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Yves Bigot Christophe Dillinger Mathieu Drouet Blandine Geneau Frédéric Iovino Jadikan LP Alexis Janicot Joni Karanka Edoardo Pasero Joffrey Philippe Anselmo Giancarlo Rado Susanne Willuhn Curated by/organisé par Christophe Dillinger NUMÉRO SPECIAL HORS SERIE


Square in Grenoble fut une série de trois expositions représentant un total de douze photographes travaillant au format carré. Quatre artistes ont présenté neuf images, disposées en carré, pendant deux semaines. Leur travail fut ensuite enlevé pour laisser place aux quatre artistes suivant, et ceci pendant six semaines en tout. Les expositions ont eu lieu à l’Atelier du 8, Grenoble, France, entre le 18 octobre et le 7 novembre. 2009

Nous sommes une PLATEFORM. Une PLATEFORM en ligne. Une PLATEFORM d’expression. Cette PLATEFORM montre et démontre que le talent prend beaucoup de formes. PLATEFORM n’est pas un magazine de mode. PLATEFORM n’est pas un magazine d’art. PLATEFORM n’est pas un magazine d’information. PLATEFORM est un magazine pour exposer, s’exposer, se raconter et raconter. PLATEFORM ouvre le regard et s’ouvre aux talents. PLATEFORM apporte une double vision sur un thème, un lieu, une émotion, une idée. PLATEFORM est simplement différent parce que la création prend beaucoup de formes. 2


Square in Grenoble was a series of three exhibitions featuring a total of twelve photographers working in square format. Four artists will display nine images placed in a square for two weeks, then their work will be removed and replaced by the next four artists, for a total of six weeks of shows altogether. The shows took place at l’Atelier du 8, Grenoble, france, between 18th October and 7th November.2009.

We are a PLATEFORM. An online PLATEFORM. A PLATEFORM of expression. This PLATEFORM shows and reveals that talent takes many shapes. PLATEFORM isn’t a fashion magazine. PLATEFORM isn’t an art magazine. PLATEFORM isn’t a media magazine. PLATEFORM is a magazine to exhibit, to set forth, to discover oneself and to describe. PLATEFORM opens up eyes and is open to talents. PLATEFORM gives a dual vision on a subject, a place, an emotion, an idea. PLATEFORM is simply different because creation takes many shapes. 3


YVES BIGOT

43 ans, vie et travaille en Bretagne. Membre du collectif de photographes «il pleut encore». «www.ilpleutencore.com. Président de l’association Les Editions de Juillet. www. www.editionsdejuillet.com. 43 years old, living and working in Brittany, France. Member of the photography collective “Il pleut encore”. President of the association “Les Editions de Juillet”.


365 days in Paradise Les objets qui nous entourent constituent une cartographie de notre identité matérielle. Me refusant à pratiquer l’autoportrait devant un miroir, je préfère le pratiquer en puzzle, chez moi, avec les éléments de mon quotidien, à raison d’une image par jour, sans sortir de mon domicile. Ainsi, je propose une découverte de mon intimité, faite de lieux, de personnes proches, d’objets hérités de ma famille ou encore d’images d’actualités prises à la télévision ou dans les journaux. 365 days in Paradise est une série qui évoque un univers protégé, isolé du monde et préservé de sa violence.

365 days in Paradise The objects that surround us map our material identity. While I refuse to practice self-portrait in front of a mirror, I will practice it as a puzzle, in my home, through elements of my everyday life, at the rate of an image a day, without leaving my place of residence. This way, I let you discover my intimacy, made out of photos of places and persons who are close to me; through objects I have inherited or through still images of current events taken on the television or in newspapers. 365 days in Paradise is a series that evokes a safe, isolated universe, a world protected from violence.

