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Sebastian M枚lleken / Dadadreams / Lola Reboud / Kalaweit / Zmokla / Estelle Ramousse / Mathieu Drouet / Olivia de Bona / Stefania Bonatelli / K-b么 / David Lefevre / Lorenzo / ToMa

ISSUE 180610


S O M M A I R E


BREATH

SOMEWHERE

DEEP

FAR

FUN

URBAN

SEE

« A40 » de Sebastian Mölleken « PAPER DRESS POETRIES » de Tracciamenti

«CLIMATS» de Lola Reboud INTERVIEW de l’association Kalaweit

«FACES» de Zmokla TRAVAUX de la créatrice Estelle Ramousse

«UNICORN» de Mathieu Drouet INTERVIEW de l’artiste Olivia de Bona

«BOGOTA» de Stefania Bonatelli INTERVIEW de l’artiste K-bô

«DALLE» de David Lefevre INTERVIEW de l’artiste Lorenzo

«LUNETTES» de ToMa INTERVIEW de la Classe de CM2


BREATH


&

« A40 » de Sebastian Mölleken « PAPER DRESS POETRIES » de Tracciamenti


S E B A S T I A N M Ö L L E K E N

A40 CETTE SERIE... Cette série a pour titre «A40» et montre les paysages et les gens qui jalonnent l’autoroute A40. L’A40 est l’un des plus importants axes de la Ruhr (Ruhrgebiet) et relie des villes comme Dortmund, Bochum or Duisburg. Les paysages surgissent comme des instants qui, à la vitesse du son, vous apparaissent depuis votre voiture en marche. Les portraits montrent différentes personnes qui vivent et travaillent près de l’autoroute, et que j’ai rencontrées au hasard des abords de l’A40. Après leur avoir parlé quelques minutes, la plupart m’ont autorisé à les photographier. VOS INSPIRATIONS ? Je vis dans la région de la Ruhr, en Allemagne, depuis ma naissance. La plupart des photographes recherchent des scènes ou des endroits exotiques mais pas moi. Je veux montrer mon pays natal avec ses gens et son décor rural tels qu’ils sont. Pour moi, si on sait leur prêter un un oeil attentif, l’exotisme est présent dans le regard de ces personnes. Je crois qu’il n’est pas nécessaire d’aller loin pour trouver des situations singulières. LE FUTUR ? Pour le moment, pour mes futures séries, je travaille surtout le portrait. Je photographie des personnages importants au sein de la région de la Ruhr comme Ralf Richter, Rudi Assauer et Bastian Pastewka. En septembre 2010, la série A40 va être exposée à Dortmund, avec le soutien de la compagnie d’énergie RWE.


TELL US ABOUT THIS SERIES... This series, called «A40», shows landscapes and people along the motorway A40. The A40 is one of the most importrant roads in the Ruhr area (Ruhrgebiet) and connects cities, like Dortmund, Bochum or Duisburg. The landscapes show skurril moments behind the sound barrier, which you could see while driving a car. The portraits show different people living and working near to the motorway. I met everbody spontaneous next thz A40. After talking a few minutes to them I was able to persuade most of them for taking a picture. WHAT INSPIRES YOU ? I live in the Ruhr area since I was born. Many photographers show exotic scenes and places but not me. I want to show my home country with its people and countrysides as they are. I think they even have an exotic look if you look at them in particular. My point of view is you don’t need to go far to find strange scenes. YOUR FUTURE PROJECTS ? In the moment I am increasing the portrait part of my series. I am taking pictures of prominent people of the Ruhr area, like Ralf Richter, Rudi Assauer and Bastian Pastewka. In September 2010 the series A40 will be shown in an exhibition in Dortmund, sponsored by the energie company RWE. www.moelleken-fotografie.de


