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Christophe Dillinger / Cacodesign / Mathieu Drouet / Cité Plurielle / Louise Imagine / Léo Dorfner / Yves Bigot / Elsa Liverani / Adé Adjou Tony Jazz / Sonia Chabas / Stéphanie Turan / Estelle Dougier / Marine M. Goss

ISSUE 050409


S O M M A I R E


IMPRINT

URBANITÉS

UNWRAPPED

ERRANCES

OBAMA

ETERNEL FÉMININ

PLAYGROUND

« TYPEWRITER » Christophe Dillinger INTERVIEW de l’illustratrice CacoDesign « CITY OF ECHOES » Mathieu Drouet INTERVIEW de membres de l’association Cité Plurielle « SECRÈTE » Louise Imagine INTERVIEW du peintre Léo Dorfner « CÔTES » Yves Bigot INTERVIEW de l’architecte Elsa Liverani « OBAMANIA » Adé Adjou INTERVIEW du producteur/compositeur/parolier Tony Jazz « PLURI-ELLES » Sonia Chabas INTERVIEW de l’illustratrice Stéphanie Turan « ARRIÈRE-COUR » Estelle Dougier INTERVIEW de la styliste Marine M. Goss


IMPRINT


&

« TYPEWRITER » Christophe Dillinger INTERVIEW de l’illustratrice CacoDesign


C H R I S T O P H E D I L L I N G E R


TYPEWRITER Parlez-nous de la série «typewriter»... La série Typewriter est née d’un désir de faire de la photographie « totale ». On pense souvent à la photographie comme étant un moyen de montrer la réalité, mais pour moi cette définition est totalement fausse : en fait, prendre une photo est un exercice de délétion, aussi bien au niveau esthétique que politique ou émotionnel. Taper des mots et des signes sur le négatif me permet de réinsérer dans le cliché ce que l’acte photographique n’a pas pu y conserver : le son, l’odeur, la pensée, la chaleur, la présence. Mon approche peut être vue comme étant journalistique, ou même « publicitaire » dans sa réalisation, mais je crois qu’en fait ce que je cherche à faire c’est d’aller au-delà du superficiel de l’image, jusqu’au cœur de l’histoire qui se déroule (ou s’est déroulée ou même aurait pu se dérouler) en face de mon objectif. Pour vous, la photographie c’est... La photographie pour moi est avant tout un moyen de communication. C’est un moyen de montrer ce qui est invisible, oublié et passé. Je suis plus intéressé en photographie par ce qui est potentiel que par ce qui est tangible. Je me sers de la photographie pour raconter des histoires, en laissant au spectateur le soin de décider si ces histoires sont vraies ou non. Pour moi cette différenciation n’est pas importante (ce qui pourrait être vu comme étant l’antithèse de la photographie). En fait, je ne sais même pas si je dois me considérer comme photographe ou écrivain… ou même illustrateur ! Quelques renseignements sur le projet «Hidden Negs»... J’avoue avoir été pris par surprise par l’enthousiasme des gens qui ont vu cette série. Malheureusement, quand je suis allé voir des responsables de galeries et des critiques d’art, j’ai vite vu que si mon travail les intéressait, ils n’étaient pas prêts à l’exposer. Je me suis alors dit que, dans ces conditions, si on ne pouvait pas venir voir mes photos dans une galerie, il me revenait à moi de les amener aux gens. J’ai donc commencé à cacher des négatifs dans des livres par-ci par-là. Le but du jeu, c’est que la personne qui en trouve un me contacte (chaque négatif comporte mon adresse email dessus) et que l’on établisse un dialogue. Avec le temps, j’ai demandé à des amis et à des gens que je connaissais via flickr de m’aider et, de temps à autre, je leur envoie une enveloppe avec des négatifs à cacher dedans. www.cdillinger.co.uk


