Page 1

Polbru Mag Périodique de la Zone de Police Bruxelles CAPITALE Ixelles - n° 70

Sommet européen sous présidence slovène

© asbl Atomium - SABAM Belgium 2008

© Robert DEKOCK


D

Edito

imanche, 05 avril dernier, le Bourgmestre de Bruxelles Freddy Thielemans a inauguré le square André Waterkeyn au pied de l'Atomium. Ultime hommage au créateur de cet édifice, qui au fil des temps s'est imposé comme un symbole de notre patrie. Cette événement précède le feu d'artifice du 17 avril prochain qui donnera le coup d'envoi à l'opération "Bruxelles Bonheur", qui se clôturera le 19 octobre 2008... 6 mois de spectacles, d'expositions, de promenades, de soirées et de publications spéciales destinés à commémorer les 50 ans de l'Atomium et sa création pour l'Expo 58. Vous trouverez dans ce PolbruMag des infos-souvenirs sur cette exposition universelle et sur nos collègues, qui, à l'époque, étaient en charge de cette manifestation d'envergure.

Sommaire Editorial 2 Le Chef de Corps 3 Le Président du Collège 4 Marc Vandroogenbroeck 5

L'occasion de renvoyer l'ascenseur à Luc Keunings, historien, spécialiste de la police bruxelloise se présente enfin... Une longue histoire d'amour dont l'origine remonte aux années quatrevingts l'unit à notre Corps et lui rendre justice par l'entremise de notre collègue Benoit Mihail, chef du service historique de la police intégrée , était une aubaine.

Le parrainage 2007 - 2008 8 Au feu les pompiers ... 7

Certains collègues arrivent, d'autres partent, telles vont les choses dans notre zone, comme dans la vie. Cher Marc, Monsieur le Commissaire divisionnaire VANDROOGENBROEK, tu hanteras encore longtemps la mémoire de tous ceux qui t'ont connu. Profite de ta retraite, tu l'as bien méritée! Notre Chef de Corps, Monsieur Roland VANREUSEL, annonce lui aussi son départ. Le « plus Bruxellois des Bruxellois » a participé activement à la réforme des polices et l'a marquée de son empreinte. Sans cet ardent défenseur, la police locale n'aurait certainement pas eu le statut qu'elle a dans la structure intégrée à deux niveaux. Avoir tenu le gouvernail de notre zone de police de Bruxelles CAPITALE Ixelles, avoir maintenu le cap contre vents et marées et avoir fait de ce Corps de police, dont l'importance n'est plus à démontrer, le Corps qu'il est aujourd'hui, à savoir un Corps pas comme les autres, n'a certes pas été aisé. Nous lui souhaitons un bon départ et du succès dans ses futures occupations, puisque nous savons qu'il continuera à être actif, mais autrement.

... l’usage de la Force... 9 Profils de fonction 10 La cellule TAG 10 Nous n’avons pas oublié... 11 La Police de Bruxelles vue par l’historien Luc Keunings

En Bref... 16

Malgré les aléas liés aux départs et arrivées de personnel, la zone de police continuera à assumer ses obligations et notamment celles liées à la police de proximité. En effet, ce 6 mai 2008, le Parc de Bruxelles se transformera en parc d'attractions. Dans le cadre du parrainage des écoles, le « Polbruland » accueillera les classes de 6ème année primaire des établissements scolaires situés sur le territoire de la Ville de Bruxelles. Encadrer 1200 élèves, les amuser, les captiver, passer du bon temps ensemble, leur rappeler le respect de la norme et leur laisser un souvenir inoubliable nécessite une bonne dose d'organisation. Nous pouvons heureusement compter sur l'appui tant de nos collègues de la fédérale et de nos partenaires publics habituels que des associations de quartier. Avis aux amateurs de l'époque napoléonienne, les Fastes qui se dérouleront le 25 juin prochain les mettront à l'honneur. En effet, nous aurons le plaisir de défiler en compagnie de la garde impériale à pied, qui pour l 'occasion, sera en costume d'époque.

2 - Polbru Mag n° 70 - Mai 2008

15

Rédaction et layout CelCom Traduction Ann Estival Impression Imprimerie fédérale Editeur responsable Roland Vanreusel

Publication interne de la Zone de Police Bruxelles CAPITALE Ixelles

ANNÉE 2008 n°70


Le Chef de Corps Roland VANREUSEL Commissaire Divisionnaire de Police, Chef de Corps,

N

ommé commissaire en chef de la Police de Bruxelles en janvier 1995, j’ai aussitôt privilégié la communication notamment par la création d’un journal interne dénommé “POLBRU” et dont le premier numéro paraissait en mars 1995. Grâce aux moyens mis à notre disposition par l’autorité politique (2,6 milliards FB en 1995), nous avons pu, ensemble, procéder à une restructuration profonde du Corps de Police ; celle-ci se traduisait par la construction ou la rénovation de 12 commissariats et le recrutement de 300 nouveaux policiers. En 1995-1996, nous nous lancions aussi dans l’informatisation en abandonnant progressivement nos vieilles machines à écrire “Olympia”. On créait également la première photothèque (Albuphot) et le premier outil statistique ; toutes les radios étaient renouvelées et devenaient individuelles (en septembre 1996, la Police d’Ixelles rejoignait d’ailleurs la fréquence POL.BRU) ; le nombre de caméras en rue était doublé. A la Foire du Midi, en juillet ‘96, y apparaissait le premier commissariat mobile. Une nouvelle Centrale 101 était inaugurée le 11 septembre 1998.

velles méthodes qui rendaient ce Corps de Police plus performant. Mais, cette décennie a aussi connu des moments de tristesse tels que la Marche Blanche en 1996 ou les funérailles de Loubna Benaïssa le 8 mars 1997, des moments de protestation contre le projet de police unique (la Marche Bleue le 12 octobre 1997), ou encore des moments de fierté lorsque S.M. le Roi Albert II nous rendait visite le 12 juin 1996 et S.A.R. le Prince Philippe le 15 mars 1999. EURO 2000, Sommets Européens, grandes manifestations ont pu se réaliser sans trop de heurts grâce à votre professionnalisme et votre dévouement. Et puis arriva la création de la zone en 2001, avec tous les déboires politiques, les hésitations ou les inquiétudes qu’une telle réforme a pu engendrer. Depuis lors, le train de la réforme est sur les rails, mais nécessitera encore des adaptations que mon successeur sera appelé à apporter ; je lui souhaite bon courage ! Ceci était mon dernier “mot” que je dédie à chacun de vous en vous souhaitant bonheur et prospérité.

