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Julie Rochereau / Claire Streetart / Anton Tang / Thibault Tourmente / AndrÊs Medina / François Nanjo Shunsuke / Laurence Guenoun / Tawan Wattuya / Arthur Perset / Haritorn Akarapat / Antoine Giraudo / Alexandra Petracchi / Sylvie Fraissard / Giuditta Manno

ISSUE 200810


S O M M A I R E


PLOUF

BREATH

WHERE

SUN

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SHE

TO LIVE

SERIE «POLAROID BATHROOM» de Julie Rochereau CREATIONS de l’artiste Claire Streetart

SERIE «ESCAPE» d’Anton Tang CREATIONS de l’artiste Thibault Tourmente

SERIE «ABANDONED» d’Andrés Medina CREATIONS de l’artiste François Nanjo Shunsuke

SERIE «DREAM OF RIO» de Laurence Guenoun CREATIONS de l’artiste Tawan Wattuya

SERIE «ESPACE EN ATTENTE» d’Arthur Perset CREATIONS de l’artiste Haritorn Akarapat

SERIE «FLOU» d’Antoine Giraudo CREATIONS de l’artiste Alexandra Petracchi

SERIE «HLM» de Sylvie Fraissard CREATIONS de l’artiste Giuditta Manno


PLOUF


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«POLAROID BATHROOM» de Julie Rochereau INTERVIEW de l’artiste Claire Streetart


J U L I E R O C H E R E A U

POLAROID BATHROOM CETTE SERIE ? Cette série est une commande sur le sujet intitulé : « A la limite ». Je voulais traiter de l’intime en abordant la limite de l’érotisme. Il s’agit ici de rester dans la suggestion plus que dans la démonstration, le tout en restant dans les lieux banals de la vie quotidienne. Le choix du polaroid est avant tout pour le grain et le manque de piqué obtenu, à la limite du flou, une autre manière de suggérer. PARLE-NOUS DE TOI… J’ai commencé la photo à 20 ans, puis j’ai commencé à l’étudier plus sérieusement 3 ans plus tard. J’ai commencé par une Licence 3 de Photographie à Paris 8, puis j’ai tenté le concours de l’école des Gobelins en 2007 où j’ai étudié 2 ans. Depuis juin dernier, je suis photographe indépendante et, pour vivre, je suis assistante de photographes ou sur des plateaux de location. Je m’inspire de tout, de séries photographiques que j’admire mais aussi de peintures ou bien encore d’images en mouvement, films, vidéos, clips musicaux… TES PROJETS ? Je n’ai pas de projet futur bien précis si ce n’est des idées de séries à concrétiser. Je souhaiterais gagner ma vie en faisant du portrait, notamment du portrait d’artistes musiciens, mais aussi d’écrivains ou de cinéastes… Exposer en galerie sera aussi une option lorsque j’aurai une matière qui me satisfasse !


WHAT IS THIS SERIES ABOUT? This series is a commission about the theme “to the limit”. I wanted to talk about intimacy through the limits of eroticism. We’re talking about suggesting more than showing, the whole thing restrained to every day places. I chose to use a Polaroid camera because of the grain and the lack of real focus, which enhances the suggestiveness. TELL US MORE ABOUT YOU… I started photography when I was 20. Three years later, I started to study it properly. I started a degree at Paris 8 university, and then I studied for two years at l’Ecole des Gobelins. Last June, I set myself up as an independent photographer, and I started earning a living by being an assistant in the studio or on locations. I draw inspiration from everything, photographic work, paintings, movies, video art and video clips. WHAT ARE YOUR PROJECTS? I don’t really have anything definite in mind except photographic series I’d like to finish. I’d like to work on portraits, especially with musicians, writers or film directors. I’d like to exhibit my work in a gallery, but first I need a series I feel happy with. www.julierochereau.com


C L A I R E S T R E E T A R T

INTERVIEW LE PROJET… La rue me séduisait depuis un moment déjà. J’avais envie d’y exporter une vision intime et poétique. L’espace public grouille de visuels à messages, je voulais une image sans légende. Une image lisible par tous et partout, quelque chose d’évident. Et intervenir dans la scène quotidienne sans y avoir été invitée. INSPIRATION… Les gens, la peinture. Le réalisme, le surréalisme, la figuration narrative. Magritte, Hockney, Télémaque, Garabito... Le cinéma de Kitano comme celui de Blier. Les mises en scène habitées par des figurants figés. La théâtralité des situations. LA SUITE… Etendre ce projet au-delà de mon entourage comme modèle. Photographier des inconnus qui accepteraient de rejouer un moment de leur intimité. Dessiner et coller dans beaucoup d’autres lieux, beaucoup d’autres gens. Et puis il y a quelques hors-séries à venir, des collages de couples mais sous une forme différente, le temps d’une série limitée à chaque fois.