C A C O D E S I G N


INTERVIEW Décris-nous ton univers... Que ce soit dans la vie de tous les jours ou dans mon travail, j’aime évoluer dans un univers coloré et gai. Je suis très influencée par les années 60/70 pour leur côté pop, la légèreté et la chaleur qui s’en dégagent, m’attirent et m’inspirent. Tes sources d’inspiration... Le quotidien, la vie sans artifice, des petits riens sur lesquels j’aime m’attarder et essayer de les sortir de leur banalité. Je me sers aussi beaucoup des gens qui m’entourent. J’aime Pedro Almodovar, David Lachapelle, Cindy Sherman, David Hockney, Sophie Calle... (pour ne citer qu’eux). Je me nourris de leur travail et de leur immense talent. Ta façon de créer... La création se passe beaucoup au niveau de l’émotion, je fais pas mal de photos et je les réutilise pour mes compositions. J’amasse des papiers, des vieilles pubs, des matières... La tendance du moment est de me réapproprier de vieilles photos Playboy et de leur donner une seconde jeunesse ! Tout se met en place de façon aléatoire selon l’envie, l’inspiration et l’humeur du moment. Je sais rarement où je vais quand je commence une illustration et c’est ce qui me plaît. Des mots et des images... La lettre (Letraset pour la plupart) donne un côté dynamique à la composition. Les mots viennent naturellement sur le visuel, ils en font partie intégrante et apportent des informations sur ce que je veux «montrer», ils orientent le spectateur tout en lui laissant une part d’interprétation. Des projets et des envies ? Je pense pousser un peu plus loin les illustrations encre/photo/Letraset, en faire une série, à la manière d’un carnet de voyage, d’un roadmovie graphique sur la route 66, avec ses codes et son atmosphère que j’affectionne particulièrement. À suivre donc... www.cacodesign.com


URBANITÉS


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« CITY OF ECHOES » Mathieu Drouet INTERVIEW de membres de l’association Cité Plurielle


M A T H I E U D R O U E T


CITY OF ECHOES Comment est née cette série ? Je vis dans ce quartier depuis 10 ans, il m’a fallu tout ce temps pour pouvoir montrer ça. C’est un quartier en perpétuel changement, une zone de fracture dans Lille. J’aime faire l’analogie avec la tectonique des plaques. Je me suis concentré sur la zone la plus marquée, celle qui connaît le plus de changement et finalement la moins flatteuse. J’ai fait cette série en 2 heures et 4 films de 12 poses, un dimanche de juin. J’avais parcouru la zone de nuit avec un groupe d’habitants et le lendemain, je suis reparti seul avec la musique de Pelican dans la tête dont l’album «City of Echoes» a donné le titre à la série. Finalement, c’était aussi simple que ça. Un paysage urbain... Je ne suis pas un photographe paysagiste, je suis plus dans l’interprétation émotionnelle d’un espace, et là, pour moi, il s’agissait de montrer comment j’allais. J’étais aussi bouleversé (au sens géographique du terme) que cette zone, un peu en friche. Et si demain... Je ne pense pas à demain, parce que demain c’est loin... Enfin si, je pense toujours au lendemain. Pour en revenir à cette série, elle a connu beaucoup de changements depuis 6 mois. Mais pour moi c’est fini, ce n’est plus moi. Je ferai autre chose la prochaine fois.