Bref, ensemble, nous avons “inventé” de nou-

Polbru Mag n° 70 - Mai 2008 - 3


Le Président du Collège de Police

E

n cette année jubilaire de l’Expo 58, il va sans dire que les commémorations seront légion. Bien évidemment, en 1958, l’ampleur jusqu’alors inégalée de ce déploiement a suscité de véritables prouesses d’encadrement policier. Il ne faut pas oublier que, si l’exposition universelle a drainé une affluence record, c’est surtout sur la longueur – six mois ! - que la police de l’époque a dû tenir le cap. Aujourd’hui, nous sommes plus dans une conjoncture où les événements se multiplient et se répètent, ce qui signifie aussi que les techniques s’enrichissent de ces expériences récurrentes. Ainsi, ces expériences toujours plus affinées ne manqueront pas d’être mises à profit lors du nouveau sommet européen qui se profile à l’horizon.

Freddy Thielemans Bourgmestre de la Ville de Bruxelles

Un autre événement qui n’en reste pas là ressortit cette fois à la catégorie littéraire ; il s’agit de notre distingué écrivain-maison Christian De Coninck qui nous entraîne cette fois dans « Het Octopus Complex »… n’hésitez pas à vous y plonger. Et puisque cet édito est manifestement placé sous le signe des habitudes, il en est une autre à laquelle nous ne dérogerons pas, ce sont les fastes du 25 juin prochain ! J’en viens maintenant au départ à la pension de notre Commissaire divisionnaire – Chef de Corps, Roland Vanreusel ; je ne peux manquer d’exprimer ma reconnaissance et mon amitié envers celui qui a mis ses compétences et un savoir-faire exceptionnel au service de notre Police. Je lui souhaite une retraite paisible et passionnée.

Cette année les fastes auront lieu le mercredi 25 juin

4 - Polbru Mag n° 70 - Mai 2008


Portrait

M

© Robert DEKOCK

Après une longue et belle carrière Marc VANDROOGENBROECK, Commissaire Divisionnaire, dirigeant du DCT1 s’en va …..

arc Vandroogenbroeck est né le 3 octobre 1947. Après quelques années passées dans les services extérieurs de la Sûreté de l’Etat, il fait, le 2 mai 1974, sa Joyeuse Entrée à Polbru, en tant qu’AspirantOfficier. Par le biais de courts passages, il fera connaissance de tous les services à savoir Police Secours, la Direction Administrative, la Brigade Judiciaire, CIPOL, les divisions, et d’autres …..

Il deviendra Commissaire de Police le 15 mars 2001 et Commissaire Divisionnaire le 1er avril 2001. Il a connu 3 Chefs de Corps à savoir Messieurs Georges POELS, Pierre VAN DOORSLAER et Roland VANREUSEL.

Nous lui avons demandé quel a été son meilleur souvenir : « La période où j’étais officier de quartier sous la Direction du Commissaire RANSKIN. » En ce temps-là, Fréquentant les cours du soir de l’Ecole Provinciale de nous a-t-il dit, un officier était un officier… . Et son pire Police, il sera en stage de 1974 à 1976, chez des officiers souvenir : « Le jour où, à l’Institut Bordet, en compagnie chevronnés à savoir Messieurs Henri MEURA et Willy du Docteur BONNIVAIR, suite à l’incendie d’un hôtel à Saint-Josse-ten-Noode, j’ai dû faire des constatations sur BOGAERT. 17 défunts dont plusieurs jeunes ». Ayant décroché son brevet d’Officier, il commencera sa carrière de Commissaire-adjoint au DCT13 sous la Di- Et lors des années qui viennent….. il va s’engager dans rection du Commissaire de Police, Monsieur Omer DE- le socioculturel et a déjà entrepris des démarches pour officier dans une chorale, Monsieur le Divisionnaire LATTE. Jusqu’en 1989, il fera la navette entre le DCT13 et le ayant, paraît-il, un beau timbre de voix. DCT24, ayant pour chefs Messieurs les Commissaires de Police René RANSKIN, Emile MARCHAL et Jan DEKEYE En quittant la Police de Bruxelles CAPITALE Ixelles le 31 pour ensuite passer au Centre d’Informations et d’Opé- mars 2008, son plus grand regret sera la perte du rations. contact quotidien avec les collègues et les « gens ». En 1994, il travaillera à l’Etat Major comme Officier Opé- Merci et bon vent Monsieur le Divisionnaire, rationnel et « Porte-parole » de Polbru et ensuite au Ca- Salut Marc. binet du Ministre de l’Intérieur VANDELANOTTE de 1995 Serge Debaere, CDP – DIR.DOC à 1997, date à laquelle, il prendra comme CAIP la direction de la 5° division. Polbru Mag n° 70 - Mai 2008 - 5


LE PARRAINAGE - 2008, C’EST REPARTI !

L

e projet de parrainage des écoles s’est encore élargi à deux nouvelles divisions, la DO4 et la DO5 qui nous rejoignent dans ce formidable projet de prévention destiné à tisser des liens entre des jeunes et la police. Le projet prend tout son sens grâce à la collaboration active d’inspecteurs (trices) de police de notre zone (les parrains et marraines) qui se portent volontaires pour accompagner les enfants de 6ème primaire tout au long de l'année scolaire, et ce à raison de 4 rencontres réparties sur l'année. Lors de la première rencontre, le parrain ou la marraine se présente aux enfants et leur montre, via une présentation multimédia, les différents services de la police locale (INT, la JUD, la PREV, DPZ, la brigade canine, TRA ) et leur explique le concept de police proximité… …tandis que la deuxième rencontre favorise plutôt la discussion à bâtons rompus entre les enfants et leur parrain. Toutes les questions sont bienvenues… “ Comment fonctionne une porto ? Avez-vous déjà utilisé votre arme ? C’est lourd, un gilet pare-balles ? C’est en quelle matière ? “ Lors de la troisième rencontre, les parrains emmènent les enfants sur leur lieu de travail, le commissariat de quartier, ou un autre service de police proche tel la brigade canine de Laeken ou le parc de circulation de Haren, favorisant ainsi le contact et la proximité. Toutes ces rencontres ont pour but de briser les tabous et ou-

