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Gideon Ansell / Yu Lu / André Homan / Anne Bruguière Peyroux / Alexis Janicot / Natasha / Seb* / Wanda Kujacz / Leila Garfield / Amaryllis Joskowicz / Brian J. Krummel / Rondibilis / Laurence Guenoun / Aurélia Bonnal / Leo Dorfner

ISSUe 040309


COLORS

HÔTEL

IRREVERENCE

UN AIR DE VACANCES

BE YOURSELF

SOMEWHERE

G(RRRRR)IRLS

Gideon Ansell - Photographe INTERVIEW de Yu Lu - Dessinateur

André Homan - Photographe INTERVIEW de Anne Bruguière Peyroux - Architecte

Alexis Janicot - Photographe INTERVIEW de Natasha du groupe OH LA LA ! - Chanteuse

Seb* - Photographe INTERVIEW de Wanda Kujacz - Illustratrice

Leila Garfield - Photographe INTERVIEW de Amaryllis Joskowicz - Conseil en Image et Bien être

Brian J. Krummel - Photographe INTERVIEW de Rondibilis - Dessinateur

Laurence Guenoun - Photographe INTERVIEW de Aurélia Bonnal - Parolière Leo Dorfner - Peintre


COLORS


&

Gideon Ansell - Photographe INTERVIEW de Yu Lu - Dessinateur


G I D E O N A N S E L L


COLORS Pouvez-vous nous présenter votre monde? Les images que je crée sont des fragments de notre mémoire collective … des fragments de joie et de peine, de destruction, de mécontentement, de peur et d’espoir que nous portons tous en nous. Je construis ces compositions en utilisant des éléments à la fois familiers et oniriques afin d’arriver à un état mi-aperçu, mi-souvenir. La beauté et le désir sont le fil rouge de mon travail; tout comme l’est la vive nostalgie pour la connexion émotionnelle, même si c’est parfois superflu. Je travaille dans la photo parce que j’ai besoin d’un lieu pour expliquer et partager mon expérience de la vie ... Pour moi la vie est une vague écrasante d’apport sensoriel, de dissonance et d’harmonie, d’ordures et de pureté, de beauté et de banalité ... qui se démembre, se recompose et se prolonge dans un pastiche toujours changeant. Je croise et rends floues ces frontières artificielles que nous érigeons entre le rêve et le réveil, la pensée et l’émotion, la sensualité et l’intellect. J’espère toucher une corde sensible chez le public, alors que ce qu’il ressent n’est peut-être qu’une vision dont il ne se souvient que très vaguement. Qu’est-ce qui vous inspire? Il existe trois sources d’inspiration à mon travail : la première est incontestablement les quartiers pauvres et les films noirs des années 1940. Ces films, parfois à faible budget, voire à budget inexistant, de réalisateurs européens tels que Ulmer et Tourner utilisaient à la fois des techniques d’ombre et de texture très novatrices pour l’époque et celles-ci contribuaient très fortement à augmenter le suspense et l’impact émotionnel. Parfois, les scènes-clés étaient anticipées par un certain usage de la lumière, de l’obscurité et des motifs. Je m’efforce de reproduire cette manière de conter dans mon travail. Ma seconde source d’inspiration est le déclin du monde post-industriel. La dégradation dévore les tentatives humaines pour créer un art naturel que je trouve irrésistiblement beau, triste et parfait pour la texture et le dégradé. Enfin, étant moi-même musicien, la poésie, la musique et les paroles d’un nombre incalculable de chansons que j’aime sont l’hypertexte de mes photographies. Sur quel genre de projet aimeriez-vous travailler? J’aime l’art dramatique et les arts mixtes qui se construisent les uns sur les autres. Si je pouvais inventer un projet de rêve, ce serait de créer la toile de fond d’un décor pour une pièce de théâtre. Par le passé j’ai composé de la musique pour des compagnies de danse, mais je n’ai jamais travaillé sur le visuel. Je pense que ce serait fantastique de collaborer avec un chorégraphe ou un metteur en scène pour imprégner une pièce d’une atmosphère riche, profonde et sensuelle par des projections superposées de photographies et de textures. http://www.xd360.com/photosite/


