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Hors série - gratuit, ne peut être vendu - novembre 2011 Ne pas jeter sur la voie publique

JEUNES ET ÉCONOMIE SOCIALE ET SOLIDAIRE

Travailler

dans le bon sens

Solidarité, justice sociale, environnement… Alors que les idées défendues par l’économie sociale et solidaire sont largement partagées par les jeunes, ils sont peu nombreux à s’orienter vers ce secteur lors de leur recherche d’emploi et création d’activité. Pourtant, des opportunités existent. Suivez le guide !

hors sÉrie réalisé En partenariat avec


Homard Payette

Édito

Suivez le guide Louise Bartlett, rédactrice en chef

Secteur innovant, mais pas nouveau, l’économie sociale et solidaire (ESS) axe l’économie sur des valeurs solidaires, l’inscrit dans une optique sociétale, et de ce fait concerne un public large. On en est usager ou acteur sans forcément le savoir, associations et mutuelles composent en effet une part importante des structures relevant de l’ESS. On y trouve des statuts qui permettent de fonder des activités très diverses sur un fonctionnement démocratique et sur la coopération plus que sur la concurrence. L’économie sociale et solidaire fédère par ses valeurs et ses structures un grand nombre de personnes qui créent et portent des projets dont la vocation est de mettre l’humain et l’environnement au cœur de l’économie et de la société. Un renversement d’objectif porteur d’un sens considérable. On peut jongler entre un métier dans le secteur classique et un engagement volontaire ou bénévole, on peut effectuer des choix de consommation dont l’impact dépasse la satisfaction de besoins personnels – commerce équitable par exemple – on peut également pratiquer son métier, une diversité de métiers, dans une approche d’utilité sociale. Combiner sens professionnel et valeurs personnelles. Travailleurs sociaux, comptables, webmasters, photographes, journalistes, parmi de nombreux autres se trouvent aussi bien dans ce secteur en croissance. Ce hors série est réalisé avec Jeun’ESS, un programme initié dans le cadre d’un partenariat public/privé, par l’Etat, la Caisse des Dépôts, et six entreprises et fondations de l’économie sociale. Il a pour ambition de mieux faire connaître l’ESS auprès des jeunes afin de renforcer leur implication dans ce secteur. Pour découvrir la galaxie riche et diversifiée que désigne “économie sociale et solidaire”… Suivez le guide !  d

Jeunes et ESS | Hors série novembre 2011 | Interdépendances

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www.interdependances.org

Hors série

novembre 2011

LEs jeunes dans l’ess travailler dans le bon sens édito 3 Suivez le guide

ça m’intér’ess Présentation du secteur

6 Un individu, une voix

p.

12

travailler dans l’ess

un monde pas vraiment à part interview 8 Gérard Andreck “L’ESS a besoin des jeunes !” le paysage de l’ess 10 Quelles structures composent ce secteur

s’engager 19

créer 22

agir au quotidien

inventer c’est agir

approfondir 26 I nfos pratiques sur les réseaux, les dispositifs, sites utiles 25 Comment concrétiser

son projet

Les parcours d’accompagnement

est une publication trimestrielle de Presscode pour SOS I.A. / Groupe SOS  - e-mail : contact@interdependances.org. En ligne : www.interdependances.org Directeur de la publication : Jean-Marc Borello (jmb@groupe-sos.org). Editeur : Gilles Dumoulin (gd@groupe-sos.org). Comité d’orientation : Johanne Azous, Julien Bayou, Rémi Camy-Peyret, Eve Chiapello, Stéphane Coste, Vincent David, Hichem Demortier, Hervé Defalvard, Alain Détolle, Myriam Faivre, Tarik Ghezali, Matthieu Grosset, Olivier Joviado, Eric Larpin, Jean-Marie Legrand, François Longérinas, Philippe Merlant, Jean-Philippe Milésy, Pierre Rabhi, Florence Rizzo, Patrick Viveret, Laura Winn. Directeur de la rédaction : Nicolas Froissard (nicolas.froissard@interdependances.org). Rédactrice en chef : Louise Bartlett (louise.bartlett@interdependances.org). Secrétaire de rédaction : Magali Jourdan (magali.jourdan@interdependances.org). Ont collaboré à ce numéro hors série, réalisé en partenariat avec le programme Jeun’ESS : Elodie Bensoussan, Félicie Cazes, David Le Doaré. Direction artistique : François Begnez (françois.begnez@presscode.fr). Maquettiste : Blandine Ollivier (blandine. ollivier@presscode.fr), Martin Laloy (martin.laloy@presscode.fr), Morgane Rabay (stagiaire). Photo de couverture : Flore-Aël Surun / Tendance Floue. Impression : Centre Impression - 11, rue Marthe Dutheil - 87220 Feytiat. Dépôt légal : à parution. Commission paritaire : 1011 G 83337. Numéro ISSN : 1155-2859. Membre de l’OJD, contrôles en cours. La reproduction, même partielle, d’articles ou de documents parus dans Interdépendances est soumise à notre autorisation préalable. Pôle média du Groupe SOS : Guillaume Guitton (guillaume.guitton@groupe-sos.org). SOS Insertion et Alternatives est une association loi de 1901. Siège social et délégation générale Groupe SOS : 102, rue Amelot, 75011 Paris - Tél. : 01 58 30 55 55 - Fax : 01 58 30 55 79 - www.groupe-sos.org. Le Groupe SOS est un groupe d’entrepreneuriat social qui développe des solutions conjuguant utilité sociale et efficacité économique. Créé il y a 27 ans, il compte aujourd’hui près de 4 000 salariés au sein de 220 établissements et services présents en France métropolitaine, en Guyane et à Mayotte. Ses 37 entreprises sociales (associations, sociétés commerciales, coopératives) sont investies dans les secteurs de la santé, du social, de l’éducation, de l’insertion, de la presse, de la solidarité internationale, du développement durable et de la finance solidaire. Gestion des abonnés : Philippe Morlhon, France Hennique. Tél. : 04 96 11 05 89 (abonnements@interdependances.org). Edition : Presscode - 27, rue Vacon - 13001 Marseille - Tél. : 04 96 11 05 80 - Fax : 04 96 11 05 81  - www.presscode.fr Imprimé sur papier PEFC

Régie publicitaire & partenariats : Mediathic - Fayçal Boulkout. Tél. : 06 37 15 34 07 / 01 56 63 94 58 - faycal.boukout@groupe-sos.org - 80/84, rue de Paris - 93100 Montreuil


Vous souhaitez créer une entreprise d’économie solidaire ou intégrer un poste de cadre dans l’économie sociale et solidaire ? Développez vos compétences à partir d’une formation en alternance pour connaître et imaginer au niveau local les initiatives, stratégies nouvelles et pratiques économiques susceptibles de favoriser la cohésion sociale et le retour à l’emploi.

Master 1 & 2 Développement Local, Entrepreneuriat et Economie Solidaire

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Tronc commun au premier semestre dans le cadre du Master Management des Organisations et la Spécialité : Métiers de l’Entrepreneuriat et du Management puis orientation vers le parcours DLEES. La première année du Master peut être effectuée en formation initiale (stage de 3 mois minimum) ou en alternance (2 jours par semaine à l’IAE).

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www.univ-valenciennes.fr/FDEG/la-filiereeconomie-sociale-solidaire


ça m’intér’ess

Un individu, une voix Ancrée dans son époque, basée sur des valeurs qui placent les personnes au centre de ses projets, l’économie sociale et solidaire (ESS de son petit nom) ne date pas d’hier. Ses activités concernent aussi bien le social que le commerce ou l’environnement. Ceux qui la font vivre, du salarié au bénévole en passant par le client, sont à la fois acteurs et bénéficiaires des actions de ses structures.

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’ESS a une longue histoire, puisqu’elle est née à la fin du xix e siècle, pour les coopératives, les associations. Elle a donc connu plusieurs mutations et surmonté des difficultés. Lors des 30 dernières années, l’émergence de l’économie solidaire a fait naître de nouvelles activités dans l’insertion économique, la finance solidaire, le commerce équitable », détaille Hugues Sibille, viceprésident du Crédit coopératif [1]. L’économie sociale avait déjà son pavillon

Leur solidité a été reconnue depuis la crise de 2008 notamment, par le Bureau international du travail comme l’ONU, qui a déclaré 2012 Année internationale des coopératives sous l’intitulé “Les entreprises coopératives bâtissent un monde meilleur”. » Comme les complémentaires de santé, l’assurance est gérée par des mutuelles d’envergure nationale, alors que les associations occupent une place prédominante dans les domaines de la santé et de l’action sociale. Les fondations sou-

nance (un individu = une voix), objectif d’intérêt général ou collectif, libre adhésion, approche territoriale pour répondre à des besoins identifiés sur le terrain. A l’heure du bio, des circuits courts et du commerce équitable, l’ESS continue à œuvrer comme elle l’a toujours fait, en proposant des solutions d’utilité sociale à travers des approches entrepreneuriales. Les bénévoles, comme les volontaires, les sociétaires et bien sûr les salariés, sont acteurs de ces structures par le vote et l’engagement.

lors de l’exposition universelle de 1900 ! La première coopérative a été fondée par des ouvriers, puis le monde agricole a adopté cette formule, il existe aujourd’hui des coopératives de consommateurs, de production, d’emploi… Des structures qui restent plus que jamais d’actualité, puisqu’elles sont « fortes et pérennes, souligne Jean-Claude Detilleux, président de CoopFR (et président de la Fondation Crédit coopératif ).

tiennent les créateurs d’entreprises et l’émergence de projets que les circuits classiques de financement n’auraient pas toujours accompagnés.