T R A C C I A M E N T I

PAPER DRESS POETRIES TES DEBUTS… J’ai tout d’abord étudié à l’école d’architecture de Venise, l’IUAV, puis j’ai enchaîné sur un Master en Coopération et Développement dans un contexte international qui m’a ensuite menée à Buenos Aires où j’ai vécu un certain temps. En parallèle avec mes études, j’ai suivi les cours d’été en illustration de mode de la Parson’s School à New York, ce qui m’a ensuite permis de travailler pour plusieurs institutions de la mode à Milan. J’ai alors commencé à travailler en tant que graphiste ainsi que dans le design de décoration de tables. Aujourd’hui, l’enseignement est ma principale activité, travaux visuels mis à part. Mon parcours d’enseignante et mon cursus universitaire me poussent souvent vers des projets à dimension sociale. A PROPOS DE CES ROBES… Ces robes ne sont pas un projet de mode mais plutôt une étude sur le corps et sur ses ornements culturels. J’ai essayé de trouver un moyen d’exprimer des mots et des textes via des patrons de robes et des cadres graphiques qui traduisent explicitement le concept de féminité avec toutes ses composantes de fragilité. Ces robes deviennent alors des structures autonomes. Aujourd’hui le plus gros challenge est de donner à ce projet une dimension politique qui corresponde plus profondément aux aspirations de notre époque. ET DANS LE FUTUR... On sort tout juste de l’hiver (je travaille uniquement mes dessins et projets graphiques en lumière naturelle) donc je ne sais pas encore ce qui va se passer dans les prochains mois. En fait, je suis toujours à la recherche d’un éditeur pour publier un livre à base de patrons conçus à partir de mes poésies de robes de papier. J’aimerais également mettre en forme un ou deux petits ouvrages de poésie et consacrer plus de temps à la photographie argentique. Cela fait un certain temps que je n’ai pas exposé et j’aimerais y revenir. Peut-être également me mettre à la littérature pour enfants. Si je trouve la bonne inspiration.


YOUR ARTISTIC BACKGROUND… I took a degree in architecture at the Venice IUAV and then a master in planning for developing countries that brought me to live in Buenos Aires for a certain time. While at university I went to Parson’s School in New York for a summer class of fashion illustration and also spent a period in Milano working in some important fashion houses. After that, I began to work as a graphic designer and then as a designer in tableware sector. During the last ten years, teaching has been my main activity, apart from my visual work.Both teaching and having a social training experience (the planning master) make me focus on conceptual and social oriented projects very often. ABOUT THESES DRESSES… Dresses are not a fashion project but rather a study about body and its cultural containers. I started trying to find a way to present some words and lyrics through sewing patterns and graphical frames that could be explicitly linked with femininity and its more fragile items. Dresses became independent and bare structures. Now the most difficult challenge is to give to this project a more political dimension, which corresponds better to emergencies of our times. YOUR PROJECTS, WISHES FOR THE FUTURE... We are just coming out from winter (I never work on drawings or graphical projects if natural light is not full and sufficient) so I still don’t know what is going to happen in the next few months. I am still looking for an editor to make a pattern book out of my paper dress poetries. I would also like to arrange one or two small books with some of my poems and dedicate more of my time to taking pictures (on film, not digital). I have been denying my participation to any exhibition for many years and maybe now it is time to be back And illustration for children, if I find the right inspiration. www.tracciamenti.net


SOMEWHERE


&

« CLIMATS » de Lola Reboud INTERVIEW de l’association Kalaweit


L O L A R E B O U D

LES CLIMATS, UN VOYAGE EN ISLANDE TON INSPIRATION ? Mon travail photographique se situe entre fiction et documentaire. Il se construit comme un cheminement entre portraits, paysages et scènes de vies et, c’est en mêlant l’errance photographique à un souci de précision documentaire que je raconte ainsi des histoires composées d’individualités, où la géographie est aussi importante que les sujets. CETTE SERIE ? Suite à l’invitation d’un ami, depuis septembre 2007, je me suis rendue en Islande afin de réaliser un projet photographique documentaire au fil des saisons sur cette île et ceux qui y vivent. Je suis partie sans a priori cherchant, au rythme des parcours et des rencontres, à observer, à comprendre des situations, et enfin, photographier le quotidien de l’Islande contemporaine et de ses habitants. En décembre 2008 je suis retournée sur cette île et les photographies des deux premiers séjours ont été rattrapées par la réalité de la crise financière. En juillet 2009, j’ai entrepris un troisième voyage pendant l’été et c’est avec le même regard que je poursuis ce travail photographique à travers l’île et ses habitants. À ce jour une quarantaine d’images, de portraits, de paysages et scènes de vie pris au rythme des saisons composent cette série, dans une approche photographique frontale et contemplative privilégiant le temps, la pose et la mise en scène. J’y retourne en avril 2010 pour mener à terme ce projet construit au fil des saisons et de la luminosité différente qui s’en dégage. Ces variations saisonnières et climatiques ont en effet un impact sur le quotidien des Islandais. TES PROJETS ? Aujourd’hui, dans la suite de ce premier volet, je souhaiterais me rendre au Japon. Photographier du sud au nord, au fil des variations climatiques et géographiques, cette autre île volcanique qui, comme l’Islande, est bercée par la tradition et la modernité. Le cinéma d’Ozu était d’ailleurs déjà présent dans ma tête lors de ces voyages en Islande !


