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LA
LETTRE

 DU
FRONT
DE
GAUCHE
DE
L’AGRICULTURE
 N°
4

–
17
no vembre
2011
 


Jean­Luc
Mélenchon
au
Salon
Marjolaine
 
 Pour
 son
 ouverture
 (5
 novembre),
 le
 Salon
 Marjolaine
 avait
 invité
 plusieurs
 candidats
 à
 l’élection
 présidentielle
à
débattre
de
l’environnement,
de
la
consommation
responsable,
de
l’agriculture
et
de
 la
santé.
 Eva
 Joly
 et
 Jean‐Luc
 Mélenchon
 avaient
 répondu
 présents
 et
 François
 Bayrou
 avait
 délégué
 Yann
 Werhling,
 
 son
 porte‐parole
 pour
 le
 développement
 durable.
 Comme
 l’a
 précisé
 l’animatrice
 du
 débat,
 les
 candidats
 UMP
 et
 PS
 n’étaient
 pas
 disponibles
 et
 n’avaient
 pu
 envoyer
 personne,
 sans
 doute
 car
 ils
 avaient
 été
 prévenus
 trop
 tard,
 puisque
 la
 demande
 leur
 avait
 été
 faite
 …
 en
 juillet,
 c’est‐à‐dire
quatre
mois
plus
tôt
!
 Sur
l’agriculture,
Jean‐Luc
Mélenchon
a
resitué
le
débat
dans
le
contexte
du
libéralisme
triomphant
 et
de
la
concurrence
libre
et
non
faussée
mis
en
œuvre
à
l’échelle
mondiale
et
européenne.
Le
seul
 domaine
dans
lequel
l’Europe
n’a
pas
protégé
son
marché
dans
les
années
60
est
celui
du
soja,
et
on
 a
vu
le
résultat
:
la
dépendance
protéique
de
l’Europe.

Or,
«
il
faut
retenir
la
leçon,
car
maintenant
ce
 que
nous
sommes
en
train
de
faire
c’est
la
même
chose
dans
tous
les
domaines
»,
avec
notamment
la
 suppression
des
quotas
laitiers
et
la
dérégulation
de
ce
marché.
Aussi,

«
l’organisation
et
la
 planification
est
la
clé
de
l’affaire
»
avec
un
«
mot
clé,
celui
de
souveraineté
alimentaire
»
(c'est‐à‐dire
 le
droit
des
peuples
à
définir
leurs
propres
politiques
agricoles).
Celle‐ci
peut
se
faire
«
au
niveau
 européen
ou
régional
»,
mais
avec
une
préférence
pour

«
que
le
modèle
aille
vers
la
région
»,
car,
«
si
 on
fait
cela,
on
pousse
à
une
question
qui
est
la
diversification
des
productions
»
et
donc
 l’antiproductivisme.

 Jean‐Luc
Mélenchon
a
ensuite
souligné
les
liens
entre
la
politique
agressive
de
l’Union
européenne
 pour
forcer
les
pays
africains
à
ouvrir
leurs
frontières
aux
produits
agricoles,
la
crise
de
l’agriculture
 vivrière
et
l’immigration.
La
priorité
doit
donc
être
de
«
revisiter
les
mandats
qui
sont
donnés
aux
 représentants
de
la
France
dans
les
négociations
internationales
».
 Il
faut
par
ailleurs
aborder
la
question
de
la
terre,
principal
outil
de
travail
:
«
Ou
bien
vous
considérez
 que
c’est
du
domaine
de
la
liberté,
on
vend
comme
on
veut,
ce
qu’on
veut,
quand
on
veut,
et
on
le
 prend
parce
que
l’on
se
l’est
bien
gagné,
ou
bien
non.
Moi
je
suis
pour
qu’on
dise
non.
Donc,
les
SAFER
 doivent
jouer
un
nouveau
rôle
et
limiter
la
taille
de
ce
qui
peut
s’acheter
».
L’objectif
doit
être
de
fixer
 et
faire
respecter
«
une
taille
maximale
d’exploitation
».
Car,
si
l’on
veut
des
produits
de
qualité,
il



