Poketudiant Mag - N°12 - MARS 2018

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16 ISSUE N° 12

CONTENTS LEADERSHIP

OUM INTERVIEW

AVEC

P.06

AFROMOROCCAN EMILIE LOVES CASA, CASA LOVES EMILIE.

LIFE-HACKS ACCUEILLEZ VOS PEURS AVEC COURAGE BY IKA COACH

P.10

TAXI TRIP.

BY CHADI CHAFI

P.16

FASHION /DESIGN

STUDENTS’ STORIES P.27

WASTE OF DIAPERS

BY INCHIRAH KOSSABY P.22

27

30

SHAPED: HANDCRAFTED WOOD EYEWEAR.

P.21

INSPI’ LE TEST DU SUCCÈS

BY ARMAND TAMAFOUO P.30

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Y

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es, sometimes I would do that, keep you guys posted on how this project is evolving, our ambition for it, as well as the issues we face to get those magazines to you guys.

RIBUT

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Oumaima MALIKI *Al Akhawayn University of Ifran

On est au beau milieu de la deuxième année d’exercice, on s’amuse comme des fous et on galère comme des chiens. Yes, we chose the hard way, printing isn’t easy and is only done by moguls (compared to us) with huge financial capabilities. But that’s how we decided to approach you. By being physically present within your schools and universities, gather you around those principles of creativity, sharing, and building a community of Moroccan students that has its voice heard. Our work is getting better. The magazine has now fans awaiting it, being delivered in 8 cities across the country, in the best higher studies establishments. And guess what, it’s not even our ultimate goal. More platforms are coming, more fun, more online presence and more innovations that aim to entertain you, widen your horizons, bring you together and simplify your life. But before going anywhere else, we need to get the advertisers and the biggest media budgets to trust us. They have to understand the importance of the student’s target audience as future decision makers and present prescriptors within their families. We’ve had enough of companies allowing budgets to projects, because someone knows someone and not by analyzing the value it can bring. Enough of managers only backing projects founded by relatives and acquaintances. Enough of decision-makers who are looking to get bribed in order for them to work with us, and enough of lazy managers grabbing a coffee between every two cigarette-breaks. Today only a very few courageous and visionary companies have seen the potential this project offers and I use this opportunity to show my unconditional respect to them for that. off.

Walid CHERQAOUI *TBS Toulouse

Yasmine BENKIRANE *ENCG

Younes EL HAMIDI *Université Mohamed V

Imane RAHJ *Prof Universitaire

I have plenty to write, to put you on the picture but there’s no space for me to expand. Our number-of-pages budget limitation is already making the magazine crowded and keeping it from growing bigger. Plenty of students-contributors want their articles published but we can’t have them all up at once. Big accounts the time is now, be smart, be ahead of time and surf the Poke-wave. We’re booming anyway, so you better be already on board when that happens.

Aymen CHERQI *ENCG

Nawfal Ouaadil

Directeur de Publication

Armand TAMAFOUO *ISCAE

Jihane GHAYAT *ENCG

Omar JAHFA *ENCG

Inchirah KOSSABY *Faculté de Médecine dentaire

Dr Bahaeddine LAZHAR *Médecin Militaire

Safaa ZAHIR *ENSA

Intissar Karima AOUADA "IKA COACH"

Chadi CHAFI *ENCG

N ° de dépot légal : 12/20 ISSN: 2605-5767 Publié par : MIND7 Tirage : 10.000 Exemplaires.

Imprimé chez :

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Presque tous les pays du monde sont nommés d’après l’une de ces 4 choses

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zzaf dial nass tay 7essou bwa7ed strong sentiment de patriotisme en entendant le nom de leurs pays d’origine. Mais que signifie ce nom ? Ce n’est peutêtre pas aussi royal que vous l’auriez cru. Cependant, comment ne pas aimer une traduction comme «Barbu» ou encore «écaille de poisson»? Selon une recherche compilée par Quartz à partir du livre de référence de toponymie «Oxford Concise Dictionary des noms de lieux du monde», te9ribane ga3 smiyat dial les pays dial l3alam msemyine 3la we7da men had 4 dial l7wayj (bien que de nombreuses origines sont incertaines). Here are some examples :

1. Caractéristiques de la terre : Environ un quart des pays du monde ont obtenu leur nom à partir d’une description de la terre. • « Iceland » s’appelait à l’origine Snæland, «Snow Land», mais son nom actuel vient des colons scandinaves qui l’ont renommé pour dissuader les visiteurs. • « Guatemala » a une origine peu claire, mais il peut provenir du mot aztèque « Quauhtemallan » signifiant « terre de nombreux arbres » ou « terre de l’aigle ». Il peut aussi être nommé d’après le mot «Guhatezmalha», signifiant «montagne de l’eau jaillissant», qui fait référence au volcan d’Agua.

2. Une description directionnelle Te9riban b7al la catégorie li 9bel, celle-ci est plus spécifique géographiquement. Selon Quartz, environ 25 pays sont nommés pour leurs emplacements.

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• « Australia » vient du nom grec «Terra Australis Incognita», qui signifie « Terre Inconnue du Sud », les Grecs imaginaient un endroit lointain dans l’hémisphère sud 9bel matektachef l’Australie. • «L’Irlande vient de Iar-en-land, « terre à l’ouest », du mot gaélique iar, signifiant « ouest ». • « Maghreb » en arabe fait directement allusion au fait que le pays est à l’extrême nord-ouest du continent Africain mais «Morocco» ou « Maroc » est dérivé de marrūkus, l’ancienne version arabe de Marrakech, ancienne capitale du Royaume.

3. Un nom de tribu Un tiers des pays ont reçu leurs noms actuels d’un groupe de personnes. Selon Quartz, cette catégorie inclut non seulement les pays nommés d’après des tribus, mais aussi ceux qui sont nommés en utilisant les attributs de leurs peuples autochtones. • «L’Albanie» tire son nom de la tribu des Albanoi. • «La Hongrie» tire son nom de «Sur Ogur», le nom d’un groupe de tribus, qui signifie «dix flèches». Voici quelques exemples de pays nommés d’après une caractéristique de leur peuple: • «La Macédoine» vient de l’ancien mot grec «mak», qui signifie «haut» ou «grand», peut-être en référence à leurs habitants grands de taille. • «La Papouasie-Nouvelle-Guinée» tire son nom du mot malais «papuah», qui signifie «hommes aux cheveux crépus».

4. Une personne importante ...

25 autres pays ont été nommés d’après des hommes historiques respectés, à l’exception d’un seul pays nommé d’après une femme. • «Les États-Unis d’Amérique» ont gagné la partie « Amérique » en l’honneur de l’explorateur italien, Amerigo Vespucci, qui a été le premier à affirmer que ce que les explorateurs du continent pensaient être l’Asie était vraiment le ‘Nouveau Monde’. • «Les Philippines» sont nommées d’après le roi Philippe II d’Espagne. • « Sainte-Lucie » est censée avoir été découverte par Christophe Colomb, et baptisée du nom de la martyre chrétienne Sainte-Lucie.

Et le reste du monde : Ou kayn dakchi li b9a madakhelch fhad les quatre catégories principales. Par exemple, l’Archipel des Comores signifie «Lune» d’après le mot arabe «al qamar»; et le Mexique, qui est probablement une simplification espagnole de la ville aztèque Metztlixihtlico, signifiant «Dans le nombril de la lune». Le Bhoutan, smitou « Druk Yul » blougha dialhoum, et c’est une phrase qui signifie « Terre du dragon du tonnerre ». Ila bghiti t9elleb 3la chi blad qui n’est pas mentionnée ici, scanne le code bach tchouf le reste dans cet article du blog Oxford Dictionaries.


INFOMASHUP

L’Islande continue à être voté, pays le plus paisible au des ressources, les relations Monde entre voisins, l’acceptation des

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’édition 2017

Le virus informatique «Stuxnet» allait presque déclencher une 3ème guerre mondiale

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e9der tkhayel ana un virus informatique peut déclencher une guerre ? En 2010, un virus informatique appelé Stuxnet a prouvé que c’était very likely to happen. Du code pour les gouverner tous En 2010, un virus informatique 20 fois plus complexe que n’importe quel virus précédent a été trouvé dans les banques de données des centrales électriques, des systèmes de contrôle du trafic et des usines du monde entier. Stuxnet, que l’on a appelé « cyberguerre Hiroshima », avait la capacité d’éteindre la pression à l’intérieur des réacteurs nucléaires. Ou men lfou9, Stuxnet pouvait dire aux opérateurs du système que tout fonctionnait normalement alors que ce n’était pas le cas. Le virus avait apparemment une mission principale : fermer les centrifugeuses qui traitent les matières nucléaires dans les installations d’enrichissement Iraniennes.

du rapport « Global Peace Index » a renommé l’islande comme étant le pays le plus paisible sur terre, un classement que l’Islande a conservé pendant 7 années consécutives. Les facteurs sur lesquels se base ce classement sont au nombre de 23 et concernent la corruption, le fonctionnement du gouvernement, les conditions économiques, la liberté d’expression, la distribution équitable

libertés d’autrui et d’autres encore... Chaque pays se voit attribuer un score entre 1 et 5, où 1 est le meilleur score. L’Islande a reçu un score presque parfait de 1.192, le Danemark vient en seconde place avec un score de 1.246 et l’Autriche vient en troisième place du podium avec 1.278. D’après ce rapport, la Syrie est considérée comme étant l’endroit le plus dangereux de la planète avec un score de 3.806. Les U.S sont à la 114ème place. Le Maroc quant à lui occupe la 75ème place avec un score de 2.004. Go check the interactive map by scanning this code :

Stuxnet a donc été la première arme mssawba entièrement en code. Comme le raconte le cinéaste documentaire Alex Gibney à « Recode », la guerre informatique dans le passé impliquait des situations où « les gens pirataient, cambriolaient, volaient du code informatique, éteignaient des ordinateurs ». Mais dans ce cas, le code infecte des machines qui opèrent d’autres machines, il arrive même à arrêter des machines et pas des ordinateurs. Mais qui est derrière ce virus ? Le mystère subsiste à ce jour. Il y a des rumeurs selon lesquelles c’est Israël, les États-Unis ou la compagnie Siemens. Ni les États-Unis, ni Israël, ni Siemens n’ont confirmé leur implication dans cette affaire.

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Interview

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ello OUM, comment est-ce que tu reçois les énergies de cette nouvelle année ?

Je ne sais pas encore, une année c’est plusieurs saisons, beaucoup d’événements, des mouvements, des déplacements, des activités. Mais le plus important je pense c’est de se préparer et faire en sorte que notre énergie à nous, soit en phase avec le temps que nous traversons. Pour nous 2018 est une année de transition sans doute parce qu’on fait la suite et la fin de notre tournée de l’album « ZARABI » ça va aussi être l’année de l’enregistrement d’un nouvel album sur lequel on a déjà commencé à travailler. Donc je pense que ça va être une année de transition et les transitions sont en général bénéfiques, ça veut dire changement, ça veut dire évolution certainement, ça veut dire accueillir le nouveau.