Y U L U


INTERVIEW Comment est née votre vocation ? J’ai décidé de commencer à faire de la BD en 1997. J’avais envie de faire de la peinture jusqu’au moment où j’ai travaillé dans une société de production de dessins animés. J’ai alors trouvé que c’était plus intéressant de créer des BDs. C’est devenu la raison pour laquelle je me lève chaque jour de bonne humeur. Avez-vous des techniques de prédilection pour dessiner ? Oui : à la main. C’est ma façon préférée de faire de la BD, même si, en ce moment, toutes les BDs en couleurs que je fais sont colorisées à l’ordinateur. Mais toutes mes autres illustrations sont toujours réalisées à la main. En effet, j’ai étudié la peinture classique à l’école des Beaux-Arts. Pour moi, c’est une façon de libérer mes sentiments nostalgiques sur la peinture classique. D’ailleurs je prévois de faire prochainement des BDs entièrement à la main. Où puisez-vous votre inspiration ? J’aimerais exprimer mes réflexions sur la culture chinoise et ses traditions. Ces dernières ne critiquent pas le passé, n’encensent pas non plus le présent, mais apportent une nouvelle façon d’y penser. Je puise mon inspiration dans les philosophies anciennes orientales et dans le Bouddhisme. Vous enseignez le dessin, la transmission représente pour vous ... Un enrichissement mutuel. Quels sont vos projets ? Dans l’immédiat je prépare mon exposition au Salon ARTPARIS au Grand Palais, du 18 au 23 mars 2009, avec mon agent, Madame Jing JIN OSWALDT et avec le concours de la Galerie Slomka. Puis je vais réfléchir à des projets plus orientaux, avec des décors fantastiques. Je voudrais peindre mes réflexions de la philosophie orientale sur la vie et l’univers. J’espère aussi que vous les lirez avec beaucoup de plaisir.


Parmi les finalistes des défis du mois sur Bokeh.fr sur le thème « PANORAMA » Plateform invite Sébastien Tisserant, Benoît Gaumet et Pascal Robinet

© Benoit Gaumet «Route sur l’Aubrac» http://photosbenisa.over-blog.com/ http://benisa.deviantart.com/ http://www.bokeh.fr/


Bokeh.fr se présente comme un site d’expression photographique. Il permet aux photographes amateurs de s’exprimer sur des thèmes photographiques donnés. Chaque semaine, le capitaine du site présente un défi photo. Les membres du site participent au défi en envoyant au maximum 5 photos. Ces clichés sont ensuite soumis à la critique via des évaluations et des commentaires émis par la communauté. Les échanges permettent de progresser et d’échanger sur une passion commune : la photo. Bokeh.fr s’efforce de démontrer à travers ces défis, sur le forum de discussions ou via les interviews, que les amateurs photo possèdent également du talent. La page des expositions virtuelles présente le meilleur des photographes amateurs du site. http://www.bokeh.fr


HÔTEL


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André Homan - Photographe INTERVIEW de Anne Bruguière Peyroux - Architecte


A N D R É H O M A N


HÔTEL Peux-tu nous expliquer ton approche photographique ? Je me fie au hasard ... Au lieu de partir avec une idée préconçue de ce que je veux photographier, je saute dans un bus ou un train et je descends quelque part où je ne suis jamais allé. Puis je me laisse porter par la vie de tous les jours en errant dans les champs et dans les rues. Cela m’arrive aussi, dans ma propre maison, de prêter attention à quelque chose qui peut être là depuis des années - une plante d’intérieur, le tuyau de la douche, le four micro-ondes ... Les objets quotidiens deviennent alors extraordinaires. C’est à ce moment-là que prends mon appareil. Cette expérience précède toute pensée verbale. J’essaie de capter l’instant qui précède le langage, avant que celui-ci n’entre en scène sous ses divers habits, jugements et idéologies. Sans ce bagage mental d’habitudes et de conventions, tu es capable de voir les choses comme si c’était la première fois. Le plaisir esthétique est l’une des récompenses. Mais le plus important est que le public soit autant stimulé que moi, en regardant les photographies et en contemplant comment et pourquoi notre monde est comme il est. L’art ne répond pas à des questions. Si l’art est utilisé afin de donner des réponses faciles, il est dégradé au rang de propagande ou kitch. Je dirais que la photographie est devenue mon moyen d’être optimiste. Elle t’invite à questionner tes opinions ... Peux-tu nous en dire un peu plus sur la série « Hôtel Kitty » ? L’ “ Hôtel Kitty ” est un bon exemple pour expliquer comment je trouve mes sujets. Comme je connaissais la petite-fille de la propriétaire, j’avais déjà visité l’hôtel à deux reprises. À cause de son l’âge et d’un méchant accident d’escalier, cette dame a dû abandonner la gestion de l’hôtel. En deux mois, il était liquidé. Juste avant la fermeture, il y maintenant deux ans, j’ai pu prendre des photos. J’ai été le témoin de la transformation de l’endroit : d’un manoir art nouveau, avec une décoration d’intérieur provenant de chaque style populaire du XXe siècle, à une carcasse vidée. À cause des circonstances, je n’ai jamais pu faire le portrait de la propriétaire de l’Hôtel Kitty. D’ailleurs, je pense que c’est mieux ainsi. En fin de compte, j’étais et suis encore fasciné par les espaces créés par les hommes et les objets qui les habitent. Tu imagines les endroits que tu photographies décorés d’une autre façon ? Ce qui m’a marqué dans l’Hôtel Kitty, à part le patchwork de divers styles de design, c’est l’abondance de motifs floraux sur les papiers peints, couvre-lits, dans la cuisine, sur les vases et le mobilier. Je me demande si ce phénomène est un héritage de nos origines naturelles, profondément ancrées dans notre subconscient, et qui finalement apparaissent toujours dans nos cultures matérielles. Je me suis imposé la règle de ne jamais changer les scènes que j’ai choisi de photographier - je prends les choses et les lieux tels qu’ils sont. Alors, il n’y a aucun fantasme de décoration alternative de ma part. Bien que je ne sois pas un poète, je me considère peut-être comme un anthropologue visuel poétique? En général, je préfère utiliser la lumière existante, qu’elle soit la lumière du jour ou une lumière artificielle qui fait déjà partie du paysage. En dernier recours, il m’arrive très rarement d’utiliser une simple lampe de poche. Je recherche une qualité de lumière dans mes images qui révèle le monde en douceur. http://www.flickr.com/people/andrehoman/ http://www.andrehoman.net/ http://hypermorpheus.wordpress.com/