WHERE DOES YOUR INSIPATION COMES FROM? My photographic work stands just between fiction and documentary. It builds its own way up through portraits, lanscapes and still life scenes where mixing up photographic wandering and documentary precision compose and create individual stories where geography is as important as its people. ABOUT THIS SERIES? In 2007, a friend invited me to start a photographic documentary project and follow Icelandic people through the passing seasons. I left without any prejudice, observed and got to understand the situations through numerous journeys and encounters to finally allow myself to photograph the contemporary Iceland and its people. In December 2008, I went back there. Considering the photographs from the first and second series, I couldn’t do but catch the tide of reality and its financial crisis. In July 2009, I flew there for the third time, in the summer, and started to photograph Iceland and its people again the same way I always do. From now, there are over fourty pictures, among them portraits, landscapes and still life scenes (composing this series), in an frontal and contemplative approach giving priority to time, pose and composition. I’ll go back there in 2010 to put an final touch to this long term project built up through the passing seasons, automn, winter, spring, summer and depending on the changing light. These seasonal climate changes have indeed an impact on the daily life of Icelandic people. ANY NEW PROJETS ? Today, I would like to go to Japan to pursue with this first series. Japan is another volcanic island which is caught between a world of ancestral customs and modernity. And I must say I already had Ozu’s work in mind when I first came to Iceland. http://www.lolareboud.com


INTERVIEW CETTE ONG ? L’ONG Kalaweit (Gibbon en Indonésien), est née dans les années 90 du rêve et de la volonté d’un enfant : Aurélien Brulé dit «Chanee». Cet adolescent a un centre d’intérêt unique en son genre : les Gibbons, «Petits Grands Singes» arboricoles que l’on trouve en Asie du Sud Est. Pendant des années, il a passé son temps libre à les observer dans les zoos. Étudiant seul leur langage, leurs codes sociaux, il apprend à parler gibbon. En 1998 un journaliste de Match s’intéresse à l’histoire de ce gamin qui se bat pour réaliser son rêve : la protection des gibbons dans leur milieu naturel. Son article tombe entre les mains de Muriel Robin qui va lui permettre de partir sur le terrain et deviendra la marraine de de l’association Kalaweit créée par Aurélien.

K A L A W E I T

UNE URGENCE? 12 ans plus tard, les réalisations de Kalaweit sur les Iles de Sumatra et Bornéo sont considérables. Mais la dégradation de cet écosystème, l’un des plus riches au monde, est exponentielle. Les besoins des industriels de l’agro-alimentaire condamnent des millions d’hectares de jungle chaque année. Et nous assistons en ce moment à un véritable génocide des espèces endémiques : singes, ours, éléphants nains, tigres, panthères, oiseaux… Avec le plus grand taux de déforestation au monde, responsable de la troisième source de pollution en CO2 de la planète. Il est urgent de protéger ce qui peut encore l’être et les besoins de notre ONG vont croissant. La crise financière touche nos principaux bailleurs et déséquilibre nos comptes, menaçant le formidable travail mené jusqu’à ce jour. OBJECTIF : 3500 AMIS… Seuls moyens de pérenniser notre action sur place, les dons et le parrainage. C’est un vrai défi solidaire que nous lançons. Nous recherchons 3500 amis (nous en avons 350 à ce jour), particuliers ou entreprises, pouvant s’engager à verser par prélèvement automatique sur une période de 2 ans la somme de 5 euros minimum par mois. Ces sommes sont déductibles des impôts à hauteur de 66%. Pour atteindre ce but, nous avons besoin du soutien de chacun d’entre vous. Et pour tous ceux qui ne peuvent devenir amis de Kalaweit, d’autres actions de soutien sont possibles. Reportage photo : Mathias Kellermann. Pour en savoir plus ou nous aider :