Tu es aujourd’hui l’une des artistes marocaines les plus appréciées, on parle plus d’amour que d’autre chose en se référant à Oum, comment arrive-t-on à cultiver ses belles émotions chez les gens ? Faire de la musique c’est de l’amour. La partager c’est aussi de l’amour, avec les gens avec qui on la joue, avec les gens pour qui on la joue. Je pense que l’émotion c’est ça, ça ne se travaille pas mais ça se vit, ça ne se commande même pas entre soi et soi-même ! Quand on pleure on ne décide pas forcément de pleurer, quand on rit c’est pas parce qu’on l’a forcément provoqué. Encore moins peuton avoir cet effet là sur les gens, donc je ne pense pas qu’on cultive des émotions, on vit juste nos propres émotions et s’il s’y trouve quelque chose d’agréable, de positif ou de touchant les gens en face de nous seront émus.

Parle-nous un peu de tes études, des souvenirs que tu en gardes… J’ai passé 6 années à l’École Nationale d’Architecture, et mes souvenirs y sont nombreux, beaucoup de fun déjà ,pas mal de charrette*, des nuits blanches, des maquettes, des rendus, et surtout je pense une ouverture de l’esprit et des sens, on développe une sensibilité pour ce qui nous entoure, les espaces, la lumière, le minéral, le végétal, le rapport entre le plein et le vide. Tout ça constitue un bagage, et après on peut s’en servir dans le processus de la vie, dans le processus de l’art et dans la musique aussi c’est très utile. Donc voilà, je pense que sans être passée par l’école d’architecture je ne penserais pas, ne concevrais pas et ne ressentirais pas tout de la même manière.

après de brillantes études comment as-tu réussi à convaincre tes parents par ton choix de poursuivre un parcours artistique/musical ? J’ai mis pas mal de temps avant de prendre cette décision moi-même, de ne pas vouloir exercer en tant qu’architecte, et de tenter plutôt ma chance avec la musique, avec toute l’incertitude bien-sûr que ça porte. J’ai de la chance d’avoir des parents qui m’ont toujours accompagnée en écoutant, jamais en imposant leurs opinions ou leurs choix, donc la difficulté n’était pas d’arriver à les convaincre mais plutôt de me dire si c’était juste, ce que j’étais en train de faire parce qu’on m’a appris à prendre mes décisions, à avoir mes opinions, à y croire, et surtout les assumer ! Donc j’ai pas mal réfléchi, ça a pris beaucoup de temps, ça n’a pas été évident de switcher de l’archi vers la musique, par rapport aux gens qui nous entourent, la société, pas spécialement mes parents mais le monde entier était contre moi, à vanter le métier d’architecte et l’incertitude de l’industrie musicale. Le plus difficile c’est de prendre sa propre décision, ce n’est pas de convaincre les autres, mais plutôt de se convaincre soit même pendant que tous les autres nous disent qu’on a peut-être tort, mais Dieu merci ce n’était pas le cas de mes parents et c’est très important.

* (XIXe siècle) L’expression vient des étudiants architectes aux Beaux-Arts qui transportaient leur rendu depuis leurs ateliers jusqu’à la salle des rendus avec des charrettes. En architecture : Être en retard ou à la limite pour le rendu d’un projet. Par extension : Être débordé de travail.

LEADERSHIP


Revisiter d’anciens textes marocains et faire revivre d’anciennes traditions ethniques locales, comment as-tu découvert ce style qui te va tellement qu’il en est devenu tien ? Ces traditions sont pour la plupart encore d’actualité dans la culture et dans la mémoire commune des marocains, certaines expressions, chansons, histoires, tout ce patrimoine, ce bagage oral que nous avons dans notre culture, moi je l’aime ! Donc je veux le porter, le chanter, le partager, je veux faire en sorte qu’on s’en souvienne, parce que notre tradition orale mérite de continuer d’être racontée avec ou sans la musique, à nos enfants ou à des gens qu’on rencontre ailleurs, pour qu’elle vive, et moi j’aime ça. Je ne le fais pas comme un exercice mais aussi par plaisir, ça me fait du bien et ça me ressemble. Autrement dit, la tradition n’est pas forcément quelque chose de révolue et qu’il faut à tout prix ramener, je pense que la tradition se transforme, elle se vit dans des contextes différents, elle peut être exprimée autrement, ressentie autrement et que la tradition peut tout à fait être contemporaine.

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harisme, grâce, douceur, présence unique sur scène et esprit vagabond, un cocktail qui fait de OUM l’artiste à succès qu’elle est. Quels sont à ton avis les événements les plus marquants qui ont contribué à te forger en tant qu’artiste et en tant que personne.

Au-delà des événements, je pense que ce sont plutôt les personnes que nous rencontrons, celles qui nous entourent, qui nous aiment, qui aident à nous révéler. En ce qui me concerne, c’est ma famille et mon autre famille, celle de la musique, les musiciens qui jouent avec moi et qui m’entourent et aussi les équipes avec qui je travaille, ils croient tous en moi. Puis, je pense qu’il n’y a pas de secrets quand on est soutenus, quand on est aimés, on n’a plus peur, et quand on n’a plus peur, on est vrais ! Je crois énormément en la force des êtres humains envers leurs semblables. Ce que les autres peuvent nous apporter et ce qui, de nous peut naître et ce qu’on peut découvrir de nous-mêmes grâce à une autre personne. 8 | POKETUDIANT Mag N°12

Parle-nous de ta connexion avec le Sahara, de l’énergie, de la générosité et de la beauté que tu arrives à trouver en plein milieu du désert. Le Sahara, le désert est cette force et cette magie qui vous recentre et qui vous reconnecte à l’essentiel, qui vous reconnecte à la nature, et qui vous reconnecte à vous. Qui vous ramène aussi à l’humilité, au contentement et à la reconnaissance. Tout y est tellement beau, enrichissant et apaisant que j’ai fait du désert ; mon repère ou un de mes repères. Et vous devriez penser à en faire de même.

Quelles sont tes inspirations musicales, as-tu toujours chanté en arabe ou est-ce que le cœur t’a finalement ramené à ta langue natale pour exprimer ton art ? Oui, enfant, j’ai chanté en arabe. J’ai chanté des classiques en famille, avec mon papa notamment. J’ai chanté du Oum Kaltoum et du Fayrouz. J’aime cette école aussi. Chanter mes propres chansons en Darija -donc mon dialecte natal- est venu plus tard parce qu’il a déjà fallu que je puisse suffisamment croire en moi pour pouvoir écrire des chansons, et ensuite pouvoir les écrire en Darija. J’ai commencé assez tard mais j’y ai trouvé énormément de plaisir. C’est une activité très enrichissante et très ludique de jouer avec les mots, avec les sens, avec les images ; y incorporer des métaphores compte tenu que la Darija n’est pas une langue écrite mais orale. Finalement je pense que ça me ressemble plus et que c’est plus naturel.

Your team is made of a mixture of various cultures from different backgrounds, how challenging is it for you to melt their talents into your songs? It is a gift, more than a challenge, because each one of us comes with a flavor, with a piece of his culture, with his soul, and we’re so pleased to play together. So, I think this makes the music wider, richer, more alive, and more colorful.


La finesse de ta voix couplée avec la magie des multiples instruments musicaux donne réellement quelque chose qui parle aux âmes. Définis-tu ta musique comme étant une musique spirituelle ? Je dis toujours que « spirituel » est peut-être un grand mot, ce qui compte c’est de faire la musique en y mettant une intention positive, mentale et sensorielle. C’est de se mettre à la fois dans un état de grande réceptivité et d’abondance et puis tenter d’être en harmonie avec la musique que l’on joue, les êtres avec qui on la joue et ceux qui la reçoivent.

Since March coincides with the international women’s day, can we say that Morocco has started to evolve from the clichés and stereotypes linked to women’s roles and rights in society…. C’est sûr qu’il y a une évolution quant au rôle, aux droits et à la situation de la femme d’une façon générale chez nous quand on compare avec les décennies passées. Mais concernant les clichés, je pense que les textes de loi peuvent changer, mais les mentalités vont mettre un petit peu plus de temps à suivre. En matière de libertés individuelles et d’égalité des sexes ou plutôt de l’inégalité selon le genre, c’est un phénomène mondial. Ce n’est plus un problème, c’est encore d’actualité partout dans le monde y compris dans des pays beaucoup plus développés que le nôtre.

s n sait que notre lectorat

t’adore, quels conseils de vie ou de carrière musicale sou-haiterais-tu leur donner ? Je n’ai pas vraiment la prétention de donner des conseils, mais il y a des valeurs sûres qui ne changent jamais et qui marchent. Il faut s’aimer, parce que quand on s’aime on est capable d’aimer et de mieux être aimé. Il faut également voyager autant que possible, danser, rire. Vivre ! Maintenant !

LEADERSHIP


EMILIE LOVES CASA Casa LOVES Emilie “Darkness cannot drive out darkness: only light can do that. Hate cannot drive out hate: only love can do that.”

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asa is seen by its inhabitants and visitors as an enormous behemoth ruled by money and greed. Theft, crime, and aggressiveness are shared everyday on mainstream media, depicting a city in despair. Here at Poketudiant we hate negativity, and we always want to see things from the brighter side. This vision is also shared by our beloved friends from « Casa is Love » who thought about launching a concept representing the other side of the truth. Casablanca is also a city of love, where magic happens, where success is achieved and where people live happily and lovingly. Here comes the main protagonist, the center of Love, Emilie Taillandier, who is also renowned among her fans as Emilie L’Casawiya. Her love story with Morocco dates back to 2007 when she first came to the Northern African country with her father and sisters. What was supposed to be a casual family holiday under the sun of Agadir city turned out to be a «Rumio and Juliet» love story for Emilie. The French girl simply fell in love with the Moroccan way of living, but there was more than the folklore that attracted her. Emilie was intrigued and wanted to know more and more about the whole Moroccan culture. Only then she decided that she no longer wanted to be regarded as a tourist, and that if she were to comeback to Morocco, she would comeback as a Moroccan citizen.

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On the way back to France, determined Emily made a solid plan. Once in her hometown, -too much of an action-taking girl-, she started taking Classic Arabic classes along with Moroccan Dialect (Darija). She spent the following 9 years juggling between the two countries before she marked her official entrance to Casablanca in September of 2016. AND THAT WAS IT, Emilie Taillandier became Emilie L’Casawiya. A year and a half is the sum of the conquest that Emilie has made in Casablanca, and in which she managed to spread lots of love. She’s inspired some people and made others fall in love with their own city. She made crazy encounters during the same 18 months, but the most marking one was when her path crossed that of Oussama Anouar El Jacifi, co-founder of CASA IS LOVE concept, who sensed potential in her vibes. One encounter was enough for Emilie to go from a student doing analysis on «Tradition and Modernity within Casablanca» to a public figure, a very loved one.

They’ve launched several videos so far and have reached the hearts of millions of people. ehind the scenes is a team compound of BAnass three other persons: Sidonie Kerbellec, Mihrab, and Tariq Taoud, all working

their way silently towards enormous success. Their vlogs represent a joyful interaction between Emilie and the public, and the channel is full of love rather than hate. Which just shows how perspective can undermine stereotypes…


Nouvelle résolution pour

Taleb m’hanser

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a parole est en train de se libérer, et c’est tant mieux. Mais quelques fois, il ne vaut mieux pas parce qu’aujourd’hui, il ne se passe pas un jour, un seul, sans que Taleb M’hansser ne lise sur la presse ou les réseaux sociaux des histoires d’affaire — souvent morbides ! – et de scandales, qui peuvent être vrais comme faux.