THE PROJECT… I had been attracted to street life for a while. I wanted to express an intimate and poetical vision. The world teems with meaningful messages; I wanted an image without any caption. An image that could be read by all; something obvious. I wanted to pop up in everyday life with no invitation to do so. YOUR INSPIRATION… People, paintings. Realism, surrealism, narrative figuration. Magritte, Hockney, Telemachus, Garabito... Kitano’s and Blier’s movies. Freezed walk-on actors invading the stage. Theatre of situations. WHAT’S NEXT? Carry on this project over my circle. Take pictures of strangers who would agree to recreate intimate moments. Draw and mix images together in much more places, with much more people. And there’ll be a few special issues, collages of couples done in a different way for a session only. http://clairestreetart.com/


BREATH


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« ESCAPE» d’Anton Tang INTERVIEW de l’artiste Thibault Tourmente


A N T O N T A N G

ESCAPE QUI ES-TU? PARLE-NOUS DE TA VISION DE LA PHOTOGRAPHIE. Je m’appelle Anton Tang. J’ai passé plus de 10 ans à faire du BMX et je fais partie d’Aresbykes Singapore. Je me suis mis à la photographie parce que j’adore le BMX. Quand j’ai vu ces clichés incroyables dans les magazines de BMX, je me suis vraiment senti inspiré. Malheureusement, les appareils photo numériques n’étaient pas donnés au milieu des années 90. J’en ai finalement acheté un l’année dernière. PARLE-NOUS DE CETTE SERIE, DE CES PERSONNAGES… QUEL EST LE MESSAGE QUE TU VEUX FAIRE PASSER ? La boîte, c’est Danboard. Ce n’est pas moi qui l’ai créée, c’est en fait le personnage féminin d’un manga, Yotsuba!. Je prends Danboard en photo en lui attribuant une vie délicate et fragile, en d’autres termes presque humaine. Bien qu’elle soit faite de carton, elle n’a jamais peur d’explorer ce qu’il y a autour d’elle. Chaque série raconte une petite histoire et ceux qui la voient se sentent tour à tour tristes ou amusés. Tout ce que j’espère, c’est que mes photos illuminent leur journée. TES PROJETS ? Mon projet était au départ de photographier les BMX mais je ne suis jamais parvenu à convenir d’une vraie séance photo avec les cyclistes. La série que j’ai faite sur Danboard n’a pas de fin propre pour le moment. En temps normal, je prépare toujours mes photos une série à l’avance. Les mises à jour de Danboard sont irrégulières et c’est une surprise à chaque fois.


WHO ARE YOU? CAN YOU TELL US ABOUT YOUR CONNECTION TO PHOTOGRAPHY? My name is Anton Tang. I am a Chinese guy who spent more than 10 years riding flatland BMX and I’m part of Aresbykes Singapore. The reason I got into photography is due to the love of BMX, it was these incredible pictures I saw in magazinesthat inspired me. Unfortunately during the mid 90s digital cameras were way too expensive. Their price drastically dropped recently so I purchased my own camera last year. TELL US ABOUT THIS SERIES, YOUR CHARACTERS... DO YOU USE THEM TO PASS A MESSAGE? The box toy is called Danboard. I did not create it and it’s actually a female character from the manga Yotsuba!. I portray Danboard photos in such a way that its life is similar to human life, very delicate and fragile. Despite being made out of cardboard Danboard never fears to explore things around her that might cause mayhem. Every series tells a little story so viewers will feel sad, happy or have fun when they see it. Apart from this, I hope my pictures will brighten up their day. YOUR PROJECTS? My initial plan was to shot BMX sports. However I was unable to arrange a proper shooting session with the riders. The Danboard series is an endless project. Normally, I prepare the pictures a series ahead. The date and time of next Danboard update are not consistentso viewers will have to wait patiently for a surprise. www.antontang.com


T H I B A U L T T O U R M E N T E

INTERVIEW TES SOURCES D’INSPIRATION ? Mon inspiration principale vient de La Morb Culture (Psychose qui se manifeste par la désintégration de la personnalité et par la perte du contact avec la réalité). J’ai tendance à digérer tout ce que je vois, que ce soit dans la rue ou ailleurs… et à recracher tout ça sur un polaroid... TA TECHNIQUE DE TRAVAIL ? Le support et le rendu final priment sur la technique… Que ce soit du collage, de la surimpression, du dessin, chaque polaroid représente un instant… Je travaille de façon instinctive… Sans m’imposer de techniques particulières. TES PROJETS ? Je travaille actuellement sur la réalisation d’un bouquin regroupant des polaroids et des textes avec l’ambition d’arriver à le publier… Sinon mon principal projet reste de proposer un autre regard sur le polaroïd à travers des expos.