THIS NGO ? The NGO Kalaweit (Gibbon in Indonesian) was born in the 90s and originally came from a child’s dream and will : Aurélien Brulé aka «Chanee». This teenager as a very unique passion : Gibbons, arboricultural «little big apes» that are found in South-East Asia. During years he spent his free time observing them in zoos. By studying their language and their social codes he learnt how to speak gibbon. In 1998 a journalist from Paris Match get curious about the story of this kid who fight to fulfill his dream : the protection of the gibbons in their natural environnement. His article ended up in Muriel Robin’s hands and she decided to become the godmother of the NGO Kalaweit that Aurélien created. ANY EMERGENCY? 12 years later, Kalaweit’s achievements on the Sumatra and Borneo islands are significant. But the damages in Kalaweit, one of the world most flourishing ecosystem, exponentially increase. Food industry needs millions of hectares every year. We are now the witnesses of an actual genocide of the endemic species : monkeys, bears, pygmy elephants, tigers, panthers, birds… This part of the world has the higher deforestation rate and is the third CO2 producer on the planet. It is urgent to protect what can still be protect and the needs of our NGO are constantly increasing. The financial crisis affects our main sponsors and unbalances our profits, threatening the wonderful job we have already done. YOUR GOAL : REACH 3500 FRIENDS TO SAVE KALAWEIT… The only way for Kalaweit to ensure the continued existence of its local action is to find donors and friends. It’s an actual solidarity challenge that we have created. We are looking for 3500 friends (we now have 350) people and business companies that can commit to a minimum of 5 euros monthly payment during a two years period. Those amounts are tax-deductible up to 66%. We need your full support to achieve this goal. If this figure is reached, the financial situation of Kalaweit will be safe. For all our friends who can not afford to give us financial sponsoring there are still numerous ways to support us. Reportage photo : Mathias Kellermann. To support us and learn more about us : http://www.kalaweit.org (French/English) http://chaneekalaweit.blogspot.com/ (French/English)


DEEP


&

« FACES » de Zmokla TRAVAUX de la créatrice Estelle Ramousse


FACES Z M O K L A

«Parce que je sais que le temps est toujours du temps Et le lieu n’est que lieu Et que l’instant ne dure q’un petit moment Et pour un lieu seulement Je me réjouis que les choses soient ce qu’elles sont J’abandonne le visage béni Et renonce à la voix Car je ne peux espèrer revenir en arrière En conséquence, je me réjouis d’avoir à construire quelque chose Dont je puisse me réjouir» T.S. Eliot «Ash-Wednesday»


«Because I know that time is always time And place is always and only place And what is actual is actual only for one time And only for one place I rejoice that things are as they are and I renounce the blessed face And renounce the voice Because I cannot hope to turn again Consequently I rejoice, having to construct something Upon which to rejoice» T.S. Eliot «Ash-Wednesday» http://www.zmokla.com


E S T E L L E R A M O U S S E

INTERVIEW HABILLER LES TÊTES… Embellir l’unité centrale. VOS SOURCES D’INSPIRATION… L’ethnique. Tout continent. • la science-fiction, les fresques, les contes. • le cinéma américain 40-50-60-70, western, polar, thriller, • la peinture néo-romantique, • le symbolisme, • la photographie, • la mode, • le design en typographie, Toutes les matières, du moment qu’elles soient envisageables à transformer et à travailler. Première préférence au denim et au python. Le cuir, la plume, les clous, le velours, la toile de Jouy, le plastique, les tissus 50’s,60’s. VOS PROJETS… Une très grande expo itinérante pour octobre durant la fashion week à Paris mais encore secrètement gardée !!!!!!!