Paradoxalement, ce sont surtout les calomnies et les rumeurs qui retiennent le plus l’attention de Taleb car elles sont capables de tout : dénoncer, révéler, ébruiter, infirmer. D’ailleurs, Taleb M’hansser le perçoit très clairement : si les réseaux sociaux ont bouleversé positivement nos vies et facilité nos quotidiens, leur talon d’Achille demeure malheureusement d’avoir démocratisé les rumeurs. Plus que le téléphone arabe et le bouche-à-oreille old school, Facebook, Twitter, Instagram et les journaux en ligne offrent à tout un chacun la possibilité de créer une rumeur, la façonner, l’enrichir et la répandre en vue qu’elle prenne plus d’ampleur, comme une dette qui s’accumule sous un effet boule de neige.

À cause des likes, des partages et des vues, ces rumeurs produisent l’innommable : l’opprobre, le lynchage, la persécution, la méfiance de l’Autre, et parfois même le suicide.

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ésormais, Taleb M’hansser a une nouvelle résolution : faire fi de toutes les rumeurs qui foisonnent sur les réseaux sociaux. Car ce qui leur donne du crédit, ce n’est pas moins leurs contenus que nos conversations qui les véhiculent. Prenons exemple sur Taleb, car à l’ère du digital, il semblerait qu’on oublie que toute personne bénéficie du droit exclusif sur son image.

WRITTEN BY : Walid CHERQAOUI

à suivre...


ACTUS-écoles

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e MODEL UNITED NATIONS est une simulation des conférences aux Nations Unies, regroupant des étudiants de nationalités différentes autour de sujets d’actualité. Ces imitations des Nations Unies se déroulent dans le monde entier et ont attiré ces cinq dernières années, plus d’un million d’étudiants. Les conférences à thème sont organisées en plusieurs commissions réunies simultanément pour débattre des thèmes inscrits pour ensuite rédiger les résolutions adéquates. Comme à l’ONU, chaque délégué représente un pays et sa position dans son comité. Les délégués sont amenés à débattre au sein d’un comité spécifique tout en défendant les intérêts de leur pays avec la manière la plus diplomatique qui soit pour finalement apporter des solutions par le biais de compromis. Le concept de modélisation des Nations Unies est très ancien puisque les premières conférences de ce type se sont déroulées dans les années vingt. Après la création de l’ONU en 1945, le succès des MUN, n’a pas tardé à exploser et s’est littéralement transformé en un véritable mouvement qui s’est largement répandu dans les universités et les écoles internationales anglophones du monde entier. Ce succès fulgurant est dû à l’originalité, l’efficacité et le bon impact du MUN sur les participants. Dans le cadre de la recherche continue du développement personnel et du changement, les étudiants de l’ISCAE Rabat et de l’ISCAE Casablanca se sont regroupés pour organiser, pour la 1ère fois au sein de leur Institut et en partenariat avec Model United Nations Morocco, l’événement emblématique, le Model United Nations. La 1ère édition du Groupe ISCAE INTERNATIONAL MODEL UNITED NATIONS, organisé par le nouveau club « Groupe ISCAE MODEL UN », regroupera 60 jeunes délégués de tout coin du monde sous une seule mission qui est ; prendre part à la prise de décision diplomatique et participer à la recherche de solutions aux enjeux humanitaires les plus pressants par la rédaction de résolutions qui seront débattues lors des Assemblées Générales. Pour sa 1ère édition, le club GROUPE ISCAE Model UN vous promet un événement à l’image de ses valeurs ISCAEistes, notamment l’ouverture à l’internationale, l’accomplissement et l’épanouissement du soi diplomate et entrepreneur et la participation au changement. Le Groupe ISCAE International MUN, organisé sous le thème de « Youth leadership : A key factor for sustainable peace », invite les jeunes aussi bien au niveau national qu’international à s’emparer de leurs plumes et à les rejoindre dans leur propre quête humanitaire qui est ; révéler les esprits diplomates et leur offrir la plateforme parfaite pour briller. Cette première édition s’étalera sur 3 jours : le 30, 31 Mars et 1er Avril 2018 à l’ISCAE CASABLANCA. Nous sommes convaincus que les décisions que nous prenons aujourd’hui affectent les générations futures, il nous semble plus que jamais important de considérer les jeunes comme de véritables acteurs du changement.


Dans un contexte de créativité et de convivialité, le club Olympiades de l’Ecole Hassania des Travaux Publics organise la douzième édition des Olympiades, évènement sportif, artistique et culturel estudiantin de renommée nationale. Il s’agit d’un évènement qui, en l’espace de 12 ans, a pu faire office d’un portail de coexistence et de convivialité entre les étudiants marocains venant de tous les coins du pays grâce à l’effort fourni par les élèves-ingénieurs de l’EHTP. Notamment une 11eme édition de 2017 qui a dépassé la barre des 7000 visiteurs, en faisant un record parmi les écoles et universités marocaines. Il s’agit d’un évènement qui se démarque de ses convives de par son ambiance aussi festive qu’intellectuelle avec la présence de personnages de haut calibre durant la conférence annuelle de l’évènement. Cet évènement organisé par les élèves ingénieurs de l’EHTP compte aussi hausser la barre en pariant sur 9000 visiteurs durant la 12ème édition qui se tiendra le 16, 17 et 18 Mars 2018, et qui débutera notamment avec une conférence sous le thème : « Le sport : un levier pour l’émergence socio-économique du Maroc » (ça tape fort !) et qui fera appel à des personnes de renommée comme intervenants. Cela étant dit, nous vous invitons à nous faire part de votre présence à cet évènement, que vous soyez amateur de sports, de jeux d’adresse, de make-up ou bien in intello qui s’intéresse aux conférences et au scrabble (bien sûr il y a d’autres trucs, on vous laisse deviner), vous serez certainement dans votre bain !

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“J’ai envie d’un truc sucré”, l’habitude de finir ses repas par un dessert ou de les accompagner par un soda ainsi que la nécessité pour certains d’ajouter du sucre dans pratiquement tous les breuvages ont fait de cette substance une des plus addictives de notre ère.

Industrie sucrière, Valorisée à plus de 90 Milliards de dollars, elle repose sur 3 produits principaux : Le sucre de table, les sirops à haute teneur en fructose et les édulcorants (Aspartame, Saccharine, Stévia ...). Le sucre de table est un aliment industriel extrait généralement de la canne à sucre ou de la betterave sucrière. Il est dépourvu de fibres alimentaires et contient essentiellement du Saccharose (> 90 %) qu’il soit blanc, roux ou complet. Il est ainsi doté d’un Index Glycémique très élevé. Les sirops à haute teneur en fructose ont révolutionné l’industrie agro- alimentaire durant les années 60s. Ils sont des produit fabriqués à partir de l’amidon et représentent une alternative moins chère plus sucrée, plus stable dans les solutions acides et qui ne laisse pas de résidus. Ils sont universellement utilisés dans les confiseries, les confitures, les produits laitiers, les boissons gazeuses...

Une dépendance aux origines intrautérines, entretenue par la société et aggravée par la publicité, Le sucre est l’un des substances les plus addictives. Il a impacté l’alimentation humaine d’une manière sans précédant. Une alimentation qui est désormais guidée par le plaisir et non par l’instinct de survie. Les substances et comportements addictifs sont responsables de l’activation d’une région du cerveau appelée : Système de récompense et induisent la sécrétion des hormones du bonheur. Que ce soit de la cocaïne, de l’alcool ou du sucre, la réaction cérébrale est pratiquement la même. Cette dépendance retrouve ses origines bien avant la naissance. En effet, ce que la femme enceinte consomme est facilement détectable dans le liquide amniotique. Le fœtus se familiarise ainsi avec les odeurs et les saveurs et module ses préférences sur ce qui est le plus abondant et le plus fréquemment consommé par sa mère. Ensuite, c’est au rôle de la société (parents et entourage) d’influencer les envies gustatives de l’enfant : Mettre du miel dans la tétine et dans le biberon, récompenser les enfants par de la friandise et des biscuits, dédier toute une fête “Halloween” pour le sucre... Enfin, et grâce aux innombrables plateformes publicitaires et stratégies marketing, les géants de l’agroalimentaire jouent un grand rôle dans l’entretien de cette dépendance.

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RÉDIGÉ ET PENSÉ PAR DR.ACHRAF BAHAEDDINE LAZHAR

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Sucr e : L a drog ue l é gal e , lét ale


Le sucre : Une dépendance très coûteuse, 1. Dans l’immédiat : épuisement des réserves ; Après l’ingestion du sucre de table, le Saccharose, qu’il contient, est hydrolysé dans l’intestin en Fructose et en Glucose (principal carburant du cerveau) avant d’être absorbés et utilisés par le corps. Ces phénomènes consomment, en plus de l’énergie, le capital corporel en minéraux (Calcium, Magnesium...) et en vitamines normalement absents dans le sucre de table.

l’apparition des produits de glycation avancée (PGA) qui entravent le bon fonctionnement des protéines dont celles de la peau. Enfin, le Diabète de type 2, l’Hypertension artérielle, les Maladies cardio- vasculaires, l’Hypercholestérolémies et récemment : le Cancer ! ont tous 2 facteurs en communs : La sédentarité et le sucre.

2. À court terme : Caries dentaires et Obésité ; La consommation accrue des aliments à haute teneur en sucre associée à une hygiène précaire est la principale cause des caries dentaires. En effet, notre cavité buccale contient beaucoup de bactéries résiduelles qui, eux aussi, utilisent les glucides comme substrat énergétique et produisent des déchets acides qui nuisent à l’intégrité de l’émail dentaire et favorisent l’apparition des cavités. Aussi, les aliments à haut index glycémique favorisent l’obésité. En effet, leurs contenus glucidiques traversent l’intestin rapidement et se retrouvent à haute concentration dans le sang. Il s’en suit une sécrétion accrue de l’Insuline (principale hormone hypoglycémiante) qui distribue le glucose vers les organes, favorise son stockage dans le foie et après saturation de celui-ci, elle le transforme en lipides qui seront emmagasinés préférentiellement dans le territoire abdominal.

3. À moyen et à long terme : Troubles de la mémoire, Vieillissement de la peau et Maladies chroniques ; Les sirops à haute teneur en fructose cités ci-dessus, ont été récemment incriminés dans la perturbation de plusieurs gènes au niveau cérébral qui seraient responsables de la détérioration de la mémoire et de l’apparition de plusieurs maladies cérébrales chroniques : dépression, maladie d’Alzheimer, maladie de Parkinson, etc. Le vieillissement de la peau, quant à lui, est secondaire à

Doctor’s recommendation, “Whenever you can, optez pour le complet naturel non industriel” Les glucides contenus normalement dans les fruits, les légumes, les légumineuses et les grains sont bénéfiques et sont sans conséquences pour l’Homme sain non diabétique. La présence des fibres alimentaires, des vitamines, des minéraux et des anti- oxydants régule l’absorption et l’utilisation des glucides par le corps. Le sevrage des aliments industriels sucrés devra être un processus progressif en suivant les recommendations suivantes : 1. Dormez entre 7 et 9 heures par jour ; 2. Chaque fois que vous avez envie d’un “truc” sucré, buvez un verre d’eau ; 3. Remplacez le sucre de table par des arômes naturels tel que le miel ; 4. Faîtes le plein de vitamines et minéraux : Au minimum, 5 fruits et légumes par jour (pomme de terre exclue !) afin de régénérer votre capital corporel ; 5. Évitez de grignoter entre les repas.