WHAT INSPIRES YOU? Mostly Morb culture (Psychosis consisting in symptoms showing an erosion of personality and loss of contact with reality). I have a tendency to digest everything I see, and then spit it back out again on a Polaroid base. HOW DO YOU WORK? The media and the final product come before the technique, via collage, superposition or drawing. Each Polaroid image represents an instant. I work instinctively, without confining myself to any particular technique. WHAT ARE YOUR PROJECTS? At the moment, I am working on a book of Polaroid images and texts, which I hope to get published. Apart from that, my main project is to promote a new vision of Polaroid work through exhibitions. Galerie Amandine, 17 rue des Moines, 75017 Paris Tel: +33.1.46.27.46.57 www.amandine.com


WHERE


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« ABANDONED » d’Andres Medina INTERVIEW de l’artiste François Nanjo Shunsuke


A N D R E S M E D I N A

ABANDONED TON PARCOURS ARTISTIQUE ? Mon premier contact avec la photo? Un Kodak 150 qu’on m’a offert pour ma communion quand j’avais 7 ans. Après avoir décroché mon premier emploi en imprimerie à 21 ans, j’ai acheté mon premier appareil, un Canon Powershot G5 et ensuite un Diana+. En ce moment, je fais plutôt de la photographie traditionnelle. Format moyen (6x6), photo de nuit et paysages urbains. J’adore l’argentique. A PROPOS DE CETTE SERIE… Avec elle, j’ai observé le temps qui passe et ses conséquences sur les objets. Ils me renvoient un puissant sentiment visuel et émotionnel quand ils sont sur la pellicule. C’est une façon de sauvegarder ce que les gens ont jeté derrière eux, de se souvenir qu’un jour ces objets-là servaient à quelque chose et étaient entourés d’activités humaines. TES PROJETS A VENIR… Je cherche à promouvoir mon travail à travers différentes publications et collectifs de photographes. Avec un autre photographe, nous voulons créer un blog et un site internet pour promouvoir le travail de photographes espagnols, la plupart étant inconnus du grand public. En ce qui concerne mon travail personnel, je voudrais me mettre au portrait sérieusement. Je suis également en train de construire mon propre laboratoire chez moi pour développer mes clichés moi-même.


YOUR ARTISTIC BACKGROUND... My first camera didn’t reach my hands till I received a Kodak 150 as present for my communion when I was 7. After starting my first stable work in a printing house at the age of 21, I bought my first camera, a Canon Powershot G5, and then a funny Diana+. At the moment I’m totally involved with traditional photography, medium format cameras (6x6) and night photography of urban landscapes. ABOUT THIS SERIES... With this series I explored how time goes by for the objects that men leave behind and their state when they’re abandoned. In my view, they convey a powerful emotional and visual feeling when they get captured on film. It’s a way to save what people leave behind, remembering that one day those objects were useful and surrounded by human activity. YOUR PROJECTS, WHISHES FOR TOMORROW... I’m actively working on promoting my art in different publications and photography collectives. Me and another photographer want to create a blog and a website to promote the work of many Spanish photographers, most of them unknown. In relation to my personal work, I want to take portraiture seriously. I also started to build my home lab to start developing on my own. http://andresmedina.carbonmade.com/


N A N J O S H U N S U K E

INTERVIEW TON INSPIRATION ? Un horizon vide, un début ou une fin du Monde. Quelques pas dans le paysage urbain : des moments d’arrêt se dessinent, laissant flotter le passé dans le présent, un silence lourd de sens : un murmure. Une interrogation sur le Monde. Ma pratique artistique se propose comme un laboratoire d’étude des interstices de notre vie, des esquisses de questions que je laisse à la libre interprétation des spectateurs; tout en me positionnant en tant que créateur. CETTE SERIE ? Bastien est le héros du conte «L’Histoire sans fin» de Michael ENDE. Il vole un livre nommé «L’Histoire sans fin» dans une librairie et en tire un pouvoir, celui de créer son propre monde. Mais au fur et à mesure qu’il crée son monde, il perd peu à peu la mémoire du monde réel d’où il vient. Ces terrains abandonnés apparaissent comme de profondes cicatrices de l’Histoire, impossibles à refermer pour se tourner vers l’avenir. Les photographies ont été prises dans les espaces abandonnés de Berlin où vivaient les Juifs. Ces lieux, pour des raisons administratives, ne peuvent être reconstruits, rasés ou réhabilités. Ce fut pour moi comme les stigmates de la mémoire que la ville porte en elle, des trous noirs dans l’axe du temps. Ce sont des espaces hétérotopiques qui me motivent à révéler un monde du passé avec lequel nous cohabitons. TES PROJETS ? Depuis toujours, je suis intéressé par les fossés qui coexistent dans notre vie quotidienne et amènent avec eux souvenirs, libertés et possibles. J’essaie de leur rendre une place que nous occultons dans notre vie, de les révéler, de les rendre visibles, et surtout de leur donner de l’importance. Je crois que de cette manière, nous ne considérons pas les choses comme des entités différentes, mais qu’au contraire la relation entre ces entités crée de nouvelles narrations.


