Page 1

POL’EXPRESS N°2

- 14 févRIER 2012

AMOUR HAINE et

Edito Cette semaine dans Pol’Express et à l’occasion de la fameuse (et agaçante ?) Saint Valentin, nous explorons le vaste sujet de l’amour…et de la haine ! Et on commence avec les déclarations qui jalonnent la campagne présidentielle française. Entre jeux de séduction entre alliés potentiels et déclarations

de guerre, cette compétition acharnée s’inscrit avant tout du coté de l’émotionnel, souvent au détriment du véritable combat d’idées. Côté culture, on vous fait découvrir une pièce sur la violence faites aux femmes, ou quand l’amour et la haine se confondent de façon troublante. Amour à vendre ensuite avec le film Elles qui s’attaque au sujet délicat de la prostitution

étudiante ; suivi d’un tour au musée Branly avec une exposition sur l’invention du sauvage, ou quand l’amour paternaliste flirte avec la condescendance méprisante. Puis, nous irons à la rencontre d’un génie méconnu, Nikola Tesla, inventeur du circuit alternatif, spécialiste du courant qui passe (ou de l’électricité dans l’air !). Enfin, nous nous pencherons sur l’actualité

de la quinzaine et notamment sur les violences qui ont eu lieu lors d’un match de foot en Egypte, ou quand une passion commune se transforme en violence généralisée. En ce glacial mois de Février, on essaye donc de vous réchauffer avec des sujets pimentés et passionnés. Margaux Stive


Zoom sur... LA SYRIE,

dépendante du jeu diplomatique ?

260

C'est le nombre de vies perdues lors du massacre du 4 février à Homs, le plus meurtrier depuis le début de la révolte syrienne. Les morts se comptent par milliers depuis le début de la crise et les atteintes aux droits de l'homme sont dénoncées par diverses associations. On l'aura compris, la Syrie est touchée par le printemps arabe et la Syrie souffre. Alors que la France dénonce le « cauchemar syrien  », l’ONU multiplie les projets de résolutions pour rallier la Russie et la Chine. Un véritable «  jeu d'échecs  », c'est ce qu'il se passe en ce moment à l'ONU. Cela fait six mois que l'organisation n'a rien fait : ne serait-elle finalement que cette grande entité bureaucratique sans véritable pouvoir politique ? Au vu de son rôle en Lybie, on comprend vite ici que c'est un autre problème, celui de la Russie qui n'est pas prête à lâcher son allié de tou-

jours. Si le régime syrien s'est transformé, selon la Ligue Arabe, en « véritable machine à tuer », il constitue pour la Russie son tremplin principal au Moyen-Orient. Ces derniers jours, la politique de Moscou se réaffirme : pas d'ingérence dans les affaires d'un pays souverain. La Russie empêchera toutes les résolutions qui viseraient à défaire le régime en place et « se débarrasser » de Bachar el-Assad. Après le bombardement d'Homs et le ralliement des tièdes (Inde, Afrique du sud) à la résolution, l'ambassadeur des Etats-Unis déclare:

« Nous,les Etats-Unis,nous nous tenons du côté du peuple syrien.La Russie et la Chine sont manifestement avecAssad » De son côté, le Conseil National Syrien, qui rassemble plusieurs groupes d’oppositions à alAssad, dénonce un génocide.

La réponse est alors facile pour Moscou qui critique cette réaction "hystérique" de l'Occident. En attendant, en Syrie, on se fait arrêter, torturer, massacrer. Le jeu diplomatique s'est-il égaré sur la pente des discours ? Le président turc intervient car "tout le monde doit se rappeler que la guerre froide est finie". En effet, si l'opposition du Kremlin et de la Maison Blanche se fait sur des mots, la tension monte (les décisions unilatérales se multipliant sous le coup du blocage de l'ONU) et le temps manque devant le redoublement de la violence. Mercredi 8 février, le secrétaire général de l'ONU, Ban Ki-moon annonce que la Ligue Arabe va renvoyer des observateurs en Syrie. Dimanche 12, une réunion au Caire devait décider de la suite à donner aux missions des observateurs. Un retour au dialogue ou continuation de l'attente ?

PROVOCATIONS « Contrairement à ce que dit l'idéologie  relativiste de gauche, pour nous toutes les civilisations ne se valent pas »

2

Voici la phrase polémique prononcée par Claude Guéant, ministre de l'intérieur, le weekend dernier devant un colloque de l'UNI, syndicat étudiant marqué à droite. Il fait alors face à de vives réactions : la gauche dénonce, de même que Marine Le Pen, un dérapage voulu pour récupérer les voix de l'extrême droite, ce qu'il démentira. Si la droite fait bloc pour soutenir son ministre, sauf quelques uns tel Alain Juppé, la gauche, elle, s'enflamme. La polémique atteindra son comble le mardi 7 février à l'Assemblée lorsqu'un député apparenté socialiste de Martinique,

Serge Letchimy dénonce les propos de Claude Guéant en ces termes :

“ Vous, M. Guéant, vous privilégiez l'ombre, vous nous ramenez jour après jour à ces idéologies européennes qui ont donné naissance aux camps de concentration.”, “ M. Guéant, le régime nazi, si soucieux de purification, était-ce une civilisation ? ” Immédiatement les députés UMP et les membres du gouvernement quittent l'hémicycle, estimant qu'il s'agissait d'une « provocation indécente  ». Chacun des deux camps attend désormais des excuses publiques.

Etaussi… La fondation Abbé Pierre a publié mercredi 1er janvier son rapport sur l’état du mal logement en France: 700 000 personnes sont sans logement personnel dont 133 000 sans abris; 3,6 millions de personnes non ou très mal logées.

Angela Merkel rend visite à Nicolas Sarkozy, le 6 février dernier. La chancelière manifeste son soutien au Président, lors d'une interview télévisée.