A N N E B R U G U I È R E P E Y R O U X


INTERVIEW Quel est votre parcours ? J’ai fait des études d’architecture à Paris, après un baccalauréat artistique et une année en atelier d’arts plastiques. J’ai passé sept ans en cabinet d’architecte sur Paris et me suis installée à mon compte, en qualité d’architecte depuis quatre ans. J’ai rencontré Christian Lacroix en 2004 sur le projet de l’hôtel du Petit Moulin et ai été amenée à plusieurs collaborations avec lui depuis. Pourquoi le choix de cette profession et celui de se spécialiser dans les hôtels ? Ma collaboration avec Vincent Bastie ( Hôtel Murano, Hôtel du Petit Moulin, le Five … ) m’a permis d’acquérir les fondements de cette activité notamment au regard des contraintes techniques et réglementaires et m’a amenée depuis à me spécialiser dans ce domaine essentiellement à Paris. La rénovation d’un hôtel à Paris implique une intervention d’architecte « invisible » par la réalisation de reprises de structures, de renforcement ou de libération des espaces et des volumes. Cela passe également, et ce de façon beaucoup plus visible, par un travail d’architecture d’intérieur et de décoration, la partie également plus « féminine » de ma profession. Quelles doivent être les qualités d’un décorateur ? Apporter une réponse précise à une demande qui ne l’est pas forcément. Établir une relation de confiance qui permettra d’étonner. Identifier les limites aussi bien financières que sensitives du client afin de les respecter au mieux tout en conservant l’intégrité du projet décoratif initial notamment en lui faisant percevoir la nécessité, parfois, d’évoluer dans la vision de ce que doit être son hôtel. Ne pas oublier la fonction, la vie et la durabilité des choses. Construire un décor à vivre, mettre en place des idées et un concept, fabriquer ce qui se voit, cela implique d’avoir le souci du détail, de faire en sorte que la fonction soit belle et que le volume utile soit esthétique. C’est un travail de surfaces, c’est initier le dialogue entre les matériaux c’est construire des expériences lumineuses. C’est savoir s’arrêter avant que l’idée ne perde sa simplicité. C’est surtout se faire confiance et continuer de s’émerveiller. Collaborations avec Christian Lacroix Hôtel du Petit Moulin en 2004 ( Paris IIIème ) Hôtel Bellechasse en 2007 ( Paris VIIème ) Suite Elle Décoration à la Cité de l’Architecture en 2008 ( Paris Trocadéro ) Projet en cours de tour de logement « Haute Couture » ( Dubaï – E.A.U. ) Plusieurs projets hôteliers à Paris sur 2009-2010 anne.bruguiere_peyroux@libertysurf.fr


© BP


© BP


© Sebastien Tisserant « Eilean Donan Castle » http://www.sebastien-tisserant.fr/galerie/ © Pascal Robinet « Fenêtres » http://www.pascal-robinet.fr http://www.bokeh.fr/


IRREVERENCE


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Alexis Janicot - Photographe Natasha du groupe OH LA LA ! - Chanteuse