YOUR INSPIRATION? An empty horizon, the beginning or the end of the world. A few steps in the urban landscape. Moments springing and letting the past float in the present, a meaningful silence: a whisper. Questions about the world. My artistic practice is a researching lab of gaps in our lives, sketches of wonders that I try to leave free to the viewers, positioning myself as a creator. THIS SERIES? Bastien is the hero of the book «The Neverending Story» by Michael ENDE. He steals a book entitled «The Neverending Story» from a bookshop and then gets the power of creating his own story, his own world. But it soon appears the more Bastien creates his world, the more he loses the memory of the real world he’s from. These abandoned fields are like deep History scars, unable to get over it, embrace the future. I took pictures of the abandoned places in Berlin, where Jews used to live. These places can’t be demolished, renovated or occupied for administrative reasons. It appeared to me that the city itself has a memory to carry on, like black holes in the present time. They are the heterotypical gaps that motivated me to reveal the past we still live in. YOUR PROJECTS? I’ve always been interested in the gaps which coexist in our daily life, carrying memories, possibilities and freedoms. I try to find out this gap we don’t really consider in our life, reveal it and make it visible, and above all, give it importance. I believe that this way, we don’t only consider things as different entities, but that the link between the entities creates new stories. http://www.over-kunst.com/


SUN


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« DREAM OF RIO» de Laurence Guenoun INTERVIEW de l’artiste Tawan Wattuya


L A U R E N C E G U E N O U N

DREAM OF RIO A PROPOS DE CETTE SERIE... Rio est une ville où j’aimerais vivre. Une ville où la lumière change en permanence, où les gens se montrent, paradent, s’exhibent sans honte. LA PLAGE... La plage est comme une religion à Rio. C’est là où l’on marche, là où l’on vient faire du sport, là où l’on se pavane, là où l’on se retrouve… A PROPOS DE TES PROJETS… Exposer. Réaliser des reportages dans l’humanitaire. Photographier.


ABOUT THIS SERIES... I’d like to live in Rio. It’s a town where light constantly changes, where people show off, strut about, expose themselves without a shame. THE BEACH... The beach is a real religion in Rio. It’s the place you walk on, practise sports, flaunt yourself and meet your friends. ABOUT YOUR UPCOMING PROJECTS… I want to exhibit my art, direct documentaries through relief agencies and take pictures. www.laurenceguenoun.com


T A W A N W A T T U Y A

INTERVIEW CETTE SERIE… Je questionne les apparences des groupes sociaux en Thaïlande. Je me concentre sur des photos de magazines où apparaissent des gens en groupe, qui posent en rang. Ironiquement, je déshabille les modèles pour les faire apparaître comme un groupe de masseuses ou de prostituées. Je mets en avant l’importance des apparences dans la société thaïlandaise, la signification du statut social que montre l’uniforme que l’on porte. C’est le point de départ d’une nouvelle recherche de la face cachée de la Thaïlande, autrefois reliée à l’identité sociale du pays. A PROPOS DE TOI, DE CE QUI T’INSPIRE… Je suis un peintre établi en Thaïlande. Depuis que je suis apparu sur la scène artistique thaïlandaise en 2000, j’ai toujours excellé dans l’art de faire de mes visions sociales provocatrices des œuvres d’art puissantes. J’ai essayé d’utiliser l’art comme une arme pour forcer cette image conventionnelle de la société dans laquelle nous vivons. J’aime regarder les photos de magazines. Au tout début, j’étais particulièrement intéressé par les habitudes vestimentaires. Maintenant, je pousse le vice jusqu’aux hommes politiques. DES PROJETS ? Je continue de prendre plaisir avec mon projet sur les groupes sociaux. J’ai énormément de photos de groupes que j’aimerais peindre et que je laisse de côté. Par exemple, ma dernière pièce regroupait animaux, soldats, super-héros, divinités, etc. Je voudrais faire quelque chose d’énorme, avec 300 ou 500 personnes dedans.