LIFE-HACKS


LIFE-HACKS

Accueillez vos peurs avec courage ! Vous êtes-vous déjà demandé : suis-je à ma juste place ? « Je me sens de plus en plus mal. Qu’est-ce qui m’empêche vraiment d’être heureux ? Je ne me sens pas toujours à ma juste place. J’ai envie de changer, mais je n’ose pas entendre cette idée. Pire, je veux changer, mais je ne sais pas par quoi commencer ! » Combien d’entre nous passent par ce schéma ? Combien se croient être seuls à déplorer ce constat ? A quel point les gens se croient-ils être les seuls à vivre leur délire, au point de se croire anormaux.

Le normal n’est pas le naturel ! Ce qu’on appelle «normal», c’est ce qui est fait à l’équerre. Le mot normal vient de «norme» issu du latin norma qui désigne une équerre. D’où l’idée de règle, de ligne de conduite. La norme est un état habituel, conforme à la majorité des cas. Par état habituel, entendez : habitude prise par les conventions sociales, morales, etc. Ainsi donc, tout ce qui est ou qui semble normal n’est pas forcément naturel. Et tout ce qui n’est pas naturel amène forcément l’être humain à se sentir mal. Il ne se sent pas à sa juste place et souffre d’un manque d’harmonie avec soi-même.

Le besoin d’appartenance : Un besoin trop prononcé ! L’être humain peut être amené en permanence à s’imposer des règles antinaturelles afin de se conformer au normal. Il cherche à rentrer dans des cases afin de sentir qu’il appartient à tel ou à tel groupe. Ceci est dû principalement à un besoin d’appartenance très prononcé. Ce besoin est un des besoins naturels de l’homme social. Voici résumés ces besoins sous forme de pyramide, dite pyramide de Maslow.

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Le besoin d’appartenance inclut plusieurs besoins : l’amour, l’écoute, la compréhension, l’estime des autres, l’appartenance à un groupe, ainsi que l’obtention d’un statut. Obtenir un statut : ce dernier besoin est particulièrement intéressant.


Nous choisissons de vivre les choses qui nous arrivent !

IKA COACH

Chaque fois que nous sommes face à une situation où nous manquons d’harmonie, que pouvons-nous faire ? Acceptons tranquillement et sincèrement de nous rendre compte de ce qui nous arrive. En vérité, le constat honnête que nous ferons est que nous choisissons de vivre les choses ainsi. La personne de notre exemple se dit avoir le sentiment de ne pas être à sa place. Elle reconnaîtra dans le calme et sans se juger, qu’elle sait au plus profond d’ellemême pourquoi. Elle sait qu’elle a suivi un chemin qui ne lui correspondait peut-être pas. Quelles que soient les considérations inconscientes de son choix, le fait est là : elle ne se sent pas à sa place. Alors, faut-il arrêter de chercher à se prouver qu’on est intelligent, à vouloir faire plaisir aux parents, à faire une spécialité qui a plus de débouchés ? Voire même, faut-il arrêter de faire les choses « normales » qui semblent fonctionner ? Bien évidemment non !

Le problème n’est jamais ce qu’on fait, mais pourquoi on le fait ! Plusieurs chemins pour chaque objectif ! Pour certains, obtenir un statut social est une nécessité pour trouver sa place dans la société. Mais pour trouver sa place, beaucoup ignorent qu’il existe autant de chemins que de personnes. La majorité opte donc pour le chemin classique. Dans nos sociétés, on pense que l’école est le seul moyen d’avoir des qualifications visant à nous faire embaucher et à nous garantir des revenus satisfaisants. Ce chemin est parcouru pendant 18 ans d’études en moyenne. Et d’année en année, les élèves et les étudiants ont pour principal objectif d’accumuler des notes. Ces notes seraient censées prouver leur aptitude à occuper un poste au sein d’une entreprise. Ce chemin des écoliers, c’est la norme, pensent-ils ! Mon propos n’est pas de vous inviter à quitter l’école, qui reste un excellent chemin tout comme les alternatives à ce cursus « normal ». Je vous invite simplement à bien reconsidérer les motivations qui incitent à suivre seulement la voie de l’école.

Quand on fait les choses pour les mauvaises raisons, ces raisons finissent par nous rattraper. Quelqu’un décide de ne pas trouver un chemin qui lui ressemble, juste parce qu’il a peur d’être différent ou d’être seul. Pourtant, il finira tôt ou tard par sentir cette différence ou cette solitude. Ce qu’il faut savoir, c’est que le problème n’est jamais ce qu’on fait, mais pourquoi on le fait. On peut vouloir faire plaisir aux parents, bien sûr ! Mais cela n’a été dit nulle part que pour faire plaisir à ses parents, il faut manquer d’harmonie à soi-même. Dans cet article, j’invite toute personne qui me lit, et qui se retrouve dans l’exemple que j’ai donné à se poser une simple question : « Ai-je envie de vivre toute ma vie en m’alignant sur les autres et en niant qui je suis réellement ? » Méditez sur ça et accueillez-vos peurs avec courage. Du courage, vous en avez : C’est votre détermination à vaincre vos peurs. Et vous les vaincrez en les regardant. Dans ma pratique de coach, j’entraîne les personnes à accueillir et à regarder leurs peurs sans peur.

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LIFE-HACKS

V

oilà une question bien classique et qui peut sembler même commerciale ! Ne vous est-il jamais arrivé de trouver des t-shirts bon marché comportant des phrases de ce genre ? Moi, si ! Mais plus sérieusement, et si nous devions nous pencher sur la question ? Ne serions-nous pas tentés d’y répondre en faisant allusion à notre prénom, nom, profession… des données qui semblent nous définir mais sans répondre véritablement à cette question existentielle « qui suis-je ? » qui taraude consciemment ou inconsciemment notre esprit. Pour tenter d’y répondre, permettezmoi de vous faire une proposition d’introspection : Et si nous procédions par élimination ? Vous êtes d’accord?! Parfait !

clé en certitudes, pour répondre a un besoin d’appartenance, de normalité, pour apaiser des peurs. Seulement ces informations enregistrées ne proviennentelles pas d’êtres humains comme nous ?! Alors pourquoi d’autres êtres humains décideraient-ils de définir qui « nous sommes » ? Détiendraient-ils la vérité absolue? La vérité absolue est intemporelle, permanente, constante ! Alors pourquoi la définition de « qui nous sommes » change selon une programmation liée à la culture, à la région, à la philosophie ambiante… ? La vérité absolue est inchangée pour tout le monde quelque soit le lieu, l’espace et le temps !

Une piste de réflexion: Qui suis-je ?

Finalement, ce dont on dispose, ne sont que des vérités relatives, humaines, subjectives, dénuées de substance. Où réside donc la vraie vérité de « qui » ou de « ce que » nous sommes vraiment ?

Alors commençons par faire table rase de ce que nous ne sommes pas! Répondons aux questions suivantes ! Sommes-nous notre nom de famille ? Sommes-nous notre âge ? Sommes-nous notre sexe ?... Sommes-nous notre identité ? En d’autres termes, Serions-nous le résultat d’une programmation subie tout le long de notre existence ?

Si nous revenons à notre tentative de nous débarrasser de toutes nos programmations et vérités relatives, Que resterait-il ?

Sommes-nous ce que nos parents, notre grande famille, la société, l’école, nos expériences, nous ont inculqué comme éducation, valeurs, principes, notions de bien, de mal, morales, éthiques, savoir vivre, savoir « être », savoir faire… ?

N’y trouvons nous pas la réponse ?!!!!

Est-ce qu’on se serait approprié un cumul d’informations, recy-

Méditons, faisons taire notre cerveau et toutes ses fabuleuses connaissances accumulées jusque là, revenons à l’état de pureté de notre naissance !

A votre guise de tenter l’expérience ! La tentative de toute une vie!

WRITTEN BY : Sabra AMMOR Prof Universitaire.


English Knocking at Your Door

“I

don’t need English. We speak French. I speak French.” That’s what one of my young disgruntled Moroccan students told me one spring day last year after his mother had forced him to attend a group class I was substituting for. I asked him, “why wouldn’t you want to know what is going on around you?” I continued by asking the irritated youth, “Does a blind man not learn to cross the street simply because the street happens to be along the way to his home?” He attempted to reply in questionable English and although, it took me sometime to understand him, I was able to interpret: “I don’t care about any blind man nor his street nor English!” So, I asked the young man, “well, how many people speak perfect French around you...perfect Arabic, perhaps?” He was silent. I then asked him, “If you were to leave Morocco, or even had to leave Morocco involuntarily, do you think you would be prepared to interact with the outside world?” “The outside world!”, he exclaimed with a perplexed look on his face. “Yes, ...the outside world...” I repeated in a spooky voice. “The one where no one understands

French...the one where, even though everyone is romanticized and fascinated by its legacy and history, no one really has a second youth to learn.” He then said, “I’m learning English from songs and I playing GTA”. “What does GTA stand for?” I asked him. He was silent for almost a seemingly long minute. I saved him breath and filled in with, “Grand Theft Auto”. “You’re going to walk into a job interview and when they tell you how much the job pays, I suppose you will say something like: I’m gonna kick your ass then I’m gonna french kiss ya! or even better, something like: Pay me what you owe me.” He started laughing. I said “It’s funny now, but I guarantee it won’t be funny when you’re competing with about 10% of the Moroccan population’s unemployed, about a third of which happen to be young Moroccans as of late 2017.” (see: https://tradingeconomics.com/ morocco/youth-unemployment-rate ) How many of those young Moroccans do you think will be considered more if they speak English along with French rather than those that only speak French? Is English knocking at your door? Well, first we must reference Morocco’s past relation to the English language in order to understand if it even has relevance here. ENGLISH IN MOROCCO: A HISTORICAL OVERVIEW written by Ayoub Loutfi & Ayoub Noamane implies that Morocco’s early

relationship with England dates back even earlier than the French, by pointing out that: The first Moroccan Ambassador of London was sent by Mohamed Ech-Cheikh to King Charles I with a message of peace and friendship in 1637...some historians believe that until 1904 Morocco was part of the informal Empire of Great Britain (Bensghir, 2003). Loutfi & Noamane furthered this by mentioning: Sultan Sidi Muhammad Ben Abdullah announced his desire to establish diplomatic relations with the United States. Accordingly, he issued a declaration on December 20, 1777, announcing that all vessels sailing under the American flag could freely enter Moroccan ports.

