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JUIN 2012

Le magazine des internes, chefs et jeunes médecins

À table

Président !

La vraie fausse interview de François Hollande L’analyse du patron d’Ipsos

+ le secteur 2 en sursis + Le CV facile What’s Up Doc ? (Quoi de neuf Docteur ?) est édité par Planète Med. Exemplaire gratuit. Ne peut être vendu


ÉDITO Des préliminaires bien culinaires Flamby, Babar, Iznogoud… Allez, on range les jouets et maintenant, on dit : « Monsieur le Président ! » Rien ne sert de courir, il faut partir à l’heure. C’est devant la bouche crispée de Nicolas-le-lièvre que la tortue inattendue s’est fait la part la plus belle. François a donc fait taire tous ces murmures malheureux qui lui prêtaient de tels sobriquets.

SOMMAIRE 04 H.O. 05 PRURIT

Le Loup et Le Chien à la sauce santé 06 Chronique pour

une autre médecine

Comment nous rémunérer ? 07 Le courrier des lecteurs 08 1 numéro, une info

contre les rumeurs

Sans l’hôpital… … plus de trou de Sécu ?

ENQUÊTE 10 À table Président !

ReCRUTeMent 30 Curriculum vitae

Les publi’s du CV facile… ça s’apprend 32 Objectif lib’

Le secteur 2… la balle dans le pied 33 iDoc

Le docteur sans fil à haut débit ! 34 Négociations conventionnelles

Le BLOC fait blocage ! 35 À la carte

Un médecin champion du monde ! 36 Étienne déteste…

////// FORMATION

22 Master

Le projet de recherche, de l’idée au protocole 24 Fellowship Part 2 : How to get the money 25 Publish or Perish

Biblio quand tu nous tiens ! Writing a research article n° 3 28 À chacun ses

plates-bandes

La médecine… les joies de la science exacte !

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Le mana’j’ment 38 Coup de fisc !

La CARMF et moi, l’épine dans le pied !

EPP* 40 Mes premières…

et dernières fois

Elisabeth Devilliers 41 Mémoires d’internes

Hélène Jungmann 42 Crash-Test

Sortons couverts

44 Histoire de chasse

« Œil qui frise »… Stress qui mousse ! 45 « Doctor of the Month »

Francis Fellinger 46 La sémio pour les nuls

Neurologie

Les acteurs de What’s Up Doc ? sont de jeunes médecins, spécialistes des questions d’avenir et de carrières, convaincus de la nécessité de communiquer et d’accompagner leurs pairs pour les aider à mieux choisir leur avenir. Directeur des publications : Dr Matthieu Durand

LA GaRDE

Rédacteur en chef : Dr Alice Deschenau

47 Le test de personnalité

Responsable diffusion : Camille Morlière

Auriez-vous fait une bonne nymphirmière ? 48 Jeux

Sudoku, histoire drôle, horoscope

Direction artistique : Marc Schreiber Comité éditorial : Camille Morlière, Dr Alice Deschenau, Dr Romain Thevenoud, Dr Philippe Dufour, Dr Grégory Murcier, Dr Matthieu Durand Création de la maquette : LUCIOLE Crédits photos : Lisa Camus, Thinkstock

Le repos de securite

What’s Up Doc ? est édité par Planète Med 101, rue de Sèvres - 75280 Paris Cedex 06 Tél. 01 44 39 18 33

49 Sous ma blouse c’est Dement

50 Time-Out

En voilà des vacances sympas ! 52 Culture

Vit(e) au But Casanova… L’art difficile d’abréger la vie 53 Salon pour homme

« Pompe… Pompe je te dis ! » 54 Voyage : Jet Lag

Summer Love 55 Bande dessinée

Docteur Eugène, médecin de famille

PUBLICITÉ Planète Med 101, rue de Sèvres 75280 Paris Cedex 06 Matthieu Durand Tél. 06 82 35 35 40 contact@planetemed.fr

Retour plus zen, la campagne passée, voici venu le temps du repos partisan. Profitons de l’accalmie pour nous concentrer plus avant sur… la politique, pardi ! La santé n’a guère intéressé les candidats. À l’exception des sempiternelles fausses questions sur l’euthanasie et la survie du secteur 2, bien peu de cas, ma foi, ont animé les débats. C’est donc la truffe humide que nous sommes allés renifler dans les coins des serviettes de chacun. À la recherche de miettes perdues, nous avons composé le menu de ce qui va nous être proposé. Une enquête politique très culinaire, comme une mise en bouche peu ordinaire pour nous satisfaire. Et si toutefois quelque chose changeait ? Du secteur 2, de l’hôpital public, de notre liberté de nous installer, de l’accès aux soins, du financement de la Sécu… bref, si quelques ingrédients venaient à être différents, nous les avons dépistés pour prévenir les symptômes de ce qui risque d’arriver… AD

— PAGES EMPLOIS AGENCE STAFF Groupe Hospimedia 2, rue de Tenremonde 59000 Lille Rémi Griffet Tél. 03 62 53 72 88 / Fax. 03 20 16 38 60 whatsupdoc@agencestaff.fr www.agencestaff.fr

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H.O.

