasbourg.fr Le quartier impérial allemand (1871-1918) Toute l’année, les visites guidées de l’Office de Tourisme permettent de redécouvrir la ville en l’abordant sous des angles très variés. Pour tous ceux qui souhaitent sortir des sentiers battus ! ven 8 juil, ven 5 août et ven 22 juil à 18h30, Office de Tourisme de Strasbourg et sa région, 17 place de la Cathédrale, à Strasbourg. TP : 6.80 €, TR : 6.40 € (1218 ans, étudiants munis de leur carte, détenteurs du Strasbourg Pass). Gratuit : enfants www.otstrasbourg.fr Extraction du miel animations Venez assister durant tout un week-end à des démonstrations animées par un apiculteur passionné qui vous présentera son métier et la technique pour extraire le miel des ruches. samedi 9 et dimanche 10 juillet dans l’après-midi, Le Vaisseau, 1bis rue Philippe Dollinger, Strasbourg. Dès 5 ans. Compris dans le billet d’entrée. Réservation au point info le jour même. Dans la limite des places disponibles. www.levaisseau.com La Nuit du crime animations Vivez une enquête grandeur nature au sein des expositions et initiez-vous aux méthodes d’investigation de la police scientifique ! Pour les enfants accompagnés d’un adulte. samedi 9 et dimanche 10 juillet de 18h30 à 8h du matin, Le Vaisseau, 1bis rue Philippe Dollinger, Strasbourg. Dès

7 ans. 18 €, petit-déjeuner compris. Réservation obligatoire, dans la limite des places disponibles, au 03 88 44 65 65. // www.levaisseau.com Strasbourg à travers les siècles Toute l’année, les visites guidées de l’Office de Tourisme permettent de redécouvrir la ville en l’abordant sous des angles très variés. Pour tous ceux qui souhaitent sortir des sentiers battus ! sam 9 juil, sam 6 août et sam 23 juil à 18h30, Office de Tourisme de Strasbourg et sa région, 17 place de la Cathédrale, à Strasbourg. TP : 6.80 €, TR : 6.40 € (1218 ans, étudiants munis de leur carte, détenteurs du Strasbourg Pass). Gratuit : enfants www.otstrasbourg.fr Au temps des mammouths Sciences L’exposition vous emmène au temps du mammouth laineux, il y a 20 000 ans. Partez à la poursuite de l’animal disparu, pour mieux comprendre comment vivait ce pachyderme d’un autre temps, et comment l’homme a côtoyé ce géant des steppes. L’exposition rassemble des pièces spectaculaires rarement présentées en un même lieu. À partir de 6 ans. Jusqu’au 4 septembre. À Montbéliard. Au Parc scientifique du Près-la-Rose www.pavillon-sciences.com Les noms de rue racontent Toute l’année, les visites guidées de l’Office de Tourisme permettent de redécouvrir la ville en l’abordant sous des angles très variés. Pour tous ceux qui souhaitent sortir des sentiers battus ! lun 11 juil, lun 8 août et lun 25 juil à 18h30, Office de Tourisme de Strasbourg et sa région, 17 place de la Cathédrale, à Strasbourg. TP : 6.80 €, TR : 6.40 € (1218 ans, étudiants munis de leur carte, détenteurs du Strasbourg Pass). Gratuit : enfants www.otstrasbourg.fr La Petite France Toute l’année, les visites guidées de l’Office de Tourisme permettent de redécouvrir la ville en l’abordant sous des angles très variés. Pour tous ceux qui souhaitent sortir des sentiers battus ! mar 12 juil à 18h30 ; mar 26 juil à 18h30 ; mar 9 août à 14h30, Office de Tourisme de Strasbourg et sa région, 17 place de la Cathédrale, à Strasbourg. TP : 6.80 €, TR : 6.40 € (12-18 ans, étudiants munis de leur carte, détenteurs du Strasbourg Pass). Gratuit : enfants www.otstrasbourg.fr A la découverte du Strasbourg insolite Toute l’année, les visites guidées de l’Office de Tourisme permettent de redécouvrir la ville en l’abordant sous des angles très variés. Pour tous ceux qui souhaitent sortir des sentiers battus ! mer 13 juil à 18h30 ; mer 10 août à 18h30 ; mer 27 juil à 18h30, Office de Tourisme de Strasbourg et sa région, 17 place de la Cathédrale, à Strasbourg. TP : 6.80 € TR : 3.40 € - Gratuit pour les enfants de moins de 12 ans accompagnés www.otstrasbourg.fr Ça papillonne !

Sortie nature Minute papillon, butineur esti-

val te voilà immobile sous le regard des visiteurs curieux. Livre nous tes secrets et ceux de ce jardin fleuri et mystérieux ! mer 13 juil à 14h ; mer 3 août à 14h, Centre d’initiation à la nature et à l’environnement de Bussierre, 155 rue Kempf, à Strasbourg. Sur inscription au 03 88 35 89 56 (20 personnes max.) www.sinestrasbourg.org Les Alsaciens à la conquête de l’Ouest américain Gembri Oldtimer Band Cette association de reconstitution historique présente les dif-

férents métiers et la vie quotidienne des émigrés alsaciens partis à la conquête de l’Ouest américain. du 14 au 17 juil, Écomusée d’Alsace, Chemin Grosswald, Ungersheim (68). Billet journée adulte 11 € / enfant 9 € www.ecomusee-alsace.com Les journées de la Poterie

Traditions d’Alsace Présentation de la pote-

rie alimentaire, préparation et cuisson des poteries dans l’atelier du potier, marché de poteries, ateliers de cuisine dans les poteries traditionnelles, ateliers de fabrication... du 19 au 28 juil, Écomusée d’Alsace, Chemin Grosswald, Ungersheim (68). Billet journée adulte 11 € / enfant 9 € www.ecomusee-alsace.com

L’araignée... de la phobie à la folie ! Sortie nature Plutôt placides et timides, nos araignées sont bien loin d’être les monstres de notre imaginaire. À l’issue de cette sortie, vous allez les aimer ! mer 20 juil à 14h ; mer 10 août à 14h, Centre d’initiation à la nature et à l’environnement de Bussierre, 155 rue Kempf, à Strasbourg. Sur inscription au 03 88 35 89 56 (20 personnes max.) www.sinestrasbourg.org

variables de 0 à 3 € www.niederbronn-culture.com Fête de la bière

Rendez-vous L’OSCAL, la Ville de Schiltigheim

et les Brasseurs se sont associés pour vous concocter une fête de la bière 2011 pleines de surprises ! Plus de 20 000 visiteurs sont attendus. du 5 au 8 août, tlj (sf mar, mer, jeu), Place de l’Hôtel de Ville, Schiltigheim. www.fetedelabiere.fr

Fête russe animations Venez découvrir des datchas typiques, de la musique traditionnelle et des animations exclusives. samedi 6 et dimanche 7 août, Europa Park, 2 Europa-Park Strasse, Rust (DE). Entrée du parc : adulte 36 € / enfant 32 € www.europapark.de Les dimanches en famille animations Les parents vivront avec joie ce moment de complicité et d’échange avec leurs enfants autour d’une activité qui permet aux petits comme aux grands de développer leur créativité. toute l’année, dim de 14h30 à 16h30, hors vacances scolaires de la zone B, Le Vaisseau, 1bis rue Philippe Dollinger, Strasbourg. Dès 3 ans. Compris dans le billet d’entrée // www.levaisseau.com

Les Médiévales européennes Estivales de Bitche Campements d’époque, ménestrels, jongleurs et autres artisans rivaliseront de talent pour vous faire revivre l’atmosphère animée d’une fête du Moyen Âge. du 29 au 31 juil, ven, sam, dim, divers lieux, Bitche (57). Tarification spéciale www.ville-bitche.fr

mixer et triturer… Tout cela pour fabriquer votre propre papier. jusqu’au 26 juin, dim de 14h30 à 16h30, Le Vaisseau, 1bis rue Philippe Dollinger, Strasbourg. Dès 3 ans. Compris dans le billet d’entrée // www.levaisseau.com

Festival rêves de mômes Festival jeune public des arts vivants Une semaine de poésie, de spectacles tendres, loufoques et culturels pour tous les enfants et leurs familles. du 31 juil au 5 août, tlj (sf sam), divers lieux, Niederbronn-les-Bains. Tarifs

Pratiques douces Bien-être Suite aux États généraux du sport, la Ville de Strasbourg a développé les activités de pratiques douces pour permettre à chacun de prendre soin de sa santé et améliorer son bien-être. jusqu’au 28 aoû, dim de 10h à 12h

Les petits papetiers

Dimanches en famille Déchirer, faire tremper,

agenda

La cathédrale et ses abords Toute l’année, les visites guidées de l’Office de Tourisme permettent de redécouvrir la ville en l’abordant sous des angles très variés. Pour tous ceux qui souhaitent sortir des sentiers battus ! lun 4 juil, lun 15 août, lun 18 juil et lun 1er août à 18h30, Office de Tourisme de Strasbourg et sa région, 17 place de la Cathédrale, à Strasbourg. TP : 6.80 €, TR : 6.40 € (12-18 ans, étudiants munis de leur carte, détenteurs du Strasbourg Pass). Gratuit : enfants www.otstrasbourg.fr


Camera obscura Steven Pippin, artiste anglais né en 1960, fasciné par le travail de Eadweard J. Muybridge (ingénieux photographe britannique qui a su capter le mouvement), transforme un certain nombre d’objets usuels (machines à laver, etc.) en sténopés ! Pour A Non Event (Horizon), exposition au Centre Européen d’Actions Artistiques Contemporaines, Pippin présente notamment une série de photos « immortalisant » l’assassinat – par balle – d’appareils photographiques. L’artiste explique

www.parc-vosges-nord.fr le mécanisme : « Grâce à l’utilisation d’un système à double miroir optique et d’un flash ultrarapide, l’appareil était en mesure de s’observer lui-même et de photographier indirectement sa propre mort. » À Strasbourg, au CEAAC, du 18 juin au 2 octobre 03 88 25 69 70 – www.ceaac.org

1/7 11/9

du au

Mardi 21 /6 Michel Gondry et la musique Filmer les arts Vidéaste, musicien, Michel Gondry s’est fait connaître par ses vidéoclips de musiciens tels que Björk, les Rolling Stones et Daft Punk. En présence du réalisateur (sous réserve). à 19h, Auditorium des Musées de la Ville de Strasbourg, 1 place Hans Jean Arp, Strasbourg. TP 6 € / TR 4,50 € www.musees.strasbourg.eu Le couvent d’Oberbronn visite guidée Découvrez un village pittoresque des Vosges du Nord et son château du xiie siècle, propriété de la Congrégation des Soeurs du Très Saint-Sauveur depuis 1857. de 10h30 à 12h, Parking du couvent, Oberbronn. 1,70 € / réservation obligatoire au moins 24h avant la visite www.musee-niederbronn.fr

Jeudi 23 /6 Quick Step, soirée dansante La Guinguette du Rhin Initiation Quick Step avec Liliane & Roger, Antoine aux platines. à 20h, La Guinguette du Rhin, Jardin des Deux Rives, à Strasbourg. Entrée libre www.laguinguettedurhin.fr Thé dansant Rendez-vous Une après-midi réservée aux passionnés de danse de couple. de 14h30 à 18h, Espace Malraux, Geispolsheim. TU 4 € www.ville-geispolsheim.fr

Vendredi 24 /6 © Steven Pippin, Photographie documentaire, tir sur une chambre De Vere 5×4 avec un pistolet Taurus 9 mm

Divers lieux, à Strasbourg. Entrée libre www.strasbourg.eu Visite de la passe à poissons de Gambsheim visite guidée Découvrez le local subaquatique et les abords extérieurs de la passe à poissons. jusqu’au 15 sept, dim de 15h à 16h, Passe à poissons, Barrage de Gambsheim (RD2), Gambsheim. TP 2,50 € / TR 1,50 € / famille 5 € www.passage309.eu

Jeudi 16 /6 Énergies sombres

Conférence du Jardin des Sciences

Par Dominique Aubert, astrophysicien, Observatoire astronomique de Strasbourg. à 18h, Amphithéâtre Fresnel, Institut de Physique, à Strasbourg. Entrée libre www.science-ouverte.u-strasbg.fr Soirée 100 % Country La Guinguette du Rhin Initiation et démonstrations avec American Spirit. à 20h, La Guinguette du Rhin, Jardin des Deux Rives, à Strasbourg. Entrée libre www.laguinguettedurhin.fr

Vendredi 17 /6 Pub rock

La Guinguette du Rhin Concert avec The Doctors, un « Tribute to Dr. Feelgood ». à 20h, La Guinguette du Rhin, Jardin des Deux Rives, à Strasbourg. Entrée libre // www.laguinguettedurhin.fr

Samedi 18 /6 Atelier d’Initiation aux Parfums Découvrez les coulisses de la création d’un parfum et les étapes de son élabora-

tion, sources inépuisables d’histoires et de légendes…Une expérience sensorielle inédite ! Sur réservation uniquement à 10h à 13h, Hôtel la Cour du Corbeau, 6-8 rue des Couples, à Strasbourg. www.evanessence.fr Bouxwiller, musée et ville Patrimoine Visite guidée organisée par l’association « Alsace, Culture et Patrimoine » et assurée par un guide local. à 10h, Musée de Bouxwiller et du Pays d’Hanau, 1 place du chateau, Bouxwiller. 8€ Croisière lounge Soirée sur l’Ill Tous les 3e samedis du mois, 70 clubbers prennent place à bord du Lounge Boat animé par DJ Dikran. de 23h à 3h, Embarcadère Dauphine Étoile, 1 place Dauphine, à Strasbourg. Entrée 18 € / résa fortement conseillée au 03 88 84 13 13 // www.batorama.fr Horloges et cadrans solaires... Le calcul du temps à la cathédrale Toute l’année, les visites guidées de l’Office de Tourisme permettent de redécouvrir la ville en l’abordant sous des angles très variés. Pour tous ceux qui souhaitent sortir des sentiers battus ! à 14h30, Office de Tourisme de Strasbourg et sa région, 17 place de la Cathédrale, à Strasbourg. TP : 6.80 € TR : 3.40 € - Gratuit pour les moins de 12 ans accompagnés www.otstrasbourg.fr Poterie et cuisson néolithique 2/3

Archéologie Cet atelier participatif d’archéo-

logie expérimentale se déroule à l’Expéridrome. Chaque participant pourra emporter sa création. 2e étape : mise en place du four et cuisson.

de 14h à 18h, Maison de l’Archéologie des Vosges du Nord, 44 avenue Foch, Niederbronn-les-Bains. 6,80 € (limité à 20 participants) www.niederbronn-les-bains.fr Soirée 100% tango argentin La Guinguette du Rhin Initiation avec DJ Gaby Guthmann et Tango Tangente. à 20h, La Guinguette du Rhin, Jardin des Deux Rives, à Strasbourg. Entrée libre www.laguinguettedurhin.fr

Dimanche 19 /6 Pique-nique géant Rendez-vous Pique-nique organisé dans le cadre de l’Année de la Forêt. Des animations sont organisées pour l’occasion, pour profiter en toute convivialité de la forêt en famille. à 12h, au Gros Chêne, en forêt, Haguenau. http://foret2011.ville-haguenau.fr Poterie et cuisson néolithique 3/3

Archéologie Cet atelier participatif d’archéo-

logie expérimentale se déroule à l’Expéridrome. Chaque participant pourra emporter sa création. 3e étape : défournement. de 14h à 18h, Maison de l’Archéologie des Vosges du Nord, 44 avenue Foch, Niederbronn-les-Bains. 6,80 € (limité à 20 participants) www.niederbronn-les-bains.fr La formule secrète du verre jeu de piste La recette du verre est un mystère. Aidez-nous à retrouver ses ingrédients dans la nature tout au long d’un parcours proposé par l’ensemble des acteurs du site verrier. départ toutes les 20 mn, Musée du verre et du cristal, Meisenthal (57). Dès 5 ans. Gratuit pour les enfants accompagnés

La Guinguette ça folk La Guinguette du Rhin Bal folk avec Galaad et 5 Pas 10 Manches. à 20h, La Guinguette du Rhin, Jardin des Deux Rives, à Strasbourg. Entrée libre www.laguinguettedurhin.fr Windstein, les trois châteaux visite guidée Prévoir des chaussures de marche. de 14h30 à 16h30, Parking de l’Auberge des Deux Châteaux, Windstein. 3,40 € réservation obligatoire au moins 24h avant la visite www.musee-niederbronn.fr

Samedi 25 /6 Strasbourg et Napoléon : une riche histoire Toute l’année, les visites guidées de l’Office de Tourisme permettent de redécouvrir la ville en l’abordant sous des angles très variés. Pour tous ceux qui souhaitent sortir des sentiers battus ! à 14h30, Office de Tourisme de Strasbourg et sa région, 17 place de la Cathédrale, à Strasbourg. TP : 6.80 € TR : 3.40 € - Gratuit pour les moins de 12 ans accompagnés www.otstrasbourg.fr

Dimanche 26 /6 Promenade du dimanche : tous au musée ! Activités en famille Partons en Chine... Enfants à partir de 6 ans, accompagnés d’adultes. à 15h, Musée des arts décoratifs, à Strasbourg. TP 6 € / TR 3 € www.musees.strasbourg.eu Randonnée ornithologique Sortie nature Le Hohwald haut lieu historique cache dans ses forêts une avifaune riche et typique, partons ensemble à sa découverte. Guide : Pierre Buchert. à 9h, Parking en face du grand hôtel au centre du village, Le Hohwald. Gratuit sur inscription // www.alsace.lpo.fr


Mardi 28 /6 Musée d’Archéologie visite guidée Découvrez le riche passé de Niederbronn. de 14h30 à 15h30, Maison de l’Archéologie des Vosges du Nord, 44 avenue Foch, Niederbronn-les-Bains. 1,70 € réservation obligatoire au moins 24h avant la visite www.musee-niederbronn.fr

Jeudi 30 /6 Madison

La Guinguette du Rhin Initiation Madison avec Passion danse de Geispolsheim. à 20h, La Guinguette du Rhin, Jardin des Deux Rives, à Strasbourg. Entrée libre www.laguinguettedurhin.fr

Vendredi 1 /7 Chanson française swing d’aujourd’hui La Guinguette du Rhin Concert avec Une abeille dans le bonnet. à 21h, La Guinguette du Rhin, Jardin des Deux Rives, à Strasbourg. Entrée libre www.laguinguettedurhin.fr Le Taubensee, le Rocher de la Liese et le Camp celtique visite guidée Voyage dans les légendes locales à travers des sites remarquables chargés d’une forte tradition orale. Prévoir des chaussures de marche.

de 15h à 18h, Chalet du Club vosgien au sommet du Grand Wintersberg, Niederbronn-les-Bains. 1,70 € / réservation obligatoire au moins 24h avant la visite // www.musee-niederbronn.fr

Samedi 2 /7 Science à croquer Rencontre-animation « La fabrique à miel » avec les apiculteurs de la Société d’Apiculture de Strasbourg 1869. Cette rencontre saura vous faire fondre, dégustation à l’appui ! de 17h à 18h, Le Vaisseau, 1bis rue Philippe Dollinger, Strasbourg. Dès 8 ans. Entrée libre ne donnant pas accès aux expositions // www.levaisseau.com Republica del Tango Argentino La Guinguette du Rhin Initiation & démonstration avec Syltango, Sandrine et Loïc. à 20h, La Guinguette du Rhin, Jardin des Deux Rives, à Strasbourg. Entrée libre www.laguinguettedurhin.fr

Dimanche 3 /7 Atelier taille de pierre Histoires de Grès Tout au long de l’aprèsmidi initiez-vous à la taille du grès, pierre emblématique des Vosges du Nord. Pour adolescents et adultes. de 13h30 à 17h30, Château de Lichtenberg, Lichtenberg. Dès 16 ans. 5 € / Sur réservation au château au 03 88 89 98 72 www.chateaudelichtenberg.com Paysage sonore

Promenade sonore paysagère Découvrir un

site par l’oreille permet de percevoir ce que l’oeil ne voit pas toujours : le va-et-vient des insectes, le murmure de l’eau qui coule, les bruits de la ville au loin… à 14h30 et 16h30, Maison des Rochers, Graufthal. Dès 5 ans. Gratuit pour les

agenda

Visites amusantes au musée d’Erstein Jeune public De nombreuses surprises attendent les enfants ! de 14h à 18h, Etappenstall, 16 rue du général de Gaulle, Erstein. Entrée libre www.ville-erstein.fr


enfants accompagnés www.parc-vosges-nord.fr Soirée de clôture du Salsa Stras’ Festival La Guinguette du Rhin 100 % salsa, 100 % passions partagées. à 20h, La Guinguette du Rhin, Jardin des Deux Rives, à Strasbourg. Entrée libre www.laguinguettedurhin.fr

Mercredi 6 /7 Dragons-mouches et demoiselles ! Sortie nature Une visite guidée à la recherche des magnifiques libellules de la forêt rhénane. à 14h, Centre d’initiation à la nature et à l’environnement de Bussierre, 155 rue Kempf, à Strasbourg. Sur inscription au 03 88 35 89 56 (20 personnes max.) www.sinestrasbourg.org

Jeudi 7

/7

Bachata, Merengue et soirée Latino

La Guinguette du Rhin Initiation avec Mambo

Banana Swing et DJ Antonio della casa. à 20h, La Guinguette du Rhin, Jardin des Deux Rives, à Strasbourg. Entrée libre www.laguinguettedurhin.fr Chassez le naturel...