Les partis réunis au sein de la coalition gouvernementale grecque ont approuvé dans la nuit du mercredi 8 au jeudi 9 février le vaste programme d'austérité prescrit par la Troïka (FMI, Commission européenne et BCE).

Le 12 février marque l'entrée en campagne de Nicolas Sarkozy, qui pose les bases de son futur programme dans un entretien au Figaro Magazine. virginie Hoarau Marion Chranuski


L’AMOUR ET LA HAINE

en campagne électorale 

V

éritablement lancée lors des primaires socialistes avec la désignation de Hollande François comme candidat, la campagne présidentielle qui s’achèvera lors du premier tour le 22 avril 2012 va comporter une fois encore son lot de déclarations, de petites phrases et d’attaques entre les différents prétendants à la fonction suprême. Jusqu’au printemps, les interventions médiatiques se succéderont et laisseront entrevoir les stratégies de séduction des électeurs comme les tentatives de répulsions des adversaires ; et le recours à des sentiments tel que l’amour et la haine sera fréquent et se verra réparti entre la déclaration politique, solennelle, cette harangue amoureuse adressée au citoyen pour le convaincre de glisser son bulletin dans l’urne le moment venu, et la petite phrase, sournoise, cette tirade haineuse visant les adversaires et opposants politiques pour les persuader de se glisser eux-mêmes dans une urne, pour n’en plus sortir.

L’ART DE LA SéDUCTION Ainsi, les partis aguichent les détenteurs des bulletins de vote et comme pour les séducteurs de comptoirs en fin de soirée, les techniques d’approches sont généralement lourdes et convenues. Pour envoyer des roses aux électeurs, le Parti Socialiste et François Hollande dénoncent le monde de la finance. Pour rassembler à l’ombre de son chêne, l’UMP vante

les mérites de son bilan et le couple formé avec l’Allemagne. Pour déclarer sa flamme, le Front National de Marine Le Pen fustige la classe dirigeante et se pose en parti antisystème. En somme, de sempiternelles formules aguicheuses destinées à toucher le cœur des électeurs, de vielles recettes politiques censées, tel un élixir, dévorer de passion un potentiel votant et le transformer en militant convaincu. Les partis tentent de séduire à droite comme à gauche pour attirer vers eux les sympathisants d’ailleurs. Le serial dragueur le plus

ratisse large et fait des compromis pour être sûr d’obtenir un rendez-vous à la fin. Ce rendez-vous, c’est bien sûr le second tour, le 6 mai 2012. Mais d’ici là, pour tous les candidats, il faudra essuyer la haine déversée par les propos des uns et des autres.

LA PETITE PHRASE Entre alors dans le jeu de la séduction politique la petite phrase cinglante, cette répartie assassine adressée directement à l’adversaire visant à le décrédibiliser dans l’opinion publique.

Le dragueur politique a une cible précise,comme un séducteur ou une séductrice peut avoir ses préférences,les aiment soit blondes ou brunes, petites ou grandes,etc. insatiable en cette période électorale étant sans doute Mr. Guéant, Ministre de l’Intérieur, qui, par ces déclarations récentes sur l’inégalité des civilisations, prouve encore qu’il fait inlassablement la cour aux sympathisants du Front national. Dans ce cas, on voit que le dragueur politique a une cible précise, comme un séducteur ou une séductrice peut avoir ses préférences, les aiment soit blond(e)s ou brun(e)s, petit(e)s ou grand(e)s, etc. Si l’on observe au contraire les tentatives de Mr. Hollande pour rassembler la gauche dans son intégralité, elles font plus penser à un individu désespéré de trouver l’amour, un rejeté d’Attractive World qui se rabat sur Meetic, un soupirant qui

Lors de nombreuses confrontations médiatiques, organisées par des journalistes avides de ce type de joutes verbales, nos responsables politiques vont se plier à l’exercice du speeddating inversé. Au lieu de devoir convaincre la personne en face de vous apprécier, de la complimenter sur son apparence, son intellect et son humour, le but est d’essayer de la déstabiliser en la critiquant le plus possible. Et dans un monde politique en campagne, les critiques ne sont parfois pas tendres. La personnalité, le physique, l’accent et parfois même le programme : tout chez un candidat peut être la source de ces attaques éclaires.

PdC

suRLENEt

Sur Slate.fr, des journalistes ont inventé une machine incroyable, le Guéantomètre. Par un système de catégories et de points attribués, ils établissent un classement des personnalités politiques en scrutant le contenu de leurs petites phrases et grandes déclarations. Ainsi le Guéantomètre, instrument de mesure de la violence de la campagne 2012, renseigne sur le niveau de son débat et nous indiquera les personnalités ayant le plus utilisé la haine contre les autres candidats pour récolter l’amour des électeurs. Plus d’infos sur : facebook.com/PolExpress2.0

3


Portrait

NIKOLA TESLA

Visionnaire incompris « Si nous devions saisir et éliminer de notre monde industriel les résultats des travaux de M. Tesla, les roues de l’industrie s’arrêteraient, les trains seraient immobilisés, nos villes seraient jetées dans la pénombre et nos usines seraient mortes.» B.A. Behrend, président de l’American Institute of Electrical Engineers, 1917

S

i l'on s'en tient à cette définition, Nikola Tesla est certainement le plus grand inventeur du XXe siècle, sans que l'on en ait conscience. En effet, très peu de gens connaissent l’importance de ce scientifique dans l'histoire quand bien même ils connaissent son existence. Né de parents serbes dans l’Empire autrichien, il suit des études de physiques et de mathématiques à l'Ecole polytechnique de Graz, en Autriche, puis à l’Université de Prague. En 1884, il décide d’embarquer pour New York et trouve son premier emploi chez Thomas Edison. Mais la mésentente entre les deux inventeurs met un terme précoce à leur collaboration. C'est alors que Georges Westinghouse, ingénieur riche et reconnu, lui propose de travailler pour lui afin de développer un système de distribution du courant alternatif, ainsi que de ses dérivés. Cette distribution en était à ses débuts, alors qu’Edison soutenait l'utilisation du courant continu. Une lutte féroce entre les sociétés Westinghouse et Edison commence dans le but de convaincre les décideurs de choisir leur système électrique. finalement, la vision de Tesla et l'argent de Westinghouse vinrent à bout de l'entêtement d'Edison lors de l'exposition universelle de Chicago en 1893. Toutes les