A L E X I S J A N I C O T


IRREVERENCE Comment vous est venue l’idée de cette série ? Je ne sais plus vraiment, en fait. Ce n’était pas quelque chose de prémédité. La 1ère fois au fil de la série, oui, mais je n’arrive pas à me souvenir vraiment de pourquoi j’ai commencé. Peut-être à force de voir des choses ici et là. Maintenant, ça me fait penser à des tas de trucs ( cette pochette de Death from above 1979 , cette BD «Blacksad», etc… ) Je ne suis pas le seul ni le premier à avoir ce genre d’idée et maintenant c’est plus par plaisir qu’à chaque fois je continue cette série. Ca me fait assez rire en fait de construire tout ça. Vous interprétez une faune urbaine... Oui, voilà j’aime bien ce mélange; «l’animal humanisé» « mi-homme/mi-bête » avec un petit côté science-fiction. C’est mon registre en général, le tout dans un décor un peu passé. J’ai toujours trouvé que ça rendait très bien graphiquement le fait de croiser un animal avec un homme. Le Minotaure, par exemple, il devait avoir la classe à l’époque. Vous avez une vision sombre de l’humain ? Non, je ne pense pas ... Enfin, ça dépend ... J’essaye d’être moins con que mon voisin et c’est déjà pas mal. Dans l’ensemble, je suis assez optimiste, même en ce moment. Mais sinon, je suis moi-même par moment assez sombre. J’aime bien en général les trucs un peu oppressants et glauques ( que ce soit en photo, musique ou ciné ), mais j’ai aussi des passages un peu gnangnan et fluo que j’assume parfaitement. http://flickr.com/photos/keipoth/


N A T A S H A


INTERVIEW Ton parcours ... La musique est arrivée dans ma vie par accident. A l’origine, je me prédestinais à la danse. J’ai étudié 4 ans à l’école de danse contemporaine Martha Graham à New York, à la suite de quoi je suis rentrée en France en 2000 pour auditionner pour diverses compagnies dans toute l’Europe. A ce moment-là ( c’est-à-dire en janvier 2002 ), j’ai rencontré Michaël Garçon, alors clavier d’AS Dragon, qui m’a proposé de faire un essai avec le groupe, car ils recherchaient une présence scénique plus qu’une « chanteuse » pour prendre la place de front. L’alchimie a tout de suite opéré et nous avons enchaîné les concerts immédiatement et l’enregistrement du premier album 3 mois plus tard. C’est allé très vite et je n’ai pas eu le temps de me poser de questions. Ils m’ont fait confiance en me demandant d’écrire les textes, chose que je n’avais jamais faite. AS Dragon avait déjà une aura lorsque je suis arrivée, grâce à Bertrand Burgalat, le patron du label Tricatel et la tournée avec Michel Houellebecq, et j’ai bénéficié de cette aura. Le groupe s’est néanmoins largement imposé à travers les concerts, souvent assez sauvages. Mais des tensions au sein du groupe ont eu raison de nous après le deuxième album, aussi j’ai décidé de quitter le groupe début 2007 et de me lancer en solo. J’ai alors rencontré Benjamin Lebeau ( ex-chanteur de The Film, actuellement The Shoes ) et nous nous sommes mis à composer. C’est ce projet que je défends aujourd’hui. Au printemps 2008, j’ai constitué un nouveau groupe, qui existe aujourd’hui sous le nom d’OH LA LA! et nous avons donné des concerts à Paris et à Rennes ( Bars en Trans ) et nous sommes à la recherche ( ou pas ) d’un label. Les choses sont assez compliquées aujourd’hui et l’industrie du disque est en pleine mutation, alors il faut s’adapter. La scène reste le moyen le plus sûr de s’imposer. La musique est pour toi? La musique a toujours occupé une grande place dans ma vie. C’est d’ailleurs l’une des raisons qui m’ont conduite à la danse ... N’étant pas du genre loquace, la musique et la danse étaient mes moyens d’expression. Et même si je n’ai pas joué d’instrument dès mon enfance, c’est un langage que j’ai toujours compris. La musique exprime ce que les mots ne peuvent pas toujours dire. D’ailleurs en musique, même un silence s’écrit. La scène est pour toi ? Depuis toute petite j’ai su que je voulais faire de la scène. A la maison, je montais déjà sur les tables pour faire le pitre. Ca fait partie de moi. Dans la vie, je suis très peu sûre de moi, plutôt timide, alors que sur scène j’explose, je sors de mes gonds. Je veux que les gens qui sortent de mes concerts aient envie de baiser, que ça transpire dans l’air. Des envies de ... Pour le moment, je souhaite que nous fassions le plus de concerts possible et, bien sûr, enregistrer l’album le plus vite possible. Je suis extrêmement impatiente de voir le résultat. Déjà ça, ça serait bien. J’ai envie de prendre la route, quitter Paris, me nourrir d’autre chose … Et si demain ... L’anticipation, ça n’a jamais été mon truc. D’ailleurs, je ne veux surtout pas savoir de quoi demain sera fait. http://www.myspace.com/natashaband