www.flickr.com/photos/izo www.takeasip.net


C I T É P L U R I E L L E


INTERVIEW Comment est né ce projet ? Cité Plurielle est un événement porté par la ville d’Échirolles qui, au bout de deux ou trois ans d’existence, a été investi par les habitants et les associations avec une seule idée : «... d’accord pour une semaine contre le racisme et pour l’égalité, mais une semaine qui nous ressemble, pas un événement pour les élites, quelque chose construit avec nous...». C’est comme cela qu’est né le Collectif Cité Plurielle. Bien sûr, cela ne s’est pas fait en un mois, le collectif continue d’évoluer au quotidien et ça fait quinze ans que ça dure. Croiser différents univers... Un collectif est par définition un bouillonnement d’échanges et d’idées et ce collectif a pour ambition la sensibilisation à la lutte contre le racisme et pour l’égalité. Pour cela, la semaine Cité Plurielle se doit de proposer des rendez-vous à différents publics. C’est pourquoi on trouve dans Cité plurielle une conférence de type classique, des débats plus informels autour d’un repas, des séances de cinéma, des rendez-vous sportifs, des projets dans les cantines scolaires, des spectacles et autres rendez-vous en direction des jeunes comme la rencontre avec Magyd Cherfi cette année. Une exposition de photos... Je suis en poste depuis 2005 et je reste impressionné comme au premier jour par l’engagement des habitants et des membres associatifs dans cette manifestation et par leur envie d’innover. L’idée était de leur rendre hommage à travers une série de portraits réalisés par le photographe Jean-Pierre Angei lors de nos réunions mensuelles de pilotage. Quel accueil a reçu l’exposition ? L’accueil est unanime en partie grâce au travail de Jean-Pierre Angei qui reflète tellement la sensibilité des regards, la dignité des personnes et tout cela dans une égalité de présence et en respectant les origines et les différences. Chaque portrait est accompagné de quelques lignes qui définissent l’engagement de chacun et cela donne, au-delà de la dimension humaine de l’exposition, une idée de la force de cet engagement. Des projets ? Le Collectif Cité Plurielle vient d’intégrer le réseau Capacitation citoyenne, un ensemble de collectifs qui s’interrogent et croisent leurs pratiques pour renforcer leurs actions solidaires et citoyennes. Notre envie est de s’inspirer de bonnes idées qui se font ailleurs tout en partageant notre savoir-faire. Photos de Jean-Pierre Angei © T. +33 (0) 6 12 78 30 04 photo.jpa@gmail.com www.jp-angei.com L’exposition se tiendra du 12 mars au 14 avril 2009 à l’Hôtel de ville d’Échirolles (1 place des Cinq Fontaines 38130 Échirolles). cite-plurielle@ville-echirolles.fr m.guendil@ville-echirolles.fr


UNWRAPPED


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« SECRÈTE » Louise Imagine INTERVIEW du peintre Léo Dorfner


L O U I S E I M A G I N E


SECRÈTE Comment est née cette série? Le plus simplement du monde. J’étais chez une amie. Très naturelle, à l’aise avec son corps, elle se promenait, splendide, dans toute sa nudité. La lumière était belle, douce… Je lui ai demandé si je pouvais la photographier. La peau est... L’élément essentiel… Une texture délicate, des courbes magnifiques… Je me suis attachée à tenter de retranscrire la beauté de ce que je voyais… Le corps est sans visage, impersonnel... C’est le choix de mon modèle… Elle souhaitait ne pas être reconnue. J’ai donc respecté sa demande dans les photos présentées. J’en ai quelques-unes d’elle où l’on voit son beau visage… Mais elles lui sont réservées… www.flickr.com/photos/louiseimagine


L É O D O R F N E R


INTERVIEW Ton parcours... J’ai fait les beaux-arts, à Caen puis à Paris. Le choix de l’aquarelle... Tout d’abord, ma pratique de l’aquarelle remonte à plusieurs années. Il était plus simple pour moi de peindre des aquarelles. Ensuite, ma pratique de la peinture m’a conduit vers une utilisation formelle très liquide de l’acrylique -sans doute héritée de mon passé d’aquarelliste. Les variations prennent naissance dans la couleur liquide, et les accidents -coulures et gerçures- sont plus fréquents. Il était donc évident pour moi que je devais revenir à l’aquarelle, d’autant que le sujet se prête à une réalisation aqueuse -un peu comme chez Alex Barbier- et le format, réduit, donc la rapidité d’exécution, est aussi ce qui m’a poussé vers l’aquarelle. Peindre des femmes... Il s’agit avant tout d’une réappropriation du thème classique du nu, en particulier le nu féminin mais aussi d’une utilisation de l’imagerie pornographique issue d’internet. L’érotisme et l’imagerie pornographique m’intéressent en tant que nouvelle iconographie populaire postmoderne. Et puis c’est fun. La Salle de bain... Mes aquarelles sont d’après photographies trouvées sur internet, sur des sites pornographiques. Il s’agit d’images érotiques amateurs, et la salle de bain est l’endroit le plus propice -avec la chambre à coucher- à la production de ce genre de photographie. C’est la grande profusion d’images de salles de bain qui fait que j’ai fait une série : ce n’est donc pas un choix de ma part. Tes projets... Je pense revenir à la peinture, dans un premier temps pour des petits formats, et à terme pour de grands formats. L’expérience de l’aquarelle nourrit ma réflexion formelle de la peinture et je veux aussi expérimenter en composant mes peintures par addition d’image, dans un questionnement sur le rapport fond/figure, «l’esthétique de l’altération». Je projette aussi d’exposer bientôt. Et faire la fête. En gros, comme dirait Michel Houellebecq, je suis à la poursuite du bonheur. www.myspace.com/leodorfner


