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Le 21 janvier 2014

Le capital-risque au Canada Jacques Bernier, ing. B.Sc. Associé principal à Teralys Capital

Le capital-risque permet le financement de compagnies juniors : une jeune entreprise choisira ce moyen de financement lorsque l’emprunt seul ne suffit plus. En général, un fonds d’investissement investit dans une vingtaine de compagnies et les accompagne tout au long de leur développement et ce, sur des périodes de 5 à 10 ans. On peut distinguer trois phases dans la croissance des startups : (1) l’amorçage, (2) le démarrage, au cours de laquelle l’entreprise va prouver qu’il existe un marché et enfin (3) la croissance, qui se caractérise par des revenus qui dépassent les cinq-dix million de dollars. Les fonds tentent d’amener les entreprises jusqu’à la croissance, pour ensuite les revendre, ou en faire l’introduction en bourse. Ils récupèrent ainsi la plus-value sur leur investissement initial. Cependant, pour chaque succès commercial on compte de nombreux échecs et investir dans des compagnies juniors est risqué. Les fonds de capital-risque gèrent pour la plupart une centaine de millions de dollars qui leur sont confiés par des clients qui recherchent avant tout des rendements traditionnellement élevés. Une grande part de ces fonds provient de fonds de pension qui consacrent un certain pourcentage de leurs

« Pour chaque succès commercial on compte de nombreux échecs et investir dans des compagnies juniors est risqué. »


fonds en gestion au placement privé : immobilier, buyout ou capital-risque. Cependant, les dix dernières années ont été marquées par une crise dans ce secteur avec des rendements qui n’étaient pas au rendez-vous. Avant les années 2000, beaucoup d’argent a été investi dans le capital-risque sans grande rigueur. Au moment de l’éclatement de la bulle technologique, beaucoup de fonds qui investissaient dans ce secteur ont fait les frais de cette gestion relâchée et se sont effondrés. Au Canada, la crise a été particulièrement violente, car les investisseurs ont commencé à s’intéresser au secteur technologique et à l’internet alors qu’il avait déjà pris beaucoup de valeur et ils n’ont pas vu venir la crise. Compte tenu de la période nécessaire pour rentabiliser les investissements en capital-risque, les fonds ont gardé pendant plusieurs années les séquelles de la bulle internet dans leurs bilans. De nombreux acteurs se sont ainsi désengagés du capital-risque : en 2000, 107G$ avaient été investis dans le capital-risque, contre 23G$ ces dernières années. L’industrie du capital-risque a donc dû faire face à de nombreux changements avec notamment l’arrivée d’investissements de gouvernements qui n’ont pas nécessairement les rendements comme seules priorités et le retrait des investisseurs institutionnels.

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La stratégie de En juin 2009, au pire de la crise financière, Teralys Capital a réussi à lever 700 M$ auprès de la Caisse de dépôt et placement du Québec, du Fonds de solidarité FTQ et d’Investissement Québec afin d’investir dans le capital-risque du secteur technologique. Teralys a une politique d’investissement très particulière et vise à promouvoir

et supporter l’entreprenariat québécois. Les investissements sont répartis dans divers fonds qui investissent dans des compagnies juniors réparties dans trois secteurs : les technologies de l’information (55%), les sciences de la vie (35%) et les technologies vertes (10%). Le fonds essaye aussi de répartir ses investissements entre des


entreprises à différents stades de croissance pour créer un écosystème équilibré. La contrainte géographique mise en place par Teralys présente à la fois un avantage et un inconvénient quand vient le moment de sélectionner l’entreprise dans laquelle investir. Les gestionnaires préfèreraient sans aucun doute pouvoir choisir l’entreprise qu’ils estiment avoir le meilleur potentiel de croissance au niveau mondial. D’un autre côté, puisque les fonds restent à proximité des compagnies dans lesquelles ils investissent pour les conseiller et maximiser leurs chances de succès, la faible distance avec les entreprises est un facteur clé de réussite. La connaissance du domaine dans lequel le fonds investit est d’ailleurs très importante selon M. Bernier. Il s’agit de s’assurer que les choix d’investissements sont justifiés. Son bagage en génie et sa connaissance de la réalité entrepreneuriale au Québec sont d’ailleurs les raisons pour lesquelles il a lui-même spécifiquement orienté Teralys Capital en technologie.

Conclusion Selon Jacques Bernier, le Québec et Montréal plus particulièrement constituent un endroit privilégié pour les entrepreneurs, c’est pourquoi 50% des fonds canadiens en capital-risque sont investis au Québec. De plus, l’intensité de la recherche académique locale favorise les idées nouvelles. Les startups constituent des structures très favorables à l’innovation, c’est pourquoi de plus en plus de grands groupes rachètent de jeunes entreprises plutôt que de développer à l’interne leurs propres technologies. L’investissement est plus grand que s’ils développaient à l’interne, mais présente de meilleures chances de réussite, c’est donc une bonne nouvelle pour les startups, qui voient leur valeur exploser quand elles font l’objet d’une offre d’achat. Malgré son aspect risqué, le capital-risque demeure un élément essentiel pour aider l’innovation et favoriser l’entrepreneuriat. À ce jour Teralys Capital a déjà investi 600 M$ et ne compte pas s’arrêter là.

PRÉSENTATION DE L’INTERVENANT Jacques Bernier est diplômé de Polytechnique Montréal en génie industriel (1979). Une fois son baccalauréat en poche, il cofonde plusieurs entreprises puis entre dans le domaine financier en 2004 en intégrant la branche de capital-risque en technologies de l’information, télécommunication et innovations industrielles du Fonds de solidarité FTQ. En 2009, il fonde Teralys Capital, le plus important fonds de fonds de capital-risque en technologies au Canada. Aujourd’hui Jacques Bernier est le président de Teralys Capital. Il occupe également depuis un an la présidence du conseil d’administration de PolyFinances.


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PolyFinances - Teralys Capital - Le capital-risque au Cananda  

(2014/01/21) Résumé de la rencontre avec Jacques Bernier, associé principal à Teralys Capital.

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