ABOUT DRESSING THE HEADS… I just embellish the CPU. YOUR INSPIRATION… ...is ETHNIC ! From every continent. But also: • science-fiction, frescoes, tales; • American cinema from the 40s, 50s, 60s,70s; • Neo-Romantic painting; • Symbolism; • photography; • fashion; • design and typography. • every actual fabric as long as it’s easy to transform and to work with. My preferences go to denim and python skin. • leather, feathers, nails, velvet, toile-de-Jouy, plastic, 50s and 60s fabrics. YOUR PROJECTS… A huge touring exhibition will start in October during the Paris Fashion Week but…hush...it’s still a secret.

Reportage photo @ Vinciane Verguethen www.chapeausurmesure.com


FAR


&

« UNICORN » de Mathieu Drouet INTERVIEW de l’artiste Olivia de Bona


M A T H I E U D R O U E T

UNICORN CETTE SERIE J’avais en tête une série de sept tapisseries du XV ème siècle, «La Chasse à la Licorne», qui représente une groupe de nobles à la poursuite d’une licorne. Ma série est composée elle aussi de sept photographies mais je ne reprends pas littéralement les actions de la série d’origine. Je me suis inspiré des lumières, des couleurs et de l’interprétation païenne de la licorne comme objet de la quête amoureuse. Il a fallu que je perde une de mes licornes et que je me retrouve en Anjou au même moment pour faire la synthèse de tout ça. UNE CAMPAGNE ... Je suis un «gars de la campagne», j’ai passé mon enfance dans un petit village de l’Artois. L’Artois, c’est assez moche comme campagne, alors, quand j’ai commencé à voyager à travers les campagnes pour mes reportages dans le cadre de Take a Sip, j’ai eu l’impression de redécouvrir la nature. Donc, quand je me suis retrouvé seul dans ce marécage à côté d’Angers, j’étais bien. Je venais de renoncer à quelqu’un, j’ai essayé de me raisonner, j’ai vu cette lumière, j’ai pensé à la tapisserie de la licorne, à elle, et j’ai enchaîné les images. TES PROJETS ... Je vais pas mal bouger avec Take a Sip, donc ça va m’occuper. Cette série sera exposée en Juin à Lille et en Octobre à Paris. J’arrête les licornes.


THIS SERIES I had in mind a series of seven tapestries from the 15th century « The chase of the unicorn » which represent a group of noblemen chasing a unicorn. My series is composed by seven pictures but I don’t exactly recreate the original tapestries. But I was inspired by their light, colors, and the pagan interpretation of the unicorn as a metaphore for the romantic quest of love. I had to give up my own unicorn and travel to Anjou before I started to accept all this. COUNTRYSIDE... I am a guy from the countryside, I spent my childhood in a small village in Artois. Artois is a pretty much ugly region so when I started travelling for professional reasons for Take a Sip, I had the feeling I was discovering nature again. So, when I found myself alone in that swamp near Angers, I felt good. I had just given up on someone, I tried to pull myself together, I saw that light, I thought about the unicorn tapestries, and with her on my mind I just started shooting. YOUR PROJECTS... I will keep on travelling a lot with Take a Sip, so I will be quite busy. This series will be showed in June in Lille and in October in Paris. And I will probably quit chasing unicorns. www.mathieu-drouet.com/The-hunt-of-the-unicorn.html


O L I V I A D E B O N A

INTERVIEW TON UNIVERS Mon univers est rempli de jeunes femmes coincées et indécises entre la candeur de l’enfance et la fougue du monde adulte, où rodent de nombreux animaux comme seule présence masculine. TES SOURCES D’INSPIRATION Depuis les contes de fées et toute la mythologie qu’ils m’évoquent jusqu’à ces dessins animés qui m’ont fascinée dans mon enfance. Et puis tout l’artisanat au le sens noble du terme : l’art du papier découpé, la dentelle, la gravure ; ne pas oublier l’art floral et décoratif. TES PROJETS ... Je prépare les illustrations d’une série d’albums pour enfants. Et puis j’ai une très forte envie de réaliser une oeuvre monumentale, tout est encore un peu vague, je me remets de ma première exposition personnelle qui vient de se terminer... Donc, rien de concret, tout reste à faire… «ce n’est pas la destination qui compte, c’est le chemin, c’est le chemin...»