THIS SERIES? I question the appearances of Thai social groups. I focus on pictures from magazines in which gathered people appear, posing in rows. I point out the importance of appearances in the Thai society, the significance of social status shown by the uniform one is wearing. This is the starting point on this new search of Thailand’s hidden face, once again related to Thailand’s social identity. WHAT ABOUT YOU AND YOUR INSPIRATION? I am now an established painter in Thailand. Since first appearing on the Thai contemporary art scene in 2000, I had continuously excelled at translating my provocative social visions into forceful artworks. I tried to use art as a weapon to break through the conventional image of the society I live in. I like to look at pictures in the magazines. At the very first I was particularly interested in teens fashion habits and I pushed it now into politics. YOUR PROJECTS? I’m still enjoying my projects about social groups. I have many pictures of groups I’d like to paint but I never do… For example, the last one was a group of animals, soldiers, super heroes, gods, etc. And I want to paint on canvas again. I want to make a very big one with 300 to 500 people in it! Artist represented by Toot Yung Gallery Contact: Myrtille Tibayrenc Bangkok, Thailand Tel: +66 (0) 849145499 tibayrenc@yahoo.fr


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« ESPACE EN ATTENTE » d’Arthur Perset INTERVIEW de l’artiste Haritorn Akarapat


A R T H U R P E R S E T

ESPACE EN ATTENTE CETTE SERIE... A l’heure où la capitale vietnamienne fête les 1000 ans de sa fondation, j’ai trouvé intéressant d’explorer la face cachée de son quartier le plus emblématique (Vieux Quartier, 36 rues, Vieux Hanoï...). Le jour, les 36 rues est le quartier commerçant de la ville. Toute l’activité s’arrête peu avant minuit pour ne reprendre qu’une fois le soleil levé. L’espace de quelques heures, les lieux sont déserts et prennent les allures de décors de cinéma. TOI… Je suis particulièrement attiré par la thématique des paysages urbains de nuit. La nuit me permet de me retrouver seul. Cette solitude facilite ma photographie. Mon travail est très influencé par celui effectué par Ambroise Tezenas à Pékin (Pékin Théâtre du Peuple) ainsi que par le travail de Frédéric Delangle à Ahmedabad (No life last night). TES PROJETS... L’idéal serait de pouvoir continuer à voyager, découvrir de nouvelles nuits, de nouvelles couleurs, de nouvelles ambiances. Je suis aussi en train d’essayer de faire exposer ma série à l’occasion des célébrations du millénaire de Hanoï. De nombreuses institutions françaises ont des projets de coopération avec Hanoï (région Ile de France, mairie de Toulouse, etc.). Affaire à suivre.


TELL US ABOUT THIS SERIES… As Vietnam’s capital celebrates its 1000th year, I thought it would be interesting to explore the hidden side of its most famous quarters (Old Quarter, 36 streets, OldHanoi...). During the day, the 36 streets is the commercial quarter of the town. All the activities stop just before midnight and start again after sunrise. In between, the place is empty and looks like a film set. TELL US MORE ABOUT YOU… I am particularly attracted by urban landscapes at night. At night I find myself alone and solitude helps to inspire my photographic work. My work is greatly influenced by what Ambroise Tezenas did in Beijing (Beijing’s people theatre) and Frédéric Delangle in Ahmedabad (No life last night). WHAT ARE YOUR PROJECTS? I’d love to carry on travelling, discovering new colours, new moods and other nights. I am currently exhibiting my work for the celebration of Hanoi’s millennium. Many French institutions have projects in cooperation with Hanoi (Île-de-France area, Toulouse’s town hall...), so there might be an opening for me. http://www.arthurperset.com/


H A R I T O R N A K A R A P A T

INTERVIEW CETTE SERIE… Cette série de sculptures, “Lapse of Memory”, met en scène aussi bien des théories bouddhistes que des souvenirs et des émotions personnelles. Les sculptures en plâtre ont été laissées presque dix ans dehors, sous la pluie et le soleil, ce qui a créé ces “cicatrices”. Puis elles ont été patinées pour donner le résultat actuel. TON INSPIRATION… L’inspiration m’est venue d’un professeur que j’avais eu quand j’étais moine. Il m’a appris à me vider l’esprit de toute chose pour méditer. C’est à cela que j’ai repensé quand j’ai commencé à sculpter. TES PROJETS... Je voudrais travailler sur le Thaipoom, une histoire traditionnelle du Siam qui parle des trois mondes : le Paradis, la Terre et l’Enfer. Je vais élaborer une installation, une peinture murale s’inspirant des peintures murales traditionnelles des temples thaïlandais et quelques sculptures s’inspirant des sculptures et amulettes bouddhistes.