6 - Polbru Mag n° 70 - Mai 2008

vrir le dialogue avec les jeunes avant qu'ils n'entrent dans le secondaire. Les parrains et les marraines sont chargés de leur rappeler, sans vouloir remplacer ni les parents ni les enseignants, les grands principes du civisme, à savoir les droits et les devoirs de chacun, le principe de citoyenneté, le respect des biens et des personnes. Cette année, la fête de clôture a eu lieu le mardi 6 mai 2008. A cette occasion, le parc de Bruxelles s’était transformé toute la journée en un gigantesque parc d’attraction pour accueillir tous les enfants ainsi que leurs enseignants, leurs parrains et marraines. Ce fut une occasion exceptionnelle pour eux de passer un moment formidable ensemble et de tisser des liens de complicité et de respect mutuels. Nous avons compté cette année sur la présence d’un millier d’enfants issus de 35 écoles et d’une cinquantaine de parrains.

POLBRULAND,

l’apothéose !

Lors de cet événement, nos partenaires tels les Pompiers, la STIB, la voirie et l’Agence Bruxelles Propreté, Child Focus, ainsi que les associations de quartier ne furent pas en reste et nous ont épaulés de leur présence active toute la journée. Mais les enfants ont pu également repasser encore une fois


en revue l’organisation et la diversité de notre zone, par la présence de stands tenus par nos services. Ainsi, ils ont pu se dépenser sur le parcours sportif préparé par la B.A.A., essayer les fameuses tenues de nos Robocops, participer à une enquête avec notre service de la JUD, répondre aux questions spécialement préparées pour eux par notre service Jeunesse, assister à des démonstrations de la brigade canine, grimper sur les motos, les vélos, les chevaux….bref…

l’instruction publique Madame Faouzia Hariche, de 14h à 15h30.

…ambiance festive, ludique certes, mais également éducative car le thème du civisme a régulièrement été abordé par nos policiers et par nos partenaires. L’activité fut rehaussée par la présence de Monsieur le Bourgmestre Freddy Thielemans ainsi que de l’Echevine de

Valérie Paelinck Coordinatrice du projet parrainage Service Prévention

Au feu les pompiers...

L

a police, les pompiers, deux corps de métiers qui côtoient le danger en permanence…..en intervention, les liens naturels de solidarité s’en trouvent renforcés…. Mûs par la même mission de sauvegarde de l’intégrité physique des personnes, les deux corps se retrouvent régulièrement côte à côte sur le terrain. Nous avons eu l’occasion de rencontrer et d’interviewer le commandant Alain Gibson, figure de proue de ce corps d’élite, bien connu des membres de notre zone qui nous parle de la collaboration entre nos unités et des pistes à explorer pour rendre notre complémentarité encore plus efficiente. Commandant, quel est votre parcours personnel ? Je suis entré en service le 1er octobre 1974. Je faisais partie du 1er groupe d’officiers ingénieurs recrutés par l’agglomération bruxelloise après la fusion en 1973 des 5 services d’incendie qui existaient sur le territoire de l’agglomération à savoir les services d’incendie de la Ville de

© Robert DEKOCK

Bruxelles et des communes d’Anderlecht, de Molenbeek-St-Jean, de Schaerbeek et d’Ixelles. Après un passage aux bataillons de Schaerbeek et d'Anderlecht, j'ai été affecté au département opérations en septembre 1990. Cette année-là , les compétences de l’Agglo sont passées à la région de Bruxelles Capitale et le service d’incendie est devenu un para-régional de type B. Depuis juin 2006, j'assure la fonction de commandant en second. Décrivez-moi le corps des pompiers Nous sommes 1.000 pompiers, répartis dans différents bâtiments situés sur le territoire de la région bruxelloise. Le gros de l’effectif, c’est-à-dire la majeure partie de notre matériel et la logistique mais aussi l’administration du SIAMU (Service Incendie et Aide Médicale Urgente) et le centre 100112 se trouvent à la caserne principale située avenue de l’héliport, à Bruxelles. 4 autres casernes de secteur (Evere, Delta, Anderlecht et VUB) abritent chacune une auto pompe, une auto échelle et des ambu-

lances prêtes pour toute intervention urgente. Restent 4 postes avancés (Cité, UCL, Chenée et Diamant) qui disposent chacun d’une auto pompe et de une ou deux ambulances. Nous sommes également présents avec deux ambulances au service des urgences du CHU St-Pierre et avec une ambulance au service des urgences de la clinique St-Elisabeth à Uccle, ainsi que de l'hôpital Français à Berchem-Ste-Agathe. Nous sommes un corps professionnel qui peut fournir 146 hommes opérationnels 24h/24 durant la semaine et 143 durant le week end. Le travail s’effectue selon un roulement de type 24/72 (24 heures de garde suivies de 72 heures de repos). Le personnel est encadré de jour comme de nuit par 2, voire 3 officiers de garde ainsi qu’un officier de semaine qui est contactable et rappelable. Il reste à comptabiliser les 6 à 8 opérateurs pompiers ou civils préposés au service 100112. Notre mission : de tout temps, fournir pour la région bruxelloise 10 auto-pompes Polbru Mag n° 70 - Mai 2008 - 7


mixtes et 6 auto-échelles, ainsi que 24 ambulances d'A.M.U., susceptibles de quitter les casernes ou postes avancés dans la minute. Comment se passe la collaboration avec les services de police ? En région bruxelloise et d’une manière générale, la collaboration se passe bien. En effet, lorsque nos deux unités sont amenées à collaborer, elles ne se marchent pas sur les pieds et leurs efforts sont correctement coordonnés. Dans le cadre d’un incendie, les priorités pour le corps de police peuvent être résumées comme suit : 1. Sauver des vies 2. Préserver les traces ( empreintes digitales, ADN, etc.) 3. Chercher le ou les éventuels pyromanes, en cas d’incendie d’origine criminelle. Pour le corps des pompiers, les priorités se résument à : 1. Sauver des vies 2. Limiter la propagation de l’incendie 3. Circonscrire l’incendie.