ERRANCES


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« CÔTES » Yves Bigot INTERVIEW de l’architecte Elsa Liverani


Y V E S B I G O T


CÔTES Comment avez-vous commencé la photographie ? Il y a quelques années, j’ai beaucoup pratiqué la gravure sur bois, la lithographie et l’eau-forte. Contraint par mon métier, j’ai dû abandonner l’estampe, à regret. J’ai découvert la photographie il y a deux ans, en même temps que la passion de sentir ce travail plastique interrompu se prolonger au travers d’un autre médium. La série présentée ici est très douce, contemplative... Photographier est pour moi le moyen de me sentir hors du monde, me positionner «à côté», lors de promenades dans des lieux parfois inconnus, espérant ainsi me confronter à une réalité neuve à chaque fois. La photographie me permet de cultiver un regard mis en sommeil pendant plus de quinze ans. Cette série a été produite en 2008, sur les côtes normandes et bretonnes. Avez-vous d’autres projets en préparation ? Montrer mes images, tout en continuant à en faire ! Je fais partie d’un collectif de photographes - (ici et maintenant) -, nous allons montrer notre travail lors de 3 expositions courant du premier semestre 2009, à Rennes. Je voudrais aussi parler d’un site web qui me tient à cœur. Celui de l’association que je préside, Les Editions de Juillet. Nous éditons 2 livres de photographie par an depuis 2004, et ce bénévolement. En plus, nous reversons une part de nos bénéfices à des associations. www.editionsdejuillet.com icietmaintenants.free.fr ybig3000@gmail.com


Parmi les finalistes des défis du mois sur bokeh.fr, Plateform invite Julien Legrand, Elaine Vallet et Maxime Alembik Bokeh.fr se présente comme un site d’expression photographique. Il permet aux photographes amateurs de s’exprimer sur des thèmes photographiques donnés. Chaque semaine, le capitaine du site présente un défi photo. Les membres du site participent au défi en envoyant au maximum 5 photos. Ces clichés sont ensuite soumis à la critique via des évaluations et des commentaires émis par la communauté. Les échanges permettent de progresser et d’échanger sur une passion commune : la photo. Bokeh.fr s’efforce de démontrer à travers ces défis, sur le forum de discussions ou via les interviews, que les amateurs photo possèdent également du talent. La page des expositions virtuelles présente le meilleur des photographes amateurs du site. www.bokeh.fr

« Lire dans les marches » JULIEN LEGRAND © (Thème : Pause Lecture) www.leonarddevangogh.com