Jeux équestres médiévaux Pour obtenir

trophée et titre de noblesse, les chevaliers en herbe devront exceller dans un sport du Moyen Âge. tout au long de l’après-midi, Maisons des Châteaux Forts, Obersteinbach. Dès 4 ans. Gratuit pour les enfants accompagnés // www.parc-vosges-nord.fr Les thermes romains de Niederbronn Archéologie Visite guidée organisée au départ du musée. de 10h à 11h, Maison de l’Archéologie des Vosges du Nord, 44 avenue Foch, Niederbronn-les-Bains. 1,70 € / réservation obligatoire au moins 24h avant la visite // www.niederbronn-les-bains.fr

Vendredi 8 /7 Musée du Fer visite guidée Découvrez le passé industriel de

la région de Niederbonn-les-Bains. de 14h30 à 15h30, Musée du Fer, 7 rue Jeanne d’Arc, Reichshoffen. 3,40 € réservation obligatoire au moins 24h avant la visite www.musee-niederbronn.fr

Samedi 9

/7

Calligraphie contemporaine Calligraphies Dans le cadre de l’exposition « Calligraphie contemporaine », un atelier de calligraphie pour adultes animés par Nora Schwartz, organisé par la Bibliothèque Humaniste. sam 9 juil de 14h à 17h ; sam 16 juil de 14 à 17h ; sam 23 juil de 14 à 17h, Bibliothèque Humaniste, 1 rue de la bibliothèque , Sélestat. Atelier limité à 15 personnes par atelier (3,20 €). Réservation obligatoire www.ville-selestat.fr La flore de la digue du Rhin Sortie nature La digue du Rhin se pare d’une flore originale et mellifère. Un bel exemple d’une nature sauvage qui colonise le travail des hommes.

à 14h, au Karpfenloch, en forêt de la Robertsau, à Strasbourg. Sur inscription au 03 88 35 89 56 (20 personnes max.) www.sinestrasbourg.org

Dimanche 10 /7 Journée festive MolsheimMutzig sens dessus, sens dessous Journée d’animations L’Office de Tourisme organise une journée d’animations autour du thème des 5 sens. Maquillage pour enfants, modelage Terre, échasses urbaines, jeu pédestre, lâcher de ballons... à 10h, Office de Tourisme, 19 place de l’Hôtel de Ville, Molsheim. Dès 6 ans. Gratuit // www.ot-molsheim-mutzig.com Journée de la Forêt Noire animations Découvrez la culture, l’artisanat et les traditions d’une des destinations de vacances préférées des Allemands. Le clou de cet événement sera le grand défilé de costumes folkloriques. Europa Park, 2 Europa-Park Strasse, Rust (DE). Entrée du parc : adulte 36 € enfant 32 € www.europapark.de

1/7 6/11

© Europa-Park

du au

Redécouvrir Rust Il se passe toujours quelque chose du côté de Rust… Examen des nouveautés 2011 à Europa Park. Cette saison, on nous joue le grand jeu… Outre deux innovations dans le quartier italien (Piccolo Mondo, une escapade en gondole et Volo da Vinci inspiré des fameuses machines volantes du grand Léonard), sera proposé un nouvel espace qui se nomme La forêt enchantée. Il est consacré aux contes pour enfants des frères Grimm : entre les arbres centenaires, le public accède à des espaces merveilleux, château de la Belle au bois dormant ou maison de Hansel et Gretel… Dans un Musée des contes, le visiteur découvre également des pièces mythiques comme la chaussure de Cendrillon ou la pomme croquée de Blanche-Neige… ce qui nous amène à

l’invention gastronomique de l’année, le FoodLoop (voir photo), exclusivité mondiale puisque dans ce restaurant high tech, des rails d’acier serpentent pour atterrir sur les tables. Plats et boissons filent dans les virages étroits enchaînant loopings et autres figures pour débarquer sur les tables. Il suffit de passer la commande sur un écran tactile pour que la nourriture arrive à nous après un parcours en forme de grand huit… Europa Park, situé à Rust (Allemagne), est ouvert tous les jours de 9h à 18h pendant la saison estivale (jusqu’au 6 novembre) +49 18 05 / 77 66 88 – www.europapark.de


visite guidée Surplombant la ville de

Mardi 12 /7 Musée d’Archéologie visite guidée Découvrez le riche passé de Niederbronn. de 14h30 à 15h30, Maison de l’Archéologie des Vosges du Nord, 44 avenue Foch, Niederbronn-les-Bains. 1,70 € / réservation obligatoire au moins 24h avant la visite // www.musee-niederbronn.fr

Mercredi 13

/7

Dambach, la casemate visite guidée Découvrez le seul ouvrage de la Ligne Maginot restauré et aménagé d’origine dans la vallée du Schwarzbach. de 14h30 à 15h30, Parking de la Casemate, entre Dambach et Neunhoffen, Dambach. 2,50 € / réservation obligatoire au moins 24h avant la visite // www.musee-niederbronn.fr Soirée R’N’B, Zouk, Ragga La Guinguette du Rhin Avec Lusophonie DJ Sebastian. à 20h, La Guinguette du Rhin, Jardin des Deux Rives, à Strasbourg. Entrée libre www.laguinguettedurhin.fr

Jeudi 14 /7

Samedi 23 /7 Bachata, Merengue et soirée La Guinguette du Rhin Initiation avec Mambo Banana Swing et DJ Antonio della casa. à 20h, La Guinguette du Rhin, Jardin des Deux Rives, à Strasbourg. Entrée libre www.laguinguettedurhin.fr

Mercredi 27 /7 Atelier « Grès en peinture » Histoires de Grès Atelier artistique ambulant. Vous profiterez également d’une petite visite du château et d’un goûter ! de 14h à 17h, Château de Lichtenberg, Lichtenberg. Dès 6 ans. 5 € / Sur réservation au château au 03 88 89 98 72 www.chateaudelichtenberg.com

Jeudi 28 /7

Vive la France animations Festivités dans le quartier français à l’occasion de la fête nationale française. Animations musicales, danse, vins, spécialités françaises et bien plus encore. Europa Park, 2 Europa-Park Strasse, Rust (DE). Entrée du parc : adulte 36 € enfant 32 € // www.europapark.de

Vendredi 15

/7

Le château du Schoeneck visite guidée Construit à l’extrémité d’une barre rocheuse, ce château dispose de la plus grosse tour d’artillerie avec le Haut-Koenigsbourg. Prévoir des chaussures de marche. de 14h30 à 16h30, Parking à la sortie du hameau, Wineckerthal. 3,40 € / réservation obligatoire au moins 24h avant la visite // www.musee-niederbronn.fr Soirée Rock’n’roll La Guinguette du Rhin Avec Accro’n’rock. À 21h30 : démo Rock acrobatique. à 20h, La Guinguette du Rhin, Jardin des Deux Rives, à Strasbourg. Entrée libre www.laguinguettedurhin.fr

Samedi 16

Niederbronn, le château est construit sur un site qui fut occupé dès l’Antiquité. Prévoir des chaussures de marche. de 14h30 à 16h30, Parking de la gare, Niederbronn-les-Bains. 3,40 € / réservation obligatoire au moins 24h avant la visite // www.musee-niederbronn.fr

/7

Croisière lounge Soirée sur l’Ill Tous les 3e samedis du mois, 70 clubbers prennent place à bord du Lounge Boat animé par DJ Dikran. de 23h à 3h, Embarcadère Dauphine Étoile, 1 place Dauphine, à Strasbourg. Entrée 18 € / résa fortement conseillée au 03 88 84 13 13 // www.batorama.fr Son de Mexico La Guinguette du Rhin Concert avec El grupo EnBuscaDe & leurs invités. à 21h, La Guinguette du Rhin, Jardin des Deux Rives, à Strasbourg. Entrée libre www.laguinguettedurhin.fr

Jeudi 21 /7 Sokan

La Guinguette du Rhin Danser sur des rythmes africains, guidés par les danseurs de Sokan. à 20h, La Guinguette du Rhin, Jardin des Deux Rives, à Strasbourg. Entrée libre www.laguinguettedurhin.fr

Vendredi 22 /7 Blues

La Guinguette du Rhin Avec Mony.

à 21h, La Guinguette du Rhin, Jardin des Deux Rives, à Strasbourg. Entrée libre www.laguinguettedurhin.fr Le château de la Wasenbourg

Initiation Cha Cha CHA La Guinguette du Rhin Soirée danses latines avec Jacky JSK + Dj DAD2. à 20h, La Guinguette du Rhin, Jardin des Deux Rives, à Strasbourg. Entrée libre www.laguinguettedurhin.fr

Samedi 30 /7 Soirée 100% WCS La Guinguette du Rhin Initiation au West Coast Swing avec la West Coast Connexion. à 20h, La Guinguette du Rhin, Jardin des Deux Rives, à Strasbourg. Entrée libre www.laguinguettedurhin.fr Soirée estivale animations Profitez des attractions d’EuropaPark jusqu’à minuit ! L’été, le soleil, c’est la fête ! De nombreuses animations et surprises ensoleillent cette soirée. Europa Park, 2 Europa-Park Strasse, Rust (DE). Entrée du parc : adulte 36 € enfant 32 € // www.europapark.de

Lundi 1 /8 Fête suisse animations Dans le quartier suisse, découvrez les joueurs de cors des Alpes et les jodleurs, mais aussi une fromagerie, un atelier d’artisanat traditionnel et bien d’autres animations typiques. Europa Park, 2 Europa-Park Strasse, Rust (DE). Entrée du parc : adulte 36 € enfant 32 € // www.europapark.de

Mardi 2 /8 Musée d’Archéologie visite guidée Découvrez le riche passé de Niederbronn. de 14h30 à 15h30, Maison de l’Archéologie des Vosges du Nord, 44 avenue Foch, Niederbronn-les-Bains. 1,70 € / réservation obligatoire au moins 24h avant la visite // www.musee-niederbronn.fr

Jeudi 4 /8 Danse Orientale La Guinguette du Rhin Initiation, démonstration et soirée avec Raqs Nefertiti. à 20h, La Guinguette du Rhin, Jardin des Deux Rives, à Strasbourg. Entrée libre www.laguinguettedurhin.fr

Vendredi 5 /8 Mélodies tziganes aux rythmes balkaniques La Guinguette du Rhin Avec Papyros’N ? Baliska. à 21h, La Guinguette du Rhin, Jardin des Deux Rives, à Strasbourg. Entrée libre

www.laguinguettedurhin.fr

Samedi 6 /8 La Nuit des Étoiles Découverte Embarquement immédiat pour un voyage inédit à travers les constellations, à la rencontre d’étoiles mystérieuses, guidé par un passionné. à 20h, Jardin des Sciences de l’Université de Strasbourg, 12 rue de l’Université, à Strasbourg. Entrée libre www.science-ouverte.u-strasbg.fr Musique traditionnelle du Burkina Faso La Guinguette du Rhin Avec Moussa Coulibaly. à 21h, La Guinguette du Rhin, Jardin des Deux Rives, à Strasbourg. Entrée libre www.laguinguettedurhin.fr

Jeudi 11 /8 Salsa, bachata, merengue, kuduro... La Guinguette du Rhin Initiation et soirée avec Salsa Loca Strasbourg. à 20h, La Guinguette du Rhin, Jardin des Deux Rives, à Strasbourg. Entrée libre www.laguinguettedurhin.fr Sur les traces de Soeur Élisabeth Eppinger patrimoine Visite de la chapelle du Kloesterlé complétée par la visite de la maison natale de Soeur Élisabeth Eppinger. Visite guidée organisée au départ du musée. de 14h à 15h30, Maison de l’Archéologie des Vosges du Nord, 44 avenue Foch, Niederbronn-les-Bains. 1,70 € / réservation obligatoire au moins 24h avant la visite // www.niederbronn-les-bains.fr

Vendredi 12 /8 Le Taubensee, le Rocher de la Liese et le Camp celtique visite guidée Voyage dans les légendes locales à travers des sites remarquables chargés d’une forte tradition orale. Prévoir des chaussures de marche. de 15h à 18h, Chalet du Club vosgien au sommet du Grand Wintersberg, Niederbronn-les-Bains. 1,70 € / réservation obligatoire au moins 24h avant la visite // www.musee-niederbronn.fr Musik qu’on sert à la Guinguette La Guinguette du Rhin Avec Goguette et cie. à 21h, La Guinguette du Rhin, Jardin des Deux Rives, à Strasbourg. Entrée libre www.laguinguettedurhin.fr Soirée grimpe full moon flam’s Activités de plein air Parcours et tyrolienne à la pleine lune, repas flam’s sur la terrasse suspendue. Natura Parc, rue de la nachtweid, parking parcours de santé, Ostwald. Renseignements et réservation au 03 88 65 40 07 // www.naturaparc.com

Samedi 13 /8 Faune & flore de la forêt rhénane Sortie nature Monument vivant, la forêt témoin des jungles rhénanes abrite une faune et une flore extrêmement diversifiées qui ne demandent qu’à être connues. à 14h, Centre d’initiation à la nature et à l’environnement de Bussierre, 155 rue Kempf, à Strasbourg. Sur inscription au 03 88 35 89 56 (20 personnes max.) www.sinestrasbourg.org

Lundi 15 /8 Rock’n’rol La Guinguette du Rhin Avec les Diables rouges et Dj DAD2. à 16h, La Guinguette du Rhin, Jardin des Deux Rives, à Strasbourg. Entrée libre // www.laguinguettedurhin.fr


agenda

1/7 11/9

du au

La Guinguette du Rhin Cet été, ça va guincher sec au Jardin des Deux rives. L’association de la Guinguette du Rhin propose en effet rien moins que 68 soirées, du 1er juin au 11 septembre. Grâce à son chapiteau de 100 m2, pas de problème en cas de pluie pour continuer à bouger son body et à se trémousser jusqu’à ne plus en pouvoir : les jeudis et vendredis soirs, un concert animera le dance-floor, les dimanches, on danse à deux toute l’après-midi (salsa, cha cha cha, tango, valse, rock…). Les salsero et salsera se délecteront des soirées Salsa Loca des jeudis 16, 23 et 30 juin alors que les amoureux d’instruments acoustiques et d’ambiance cosy fêteront la fête de la musique du 21 juin au bord de l’eau avec une soirée dédiée. Bien entendu, pour que la convivialité soit au rendez-vous, vous pourrez aussi vous y restaurer. Que demande le peuple ? D’entrer dans la danse !

Mardi 16 /8 Le couvent d’Oberbronn visite guidée Découvrez un village pittoresque des Vosges du Nord et son château du xiie siècle, propriété de la Congrégation des Soeurs du Très Saint-Sauveur depuis 1857. de 10h30 à 12h, Parking du couvent, Oberbronn. 1,70 € / réservation obligatoire au moins 24h avant la visite www.musee-niederbronn.fr

mer 17 /8 Dragons-mouches et demoiselles 2 Sortie nature

Le temps passe à la manière des fleurs, voici une autre histoire de libellule à découvrir, celle de la succession des espèces au fil des mois. Suite de la sortie du 6 juillet. à 14h. Pour plus de détails, voir 6 juil. www.sinestrasbourg.org

sam 20 /8 Pédalez plus fort ! Sortie nature

Découverte de la piste des forts, pique-nique, puis visite du Fort Frère d’Oberhausbergen. Parcours d’environ 25 km à vélo. à partir de 10h. Départ au parvis du Musée d’Art Moderne et Contemporain, à Strasbourg. Tarifs : Adultes 4 € / jeunes 12 à 18 ans 2 € / gratuit -12 ans. Sur inscription au 03 88 35 89 56 www.sinestrasbourg.org

mer 24 /8 Dambach, la casemate visite guidée

Découvrez le seul ouvrage de la Ligne Maginot restauré et aménagé d’origine dans la vallée du Schwarzbach. de 14h30 à 15h30. Parking de la Casemate, entre Dambach et

À Strasbourg, au Jardin des Deux Rives, jusqu’au 11 septembre, les jeudis de 20h à minuit, vendredis de 20h à 1h30, samedis (et veille de jours fériés) de 20h à 1h30 (prolongation exceptionnelle à 2h30) et dimanches (et jours fériés) de 15h à 20h (prolongation exceptionnelle à 1h30). Entrée libre. 06 82 59 21 73 – www.laguingettedurhin.fr

Neunhoffen. Tarif : 2,50 € / réservation obligatoire au moins 24h avant la visite www.musee-niederbronn.fr

ven 26 /8 La Nuit de la Chauvesouris Découverte

Mal connues, parfois mal aimées, les chauves-souris sont en réalité des espèces fascinantes. Venez les découvrir lors d’une conférence suivie d’une sortie nocturne. à 20h. Centre d’initiation à la nature et à l’environnement de Bussierre, 155 rue Kempf, à Strasbourg. Entrée libre www.sinestrasbourg.org

dim 28 /8 Après-midi Partage & Jeux Jeux de société

L’association Riréagir vous convie à une

après-midi conviviale autour des jeux de société. L’occasion de se réunir en famille ou de rencontrer de nouveaux amis ! de 15 à 18h. Café La Perestroïka, 2 rue du Thiergarten, à Strasbourg. Entrée : s’acquitter d’une boisson auprès du café qui accueille l’association www.wix.com/asssociation/rireagir


L’illustratrice

Fabienne Wagenaar Née en banlieue, quelque part entre les tours. Elle passa avec enthousiasme les boulevards extérieurs pour rejoindre Paris et l’atelier d’illustration de l’École Estienne. En 2008, elle s’exila dans le Grand Est, étudia aux Arts décoratifs de Strasbourg et fit plus au nord quelques brasses dans le port de Hambourg. Les étrangers que l’on croise aux détours de ses histoires, de hall de gare bondé en forêt sombre et silencieuse, semblent s’être enfin réconciliés avec les périphéries. http://fabienne.wagenaar.free.fr

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SPECTACLES D’ÉTÉ – STRASBOURG

L’été est trop cour Avec Été cour, été jardin, programmation estivale des Taps, Strasbourg ne sera pas un désert culturel durant les mois de juillet et d’août. Tour d’horizon. Texte : Jean-Paul Daniel

Paroles et musique

L

a cuvée 2011 des lectures musicales est un grand cru. Il sera question d’épicurisme gastronomique avec La Sexualité d’un plateau de fruits de mer, mis en bouche par un des grands noms du théâtre régional : Francis Freyburger. Délaissant pour l’occasion son Théâtre de la Cruelle, il s’offre en duo musical avec Daniel Muringer, du groupe Geranium, pour cette lecture goûtue (30 juillet). Autre duo connu (et reconnu), celui composé du comédien Frédéric Solunto (voir Poly n°139) et du pianiste Philippe Ochem (créateur et directeur des festivals Jazzdor à Strasbourg et Berlin) qui se retrouvent autour de poèmes déconstruits de Christophe Tarkos (20 août). Voilà un espace singulier à investir, entre subversion textuelle et improvisation musicale ! Dans ce même esprit, les incroyables sonorités des Ondes Martenot de Christine Ott (voir Poly n°137) se mêleront à merveille avec les vers de la Belge Agnès Henrard (13 août). La comédienne Jannick Voirin rythme le flux poétique de Veiller sous les rivières dans une invitation diablement contemporaine au voyage… m Au Taps Scala, Lectures musicales, tous les samedis à 20h30 du 19 juillet au 27 août

Oudiste, diva, dandy, etc.