LA PAROLE À CEUX QUI PIQUENT !

*

Fait à Paris, le 26 avril

2012

ence médicale,

t qu’objecteur de consci

exerçant en tan Je soussigné Dr WUD, ce Certifie avoir examiné

jour :

Le Loup et Le Chien à la sauce santé

Née en 1991

*Hospitalisation d’office

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T

Par André Grimaldi*

Mme PIP…O, eau, made in France fabricante de bombe à ur-Mer, Var, France Résidant à La Seyne-s suivants : Et constaté les troubles remords ents sans scrupule ni sion des lois et règlem res nsg répréhensible, tra : ect IE asp r TH PA leu > PSYCHO s mais un déni de fait s de ce s an iss na on en présence d’instance ressentis, avec une rec nsgressions y compris tra s de n atio tér réi e ayant conduit à un bilité de ses actes. de contrôle. les autres la responsa sur r jete pro à nce da e ten est évocatrice d’un On retrouve même un une dizaine d’années ins mo au t ran du les La stabilité des troub é. trouble de la personnalit nde entier consistant commerce avec le mo de et r eu nd gra de lire dans le but d’obtenir > MÉGALOMANIE : dé féminins de la planète uts rib att les s tou r à imaginer gonfle phallique. u de toute-puissance la jouissance d’un véc nc nant mise au ban et do e de la patiente, mainte iqu clin n cès atio l’ac situ à la ge > Attention : vue lomaniaques, le vira isfaire ses désirs méga ure prise dans l’incapacité de sat en compte dans sa fut re nd risque létal est à pre un c ave e iqu col lan mé en charge. poitrines mondiales, mettent la sûreté des pro com te tien pa la r pa nète. Il y a nécessité Les troubles présentés s chirurgiens de la pla de e rdr l’O à t en vem n de l’article L3213-1 et portent atteinte gra sentement en applicatio con son s san e ffic d’o de l’hospitaliser blique. du Code de la santé pu

PRURI

Le système de santé français, fondé en 1945, est un système mixte, résultat d’un compromis historique entre le programme du Conseil national de la Résistance et les principes de la médecine libérale. En réalité, cette dualité public/privé caractérise l’ensemble du système. Côté offre, coexiste un secteur 1 sans dépassement d’honoraires avec depuis 1980 un secteur 2 à dépassements d’honoraires. Côté financement, l’« assurance principale » solidaire fournie par la Sécurité sociale laisse à la charge des patients une part du coût plus ou moins remboursée par les assurances « complémentaires » (mutuelles et assureurs privés). La gestion du système, elle-même, est double, avec la Sécurité sociale qui rembourse et s’occupe de la Ville, et l’État qui fixe les prix et gère l’Hôpital. L’augmentation des dépenses de santé de 3 à 4 % par an (de 2 % du PIB en 1945 à près de 12 % en 2011) a

nécessité l’adoption, depuis la fin des Trente Glorieuses, de mesures de régulation. Ces mesures furent tantôt d’inspiration publique, comme le budget global hospitalier (1983) ou le vote par l’assemblée nationale de l’ONDAM (1995), tantôt d’inspiration libérale, comme le forfait hospitalier, les franchises, l’augmentation du reste à charge, la concurrence entre les établissements de santé organisée par la T2A, la convergence tarifaire, et surtout les transferts répétés de prise en charge de la Sécurité sociale vers les assurances « complémentaires ». Si bien qu’aujourd’hui la Sécu ne rembourse plus que 50 % des soins courants.

On a le sentiment qu’on est arrivé au bout de ce système et qu’il faudrait tout remettre à plat. Si on fait le choix de services publics financés à 100 % par la solidarité comme en Alsace – Moselle, la priorité est de

construire un vrai système public de médecine de proximité reposant avant tout sur les médecins en secteur 1 et les paramédicaux conventionnés. Ce financement à 100 % suppose de revoir le mode de rémunération des médecins en sortant du tout paiement à l’acte et de réviser le panier de soins relevant de la solidarité. Il faut revoir à la baisse le coût des médicaments, supprimer le remboursement de prestations inutiles ou dont l’efficacité n’est pas démontrée (les cures thermales, les médicaments remboursés à 15 ou à 35 %…) réduire la disparité injustifiée des pratiques. Du coup, il n’y aurait plus d’assurances « complémentaires » à proprement parler, mais seulement des assurances « supplémentaires ». Les soignants seraient placés face aux choix suivants : conventionnement avec la Sécurité sociale et respect des tarifs conventionnels, ou déconventionnement avec possibilité d’un conventionnement sélectif par des mutuelles ou des assureurs privés. Ces derniers ne manqueraient pas alors d’encadrer les pratiques médicales de façon autrement plus contraignante que ne le fait aujourd’hui la Sécurité sociale. En quelque sorte, une version médicale remasterisée de la fable Le Loup et Le Chien de la Fontaine… * Professeur de diabétologie, La Pitié-Salpêtrière