faut
réinstaller
des
paysans,
et
un
des
objectifs
du
Front
de
Gauche
c’est
précisément
d’installer
 300.000
paysans.
«
Si
vous
voulez
des
produits
de
qualité,
il
faut
des
bras
et
des
gens
».
 Quant
à
la
plus‐value
générée
par
le
changement
d’affectation
des
sols
(par
exemple
d’une
vocation
 agricole
à
un
projet
immobilier),
elle
doit
être
confisquée
:
«
Il
n’y
a
pas
de
raison
que
quelqu’un
se
 fasse
des
millions
de
plus‐value
simplement
sur
un
changement
d’affectation
qui
est
payé
 naturellement
par
la
société
toute
entière
»
a‐t‐il
précisé.
 Pressé
de
conclure,
Jean‐Luc
Mélenchon
a
déclaré
que,
sur
la
question
des
prix,
«
je
m’en
tiens
à
une
 formule
:
c’est
le
coefficient
multiplicateur
»
(qui
permet
de
contrôler
l’écart
entre
le
prix
payé
au
 producteur
et
le
prix
à
la
consommation).
Il
a
souligné
«
la
nécessité
d’une
convergence
des
luttes
 ouvrières
pour
les
progrès
salariaux
et
de
luttes
paysannes
pour
la
qualité
et
la
bifurcation
vers
un
 modèle
écologique
de
l’agriculture
»,
car
les
salariés
doivent
avoir
des
revenus
suffisants
pour
 acheter
des
produits
de
qualité
bien
payés.
Soulignant
qu’il
faut
donc
réintégrer
la
notion
de
Front
du
 peuple.
En
conclusion,
il
a
conclu
sous
les
applaudissements
:
«
Voilà,
peut‐être
que
c’est
ordinaire,
 mais
c’est
Front
de
Gauche
».
 


Retrouvez
l’intégralité
des
versions
sonores
des
interventions
de
Jean‐Luc
 Mélenchon
au
salon
Marjolaine
sur
:
 
http://www.jean‐luc‐melenchon.fr/theme/videos/page/2/
 Retrouvez
les
vidéos
des
débats
sur
:

 http://www.placeaupeuple2012.fr/debat‐jean‐luc‐melenchon‐et‐eva‐joly‐au‐ salon‐marjolaine/
 (à
ce
jour,
la
vidéo
sur
la
partie
agriculture
n’est
pas
encore
disponible.
Nous
vous
communiquerons
 le
lien
dans
la
prochaine
Lettre
du
Front
de
Gauche
de
l’agriculture).


Nos
propositions
pour
la
transition
écologique
 de
l’agriculture

 
 Le
modèle
de
production
agricole
dominant
contribue
à
mener
l’Humanité
à
une
impasse
:
il
est
basé
 sur
 la
 consommation
 de
 ressources
 non
 renouvelables,
 contribue
 au
 réchauffement
 climatique,
 contamine
l’environnement
et
représente
ainsi
un
danger
pour
la
santé
humaine.
Enfin,
il
menace
la
 biodiversité.
 Dans
 le
 même
 temps,
 de
 nombreuses
 exploitations
 agricoles
 disparaissent
 et
 la
 population
agricole
diminue
drastiquement.
Du
point
de
vue
de
l’intérêt
général,
une
telle
évolution
 est
 non
 seulement
 injustifiée
 du
 point
 de
 vue
 écologique,
 mais
 également
 du
 point
 de
 vue
 économique
 et
 social
:
 d’une
 part,
 le
 modèle
 agricole
 productiviste
 et
 hyper‐concentré
 ne
 crée
 pas



globalement
 plus
 de
 valeur
 ajoutée
;
 d’autre
 part,
 la
 diminution
 de
 la
 population
 agricole
 n’est
 pas
 compensée
par
un
accroissement
de
l’emploi
dans
les
autres
secteurs
d’activité
et
contribue
donc
à
 la
croissance
du
chômage.