M

usique d’Orient, chanson française, jazz-groove… Les genres se mêlent, durant l’été grâce aux Soirées concerts. C’est avec plaisir que nous retrouverons l’artiste d’origine irakienne Fawzy Al-Aiedy (voir Poly n°138), en trio (le 19 juillet), pour le spectacle Oud Aljazira, rencontre entre les musiques populaires et savantes, entre le luth oriental, les percussions, le violon et le chant. Le Taps Scala sera décidément terre de toutes les fusions avec Cabarecités qui présentera (le 9 août) So Dandy, récital théâtral confrontant chant, piano (Debussy, Poulenc, Britten…) et textes de célèbres dandies, Baudelaire ou Lagerfeld (« I was born to be different » dit-il notamment). De dandy à diva, il n’y a qu’un pas… allègrement franchi par la compagnie. Autres rendez-vous : avec Gabriel de Richard (chant et guitare, le 26 juillet) qui nous chantera New York and moi ! ou encore avec Anne Cantineau et Grégory Ott (le 2 août) pour Car nous ne savons rien de la seconde qui vient. m Au Taps Scala, Soirées concerts, tous les mardis à 20h30 du 19 juillet au 23 août

À belles dents !


SPECTACLES D’ÉTÉ – STRASBOURG

L’Ill aux enfants

C

omme l’an passé, le Taps Gare est dédié au jeune public, entre théâtre et conte. Isabelle Marx, de la Compagnie Courant d’Art, ouvrira le bal avec Fa Mi par Si, famille par là, spectacle drôle et animé sur la filiation (le 19 juillet, dès 2/3 ans) et ses modalités mouvantes. Les habitués du TJP et du festival Momix retrouveront avec plaisir la troupe d’Actémobazar qui revisite les figures de l’ogre et de l’ogresse de nos contes. Les deux comédiennes de À belles dents ! (le 26 juillet, dès 3 ans) nous feront rire de la peur d’être dévorés en engloutissant dans le même élan gâteaux, maison, bonbons, chocolat, sorcières et… petits enfants. Une manière ludique et attractive de parler du désir comme de la trouille. Enfin, parmi le florilège de rendez-vous programmés, ne manquez pas La Tente d’Edgar (le 23 août, dès 6 ans) de Stéphane Amos qui avait fait le buzz l’an passé avec son désopilant Raoul et Maurice. Edgar est un dandy du bitume un brin bonimenteur, professionnel de la crampe des zygomatiques, enjôleur-cajoleur mais surtout arnaqueur pour notre plus grand plaisir : celui de se laisser charmer par ses vrais-faux ratés ! m Au Taps Gare, Théâtre jeune public, chaque mardi (14h et 17h), du 19 juillet au 23 août & Contes d’un été, tous les jeudis, du 21 juillet au 25 août

Mercredi, c’est Satie, Rossini…

U

ne belle place sera laissée à l’amour avec, pour débuter, des airs d’opéra et d’opérettes interprétés par la soprano Myriam Moreau et le ténor Mathias Manya, accompagnés au piano par Marie-Christine Goueffon (20 juillet). De Boieldieu à Delibes, un excitant programme. Suivra un récital de Marie-Noëlle Vidal (contralto) et François de Orador (piano) où le célèbre Dichterliebe de Schumann répondra à la création du Cahier d’Asnières, page pour piano composée par François de Orador (27 juillet). Amour toujours avec une soirée où le chant sera dans tous ses états (3 août) avec la soprano Mechthild Kiendl accompagnée d’une pianiste et d’une hautboïste dans Plaisirs… d’amour ? où les sonorités délicates de la harpe d’Anja Linder porteront la voix de Nathalie Gaudeffroy aux pays des mille et une romances… parfois contrariées (17 août). Une vision ludique que l’on retrouvera dans une promenade vocale où Mahler est confronté à Poulenc (24 août). Mais la soirée la plus attendue est sans doute celle du 10 août avec une variation tout en chant (avec la mezzo Marianne Dellacasagrande) et clavier (Kevin Tamanini) autour de Liszt et l’Italie… m Au Taps Scala, Mercredis classiques, à 20h30, du 20 juillet au 24 août

Entrée libre dans la limite des places disponibles Réservations à la Boutique Culture au 03 88 23 84 65 – www.strasbourg.eu

François de Orador et Marie-Noëlle Vidal

Philippe Ochem et Frédéric Solumto


EXPOSITION – STRASBOURG

La Fleur de mon secret Avec les travaux minutieux de Kim Bom et de Gaëlle Lucas, l’Espace international du CEAAC nous offre un dialogue tout en délicatesse. Une conversation pas si légère qu’elle en a l’air…

L’

Espace international propose régulièrement des expositions réunissant le travail d’un artiste étranger accueilli par le CEAAC – venant de Corée en ce qui concerne Kim Bom – et d’un Alsacien ayant résidé hors de la région – à Budapest dans le cas de Gaëlle Lucas. En résidence à Strasbourg du 31 mars au 30 juin 2011, la plasticienne coréenne (du Sud) a longuement parcouru la cité afin de peindre des cartes de la ville, des acryliques sur papier, autant de vues en contre-plongée avec une petite cathédrale, de minuscules maisons à colombages, une mini gare et sa cloche de verre… Sous le pinceau et le stylo de l’artiste, Strasbourg prend des allures de miniature asiatique.

Les travaux méticuleux de Kim Bom sont colorés et enfantins, grouillants de détails. Tout comme les dessins sur papier de Gaëlle Lucas qui, durant son séjour dans la capitale hongroise en juillet 2008, traverse la ville, visite ses musées, fréquente ses brocantes. Elle rassemble des photographies de façades décorées, collecte des ouvrages traitant des costumes de la région et des broderies transylvaniennes, achète quelques pièces de tissu : des motifs récoltés puis injectés dans ses travaux. Désignant ses aquarelles et crayonnés, elle précise : « Tous mes dessins sont liés à ma vie, je travaille sur l’intime et questionne la manière d’en parler aux autres », citant alors les écrivaines Virginia Woolf ou Sylvia Plath, « des femmes qui partent de l’ordinaire » et chez qui elle retrouve une « violence sourde ». Les œuvres autobiographiques de Gaëlle, enceinte de trois mois au moment de sa résidence, traitent de la maternité, décri-

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Kim Bom, Mapping of Strasbourg 1

vent une jeune femme vêtue de belles robes bariolées, portant souvent un fœtus. Lorsqu’elle a un visage, c’est bien le sien. La plasticienne réalise depuis longtemps un travail sur le fil, entre journal intime, art et artisanat, évoquant les “ouvrages féminins” – la minutie de la broderie – et le travail de plasticiennes comme Louise Bourgeois, Kiki Smith ou Marlène Dumas. Sur les grands formats (réalisés à son retour de Budapest) exposés au CEAAC, sont collées des fleurs de soie issues de l’atelier d’une confectionneuse d’Avignon. Parfois flétries, voire fanées, elles contribuent à l’étrangeté émanant de ses œuvres inquiétantes dont on retient pourtant d’abord la délicatesse et la poésie… C’était il y a des années, mais Gaëlle se souvient parfaitement de cette anecdote : la nuit suivant la visite du Musée de l’École de Nancy, dédié à l’Art nou-

veau, elle « fait un terrible cauchemar, un rêve de mort. J’étais sous terre, des fleurs et des plantes me poussaient dans les narines. » Chez Gaëlle Lucas, décoratif peut rimer avec maladif, ornement avec étouffant. Méfions-nous des jolies choses. Texte : Emmanuel Dosda

m Walking to the ill de Kim Bom et Ornement de Gaëlle Lucas, à Strasbourg, à l’Espace international du CEAAC, du 24 juin au 24 juillet 03 88 25 69 70 – www.ceaac.org


EXPOSITION – STRASBOURG

Gaëlle Lucas, 26 avril 2010 (80 X 120 cm, crayon de papier, crayon de couleur, aquarelle, fleurs en soie, fils de coton)

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CIRQUE – MULHOUSE

Circo-Thérapie En cette fin de saison, La Filature invite la compagnie québécoise de cirque contemporain Les 7 doigts de la main à présenter sa quatrième création : Psy. Ils y sondent, entre humour et acrobaties, l’âme humaine, ses névroses et maladies mentales.

P

luridisciplinarité et sujets inhabituels, voici les deux caractéristiques des spectacles de la compagnie fondée en 2002. Que ce soit dans un loft d’artiste (Loft, 2002), un bunker (Traces, 2006) ou au Purgatoire (La Vie, 2007), ces circassiens installés à Montréal se plaisent à « restituer le cirque dans la vie », assure Sébastien Soldevila, l’un des 7 doigts. L’idée « un peu folle » de « lier l’étrangeté de nos pratiques artistiques avec les troubles et maladies mentales est abordée, comme dans La Vie où nous parlions de la mort, comme un hymne à la vie plus que par la gravité ». Pour la première fois, la compagnie “s’efface” en recrutant onze artistes pour le spectacle, neuf issus

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de l’École nationale de Cirque de Montréal et deux du Centre national des Arts du Cirque de Châlons-en-Champagne. Les workshops et improvisations de début de création sont autant d’occasions de pousser les heureux élus dans leurs retranchements, de faire ressortir phobies personnelles, vécues ou imaginées.

Thérapie de groupe Aux troubles (insomnie, amnésie, paranoïa, hypochondrie, maniaco-dépression...) correspondent des disciplines (jonglerie, mâts chinois, roue allemande, corde aérienne, planche sautoir…) dont les associations résultent d’une dose de trouvaille, une autre de jugeote et une

dernière de chance. « Notre agoraphobe est seule sur son trapèze et la jonglerie de groupe sert de thérapie collective. Des surprises sont apparues comme notre amnésique jonglant seul dans un parc lors de flashbacks touchants au cours desquels il n’arrive pas à remettre les personnes et événements à leur place », confie Sébastien. Le voyage auquel nous assistons dans diverses pathologies, en une succession de tableaux, mêle arts du cirque, danse contemporaine, théâtre et show global sur fond de bande musicale alternant rythmes entraînants et chansons mélancoliques. Ce cirque fou à plus d’un titre multiplie les niveaux de lecture grâce à des jeux sur les rapports du groupe à l’individu, de


CIRQUE – MULHOUSE

patients à leurs psys. Plus que de simples troubles obsessionnels compulsifs, Psy invite à une joyeuse réflexion sur les changements de perception des désordres mentaux plus ou moins quotidiens. Que les personnages se jettent dans le vide à plus de trois mètres de hauteur à la poursuite d’une confiance les fuyant, qu’un autre cherche son identité parmi une foule de visages masqués en équilibre ou que l’un d’eux regarde, l’œil humide, un nounours partant dans les cintres, c’est bien dans la tête de chacun que nous pénétrons pendant près de deux heures. Tout est question d’équilibre pour ne pas basculer dans la simpliste parodie. Sur le plateau, une maison de trois étages devient tour à tour un appartement, un salon de thérapeute, un bar ou un parc public grâce à des vidéos projetées sur des espaces clos ou ouverts afin d’entrer dans les univers de chacun des personnages. Autant de voyages dans le cerveau d’artistes dont les obsessions et les pathologies sont, il faut bien le reconnaître, nôtres. À l’image du cirque mortel de La Vie dans lequel un maître de cérémonie juge les âmes des spectateurs à grand renfort d’humour noir*, Les 7 doigts de la main prennent le parti de rire de nos névroses, de démontrer par leur génie acrobatique la beauté qui peut naître du dépassement de soi. Il est rare de voir ce type de “matière” explorée dans les arts du cirque, fut-il contemporain. La compagnie ne s’est pas contentée d’une juxtaposition de numéros mais bien d’une création collective de séquences épatantes à souhait, qui semblent avoir été faites pour ce type de sujets. Complexité des mouvements, ivresse de l’équilibre et des rotations, répétition maladive de jets d’objets, recherche de la perfection ne sont, à bien y regarder, pas si éloignés de troubles ordinaires. Mieux, ils contiennent, intrinsèquement et merveilleusement, la matérialisation des maux de l’esprit se répercutant dans le corps. La Vie sera à découvrir du 25 octobre au 20 novembre 2011 à La Villette à Paris – www.villette.com *

Texte : Thomas Flagel Photos : Peggy Faye

m À Mulhouse, à La Filature, du 22 au 25 juin 03 89 36 28 28 – www.lafilature.org www.7doigts.com

2011-2012, quel cirque ?

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ur la lancée des 7 doigts de la main, la prochaine saison de La Filature sera rythmée par les venues du Raoul de James Thiérrée (19 au 21 octobre), petit fils de Charlie Chaplin, la création 2012 des intenables et surprenants Zimmermann & de

Perrot intitulée Hans was Heiri (littéralement “Jean comme Henri” dans le sens de “bonnet blanc, blanc bonnet”) et surtout les suédois de Cirkus Cirkör avec leur cirque monté à la sauce trash et rock’n’roll. Alléchant ! www.lafilature.org

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Carte blanche à Éric Genetet

Le feu de l’actu

Je commençais à perdre patience. Une voix résumait les faits : un hôtel, DSK à poil, une femme de chambre… Et tout le monde s’emballe, au ras des pâquerettes. Je pensais aux femmes violées par des hommes qui réfléchissent avec leur sexe plutôt qu’avec leur cerveau, au point de disjonction. Je ne peux pas croire que DSK se soit comporté comme un criminel. Comme dirait ma voisine de palier, qui est calée question sexe : « Si les séducteurs du monde se transformaient en violeurs dés qu’ils sont à poil devant la femme de chambre, de convictions ou de lettres, les tribunaux seraient remplis de cols de chemise tachés de sperme. » Elle dit des trucs dingues ma voisine de palier ! Dans le poste aussi ça causait sérieux… Y paraît que les séducteurs très mâles ont besoin d’être aimé, pas de se détruire... Moi je me dis que chacun à un avis sur cette affaire, mais qu’ils ne sont que deux à connaître la vérité, sans doute à perpétuité. Je ne sais pas s’il est coupable ou victime d’un complot et me demande ce que les images effrayantes d’un homme passé en quelques

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instants de la belle lumière de la réussite à l’enfer de la prison devant le monde entier traduisent de lui, de nous, de notre civilisation. J’ai pensé à la dignité de sa femme. Qu’il soit coupable ou non, il est entouré de sa famille, aimé par Anne Sinclair qui ne s’enferme pas dans une position de victime, ou de femme humiliée. Pourtant, elle aurait de bonnes raisons. Elle garde la tête haute et les yeux bleus comme l’océan. Avec elle, même super surveillé dans un appartement de Manhattan, il suffit que DSK regarde ses yeux pour s’imaginer sur une magnifique plage. Je donnerais cher pour savoir quelles questions elle ne lui a pas posées. © Geoffroy Krempp

L’

autre jour, à Strasbourg, je venais de passer le pont Churchill, j’étais à l’arrêt dans ma voiture. Le mois de mai était magnifique. Le feu me paraissait interminable, mais je ne faisais pas vraiment attention. À un moment, j’ai compris que j’étais tombé sur le plus long feu rouge de l’histoire des feux rouges alsaciens. J’étais là depuis au moins sept minutes, avec l’UGC Ciné Cité sur ma droite et les trams qui se succédaient. À cette heure de grande écoute, la circulation était dense. Je n’avançais pas. La radio parlait de l’affaire DSK. Au troisième feu vert, j’avais fait quatre mètres cinquante. Nous n’étions pas encore en Zone 30, mais en Zone 3.

Toujours coincé dans ma file de voitures, je pensais à la beauté d’Anne Sinclair, lorsque je l’ai vu : il était là, sur la droite, à quelques mètres, seul, en friche, comme abandonné par une civilisation en fuite, l’escalier hélicoïdal du pont Churchill, rescapé en béton armé, souvenir d’un monstre de 600 mètres de long. On dirait une clef de sol, un S géant, un serpent sans le charmeur. Ce qui me frappe, c’est que je ne prête plus jamais attention à ce pont que j’ai traversé si souvent. Je me suis demandé si un escalier qui ne mène nulle part restait un escalier. Si les objets que l’on ne voit plus sont encore des objets. Si la télévision ou la radio nous décrivent le monde tel qu’il est. Un jour, je ne penserais plus à DSK, ni aux yeux d’Anne Sinclair. Cela signifie peut-être que rien de tout cela n’aura existé… Ça vous dirait d’organiser une soirée “question sans réponse” avec moi ? On cueillera quelques pâquerettes ! Fidèle à elle-même, la radio était déjà passée à autre chose : La Vache qui rit fêtait ses 90 ans. Au feu, c’était vert… Vert ? Je ne sais pas, une grenouille !


Les femmes de l’ombre

Maire d’œuvre Son travail consiste à se promener en ville pour repérer les bâtiments dignes d’être protégés : rencontre avec Valérie Maire, une architecte urbaniste que son nom prédestinait peut-être à s’installer place de l’Étoile…

C’

est en 1998 que Valérie Maire intègre la Communauté urbaine de Strasbourg, mais depuis mai 2010, la voilà en charge d’une mission un peu particulière au sein de la direction de l’urbanisme : elle s’occupe en effet du recensement du patrimoine de Strasbourg et de la CUS, opération inédite jusqu’ici. Le projet, de longue haleine, s’insère dans une volonté d’identification, de relevés pour la protection et de mise en valeur. Pour cette architecte urbaniste, il s’agit d’arpenter avenues, rue et venelles afin de repérer tout ce qui possède un intérêt, tant dans les constructions isolées que pour les îlots : ensembles de façades cohérents et remarquables, places et espaces publics harmonieux, patrimoine végétal à préserver. « Ne croyez surtout pas que les quartiers extérieurs à la Grande Île sont

rapidement expédiés. Vous n’imaginez pas l’étendue du patrimoine architectural digne d’être protégé », confie-t-elle avec enthousiasme. Des concertations sont engagées avec des groupes de travail sur les dix Conseils de quartiers et les associations. Il s’agit donc bien d’intégrer les Strasbourgeois dans une démarche participative. Les informations collectées sont partagées grâce à des expositions, des publications ou des inventaires. « Nous avons déjà édité plusieurs dépliants avec un plan et des promenades pour découvrir et valoriser des quartiers autres que le seul secteur central sauvegardé. Sont déjà disponibles dans les mairies : Neudorf, Neuhof et Meinau. Koenigshoffen est en cours d’élaboration, tandis que la

Robertsau et Cronenbourg sont à venir. Nous travaillons également sur une base de données accessible en ligne en collaboration avec le service de l’Inventaire. » Pour le moment, le rôle de notre Chef de projet de politique urbaine patrimoniale est purement consultatif, mais à terme, on pourra obliger, lors de nouveaux permis de construire, le maintien d’un jardin là où il existait depuis l’Annexion, par exemple, ou rétablir un immeuble dans l’axe dans le cadre de nouveaux projets et bien sûr interdire des démolitions. « Notre action ne consiste pas à vouloir muséifier la ville. Elle doit continuer à être vivante et à attirer tous types de population. Entre 1982 et 2007, la population s’est accrue de 12,5 % dans l’hyper-centre. Ce dynamisme touristique et économique doit être favorisé, en améliorant le quotidien dans le tissu urbain, tout en respectant le Grenelle de l’environnement et en continuant de permettre des interventions contemporaines quand elles s’intègrent harmonieusement comme la Crèche Stenger-Bachmann, à côté de l’Ancienne Douane. » Ce travail passionne Valérie Maire et de nombreux projets sont en cours (dont celui de l’extension du secteur sauvegardé à l’ensemble de la Grande-Île et au cœur de la Neustadt) : « J’apprécie surtout de pouvoir confronter mes avis avec ceux de mes interlocuteurs, car nous avons tous une approche différente de notre ville et la concertation est enrichissante » conclutelle. Texte : Catherine Jordy. Photo : Benoît Linder pour Poly

www.strasbourg.eu/urbanisme

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Littérature

Humans, go home ! Fils du strasbourgeois Joël Henry – initiateur du tourisme expérimental – Léo Henry publie à 32 ans son premier roman. Rouge gueule de bois, une ode aux sixties, à ses icônes sur pellicule et aux pastiches de la science-fiction signés Fredric Brown.