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CHRISTOPHE DILLINGER

Né à Berck sur mer, France, en 1965. Emigre à Londres en 1992. Y est professeur de photographie. Il a exposé à Londres, Grenoble, Oakengates (GB), Gradignan et San Francisco. Il a publié son premier livre de photographie, Camera Visibilum, en avril 2009. Born in Berck sur mer, France. Moves to London in 1992. He is now a photography teacher. He has had shows in London, Grenoble, Oakengates (UK), Gradignan and San Francisco. He published his first photography book, Camera Visibilum, In April 2009. www.cdillinger.co.uk


Typewriter Au travers de la série Typewriter, j’essaie de créer une photo totale, qui contiendrait tout ce qui aurait bien pu (ou aurait dû) être présent dans le cliché final mais qui n’y est pas. J’aime présenter des histoires et laisser au spectateur le soin de décider si elles sont vraies ou non. Pour moi, cette différence n’a aucune importance. Je ne crois pas que la photographie ait un grand rapport avec la réalité. Ça servirait à quoi ? Pour moi la photographie ça serait plutôt comme ouvrir des fenêtres.

Typewriter Through the Typewriter series, I try to create a total photograph which would contain all the elements that might have been (or even should have been) present. I like presenting stories and let the viewer decide whether they are true or false. To me, that difference is not important. I don’t think photography is about reality. What would be the point? To me photography is more like opening windows.

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MATHIEU DROUET

Mathieu Drouet, né à Soissons en juillet 1977 et vivant actuellement à Lille. Photographe depuis une dizaine d’année, en ayant fait des mauvaises études dans des vilaines écoles de photo belges. Co fondateur de l’agence photographique Take a Sip. Participe à plusieurs projets collectifs comme Le Bonheur Statique (http://www. bonheurstatique.net/), Plateformag (http://www.plateformag.com/). La galerie en ligne : http://www.mathieu-drouet.com/ Blog : /www.anextraleveladaykeepsthegirlaway.net/ Mathieu Drouet was born in Soisson in July 1977 and now lives in Lille. he has been a photographer for 10 years, having done bad studies in nasty Belgian photogrpahy schools. He is the co-ofunder of the photography agency Take a sip. He works on various group projects such as Le Bonheur Statique et Plateform Magazine.


Surrender Ces neuf portraits sont extraits de la série Surrender entreprise il y a deux ans lors du décès de mon père. La série comporte 80 photographies. Je pense en faire un livre. « Admettre la tristesse sans colère. Dire le silence laissé par l’absence. Le photographier partout, souvent. Être lucide sans être cynique. » Adri Nizet.

Surrender These nine portraits are part of a series of pictures I took two years ago at the death of my father. It totals 80 photos, visible here: http://www.mathieu-drouet.com/ A book about it is on the cards. “Admit to sadness with no anger. Tell of the silence that absence leaves behind. Take pictures of it, everywhere, often. Be lucid but not cynical” Adri Nizet

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BLANDINE GENAU

Autodidacte passionnée de 39 ans, je me suis mise au dessin il y a 10 ans et à la photo il y a 3 ans. Bien que diplômée en infographie pour la création de motifs textiles, je n’en ai jamais fait mon métier. La photographie a très vite pris le pas sur le dessin car elle m’a permis de créer des images qui correspondaient plus à mon univers.

Self-taught 39-year-old amateur photographer, I started learning drawing 10 years ago and photography 3 years ago. Although awarded a diploma in computer graphics specialized in the creation of textile patterns, I have never made it my profession. Photography very quickly took over drawing, because it allowed me to create


Mes influences viennent du dessin en passant par l’illustration et tous styles de photographies, je suis assez éclectique. J’aime éveiller l’imagination de ceux qui regardent mon travail. Le rendu de la matière a toujours été une source d’inspiration importante. Pour arriver à ces images j’utilise donc très souvent des textures et il peut m’arriver également de les retoucher, en dessinant dessus. Les couleurs sont aussi essentielles dans mes compositions, à tel point que sur mes photos « non retravaillées » j’adopte, dans la majorité des cas, le noir et blanc. Après avoir vécu vingt ans à Lille, j’ai déménagé sur la Côte d’Opale dans le Pas-de-Calais au début de l’année 2009. Les images que je présente proviennent donc d’une série faite sur les plages de Berck et de Merlimont, de janvier à juin 2009. Mon envie était de donner un côté irréel à un lieu que tout le monde connaît. J’ai essayé de profiter au maximum du relief que m’offraient ces plages et j’ai intégré la plupart du temps des silhouettes afin qu’elles puissent susciter des histoires. Mon but était également d’exprimer un certain sens de la solitude : quoi de plus facile, sur ces grandes étendues de sable pratiquement vides l’hiver.