rait en effet dommageable que l’on puisse confondre nos traces avec celles d’un auteur or, nous devons parfois faciliter notre accès aux lieux pour y pénétrer avec nos lances incendie. Pourrait-on encore faire mieux en matière de collaboration pompiers/police ? Si j’avais des conseils à formuler, ils seraient fondés sur mon expérience et ma pratique. Je dirais que tout système est perfectible et que par exemple il y aurait lieu de se pencher sur : 1. Accès des Lieux : La police doit tenter de s’assurer que les pompiers puissent approcher le plus près possible du lieu du sinistre, de manière à pouvoir déployer leur matériel de manière optimale (auto-échelle). C’est en matière de stationnement et de réglage de la circulation que des améliorations pourraient être envisagées. Par exemple en réglant la circulation pour faciliter notre arrivée sur place, en retrouvant les propriétaires des véhicules stationnés qui gênent nos manœuvres ou en les faisant dépanner, en ne stationnant pas leurs propres véhicules de police devant l’immeuble en feu….. ! Il est déjà arrivé que nous déployions nos camions sur le lieu d’un incendie en encerclant les véhicules de

2. Renseignements : Toute seconde gagnée peut sauver une vie ! Les policiers nous facilitent bien souvent la tâche en collectant dès leur arrivée sur les lieux, de précieux renseignements sur la situation en général, le nombre d’occupants de l’immeuble, leur répartition géographique dans l’immeuble, la présence ou non de blessés, de personnes à mobilité réduites, à handicap ou dont l’âge limite l’autonomie, comme des bébés ou des personnes âgées, s’il y a des personnes dont on est sans nouvelles, si des personnes sont réfugiées en terrasse, sur les toitures ou à l’arrière d’un bâtiment. 3. Contrôle des badauds : Les policiers nous aident en empêchant les mouvements de panique qu’entraîne inévitablement la survenance de sinistres, mais aussi en évitant que les curieux ne nous gênent dans l’accomplissement de notre tâche. 4. Prudence : Si d’aventure un policier devait pénétrer sur les lieux d’un sinistre, je lui donnerais le même conseil que celui que je prodigue aux pompiers, à savoir, rester en contact visuel avec son binôme et ne jamais se déplacer au-dessus du foyer d’incendie parce que le retour est incertain ! (feu au 4ème étage, ne jamais aller au 5ème voir ce qui s’y passe). Par contre, je lui demanderais d’essayer tant que faire se peut de limiter la propagation du feu en fermant les portes pour ne pas créer d’appel d’air qui alimenterait le feu. Une conclusion ? J’ai le sentiment qu’au-delà des nos différences, nous sommes tous, pompiers et policiers mus par le même sens du devoir. Chacun dans sa spécialité, nous sommes au service de la population.

© Robert DEKOCK

Ces finalités -similaires pour la première priorité- sont complémentaires. En effet, dès que la situation est maîtrisée, nous figeons la situation et nous nous retirons après avoir rendu compte au policier en charge de l’affaire. Nous l’avisons de toutes les constatations que nous avons rassemblées quant aux causes probables de l'origine du départ du feu, mais nous lui signalons aussi si les traces d’effraction qu’il constate sont le fait d’un éventuel cambrioleur ou si elles nous sont imputables. Il se-

8 - Polbru Mag n° 70 - Mai 2008

police qui se retrouvent piégés sans pouvoir quitter les lieux. Il est aussi arrivé qu’une voiture de patrouille ait été sciemment placée en travers de la route pour empêcher les curieux d’approcher, mais que le chauffeur soit absent et que donc le véhicule ne puisse pas être immédiatement dégagé pour nous laisser le passage. Il ne faut pas oublier que nos engins ont des dimensions respectables et qu’une largeur de 4 m 50 est nécessaire pour pouvoir sortir les vérins et stabiliser une grande échelle.

© Robert DEKOCK


L

La Police... l’usage de la Force... la contrainte

'utilisation de la force liée à l'exercice de la Justice est devenu un élément que cette Dame tolère mais dont il lui est difficile de faire état.

Dans son livre "Surveiller et Punir", le philosophe Michel Foucault évoque notre passé et parle -entre autre- de la disparition du caractère public de la peine de mort. L' « Ultime » punition a cessé peu à peu d'être un spectacle! On la soupçonnait d'ailleurs d'entretenir avec le crime de louches parentés, de l'égaler, sinon de le dépasser en sauvagerie, d'associer le bourreau à un criminel, les juges à des meurtriers et de faire du supplicié un objet de pitié voire d'admiration. Les sanctions physiques ont, au fil du temps, été remplacées par l'incarcération qui se définit comme une privation de liberté. L'objectif n'est plus de redresser les corps mais de réinsérer l'individu. Une des tâches qui nous sont dévolues « consiste à rechercher les crimes, les délits et les contraventions, en rassembler les preuves, et en livrer les auteurs aux tribunaux chargés de les punir ». Mais cette livraison suppose une arrestation préalable. La caractéristique principale de l'arrestation étant la privation de la liberté d'aller et venir, elle doit malheureusement souvent se faire sous la contrainte Elle implique aussi l'utilisation d'une batterie de termes tels que menottes, clefs de bras, ou matraque, vocables jugés honteux par certains, même si souvent, on ne peut faire autrement. Il est loin le temps où le prévenu faisait preuve de fair-play, suivait le policier sans rechigner, coopérait avec la police et avouait tous ses crimes. Cette époque est révolue, preuve en est la pléthore de plaintes à l'égard des policiers, pour usage abusif de la force. Si certaines de ces allégations s'avèrent exactes et justifiées, et nécessitent une juste sanction à l'égard de leurs auteurs, d'autres sont soit, des manœuvres utilisées par les suspects pour tenter de minimiser leurs propres délits, soit des tactiques de représailles envers les policiers qui ont mis fin à leurs agissements. Mais négliger l'impact de ces plaintes injustifiées serait une grave erreur. On n'évoquera même pas les outrages, les coups ou les rebellions que tout policier de terrain encaissera au moins une fois dans sa carrière, à moins qu'il ne soit particulièrement chanceux. Certaines mauvaises langues diront que cela fait partie des risques du métier. Quoi qu'il en soit, justifiées ou non, ces plaintes entraînent le même mécanisme: un dossier est ouvert, le service de contrôle interne,