TELL US ABOUT YOUR UNIVERSE... My world is full of stuck up and indecisive and young women, hesitating between the candor of childhood and the rush of adult life, where lurks many male animals. WHAT INSPIRES YOU? I am inspired by fairy tales and all the mythologies they bring and by the cartoons I used to find fascinating when I was a kid. This and also all kind of craft skills: paper craft, needlecraft, etching and even flower arrangement. YOUR UPCOMING PROJECTS... I am working on illustrating a series of children books, then I’d like to start something big. It’s all a bit vague; I am just recovering from my first solo exhibition that’s just ended. So there nothing really set in stone, everything remains to be done. “It’s not the destination that’s important, it how you get there”. http://www.oliviadebona.com


FUN


&

« BOGOTA » de Stefania Bonatelli INTERVIEW de l’artiste K-bô


S T E F A N I A B O N A T E L L I

BOGOTA A PROPOS DE CETTE SÉRIE… Ces pas correspondent à des moments vécus lors de mon dernier voyage en Colombie, un pays où j’ai grandi et passé toute mon adolescence. Chacun de mes voyages en Colombie fait partie d’une recherche, de moments intenses et d’autres oubliés de mon histoire personnelle : une sorte d’euphorie crée par les traces engrammées dans la mémoire. ET DE TON INSPIRATION… La plus grande partie de mon travail tourne autour du rôle de la mémoire : les objets réels et mentaux, les réflexions et les projections, non pas comme des circuits redondants et obsédants mais plutôt comme des vestiges kaléidoscopiques capables de modifier et de recréer une vie à chaque fois qu’ils ressurgissent. Couleurs, tonalités, sons et silences, vides et pleins, sont là pour provoquer des émotions qu’il devient possible de capturer visuellement. TES PROJETS… Je suis revenue une seconde fois en Colombie avec un projet photo et vidéo sur la situation des enfants abandonnés. Je travaille également à un projet d’installation vidéo en neuf parties, racontant un voyage dans la ventre et l’esprit d’une femme enceinte obsédée par tout ce qui vole. La question fondamentale à laquelle ces deux projets sont attachés est le concept de résilience.


THIS SERIES IS ABOUT… These steps correspond to moments lived during my last trip in Colombia, a country where I spent my childhood and my adolescence. Each of my trips in Colombia is part of a search about the salient points, and those forgotten in my personal history: a sort of euphoria of old memory traces. WHAT INSPIRES YOU… Most of my work is inspired by the role of memory: physical and mental objects, reflections and projections, not as redundant and obsessive loop but as kaleidoscopic remains able to modify and recreate a life each time they are retrieved. Colors, tones, sounds and silences, empty and full, are there to provoke emotions, which become visually capture them. YOUR CURRENT PROJECTS… I came back a second time in Colombia with the intent of a project both video and photo on the situation of abandoned children I’m also working on the project of a video installation consists of nine sections, narrating a journey back in pregnant belly and mind of a woman obsessed with anything that flies. The fundamental issue on which they apply both projects is the concept of resilience. www.stefaniabonatelli.com


INTERVIEW SOURCES D’INSPIRATION… Je suis né en Guadeloupe à Sainte Rose, là où les pêcheurs rejoignent la mer sur leurs barques colorées. Je puise dans mes racines caribéennes pour établir un dialogue avec le monde. Je suis perpétuellement en train de chercher une nouvelle façon de dire la même chose.

K

TOUT EN COULEURS ET FIGURES ÉLANCÉES… Mes sculptures sont animées de l’identité caribéenne, porteuse de l’histoire, de tumultes et beautés, de mythes et de traditions. Mais toutes les cultures et les civilisations se font écho dans mes oeuvres. En effet, ces présentations totémiques de l’Homme aboutissent à une représentation universelle.