My influences come from drawing by way of illustration and from many photographic styles; I am rather eclectic. I like stirring up the imagination of the viewer. The depiction of the material was always an important source of inspiration to me. To arrive at these images I very often use textures, and also sometimes retouch them, by drawing on them. Colors are also essential in my compositions, so much so that the photos I don’t re-work are usually left in black and white. Having lived 20 years in Lille, I moved to the Côte d’Opale, in the Pas-de-Calais at the beginning of 2009. The images presented come from a series of photos taken in and around Berck sur mer and Merlimont, between January and June 2009. I wanted to give a kind of surreal mood to places that everyone knew. I have tried my best to use the relief that beach landscapes offer and I have often integrated silhouettes and shapes to try and create stories. I also wanted to express a feeling of solitude, which is quite easy when using these vast expanses of empty beaches in winter.

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FREDERIC IOVINO

Co-fondateur de la revue photographique L’Heliotrope Co-founder of the photography magazine L’Heliotrope www.fredericiovino.com


Petites Mutilations Quotidiennes 2004-2009 Cette série aborde la peau comme frontière du corps, un point de contact avec le monde. Elle joue le rôle de filtre, de réceptacle d’expériences effectivement vécues. Je scrute le corps des autres, l’observe dans ce qu’il a de plus intime et d’éphémère. C’est un moyen pour moi d’établir une cartographie du corps : plutôt que de « mutilations » et d’imagerie médicale, dont l’esthétique m’inspire, il s’agit en fait d’empreintes, de traces bénignes et de pistes erronées. Les corps (ou plus exactement les fragments de corps) deviennent matière, chair à modeler, sans devenir totalement abstraits. Chacun peut y (re)découvrir un peu de soi : son corps le matin au réveil, ou après une sieste dans l’herbe, sortes de stigmates du quotidien intime.

Petites Mutilations Quotidiennes 2004-2009 This series approaches the skin as being the border of the body, as a contact point with the world. It plays the role of filter, receptacle of true experiences. I scrutinize the body of others, observing what it has to show of the most intimate and short-lived. It is a means for me to establish a mapping of the derisory body: by way of «mutilations» and through medical imaging, whose aesthetics inspire me; it is all about imprints, about subtle tracks and wrong paths. Bodies (or more exactly the fragments of body) become material, a kind of flesh-dough that never becomes totally abstracted. Everyone can (re)discover a little of themselves: their body as it is when they wake up in the morning, or after a nap on the grass. Like stigmata of one’s intimate everyday life.

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GUILHEM JADIKAN

« Que la lumière soit ! C’est avec ces paroles que le monde s’illumina ; que pour la première fois le créateur dit : « me voilà », je suis ici parmi vous – sensible et perceptible, capable de prendre toutes les formes. Je suis à distance et pourtant près de vous ; je suis le plus proche et le plus lointain ; mais vous me connaissez peut-être : je suis le corps diaphane du monde, je suis ce que votre œil voit !... » F.C. Baitinger - Artup TV «Let there be light! It is with these words that the world was illuminated; that for the first time the creator said: «Here I am, I am here among you - sensitive and perceptible, capable of taking all forms. I am remote and nevertheless near you; I am the closest and the most distant; but you know me maybe: I am the translucent body of the world, I am what your eye sees!... « F.C. Baitinger - TV Artup


Le Jadikan Lightning Project utilise le support photographique pour capter des performances lumineuses dans un environnement sombre. Utilisant la technique du ‘Light Painting’, littéralement peinture de lumière, ces images sont le reflet d’une seule prise de vue dont la durée s’étend sur plusieurs minutes. À l’aide de sources lumineuses et d’obscurité ambiante, les espaces vides prennent une autre dimension, et créent des visuels où l’imaginaire se lie à la réalité. The jadikan Lightning Project uses the photographic support to capture light performances in a dark environment. Using the technique of ‘Light Painting‘, literally painting with light, these images are the reflection of a single recording, the duration of which extends over several minutes. By means of light sources and of ambient darkness, empty spaces take on another dimension to create pictures in which the imagination is bound to reality.