 La
 France,
 dotée
 d’un
 haut
 potentiel
 agricole
 et
 de
 travailleurs
 qualifiés
 (agriculteurs,
 techniciens,
 chercheurs)
a
les
moyens
de
devenir
un
exemple
en
matière
de
transition
écologique
de
l’agriculture.
 La
transition
écologique
de
 l’agriculture
–qui
 implique
des
systèmes
de
production
plus
intensifs
en
 travail‐
 et
 l’existence
 d’un
 territoire
 vivant
 impliquent
 de
 stopper
 le
 processus
 de
 concentration
 de
 l’agriculture
 et
 de
 disparition
 d’exploitations
 agricoles.
 C’est
 pourquoi,
 la
 France
 doit
 se
 donner
 les
 moyens
 d’une
 politique
 ambitieuse
 en
 matière
 foncière
 et
 d’installation
 d’agriculteurs,
 au
 service
 d’un
 nouveau
 maillage
 du
 territoire
 par
 un
 grand
 nombre
 d’exploitations
 agricoles
 paysannes.
 A
 contre‐pieds
de
la
dynamique
des
quarante
dernières
années,
la
France
doit
aujourd’hui
recréer
des
 emplois
agricoles
et
ruraux.
 


NOS
PROPOSITIONS
 
 LES
PRATIQUES

ET
TECHNIQUES
AGRICOLES
 La
 France
 définira
 et
 mettra
 en
 œuvre
 un
 plan
 de
 transition
 écologique
 de
 l'agriculture
 en
 coopération
avec
les
collectivités
territoriales,
intégrant
:
 • un
 calendrier
 de
 substitution
 progressive
 des
 produits
 phytosanitaires
 d'origine
 chimique
par
des
méthodes
alternatives
;
 • la
diminution
des
doses
maximales
autorisées
d'engrais
;
 • le
renforcement
de
certaines
exigences
environnementales
;
 • la
 désintensification
 des
 systèmes
 d'élevage
 intensifs,
 et
 la
 mise
 en
 oeuvre
 de
 pratiques
d’élevage
contribuant
à
une
diminution
des
émissions
de
GES
;
 • la
 relocalisation
 de
 certaines
 productions
 agricoles
 à
 proximité
 des
 lieux
 de
 consommation
;
 • l'intégration
 des
 activités
 agricoles,
 d'élevage
 et
 agro‐forestières
 au
 niveau
 des
 exploitations
 ou
 des
 régions
 agricoles,
 de
 façon
 à
 rompre
 avec
 la
 spécialisation
 excessive
 (intégration
 qui
 est
 un
 élément
 pour,
 notamment,
 lutter
 contre
 la
 diminution
inquiétante
du
nombre
d’abeilles)
;
 • la
production
d’énergie
renouvelable,
dans
la
mesure
où
bilan
énergétique
le
justifie,
 • des
mesures
contre
les
gaspillages,
le
suremballage
et
les
circuits
longs
et
coûteux
;
 • une
évolution
des
modes
de
consommation
:
développement
de
la
consommation
de
 produits
de
qualité
–notamment
ceux
issus
de
l’agriculture
biologique‐
provenant
de
 circuits
 courts
 de
 proximité,
 de
 protéines
 végétales
 se
 substituant
 en
 partie
 aux
 protéines
d’origine
animale
;
 • le
respect
du
bien
être
animal.
 
 L’abandon
 des
 objectifs
 obligatoires
 d'intégration
 d'agro‐carburants
 dans
 la
 consommation
 de
 carburants
 fossiles.
 Sera
 engagé
 un
 programme
 de
 recherche
 publique
 indépendant
 des
 lobbys
 privés
 sur
 les
 possibilités
 de
 fabrication
 d'énergie
 d'origine
 agricole
 et
 leur
 pertinence
 du
 point
 de



vue
de
l'intérêt
général.
Le
développement
de
la
méthanisation
sera
soutenu.