Author: Jay Bell Company: Mindstock. Facebook : mdsktraining Twitter : mdsktraining Instagram : mdsktraining

(Read: https://halshs.archivesouvertes.fr/halshs-01447545/ document ) So throughout Morocco was not never really an isolated region and in fact, did have ties to the Anglophonic world. It wasn’t until after the commencement of French occupation in 1912 that two main contributors greatly accelerated the practical need for English in Morocco: (To be continued...)

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An ode to life They say: “The grave itself is but a covered bridge, leading from light to light, through a brief darkness.” I’m not sure what I believe but I sure do hope that is true. Seeing the people that we love leave scars us in an indelible way, as the enormity of loss and sorrow awakens in our hearts a cry for permanence. When faced with the painful departure of a person we so dearly held in our hearts, we then start thinking about them every moment we cast our eyes to the stars on velvety nights, carrying them with us upon the tides of the mind, through every sunset, every blue sky, every summer rain. Isn’t it frightening how easy it is to get caught in the clutter and chaos? We all so easily tend to make the same mistake no matter how present in the moment and conscious we might think we are. Let’s be honest, don’t we all think we have all the time we need? Don’t we already have plans for tomorrow? Next week? Next year? Well, isn’t that foolish?! Time waits for no one. Every moment is fleeting as each second passing by is a second long gone. The binding truth is that time is immutable. It exists and expires, indifferent to us, moving unendingly towards

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R.I.P infinite tomorrows, though these tomorrows might not be guaranteed for us, as life is but a haze that quickly vanishes, a petal in the wind softly flowing by. Nothing more and nothing less. As sad as that thought may be, life is also a continual chain; as some lives come to an end, new ones blossom. That’s the circle of life. So, please, let’s not worry too much about anything. Our existence is too short and precious for us to be anything but happy. Haven’t we all have blundered and stumbled at some point? I’m sure we all have. But eventually everything fades away, what matters in the

end is how strongly we have loved and lived. Let’s live in thankfulness for the air we have in our lungs, smiling and laughing like the careless children we used to be one day; hopeful, affectionate and resilient. As they say: there are only two days in a year that we have no control over: Yesterday and tomorrow. As for today, it is a beautiful day, so let’s live it and be grateful. To all those who are gone way too soon. May you all rest in peace. Rest assured of the fact that you might be gone but you will never be forgotten. Your legacy lives on in the memory of the living. So hopefully, the overwhelming pain of departures shall subside to let the beauty of love shared linger in our hearts forever. This article is in loving memory of Yassine Eddaniaoui, still loved, dearly missed and always near. WRITTEN BY : Imane RAHJ


I

SHaped: Handcrafted wood Eyewear,

n the beginning of time, there was a world, and the world was blurry. Lost and muddled, humans had two choices: To find the blur’s antidote or endure their whole life with a narrow and nearsighted view. They soon realized that the second choice was out of the question. Fast forward to the 13th century, the introduction of corrective glasses, a simple yet effective tool to repair one’s eyesight. Now, more than ever, glasses have obtained a unique status, beyond that of a simple commodity, they became a «statement». Unique, authentic and original… qualifies the handmade eyewear brand « shaped eyewear », located in Casablanca city, Morocco. Unique for its wooden frames, authentic for being hand-made, and original for the vintage old-school style. It all begun with a spark of creativity from two Moroccan entrepreneurs. They had the idea of creating eyewear from a simple wooden walnut chair, and a self-made sanding machine.

FASHION/DESIGN

Their mastery over their craft positioned them as a force to be reckoned with. It may seem as a simple idea, but simple does not mean easy. The whole process behind the creation of the eyewear shapes demands high precision and dedication, as it needs to guarantee both lightness and durability. Different materials combine to create the final product, including unique pieces of wood: walnut, maple, and even zebrawood. These raw kinds of wood are then beautifully shaped in an artistic way in Casablanca, using the finest machines technology can offer. “Each single piece is handcrafted by qualified artisans, and needs at least three days of work, from the shaping to the final product” claims Mamoun Sebti, owner of the brand. The process gives birth to sunglasses that have CR39 lenses category 3, with high optical precision and total protection against UVA/UVB radiation. The brand now has four official models: Mojave, Fleming, Leon, and Fly, which prices go from 1500 DH, up to 2400 DH for the finest model.

Coming out with this idea is not only a new and innovative concept, but also a true symbol of art and creative entrepreneurship. It combines the real Moroccan authenticity, widely known for its love for details, and the patience of any handcrafter willing to enlighten the perfect creation with extreme care and caution. The sensation created by these promising men, will hopefully be a beacon to guide the countless creative youngsters, looking to make a name for themselves. Be sure to check their website and subscribe to their official Facebook page for the latest news on their products by scanning the following codes.

made in casablanca, with love.

WRITTEN BY : Omar JAHFA


A

waste of diapers!

N

ot that you choose giving birth or not, since that’s something a lot of people take for granted, but the insisting will of some people to have a miniature extension of themselves is quite unreasonable and I would add, somewhat selfish. Because if we assume that having kids is all about parenting and selflessly giving a good education to another human being, then why not consider adopting, instead of having an extension from your own DNA? Why not educate someone who is already on this earth, already in need of being taken care of, rather than adding another one? See, when you have an empty notebook, you fill it, you don’t go and buy another one. In fact, your parenting is even more meaningful when you give it to someone who is not of your own; an innocent will to do good for others. But really, what am I? A 20 years old young lady who can’t even take care of her balcony plants, speaking in vitro and not having a real experience about this, perhaps I missed something in here. Perhaps the notion of parenting includes some unexplained feeling between a mother and her child during pregnancy, breastfeeding or the umbilical cordon being a reminder of a vulnerable start in a fragile uterus. What a start, ladies and gents! What is even more absurd is during pregnancy or even before, attitudes of some type of JavaScript programming are observable; I’m talking about the « I want it to be a boy» or the «he better not have a –insert character- as his –insert relative-», let alone the «If just he could have his grand-ma’s blue eyes», as if blue eyes will miraculously make him happier ( do they ? ). No wonder the guy gets out crying from down there; after 9 months where he had nothing to say and only echoed, he spills all that emotional damage in one shivering cry; and that’s when the doctor says he’s normal. What a world! Yes, kids are cute. (not at 4 am when they start crying though) The big innocent eyes, the fluffy cheeks, the soft skin infused with a joyous smell, the itsy-bitsy socks ... it’s all cute.

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In fact, in 2016 a large-scale of «cuteness» was observable, according to HCP* the number of Households in the urban region of Casa/Settat was around a 1 304 970 (boring statistics). The question is, how many of these people ‹’realise’’ that birth is irreversible? Have they thought about how they’ll educate their kids, the DOs and DON’Ts when it comes to a life-changing decision in his 20’s. Have they thought about the possibility that kid could be born handicapped and if they’re strong enough to deal with it? Have they thought about all that genetically modified food he will be consuming in this era? The toxic social media addiction in his 17 or 18 (which will probably go unnoticed since he will be used to do whatever he likes, some sort of a sacred Maya to whom they bring food and respect). Have they thought about making him a list of books he’ll read at each age ? I agree, this one is quite overemphasised). Have they thought about the fact they’re not just adding a number to some civil record, but they’re bringing a mass of emotions and virgin energy to this life, a god damn responsibility that requires «Commitment», and it would be a waste to do it just because you think that kids are «cute». (Also, it would be a waste of diapers). Perhaps those people are way more of believers than I am, they give birth knowing that God will take care of the rest. But again, isn’t that called pacifism? Assuming that parents already have the answers for this, or assuming that realistically speaking, giving a kid the Perfect education is like finding out an explanation for the Codex Seraphinianus; it doesn’t exist. Assuming this and that, a final simple question is left, why would you specifically choose to give all of this care to someone of your own? It’s like when you get in a pet shop and pick the kitten that suits your own definition of «cute», you pick him and not the others because you know he’s staying with you, he’s going to be YOURS, you’re giving him the food, he’ll give you the company.

WRITTEN BY : Inchirah KOSSABY

ARTWORK BY : Max Gilardi


Student's Stories

Y

ou choose to have kids and not adopt because, when you raise your own kid and he succeeds in achieving what you failed at, you feel (more) successful as well, you feel complete. You can finally boast/compare him to your friend’s. You can finally see your last name in the « success list». On his turn, your successor will have his own kid, his double; a viscious trigonomical circle that will always tend to reach a 2π. You choose to have kids and not adopt because that’s one of the ways society will take you seriously, you will finally be called «rajel bwlado» or finally affirm that you’re a woman with functional breast milk (Congrats!). You choose to have kids and not adopt, because you think that an adopted kid will always look for his biological parents and praise them; which does happen, if you base your relationship with him on lies. Keep it clear. «I didn’t give birth to you, and you’re not an extension of my DNA. But we do have the same Human genes and at some point of your life and mine, we were destined to meet, live together, and make you the inheritor of my knowledge and way of life, I will make you see the real beauty of life, the one which says that spreading kindness isn’t limited to people of our own blood.» So yeah, in case you really cared about some 20 years old young lady’s naive opinion about adoption, kids and diapers, this is it; Yes, kids are cute. Bad news is, they grow up. And sometimes they can grow up to be ungrateful and selfish kids, at times too selfish they would write an article about adoption. *Haut Commissariat des Plans

BLUBOO MAROC

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Battements d’« Elles »…

J

« ELLE 1 » Samedi 25 mars 1911– New York. e me suis réveillée ce matin-là comme tous les autres jours de la semaine mais avec l’étrange sensation que je n’allais pas contempler sa lune.

J’ai préféré ne pas trop y penser et faire comme si de rien n’était mais ma boule au ventre persistait et avec, le joug pesant d’une angoisse étouffante que je n’avais jusqu’alors jamais ressentie. J’ai donc décidé de vaquer à mes occupations préférées histoire de me décontracter les muscles et les neurones et de freiner l’ébullition de mes pensées démesurément embrasées. Mais cette tentative de me délester de mes angoisses ne fit que les attiser davantage. Et l’appréhension de croiser le regard gauche et malveillant de mon voisin de palier et d’avoir-encore une foisà supporter ses viles insinuations déguisées me serrait la gorge comme si l’on s’apprêtait à me guillotiner… Je déteste ces hommes qui me dévêtissent du regard comme si j’étais un alléchant bout de viande emballé, une proie indispensable à leur cycle alimentaire, victime de leur insatiable soif de chair… Je déteste que l’on me réduise à un objet démuni d’esprit comme si j’étais à vendre aux enchères ! Et je déteste par-dessustout la société de trouver à chaque fois des excuses à leurs comportements pervers et de légitimer leurs mauvaises intentions…Cela me fait haïr mon corps, mes rondeurs et mes jolies formes…cela

WRITTEN BY : Yasmine BENKIRANE

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me fait exécrer ma féminité que je trouve alors difforme. Terrassée par ce flot tumultueux de pensées enchevêtrées, je me sentis infâme d’être une Femme et stupide de rêver qu’un beau jour, l’on sera enfin respectées et l’on cessera de vivre dans l’ombre sombre et encombrante de nos prédateurs. Il fallait absolument que je marche, que je me dégourdisse le cœur et les jambes…Et ce fut ainsi, sous l’emprise de mes tortueuses pensées matinales, que je me rendis à pas inquiets et effrénés à « Triangle Shirtwaist », l’usine de textile où je travaillais. Cela faisait un moment que l’atmosphère y était tendue et que nous -femmes immigrées notammentdevions subir les abjects discours truffés de haine et la colère à perdre haleine de notre patron. Il prenait un plaisir malsain à nous mettre les bâtons dans les roues depuis que nous avions décidé de protester et de révoquer les conditions de travail précaires auxquelles nous étions condamnées. A ce moment-là nous ignorions que ses flambeaux d’irritation allaient transformer notre lieu de travail en un véritable champ de braises… Mais je ne tardai pas à savoir ce qui se tramait…seulement, il était trop tard…ce n’est que lorsque SA hargne consumait ma pauvre âme en flammes et mon cœur en larmes que je me rendis compte que mon pressentiment ne disait pas faux ce matin et que la lune n’illuminera plus jamais mes yeux éteints. Néanmoins, mon seul véritable remord à cet instant fugitif de ma mort fut de ne


pas avoir eu avant eux, l’idée de leur ôter l’AVIS en menaçant leurs vies par un quelconque moyen de pression ou d’appui ! Et aussi invraisemblable puisse paraître cette idée aujourd’hui, j’y croyais sincèrement et profondément à cet ultime moment de mon existence …

« ELLE 2 » 08 mars 2018 – Maroc.