4

installations de cette exposition étaient illuminées à partir de douze générateurs de tension alternative de 750 kilowatts chacun. C'est à partir de cette exposition de Chicago, en 1893, que le courant alternatif va devenir le mode le plus largement répandu de distribution de l'électricité. Le succès de Tesla fait remporter à la compagnie Westinghouse un contrat pour la réalisation d'une centrale électrique aux chutes du Niagara, la plus grande jamais construite jusqu'alors. Ce fut la première pierre de l’utilisation à grande échelle de l’électricité dans les entreprises et chez les particuliers. C'est alors l'apogée de la carrière officielle de Tesla et le moment ou il fût le plus reconnu pour son talent et ses inventions. Mais il fit peu après une extraordinaire découverte : les ondes terrestres stationnaires.

Tesla prouva que la Terre pouvait être utilisée comme un conducteur, avec des vibrations d'une certaine fréquence Celà permettrait selon lui de faire circuler l’énergie électrique dans certaines hautes couches de l’atmosphère – en particulier la ionosphère – sur de très grandes distances en se servant des propriétés conductrices du globe terrestre. Percevant les possibilités de sa découverte et estimant “entrer dans l’ère de la pensée cosmique”, il fit de la communication universelle son leitmotiv pour garantir la paix. C'est aussi à partir de ce moment que l'histoire de Tesla apparaît sujette à controverse et à interprétations. L'aspect révolutionnaire de ses innovations, et la manière dont Tesla se vantait lui même auprès de la presse fût très mal accueilli par la communauté scientifique de l'époque. Tesla fut critiqué pour ses déclarations loufoques notamment lorsqu'il prétendait pouvoir communiquer avec d'autres planètes, et qu'il aurait inventé un "rayon de la mort" qui aurait pu détruire 10000 avions

sur un rayon de 400 km. Mais Tesla allait encore plus loin. Avec le soutien du financier américain J.P Morgan, il aurait mis sur pied un gigantesque projet visant à produire l’énergie suffisante pour alimenter ce qu’il appelle un « système mondial » de téléphonie sans fil. À partir de 1901, il entreprend la construction d’une tour de soixante mètres de haut devant servir d’antenne géante. Morgan le lâche finalement en 1903 après avoir appris que la véritable ambition de Tesla était de transporter de l'énergie électrique sans fil dans le monde entier.

Son rêve était de permettre à l'humanité tout entière de bénéficier de l'électricité sans fil, gratuitement et en abondance. On peut regretter que malgré le caractère utopique de l'idée de Tesla, ce dernier n'ait jamais eu la possibilité de tester empiriquement ce qu'il avançait par manque de financement. Ainsi malgré l'apparent échec des projets démesurés de Tesla, la lecture de l'interview qu'il accorda au magazine américain Colliers en janvier 1926 dans laquelle il évoquait les évolutions prévisibles, selon lui, des modes de communication à l’échelle de la planète laisse songeur quand à l'état d'avancement de Nikola Tesla sur ses contemporains : « Lorsque le sans-fil sera utilisé de manière parfaite, l’ensemble de la Terre sera transformé en un gigantesque cerveau. Nous serons capables de communiquer les uns avec les autres instantanément, quelle que soit la distance. Ce n’est pas tout : grâce à la télévision et au téléphone, nous pourrons nous voir et nous entendre aussi parfaitement que si nous étions face à face, même si nous sommes éloignés par des milliers de kilomètres ; et les machines qui nous permettront d’accomplir ceci seront incroyablement plus simples que le téléphone actuel. Un homme pourra en transporter une dans la poche de son veston. »

Gustave Apap


Roman photo

Rasta President

A

un candidat planant

bou Chihabiddine, 32 ans, aka Rasta Président, surement le candidat le plus improbable au marathon pésidentiel. “Partage, Libertinage, Chômage”: 3 mots, 69 propositions “pour dévergonder la France”.

Au programme: légalisation des yourtes, sortie de l’euro pour l’ère du LOVE - nouvelle monnaie basée sur le Cannabis - ou encore la construction d’une Ambassade Intergalactique pour accueillir les Extraterrestres. http://www.rastapresident.com

Grand seducteur,meme les puissants ne lui resistent pas...

Top! Je suis grand, svelte, raelien, Je suis partisan du chomage pour tous et prone les echanges avec la civilisation extra-terrestre, je suis le futur president, je suis, je suis, je suis....

Rasta president ! Dur, j’ai la meme coupe que Pujadas

Civilisation extraterrestre? C’est sur l’echelle Gueant ca?!

La bradpittude ?!

Grande et Svelte ?!merci

... (toute facon j’sers a rien)

honore par cette reconaissance publique de la part de Francois, rasta president demande a le rencontrer. Resultat...

Le lendemain. Francois decide de partager son experience intergalactique

une photo !

Oups! grille...

une photo M. Hollande !!

un autographe !

NDE M. HOLLA

svp ! Tu t’es remis avec Sego ou quoi ?

He mon frere, tu connais Rasta President ? Ce mec m’a parle des martiens mec, ils sont parmi nous : babtous, lunettes teintees, la soixantaine, bedonants, costume. C’est malade mec !

j’comprends rien, j’suis total che-per !

3 jours plus tard. Nicolas est sous le charme

Coquin! Mais euh.. Plus gros que moi le spliff ??