 
 Concernant
les
OGM
:
 • •

• •

le
moratoire
de
la
France
sera
maintenu
;
 seront
 interdites
 les
 cultures
 d'O.G.M.
 en
 plein
 champ
 ou
 sous
 toute
 forme
 qui
 ne
 garantisse
 pas
 l'absence
 de
 dissémination
 (que
 ce
 soit
 par
 pollens
 ou
 débris
 végétaux)
;
 un
 cadre
 de
 recherche
 public
 sera
 lancé,
 indépendant
 des
 lobbys
 privés
 et
 transparent,
 sur
 les
 effets
 des
 O.G.M.
 et
 sur
 les
 biotechnologies,
 ainsi
 que
 sur
 l'intérêt
social
des
OGM.
;
 un
cadre
favorable
aux
semences
paysannes
sera
défini
;
 l’étiquetage
 complet
 (lisible
 et
 compréhensible)
 sur
 les
 produits
 contenant
 des
 O.G.M.
 et
 sur
 les
 produits
 dérivés
 ou
 élaborés
 à
 partir
 d'animaux
 ayant
 été
 nourris
 avec
 des
 O.G.M.
 sera
 rendu
 obligatoire,
 avec
 une
 révision
 à
 la
 baisse
 du
 seuil
 de
 0,9%
;
 la
commercialisation
des
aliments
 et
autres
produits
 (ex:
 cuir,
 gélifiant
cosmétique)
 issus
 d'animaux
 clonés
 de
 quelque
 génération
 que
 ce
 soit
 sera
 interdite,
 tant
 que
 l'innocuité
 de
 chaque
 technique
 de
 clonage
 et
 autres
 modifications
 génétiques
 associées
ne
sera
pas
prouvée
;
 outre
 les
 OGM,
 la
 commercialisation
 des
 aliments
 et
 autres
 produits
 issus
 des
 nanotechnologies
 et
 de
 l’irradiation
 des
 aliments
 sera
 interdite,
 tant
 que
 leur
 innocuité
ne
sera
pas
prouvée.



 La
 réglementation
 nationale
 sera
 revue
 en
 faveur
 de
 la
 défense
 du
 droit
 à
 la
 production
 et
 l’utilisation
des
semences
 fermières
et
paysannes,
une
 évolution
des
réglementations
 européenne
 et
 international
 étant
 dans
 le
 même
 temps
 proposée
 et
 défendue.
 Les
 critères
 d’inscription
 des
 variétés
 au
 catalogue
 officiel
 seront
 révisés
 de
 façon
 à
 prendre
 en
 compte
 les
 divers
 besoins
 des
 agriculteurs
 (variétés
 de
 conservation,
 adaptées
 à
 la
 conduite
 en
 agriculture
 biologique,
 en
 mélange…).
 Le
 rôle
 de
 la
 recherche
 publique
 dans
 la
 sélection
 végétale
sera
 renforcé
 ;
 la
 sélection
 participative
 de
 variétés
 entre
 paysans
 et
 techniciens‐chercheurs
 sera
 encouragée,
 de
 façon
 à
 permettre
 la
 réappropriation
 de
 l’activité
 de
 sélection
 des
 variétés
 par
 les
 paysans
 et
 à
 répondre
 véritablement
à
leurs
besoins.
 
 Concernant
les
impacts
de
l’agriculture
sur
la
santé
humaine
:
 •

• •

les
 contrôles
 réalisés
 par
 l’Etat
 seront
 renforcés
 en
 amont
 ‐au
 niveau
 de
 la
 conception/fabrication
 des
 produits‐,
 afin
 de
 prendre
 des
 mesures
 de
 grande
 ampleur,
 notamment
 dans
 le
 cadre
 du
 règlement
 REACH.
 Il
 s’agira
 d'enclencher
 un
 vaste
processus
de
substitution
des
molécules
suspectes
;
 des
campagnes
facilitant
l'accès
à
l'information
des
travailleurs
des
industries
 et/ou
 des
habitants
riverains
des
lieux
ou
sites
exposés
seront
menées
;
 sera
mise
 en
 œuvre
une
recherche
 en
 éco‐toxicologie
publique
 et
indépendante
de
 tout
 lobby
 industriel.
 Les
 moyens
 de
 l'INRS
 (Institut
 National
 de
 Recherche
 et
 de
 Sécurité)
 seront
 renforcés,
 avec
 des
 objectifs
 clairement
 identifiés
 en
 faveur
 de
 la
 santé
humaine.
La
formation
de
toxicologues
sera
développée
et
promue.




LA
FORMATION
et
LA
RECHERCHE
 Un
plan
de
formation
et
de
conseil
technique
sera
établi,
afin
d'accompagner
les
agriculteurs
dans
la
 transition
vers
une
agriculture
écologique.
Un
métier
de
conseil
indépendant
‐assuré
notamment
par
 les
Chambres
d’Agriculture
et
d’autres
organismes
publics‐
sera
renforcé
afin
de
mettre
fin
au
poids
 prédominant
 occupé
 par
 les
 commerciaux
 des
 grandes
 firmes
 dans
 le
 conseil
 aux
 agriculteurs.
 Une
 priorité
 sera
 donnée
 à
 l'agriculture
 biologique,
 mais
 l'évolution
 des
 systèmes
 de
 production
 de
 l'ensemble
des
agriculteurs
doit
aussi
être
soutenue.
 