L

éo Henry est de ces nostalgiques élevés dans les astres de la contre-culture américaine, biberonnés au cinéma de genre et aux écrivains tourmentés – un brin ratés aussi – comme Clifford Odets qui inspira aux frères Cohen l’excellent Barton Fink. Privilège de l’auteur, il convoque son panthéon dans ce western urbain. Les seuls à, parfois, s’y ennuyer sont les personnages, écrasant de temps à autres des fourmis descendant des arbres en quête d’une vie meilleure au milieu des cadavres de bières Olympia et de Korbel Brandy. Léo ne recommande pas de lire en buvant, même si l’incroyable liste de cocktails et autres breuvages dont se gorgent les personnages donne envie de tâter du shaker. Du Mai Tai au Moon Stop en passant par le French 75 version Chemin des Dames (deux onces de Calvados, une de gin et un trait d’absinthe au shaker avant de le passer dans un verre à Martini), l’homme est fin connaisseur.

Ce “road novel”, n’ayant rien à envier au plus déjanté des films de Tarantino, réunit rien moins que Fredric Brown1, copie saisissante de l’écrivain en mal d’inspiration, Vadim (célèbre cinéaste2, homme à femmes qui séduisit successivement Bardot, Deneuve ou encore Jane Fonda) mais aussi la plantureuse Barbarella, héroïne du film éponyme signé… Roger Vadim. De Tucson (Arizona) à Taos (Nouveau Mexique), de Yuma à Ensenada (Mexique), Brown échafaudera un plan doté de l’alibi parfait – du moins le croit-il – pour assassiner sa femme, coupable d’être en train d’écrire un livre sur lui. Construit sur une trame à tiroirs, le récit joue d’un style très marqué dans lequel l’argot impérieusement enlevé abonde et règne en maître. Entre gommes de grosses cylindrées brûlant le bitume et rencontres improbables avec la moitié des

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arsouilles (les Hell’s Angels, hédonistes et anthropophages, de Cave Creek) d’une année 1965 où le monde court à sa perte, notre bande de “lucky loosers” se croise et se recroise, poursuivis par la Reine noire de Sogo et les jumelles Stomoxys et Glossina à la plastique réveillant les morts. Ajoutez la dérision d’un Mars Attacks ! revu à la sauce “peace and love orgiastique”, les chroniques radio de WKRC dont la gouaille, le franc-parler et l’irrévérence feraient passer le chroniqueur de Good Morning Vietnam pour un cureton bien sage, et vous obtenez un roman savoureux en forme d’ellipse sur la créativité, les troubles de l’imagination et le rapport problématique à la société de consommation d’écrivains géniaux et givrés, à jamais condamnés à défricher des genres à la marge avant d’y être, eux-mêmes, renvoyés. 1 Fredric Brown (1906-1972), auteur culte de Martiens go home ! et Fantômes et farfafouilles, parus chez Denoël, collection Présence du Futur, en 1957 et 1963 2 Roger Vadim (1928-2000), réalisateur des sulfureux Et Dieu… créa la femme, Liaisons dangereuses ou encore Barbarella

Texte : Thomas Flagel

m Rouge Gueule de bois de Léo Henry, Éditions La Volte, 2011 (18 €) – www.lavolte.net


LE PARRAIN 2011, RENé ARNoux Les nouveautés : • Balades en voitures anciennes, jusqu’à la Cité de l’Automobile, le Zoo ou au cœur du vieux Mulhouse, City Tour en bus Citroën. • Studio photo avec l’Inspecteur Colombo et sa célèbre 403, la Ford Gran Torino de Starsky & Hutch, Batman et sa Batmobile.

1, 2 & 3 juillET 2011 Dagré Communication | www.dagre.fr | RCS 390 920 411

Les incontournables :

fEsTivAl

AuTom

bilE

dE mulhousE www.festivalauto.mulhouse.fr

Exposition des plus beaux modèles de Ferrari, défilés, animations participatives, rallye et spectacles au programme de ces 3 jours de fête.

n I n a u g u ra t iole 1er ju illet

Autodrome

Cité de l’Automobile

03 89 35 48 48

La cité des anges Comme chaque année depuis 1998, l’été mulhousien sera festif, virevoltant et un brin brindezingue : le festival Scènes de rue envahit en effet toute la cité.

S

cènes de rue ? L’intitulé du festival dit tout… ou presque. Au programme donc, des arts vivants, du théâtre et du cirque majoritairement, dans toute la ville. Entre humour et poésie, spectacles grand public et explorations artistiques pointues, la variété des propositions est intense, puisqu’en quatre jours, plus de 70 rendez-vous (gratuits) sont donnés aux spectateurs. Impossible de tous les mentionner. Un des temps forts se déroulera samedi 16 juillet (à 22h, place de la Réunion) : venus de Marseille, Les Studios de cirque vont métamorphoser un des lieux emblématiques de Mulhouse en Place des anges. Diaphanes et aériennes, des créatures ailées blanches feront leur apparition dans le ciel d’été (qu’on espère étoilé), créant d’improbables et étranges feux d’artifices de plume et invitant les spectateurs à se rouler dans un tapis cotonneux et à s’ébattre avec elles. À une époque, certains chantaient : « Je rêvais d’un autre monde… » Le temps d’un soir, le rêve deviendra réalité. Texte : Henry Greiner Photo : Cardoso

m À Mulhouse, dans toute la ville, du 14 au 17 juillet – 03 69 77 77 50 – www.mulhouse.fr

• Vendredi 1er juillet : Inauguration de l’Autodrome : spectacle de la Compagnie Titanick Theater à la Cité de l’Automobile à partir de 20h30. • Samedi 2 juillet : Nuit de l’Automobile : à partir de 20h nuit de la musique automobile au centre ville avec Jesers, Legende et Pietro Messina. À 22h : Axelle Red en concert, Place de la Réunion. • Dimanche 3 juillet : La Grande Parade Automobile : à 14h30 défilé spectacle sur l’Autodrome, intitulé “l’épopée historique de l’automobile ”. Accès libre à toutes les animations et à l’Autodrome (à l’exception des balades en voitures anciennes - Office de Tourisme) Tarif spécial de 5 € à la Cité de l’Automobile pendant toute la durée du Festival Accessible aux personnes à mobilité réduite Informations Ville de Mulhouse - Service Tourisme & Événements Mail : service.evenements@mulhouse-alsace.fr Tél. : 03 69 77 67 77


Une ville vue par un artiste

Baru / Micheville À cheval sur les communes de Villerupt et d’Audun-le-Tiche dans le Pays-Haut, Micheville est « la matrice » de l’œuvre d’Hervé Baruléa, dit Baru. Toutes ses bandes dessinées entretiennent une relation puissante, presque fusionnelle, avec ce fragment d’une Lorraine industrielle qui n’existe plus.

U

n père immigré italien ajusteur dans les hauts-fourneaux, une mère bretonne. La jeunesse lorraine de Baru (né en 1947), au cœur des années 1960, fournit la trame quasiment autobiographique de son premier album Quéquette blues1. Les suivants, qu’ils se situent dans le Pays-Haut ou pas, garderont toujours l’empreinte de cet endroit, « pas forcément de manière formelle, parce que je ne peux pas mettre des aciéries partout » explique-t-il dans un sourire, mais en filigrane : ce qui l’intéresse sont « les conséquences humaines et sociales » de la faillite de l’industrie dans une société où le modèle néolibéral a triomphé. L’aventure industrielle des Aciéries de Micheville débute dans les années 1870. En 1908, six hauts-fourneaux produisent annuellement 390 000 tonnes de fonte. Lorsque Baru est adolescent, le site tourne encore à plein régime : « L’usine était le cœur de la ville. Tout se structurait en fonction d’elle, l’urbanisme évidemment, mais aussi la vie des gens : les horaires, les loisirs… Je souhaitais parler de cela, essayer de voir, par exemple, comment un père qui rentrait à six heures du matin après avoir travaillé toute la nuit allait vivre avec sa femme et ses enfants. » L’aciérie n’est ainsi présente qu’en arrière-plan dans les albums de Baru : le lecteur n’entre presque jamais dans cette figure tutélaire, « cathédrale » que l’auteur compare « à la statue du Commandeur dans Dom Juan ». Au final, « c’est la France industrielle, la France laborieuse » qu’il représente. « J’ai commencé à faire de la BD pour explorer le rapport entre dominés et dominants, voir comment on peut échapper à sa condition et au déterminisme qui confine certains dans des espaces sociaux figés. » Dans la Lorraine des années 1970, l’émancipation peut évidemment passer par l’école républicaine dans laquelle Baru continue à croire. Optimiste le Président 2011 du festival d’Angoulême2 ? « Je pense que c’est la nature de l’homme de cesser de souffrir un jour et même s’il doit payer le prix fort pour cela. J’ai foi en l’être humain. »

La fracture sociale En « repensant [s]a trajectoire », Baru a inventé un genre, la “BD sociologique”, à cheval entre Ken Loach et Pierre Bourdieu : au fil des existences quotidiennes, de baloches en bistrots, de baignades en


baby-foot, il redonne vie à une classe ouvrière désormais disparue à Micheville. Qu’en reste-t-il aujourd’hui? Presque rien… Les slogans ronflants des politiques – qui donnent de grinçants intertitres à ce papier – ne sont que du carton-pâte. Les usines sont fermées. Presque intégralement rasées. Le taux de chômage explose et la violence du travail (« en retour de laquelle – et c’est maigre – l’homme se voyait conférer une certaine dignité ») a été remplacée par une autre, « plus brutale. Toute l’organisation s’est effondrée, les gens se sont renfermés sur eux-mêmes. Ceux qui sont restés ont sombré. » Un des prochains albums évoquera certaines tentatives de reconversion qui se sont soldées par des humiliations. Une scène choc : « Un ancien sidérurgiste a été embauché pour être déguisé en Schtroumpf à l’ouver-

ture de Schtroumpfland 3. Il rentre chez lui après la première journée de travail et se pend. Un type qui a commandé à la fonte et l’acier, habillé en Schtroumpf ! » Baru n’a cependant pas la nostalgie de l’usine, plutôt celle des « grandes organisations syndicales qui correspondaient à la grande industrie ». Dans un univers où le travail est émietté, l’organisation de masse est en effet presque impossible : à Micheville comme ailleurs « la montée de l’individualisme a été contemporaine à la chute des aciéries ». Comment se sortir de ce cercle vicieux où l’atomisation des forces de travail a rendu improbable toute organisation collective ? La solution de cette quadrature du cercle passe en tout cas par une réflexion politique sur l’avenir de la gauche qui commence par une injonction : « Arrêter de servir la soupe au capital ! » Tous l’ont-il compris ?

1 Saga en trois parties, dont la première a obtenu l’Alfred du meilleur premier album à Angoulême en 1985 2 Le Président du festival est le lauréat du Grand Prix de la Ville d’Angoulême de l’année précédente. Notons que Baru a aussi été récompensé par l’Alph-Art du meilleur album pour L’Autoroute du soleil en 1996 3 Situé à Maizières-lès-Metz, le parc d’attraction a été inauguré en 1989 (sur d’anciens terrains des usines sidérurgiques Sacilor) et se nommait en fait Big Bang Schtroumpf. Après différentes péripéties et rachats, il s’appelle aujourd’hui Walygator

Texte : Hervé Lévy Photo : Stéphane Louis pour Poly Dessin : planche tirée de Quéquette blues, Part. Tri ( Dargaud)

m Exposition d’œuvres originales de Baru tirées de Fais péter les basses Bruno ! à Strasbourg, à la Librairie Kléber, jusqu’au 18 juin 03 88 15 78 88 – www.librairie-kleber.com

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Artistes associés

Human after all Guebwiller, 2012. Los Angeles, 2019. Colt Silvers, durant une résidence aux Dominicains de Haute-Alsace, a monté un ciné-concert sur Blade Runner mêlant science-fiction et synthés, histoires d’androïdes et guitares. Un film sombre mis en musique par quatre gaillards en fluo.

P

eu après “l’épisode Eurockéennes” – le groupe ayant joué sur la presqu’île du Malsaucy l’an passé – Hiéro Colmar lance l’idée d’un cinéconcert à Colt Silvers, quatuor archi-fan de ciné bis et de SF. Hésitation quant au choix du long-métrage… Night of the Living Dead de Romero offre trop peu de registres d’ambiances. Alien ? Vraiment difficile à illustrer musicalement. Star Wars ? Vaste programme : quel épisode choisir ? Robocop ? Gattaca ? Le groupe s’arrêtera sur Blade Runner, film culte de Ridley Scott sorti en 1982 et inspiré de Philip K. Dick. Notons que Tears in Rain, dernier titre de Night of the Living Robots, album de Colt Silvers, est un clin d’œil aux derniers mots de Roy, protagoniste du film : « All those moments will be lost in time, like tears in rain. »

Night of the Living Robots L’histoire, les Colt la connaissent par cœur. Elle se situe à Los Angeles, en 2019. Rick Deckard (Harrison Ford) est un Blade Runner, un flic qui chasse les Réplicants, androïdes hors-la-loi ressemblant à s’y méprendre à des humains. « La relation amoureuse entre Harrison Ford et la Réplicante accentue l’ambiguïté de ce film absolument pas manichéen », affirment ceux qui ont vu le film une centaine de fois. « Nous découvrons de nouvelles choses à chaque visionnage : dans les détails, les décors, etc. Ce week-end, je me suis même tapé le making of », avoue Tristan, le plus geek… et sans doute le plus maso du groupe. Même s’ils le vénèrent, les Colt ont dû entamer un travail de montage afin de raccourcir le film. « Un boulot de malade », selon le combo electro-rock qui demande du renfort auprès de La Cité de la Prod1, société de production vidéo strasbourgeoise. Le film saucissonné2 passe ainsi de 116 à 75 minutes, après élimination « des séquences peu décisives sur l’action ». Entre les Colt et les gars de La Cité, c’est beaucoup plus que l’entente cordiale. « Ils sont habillés en fluo, avec des pompes 1990’s. On s’est retrouvés autour de cette culture commune », témoigne Nicolas, lunettes blanches vissées sur le nez et pendentif en forme de robot métallique autour du cou. À partir d’une version conservant les bruitages et les dialogues,

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mais excluant la musique de Vangelis, le quatuor s’est imprégné de l’univers visuel de Blade Runner, puis commença à improviser. « Avant de bénéficier de l’écran géant des Dominicains, on bossait dans notre local de répét’, en plissant les yeux devant le film diffusé sur nos Mac », se marrent les Colt. Ils essayent d’oublier la BO (« un challenge ! ») et tissent des thèmes, construisant un leitmotiv central qui revient sous diverses variations. Chaque personnage a droit à sa couleur musicale. Quand ils se rencontrent, les sonorités se croisent, jusqu’à devenir dérangeantes par moments. Il y a beaucoup de claviers rétros, mais aussi de la guitare, de la batterie, de la basse et… de l’alto que Tristan a tiré de son coffre à souvenirs de gamin. « Je l’ai ressorti du placard. Il apporte une certaine sensibilité pour accompagner une image. » L’idée directrice ? « Accompagner le film pour une immersion totale », quitte à rester dans l’ombre. « Au cours de la projection, il sera possible de ne pas se rendre compte qu’il y a un groupe », exagère (à peine) Julien, boss de Deaf Rock, label du

groupe. Nicolas précise : « Nous avions ce travers de toujours vouloir mettre du rythme alors qu’il faut parfois pouvoir se perdre dans les ambiances. Si tu ne t’adaptes pas scrupuleusement au film, tu fais un clip ! »

disque, sans doute davantage cinématographique, sera nourri de cette expérience. « Nous espérons qu’il y aura des liens, que des parallèles pourront être tirés. » La Cité de la Prod réalise fréquemment films et clips pour Deaf Rock, label de Colt Silvers – http://lacitedelaprod.com Blade Runner a été monté de nombreuses fois depuis sa sortie. Une version Final Cut est sortie en 2007 1

2

Back to Reality Les Colt Silvers ont apprécié les « excellentes conditions de travail » durant les deux semaines passées au couvent des Dominicains de Guebwiller, ancien lieu de recueillement a priori éloigné de l’esthétique fluorescente du groupe. « Nous avons répété dans une sorte de club, un caveau avec des piliers et du carrelage noir aux murs et au plafond. » Ils insistent aussi sur les petites lumières qui donnent un aspect “ciel étoilé” à l’ensemble. Un cadre qui inspira le quatuor fasciné par le « futur fantasmé » du film. « Il y a beaucoup de logos : Atari, TDK… des entreprises qui avaient la cote dans les années 1980. Le modernisme est représenté par la culture extrême-orientale. Pour notre second album, on aimerait d’ailleurs intégrer des sons asiatiques. » Leur prochain

Texte : Emmanuel Dosda

m À Colmar, au Parc du Natala, mercredi 13 juillet dans le cadre du festival Natala – 03 89 41 01 81 – www.hiero.fr m À Strasbourg, au Hall des Chars, dimanche 11 septembre, dans le cadre du Festival européen du Film fantastique de Strasbourg 03 88 22 46 71 – www.halldeschars.eu http://strasbourgfestival.com m À Guebwiller, aux Dominicains de Haute-Alsace, vendredi 28 octobre 03 89 62 21 82 – www.les-dominicains.com

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Galerie

Exigence attitude À Nancy, Hervé Bize ressemble à un ovni dans le paysage des galeries de province : dans son local so charming, il réussit en effet à présenter des pointures pointues de l’art contemporain. Mais quel est son secret ?

A

E

n février 1989, Hervé Bize a 22 ans : il fonde la galerie qui porte aujourd’hui son nom (après s’être nommée Art Attitude) ce qui en fait, selon les mots du critique d’art Philippe Piguet, « le plus jeune des vieux marchands français ». Les débuts ? Son « travail plastique personnel. Puis l’organisation de deux biennales d’art contemporain en 1986 et 1988 dans d’anciens entrepôts. » Un sacré bouillonnement dans la très calme Nancy : « La création d’un lieu était une suite logique » explique-t-il. Après quelques errances, le voilà installé dans ses locaux actuels qui furent le relais de poste du Roi Stanislas, puis le

plus grand magasin de musique de la ville au XIXe siècle. En témoignent des restes de fresques où s’épanouissent, dans un décor floral influencé part l’Art nouveau, les noms de Franck, Mozart, Gounod, Berlioz… Dans un pays « où il est presque inconcevable de faire ce métier avec une exigence forte en dehors de la capitale », Hervé Bize relève le pari depuis plus de vingt ans. Même si Nancy peut faire figure de « centre de gravité entre Paris, Bruxelles, Francfort et Bâle », l’expérience menée par le galeriste est unique dans le coin et repose sur ses « affinités et [s]on regard

sur l’art ». Tout cela se matérialise de différentes manières : des projets monographiques avec des artistes qu’il suit depuis des années, Peter Rösel ou Jean-Claude Loubières, par exemple, et des expositions thématiques ambitieuses, comme Nouvelles perspectives, en 1999, qui réunissait des pièces de Buren, Warhol, Rotella, Lavier, etc. Hervé Bize joue dans la cour des grands, participant à plusieurs reprises à la Fiac (Foire international d’art contemporain) ou à Art Basel (pour la première fois en 2010 avec une exposition consacrée à André Cadere) et exposant des artistes contemporains de toutes les générations, des “anciens” (Ben, Morellet…) ou des “d’jeunz” (comme le Portugais Marco Godinho). Comment fait-il ? « Des rencontres, un suivi, une empathie » répondil, mystérieux. Chacune des ses expositions tente en outre d’entrer en interaction avec l’espace si particulier de sa galerie… où il se sent désormais à l’étroit, puisque son projet le plus immédiat est « d’en ouvrir une autre à Paris, histoire de permettre une articulation entre les deux lieux. De toute manière, on ne peut pas y échapper. Alors… », conclut-il dans un sourire. Texte : Hervé Lévy Photo : Stéphane Louis pour Poly

m À découvrir jusqu’au 9 juillet l’exposition Strates et arts, « une petite constellation d’affinités tissées autour d’une figure incontournable de l’art contemporain », François Morellet m Galerie Hervé Bize, 17-19 rue Gambetta à Nancy (54) 03 83 30 17 31 – www.hervebize.com

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d


Le Crédit Mutuel donne le

05>15 août 2011 Colmar parc des expositions

11 jours de fête

Avec une Halle aux Vins flambant neuve ! 350 exposants Et du divertissement pour tous :

dégustations des vins d’Alsace, animations enfants, spectacles de music-hall et de danse, parc agricole et viticole, conférences, cook show gastronomiques, sosies de stars…

L’incontournable de l’été !