Š Laurence Guenoun


UN AIR DE VACANCES


&

Seb* - Photographe INTERVIEW de Wanda Kujacz - Illustratrice


S E B *


UN AIR DE VACANCES Pourquoi cette série de photos? Je suis originaire du département de la Somme et je fréquente depuis tout petit la baie de Somme. Ca doit être le seul endroit que je connaisse qui n’ait pas changé depuis plus de 30 ans. Peu de constructions neuves, peut-être quelques aménagements, mais il reste ce sentiment très étrange qui mêle à la fois la nostalgie d’un passé révolu mais qui survit grâce à l’intemporalité que ce lieu dégage. A l’occasion de vacances prises en baie de Somme, je me suis donc attaché à essayer de rendre compte de cette sensation de temps arrêté. On pourrait penser que j’ai volontairement cherché à dépeupler mon cadre, en demandant aux passants de ne plus passer, mais il n’en est rien. De surcroît, j’ai fait cette série au plus fort de la saison estivale, fin juillet, début août. Au final, on se retrouve avec une série qui, je pense, est vraiment représentative de l’esprit, de l’ambiance et de l’atmosphère qui se dégage de la côte picarde et la baie de Somme. Enfin, c’est ce que j’espère. Comment traites-tu les paysages? D’une manière générale, je ne fais que très peu de paysages, si ce n’est urbains. J’essaye dans tous les cas de retranscrire la sensation de solitude et d’isolement qu’on peut y ressentir, voire d’oppression. Dans mes paysages urbains, j’essaye donc d’isoler une présence humaine en renforçant finalement l’incongruité de sa situation ( http://www.flickr.com/photos/skuper/1414524222/in/set-72057594120778614/ ). Je joue également sur des compositions graphiques épurées, à la limite de l’abstraction, mais j’y reviendrai plus tard. Ceci étant, ma démarche est identique dans mes « vrais » paysages ( http://www.flickr.com/photos/skuper/3042860395/in/set-72157594524283756/ http://www.flickr.com/photos/skuper/3182227885/ in/set-72157594524283756/ ). Besoin d’espace? Envie d’ailleurs? J’ai très envie de grands espaces en effet, l’Ouest américain, au-delà du cliché commun aux westerns ou aux road-movies, m’attire fortement. Mais il n’en reste pas moins que mon sujet de prédilection reste la ville et comment l’Homme y trouve, ou pas, sa place (http://www.flickr.com/photos/skuper/2433953674/ http://www.flickr.com/photos/skuper/428550281/in/set-72157600009860323/ http://www.flickr.com/photos/skuper/2078318442/ http://www.flickr.com/photos/skuper/357055017/ J’aime beaucoup aussi les situations qui mettent en scène l’Homme dans ce qu’il a d’incongru : http://www.flickr.com/photos/skuper/2099892695/ http://www.flickr.com/photos/skuper/127370042/ http://www.flickr.com/photos/skuper/253912339/ Enfin, je travaille aussi sur ma propre mise en scène, notamment dans mon cadre professionnel : http://www.flickr.com/photos/skuper/2820348169/ http://www.flickr.com/photos/skuper/2878219587/ http://www.flickr.com/photos/skuper/3133255916/ http://www.flickr.com/photos/skuper/2449011680/ sebkuper@gmail.com http://www.flickr.com/photos/skuper/


W A N D A K U J A C Z


INTERVIEW Pouvez-vous nous présenter votre univers graphique ? Non, je ne vais pas pouvoir, malheureusement ( rires ). Parce qu’il est pour moi-même assez insaisissable. Je ne contrôle pas grand-chose, pour ne pas dire rien du tout. Je fais comme font les gourmands : j’entre dans la cuisine où se tient à ma disposition une foule d’ingrédients aux couleurs et saveurs délicieuses, raffinées, ravissantes et je me sers ... Un peu de ça, quelques pincées de sel, beaucoup de ceci ... Je suis dans l’hédonisme le plus pur qui, un jour, me fera faire une image très douce, pastel et un autre jour une image en noir et blanc ... Je ne construis pas, ça va dans tous les sens, dans tous mes sens ... Pourquoi ce choix ? Je n’ai pas choisi ... J’ai plus l’impression que ce sont les images qui m’ont choisie ? Avant de faire des images, je faisais des sculptures en papier mâché, certaines petites et d’autres à l’échelle humaine. Avant les sculptures, je faisais des films ... En ce moment, je fais des bijoux avec, autour, pour mes images ... Ca me tombe dessus comme une nouvelle page blanche. J’ai besoin de pages blanches, de nouvelles histoires à commencer. J’aime les débuts, j’aime prendre par la main pour emmener vers ... De nouveaux projets ? Je n’ai plus de projet pour 2009. Une médiathèque m’avait commandé la réalisation d’une grande fresque en relief avec divers matériaux sur tout un mur ainsi que la réalisation de plusieurs masques en papier mâché pour la déco d’un autre mur. Le projet a été repoussé en 2010 ... En ce moment, je confectionne une collection de bijoux pour laquelle je mêle tissus, papiers, perles et mes images en petit, sous des camées ... Le tout prend des allures de petites histoires romantiques, des envolées très colorées. Je compose ces bijoux comme je compose mes images : un peu de rose, un peu de velours ici, du taffetas là, du bleu, de l’or ... C’est la goumandise qui m’inspire. Voici le lien où l’on peut voir un peu mon univers : http://wandakujacz.ultra-book.com/