 Les
finalités,
priorités
et
méthodes
de
la
recherche
agronomique
publique
–notamment
celle
menée
 au
 sein
 de
 l’Institut
 National
 de
 la
 Recherche
 Agronomique
 (INRA),
 des
 instituts
 techniques
 de
 recherche
 appliquée‐
 seront
 remises
 à
 plat,
 au
 travers
 d'un
 débat
 démocratique,
 au
 service
 de
 la
 transition
 écologique
 de
 l'agriculture.
 Des
 programmes
 de
 recherche
 appliquée,
 appuyés
 dur
 des
 recherches
 plus
 fondamentales,
 seront
 impulsés,
 apportant
 des
 réponses
 concrètes
 aux
 questionnements
 des
 agriculteurs,
 capables
 de
 valoriser
 les
 savoir‐faire
 paysans
 et
 intégrant
 les
 petites
 associations
 d’appui
 aux
 agriculteurs,
 notamment
 sur
 l'agriculture
 biologique.
 La
 recherche
 devra
 également
 porter
 sur
 des
 innovations
 éventuelles
 permettant
 la
 production
 de
 produits
 en
 complément
 de
 la
 production
 alimentaire
:
 production
 d’énergie,
 recyclage
 des
 déchets
 verts
 agricoles
et
urbains
(dont
les
produits
des
stations
d'épuration).
Une
réforme
de
l’INRA
permettra
de
 le
 libérer
du
poids
des
lobbies
privés
et
d’y
faire
pleinement
valoir
l’intérêt
 général.
Elle
impliquera
 notamment
 une
 modification
 de
 la
 composition
 des
 conseils
 de
 direction
 (et
 particulièrement
 celle
 du
Conseil
d’administration)
de
l’INRA.
 
 La
transition
écologique
de
l’agriculture
ne
pourra
se
réaliser
qu’avec
le
concours
d’un
enseignement
 agricole
public
(EAP)
mieux
développé,
largement
soutenu
financièrement
par
la
puissance
publique
 et
intégré
dans
un
ministère
unique
de
l’éducation.

 


LES
MOYENS
ET
L’ACCOMPAGNEMENT
 Un
 
 appui
 sera
 apporté
 au
 développement
 des
 filières
 alternatives
 labellisées,
 vivrières,
 courtes
 de
 proximité,
biologiques,
reposant
sur
une
juste
rémunération
du
travail
et
permettant
au
plus
 grand
 nombre
de
bénéficier
d'une
alimentation
de
qualité
:
 •

• •

aides
 spécifiques
 à
 l'installation
 d'agriculteurs
 s'inscrivant
 dans
 ces
 démarches
;
 affectation
prioritaire
de
droits
à
produire
et
droits
à
prime
prélevés
dans
les
régions
 d'élevage
intensif
;
 développement
 des
 outils
 de
 transformation
 collectifs
 et
 de
 formes
 d'organisation
 coopératives
intégrant
producteurs,
livreurs
et
consommateurs
;
 achat
de
produits
issus
de
ces
filières
par
les
organismes
de
restauration
 collective.
 Révision
du
code
des
marchés
publics,
de
façon
à
rendre
plus
explicite
les
possibilités
 –et,
à
terme,
obligations‐
pour
la
restauration
collective.
Nous
assumerons,
au
nom