VEN 5 SELAH SUE - INVITÉ SURPRISE SAM 06 YODELICE - BEN HARPER DIM 07 HARD ROCK SESSION : KARELIA - STRATOVARIUS APOCALYPTICA - SEPULTURA

JUDAS PRIEST LUN 08 ETÉ 67 - ZAZ - BEN L’ONCLE SOUL MAR 09 YANNICK NOAH MER 10 CALI - OLIVIA RUIZ NUIT BLANCHE : BOB SINCLAR - MARTIN SOLVEIG JEU 11 GAËTAN ROUSSEL - MOBY

DIM 14 EDDY MITCHELL LUN 15 SAGA - STATUS QUO JOHN LEES’ BARCLAY JAMES HARVEST

03.90.50.50.50 www.foire-colmar.com

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FNAC : 0 892 683 622* www.fnac.com • TICKETNET : 0 892 390 100* www.ticketnet.fr • DIGITICK : 0 892 700 840* www.digitick.com un évènement

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RC Colmar : 388 014792B 289 • Lic.1 - 1027931 • Lic.3 - 1022810

VEN 12 LA TOURNÉE DES ANNÉES 90 GÉNÉRATION DANCE MACHINE


Les temps modernes Nos Modernes : un titre d’exposition qui sonne comme un manifeste. La Staatliche Kunsthalle de Karlsruhe propose en effet quelque 200 œuvres tirées de ses riches collections et représentatives des courants artistiques majeurs de la première moitié du XXe siècle.

L

e parcours débute avec les “pères de l’art moderne”, Monet, Pissarro, Degas ou Cézanne. La volonté de montrer le réel vole progressivement en éclats, couleurs et formes semblent alors investies d’une existence propre. Les “canons” de l’art moderne, dont l’année de naissance officieuse est 1907, celle où Picasso peignit Les Demoiselles d’Avignon, se mettent progressivement en place. À Karlsruhe, le voyage est séduisant et prestigieux : une Tour Eiffel fragmentée et éclatée de Delaunay voisine avec les expérimentations chromatiques de Franz Marc qui adorait peindre les bêtes (chevreuils et chevaux ici) affir-

mant « trouver l’homme laid. L’animal me semblait plus beau, plus pur. Mais je découvris en lui aussi tellement de choses heurtant les sentiments, de laideur, que mes représentations devinrent instinctivement (…) toujours plus schématiques, plus abstraites. » L’exposition est d’une grande fluidité : point en effet de pesant pensum esthétique ou de déroulé un brin mécanique de tous les “-ismes” et des mouvements qui ont jalonné l’histoire. Ici, les œuvres (toiles, sculptures, dessins…) se répondent intelligemment, les ensembles sont cohérents et centrés sur des groupes comme Der blaue

Reiter ou Die Brücke (avec deux merveilles signées Ernst Ludwig Kirchner). On redécouvre aussi toute la causticité des représentants de la Nouvelle Objectivité comme Georg Scholz, dont le musée possède plusieurs pièces maîtresses, ou Otto Dix avec un des ses chef-d’œuvre Les Sept Péchés capitaux. La place importante laissée à l’art allemand d’avant le Troisième Reich – que les Nazis qualifieront de “entartet”, c’est-à-dire “dégénéré” – est une des grandes forces de cette exposition qui se prolonge avec l’après-guerre et des œuvres de Dubuffet, Klein ou Baselitz, les fils plus ou moins légitimes des modernes. Au milieu de ces deux sections, entre le rez-de-chaussée et le premier étage de la Kunsthalle, est présentée, dans une salle aveugle posée au cœur d’un escalier lumineux, une pièce majeure et profondément émouvante. Il s’agit d’un fragment d’une sculpture d’Emy Roeder (1890-1971) datant de 1918, retrouvé avec dix autres pièces de la même époque au cours de fouilles archéologiques menées au cœur de Berlin à l’été 2010. Cette Femme enceinte avait été offerte à la Kunsthalle en 1921 avant d’être confisquée et présentée par le pouvoir national-socialiste au cours de l’exposition Entartete Kunst de Munich en 1937. Après 1945, elle avait disparu… et fait aujourd’hui figure de symbole, de survivante témoignant pour toutes les œuvres disparues. Texte : Hervé Lévy

m À Karlsruhe (Allemagne), à la Staatliche Kunsthalle, jusqu’au 3 octobre + 49 721 926 33 59 www.kunsthalle-karlsruhe.de

Georg Scholz, Le travail abîme, 1921, Staatliche Kunsthalle Karlsruhe © Nachlass Georg Scholz

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Théâtre avec vue Pour sa dernière saison à la tête du Théâtre du Peuple, Pierre Guillois signe deux mises en scène à l’inventivité débridée, cousues sur mesure pour ce lieu atypique : une tragi-comédie industrielle, Le Brame des biches et un cabaret spectral, Grand fracas issu de rien.

C’

est au bout du bout du monde. Tant pis, ou plutôt tant mieux. Car l’air qu’on y respire n’est pas bénéfique uniquement pour les poumons : il rafraîchit aussi les idées. Bussang, perdu au creux des Vosges, n’est certes pas le village le plus glamour de France. C’est pourtant là que se produit un petit miracle, chaque été depuis plus d’un siècle. Le Théâtre du Peuple, sorte d’ovni dans le ciel culturel, abrite dans son décor idyllique une singulière ébullition créative, une vision artistique au grand air. Depuis six ans, c’est celle de Pierre Guillois qui dessine l’horizon de ce lieu à nul autre pareil. Un dernier regard, cet été avec une programmation ébouriffante en guise d’au revoir.

En matinée, une pièce d’une jeune auteure, Marion Aubert : à la fois fresque historique et comédie de mœurs, Le Brame des biches évoque l’âge d’or de l’industrie textile dans les Vosges, vers 1890. Les grèves éclatent, l’amour s’ébat sous toutes ses formes, la vie déborde au milieu d’une misère sans nom et les femmes s’entichent de liberté. « La mise en scène de cette pièce aura à cœur de donner aux spectateurs les multiples dimensions de ce texte : mélodrame social, pièce féministe, œuvre baroque et naïve, fantaisie érotique… C’est avant tout un extraordinaire terrain de jeu pour les acteurs, qui devrait assurer un spectacle jouissif et stimulant », annonce le metteur en scène Pierre Guillois. Près de quarante comédiens et figurants, professionnels et amateurs, portent ce « gros et grand spectacle à vocation populaire ».

Grand spectacle aussi en soirée, avec une création collective orchestrée par le même Pierre Guillois : Grand fracas issu de rien, où les textes de Valère Novarina croisent les airs de Purcell, Gounod, Bernstein, où un jongleur de mots s’amourache d’une hystérique soprano, où l’insensé côtoie le merveilleux… En quelques mots, un cabaret fou et périlleux ! « Ce spectacle est avant tout organique et chaque artiste a pour mission de toucher un endroit spécifique de la sensibilité potentielle des hommes et des femmes qui y assistent », explique le metteur en scène. « Ainsi, l’acteur et ses mots s’adressent-ils surtout au cerveau humain. La chanteuse prendra un malin plaisir à titiller notre oreille, entrée directe sur notre cœur. Les

mouvements du gymnaste auront comme tâche de secouer notre propre carcasse. Le jongleur s’adresse, quant à lui, à la part la plus enfantine de notre être, à notre capacité à accepter l’illusion, à la réclamer comme le sésame d’un paradis perdu. Le percussionniste, enfin, vise nos articulations, nos os, nos viscères. » Tous s’en donnent à cœur joie, visent le vertige, cherchent à faire vaciller le public vers de troublantes émotions. Texte : Dorothée Lachmann

m À Bussang (88), au Théâtre du Peuple, Le Brame des biches, du 14 juillet au 27 août, à 15h, et Grand fracas issu de rien, du 3 au 27 août, à 20h30 03 29 61 50 48 – www.theatredupeuple.com

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Foire phare Art Basel, foire quadra de 42 ans, est le rendez-vous incontournable des férus d’art contemporain, collectionneurs ou simples amateurs. Bonus : une série d’événements accompagnant la manifestation.

R

ésolument internationale, Art Basel, fondé en 1970 par des professionnels de la région, rassemble aujourd’hui des galeries d’art venues de 35 pays et représentant 2 500 artistes. Un comité de sélection très exigeant assure un soigneux écrémage : sur plus de 1 000 candidatures, les 300 galeries retenues viennent d’Europe, bien sûr, mais aussi des États-Unis et d’un peu partout dans le monde. Réputées mondialement, le sérieux de celles-ci n’est plus à démontrer. La foire en profiterait-elle pour se reposer sur ses lauriers ? Non, elle se réinvente chaque année, en invitant de nouveaux venus (Art Concept à Paris, Vintage à Budapest, Joanna Kamm à Berlin) et en

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Pauline Boudry et Renate Lorens : No Future & No Past

proposant des événements parallèles : Art Unlimited (50 travaux monumentaux), Art Parcours (réalisations in situ, interventions dans la ville…) ou Art Feature. Ce secteur offre une vingtaine d’expositions, autant de propositions de confrontations, de dialogues artistiques afin de souligner le rôle “curatorial” des galeries. Les galeristes posent un véritable regard sur la création artistique et le partagent via Art Feature. La section Art Statements, réunion de 27 expositions – conçues expressément pour l’occasion – de jeunes artistes, a lieu depuis dix ans. L’objectif : mettre en lumière des plasticiens en devenir, dégotter

les nouveaux Kader Attia, Vanessa Beecroft, Pierre Huyghe ou Ugo Rondinone (des artistes aujourd’hui reconnus, tous présentés un jour ici même), originaires d’Afrique (cette année, Zanele Muholi), du Brésil (Paulo Nenflidio) ou du Japon (Yuko Murata)… À découvrir dans ce cadre, le nouveau travail plastique du duo Pauline Boudry et Renate Lorens chez Ellen de Bruijne Projects (Amsterdam). No Future & No Past est un diptyque vidéo, deux films / installations qui, pour se faire, ont puisé dans les archives du mouvement punk entre 1976 et… 2031. Il sera question d’archéologie du futur, de musique (notons que Pauline Boudry officie dans divers groupes electro-rock comme Rhythm King and her Friends ou Normal Love), de contre-utopie (le No Future) et de genre : les deux Berlinoises questionnent souvent l’identité sexuelle à travers leurs photos, vidéos, installations, etc. Profitons de la nouvelle édition de la foire bâloise pour visiter les importantes expositions organisées dans une ville décidemment très impliqué dans la chose artistique : Francis Alÿs (lire Poly n°140) à la Haus zum Kirschgarten, Henrik Olesen au Museum für Gegenwartskunst ou encore Constantin Brancusi et Richard Serra à la Fondation Beyeler (voir pages 80-81). Précisons ici qu’un certain Ernst Beyeler a pleinement participé à la création de la foire, voilà plus de quarante ans. Texte : Emmanuel Dosda

m À Bâle, Hall 1 et 2 de la Messe Basel, du 15 au 19 juin +41 58 200 20 20 – www.artbasel.com


Arts en stock Carte blanche est une exposition protéiforme qui se déploie sur plusieurs lieux : 17 commissaires ont choisi des œuvres de 78 artistes pour une multiplicité rafraîchissante de propositions.

C

omment définir les contours de la personnalité artistique d’une zone géographique ? Existe-t-il un “esprit des lieux” ? Ce sont de telles interrogations qui ont sans aucun doute sous-tendu la démarche du Künstlerbund Baden-Württemberg lorsque cette “union des artistes” a choisi d’organiser une exposition kaléidoscopique se déployant en de multiples espaces à Offenburg et Durbach. Une sélection de 17 commissaires (issus de ses rangs) nous propose un instantané de la création dans la région frontalière qui embrasse toutes les générations et tous les medias possibles et imaginables (peinture, sculpture, dessin, vidéo, photo, installation…). Voilà de quoi partir à la rencontre de la diversité et du dynamisme d’un territoire… Il suffit simplement parfois de franchir le Rhin pour sortir de la routine ! Texte : Raphaël Zimmermann

m À Offenburg (Allemagne) à la Städtische Galerie et au Kunstverein, jusqu’au 3 juillet, à la Galerie im Artforum, jusqu’au 26 juin et à Durbach, à la Sammlung Hurrle, jusqu’au 17 juillet + 49 711 51 896 480 – www.kuenstlerbund-bawue.de

© Lisa Biedlingmaier

Le piano au plus haut Avec Pierre-Laurent Aimard, le Festspielhaus accueille un des meilleurs pianistes de la planète qui définit l’interprétation comme un « mélange immatériel d’intuition, de vécu et de réflexion ».

E

n compagnie du Mahler Chamber Orchestra – qu’il dirigera aussi pour l’occasion – le pianiste Pierre-Laurent Aimard, “Soliste instrumental de l’année” aux Victoires de la Musique 2009, propose un programme 100% Mozart regroupant trois de ses Concertos (n°20, 21 et 27). Les violons et les vents y sont traités de manière tellement autonome qu’ils ont une place équivalente à l’instrument soliste. Sa conception de la partition ? « Un compositeur a une vision donnée, à un moment donné de l’histoire : il écrit dans un environnement culturel déterminé, pour un certain type de salle et pour des instruments bien définis. Lorsqu’on le joue aujourd’hui, tout a changé. Il est donc important de réaliser une “transposition” qui suppose une connaissance, à la fois, des conditions d’origine et des contraintes actuelles. » C’est ce travail que le natif de Lyon (en 1957) mène avec maestria depuis sa sortie du Conservatoire national supérieur de musique de Paris, où il a étudié avec Yvonne Loriod. Texte : Hervé Lévy Photo : Felix Broede / DG

m À Baden-Baden (Allemagne), au Festspielhaus, samedi 23 juillet +49 7221 3013 101 – www.festspielhaus.de

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Sur le fil de l’étrange Figure de proue de la “Nouvelle école de Leipzig”, Neo Rauch est un des peintres allemands majeurs. Le visiteur part à la découverte d’un art figuratif qui flirte sans cesse avec l’inexplicable et l’inquiétant à travers une quarantaine d’œuvres au Museum Frieder Burda.

P

our tenter de comprendre la peinture de Neo Rauch, il faut plonger dans la jeunesse d’un artiste né à Leipzig, en 1960. Il découvre, à douze ou treize ans, le surréalisme dans le Knaurs Lexikon Moderner Kunst. Ce qui le fascine ? « Les montres molles, les girafes en feu. Et toute cette matière qui naturellement pouvait se glisser subrepticement dans l’inconscient d’un adolescent parce que, à cet âge, c’est dans cet imaginaire que l’on vit ses aventures oniriques. »1 Nous sommes dans la RDA des an-

nées 1970 : le réalisme socialiste est toujours présent, en toile de fond idéologique, mais est en réalité atteint par un processus de déliquescente avancée, ressemblant de plus en plus aux montres molles de Dali. C’est dans cette atmosphère que Rauch fait ses premiers pas picturaux : marqué par la tradition d’un riche passé – Cranach et Beckmann en tête – il développe une peinture figurative. De toute manière, les abstractions sont inatteignables, demeurant dans un au-delà esthétique encore improbable. Par-delà le Mur.

Socialiste ? À la fin des années 1990, des peintres rassemblés sous l’étiquette “Nouvelle école de Leipzig”2, succédant à leurs aînés made in DDR (Bernhard Heisig, Wolfgang Mattheuer ou Werner Tübke), déboulent sur la scène occidentale. Voilà une génération qui propose une vision mélancolique et désabusée de la réunification, sans pour autant verser dans une Ostalgie 3 angélique. Neo Rauch est de ceux-là… Sur des immenses toiles flottent les oripeaux de l’art officiel de la RDA : des couleurs

Neo Rauch, Interview, 2006 – Museum Frieder Burda © VG Bild-Kunst, Bonn 2011 / Courtesy Galerie EIGEN + ART Leipzig/Berlin – and David Zwirner, New York – Photo : Uwe Walter, Berlin

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Neo Rauch, Alte Verbindungen, 2008 © VG Bild-Kunst, Bonn 2011 / Courtesy Galerie EIGEN + ART Leipzig/Berlin – and David Zwirner, New York – Photo : Uwe Walter, Berlin

sourdes renvoient, par exemple, aux teintes blafardes auxquelles sont (trop) souvent associés les défuntes démocraties populaires. On croise aussi, ici où là, des silhouettes hiératiques qui ont la semblance des fantômes des Héros du travail4 d’avant. S’y trouvent également des références à l’imagerie pop. Faisant fi des différences idéologiques, les deux iconographies se fondent. Consumérisme et communisme – gagnant et perdant – se rassemblent pour une étrange “narration”.

Surréaliste ? Mais que raconte Neo Rauch ? Que signifient ses peintures éminemment codées qui, bien souvent, demeurent rétives à toute exégèse ? Comme dans la bande dessinée, apparaissent des phylactères… mais ils sont toujours vides. Le tableau, dans sa mystérieuse beauté, ne souhaite rien dire au visiteur. Ce fruit de l’incons-

cient se dresse dans sa singulière étrangeté, même si l’artiste tente de limiter ces effets, affirmant : « Les tableaux s’enfouissent dans les rêves, et les rêves dans les tableaux. Il faut simplement que je fasse attention à ne pas accorder trop de place à cette reconstitution des rêves. » Dans ces immenses toiles, flottent des bribes de l’histoire européenne, des fragments d’idéologie en décrépitude : national-socialisme, marxisme-léninisme, capitalisme financier… Elles sont le reflet d’un monde en chute libre qui a perdu ses repères, un monde où, derrière l’abondance apaisée, existe un fourmillement malsain et dangereux, un totalitarisme mou et insidieux. C’est ce surgissement d’un malaise rampant que Neo Rauch réussit à matérialiser comme nul autre. Ses goûts musicaux ressemblent alors à la meilleure explication possible de sa peinture puisque s’y entrechoquent la

transparence altière du répertoire français et la violence du punk : Maurice Ravel et Claude Debussy, Danko Jones et The Ramones. Extrait d’un entretien avec l’historien de l’art Werner Spies, commissaire de l’exposition, reproduit dans le catalogue publié par Hatje Cantz Verlag – www.hatjecantz.de 2 Mentionnons aussi Tilo Baumgärtel, Tim Eitel, David Schnell, Christoph Ruckhäberle ou Matthias Weischer 3 Se tourner, souvent avec nostalgie, vers l’ancienne RDA. Une vision est-allemande du “c’était mieux avant” en somme 4 Held der Arbeit : une distinction décernée dans les anciens pays socialistes pour récompenser des travaux exceptionnels 1

Texte : Hervé Lévy

m À Baden-Baden (Allemagne), au Museum Frieder Burda, jusqu’au 18 septembre +49 72 21 398 980 www.museum-frieder-burda.de

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Memento Mori Stephan Balkenhol, artiste allemand qui s’intéresse beaucoup « au mariage de l’espace et de la sculpture », propose un parcours dans la Halle verrière de Meisenthal où l’on croisera des végétaux, des animaux, des hommes… et la mort.

Stephan Balkenhol dans son atelier de Meisenthal

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© Stephan Balkenhol

P

ingouins, girafes, hommes, femmes, êtres hybrides… Depuis le début des années 1980, allant à contre-courant de l’époque en renouant avec la sculpture médiévale ou expressionniste (sans l’émotion), Stephan Balkenhol réalise une statuaire figurative. Des sculptures de bois marquées par le geste de l’artiste et peintes. Beaucoup d’animaux, parfois humanisés, et d’humains figés qui investissent les lieux d’art du monde entier comme l’espace public depuis trois décennies (l’Homme-girafe qui trône devant le siège d’Arte, c’est lui). Ils ne sont pas héroïques, mais tout à fait ordinaires, peu expressifs (« la non expression est intrigante, elle remet en cause la perception du spectateur ») et au look passe-partout. Leur socle fait partie du même bloc, du même tronc. Il exécute aussi des bas-reliefs de bois, peints eux aussi. À Meisenthal1, où il possède un atelier, Balkenhol a choisi de montrer un grand nombre de panneaux polychromes de ce type. À la suite des Buren, Kounellis ou Panamarenko, plasticiens qu’il a luimême invité en tant que conseiller aux arts plastiques du Cadhame2, il investit à son tour le vaste espace de la Halle verrière. Elle sera occupée par de larges panneaux

issus de son exposition aux Deichtorhallen de Hambourg, en 2008. Décrivant des personnages, sangliers ou végétaux, ces “paravents” composent comme un décor dans lequel évoluent les visiteurs qui découvrent, notamment, une représentation d’une station balnéaire sur l’île de Rügen, projet démesuré et « absurde » construit sous l’Allemagne nazie au bord de la mer Baltique.