Tout comme on peut peser sur la qualité de vie des agriculteurs et celle de notre alimentation en préférant l’étal du petit producteur au rayon du supermarché, il est possible d’agir collectivement en s’impliquant auprès des structures de l’ESS, car elles en donnent la possibilité. Le tout est de le vouloir : « Une association ce n’est pas qu’un moyen pas cher de faire une activité », souligne Dominique Thierry de France

Des valeurs Ces évolutions ont été rendues possibles par les valeurs fondatrices de ce secteur, qui trouvent un écho particulier aujourd’hui : démocratie dans la gouver-

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Une autre approche du travail Fondamentalement liée à des principes, l’ESS est en prise directe avec des problématiques économiques classiques. Elle s’est précisément développée pour répondre à des besoins fondamentaux ou émergents, non proposés par le marché ou non disponibles pour des personnes en situation de précarité. Son poids est significatif dans le domaine de l’action sociale, où la majorité des salariés sont embauchés par ses structures. Les associations gèrent également 90 % des maisons d’accueil de personnes en situation de handicap et 45 % des maisons de retraite, 90 % des services à la personne relèvent de structures aux statuts ESS. Des statuts également présents dans la finance, les banques et les assurances. Près d’1 800 000 personnes travaillent

dans les associations (également très représentées dans les secteurs sportif et culturel), 315 000 dans les coopératives, 120 000 dans les mutuelles et plus de 61 000 dans les fondations [2]. Le secteur se distingue de l’économie classique par la notion de non lucrativité ou lucrativité limitée : s’il y a des bénéfices, ils ne profitent pas à des actionnaires, mais sont réinvestis dans une optique d’utilité sociale. « Quand on travaille

dans ces entreprises ou structures, on ne se demande pas tous les jours si sa boîte va être vendue à une autre, ou ce que feront les héritiers du propriétaire actuel, quand il partira en retraite », remarque Hugues Sibille. « La vraie différence se trouve dans les finalités d’une entreprise sociale et/ou solidaire par rapport à une entreprise classique, ajoute Alain Philippe, président de la fondation Macif. A travers l’innovation sociale, on apporte des réponses à des besoins et on crée de l’emploi. »

10% 214 994 14 65%

de l’emploi salarié en France

établissements employeurs relevant de l’ESS

millions de bénévoles dans les associations de femmes, contre 58 % dans le secteur public et 40 % dans le secteur privé hors ESS

8% 60% 1

du PIB (Produit Intérieur Brut)

Des opportunités La diversité des organismes et des champs d’action ouvre des opportunités professionnelles dans de nombreux secteurs, de la très petite entreprise au groupe de dimension internationale. Compromis entre le privé et ses promesses de hauts salaires et le public, recherché souvent pour la sécurité de l’emploi, le secteur attire l’attention des jeunes diplômés qui se dirigent vers les formations estampillées ESS. Mais il ne transforme pas encore pleinement son potentiel d’attractivité auprès de ceux qui aspirent à être des professionnels et/ou des militants d’une autre économie. Et pourtant : « S’associer, coopérer, mutualiser, ces moteurs de l’économie sociale et solidaire exigent aussi des compétences professionnelles », souligne Gérard Andreck, président du Ceges, Conseil des entreprises, employeurs et groupements de l’économie sociale [interview page 8] . Il est primordial aujourd’hui pour ce secteur de se rendre visible, car le départ à la retraite de nombreux salariés est déjà amorcé [cf. pages 13 à 18]. Les nombreux réseaux qui regroupent ses structures œuvrent dans ce sens. Le Mois de l’ESS en novembre, la journée des associations qui se tient dans beaucoup de villes, les Etats généraux de l’ESS sont autant d’occasions d’échanger avec ceux qui font vivre cette autre économie au quotidien. Pour le président du Conseil national des chambres régionales de l’économie sociale (CNCRES), JeanLouis Cabrespines : « Au regard des dérives qui ont éclaté ces dernières années,

des organismes de santé sont gérés par des mutuelles de santé véhicule sur 2 et 2 habitations sur 3 sont couverts par les mutuelles d’assurance

45% 10 000

des maisons de retraite sont gérées par des associations moyennes et grandes surfaces distribuent des produits équitables

(Sources : Panorama de l’ESS du CNCRES 2010 ; Panorama régional et interventions régionales 2010 - Avise, ARF, Caisse des Dépôts ; Atlas 2010 de l’économie sociale et solidaire, source : Insee-Clap 2008 (hors agriculture) - Traitement : Observatoire National de l’économie sociale et solidaire - CNCRES)

l’ESS est un bon moyen pour les jeunes de peser et changer ce mouvement. »  félicie cazes [1] Vice-président du Crédit coopératif, Hugues Sibille est une personnalité de l’ESS. Délégué interministériel à l’économie sociale sous Jospin, puis directeur de l’ESS à la Caisse des dépôts, il a créé l’Avise, Agence de développement de l’ESS. [2] Sources : Données conjoncturelles 2008 Traitement : Recherches & Solidarités - Source : CCMSA-ACOSS. Données plus détaillées à retrouver dans l’Atlas 2009 de l’ESS -Traitement : Observatoire national de l’économie sociale et solidaire - CNCRES - Source : Insee-Clap 2006 (hors agriculture).

www.lemoisess.org

A cliquer

bénévolat, c’est aussi pouvoir dire ce qu’on en attend, la faire vivre en donnant du temps et son avis.

L’ESS en chiffres

ça m’intér’ess

www.entreprises.coop

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ça m’intér’ess

interview Impliqué de longue date dans l’économie sociale et solidaire, Gérard Andreck est président de la société d’assurance mutuelle Macif et du Ceges (Conseil des entreprises, employeurs et groupements de l’économie sociale). Selon lui, ce secteur prévoit plus de 500 000 embauches dans les 10 prochaines années.

“L’ESS a besoin des jeunes !” Les jeunes et l’ESS… Ça commence où ? Il faut avoir en tête que beaucoup de jeunes gens sont acteurs du changement, sans forcément travailler dans l’ESS. Au quotidien, se soigner dans un hôpital privé non-lucratif, s’alimenter auprès d’une coopérative de producteurs ou d’une Amap*, ou encore être bénévole dans une association, c’est déjà construire une société plus solidaire.

Travailler dans le secteur constituerait l’étape suivante ? Il n’y a pas de règle, mais on observe effectivement que de plus en plus de jeunes souhaitent trouver un emploi avec du sens. Ils veulent travailler dans une entreprise qui réponde à des besoins humains réels. Ils veulent des structures organisées non pas par l’argent, mais par le dialogue. Ces attentes sont justes : la crise montre bien les limites d’un monde gouverné par le capital.

L’économie sociale et solidaire a besoin des jeunes. De plus, avec la professionnalisation du secteur, de nouveaux profils sont sollicités, avec des compétences en organisation, en gestion ou en management, afin de rester viable dans un monde globalisé.

Combien de personnes de moins de 30 ans travaillent dans l’ESS aujourd’hui ? Près d’un sur dix, soit plus de 200 000 emplois, répartis dans les coopératives, les mutuelles (banque, assurance…), les associations ou les entreprises sociales. Les métiers concernés vont de l’ingénieur informatique à la conseillère en économie familiale, de l’éducateur à l’expert en audit, du médecin à l’exploitant agricole… Tous les niveaux de qualification sont représentés, avec une grande diversité de fonctions.

Peuvent-ils y trouver leur place ?

Concrètement, qu’est-ce que ça change de travailler dans l’ESS ?

Oui, car dans les dix prochaines années, pour faire face aux départs à la retraite, l’ESS effectuera plus de 500 000 embauches.

Ceux qui décideront d’intégrer l’ESS découvriront qu’il est possible d’avoir des rapports plus humains dans le travail, que le parcours

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d’évolution personnelle est également pris en compte et que la solidarité procure du bien-être à tous. C’est un atout tant professionnel que personnel. Nos entreprises ont toujours été des lieux d’innovation sociale : c’est la solidarité entre tous qui permet de développer des projets collectifs.

Quelle est la richesse de l’ESS ? Les acteurs de l’ESS modifient les rapports entre la société et l’économie. Non seulement parce qu’ils transforment leur secteur : le commerce devient équitable, l’agriculture se veut biologique, les énergies doivent être renouvelables. Mais aussi, parce qu’ils le font de manière démocratique, solidaire et non-lucrative. Au-delà de notre métier nous aspirons à créer de la valeur sociale.  propos recueillis par david le doaré * Association pour le maintien d’une agriculture paysanne. Le principe est de créer un lien direct entre paysans et consommateurs, qui s’engagent à acheter la production de celui-ci à un prix équitable et en payant par avance. www.reseau-amap.org

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ça m’intér’ess

Le paysage de l’économie sociale L’économie sociale et solidaire est partout. La spécificité des structures de ce secteur : les valeurs communes sur lesquelles elles se fondent.

Les associations loi 1901 L’article 1 de cette loi les définit ainsi : « L’association est une convention par laquelle deux ou plusieurs personnes mettent en commun d’une façon permanente leurs connaissances ou leurs activités dans un but autre que de partager des bénéfices. » Du sport à l’insertion en passant par la lutte contre la solitude, les comités de quartiers ou la culture, elles sont présentes dans une multitude de domaines. Qui ? La Ligue des droits de l’Homme, les Restos du cœur, les associations sportives, les associations étudiantes dans les universités et écoles… Domaines tous ! L’activité poids lourd*  Action sociale

Les Mutuelles A but non lucratif, elles sont actrices de la santé et des assurances. Les mutuelles d’assurances se différencient des assurances traditionnelles parce que ses membres (sociétaires) sont à la fois assurés et assureurs, il n’y pas de capital social, donc pas d’actionnaires à rémunérer. La gestion par élection démocratique et les valeurs de solidarité, de transparence, de liberté doivent garantir leur indépendance et le lien avec les sociétaires. Qui ? MAIF, MACIF... LES mutuelles de santé : ouvertes à tous, elles ne sélectionnent pas leurs adhérents en fonction de leur état de santé. Qui ? MGEN, LMDE, mutuelles étudiantes réunies au sein de l’Usem...