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ALEXIS JANICOT

26 ans - Rennes Membre du collectif de photographes «il pleut encore» www.ilpleutencore.com Expositions : «non-moi» - Le Scaramouche, Rennes - Janvier 2009 «Parallaxe 20mg» - Café Cortina, Rennes - Mars 2009 «17h04-17h27» - La cour des miracles, Rennes - Juillet 2009 «Rennes One Shot» - Bibliothèque Lucien Rose, Rennes - Septembre 2009 26 year old. Member of the photography collective “Il pleut encore”.


D-Day Nous avons récemment créé un collectif photographique avec huit autres Rennais, et nous essayons au maximum de travailler sur des sujets communs, pour ainsi croiser les regards sur un même lieu ou sur un même sujet. Deux d’entre eux avaient déjà travaillé sur les plages du débarquement. J’avais à mon tour envie de découvrir ces lieux, déjà comme simple touriste, et ensuite d’apporter ma vision de ces plages historiques. J’ai essayé de retranscrire au mieux dans mes photos la façon dont les gens, qu’ils soient touristes ou locaux, se sont accaparé ces lieux et quel usage ils en font, soixante ans après le débarquement.

D-Day We recently created a photographic collective with eight other people from Rennes. We do our best to work on common subjects, to kind of get different perspectives on the same place or subject. Two of us had already worked on these D Day landing beaches. I also wanted to discover these places, first as a simple tourist and then to bring my own vision to these historic beaches. I tried to translate the way people, either tourists or locals, had monopolized these places and what they had made of them 60 years after the landing.

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JONI KARANKA

Né en 1981 à Helsinki, Finlande. Après avoir vécu en Espagne jusqu’en 1985, il s’installe à Cardiff, Pays de Galles. En 2008 il fut nominé en finale du Emerging Photographers Fund. Sa série « Last Orders » fut présentée au festival d’Arles, au festival de la photographie à Phnom Penh, dans le magazine Burn et dans f.blog. Born in 1981 in Helsinki (Finland). After living since 1985 in Spain, he moved to Cardiff (Wales) where he currently resides. In 2008 he was nominated a finalist of the Emerging Photographers Fund. His series Last Orders has been shown in Rencontres d’Arles, Le Festival de Photographie de Phnom Penh, Burn Magazine and the f blog.


The Fountains En surface, la jeunesse change très vite. En 2006, quand j’ai commencé à photographier The Fountains, je n’avais aucune connaissance de la culture ni de la mode que suivaient les adolescents. Je voyais La Fontaine quand je me promenais. Ils ne se cachent pas, mais malgré le fait qu’ils soient dans le plein centre de Cardiff, ces adolescents arrivent à passer inaperçus. Au delà des nouvelles modes et de la musique, leurs expériences ont beaucoup de points communs avec les miennes. Après les avoir découverts, mon intérêt s’est reporté sur la mémoire et la réminiscence, sur une exploration de tout ce qui est trouvé puis perdu à l’aurore de notre existence. The Fountains On the surface, youth changes quickly. In 2006, when I started photographing The Fountains, I lacked any knowledge on the contemporary teenage culture and looks. I had seen The Fountains when walking past. They are not in any way hidden, but with their central location in Cardiff, these teenage gatherings somehow manage to avoid being seen by passers-by. Beyond the new fashions and music, their experience had many common points with my own adolescence. After a first phase of discovery, my interest turned to memory and reminiscence, to an exploration of all those things that are found and broken in the dawn of adulthood.

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EDOARDO PASERO

Né en 1978 à Alexandrie. S’installe à Milan fin 1990 et s’inscrit à la faculté de Philosophie à l’Université de Milan. Ces trois dernières années j’ai travaillé dans la production et la postproduction de vidéo clips, clips promotionnels et publicité. Mon travail photographique a été publié dans des magazines et en ligne. J’ai été sélectionné pour le numéro Portfolio de SHOTS Magazine, une publication biannuelle consacrée à la photographie artistique américaine et, en 2009, j’ai été sélectionné pour le festival Fotografia à Rome. Born in Alessandria in 1978 I moved to Milan in the late 90s to attend the faculty of philosophy at the University of Milan. Over the past three years I worked in production and postproduction video clip, promo and advertising. My work has been published in various magazines and online. In 2008 I was selected for the Portfolio issue of SHOTS Magazine, multi-annual publication devoted to American fine art photography and in 2009 I was selected for the Fotografia Festival in Rome.


