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À cinq heures du matin, le réceptionniste a frappé à la porte. C’était prévu. Il devait nous amener à l’autocar de Tirana. Le petit-déjeuner et le café avalés, on était prêts. Dehors, il faisait frais et les ombres s’allongeaient encore en travers du trottoir. Le réceptionniste nous a confiés au chauffeur, puis il a pris congé en souriant. Le chauffeur nous a fait comprendre avec des gestes de laisser nos bagages à l’intérieur et d’aller au bistrot du coin, parce qu’il ne partirait pas avant quelque temps. Les autres passagers y étaient déjà. On a pris un café. Certains sirotaient leur raki du matin. Ça réveille mieux que le café.

Traduit par Charles Zaremba

"Journal ecrit par apres" (extraits), par Andzej Stasiuk  

L’extrait et la présentation ont été publiés précédemment dans la brochure "Nouveaux livres de Pologne" editée par l’Institut du Livre de Cr...