5 valeurs communes et fondatrices 1  Agir pour l’intérêt général ou collectif

Emplois durables, environnement, cohésion sociale...

2  Lucrativité limitée

Le patrimoine constitué est utilisé pour développer le projet, les salaires sont encadrés. L’homme est le cœur du projet, pas le capital.

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3  Ancrage territorial et mobilisation citoyenne

Un développement territorial, avec les acteurs qui y interviennent, dont les citoyens. Chacun peut être aussi bien contributeur que bénéficiaire du progrès économique, social et écologique.

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4  Démocratie dans la gestion « Une personne = une voix ». Les femmes et hommes associés au projet élisent les dirigeants et sont partie prenante dans les décisions.

5  Libre adhésion

Chacun est libre d’intégrer ou de quitter la structure.


ça m’intér’ess

et solidaire Entreprises sociales et/ou solidaires Les entreprises dont la finalité relève de l’intérêt général et qui appliquent les valeurs liées à l’ESS sans en avoir forcément l’un des statuts. Qui ? Certaines entreprises d’insertion qui accompagnent les personnes coupées de l’emploi, les entreprises adaptées embauchant des salariés en situation de handicap, ou encore des entreprises de commerce équitable par exemple.

Les coopératives

Les fondations Elles peuvent être de trois types : fondation de personnes, d’entreprise, ou « abritées » par une autre fondation. Constituées pour aider financièrement et accompagner des projets, les fondations récoltent et affectent des biens à une cause d’intérêt général. Leur principe vient du mécénat, basé sur la non-lucrativité des activités. Avec un effectif salarié moyen de 54 personnes, les fondations sont généralement de grosses structures. Qui ? Fondation Macif, Fondation Crédit Coopératif, Fondation d’entreprise La Mondiale, Fondation de France, Fondation Groupe Chèque Déjeuner. L’activité poids lourd* Action sociale suivie de près par la santé.

Les jeunes dans l’ESS Les structures de l’ESS font partie, voire animent le quotidien de nombreux jeunes. A commencer par la couverture sociale, avec la mutuelle des étudiants (LMDE), qui touche près d’un million d’adhérents, les mutuelles régionales réunies au sein de l’Usem, la complémentaire santé MGEN ainsi que les mutuelles partenaires de AG2R la Mondiale. Les réseaux d’associations sont présents sur beaucoup de campus, par exemple Animafac ou le Refedd, qui organise notamment des formations pour sensibiliser à l’impact environnemental des événements étudiants. Des organisations, telles l’Unef ou la Fage, fédèrent des actions liées à l’ESS à destination de publics étudiants. Vous êtes sportif dans une association ? ESS encore… Vous achetez commerce équitable, ou faites parfois vos courses dans un magasin Biocoop ? ESS toujours… Le Crédit Coopératif dans le secteur bancaire, la Maif et la Macif pour les assurances, ou Chèque Déjeuner pour les titres restaurants sont autant de membres revendiqués, qui soutiennent des projets dirigés vers les jeunes – comme le programme Jeun’ESS – via leurs fondations.

Constituées de membres associés qui détiennent au moins une part dans la structure, les coopératives permettent, sous différentes formes, des prises de décision démocratiques. 2012 a été déclarée Année internationale des coopératives par les Nations unies.** Coopératives d’usagers : les associés sont les utilisateurs des biens et services produits (coopératives de consommation, HLM, scolaires…). Coopératives d’entreprises : les associés sont des entrepreneurs (agriculteurs, artisans, commerçants…). Coopératives de production : les associés sont les salariés.  Les CAE : coopératives d’activité et d’emploi regroupent des entrepreneurs de différentes spécialités.  Les Scop (sociétés coopératives et participatives) sont des coopératives de production. Co-entrepreneur, le salarié s’engage financièrement et/ou humainement.  Les Scic (sociétés coopératives d’intérêt collectif) associent salariés, bénéficiaires, bénévoles, collectivités territoriales et d’autres partenaires autour de projets de développement local. Coopératives bancaires : les associés sont les clients qui ont déposé ou emprunté de l’argent. Société coopérative européenne (SCE) : élargit la collaboration sur plusieurs pays de la communauté européenne. Coopératives agricoles : elles regroupent des agriculteurs pour mutualiser leurs achats ou la vente et la transformation de leur production.

• •

* Par activité poids lourd, on entend la part des emplois dans les branches citées. Source : Panorama de l’économie sociale et solidaire en France et dans les régions. CNCRES 2010. ** En savoir plus http://social.un.org/coopsyear/ about-iyc.html

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TRAVAILLER DANS L’ESS

Un monde

pas vraiment à part Dans le paysage économique français, les organisations sociales et solidaires représentent 10 % des salariés. Ils œuvrent à tous types de postes, pour la plupart dans des associations, suivies par les coopératives, les mutuelles et les fondations.

S

ecteur en croissance, l’économie sociale et solidaire doit relever un nouveau défi : celui du renouvellement de ses effectifs. Du webmaster d’une association à la DRH d’un groupe international, les profils sont à l’image des entreprises, tout comme les besoins en recrutement : « Pas de distinction

particulière selon les secteurs d’activité, les petites, moyennes ou grandes entreprises ou les catégories socioprofessionnelles. A noter, une recrudescence en ce qui concerne : l’action sociale, les établissements de plus de 50 salariés, les cadres, les femmes, les régions Centre, Bourgogne, Provence-Alpes-Côte d’Azur et Ilede-France », indique le CNCRES [1] dans

Croissance et emploi en hausse • Dans le commerce (équitable, épiceries solidaires), le volume d’activité a doublé entre 2004 et 2007, pour une croissance annuelle moyenne de 37 %. • Près d’1 nouvel emploi sur 5 relève de l’ESS. • + 2,4 % c’est la progression de l’emploi salarié dans le secteur de l’ESS entre 2006 et 2008, il a été de + 1,8 % sur la même période dans le secteur classique hors économie sociale et solidaire. • Entre 2006 et 2008, 104 000 emplois ont été créés dans le secteur. • La santé, les finances, les services aux particuliers, l’éducation, le social : ces 5 grands domaines d’intervention des entreprises de l’ESS emploient 85 % de salariés de 45 ans et plus… D’ici 2025, la moitié des effectifs du secteur sanitaire et social devra être remplacée. • On trouve plus de femmes aux postes d’encadrement que dans l’économie de marché. (Sources : Atlas 2010 de l’économie sociale et solidaire, source : Insee-Clap 2008 (hors agriculture). Traitement : Observatoire national de l’économie sociale et solidaire - CNCRES ; Panorama régional et interventions régionales 2010 - Avise, ARF, Caisse des dépôts. Vieillissement de la population salariée dans l’économie sociale et solidaire & renouvellement des effectifs, étude Chorum/CNCRES, mars 2011)

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travailler dans l’ess

© Félicie cazes

© Félicie cazes

Photo de gauche : A 35 ans, Florence Quentier, directrice des ressources humaines du Groupe Chèque déjeuner, a sous sa responsabilité près de 2 000 salariés. Issue du monde syndical, elle a d’abord intégré le groupe en tant que responsable juridique dans le service DRH. « J’ai travaillé pendant 10 ans dans un syndicat. Ce qui était perçu comme un handicap par d’autres entreprises a été vu comme un atout lors de mon recrutement. » A droite : Les locaux du Groupe Chèque déjeuner. Pour déterminer l’agencement des nouveaux locaux qui accueillent les 1 000 salariés français, les collaborateurs ont été consultés. Les open space ont laissé la place à des bureaux de cinq personnes maximum. Parmi les équipements, une salle de sport dont l’abonnement est en partie pris en charge par le Groupe.

le cadre de son enquête sur les départs à la retraite qui concerneront plus d’un salarié sur sept d’ici 2018.

3 questions à... Claire Chenain, 28 ans, est éducatrice spécialisée dans la protection de l’enfance. Depuis trois ans, elle travaille au sein du service AEMO* de l’association Espoir, à Paris.