Plus gros que Miss Dominique ? (jamais vu mais j’ai touche!)

Vous m’avez compris ! Un spliff comme ca je vous dis !!! Oubliez Amsterdam et Hollande, (lol, c’est Carla qui me l’a soufflee celle la)

J’suis total che-per ! Viens on signe l’entree de la Turquie dans la zone euro

Arf, ze la derniaiire fooooa que tou m’enmmmmene voir cet hurluberlu de Rasta Prasident !

KRR KRR KRR

tous avec Rasta President !!!! Conformement a son programme, Rasta President a deja constitue son harem presidentiel : il aime les blondes.

Yeah Nigga ! Gangsta rastafari !!

Personne n’est epargne. Reste plus qu’a obtenir les signaturES...

La carte Dealer de France c’est quoi ? Et bien c’est tres simple. 95% des dealers ne sont pas francais de souche ! Recuperons le marche. Dealons en bleu, blanc, rouge !

LE CHANVRE AUX FRANCAIS ! Je n’ai rien a declarer. maintenant Si vous le permettez, gros aqua dans la merco! Raiii Yannis Aoustin & Nicolas Traino

A suivre...

5


Sport

ÉgYPTE D

sport, massacre... amour et politique? Port-Saïd, 1er février 2012

Abdoulaye Cissé, l'attaquant burkinabé du club local d'Al-Masry, esquisse quelques pas de danse, le sourire jusqu'aux oreilles. Il vient d'inscrire le troisième but de son équipe. Menés 1 à 0 à la mi-temps dans leur antre, les gars de Port Saïd ont magnifiquement renversé la balance face aux rivaux de toujours, les «mecs de la capitale», ceux du club cairote d'Al-Ahly. 3-1, avec ce but marqué à la 93e minute, au bout du suspense: n'est-ce pas ce genre de bonheur qu'un attaquant veut offrir à sa belle (entendez son public)? Ne trouve-t-on pas là l'Amour du sport? Et pourtant, Abdoulaye Cissé n'aurait jamais imaginé déclencher une autre émotion: la haine. A peine ce moment de joie arraché, le coup de sifflet final donnait le lugubre signal au déclenchement d'affrontements d'une extrême violence: une meute de «supporters» de l'équipe locale (qui a pourtant remporté le match, vous avez bien suivi), envahissait le terrain, pourchassant les joueurs adverses avec couteaux et barres de fer jusque dans les vestiaires. Au moins 77 morts. Un crime passionnel? L'Amour à son paroxysme?

6

Bien sûr, après le choc vient le temps des explications. Pas une simple bagarre de supporters, hein... On en vient presque à regretter les cris virils des bastons d'aires d'autoroutes, le doux tintement des caillassages de bus corses, les mélodieux « Paris, Paris, on t'encule » récités comme des ave Maria remasterisés... C'était si familier! Mais là, d'autres sentiments ont dû animer ces supporters devenus meurtriers: décryptons le message.

'abord, qui sont ces supporters? Des ultras, dit-on. Pour Sébastien Louis, sociologue spécialiste des mouvements ultras, la particularité de ceux-ci est de constituer des groupes de supporters organisés, indépendants des clubs, et dont la formation a été le fait d'un processus historique fascinant. Dans les années 1960, en Italie, les jeunes supporters nourrissent le désir de leur temps: l'émancipation. Le Calcio, le football, est alors un exutoire culturel privilégié. Les jeunes Italiens y voient un moyen de structurer leur révolte: ils se regroupent dans les tribunes derrière les buts, où les places sont moins chères. Le nom « ultra » est choisi en référence aux ultraroyalistes, partisans de la violence pour imposer leurs idées. Les ultras sont nés de la révolte, leur essence est à chercher dans une évolution qui fut bien plus sociale qu'autre chose. À Port Saïd, les ultras d'Al-Masry suivent ce modèle: révoltés, ils ne puisent pas (plus) leurs motivations des résultats sportifs. C'est la situation politique de leur pays qui les porte: l'assaut mené sur la pelouse du Port Saïd Stadium s'inscrit dans un autre combat. Il y a un an, ces mêmes ultras étaient à dos de chameau, place Tahrir, défendant les révolutionnaires. Pour l'Égypte, ils symbolisent cette jeunesse révoltée qui refuse le maintien d'un pouvoir qu'elle est fière d'avoir renversé. Amour de la liberté plus qu'amour du maillot? Vous me direz, les passions ne sont jamais bonnes conseillères: les ultras auraient cédé, troublés par tous ces sentiments confus, à une manipulation qui émanerait de «l'Ancien Régime». Comment expliquer l'inaction de la police? La fermeture des portes du stade, empêchant la foule d'échapper à la mort? La levée des barrières entre des supporters hostiles? Les absences du gouverneur de Port-Saïd et du chef de la police, qui ne manquent jamais de matchs? L'Union Européenne et la FIFA ont demandé l'ouverture d'une enquête, la direction de la fédération égyptienne et le directeur de la sécurité de Port-Saïd ont été limogé. Le gouverneur de la ville a démissionné. Les Frères Musulmans, au pouvoir depuis les législatives de janvier 2012 sous le couvert du parti de la Liberté et de la Justice (comment deviner qu'ils veulent la charia comme base de la


constitution avec un nom pareil?) accusent les partisans du dictateur déchu Hosni Mubarak. Hein? Mubarak? Mais c'est fini entre l'Égypte et lui, non? Certes, mais une partie de l'Égypte n'arrive pas à l'oublier. L'armée, toujours l'armée! Et sa sempiternelle loyauté... Encore fidèle à Mubarak, quelle belle preuve d'Amour! La voilà, la grande idée du pouvoir militaire: semer le chaos pour reprendre les choses en main et réinstaller un pouvoir autoritaire.

