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Une formidable expérience qui rapproche les générations. Gilles, étudiant locataire chez Annette Lors de la dernière année scolaire, Gilles étudiant, a choisi un mode d’hébergement plutôt insolite. La semaine, il était locataire à proximité de son école, d’une chambre de 20 mètres carrés avec salle de bain chez Annette, 80 ans, veuve et vivant seule dans sa grande maison de famille. Il avait possibilité de faire sa cuisine dans sa chambre. Il ne partageait pas les repas avec elle, par contre il pouvait passer ses soirées dans la salle de séjour, devant la télé, écouter de la musique, dans le salon, profiter du jardin ou parfois faire un jeu de société avec elle. Pas de contrat écrit, seulement un contrat moral… une modeste somme pour loyer contre une présence rassurante, avec en prime l’échange de petits services… « Ce ne fut pas du tout une contrainte, c’était une mamie très ouverte, très drôle ayant élevé ses 11 enfants et avec pleins de petits enfants parfois présents le weekend… il fallait alors ranger ses affaires dans un coin pour laisser la chambre libre. Ponctuellement, j’ai même parfois hébergé des amis qui ne savaient pas où dormir. J’ai eu beaucoup de chance de la connaître et je compte bien garder contact avec elle. »

Annette, 80 ans, héberge des étudiants Annette, 80 ans, œil vif et esprit ouvert est du genre mamie moderne. Ancienne institutrice et femme d’instituteur, ayant élevé 11 enfants, grand-mère de 26 petits enfants et 6 arrières petits enfants elle est habituée à côtoyer la jeunesse. Elle est de ceux qui sont persuadés que les différentes générations ont beaucoup à apprendre les unes des autres. Elle se cultive, elle participe à des conférences, elle donne du temps à l’école de son quartier pour faire du soutien de langage à des jeunes enfants, souvent étrangers. Malgré une mobilité un peu réduite maintenant, elle n’hésite pas à se déplacer en bus avec sa canne ou à prendre le train pour aller voir sa famille. Sa grande maison se remplit souvent le weekend et aux vacances scolaires avec enfants et petits-enfants. C’est donc tout naturellement qu’elle loue ses deux chambres aménagées à des étudiants depuis plusieurs années mais à la condition que celles-ci soient libérées aux vacances scolaires pour les siens. Avec cette formule Annette y trouve son compte : « Dans la semaine il y a de la vie ; je sais qu’en cas de problème je peux compter sur quelqu’un ; je suis moins angoissée. Les étudiants sont très libres, je ne m’occupe pas de leur emploi du temps. Ils peuvent occuper le salon, le jardin s’ils le souhaitent mais je ne veux pas que ma confiance soit trahie… Je rencontre toujours les parents et pour l’instant je n’ai jamais été déçue, il y a toujours eu beaucoup de respect. Ils me rendent volontiers des services (petites courses, petites réparations…) et en plus ils sont gâtés car je suis de plus en plus sourde, ils peuvent donc faire un peu de bruit !.. Et puis, ils me racontent ce qu’ils font et cela me permet de comprendre la société actuelle… » La solitude, Annette ne connaît pas. Elle compte rester encore longtemps chez elle, dans son quartier au milieu des siens.

Pierre Doré présente les « Scènes de la vie passée en Anjou » bi rn è f Le 30 septembre dernier, en parallèle avec la journée du patriv o moine, les habitants du Plessis étaient conviés à une exposition de vieilles photos sur la commune. e À cette occasion Pierre Doré y présentait et dédicaçait son livre : Scènes de la vie passée en Anjou ; un recueil de témoignages d’anciens du Plessis sur ce qu’était la vie dans notre commune dans la période 1914-1939. Les grands moments de la vie, au quotidien, les fêtes et la vie sociale, municipale, religieuse, l’école, l’agriculture, le commerce, la guerre 1418 et... l’arrivée du progrès… autant d’aperçus significatifs de cette époque permettant parfois de comprendre la vie présente de notre commune. Compte tenu de l’espace réservé à chaque article, des finances dont l’association dispose et du temps pouvant y être investi, les sujets ne sont pas tous traités de la même manière le risque étant d’omettre certaines personnes concernées par un article. Si des informations sont erronées ou incomplètes, contactez-nous. L’équipe de Place du Mail. —décembre 2007—n°7—page 4