Les associations, poids lourd en terme d’emplois, comptent 80 % de personnes de 55 ans et plus [2] majoritairement dans les domaines du social (suivis de l’éducation et de la santé). On peut y exercer les fonctions d’éducateur, animateur, aide à domicile, garde d’enfants [voir interview ci-contre]… L’ESS intervient dans les activités de services avec 72 % des emplois dans l’action sociale, les activités de finance et d’assurance, l’enseignement et la santé, mais il ne faut pas perdre de vue que les postes au sein de ces structures ne concernent pas que ces spécialités… On y trouve la même variété que dans n’importe quelle entreprise : accueil, secrétariat, comptabilité, informatique côtoient les salariés dont le profil est adapté à la branche d’activité. Dans le secteur tertiaire, les commerciaux ont une carte solidaire à jouer. Au sein du Groupe Chèque déjeuner [3], « ils représentent le gros des effectifs, suivis par les informaticiens », souligne la DRH Florence Quentier (photo ci-dessus). Même constat dans les mutuelles et coopératives, notamment bancaires. L’approche ESS se traduit par des mesures telles que le plafonnement des hauts salaires, une limitation de la part variable chez les commerciaux, la consul-

© Darnel Lindor

Un paysage riche et porteur

“Grâce à mon travail, des enfants peuvent espérer une vie plus stable” En quoi consiste ton travail ? Lorsqu’un enfant est en difficulté dans sa famille, quelle qu’en soit la raison, le juge peut décider de le faire suivre, sans le séparer de ses parents. C’est là que j’interviens : j’essaye de renouer les liens familiaux, j’effectue des visites à domicile, j’organise des entretiens parents/enfant, des sorties… Quelles études as-tu suivi ? Depuis le lycée je voulais travailler avec les enfants. Je suis d’abord passée par une fac de psychologie, pour acquérir une base théorique, en faisant à côté à des petits jobs d’animation. J’ai réalisé que j’avais besoin d’action au quotidien, alors j’ai intégré l’IRTS** pour devenir travailleur social. Comment décrirais-tu ton métier ? Mes journées se ressemblent rarement, je collabore avec des associations partenaires, et grâce à mon travail, des enfants peuvent espérer une vie plus stable. Si parfois les contacts avec les familles sont difficiles, mon métier me passionne, et je n’imagine pas faire autre chose ! Propos recueillis par David Le Doaré * Action éducative en milieu ouvert ** Institut régional du travail social

A cliquer

www.espoir-cfdj.fr www.irtsparisidf.asso.fr

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TRAVAILLER DANS L’ESS

tation des salariés via les assemblées générales, la prise en compte de la personnalité et de la motivation autant que des diplômes, la formation tout au long de la vie… Des conditions qui ne suffisent pas toujours à séduire les cadres supérieurs. « Si les salaires des postes les moins qualifiés sont globalement plus élevés que la moyenne, cet écart disparaît à mesure que l’on monte les échelons », explique Florence Quentier.

© Félicie cazes

Identifier ses attentes

Photo ci-dessus : Le festival les Utopiennes, à Biès dans l’Aude, propose, le temps d’un week-end, pièces de théâtre, musique classique avec le Conservatoire de Toulouse, ateliers jeux, concerts… Dans une zone très rurale, cette initiative crée du lien en fédérant des gens de tous âges et de tous horizons, chacun apportant son talent ou son envie de participer. L’association organisatrice, “Un lieu pour l’Utopie”, accueille « tout projet tourné vers autrui ».

Une expérience dans le bénévolat peut déboucher sur l’envie de s’investir dans un milieu auquel on adhère. Thibault Copin a 26 ans et la ferme intention de travailler en accord avec ses valeurs après des expériences professionnelles décevantes : « Pour moi, ce serait faire un travail qui fait du bien à tout le monde ! Je préfère faire ça, quitte à être moins payé, que d’occuper un poste où l’unique objectif est de gagner de l’argent que l’on dépense ensuite sans penser. » Une expérience en tant que bénévole ou via le service civique est toujours un atout dans son parcours professionnel, à condition de savoir le valoriser lors des entretiens d’embauche, que ce soit dans

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Provoquer les opportunités

Edwige Jean-Pierre a passé un an en contrat de professionnalisation. Elle estime avoir appris davantage que ses camarades embauchés dans des entreprises classiques : responsabilisée et opérationnelle, elle a pu mettre en application ses cours de droit tout au long de cette année et apprendre beaucoup sur les différents statuts.

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Edwige Jean-Pierre, 25 ans, en master 1 Droit social à Paris 10 Nanterre, a répondu à une offre de stage pour le Groupe Chèque déjeuner, destinée à un master 2. « On m’a proposé une mission de six mois sur un autre stage », explique-t-elle. Stagiaire sous convention, rémunérée, elle a ensuite effectué son master 2 en contrat d’apprentissage, devenant salariée de la Scop (société coopérative et participative) Chèque déjeuner. « C’est grâce au climat de dialogue avec l’équipe », qui lui a permis de faire part de son projet, obtenant la création d’un contrat de professionnalisation à l’issue de son stage. Pour une juriste, cette entreprise de l’économie sociale et solidaire, regroupant une coopérative (la Scop Chèque déjeuner) et des filiales sous statuts d’entreprises de droit privé (SA, SARL) a été un terrain de formation privilégié. « J’ai été responsabilisée très rapidement, mais aussi intégrée dès mon arrivée. On m’a présenté l’entreprise dans sa complexité », précise-t-elle. Cette richesse juridique lui a permis de se construire de solides compétences opérationnelles dans son domaine. Edwige a découvert le secteur à l’occasion de cette expérience. Aujourd’hui, elle se voit bien continuer dans l’ESS : « valeurs sociales + développement économique + fonctionnement démocratique, c’est une combinaison qui me plaît ». Félicie Cazes

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travailler dans l’ess

IDÉES

Faux Vrai &

Faux

Faux

Il n’y a que des bénévoles dans l’ESS. 10 % des salariés en France travaillent dans une structure de l’ESS, et on estime à près de 100 000 le nombre d’emplois créés chaque année. Actuellement, 1 salarié sur 7 a plus de 55 ans et devrait partir à la retraite d’ici 2018. Les salariés sont tous d’anciens militants sans formation spécifique. Comme dans le secteur classique, l’ESS a besoin pour fonctionner de profils variés : des travailleurs sociaux, mais également des commerciaux, des dirigeants expérimentés, des chargés de communication… Dans l’ESS on est moins bien payé. En début de carrière, les salaires entre l’ESS et le secteur classique sont similaires. C’est après 10 à 15 ans d’expérience que les écarts se creusent. En partie parce que les entreprises de l’ESS imposent souvent un rapport plus juste entre le plus bas et le plus haut salaire que les entreprises classiques. Faire du social et du commerce en même temps ne marche pas. Toutes les structures de l’ESS doivent être rentables pour être viables. C’est par l’usage réservé aux bénéfices qu’elles se distinguent, conciliant viabilité économique et utilité sociale (réinvestissement, partage des richesses, politique tarifaire).

l’ESS ou dans l’économie classique. Il existe même des formations proposées par des associations pour ça. Ahmed el Khadiri, délégué général d’Animafac, explique : « Les bénévoles ne savent pas toujours mettre en valeur l’apport de leur action dans le champ associatif. Nous les formons pour leur apprendre à le valoriser en utilisant un vocabulaire en phase avec celui des recruteurs : parler en terme de compétences acquises plutôt que de dire : “ j’ai participé à l’organisation d’un festival”… ». Un plus, qui n’est pas non plus une condition pour les recruteurs de l’ESS : « Il n’est pas nécessaire d’avoir des activités associatives ou militantes pour être embauché, et nous ne nous basons pas sur cet aspect », souligne Florence Quentier.

Des valeurs, oui, mais avant tout des professionnels Cathy Rouy, chargée des partenariats pour la Fondation Macif, applique au

PAROLE DE SALARIÉ Adrien Saumier, 29 ans, est webmaster à l’Atelier, centre de ressources de l’ESS en Ile-de-France.

© Darnel Lindor

Faux

REÇUES

La découverte d’un secteur… par hasard Titulaire d’un DEUG d’Information/communication à Paris 3 et d’un master Communication et ressources humaines, Adrien s’est orienté, par goût personnel, vers les métiers du Web. D’abord coresponsable du blog de Dominique Voynet durant la campagne présidentielle de 2007, il devient webmaster du site de l’Atelier, en charge des contenus, de la maintenance, et des relais vers les réseaux sociaux… Pourquoi travailler dans l’ESS ? « Parce qu’il y avait du boulot ! Quand je suis arrivé sur le marché du travail, le Web était bien moins répandu que maintenant. On m’a proposé de créer et développer le site de l’Atelier, et j’ai sauté sur l’occasion. » C’est ainsi qu’il met les pieds dans un secteur dont il ignorait presque tout, et dans lequel il ne songeait pas à postuler spécifiquement. « Peu à peu j’ai acquis une culture générale sur les questions de la responsabilité sociale, de la solidarité… Comme on croise beaucoup d’entrepreneurs à l’Atelier, j’ai également découvert cette culture de la création et l’esprit fort qui la sous-tend*. C’est très tentant pour la suite. » Propos recueillis par David Le Doaré * Lire le témoignage d’Aymeric Marmorat sur l’entrepreneuriat social. www.atelier-idf.org

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TRAVAILLER DANS L’ESS

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PAROLE DE SALARIÉE Charline Fournela, 26 ans, titulaire d’un master en Organisation et développement des entreprises du tiers secteur à l’Essca, est chargée de mission DLA (Dispositif local d’accompagnement) dans les Hauts-de-Seine.

“Eblouie par l’ESS”

« J’accompagne le développement des structures de l’économie solidaire. C’est un des buts de l’association Hauts-de-Seine Initiative, afin de pérenniser les emplois dans ces structures en les conseillant sur leur communication, leur stratégie… C’est génial car je suis constamment sur le terrain, les missions sont variées, et j’ai beaucoup d’autonomie et de responsabilités. Lorsque j’étais étudiante en école de commerce, j’ai effectué un premier stage dans une banque, décevant du point de vue des valeurs. La découverte de l’ESS m’a complètement éblouie. Etudier ce secteur dans le cadre de mon master m’a permis de ne pas m’arrêter à une vision angélique. C’est précieux. J’ai pu mieux réfléchir à ce que je pouvais concrètement apporter. Et le réseau de l’école est utile. » Recueilli par David Le Doaré www.hdsi.asso.fr

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Le “marché de l’ESS” est porteur. L’arrivée des jeunes est essentielle pour transformer ce potentiel quotidien les valeurs de l’ESS dans son métier, puisqu’elle détermine les initiatives qui seront accompagnées par la fondation : « Je garde à l’esprit les valeurs que l’on défend, en choisissant des projets qui répondent avant tout à une problématique sociale, et non uniquement pour valoriser la fondation Macif », précise cette trentenaire. Emilie Cano, 28 ans, a construit son expérience grâce aux rencontres et au relationnel, pour agir dans un domaine qu’elle veut promouvoir. Intéressée par l’environnement, elle a décidé de faire une année de service civique en répondant à une annonce du réseau Grappe (groupement d’associations porteuses de


travailler dans l’ess

[1] Enquête de l’Observatoire national de l’ESS/CNCRES : “Départs à la retraite des effectifs salariés de l’ESS et stratégies des entreprises pour y faire face”, en ligne sur le site www.cncres.org [2] Sources : Etude Chorum/CNCRES - mars  2011 - Vieillissement de la population salariée de l’Economie sociale et solidaire & renouvellement des équipes. [3] Le Groupe Chèque déjeuner regroupe la Scop Chèque déjeuner et des filiales aux statuts de l’économie classique, pour un total de 2000 salariés (la moitié travaille à Gennevilliers, l’autre moitié est répartie dans les filiales implantées à l’étranger). Les commerciaux représentent 60 % du pôle dédié aux titres (chèques déjeuner). [4] Contrat d’accompagnement dans l’emploi.