THIS SERIES… The series of sculptures involves Buddhist theories as well as personal emotions and memories. The plaster sculptures were left almost ten years outside in the rain and sun created «scars» before they were casted and coated with patina. YOUR INSPIRATION… My inspiration came from my teacher when I was a monk. He taught me a way to empty my brain from all things in order to meditate, and I thought of this process while starting this project. YOUR PROJECTS… I want to work on the Thaipoom, a traditional story from Siam, which is about three worlds: Heaven, Earth and Hell. I want to elaborate an installation consisting in a wide wall painting inspired from the traditional wall paintings in Thai temples and some sculptures inspired from traditional Buddhist sculptures and amulets. Artist represented by Toot Yung Gallery Contact: Myrtille Tibayrenc Bangkok, Thailand Tel: +66 (0) 849145499 Mail: tibayrenc@yahoo.fr


SHE


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« FLOU » d’Antoine Giraudo INTERVIEW de l’artiste Alexandra Petracchi


A N T O I N E G I R A U D O

FLOU DES FEMMES... Des énigmes résolues. DES FLOUS... La mémoire des résolutions que j’ai prises. TES PROJETS ? Le futur antérieur se construit avec l’auxiliaire être ou avoir.


WOMEN… Solved riddles. BLURRED IMAGES... The memory I have from the resolutions I took. YOUR PROJECTS... The future perfect builds itself with “to be” or “to have”. www.freshwidows.com


A L E X A N D R A P E T R A C C H I

INTERVIEW LE CHOIX DE L’ILLUSTRATION... J’ai commencé mon bain artistique par 13 ans de danse-études puis j’ai enchaîné sur un BTS de communication visuelle durant lequel j’ai découvert le dessin, les cours de modèles vivants, les installations et l’histoire de l’art... J’ai fait du graphisme mais en parallèle je ne me suis jamais arrêtée de dessiner, j’ai eu de bonnes opportunités avec un éditeur allemand qui m’ont permis de travailler très vite dans l’illustration... Je n’ai jamais arrêté et je n’imagine pas ma vie sans l’illustration. TES SOURCES D’INSPIRATION... La musique, la mythologie, la nature, la peur, les cauchemars mais surtout la poésie, la vie. Je pense que tout ce que je vois, vis, écoute et rêve est une source d’inspiration. Et bien entendu de nombreux artistes (illustrateurs, plasticiens, réalisateurs, photographes, auteurs) m’inspirent, mais la liste serait trop longue. TES PROJETS... Deux gros projets avec le collectif IDUUN (collectif de vidéastes) avec qui on prépare une grosse exposition interactive et des projets de live ; un film d’animation érotique (oui oui) ; un livre numérique pour enfants aux éditions Chemin de traverse ; une expo collective... En parallèle des projets de graphisme et, j’espère très vite, un projet d’album jeunesse.


THE CHOICE OF ILLUSTRATION... I started my artistic journey with 13 years of dance studies, then I started a diploma in visual communication, during which I discovered drawing, life drawing, installation art, art history... I was a graphic designer but I never stopped drawing. I had a good opportunity with a German publisher that enabled me to start work in illustration quickly. I haven’t stopped since then and I can’t imagine my life without it. YOUR INSPIRATION... Music, mythology, nature, fear and nightmares but above all poetry and life in general. I think that everything I see, experience, listen to and dream about is a source of inspiration. Of course, there are plenty of artists who inspire me, but listing them would take too long. WHAT ARE YOUR PROJECTS? I have two big things in the pipeline with the Idunn collective (an association of video artists), with whom I am preparing a large interactive exhibition and live performances, an erotic animation film, a digital book for children, with Chemin de Traverse publishing house, a group show... besides graphics projects and a project about a book for young people. Website : www.faitetrit.com Blog : www.faitetrit.com/blog Shop : www.etsy.com/shop/faitetrit


TO LIVE


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« HLM » de Sylvie Fraissard INTERVIEW de l’artiste Giuditta Manno