Équipe de rédaction et de lecture Place Du Mail Philippe ABELLARD, Régine GALISSON, Yannick LECOQ, Marie-Danièle LELIEVRE, Bertrand PLANCHENAULT, Sophie PLANCHENAULT. Dessins : Bastien PLANCHENAULT. Mise en page : Yannick LECOQ. Association Place du mail 2, rue cœur de pigeon 49124 Le plessis Grammoire placedumail@wanadoo.fr I.s.s.n : 1767 - 6649 Président : P. ABELLARD Secrétaire : M-D.LELIEVRE Place du Mail est tiré à 900 exemplaires Retrouvez les anciens numéros en ligne sur : http://lecoq.yannick.free.fr Choisir la rubrique Des liens Tissés

M. GIRARDEAU

Échos de la vie au Plessis Grammoire

Édito

Dans ce n° 7 - décembre 2007 Interviews : témoignage de 3 anciens Maires Maison nouvelle tendance Annette, 80 ans, héberge des étudiants Un livre sur les « Scènes de la vie passée en Anjou »

En 2007, l'Harmonie municipale et la société de boule "la Grande" ont fêté de façon remarquée l’histoire de leur association, en mêlant souvenirs et convivialité. Dans le même esprit, à quelques mois des élections municipales, nous avons souhaité entendre Jean, Louis et Pierre, anciens maires du Plessis, nous livrer leur témoignage sur les évolutions de la commune, hier "rurale", aujourd'hui "périphérique". Et les mots sont importants ! Pratiquer l'escalade lorsqu'on est atteint d’un handicap ? Cela est possible comme le montre le club de la commune. Étudiant, Gilles a trouvé un moyen original de se loger et il partage avec "sa mamie" plus que le couvert et le gîte. Une belle œuvre collective d'Art a frappé les esprits durant l'été, en nous laissant le regret de ne pas disposer d'un lieu d'exposition plus durable. Nicolas, Thomas et Clément ont choisi le ballon ovale. Comme les adultes se transmettent leur histoire, ils se confient le ballon de main en main pour aller vers l'avant, n'est-ce pas là l'essentiel du rugby… et de la vie tout simplement ? Ce numéro 7 est le dernier réalisé par l’équipe actuelle de Place du Mail. Pour des raisons personnelles et professionnelles, elle est appelée à se renouveler dans les prochains mois. Rendez-vous donc en 2008 si une nouvelle équipe prend le flambeau.

Jean NOBLET, un enfant du pays Né en 1919 à la ferme de la Réale près de Foudon, exploitée à l’époque par ses grands-parents maternels, Jean Noblet est avant tout enfant du pays. Il a toujours vécu sur la commune en dehors de 5 années de vie parisienne à laquelle il s’est difficilement adaptée. Après avoir travaillé avec son père à la laiterie du Plessis, il prit sa suite. À la fusion de celle-ci avec Tiercé, il intégra la CAVAL au service des contentieux.

pays pour la diriger. Il garda cette fonction pendant 18 ans, soit 3 mandats. Jean Noblet avoue que sa tâche fut largement facilitée par les nombreuses relations qu’il avait établies pendant sa jeunesse au lycée David d’Angers : un ancien camarade de classe était alors secrétaire général à la préfecture. Il y eut beaucoup de Jean dans son entourage de maire : Jean Turc, Jean Narquin, Jean Monnier, Jean Sauvage, Jean Rousseau et Jean Gilles. Jean Noblet connaissait tout le monde au Plessis.

Les années 70 étaient le début de l’accroissement démographique de la commune. Il a donc fallu créer un groupe scolaire puisqu’il n’y avait que deux classes auparavant. C’est à cette occasion que la commune intégra le district, avec l’appui de Jean Turc, maire d’Angers à l’époque. Il fallut construire une salle de sport, des immeubles locatifs dans le bourg, Inauguration de la mairie (vers les années 80) une poste. Sa plus grosse réalisation et sa fierté fut l’acquisition du châJean Noblet avait déjà fait un mandat d’adteau et de la cour St Maurice pour y instaljoint pendant son activité à la laiterie… Il ler la mairie actuelle. Ce fut un gros chans’est trouvé projeté maire sans l’avoir prévu tier qui a connu bien des désaccords et usé en 1971, sur demande de l’ancienne équibeaucoup d’énergie à l’époque. Il en parle pe municipale qui recherchait un homme du —décembre 2007—n°7—page 1

avec beaucoup d’émotion dans la voix… « Même aujourd’hui, quand je passe devant, j’ai toujours ce même sentiment de fierté… elle est quand même belle notre mairie » dit-il. « Tous les Jean étaient à la tribune officielle le jour de l’inauguration » Les débats étaient parfois très animés ; c’est là qu’il faisait intervenir son ami Jean Monnier pour principal médiateur. Les moments les plus difficiles ?.. « Je n’aimais pas les cérémonies officielles, les discours n’étaient pas mon point fort ! » et aussi il l’avoue « me faire déranger en pleine partie de boule de fort pour aller résoudre un problème quelconque…. mais il fallait bien y aller ! » Ces 18 années à la mairie restent un temps fort de sa vie, une période riche en relations, évènements et réalisations dont il est fier. À la question : quelles sont les qualités premières nécessaires à un élu ? Il répond : « Savoir écouter, être tolérant et conciliant puisqu’on représente toute la population ! Pour être élu, il faut aimer sa commune, aimer les autres, c’est un dévouement, un acte de générosité, de civisme, au service des autres ! »