Céline Compan, 32 ans, est agent administratif dans une association intervenant dans le social, qui accueille et accompagne des jeunes dans l’Aude.

“Heureuse de participer à une mission sociale” Quel est votre parcours professionnel ? J’ai été secrétaire de direction, secrétaire juridique, médicale et polyvalente. Tout cela dans l’armée, car c’est là que j’ai passé mon bac professionnel secrétariat. J’ai découvert le secteur social lorsque j’ai cherché du travail dans le civil, dans mon domaine d’activité. Je suis passée de missions de cadre à un poste d’exécution, à mi-temps sur deux sites. Quelles sont vos missions ? Mes missions sont les mêmes que celles d’une secrétaire lambda : gestion et mise à jour de dossiers, accueil du public, standard, orientation vers les bonnes personnes et renseignement quand cela m’est possible. A l’Itep*, je suis davantage en contact avec le public : les parents, les intervenants sociaux – assistantes sociales, éducateurs – les gendarmes parfois. Lorsque je travaille au Sessad**, je gère plus le standard téléphonique et je suis en contact direct avec les enfants. La dimension sociale a-t-elle de l’influence sur votre travail ? La démarche est complètement différente : on est au service des personnes. Toutes nos actions sont dirigées dans un objectif d’accompagnement du jeune et de sa famille, avec pour finalité son bien-être. Mon métier n’a rien à voir avec celui d’une secrétaire de mairie, alors que nos missions ne sont pas si différentes. J’ai été surprise au début car je n’avais pas l’habitude de cette approche, en raison de mon parcours. J’ai appris des choses sur moi-même, et je suis heureuse de participer à mon niveau à cette mission sociale. Propos recueillis par F.C. * Institut thérapeutique éducatif et pédagogique ** Service d’éducation spéciale et de soins à domicile. Ces deux services sont gérés par l’Association du centre de Sainte Gemme.

www.unaf.fr Site de l’Unaf, l’union nationale des associations familiales

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FÉLICIE CAZES

3 questions À…

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projets en environnement). Une formation en nutrition et quelques concours de circonstances bien goupillés plus tard, elle a été la première salariée de l’Ouvre Tête, qui avait besoin d’une personne formée et dédiée au volet alimentation pour formaliser ses contacts avec les institutions. « J’ai participé à la création de mon poste en CAE [4] , ça n’a pas été simple, car nous ne connaissions pas forcément les démarches. Il a fallu définir le cadre du poste, puis j’ai dû me caler pour trouver ma place au milieu des bénévoles et gérer mon organisation. Ça n’a pas toujours été facile : en faire trop, pas assez, mettre en place un emploi du temps au milieu de gens qui agissent sur leur temps libre… Mais c’est génial de travailler dans une association, on a une grande autonomie, il faut être polyvalent. » Hugues Sibille, militant infatigable de l’ESS, ancien délégué interministériel, aujourd’hui en responsabilité à l’Avise et au Crédit Coopératif, voit dans l’accueil des jeunes une nouvelle étape à franchir pour l’ESS : « Aujourd’hui, les enjeux sont d’avoir des ambitions fortes de développement dans de nouvelles filières, y compris celles qui mélangent de nouvelles technologies et de l’utilité sociale : dans le recyclage, la santé, internet, les logiciels libres, l’agriculture bio…. Pour cela, il faut aussi renforcer la capacité de fonds propres du secteur. Le “marché” de l’ESS est porteur. L’arrivée des jeunes est essentielle pour transformer ce potentiel, pour insuffler un souffle nouveau, renouveler les visions. » 

www.uniopss.asso.fr Site de l’Uniopss, l’union nationale interfédérale des œuvres et organismes privés sanitaires et sociaux

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TRAVAILLER DANS L’ESS

Travailler en accord

avec ses valeurs

De l’entreprise classique à l’ESS, un changement d’univers ? Sur le fond, oui, mais pas sur la forme : si le cœur du métier reste le même, la finalité du travail effectué apporte une richesse supplémentaire.

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à la trappe, certains déclarant parfois vouloir travailler dans le social simplement car ils souffrent d’« une mauvaise ambiance » dans leur emploi actuel – une attente qui peut compliquer l’intégration à un nouveau poste.

« Ça ne pose pas de problème », affirment ensemble Romain Garcia et JeanPhilippe Teboul. Car c’est l’expérience du métier qui prime. S’il affirme qu’il ne retournera « jamais dans une entreprise classique », Romain Garcia est convaincu qu’il faut arrêter de croire en l’existence d’une barrière entre l’ESS et le reste de l’économie.

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Et revenir vers le secteur classique ?

Photo ci-dessus : Romain Garcia, 27 ans, est directeur financier d’un groupement associatif de 4 000 salariés.

David Le Doaré [1] Groupe d’entrepreneuriat social. www.groupe-sos.org [2] Cabinet de conseil en orientation vers les métiers de l’ESS. www.orientationdurable.com

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C

’est ce qu’affirme Romain Garcia, 27 ans. Son master de finance en poche, il a commencé sa carrière dans un cabinet d’audit. « Un milieu très homogène, aseptisé. Et le travail en lui-même est ingrat », se souvient-il. Au bout d’un an, désireux de « donner du sens à son métier », il quitte son emploi et intègre le Groupe SOS [1] dont il est actuellement directeur financier, avec un salaire présentant désormais 20 % de moins qu’à son poste en audit. Ce type de parcours, depuis le secteur classique vers une entreprise sociale, est de plus en plus répandu, avec la combinaison « d’une croissance élevée de certaines entreprises de l’ESS et d’un besoin accru de compétences de gestionnaires », explique Jean-Philippe Teboul, fondateur d’Orientation durable [2]. Ses responsabilités et la richesse des missions constituent la principale motivation au quotidien de Romain Garcia. « Les fondamentaux de mon métier sont les mêmes, explique-t-il, mais avec une dimension supplémentaire : complexifiée et diversifiée du fait d’intégrer la mission sociale et de la valoriser, ma pratique est enrichie, sans rien perdre de la base du travail. » Car la recherche de sens initiale, qui pousse vers les structures sociales, ne suffit pas à s’épanouir. Lorsque l’on choisit de se réorienter vers l’ESS, explique Jean-Philippe Teboul, il faut maintenir l’équilibre entre des « critères altruistes » (raisons sociales) et des « critères plus égoïstes » (ambition, salaire). Il arrive que ce principe passe

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Photos ci-dessous : Fondateur d’Orientation durable, Jean-Philippe Teboul accompagne depuis sept ans des cadres dans la réalisation de leur projet professionnel dans le développement durable.


s’engager

Agir au quotidien

T

rès présents dans l’ESS, dans des associations notamment, éducateurs, animateurs et travailleurs sociaux forment une grande partie des personnes qui s’engagent au quotidien, dans leur vie professionnelle, pour tous types de publics. Pour d’autres, l’engagement se fera en parallèle de leurs études ou de leur métier. Au retour d’un voyage au Sénégal, Fabien a décidé de devenir bénévole dans une association de solidarité internationale : « J’ai pris conscience de la difficulté d’accéder à l’eau et des conséquences que ça pouvait avoir sur la population. J’ai choisi de m’engager dans une association dont l’éthique me plaisait : donner des outils sans faire les choses à la place des gens », explique ce trentenaire vivant à Montpellier. Depuis

cinq ans, il fait partie de l’équipe de bénévoles de l’ONG Eau Vive dans sa région : « Je participe à un élan autour d’une cause et d’une manière de travailler. On partage la même motivation que les populations, on dépasse les clichés qui voudraient que les Africains soient attentistes ou les Européens individualistes. Cela conforte mon idée selon laquelle il se passe des choses entre les hommes en dehors du système marchand. » Sa mission : sensibiliser le public et faire connaître les projets aux élus. « C’est valorisant d’utiliser mon temps libre pour agir sur une problématique qui correspond à mes convictions personnelles. » C’est souvent pour participer à l’amélioration du quotidien que l’on choisit de s’engager, quel que soit le niveau de responsabilité et le temps qu’on y consacre. Lorsque le 21 avril 2002, le FN

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En France, à l’étranger, auprès des enfants, pour une alimentation plus saine ou à travers un club de sport : s’impliquer relève du choix de chacun et de sa sensibilité. On peut donner du temps, de l’argent, beaucoup, passionnément... avec un objectif : se sentir utile.