« Washington » ELAINE VALLET © (Thème : Paysage de montagne) www.elainev.com

« Transgression » Maxime Alembik © (Thème : L’interdit) www.alembik.net


E L S A L I V E R A N I


INTERVIEW Pourriez-vous nous expliquer comment est née cette série de dessins... C’est l’histoire d’un voyage. D’un voyage dans les cités d’Asie et d’Orient. En 1997, je pars avec une amie, architecte comme moi. Nous sommes tout juste diplômées et comme tant d’autres nous avons soif d’ailleurs. Nous souhaitons rapporter notre témoignage au travers du dessin, de la photographie, de l’écriture et du son : lecture personnelle et sensible de contrées mythiques : 3 villes de l’Islam appartenant à 3 aires géographiques et culturelles distinctes. Le Caire, mégalopole d’Afrique ; Istanbul, métropole méditerranéenne ; Boukhara, ville sainte de l’Asie centrale, ex-république soviétique. Il s’agit d’une partie de l’itinéraire mythique sur les traces de « la route de la soie ». Nous nous sommes réfugiées au coeur de ces cités oasis, le long des artères principales où se greffent de tout temps les activités commerciales, les bazars et les pôles religieux. Ces axes historiques sont le miroir des ruptures et des continuités des civilisations et des sociétés. Ils sont le lieu de rencontres et d’échanges avec des traditions vivantes, enclavées dans un patrimoine urbain et architectural qui a conservé ses racines profondes dans l’espace et dans le temps. Cette série de dessins de Boukhara est un petit extrait de ce grand voyage. Elle a été exposée à l’Espace Bourdon de la Mairie de Paris, puis à la Galerie Expert dans le 6ème à Paris et enfin dans un atelier privé à Ivry-sur-Seine. Avant le départ, nous avions obtenu différentes subventions pour financer ce voyage. En contrepartie, nous devions montrer notre travail. Pourquoi le choix de la plume particulièrement ? Nous partions pour au moins 6 mois, munies de quelques vêtements et de beaucoup de matériel : carnets de croquis et crayons, feutres de dessin, mon Nikon FM2 avec une grande quantité de films 24*36 N&B et couleur et d’un DAT pour capter les sons, sans savoir si cela suffirait... On a atteint Boukhara après 4 mois de voyage. Les feutres avaient séché, le matériel était capricieux, seuls me restaient une vieille plume cassée et un fond d’encre noire emportés sans savoir pourquoi. La plume n’a pas été un choix, mais une nécessité pour continuer les dessins. Le premier dessin m’a plu, ce fut le premier d’une série et les derniers du voyage. Vous êtes architecte de formation... Effectivement. D’ailleurs il a fallu pour réaliser ce voyage que nous nous raccrochions à des thèmes qui nous passionnaient et que nous connaissions : l’architecture et la ville. Dans chaque ville, où nous restions au minimum 1 mois, nous commencions par aller au service de l’urbanisme pour obtenir des plans cadastraux des centres historiques. Ils nous servaient à réaliser un travail systématique de photographies le long de l’axe principal sur lequel, dans les cités islamiques, se greffent les mosquées, les madrases, les caravansérails et les bazars. Que vous apporte le dessin ? En tant qu’architecte, le dessin est l’outil principal pour la conception de notre travail. Pourtant les architectes ne dessinent presque plus à la main, moi-même, lorsque je conçois un projet architectural, j’utilise très vite l’outil informatique. Pour moi le dessin reste lié au voyage. Il est un moyen extraordinaire pour rencontrer les gens. Le temps d’un dessin n’est pas le temps d’une photographie : on m’apporte un tabouret, les enfants approchent, je leur tends une feuille, je profite d’un thé offert. Le dessin donne le ton et le rythme du voyage. Avez-vous des projets en cours ? Des voyages en prévision ? Prochain voyage en Inde, un voyage familial : nous emmenons notre fils de 10 ans qui partage avec nous le plaisir du dessin. L’itinéraire n’est pas encore déterminé, mais je sais que nos sacs seront pleins de carnets de croquis. Quant aux photos, c’est avec mon 6x6 que je pars, un appareil plus discret (visée indirecte ?) qui me convient mieux. elsaliverani@yahoo.fr


OBAMA


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« OBAMANIA » Adé Adjou INTERVIEW du producteur/compositeur/parolier Tony Jazz


A D É A D J O U


OBAMANIA Comment est née cette série ? L’idée m’est venue lors d’un voyage à Miami au cours duquel j’ai découvert cette petite figurine à l’effigie d’Obama. J’ai eu envie de faire partager ce moment historique, symbolique, au-delà de toute espérance. Les gens se sont prêtés au jeu.... J’ai commencé par ma famille, puis mes amis et très vite, tout le monde a voulu sa photo avec Obama…. Le buzz autour de lui était sans précédent. Le rêve de Martin Luther King s’est largement réalisé. Pas étonnant que tout le monde ait voulu y participer ! Obama, une source d’inspiration ? Étant moi-même métisse, j’ai voulu y croire au maximum. Mais tout est possible aux États-Unis, pour le pire et meilleur… C’est le paradoxe à l’américaine. 24h chrono l’avait donc vraiment prédit : David Palmer nous aura ouvert la voie… Plus qu’une source d’inspiration, c’était une étonnante perspective pour l’avenir. « Yes, we did. » www.adeadjou.com


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MARCH 09, LOS ANGELES www.originalmusicshirt.com