Me percutèrent alors les images de cet horripilant voisin que je ne verrai plus jamais, de ce patron malfrat auprès duquel je n’aurais plus encore à me justifier, de ces passants indiscrets qui ne me dévisageront plus du regard, de ma liberté qui ne sera plus jamais barricadée !

Je me sens presque égoïste et non-solidaire de rire aux éclats et de danser frénétiquement sur « Femmes des années 80… » pendant qu’ailleurs, des Femmes rêvent de Couleurs. Il fallait que j’écrive, que je me dégourdisse l’esprit et le cœur. Je me mis alors à chercher la véritable raison derrière l’apparition de cet ancestral « 08 mars », l’origine de son effloraison. En parcourant la toile en quête d’inspiration, je fus soudain interpellée par une histoire d’incendie qui attira mon attention. Il y était écrit que «pendant des agitations ouvrières, les propriétaires avaient fermé les portes à clé pour empêcher les employés (majoritairement des femmes immigrées) de sortir faire la grève. »

Les propriétaires de l’usine avaient verrouillé les portes sous prétexte de se protéger de larcins éventuels…Mais ils n’ont pas réussi à couper les ailes de mes chimères rebelles! Les flammes devinrent soudainement chaleureuse étreinte et je souris. La pleine lune m’attendait. Ce jour-là, 146 femmes brûlaient vives dans un incendie volontairement provoqué à leur encontre pour avoir osé défendre leur prise de position. Sur ces 146 victimes, 129 étaient de jeunes immigrées. Parmi elles, 50 femmes ont préféré sauter, plutôt que d’étouffer… Pas plus simple, plus minable et plus morbide pour arrêter définitivement les contestions indésirables de ses employées que de mettre en marche un plan machiavélique qui les laisserait littéralement sans souffle. Evidemment, les journaux n’abordèrent jamais cette version de l’histoire et la vérité brûla là où elle avait éclaté. Leur petit rêve Américain d’immigrées avait viré au cauchemar ce jour-là … mais leur « feue » mémoire continue d’avoir espoir et de croire en une belle fin d’histoire.

Encore cette maudite journée où on nous couvrira d’éloges et de fleurs ….D’accord, j’exagère, elle ne me déplaît pas tant que ça…! Mais qu’en est-il des 364 autres?

Cette histoire me bouleversa. Comment pouvait-on s’octroyer le droit de brûler des femmes innocentes pour la seule raison de leur refus de soumission? Comment pouvait-on en ressortir indemne, sans la moindre égratignure? Cependant, il était écrit ailleurs qu’elle était le fruit d’une construction mythique, avec évidemment ses fragments de réalité mais également son soupçon de fiction.

rêves carbonisés et de ses pensées révolutionnaires réduites en cendres. Cette brûlante métaphore fit naître en moi un profond sentiment de culpabilité qui s’empara fébrilement de mes pensées et me persécuta toute la journée. De fourmillantes questions s’abattirent impétueusement sur moi : « A quoi sert un HUIT s’il n’a volontairement pas OUÏ les revendications de femmes résistantes et opprimées tout au long de l’année?», « A quoi sert un HUIT s’il ne réplique pas un OUI haut, fort et sincère aux réclamations d’âmes désemparées et à leur incessant combat pour une égalité pure et dénuée de rivalité ? » « A quoi sert un HUIT démuni de véritable volonté de renverser les alarmants constats discriminatoires et de donner un bon coup de pied aux criants déséquilibres balisés ? » Parce que la véritable raison d’être de cette journée et son bien-fondé puisent leur sens et leur essence dans la réalisation d’un bilan abritant ce qui a été dit et fait en faveur des Femmes, de leur émancipation et de l’application de leurs DROITS les plus légitimes. C’est une journée de célébration mais de lutte et de manifestations aussi…Tâchons de ne pas l’omettre et d’y contribuer, ne serait-ce qu’à petite échelle..!

Pour toutes ces « Elles », battonsnous et battons des ailes !

Mais « il n’y a jamais de fumée sans feu » et cet incendie continuait tout de même à me ronger de l’intérieur ! Façonné ou pas, ce récit racontait en réalité l’Histoire de la Femme au fil des siècles...L’Histoire de son esprit incendié, de son âme mutilée, de ses

8th MARCH SPECIAL


(Not in my name) A letter from an Arab to Arabs. If you are an Arab or a Muslim girl and you are reading this, congratulations! Congratulations for being lucky enough to get an education, to complete a degree, to go to school, meet other people and learn from them along withteaching them and sharing your values with them. Congratulations! You are officially a survivor of the world’s chaos and madness!

Dear Arab or Muslim girls, I know that you don’t feel it sometimes, but you are as complete and as capable as all the other girls who did not have to go through the many requirements and the « perfect lady » tests that you have been through. I know that family gatherings are sometimes only an opportunity to investigate why are you still single. And when I say investigate, I only mean harass, humiliate and give you a short degrading introduction before delving into a deeper conversation about why do you travel a lot, why don’t you learn to cook like a « real woman », why do you dress like this, why do you do your hair like that, don’t think that you will marry that guy, he looks nothing like us … What if traveling a lot was because I want to discover new cultures, new languages and meet new people who shape the person I am? What if I don’t like cooking, what if I hate it? How on earth does that make me less than a woman? What if I really like how I look in this very short dress or feel good having a short haircut? What if this guy who looks nothing like « us » makes me genuinely happy and loves me despite the differences that seem to be a bigger deal for you? Wait… What if we are not even planning to get married? What if we are willing to take things slow in order to get to know each other before making this huge step into commitment? Are you crazy girl? You have no idea how Baba will be frustrated if he hears you saying that. So is that it? Was I born to be somebody’s wife? No. I was born to be the wife of an Arab or a Muslim that « meets our standards ». Of course, because in our society, we share everything, even standards. How awesome is that? Isn’t it time to stop? Does your life still revolve around me being married or not, what do you care? Is your constant nagging going to supernaturally change my beliefs, dreams, and ambitions? Do you think I will just give up on everything I have been working on and trying to achieve and randomly be inspired to look for a man? And even then you opt for the defense tactic and claim that I will grow old and never find a real Arab man who takes care of me and protect me. Yes, we are talking about the same real Arab who cheated on you one year after your marriage, or are we talking about the one who made you quit your job because he was sick of the idea of men being around you? Maybe the one who assumed you were not good enough because you were not wearing hijab. Or the one who thought you were old fashioned because you wear one. For God’s sake, people. Who still judges a person by their religious affiliation or their cultural background? How could you hate someone so much just because they have chosen to believe in things that perhaps make no sense to you? Making fun of her because she has chosen to cover her self? Because she has strong beliefs and unwavering faith? Try to walk in her shoes for one day, wear what she is wearing while fasting in the heat and watching others around you eat. Does she judge you for not believing in Ramadan? If she does, she is as stupid and as ignorant as you are. My text is not intended to support some at others’ expense. I don’t mean to lash out at a community, at MY own community. All I am trying to say here is that we are all living in a world where we share space and air with 7 other billion people, and we are not expected to have the same ideas, beliefs, and backgrounds. Wouldn’t it be boring if we were to speak the same, think the same, act the same? Isn’t it more fun and exciting to just listen to other people’s beliefs and think « Woah! I could have never guessed that ». Let’s grow up and be open to the world, it doesn’t really need more chaos… It has enough.

Oumaima Maliki

STUDENTS’


S

As I regained some of my cognitive functions, I hear someone’s voice.At first I couldn’t decipher what was being said. «Where ya goin’? », «hmm? », «I said, where ya goin’? » he repeated.No answer from me still. « Where the f*** are ya goin’, I ain’t got the time to waste, ya’ schmuck! », he burst. I finally snap out of it. In front of me was an obnoxious fiftyish man, with a voice like a handful of razor blades in a blender.Driving a dusty old piece of junk he called a taxi.

I sat there on the sidewalk waiting, pondering the words of Keegan the Wise «You done messed up », indeed I did O wise one, indeed I did.I gaze upon the horizon, to my astonishment, the most extravagant of carriages is approaching. « The good time of day to you, sir. I shall be your escort » said the coachman. I hopped in.

This antique of a car was one loose screw away from turning into a death trap. The door wouldn’t fully close, the engine sounded like an electric chainsaw cutting through rocks, and the seat or what was left of it, felt like sitting on a hoop.And since it was only fair that all my senses should suffer, it smelt like a week old sundried fish was left in the glove box. I could almost taste it in the back of my mouth. It certainly didn’t help that he was smoking what he called: a therapeutic concoction of exotic herbaceous plants. It was weed.

weat trickled down my bony fingers, my face red as a baboon’s butt, and my hand started to weaken and shiver. It’s been up in the air for quite some time now, hailing for a taxi. In vain! I looked like a young Hitler with essential tremor. Running in 45 degrees was not the brightest of ideas. To hell with fitness I say! To hell!

Inside, leather seats, mahogany wooden floor, and curtains of silk. Bach’s cello suite No.1 played while I indulged in the croquembouche tower in front of me, so succulent. This is the epitome of life I thought.But my brief Cinderella moment was … just that, a Cinderella moment. My newly found Shangri-La disappeared into thin air; it was just a mirage, yet it felt so real. But then again it was a horseless carriage, and who speaks like that anyway?