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CHRONIQUE POUR UNE AUTRE MÉDECINE

LE COURRIER

DES LECTEURS

PAR GUY VALLANCIEN*

Le courrier des lecteurs

Comment nous rémunérer ? Ni prêtre ni marchand, tel serait le médecin dont l’action sur la misère physique et mentale de l’homme obéirait à des règles de reconnaissance particulières. L’esprit de charité voudrait que l’on soigne gratuitement celui qui souffre, alors que les contraintes de la production humaine, auxquelles n’échappe pas la médecine, invitent à payer l’acteur responsable. Le rapport entre le travail accompli et l’argent reçu est un thème à la symbolique complexe. La production médicale française est éclatée en différents secteurs : public, à but non lucratif, ou privé, source de dispersion des compétences humaines et de gâchis matériel. Les revenus médicaux sont extrêmement variables, allant des honoraires fixes en secteur 1 dont le montant (23 h la consultation) est le plus bas d’Europe, aux dépassements les plus discutables, ou aux salaires à géométrie variable pour une même ancienneté chez les hospitaliers. Environ 160 000 médecins publics et privés assurent les soins en se partageant 22 milliards de revenus très différents, tant en niveau qu’en mode de rémunération… alors qu’ils font le même métier, utilisant les mêmes techniques et instruments, tous payés par les mêmes caisses d’assurance maladie. Le salariat a l’intérêt de déconnecter l’indication et la réalisation de l’acte du revenu du médecin. Il rémunère les tâches non directement liées aux soins et permet de ne pas compter sans cesse. Comme il n’est pas

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en rapport avec la production de soins, le salaire rémunère plus un temps de présence qu’une activité médicale. Au travers des grilles progressivement croissantes à l’ancienneté, il récompense une activité plutôt moyenne pour un médecin moyen travaillant dans un établissement moyen. Dans un tel modèle, il n’est en aucun cas tenu compte des variations de responsabilité, de pénibilité, d’engagement personnel et de créativité, facteurs dynamiques essentiels à une amélioration des prestations médicales.

Le rapport entre le travail accompli et l’argent reçu est un thème à la symbolique complexe. Le paiement à l’acte a l’avantage de lier le médecin à son malade dans le rendu d’un service. Il récompense une activité quantifiée, sans préjuger de sa qualité ni de son utilité qui ne sont pas plus évaluées que dans le système salarié. De facto, il expose à la multiplication des actes voire à des pratiques de contournements lorsque le niveau de remboursement des prestations médicales offertes n’est plus à la hauteur

AU SUJET DE WHAT’S UP DOC #2 P26-27, RUBRIQUE FORMATION MÉDECIN D’ICI ET D’AILLEURS : « FFI (FAIT FIGURE D’INCONNU) »

BAPTISTE, MÉDECIN GÉNÉRALISTE, NOUS ÉCRIT du travail accompli. Enfin, il ne prend pas en compte les prestations dites de « non-soin » dont la fréquence augmente sans cesse (réunions des diverses instances et tâches administratives). Ces deux modes de rémunération montrent aujourd’hui leurs limites. Ce sont donc d’autres modes de rémunération qu’il faut envisager en sachant que ces modes ne seront pas les mêmes pour les différentes spécialités. Le paiement à l’acte ou mieux au forfait a un sens pour la chirurgie puisque l’acte n’est pas reproductible chez le même malade. En revanche des modes de paiement par enveloppes globales réparties sur les différents professionnels pour les maladies chroniques paraissent plus adaptés. Enfin il semble logique d’en finir avec des tarifs nationaux alors que le coût de la vie varie notablement d’une région à l’autre. Les Agences régionales de santé (ARS) devraient à terme négocier, elles-mêmes, les tarifs avec les professionnels.

ux. ns cher ». C’est fa simplement moi ut s MERRI to et e dg ût bu co I les FF r un jusqu’en T3 pa % 50 “Vous dites que « de st encore r eu , ut -5 financés à ha ation). En T4 c’e e, recours, innov Les internes sont ch nes er er ch int re 2 t, t en en m seigne cer quasim (NDLR : Mission en FFI, on peut finan un d’ ire la sa le avec 20 ou 25 %. Donc ité à 3 ans) !“ rale (internat lim né gé ine ec éd de m