T O N Y J A Z Z


INTERVIEW Comment est né ce titre ? Ce titre, c’est ma façon de participer ! Étant donné que je ne peux pas voter aux élections américaines, c’était ma façon de m’impliquer, mon grain de sable pour faire évoluer les choses. On n’a pas vu depuis Martin Luther King, Le Che et bien d’autres, des personnes capables de faire bouger les foules, de réunir des gens avec comme message: «PAIX & ESPOIR» et encore moins dans le monde féroce de la politique. J’ai créé ce titre pour prouver que les rêves sont encore réalisables, si l’on s’en donne les moyens. Comme disait Jacques Brel : «La chance, ça n’arrive pas sans rien faire, ça se viole.» Je suis content de voir que beaucoup de personnes ont compris qu’il ne s’agissait pas d’un message politique que je faisais passer, mais bien le symbole de réussite d’un rêve commun. Quelles difficultés as-tu rencontrées ? Beaucoup de personnes ont tenté de me dissuader de faire ce titre, en prétextant que je ne dois pas avoir de parti pris, que je fais de la musique et non de la politique. Une fois le titre créé, c’est au niveau des droits à l’image et des droits d’auteur que ça a failli bloquer... Heureusement une loi américaine stipule que l’on peut utiliser l’image d’un homme politique sans aucune restriction car c’est une personne publique. D’autres m’ont «accusé» de faire un coup de pub, ou bien que c’est la Maison-Blanche qui avait commandité mon clip... J’ai été touché de voir que mon message avait pu être mal perçu ou mal interprété par d’autres... Mais on ne peut pas plaire à tout le monde ! Ce clip s’inscrit dans un projet plus vaste ? «Rencontrer Obama et avoir son avis sur ce clip où il est en duo avec moi!» (rire) d’ailleurs c’est prévu pour cette année grâce à un ami Cyril Lichan. Il est capable de réaliser les rêves de tout le monde (http://www.cestquoitonreve.fr). Nous avons un contact à la Maison-Blanche et nous tentons d’organiser une rencontre dans l’année, lors d’un déplacement officiel d’Obama. Pour le coup, mon rêve sera réalisé ! Ton parti pris... Contrairement à ce que l’on peut penser, je ne suis pas pour Obama, parce qu’il est le premier Président noir des États-Unis. Je suis en accord avec Obama pour ce qu’il représente et ses idées, comme il le dit dans son discours: «Notre histoire est différente, mais notre destin est le même (...). A ceux qui sont sceptiques et qui sèmeront le doute, nous vous défierons et à tous ceux qui apporteront la paix et la sécurité, nous vous encouragerons». J’étais devant ma télé lorsque j’ai entendu ces mots, ça a résonné dans ma poitrine à m’en donner les larmes aux yeux. Ça m’a terriblement ému. Obama représente... Obama représente ou est le meilleur exemple que TOUT est encore possible dans un monde où trop souvent on dit le contraire. www.tonyjazzmusic.com


ÉTERNEL FÉMININ


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« PLURI-ELLES » Sonia Chabas INTERVIEW de l’illustratrice Stéphanie Turan


S O N I A C H A B A S


PLURI-ELLES Parlez-moi de votre travail photographique... J’aime la photo depuis toujours. Ma mère m’accompagnait faire des stages à Arles et m’attendait toute la journée dans la voiture. Je passais des heures dans le labo, la musique à fond. Mais je doute beaucoup. Un jour, j’ai rangé mon appareil photo dans un placard et j’ai fermé le labo. Je n’ai plus pris de photos. En voyage, j’achetais des appareils jetables. Quelques années plus tard, par hasard, j’ai retrouvé mon Mamiya, j’ai développé la pellicule «abandonnée», des souvenirs sont remontés à la surface, j’ai trouvé les photos jolies... Cela a été un nouveau déclic, j’ai repris mon appareil. Je travaille dans la photo, plutôt en still life. Je pense toujours à une image et je fais beaucoup de photos en dehors de mon travail. J’aime aussi regarder le travail des autres, il y a tellement de bons photographes… Un jour dans une expo, j’ai été très émue par une photo de Mario Giacomelli, un paysage de Toscane, un petit bout de tissu accroché à un fil de fer... Si simple et si beau… Cette série tourne autour de la femme. Des femmes... C’est un peu le besoin de raconter des histoires sans mots. «La photographie, c’est écrire avec la lumière». Chacun peut l’interpréter à sa façon, la fin d’une histoire, le début d’une histoire… C’est une émotion, un geste, et la lumière qui décide de l’ambiance, du chemin. Des projets en cours ou en préparation ? J’expose actuellement au Virgin Café à Marseille jusqu’au 30 mars. Je fais aussi des collages sur des planches de récupération. Je devrais bientôt faire une série de photos avec une danseuse et j’ai envie de couleurs. Mais je voudrais surtout continuer à apprendre, à douter, à avoir plein d’émotions et faire plein de photos… Je remercie Carine et toute l’équipe de PLATEFORM MAGAZINE pour leur talent et leur travail. www.flickr.com/photos/sonia_de_spa