Photomontage

voire l'inspection générale de la police procédera à une ou plusieurs auditions du ou des policiers intervenants. D'aucuns affirmeront qu'un policier est assermenté et que dès lors, sa parole devrait primer celle d'un prévenu. Cela signifie-t-il que toute plainte impliquant un policier devrait être systématiquement rejetée? Personne aujourd'hui n'oserait défendre cette thèse. Dans un état démocratique, il est normal que toute plainte fasse l'objet de vérifications. Dans ce contexte, on peut aisément comprendre l'hésitation des policiers à intervenir seul dans une affaire. L'absence d'un collègue qui pourrait apporter un troisième son de cloche (pas de facto dissonant) à une histoire, donne à réfléchir...et l'utilisation de la force doit être considérée comme un dernier recours lorsque tous les autres moyens tels que la diplomatie et la persuasion ont été épuisés. Cependant la légitime prudence, ne peut, en aucun cas, se muer en inertie. Nous sommes par définition les garants de la paix publique, notre rôle de régulateur implique le rétablissement de la norme et nous sommes fiers d'en être les gardiens.

Lors d'une des dernières grand-Messes, Monsieur le Procureur du Roi de Bruxelles, Bruno Bulthé, nous a assuré, du soutien inconditionnel aux policiers, qui assurent correctement leurs missions. Conscient de nos difficultés quotidiennes, cet homme de terrain, ancien Juge d'Instruction, a martelé à plusieurs reprises que "force devait rester à la loi". Pascal Petermans

Polbru Mag n° 70 - Mai 2008 - 9


Les profils de fonction • Définir des fonctions spécifiques et établir un profil pour celles-ci. Cette mesure n’était pas encore mise en application • Motiver les mutations. Cette mesure était déjà mise en application. Ces recommandations ont été approuvées au Comité de Concertation de Base (fin 2006) et à partir de ceci un groupe de travail a été lancé (début 2007). Il convient donc maintenant de définir des profils de fonction pour tous les membres du personnel.

E

Dans un premier temps, les représentants de la structure opérationnelle et fonctionnelle d’appui et la structure territoriale (DIR District) seront invités.

ntre octobre 2005 et novembre 2006, un groupe de travail concernant les mutations a été lancé. Celui-ci a été dirigé par le Service des Relations Internes et regroupait les représentants des organisations syndicales et la Direction Générale. Trois recommandations ont été faites suite au groupe de travail :

En collaboration avec HRM/RI et la Direction Générale, toutes les fonctions au sein des différents services sont rassemblées. Plus tard, toutes les fonctions seront revues, une par une, suivant les qualités requises par la direction des différents services afin de se fondre dans un ensemble uniforme. Dans un second temps, ces profils seront discutés avec les organisations syndicales représentatives. Etat actuel du groupe de travail : La première phase est en plein achèvement et le but actuel est de commencer la seconde phase avant le mois de juin.

La Cellule Tag

• Prévenir par écrit les personnes concernées par une mutation. Cette mesure était déjà mise en application

L

a CELTAG a été transférée en 2007 du service « recherche locale –renseignements généraux » vers le service « ADM ».

Grâce à l’énorme travail de l’INP Ghislain MAHIEU et (depuis peu) son collaborateur Didier GUILLOT la banque de données contient quelques 1.465 taggeurs connus ainsi que 25.000 signatures. En mars dernier, cette cellule a pu identifier un taggeur qui avait à son actif quelques 50 tags à 33 endroits différents dans notre capitale. La Ville de Bruxelles réclamera les frais de nettoyage qui se chiffreraient à plus de 200.000 euro. Puisque la carrière de l’INP Ghislain MAHIEU se termine bientôt, il espère former un(une) successeur. Les intéressés peuvent prendre contact avec le service.

10 - Polbru Mag n° 70 - Mai 2008


Nous n’avons pas oublié... L’ Expo 58, officiellement appelée « Exposition Universelle et Internationale de Bruxelles », fut un événement d’envergure dont nos anciens se souviennent avec une certaine nostalgie mais aussi une grande fierté, et pour cause, puisqu’ ils en firent partie! environs, avait dû être revue. Ainsi, dès 1956, de gigantesques travaux avaient été entrepris. Les boulevards de la périphérie du pentagone avaient été aménagés en voies rapides (la « petite ceinture ») et le premier tronçon du ring autoroutier avait été construit pour faciliter l’accès au plateau du Heysel aux millions de visiteurs et à leurs véhicules. Parallèlement le ciel bruxellois voyait fleurir les premiers gratte-ciels, signe d’un renouveau urbanistique et avant-gardiste. L'expo 58 se voulait la vitrine d'un monde en ébullition, la synthèse des richesses matérielles et des Rappelons-nous que ce fut la première exposition idées novatrices. Après les périodes sombres et trouuniverselle de l'après guerre, les précédentes datant bles émergeait l’espoir que la modernité et les noude Bruxelles en 1935, de Paris en 1937 et de New-York velles technologies étaient susceptibles d’améliorer le sort de l’Homme. en 1939. © asbl Atomium - SABAM Belgium 2008

Cette manifestation, inaugurée par le Roi Baudoin 1er s’est déroulée entre le 17 avril et le 19 octobre 1958, sur un site d’une superficie de plus de 200 hectares, regroupant non seulement le Palais des Expositions, mais encore le Bois d’Osseghem, le Parc de Laeken, ainsi que le château et le parc du Belvédère.

Pendant quelque mois, Bruxelles eut le statut de « capitale universelle », hébergeant des institutions et des représentants de tous les pays. Comme Il s'agissait d’une exposition universelle, celle-ci, à la différence d’une exposition internationale, couvrait TOUS les secteurs d'activités.