Maison nouvelle tendance... Les trois petits cochons l'avaient faite de paille, de bois, de briques. Tout cela est toujours d'actualité et comme dans l'histoire il y avait un grand méchant loup, eh bien ! Pour l'occasion ce sera la crise énergétique ! Chacun de nous en faisant son petit tour du dimanche, aura pu voir, que de plus en plus, lors de nouvelles constructions ou des rénovations, la maison d'aujourd'hui tente de faire face à la dépense d'énergie excessive. Il n'est pas question ici de faire une liste des différents modes de construction économicobiologico-énergétique, ni même de faire l'apogée de telle ou telle technique. Oh que non ! Juste une petite remarque toute citoyenne : la solution idéale n'est sans doute pas encore d'actualité. Alors chacun de nous faisant son petit bout de

chemin, peut-être arriverons-nous à faire en sorte que les choses s'améliorent ! Dans les pages de "Place du mail", a déjà été abordé le sujet qui, mine de rien, nous préoccupe quand même tous un petit peu, notre avenir dans un monde un peu plus sain, un peu plus propre, un monde meilleur. Voilà ! Le grand mot est lancé. N'en déplaise à certains et même si ce n'est pas du cent pour cent, un petit

coup de briques multi-alvéolaires, une petite maison en bois ou ne serait-ce que l'ossature, une petite citerne de récupération d'eau de pluie, un système de chauffage moins gourmand, un panneau solaire ou photovoltaïque, une éolienne et même pourquoi pas des toilettes sèches cela ne peut qu'améliorer un tant soit peu les choses. Et si contraintes il y a, n'est-ce pas d'abord l'utilisateur qui les supporte ? Alors il est sans doute normal que de plus en plus de nos concitoyens adoptent ces nouvelles techniques (et parfois pas si nouvelles que cela). Et ils sont souvent assez fiers lors de notre promenade, appuyés sur le grillage fraîchement implanté, de nous faire la preuve par "a plus b" que "C'est" la bonne technique. Oui certainement, et si ce n'est pas le cas, c'est sûrement un des morceaux du puzzle de notre avenir.

Louis SORET « N’ayez pas peur de vous engager ! » Membre du conseil municipal de 1959 à 2001, Louis demeure l’un des acteurs essentiels du développement du Plessis. Regard de ce témoin privilégié, sur 40 années qui ont mené la commune du monde rural à la périphérie de la ville.

Originaire de Saint Barthélémy, Louis s’installe comme exploitant agricole en 1951 sur Foudon. Ce n’est pas un hasard : Mauricette son épouse est native des Hauts d’Andard. Peu à peu il se spécialise dans l’arboriculture. Dès 1959, Louis est sollicité pour re-

joindre le conseil municipal. En 1977, il est délégué en charge de l’urbanisme comme premier adjoint. À cette époque, les premiers tracés de l’autoroute de Paris sont ébauchés. Le projet ne convient ni au Plessis ni à Pellouailles, pas plus qu'à Villevêque. « Avec le maire de Pellouailles et le député de la circonscription notamment, on a bataillé pour obtenir le déplacement du tracé vers Pellouailles, servant ainsi de déviation de son bourg, avec le hors péage sur cette portion». Avec succès. L’arrivée de l’autoroute accélère la réorganisation foncière des communes : l’occasion de lancer un remembrement sur des parcelles n’ayant pas bougé depuis 1935 ! Le syndicat de la coupure verte voit le jour. Le Plessis met en place son réseau d’assainissement des eaux pluviales en liaison avec les communes concernées. En 1974, le conseil lance le plan d’occupation des sols. « Nous nous demandions : que pouvons-nous faire pour le développement du Plessis ? Quelles parties du territoire communal réserver pour l'habitat, les équipements, les services et les activités, y compris l'agriculture ? » Les premières maisons réalisées par un lotisseur voient le jour. Cependant les par-