STORIES

But at least I had my music playlist to keep me mildly entertained through this ordeal, or so I thought. As I was preparing to plug in my inexplicably tangled earphones, the grumpy old man -unnecessarily- felt the urge to break the silence by drawing a parallel of his own. «You see, you’ve put your earphones neatly in your pocket, but somehow they got all snarled up. Life is pretty much like

WRITTEN BY : Chadi CHAFI

that. At any given moment, things can go south, and for no particular reason either. It’s up to you then to ‟un-mess” them. But it’ll be complicated to do so. And that won’t be the end of it, because it’s a vicious cycle bound to repeat itself ». Which I thought was a load of crap, since by the time he finished his analogy; I had already untangled and plugged them successfully. So much for life’s complicated problems. My reaction, however, or the lack of it for that matter, didn’t appease him. My nonchalant demeanor towards his life lesson was unacceptable. His cold stares conveyed a message of contempt and disdain.Almost as if he were scolding me. How dare I, a brat who has yet to learn, oppose the all-knowing him. He, who was baptized in blood, roamed the earth looking for the truth. His scars; a testament of miraculous feats transcending the limits of reality. For what is a plebeian to an emperor? What is David to Goliath? And what am I to him? I was waiting for him to burst out for the second time, but ready nonetheless. I didn’t flinch as I engaged him in a weaponless Mexican standoff. Admitting defeat, he shifted his focus on the road again. But little did I know it was actually a ruse, he had a weapon of his own this whole time. He reached for the radio, upping the volume as one of Hajib’s songs played. He started singing alone. I look for refuge in my phone, alas the battery died. This is going to be a long ride!

27 | POKETUDIANT Mag N°12


‫إنسان َأ َنا‬ ‫إنسان أنا إن صدق القول مبعانيه‬ ‫أسري الدنيا و إن كنت طائر أرسو يف معاليه‬ ‫مكاين؟ مكاين نقطة بيضاء معلقة يف فضاء‬ ‫شهد فيها الزمان و املكان مراسيم اللقاء‬ ‫أمطرت شتاء الحياة كسالمل من السامء‬ ‫و غازلت أجنحة الشمس آثار البقاء‬ ‫إن حل الخريف تجدىن ورقة سمراء‪،‬‬ ‫إنكرست من جذع شجرة لتذكر نفسها بالفراق‬ ‫و إن حل الشتاء تجدين غيمة سوداء‬ ‫أسقي بدموعي عطش الفقراء‬ ‫فإذا ما جاء الربيع تجدين وردة حمراء‬ ‫دعت النحل اليوم للغداء‬ ‫يف الصيف أنا أغنية عزفت من طرب االشواق‬ ‫‪¤¤¤¤¤¤¤‬‬ ‫إنسان أنا بقلب قديس أجالس القمر ليال سائال‪:‬‬ ‫يا مالك الظالم ألهمني نورا و أقرضني بسمة تهامس‬ ‫حنيني ‪.‬‬ ‫أعطني من جاملك قدرا أضئ به غمومي‪،‬‬ ‫ليك أعطيك بسمة و نظرة ذابت بها شمس املساء‪.‬‬ ‫قمري الجميل يا هذا ‪ ،‬أحسبك تسمعني و تراين ‪..‬‬ ‫فيل فيك حب ال يفارقني ‪.‬‬ ‫ألقيت فيك شعرا فبلبل بلبل من ذكر االصمعي‬ ‫و غنى يا ويلييل ! أىل تخيش يا فتاة !‬ ‫ضجيج السكوت و أنني الفراق‪ ،‬أذهبي‪ ،‬إذهبي‬ ‫بدمعيك ألمك فمكانك يف الصباح !‬

‫صفاء زاهر‬

‫‪¤¤¤¤¤¤¤‬‬ ‫هل أضائت ملكة االحالم؟ يا من جعلت من الحقيقة حلم‬ ‫يغازل االيام‬ ‫بفضلك أرى كل االلوان‬ ‫يا من زينت االرض بأجنحة إنكرست خجال من رؤية‬ ‫األشجار‪.‬‬ ‫و حىك يل صوت الريح أغنية رقصت من اجلها رشنق‬ ‫فغزلت من الحرير فيك ثوبا أرفع كالنسيم‪ ،‬لبسته‪.‬‬ ‫فاذا يب أطارد حدودي و ال حدود‬ ‫كصويف مجيد رقصت رقصة أحببت فيها بال حبيب حويل‪.‬‬ ‫دارت الكواكب فلعلني أصبح يوما كام أصبحتي‪..‬فأما‬ ‫املساء فعذرا !‬ ‫ال أريد أن أميس كام أمسيتي ففي أصفرك هموم‬ ‫الذكريات أما أحمرك فيذكرين بدم املأساة‬ ‫عذرا يا من غابت عن سامء املساء ‪.‬فضوئك ال يكفيني‬ ‫ألرى ما أنا عليه وما فيه !‬ ‫قلبي‪ .‬خذين إىل زمان ‪.‬حن يل فيه النخل من آثريي حينها‬ ‫كنت طفلة ضيعت لعبها من كرثة األقاويل‪.‬‬ ‫بجسد إمراة تحولت ألحب الحب و من فيه‪.‬‬ ‫سنيني مل تكن ضياعا! فقلبي كام قال الشاعر إندلعت‬ ‫فيه قصيدة بغثة و مل تئويني ‪.‬عرشون موتة يب وما زلت‬ ‫مرهقة ‪.‬‬ ‫‪¤¤¤¤¤¤¤‬‬ ‫يا من باعت نفسها فدى حب القمر‪ ،‬و هجرت الشمس‬ ‫من حر الضجر ‪،‬إرجعي ايل نفسك و جدي عدوك فيك‬ ‫و أحبيها ‪،‬أحب الظالم القمر و ضوء الشمس فيك ‪.‬‬


et l d n Qua

t ê ’ n e d

M

a mère se relève. Toujours.

Vous savez, un peu comme dans le jeu de la taupe, où le but est de frapper à coups de marteau les taupes qui sortent aléatoirement des trous et que les giboulées de violence n’empêchent pas de sortir une deuxième, une troisième, une quatrième fois. Elle ne dit rien, et pourtant elle semble tenir une conversation sourde-muette avec le Monde, elle en veut à la Terre entière et ça se voit à la manière de laquelle ses pas fouettent les pavés. Elle ne m’attend pas. J’essaie de suivre tant bien que mal, mais si mes jambes y arrivent moi je suis dépassée. L’équation compte beaucoup trop d’inconnus, et pas assez de données. La craie se casse contre le tableau, je m’envoie au piquet, visage tourné vers le mur. Je demande le corrigé à ma mère qui fuit mon regard comme une locomotive à vapeur, la vapeur en moins. Mais c’est tout comme, je la sens qui bout. Les mères ne se soustraient pas à la physique et bouillent à 100 degrés. J’ai peur de me brûler en touchant la mienne, pourtant je tends le bras vers elle. Elle coule entre mes doigts comme du sable que l’on prend pour de l’eau en plein délire au beau milieu du désert. Là, même mes jambes refusent de faire plus d’efforts, je me laisse devancer

é u t e re qu

et je ralentis la cadence. À quoi bon après tout ? Je me cherche une raison d’être pressée, je n’en trouve aucune. Lorsqu’on est pressé, l’on est toujours implicitement pressé de mourir. Je sais d’emblée que je mourrai jeune, et je ne tiens pas à mourir encore plus jeune. Je laisse courir, moi c’est décidé je marche. Avec l’avènement de la froide saison, les rues ne désemplissent plus et les fontaines reprennent des allures de piscine municipale, on s’y baigne sans pudeur. Une fois, et c’était la première fois mais pas la dernière, j’ai vu un garçon tout nu se rafraichir à la source. J’étais évidemment outrée par ce que je voyais, mais je me demandai de suite si ce qu’il avait entre les jambes ne le gênait pas pour marcher et si c’était dû à une malformation. Je pus par la suite construire une théorie plus générale en me basant sur les spécimens qui défilaient au bain maure car encore en âge d’en franchir les portes. Je marche tout doucement jusque chez ba Hassan. Ba Hassan tient un petit hanout où se rendent chaque jour à 7h, 10h et 16h les gens du quartier pour acheter ou manger sur place sfenj, msemen et hercha, pour les plus jeunes 0,5dhs de churros fait habituellement l’affaire. Je me sais sans le sou, mais je fourre quand même ma main dans ma poche. Vide. Ba Hassan me remarque et m’interpelle alors. En même temps, et sans me quitter du regard, il fabrique vite fait

UNE SAISON EN ENFER

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s s a l e ps s

WRITTEN BY : Jihane Lamyaa GHAYAT

bien fait un cône en papier, le garnit de churros, les saupoudre de sucre, et me le tend. Je le remercie et vais m’asseoir sur la marche d’une maison voisine pour manger. Ce n’est pas la première fois que ba Hassan se montre gentil avec moi, il est très aimable, et moi j’ai du mal à croire ce qui se dit sur lui. Selon les rumeurs, à 25 ans, Ba Hassan se serait marié à une cousine éloignée de 16 ans qui est rapidement tombée enceinte après le mariage. Ba Hassan a protesté en clamant que l’enfant ne pouvait être de lui alors que la pauvre malheureuse passait ses journées sans sortir avec la mère de son mari et donc sa tante à elle pour témoin, et qui quand elle sortait allait voir sa mère et donc la tante de son mari. Et non seulement il protesta mais en plus il battu la fille jusqu’à ce qu’elle perde l’enfant, il fut pardonné mais remercia sa jeune épouse en prenant une deuxième femme qui raconte-t-on envoie sa lessive à la première femme de son époux pour qu’elle la lave. Pour le reste, l’impression de déjà-vu discrédite d’office les calomnies. Une fois que j’ai tout dévoré, j’aspire le sucre par le bout du cornet avant de le froisser et d’en faire un nuage en papier. Le ventre plein, je rentre chez moi avec l’idée que ma mère y est déjà. Quand je frappe à la porte personne ne m’ouvre. Pourtant il me semble avoir entendu du bruit. Quelqu’un tire la chaise en bois. Silence. Quelqu’un est monté sur la chaise en bois. Silence. Quelqu’un, quelque chose est tombé au sol. Silence.

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e


Le test du succès : 5 preuves évidentes que vous aurez du succès dans votre vie.

Avoir du succès, n’est certes pas une fin en soi. Cependant il n’existe certainement rien de plus beau et gratifiant à la fin d’une vie, que d’avoir pris le risque d’aller réaliser son rêve. Il n’existe aucune définition universelle de ce qu’est la réussite, autant elle est subjective et difficile à concevoir de façon globale. Le Larousse la définit cependant comme étant l’aboutissement favorable d’un effort fourni. Le succès cependant est beaucoup plus objectif, et se mesure au niveau d’enthousiasme que suscite un travail face au public. Ayant pris la peine d’étudier en profondeur les biographies des figures les plus marquantes de l’histoire, j’ai pu identifier 5 qualités qui permettent à priori de savoir si une personne aura du succès dans sa vie.

Le courage

S’il ne fallait citer qu’une seule qualité, ce serait bel et bien celle-ci. Je la définis comme étant la capacité à prendre des risques pour réussir, peu importe ce que ça coute. Cette force intérieure qui vous pousse à affronter vos peurs sans vous inventer des excuses, est sans doute la plus précieuse de toutes les qualités lorsqu’il est question de succès. J’ai remarqué que les personnes qui ont du succès en général sont immunisées aux excuses : qu’il pleuve ou qu’il neige, peu importe, elles passent à l’action.