Stephan Balkenhol a construit un récit que « le spectateur doit remplir avec ses propres idées, qu’on ne peut pas consommer comme un film ou une BD » Ainsi, « on a un panneau noir “Malevitch” – le rien –, des vignes, des animaux, des hommes, l’architecture » et des figures « existentialistes » en rondebosse évoquant « l’homme conscient de son propre passé et celui de l’humanité ».

Stephan Balkenhol a construit un récit que « le spectateur doit remplir avec ses propres idées, qu’on ne peut pas consommer comme un film ou une BD ». Une narration qui pourrait finir avec l’image du squelette évoquant la grande faucheuse. Pour Balkenhol, « la conscience de ne pas être éternel nous aide à vivre plus fort. Autrefois, on laissait le corps des défunts quelques jours dans les foyers, pour faire ses adieux aux disparus… Aujourd’hui, on essaye de ne pas penser sérieusement à la mort alors qu’elle fait partie de la vie. » 1 D’autres pièces de Stephan Balkenhol seront présentées au Château de Malbrouck, à Manderen (57), du 11 septembre au 11 décembre – www.chateau-malbrouck.com 2 Stephan Balkenhol, même s’il souhaiterait dorénavant faire appel à des commissaires invités, est conseiller du Collectif artistique de la Halle verrière depuis sa création, en 1996

Texte : Emmanuel Dosda Portrait : Pascal Bastien pour Poly

m À Meisenthal, à la Halle verrière, du 12 juin au 4 septembre 03 87 96 82 91 – www.halle-verriere.fr www.stephanbalkenhol.com

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Mécanique L’automobile reflète l’évolution culturelle et sociale. Outil technique de déplacement, elle correspond, dans l’interaction hommemachine, à l’interface la plus poussée. L’exposition Voiture fétiche montre l’influence de la bagnole sur l’art avec 160 œuvres de Warhol, Richter, Ortega, Superflex… À découvrir au Musée Tinguely de Bâle (Suisse) jusqu’au 9 octobre. www.tinguely.ch

Poétique & Politique Avec Un Être au monde, présenté au Frac Lorraine (Metz), la vidéaste sud-africaine Berni Searle propose une sélection de cinq œuvres. Elle explore sa mémoire familiale et son identité, en écho avec l’histoire de l’apartheid et l’héritage colonial. Poétiquement politique, l’artiste parle d’identité, de mémoire et de lieux. Sans jamais verser dans le pathos, elle crée une œuvre polysémique et troublante, intimement personnelle et profondément universelle ; une ode à l’humanité où chacun est ce qu’il construit. À voir jusqu’au 18 septembre.

Politique Jusqu’au 25 septembre, la Synagogue de Delme (57) présente le dernier projet d’Eric Baudelaire, une installation retraçant l’épopée de l’Armée Rouge japonaise, l’allégorie d’un voyage qui est à la fois une errance vers l’inconnu et un retour chez soi. De Tokyo à Beyrouth dans la fièvre idéologique de l’après 1968, et retour après la fin de la guerre froide : est exploré l’itinéraire d’une frange radicale de la gauche. www.cac-synagoguedelme.org

Symphonique La Philharmonie de Luxembourg accueille la première tournée à l’étranger de Riccardo Muti à la tête du Chicago Symphony Orchestra. Mardi 30 août sera proposé un programme Hindemith / Prokofiev et le lendemain une soirée où voisineront les sonorités contemporaines de Bernard Rands et des pages de Strauss (Tod und Verklärung) et Chostakovitch (Symphonie n°5). Énorme ! www.philharmonie.lu

Berni Searle, Moonlight, 2010

www.fraclorraine.org

Concert & Dessert Du 1er au 3 juillet, le Kurgarten de BadenBaden (Allemagne) accueille les Sommernächte, une rencontre où musique et gastronomie feront bon ménage. Sur le plan sonore, le cocktail entre jazz, rock et pop s’annonce (d)étonnant. Au programme – liste non exhaustive – la Konrad Kater Kapelle, The Ca$h (1er juillet à 20h, voir photo), groupe allemand qui reprend des standards du rock’n’roll, ou encore Hard Days Night qui nous propose de passer une soirée avec les Beatles ! Du bon son agrémenté de propositions culinaires salées et sucrées tout aussi alléchantes… www.badenbadenevents.de

Comique Connaissez-vous Ralf König ? Si oui, vous courez au Cartoonmuseum de Bâle (Suisse). Si non, vous avez jusqu’au 23 octobre pour découvrir le dessinateur allemand qui nous parle de l’amour entre mecs sous l’angle le plus étonnant qui soit… mais point ici “d’homocentrisme”. À travers ces histoires c’est d’amour universel dont ils est question qui inclut aussi les femmes… et Dieu ! www.cartoonmuseum.ch

Histoires & Trajectoires Henrik Olesen est un quadra danois qui développe une stratégie conceptuelle de la déconstruction : avec cette exposition présentée jusqu’au 11 septembre par le Museum für Gegenwartskunst de Bâle (Suisse), le visiteur part à la découverte d’une rétrospective couvrant les 15 dernières années de son travail. Au programme, manipulations, appropriations, collages, désassemblages et interventions sur l’espace. Des domaines actuels et historiques, comme l’histoire culturelle, l’histoire de l’art, les sciences naturelles, la jurisprudence, sont autant de points de départ pour ses recherches autour des systèmes de catégorisation sociologique et économique. Le plasticien reconstruit des histoires et des biographies liées à l’identité homosexuelle qui, le plus souvent, ont été poussées dans la marginalité, niées ou faussement représentées.

Harmonique Jusqu’au 18 septembre, la petite ville de Froville (54) devient le lieu de rendez-vous de tous les amoureux de musique sacrée et baroque. Il accueillera l’Ensemble Matheus, Doulce Mémoire ou Jordi Savall et, pour la première fois cette année, un concours international de chant baroque. www.festivaldefroville.com

Henrik Olesen, Untitled, 2009

www.kunstmuseumbasel.ch

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poly


1

25 concerts

EGLISE SAINT MATTHIEU (14E S.) KOÏFHUS (14E & 15E S.) CHAPELLE SAINT PIERRE (18E S.) THÉÂTRE DU PARC DES EXPOSITIONS

Direction artistique : Vladimir Spivakov Ven. 1/7

Sam. 2/7

21h00 Eglise St Matthieu

Orchestre symphonique de la radio

de Berlin Direction : Marek Janowski

Arabella Steinbacher, violon Soirée Weber - Saint-Saëns - Mozart

12h30 Koïfhus

Fanny Clamagirand, violon - Vanya Cohen, piano Concert de musique de chambre : Brahms - Mozart - Saint-Saëns

18h15 Chapelle St Pierre

Alexandre Brussilovsky, violon François Salque, violoncelle Roustem Saïtkoulov, piano Concert de musique de chambre : Schumann - Mendelssohn

11 à 60€

4,5 à 18 €

Ven. 8/7

12h30 Koïfhus

Edwin Crossley-Mercer, baryton - Semion Skigin, piano « Songes d’une nuit d’été » : Mélodies et Lieder de Mozart, Schubert, Schumann, Wagner, Liszt, Fauré, Debussy, Haydn & R. Strauss

4,5 à 18 €

18h15 Chapelle St Pierre

Sarah Nemtanu, violon - David Gaillard, alto Christophe Morin, violoncelle Concert de musique de chambre : Mozart Schubert

5,5 à 18 €

Orchestre National Philharmonique de Russie Direction : Vladimir Spivakov - Frederieke Saeijs, violon Hélène Mercier & Louis Lortie, piano Soirée Sibelius - Poulenc - Ravel

11 à 60 €

Adam Laloum, piano Récital de piano : Mozart - Schubert - Brahms

3,5 à 14 €

Quatuor à cordes Prazak - Denis Kozhukhin, piano Concert de musique de chambre : Schumann - Brahms

8à 24 €

21h00 Eglise St Matthieu

Orchestre National Philharmonique de Russie Direction : John Neal Axelrod - Leticia Munoz Moreno, violon Soirée Bizet - Lalo - Debussy Rimski-Korsakov

11 à 60 €

21h00 Eglise St Matthieu

8 à 24 €

Orchestre symphonique de la radio

12h30 Koïfhus

21h00 Eglise St Matthieu

de Berlin

Dim. 3/7

17h00 Eglise St Matthieu

Orchestre symphonique de la radio

Lun. 4/7

18h15 Chapelle St Pierre

Arabella Steinbacher, violon - Cédric Tiberghien, piano Concert de musique de chambre : Beethoven - Brahms

8 à 24 €

12h30 Koïfhus

Quatuor à cordes Apollon Musagète Concert de musique de chambre : Mozart - Mendelssohn

4,5 à 18 €

Dim. 10/7

17h00 Eglise St Matthieu

9,5 à 52 €

21h00 Eglise St Matthieu

Vladimir Spivakov, violon - Alexander Ghindin, piano Soirée sonates : Brahms - Stravinski Franck

Orchestre National Philharmonique de Russie Direction & violon : Vladimir Spivakov Alexander Romanovsky, piano - Antoine Tamestit, alto Soirée Mozart

7,5 à 41 €

21h00 Eglise St Matthieu

Andras Schiff, piano Récital de piano : Mozart - Mendelssohn Haydn - Schumann - Beethoven

7,5 à 41 €

18h15 Chapelle St Pierre

Sergej Krylov, violon - Edna Stern, piano Concert de musique de chambre : Bach - Ysaÿe - Chopin - Falla Sarasate

Lun. 11/7

5,5 à 18€

Amaury Coeytaux, violon - Nathalia Romanenko, piano Concert de musique de chambre : Liszt - Ysaÿe - Granados - Sarasate

3,5 à 14 €

21h00 Eglise St Matthieu

Grigory Sokolov, piano Récital de piano : Bach - Schumann

9,5 à 52 €

9,5 à 52 €

12h30 Koïfhus

Trio Siddhartha : Mélanie Clapiès, violon Yan Levionnois, viololoncelle - Paul Montag, piano Concert de musique de chambre : Mendelssohn - Brahms

Orchestre National Philharmonique de Russie Direction : Vladimir Spivakov - Akiko Suwanai, violon Soirée Prokofiev - Dvorak

4,5 à 18 €

François-Frédéric Guy, piano Récital de piano : Liszt - Beethoven

8à 24 €

Orchestre National Philharmonique de Russie Direction : Vladimir Spivakov - Vadim Gluzman, violon Soirée Brahms - Beethoven

Orchestre National Philharmonique de Russie Direction : Vladimir Spivakov - Philippe Kopachevsky, piano Feng Ning, violon Soirée Tchaïkovski - Chopin - Verdi - Paganini

9,5 à 52 €

11 à 60€

21h00 Eglise St Matthieu

21h00 Théâtre du Parc des expositions de Colmar

Orchestre National Philharmonique de Russie Direction : Vladimir Spivakov - Solenne Païdassi, violon Ciné-concert exceptionnel : Charlie Chaplin : Les Lumières de la ville (Projection du film) Première partie : Piotr Tchaïkovski

5à 45€

Mar. 5/7

Mer. 6/7

Jeu. 7/7 21h00 Eglise St Matthieu

Direction : Marek Janowski

11 à 60€

Barry Douglas, piano Soirée Weber - Saint-Saëns - Mozart de Berlin Direction : Marek Janowski Soirée Bruckner

Renseignements : 03 89 20 68 97

7,5 à 41 €

www.festival-colmar.com poly page.indd 1

Sam. 9/7

Mar. 12/7

Mer. 13/7

Jeu. 14/7

18h15 Chapelle St Pierre

12h30 Koïfhus 21h00 Eglise St Matthieu 18h15 Chapelle St Pierre

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De la simplicité des formes La Fondation Beyeler réunit les œuvres de deux grands sculpteurs – la sensualité symbolique de Brancusi et le minimalisme monumental de Serra – dans une confrontation inégale.

L’

affiche intriguait, étonnait même les amateurs d’art en goguette, prêts à sillonner le musée afin de voir les raretés réunies par l’un des plus prestigieux établissements. Au premier abord, associer Constantin Brancusi (1876-1957), Roumain installé à Paris, précurseur de la sculpture moderne, et Richard Serra (né en 1939 à San Francisco), pape d’un art minimal et des volumes

d’acier aux tonnages improbables, relève de l’audace la plus pure. Jeu de contrastes entre l’acier Corten de Serra et les matières nobles de Brancusi (bois, pierre, marbre…), le rapport de légèreté tout en sensibilité de l’un renvoie sans conteste la matérialité sombre et froide de l’autre à ses fonderies. Leur appréhension de l’espace comme leur geste sculptural – taille directe et art du polissage pour Brancusi,

prouesse de conceptions résistant aux intempéries et à l’usure du temps pour Serra – les éloignent. Malgré quelques trouvailles dans l’agencement des œuvres de ce dernier – comme le positionnement des deux faces concaves d’Olson devant une grande verrière ouverte sur la verdure du parc entourant Beyeler, créant l’illusion d’une nature environnante –, la puissance des volumes de Serra est bien souvent étriquée dans la blancheur virginale du musée. Le plus réussit est sans doute l’ouverture de l’exposition avec Fernando Pessoa, hommage magistral au poète portugais sous forme d’une plaque d’acier de trois mètres de haut pour neuf mètres de long. L’œuvre sonne comme un vestige de notre temps et de son usure s’élevant, de toutes ses aspérités rouillées, dans l’espace.

Paris sera toujours Paris

Œuvres de Constantin Brancusi de gauche à droite : La négresse blanche [I], 1923 (Philadelphia Museum of Art. The Louise and Walter Arensberg Collection, 1950 © 2011, ProLitteris, Zürich), Muse endormie [I], 1910 (Collection Centre Pompidou, don de la baronne Renée Irana Frachon, Paris, dist. RMN, Paris / ProLitteris, Zürich © 2011, Adam Rzepka), Adam et Eve, 1921 (© 2011, ProLitteris, Zürich © the Solomon R. Guggenheim Foundation, New York / David Heald), Le baiser, 1907/08 (© 2011, ProLitteris, Zürich © bpk, Berlin/Hamburger Kunsthalle)

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Les deux artistes ont en commun d’avoir bénéficié, en leur temps, de bourses pour découvrir Paris. Après quelques petits boulots, Brancusi travaillera, en 1907, dans l’atelier du grand Rodin avant de voler de ses propres ailes, jetant les bases de l’abstraction, du rapport à la matière et à la lumière. Serra, lui, passera un an dans la capitale, entre 1964 et 1965. « À l’époque, je n’avais encore fait aucune sculpture, mais pendant un mois, je suis allé presque tous les jours à l’atelier de Brancusi (reconstitué, alors, au Palais de Tokyo, il est aujourd’hui attenant à Beaubourg, NDLR) pour y dessiner. Je considère son œuvre comme un catalogue de possibilités artistiques », confie l’Américain. Pour faire naître ces possibilités, Brancusi rompt avec l’héritage de Rodin, tout en empruntant un sujet cher au maître : Le Baiser. Les quatre versions présentées,


cubes parfaits, sont un condensé de tout son art : simplification des formes tendant vers l’Art primitif (un œil pour deux, les seules lignes des bras et des cheveux dessinant le reste), taille directe de la pierre donnant une incroyable force évocatrice à ce couple enlacé. Le Baiser (190708), brillant grâce à un savant polissage, contraste avec celui de 1908, en pierre granuleuse à l’aspect brut. En 1916, sa pièce a gagné en linéarité. Plus grande, la sculpture a subi un savant polissage, la chevelure féminine se fait plus profonde et régulière. Dans celui de 1923-25, on sent une influence cubiste digérée, une géométrie renforcée et le mélange d’une face à la matière laissée brute et d’une autre, très appliquée.

De la spiritualité des formes Brancusi n’aura de cesse de travailler par thèmes récurrents (le baiser, la muse, l’oiseau, la colonne…), ré-agençant à l’envi les différentes versions dans son atelier, interchangeant socles et matières. Dans ses bronzes Le Nouveau né (I), Le Premier cri et Prométhée, il joue d’une géométrie subtile, tout en courbures dans une forme ovoïde où un simple trait marqué et deux arrêtes traduisent en sculpture ce qui pourrait n’être qu’un dessin à plat en trois traits. Les diverses versions (en marbre, bronze poli ou bronze doré) d’Une Muse, ses formes oblongues, ses rondeurs à la finesse élégante et son polissage jusqu’à obtenir un réfléchissement prolongeant la sculpture dans l’espace, sont les gages d’une tendresse et d’un charme confondant malgré des matières tout sauf chaudes. Son art des proportions et des décalages fait merveille. Deux ovales légèrement décentrés sur un cylindre – La Négresse blanche et La Négresse blonde (I) – lui-

Richard Serra, Olson, 1986 (© 2011, ProLitteris, Zürich. Photo : Serra Studio, New York / Jenny Okun, London)

Constantin Brancusi dans son atelier, ca. 1933/34, photographie de l’artiste © Centre Pompidou, Paris, dist. RMN, Paris, 2011

même installé sur une croix en volume, sont une invitation au voyage en pays Ashanti. Adam et Eve, totem en bois où l’angularité masculine tranche avec les rondeurs et le cou allongé comme les femmes girafes d’Eve donnent un monument d’Art premier. Il change du tout au tout, optant pour une douceur figurative malgré une épure des formes, sa Danaïde en bronze noir dont la face, délicatement courbée vers le sol, est dessinée d’un seul trait, du nez aux sourcils. Comme nombre d’autres, cette sculpture prend toute sa force grâce à son socle. Brancusi est l’un des premiers artistes modernes à penser ceux de ses œuvres, à jouer des contrastes des supports, imposant des formes comme

la célèbre Colonne sans fin en plaçant, notamment, l’oiseau totémique Maïastra à plus de trois mètres du sol. En 1926, lors d’une exposition à la Brummer Gallery de New York, il allait même jusqu’à en exposer cinq, isolés, sans sculpture au-dessus. À l’ombre de l’acier de Serra, ce sont bien les œuvres du génie venu de Roumanie qui rayonnent. Texte : Thomas Flagel

m À Riehen (à côté de Bâle), à la Fondation Beyeler, jusqu’au 21 août +41 61 645 97 00 www.fondationbeyeler.ch

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Culture scientifique

En eaux profondes Comment ne pas céder à la fascination devant le vertigineux mystère des fonds marins ? Unique au monde, l’exposition Abysses, qui fait escale à Montbéliard, présente des créatures insoupçonnées, habitantes fragiles d’un monde sans lumière.