Et des prouesses techniques, il y en eut ! Pour preuve, l’Atomium, conçu par l’ingénieur André Waterkeyn et érigé par les architectes André et Jean Polack. 46 pays avaient répondu à l’appel, en ce compris, et Cette structure, qui n’était pas destinée à survivre à fait caractéristique marquant pour l’époque, les deux l’Exposition représentait la maille élémentaire du crisgrandes puissances qu’étaient les Etats-Unis et tal de fer agrandie 165 milliard de fois et un clin d’œil l’Union Soviétique, qui, en pleine guerre froide, discrets aux neufs provinces belges de l’époque. étaient en compétition pour la course aux étoiles, Cet édifice, témoin des capacités technologiques voire la conquête de l’espace (le premier satellite belges est devenu, avec le temps, un élément majeur russe Spoutnik 1 lancé le 4 octobre 1957 constituait du paysage bruxellois. un traumatisme pour les Américains qui devront attendre le 10 août 1960 pour répliquer avec l’envoi de Le site de l’expo était divisé en plusieurs sections : la capsule américaine Discoverer 13). 1. La Belgique et « ses colonies » ; le Congo Belge et le En prévision de cet évènement d’importance interna- Rwanda-Burundi s’étendaient sur un tiers de toute tionale, l’infrastructure routière de Bruxelles et ses l’expo ( 66,5 hectares de surface brute dont les bâtiPendant 6 mois, le plateau du Heysel s’est transformé en un microcosme du monde !

Polbru Mag n° 70 - Mai 2008 - 11


Rotary Club, Philips et les églises protestantes) participaient à cette aventure. Chaque participant occupait un pavillon.

Le Heizel

3. Les Sections Internationales comportaient des pavillons sur une superficie de 11.700 m². Elles comprenaient la Communauté européenne du charbon et de l'acier (la CECA) avec son tunnel d’une mine de charbon de 280 mètres de long recréé pour l’occasion, le Conseil de l’Europe et l’Organisation Européenne de Coopération Economique, les Nations Unies, le Palais de la coopération mondiale et le Benelux.

© AGR-AR © asbl Atomium - SABAM Belgium 2008

ments occupaient 17,5 hectares ) qui comprenait 81 4. Le Parc d’attractions était réparti sur deux endroits pavillons.Ils brassaient tous les domaines, l’aéronau- et restait ouvert jusqu’à 4 heures du matin. On y retique, la distribution de presse, l’agriculture, l’horti- trouvait notamment les fidèles grande roue, autoculture et l'élevage , les forêts, la chasse et la pêche, la tamponneuses, train fantôme et montagnes russes. téléphonie, le bois, le papier, 5. La Section Internationale la métallurgie, l’énergie des Beaux-Arts se trouvait (eau, air, charbon , gaz, péau Palais VII du Heysel. Pour trole, électricité), l’industrie beaucoup de visiteurs, chimique, l’alimentation ( c’était l’occasion de se famichocolats, boissons galiariser avec les Arts plaszeuses, conserves), le tabac, tiques, tels que la peinture, le textile, les articles de pale verre et la Céramique et la rure et de fantaisie, les artibijouterie. Une exposition cles de luxe ( cuir et peaux, des toiles de Cézanne, Gaubijoux et diamants), les guin, Ensor, Monet, Renoir, transports terrestres, mariMatisse, Picasso, Dali, Matimes, fluviaux et aéronau- Promenade des Etoiles gritte, Delvaux, Hopper y tiques, l’électronique, la © 2008-S.A.D.O-Roland © asbl Atomium - SABAM Belgium 2008 était également visible. Poste et les télécommunications, les banques, les assurances mais aussi les La musique, la cinématographie et la littérature n’étaient pas en reste. 406 films expérimentaux ont beaux-arts, les sciences, l’éducation et la santé. Toutes les formes d'activités belges y étaient repré- été montrés dans cinérama, et d'un amphithéâtre de sentées soit dans des pavillons collectifs, soit dans des 4000 places. pavillons individuels. Il y avait également un poste 6. Le palais de la Section Internationale de la Science de police (pavillon n° 62 – voir infra). se trouvait au Palais VI du Heysel. Divers sujets tels La Section du Congo Belge (et Rwanda-Burundi) dis- que la conquête de l’espace, la géologie, la chimie, la posait de 8 hectares sur lesquels étaient disposés 7 physique, la médecine et la biologie y étaient dévepavillons dans lesquels le public pouvait d’une part, aborder les domaines tels que le Gouvernement Général, l’agriculture, les mines et les industries métallurgiques, le commerce, les banques et les assurances, la construction et le transport, et d’autre part, des représentations grandeur nature de la faune et de la flore ( jardin tropical) spécifiques à ces colonies. On pouvait même y découvrir un village africain.

Pavillon Philips

2. Les Sections Etrangères comprenaient 50 pavillons établis sur un terrain de 465.000 m². 46 pays étrangers (dont le Vatican) et 4 organisations (Croix Rouge, © AGR-AR © asbl Atomium - SABAM Belgium 2008

12 - Polbru Mag n° 70 - Mai 2008


loppés. L’objectif était de donner un aperçu des développements des 25 dernières années dans les 4 domaines des bases de la science, que sont la molécule, l’atome, le cristal et la cellule vivante. Il y avait également un département de l’expédition belge au Pôle Sud. 7. La section du Folklore, originellement baptisée « Belgique 1900 », voulait donner une image de la Belgique Joyeuse. Cette section répartie sur une superficie de 5 hectares comportait 150 maisons historiques occupées par la restauration et les magasins. 10 restaurants, 40 cafés et 5 salles ou l'on pouvait danser accueillaient les visiteurs à bras ouverts. La bière belge, produit national, y était à l'honneur. La partie historique de l’Exposition contrastait avec le modernisme (et parfois le futurisme) des autres bâtiments dans les autres sections. Les cuisines locales (belges mais aussi étrangères) pouvaient être savourées à divers endroits du site parce qu’en plus de la concentration de restaurants dans la section Folklore, il y avait également des restaurants dans les sections étrangères afin de faire découvrir la cuisine du pays.

gare de tramways bruxellois, un héliport, des garderies d'enfants, etc.

© AVB-ASB

© asbl Atomium - SABAM Belgium 2008

Quelques chiffres : L'enceinte de l'expo ne mesurait pas moins de ... sept kilomètres. Quarante-deux millions de visiteurs sont venus apprécier les progrès techniques et scientifiques du monde moderne dans une ambiance optimiste et joyeuse.