B Ô

TES PROJETS… J’ai plusieurs expositions en préparation : la Biennnale de Cachan en Mai /Juin 2010 et “Zaza”, à la Galerie Municipale Julio Gonzalez; “Afrique, Terres d’empreintes : d’un continent aux autres” en Juin 2010 à la Villa des Arts de Rabat (Maroc); “Artempion” à la Galerie d’art contemporain Actuel African en Octobre 2010 à Vincennes. J’ai également une exposition en préparation : “Toutan-k-bô”.


WHAT INSPIRES YOU? I was born in Guadeloupe, in Saint Rose, where fishermen go to sea on colorful boats. I dig into my Caribbean roots to try and establish some kind of dialogue with the world. I am forever searching for new ways to express the same thing. YOUR SCULPTURES ARE FULL OF COLORS AND SVELTE FIGURES... My sculptures are infused with Caribbean identity, carrying with them history, energy and beauty, myths and traditions. But then again all cultures and traditions are part of my work. These totemic presentations of man end up in one universal representation. YOUR UPCOMING PROJECTS… Exhibitions: Biennnale de Cachan, May /June 2010; “Zaza”, Town Gallery Julio Gonzalez; “Afrique, Terres d’empreintes: D’un continent aux autres”, June 2010, Villa des Arts in Rabat (Morocco); ARTEMPION, Contemporary Art Gallery: “Actuel African”, October 2010, Vincennes. In preparation: “Toutan-k-bô”. http://www.cheminsdart.com/perso.php?id_inscrits=134


URBAIN


&

« DALLE » de David Lefevre INTERVIEW de l’artiste Lorenzo


D A V I D L E F E V R E

DALLE CETTE SÉRIE… J’ai travaillé autour de la dalle Beaugrennelle parce que c’est l’un de mes lieux fétiches à Paris. C’est un endroit où j’ai beaucoup appris à gérer la lumière, les contrastes et c’est un lieu attachant. Au milieu de ces tours façon Métropolis, on se retrouve un peu dans les années 70-80. D’ailleurs, c’est le dernier endroit de Paris où l’on ait eu le droit de construire des immeubles aussi hauts. À l’origine, on avait mis dans sa conception une véritable volonté de créer une mixité, une vie de quartier. Mais ça n’a pas marché et la dalle est en phase de désenclavement et de réhabilitation aujourd’hui. DE L’URBAIN... Rien que ce mot, «urbain»… c’est pour moi un royaume photographique, c’est le lieu de tous les possibles, de toutes les surprises. Au-delà de mon fort attachement à la ville et à ses matières, je mène une réflexion autour des mutations du patrimoine. J’aime beaucoup les endroits de transition en photo, et le milieu urbain en est rempli. TES PROJETS… J’aimerais mener à bien un projet d’exposition autour de portraits de personnes âgées. Je souhaite travailler sur le quatrième âge et les gens. Je suis assez fasciné par les histoires des gens... En vérité, je prends la photo un peu comme un moyen de raconter des histoires simplement.


THIS SERIES… I worked around the Dalle Beaugrennelle because it’s one of my favorites places in Paris. This is where I learned a lot about managing light, contrast and it’s an endearing place. In the middle of these Metropolis-type towers it looks a bit like the 70’s and 80’s. It’s also the last place in Paris where people had the right to erect buildings that high. There was a push to create a residential mix in this area but it didn’t work out and the Dalle is in a new phase of rehabilitation. SOMETHING URBAN... The only word “urban” evokes a photographic kingdom to me, where anything is possible, all kinds of surprises. Beyond my attachment to the city and its material, I hold a reflexion about the mutations of our heritage. I really love transition places in pictures, and the urban setting is filled with them. YOUR UPCOMING PROJECTS… I’d like to work on an exhibition based on old people portraits. I would like to work with old people. I’m fascinated by their stories… I really consider pictures a bit as a way to simply tell stories. http://www.memoiresdevilles.book.fr/


L O R E N Z O

INTERVIEW OU PUISEZ-VOUS VOTRE INSPIRATION ? Elle me vient d’un monde sulfureux dans lequel la beauté hypnotique de la femme se mêle enfin à l’intelligence. Un hymne à la Femme. Mon travail est principalement influencé par les affiches de films des années 50 et 60, mais aussi par le rock underground, comme Joy Division ou Bauhaus. J’apprécie beaucoup l’identité graphique de ce mouvement musical expressionniste. VOTRE TECHNIQUE ARTISTIQUE... Je suis un artiste pop éroticolore français utilisant de l’encre, du papier-calque et les technologies digitales. VOS PROJETS... L’âge d’or de la littérature érotique de Los Angeles...