S

i aucun caillou de la surface terrestre n’a désormais échappé à l’exploration humaine, le fond des océans – soient les trois quarts du globe – demeure un mystère encore largement insondé. Et lorsqu’on sait que les abysses représentent, à eux seuls, 98% de l’espace dans lequel la vie est capable de se développer, on ne peut qu’imaginer l’étendue des surprises à venir, à mesure qu’évolueront les progrès scientifiques en la matière. C’est un aperçu de ces avancées, déjà considérables, que donne à voir l’exposition itinérante accueillie à Montbéliard, après avoir séjourné notamment à l’Exposition universelle de Shanghai. Pour le visiteur, la plongée se fait en

deux temps, dans une quasi-obscurité, afin de vivre cette expérience exceptionnelle dans des conditions approchant la réalité : la lumière ne pénètre en effet que jusqu’à 150 mètres de profondeur. Le visiteur s’immerge d’abord dans “l’entre deux eaux”, où vivent des animaux transparents, pour la plupart, subterfuge de la nature afin de les préserver des prédateurs dans ce grand bleu n’offrant aucune cachette. On y croise des cténophores, méduses, salpes et autres siphonophores au corps gélatineux, tandis qu’un peu plus profondément, dans le crépuscule des océans, les créatures répondent à l’obscurité par une bioluminescence

permettant de communiquer entre elles. Au-delà de mille mètres, le sympathique poisson-vipère aux crocs immenses voisine aimablement avec le grand gousier à la mâchoire disproportionnée et à l’estomac extensible, qui lui donne la possibilité d’engloutir des victimes aussi longues que lui. En s’enfonçant davantage dans ce trou noir, on découvre enfin les plaines abyssales qui hébergent une grande variété d’espèces, pourtant représentées par une faible quantité d’individus, à l’instar des gorgones bubble-gum ou du gigantesque calamar araignée de sept mètres. Des monstres marins dont l’apparence amplifie le fantasme véhiculé par cet univers inconnu et inquiétant. La géographie des abysses étonne, elle aussi : monts sousmarins, canyons, marges des continents ou morne plaine constituent le décor de cette vie foisonnante. Riche en informations et en photographies, l’exposition présente également, grâce à des techniques inédites, huit aquariums contenant des spécimens naturalisés d’espèces rarissime : chimères, empereurs, poisson-lézard, poisson-football, poisson-lune… Cette faune des profondeurs, tapie tout au fond du monde, n’en est pas moins menacée. L’exposition témoigne de la fragilité de ces écosystèmes, la zone de haute mer – 60% du globe – étant la moins protégée de notre planète. Texte : Dorothée Lachmann

m À Montbéliard, au Musée du Château des ducs de Wurtemberg, jusqu’au 2 octobre 03 81 99 22 61 – www.montbeliard.fr

Dumbo, petit poulpe © MBARI

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Damien DEROUBAIX Der Schlaf der Vernunft

rue a l de

Du 25 juin au 8 oct. du mercredi au samedi de 15 h à 19 h fermé du 2 au 28 août

ts r a s l de t 2011 a v i t Fes 7 juille

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seb patane

400 SonnetS in ReveRSe, togetheR 18.06 J 28.08.2011

Tél. +33 (0)3 69 77 66 47 ¦ kunsthalle@mulhouse.fr www.kunsthallemulhouse.com

Graphisme : médiapop + STARHLIGHT Seb PATANe, Patrons Paper 11/92, 2011 — Courtesy the artist and Maureen Paley Londres et Galleria Fonti Naples

Licence n°3-1020057 ∑ Illustration : Lili & Beko ∑ Conception : médiapop

Exposition en parallèle : Diplômes de l’ESADS 2011 du 24 - 26 juin


Gastronomie

La cuisine est un art comme les autres Ouvert en 2009 en plein cœur de Colmar, L’Atelier du peintre n’a guère tardé pour décrocher son premier Macaron. Le Guide Michelin 2011 a en effet récompensé la palette inventive de Loïc Lefebvre. que le maitre des lieux, Loïc Lefebvre, a été à bonne école, travaillant avec les jumeaux Pourcel à Montpellier ou chez Jacques Chibois à Grasse. Avant d’ouvrir son restaurant à Colmar, il avait aussi œuvré en Écosse, à l’Abstract (Inverness). Un nom qui lui a peut-être inspiré le plat qui suit : le Pavé de truite de mer rôtie, écrasé d’aubergines au citron, émulsion de pommes de terres et amandes. L’aspect est joliment déconstruit, tout en circularités, mais le goût se fait puissamment structuré… Dans cet Atelier, la liberté formelle et l’exubérance de l’art moderne rejoignent décidément la rigueur de la composition classique. Texte : Hervé Lévy Photo : Paul Dodds

m L’Atelier du peintre, 1 rue Schongauer à Colmar. Fermeture dimanche et lundi. Menus de 18 à 23 € (déjeuner) et de 37 à 55 € 03 89 29 51 57 – www.atelier-peintre.fr

La saveur est dans le pré

A

vec La Cuisine naturelle des plantes d’Alsace, Simone Morgenthaler et Hubert Maetz, qui ont animé ensemble pendant treize ans l’émission culinaire culte de France 3 Alsace, Sür un Siess, jettent un sacré pavé – 640 pages tout de même – dans la mare de nos habitudes. Ils proposent en effet 700 recettes centrées autour de 70 plantes : violette, sureau, ortie, chicorée, ail des ours, colza… Elles poussent toutes dans la région, en plaine ou dans les Vosges, et permettent d’imaginer des mets surprenants, de la tarte aux pousses de houblon et à l’anguille fumée aux pigeonneaux farcis de pâquerettes, en passant par le foie gras avec son infusion de racines de primevères ou la terrine ménagère de canard à l’origan. Voilà de quoi booster nos assiettes, épater nos convives, tout en cueillant les principaux ingrédients dans la nature qui nous entoure. Qui dit mieux ? (H.L.) m Paru à La Nuée Bleue (30 €) www.nueebleue.com

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BKN.FR // PHOTO : PASCAL BASTIEN // LICENCES D’ENTREPRENEURS DE SPECTACLES N° 2 : 1006168 ET N°3 : 10066169

L

a maison est ancienne. Le décor, en revanche, se fait résolument contemporain. Colombages clairs, murs fleuris, tables (sans nappe, hein) recouvertes de quelque chose qui a la semblance d’un cuir d’Autruche teinté en blanc. Peut-être en est-ce… Cette épure annonce-t-elle une de ces adresses lambda qui prolifèrent aujourd’hui, où, derrière un décorum néo-pompier – une définition possible du passe-partout “lounge” –, se dissimulent des plats souvent fadasses aux appellations alambiquées ? L’entrée arrive. Nous voici promptement détrompés : si le Carpaccio de morue, fenouil et parmesan, chantilly fumée évoque visuellement l’expressionnisme abstrait d’un Robert Rauschenberg, il est surtout… fascinant. Jeu des textures et des teintes, sourdes et acidulées à la fois, saveurs complémentaires comme les couleurs d’une toile du XIXe siècle. C’est tout simplement très réussi. On se souvient alors


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Les concerts des mercredi 18 janvier et mardi 3 avril 2012 1 concert au choix + dans les concerts de la saison, à l’exclusion des concerts des 19 et 31 décembre 2011, et des 25 et 30 mars 2012. Exemple : Pour une famille composée de deux adultes et deux enfants : 2 x 30 € + 2 x 3 € = 66 € pour 3 concerts pour toute la famille,

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Promenade

On jurerait le Jura Un château bâti sur un piton rocheux, quelques influences monégasques et une grotte mystérieuse où se tapit une des légendes les plus attachantes de la région… Voilà ce qui nous attend dans cette promenade circulaire au cœur de l’extrême sud de l’Alsace, en forme de mouvement tournant autour de Ferrette.

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E

n route. Plein Sud. Direction le “Jura alsacien”, partie montagneuse du Sundgau à quelques kilomètres à peine de la frontière suisse. De cette localisation géographique naît un sentiment psychologique trouble : l’impression de ne plus être en Alsace et, déjà, d’aborder les riants pâturages helvètes. Au fur et à mesure que la voiture se rapproche de Ferrette, cela est de plus en plus prégnant… Une drôle de sensation, celle d’avoir été réduits à la taille d’un Schtroumpf et de rouler au milieu d’un gigantesque train électrique à l’échelle N1.

Au Moyen-Âge Arrivée dans une charmante bourgade de 1 000 âmes, blottie au pied des ruines de son château perché à plus de 600 mètres d’altitude sur un piton rocheux : le lieu est mignon, pas encore rongé par les affres de la misérable modernité. Rien de “bling bling” dans cette bourgade dont le comte est pourtant… Albert de Monaco qui se mariera début juillet. Il a bien d’autres titres dans son escarcelle princière : duc de Valentinois, marquis de Guiscard, comte de Thann, baron de Calvinet, baron d’Altkirch ou encore seigneur d’Issenheim. C’était la “minute Point de vue Images du monde”, merci. Nous n’avons cependant guère le temps de nous plonger dans la vie palpitante de nos amis les people… ni du reste de regarder le paysage : la montée depuis l’église – foutrement raide pour un début de promenade – commence. La matinée est encore jeune, il fait frais. Ouf… Sur une des bâtisses qui bordent la route, se détache une plaque : c’est dans cette maison que Guillevic (1907-1997) passa une partie de son adolescence, lui qui se déplaçait alors au rythme des mutations de son gendarme de père. Le chemin s’éloigne du village. Les constructions se raréfient, le bitume laisse la place à une terre caillouteuse et les vers du poète sont de plus en plus audibles : « La feuille / Amie du silence / Laisse le vent / Parler pour elle ». L’entrée du château est majestueuse. La ruine est celle d’une des plus anciennes forteresses d’Alsace : construite par Frédéric de Montbéliard, on en trouve trace dès le début du XIIe siècle. Le château supérieur est le plus impressionnant avec ses murs puissants, les vestiges d’une citerne anciennement voutée et la zone

Un nouveau guide

N

ous avons “chipé”, avouons-le, cette promenade dans un guide récemment paru chez Hachette et coécrit par la journaliste Christèle Dedebant et Joël Henry qui délaisse un temps le tourisme expérimental pour se consacrer à un genre plus traditionnel. Quinze itinéraires à travers la région répartis géographiquement (Strasbourg, Hautes-Vosges, Route des Vins, etc.), des bonnes adresses et un carnet de randonnées regroupant une dizaine de promenades, le tout imprimé sur papier 100% recyclé. Ce guide, bien écrit, complet et intelligemment illustré, risque bien de devenir une référence pour les touristes qui partiront, cet été, à la découverte de l’Alsace. m Paru chez Hachette (14,50 €) www.hachette.com

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palatiale qui devait compter – au vu des rangées de trous de boulins2 – au moins trois étages. Au sommet d’une terrasse de bois installée à l’emplacement où se dressait le donjon, la vue est époustouflante.

Au pays des légendes Nos pas nous entraînent ensuite sur des sentiers rocailleux autour de sommets déchiquetés avec vue imprenable sur la vallée où se détache un sinistre complexe de casernes de gendarmerie qui semble abandonné… Le paysage est propice au mystère et l’on se souvient qu’à une portée de fusil de là, à Kästlach, les sorcières ont coutume de tenir sabbat. La végétation s’assombrit : tout serait parfait si de grotesques autocollants ceignant les arbres de

La France des sixties

I

l faudrait classer de tels restaurants au “patrimoine immatériel de l’humanité” tant ils sont en voie de disparition. Ces lieux vous transportent dans la France de Depardon, dans un passé situé à la fracture des années 1970 et 1980. Celui qui se souvient de ses déjeuners en famille interminables avec des plats “surcopieux” ne pourra que se réjouir d’aller faire un tour au Cheval Blanc de Ferrette. Impossible de finir sa Bouchée à la Reine (13,50 €) cuisinée dans la plus pure tradition avec sa plâtrée gargantuesque de nouilles et sa coque mutante. On aime beaucoup le lieu, son décor suranné (surtout ne changez rien), son accueil familial et charmant et sa touche surréaliste. Nous y étions le 21 mai et, avisant une salade de gruyère à la carte, demandons imprudemment s’il était possible d’y rajouter des cervelas pour avoir une salade mixte. Réponse : « Ah, non, monsieur, la salade mixte est un plat d’été. Nous n’en servons qu’à partir du mois de juin. » m Restaurant Au Cheval Blanc 3 rue Léon Lehmann à Ferrette 03 89 40 41 30

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manière incongrue ne venaient nous rappeler qu’il ne faut surtout pas omettre de célébrer la nature lors de la fête qui lui est dédiée du 18 au 22 mai, indiquant aussi au promeneur avide le site où tout savoir sur la chose (www.fetedelanature.com, évidemment). Décidément, il y a une “fête” de tout : de la musique, des voisins, de la choucroute, de la biscotte, de la crotte

« La feuille / Amie du silence / Laisse le vent / Parler pour elle » Guillevic de nez, de l’écorce, du carburateur… Misère ! Pas troublés, nous poursuivons notre chemin et arrivons dans la Gorge aux Loups, un étroit boyau où des formes spectrales se déploient dans le rocher. On croit apercevoir une version minérale du Cri de Munch. Pas une parole : le lieu est impressionnant et incite au silence. Rompu par l’exclamation étrange de l’un

de nous : « C’est corcieux. » Néologisme sans sens que, pourtant, tous comprennent à cet instant précis, lui donnant instinctivement la définition de “mélange de sublime et d’inquiétant”. La descente se poursuit, jusqu’à la grotte elle-même, entaille triangulaire dans la roche, large balafre d’où sourd une histoire des temps anciens qui fut rapportée par Jean Variot dans ses Légendes et traditions orales d’Alsace publiées peu après la fin de la Première Guerre mondiale : il y a « bien des siècles, un petit peuple de nains habitait là ; ils avaient élu domicile dans d’innombrables petites chambres taillées à même le roc. Ils vivaient par groupe de deux, homme et femme, dans une entente parfaite. Tous leurs ustensiles familiers, en particulier leurs instruments de culture et de jardinage étaient d’argent brillant et joliment travaillés (…). Tous ceux qui avaient réussi à les voir vantaient l’agrément de leur personne et, surtout, l’éclat particulier de leurs yeux, luisants comme des étoiles. » À l’époque, ces créatures bénéfiques aidaient les hommes dans les pénibles travaux des champs. Rien ne semblait pouvoir briser l’harmonie entre


Promenade

Autour de Ferrette Départ Ferrette (parking de la place Charles-de-Gaulle) Distance 10 km Temps 3 h Dénivelé 350 m

NORD

Mulhouse 38 km

Départ D

Presbytère P

Ferrette

Tour de Rossberg

Grotte des Nains

Loechlefelsen Château Clairière de Keucht

Réservoir

Bâle 26 km 0

125

250 m

les deux peuples… Rien ? Quelque chose dérangeait cependant un groupe de jeunes filles : personne n’avait jamais vu à quoi ressemblaient les pieds des nains car ils étaient toujours vêtus de longues robes tombant jusqu’à terre. Un soir, elles répandirent du sable fin sur un rocher et découvrirent des traces de… chèvres. Elles poussèrent un éclat de rire si formidable que les nains les entendirent, revinrent sur leurs pas et comprirent les raisons de leur hilarité. Blessés et attristés, ils décidèrent de ne plus jamais se montrer... La promenade circulaire se poursuit, la boucle se boucle, via la Tour du Rossberg, avatar contemporain d’un Belvédère de bois de 16 mètres de haut érigé en 1901 par le Club vosgien à une altitude de 675 mètres d’où le panorama est exquis… Retour à Ferrette puis remontée vers le Nord laissant derrière nous ces terres gorgées de légende. 1 Une des échelles du modélisme ferroviaire, celle des puristes, qui correspond à 1/160e (tandis que la plus répandue, HO, équivaut à 1/87e) 2 Trous où étaient fixées des poutres supportant un plancher

Texte : Hervé Lévy Photos : Stéphane Louis pour Poly

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DOSSIER : LE MUSÉE LALIQUE

À la verreticale de l’été L’œuvre du bijoutier et maître verrier René Lalique est célèbre partout autour du globe… Le musée Lalique est le premier à lui rendre hommage dans l’Hexagone en s’installant à Wingen-sur-Moder, unique site de production du cristal portant son nom. Présentation avant ouverture, le 2 juillet.

B

ijoux, flacons, vases, objets de déco… Celui qui participa à l’aménagement du Paquebot Île-de-France en 1927 et à la décoration du Normandie en 1935 mène sa barque depuis 1890, date à laquelle il s’installe à son compte dans un atelier parisien. René Lalique (1860-1945) traversera les époques et les styles – Art nouveau, puis Art déco – sans tourments (mis à part quelques noises avec des copieurs et les procès pour plagiat qui en résultèrent, la rançon du succès), fort de ses relations avec la tragédienne Sarah Bernhardt,

pour laquelle il réalisera de nombreuses parures, ou avec son ami le riche collectionneur Calouste Gulbenkian qui acheta nombre de ses pièces.

L’inventeur du bijou fantaisie Son nom est aujourd’hui connu dans le monde entier, à Paris où il réalisa les fontaines des Champs-Élysées en 1932, à New York et Londres où sont exposées certaines de ses œuvres, à Hakone (Japon) où un musée lui est dédié. Il participa aux expositions universelles de Paris de 1889 (en tant que collaborateur de Boucheron)

et de 1900 où il fit un triomphe grâce à ses talents de bijoutier, inspiré par la faune, la flore et les lignes féminines, mais aussi l’art égyptien ou les estampes japonaises (voir son peigne “soleil couchant”). Considéré comme l’inventeur du bijou moderne, voire “fantaisie”, c’est d’abord dans cet art qu’il se démarqua, proposant des pièces mêlant la richesse de l’or à des matériaux moins nobles. L’émail, la corne ou le verre ornent ainsi ses colliers et pendentifs, par exemple celui nommé Femme libellule, ailes ouvertes, acquisition de la Communauté de Communes du Pays de la Petite Pierre en 2002, première pierre de l’édifice du futur musée. Selon Véronique Brumm, conservatrice, « ses réalisations ont su séduire une élite artistique et intellectuelle. Il a choqué, dérangé avec des bijoux volumineux, comme ses ornements de corsage décorés de scarabées ou de guêpes, des diadèmes en chauve-souris ou des épingles de cravate avec des serpents. Il est allé au-delà des limites, au milieu des années 1890, en ornant un bijou d’une femme nue, ça ne s’était pas fait depuis la Renaissance, ce qui a créé un petit scandale. »

L’art pour tous

© musée Lalique – David Desaleux

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Dessin deux ferrets à deux éléments, Coléoptères et feuilles, René Lalique © Lalique

En 1912, date de sa dernière exposition de bijoux par lesquels il entra en contact avec le verre, le créateur décide de ne se plus consacrer qu’à l’art verrier, créant des œuvres simples et pures. D’après Véronique Brumm, il y a deux styles Lalique : « Le Lalique bijoutier, marqué par l’Art nouveau, avec ses formes sinueuses qui


DOSSIER : LE MUSÉE LALIQUE

Sarah Berhardt © Lalique

le démarquèrent de ses concurrents, puis le Lalique Art déco, plus épuré, dépouillé, stylisé, parfois rehaussé de lignes noires, avec des formes géométriques. » Dès 1921, débute la fabrication à La Verrerie d’Alsace à Wingen-sur-Moder, seconde usine – après celle de Combs-la-Ville – manufacturant les créations de Lalique qui « s’inscrit dans un monde en mutation ». Dès lors, « se joint à son génie artistique, un talent d’industriel : il dépose des brevets, développe des techniques innovantes et s’entoure de techniciens ou d’ingénieurs pour produire en série et rendre accessible l’art au plus grand nombre ». La conservatrice précise néanmoins : « Même si les services Lalique ne se retrouvaient pas sur les tables de tout un chacun, il y avait une volonté de diffusion large et pas seulement vers la haute bourgeoisie. » À la mort de son père, Marc Lalique abandonne le verre au profit du cristal qui est toujours produit aujourd’hui, perpétuant la tradition de la région. Depuis les années

1990, l’idée d’un projet de musée dédié à Lalique et à son œuvre mûrit à Wingensur-Moder. Initiative portée par les collectivités locales* et la Société Lalique, le musée, dont les travaux sont confiés à l’agence Wilmotte (lire pages suivantes), conduit le visiteur dans l’imaginaire d’une

« Se joint au génie artistique de René Lalique, un talent d’industriel » Véronique Brumm entreprise et d’un créateur, documents audiovisuels et iconographiques à l’appui. La muséographie met en exergue toutes ses préoccupations, proposant un parcours en plusieurs étapes, faisant un focus sur les moments phares de sa carrière – l’expo de 1900 ou celle des Arts décoratifs et industriels modernes de 1925 – ou des thé-

René Lalique, vase Grande boule lierre, 1912 © Lalique

matiques variées. Nous découvrons, par exemple, dans l’espace dédié à l’art sacré un ensemble translucide réalisé en 1933 pour le chœur – Christ en croix compris – de la Chapelle Notre-Dame de la Fidélité. Un des secteurs rassemble ses flacons de parfums (comme l’Ambre Antique fait pour le parfumeur Caty en 1910), un autre ses productions pour l’industrie comme son bouchon de radiateur d’automobile Coq nain de 1928… Le musée « donne des clefs » et met en lumière le travail de Lalique, replaçant « dans le contexte artistique, social ou technique » des œuvres et un savoir-faire qui rayonnent bien au-delà de Wingen-sur-Moder. * La Région Alsace, le Conseil général du Bas-Rhin, la Communauté de Communes du Pays de la Petite Pierre et la Commune de Wingen-sur-Moder se sont associés pour créer le Syndicat mixte du musée Lalique

Texte : Emmanuel Dosda

m Musée Lalique, rue du Hochberg à Wingen-sur-Moder 03 88 89 08 14 – www.musee-lalique.com

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m

e DOSSIER : LE MUSÉE LALIQUE

a Maison européenne de l’architecture – Rhin supérieur Europäisches Architekturhaus – Oberrhein

Le vert de Lalique Un bijou de pierre, d’acier et de verre dans un bel écrin naturel. Le musée Lalique conçu par l’agence de Jean-Michel Wilmotte se fond presque dans le décor. Visite guidée.