30 | POKETUDIANT Mag N°12

La détermination

Avoir de la détermination, est essentiel si l’on a l’ambition d’accomplir de grandes choses. Car les belles histoires légendaires, mettent parfois bien plus longtemps qu’on ne l’imagine à se bâtir. Elles se façonnent au bout de nombreux échecs et d’obstacles à surmonter, sans jamais baisser les bras. L’optimisme Cette qualité rejoins la précédente, dans la mesure où il vous serait difficile de persévérer, après de nombreux échecs, si vous manquez cet optimisme qui vous pousse à croire en votre capacité à réussir, et au fait que l’avenir vous porte bonheur. La confiance en soi, est le carburant qui alimente le moteur du courage, afin de vous donner les forces qui permettent de traverser le chemin du désert, qui mène au succès. La passion Vous connaissez certainement cette flamme qui brûle en vous, à tel point qu’en vous levant le matin, vous avez comme des étincelles dans les yeux. C’est la flamme de la passion. Sans elle, on ne peut accomplir rien de grand. Toutes les légendes de l’histoire : Thomas Edison, Henri Ford, Steve jobs... étaient des personnes passionnées par leur métier. Ce n’est que grâce à la passion que vous pouvez

WRITTEN BY : Armand TAMAFOUO

passer des heures de travail sans vous fatiguer, afin de réussir dans votre domaine. Si vous êtes en général une personne passionnée dans les projets que vous entreprenez, alors c’est bon signe. L’apprentissage Les personnes qui ont du succès, ne se lassent jamais d’apprendre, et sont en général de très grands lecteurs. Elles sont à l’affût d’informations qui leur permettront d’améliorer leur produit ou service. Elles s’inscrivent dans une démarche de développement personnel, jusqu’à la fin de leur vie. Si vous êtes une personne qui pense déjà tout savoir, alors c’est très mauvais signe pour vous. En somme, les qualités qui permettent de réussir une vie, sont aussi nombreuses et variées que la somme des définitions qu’on pourrait trouver au mot « Réussite ». C’est à vous de définir ce qu’est la réussite pour vous, et de vous inspirer des qualités citées ici, pour atteindre le niveau de succès que vous méritez. Je vous souhaite tout le succès du monde.

INSPI’


31 | POKETUDIANT Mag N°12


E LL A E RR RS PA V E A NI N U I

L

e c i t s .. u J l. d Al n A r Fo

ry g ve eein bt e u at t s o th bu e d . In c y , e n m f ttl on s sel re ba e w ake n it spa ing t a y is av m io an e ha e o h ple lect o tr ob m t c ra s t peo se f n an far n l g it o e e m e s s u r a c e o e i n e s t s nl at la b gg a z i g i n p f i by o il n re t ave r t bein bra of s a d o e b e e i re h f n of ty at tu h e i ld ti f t t e na eep der to Th ma ind ibil or sly le o e g its h n hu e k red e w iou att h t i n g. S wo h ow N o a n d h r c h c g t t e , I i . h se e m it tin t. m y ss ’t t h o r t ’m t h p ’s w s i s i g h m u p r e g r a c a n o I n h e i s d p n w a e it re f e I y. s h s e o f e a e w o f z i n g b y. a v e a l l o a an ee iet s a r v d c u d h s a h , a a r es a a ha i s so ld up d ye te bec ste to ed h nste py g om hey hou ing is o into e a t s tt l lf i p c in s k r it tw iso wo er nes r as tor ha er use d I pu y- gen ts a ng f t g d I a a n t ” g o n c e e n r! en y n oi th r re illin ev red e to da be ne a hou ai s. w g ox p l a r d f t p a r b t l o su w m a ar ve hat e o wit w un fil r tin tha ts f l it is no a la up eep ne r t av e fu ve g di id e l i fe a e i f ow S h w h e fo . I h n m n f l n i ’ s li uld e I ,s I f c o e t h o c r o gr ay! g hem do atte f n o li h e a th k o m t n W w ein e t ut I o f m s w . A r th ir l. n o u e . o s h d e te r fo a g fle am . B er t t. m t a e. S i l l g a n s e a g ec uar ept of w ily xid st m bl ain rm igh a e a f . rld e r o d e q xc to p br fa er f s a y d d i o n g, s h u v e a tw th , e e u wo s In m n oi u no op s y e is a ha ld th ast ed thil n th in rbo at d han pr n h lt e i ar t or ch e p um eal o o ca st r t a a re th ns h di he liv he A w be tte t o c y, y c o l e a d c a r t o . We m y c e : a l d t h e i c h be n f i n i m an d h all nd st o is h I a c t ea to s o n uc at n a inju is D lack in w . I I f pe alr ing ute m air ee f nt b ld le hs o ll ex ve oth in o o r to t f e s es ide ing o ha eat r a ha n n m e t l l n o h av a d re s b e A w r i n d d n fo do eve g t r a s s h p h r. v e t e e el n o e y e y y ’s i c r i o t e c b e s ve ’t s s o v y e a n n t r w h n fe f i r s x p e t i t ce s l a e. L e f e i e m e d m o u d i n g i e i r u n e d n’ s . u d A nc Li her ss p c orl elin th eir ha ine ro ce. e re my p n ef n ? w i t n e h to w f fe o re t h e d c h t ha iste o r n i all w h i c p. A o b e f e d l o w m a t x n o r w u m ny m i e l a m wa l i n g e ne e h iti te n hi er y wit fin s af aw o b Tr n o s d e b y s u m c t ry e a i v d e t y i e v s d s e s s b d’ th n e y m y g m Lo e m m e m e v h i ba oul air r co i n a n e. t i m t t i e n I s e oy b e i w at , a b to u m t h t i n f a h a e w, th us ns ore rou d o t w et w ho iant es o f b a e ill ish o r c m s ee h g ai ing ciou n n or t nin som br w , n i f i A t h y v e r e, a n Ye t t h e o o d no m ng or n sp t. of rh to o l o ny m s i o l i g h p l e h b o N e a illu twi am eig y ex e n lif is Th d m s an th rm. an t a r in pe se the st s fa ste fa

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i h ’t fro t u et de om em n ve wit on hts tec m g us gd th i er l d p d S n e o e o i t e g o m r E v r i w m per Bu r r o p s, f ha d k ke y g Y O? n c o u n t s e n o o ic ce o d ur ls s a d t ra ti y N k oc vo sa an eat ’ll a der an i c i s t r a Yo u r m o p , r b im ng . d c ey or m de d u ht t er pt ro r ld r ha till on f h Th e b otis n o o g w t o s h i e e k o n e w v li tri ld s r r a n e. A t h h i s n e a re o u g or way ou t pa n t u u h s i w l g ju am w to yo yo n t s a e a in re f sh to y in les ere ve ’ I t ’ w ider a in ou o de a ru h , e do ns n le at , y all ma ts w by nd live i l o l r c a i w e ed th r a y ’s w a s e d l i v e e, t t o tic ne ee n ou e s g . t r c ju r a agr ir i Af ave h at fo r to h a n r i g h l I I I n g g fo s t n f a sl ll t till ced o c ur f So i ju u ek n ce t s fo r n t r yo e o se ok i we e it , b u e re t i o fo s i d o t ’ ak th l w op ing ng or like don m n t a h ro y nd sw s i t ’ l d i w h i r, a fig e w t r th ha wo . S o nfa r w dy ack is u o F ee st ld gr hay or a ew ? th vor fa

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Alexander the Great and the Importance of Remaining Mortal “No young man believes he shall ever die. “ - William Hazlitt By the time of his death at the age of thirty-two, Alexander of Macedonia was indeed great. He had achieved greatness by conquering most of the ancient civilized world. Four of the most important and revered corners of the earth were under his thumb: Greece, Egypt, Persia, and India. Legend has it that when he entered India and defeated its kings, he sat down and wept because there were no more worlds for him to conquer. Gore Vidal once said that power is an end to itself. And so, seeking absolute power was Alexander’s only pursuit in life. The sun rose and set, and the seasons changed, yet Alexander’s thirst for the absolute and the ultimate remained resolute. He expanded the maps for the geographers of his time to new frontiers that were once thought to be nothing but deserts, and expanded the imagination of every military leader that came after him. Julius Caesar, Napoleon, and Hitler all dreamed of emulating Alexander, but none of them even came close. Alexander invaded not with force and weaponry alone, but with style, too. When an army general came to him before the famous battle of Gaugamela, suggesting that the attack on the Persians should be carried by night, Alexander replied, «I don’t steal victory.» By night or by day, Alexander was going to win anyway - and he did. However, the Battle of Gaugamela was not the first occasion in which Alexander showed his style and true caliber. The decline of the Persians started with the Battle of Issus. The Persian king Darius III lost a great portion of his army in that battle. For Darius III, the battle was lost, and soon, the whole war will come to the same fate. He had no other option but to try to reason with Alexander. Diplomacy was his last shot at saving his empire, or at least what has remained of it. He offered Alexander an alliance, the hand of his daughter in marriage, and all Minor Asia. Parmenion - the same army general who suggested the night attack on the Persians in the Battle of Gaugamela - told Alexander, «If I were Alexander, I would accept the terms.» Alexander coolly replied, «So would I, if I were Parmenion. But I am Alexander.» If the Battle of Issus was the beginning of the end for the Persians, the Battle of Gaugamela was the decisive blow. Alexander led the League of Corinth, an army of 47,000 men assembled from all of Greece against the Persian army of Darius III, estimated to have been about 120,000 soldiers. Being extremely outnumbered, Alexander knew that his only chance of winning was only going to come through strategy

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WRITTEN BY : Younes EL HAMIDI

- and strategy worked. The few emerged victorious over the many. The Persians lost from 40,000 to 90,000 soldiers, and the rest of them were taken as prisoners. By the end of the day, the Persian Achaemenid Empire was but a footnote in the book of History; Alexander was a new chapter. How did that came to happen? The difference was this: the Greeks fought for their country; The Persians, for their king. And there is a sea of difference between fighting for something, and fighting for someone. The Greeks were few, but they were all free. The Persians were many, but they were all slaves. Drunk by his successive victories, the youth who was once tutored by a philosopher forgot all about reason and logic. As Alexander’s empire grew in size, so did his sense of megalomania. He sought to deify himself, to declare himself a god among men, a hero destined to rule all of earth. He once remarked, «Sex and sleep alone make me conscious that I am mortal.» Whatever delusions Alexander fed himself, those close to him knew his truth. The men, who fought for ten years alongside him, were disgusted with their leader and his self-glorifying mania. They saw him adopting the habits of the same Persian tyrants he used to abhor. He demanded his entourage to start kissing his hand and bowing to his self-proclaimed divinity. He also immersed himself more and more in what his Greek army generals and soldiers saw as oriental decadence. The Austrian classical scholar Ernst Badian sums up Alexander best when he says in Alexander the Great and the Loneliness of Power (1964), “After fighting, scheming and murdering in pursuit of the secure tenure of absolute power, he found himself at last on a lonely pinnacle over an abyss, with no use for his power and security unattainable. His genius was such that he ended an epoch and began another - but one of unceasing war and misery (…) He himself never found peace. One is tempted to see him, in medieval terms, as the man who sold his soul to the Devil for power: the Devil kept his part of the bargain but ultimately claimed his own.” “The paths of glory lead but to the grave,” Said the English poet Thomas Gray. Despite all his hopes, and dreams, and feverish hallucinations about immortality, Alexander died young, but glorious. Maybe it was his youth or his ambitions that blinded him from seeing the truth of life, the truth that nothing is lasting but change; nothing perpetual but death.

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