WHERE DO YOU FIND YOUR INSPIRATION… A sulfurous world in which feminine hypnotic beauty finally meets intelligence. An hymn to Women. My work is mainly influenced by both film posters of the 40’s, 50’s and 60’s and rock underground music such as Joy division or Bauhaus in which I appreciate the black and white graphism associated to this expressionnist musical movement. YOUR ARTISTIC TECHNIQUE... I’m a french «eroticolor» pop artist using ink, tracing paper and digital processing. YOUR PROJECTS... The golden age of erotica in Los Angeles... http://www.myspace.com/lorenzowork http://lorenzopictures.blogspot.com/


SEE


&

« LUNETTES » de ToMa INTERVIEW de la Classe CM2 Levallois Perret


LUNETTES T O M A

CETTE SÉRIE… The Hagen Project, collaboration avec la marque de lunettes FUNK. DES LUNETTES AMBULANTES… Une série de portraits qui a pour fil conducteur une paire de lunettes blanches. Différents types de personnes, de styles et de milieux sociaux. TES PROJETS EN COURS… «Identité», une série de portraits de personnes noires vivant en France.


THIS SERIES… The Hagen Project, a collaboration with the brand of glasses FUNK. WANDERING GLASSES… A series of portraits, all of them with a pair of white glasses. Different types of people with different styles and social backgrounds. YOUR CURRENT PROJECTS… «Identité», a series of portraits of black people living in France www.20090331.net


C L A S S E D E C M 2

INTERVIEW ECOLE PRIMAIRE DE CM2 DE LEVALLOIS PERRET POURQUOI LE COLLAGE ? Les instructions officielles nous demandent de réaliser des productions plastiques avec tous matériaux en alliant histoire de l’art et arts plastiques. LA JOCONDE ? Après avoir réalisé un travail en Histoire sur la Renaissance, sur les grandes découvertes de cette période et en histoire de l’art sur les oeuvres de la Renaissance, nous avons décidé de travailler sur la Joconde de Léonard de Vinci, celle-ci restant mythique aux yeux des enfants ! C’est l’oeuvre la plus connue au monde. Sa renommée mondiale a fait d’elle l’objet de nombreux travaux d’artistes tels que Duchamp, Warhol, Léger... LA CONSIGNE ? Réinterpréter la Joconde de Léonard de Vinci à votre façon et la faire entrer dans la modernisation à l’aide de magazines, de photocopies de la Joconde, en utilisant de la colle et des ciseaux.


WHY USING COLLAGE ? The official instructions say we have to create plastic productions, using any material and combining art history and plastic arts. THE MONA LISA ? After producing work on the history of the Renaissance, the big discoveries of this in the history of art on the works of the Renaissance, we decided to work on Da Vinci’s Mona Lisa, which is very mythical for children. It is the most famous painting in the world. Apart from its worldwide fame, this painting is the basis of a lot of artworks form artists such as Duchamp, Warhol, Léger, Dali… INSTRUCTIONS ? Reinterpreting Da Vinci’s Mona Lisa your own way, modernizing it using magazines, photocopies of the Mona Lisa, glue and scissors. www.20090331.net


Ont participé à ce numéro : Laurence Guenoun : Directrice de Publication Vanessa Coquelle : Rédactrice en chef Jörg Fischer : DA / Graphiste Candice Nguyen : Communication & Publicité Éric Battistelli : Charge du Mecenat Mathieu Drouet : Contremaitre / Webmaster Antonin Varnusson : Iconographe Christophe Dillinger : Traduction Erin Kim : Traduction Thomas Branconier : Traduction Colette Blanc : Correctrice Français Photo Couverture : Claire Naslot ©

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Sebastian Mölleken / Dadadreams / Lola Reboud / Kalaweit / Zmokla / Estelle Ramousse / Mathieu Drouet / Olivia de Bona / Stefania Bonatelli...

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