Les visiteurs ne pouvaient pas passer par l'Expo 58 sans déambuler dans les magnifiques jardins de l’exposition,sans y admirer les fontaines de l’esplanade et la cascade (escalier) d'eau d'une longueur totale de 450 mètres, comprenant 53 marches de 11 mètres de largeur ainsi que la passerelle en hauteur dont les dimensions étaient de 15 mètres de haut , 450 mètres de long, et 25 m de large et qui avait été érigée pour faciliter le passage aux visiteurs qui ne désiraient pas emprunter le terrain escarpé des Sections Etrangères.

Plus de 15 000 ouvriers ont été mobilisés, les Tout avait été conçu pour travaux ont duré 3 ans. 15.000 mètres cubes que la nuit, l'Expo 58, soit de terre ont été creusés. une féérie pour les yeux. Les L’expo a duré 6 mois. Jusqu’à 52 000 chopes de bière étaient vendues chaque jour dans chaque café! Septante restaurants ont proposé les cuisines du monde. Deux mille journalistes du monde entier se sont déplacés. Un parking de 110 hectares avait été aménagé pour accueillir 36.000 voitures, 2.000 autocars, 1.400 motos et 5.000 vélos.

éclairages et jeux de lumière appropriés, qui nécessitaient une puissance électrique totale suffisante pour alimenter une ville de plus de 50.000 habitants étaient un vrai régal pour les noctambules.

300 hôtesses et un grand nombre d’interprètes bénévoles ont été recrutés pour accueillir les visiteurs.

135 km de cables électriques ont été nécessaire pour subvenir aux besoins d'électricité de Le déplacement des visi- tous les pavillons. teurs à l’intérieur du site était assuré par un télé42,5 millions de KW/H, 3 millions de m³ de gaz siège de 165 cabines ainsi que par un important ré- et 1 million de m³ d'eau ont été consommés seau de trains. Notons d’ail- pour l'événement. leurs que l’on y trouvait une

© AVB-ASB © asbl Atomium - SABAM Belgium 2008

Polbru Mag n° 70 - Mai 2008 - 13


POLICE:

inspecteur), 1 CA ( commissaire-adjoint) , 2 A.S. et 6 candidats A.S.

1) La police de Bruxelles a augmenté son effectif de 125 policiers ( entrés en service le 1-3-1958) pour gérer l'événement.

5) Les policiers devaient être toujours en tenue impeccable, gantés, rasés de frais, avoir les cheveux coupés décemment, avoir les ongles propres, ne pouvaient pas fumer, devaient saluer préalablement toute personne qui les interpellaient, devaient se tenir fièrement et avoir un sourire avenant. L'attitude du policier devait forcer l'admiration des Belges et étrangers qui se trouvaient dans nos murs. Le monde entier devait savoir que la police de Bruxelles était composée de «gentleman».

2) L'effectif des motards est passé de 20 à 40 unités.

3) La société de l'exposition a recruté 26 policiers supplétifs parmi les anciens policiers et gendarmes. Ils étaient répartis en 6 sections placées chacune sous la direction d'un candidat A.S. ( Agent Spécial = Inspecteur Principal = INPP ) qui suivait le roulement de service de sa section. Ils s'occupaient de la surveillance 6) Pas mal de policiers ont participé à l'examen d'inde l'intérieur de l'exposition. terprètes bénévoles. On les reconnaissait grâce à une carte officielle, un insigne d'interprète, et par un 4) Le poste de police de l'exposition était établi dès le badge cousu sur leur uniforme. 1-3-1958 avenue de l'Atomium et fonctionnait sous la direction du Commissaire de police de la 8ème di- 7) Un dispatching circulation Expo a spécialement été vision. Il comprenait 1 CAI ( commissaire-adjoint- créé pour cette occasion.

Vue générale ©2008-S.A.D.O-Roland

© asbl Atomium - SABAM Belgium 2008

I) Les photos ont été publiées avec l'aimable autorisation de l'asbl Club Atomium sise Square de l'Atomium à 1020 Bruxelles et de la SCRL SABAM, ayant son siège social Rue d'Arlon 75-77 à 1040 Bruxelles. II) Le texte est une compilation des informations trouvées aux sources suivantes: 1) Internet: http://www.atomium.be 2) Internet: http://www.brussels-expo58.be 3) Internet: http://www.expo58.tk 4 ) Internet: http://www.wikipedia.org 5 ) Guide de poche de l'expo 1958 Journal La Cité – Het Volk 6 ) Archives de la Ville de Bruxelles – Ordres Administratifs de la Police de Bruxelles 14 - Polbru Mag n° 70 - Mai 2008


I

La Police de Bruxelles vue par l’historien Luc Keunings

l y a si peu d’historiens de la police en Belgique que l’un d’entre eux méritait bien un article dans ce journal … surtout qu’il s’agit d’un spécialiste de la police bruxelloise ! L’histoire étant devenue une profession hyper-spécialisée, M. Luc Keunings peut même être décrit comme un spécialiste de la police de Bruxelles au XIXe siècle. Lui-même bruxellois, il vient à l’histoire de la police sur les conseils du grand historien belge Jean Stengers, et défend en septembre 1980 un mémoire de licence sur l'histoire de la police à Bruxelles (1831-1914). A cette époque, le sujet n’intéresse pas du tout le monde savant et Luc Keunings fait office de précurseur. Il poursuit ensuite sa carrière d’historien de la police avec de très nombreux articles et, récemment, deux petits ouvrages à un prix très démocratique publiés par la Ville. J’en donne ici un bref aperçu. Le livre “Les forces de l’ordre à Bruxelles au XIXe siècle” nous apprend que notre police est presque partie de zéro à partir de l’indépendance. En 1831, les effectifs sont de 33 hommes ! « La police de la ville, généralement parlant, ne vaut absolument rien », précise alors un rapport de la Sûreté publique. Certes, il faut se souvenir que la police est secondée par d’autres forces, comme les sapeurs-pompiers et la garde civique. Héritière de la garde bourgeoise de 1830, cette dernière rassemble de simples citoyens à qui l’on confie des tâches de maintien d’ordre. Sans compter la gendarmerie, encore très modeste en effectifs mais dont la présence à Bruxelles suscite déjà quelques frictions avec la communale.