La belle Égypte est tiraillée entre des amants qui instrumentalisent ses passions pour mieux la séduire: l'armée feint sa force, sa capacité à maintenir l'ordre dans le foyer. Les islamistes fustigent les ex's de madame, se parent des atours de la liberté et de la justice, chantent la ballade d'une révolution dont ils ont su intelligemment reprendre les paroles. Le vrai match est là: les ultras ne sont que des pions et le sport un prétexte à la séduction politique. N'oublions pas les revendications identitaires ancrées dans le football, palpables avec la compréhension de la nomenclature de nos clubs égyptiens. Al-Masry signifie en arabe «l'Égyptien», Al-Ahly «le National». Ces clubs se déchirent l'identité nationale: à un moment charnière de l'histoire égyptienne, ils ont un rôle à jouer. D'ailleurs, le club d'Al-Masry n'a-t-il pas choisi à sa création les couleurs verte et blanche du drapeau égyptien post-révolutionnaire de 1919, signifiant que l'histoire était terminée avec les occupants britanniques?

Le stade est donc la scène de jeux politiques, où s'expriment la démesure du pouvoir et des passions qui vont avec. Et ça, ce n'est pas nouveau. Voyez ces exemples que l'histoire nous fournit! En 1938, à Madrid, les Franquistes, qui viennent de reprendre la ville, enferment et fusillent les Républicains dans le Stade Chamartín (actuel Santiago Bernabeu). Le Barça refusera de disputer le moindre match dans ce stade maudit pendant 10 ans. Toujours en 1938, Hitler ordonne la construction d'un stade de 400 000 places à Nuremberg (le Stade de France, c'est 80 000 places...) où, dit-il, «les JO auront lieu pour toujours». Ah, le doux songe de l'Amour éternel! Heureusement, le Führer ne posera que la première pierre. En 1966, le dictateur zaïrois Mobutu fait assassiner son Premier Ministre en public, au centre du Stade des Martyrs. Il fait revenir de force les meilleurs joueurs nationaux exilés à l'étranger, pour «faire briller le pays aux yeux du monde». L'Amour de la gloire! En 1973, au Chili, l'Estadio Na-

du Stade de Kaboul, financé par la communauté internationale, qui a servi aux Talibans, dès 2001, de camp d'exécution? L'Amour de la Justice... mais avec méthode, au moins: les voleurs voyaient leurs mains coupées dans le rond central, les femmes infidèles lapidées dans la surface de réparation, et les hommes coupables d'entraves à la charia pendus à la barre transversale (true story, je n'ai pas un humour aussi noir).

alors, peu importe ce que révèlera l'enquête en Égypte, le sport (en particulier le football) restera un instrument des pouvoirs et un formidable laboratoire pour l'analyse sociologique et politique. Bon, c'est mon côté petit sorbonnard modèle, j'aime bien terminer par une citation. Carl von Clausewitz (1780-1831), officier et théoricien militaire prussien, avait déjà effleuré cette dimension politique du football dans son traité De la Guerre (Vom Kriege):

« Quand il sera il égitime de manier les armes, peut-être fera-t-on du football. Le football n'est rien d'autre que la poursuite de la guerre par d'autres moyens » cional de Santiago devient un lieu de torture pour l'armée de Pinochet. Deux mois plus tard, l'URSS refuse de jouer son match d'éliminatoire de Coupe du Monde dans un stade qui fut le camp de Pinochet. Résultat? L'équipe du Chili joue le match... seule sur le terrain, sans adversaire, et gagne 1-0. Incroyable. Et que dire

7


Culture

Aux sources de la haine

« Exhibitions : l’invention du sauvage » au Quai Branly

Cette phrase incisive d’un professeur d’histoire-géo laissée anonymement dans le livre d’or a attiré notre regard… Parce que nous sommes arrivées au Quai Branly prêtes à descendre une exposition qui prend place dans le lieu par excellence du complexe de supériorité culturelle occidental. Un musée qui regroupe sous le terme « d'arts premiers » aussi bien une statue anthropomorphe de l'empire du Mali datant des IX-Xèmes siècles, qu'un tambour vanuata réalisé par un artiste d'Océanie ... au milieu du XXème siècle! Un musée où le continent européen n'est absolument pas représenté car sa culture n'aurait apparemment jamais été assez primitive ou assez « exotique ». Pourtant, on ressort de ce parcours sinueux et presque oppressant, fait de galeries étroites aux murs peints de couleurs profondes et surchargées de pièces de collection; tiraillées entre tristesse et indignation mais surtout bien moins bêtes qu'avant. Car l'exposition se propose de retracer, sur près de cinq siècles, la mise en spectacle de l'Autre par l'Occident. Un Autre englobant aussi bien les populations des contrées lointaines que les « freaks » (siamois, femmes à barbes...) si effrayants car si proches. Le début de l'histoire paraît presque empreint de naïveté, c'est celui des explorateurs présentant dans les salons européens, aux côtés des nains et autres monstres de la nature des autochtones: on découvre, on s'effraye et on se prend de passion pour les cabinets de curiosités. Mais, le regard s'assombrit alors que fleurissent au XIXème siècle les théories sur la hiérarchisation des races humaines et les velléités impérialistes. Les exhibitions s'ouvrent aux

«Retracer l’invention du sauvage dans un musée des « Arts premiers » qui implicitement perpétue l’exhibition du sauvage... Quelle belle mise en abîme ! »