d'impératifs
 sociaux
 et
 écologiques,
 la
 contradiction
 avec
 le
 droit
 européen
 de
 la
 concurrence.
 Certaines
 règles
 sanitaires
 pourraient
 également
 être
 aménagées
 afin
 de
permettre
le
développement
des
circuits
courts
de
proximité
;
 • au‐delà
du
développement
de
circuits
alternatifs
locaux,
appui
à
la
structuration
à
un
 niveau
 plus
 global
 des
 réseaux
 de
 l'économie
 sociale
 et
 solidaire
 ‐associant
 notamment
 coopératives
 de
 producteurs,
 transformateurs,
 associations
 de
 consommateurs,
 voire
 collectivités
 publiques.
 Il
 s'agit
 de
 créer
 des
 alternatives
 de
 consommation
 aux
 circuits
 de
 distribution
 orientés
 par
 la
 logique
 de
 rémunération
 du
capital
;
 • travail
 sur
 le
 contenu
 des
 aliments
 pour
 revenir
 à
 des
 produits
 bons
 et
 sains.
 Une
 aide
aux
filières
«
production
–
 transformation
 –
distribution
»
respectant
un
 cahier
 des
charges
défini
sera
mise
en
place.
 La
mise
en
place
d’un
label
public
européen
spécifique
permettant
de
distinguer
les
produits
issus
de
 filières
alternatives,
vivrières,
courtes
de
proximité,
biologiques,
de
qualité
et
équitables
;
 Dans
ce
cadre,
les
marges
de
manœuvre
existantes
au
niveau
national
pour
l’utilisation
des
aides
PAC
 seront
 pleinement
 utilisées
 pour
 promouvoir
 la
 transition
 écologique
 de
 l’agriculture
 (ainsi
 que
 l’emploi
et
les
petites
exploitations).
Une
partie
des
droits
à
produire
(quotas
laitiers)
et
des
primes
 sera
 progressivement
 transférée
 des
 systèmes
 d'élevage
 intensif
 vers
 les
 systèmes
 organisant
 une
 intégration
 des
 activités
 agricoles
 et
 d'élevage.
 Une
 partie
 des
 soutiens
 permettra
 de
 contribuer
 à
 l’évolution
des
achats
de
la
restauration
collective.
 
 L’Etat
 définira
 un
 plan
 de
 financement
 national
 de
 la
 nouvelle
 politique
 agricole
 par
 le
 secteur
 bancaire
 sous
 contrôle
 public
:
 appui
 financier
 aux
 investissements,
 afin
 d'accompagner
 les
 agriculteurs
 dans
 la
 transition
 vers
 une
 agriculture
 écologique.
 Une
 priorité
 doit
 être
 donnée
 à
 l'agriculture
 biologique,
 mais
 l'ensemble
 des
 paysans
 doit
 également
 être
 soutenu
 dans
 l'évolution
 de
leurs
systèmes
de
production.
 
 La
 fiscalité
 agricole
 sera
 réformée
 afin
 d'accompagner
 les
 agriculteurs
 dans
 la
 transition
 vers
 une
 agriculture
écologique.
 


L’agriculture
dans
l’accord
PS­EELV
 
 Pour
 le
 Front
 de
 Gauche,
 la
 partie
 «
Agriculture
»
 de
 l’accord
 PS‐EELV
 est
 assez
 consternante
!
 En
 effet,
 au‐delà
 du
 titre
 «
une
 nouvelle
 ambition
 pour
 l’agriculture
»,
 rien
 n’est
 dit
 sur
 les
 objectifs
 d’une
 telle
ambition
et
on
ne
trouve
que
très
peu
de
propositions
politiques
concrètes
!
Si
 ce
n’est
 d’organiser
 un
 débat
 après
 les
 élections
 et
 de
 mentionner
 des
 «
enjeux
»
 qui
 ne
 «
seront
 pas
 occultés
»….
 Si
le
productivisme
est
critiqué,
il
n’y
a
par
contre
aucun
mot
sur
le
libéralisme
dont
on
sait
pourtant
 qu’il
constitue
un
puissant
moteur
de
la
concentration
de
la
production
et
de
l’expansion
du
modèle
 productiviste.



Au
 niveau
 international,
 il
 est
 proposé
 d’inscrire
 la
 souveraineté
 alimentaire
 dans
 la
 Charte
 des
 Nations‐Unies
 et
 de
 «
promouvoir

 l’agriculture
 familiale,
 autonome
 et
 vivrière
 dans
 les
 pays
 en
 développement
(…/…)
dans
le
cadre
des
discussions
multilatérales
»,
mais
pas
un
mot
sur
l’OMC,
les
 APE,
 c’est‐à‐dire
les
 lieux
réels
ou
 est
organisée
 la
libéralisation
de
 l’agriculture
 et,
par
là
même,
 la
 destruction
des
agricultures
familiales.
 Au
 niveau
 européen,
 on
 trouve
 un
 plaidoyer
 pour
 une
 distribution
 plus
 équitable
 des
 aides,
 mais
 aucune
mention
de
la
politique
de
libéralisation
et
de
démantèlement
des
politiques
de
gestion
des
 marchés,
et
aucune
proposition
en
ce
sens.