BE YOURSELF


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Leila Garfield - Photographe INTERVIEW de Amaryllis Joskowicz - Conseil en Image et Bien ĂŞtre


L E I L A G A R F I E L D


BE YOURSELF Comment est née cette série ? Cette série est née à Berlin, à l’école des Beaux Arts en 2005. Mes amis étaient alors espagnols, autrichiens, polonais, américains, allemands, italiens, israéliens ... Nous parlions toutes les langues que nous connaissions pour essayer de nous comprendre : anglais, allemand, espagnol, français ... J’ai voulu montrer ce qui se passait sans la parole, en laissant parler les corps. Chaque personne a disposé de 10 minutes, dans le même lieu : ce couloir banal. La seule consigne était : ‘be yourself and move’. J’ai réalisé une pellicule de 36 poses par personne. Quand elle était terminée, c’était la fin de la séance photo. L’image de soi représente: Quelque chose d’assez flou pour moi. Ce n’est pas l’image qui m’intéresse mais la personne. Ta perception de l’autre à travers la photo ... Je photographie des gens, des visages. C’est mon sujet préféré. J’ai un rapport assez simple à l’autre. Quand je prends le temps de bien regarder quelqu’un, j’ai toujours envie de le photographier. www.leilagarfield.com


A M A R Y L L I S J O S K O W I C Z


INTERVIEW Comment t’est venue l’idée d’être conseillère en image ? En fait je crois bien que depuis toujours j’ai fait du conseil en image. Cela remonte certainement à l’époque où je dansais, je faisais mes costumes et aidais mes petites camarades dans le choix des leurs. Le lycée également, pour n’importe quel évènement « important », mes amies me sollicitaient pour que je les aide à se maquiller, coiffer et s’habiller. Plus tard, j’ai travaillé comme attachée de presse mode, en production d’images et dans une maison de couture. Cela me plaisait beaucoup mais ne me permettait pas assez à mon goût de m’épanouir professionnellement et personnellement. A côté, j’ai entamé une formation de thérapeute en médecines douces et coach ... La suite de l’histoire, cela a été un grand saut dans le vide pour m’occuper de particuliers. Un choix difficile, mais un immense bonheur humainement. L’envie de faire quelque chose de bien de mes compétences et d’en faire profiter mon prochain. Un relooking, c’est ... C’est selon moi une prise de conscience de qui l’on est réellement et de tous les trésors dont on regorge. Mon travail consiste à amener les personnes qui me suivent à être bien dans leur peau, aussi bien sur le plan physique que mental. L’idée, c’est qu’avec ce nouvel équilibre et bien-être, la vie vous devient plus facile et agréable. Qui sait? Avec mon aide, on va trouver un amoureux, retrouver du travail, prendre des décisions importantes, changer certaines choses dans sa vie. Le relooking c’est trouver le maquillage qui va vous mettre en valeur, la coupe qui sied à votre personnalité, la garde-robe qui vous permettra de vous sentir, vous, au mieux de vous-même, des conseils en hygiène de vie, un apprentissage pour certains de ce qu’est le bien-être. Des rencontres riches, humaines et avec de bons professionnels. L’image de soi aujourd’hui ... Nous sommes constamment soumis au poids des images véhiculées par notre société via les médias. Le culte d’une société finalement très rigide et pas bien ouverte. La pression est très importante et je m’aperçois souvent que les personnes que je rencontre ont une mauvaise image d’elles-mêmes à différents niveaux. La jeune comédienne en recherche d’identité, la femme de 50 ans qui ne veut pas vieillir, l’homme qui voudrait s’affirmer professionnellement, notre image est très importante dans toutes nos relations sociales. Ma démarche est d’amener à réunir l’Etre et le Paraître du mieux que je peux. Il n’y a pas une Beauté, pas plus il n’y a une Vérité. L’important est dans votre confiance en vous-même et le rayonnement qu’il en émergera. Etre « bien » revient à dire ... Être bien, c’est selon moi être en accord avec qui l’on est, ce que l’on représente. Se sentir en harmonie et avoir la capacité de réagir positivement aux évènements de la vie quels qu’ils soient. Tes projets ? Développer toujours mon activité à Paris et ailleurs, travailler de plus en plus avec des entreprises dans le cadre de formations.Continuer à promouvoir de jeunes créateurs auprès de ma clientèle. Continuer à prendre du plaisir à faire ce que je fais et notamment travailler avec mes amis photographes. Avoir mon propre show-room! Et j’espère toujours rendre heureux ceux qui ont recours à mes services. + 33 (0) 61234 2143 www.amaryllisj.com www.myspace.com/amarylou