D

u vert, du vert, encore du vert… À Wingen-sur-Moder, au beau milieu du Parc naturel des Vosges du Nord, le paysage est verdoyant en ce printemps, quelques semaines à peine avant l’inauguration du musée dédié à René Lalique. L’échéance arrivant à grands pas, les jardiniers et ouvriers, le personnel du futur établissement et son architecte – notre guide – s’agitent dans tous les sens. Placé à l’extrémité du village, le bâtiment est un beau trait d’union, « un dégradé, par étapes », entre l’espace urbain et la forêt qui se déploie au loin. Semi-enterrée, recouverte d’un toit végétalisé, on ne découvre sa face Ouest qu’en faisant le tour de l’ensemble, côté vallée. Henrik Siebenpfeiffer, architecte de l’Agence Wilmotte*, à propos de ce lieu dédié à celui qui s’inspira beaucoup de la flore : « Le site nous a tout de suite impressionné. Il fallait que nous fassions un bâtiment qui joue avec la nature. » Il déplie un immense plan à même le sol pour appuyer ses propos. Le musée se compose de deux principales parties. La friche de la verrerie du Hochberg (en

Visualisation du musée Lalique © Wilmotte – Artefactory

activité jusqu’à la seconde moitié du XIXe siècle) fraîchement restaurée et un “rajout” architectural (Henrik Siebenpfeiffer n’aime pas le mot “greffe”) à l’Ouest, abritant la grande salle d’exposition permanente. L’agence, qui a notamment restructuré l’intérieur du château de Mery-sur-Oise (1999) ou aménagé la place de la Libération à Dijon (2006), aime particulièrement dialoguer avec le passé et « s’intégrer dans des bâtiments existants ». Après avoir traversé le parvis géométrisé, très minéral, nous entrons, par une sorte de vestibule de verre, et accédons à la banque d’accueil, la boutique et le vestiaire en stratifié noir. Au-dessus de nos têtes : un grand lustre de presque deux tonnes, restauré avec l’aide d’un « retraité de Lalique », insiste l’architecte qui a travaillé main dans la main avec de nombreuses « entreprises locales sur ce musée de région ». Autour de la salle d’expo temporaire de 200 m2, se déroule un vaste jardin intérieur, « calme comme un cloître ». Dans ce patio, « la nature est très contrôlée », avec des motifs « presque japonisants »

Wilmotte, Around the World

L’

agence fondée en 1975 par l’architecte Jean-Michel Wilmotte rassemble 175 collaborateurs à Paris, à Sophia-Antipolis et à Londres. Œuvrant dans le monde entier, elle a par exemple réalisé l’architecture intérieure et la muséographie de l’Aile Richelieu du Louvre (1993) ou l’aménagement du musée des Beaux-Arts de Lyon (1998). Elle travaille actuellement sur la réalisation d’une tour de bureaux de 160 mètres à Bakou en Azerbaïdjan ou encore à l’embellissement du Palais des Festivals de Cannes. Polyvalente, l’agence a notamment dessiné la nouvelle colonne d’affichage Morris pour la ville de Paris (2006). m www.wilmotte.fr


DOSSIER : LE MUSÉE LALIQUE

en marbre concassé jonchant le sol, inspirés par les objets de René Lalique, et des plantes ayant servi de modèle au bijoutier. Nous accédons à « la boîte détachée », la partie contemporaine, par la galerie Sud qui longe le jardin, jouissant du panorama à travers les baies vitrées. Nous en profiterons aussi pour nous arrêter sur la façade de la salle d’exposition permanente, couverte de pierre clivée, fendue dans le sens naturel de ses couches, et flammée, technique qui rend la matière rugueuse. Cette pierre italienne aux reflets verts fait un poétique clin d’œil à la fabrication du cristal où « on aspire presque la couleur verte du verre. Nous, c’est comme si on avait pris ce surplus de vert pour le mettre sur les murs. »

L’agence Wimotte :

« Le bâtiment est mis en scène par la nature et la nature est dévoilée par le bâtiment » L’agence de Jean-Michel Wilmotte, qui réalisa l’aménagement muséographique du Rijksmuseum à Amsterdam (en 2009) ou encore de plusieurs salles du musée d’Orsay (en cours), s’est également chargée de la muséo de la salle d’exposition. Celle-ci s’organise en divers espaces, des volumes cubiques définis par les vitrines en métal laqué noir et sablé, ne cachant pas les « détails mécaniques ». Le choix de cette agence pointilleuse, connue pour son sens de la sobriété et de la finition, s’est porté sur l’acier, matériau « costaud » travaillé de manière « faussement brute ». Ceci permet de mettre en valeur, par contraste, la préciosité des objets et de restituer l’esprit des ateliers, couleur cendre, où ont été conçus les bijoux Art nouveau, coupes, flacons et autres créations estampillées R. Lalique. Du verre, du verre, encore du verre…  * L’agence Wilmotte, qui travaille avec une trentaine d’entreprises, s’est associée aux architectes Chiodetti et Crupi de Colmar, aux scénographes de Ducks Scéno et aux paysagistes Neveux et Royer

Texte : Emmanuel Dosda

m Musée Lalique, rue du Hochberg à Wingen-sur-Moder 03 88 89 08 14 – www.musee-lalique.com

Le musée Lalique durant les travaux © David Desaleux

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Design

Phénix de plastique Quand on lui demande pourquoi il fait du design écologique, Lionel Scharly cite Al Gore : « Il n’y a pas le choix. » Pragmatique et ambitieux, le designer venu d’Alsace et installé à Paris depuis 15 ans, rafle les grands prix et donne du corps à ses rêves.

E

nfant du Kochersberg, Lionel Scharly étudie aux Arts déco de Strasbourg. Puis il part pour Paris où il pense s’épanouir. Cherche du travail. Trouve, au bout d’un mois et demi, une place aux éditions Albert René, fondées par le papa d’Astérix et Obélix. Et les choses s’enchaînent, une réussite en entraînant une autre. À nouveau étudiant, aux Beaux-Arts, où il est coopté par le directeur, rencontré dans le hall de l’école, il travaille aussi pour EURO-RSG, la multinationale de la communication. C’est là qu’il rencontre « Jacques » (Séguéla). Puis « Maurice » (Lévy), à Publicis. Il dessine alors pour Coca-Cola, Vivendi, Elf et Michelin.

intérieur à la perfection pour y souffler le plastique, du polymère biodégradable. « À l’usine de production les gars devenaient fous. On leur a dit “Vous ne rentrerez pas chez vous tant que vous ne pourrez pas vous voir dans les pièces” ». Le brevet de l’éco-conception des pièces rotomoulées est déposé. Frankfort Factory a prospéré, en France, où il meuble notamment le Ministère des Affaires étrangères. Il s’exporte aussi, outre-Atlantique, dans les jardins californiens et à l’Ambassade de France de Washington. L’année dernière, le fauteuil a été nominé pour le prix du design allemand, la plus haute distinction en la matière. Sa conception écologique lui permet, une fois qu’il a trop servi, de

Aluminium glossy Il crée sa galerie et dessine, en 2007, le fauteuil Frankfort Factory. En plastique rotomoulé, celui-ci offre une assise en forme de demi-cercle posée sur le sol et un dossier, en mousse, qui garde la forme du corps, à utiliser à l’envers. On s’y appuie le ventre plutôt que le dos. « Je voulais qu’il soit innovant. » Dont acte. Le rotomoulage, technique utilisée pour la production de réservoirs de voitures ou de pots de fleurs a l’avantage d’utiliser peu de matière plastique puisque les pièces sont creuses. « Cela revient à habiller l’air. Un minimum de matière est nécessaire pour un maximum de volume. » Dix kilos de plastique ici contre 35 ou 40 pour le procédé par injection. Inconvénient : le dessin est contraignant puisqu’il interdit les lignes planes. Et surtout la technique n’est pas développée pour créer des objets design, brillants et “glossy” comme les aime Lionel Scharly. Nécessité de créer des moules en aluminium, de lisser leur

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Fauteuil Frankfort Factory, 2007


Twins, 2010 Ce mobiler de la gamme “Born3D” est le premier meuble contemporain en sculptage 3D dans un seul volume de mousse à mémoire de forme

recommencer une nouvelle vie, après avoir été refondu puis remoulé, en lampe à main ou en cuillère bleue. Il peut aussi être dépouillé de son dossier pour n’être qu’un siège ou être revêtu d’une planche pour devenir table basse. Un moule pour plusieurs vies.

quand on va voir un industriel pour faire un objet design, il rajoute automatiquement un zéro à la facture. En Italie, s’il n’y a pas de design, un industriel ne produit pas l’objet. La question de la place et du prix du design est un vrai problème dans ce pays. »

Fragrance polymère

Dernière innovation, le plastique parfumé. Lionel Scharly en fait des luminaires et une chaise bicolore, sa « princesse Rachou ». Les plaquettes, encore des prototypes, arrivent de l’usine. Ce sont des fragrances plus que du parfum. Une odeur de plastique à laquelle d’autres ont été ajoutées, que la lampe va peu à peu diffuser sous l’effet de la chaleur. D’où vient cet imaginaire, toujours ramené à la raison par les contraintes de la production ? D’une utopie : améliorer l’Homme de demain en créant pour lui des objets qui n’existent pas, qui lui manqueraient sans

Une étape importante : trouver les sites pour développer la technique. Lionel Scharly pense à Philippe Starck, qui travaille aussi le plastique. « Je lui ai demandé conseil. Il a fini par dire que si un jeune designer voulait se péter les couilles à faire du plastique, il n’avait qu’à y aller ! » Il lui propose quand même de lui prêter sa rotomouleuse personnelle. Mais l’homme finit par trouver des industriels avec qui travailler, à Saint-Malo et à Toulon. La question a toute son importance et le pousse à argumenter : « En France,

qu’il s’en rende compte. Prenez les fumeurs : à une époque, il n’y avait guère de cendrier en extérieur pour eux. Exclusion, discrimination. Ou les grands chiens : on ne leur a dessiné aucune gamelle design, on ne pense qu’aux petites races. Lionel Scharly travaille avec une sociologue des usages. À elle d’observer, d’étudier et de définir ces besoins latents, à lui de dessiner : « Pour avoir des certitudes, il faut se poser les bonnes questions » assure-t-il. Ses nouvelles danseuses : la Cathédrale de Strasbourg, les knacks et les petites chaises de winstub : il veut, chacune, les redessiner pour en faire des chaises. Texte : Marion Wagner

m Scharly Designer, 18 rue du Faubourg du Temple (Paris 11) – 01 71 19 93 83 www.scharlydesignerstudio.com

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tendance design

Quand l’outdoor d

Jardins, terrasses et balcons nous accueillent sous leurs plus beaux jours… Fini les tables et sièges en plastique couleur vert gazon et les chaises longues pliables ou l’on se coince les doigts à chaque ouverture. Aujourd’hui, le mobilier outdoor se pare de formes et de couleurs qui donnent envie de rester dehors.Shopping list…

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1 IBIZA, Chaise réalisateur pliable en aluminium et toile coloris jaune rayé blanc. 99 euros sur www.ht-france.fr / N°Azur : 0 810 03 02 00 (prix d’un appel local). 2 TATAMI & TOGO, de Pedrali. Le plaisir de vivre dans un milieu convivial et confortable pour déjeuner, converser ou tout simplement se relaxer. Le fauteuil Tatami, entièrement en polypropylène, léger et solide, empilable, résistant aux UV et à l’eau, existe en 5 coloris. 104 euros. La table Togo existe en plusieurs dimensions et finitions. À partir de 340 euros. Chez Ab2Gallery, 32 rue du Jeu des Enfants à Strasbourg. Renseignements au 03 88 10 92 10 ou info@ab2gallery.fr. 3 DINNER, de Nardi. Confort et simplicité pour ce salon d’extérieur aux lignes épurées. Table ovale en aluminium anodisé (pieds) et verre float transparent (plateau), sérigraphie blanche vitrifiée. Design italien. Garantie 2 ans. Existe en plusieurs tailles et formes. Chaise blanche empilable. Coque en résine et pieds en aluminium anodisé avec patins anti-dérapants. Dimensions : 57 x 59 x 84. 555 euros la table Loto Dinner (en 190 x 100 x 73 cm) et 79 euros la chaise Ninfea Dinner. Chez Truffaut, route de la Forêt à Wittenheim (68). Renseignements au 03 89 57 09 70. 4 HEADDEMOCK, de Fatboy® Hamac d’extérieur ou d’intérieur pour 1, 2 ou 3 personnes. Pliable dans un sac compact (78 cm x 28 cm x 117 cm). Se monte en 2 minutes sans outils. Dimensions ouvert 330 cm x 100 cm x 110 cm. Structure métallique solide et revêtement en polyester avec enduction PVC très résistant. Disponible en 10 coloris. 389 euros. Chez BoConcept Strasbourg, 4 rue du Chemin de Fer à Lampertheim (67). Renseignements au 03 88 81 66 53 ou sur www.boconcept.fr. 5 & 6 LUXEMBOURG, de Fermob. Réinterprétation par Fréderic Sofia pour Fermob des mythiques chaises et fauteuils du Jardin du Luxembourg créés en 1923 par les ateliers de la ville de Paris, et que Fermob fabrique

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r devient design ! 5

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encore aujourd’hui pour le jardin parisien. Collection aux lignes évidentes, pleine de légèreté (en aluminium), qui aspire à la joie de vivre et à la convivialité. 24 coloris disponibles. Chaise à 158 euros, fauteuil bas à 310 euros et table à partir de 527 euros. À la Galerie Fou du Roi, 4 rue du Faisan à Strasbourg. Renseignements au 03 88 24 23 25 ou par e-mail à fou.du.roi@fouduroi. org. 7 HOP, de Totema. Fauteuil d’assise basse subtilement « sculpté » pour être d’un accueil et d’un confort exceptionnel. Généreux, ample, « rond », stable, il cumule aux plaisirs de l’appropriation infinie les qualités de l’usage, en extérieur ou intérieur. Évacuation rapide et totale des eaux de pluie. Possibilité de remplissage d’eau ou de sable. Structure en polyéthylène teinté dans la masse. 7 coloris disponibles. Résistance aux ultras violets (> 5). Dimensions : 970 x 180-400 mm. 299 euros. Sur www.ht-france. fr / N°Azur : 0 810 03 02 00 (prix d’un appel local). 8 GLOBO OUT, de Slide Design. Éclairez vos petits coins de paradis et vos espaces extérieurs en toute sécurité avec la sphère lumineuse Globo Out. En polyéthylène moulé, traitée anti-UV, de 25 à 80 cm, possibilité de changement de couleurs. À partir de 72 euros. Chez Xenium, Showroom au 135 Grand’rue à Wahlheim (68). N° indigo : 0 825 825 068. 9 WOK, de Totema. Tout est rassemblé dans un même objet : confort, ergonomie, esthétique et pérennité. Le bain de soleil Wok possède tous ces atouts qui en font un essentiel de notre intérieur ou extérieur. Structure polyéthylène teinté dans la masse. Disponible en 3 coloris. Dimensions : 1670 x 600 x 678 mm. Garantie renforcée contre embruns, UV (> 5), pluie (rainurage architecturé pour évacuation de l’eau). Possibilité de remplissage eau ou sable grâce au bouchon dédié. 399 euros. Sur www.ht-france.fr / N°Azur : 0 810 03 02 00 (prix d’un appel local).

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Last but not least

Joann Sfar,

auteur de BD et réalisateur

Dernière fois que vous vous êtes dit « jamais je n’adapterai Le Chat du Rabbin au ciné ! ». Je me le suis dit sept fois ! Après sept refus successifs d’adaptation, je suis arrivé à la conclusion que je voulais le réaliser moi-même.

je ne vais pas les rappeler. Le Chat du Rabbin, qui se passe en Algérie dans les années 1920, me permet de montrer comment les gens du Maghreb se ressemblent, qu’ils sont capables d’humour, d’ironie et d’autocritique. C’est mon côté animateur de CDI.

Petrus Barbygère, Petit Vampire, Sardine de l’espace, Le Chat du Rabbin… Pourquoi, de toutes vos séries, avoir choisi d’adapter cette dernière ? Des Juifs, les gens ont l’image de méchants soldats israéliens ou de La Vérité si je mens ! En ce qui concerne les Musulmans, les clichés sont si nombreux que

Dernière “Jérusalem imaginaire” visitée. D’un point de vue architectural, la ville idéale décrite dans le film existe. Il s’agit d’un complexe hôtelier d’Afrique du Sud construit par un milliardaire indien : The Lost City. Il est en pierre rose avec des éléphants et des gazelles sculptés. Je ne l’ai découvert qu’après l’avoir dessiné… 

Dernière crise mystique. J’ai eu une éducation très religieuse. Je ne me suis jamais révolté contre la religion, mais je n’arrive pas à la prendre au sérieux. Dernier point sur la table. Je crois en la responsabilité des artistes. Quand on voit ces films, comme Le Petit Nicolas, avec des gamins blancs en culotte courte, on se dit que la France d’aujourd’hui n’aime pas se regarder telle qu’elle est. Il ne s’agit pas que d’un échec social, policier ou de Sarkozy, c’est aussi que les artistes français n’ont pas su décrire de Petit Nicolas actuel, avec des petits Arabes, des petits Juifs, des petits Chinois… BD, films, collections à diriger… Quel fut votre dernier moment de répit ? Les journées de tournage sont très reposantes pour moi car je suis tout entier dans ma folie, entouré de tas de gens qui ont la gentillesse de rendre réelles mes idées. Dernières notes de ukulélé. Il y a moins de trois quart d’heure : j’ai joué All of Me dans ma chambre d’hôtel. Dernière vie héroïque que vous vouliez mettre en scène. Il y a deux ans, je suis allé voir l’agent de Carla Bruni pour lui dire que je désirais réaliser un film sur elle. Il m’a conseillé de ne pas faire ça…  Dernier film d’animation. Le Chat du Rabbin, sortie en salle depuis le 1er juin. Propos recueillis par Emmanuel Dosda Photo : Stéphane Louis pour Poly


e n u r P ou

e u q i l b u Rép êves R s e d 15.06 – 11.09.11 CRAC ALSACE UNE PROPOSITION DE GILLES A. TIBERGHIEN

SILVIA BÄCHLI | GLEN BAXTER | NEAL BEGGS | MARILYN BRIDGES | ELINA BROTHERUS | BALTHASAR BURKHARD | JEAN CLAREBOUDT | EDITH DEKYNDT | MARCEL DINAHET | JIMMIE DURHAM | ROBERT FILLIOU | THOMAS FLECHTNER | GLORIA FRIEDMANN | JOAN FONTCUBERTA | HAMISH FULTON | CYPRIEN GAILLARD | MARIO GIACOMELLI | ISABELLE KRIEG | RICHARD LONG | PHILIPPE MAYAUX | NADIA MYRE | MARYLÈNE NEGRO | WALTER NIEDERMAYR | BERNARD PLOSSU | ANNE & PATRICK POIRIER | ERIC POITEVIN | HUGUES REIP | DAVID RENAUD | ROBIN RHODE | ÉVARISTE RICHER | ULRICH RÜCKRIEM | HANS SCHABUS | ROMAN SIGNER | DAVID TREMLETT | SU-MEI TSE | HOLGER TRÜLZSCH | CATHARINA VAN EETVELDE | XAVIER VEILHAN | RAPHAËL ZARKA LE CRAC ALSACE BÉNÉFICIE DU SOUTIEN INSTITUTIONNEL DE : LA VILLE D’ALTKIRCH / LE CONSEIL GÉNÉRAL DU HAUT-RHIN / LE CONSEIL RÉGIONAL D’ALSACE / LA DRAC ALSACE - MINISTÈRE DE LA CULTURE ET DE LA COMMUNICATION, AINSI QUE DU PARTENARIAT DU CLUB D’ENTREPRISES PARTENAIRES DU CRAC ALSACE – CRAC 40. PHOTO : ELINA BROTHERUS, LOW HORIZON 2 (DÉTAIL), 2000, COLLECTION FRAC ALSACE, © DROITS RÉSERVÉS

CRAC ALSACE — 18 rue du château 68130 Altkirch

/ + 33 (0)3 89 08 82 59 / www.cracalsace.com


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Poly n°141 ­ Été 2011  

Poly, le magazine du grand Est où la culture se cultive !

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