Consommer c’est aussi s’engager ! « On peut être acteur de l’économie sociale et solidaire sans en faire son métier », explique Julia Richet, 27 ans. La jeune femme s’y emploie, en consommant par exemple des produits issus du commerce équitable. On peut aussi choisir d’adhérer à une Amap [1], qui promeut une agriculture locale, respectueuse des saisons. Mais l’alimentation n’est pas le seul moyen d’agir. Côté finance, les banques proposent souvent des produits d’épargne solidaire pour soutenir les investissements socialement responsables [2]. Des organismes permettent même de choisir quels entrepreneurs sociaux on veut aider [3]. Autre aspect, l’énergie. Celle que propose le fournisseur Enercoop est 100 % renouvelable. Mais consommer responsable c’est d’abord réduire sa consommation. « J’essaye de réparer mes vêtements, ou de leur donner un autre usage : une lanière de sac peut faire une belle ceinture » illustre Julia. Et des sites de don en ligne permettent un recyclage intelligent [4]. Même si « c’est parfois dur de se responsabiliser, on se sent en accord avec ses valeurs » conclut Julia.

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[1] Association pour le maintien de l’agriculture paysanne. Des consommateurs et des producteurs s’engagent, les uns à fournir des produits de saison, les autres à les acheter sur une période définie. [2] Cf. le Crédit coopératif [3] Cigales, Babyloan [4] donnons.org, recupe.net Photo ci-dessus : Sport sans Frontières mène des actions auprès des enfants et des adolescents en utilisant le sport comme support pédagogique. Le volontariat de solidarité internationale permet à des jeunes de partir pour des missions  aux quatre coins de la planète.

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Photo ci-dessus : De l’Unef au Conseil économique, social et social, Jean-Baptiste Prévost a pour ambition de transformer la réalité sociale et de « ne pas rester spectateur du monde tel qu’il évolue ».

passe au 2e tour des élections présidentielles, Jean-Baptiste Prévost [photo ci-contre] décide de « passer d’une prise de conscience individuelle à une démarche collective, la plus efficace ». Etudiant, il rejoint l’Unef dont il sera président de 2007 à 2011, et au sein de laquelle il peut agir sur son environnement immédiat : université, logement, Crous… Agé de 27 ans aujourd’hui, il est depuis 2010 président du groupe « jeunes » au Conseil économique, social et environnemental. Au sein de cette « troisième assemblée » (uniquement consultative néanmoins), qui représente l’ensemble de la société civile, il contribue à la prise de décision sur des projets qui concernent les jeunes (santé, emploi…) tout en envisageant un poste dans la fonction publique, « afin

d’avancer professionnellement tout en continuant à défendre les valeurs au cœur de mon engagement ».

Au delà d’une mission 36 % des plus de 15 ans donnent de leur temps, que ce soit en étant bénévole dans une association (la majorité) ou dans d’autres organisations, ou en s’impliquant auprès d’autrui sans passer par un organisme [1]. Dominique Thierry, viceprésident de France Bénévolat, souligne qu’il n’y a pas de raison plus louable qu’une autre. « Quand les gens viennent, ils disent souvent “je veux faire quelque chose”», raconte-t-il. L’une des premières missions de France Bénévolat dans le cadre de l’accompagnement proposé est de déterminer les motivations afin d’orienter vers la bonne association : réaction

TÉMOIGNAGE

© Darnel Lindor

Teddy Weber, 24 ans, a effectué NEUF mois de service civique à Strasbourg AU SEIN DE l’association Unis-Cité.

“Je viens de vivre la plus belle année de ma vie !”

Pourquoi un service civique ? A 23 ans, en ayant arrêté les études au collège, je ne me voyais pas vraiment d’avenir. Quand on m’a parlé du service civique, j’ai tout de suite été emballé. Je pouvais me sentir utile aux autres. Comme le recrutement se fait à la motivation, j’ai été pris ! Quelle était la mission ? On devait proposer aux familles en difficulté de faire des économies en diminuant le gaspillage de l’eau, de l’énergie… De la sensibilisation donc, mais aussi du lien social avec un accompagnement à domicile. Un engagement indemnisé 540 euros pour 35 heures par semaine. Qu’est-ce que tu en retiens ? Je viens de vivre la plus belle année de ma vie ! En ayant travaillé en équipe avec des gens très différents, acquis des compétences, rendu service et reçu les remerciements des familles… je peux maintenant croire en moi et je vais tenter de passer un brevet d’éducateur sportif en candidat libre. Propos recueillis par David Le Doaré www.uniscite.fr • www.service-civique.gouv.fr

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© Philippe Jacob/DR Solidarité Sida

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s’engager

face à une situation devenue insupportable comme la misère, une sensibilité liée à son histoire, un besoin de socialisation ou, chez les jeunes particulièrement « l’envie de découvrir et parfois de tester un projet professionnel en s’engageant dans un domaine pour lequel ils ont de l’intérêt ; ou par recherche de sens qu’ils ne trouvent pas dans leur travail ou qui ne leur apparaît pas comme suffisant », précise Dominique Thierry. Marie Classine, 20 ans, est en service civique [2] à l’association étudiante Génépi [3], qui intervient dans les prisons, notamment en organisant des activités pédagogiques et du soutien scolaire auprès des détenus. Elle aborde cette année dans toute sa richesse : « Je ne sais pas encore comment cette expérience va me façonner.


s’engager

Photo ci-contre : Au village Solidarité du festival Solidays (2011).   Organisé chaque année depuis 1999 par Solidarité Sida, le festival Solidays   a réuni près de 155 000 personnes en 2011 et permis de récolter 1,7 million d’euros, destinés aux actions de prévention et d’aide aux malades, menées par   Solidarité Sida en France et à l’international.

TÉMOIGNAGE

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Laura Venditti, 21 ans, est en médecine à Paris 7.  Avec l’association étudiante Ebisol*,  elle a organisé un “village santé”  durant le dernier Téléthon.

“L’aventure du bénévolat pousse à se dépasser”

Au coin de la rue… ou à l’autre bout de la planète En tant que volontaire de solidarité internationale (VSI), chacun peut trouver la mission qui répond à ses attentes, au temps qu’il souhaite y consacrer et à son profil. Partir pendant un à six ans dans un pays étranger pour s’engager à temps plein dans une association est possible depuis 2005 via le VSI. Des associations comme Sport sans

frontières proposent ainsi des missions de formation d’équipes d’animation sociosportives, qui utiliseront à leur tour le sport pour accompagner les enfants au Kosovo, au Burundi. Responsabilisés, les volontaires sont en charge de projets sous tous les aspects. Et c’est souvent ce que permet l’engagement : mobiliser des capacités que l’on ne pensait pas toujours avoir, et s’enrichir au contact des autres. Félicie Cazes [1] “La situation du bénévolat en France en 2010”. Etude menée par France Bénévolat à partir d’une enquête de l’Ifop, grâce au partenariat du Crédit Mutuel. [2] Ouvert aux 16-25 ans pour 6 à 12 mois. Les volontaires interviennent dans des associations, fondations, organismes publics. Ils sont indemnisés. Dans le milieu étudiant, l’Afev, Animafac, l’Afij et Unis Cité accueillent de nombreux volontaires. [3] Groupement étudiant national d’enseignement aux personnes incarcérées.

* Ebisol est une association de solidarité des étudiants en médecine de Paris 7. http://ebisol.paris7.free.fr

http://vosdroits.service-public.fr (rubrique Volontariats)

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Mais pour l’instant, j’envisage de continuer mes études en développement local, car il me semble important de séparer mon activité associative et mon métier », analyse-t-elle. Bien que le thème de la cohésion sociale soit commun à ces deux domaines, l’activité associative relève plus de la « passion » pour cette jeune femme.

« Bénévole pour Ebisol, je participais aux divers événements de l’association lorsque la présidente m’a proposé d’organiser un “village santé” devant la mairie du 11e arrondissement au profit du Téléthon 2010. Une mission qu’aucun autre bénévole n’avait voulu prendre en charge. J’ai accepté, et au final ça a été agréable, concret et valorisant... et ponctuel, à raison de quelques heures par semaine, sauf la dernière où c’était du plein-temps. Responsable de l’événement (sensibilisation aux maladies génétiques rares, collecte de dons, mise en place de stands d’associations…), j’ai effectué un gros travail de préparation : la logistique, les partenariats avec d’autres facs, le planning, la buvette, la fanfare… Puis je devais être sur place pour gérer les imprévus. L’événement a mal commencé :  il a neigé, et peu de gens sont venus le vendredi. Dur à encaisser. En plus il a fallu dormir sur place. Heureusement le samedi on a reçu quelques centaines de visiteurs et près de 2 000 euros de dons ! Un succès. Et personnellement aussi : j’ai fait de belles rencontres et ça m’a permis de prendre confiance en moi. Etre responsable vis-à-vis des autres est un sentiment très fort, qui pousse à se dépasser. » Recueilli par David Le Doaré

www.sportsansfrontieres.org www.francebenevolat.org www.servicecivique.gouv.fr

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créer

Inventer c’est agir Axée sur des domaines qui font la part belle à l’innovation et portée par des statuts qui privilégient les échanges et le collectif, l’économie sociale et solidaire encourage la création de projets et l’entrepreneuriat. Inventivité et collectivité sont facteurs non seulement de solidarité mais aussi d’emploi.

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Eidos du film de l’environnement et du développement durable, qui a accueilli en avant-première le film “Vu du ciel” de Yann Arthus-Bertrand et qui est depuis organisé tous les ans. Avant cette expérience, il connaissait mal l’ESS… Depuis, il a participé à de nombreuses autres initiatives et s’investit activement pour que l’approche sociale et environnementale soit prise en compte dans la politique et l’économie. « C’est une formidable opportunité pour les jeunes de créer, d’inventer des initiatives qui incluent les gens plutôt que de les exclure », affirme-t-il.