celles loties ne trouvent pas facilement preneur. La commune décide alors de reprendre la main sur ces opérations immobilières. Un choix jamais remis en cause depuis. Le Plessis entre au « district » en 1976. « Cela nous a permis entre autre de réaliser l’assainissement des eaux usées que nous n’avions pas les moyens de payer ». A près de 80 ans, Louis se souvient avec enthousiasme de l'accueil des nouveaux habitants, des cérémonies de mariage en mairie, du contact direct avec ses administrés. « J'ai porté une grande attention à la vie associative et sportive, à l'école, au comité des fêtes. C'est là que se joue la vie sociale ». Il reste philosophe : « Pour moi l'essentiel a été de travailler en équipe. Nous avons été un maillon dans le processus de développement. Bien sûr, on aurait pu faire plus, on aurait pu faire mieux… si l'on avait eu un peu plus de moyens ». Et de conclure dans un large sourire « N'ayez pas peur de vous engager et d'être acteur dans la vie municipale ! »

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Pierre DORÉ, d’une époque à l’autre Rien ne prédestinait Pierre à devenir maire du Plessis. Né à Chartres, de famille percheronne, il s’installe en Anjou après de nombreux déménagements professionnels. Et puis…

« En 1992, la municipalité d’alors organise le bicentenaire de la commune1. et avec Jeannine, mon épouse, nous participons à la réalisation de l’expo. Depuis notre installation au Plessis, ma femme s’était impliquée dans du bénévolat, alors que j’étais très occupé par mon travail. Nos premières relations, c’est elle qui les a nouées. Et puis nous connaissions Mauricette et Louis Soret. Grâce à eux, nous avons fait peu à peu connaissance des Plessiais. » 1992, c’est aussi l’année de la retraite de Pierre. Dans les mois qui suivent, les élections municipales se préparent et la constitution d’une liste de 19 noms s’avère difficile. Jeannine est

contactée mais ne donne pas suite. C’est Pierre qui finalement se propose. « Eh bien ! Tu seras tête de liste ! » lui répond Louis Soret.

« Pour reprendre une formule célèbre, je pense que notre bilan est globalement positif » glisse t-il dans un sourire.

Cette année là, une seule liste se présente devant les suffrages. « Nous avions une équipe soudée avec des anciens conseillers et de nouvelles têtes ». D’emblée l’accent est porté sur l’implication de chacun : au-delà des adjoints, les conseillers prennent en charge des projets et des responsabilités ; des commissions extramunicipales sont mises en place ; le bureau municipal du samedi matin s’ouvre à tous.

Il a connu des moments plus pénibles, comme l’annonce du décès d’accidentés de la route qu’il se remémore avec pudeur. Des circonstances plus « ennuyeuses » comme les litiges entre voisins, qu’il faut bien trancher en dernier recours.

Pierre n’idéalise pas le travail d’équipe. « Des désaccords, des coups de gueule, il y en a eu. Parfois les conseillers ne me suivaient pas. Ça me mettait en boule ! » Pourtant , il s’avoue soucieux de l’avis des autres, prêt à revoir sa position, à modifier sa décision après un échange. Les habitants du Plessis se souviennent d’un maire « grand marcheur » avec son cahier à la main, notant ici un éclairage défectueux, là le suivi de travaux. Sous son mandat, la commune a beaucoup construit : la déviation de l’école, les lotissements, le nouveau cimetière, la zone économique… avec le souci de favoriser une croissance lente pour en conserver la maîtrise.

Cette fonction de maire, Pierre l’a aimée et s’y est donné à fond « Je ne regrette rien. J’ai pu donner ma pleine mesure dans cette responsabilité et j’ai apprécié le travail de toute l’équipe. J’ai aussi pris beaucoup de plaisir à célébrer les mariages. C’est émouvant. Pour chacun, j’essayais de personnaliser mon discours ». Et l’on connaît son goût pour l’écriture ! « J’ai presque un regret de ne pas être reparti pour un autre mandat ! » confie t-il. Six années de maire « à temps complet » qui sonnent comme un passage de témoin dans l’histoire récente du Plessis. Pierre premier habitant « d’ailleurs »2. à être devenu maire. 1.

1992 avait été choisie comme année du bicentenaire de la commune car une plaque dans la salle du conseil présentait le nom du premier maire en 1792. Mais en réalité le tout premier magistrat était un certain THUAU en 1789. 2. On se souvient de la maxime de la municipalité pour identifier le Plessis « Être ailleurs sans être loin ».

BOUCHERIE CHARCUTERIE HERAULT Rudy Le Plessis Grammoire Tel. 02.41.95.49.59

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Scènes de la vie d'aujourd'hui

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