© BP


SOMEWHERE


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Brian J. Krummel - Photographe INTERVIEW de Rondibilis - Dessinateur


B R I A N J . K R U M M E L


SOMEWHERE Cette série a été réalisée avec un Sténopé ... Peux-tu nous expliquer ce choix ? Le Sténopé simplifie la photographie. Il n’y a pas de cellule photographique ni de mise au point. Il y a seulement une exposition et pas mal de devinettes. Je me sens très créatif quand je photographie avec un Sténopé. J’anticipe l’image à venir, qui est pourtant toujours une surprise. Fabriquer son propre appareil est aussi une expérience très satisfaisante. Ces images ont été créées avec un Holga ou un Diana qui ont été converti en Sténopé. En retirant l’objectif du Holga, je peux placer une fine plaque percée d’un trou sur le devant de l’appareil. J’ai utilisé divers films 120 en noir et blanc pour chaque image. La plupart des images sélectionnées ont été faites la même année et partagent le même style. Elles se caractérisent par la surexposition, par des fuites de lumière et de brèves lueurs. Tu es capable de changer de style et de technique ... J’essaie constamment de nouvelles techniques, de nouveaux appareils et matériaux. Chaque type d’appareil présente un nouveau défi ou opportunité, et la photographie avec un Sténopé n’est pas une exception. Je fais aussi des essais avec des méthodes d’impression et des procédés alternatifs qui complémentent les images au Sténopé. Vous avez des projets? En ce moment j’écris et j’autoédite un guide pratique sur la photographie au Sténopé. Il s’appelle « Les possibilités du Sténopé » et sera disponible en juin 2009. J’expose de temps à autre et j’ai un vernissage en juillet 2009 à Pittsburgh, ma ville natale. Pour plus d’infos sur mon travail, vous pouvez regarder sur www.briankrummel.com. http://www.flickr.com/people/forgottenpittsburgh/ www.briankrummel.com http://blog.briankrummel.com/


R O N D I B I L I S


INTERVIEW Comment qualifieriez-vous vos compositions ? Mes décompositions, plutôt : d’attracteurs étranges pour les plus réussies ... Attention : décomposition sans connotation négative. Vous plongez l’observateur dans une multitude de détails ... Non, c’est la technique en hachures, qui est quasiment de la taille douce et qui nécessite effectivement beaucoup de traits. Mais ce qui est montré est rarement constitué de plus de 5 objets/sujets ... Où puisez-vous votre inspiration ? A la source. Où se trouve la source? Dans l’envie de constituer des mondes autonomes, poétiques, en reliance. Mon stylo est un aéronef, un sous-marin pour me balader dans ces univers clos ... Quels messages voulez-vous faire passer dans vos dessins ? Très simple : pas de message! J’ai des visions, je les dessine, comme ça je m’en débarrasse et je peux passer à autre chose. Je ne peux pas être producteur et consommateur à la fois: si j’analyse, je brise toute la mécanique du charme, la bulle du rêve se crève - alors je laisse tout ça aux décodeurs d’images ... Sorry … Les « Chroniques de l’avion-papier » sont un voyage ... Un dépliant d’agence de voyage, pour « Air Peut-être », pour éditeurs attentifs ... http://www.rondibilis.com/ contact@rondibilis.com


Gyslain Yarhi http://www.gyslainyarhi.com Tel :+33 6 60 91 34 46


G(RRRRR)IRLS


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Laurence Guenoun - Photographe INTERVIEW de Aurélia Bonnal - Parolière


L A U R E N C E G U E N O U N


G(RRRRR)IRLS Cette série : Des filles, des femmes, des attitudes, des regards, du grain et du noir et blanc pour tendre vers quelque chose de rock, sexy et un rien provoc. Elles sont toutes très féminines dans des styles très différents. C’est ce que j’aime dans l’idée. Ce cadrage : J’ai fait du neuf avec du vieux ... Je suis allée chercher dans un millier de mes photos celles qui m’ont de suite tapé dans l’oeil. J’ai recadré très serré pour qu’on se focalise sur le visage, un point c’est tout. Certaines sont habillées, d’autres mi-nues ... Mais c’est dans leur regard qu’il faut imaginer leur tenue! Les femmes ... Une vraie source d’inspiration. J’aime les rendre belles ... Enfin, j’essaye. http://www.flickr.com/photos/onolulu/ www.onolulu.fr www.myspace.com/onolulu