HLM S Y L V I E F R A I S S A R D

CETTE SERIE… La série « HLM à réhabiliter ! », extraite d’un travail mené depuis 2003 par l’Association Regards Croisés « Logements en déshérence », a été réalisée en 2009 par Sylvie Fraissard, photographe et responsable de projet pour l’Association, et Houria Lesbet, urbaniste et rédactrice. Ce projet est financé dans le cadre du CUCS Marseille, Etat, Ville et Région PACA. LE LOGEMENT SOCIAL A MARSEILLE, UN PROBLEME COMPLEXE... Le département des Bouches-du-Rhône, et plus particulièrement la ville de Marseille, est parmi les plus défavorisés de France. Ces quartiers d’habitat social visaient deux objectifs en priorité : d’une part la résorption des bidonvilles et d’autre part le relogement en urgence des familles, généralement démunies, dans des logements et un environnement décents. Ces cités rassemblent aujourd’hui encore les franges de la population les plus fragilisées et souvent stigmatisées. PARLE-NOUS DE TA SERIE... DE CES LIEUX, CES PERSONNES, LEUR IMPLICATION, LEURS ESPOIRS... Nous avons choisi deux sites. Le premier, La Renaude/Hérodote dans le 13ème arrondissement, manque cruellement de projet restructurant face à une détérioration chronique. Le second, Les Créneaux, dans le 15ème arrondissement, bénéficie d’un projet de relogement de familles, locataires depuis plusieurs décennies d’une cité vouée à la démolition. Le sentiment dominant est celui d’une population abandonnée par la ville, dont elle se sent pourtant l’une des composantes, l’une des richesses laissée en friche. Les locataires évoquent leurs relations au bailleur social et énumèrent des doléances récurrentes. La rencontre de huit familles ayant vécu aux Créneaux et récemment relogées a fortement enrichi ces témoignages. Ils rendent compte de leurs appréciations sur leur nouveau cadre de vie, évoquant ses effets sur leur vie quotidienne. Leur nouveau logement représente un espoir et une ouverture. Ainsi, la confrontation des discours sur les deux sites fonctionne en écho. Les espoirs des récents «relogés des Créneaux» renvoient à ceux des locataires entrés à Hérodote il y a vingt ans. L’AVENIR DE CE PROJET ? DE NOUVELLES PERSPECTIVES ? Nous allons présenter l’ensemble de ce travail sous forme d’expositions auprès des habitants et bénéficiaires et de tous les partenaires qui nous ont aidés dans la réalisation de ce travail et qui prennent part à la vie des quartiers. En parallèle, nous le présenterons à l’échelle de la région, sous forme de vidéo projection de l’ensemble du travail réalisé sur les 5 volets effectués. Nous souhaitons qu’il puisse être un véritable support de médiation à la disposition des différents partenaires institutionnels et associatifs pour valoriser la diversité des cultures et des modes d’expressions afin de sensibiliser le plus grand nombre aux problématiques du logement. Nous travaillons au développement de ce projet qui pourrait se réaliser entre 2010 et 2013 pour une présentation dans le cadre de Marseille Ville Européenne de la Culture en 2013. Il s’agirait du suivi de parcours résidentiels de familles pour trouver un logement décent, entre témoignages et lien social.


THIS SERIES… This series was realized in 2009 by Sylvie Fraissard, photographer and head of project management for the Association, and Houria Lesbet, urban planner and editor. This project is financed by the city of Marseille and the region of Provence, Alpes and Côte d’Azur. THE HOUSING PROJECT IN MARSEILLE, A COMPLICATED ISSUE… The area of Bouches-du-Rhône, and the city of Marseille in particular, is among the most discriminated in France. These districts of social housing environment aimed at two objectives: on one hand, the reduction of shanty towns and on the other hand, rehousing families, most of them poor, in decent flats and environment as a matter of emergency. Nowadays, these estates still gather the fringes of the most weakened and often stigmatized population. TELL US ABOUT YOUR SERIES... ABOUT THESE PLACES, THESE PEOPLE, THEIR IMPLICATION AND HOPES… We chose two places. The first one, the Renaude/Hérodote in the 13th district, needs a real restructuring project to face its chronic deterioration. The second, Crenellations, in the 15th district, benefits from a rehousing project of families, most of them living for several decades in an estate doomed to demolition. The dominant feeling is of a population abandoned by their city, of which they feel nevertheless one of the components, one of the neglected wealth left apart. The tenants evoke their relations to the social landlord and enumerate recurrent complaints. We met eight families who lived in Crenellations and were recently rehoused, which strongly improved the testimonies. They report their appreciations on their new living environment, evoking its effects on their everyday life. Their new accommodation represents a hope and an opening. So, the confrontation of the speeches on both places works in echo. The hopes of the recent «rehoused by Crenellations» reflect those of the tenants who entered Hérodote twenty years ago. As for their fears, they echo for the current complaints concerning Renaude / Hérodote. ABOUT THE FUTURE? NEW PERSPECTIVES? We are about to show our work through exhibitions with the inhabitants, the beneficiaries and with all the partners who helped us in it realization and who take part in districts’ everyday life. In parallel, we will show it region wide, through video projections. We want it to be a real mediation support for the various institutional and associative partners to value the variety of the cultures and ways of expression to increase public awareness of housing problems. We’re working on the development of this project which could come true between 2010 and 2013 for a presentation within through Marseille European City of Culture 2013. We’d like to follow-up the housing history of families and their problems to find a decent accommodation. Something between testimonies and social bonding. http://www.sylviefraissard.com/travaux.html