Dans ce contexte, les bourgmestres auront fort à faire avant de pouvoir disposer d’une police professionnelle et bien organisée. En 1847, une première réforme tente de rapprocher l’organisation du corps de celle des polices de Londres et Paris. Grâce à Charles Buls, le niveau du recrutement monte d’un cran en 1882, avec la création d’un examen d’admission digne de ce nom. Enfin, à l’aube du XXe siècle, on commence à dispenser une formation judiciaire sérieuse et surtout, on crée la première école de police (1905). Les forces de l’ordre de la Belle Epoque sont donc encore loin de notre police moderne. Il est toutefois amusant de constater certaines similitudes. Par exemple, à la lecture des nombreuses biographies retracées par Luc Keunings, on remarque que la plupart des agents ne sont pas bruxellois d’origine, et que la mobilité est grande. Révoqué en 1873 pour avoir calomnié ses chefs, l’Anversois Joseph Voets entre ensuite à la police … d’Anvers. Quant Léonard Courtois, né à Ostende, il devient détective privé après sa pension, puis est condamné en 1897 pour le meurtre d’une veuve à Ixelles. Rassurez-vous, je cite ici des exceptions ! Le livre évoque aussi des destins plus nobles, comme celui d’Antoine Spitz, le tout premier officier de police mort en service, ou le commissaire en chef Bourgeois, à qui l’on doit l’introduction du revolver et du casque, ainsi que création de la brigade canine et de la brigade montée. Le deuxième ouvrage, Police secrète et secrets de police à Bruxelles au XIXe siècle, concerne davantage une fonction

spécifique de la police à cette époque : la surveillance des agitateurs et des étrangers jugés dangereux, en partenariat avec la Sûreté publique (ancienne dénomination de la Sûreté de l’Etat) et – encore – la gendarmerie. A l’aide de nombreuses reproductions en couleurs, Luc Keunings nous plonge au cœur des conflits sociaux et des tensions qu’ils suscitent entre les forces de l’ordre. En effet, les bourgmestres ont tendance, malgré leur mentalité plutôt conservatrice, à vouloir limiter l’immixtion des pouvoirs publics dans la vie sociale, au nom de la défense des libertés individuelles. Une leçon riche d’enseignements pour notre époque !

A lire : Luc KEUNINGS, Polices secrètes et secrets de police à Bruxelles au XIXe siècle, Editions des Musées de la Ville de Bruxelles, 2007 (Historia Bruxellae, 11) et Les forces de l’ordre à Bruxelles au XIXe siècle. Données biographiques, Editions des Archives de la Ville de Bruxelles, 2007 (Studiae Bruxellae, 4) On pourra aussi consulter son article « Du gardeville à l’agent de police » dans la revue L’Officier de police, novembre 1988, ou encore « L'évolution d'un corps de police urbain: la police de Bruxelles (de 1831 à 1914) », dans le Bulletin trimestriel du Crédit Communal de Belgique (n° 145 de juillet 1983). Benoît Mihail, Chef du Service historique de la police ; conseiller scientifique à l’ULB

Polbru Mag n° 70 - Mai 2008 - 15


En bref... Carnet Rose Cette année, notre zone de Police aura, une fois de plus, l’occasion d’accueillir le parcours des 20 kilomètres de Bruxelles au départ de l’esplanade du Cinquantenaire. Pour la 29ème édition de la course, ce sont plus de 25 000 participants qui seront dans les starting-blocks le dimanche 25 mai, et parmi eux l’équipe « Police Bruxelles CAPITALE Ixelles ». L’an passé, 46 membres de la zone ont participé à l’épreuve.

Anke De Bock et Kenneth Van Damme (TRA/O/C-B) nous font part de la naissance de Lotte le 17 mars 2008 Christiane De Ridder (INT/DPZ) et Koen Michiels nous font part de la naissance de Matteo le 31 mars 2008

Pour l’édition 2008, votre participation a été une nouvelle fois sollicitée. Cinquante « polbrusiens » ont ainsi pu être inscrits gratuitement auprès des organisateurs. Nous espérons que vous serez nombreux à les encourager le 25 mai et leur souhaitons bonne chance !

EuroTop, et de 25 !

Le jeudi 20 mars 2008 est paru aux éditions Houtekiet, le second roman du commissaire Christian De Coninck. Tout comme dans le premier roman, l’histoire est un thriller qui se déroule à Bruxelles. L’énigme est indépendante de De Praagse Connectie, mais les personages sont les mêmes. L‘histoire commence avec la mort d’un homme d’affaires influent, lorsque sa voiture explose en plein coeur de Bruxelles. La police craignant un acte de malveillance, charge le commissaire Stijn Goris de l’enquête. Quelques jours plus tard deux autres hommes d’affaires sont assasinés à Bruxelles. Goris est mis sous pression. Il trouve un lien entre les meurtres, mais il ne peut pas empêcher que d’autres personnes soient tuées. Elles meurent de façon terrible. Le meurtrier réussit à commettre ces délits presque de façon simultanée. Goris se rend compte que son adversaire est quelqu’un de très intelligent et qui en plus est très bien au courant de l’enquête. A qui Goris peut-il faire confiance?

Les 13 et 14 mars 2008 s'est tenu à Bruxelles, le Sommet européen, présidé par la Slovénie. Une chose tout à fait banale, si ce n'est que ce sommet était le 25e Sommet européen qui s'est tenu à Bruxelles, sous la direction du commissaire divisionnaire, chef de corps, Roland Vanreusel. Lorsque les autorités politiques avaient décidé d'organiser tous les Sommets à Bruxelles, cette décision a provoqué une petite onde d'anxiété au sein de notre corps de police. En effet, quelques mois auparavant, des rencontres au sommet à Göteborg et à Gênes avaient dégéneré. En décembre 2001, le premier Sommet européen à Bruxelles (le sommet de Laeken), a été un grand succès en matière d'organisation policière. Depuis la Police de Bruxelles CAPITALE Ixelles gère ces sommets européens et aucun incident grave n'a été déploré.

PolbruMag 70  

Revue d'information de la police de Bruxelles CAPITALE Ixelles

Read more
Read more
Similar to
Popular now
Just for you