Inventer demain, c’est maintenant La jeunesse est un atout dans l’ESS, selon Gilles Vanderpooten : « Dans le social, l’environnement, le développement durable, être jeune nous donne de la légitimité pour proposer des projets. Intervenir maintenant, c’est aussi notre façon de préparer l’avenir », souligne celui qui a cosigné “Engagez-vous”, livre

© félicie cazes

C

’est un défi à relever. Cette idée de créer quelque chose qui sera peutêtre repris ailleurs est extrêmement motivante », explique Jillian Chazalette. A 20 ans, cet étudiant en médecine à Lyon, membre d’une fédération d’associations étudiantes (Gaelis), a été chargé de la mise en place du projet Agoraé dans sa ville. L’idée : créer un lieu d’échanges et de soutien pour les étudiants, regroupant une épicerie solidaire, des permanences, des actions de sensibilisation. Projet d’envergure nationale portée par la Fage [1], sa réalisation est menée localement avec les acteurs du terrain. Jillian a été chargé de réaliser l’étude de faisabilité, de rencontrer les partenaires et d’établir un budget prévisionnel. Bien qu’instiguée au niveau national, la réalisation sur le terrain est possible grâce aux acteurs locaux : le lieu a été prêté par l’université Lyon 1 à titre gracieux, un partenariat avec une Amap (association pour le maintien d’une agriculture paysanne) garantira l’apport de fruits et légumes produits localement, les denrées 20 % moins chères qu’ailleurs, c’est grâce à l’appui du groupement des épiceries solidaires de Rhône-Alpes (GESRA), elles-mêmes membres du réseau national Andes (Association nationale des épiceries solidaires), qui accompagne les projets d’épiceries solidaires. Pour Gilles Vanderpooten, 25 ans, le tissu associatif étudiant offre de belles opportunités en matière d’innovation et de création. Il a découvert la richesse du monde associatif lors de ses études de commerce. C’est dans ce cadre qu’il a participé à la mise en place du festival

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d’entretiens avec Stéphane Hessel [2]. Sur le terrain, les réseaux s’appliquent à soutenir les porteurs de projets en favorisant les échanges et parfois en les accompagnant financièrement. Le CIDJ (centre d’information et de documentation jeunesse), les centres régionaux d’information jeunesse (Crij), bureaux d’information jeunesse (Bij) et points information jeunesse (Pij) apportent un premier niveau d’information pour les jeunes, porteurs d’initiatives quelles qu’elles soient. Les mouvements de jeunesse, tels la Joc (Jeunesse ouvrière chrétienne) et le MRJC (mouvement rural de jeunesse chrétienne) accompagnent la construction collective de projets répondant à des besoins locaux [cf. témoignage ci-contre]. Les incubateurs d’entreprises sociales sont un autre outil à leur disposition. Concrètement, il ne s’agit pas de placer les gens ayant des idées sous une lampe en attendant que ça fasse des étincelles, mais de les aider à tester puis lancer leur projet. Que ce

Photo ci-contre : C’est en allant sur le terrain, rencontrer des associations, des entreprises, s’inspirer de ceux qui ont monté des projets, que Gilles Vanderpooten, 25 ans, a réalisé qu’il existait d’autres réalités et rencontré des gens avec qui il agit aujourd’hui : « C’est comme ça que les idées viennent et que les contacts se nouent. »


créer

témoignage

D.R.

Basile François, 22 ans, est salarié au MRJC (Mouvement rural de jeunesse chrétienne) de Guéret (Limousin). Il accompagne des jeunes de 13 à 30 ans qui souhaitent mettre en œuvre leurs idées localement

preneurs sociaux sont prompts à partager leur expérience et à présenter leurs structures. L’agence Scop’in Immo, basée à Rivesaltes dans les Pyrénées-Orientales, vient de quitter l’incubateur Alter’Incub et vole de ses propres ailes depuis juillet 2011. Agence immobilière dont le slogan est « Un logement pour tous », cette Scop (société coopérative et participative) s’attache à remplir sa mission (vente, location, gestion locative) sans discrimination, quelle que soit la situation de ceux qui la sollicitent.

En connaissance de cause

« Avant d’être en position pour soutenir ces projets, j’ai moi-même bénéficié des activités du MRJC, en participant à des séjours organisés, et en faisant partie du conseil d’administration local pendant trois ans. On m’a ensuite offert d’effectuer un service civique au centre de Guéret, puis, j’y suis resté en tant que salarié. A présent, j’accompagne les démarches de projets, les recherches de subventions, la gestion associative. On cherche des réponses pour et avec ceux qui se questionnent. Des équipes de jeunes se forment et se présentent au MRJC avec des idées très différentes, plus ou moins abouties. Suivant les besoins et les envies, nous discutons faisabilité, nous apportons un cadre et proposons une dynamique. Ça donne toutes sortes de résultats : l’organisation de cafés-débat sur l’éducation, une charte d’autostop participatif, la réalisation d’un film sur les universités avoisinantes pour les jeunes qui réfléchissent à leur orientation, ou encore l’organisation d’un séjour à l’étranger pour les prochaines vacances. » Recueilli par David Le Doaré

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Créer de l’emploi

http://limousin-mrjc.over-blog.com • www.mrjc.org

Les incubateurs d’entreprises sociales sont là pour aider une idée qui vient de germer à s’enraciner dans la réalité économique

soit par territoire, par thème (comme Andes cité plus haut), au sein d’une école, comme Antropia, les incubateurs d’entreprises sociales sont là pour aider une idée qui vient de germer à s’enraciner dans la réalité économique. Aide financière, hébergement sur site pendant la durée de création du projet, appui méthodologique et technique, les gens qui travaillent dans les incubateurs sont là pour faire d’un projet une entreprise. Sur le terrain, les entre-

Alexandra Pontès, 25 ans, gérante, et Aline Paillart instigatrice du projet, 57 ans, associées de la coopérative, peuvent compter sur l’Union régionale des Scop pour les aider. « Etre salarié de sa propre production, c’est l’avenir. Le statut de Scop permet d’avoir conscience de son travail, d’en ressentir les bénéfices directement. En contrepartie, il faut avoir l’esprit entrepreneurial et solidaire, cela demande de trouver un équilibre qui n’est pas évident pour tout le monde. Pour ma part je trouve ça passionnant », explique Aline Paillart. « Je suis arrivée au moment de la création, presque à l’issue des deux ans d’incubation. J’ai découvert le fonctionnement en Scop, les assemblées générales. En tant que gérante, je fais des propositions mais les décisions sont prises en commun avec les autres membres de la coopérative. Ce fonctionnement est motivant », complète Alexandra. Car promouvoir un monde meilleur ne dispense pas de faire vivre le projet finan-

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Photo ci-dessus : Alexandra Pontès (à gauche) et Aline Paillart (à droite) sont salariées de la Scop dont elles sont les associées. L’idée de cette agence immobilière qui refuse la discrimination émane d’Aline, la gérance est assurée par Alexandra, qui a apporté ses connaissances dans les relations inter frontalières avec l’Espagne pour développer ce volet dans les activités de cette toute jeune entreprise catalane.

cièrement. « J’ai pu construire un vrai parcours, participer à la création d’une activité, je la vois évoluer, et j’ai envie de continuer à m’investir dans ce projet à long terme », explique la gérante. E-Graine, association d’éducation au développement durable créée il y a cinq ans, a diversifié ses activités pour multiplier les ressources financières et ainsi sa viabilité : « Nous menons trois projets ayant des modèles économiques différents : des prestations payantes de sensibilisation auprès des enfants, le site Internet Kiagi, portail de sensibilisation au développement durable et à l’ESS, la création d’outils pédagogiques pour les enseignants et animateurs. Le mécénat, les dons et l’adhésion représentent 10 % des revenus, les emplois aidés, les subventions et les recettes liées à la prestation de service représentent chacun un tiers des revenus », détaille Florent Dupuis, coordinateur de projet. A court terme, l’association comptera 11 sala-

riés [lire encadré]. A l’image de ses projets, l’économie sociale fait de la place à ceux qui veulent agir concrètement : « C’est stimulant de ne pas se contenter de ce qu’on nous propose », conclut Gilles Vanderpooten. 

Félicie Cazes

[1] Fédération des associations générales étudiantes. [2] Engagez-vous, éditions de l’Aube. Stéphane Hessel, ancien résistant très actif pour la défense des droits de l’homme, a aussi publié récemment Indignez-vous.

www.cidj.com CIDJ, Centre d’information et de documentation jeunesse

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D.R.

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www.joc.asso.fr JOC, Jeunesse ouvrière chrétienne

ZOOM SUR L’ASSOCIATION E-GRAINE

Un terreau fertile Trois copains, une envie : agir pour un développement durable. Après un passage par le monde du travail « classique », ces deux anciens d’école de commerce et leur ami scientifique, spécialiste dans la dépollution des sols, se sont lancés. Connaissant bien le monde associatif, ils ont opté pour ce statut. « Juridiquement, c’est une structure facile à créer et notre projet collait complètement avec la gestion collective et démocratique et l’objectif d’utilité publique inhérents à une association », explique Julien Mast, directeur d’E-Graine, dédiée à l’éducation au développement durable. Travaillant avec les différents acteurs de son territoire d’intervention en Ile-de-France, l’association s’appuie sur les collectivités locales, les organismes publics nationaux et les réseaux associatifs. « Nous sommes agréés entreprise solidaire, jeunesse et éducation populaire, association complémentaire de l’enseignement public, ainsi que par l’Unesco. Nous sommes partenaires des collectivités locales, impliqués dans les réseaux associatifs, soutenus par des fonds comme France Active », détaille Julien Mast. Un maillage qui a permis à la graine de germer, puis de faire fleurir des emplois. Neuf salariés en CDI, CDD (deux supplémentaires vont être embauchés) et contrats aidés animent les projets, appuyés par quatre services civiques. Le plus âgé des salariés affiche 32 ans. Prochaine étape : l’essaimage au niveau national. Côté recrutement, c’est la motivation qui prime : « Nous cherchons des profils issus de tous les milieux, c’est cette diversité qui nous permet d’être en accord avec l’objectif de l’économie sociale : pour construire un monde solidaire et promouvoir le vivre ensemble, il est important d’avoir de la diversité en interne et c’est aussi ce qui nous ouvre vers les autres acteurs de notre territoire », constate Julien.