 Au
 niveau
 national,
nous
 nous
 retrouvons
 dans
 la
 reconnaissance
 du
 pluralisme
 syndical
 dans
 les
 interprofessions,
 mais
 les
 autres
 structures
 de
 gestion
 de
 l’agriculture
 (APCA,
 etc.)
 sont
 malheureusement
oubliées…
 Suit
 la
 mention
 d’un
 certain
 nombre
 d’
«
enjeux
»
 qui
 ne
 seront
 donc
 «
pas
 occultés
»,
 mais
 sans
 engagement
 aucun.
 La
 formulation
 ambiguë
 laisse
 entendre
 que
 ce
 ne
 seront
 que
 des
 thèmes
 qui
 seront
versés
au
débat
national
sur
l’agriculture
en
vue
du
vote
d’une
Loi
d’orientation…
 Dans
 ce
 cadre,
 il
 est
 simplement
 mentionné
 une
 «
refonte
 de
 la
 gestion
 foncière
»,
 sans
 qu’il
 soit
 précisé
pour
quoi
faire.
L’importante
question
de
la
recherche
agronomique
n’est
pas
évoquée.
 La
fin
des
subventions
aux
agro‐carburants
est
certes
mentionnée,
mais,
là
aussi,
simplement
comme
 un
des
«
enjeux
».
 Quant
à
la
question
fondamentale
de
 la
rémunération
des
productions
agricoles,
de
l’encadrement
 des
marges
de
la
grande
distribution,
aucune
mention.
Pas
plus
sur
le
code
des
marchés
publics
qu’il
 conviendrait
 de
 modifier
 pour
 permettre
 la
 généralisation
 de
 l’approvisionnement
 des
 organismes
 publics
 de
 restauration
 collective
 auprès
 de
 filières
 alternatives
 labellisées,
 vivrières,
 courtes
 de
 proximité,
 reposant
 sur
 une
 juste
 rémunération
 du
 travail.
 Il
 est
 vrai
 que
 toutes
 ces
 mesures
 impliqueraient
une
remise
en
cause
de
la
concurrence
libre
et
non
faussée.
Or,
celle‐ci
semble,
pour
 les
 signataires
 de
 l’accord,
 aussi
 tabou
 au
 niveau
 national
 qu’elle
 l’est
 au
 niveau
 international
 ou
 européen.
 Jusqu’il
 y
 a
 peu,
 le
 Parti
 socialiste
 parlait
 encore
 de
 prix
 agricoles,
 de
 gestion
 des
 marchés,
 etc.,
 même
s’il
 y
avait
une
 contradiction
 manifeste
entre
ces
bonnes
intentions
 et
les
 traités
 libéraux
de
 l’Europe
soutenus
par
le
même
Parti
socialiste.
Quant
aux
Verts,
il
existait
une
tradition
en
France,
de
 ne
 pas
 déconnecter
 totalement
 la
 question
 écologique
 des
 questions
 économiques
 (et
 notamment
 les
modes
de
production
et
de
consommation
générés
par
le
libéralisme
économique).
Aujourd’hui,
 dans
cet
accord,
plus
aucune
trace
de
tout
cela…
 


Actualités
 * « Osons la Bio » : colloque du 24 Novembre 2011 organisé par la FNAB, Bibliothèque François Mitterand, Paris 13ème. Débat avec les représentants des représentants des différents candidats à l’élection présidentielle, avec Laurent Levard, pour le Front de Gauche. Inscrivez


vous sans tarder, car il ne reste plus beaucoup de places ! http://www.fnab.org/images/files/actions/politiques_agricoles/Invit%20Colloque%20OSONS%20LA% 20BIO-24nov.pdf

* 25-27 novembre 2011 : visite de Jean-Luc Mélenchon en Bretagne, avec notamment visite d’une exploitation agricole.
 Le Front de Gauche de l’agriculture vous invite à diffuser largement cette lettre et à nous envoyer des témoignages de la campagne pour les prochaines lettres du FdG de l’agriculture... Coordonnées du Front de Gauche de L’Agriculture :

http://www.placeaupeuple2012.fr/ agriculture/
‐
 fdgagriculture@gmail.com 
 


Si vous souhaitez que nous envoyions l'appel du Front de gauche de L’Agriculture à des listes de personnes, n'hésitez pas à nous envoyer leurs e.mails !



 


LA LETTRE FDG Agriculture n°4.pdf  

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