GOLDEN GLOBE MEiLLEuRE ExPOsitiON 2011

Jusqu’au 3 juin 2012. Entrée gratuite pour les moins de 26 ans,

masses populaires: les villages itinérants traversent toute l'Europe, les jardins d'acclimatations se remplissent de villages entiers placés dans des décors artificiels de jungle ou de forêts et subissant la violence de voir leurs corps, leurs visages scrutés sans vergogne. Au milieu de ces foules, le parcours de quelques individus: Krao une laotienne victime d'hypertrichose (pilosité excessive), Ota Benga jeune pygmée congolais placé dans la même cage qu'un orang-outan... La richesse de cette exposition tient à la diversité de ses supports (affiches, peintures, vidéos, moulages…) et les images d'époque qu'elle nous donne à voir, nous plaçant ici incidemment dans la position du visiteur d'une exposition coloniale. Mais la force de cette exposition c'est aussi et surtout le documentaire Exhibitions de Rachid Bouchareb, qui nous présente comment l'Europe, en exhibant et stigmatisant des individus « pour ce qu'ils sont et non pas ce qu'ils font », est devenue inconsciemment raciste. On notera cependant quelques bémols. Si le but des miroirs grossissants, essaimés au hasard de l’exposition, laissant miroiter au visiteur une image de lui-même déformée présentait une tentative pour nous faire revivre l’expérience de la tristement célèbre vénus Hottentote (aussi connue sous le nom de vénus Noire dans le film d’Abdellatif Kechiche sorti en 2010), le dispositif sur la longueur devient rapidement agaçant et surfait face à la gravité du message. Enfin, regrettons une projection finale mêlant naïvement et bien maladroitement des thèmes aussi différents que la dénonciation de la politique contre les Roms, la stigmatisation de l’obésité et des disgrâces corporelles, les questions de religion, l’homophobie et le handicap, laissant miroiter un appel à la tolérance bien trop simpliste face à la complexité des thèmes présentés tout au long de l’exposition.

suRLENEt La fin des “zoos humains” ? En Thaïlande, les camps de réfugiés des Karens chassés de Birmanie figurent dans les hits des agences de voyages. Fuire la représsion pour perdre sa dignité : tel est leur destin, réduits au rang de curiosités par des agences n’hésitant pas à repousser toujours plus loin la barrière de la dignité pour satisfaire les plus bas instincts des touristes. Depuis 2008, le village kayan de Sattahip prend ainsi des allures de parc d’attarctions : 20 baths pour les thaïlandais, 250 pour les étrangers (6 euros), tel est le prix à payer pour quelques minutes “d’exostisme”... Plus d’infos sur : faCEBOOK.COM/POLExPREss2.0

8

Anne Bellée et Nelly Météfia


Jusqu’où peut  aller l’amour ?

BECAUSE THE NIGHT DE PAOLO HANDEL

“Je ne sais plus me battre car il m’a enseigné la défaite”

L

es violences conjugales font près d’une victime tous les d e u x jours. Mais la violence conjugale, c’est aussi et surtout des femmes qui se taisent. Les chiffres qu’on peut trouver ne révèlent que la partie visible de l’iceberg quand on sait que plus de 90% des cas de maltraitance conjugale restent inconnus de la justice. Marie-Ange le Boulaire, vice

sait pas ce qu’est la vie, par le mépris et l’indifférence mais aussi par les gestes. A ce moment là les lumières se tamisent, une musique stridente sature l’espace sonore, le public reste figé : il a osé. Tout de suite après, Kyle se montre à nous sous un jour nouveau, racontant avec joie leur dernier voyage. On découvre alors que l’homme qui bat sa femme le soir n’est pas un bourreau aux yeux de tous. Leyla n’arrive pas à partir, elle l’aime ou du moins elle pense l’aimer ; elle s’accroche à ses souvenirs, elle pense qu’elle peut encore le raisonner.

Une phrase qui vous glace le sang ; tout comme l’intégralité de cette pièce, « Because the night », écrite par Paolo Handel. Après un colloque sur les femmes battues, révolté, il décide d’écrire la longue descente aux enfers de cette jeune femme, Leyla, qui petit à petit découvre de nouvelles facettes de son fiancé Kyle (interprété par Paolo Handel lui-même). Tout commence par des interrogatoires quand elle rentre « Que faisais-tu ? Ou étais-tu ? Tu me trompais n’est ce pas ? ». Leyla ne sort presque plus, lui rentre toujours tard le soir. Et quand il entre, Leyla n’a pas le droit à la parole, pas le droit de savoir ce qu’il faisait.

C’est au moment où elle se rend compte qu’elle ne se sent plus en sécurité dans sa propre maison qu’elle panique, elle se sent piégée par tant d’années de silence, la honte la submerge : « cette fois je lui dirai tout, je ne me tairais plus ». La pièce finie, les spectateurs commencent de nouveau à respirer, on applaudit mais personne ne bouge. Cette pièce aura été un «supplice » pour certains, une révélation pour d’autres. Pour ma part j’ai été émue et touchée par cette pièce où les acteurs sont passés du rire aux larmes, de la douceur à la terreur pour témoigner de situations que la plupart soupçonnent sans vraiment savoir.

Kyle devient de plus en plus violent ; une violence qui passe par le discours, en la traitant d’enfant qui ne

Entre amour et haine, apparence et réalité : c’est toute la puissance de cette pièce qui montre l’insupportable.

présidente de l’association des Elu(e)s contre les violence faites aux femmes déclarait en 2010 :

« Les femmes violentées ne se rendent pas toujours compte qu’elles sont victimes ».