Félicie Cazes A cliquer

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www.e-graine.org

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www.mrjc.org MRJC, Mouvement rural de jeunesse chrétienne


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Comment concrétiser son projet

C

omme ailleurs, il faut tout d’abord répondre à quelques questions : le type de projet (dans l’environnement, la réinsertion…), le statut (associatif, entrepreneurial…), sur quel territoire, avec l’aide de qui… Ensuite, trouver des renseignements. Des sites ressources, comme les Cress (Chambre régionale d’économie sociale et solidaire) et les Crij (Centre régional information jeunesse), présents dans chaque région comme les Urscop [1], ou le site entrepreneur-social.net, permettent de découvrir les accompagnements disponibles. Puis il faut monter son dossier, démarcher des financements… A ce stade, les créateurs d’entreprise peuvent s’appuyer sur un incubateur, qui accompagne et teste la viabilité du projet. Plus généralement, des réseaux ou fédérations actifs dans chaque secteur – du commerce équitable à la création de lien social – se démènent pour soutenir les différents acteurs, les fédérer, et les rendre visibles. Toujours dans un esprit de solidarité, et parce que l’union fait la force, certains apprécieront de pouvoir intégrer des espaces de travail partagés : les CAE (Coopératives d’activité et d’emploi) proposent aux entrepreneurs de bénéficier du droit du travail, de protection sociale et d’opportunités d’affaires, tout en restant à leur compte. Enfin, les étudiants aussi ont des moyens d’action. Pour les connaître, premier réflexe, se renseigner auprès de son éta-

blissement. Les universités s’inscrivent souvent dans des dispositifs d’aide à la création, tels les PEE (Pôle de l’entreprenariat étudiant), qui cherchent à sensibiliser, former, accompagner des porteurs de projets. Par ailleurs, d’autres associations de jeunes offrent de guider des projets non lucratifs, qu’ils soient ponctuels ou de long-terme (JOC, MRJC [voir pages 22 et 23], Animafac, ou encore Cap Berriat, pépinière d’associations grenobloise [2]). Enfin, pour un avant-goût de la création, l’association SIFE (Students in Free Enterprise) permet à des étu-

diants de mener des projets d’entreprenariat social. Et MakeSense soutient les entrepreneurs sociaux, en organisant des rencontres au cours desquelles des invités effectuent des sessions de réflexion créative. Avis aux amateurs ! David Le Doaré [1] Le site www.scop.coop recense les 13 Unions régionales de scop (Urscop). [2] www.cap-berriat.com

3 questions À... Aymeric Marmorat, 29 ans, est directeur exécutif du Sife (Students In Free Enterprise). Il promeut le développement de l’entreprenariat social. © Darnel Lindor

Pour qui veut créer dans l’ESS, de nombreux dispositifs existent afin de guider au mieux les différentes initiatives.

“Adapter le monde à ses rêves”

Que signifie pour vous être entrepreneur social ? D’abord être entrepreneur. Porter un projet et essayer de le concrétiser. C’est aussi un engagement, pour résoudre un problème, une injustice. Par exemple reculer l’âge de la dépendance des personnes âgées en proposant des activités sportives. Quel est le profil idéal pour le devenir ? Les entrepreneurs sociaux sont des bâtisseurs. Il faut avoir envie de faire bouger les choses. Et confiance en soi pour accepter les gamelles qui ne manqueront pas d’arriver ! Il n’y a aucun profil type, ce qui permet des rencontres extraordinaires – mais des compétences en gestion sont essentielles. Quels conseils donnez-vous pour se lancer ? Identifier un sujet qui passionne, se renseigner auprès d’entrepreneurs sociaux*, voire travailler avec eux**. Chercher un projet rentable, savoir demander de l’aide… Surtout, adapter le monde à ses rêves et pas l’inverse ! Propos recueillis par David Le Doaré * Mouves, entrepreneur-social.net ** Passerelles & compétences propose des missions de bénévolat ponctuelles.

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approfondir

Ressources générales

éTUDIER

• Association mode d’emploi, pour les salariés et bénévoles du secteur associatif : www.associationmodeemploi.fr • Avise, agence ressources pour les porteurs de projets : www.avise.org • CEGES, Conseil des entreprises, Employeurs et Groupements de l’économie Sociale : www.ceges.org • CNCRES : Conseil National des Chambres Régionales de l’ESS (avec les sites des CRES disponibles par région) : www.cncres.org • Coop FR, site du groupement National de la Coopération : www.entreprises.coop • CPCA, Conférence Permanente des Coordinations Associatives : http://cpca.asso.fr • ESS en région, site ressource sur les régions et l’ESS : www.essenregion.org • FNMF, fédération nationale de la mutualité française : www.mutualite.fr • Jeun’ESS, l’ESS à destination des 16-30 ans : www.jeun-ess.fr • Le labo de l’ESS, plateforme partagée pour les acteurs de l’ESS : www.lelabo-ess.org • Mois de l’ESS. les événements ont lieu en novembre, le site est consultable toute l’année : www.lemois-ess.org • RTES : Réseau des Territoires pour l’Economie Solidaire, site ressource pour les collectivités locales : www.rtes.fr

• Des listes de formations dédiées à l’ESS sont disponibles sur les sites du RIUESS, Réseau Inter-Universitaire de l’économie Sociale et Solidaire : www.riuess.org et Entrepreneur Social : www.entrepreneur-social.net/Se-former,643.html

S’ENGAGER • France bénévolat, met en relation les candidats au bénévolat avec les associations : www.francebenevolat.org • Réseau national des maisons des associations : www.maisonsdesassociations.fr SERVICE CIVIQUE • Site officiel du service civique : www.service-civique.gouv.fr • Unis-cité : www.uniscite.fr • Afev : www.afev.fr En tant que consommateur • Amap, Association pour le Maintien de l’Agriculture Paysanne : www.reseau-amap.org • Babyloan, site de micro-crédit solidare : www.babyloan.org • Biocoop, magasins de produits biologiques : www.biocoop.fr • Don et recyclage : www.donnons.org ,www.recupe.net … • Enercoop, fournisseur d’énergies renouvelables : www.enercoop.fr • Finansol, association de promotion de la finance solidaire : www.finansol.org • La Plateforme pour le commerce équitable : www.commercequitable.org

TRAVAILLER • AFIJ : www.jd-emploiassociatif.info • Ressources Solidaires : www.ressources-solidaires.org • UNIFED : syndicat d’employeurs dans le secteur sanitaire et social : www.unifed.fr • USGERES, Union de syndicats et groupements d’employeurs représentatifs dans l’économie sociale, voir notamment le guide des métiers : www.usgeres.fr • Et également des structures d’insertion professionnelle : les missions locales, Pôle Emploi, l’APEC, les BAIP des Universités (Bureau d’Aide à l’Insertion Professionnelle)

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CRÉER • L’Adie, premier opérateur de microcrédit en France, propose un fonds de prêts d’honneur pour les jeunes créateurs d’entreprises : www.adie.org • Antropia, incubateur social : www.antropia.essec.fr • Ashoka, organisation internationale qui promeut l’entreprenariat social : www.france.ashoka.org • Confédération Générale des Scop : www.les-scop.coop/sites/fr • Coopérer, site des Coopératives d’Activité et d’Emploi (CAE ) : www.cooperer.coop • Entrepreneur social, site ressource pour l’entreprenariat social : www.entrepreneur-social.net • France active, financeur solidaire pour l’emploi : www.franceactive.org • Mouves, Mouvement des Entrepreneurs Sociaux : www.mouves.org • Les Pôles de l’entreprenariat étudiant proposent un accompagnement à la création d’entreprise : www.apce.com/pid11650/liste-des-pee.html • Proj’Aide, site de soutien, au service des jeunes porteurs de projets : www.projaide.fr • Réseau des Boutiques de gestion, conseil aux entrepreneurs : www.bge.asso.fr • Students In Free Enterprise, promeut l’entreprenariat social auprès des étudiants : www.sifefrance.org Union des couveuses, site des couveuses d’entreprises : www.uniondescouveuses.com

à lire Médias engagés • Alternatives économiques, média constitué en coopérative : www.alternatives-economiques.fr • Recma, revue internationale de l’économie sociale : www.recma.org • Reporters d’espoirs, media promouvant les contenus porteurs de solutions : www.reportersdespoirs.org • Youphil, média du monde de l’engagement : www.youphil.com Livres • 80 hommes pour changer le monde, Sylvain Darnil, Mathieu Le Roux, éd. Lattès. Démocratiser l’économie, Hugues Sibille, Tarik Ghezali, éd. Grasset. L’économie sociale de A à Z, Alternatives Economiques Poche n°38 bis - Mars 2009 L’économie sociale. Une alternative au capitalisme, Thierry Jeantet, éd. Economica. économie sociale et solidaire : nouvelles trajectoires d’innovation, Sous la direction de Sophie Boutillier et Sylvain Allemand. éd. L’Harmattan, coll. Marchés et organisation. Ensemble ! Initiatives solidaires en France de Bruno Manuel et Anne Legrand, éd. autrement. Entrepreneuriat social : Innover au service de l’intérêt général. Amandine Barthélémy, Romain Slitine, éd. vuibert. Pour une autre économie, 60 propositions pour l’ESS. Sous la direction de Claude Alphandéry. éd. Alternatives économiques.



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