G U I D I T T A M A N N O

INTERVEW PARLE-NOUS DE TOI, TON PARCOURS... J’ai 43 ans, un âge de grand-mère pour beaucoup de femmes sur cette planète, et je m’y sens bien. À 23 ans, je sortais du Centro Sperimentale di Cinematografia (École Nationale de Cinématographie) de Rome, ma ville natale, avec un diplôme en scénographie cinématographique. Au lieu d’aller travailler, j’ai développé une terrible addiction aux études… et aux changements de pays qui allaient avec. Un Master en « Information Illustration » au Royal College of Arts de Londres et une licence en Arts Plastiques à Paris VIII ont été parmi les expériences les plus intéressantes de mes multiples détours. CETTE SERIE REVISITE LES CONTES QUI NOUS ONT FAIT REVER ETANT ENFANT... C’EST UNE SOURCE D’INSPIRATION POUR TOI ? Enfant, j’étais surtout envoûtée par les illustrations, mais les narratives magiques d’Italo Calvino et de Gianni Rodari m’ont aussi beaucoup marquée. J’ai également grandi dans la tradition orale de Calabre et de Sardaigne, des histoires compliquées, colorées et pas toujours gentilles. Bizarrement, Mark Twain mis à part, je n’ai découvert les grands classiques qu’assez tardivement et, du coup, le côté « rêve au-delà de l’histoire » a pris complètement le dessus dans ma perception. Je m’en suis servi pour fabriquer des petits mondes à la profondeur éphémère, les collages numériques de photos et de dessins sur lesquels je travaille en ce moment. DES PROJETS ? Je vais bientôt commencer une formation professionnelle pour reprendre ce qui a été mon travail de graphiste. J’en suis très contente parce que cela va me donner l’opportunité de bien apprendre un métier dans lequel je m’étais auto-formée à l’époque et qui demande un savoir-faire des plus pointus. Je sais aussi qu’un jour je me mettrai à la vidéo.


TELL US ABOUT YOURSELF, YOUR BACKGROUND… First of all, I am 43, a granny’s age for many women on this Earth, but I am ok with it. When I was 23, I came out of the Centro Sperimentale di Cinematografia (National College of Cinema) in Roma, my hometown, with a diploma in script writing. Instead of going to work, I developed an addiction to studies and the travelling that goes with them. My Masters in information illustration from the London college of Arts and my Degree in fine art from Paris VIII University have been the most interesting experiences gleaned from my wanderings. THIS SERIES REVISITS THE FAIRYTALES THAT MADE US DREAM WHEN WE WERE KIDS. IS THAT A SOURCE OF INSPIRATION FOR YOU? As a child, I was mostly mesmerized by the illustration, but the magical stories of Italo Calvino and Gianni Rodari impressed me greatly. I also grew up bathed in the oral traditions of Sardinia and Calabria, with their complicated, colourful, stories that aren’t always nice. Strangely enough, apart from Mark Twain, I discovered the great masters quite late in life and, because of this, a kind of “dream beyond the story” side of me overpowers my perception of the world. I used it to build ephemeral worlds, the digital collages I am working on at the moment. UPCOMING PROJECTS ? I will soon professionally train myself so I can pick up my original route as a graphic artist for print from where I left it. I am quite happy about this, as it will allow me to learn properly what I mainly taught myself at the time, which is a collection of skills that require a lot of technical know-how. I also know that one day I’ll dabble in video art. www.creabook.com/giudimix


Ont participé à ce numéro : Laurence Guenoun : Directrice de Publication Vanessa Coquelle : Rédactrice en Chef Jörg Fischer : DA / Graphiste Candice Nguyen : Communication & Publicité Éric Battistelli : Charge du Mecenat Mathieu Drouet : Contremaitre / Webmaster Antonin Varnusson : Iconographe Christophe Dillinger : Traduction Erin Kim : Traduction Thomas Branconier : Traduction Colette Blanc : Correctrice Français Photo Couverture : Junku Nishimura ©

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Numero 20  

Julie Rochereau / Claire Streetart / Anton Tang / Thibault Tourmente / Andrés Medina / François Nanjo Shunsuke / Laurence Guenoun / Tawan Wa...

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