> LA RÉPONSE DE WUD Il existe deux modes de financement des établissements de santé : - La T2A (Tarification à l’activité) ; - Les MIGAC (Missions d’intérêt général et d’aide à la contractualisation). Ces deux sources de financement puisent dans la même enveloppe : les crédits de l’assurance maladie. Pour les internes affectés dans des établissements de santé, le financement est en effet en partie issu de la T2A : 50 % pour les internes de 1re et 2e année, 75 % à partir de la 3e année (donc les internes de médecine générale de 3e année aussi). L’autre part est financée par des crédits AC (Aide à la contractualisation), soit 50 % pour la 1re et la 2e années et 25 % à partir de la 3e. Les FFI sont quant à eux entièrement financés à partir de la T2A et ont une rémunération moins importante que les internes. Donc à l’échelle d’un établissement, qui ne maîtrise que son activité et non les crédits MIGAC affectés par les ARS, Baptiste a raison, un FFI coûte effectivement plus cher. En revanche, à l’échelle du système de soin, dont l’ARS a la maîtrise et la responsabilité régionale, un FFI coûte tout simplement moins cher. CM

> Réagissez, critiquez, écrivez

à contact@planetemed.fr

* Professeur d’urologie à l’université ParisDescartes, président de l’École européenne de chirurgie et auteur de plusieurs rapports ministériels.

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1 NUMÉRO UNE INFO

CONTRE LES RUMEURS

SANS L’HÔPITAL… … PLUS DE TROU DE SÉCU ? > Article proposé avec le soutien de la FHF (Fédération hospitalière de France). « L’HÔPITAL, ÇA COÛTE UN BRAS À LA SÉCU ! »

« L’HÔPITAL, ÇA COÛTE DE PLUS EN PLUS CHER À LA SÉCU… »

VRAI

VRAI

C’est le plus gros pôle de dépenses de santé, avec 930 €/an/hab.

L’indice « santé-hospitalier », qui traduit le coût de l’hôpital, est en constante augmentation.

MAIS ATTENTION…

MAIS ATTENTION…

Les dépenses hospitalières publiques ne représentent que 25 % de plus que les dépenses ambulatoires. Les soins dentaires représentent à eux seuls

C’est, en grande partie, lié à l’augmentation de l’activité des hôpitaux, l’indice des prix des soins évolue bien moins vite que l’indice des prix communs évalués par l’INSEE. Les dépenses de la médecine de ville progressent beaucoup plus vite. C’est elles qui accroissent le plus le trou de la Sécu ! La part des dépenses hospitalières dans les dépenses de santé est passée de 41 à 34 % en 30 ans.

152 €/an/hab.

MORALITÉ…

L’hôpital public coûte cher, mais la Tarification à l’activité (T2A) en a fait des établissements moins dépensiers. Si les dépenses augmentent, c’est parce que l’activité augmente. AB

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ENQUÊTE

ENQUÊTE À table Président ! 12 La vraie-fausse interview du nouveau vrai Président de la République 16 Effets d’annonces 17 La santé, une polémique sans politique 18 Formule… Open-Bar ! 20 Drôles de Dames 20 Conclusion de l’enquête

À TABLE

PRÉSIDENT ! Par AD, CM, GM, GD, AB

« Mesdames, Messieurs, faites vos jeux… Les jeux sont faits ! Paire, Rouge et Manque. » DE

E Page 12 D

Mise en bouche des candida(t)s E Page 13 D

Parfum de campagne revisité E Page 14 D

Soupe de liberté d’installation à la sauce restrictive E Page 15 D

Décortiqué de secteur 2 à la chapelure plafonnée E Page 16 D

Hôpital-entreprise, façon crème publique E Page 17 D

Mignardises

Ils sont plus de 30 ! Ils sont à gauche. Et ils auraient juste oublié un vrai ministère de la Santé… Si pour travailler ça ne les gêne pas, on est prêts à faire comme ça. Passons à table pour revenir sur les mets qui se préparent. La santé n’a pas été au menu de la campagne. Entre timides apparitions et plats réchauffés, rien qui n’ait laissé un goût de grande créativité. DE

Une originalité gastronomique renversante qui donne l’impression d’un aller-retour revenu tout droit des cuisines anciennes du terroir. Nous sommes retournés à la source de cette terrine pour revisiter ensemble les lignes de sa recette familiale. Quelles seront donc les tendances ? Cuisine moléculaire ? Retour aux traditions ? Quoi qu’il en soit, gare aux taches ! Et si d’aventure nous étions pris de maux d’estomac, espérons que l’ulcère ne perfore pas ! DE

Bon appétit…

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