Half life Half life est un projet personnel issu de deux impératifs. Premièrement : montrer ma vie photographiquement, en construisant une sorte de portrait étendu, composé de plusieurs blocs. Des images individuelles qui sont moins des photos de moi que des photos de ce que je vois autour de moi et qui essaient de recréer mon identité. Deuxièmement, je voulais m’investir dans un projet photographique qui n’aurait pas de limites thématiques ou stylistiques, dans lequel je pourrais explorer librement les possibilités de ce moyen d’expression et retrouver le plaisir simple de prendre des photos et de poser. Les photos forment une séquence, mais je voulais aussi que l’on puisse en secouer les pièces, tout comme l’esprit réarrange les souvenirs, en ayant toutefois une référence temporelle, ce que Bergson décrit dans son concept de « durée ». J’ai aussi décidé de ne pas fournir d’information ni de description sur les photos, en espérant ainsi que la série devienne impersonnelle et plus universelle, pour que le spectateur puisse se perdre et laisser son imagination prendre le relais. Pour citer Minor White : « La vie est comme une série d’images ».

Half Life Half Life is a personal project that is born of two needs. First to photographically narrate my life, thus building a kind of extended self, composed of several blocks, the individual images, which are less pictures of myself than pictures of what I see around me, trying to recreate my identity. Second, I wanted to devote myself to a photographic project in which I wouldn’t put thematic or stylistic limits, to express freely the possibilities of the medium and to rediscover the pleasure to take photos and pose. The images are in sequence but I also wanted that the piecese could be shaken about, just as the mind does with the memories, while still having temporal references, what Bergson describes in his concept of ”duration”. I also decided not to give the viewer any information or description about the photos, hoping that the work could thus be de-personalized and become more «universal», so that the viewer could get lost and let their imagination take over. To cite Minor White: «life is like a cinema of stills”.

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JOFFREY PHILIPPE-ANSELMO 28 ans, dilettante professionnel. Dilettante car je travaille par intermittence dans plusieurs domaines et avec différentes formes d’expression. Je pratique les arts plastiques au sens large. Peinture, photographie, graphisme à vocation illustrative ou artistique. J’exerce par ailleurs la fonction de décorateur dans l’industrie du cinéma. La thématique redondante de ma sensibilité artistique est le phénomène d’érosion au sens large, qui nous rappelle l’inconsistance de toute chose. Et en particulier, par ce que l’homme abandonne en périphérie de la vie urbaine. Usines en ruines, habitat vétuste, chantiers navals, déchets industriels... Cela est retranscrit par l’aspect souvent sali, prématurément vieilli de mon travail plastique. I am 28 years old and I am a professional dilettante. Dilettante because I work freelance in several domains and with various media. I practice plastic arts in the broad sense. I do painting, photography, graphics geared towards Illustration or art. I also work as a decorator in the cinematographic industry. The redundant theme of my artistic sensibility is the phenomenon of erosion in a broad sense, which reminds us of the flimsiness of things; in particular, by what man abandons on the edge of urban life. Factories in ruins, dilapidated housing environments, shipyards, industrial waste... It is translated by the often dirty, prematurely old look of my work.


Née d’une seule contrainte, le format carré, cette série est davantage une recherche formelle qu’un travail réellement abouti. C’est le mélange de photographies d’espaces vides de moindre intérêt esthétique et d’images de synthèse issues du célèbre jeu GTA. Comme de nombreux jeunes adultes de ma génération, je suis relativement intoxiqué par la culture vidéo ludique. Je considère mes innombrables heures passées à jouer comme du temps perdu. Alors j’ai tenté de savoir si j’étais capable de créer quelque chose à partir de ce sentiment de stérilité. C’est en quelque sorte une manière pour moi d’exorciser la culpabilité de mon addiction. La série porte le nom de Farwest pour diverses raisons. D’abord car les clichés ont été pris à la pointe de la Bretagne. Une notion de bout du monde, de vide. Ensuite parce que les thèmes abordés sont mes projections de l’American way of life. L’attirance lointaine pour le grand Ouest désertique et l’imagerie automobile des années 1960-1970. La civilisation industrielle à son apogée, perdue dans une nature morte.