A U R É L I A B O N N A L


INTERVIEW Ton parcours ... Des lettres, des mots, l’air du temps : fréquenter les auteurs, sortir, partager, écrire. L’écriture, c’est ... Vital. Écrire pour partager, pour jouer, pour frissonner, pour donner à voir et à entendre. Écrire comme on respire. La femme, c’est ... La femme, humaine parmi les humains. Celle de cette série de poèmes rock est un phénomène glamour, participe du beau et de l’absurde, urbaine, amoureuse, vivante et un peu perdue. L’image et l’écrit, c’est ... Un ensemble. L’art et la littérature, un ensemble. Les textes chantent avec les mélodies, les poèmes donnent à voir. Quelquefois, les textes commentent les images et quelquefois, les textes sont illustrés... Tes projets ... Des textes de chansons folk, pop et rock.Une exposition avec des épisodes, de textes fragments illustrés par des photos et certainement par des morceaux inédits. Un recueil de poèmes en français. Et toujours mon blog : chroniques musicales, nouvelles, feuilletons multimédias... http://lutecewoman.blogspot.com


Cynical Bitch

They don’t forget me While I don’t give a shit They remember me At silly moments At the butcher’s Facing pink meat Trash memories without comments I used to be a cynical bitch Don’t get too close Don’t try that critical wish Don’t rewind till the rise Wet Friday hot Saturday Crashing into crowded dark I walked my lonely way Bumping leaving my mark I used them just to see How too far I could get Suffering no mercy Suffering no regret Long-legged comet of youth Too hot too high too fast Commitments in my mouth Are for the very last No pity on strangers Broken furry animals Oldies old-fashioned dangers My life is summer and their falls


Lipstick Instant

My face in the mirror It’s a lipstick instant Tracking fatal error Pleasant to keep distant Maybe I drank too much Red wine for my red lips You see there is no rush L’ll show you my pink tits I walked to the ladies Well assured in my boots Of leather my oldies The sixties are my roots L’m laughing at myself A little and I glance At my rare ears of elf Sure I’m ready to dance My eyes in the mirror Staring at their own green What’s real on the dancefloor My reflexion on screen


Shiny Shiny

Almost running the streets Famous stones and concrete Almost private my sheets My new fame to secrete So I won’t cross the park To keep the shiny shiny I won’t dirty the dark Pure black under my knee My boots of leather shiny Almost floating and sweet Happy, young and complete Glowing of whom I meet Hot with my lover’s heat I can hear every bark But keep the shiny shiny They can’t bite they can’t mark Even dark is sunny Pure and clean beauty shiny Monuments at my feet I’ve nothing to delete The city stands so neat Capital for elite I can glow in the dark I keep the shiny shiny Enjoy spark after spark How delight is horny Light my fire you shiny


The Muse

It’s such a lazy job Smiling behind horses Waving my hand in glove My hat hiding a sob A crazy job my love Being your muse of course Funny me with my songs Lucky me with my love Silly me and useless I’m detached or clueless Can’t pretend I belong To a better above The dandy part of me Is still crying sometimes Looking hard for its place Staying out of the race Horses running for me I follow with my rimes The drums of my heartbeats Exposure of my soul They are not the real life So I won’t be your wife Cause you deserve the best My inner and true call Pictured on a paper Or rolled in your canvas I’m bare soul for your ink Undress me in deep pink My shiny hair upper And this way to my ass


Aquarelles ŠLeo Dorfner http://www.myspace.com/leodorfner leodorfner@hotmail.fr


Wonderfall

While falling, dizziness Blond diver white stockings A slow-motioned Venus Falling for dark likings Dizzy Venus Authors on the shelves Shocked and sticked and passed by Try to help themselves The living heat nearby Old lullaby Every heavy heartbeat Completes circles clockwise Radiates her secrete Insanity full-size Irradiant heat She’s crying an ocean Blond diver white stockings Emotion in motion Breathe animals’ smockings Drink the potion And through the looking glass She’ll be her own mirror And her beauty alas Will drown her by terror Scary wonder


Louise Imagine http://www.flickr.com/photos/louiseimagine/ www.myspace.com/louiseimagine


Ont participé à ce numéro :

Carine Lautier : Rédactrice en Chef Laurence Guenoun : DA Candice Nguyen : Communication Julie Tadduni : Secrétaire de Rédaction Nathalie Bataille : Graphiste Mathieu Drouet : Web Master Marie Coulangeon : Journaliste Eric Battistelli : Journaliste Vanessa Coquelle : Traduction Vincent Benhartt : Traduction Christophe Dillinger : Traduction Vinciane Verguethen : : Traduction Felicity Constant : Traduction Ann Marie Simard : Traduction Louise Imagine : Photo Couverture Remerciements pour leur aide et soutien à : Sophie L. Cuvé Sébastien Abric : www.fotopassion.fr Antony Barroux : www.pixfan.com Jean-Christophe Dichant : www.nikonpassion.com Stéphane Cholet : www.bokeh.fr

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