S T É P H A N I E T U R A N


INTERVIEW Exposition prévue au Café Bonnie à Paris - 9, rue des Récollets, avec un vernissage le 1er Avril prochain. Ton parcours ? Diplômée d’une école d’arts appliqués (école PIVAUT à Nantes). Je travaille depuis bientôt 5 ans dans le packaging de luxe (parfum, maquillage, alcool...) et fais de l’illustration en freelance. Quelles techniques utilises-tu ? Je réalise mes illustrations à la tablette graphique sur mon Mac. Tes sources d’inspiration ... Je suis une grande fan de Ray Caesar, Mark Ryden et vénère Egon Schiele. Chaque création s’accompagne en général d’un album de PJ Harvey, Nick Cave ou encore de Portishead que j’écoute en boucle jusqu’à ce que j’aie fini… (Un peu lourd pour les autres !) Une féminité... C’est ce que disent les gens en voyant mon travail. Tes projets... Dans le futur très proche une pochette d’album pour un artiste électro, une expo au Café Bonnie à Paris (vernissage le 1er avril). J’adorerais bosser pour une marque de fringues, bijoux, sacs ou chaussures, illustrer une collection ce serait vraiment génial. Ou même réaliser quelques modèles… Ce serait encore plus génial, je crois. stephturan.ultra-book.com stephanieturan.blogspot.com schiele44@hotmail.fr


PLAYGROUND


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« ARRIÈRE-COUR » Estelle Dougier INTERVIEW de la styliste Marine M. Goss


E S T E L L E D O U G I E R


ARRIÈRE-COUR Comment-pourquoi êtes-vous devenue photographe ? J’ai commencé à faire des photos enfant avec mon premier appareil (un petit automatique). Ensuite pour mes dix-huit ans, j’ai demandé un reflex argentique Nikon, mais ce n’était toujours que dans le cadre de photos de famille, de vacances, d’amis... La photographie m’intéressait surtout comme spectatrice. Je lisais de nombreux magazines, j’allais voir des expos, mais je ne pensais pas du tout devenir photographe. Ma passion pour la photographie et le fait d’y voir un moyen de m’exprimer sont nés à New York. Je suis partie vivre là-bas pour étudier et j’y ai découvert la photographie comme véritable culture artistique. J’ai alors décidé de prendre des cours à l’International Center of Photography (le soir et les week-ends pendant un an). J’ai acheté mon appareil actuel (un vieil Hasselblad d’occasion). Ma passion était née et après je n’ai plus arrêté ! Comment est née cette série de photos ? De façon générale, je suis très attirée par l’univers de l’enfance et des souvenirs qui y sont liés. J’ai eu l’idée (je ne sais pas vraiment comment) de faire des photographies d’un vieux grenier où l’on retrouverait des souvenirs de ces moments passés à travers de vieux jouets, d’anciens objets oubliés… J’aime ce type de lieu un peu fermé, à la fois nostalgique et poétique. Des projets en cours ? Oui, toujours. Mais je n’aime pas en parler en avance. Pour des raisons superstitieuses un peu idiotes. J’ai toujours peur que le fait de les dire risque de les faire échouer. www.estelledougier.com