Born of a single constraint, a square format, this series is more a formal research than a really accomplished piece of work. It is the mixture of photos of empty spaces of lesser aesthetic interest and computer generated images stemming from the famous game GTA. Like many young adults of my generation, I am relatively intoxicated by the video game culture. I consider my uncountable hours spent playing as a total waste of time. I therefore tried to see whether I was capable of creating something from this feeling of infertility. It is in a sense a way for me to exorcise the guilt of my addiction. The series is called Far west for various reasons. At first because the pictures were taken at Brittany’s furthest point, recalling a notion of the end of the world, of space. Secondly it was because I am tackling my own projections of the American way of life, the distant attraction for the big desert West and the automobile iconography of the 6O’s and 70’s. The industrial civilization in its glory now lost in a still life.

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GIANCARLO RADO Giancarlo Rado habite Trévise en Italie et il y est musicien professionnel. Il a développé une séries de contes photographiques qui ont comme sujets la vie dans les régions rurales du nord-est de l’Italie, des endroits qui luttent entre le présent et le passé et qui en souffrent. Giancarlo a exposé en Italie dans des shows solo et de groupe. Son exposition précédente : “Un giorno lungo un anno”, à propos des conditions de vie des bergers itinérants du nord de l’Italie a eu un grand succès et a été vue par plus de 10 000 visiteurs.

Giancarlo Rado from Treviso is an italian professional musician and amateur photographer. Giancarlo has developed a series of photografic tales dealing with life in rural places of the italian northeast, a place still struggling beetwen past and present and in some way suffering from this. Giancarlo Rado has exposed in Italy in personal and collective exibitions; his previous exibition: “Un giorno lungo un anno”, dealing with the condition of wandering sheperds in north Italy has obtained a great success and was viewed


Italiens « Italiens » est un travail en développement qui a de grandes chances de ne jamais être terminé, à cause de son ampleur et de sa variété. C’est un portrait de l’Italie vue au travers des activités professionnelles et de ses statuts sociaux. Mes Italiens sont concrets et vivants, se sont les héros de la normalité et de la vie de tous les jours. Ils habitent aussi le monde de mes phantasmes ; il me semble parfois que mes sujets ont une vie indépendante et qu’ils se parlent, comme dans une pièce de théâtre qui n’a pas encore été écrite. Ils représentent ce que je pourrais être dans une autre vie : un berger, un cuisinier, un curé, un docteur...

Italians ‘Italians’ is a work in progress, a work that will probably never be completed, due to its complexity and vastity. It is a portrait of Italy seen through the lens of working activity and social status. My Italians portraits so concrete and alive, are the heroes of the normality and of every day life. But they belong also to the world of my fantasy; sometimes it seems to me that my subjects have an independent life and that they speak each other as if they were acting in a play not yet written. They represent what I could be in my second life: a sheperd, a cook, a priest, a doctor...

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SUSANNE WILLUHN

Je suis née dans une petite ville d’Allemagne et maintenant j’habite Cologne. Il y a quelques années j’ai commencé la photographie afin de pouvoir m’exprimer et d’explorer ma personnalité. Mes photos ont été publiées dans des magazines en ligne (Invisible City, F-Stop, Carpaccio). Je suis en train de préparer une exposition à Berlin.

I was born in a small town in Germany and now I live in Cologne. A few years ago I began to take pictures as a way to express and explore myself. Some of my photos have recently been shown in several online magazines (Invisible City Magazine, F-Stop Magazine, Carpaccio Magazine). I am taking part in a groups exhibition in Berlin in December 09.


Mon approche photographique est la plupart du temps intuitive. J’essaie de relier mes visions intimes, mes états d’âme et le monde extérieur. En général, mes photos ont pour sujet la mémoire et la perception. Je joue avec l’imaginaire et les atmosphères changeantes. J’essaie de capturer ces moments où la frontière entre la réalité et l’inconscient devient intangible, quand une trace de « quelque chose d’autre » s’insinue dans la vie. Mais au lieu d’indiquer des sentiments ou des sensations spécifiques, je veux que mes photos restent ouvertes à interprétations. C’est cette ambiguïté potentielle entre les choses de tous les jours et l’âme des personnes concernées qui m’intéresse. J’utilise principalement des appareils photos argentiques, en format moyen et en 35 mm.