La haine et l’amour peuvent parfois cohabiter et de ceux là naissent des situations qui, de l’extérieur, peuvent nous paraître complètement insensées. Grande cause nationale 2010,

une lutte contre la violence faite aux femmes s’engage via de nombreuses campagnes d’information financées par l’Etat. On peut alors regretter que les coupes budgétaires touchent un problème aussi grave que celui là, quand on sait que des mesures comme la formation des médecins et des magistrats à prendre en charge les victimes ont été abandonnées... Elise Levy

9


Playlist Tu veux voir mon beat? La force du sample: alliance d’hier et d’aujourd’hui, synthèse de générations autour de l’amour du son (d’autres diraient des dollars, à voir). Retour aux sources. Herbie Mann - Hijack Le morceau de flûte qui remettrait en question plus d’un collégien quant à l’utilité de l’instrument. Enorme classique honoré à tour de bras par le H.I.P, les Beatnuts en tête sur Watch Out Now. Jennifer Lopez s’y frotte en 2002 : amour du son ? Hit commercial assuré ? Ronnie Hudson & the street People - West Coast Poplock Un classique entraine toujours un classique. Labi siffre - i got the Poète et fils du jazz et du rythm and blues, Labi a été samplé à toutes les sauces. Sauce blanche pour Eminem et Dr. Dre, signant le succès et la naissance du Slim Shady en 1999. the Chi Lites - are you my woman (tell me so) Inutile de citer le coupable tellement la ligne de cuivre est indissociable du galbe de la diva en question. Quilucru ? Beyonce et Jay-z dans la lignée des Chi Lites avec Crazy in Love. Just Brothers sliced tomatoes N’attendez pas le «Barbra Streisand» des Duck Sauce ou le «Right about now, the funk soul Brother» de Fatboy Slim sur Rockafeller Shank, il n’y aura que le bon vieux sax du duo.

10

Elles

Entre coup de coeur et coup de gueule, le film qui fait débat

C

'est un film qui résiste, ne dit jamais ce qu'on aimerait entendre. D'emblée on est immergé dans une réalité dérangeante, celle de jeunes étudiantes qui se prostituent. On arrive malgré soi plein de préjugés, prêt à plaindre ces pauvres petites forcées de vendre leur corps pour survivre; se reconnaissant dans l'attitude de Juliette Binoche: celle qui observe de loin ce monde méconnu. Mais la force de Elles, c'est de brouiller en permanences les repères, de bousculer nos attentes, de balayer d'un revers de main nos préjugés. Et c'est sans doute ça qui agace certains, cette sensation d'inconfort, de ne jamais pouvoir tenir pour certaine la moindre affirmation plus de quelques minutes. "C'est comme la clope en fait, c'est dur d'arrêter", voilà l'explication que donne une des deux jeunes étudiantes interviewées par le personnage de Juliette Binoche (Anaïs Demoustier, éclatante de spontanéité). C'est cette facilité qui choque, ce détachement qui déstabilise la journaliste autant que le spec-

tateur, comme s'il était interdit de prendre avec autant de désinvolture un tel acte. "Une pute, c'est une pute", comme le dit si bien l'écoeurant époux propre sur lui de Juliette Binoche (Louis Do de Lencqueseing, toujours aussi parfait dans un rôle de petit bourgeois macho limite salaud), et se doit par la même d'être l'archétype de la femme désespérée et soumise. Et c'est bien ce qui dérange ici, cet inversement des rôles qui fait de la "putain" une jeune fille ordinaire, bien dans sa peau et dans sa sexualité; et de la "maman", l'épouse rejetée par son mari et malheureuse au lit, dont l'attitude se confond peu à peu avec celle de la prostituée. La réalisatrice nous plonge dans un univers à la limite du documentaire où tout prend l'allure un peu surnaturelle d'un objet scruté au microscope: apparemment clair à l'oeil nu, flou au premier coup d'oeil dans l'objectif et progressivement de plus en plus clair. C'est cette démarche là qu'il faut accepter: cette vérité qui ne vient qu'après.

Margaux Stive

Saint Valentin Une déclaration  d’amourpour un pays… 

LA MONgOLIE

par Chimgee

Les personnes ne sont pas les seules à avoir le droit à leurs déclarations d’amour : les mamies en font à leurs caniches, les joueurs de foot à leurs ballons, les étudiants à leurs administrations (Rho mais si avouez le, après cinq bureaux, trois « je ne sais pas », un « ce n’est pas ici », et une fois « il vous manque le formulaire B3A », quand vous obtenez le précieux graal/autorisation/renseignement, toute revêche que soit la secrétaire vous l’embrasseriez bien !). Et bien ici ce sera pour un pays que je vais donner mon cœur. Oui un pays, et pourquoi pas ? Un pays qui retourne l’esprit, fait chavirer le cœur, met les sourires aux lèvres et les larmes dans les yeux quand il faut le quitter, un tel pays mérite bien une déclaration d’amour en ce

jour de fête des amoureux ! Transcendante, envoutante, mystérieuse et immense, la Mongolie apaise l’esprit, ouvre les sens et illumine l’âme. Laisser couler le temps sans avoir de prise sur lui, observer la steppe à perte de vue, boire de l’aïrag sous les yourtes, galoper au vent, être accueilli à bras ouverts par des nomades, se baigner dans les cascades, découvrir des monastères dans des montagnes, et de nouveaux jeux d’alcool… Tout cela et tellement d’autres petits éléments ont fait chavirer mon cœur. La Mongolie est immense et magnifique, j’en suis tombée amoureuse. A vous tous si vous en avez l’occasion : allez, vous aussi, lui laisser votre cœur.


DE PETIT GUIDE

E I V R U S ETUDIANTS a l’usadgees

1

HOW TO FIND A MAN OR WOMAN IN EUROPE ... AND LEAVE THEM THERE. par Meghan Bellaiche & virginie Hoarau

ALLEMAgNE DANEMARK

Le mythe du Viking viril et de la superbe blonde reste dominant. Prêts à embarquer sur un drakar ? Mon père est musulman et ma mère est juive ... j’ai hâte que tu les rencontres !

Réservé, nature, bio, un peu écolo sur les bords… Le produit allemand reste une valeur sûre. Laissezvous tenter par les campagnes Allemandes ! Oh moi tu sais, un arbre de plus, un arbre de moins …

POLOgNE

L’importance des traditions et l’attachement aux valeurs catholiques feraient des Polonais(es) des séducteurs très timides et des proies très compliquées. Amateurs (amatrices) de challenges amoureux, allez donc passer un semestre en Pologne ! - Comment ça ….pas avant le mariage ?