M A R I N E M. G O S S


INTERVIEW Comment ta vocation est née? Ça c’est une bonne question... En fait c’est moi qui suis née dans la vocation ! Je m’explique : Papa était styliste de mode pour enfant et maman journaliste de mode (elle est venue l’interviewer et ils sont tombés amoureux). Les vacances d’été, c’était sur les plateaux de photos de ELLE Magazine, sur les shoots de Toscani, Bensimon, etc. En plein dans les roaring 90’s où l’on commençait à idolâtrer les models (elles sont même devenues tops à cette époque !). Alors les copines s’appelaient Naomi, Cindy et Claudia. Bon, j’avais 10 ans... Mais la question que j’ai le plus entendu en grandissant c’est “Alors, que vas-tu faire dans la Mode plus tard ?” Tes sources d’inspiration... Tout d’abord, Lou-Andréa, ma fille ! Pour le reste, ce que je préfère, c’est de ne pas avoir à choisir... Que ce soit la musique, la peinture, la photo, les livres, le cinéma, la télévison… et même la publicité, tout est prétexte à réflexion ! Si tu regardes la collection, on peut y trouver mille choses différentes, des codes barre à des parodies de films tout en passant par Freud. De manière plus spécifique, je suis très attirée par le travail de Robert Longo, Richard Prince, Damien Hirst, Mel Ramos, Max Ernst ou Banksy par exemple. J’admire Guy Bourdin, Philippe Hallsman, Man Ray ou Lee Miller. Pour les livres, je suis folle des auteurs du XIXe siècle, mon livre préféré c’est “A Rebours” de J.K. Huysmans. Je suis également une grande fan de Barbey d’Aurevilly (le Dandysme et le mouvement décadent !), de Cioran et de François Mauriac. Finalement, le principal est de garder les yeux ouverts à tous moments car on ne sait jamais d’où va germer la meilleure idée. Aussi, pour Angelic Genius, il n’y a rien que je ne préfère plus qu’une icône populaire - que beaucoup reconnaîtront - puis que nous détournons ensuite astucieusement avec humour et une pointe de mode ! La philosophie de la marque ? Angelic Genius s’adresse aussi bien au papa amateur de Rock’n’roll, qu’à la maman fashionista ou aux copains fans d’art et de design qui les entourent. Angelic Genius donne une voix aux enfants à partir de 3 mois et lorsqu’ils n’ont pas encore bien les moyens de s’exprimer. C’est un moyen sympathique pour les parents qui ont de la personnalité de dire : “Regardez, il ou elle me ressemble déjà !”. A Angelic Genius, nous considérons les parents –et leurs enfants– avant tout comme des êtres intelligents avec un grand sens de l’humour qui leur vient du bonheur que leur apportent leurs enfants ou, pour ces derniers, d’arriver dans une famille aimante et dans un monde accueillant. Habiller des enfants et... leurs mamans, c’est comment? De la balle ! Non, sans rire... C’est génial ! C’est une évidence, aussi. Je n’ai jamais eu autant de bonheur à me lever le matin et à me consacrer à quelque chose, à part m’occuper de ma fille Lou-Andrea, le soleil de mon existence ! Faire ça à Hollywood, c’est encore plus excitant... ! Quand Jen Meyer*, la femme de Tobey Maguire (Spiderman), m’écrit qu’elle est fan de la ligne et que sa fille, Ruby, a tellement porté notre design “Thank You” qu’il y avait des trous dans le t-shirt ou que USA Today nous met parmi les must-have au moment de la naissance de Suri Cruise, ce sont des moments géniaux pour une petite Française qui vit en Amérique ! (*Jen est une talentueuse designer de bijoux et c’est aussi la fille de Ron Meyer le président de Universal Studio, un des hommes les plus importants d’Hollywood.) L’humour dans les créations c’est important ? Absolument! Pas de plus grand bonheur que celui d’avoir un enfant alors pas question de le ternir par du cynisme. Angelic Genius Phone / Fax: (310)862-4521 375 Huntley Drive - West Hollywood, CA 90048 www.angelicgenius.com


Ont participé à ce numéro : laurence guenoun - Directrice de publication / DA carine lautier - Rédactrice en chef candice nguyen - Communication & Publicité +33 689 921 043 sophie l. cuvE - DA / Graphiste mathieu drouet - Webmaster florian hegi - Assistant Com. & Pub eric battistelli - Journaliste christophe dillinger - Traduction vanessa coquelle - Traduction vincent benhartt - Traduction lidia solonenko-sakaeva aka Leadiya© - Photo couverture Remerciements pour leur aide et soutien à : raphaël devreker - www.lesphotographes.com benoit marchal - www.declencheur.com stéphane pianacci marie coulangeon julie tadduni NATHALIE BATAILLE


Plaform Mag Issue 5 fr  

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