My photographic approach is quite intuitive. I try to relate my inner visions, my state of mind, to the outer world. Generally, my photos deal with rememberance and perception. I am playing with imaginary worlds and shifting moods. I seek to capture those moments when the boundary between reality and unconsciousness becomes blurred, when a trace of «something else» permeating life. But rather than indicating specific feelings or sensations, I want my photos to remain open to interpretation. It is this potential ambiguity of everyday settings and the spirit of the people involved that interests me. I shoot mainly with analogue cameras, medium format as well as 35mm.

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Bien sur, la question qu’on me pose souvent, c’est : « pourquoi le format carré ? ». Et là j’hésite. Je n’ai pas vraiment de raison. C’est un peu comme les épinards. Moi je n’aime pas les épinards. Un point c’est tout. Il y a des gens qui aiment les épinards, mais moi je ne les aime pas. Par contre j’aime le format carré. Un carré c’est simple, c’est symétrique. Un carré c’est presque rond, comme un œil. Avec un carré, on n’a pas à se préoccuper de la façon donc on tient son appareil, on se fiche de l’horizontal et du vertical. D’ailleurs je ne travaille plus qu’en carré. J’ai vendu mon stock de film 35mm aux copains pour pas cher. Je travaille avec des appareils qui vous font des gros clicks bien sonores, avec des pellicules de 6cm de large. Le carré, c’est plus qu’une façon de voir, c’est une façon de donner. Ce qui débuta comme un projet d‘exposition solo c’est terminé en exposition de groupes avec 11 autres photographes, dont deux italiens, un britannique et une allemande. Et plein de bretons. 6 semaines de shows, un projet de livre dans quelques mois. L’an prochain il y aura j’espère Square in Paris, Londres, Milan, San Francisco. Dans deux ans on investit Beaubourg et le MOMA de New York. Dans trois ans il y aura des carrés dans le monde entier. Qui sait... Alors un grand merci aux photographes qui ont cru à ce projet. Merci à toute l’équipe de Plateform. Merci à Stéphane Bieganski, notre homme sur Grenoble. Merci à Jérôme Briaud et l’équipe de l’Atelier du 8. Christophe Dillinger, Octobre 2009.


Of course, the question I am often asked is: «why the square format?» And there I hesitate. I don’t really have a reason. It is like spinach. I do not like spinach. That’s it. Some people like spinach, but I don’t. On the other hand I like the square format. A square is simple, it is symmetrical. A square is almost round, like an eye. With a square, you do not have to worry about the way you hold your camera; we don’t care about such things as horizontality or verticality. I work only in square format now. I have cheaply sold my stock of 35mm film to my friends. I work with cameras which give out a beefy click, I use 6cm wide film. The square format is more than a way of seeing, it is a way of giving. What began as a project for a solo exhibition ended in a group show with 11 other photographers, among whom two Italian, a British and a German. And plenty of Brittany people. 6 weeks of shows, a book project in a few months. Next year there will be a Square in Paris, London, Milan, San Francisco. In two years we occupy Beaubourg and MOMA in New York. In three years there will be squares all over the world. Who knows... In the meantime, thank you to the photographers who believed in this project. Thanks to the Plateform team. Thanks to Stéphane Bieganski, our man on Grenoble. Thanks to Jérôme Briaud and the guys at l’Atelier du 8. Christophe Dillinger, October 2009.

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Have participated to this issue : Ont participé à ce numéro : LAURENCE GUENOUN : DIR DE PUBLICATION / DA CARINE LAUTIER : RÉDACTRICE EN CHEF CANDICE NGUYEN : COMMUNICATION & PUBLICITÉ (+33 689 921 043) MATHIEU DROUET : GRAPHISTE / DA CHRISTOPHE DILLINGER : TRADUCTION ELIE BRUNEL : TRADUCTION Remerciements pour leur aide et soutient à : BENOIT MARTINEZ HTTP://WWW.ENSP-ARLES.COM FREDERIC HIARD HTTP://WWW.VIRUSPHOTO.COM ANTONY BARROUX HTTP://WWW.PIXFAN.COM CEDRIC DUMENIL HTTP://WWW.UNJOURUNSITE.BE

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