ANgLETERRE Pour aborder outremanche, il suffit d'aller dans n'importe quel pub : les anglais ont, d'après ce que l'on dit, la technique de la drague directe et la descente rapide. get that shit you call food away from me Mr Bean. / I think that Pippa Middleton was hussier than Kate ….but I can take them both!

gRèCE Aaaaah la beauté grecque ... Entre nymphes et apollons, vous aurez de quoi faire avec ces dieux de l’amour. «Rejoins moi après avoir régler l’addition» vous sera peut-être utile pour larguer ces beautés fatales !

ESPAgNE

Le mythe du « latin lover » ne cesse de faire fantasmer. Attachant, très famille et en même temps ultra sensuel, succombez aux charmes des gens du sud. Tu mama / tu padre esta muy caliente !

2

ITALIE

Il y a une maladie nationale : l’amour de l’amour. Machos ou séductrices hors pairs, vous êtes garantis de passer des moments inoubliables. Jetez ses affaires par la fenêtre, volez sa Vespa tout en hurlant qu’il/elle ne savait pas cuisiner. L’italien(ne) aime bien que cela finisse en comedia dell’arte.

Erasmus, amour et chemin de fer.

À en croire InterRail, le nec plus ultra pour s'évader avec son amoureux à la Saint Valentin est certainement un voyage en train dans quelques charmantes destinations de notre Vieux Continent. Le fournisseur de billet de train pour toute l'Europe nous livre sur son site internet quelques lignes superbes :

« L’Europe est une fontaine de romantisme d'où jaillit une quantité impressionnante d'endroits splendides, propices à l'aventure avec votre douce moitié. Et la façon la plus romantique de contempler ces lieux est d'être enlacé à bord d'un train chaleureux et confortable. » A en rendre carrément has been Grand Corps Malade avec son slam mélancolique où « les histoires d'amours c'est comme les voyages en train, et que ça finit mal en général ». Les cœurs à prendre ne sont pas en reste avec interRail. En connectant toutes les gares du continent, le fameux pass fait de l'Europe un immense terrain de chasse pour tout ceux qui cherchent les épices d'un amour ou d'une

aventure aux langues et cultures mêlées. À la fin de la seconde Guerre Mondiale, les jeunes GI américains l'avaient bien compris et faisaient des ravages en introduisant la tradition anglo-saxonne de la Saint Valentin sur tout l'ouest du continent.

suRLENEt Aujourd'hui, de nombreux couples européens naissent chaque année, l'eurocouple ERASMUS faisant figure d'idéal type. La recette a tant de succès que l'Union Européenne incite à des relations toujours plus charnelles entre les peuples. En témoigne un clip torride du programme MEDIA de l'UE, mis en ligne sur Youtube. Plus d’infos sur : facebook.com/PolExpress2.0

Parions que l'effet interRail empêche à l'avenir que le couple franco-allemand ne se donne jamais rendez vous dans un « wagon de l'Armistice » posé en rase campagne à Rethondes. En voiture ! All aboard ! Alles Einsteigen ! In Vettura ! ¡ Al tren ! victor fREMONT

11


Pol’Express n°2 14 février 2012 Margaux Stive, MarionChranuski, Paul de Coustin, Gustave Appap, Nicolas Traino, Yann Aoustin, Elise Lévy, Anne Bellée, virginie Hoarau, Megan Bellaiche, victor fremont, Laura faujour, Antoine le Graet, Clara Hattu, Thibaud Soret.

La Machine Ca s’est passé  àremonter

un 14 février…

« Le jour de la Saintvalentin, le 14 février, est considéré dans de nombreux pays comme la fête des amoureux et de l'amitié durant laquelle s’échangent plusieurs milliers de billets doux » a lieu 14 février A“LeChicago massacre de

1929

la St Valentin”. En plein contexte de la Prohibition, Al Capone, à la tête d’un des Gang les plus puissants de l’époque, décide avec son ami Jack Mac Gurn, dit « la sulfateuse », d’éliminer plusieurs adversaires mafieux. Résultat : un massacre dont l’ampleur inédite (70 décharges de mitrailleuse et 7 morts) en fera une référence historique majeure aux Etats Unis. Allemagne, en 14 février En pleine seconde

1945

guerre mondiale, la Royal Air Force lâche plusieurs tonnes de bombes sur la ville de Dresde, centre industriel, culturel et artistique majeur. Bilan : un tiers de la ville détruite et près 400 000 victimes en une nuit.

les Monts 14 février Dans d’Arrée, le Front

1974

de libération de la Bretagne, reprochant aux médias parisiens d’être des outils d’oppression culturelle, organise un attentat revendicatif et fait sauter un émetteur de l’O.R.T.F. Kaboul, Adolph 14 février ADubs, ambas-

1979

sadeur américain en Afghanistan, est kidnappé par les membres d’une faction maoïste chiite puis tué au cours de la fusillade entre ses kidnappeurs et la police afghane.

14 févrierEn

Iran, une fatwa réclamant l’exécution de l’écrivain Salman Rushdie est émise sur Radio Téhéran par l’ayatollah Rouhollah Khomeini, guide de la révolution. Il y dénonce le livre Les Versets Sataniques comme « blasphématoire » envers l’islam. Une récompense serait donc offerte pour la mort de Rushdie, qui est contraint dès lors de vivre sous une protection financée par les autorités britanniques.

1989

I WANT YOU for

le temps

POL’EXPRESS

Tenté(e) de rejoindre l’équipe pour le prochain numéro ? Envoyez vos idées, suggestions, photos et articles. Graphiste en herbe ou confirmé ? Envoyez vos candidatures. Contact : journal.polexpress@gmail.com

Proc ain nu le 28h mé févrie r 201r2o

Rejoignez la page facebook : facebook.com/POLExPREss2.0

N°2 - Amour & Haine  

Journal étudiant bimensuel de Paris 1 Panthéon Sorbonne N°2 - 14 février 2012